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Tous Freres Pere Alain Ferre

L'encyclique 'Fratelli tutti' du Pape François appelle à une fraternité universelle pour surmonter les crises contemporaines et promouvoir le bien commun. Elle critique la guerre, l'individualisme et les dérives du libéralisme, tout en soulignant l'importance de la dignité humaine et du travail. François invite chacun à agir pour construire des sociétés plus justes et solidaires, en s'inspirant de la parabole du Bon Samaritain.

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Tous Freres Pere Alain Ferre

L'encyclique 'Fratelli tutti' du Pape François appelle à une fraternité universelle pour surmonter les crises contemporaines et promouvoir le bien commun. Elle critique la guerre, l'individualisme et les dérives du libéralisme, tout en soulignant l'importance de la dignité humaine et du travail. François invite chacun à agir pour construire des sociétés plus justes et solidaires, en s'inspirant de la parabole du Bon Samaritain.

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Tous frères… La dernière encyclique du Pape François

Auteur : Père Alain FERRÉ, délégué épiscopal à la vie consacrée (diocèse de Rennes)

C’est le jour de la fête de St François d’Assise que le Pape signe cette lettre encyclique qu’il a
intitulée « Fratelli tutti », Tous frères. C’est d’une fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de
valoriser chaque personne, dont nous entretient le Pape.
Qu’est-ce qui me frappe et m’interpelle dans cette encyclique ?

C’est un monument !
François est le seul leader international capable de réfléchir sur l’état de notre monde et de
proposer des solutions. Il fait une analyse fine de la situation de notre monde, de nos sociétés, sans
désespérance mais sans concession. Lui seul peut le faire, même si on aurait pu attendre pareil travail
de la part de nos responsables nationaux ou internationaux.
Il redonne sa dignité à la politique dans son rôle d’être au service de l’être humain dans toutes ses
dimensions, corporelle, sociale, spirituelle. Et il pointe le défaut majeur de la politique aujourd’hui :
elle n’est pas assez au service du bien commun.
François constate que nous sommes tous analphabètes en ce qui concerne l’accompagnement
des plus fragiles, des plus pauvres. Et il explique que le service de tous et chacun ne connaît pas de
frontières. Le problème étant que, aujourd’hui, les frontières n’existent plus ni pour l’argent ni pour le
commerce, sauf pour le service des pauvres.

C’est une encyclique sociale


Fratelli tutti est une encyclique sociale, dans la lignée de Laudato si. Elle nous rappelle que la
fraternité s’apprend, dans une société contemporaine où nous sommes devenus des analphabètes de
la relation.
Un des aspects frappants de ce texte est sa réflexion sur la guerre : François enterre, ni plus ni
moins, la doctrine de la « guerre juste ». L’Eglise en parlait, depuis la fin de la seconde guerre mondiale,
mais aucun Pape ne l’avait dit aussi clairement. Pour François la guerre est considérée comme la mère
des pauvretés. Il doit être possible de trouver la paix sans passer par la case conflit.
Face à l’individualisme, aux conflits d’intérêts et de pouvoir, il lance la mondialisation de la
fraternité et de l’amitié sociale. Pour François, l’amitié sociale est une qualité à mettre en œuvre
collectivement, et donc pour chacun et chacune de nous. C’est une fraternité en action, une fraternité
radicale au service du bien commun, c’est une œuvre de justice sociale à réaliser. L’amitié sociale est
une notion venue de l’Argentine, développée en Amérique latine. François l’a vécue et mise en œuvre
concrètement lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires.

