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Messe de clôture des JMJ 2000 à Tor Vergata

Lors de la messe de clôture des Journées mondiales de la Jeunesse, le Saint-Père a souligné l'importance de la foi en Jésus Christ, le 'pain de vie', et a encouragé les jeunes à faire des choix décisifs dans leur vie en se tournant vers lui. Il a rappelé que l'Eucharistie est une rencontre personnelle avec le Christ, source d'amour et de soutien dans toutes les circonstances de la vie. Le Pape a également exhorté les jeunes à devenir des témoins de la présence du Christ dans le monde, en vivant leur foi activement et en s'engageant dans leur communauté.

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Messe de clôture des JMJ 2000 à Tor Vergata

Lors de la messe de clôture des Journées mondiales de la Jeunesse, le Saint-Père a souligné l'importance de la foi en Jésus Christ, le 'pain de vie', et a encouragé les jeunes à faire des choix décisifs dans leur vie en se tournant vers lui. Il a rappelé que l'Eucharistie est une rencontre personnelle avec le Christ, source d'amour et de soutien dans toutes les circonstances de la vie. Le Pape a également exhorté les jeunes à devenir des témoins de la présence du Christ dans le monde, en vivant leur foi activement et en s'engageant dans leur communauté.

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Clôture des Journées mondiales de la Jeunesse

MESSE à TOR VERGATA

HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

Dimanche 20 août 2000

1 . «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle» (Jn 6, 68).

Chers jeunes des quinzièmes Journées mondiales de la Jeunesse ! Ces paroles de Pierre, dans le
dialogue avec le Christ à la fin du discours sur le «pain de vie», nous touchent personnellement. Ces
jours-ci, nous avons médité sur l'affirmation de Jean : «Le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi
nous» (Jn 1, 14). L'évangéliste nous a reportés au grand mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, le
Fils qui nous a été donné par Marie «lorsque les temps furent accomplis» (Ga 4, 4).

En son nom, une fois encore je vous salue tous avec affection. Je salue et je remercie le Cardinal
Camillo Ruini, mon Vicaire général pour le diocèse de Rome, Président de la Conférence
épiscopale italienne, pour les paroles qu'il a bien voulu m'adresser au début de cette messe; je salue
aussi le Cardinal James Francis Stafford, Président du Conseil pontifical pour les Laïcs, et les
nombreux Cardinaux, Évêques et prêtres réunis ici; je salue de même avec déférence et gratitude
Monsieur le Président de la République et le Chef du Gouvernement italien, ainsi que toutes les
autres Autorités civiles et religieuses qui nous honorent de leur présence.

1 . Nous sommes arrivés au sommet des Journées mondiales de la Jeunesse. Hier soir, chers jeunes,
nous avons confirmé notre foi en Jésus Christ, le Fils de Dieu que le Père a envoyé, comme nous l'a
rappelé la première lecture d'aujourd'hui, pour «porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux
qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté,... consoler tous
ceux qui pleurent» (Is 61, 1-2).

Par la célébration eucharistique d'aujourd'hui, Jésus nous introduit dans la connaissance d'un aspect
particulier de son mystère. Nous avons écouté dans l'Évangile un passage du discours qu'il a
prononcé dans la synagogue de Capharnaüm, après le miracle de la multiplication des pains. Dans
ce discours, Jésus se révèle comme le vrai pain de la vie, le pain descendu du ciel pour donner la vie
au monde (cf. Jn 6, 51). C'est un discours que les auditeurs ne comprennent pas. La perspective
dans laquelle ils se situent est trop matérielle pour pouvoir saisir la véritable intention du Christ. Ils
raisonnent dans une perspective charnelle, qui «n'est capable de rien» (Jn 6, 63). Jésus, au contraire
ouvre son discours sur les horizons sans limites de l'esprit : «Les paroles que je vous ai dites -
insiste-t-il - sont esprit et elles sont vie» (ibid.).

Mais les auditeurs y sont insensibles : «Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à
l'écouter !» (Jn 6, 60). Ils s’estiment personnes de bon sens, avec les pieds sur terre. C’est pourquoi
ils hochent la tête et, tout en gromelant, ils s'en vont les uns après les autres. La foule du début se
réduit progressivement. À la fin, il reste seulement le petit groupe restreint des disciples les plus
fidèles. Mais sur «le pain de la vie», Jésus n'est pas disposé à transiger. Il est plutôt prêt à s'exposer
à l'abandon même des plus intimes : «Voulez-vous partir, vous aussi ?» (Jn 6, 67).

1 . «Vous aussi ?» La question du Christ enjambe les siècles et parvient jusqu'à nous, elle nous
interpelle personnellement et sollicite une décision. Quelle est notre réponse ? Chers jeunes, si nous
sommes ici aujourd'hui, c'est parce que nous nous reconnaissons dans l'affirmation de l'Apôtre
Pierre : «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle» (Jn 6, 68).
Des paroles, il en résonne beaucoup autour de vous, mais seul le Christ a des paroles qui résistent à
l'usure du temps et qui demeurent pour l'éternité. La période actuelle de votre vie vous impose des
choix décisifs : la spécialisation dans les études, l'orientation dans le travail, l'engagement même à
assumer dans la société et dans l'Église. Il est important de se rendre compte que, parmi les
nombreuses questions qui se présentent à votre esprit, celles qui sont décisives ne concernent pas le
«quoi». La question de fond est «qui» : vers «qui» aller, «qui» suivre, «à qui» confier sa vie.

