dr2006 15acclassato
dr2006 15acclassato
Denis H. ACCLASSATO
Denis H. ACCLASSATO
Laboratoire d’Economie d’Orléans (LEO), Université d’Orléans
FASEG, Université d’Abomey-Calavi
juin 2006
Résumé
L’importance des Institutions de Microfinance (IMF) dans les pays en développement n’est
plus à démontrer. Elles ont accompli un miracle en permettant à des milliers d’exclus du
système bancaire classique d’accéder à des services financiers. Mais une polémique nait
quant aux coûts élevés associés à ces services. Cette étude a évalué, à partir d’une base de
données financée par l’Association ‘‘Consortium Alafia’’ des praticiens de la microfinance au
Bénin, le niveau de taux d’intérêt viable pour la microfinance en termes d’offre de services
financiers. Les résultats montrent que les micro-projets dont le taux de rentabilité interne
ne dépasse pas 36% ne pourraient être financés par les Institutions de Microfinance. La
réglementation sur l’usure pourrait donc être suicidaire pour les IMF si elle se bornait
simplement à obliger les IMF à se conformer à la loi qui fixe le seuil d’usure à 27%.
Quasiment aucune IMF n’assurerait son autosuffisance opérationnelle, donc sa pérennité,
en respectant ce seuil.
Abstract
1
Soit environ 264,3 millions d’euros avec 1€=655,957FCFA, (BCEAO, 2003)
1
aux niveaux national et international (CGAP, 2004)2. A leur tour, les
professionnels du secteur justifient ces taux par les charges inhérentes aux
activités de microfinancement, à la nature des fonds du secteur et aux
services non financiers fournis notamment dans la formation du capital
humain que l’Etat devrait normalement assurer. La conciliation de ces
points de vue opposés est délicate et nécessite une connaissance approfondie
du taux d’intérêt en microfinance. Cette connaissance appelle deux
questionnements : quel est le taux effectif auquel prêtent les institutions de
microfinance ? Et si toutes les institutions de microfinance étaient forcées à
un respect rigoureux de la loi sur l’usure, quel serait l’impact sur leur
viabilité financière ? Ce papier examine le niveau de taux d’intérêt viable
pour la microfinance au Bénin et en analyse les implications eu égards aux
normes en vigueur sur l’usure dans le secteur. Pour y parvenir, la section 2
discute du secteur financier et du positionnement de la microfinance au
Bénin. La section 3 expose la formation du taux d’intérêt et les niveaux de
taux observés en microfinance. La section 4 présente une brève revue de
littérature des options en matière de taux d’intérêt. La section 5 présente la
démarche méthodologique. Les sections 6 et 7 examinent la viabilité
financière et le taux d’intérêt effectif des IMF au Bénin. La section 8 et 9
examinent l’effet pervers du seuil d’usure et les conséquences d’un
plafonnement des taux. Enfin la section 10 tire les principales conclusions.
2
Confère également, Allocution radio-télévisée en 2003 du Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du
Bénin.
2
ajouter les services financiers des chèques postaux (CNE, CCP), la Bourse
Régionale des Valeurs de l’UEMOA représentée par son antenne locale et les
acteurs de la finance informelle (banque ambulante, tontine, prêteurs
informels).
Les contrôleurs ou encore autorités monétaires comprennent la
BCEAO, la Commission Bancaire, le Conseil Régional de l'Epargne Publique
et des Marchés Financiers (CREPMF), la Cellule chargée du suivi des IMF ou
Cellule de Microfinance et le Ministère chargé des finances et de l’économie.
Enfin, les bénéficiaires des services sont les entreprises et les
ménages. Les bénéficiaires individuels sont estimés en 2004 à 2.831.000
individus actifs et le nombre de ménages à 1.292.000. Un tiers des
7.224.000 habitants3 vit en dessous du seuil de pauvreté (PNUD, 1997 ;
Consortium Alafia, 2005).
L’environnement juridique est composé de textes spécifiques à chaque
catégorie d’acteurs. Les banques sont soumises à la loi bancaire harmonisée
N°90-018 du 27 juillet 1990 et les institutions de microfinance sont régies
par la loi n°097-027 du 08 août 1997 portant réglementation des
institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit ainsi que son
décret d’application n°96-60 du 08 février 1998. Les institutions de
microfinance non mutualistes ont l’obligation de signer une convention avec
le Ministère chargé des finances et de l’économie qui précise les conditions
d’exercice de l’activité de microfinance. Enfin, la loi sur l’usure promulguée
en juin 2004 fixe le seuil d’usure à 18% pour les banques et établissements
financiers et à 27% pour les institutions de microfinance.
3
Le recensement général de 2002 a donné une population de 6 769 914 avec un taux d’accroissement annuel
moyen de 3,25%.
3
entre PADME, PAPME et la Banque of Africa et entre FINADEV et la
Financial Bank4. A l’inverse, les banques commerciales ont collecté en 2000 ;
14,8 milliards FCFA5 dont 95% provenaient de la FECECAM, principal
réseau de microfinance au Bénin. En termes d’accessibilité, la faiblesse du
réseau bancaire explique la croissance rapide des IMF.
