Droit international des droits humains
Droit international des droits humains
ET EUROPEEN DES
DROITS DE L'HOMME
Bibliographie :
Droits de l'Homme, Pierre Yacksman, Dalloz.
Frédéric Sudre, droit européen et international des droits de l’Homme, presse univ. de France,
13ème édition +++
Ludovic Enebel, Traité de droit international des DH
Dictionnaire des DH, presse univ. de France
Code des DH et des LF, LexisNexis, 3ème edition
Les grands arrêts de la CEDH, 8ème edition
Les grands arrêts de la CJUE
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DI des DH n'apparait pas comme une évidence pour la plupart des personnes mais en même temps il
existe bel et bien.
Le DIEDH a pris son essor en France seulement réellement à partir de 1989. Entre 1948 et 1989, la
DUDH pas un texte contraignant. On attendra 1966 Pacte de NY pour un texte contraignant. Niveau
UE, dès le 4 novembre 1950 Convention de Sauvegarde des DH et des libertés fondamentales
(CEDH). La France ne la ratifie qu'en 1974. La France ne reconnait pas la possibilité de saisit de la
CourEDH. 1er arrêt CourEDH 1986 BOZANO C./ FRANCE sur l'extradition.
→ Ouvrage G. Cohen Jonathan, la convention européenne des DH.
Publication d'ouvrage, les facultés de droit, centre de recherche… développent cette discipline
nouvelle, on en parle dans les revues…
Il ne suffit pas de dire que l'on dispose de manuels et revues de cours pour parler d'une réelle
discipline juridique. La doctrine doute encore de l'existence ; c'est un objet d'étude, un objet au sein du
DI et DEU. S'ajoute un débat sur la présence du mot “européen” dans l'intitulé → international ? + la
question de l'autonomie du DIEDH par rapport au DI et au droit européen.
Sur le plan pratique, pas toujours reconnu et appliqué. Récemment affaire Baby Loup du 25.06.2014
devant le comité des DH des NU (crèche, voile, droit travail) – ppe de non-discrimination, etc. N'a pas
saisit la CEDH car la liberté de religion peut être limitée. Sur le plan pratique la question de l'existence
du DIEDH est une question de fond. L'autonomie de la matière se pose puisque invocation devant le
juge national. Deux thèses : droit international ou droit international européen mais c'est une discipline
des DH intégrée dans les différentes matières du DI.
Contestation sous un angle idéologique : contestation de la matière par des non juristes, plutôt
sociales, pays anglo-saxon/ US. Les coloniales contestent le fait qu'on l'enseigne parce qu'il s’agit d'un
droit qui diffuse un néo-colonialisme car idéologie occidentale imposée aux autres cultures après la
IIWW. Courant féministe : bloque sur le mot “Homme”, droit crée et dvpé dans un contexte de
méconnaissance et marginalisation des femmes car il a été adopté un traité particulier pour la femme,
débat sur l'appellation « droits humains ».
Sur le blog “libertés, libertés, chéries” l’auteure défend l’appellation “droits de l’homme”. La position
centrale est fondée sur la lutte pour l’égalité H/F ; une partie des ONG et des associations féministes
considère que le mot “homme” au 18ème siècle présentait une universalité mais en 2018 cela exclut la
moitié de l’humanité de la protection des DH. Par ailleurs, une partie de l’élite qui parle anglais fait
une simple traduction “human rights” à “droits de l’homme”, donc pour eux il faudrait utiliser “droits
humains”. D’ailleurs les provinces francophones (Québec, Suisse, Belgique) utilisent “droits humains”
et certaines organisations préconisent également ce terme.
Pb : en droit, tous les textes internationaux relatifs au DH portent dans leurs titres la notion de DH.
Comment contourner ça ?
1ère thèse : Les ONG et les assos dissent qu’il faut changer la pratique : on maintient les textes car
historiques mais par contre dans les documents qu’on va utiliser aujourd’hui on va mettre “droits
humains”.
2ème thèse (prof) : Le maintien de DH se justifie d’abord pcq, dès lors qu’on s’entend sur le contenu,
sur la signification, la philosophie que porte la notion “DH”, cela ne devrait pas poser de difficultés.
CàD : « hommes » entendu comme au 18ème siècle, toute l’humanité, H et F. Ensuite, en vérité les
DH depuis leur création au 18ème siècle (1776 : déclaration d’indépendance de la Virginie jusqu’à
1789 : déclaration française) portaient toujours une revendication des libertés pour tous. Et les DH
portent ce symbole, même aujourd’hui, de conquête de la liberté. D’ailleurs, en françois “dh” signifie
qqch, par contre “droits humains” : aucune signification, grammaticalement parlant.
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Au-delà des débats, qu’est-ce que le droit international et européen des DH ? Pas de définition unique.
Si on prend l’ouvrage de Ludovic Enebel : déf. théorique, très ouverte “le droit international des DH
est conçu comme une construction intellectuelle visant à penser les rapports entre l’individu et le
Pouvoir, mais tout en dépassant le cadre limité d’une cité particulière”. Eux n’insistent pas sur les
normes, les sources, etc.
Cette définition est rattachée à un courant qui considère que le DIDH est rattaché forcément
au DI et qu’il ne peut y avoir d’autres branches de cette discipline.
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o Traités (= textes qui ont été élaborés, conclus, signés par les Etats et qui seront ratifies par
ceux-ci. Seuls ceux qui ont ratifié le traité seront liés par lui).
o Coutume internationale (norme non écrite qui lie ceux qui se sentent liés par elle,
notamment l’ensemble de la communauté internationale).
o PGD (normes non écrites, dégagées par le juge)
Normes déclaratoires non contraignantes = droit mou ou soft law. Différentes organisations
(NU ou régionales) qui produisent des textes comme les résolutions pour l’AG de l’ONU, etc.
Textes qui expriment qqch sur les DH mais rien d’obligatoire. Grand débat sur les soft law car
2 grandes catégories de droit dans le DIEDH :
:
o Droit positif (droit civil)
o Droit politique (droit constitutionnel et droit international)
Système de constatation qui met en place un organe NON juridictionnel (9 comités au sein des
NU) : organes composés d’experts indépendants qui peuvent recevoir des plaintes
individuelles, les examiner et constater ou non une violation des droits concernés. Mais ces
constatations ne sont pas obligatoires = ne lient pas les Etats.
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Ex : aux NU on a développé l’examen périodique universel ; chaque année le Conseil des DH des NU
examine l’application du traité des NU par les Etats. C’est le monitoring.
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LEÇON 2 : LES PARTICULARITES DU DIEDH
Il y a plusieurs courants du DIEDH (leçon 1 : critiques, promotion, etc.) ; pour le prof, le DIEDH a des
règles propres qui ne sont pas celle du DI général. On parle ici du fait que, le DIEDH est assis sur des
traités. Donc les sources propres du DIEDH sont au départ des sources de droit international. Mais le
système de contrôle qui se développe en DIEDH est un système qui a un caractère objectif (partie 1).
De même, à la différence du DI général, le DIEDH fait de l’individu un sujet à part entière (partie 2).
Enfin, cette discipline a créé tout un ensemble de contrôles institutionnels et juridictionnels,
soumettant la souveraineté de l’Etat au respect des DH (partie 3).
RAPPEL : La Commission européenne des DH n’existe plus depuis 1994. Elle a été supprimée par le
P11 de la Conv.EDH.
Pour le comprendre il faut voir l’arrêt de la CEDH du 18 janvier 1978, IRLANDE c/RU : la CEDH
a indiqué que le système de protection instauré par la Conv.EDH bénéficie d’une dimension collective.
Autrement dit, dans les requêtes inter étatiques, les Etats n’ont pas besoin de justifier d’un intérêt à
agir pour introduire une requête contre d’autres Etats. Cette garantie collective apparait donc dans
cette absence d’intérêt à agir. Cette jsp a été reprise par les autres cours (inter américaine et africaine).
Dans d’autres affaires, la CEDH a qualifié de façon très objective la Convention et ses protocoles.
Dans un arrêt BERKTAY c/ TURQUIE 2001, la CEDH a qualifié la Convention d’instrument de
protection des êtres humains car ces derniers ne sont pas pris en fonction de leurs genres, opinions
politiques, etc. Ce qui compte que les êtres humains se voient violenter dans leurs droits et donc la
convention peut être utilisée.
CEDH, 7 juillet 1989, SOERING c/RU : affaire mettant en cause un jeune couple américano-
allemand. Soering a assassiné les parents de sa petite amie avec la complicité de celle-ci et ensuite le
couple s’enfuit des US et vont au RU. Sauf que le RU a un traité d’extradition avec les US.
L’Allemagne découvre que l’un de ses ressortissants va être extradé aux US et qu’il risque la peine de
mort. Donc l’Allemagne assiste Soering qui va faire un recours contre le RU, et l’Allemagne va
utiliser pour la première fois la tierce intervention au profit d’un de ses ressortissants. Pb juridique,
inédit : est-ce que le RU pouvait faire l’objet d’une requête contre lui alors que l’Etat définitivement
concerné est un Etat tiers à la Conv.EDH (USA). En raisonnant en termes de droit international public,
il faudrait dire que la Cour n’est pas compétente car le ressortissant risquait la peine de mort aux US et
non dans un Etat parti à la convention. La Cour a décidé que chaque Etat membre est responsable de
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tout individu se trouvant sous sa juridiction, c’est-à-dire sur son territoire. Elle considère que chaque
Etat est responsable des risques de violation de la Conv.EDH qui frapperaient un individu éloigné vers
un autre Etat tiers à la convention. Interprétation extensible de l’article 1 er de la Conv.EDH. Qu’est-ce
qui a permis à la Cour d’élargir le champ de sa compétence et le champ de compétence des Etats
membres de la Convention ? C’est l’adoption d’une conception extensive de la Conv.EDH qui est
un traité de garantie collective des DH et des LF.
La CEDH va plus loin : 23 mars 1995, LOIZIDOU c/TURQUIE : la Cour qualifie la Conv.EDH
d’instrument constitutionnel de l’ordre public européen. Autrement dit, la Conv.EDH n’est pas un
simple traité de protection des DH, mais elle constitue le standard minimum de protection des DH au
sein du Conseil de l’Europe. Cette jsp fait débat car affirmer le caractère constitutionnel d’un traité
international est assez singulier.
Instrument constitutionnel : instrument qui organise le pouvoir dans un ensemble, pas dans un Etat.
C’est aussi un instrument qui limite le pouvoir. Il est certain que la Conv.EDH ne comporte pas la
première caractéristique (pas d’organisation du pouvoir). Par contre, il existe la limitation du pouvoir.
L’élément du constitutionnalisme moderne est la limitation du pouvoir par les DH.
Ce débat est monté jusqu’au niveau international et supranational :
Droit international : droit qui étudie l’ensemble des normes, des relations entre les Etats et les OI.
Dans ce cadre, le DI se contente de créer et contrôler les normes qui régissent les rapports entre Etats
ou entre Etats et OI = coopération et consentement mutuel et réciproque entre les différents acteurs.
Droit supranational : création par des Etats entre eux, d’une OI à laquelle ils vont déléguer des
compétences qu’eux-mêmes n’exerceront plus, sauf en tant qu’exécutant. Donc cette OI va sécréter
ses propres institutions qui seront indépendantes des Etats qui produiront des normes qui ne seront
plus des normes de droit international., mais des normes de l’ordre juridique ainsi créé.
On dispose d’un certain nombre d’indice sur la distinction DIDH et droit général :
A. L’exclusion du principe de réciprocité
Le droit des traités est le droit général des contrats ; dans le droit des contrats la règle est la réciprocité.
L’article 60 §5 de la Conv. De Vienne sur le droit des traités prévoit l’exclusion de la réciprocité en
matière des DH.
