Terminale Spécialité – P21
Évolution temporelle dans un circuit capacitif
L’étude du fonctionnement dynamique d’un circuit électrique fait l’objet de ce chapitre. Il nécessite de
maîtriser les outils développés en classes de seconde et de première, notamment la loi des mailles, la loi
des nœuds et la loi d’Ohm. Nous verrons comment caractériser le comportement de circuits électriques
comportant un générateur et deux dipôles particuliers : la résistance et le condensateur. Cette étude se fera
dans le cas d’un régime variable.
I – Rappels
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II – Condensateur
1. Intensité du courant en régime variable
2. Condensateur
Un condensateur est constitué de deux armatures conductrices dispo-
sées l’une en face de l’autre, et séparées par un isolant. La géométrie
des armatures peut varier (planes, cylindriques, sphériques).
Lorsqu’une tension électrique est appliquée aux bornes du
condensateur, les armatures accumulent respectivement des charges
positives et négatives de part et d’autre, laissant le condensateur
globalement électriquement neutre. On appelle capacité 𝐶 (exprimée
en Farad 𝐹) du condensateur son pouvoir d’accumulation des charges
sur ses armatures.
À l’exception des supercondensateurs dont les capacités sont de l’ordre de cent farads (100 F), celles des
condensateurs usuels sont plutôt comprises entre la dizaine de picofarads (1pF = 10−12 F) et la dizaine de
millifarads (1mF = 10−3 F).
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3. Relation tension-intensité d’un condensateur
III – Circuit RC série : charge d’un condensateur
1. Schéma du circuit électrique
On s’intéresse à un circuit électrique en régime variable, comprenant un générateur de tension continue 𝐸
(en 𝑉), un dipôle ohmique de résistance 𝑅 (en 𝛺) et un condensateur de capacité 𝐶 (en 𝐹). Le schéma de la
figure 1 représente ce montage.
Initialement, l’interrupteur 𝐾 est ouvert, les tensions et intensités sont donc nulles dans tout le circuit.
A l’instant 𝑡 = 0 𝑠, on ferme l’interrupteur.
Figure 1 : Schéma du circuit électrique dans le cas de la charge d’un condensateur
2. Équation différentielle
On cherche à établir l’équation différentielle régissant l’évolution de la tension 𝑢𝑐 (𝑡) aux bornes du
condensateur. Pour cela, on va utiliser une loi des mailles ainsi que les relations tension-intensité pour la
résistance et le condensateur.
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3. Résolution de l’équation différentielle
Pour cette partie, on illustrera le problème avec les valeurs suivantes : 𝐸 = 12 𝑉, 𝑅 = 2, 5 𝑘𝛺 𝑒𝑡 𝐶 =
150 𝜇𝐹.
D’après les outils mathématiques, la solution d’une telle équation différentielle se construit par la somme
d’une solution générale à l’équation homogène associée, que l’on notera 𝑢𝑐1 (𝑡), et d’une solution particulière
notée 𝑢𝑐2 (𝑡).
Le temps caractéristique de charge du condensateur vaut : 𝜏 = 𝑅𝐶 = 0, 25. 106 × 150. 10−6 = 0, 38 𝑠.
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Figure 2 : Tension aux bornes du condensateur en fonction du temps au cours de la charge.
IV – Circuit RC série : décharge d’un condensateur
On s’intéresse à un circuit électrique en régime variable, comprenant cette fois uniquement un dipôle
ohmique de résistance 𝑅 (en 𝛺) et un condensateur de capacité 𝐶 (en 𝐹) préalablement chargé.
Cela revient à éteindre le générateur de la figure 1 à la fin de la charge.
La tension aux bornes du condensateur est une fonction continue du temps donc sa valeur initiale pour la
décharge est sa valeur finale pour la charge, à savoir 𝑢𝑐 (𝑡 = 0) = 𝐸 = 12 𝑉.
Figure 3 : Schéma du circuit électrique dans le cas de la décharge d’un condensateur.
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1. Équation différentielle
2. Résolution de l’équation différentielle
On reprend les valeurs suivantes : 𝐸 = 12 𝑉, 𝑅 = 2, 5 𝑘𝛺 et 𝐶 = 150 𝜇𝐹. Le second membre étant nul, il
n’y a pas de solution particulière à trouver.
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Figure 4 : Tension aux bornes du condensateur en fonction du temps au cours de la décharge.
V – Applications du condensateur
Le pouvoir d’accumulation de charge d’un condensateur offre plusieurs intérêts dans un circuit électrique. Il
peut notamment servir à stabiliser une alimentation électrique, ou bien encore stocker de l’énergie.
Mais il existe également des technologies qui utilisent autrement le pouvoir capacitif du condensateur.
En effet, la capacité du condensateur dépend de plusieurs paramètres comme la nature de l’isolant situé
entre ses armatures, mais aussi de la géométrie de ces armatures et notamment de la distance qui les
séparent.
Les écrans tactiles reposent sur cet effet capacitif : chaque « pixel » de l’écran est relié à un condensateur.
Lorsque l’utilisateur appuie avec son doigt en un point donné, il modifie la distance entre les armatures du
condensateur, modifiant ainsi la valeur de sa capacité et donc la valeur du signal électrique fourni par ces
condensateurs, ce qui permet de détecter la position du doigt sur l’écran.