4
FINADEV est une institution de microfinance constituée sous forme de société par la Financial Bank.
5
Environ 22,6 millions d’euros.
6
Le terme Système Financier Décentralisé (SFD) regroupe non seulement les IMF mais aussi les institutions de
la finance informelle. La non disponibilité de statistiques sur cette dernière conduit souvent à assimiler les termes
SFD et IMF.
4
représentant 34,7% des points de service officiels recensés par la BCEAO en
2003.
100%
90%
% nombre de guichets
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
1998 1999 2000 2001 2002 2003
Années
5
Le tableau 3 qui suit indique une diminution du nombre moyen de
bénéficiaires directs par point de service des SFD qui passe de 1758 en 2001
à 1664 en 2003, soit une diminution de 5,3%. Cette baisse s’explique par
l’accroissement du nombre de points de services, facteur de proximité des
bénéficiaires et est confirmée par le dernier indicateur du tableau, qui reflète
une augmentation de l’offre de services financiers par les SFD. En effet, entre
2001 et 2003, le nombre d’habitants desservis par point de service a
diminué de 27,3% passant de 22 500 à 16 800.
6
100%
90%
80%
Coefficient de Gini
70%
G= 0,20
60%
% IMF
50%
40%
30%
20%
10%
0%
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
% population
Figure 2 : Courbe de Lorenz de la répartition des IMF dans les départements du Bénin
7
pas du tout l’épargne collectée ou alors bénéficient de ligne de crédit
subventionnées et/ou de dons de l’aide internationale (Vincent, 1999).
Enfin la troisième école est celle des organisations qui veulent gérer
autrement le microcrédit et couvrir les coûts effectifs pour pérenniser leurs
actions. Cette école opte pour la professionnalisation du secteur. Mais une
telle option justifie-t-elle des taux d’intérêts élevés ?
7
Allocution de Maria Nowak, Présidente de l’Adie et du Réseau Européen de Microfinance.
8
- la troisième raison, enfin, est d’ordre économique et financière : on
oublie simplement que l’offre et la demande s’ajustent par le prix. Si le
prix est bloqué à un niveau trop bas, l’offre tarit ou elle trouve des
voies pour contourner le blocage, augmentant ainsi les coûts de
transaction. Lorsqu’il est possible de contourner la réglementation à
travers l’accroissement d’autres éléments de coût, on observera un
écart important entre taux d’intérêt nominal et taux d’intérêt effectif
global. Ce dernier mesure l’ensemble des coûts lié au crédit.
8
Ce raisonnement peut être relativisé pour des populations peu instruites dont le désir d’accéder au crédit est
plus fort quel que soit le taux de rentabilité effectif de leur projet.
9
banques, le taux d’intérêt en microfinance représente plus qu’un simple
loyer d’argent. Il est le prix d’un certain nombre de services offerts qui sont :
- la formation (préalable ou pendant l’octroi de crédit) à la tenue de
documents comptables et à la gestion ;
- le suivi et l’appui-conseil apportés à l’activité génératrice de revenus
menée par le micro-entrepreneur ;
- la collecte des remboursements par des agents de crédit chez le client
(domicile ou lieu de travail). Ce service d’une part, épargne au client
les frais de déplacements qu’il supporterait s’il se chargeait lui-même
d’effectuer les remboursements aux guichets de l’IMF ; permet d’éviter
d’autre part, les risques de vol et d’agression auxquels il peut
s’exposer. Enfin, ce service réduit le coût opportunité qui aurait pu
être très élevé si le commerçant devrait abandonner étalage ou clients
pour se rendre au guichet d’une institution financière.
10
Tableau 4 : Taux d’intérêt annuels appliqués par les banques commerciales,
les institutions de microfinance et les prêteurs informels
11
recherché est de rendre le capital plus efficient en n’orientant pas sa
destination a priori (efficacité marginale du capital). Mais ce point de vue
suppose un fonctionnement normal des marchés financiers avec l’absence
d’imperfections sur les conditions théoriques traditionnelles (transparence,
atomicité, libre entrée et sortie, parfaite mobilité des ressources, etc.). Cet
argument sur la nocivité des législations sur l’usure qui empêcheraient des
transactions mutuellement avantageuses est soutenu notamment par Blitz
et Long (1965), et la Federal Reserve Bank of Chicago (1999)9… Mais
paradoxalement, Adam Smith ne soutient pas ce point de vue. Son argument
complète celui des scolastiques sur l’asymétrie de pouvoir entre le prêteur et
l’emprunteur.
Les scolastiques font très bien la différence entre l’avantage qu’il y a à
disposer d’un bien immédiatement plutôt que d’en disposer dans le futur.