Pour les juridictions internationales générales : CIJ, avis consultatif du 21 juin 1971 sur le sud-
ouest africain, la CIJ a dû répondre à la question de savoir si les traités de tutelles étaient soumis à la
réciprocité concernant les DH. La Cour a considéré que la réciprocité ne s’appliquait pas aux
conventions relatives aux DH.
Ceci entraine des conséquences assez claires en matière de droit des traités. Par exemple, un Etat qui
n’était pas membre d’une convention relative aux DH au moment de faits qui vont entrainer ensuite
des requêtes devant les organes de protection, ne pourra pas invoquer ce caractère d’Etat non membre
si au moment des requêtes, il en est devenu membre.
Au nom de la non réciprocité, un Etat défendeur ne peut pas invoquer la réserve de l’Etat référant pour
échapper à un moyen. Dans l’état actuel du droit des traités, un Etat n’est lié que :
S’il ratifie ce traité
N’est lié que par des dispositions sur lesquelles il n’a pas fait de réserve ; la réserve vise à
amoindrir l’effet d’une disposition ou même à l’annuler.
Si un Etat 1 requérant attaque un autre Etat 2, l’Etat 2 ne peut pas dire que la Cour n’est pas
compétente car l’Etat 1 aurait émis telle ou telle réserve. Commission européenne des DH, 6
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décembre 1983, France, Norvège, Danemark, Suède et Pays Bas contre Turquie : la Commission
a rejeté un moyen soulevé par la Turquie concernant la réserve française sur l’état d’urgence.
B. Le contrôle des réserves aux traités
En droit international général, le contrôle des réserves est effectué par les Etats eux-mêmes, entre eux,
à l’exclusion de tous tiers. La grande révolution faite par le DIEDH est que ce contrôle des réserves
est effectué par les organes de protection. Débat à ce sujet entre les internationalistes généralistes et les
spécialistes de DIEDH.
Internationalistes généralistes considèrent que le contrôle des réserves par les tiers est contraire à la
philosophie même du DI, notamment au principe de bonne foi.
DIEDH : la CEDH a dit la première fois à un Etat, qu’une réserve qu’elle a déposé au moment de la
ratification n’était pas applicable car ne respectait pas des dispositions de la Conv.EDH. Le principe
de bonne foi est inexistant ; les Etats peuvent voir leurs réserves soumises à un contrôle.
L’article 2§1 de la Convention de Vienne désigne la réserve comme suivant « l’expression réserve
s’entend d’une déclaration unilatérale quel que soit son libellé ou sa désignation, faite par un Etat
quand il signe, ratifie, approuve un traité ou y adhère » - vise à exclure ou modifier l’effet juridique
de certaines dispositions de ce traité.
Pour les partisans de l’interdiction des réserves, la réserve aux traités constitue un affaiblissement de la
protection des DH. Pour ceux qui sont contre l’interdiction des réserves, ils estiment qu’il vaut mieux
un nombre maximal d’adhésion à des traités relatifs aux DH, plutôt qu’un nombre très limité. Pour
eux, l’interdiction entrainerait un nombre réduit d’Etat qui accepterait d’adhérer à un traité des DH.
En réalité, les traités relatifs aux DH ne sont pas unanimes sur la question des réserves ; certains traités
les acceptent, d’autres non. On peut classer les traités en 3 catégories :
Interdisant les réserves ; c’est le cas par exemple du P6 à la Conv.EDH du 28 avril 1983 :
abolit la peine de mort en temps de paix. Ce protocole ne permet pas des réserves.
Traités muets à propos des réserves ; exemple du pacte international relatif aux droits civils
et politiques. La jsp de la CIJ considère que dans ce cas, les réserves sont acceptables à la
condition qu’elles soient compatibles avec l’objet et le but du traité : CIJ, 28 mai 1951 sur la
convention relative à la prévention et à la répression des crimes de génocide.
Traités prévoyant explicitement la possibilité pour les Etats, d’émettre des réserves :
c’est le cas de la Convention européenne de Sauvegarde des DH et LF (article 57) : possibilité
de faire une réserve précise mais pas générale. Disposition similaire à l’article 75 de la
Convention interaméricaine des DH.
En matière de DH, même lorsque les réserves sont autorisées, il y a implicitement la nécessité de
vérifier que les réserves respectent les limites.
Réserves portant sur les droits intangibles (=insusceptibles de faire l’objet d’une dérogation) :
interdiction de l’esclavage, de la torture, la non rétroactivité de la loi pénale… la jsp et la pratique
estiment que dès lors que ce n’est pas explicitement interdit par les traités, il est possible d’émettre une
réserve précise à l’encontre d’un traité DH à la condition que cette réserve respecte l’objet et le but du
traité. Ainsi par exemple, le Portugal a émis une réserve sur l’article 7§1 de la Convention,
l’Allemagne a émis une réserve sur l’article 15§1 du Pacte international des droits civils et
politiques…
Les organes de protection des DH, juridictionnels ou non, vérifient la compatibilité des réserves avec
soit, des règles générales, soit avec des traités internationaux. Ce n’est pas pcq il existe, que ce
contrôle est accepté par les Etats et par une partie de la doctrine. En réalité, même en 2018 une partie
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des spécialistes de DI général considère que le contrôle des réserves méconnait le principe de bonne
foi et celui de loyauté. Pour eux, lorsqu’un Etat a émis une réserve au traité, il l’a fait de bonne foi en
estimant qu’il pouvait de bonne foi, limiter tel ou tel effet du traité. Mais dans le DIEDH les Etats
peuvent voir leurs réserves contrôlées.
Ici, contrôle des réserves fait par les juridictions mais également par des organes non juridictionnels :
C’est la CEDH qui a été précurseur en disant que ce contrôle des réserves n’est pas un contrôle de
fond mais un contrôle formel. Elle a rendu un arrêt de principe Belilos c/Suisse du 29 avril 1988 :
pose qu’une réserve à la Conv.EDH doit viser une loi nationale en vigueur ; cela veut dire que l’Etat
ne peut pas raccrocher à une réserve qui a été déposée, une loi postérieure à cette réserve : Fisher
c/Autriche du 26 avril 1995. Enfin, la CEDH contrôle aussi le caractère précis de la réserve puisque
l’article 57 dit « disposition particulière de la Convention », càd qu’elle vise bien une loi en vigueur.
Cette vérification de la précision, permet à la Cour de vérifier l’interdiction de poser une réserve
générale.
Donc contrôle formel qui permet à la Cour de vérifier le champ d’application des réserves : Rose
c/Suisse 9 novembre 2010 : la Cour avait indiqué qu’un Etat ne saurait élargir une réserve faite à un
protocole additionnel à la Conv.EDH ; en l’occurrence la Suisse avait invoqué une réserve qu’elle
avait déposé sur le P7 sur le nom de famille, pour l’étendre à l’article 8 de la CEDH.
Néanmoins, une question demeure ; lorsque la CEDH ou la Cour interaméricaine invalide une clause
de la réserve, est-ce que cette invalidation vaut non application de l’ensemble à l’Etat ou est-ce que
l’Etat est visé seulement pour la clause invalidée ? Autrement dit, peut-on diviser un traité ?
En droit général des traités, un Etat ne peut pas lier sauf s’il y a des réserves. Mais dès lors qu’un
organe de protection des DH indique que « votre réserve est invalide », certains spécialistes de DI
considèrent que l’Etat est libéré de tous ses engagements vis-à-vis du traité. C’est l’indivisibilité des
traités.
La CEDH dans l’arrêt Belilos, adopte la thèse de la divisibilité des traités relatifs aux DH : lorsqu’un
organe de protection des DH invalide une disposition, l’Etat demeure lié par le traité.
Les différents organes de protection des DH, ont aussi considéré que les Etats ne peuvent émettre des
réserves à l’égard du système de contrôle ; c’est ce qu’à dit le comité des DH des NU dans une
constatation du 2 novembre 1992, Kennedy c/ Trinité et Tobago. Rappelé dans l’arrêt Loizidou
c/Turquie : le système de protection des DH est un système de protection de l’ordre public donc ne
peut pas faire l’objet d’une réserve.
C. LA DÉNONCIATION OU NON DES TRAITÉS RELATIFS AU DH ?
Les DH militants considèrent qu’un Etat, une fois qu’il a ratifié un traité relatif aux DH, ne peut plus
le quitter. Problème : on ne peut pas trop refuser de quitter un traité à un Etat au regard de sa
souveraineté.
Deux situations :
- Le traité prévoit la dénonciation : art 58 CEDH dénonciation soumise à un certain nombre de
conditions et ne vaut que pour l’avenir.
- Les traités ne disent rien : la cour interaméricaine DH sur la question du tribunal C°L 24 sept
1999 aff Brunstein : en cas de silence du traité la dénonciation et le retrait ne sont pas
possibles.
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« Norme impérative de droit international général acceptée et reconnue par la communauté
internationale dans son ensemble en tant que norme à laquelle aucune dérogation n’est permise ». De
manière générale, les normes de jus cogens sont envisagées comme des normes impératives qui
limitent la liberté contractuelle des Etats et dont la violation par un traité entraîne la nullité de ce
dernier. Il n’existe pas de hiérarchie des normes en DIG = la règle la plus récente l’emporte sur la
plus ancienne et la plus précise sur la plus générale. Donc compliqué en cas d’antinomie.
Exception pour les normes de jus cogens – la convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités
prévoit à l’art 53 et 64 les effets juridiques du jus cogens en cas de contradiction.
Article 53 : traité qui, au moment de sa conclusion, entre en conflit avec une norme impérative de
droit international général jus cogens : le traité est nul.
Article 64 : Si une nouvelle norme impérative du droit international général survient, tout traité
existant qui est en conflit avec cette norme devient nul et prend fin.
DH = jus cogens ? Traités favorables // opposés – les pragmatiques qui sélectionnent les DH
qui auraient des effets impératifs.
Pas de définition de ce que c’est ; on dit juste l’effet de la contradiction. La CJ, avis du 28 mai 1951,
Conv. Pour la prévention et répression des crimes de génocide a estimé que « les ppes qui sont à la
base de la Convention sont des ppes reconnus par des nations civilisées comme obligeant les Etats
même en dehors de tout lien conventionnel ». L’interdiction du crime de génocide ferait parti
implicitement des normes de jus cogens. Mais la Cour ne définit toujours pas ce qu’est une norme de
jus cogens. Il faut donc déterminer ce qu’est cette norme et savoir qui peut le faire.
La Commission du DI (essentiellement des professeurs de DI) a vocation à participer à la
formation des règles de DI. Elle dégage un certain nombre de ppes et de règles et dans ses travaux elle
a dégagé quelques traités dans lesquels elle considère qu’il existe des normes impératives de DI :
traités interdisant la traite, l’esclavage, traité relatif à la prévention et à la répression des crimes de
génocide nombre limité de traités.
Dans la doctrine, certains considèrent que la lutte contre la discrimination raciale serait une
norme de jus cogens, de même pour la protection de la personne humaine (protection des DH). Il est
difficile de soutenir que la lutte contre la discrimination serait une norme impérative de DI car on ne
sait pas de quelle discrimination il s’agit (débat sur la question de savoir si la race existe ou pas). De
même pour la protection de la personne humaine (dans la définition de ce qu’est une liberté, un droit,
il y a toujours la nécessaire conciliation d’un droit ou d’une liberté avec une autre liberté ou un autre
droit). La liberté est un pouvoir d’auto détermination. La liberté devient un droit lorsque c’est reconnu
par le droit positif. Donc la protection des DH ne peut pas être une norme impérative.
Exemple : gestation pour autrui qui peut être considéré comme de la traite d’êtres humains ; pourtant chacun fait
ce qu’il veut de son corps.
