Surtourisme au Japon:
Aujourd'hui, j'aimerais aborder un problème qui est devenu de plus en plus
problématique au Japon : le surtourisme. Alors que le tourisme est souvent considéré
comme un moteur de croissance économique, le surtourisme entraîne des défis
importants qui affectent les communautés locales, l'environnement et même la qualité
de vie des visiteurs eux-mêmes. Le Japon, connu pour sa riche culture, ses beaux
paysages et son peuple hospitalier, est malheureusement aux prises avec les
inconvénients de sa popularité mondiale.
Le problème peut se faire décomposer en trois domaines clés de préoccupation :
l'impact environnemental, la pression culturelle et les défis sociaux posés par le
surtourisme.
1. Impact environnemental
Le tourisme au Japon exerce une pression immense sur son environnement naturel.
Des endroits comme le mont Fuji, un site du patrimoine mondial de l'UNESCO, sont
submergés par le nombre considérable de visiteurs. On 2023, la montagne a attiré plus
de 5,5 millions de touristes, ce qui a entraîné des quantités massives de déchets,
l'érosion des sentiers de randonnée et la pollution de l'air par les bus et les voitures
transportant les touristes sur le site. Le gouvernement japonais a tenté de mettre en
place des mesures plus strictes, comme des droits d’entrée et des limitations du
nombre de visiteurs, mais leur application reste inégale.
De même, des zones comme la bambouseraie d’Arashiyama à Kyoto sont confrontées
à de graves perturbations écologiques. Les touristes piétinent la vie végétale et
s’écartent des sentiers désignés pour la photo Instagram parfaite. Ces comportements
sont non seulement dommageables pour l’environnement, mais menacent également la
durabilité de ces destinations emblématiques pour les générations futures.
2. Tension culturelle
Le surtourisme a également provoqué des frictions entre les visiteurs et les locaux, en
particulier dans les centres culturels du Japon comme Kyoto. Autrefois connue pour ses
temples sereins et ses quartiers traditionnels, Kyoto est aujourd’hui aux prises avec une
« fatigue touristique ». Les habitants de quartiers comme Gion, célèbre pour la culture
des geishas, se plaignent souvent des touristes qui envahissent les rues étroites,
pénètrent dans des propriétés privées pour prendre des photos et ne respectent pas les
normes culturelles.
En 2019, Kyoto a introduit de nouvelles ordonnances interdisant la photographie dans
les zones résidentielles pour freiner ces comportements intrusifs. Malgré cela, les
problèmes persistent. Par exemple, les geishas et les maikos (apprenties geishas) ont
déclaré avoir été harcelées par des touristes qui les prenaient en photo. Cela perturbe
non seulement leur travail, mais porte également atteinte au respect et à la mystique de
leurs traditions séculaires.
Un autre exemple est le surtourisme à Nara, où les touristes nourrissent les cerfs avec
des galettes de riz, souvent au mépris des directives. Bien que les cerfs soient un
symbole culturel précieux, une alimentation inappropriée a entraîné des blessures et
une malnutrition chez les animaux.
3. Défis sociaux et économiques
Si le tourisme apporte des revenus, il crée également des défis importants pour les
infrastructures locales. Des villes comme Tokyo et Osaka connaissent une
surpopulation dans les transports publics pendant les périodes de pointe touristiques.
L’afflux de visiteurs étrangers a entraîné une hausse des loyers et une pénurie de
logements dans les quartiers populaires, car les propriétés sont converties en locations
à court terme via des plateformes comme Airbnb.
Par exemple, dans le quartier de Namba à Osaka, les résidents de longue date ont
exprimé leur frustration face à la pollution sonore, à l’augmentation du trafic et au
sentiment d’être déplacés en raison d’une présence touristique toujours croissante. De
plus, les petites villes comme Takayama, connues pour leurs villages historiques, ont
du mal à offrir suffisamment d’équipements aux touristes sans surcharger les
ressources locales.
La pandémie de COVID-19 a offert au Japon un bref répit face aux défis du
surtourisme, permettant aux villes et aux communautés de réfléchir à des stratégies de
tourisme durable. Cependant, avec la réouverture des frontières en 2022, le nombre de
visiteurs a de nouveau augmenté, ce qui a amené beaucoup de gens à se demander si
des changements significatifs ont été apportés pour résoudre les problèmes sous-
jacents.
Conclusion : une voie vers un tourisme durable
En conclusion, si le tourisme est un atout précieux pour l’économie japonaise, le
surtourisme incontrôlé menace sa beauté naturelle, son patrimoine culturel et le bien-
être de sa population. En donnant la priorité à la durabilité et au respect mutuel, le
Japon peut continuer à accueillir des visiteurs du monde entier sans sacrifier l’essence
de ce qui le rend si spécial.