Cette doctrine recense même, selon Baudassé et Lavigne (2000), les motifs
légitimes de l’intérêt qui sont : le periculum sortis (risque sur le capital), le
lucrum cessans (coût d’opportunité résultant de l’existence d’autres
placements productifs) et le carentia pecuniae (supériorité d’une
consommation présente sur une consommation future). Mais la
préoccupation des scolastiques vient du pouvoir important de négociation
des prêteurs qui leur permet d’imposer un taux élevé ou un taux excédant le
prix ‘‘juste’’ en situation d’imperfection des marchés (concurrence
insuffisante sur l’offre de crédit). L’imperfection des marchés en absence
d’arbitrages conduirait ainsi à des taux d’intérêt élevés, notamment sur la
frange la plus risquée du marché. Les autres arguments en faveur de taux
faibles ou réglementés développés par Smith, Keynes, Avio, Glaeser et
Scheinkman reposent sur des justifications assez diverses.
L’argument de Smith, rapporté par Diatkine (2002) repose sur deux
types d’emprunteurs : ceux à faible risque qui font un usage socialement
productif de l’argent emprunté et ceux à haut risque que Smith considère
comme ‘aventuriers’ ou ‘dépensiers’. Ces derniers ne craignent pas un taux
d’intérêt élevé soit parce qu’ils sont prodigues, soit parce qu’ils anticipent
qu’ils ne rembourseront peut être pas. Smith préconise de fixer un taux
9
Cf. Baudassé et Lavigne (2000)
12
d’usure légèrement au-dessus du taux le plus bas du marché pour ne pas
exclure la frange productive à faible risque qui refuserait de payer un taux
d’intérêt élevé. Ici, Smith semble considérer que les prêteurs sont incapables
de distinguer le niveau de risque des emprunteurs et privilégieront dans leur
offre de fonds ceux qui proposent des taux d’intérêt élevés10.
Contrairement à Smith, l’argument de Keynes, repose surtout sur la
faible efficacité marginale du capital existant dans l’économie médiévale et
qui justifierait la suppression de l’usure. Cette suppression était nécessaire
pour maintenir le taux d’intérêt bas et élever le niveau de l’investissement
(Baudassé et Lavigne, op. cit.).
L’argument de Avio (1973) repose sur le rôle social d’une limitation du
taux d’intérêt. Pour Avio, le libre jeu des marchés n’amène l’économie à un
optimum que si tous les effets qui agissent sur l’utilité des agents opèrent
sur un marché, c’est-à-dire en absence d’externalités. La distribution de
crédit aux catégories les plus fragiles qui sont aussi les plus risquées du fait
que leurs revenus sont les plus faibles et les moins surs, conduirait à des
effets négatifs sur l’ensemble de la société. Ces effets sont liés au
surendettement des ménages et à l’exclusion qui en résulte. Cette exclusion
nuit à l’ensemble de la société par la fracture sociale qu’elle génère, d’où la
nécessité de limiter la distribution de crédit à cette population par
l’imposition d’un taux d’usure. L’insuffisance de cette argumentation porte
sur le niveau auquel il convient de fixer le taux d’usure qui limiterait l’accès
des pauvres au crédit.
Enfin, Glaeser et Scheinkman (1998) développent une argumentation
où la chance joue un rôle important. Il y a deux groupes d’individus dans la
société : ceux qui ont la chance, sont riches et peuvent prêter et ceux qui
n’en ont pas, sont pauvres et doivent emprunter. L’utilité marginale du
revenu étant décroissante, elle est moins élevée chez les riches que chez les
pauvres, emprunteurs. Une loi sur l’usure qui restreint le taux d’intérêt à un
niveau dit ‘‘raisonnable’’ peut être appréciée comme une redistribution du
revenu des prêteurs vers les emprunteurs. Les lois sur l’usure jouent donc
10
Il s’agit d’un effet d’anti-sélection excluant les bons risques
13
un rôle d’assurance sociale en imposant un transfert de revenu des états de
nature favorable vers les états de nature défavorable.
Le rappel de ces différents points de vue ouvre la voie à l’appréciation
des taux d’intérêt et la viabilité des institutions de microfinance à travers la
méthodologie ci-dessous.
5. Méthodologie
14
s’appuie sur les revenus financiers constatés en fin d’année et sur l’ensemble
des conditions de prêt. Pour ce faire, il faut estimer le capital prêté en début
de période qui produirait les revenus financiers constatés en fin d’année,
étant données les conditions de prêts. Ce capital en début de période sert de
base au calcul du taux d’intérêt effectif qui est ici le taux interne de
rentabilité qui en découle sur la base des remboursements mensuels ou
cash flows mensuels. Ce taux peut être ensuite corrigé par le taux
d’inflation. Cette démarche repose sur quatre hypothèses :
1. les revenus d’intérêt sont supposés uniformément répartis sur les 12
mois de l’année et générés par le capital prêté en début de période, lui-
même supposé uniformément réparti sur la période;
2. tous les prêts sont supposés les mêmes et les remboursements
mensuels ;
3. le taux d’intérêt débiteur est supposé unique et uniformément réparti
sur les 12 mois de l’année, période de calcul du taux d’intérêt effectif ;
4. les coûts d’opportunité ne sont pas pris en compte et les fonds de
garantie ne sont pas rémunérés.