Pour tenter de contourner cette difficulté, la CJI a créé une nouvelle appellation d’une règle qu’elle
appelle erga omnes = qui s’impose à tous (5 février 1970, Barcelona Traction) ; il ne s’agit pas tout
à fait d’une norme de jus cogens mais norme qui va créer des obligations des Etats envers la
communauté internationale dans son ensemble. La CIJ dit qu’elle peut dégager les obligations erga
omnes mais n’en donne pas la définition. Dans son texte de la codification sur la responsabilité de
l’Etat pour fait internationalement illicite, la CIJ ne précise pas les critères de l’obligation erga omnes.
Le critère principal est l’accord de la communauté internationale sur le caractère soit impératif, soit
erga omnes d’une règle ou d’une obligation internationale.
Si c’est une règle que la communauté internationale considère comme la liant dans son ensemble =
norme de jus cogens. Les juridictions vont reprendre ce critère pour reconnaitre le caractère de jus
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cogens d’une règle de DI. Donc aujourd’hui, l’organe principal qui peut dégager une norme de jus
cogens de façon certaine c’est les juridictions internationales ou nationales. Cela sera des normes de
jus cogens appliquées par les Etats et reprises par d’autres juridictions. Ainsi, une seule norme est
considérée comme impérative dans le DIEDH interdiction de la torture (Furundzija, 10 décembre
1998) le TPIEY a considéré que l’interdiction de la torture est une norme impérative de DI ; cette
position a été suivie par la Chambre des Lords dans son arrêt du 24 mars 1999, Pinochet et par la
CEDH dans son arrêt Al Adsani c/ RU 21 novembre 2001.
Est-ce que l’interdiction de la torture est effectivement respectée par les Etats, par des OI et même,
est-ce que les juridictions qui ont-elles-même dit que l’interdiction de la torture est une norme de jus
cogens en tirent toutes les conséquences ?
Après la jsp de la CEDH sur l’immunité d’Etat (Al Adsani), l’immunité de juridiction des Etats permet
aux Etats de ne pas être poursuivis devant une juridiction, lorsque la poursuite touche à des cas dans
lesquels l’Etat pense bénéficier de l’immunité. Donc on peut invoquer cette immunité de juridiction
même dans le cas de torture = non-respect.
CEDH Gr. Ch. 15 mars 2018, Naït-Liman c/ Suisse : refus des juridictions suisses d’examiner
l’action civile du requérant qui réclamait la réparation du préjudice moral, résultant d’actes de torture
qu’il alléguait avoir subi en Tunisie. Nationalité tunisienne, arrêté en Italie en 1992 qui considérait que
sa présence constituait une menace à la sureté de l’Etat et le remet au consulat de Tunisie, qui le
transfère en Tunisie. Il allègue, avec certificats médicaux à l’appui, qu’il a été torturé dans les locaux
du ministère de l’intérieur, à la fois sur ordre du ministre et de Ben Ali. En 1993, il s’échappe de la
Tunisie, va en Suisse qui lui accorde le statut de réfugié en 1995. A obtenu la nationalité en 2007. En
2001, il apprend que le ministre qui l’a torturé est arrivé en Suisse pour se faire soigner et dépose
immédiatement plainte auprès du procureur général et se constitue partie civile. Mais la plainte a été
classée sans suite car, au moment où la plainte a été examinée, la personne n’a pas pu être interpellée
car déjà partie de la Suisse. En 2004, il saisit les juridictions suisses et demande des DI contre la
Tunisie et son ministre de l’Intérieur. Le tribunal rejette la requête et se déclare incompétent car pas
suffisamment de rattachement entre les faits et l’Etat helvétique. L’art.3 de la loi fédérale sur le DIP
précise que « lorsque la présente loi ne présente aucun for en Suisse et qu’une procédure à l’étranger
se révèle impossible ou qu’on ne peut pas raisonnablement exiger qu’elle y soit introduite, les
autorités judiciaires ou administratives suisses du lieu avec lequel la cause présente un lien suffisant,
sont compétentes ».
Ppe : les juridictions suisses ne sont pas compétentes pour connaitre des requêtes sur des faits
déroulés à l’étranger.
Sauf : si la cause présente un lien suffisant avec la suisse.
Juge d’appel, tribunal fédéral, tout le monde considère que les tribunaux suisses sont incompétents en
raison du lieu et à défaut de lien suffisant entre la cause et la Suisse. CEDH, 21 juin 2016 : pas de
violation de l’article 6 de la Conv.EDH (3 voix c/4). Cet arrêt va faire l’objet d’une demande
d’examen en grande chambre, qui va confirmer en mars 2018 la position de la chambre (15 voix c/ 2)
(§217-218).
Bizarre car quand on reconnait le statut de réfugié cela signifie qu’il y a eu persécution.
On voit bien la limite des normes de jus cogens : éviter aux parties de faire du forum shopping
(encombrement des tribunaux), difficultés diplomatiques, etc. Mais tous ces arguments sont contraires
à la jsp de la CEDH : le droit à l’exécution des DC de justice est posé à l’arrêt Hornsby, sur la
diplomatie (Ilascu c/ Moldova et Russie) la Cour a dit qu’un Etat doit user de tous les moyens légaux
et diplomatiques à sa disposition pour faire respecter le DIEDH sur un territoire occupé par une
puissance étrangère. La CEDH a qualifié la Conv.EDH d’instrument constitutionnel de l’ordre public
européen = noyau dur des DH en Europe.
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En matière de particularités de DIEDH, on peut soutenir que ce droit est rattaché au droit international
à son origine ; de cette matière ce sont des traités internationaux qui sont à la base des droits. Par
contre, dans l’application de ces traités, on ne peut pas les appliquer tels quels pour la simple raison
que ces règles de DI sont destinées à ménager la souveraineté des Etats et on ne peut pas prétendre
protéger les DH en DI si on ne peut pas limiter la souveraineté des Etats. Donc en l’espèce, dans
l’affaire Naït- Liman, la CEDH dans son raisonnement, va utiliser toute la méthode d’interprétation du
DI général ; à partir de ce moment-là, elle ne pouvait arriver qu’au résultat final énoncé. La Cour dit
qu’elle cherche s’il existe en DI une compétence universelle pour acte de torture et recherche s’il y a
une coutume internationale relative à l’obligation pour les autorités nationales, d’ouvrir leur for à titre
de nécessité = réponse négative. Elle dit en même temps qu’il y a 2 lois fédérales aux EU et Canada
qui reconnaissent la compétence universelle pour torture en cas d’acte de terrorisme. De même dans
certains Etats européens, dont la France, possibilité de se constituer partie civile pour réparation des
préjudices de torture. La Commission des NU contre la torture a reconnu que les victimes ont droit à
réparation devant les tribunaux pour des faits de torture commis à l’étranger = plusieurs indices qui
permettaient de déceler l’obligation de réparation et la compétence universelle. Mais la Cour dit que
pas de consensus général pour la réparation et dit que la Suisse n’a pas pris de décision déraisonnable
puisque pas de lien suffisant entre le requérant et l’Etat.
Le DIEDH devrait permettre de lutter contre le déni de justice
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PARTIE 2 : L’individu comme sujet du DIEDH.
En DI général, il n’y a qu’un seul sujet de DI : l’Etat. Par la suite, à la fin du 19 ème, on a créé des OI ;
se sont donc ajoutés à l’Etat, des OI comme sujets du DI. Donc en principe, seuls l’Etat et les OI
disposent de droit et d’obligations en DI.
CPJI 3 mars 1928, avis sur la compétence de Damtzig : la CPJI reconnait qu’un accord
international peut avoir pour objet la création de droit au profit de particulier. Double lecture possible :
Les spécialistes de DI général considèrent que c’est la preuve de la reconnaissance de droits
aux individus en DIG.
On peut penser que cet avis ne reconnait les droits aux particuliers que par dérogation, de
façon exceptionnelle. Et d’ailleurs, ce sont les Etats eux-mêmes qui octroient ces droits aux
individus
Cette double lecture reste aujourd’hui un clivage important entre les spécialistes des DIG et DIEDH.
Pour les spécialistes du DIEDH, la philosophie des DH reconnait la capacité de l’Homme à être au
fondement des pensées et des actions. Donc en tant qu’être autonome, l’Homme peut par lui-même,
dégager des règles de vie commune ; on introduit dans le DI une approche individualiste de la vie
internationale. On bouscule l’approche classique du DI qui réserve à l’Etat et aux OI le statut de sujet
du DI.
Cette conception ne disparait pas mais l’intégration des DH dans le DI permet de reconnaitre
l’individu comme un sujet de DI. Cependant, cette qualité, ce statut de sujet va varier en fonction des
situations parce que le DIEDH lui-même n’est pas une discipline homogène aujourd’hui (variété de
source qui créé une variété de régime). Donc le statut de l’Homme varie en fonction des sources et du
régime.
La qualité de sujet est d’abord une qualité graduée : en fonction des accords internationaux, des
continents, la capacité d’action de l’individu en tant que sujet est plus ou moins forte.
Au niveau universel, l’individu est un sujet limité du DIDH. D’abord car la plupart du temps, il ne
peut déposer que soit une communication devant le Conseil des DH des NU, soit une pétition.
Concernant la communication :
o La résolution 728F du 30/07/59 prévoit la possibilité de déposer une communication
devant le secrétaire du Conseil, qui le transmet soit à l’Etat, soit au Conseil des DH
o La résolution 1503 prévoit la compétence de la commission pour examiner les
communications qui dénoncent des violations flagrantes des DH. Cette
communication peut connaitre deux issues : le Conseil des DH établit un rapport en
envoie une recommandation à l’ECOSOC ou alors le Conseil des DH peut adresser
des enquêteurs sur place à condition que l’Etat donne son accord et à l’issue de
l’enquête on peut revenir à la 1ère issue
Si on estime que dans la société internationale telle qu’elle est, on fait du mieux possible pour faire
respecter la Charte des NU et les traités relatifs aux DH. Mais si on pense que c’est bien mais pas
suffisant, on peut critiquer les insuffisances de ce système. L’insuffisance principale est que la
communication est confidentielle (seul l’Etat concerné sait qqch). Le Conseil des DH peut adresser
une recommandation à l’Etat qui va passer par le canal de l’ECOSOC mais ça reste confidentiel. La
confidentialité, par définition, est un handicap majeur quand il faut dénoncer des violations flagrantes
des DH. Cette difficulté peut aujourd’hui être corrigée par l’examen périodique universel qui permet
au Conseil des DH de demander à chaque EM des comptes sur les recommandations qui leur ont été
adressées. Cet examen périodique est un examen politique et en plus, il est affaibli par le caractère
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diplomatique du Conseil des DH (47 membres élus et grande variété de la position de ces membres par
rapport aux DH).
Il y a quand même la possibilité pour un individu d’utiliser cette communication pour déclencher un
processus diplomatique au sein des NU.
Concernant les pétitions : forme de communication plus encadrée ;
o Trouvent leurs premières applications dans le cadre de la SDN (protection des
minorités nationales) et ensuite dans le DI d’après II nde GM (art. 87 charte des NU) qui
prévoit des pétitions possibles dans les territoires sous mandat.
o Ce droit existe dans quelques conventions internationales : 21/12/1965 sur
l’élimination de toutes les formes de discriminations raciales, convention contre la
torture et autres peines du 26 juin 1987, protocole facultatif 23/03/1976 du pacte
international relatif aux droits civils et politiques.
La pétition existe aussi devant des commissions régionales ( ex : commission africaine des DH et des
peuples ; convention interaméricaine des DH statuant comme organe permanent de la Charte )
Devant la commission africaine des DH, la pétition permet à la commission africaine de préparer un
rapport confidentiel ; peut néanmoins être publié sur l’accord des chefs d’Etat et de gouvernements de
l’Union africaine.
