ENS de Bou-Saada Département de français 4e année PES Module : Littérature d’Expression Française
Éc
riture féminine
- Anna Gréki (Colette Anna Grégoire)
« Algérie, capitale Alger, 1963 » - « Temps forts, 1966 »
Sa poésie exprime la fidélité à la terre natale, le courage des femmes chaouies, leur lutte
quotidienne, leur engagement pour la cause, cette lutte acharnée contre le colonialisme mais aussi
l’amour qui vainc la mort.
Je vous serre contre ma poitrine mes sœurs
Bâtisseuses de liberté et de tendresse
et je vous dis à demain
Car nous le savons
L’avenir est pour bientôt
L’avenir est pour demain.
.
- Assia Djebar (Fatima-Zohra Imalayène)
« La Soif, 1957 » - « Les impatients, 1958 » - « Femmes d’Alger, dans leur appartement, 1980 » -
« L’Amour, la Fantasia, 1985 » - « Loin de Médine, 1991 »
Dans « La Soif » : où les personnages meurent d’amour et de désir, les événements sont noyés dans
une brume de sentiments inexpliqués et mystérieux. Djebar se préoccupe dans ce roman du
problème sensuel alors que l’Algérie était proie à une guerre effroyable. La découverte du corps
pour le personnage de La Soif est aussi une révolution importante.
« Les Impatients » décrit la prise de conscience d’une jeune algérienne en révolte contre la
tradition, son milieu, sa famille. «… Je m’enfuie…Des larmes coulaient sur mon visage. Le vent, qui me
fouettait les joues, les séchait rapidement. Je marchais avec un sentiment de libération. Heureuse de
sentir mes cheveux sur mon cou, dans mon dos, heureuse du grand air, je courais droit devant moi…
Maintenant, la ville à mes pieds, je dors, tranquille comme une reine. Bientôt le soleil sauta au dessus
de ma tête. Les yeux fermés, éblouie, j’enlevai le boléro de ma robe qui voilait mes épaules. Le soleil
tapa sur ma peau ; avec délices je le laissai mordre. Pour la première fois de ma vie, je dormais seule
ainsi, en pleine nature. […] Pendant dix-huit ans, on m’avait empêché d’aimer le soleil rouge, le ciel
plein et rend comme une coupe fraîche. J’étais enfin dans la lumière. Je m’endormis »
- Fadéla M’rabet
« La Femme algérienne, 1965 » - « Les Algériennes 1967 » - « Le muezzin aux yeux bleus 2008 »
La Femme algérienne : « Il en est de la libération des femmes comme de l’indépendance nationale :
elle s’arrache. Les colonisés, les prolétaires qui se sont libérés ces dernières décennies, ne doivent qu’à
eux-mêmes leur salut ; c’est grâce à leurs luttes que les femmes, ailleurs, ont conquis la plupart de leurs
droits. »
« On sourira peut-être ou on s’irritera de mon projet ; tant de problèmes se pose à l’Algérie (décollage
économique, […]) que le moment est mal venu, dira-t-on, d’en soulever un autre ; celui de la libération
de la femme »
Le muezzin aux yeux bleus : « J’ai beaucoup de tendresse pour cet homme qui, à l’époque où la
femme n’était rien, lui a donné une personnalité juridique. A l’avant-garde de son époque, il lui a
octroyé un statut supérieur à celui de la femme juive, de la femme chrétienne. C’était au VIIe siècle, une
avancée considérable. »
-
- Maïssa Bey (Samia Benameur)
« Au commencement était la mer, 1996 » : la bouleversante histoire d’une jeune Algéroise qui
tente de vivre dans un pays déchiré par une guerre meurtrière, dans une maison prise en otage par
un frère islamiste. Thèmes : la femme, la revendication sociale, le code de la famille.
« …un engagement contre le silence trop longtemps imposé et continue d’être imposé aux femmes »
« …il n’ya pas de frontière dans la littérature ni dans la créativité […] Si je dois parler du corps, de la
femme, du plaisir, du sexe, je le ferai car cela s’intègre dans un ensemble. Je n’irai pas non plus dans
l’autre sens, c’est-à-dire écrire des choses pour choquer ou pour plaire à une certaine société. »
La Littérature « beur »
- Nina Bouraoui (Yasmine Bouraoui)
« La Voyeuse interdite, 1991 » - « Poupée Bella, 2004 » - « Mes mauvaises pensées, 2005. »
« L'amour et l'écriture ont la même origine charnelle, ils absorbent les mêmes forces, ils viennent du
même brasier. L'écriture est un acte presque sexuel, le plus intime qui soit. » Interview à
l'hebdomadaire l'Express, 31 mai 2004