15
(x-rx-c). On peut calculer les cash flows mensuels successifs et déduire le
revenu financier (S) de l’institution de microfinance. Ce revenu n’est rien
d’autre que la somme des commissions et frais et des revenus d’intérêt. Ce
revenu étant calculé au taux d’intérêt affiché (i), Il est naturellement
inférieur au revenu financier constaté d’où la nécessité d’estimer le capital
prêté qui produirait aux mêmes conditions, le revenu financier constaté. A
partir de ce capital x 11 , on déduit le taux d’intérêt effectif tie étant donnée les
conditions de prêt.
Soient :
x est le capital prêté en début de période ;
c les commissions et autres frais perçus par l’IMF ;
r le taux de fonds de garantie prélevé sur le montant du prêt ;
i le taux d’intérêt affiché du prêt (il est souvent mensuel) ;
kt le cash flows au mois t (t = 0, 1, . . n ; n=12 dans ce cas-ci) ;
S est le revenu financier de l’IMF.
11
Ce capital octroyé en début de période est estimé à partir des produits financiers constatés à la fin de l’année
2004 et des conditions particulières d’octroi de prêts de ladite IMF.
16
.. . . . .. …. . ..
x x[n − (n − 2)] rx
Au mois n-1 : k n −1 = + i+
n n n
x x[n − (n − 1)] rx
Au mois n : kn = + i + − 2rx
n n n
Au mois n correspondant au dernier remboursement, l’emprunteur
peut retirer l’ensemble des fonds placés en garantie (2rx), ce que nous
supposons.
x x ( n − 0) rx x x(n − 1) rx x x(n − 2) rx
S = −( x − rx − c) + + i+ + + i+ + + i + +L
n n n n n n n n n
x x[(n − (n − 2)] rx x x[(n − (n − 1)] rx
LL + + i+ + + i + − 2rx
n n n n n n
x
S = − x + rx + c − 2rx + [1 + ni + r ] + x [1 + (n − 1)i + r ] + x [1 + (n − 2)i + r ] + LL
n n n
x x
LL + [1 + [n − (n − 2)]i + r ] + [1 + [n − (n − 1)]i + r ]
n n
x
En mettant en facteur et en calculant les sommes sur 1 et sur r, on
n
obtient :
x
S = − x − rx + c + [n + ni + (n − 1)i + (n − 2)i + LLL + [n − (n − 2)]i + [n − (n − 1)]i + nr ]
n
x
S = − x − rx + c + [n(1 + r )] + x [ni + (n − 1)i + (n − 2)i + LLL + [n − (n − 2)]i + [n − (n − 1)]i ]
n n
xi
S = − x − rx + c + x(1 + r ) + [n + (n − 1) + (n − 2) + LLL + 2 + 1]
n
xi n(n + 1)
S =c+
n 2
L’expression entre crochets est une suite sur n entiers naturels dont la
n(n + 1)
somme des n termes est .
2
Le revenu financier S est :
17
n +1
S = c+ xi
142243
a
Le bloc (a) est le revenu d’intérêt qui s’ajoute aux frais divers et/ou
commissions (c) pour former le revenu financier de l’institution de
microfinance.
Cas de la FECECAM
x x(n − 0)
Au mois 1 : k1 = + i
n n
x x[n − (n − 2)]
Au mois n-1 : k n −1 = + i
n n
x x[n − (n − 1)]
Au mois n : kn = + i − rx
n n
Au dernier mois de remboursement, l’emprunteur peut retirer
l’ensemble des fonds placés en garantie, soit rx. La forme de calcul du
revenu financier ne change pas, soit :
n +1
S = c+ xi et
2
2 ( S − c)
x=
(n + 1) i
18
Cas de la MDB
x(1 + i )
Au mois 1 : k1 =
n
x(1 + i )
Au mois n : kn = − rx
n
S = c + xi
S −c
x=
i
A partir du capital x, il est possible de calculer sur la base des cash
flows mensuels, le taux d’intérêt effectif mensuel tie par la méthode du taux
interne de rentabilité du crédit selon la formule :
n
− k 0 + ∑ k t (1 + t ie ) −t = 0 avec n = 12 mois
t =1
19
Tableau5 : Conditions Générales de prêt applicables en 2004 à la FECECAM, la MDB, PADME et PAPME
Taux Taux
Frais de Epargne Exigence Exigence Exigence Montants Délais de
d’intérêt d’intérêt
INSTITUTIONS dossier préalable/Fonds d’assurance Caution Garanties crédits rembour-
affiché nominal
pour crédit de garantie décès solidaire matérielles (FCFA) sement
mensuel
20% au moins du < 200.000 > 200.000 10.000- 1mois-3 2%/mois
FECECAM - - Dégressif
crédit FCFA FCFA 10.000.000 ans
2% du prêt+ 2%du crédit <150.000 >150.000 20.000- 1mois-2 15%/an
MDB 20% du crédit Linéaire
2650F >1000.000F FCFA FCFA 5.000.000 ans
10% du crédit 2%/mois
+10% à constituer 2% du < 200.000 >200.000 20.000- 1mois-2
PADME 1%du crédit Dégressif
tout au long du crédit FCFA FCFA 10.000.000 ans
remboursement
10% du crédit 2%/mois
2%du crédit
+10% à constituer 2% du 500.000- 1mois-3
PAPME + NON Obligatoire Dégressif
tout au long du crédit 40.000.000 ans
3.500FCFA
remboursement
Autres conditions spécifiques :
FECECAM : Frais d’adhésion 1200FCFA ; frais annuel de tenue de compte : 2500F-3500FCFA
MDB : Adhésion : 1150F de frais d’adhésion+10.000F de part social+10.000 de dépôt minimum sur compte ; A l’octroi de crédit : frais de
dossier 2150F ou 2650F pour les crédits supérieurs à 1000 000FCFA. Possibilité de différé de 1 mois. Remboursement journalier,
hebdomadaire ou mensuel. Pour les touts petits crédit remboursables en 3 ou 6 mois maximum, le taux d’intérêt est de 3,33% le mois.