Devant les comités des NU, il y a aussi une différence de régime juridique des pétitions ; le point
commun des pétitions est de permettre au comité de constater ou non une violation de la convention
concernée et de faire des recommandations et celles-ci peuvent figurer au rapport annuel du comité
présenté à l’AG des NU ; différence quant au mode de fonctionnement des comités : la pétition
individuelle va donner lieu selon l’Etat, à un examen contradictoire.
Communications ou pétitions, l’individu s’adresse à des organes non juridictionnels, donc
l’individu reste un sujet limité car il ne peut espérer obtenir une condamnation de l’Etat.
Dans certains systèmes, l’individu peut devenir un sujet à part entière. En vertu de l‘article 44 de la
CIADH l’individu peut déposer une requête contre un Etat qui a reconnu la compétence de la Cour,
devant la commission. Donc on le reconnait comme un sujet à part entière. Cette commission inter
américaine peut, après avoir établit un rapport, saisir la Cour interaméricaine des DH. Mais l’individu
dépend de la Commission ; c’est elle qui décide si elle saisit ou non la Cour interaméricaine des DH.
Pendant de nombreuses années, la Commission a plus ou moins retenu les requêtes : ne saisissait pas
systématiquement la Cour. Cette rivalité commission/cour a retardé le développement des DH aux EU.
Donc sujet à part entière mais sujet dépendant d’un organe.
Le seul système au monde qui donne un statut de sujet total, à part entière, à l’individu est celui de la
Convention de sauvegarde des DH et LF : convention européenne. Depuis le P11 de 1994, le requérant
individuel (art. 34) peut saisir directement la CEDH.
Pourquoi est-ce important qu’un sujet ait la qualité de sujet à part entière en droit européen des
DH ? Symbolique d’une part, puisque cela signifie que l’individu est l’égal d’un Etat. Cela n’existe
nulle part ailleurs que dans le système européen. D’autre part, sur le plan contentieux, pareillement
l’individu sera l’égal de l’Etat : l’Etat a ses propres avocats, etc. et l’individu a la possibilité de se
défendre de lui-même ou d’avoir un avocat, même commis d’office.
La qualité de sujet est aussi une qualité morcelée : l’individu peut avoir plusieurs statuts possibles dans
un cas donné.
En DIEDH et droit constitutionnel comparé, on trouve des systèmes qui reconnaissent des droits à des
groupes. En DCC, la plupart des Etats d’Amérique centrale et du Sud reconnaissent des droits
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(souvent culturels et linguistiques) à des groupes autochtones. Débat important concernant certains
Etats (EU, Canada, Australie, Nouvelle Zélande) : peuples indigènes qui se battent pour être reconnus
dans leurs droits mais selon les systèmes, les droits sont plus ou moins reconnus. Mais grande disparité
selon les Etats et dans un système fédéral, disparité du statut d’indigène en fonction des Etats fédérés.
Les NU n’ont pas pu faire adopter un traité sur le droit des peuples indigènes et autochtones car véto
des 4 Etats. Même chose dans le DIEDH.
Textes non contraignants, art.29 DDHC prend en compte la vie en collectivité des individus. Donc
dans cette logique, l’individu n’existe que dans la collectivité. Mais c’est contraire à la philosophie des
DH. Néanmoins, en DPI ou en DIDH, on trouve une protection de groupe : Convention 9 décembre
1948 sur la prévention et la répression des crimes de génocide qui définit le génocide un acte commis
dans l’intention de détruire tout ou parti d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux.
Définition reprise par la jsp internationale
- CIJ, ordonnance du 13 septembre 1993 relative aux mesures conservatoires dans une affaire
d’application de la convention de la répression des crimes de génocide ;
- Projet de la commission du DI code de crime contre la paix et la sécurité de l’humanité
(art.17)).
- Le TPIR, dans l’affaire 2 septembre 1998, Akayesu, a repris également la définition du
génocide.
Lisière du DPI et du DIDH. Le DIDH prévoit des cas particuliers de protection d’un groupe,
CEDH, Jorgic c/ Allemagne, 12 juillet 2007 : reprend la définition du génocide en indiquant que
« l’intention de détruire un groupe suffit à faire constater un crime de génocide ».
Débat en France sur le fait de supprimer le mot « race » dans la Constitution.
L’article 27 du pacte international relatif aux droits civils et politiques protège le droit des minorités
« Dans les Etats où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes
appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d'avoir, en commun avec les autres
membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion,
ou d'employer leur propre langue » : reconnait la protection des minorités en tant que groupe. Ces
droits s’exercent dans le respect de la cohérence et de l’unité de l’Etat.
Aux NU, déclaration du 18 décembre 1982 sur les droits des personnes appartenant à des minorités
nationales, ethniques, religieuses et linguistiques : droit déclaratif on ne peut rien en faire sur le plan
juridique.
Au Conseil de l’Europe, convention cadre pour la protection des minorités nationales du 10 novembre
1994
Instruments pour protéger les minorités, soit individuellement, soit comme un groupe. Mais
aucun de ces textes ne donnent une définition d’une minorité nationale.
On trouve des travaux doctrinaux mais qui ne donnent qu’une définition sociologique « une minorité
est un groupe numérique inférieur au reste de la population de l’Etat possédant les caractéristiques
ethniques, religieuses, linguistiques différentes de celles du reste de la population et sont animées de
la volonté de préserver leur culture, leur tradition, leur religion et leur langue ». Dans cette
définition : dimension objective = statistiques et dimension subjective = le groupe doit être animé d’un
sentiment d’appartenance à cette tradition, culture, langue.
Se heurtent à cette définition, toutes les juridictions de protection des DH car la définition
sociologique n’est pas juridique. Pour ne pas affronter cet obstacle, les organes de protection des DH
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ne reconnaissent pas les droits de groupes mais protègent les droits individuels des personnes
appartenant à des groupes.
C’est la position du Comité des DH des NU observation du 6 avril 1994 : le Comité considère que
les droits individuels des membres d’un groupe sont protégés par le biais du principe de non-
discrimination et à travers la reconnaissance de droits spécifiques liés à ce principe. C’est ce que l’on
appelle une discrimination positive : le principe permet de reconnaitre des droits aux membres d’un
groupe.
Exemples de droits spécifiques
DC du 30 juillet 1981, Lovelace, le Comité considérait qu’un membre d’une tribu indienne a
le droit de retourner vivre dans son milieu culturel même s’il a épousé un non indien. Dans
cette affaire, lorsqu’un membre d’une tribu indienne se mariait avec un non indien, il était
banni.
27 juillet 1988, Kitok c/ Suède : l’élevage de rennes constitue une particularité du peuple
inuit.
Ce sont donc des droits individuels, ces droits spécifiques peuvent cependant faire l’objet de
limitations par l’Etat et les organes de protection exercent un contrôle de proportionnalité sur les
limitations.
La CourEDH reconnait quelques droits particuliers à un groupe : les Roms. Chapman c/RU 18
janvier 2001 : la Cour a estimé que la vie en caravane fait partie de l’identité tsigane. Elle dégage ce
droit de l’article 8 de la Conv.EDH qui est le droit de mener une vie familiale normale. Donc les Etats
ont l’obligation positive de permettre aux Roms et aux tsiganes de suivre leur mode de vie propre.
Mais en l’espèce, la CourEDH n’avait pas condamné le RU au titre de l’article 8 suite au refus d’un
permis foncier. Donc la CourEDH a tiré la conséquence de cette reconnaissance d’un droit à l’identité
tsigane de mener une vie familiale en caravane.
Dans l’arrêt Aksu c/Turquie, 15 mars 2012 : la CourEDH a estimé qu’un requérant individuel peut
légitimement déposer une requête individuelle pour attaquer un Etat pour violation de l’art.8, droit à la
vie privée, en raison d’un livre qui contenait des passages dévalorisant pour la communauté Roms.
Dans l’arrêt Winterstein c/France, 17 octobre 3013 : France condamnée pour l’atteinte à la vie
privée et familiale suite à l’expulsion d’un groupe de Roms d’un terrain public. Violation de l’article 8
dans la mesure où la France n’avait pas proposé de mesure de relogement et surtout n’a pas proposé
une solution compatible avec le mode de vie propre des Roms (ils ne voulaient pas aller à l’hôtel, ils
avaient le droit de demander un relogement sur un autre terrain). Ces droits spécifiques s’appuient
aussi sur un nouvel argument : celui de la vulnérabilité. Cette communauté et ses membres ont besoin
de la protection de leurs droits spécifiques car ils constituent une minorité vulnérable.
La jurisprudence de la CourEDH reconnait aussi la protection des groupes de Roms contre la
discrimination, par exemple pour la scolarisation des enfants D.H c/République Tchèque, 13
novembre 2007.
16
connaitre de limites que celles d’autres souverainetés. L’arrivée de la protection des DH dans la
société internationale relativise cette place importante de la souveraineté. Depuis que la société
internationale s’est dotée d’une charte (NU) et de traités généraux ou spécifiques de protection des
DH, ils ont accepté la limitation de leur souveraineté au nom des DH et on peut dire qu’il existe des
exigences des DH à l’égard de la souveraineté (sous partie 1) mais qu’en même temps, ces exigences
de respect connaissent cependant des limites (sous partie 2)
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France a défendu devant l’AG des NU, l’utilité d’une intervention sur le territoire d’un Etat confronté
soit à des catastrophes naturelles, soit à des conflits internes ou internationaux. C’est juste un slogan
car ces résolutions respectent totalement la souveraineté des Etats ; l’ingérence n’est pas possible
puisque pour dire qu’il y a ingérence, il faut qu’il y ait un dépassement de la souveraineté de l’Etat. Or
là, ce n’est pas le cas, l’intervention se fait avec l’accord des Etats concernés.
Face aux limites mêmes de la notion d’ingérence humanitaire, les NU ont développé une autre notion :
R2P par la résolution 60/01 de l’AG des NU 16 septembre 2005. Cette notion vise à permettre
l’intervention armée pour protéger les populations civiles contre le génocide ou crimes internationaux
et lutter contre la violation massive des DH. C’est en réalité une extension du champ d’application du
chapitre 7 de la Charte des NU (permet au NU de mener des opérations de maintien de la paix).
R2P utilisée en 2006 : le Conseil de sécurité a adopté une résolution 16/74 sur la protection des civils
en période de conflits armés. Puis utilisée sur le terrain le 26 février 2011, contre la Libye. Ensuite en
Côte d’Ivoire en 2011 et c’est en cours depuis 2011 au Yémen, au Soudan du Sud. Depuis 2012 en
Syrie.
Viennent s’ajouter à ces limites, des règles juridiques différentes. Le DIEDH doit être lu, appliqué, etc.
à la lumière d’autres disciplines qui peuvent protéger l’être humain dans d’autres disciplines : droit
pénal international (poursuivre et condamner les auteurs de crimes internationaux donc protéger les
droits des victimes / droits des bourreaux) + droit international humanitaire.
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LEÇON 3 : DIEDH ET DROIT HUMANITAIRE
§1. Influence réciproque du DIEDH et du DIH.
Le droit international humanitaire est né au 19 ème siècle. En 1864, création de la croix rouge par Henri
Dunant qui rédige les souvenirs de Solferino en 1858, publié en 1862 et qui lance un mouvement
d’humanisation de la guerre, pour protéger les non combattants. Il ne s’agit pas d’être contre la guerre,
mais d’en restreindre les conséquences sur les civils.