La fraternité universelle comme alternative au chaos


Vivre la fraternité selon les préceptes de l’Evangile. D’abord parce que nous sommes tous des
enfants de Dieu, des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, quelles que soient nos
appartenances ou nos croyances. Nous sommes tous frères et sœurs. Ensuite, parce que seule la
fraternité peut sauver, demain, l’humanité, dans le contexte des menaces de tous ordres qui pèsent
sur notre maison commune, nos sociétés et notre avenir.
Notre monde va mal ! Ce fond de tableau était déjà celui de son encyclique précédente Laudato
si sur la sauvegarde de la maison commune : les replis nationalistes, l’obsession de la compétitivité
excluant les plus faibles, creusement des inégalités, désintérêt pour le bien commun, gaspillage des
ressources non renouvelables de la planète… Dans le monde d’aujourd’hui, les sentiments
d’appartenance à la même humanité s’affaiblissent, et le rêve de construire ensemble la justice et la
paix semblent être une utopie d’un autre temps !
[Tapez ici]
C’est contre ce défaitisme que s’élève François. Il affirme haut et fort : « on peut aspirer à une
planète qui assure terre, toit et travail à tous. C’est le vrai chemin de la paix » (N° 127). François ne fait
que reprendre les principes essentiels de la doctrine sociale de l’Eglise, dans le prolongement de ses
prédécesseurs : destination universelle des biens, dignité inaliénable de chaque personne, défense du
bien commun, solidarité, charité, attention préférentielle aux plus pauvres… Autant d’exigences
souvent bafouées.

Le bon samaritain comme icône de la fraternité.


Au cœur de l’encyclique, le Pape François offre une magnifique méditation sur la parabole du
Bon Samaritain. Pratiquants ou non, ce récit est dans notre mémoire et fait partie de notre culture
commune. Le Pape met en évidence la morale habituellement tirée de ce texte : les prêtres se
détournent de l’homme blessé là où l’étranger sait se montrer compatissant. Mais le plus bouleversant
est ailleurs : ce texte met en évidence que chacun de nous, chacune de nos communautés ou de nos
nations, est tour à tour : l’homme blessé qui gît sur le bord du chemin, le brigand qui l’a agressé, le
prêtre ou le lévite qui ne veulent pas voir, et le bon samaritain qui prend soin de l’autre.
Comme on pouvait s’y attendre, François n’est pas tendre pour les impasses du libéralisme
économique, pour les populismes qui ignorent la légitimité de la notion de peuple et se traduisent par
un mépris des faibles, pour les dérives de l’individualisme.
François réaffirme une nouvelle fois pour chacun de nos pays le double devoir moral de
protéger les droits de ses propres citoyens et celui de garantir l’assistance et l’accueil des migrants.
D’où son invitation à construire des villes et des pays qui, tout en conservant leurs identités culturelles
et religieuses respectives, soient ouvertes aux différences et sachent les valoriser sous le signe de la
fraternité humaine.
Cette encyclique ne s’adresse pas, comme c’était jadis la tradition, aux seuls évêques ni aux
seuls catholiques mais à « tous les hommes et femmes de bonne volonté », donc à chacun et à chacune
d’entre nous.
Dans son encyclique, François soulève deux grandes questions :
La première : reprenant Laudato si, François se fait insistant : « La grande question, c’est le travail » (N°
162). Il explique : « Aider les pauvres avec de l’argent doit toujours être une solution provisoire pour
affronter les urgences. Le grand objectif devrait toujours être de leur permettre d’avoir une vie digne
par le travail » (Laudato si, N° 128). Il n’existe pas pire pauvreté que celle qui prive du travail et de la
dignité du travail.
La seconde question : Chercher Dieu d’un cœur sincère, à condition de ne pas l’utiliser à nos intérêts
idéologiques ou d’ordre pratique… Nous devons sérieusement nous aider à nous reconnaître comme
des compagnons de route, vraiment frères. Nous voulons, affirme François, être une Eglise qui sort de
ses temples, de ses sacristies, pour accompagner la vie, soutenir l’espérance… établir des ponts,
abattre les murs, semer la réconciliation.

En conclusion :
Cette encyclique nous invite à une communion qui doit se construire et se vivre. C’est un travail
artisanal, à mais nues, comme la parabole du Bon Samaritain. François nous invite à ne pas subir la
complexité du monde. Face à l’individualisme, il lance la mondialisation de la fraternité. C’est un texte
accessible, et qui s’adresse à tous. Après Laudato si, cette encyclique sonne comme une genèse
humaniste. La fraternité, nous dit François, est notre assurance vie.

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