PADME : Frais de dossier : 1% du montant du crédit ; Possibilité de différé allant de 1 à 6 mois
PAPME : Frais de dossier : 2% du crédit + 3.500 FCFA de frais d’inscription. Tous les prêts dépassent rarement 18 mois.
Source : Planet-Africa (2002) ; rapport d’activités (2004), PAPME, PADME
20
6. Viabilité financière des institutions de microfinance
21
pertes et les impayés cumulées vers fin 199912 et de relever son taux
d’intérêt de 16% l’an à 2% le mois. PAPME en revanche, a vu son ratio de
rentabilité entamer une baisse depuis 2002. Cette baisse pourrait
compromettre sa viabilité si elle se poursuivait.
Plusieurs autres indicateurs du tableau 6 fournissent des résultats
intéressants sur la viabilité/pérennité des institutions examinées. Il s’agit du
ratio de rentabilité, du taux de remboursement, du taux de risque sur
portefeuille, du taux de perte, etc. L’examen de l’ensemble de ces ratios
montre sans nul doute que PADME, PAPME et MDB sont viables. Toutefois,
pour le demeurer, PAPME doit inverser la tendance actuelle de son ratio
d’autosuffisance opérationnelle et contenir à tout prix son taux de
remboursement dans la limite de 90%. Une chute en dessous de ce niveau
exposerait l’institution à des difficultés similaires à celles observées dans le
réseau FECECAM. C’est en demeurant viables et pérennes que les SFD
pourront continuer à offrir du crédit aux pauvres économiquement actifs et
aideront à la réduction de la pauvreté.
20,0 300,00
15,0 250,00
PAPME
FECECAM
-5,0 50,00
-10,0 -
2000 2001 2002 2003 2004 2000 2001 2002 2003 2004
Panel a : Ratio de rentabilité des actifs (%) Panel b : Ratio d’autosuffisance opérationnelle (%)
12
D’un montant de 23,5 millions de F CFA en 1993, les impayés ont été multipliés par plus de 90 pour atteindre
2 118, 9 millions de FCFA en décembre 1998 pour l’ensemble des caisses du réseau FECECAM. En 1999, on a
assisté à une explosion des impayés dans le réseau avec un taux d’impayé de plus 18% à fin mars 1999
(Honlonkou, Acclassato et Quenum, 2006).
22
Tableau 6 : Ratios de viabilité de quelques IMF
1 2 3 4 5 6 7 8
TAUX DE
RATIO DE RATIO D’AUTO- TAUX DE PROVISIONS
COUT PR 1 RATIO DE COUTS SUFFISANCE TAUX DE RISQUE SUR POUR
FR PRETE RENTABILITE OPERATIONNE OPERATIONNEL REMBOURSE- PORTEFEUILLE TAUX DE PERTE CREANCES
ANNEES INSTITUTIONS (%) DES ACTIFS (%) LS (%) LE (%) MENT (%) (%) SUR PRETS (%) DOUTEUSES (%)
23
INTITULES DES RATIOS (suite)
1 2 3 4 5 6 7 8
RATIO TAUX DE TAUX DE
RATIO DE RATIO DE COUTS D’AUTOSUFFISANCE TAUX DE RISQUE SUR TAUX DE PROVISIONS
COUT PR 1 FR RENTABILITE DES OPERATIONNELS OPERATIONNELLE REMBOURSEMENT PORTEFEUILLE PERTE SUR POUR CREANCES
ANNEES INSTITUTIONS PRETE (%) ACTIFS (%) (%) (%) (%) (%) PRETS (%) DOUTEUSES (%)
24
7. Taux d’intérêt effectif et viabilité financière des IMF
13
Le taux effectif global tel que calculé ici intègre l’épargne obligatoire ou caution financière de garantie. C’est
le taux pertinent à comparer aux taux de rentabilité interne des activités économiques. L’épargne-garantie n’est
pas toujours constituée de façon progressive et sur plusieurs périodes avant l’obtention du crédit. Elle est souvent
précomptée sur le montant initial de crédit alors que le taux d’intérêt est payé sur le montant global de crédit.