Création du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ; 2 conférences :
1863 : a adopté 10 résolutions qui sont affichées aujourd’hui dans les statuts de la Croix-
Rouge et du Croissant Rouge
1864 : a rédigé la Convention du 22 aout 1864, qui va permettre pour la première fois, de
rédiger des dispositions relatives à la protection des blessés et des malades des armées de terre
et de toutes les victimes de guerre. Progressivement, cette Convention va permettre le
développement des 7 principes fondamentaux du CICR :
o Humanité
o Impartialité
o Neutralité
o Indépendance
o Volontariat
o Unité
o Universalité
Cette convention sera complétée par la Convention de 1899 sur les lois et coutumes de guerre
sur Terre qui comporte des dispositions sur la protection des prisonniers de guerre et des
civils.
Le droit international humanitaire d’aujourd’hui repose sur les 4 Conventions de Genève du 12 août
1949 et de 2 protocoles additionnels du 8 juin 1977.
Convention n°1 : protection des blessés et des malades des armées de terre
Convention n°2 : blessés ou malades des naufragés (marine)
Convention n°3 : prisonniers de guerre
Convention n°4 : protection des civiles, notamment en situation d’occupation
Quelques articles communs. Ex : Article 3 commun aux 4 Conventions et au P2 ; concerne les conflits armés
non internationaux
Ce DIH va progressivement être influencé par les droits de l’Homme. Premièrement, après la II nde GM,
la Charte des NU fait référence dans son Préambule, aux DH comme valeur commune des EM des
NU. Cette valeur commune va progressivement profiter au DIH. En effet, la Conférence sur les DH à
Téhéran encourage le développement du DIH. Plus tard, le CICR va obtenir le statut d’observateur à
l’AG des NU ; cela va permettre la prise en compte des préoccupations de DIH et DH des instances
des NU. Ainsi, le Conseil de sécurité a pris de nombreuses résolutions condamnation la violation du
DIH qui équivaut à une violation des DH. Plus d’ambiguïté. De même, la Commission des DH va dans
cette tendance.
Croix-Rouge et Croissant Rouge ont intégré les préoccupations relatives aux DH. C’est grâce à elles
que les NU ont crée un groupe de travail sur les personnes disparues et ensuite un projet de
Convention sur les disparitions forcées ou involontaires en date de 2005. Depuis, il existe au sein des
NU, une Commission spécifique pour les disparitions forcées ou involontaires.
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De leur côté, les DH vont également influencer les 2 protocoles de 1977 et ce, de manière assez
marquée. D’abord, l’article 75 du P1 comporte des garanties fondamentales de la personne qui sont
des garanties de protection des DH. L’article 6 du P2 qui concerne les poursuites pénales, reprend
l’ensemble des règles de protection des DH en matière pénale. La IV ème Convention de Genève protège
les femmes pendant les conflits armés et comporte notamment une interdiction du viol comme arme de
guerre ; Cette interdiction sera complétée par l’art.76 du P1 qui considère que le viol est une infraction
grave et le P2 disant que le viol est interdit. Le droit pénal international qualifie le viol de crime contre
l’humanité, tout comme l’esclavage forcé, la prostitution forcée
Le DIH est tourné vers la protection des acteurs des conflits armés : combattants ou civils. Le DIEDH
prend en compte aujourd’hui, certaines exigences du DIH, notamment en considérant que même en
période d’exception (régime de dérogation), certains principes du DIH ne peuvent faire l’objet de
limitation ou d’exception. Exemple : interdiction de la torture et de TTT inhumains et dégradants.
On trouve dans le DIH, un principe venant du DIEDH : interdiction de la discrimination. Le DIH
intègre quelques discriminations positives : protection sectorielle en faveur des femmes et des enfants
= protection des personnes vulnérables.
Dans le DIH il y a aussi les principes de soins, d’assistance à tous les blessés, malade, naufragés… Il
comporte de nombreux interdits que l’on rencontre dans le DIEDH. Par exemple : les expériences
biologiques sur les prisonniers et civils (art.12 Conv.1 et Conv.2).
Le DIH prévoit des périodes d’armistice pour transporter des malades et des morts. C’est également le
DIH qui a permis la protection des personnes disparues en essayant de les retrouver et si on ne les
retrouve pas, de chercher les responsables. Le DIH ne se préoccupe pas uniquement des vivants, il
prévoit aussi l’enterrement avec dignité des personnes victimes de conflits.
Autre point commun : protection des apatrides. Notamment, les apatrides et les étrangers, ont le droit
en principe, de quitter un territoire de guerre.
Concernant les enfants : il existe un phénomène très répandu qui est celui des enfants soldats. L’article
50 de la Convention 4 interdit la modification de l’identité des enfants de moins de 15 ans car modifier
l’identité permet d’envoyer ces enfants dans les conflits opérationnels. De même, le DIH interdit le
travail forcé des personnes de moins de 18 ans (par contre, on peut faire travailler les prisonniers de
guerre).
Se retrouvent dans le DIH, tous les grands principes du droit pénal : principe de non rétroactivité de la
loi pénale, règles du procès équitable (P1). La modernité du DIH était précoce puisque le P1 prévoit
que les belligérants doivent veiller à ne pas utiliser des méthodes et moyens qui portent atteinte de
façon durable et grave, à l’environnement naturel. Cette influence du DIDH sur le DIH est assez
évident ; Certains auteurs rapprochent même le DIDH et le DIPénal à des Conventions qui portent sur
la protection et répression des crimes de génocide, Convention sur l’imprescriptibilité des Crimes de
guerre et crimes contre l’humanité et Conventions contre la prise d’otage (1979), Convention contre la
torture et TTT inhumains et dégradants (1984).
DI pénal : droit à la poursuite et à la répression des auteurs de crime
DIH : droit de protection des combattants et civils
DIEDH : droit à la protection indifférenciée des personnes
Questions théoriques :
En cas de difficulté pour l’application des textes internationaux, en l’absence de hiérarchie entre les
Conventions internationales, quelles sont les règles de conciliation ? La lex specialis déroge au droit
plus général ; le droit le plus récent l’emporte sur le droit le plus ancien. Lorsqu’il faut appliquer des
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règles de DIPénal, DIH et DIEDH, systématiquement, on devrait dire qu’on applique toujours les DIH
et le DIPénal. Mais pas toujours aussi simple.
Exemple : conflit interne en République démocratique du Congo, en République Centre africaine, au Yémen,
etc. On sait que des crimes de guerre sont commis. Les NU ont la possibilité d’identifier les auteurs de ces
crimes et d’envoyer des soldats dans le cadre des opérations de maintien de la paix pour arrêter les auteurs. Dans
ce cas, on applique le DIH ou le DI pénal ?
Face à ces difficultés, le DIEDH a retenu quelques principes et notamment un principe de départ :
application concomitante du DIEDH et du DIH.
21
il participait. La CourEDH créée, par voie jurisprudentielle, un régime d’exception particulier, pour les
périodes de conflit.
Deuxièmement, la CEDH ne condamne pas le RU pour violation de l’article 5 en indiquant que cet
article, tel qu’interprété à la lumière des Conventions de Genève, permet aux Etats d’assouplir les
règles de protection prévues. De quoi s’agit-il ? L’article 5 prévoit que l’on doit être présenté
promptement devant un juge, ce qui veut dire entre 3 et 5 jours ; le DIH prévoit qu’en période de
conflit, qu’il peut y avoir un contrôle périodique tous les 6 mois. Ensuite, l’article 5 prévoit que l‘on
doit être présenté devant un juge (magistrat, doté de compétences de pleine juridiction de décider de la
détention ou de la libération de la personne détenue). Mais là, la CEDH dit qu’en période conflit,
l’article 5 permet de présenter périodiquement la personne devant un organe compétent (genre un
militaire) donc un organe qui ne respecte pas les conditions de l’article 5 (pas d’impartialité…).
On accepte qu’il y ait une moindre protection, dans la protection même où la protection doit
être maximale.
Au-delà de ça, la jsp Hassan va à l’encontre de la mission même de la CEDH qui est de développer et
protéger les DH, et pas faire régresser la protection des DH. Deuxièmement, l’arrêt Hassan va
également à l’encontre des valeurs européennes (construction européenne) : selon le Préambule de la
ConvEDH, la CEDH participe à la mission de rapprochement des peuples européens et donc à la
mission d’intégration en Europe. En acceptant une moindre protection des DH, même en période de
conflit, la CEDH laisse de côté une méthode d’interprétation autonome de la ConvEDH (qui a permis
à la CEDH et à la CJ d’interpréter, dans le cadre des valeurs européennes, les textes dont elles assurent
la garde). La CEDH a manqué à cette pratique alors que la CJUE a plusieurs fois démontré que même
pour le DIH, il faut développer l’interprétation autonome : CJUE 30 janvier 2014, Diakité aff.
C285/12 : la CEDH a interprété la notion de conflit interne de façon autonome : n’a pas repris la
définition du DIH, ce qui a permis à la CJ de donner une protection plus grande aux demandeurs
d’asile non considérés comme réfugiés (art.15 de la directive 2004-83 sur la protection subsidiaire).
22
LEÇON 4 : RAPPORTS ENTRE LES SYSTEMES DE PROTECTION DANS
LE DROIT INTERNATIONAL EUROPEEN DES DROITS DE L’HOMME.
Le système français est inséré dans d’autres ordres juridiques : CEDH, UE, traités internationaux,
ONU. Dans ce décor, il y a un objectif commun : la protection des droits de l’Homme. Le DIEDH ne
possède pas un organe unique, mais plusieurs organes. Dans le DIEDH on a aussi d’autres systèmes
régionaux. On va regarder s’il existe une cohérence globale des différents normes et principes. La
réponse est mitigée parce qu’en l’absence d’un organe unique d’interprétation il existe de multiples
interprétations. On peut dire qu’il existe la fertilisation croisée des normes, circulation des normes
dans l’interprétation des normes de DH. Certaines interprétation croisées repose sur les bases
juridiques solides. La CADHP prévoit explicitement art 60 et 61 l’habilitation de la commission et de
la cour à interprété la charte à la lumière d’autres traités sur le continent africain et à la lumière de tous
les traités internationaux de protection des DH. Dans le système américain et européen une telle
habilitation n’existe pas et ce n’est pas le pouvoir d’interprétation du juge que la CEDH et la CIADH
ouvre ou pas leur interprétation à des instruments extérieurs. Pour la CIADH, la C° et la cour tradition
d’inspiration de la jurisprudence de la CEDH considérée comme modèle (temporel et idéologique).
Aujourd’hui elle s’y réfère moins car elle s’est forgée elle-même une jurisprudence. La CEDH n’a pas
beaucoup cité d’autres cour mais petit à petit utilise jurisprudence américaine dans les secteurs où la
jurisprudence euro était faible (ex : disparition forcée des personnes Tchétchénie et Turquie).
23
25/06/96, la CEDH a estimé que l’art 5 convention EDH protège aussi la liberté des demandeurs
d’asile en se référant à la convention de Genève de 1951 sur les droits des réfugiés. La CEDH a aussi
dégagé le principe d’interdiction d’éloigner des demandeurs d’asile vers des pays où leur intégrité
physique est menacée CHAHAL c. RU 96 et AHMED c Autriche 96. Si le demandeur d’asile a été
délictueux ou criminel il ne saurait être envoyé dans un Etat dans lequel il risque de subir des
traitements contraires à l’article 3.