25
constatés à fin 200414 en colonne (4) aux taux d’intérêt affichés. Les résultats
placent tous les taux annuels pratiqués au-dessus du taux d’usure (colonne
[6] ou encore colonne [7] lorsqu’on prend en compte l’inflation) et l’écart par
rapport au taux d’usure est mesuré en colonne [8]. C’est PADME qui exprime
le taux effectif le plus bas (36,08%) qui lui permet de couvrir ses charges à
plus de 205% (colonne [9]). La FECECAM applique un taux plus faible que
PAPME, soit 40,62% contre 41,35% pour PAPME et présente un taux de
couverture des charges plus faible que celui de PAPME malgré un
prélèvement annuel des frais de tenue de compte (3€ en moyenne). La MDB
présente le taux effectif le plus élevé, soit 46,26%. En effet, la MDB exige 2%
du crédit sous forme d’assurance et retient au début 20% du crédit sous
forme de fonds de garantie pendant que PAPME en retient la moitié au
début.
14
Avec les conditions affichées, le crédit total octroyé aurait donné un revenu financier moindre que le revenu
constaté. Pour obtenir ce revenu financier constaté (4 190 992 458FCFA dans le cas PADME) aux conditions
affichées, l’IMF devrait octroyer un montant de crédit plus important, 29 017 678 492FCFA au lieu de
21 374 478 293FCFA, ce qui laisse supposer que le taux effectif est bien au-delà de 2% le mois.
26
compris par des méthodes dites de ‘‘forcing’’15. Mais l’une des conséquences
peut être une décapitalisation, ou un surendettement voire une
paupérisation de l’emprunteur.
Une alternative serait une réadaptation de la politique de crédit (mécanisme
de sélection des bénéficiaires) mais qui éliminerait désormais les pauvres et
personnes vulnérables incapables de s’insérer dans ce mécanisme (Avio, op.
cit.). Enfin, la dernière leçon est que le coût effectif global est bien plus élevé
et susceptible d’excéder le taux d’usure en vigueur. Il est possible de
généraliser ces résultats en prenant quelques précautions.
En partant de l’idée que parmi les SFD qui ont participé au test, il y a
PADME et PAPME qui sont connus pour afficher des résultats performants,
il est possible d’en déduire que des taux effectifs similaires à ceux de ces
institutions sont encours dans les autres SFD performants. Comme PADME,
les SFD qui afficheraient des taux effectifs inférieurs ou égaux à 36,08%
devraient absolument contenir leur taux d’impayés autour de 1% maximum,
ce qui est un objectif parfois difficile à atteindre. Selon un praticien de la
FECECAM, ce réseau pourrait très bien s’accommoder d’un taux d’intérêt
affiché de 2% par mois sur le capital restant dû si les remboursements se
faisaient à bonne date ou si le réseau pouvait contenir le taux d’impayés
dans les limites de 5%. Cet exercice montre que 5% n’est pas adéquat pour
atteindre ce résultat. Bien qu’on puisse et qu’on doive recommander que les
IMF accroissent leur efficience opérationnelle afin de réduire leurs taux
d’intérêt effectifs, examinons à présent les fondements qui justifient une
résistance à la baisse des taux effectifs.
15
Du fait que les agents de crédit sont sous menace de ‘cartons jaune ou rouge’’ (le rouge équivaut à une ‘mise à
pied’ temporaire, pénalisante financièrement) selon le niveau de dégradation des portefeuilles dont ils ont en
charge le suivi, ils n’hésitent pas à visiter les clients même au-delà de minuit pour les forcer à rembourser
l’échéance due.
27
Tableau 7 : Taux d’intérêt effectifs annuels appliqués par PADME, PAPME, FECECAM
Tableau 8 : Taux d’intérêt à afficher si le taux d’usure (27%) devrait être respecté
Taux
Taux débiteur Taux Ratio actuel ratio
Institutions Crédit total débiteur mensuel Revenu Revenu financier d'intérêt de d'autosuffisance
octroyé sur la commission mensuel à corrigé de financier simulé au taux effectif/mois couverture opérationnelle au
période (1) s (2) afficher (3) l’inflation (4) observé (5) d'usure (6) (7) charges (8) taux d'usure (9)
PADME 21 374 478 293 418 694 254 1,34% 1,53% 4 190 992 458 2 284 749 209 2,25%a 205,53% 112,05%
PAPME 18 704 489 150 743 522 271 1,00% 1,19% 3 670 594 602 1 958 951 966 2,25% 127,33% 67,96%
FECECAM 24 774 886 877 385 678 747 1,19% 1,37% 4 720 000 000 2 296 551 139 2,25% 124,24% 60,45%
MDB 472 834 202 9 459 334 b 0,63% 0,81% 84 780 938 44 996 614 2,25% 158,37% 84,06%
Source : calculs sont effectués à partir des comptes de l’exercice 2004, taux d’inflation : 2,5% en 2004 a: Ce taux mensuel de 2,25% limite le taux
effectif annuel à 27%, b : Estimée sur la base des conditions affichées
28
8. L’effet pervers du seuil d’usure
29
forte composante rurale couvre les portefeuilles les plus dégradés des IMF en
vue au Bénin.