D. CONFLIT
Cette tendance doit être lue dans l’articulation d’ordre juridiques différents. En effet le DIEDH
doit assurer la cohérence minimum des rapports entre les différents systèmes et OJ de protection en
son sein. En la matière, il n’existe pas aujourd’hui un organe de régulation unique en matière de DH
on peut donc rencontrer quelques difficultés en cas de conflit d’interprétation entre les différents
organes de protection des DH dans la société internationale. Exemple liberté de religion ONU pas
content pour la France car interdiction du voile intégral. Sur le plan juridique ça pose des problèmes de
conflit d’interprétation puisque la CEDH a eu à se prononcer sur la loi de 2010 et n’a pas condamné la
France (pas contraire art 8, 9 et 10) et pareil pour la Belgique. Les constatations des DH ne lient pas
les Etats et cas de conflit avérés, la CEDH proclame l’autonomie du système de la CEDH. Grande
Chambre 1er juillet 2014 SAS, la CJ a considéré que la loi française de 2010 ne méconnait ni l’article
8, 9 et 10 et 14. Une française de confession musulmane qui se plaignait de ne pas pouvoir porter son
voile intégral, elle fait l’objet d’une contravention. La CEDH n’accepte aucun des arguments avancés
par la plaignante et elle estime que cette interdiction est une ingérence dans liberté de religion mais
néanmoins les EM ont MNA pour concilier liberté de religion avec droits et libertés d’autrui. La cour
corrige cette motivation nuancée contre 2 arrêts contre la Belgique, BELCACEMI et HOUSSAR c.
Belgique contre loi belge interdisant voile intégral dans espace public. La CEDH écarte la violation art
8, 9, 14. L’intérêt ce cet arrêt, comme celui de DAKIR c. Belgique 11/07/17 est de modifié la
motivation par rapport à l’arrêt contre la France. La cour ajoute la notion de vivre ensemble, elle
considère que l’interdiction de porter le voile intégral est une restriction visant à garantir les conditions
de vivre ensemble. L’interprétation de vivre ensemble est contradictoire : pour les associations de
franc-maçon laïque le vivre ensemble signifie le respect des règles communes et des valeurs de la
République, pour les associations défendant des communautés c’est le respect des particularités des
différences, des personnes et des communautés. La CEDH est confrontée à cette conception de vivre
ensemble et elle adopte la position de la cour constitutionnelle belge et intègre la protection des droits
et libertés d’autrui dans une société démocratique et la cour dit que compte tenu de la proximité des
autorités nationales avec leur société se sont elle qui sont les plus à même de déterminer les conditions
du vivre ensemble. Par conséquent le port du voile intégral dans l’espace public belge n’est pas
compatible avec la conception du vivre ensemble en Belgique. La cour a estimé que l’Etat belge a pu
affirmer par cette loi un choix de société impliquant que la liberté de religion devait être conciliée avec
les droits et libertés d’autrui, représentant donc le respect du vivre ensemble. Elle a estimé sur le plan
pratique que l’incrimination pénale pouvant être imposé en cas de violation de cette interdiction n’est
pas disproportionnée par rapport à l’objectif poursuivie.
II. Le système européen affirme leur autonomie par rapport au système universel
A. AUTONOMIE CJUE
L’arrêt de principe c’est l’arrêt de grande chambre CJUE 3/9/08 KADI sur une question des
droits de l’Homme. Les faits : Mr KADI pas content règlement mettant en œuvre résolution du conseil
sur le terrorisme, elle permet aux Etat et aux OI de prendre des sanctions à l’égard de personnes
morales et physiques soupçonnées de participer à des activités terroristes. Mr KADI a fait l’objet de
sanction sur la base règlements de l’UE fondés sur résolution du CS. Lui sa société attaque le
règlement de l’UE devant le tribunal et demande l’annulation du règlement pour violation de leurs
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droits fondamentaux. Affaire portée devant la grande chambre de la CJ et la question centrale sur le
fond est une question de hiérarchie des normes. L’article 103 de la Charte indique qu’en cas de
contradiction entre d’autres traités et elle c’est elle qui s’impose. Une partie de la doctrine soutient la
supériorité de la charte et peut être étendu à d’autres textes pris sur le fondement de la Charte des NU.
LA cour dit : obligations qu’impose conventions inter ne saurait avoir effet de porter atteinte aux
principes constitutionnels du traité CE dont les actes communautaires doivent respecter les droits
fondamentaux et ce respect constitue une question de la légalité des actes communautaires qu’il
incombe à la cour de contrôler, le contrôle par la cour de la validité des actes communautaires au
regard des droits fondamentaux doit être considéré comme l’expression dans une communauté de droit
d’une garantie constitutionnelle découlant du traité CE en tant que système juridique autonome à
laquelle un accord international ne saurait porter atteinte. La CJ fait passer avant la hiérarchie imposée
par art 103 charte la protection des droits fondamentaux.
III. Autonomie de la CEDH par rapport ONU
21 juin 2016 ALDULIMI c SUISSE, plusieurs sanctions économiques à la suite de l’invasion
du Koweït par l’Irak. Dans cette affaire les personnes blocage avoirs dans les banques suisses. En mai
2004 les autorités suisses confisquent et personnes contestent devant le tribunal fédéral suisse en
disant que la confiscation a été ordonnée en l’absence de toute procédure compatible avec l’art 6 de la
convention. LA CEDH ne va pas écouter la position de la suisse disant qu’elle ne faisait qu’appliquer
la résolution du conseil de sécurité ONU. Les actes d’une OI peuvent être confrontés aux droits
fondamentaux. La CEDH condamne la suisse pour violation de l’article 6 CEDH car elle considère
que le système appliqué par la Suisse ne donnait pas des garanties au respect du droit à un procès
équitable de l’article 6. Elle affirme son autonomie par rapport au système international dans un
raisonnement différent de la CJUE. La cour ne nie pas la primauté de la charte des nations unies et des
actes rattachés. La cour pose un principe de compatibilité des valeurs nations unies avec la convention,
les traités sont présumés compatible avec convention EDH. Elle considère qu’à partir de cette
compatibilité elle vérifie si néanmoins les actes des nations unies ou actes d’application comportent
des dispositions manifestement incompatibles avec la convention EDH. On voit donc que la cour ne
privilégie pas une lecture de hiérarchie mais de conciliation. La cour estime que la suisse a violé art 6
dans l’établissement arbitraire de la liste liée à résolution CSONU.
IV. Rapport spécifique entre l’UE et la CEDH
Depuis les 70’s le conseil de l’Europe dit qu’il est prioritaire en termes de protection des droits de
l’homme. CDFUE en 2000 qui s’inspire de la CEDH mais pas seulement.
Ce rapport UE/CEDH est un sujet très classique ; initialement pas de rapport possible entre le droit
communautaire et le droit de la Convention car les textes mêmes de l’UE ne prévoyaient rien en
matière de protection des droits fondamentaux. C’est avec la jsp que la CJUE a intégré les principes au
PGD : Handelsgesellschaft. La CJUE va se servir ensuite de la Convention européenne comme source
européenne des PGD, après l’adhésion de la France à la Convention.
Par la suite, la CJ va être progressivement confrontée à la question des éventuelles incompatibilités
entre le droit des communautés avec la ConvEDH. Pour prévenir ces éventuelles incompatibilités, les
institutions du Conseil de l’Europe et de l’UE avaient tenté de faire adhérer l’UE à la ConvEDH. Il y a
eu dans les années 70 des nombreuses tentatives de projet d’adhésion des communautés à la
ConvEDH. Quelque soient les projets, plusieurs motifs en faveur de l’adhésion :
Motif politique : on considère que les communautés européennes comme le Conseil de
l’Europe participent à la construction européenne et à l’intégration, que les DH constituent un
instrument de cette construction. Le préambule prévoit que la ConvEDH est un instrument de
rapprochement des peuples européens à travers le développement et la protection des DH.
Donc les DH constituent l’instrument principe de la construction et comme, à l’époque, pas de
25
textes relatifs aux DH dans les communautés, on pensait que ce texte ne pouvait être que la
ConvEDH.
Motif juridique : prévention des divergences de jsp entre la CourEDH et la CJUE. La CJ
risque de faire une interprétation autonome de la Convention contraire à l’interprétation qui
serait faite par la CourEDH. Quelques cas exceptionnels d’interprétations divergentes d’un
même DH : droit à un domicile (art.8 ConvEDH). L’adhésion pourrait donc être un moyen
d’empêcher ces divergences puisque la CourEDH serait l’organe de protection principal des
DH en Europe en cas d’adhésion, la CJUE devant suivre la jsp de la CourEDH.
Ces arguments ont certes convaincu les EM de l’UE d’accepter progressivement l‘idée de l’adhésion ;
mais cette idée de l’adhésion ne s’est jamais concrétisée.
Dans un premier temps, la Commission européenne a préparé un projet d’adhésion des communautés
européennes à la ConvEDH en posant une demande d’avis de la CJ pour savoir si les communautés
pouvaient adhérer à la ConvEDH. Dans un avis 2/94 du 28 mars 1996, la CJ a répondu négativement
en considérant que, si les communautés européennes étaient bien soumises aux PGDH et que, si les
communautés pouvaient également, dans ces accords internationaux, intégrer des clauses DH, les
traités ne leur donnaient pas compétence pour légiférer en matière de DH et donc pas de compétence
pour conclure un traité spécifique des DH. Avis très critiqué car une partie de la doctrine qui enseigne
la protection des DF de l’UE voyait mal la CJ dire que les communautés ne possédaient pas de
compétence normative en matière de DH. De l’autre côté, sur le plan juridique la position de la CJ est
totalement fondée car, à l’époque, les traités n’avaient pas habilité les institutions de l’UE à adopter
des textes sur les DH.
Suite à cet avis, les Etats vont réagir : au lieu de donner une compétence particulière aux communautés
pour adhérer à la ConvEDH, les EM de l’UE vont créer un organe pour rédiger un texte spécifique de
protection des DH au Conseil européen de Cologne en juin 1996 = on va doter l’UE d’une charte des
droits fondamentaux. A l’époque, la rédaction de la Charte était vécue par le Conseil de l’Europe
comme une sorte de trahison, de défiance vis-à-vis du Conseil et de la ConvEDH. Néanmoins, la
rédaction de la Charte va amener à nouveau à aborder la question des rapports entre UE/ConvEDH car
tous les EM des communautés de l’UE étaient adhérents à la ConvEDH ; donc en révisant une Charte
spécifique, on ne pouvait pas ignorer que les Etats étaient déjà soumis à des obligations vis-à-vis de la
ConvEDH. Donc il faut tenir compte de la jsp de la CourEDH. De même, la Charte prévoit, dans les
articles 52 et 52, des clauses de coordination avec la ConvEDH, mais surtout, elle est accompagnée
d’explications (ensemble de textes expliquant chaque article de la Charte dans ses rapports avec la
ConvEDH). Charte adoptée à Nice en décembre 2000 et confirmée en janvier 2001 mais à l’époque,
pas de portée juridique car il ne s’agissait que d’un acte inter-institutionnel : lie uniquement, dans leur
fonctionnement interne, le Parlement européen, le Conseil et la Commission.
Malgré la Charte, l’UE n’oublie pas de travailler sur l’adhésion. Cela sera fait dans le traité de
Lisbonne de 2007 : l’article 6§3 du TUE prévoit l’UE adhère à la Convention de sauvegarde des DH et
des LF. Donc juridiquement, concrétisation de l’adhésion. 2010, création des groupes de travail, la
Commission européenne étant le maitre d’œuvre pour l’UE qui vont élaborer un projet d’adhésion de
l’UE à la ConvEDH. Ce projet sera terminé et un projet d’accord d’adhésion est accepté par les EM et
par la Commission européenne et par le Conseil de l’Europe.
Pourquoi ça ne s’est pas fait ? Réticences dans les institutions de l’Union (surtout CJ), même au sein
de la Commission. On pouvait le savoir en suivant un certain nombre d’éléments pendant que le
groupe préparait le projet d’accord (le juge Bonichot a répondu à la question « l’UE adhère à la
Convention est une obligation ? » NON).
Les institutions vont saisir la CJUE pour qu’elle donne un avis sur la compatibilité de l’accord
d’adhésion : Avis 2/13 du 18 décembre 2014 La CJ va dire clairement que l’accord d’adhésion de
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l’UE à la ConvEDH est incompatible avec les traités de base de l’UE, notamment avec l’article 6§2 du
TUE, ni avec le P8 relatif à cet article 6§2. Le dispositif de l’avis se lit à travers les motivations de
l’avis par la CJ. Plusieurs points importants dans cet avis :
Autonomie de l’ordre juridique de l’UE, vis-à-vis des ordres juridiques nationaux et
supranationaux.
L’accord d’adhésion ne prévoit pas d’articulation entre la CJ et la CEDH : mécanisme du
codéfendeur : d’autres EM et surtout l’UE peuvent se joindre à l’Etat assigné en tant que
codéfendeur devant la CEDH. De même, lorsque l’UE est mise en cause, les EM peuvent se
joindre à l’UE en tant que codéfendeur. Mais l’acte ne prévoit pas les modalités en pratique,
du mécanisme du codéfendeur. Il ne prévoit pas comment la CJ est intégrée dans le système
de protection de la ConvEDH. L’accord prévoit que l’UE aura un juge au sein de la CEDH
mais ne prévoit pas s’il faut épuiser les voies de recours au sein de l’UE avant de saisir la
CEDH.
Le P16 prévoit la procédure d’avis devant la CEDH mais il n’est pas indiqué que l’UE peut adhérer ou
non au P16. Il a été prévu par l’accord qu’éventuellement, on pourrait attendre que la CJ se soit
prononcée sur une question avant de saisir la CEDH. La CJ va refuser la compatibilité de l’accord
d’adhésion avec les traités. Elle insiste sur le fait que le P8, article 6§2, prévoit le monopole de la CJ
en matière d’interprétation et d’application du droit de l’UE et que la CJ a le monopole de la
répartition éventuelle des compétences au sein de l’UE. Or, l’accord donne compétence à la CEDH
pour se prononcer sur la compatibilité des actes de l’UE avec la convention. La CJ considère que cette
reconnaissance, au profit d’une juridiction extérieure, viole le droit de l’UE car monopole de la CJ.
Cette relation passe par les requêtes que les individus peuvent diriger contre les actes nationaux
d’application du droit de l’UE ou par des tentatives de contestation des actes collectifs des EM. Sur ce
point, la CEDH va construire une jsp relative au contrôle des actes d’application du droit de l’UE :
arrêt Bosphorus c/Irlande, 30 juin 2005 la CEDH va fixer les règles de contrôle des actes
d’application du droit de l’UE : compagnie d’aviation privée turque, qui louait des avions pour
transporter des passagers et après l’invasion du Koweït, la guerre de Yougoslavie, le CS des NU va
prendre de nombreuses sanctions contre les auteurs d’actes de terrorisme ou les personnes impliquées.
Sanctions contre l’ex-Yougoslavie ; le CS a décrété un embargo contre elle et toutes les marchandises,
les vols, etc. étaient interdits. Donc Bosphorus voit ses avions immobilisés en Irlande, qui applique le
Règlement du Conseil de Sécurité en bloquant les avions. Contentieux autour de la saisie des avions
par l’Irlande devant la CJ puis devant la CEDH. La CEDH va poser le principe de la présomption
d’équivalence : il y a une présomption d’équivalence de protection des DH offerte par le système de
l’UE et celui de la Convention. De plus, la Cour dit que cette présomption n’est pas irréfragable (peut
faire l’objet d’une dérogation si le système de l’UE fait preuve d’une insuffisance manifeste)
Dans l’idée de la CourEDH, elle n’est pas compétente pour contrôler les actes de l’UE en tant que tel,
puisque l’UE n’est pas adhérente à la ConvEDH. En revanche, la CEDH tient compte du fait que tous
les EM de l’UE ont tous adhéré à la ConvEDH ; de ce fait, la CourEDH considère que l’adhésion des
EM de l’UE à d’autres conventions internationales ne les dispensent pas du respect de leurs
obligations envers la ConvEDH : arrêts du 18 février 1999, Bear et Reagan : la CEDH avait posé ce
principe.
La CEDH dans un arrêt Matthews c/RU du 18 février 1999 a considéré que les EM de l’Union peuvent
engager leurs responsabilités à l’égard de la ConvEDH en cas de violation de la Convention, par les
traités mêmes des communautés européennes. Sur le principe : peut être surprenant car signifie que la
Cour accepte de contrôler la conventionnalité des traités fondateurs et le droit primaire des CE. Pas
surprenant car la Cour considère que ces traités sont l’œuvre des EM, pas de la Communauté. En
revanche, les EM ne peuvent pas être poursuivis devant la CEDH pour ce qui concerne l’application
du droit dérivé des CE : les législations ne sont pas l’œuvre des EM mais de l’institution de l’Union.
27
D’autre part, la CEDH considère que les EM de l’UE peuvent engager leurs responsabilités devant la
Convention, dans l’application des actes de l’UE. Distinction :
Lorsque les EM ne disposent d’aucune marge d’appréciation dans l’application des actes de
l’UE (genre ils sont liés par les règlements) : la Cour n’est pas compétente ; pas d’engagement
de la responsabilité des Etats.
Lorsque les EM disposent d’une marge d’appréciation dans les actes dérivés de l’UE : peuvent
engager la responsabilité car cela veut dire qu’au moins une partie de leur responsabilité peut
être engagée puisque pas de paravent de l’UE. On pense ici aux directives.
Cela ne suffit pas à faire taire les critiques concernant les défaillances du système de protection des
DH : devant la CJUE il est très difficile d’introduire un recours individuel en annulation contre les
règlements et textes de portée générale des institutions de l’UE. La CJ n’a jamais changé sa jsp sur ce
point ; conditions strictes de caractère individuel de l’effet de l’acte, de l’imputabilité éventuelle de
l’acte à un individu, ce qui rend impossible d’attaquer un règlement devant la CJUE. Beaucoup
considèrent que la CEDH pourra pallier cette insuffisance du droit de recours devant la CJUE. La
CEDH, dans Bosphorus, va introduire la théorie de la protection équivalente : double niveau :
Niveau abstrait : la protection équivalente va garantir un équilibre entre l’absence d’adhésion
de l’UE à la Convention et le nécessaire respect des droits fondamentaux dans l’application
des actes de l’UE.
La Cour va s’inspire de la Cour constitutionnelle allemande, jsp Solange 22 octobre 1986 : ne
contrôlera pas la constitutionnalité des actes de droit dérivé, aussi longtemps que l’ordre juridique
communautaire assure la protection des DF comparable à celle assurée par la loi fondamentale
allemande.
La commission européenne en 1990, s’était inspirée de cette position. L’arrêt Bosphorus s’inspire de
cette position.
Le 30 juin 2005 : la CEDH va poser les grandes lignes de la jsp Bosphorus ; Dimension abstraite sur le
plan de la comparaison de la protection des DF dans l’UE et dans la ConvEDH : la Cour considère
qu’actuellement, le système des DF de l’UE offre une protection équivalente à elle de la ConvEDH.
La Cour constate que la CJUE protège les DF en tant que PGD et que la CJUE s’inspire de la
ConvEDH pour protéger ces droits fondamentaux. Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, la
Charte des DF a la même valeur juridique que les traités. Enfin, l’article 52 de la Charte prévoit que,
dans la mesure où la Charte contient des droits correspondants garantis par la Convention, leur sens et
leur portée sont les mêmes que celles garantis par la ConvEDH.
Cette équivalence abstraite est critiquée par une partie de la doctrine ;
Niveau concret :
La CEDH va donner une dimension concrète à la protection en indiquant que cette équivalence ne
signifie pas l’identité de protection = juste la comparabilité des protections.
Souplesse : la protection abstraite peut être assouplie en cas d’insuffisance manifeste de la protection
offerte par l’UE. La Cour considère qu’il peut y avoir une défaillance du système de l’UE et la
présomption de protection équivalente ne sera pas appliquée. Cela a été le cas dans l’affaire Michaud
c/France, 6 décembre 2012 : la CEDH a considéré que l’absence de renvoi préjudiciel devant la CJUE,
par le CE, faisait tomber la présomption de protection équivalente. Mais la Cour va vérifier s’il y a une
insuffisance manifeste (cas par cas) : non. C’est aussi le cas de l’affaire Avotin c/Lettonie du 23 mai
2016, à propos de l’exécution des DC de justice dans le cadre du droit privé de l’UE.
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29
LEÇON 5 : LE SYSTEME UNIVERSEL DE PROTECTION DES DH
Système complexe et éclaté ; un certain nombre d’éléments de ce système ne fonctionne pas
suffisamment.
Quand on parle de système universel de protection des DH Il faut penser aux NU. C’est
l’organisation des NU elle-même qui a d’abord fixé les DH, comme un de ses fondements. Dans le
préambule de la Charte des NU, la protection des DF constitue l’une des valeurs de l’organisation
(considérant 2 : les membres des NU proclament à nouveau leur foi « dans les DF de l’Homme, dans
la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes,
ainsi que des nations grandes et petites ». Les DH figurent également à l’article 1§3 de la Charte
comme un des objectifs de l’organisation : parmi les buts, figurent la réalisation de la coopération
internationale « en développant et en encourageant le respect des DH et des LF pour tous, sans
distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ».
On trouve également dans l’article 13 de la Charte des éléments concernant les DH : l’AG provoque
des études et fait des recommandations en vue de faciliter pour tous, sans distinction de race, de sexe,
de langue ou de religion, la jouissance des DH et des LF.
Enfin, article 55 de la Charte, il est indiqué que les NU favoriseront « le respect universel et effectif
des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de
langue ou de religion ». L’article 56 énonce que « les Membres s'engagent, en vue d'atteindre les buts
énoncés à l'Article 55, à agir, tant conjointement que séparément, en coopération avec
l'Organisation. »
L’article 68 indique que l’ECOSOC institut un organe subsidiaire : Commission pour le progrès des
DH, crée en 1946 sous l’appellation « Commission des DH ». Initialement, elle était composée des
Etats élus par l’ECOSOC. Ensuite, création d’une Commission, de la Commission de la femme. La
Commission des DH créée des organes subsidiaires composés d’experts indépendants, comme la sous-
commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et des minorités.
Si on compare la Commission des DH et la sous-commission : cette dernière est composée d’experts
indépendants, collégiale, qui travaillent sur la base de consensus. En revanche, la Commission est un
organe interétatique (composée de diplomates = organe politique), donc pas un organe indépendant ;
reflète la diversité de la conception de la protection des DH au sein des NU.
Dans le système des NU, une large place est faite aux ONG ; l’article 71 de la Charte prévoit la
présence de ces organisations, qui représentent les individus et les organes de la société. On parle ici
des organisations de défense des DH. Par exemple, dans une déclaration du 9 décembre 1998, l’AG
a proclamé la déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la
société, de protéger et promouvoir les DH et les LF universellement reconnus. Donc, dans le système
des NU, il y a une cohabitation d’experts indépendants et de diplomates et des ONG. Cela explique la
confusion faite par les non spécialistes (journalistes, militants politiques…)
On trouve dans l’ensemble de l’organisation des NU, un certain nombre d’organes qui peut,
directement ou indirectement, s’occuper des questions de DH.
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toute question, par définition, elle peut discuter des questions relatives aux DH : art.10 et 13 Charte
des NU prévoit cette compétence très large.
De façon indirecte, dans le cadre de son pouvoir normatif :
L’AG des NU prépare et élabore les traités ;
Création de mécanisme et d’organe de contrôle : ex du Conseil des DH crée le 3 avril 2006 par une
résolution de l’AG et qui remplace la Commission des DH
Sont élus les membres des différents comités et tous les experts qui ne sont pas forcément
rattachés à des comités
L’AG peut orienter la politique de protection et promotion des DH ; en revanche, l’AG ne dispose pas
de pouvoir contraignant (résolutions non contraignantes) et généralement elle fait connaitre sa
préoccupation ou attire l’attention des Etats.