De même, identifier les risques individuels n’est pas toujours simple.
Cela suppose une connaissance suffisamment grande des composantes du
risque individuel de non-remboursement. Or les centrales d’échanges et
d’information destinées à appuyer les décisions d’engagement des IMF
peinent à se mettre en place16. Le choix a priori des risques individuels se
fonde beaucoup plus sur l’expérience de l’emprunteur en matière de
remboursement avec toute l’asymétrie d’information qui y est associée. En
outre, beaucoup d’IMF ne possèdent pas les instruments nécessaires pour
différencier leur taux d’intérêt en fonction des produits financiers (zone
géographique, secteur d’activité, individu, etc.), ce qui justifie des taux
uniformisés souvent proposés aux clients.
Les travaux qui justifient les niveaux élevés de taux d’intérêt observés
en microfinance insistent également sur l’erreur sémantique des critiques
qui consiste à comparer le taux d’intérêt des IMF au taux bancaire. Cette
comparaison est inadaptée pour deux raisons : la première, les banques
formelles ne sont globalement pas intéressées par les mêmes clients que
ceux des SFD. Il n’y a donc pas réellement une situation de concurrence
entre les deux systèmes pour un même groupe cible de clients. La deuxième
raison a trait aux éléments constitutifs du taux d’intérêt soulignés plus
haut, à savoir le coût de l'intérêt bancaire (y compris l'inflation), les coûts
opératoires, la concurrence mais aussi la participation à un fonds de
couverture de risque, le paiement proportionnel des appuis reçus en
formation et conseils et même des contributions à des caisses de solidarité
qui interviennent en cas de décès ou d'événements spéciaux. Ces éléments
portent le taux d'intérêt des prêts à 2 voire jusqu’à 5% par mois pour de
petits crédits à court terme, soit entre 24 et 60% l’an, voire plus. En général,
un prêt de 10 000 francs requiert le même personnel et les mêmes
16
L’Association privée des praticiens de la microfinance au Bénin, Consortium Alafia a mis en place sa centrale
de risque depuis 2004. Mais celle-ci connaît des problèmes d’approvisionnement en informations de base du fait
de la faible coopération de certaines IMF.
30
ressources qu’un prêt de 100 000 francs. Doit-on alors parler, comme
certains, de taux proches de l'usure ?
17 Ouattara, K. (2003) ‘‘Microfinance Regulation in Benin: Implications of the PARMEC Law for Development
and Performance of the Industry.’’ Washington, D.C. : World Bank Africa Region Working Paper Series N°50,
June.
31
à l’échelle internationale (Wright & Alamgir, 2004, confère tableau 4). Mais la
vraie préoccupation dans ce cas concerne la capacité des pauvres à
supporter de tels niveaux de taux.
18
Labie Marc (1999) rapporte les mêmes plaintes chez les micro-entrepreneurs d’Amérique Latine dans ‘‘La
microfinance en question : limites et choix organisationnels’’
32
Il est d’ailleurs, dans l’intérêt des pauvres de supporter des taux
d’intérêt élevés pour continuer à bénéficier de crédit sur le long terme.
Autrement, l’alternative serait des prêteurs informels avec en moyenne des
taux de 20% par jour observés dans certains marchés en Afrique
subsaharienne, ou alors le non-accès au crédit (RDP, 2002). Les taux élevés
des prêteurs informels montrent que ceux pratiqués par le secteur de la
microfinance demeurent attractifs. Les activités des petits opérateurs
économiques ont souvent un faible rendement en main d’œuvre et l’accès au
crédit/capital ou à la liquidité leur permet de relever significativement leur
rendement ou de saisir davantage d’opportunités économiques. Les
rendements obtenus de tels investissements sont de loin supérieurs aux
taux d’intérêt supportés. D’un point de vue pratique, il est plus rentable
d’emprunter $150 à 4% le mois et de payer un intérêt de $6 par mois
pendant 4 mois que d’emprunter la même somme à 10% la journée chez un
prêteur informel19. De plus, les petites activités ont en moyenne une rotation
de stock plus élevée permettant de générer plus rapidement des profits et
d’épargner en vue de rembourser les emprunts et de constituer un fonds de
roulement. Toutefois, les institutions de microfinance doivent mieux cibler
leurs clients. Il ne s’agit pas de prêter nécessairement aux très pauvres avec
une situation instable qui seront précipités dans un cercle d’endettement et
de pauvreté. La plupart des pauvres ne sont pas en mesure d’avoir accès à
des services financiers. La viabilité s’entend de la capacité d’une entité
fournissant des micro-financements à couvrir l’intégralité de ses coûts. Elle
permet la poursuite des opérations de l’IMF et la fourniture des services
financiers aux pauvres (CGAP, 2005).
19
Ce raisonnement est tiré d’une expérience réussie, vécue par une veuve au Rwanda qui avait à sa charge sept
personnes (RDP, 2002).