2. Le Conseil de sécurité
C’est l’exécutif de l’organisation des NU puisqu’il est l’organe décisionnel des NU ; les résolutions du
CS sont obligatoires. En l’état actuel, le CS est composé de 15 membres, donc 5 membres permanents
qui bénéficient du droit de véto : France, Russie, Chine, RU, EU. Si le CS dispose d’un pouvoir très
important, il peut aussi être paralysé par un véto.
Depuis les années 2000, le CS s’est saisit systématiquement des questions relatives au DH et au droit
humanitaire car il est chargé de la mise en œuvre des chapitres 6 et 7, relatifs aux risques de menace
contre la paix et la sécurité internationale.
3. L’ECOSOC
Officiellement dans la Charte, c’est l’organe principal chargé des DH au sein des NU. Mais il est
devenu un organe marginal en la matière. Composé de 54 membres qui se réunissent 1 fois/an.
L’article 62 de la Charte lui donne un pouvoir de recommandations « en vue d’assurer le respect
effectif des DH et des LF pour tous » Pouvoir de recommandations soit en direction de l’AG
(recommander l’élaboration d’un traité), soit en direction du CS.
En vertu de l’art.68 de la Charte, l’ECOSOC peut créer des commissions pour « les questions
économiques et sociales et le progrès des DH ». La commission des DH a été créée en 1946 par lui. La
création d’abord de la Commission des DH, puis du Conseil des DH en 2006 a contribué à
marginaliser l’ECOSOC, car ces Commissions/Conseils sont devenus les organes de protection des
DH.
Commission des DH : supprimée en 2006, remplacé par le Conseil, car mode de
fonctionnement totalement diplomatique et dépendant des rapports de force au sein de la
Commission.
Conseil des DH : ne semble pas avoir pris un chemin différent de la Commission ; fin 2019, il
va examiner l’examen périodique universel
4. La CIJ
En vertu de l’article 90 de la Charte, la CIJ est l’organe judiciaire des NU ; composée de 15 membres
élus par l’AG et a deux fonctions : contentieux et consultative.
Dispose d’une compétence matérielle très large car en vertu de l’art.36 de son Statut, elle connait toute
question relative aux dispositions du traité, tout point de droit international, la réalité des engagements
de droit international, la nature et l’étendue d’une réparation.
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Il est arrivé que, depuis la CPIJ qui l’a précédé, la CIJ a statué sur des questions de DH. La Cour
permanente a rendu de nombreux arrêts sur les minorités. L’actuelle CIJ s’est prononcé aussi sur des
questions relatives aux DH :
Avis 28 mai 1951 sur la réserve à la Convention génocide
5 février 1970, Barcelona traction = notion de norme erga omnes en matière de protection des
DH
24 mai 1980, personnel consulaire et diplomatique des EU à Téhéran = la détention de ces
personnels et le TTT inhumain et dégradant sont contraire aux DH
20 juillet 2012, Belgique c/ Sénégal = l’interdiction de la torture est une norme de jus cogens
Il existe aussi des ordonnances (Lagrand, Allemagne c/Italie)
Ne peut être une Cour des droits de l’homme, malgré l’étendue de ses compétences, car sa compétence
personnelle est très limitée ; la CIJ ne peut être saisie que par des Etats et ces derniers ne règlent pas
souvent les affaires relatives aux DH devant un juge. Idem pour les demandes d’avis consultatifs qui
peuvent émaner soit des Etats, soit des NU.
Enfin, la CIJ ne peut être saisie que par un Etat qui a reconnu la compétence contentieuse de la Cour et
ne peut connaitre d’une requête contre un Etat n’ayant pas reconnu la compétence de la Cour.
5. Secrétariat général
Organe administratif ; assisté du secrétariat. Le secrétaire général peut saisir l’AG ou le CS sur des
questions relatives aux DH.
Conseil des DH
Sous-Commission pour la promotion et la protection des DH créée en même temps que la
Commission et a produit de nbx documents relatifs aux DH. Remplacée aujourd’hui par un
Comité consultatif, mais en vérité ce dernier fait travailler les experts sur des questions
diverses et variées en matière de DH.
Actuellement, c’est donc le Conseil des DH qui est le premier organe spécialisé fondé sur la Charte.
C’est un organe subsidiaire de l’AG. Composé de 47 EM, les représentants des EM siégeant au
Conseil sont élus pour 3 ans. Répartition géographique par groupe : 13 Etats du groupe Afrique, 13 du
groupe Asie, 6 du groupe Europe orientale, 8 Etats d’Am. Latine et des Caraïbes, 7 Etats du groupe
Europe occidentale et autres : EU, Canada, Australie et NZ, Israël
Plusieurs fonctions :
Production de normes (soft law)
Compétence de contrôle : EPU crée en 2006 par la résolution du 3 avril 2006 à l’art.5 =
permet au Conseil de vérifier publiquement les mesures prises par chaque Etat en matière
de DH
Compétence d’enquête : enquête sur le terrain
Examen de plaintes étatiques ou individuelles : plaintes confidentielles
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d’un autre organe, mais qui est conventionnel : Comité des droits des femmes, chargé
d’interpréter les traités des NU sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes.
33
plaintes individuelles, il peut être soumis, en fonction du comité, à une procédure
contradictoire d’examen de la plainte individuelle (les comités fonctionnent
presque comme des juridictions – devant le Comité DH = procédure écrite +
audience publique). Les comités rendent 2 types d’actes : les observations
générales = les comités donnent l’orientation générale du texte dont ils assurent la
garde / constatations = actes produits par les comités à l’issue de l’examen de
plaintes
Le Comité des DH a indiqué la portée juridique de ses actes dans l’observation générale n°33 de
2009 = ne lient pas les Etats ; En revanche, dès lors que les Etats ont ratifié le PIDCP et le protocole
additionnel, les Etats doivent l’appliquer de bonne foi = droit des traités.
L’absence d’autorité de force jugée est la vraie limite des tous les comités non juridictionnels
Quelles sont les améliorations possibles ? Ceux qui estiment que le droit peut produire des effets,
même s’ils ne sont pas contraignants, considèrent qu’il faut améliorer la qualité de la procédure et la
qualité des motivations, des constatations et des observations générales. Le Comité des DH est un de
ceux qui ont atteint le stade quasi juridictionnel dans son mode de fonctionnement car il y a le
contradictoire + la possibilité d’émettre des opinions séparées, concordantes ou dissidentes. La
motivation est une question complexe ;
Plusieurs types des juridictions :
Motivation à l’anglo-saxonne (avec l’Allemagne) Très exhaustive, circonstanciée ;
Motivation à la française De l’économie des moyens (le juge ne rentre pas dans les
détails, ne motive que pour ce qui est nécessaire à la compréhension). Changement de
cette motivation pour un récit, abandon de la motivation sous forme d’attendu. Donc
rapprochement entre les deux types de motivation ;
Motivation des Cours européennes La CEDH rend des arrêts inspirés des 2 autres
types de motivation : exposé des faits, des textes, motivation en droit où la Cour rentre
dans des détails très précis. La CJ rend des motivations inspirées du système français,
expose ce qui est nécessaire à la compréhension
Il est important d’avoir la précision & la conviction. Mais pour le Comité des DH, ce n’est pas
forcément le cas. Pourquoi ? Car les experts ne sont pas forcément juristes ; la compétence juridique
est demandée mais les Etats peuvent nommer des personnes ayant exercées des fonctions politiques.
Dans l’idéal, il faudrait avoir une juridiction universelle des DH. Tant que les comités seront aussi
nombreux, ne seront pas transcendés en juridiction, les interprétations n’auront que des effets
juridiques limités.
3. Les agences des NU et les instances spécialisées.
a. L’organisation internationale du travail (OIT)
Une des plus anciennes institutions spécialisées, créée par le traité de Versailles du 28 juin 1919.
Chargée de faire respecter la Convention sur l’organisation internationale du droit du travail. 185 EM.
Les syndicats prennent en compte les constatations de l’OIT.
b. L’UNESCO
Convention du 16 novembre 1945 ; en tant que telle, pas une organisation des DH, mais par l’objet
même de sa fonction = éducation, science et culture, l’UNESCO participe à la sensibilisation des EM
des NU aux questions de DH.
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LEÇON 6 : LES SYSTEMES INTERAMERICAIN ET AFRICAIN
Rmq sur les systèmes régionaux de protection des DH : Lorsqu’on a élaboré la DUDH, adoptée par
l’AG des NU en 1948, il est apparu assez vite que l’adoption d’un traité contraignant qui lierait tous
les EM des NU et tous les continents, était vouée à l’échec. Il y a des luttes de puissance et il existait
encore des peuples colonisés. Et il existait des territoires sous tutelles. Les évolutions allaient arriver et
parler des DH était un exploit. René Cassin avait perçu cette difficulté et avait proposé de faire de la
DUDH, une source d’inspiration pour la rédaction de traités contraignants, dans le cadre d’abord des
NU, mais il encourageait aussi en dehors de ce cadre. Autrement dit, la DUDH va servir de source
d’inspiration pour l’adoption de traités et de conventions spécifiques en matière de DH sur les
différents continents.
Chronologiquement, c’est d’abord le continent européen qui va adopter la ConvEDH le 4 novembre
1950 (initialement Convention de sauvegarde des DH et LF). En 1948, le continent américain a adopté
un texte non contraignant. Ce n’est qu’en 1969 que l’OEA va adopter la ConvIADH. En Afrique, ce
n’est qu’en 1980.
Importance de la DUDH comme socle de tous les traités relatifs aux DH. N’est pas
contraignante mais comporte les droits inhérents aux êtres humains.
Si les 3 continents se sont dotés de systèmes de protection des DH, ce n’est pas le cas de l’Asie et de
l’Océanie : on trouve des références seulement déclaratives aux DH. La raison principale est d’abord
culturelle ; dans la culture de l’Asie, pas de tradition, de référence aux DH, sur le plan philosophique
et religieux. De même, on trouve aussi des divergences profondes entre les Etats de cette zone,
concernant la question des DH. Une partie des Etats d’Asie centrale sont musulmans, et sont donc
tiraillés entre religion et géographie ; il existe au sein de la ligue arabe des références aux DH mais ni
la ligue arabe, ni la Charte arabe des DH ne font consensus au sein des Etats musulmans. La Charte
arabe des DH faits certes référence aux DH mais s’accroche à la charia et rompt avec de nbx droits
prévus dans les traités universels. Par exemple, la liberté d’expression n’est pas reconnue et il est
indiqué que la religion prime sur tout autre droit.
Absence de système de protection des DH sur certaines zones du monde
Dans l’ordre chronologique, c’est d’abord le continent américain qui va adopter des textes de
protection des DH. Très tôt, dans la foulée de la DUDH en 1948, ensuite il y aura également d’autres
textes qui seront adoptés : Convention interaméricaine à San José en 197 et des organisations sous
régionales américaines vont aussi adopter leurs propres textes de protection des DH
Même phénomène en Afrique. En 1981, adopte de la Charte africaine des DH et des peuples. Mais
progressivement des organisations sous régionales vont se doter de compétences en matière de DH.
Sur ces 2 continents, il faut prendre en compte deux niveau de protection des DH :
- Les textes continentaux : ont en principe vocation à couvrir le continent dans son ensemble
- Les organisations sous-régionales
On a donc une surreprésentation des DH car les DH sont partout. Mais cela peut être une faiblesse =
difficile de trouver une cohérence globale au système de protection des DH sur ces 2 continents.
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Leçon 7 : Le système européen
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