33
10. Conclusion et discussions
Les résultats de cette étude montrent que les IMF les plus
performantes sont susceptibles de voiler des taux d’intérêt effectifs plus
élevés que le seuil légal. Mais il est important de se rappeler que les IMF
doivent être en même temps capables de s'autofinancer pour durer. La
viabilité financière passe par la réduction des coûts de transaction, l’offre de
meilleurs produits et de services répondant aux besoins des clients ainsi que
l’adoption de nouveaux moyens de servir les pauvres qui n’ont pas accès aux
services bancaires. Un colloque d'experts, organisé par l'OCDE à Paris en
1998, concluait à la suite d’un rapprochement des expériences, que les
structures qui utilisaient les taux d'intérêts les plus élevés étaient aussi
celles qui étaient les plus performantes et les plus efficaces. Dès lors, si l’on
désire faire de la microfinance, un instrument de réduction de la pauvreté, il
faut opter pour la professionnalisation du secteur. On peut aider les pauvres
avec des prêts sans intérêt ou à intérêts subventionnés par d’autres canaux
ne relevant pas du secteur financier professionnel, mais on ne peut
continuer "à jouer les Mères Teresa" sans être conscient que l’option qui
consiste à protéger les pauvres contre des taux d’intérêt élevés n’est pas
durable et s’exerce aux dépens des IMF. Si les IMF doivent être
financièrement autonomes, elles doivent facturer les coûts financiers et ceux
de l'appui ou de la formation aux bénéficiaires. La question ne semble plus
être celle de la pauvreté, mais davantage celle de la formation nécessaire
pour que les bénéficiaires augmentent suffisamment leurs revenus pour être
non seulement capables de rembourser les intérêts, mais de rentabiliser
leurs activités économiques et de faire du profit. Dans ce cas, l’une des voies
serait de libéraliser les taux d’intérêt tout en renforçant la surveillance sur la
transparence à travers la publication régulière des taux effectifs globaux.
Certains pays ont réussi à asseoir cette transparence en imposant aux
structures de financement de mentionner sur un contrat, toutes les charges
liées à l’opération de crédit et d’en déduire par écrit sur le contrat, le taux
34
effectif global. C’est une des voies pour l’ouverture d’une concurrence qui à
terme aboutirait à une baisse des taux effectifs dans le secteur. La France a
levé en 2005, le plafonnement des taux d’intérêt sur les prêts aux
entreprises et autorisé les associations à emprunter pour prêter dans le
cadre de sa loi sur les PME. Mais comment cela peut-il se faire au sein d’une
union (UEMOA) qui a déjà établi les règles sur le taux d’usure ?
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Sigles et Abréviations
37
Annexes
5 TAUX DE REMBOURSEMENT
38
N° INTITULE DES RATIOS
B MONTANT TOTAL DES ENCOURS DE CREDIT
RATIO A/B
Notes de Fin
Microcrédit : Il n’existe pas dans la littérature une définition consensuelle du microcrédit, c’est-à-dire une
définition du montant maximum du microcrédit. Selon le CGAP (2001), la taille du crédit permet de
savoir si l’IMF cible véritablement les pauvres ou non. Ainsi, pour des montants de crédit inférieurs à
20% du produit national brut (PNB) par tête d’un pays, les bénéficiaires peuvent être considérés comme
très pauvres. Pour des montants de crédits supérieurs à 150% du PNB, les bénéficiaires sont considérés
comme relativement aisés, donc non pauvre.
Pauvreté : Elle peut être définie comme étant une privation inacceptable du bien-être de l’être humain. Ceci
peut inclure aussi bien la privation physiologique que la privation sociale. Une personne peut donc être
considérée comme pauvre quand elle ne peut pas se procurer les biens et services en quantité suffisante
pour satisfaire ses besoins matériels ou biologiques fondamentaux (alimentation, santé, éducation,
logement). La privation sociale élargit le concept pour inclure le risque, la vulnérabilité, le manque
d’autonomie, l’impuissance et le manque de respect de soi. Etre pauvre, c’est être à l’écart de
l’ensemble de la société et exclu des ressources, chances et des sources de bien-être subjectives et
objectives qui sont facilement à la portée des autres, autrement dit, être exclu du mode de vie auquel les
autres ont largement accès dans la même société et non être simplement démuni des besoins les plus
essentiels. Adam Smith endosse cette définition quand il affirme qu’être pauvre revient à devoir se
passer de ce qui est nécessaire pour être un membre « respectable » de la société.
Système Financier Décentralisé : C’est le terme de plus en plus consacré aux institutions de
microfinance. Mais en réalité, il inclut les formes de financement informel qui peuvent être aussi
considérées comme décentralisées.
Taux effectif global mesure le coût total d'un crédit pour l'emprunteur (taux d'intérêt plus frais de dossier,
frais divers et assurance).
Viabilité financière : La viabilité s’entend de la capacité d’une entité fournissant des micro-financements à
couvrir l’intégralité de ses coûts. Elle permet la poursuite des opérations de l’IMF et de la fourniture des
services financiers aux pauvres.
39