Vous pensez à votre choix affectif, et j'imagine que vous êtes bien d’accord : ce qui compte
vraiment dans la vie c'est la personne avec laquelle on décide de la partager. Mais attention ! Toute
personne humaine est inévitablement limitée : même dans le mariage le plus réussi, on ne peut pas
ne pas prendre en compte une certaine dose de déception. Eh bien, chers amis, n'y a-t-il pas en cela
la confirmation de ce que nous avons entendu de l'Apôtre Pierre ? Tout être humain en vient tôt ou
tard à s'écrier avec lui : «Vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle». Seul
Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu et le Fils de Marie, le Verbe éternel du Père né il y a deux mille
ans à Bethléem de Juda, est en mesure de satisfaire les aspirations les plus profondes du cœur
humain.

Dans la question de Pierre : «Vers qui pourrions-nous aller ?», il y a déjà la réponse concernant le
chemin à parcourir. C'est le chemin qui conduit au Christ. Et le divin Maître peut être rejoint
personnellement : en effet, il est présent sur l'autel dans la réalité de son corps et de son sang. Dans
le sacrifice eucharistique, nous pouvons entrer en contact, de façon mystérieuse mais réelle, avec sa
personne, puisant à la source inépuisable de sa vie de Ressuscité.

1 . Telle est la merveilleuse vérité, chers amis : le Verbe, qui s'est fait chair il y a deux mille ans, est
présent aujourd'hui dans l'Eucharistie. C’est pourquoi l'année du grand Jubilé, au cours de laquelle
nous célébrons le mystère de l'Incarnation, ne pouvait pas ne pas être aussi une année «intensément
eucharistique» (cf. Lettre apostolique Tertio millennio adveniente, n. 55).

L'Eucharistie est le sacrement de la présence du Christ qui se donne à nous parce qu'il nous aime. Il
aime chacun de nous de façon personnelle et unique dans la vie concrète de chaque jour : dans la
famille, parmi les amis, dans les études et au travail, dans le repos et dans les distractions. Il nous
aime quand il remplit de fraîcheur les journées de notre existence et aussi quand, à l'heure de la
souffrance, il permet que l'épreuve s'abatte sur nous : en effet, même à travers les épreuves les plus
dures, il nous fait entendre sa voix.

Oui, chers amis, le Christ nous aime et il nous aime toujours ! Il nous aime même lorsque nous le
décevons, quand nous ne correspondons pas à ses attentes à notre égard. Il ne nous ferme jamais les
bras de sa miséricorde. Comment ne pas être reconnaissant envers ce Dieu qui nous a rachetés en
allant jusqu'à la folie de la Croix ? Envers ce Dieu qui s'est mis de notre côté et qui y est demeuré
jusqu'au bout ?

1 . Célébrer l'Eucharistie «en mangeant sa chair et en buvant son sang» signifie accepter la logique
de la croix et du service. Cela signifie donc témoigner de sa propre disponibilité à se sacrifier pour
les autres, comme il l'a fait lui-même.

Notre société a un immense besoin de ce témoignage, les jeunes en ont besoin plus que jamais, eux
qui sont souvent tentés par les mirages d'une vie facile et confortable, par la drogue et l'hédonisme,
pour se trouver ensuite dans la spirale du désespoir, du non-sens, de la violence. Il est urgent de
changer de route en direction du Christ, qui est aussi la direction de la justice, de la solidarité, de
l'engagement pour une société et un avenir dignes de l'homme.
Telle est notre Eucharistie, telle est la réponse que le Christ attend de nous, de vous, les jeunes, en
conclusion de votre Jubilé. Jésus n'aime pas les demi-mesures, et il n'hésite pas à nous bousculer
avec sa question : «Voulez-vous partir, vous aussi ?» Avec Pierre, devant le Christ, Pain de vie,
nous aussi, aujourd'hui, nous voulons redire : «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les
paroles de la vie éternelle» (Jn 6, 68).

1 . Chers amis, en rentrant dans vos pays, mettez l'Eucharistie au centre de votre vie personnelle et
communautaire : aimez-la, adorez-la, célébrez-la, surtout le dimanche, jour du Seigneur. Vivez
l'Eucharistie en témoignant de l'amour de Dieu pour les hommes.

Chers amis, je vous confie ce qui est le plus grand don que Dieu nous ait fait, à nous pèlerins sur les
routes du temps, mais portant dans le cœur la soif de l'éternité. Puissiez-vous avoir toujours, dans
chaque communauté, un prêtre qui célèbre l'Eucharistie ! C’est pourquoi je demande au Seigneur
que fleurissent parmi vous de nombreuses et saintes vocations au sacerdoce. L'Église a besoin
d’hommes qui célèbrent aujourd'hui, avec un cœur pur, le sacrifice eucharistique. Le monde a
besoin de ne pas être privé de la présence douce et libératrice de Jésus vivant dans l'Eucharistie !

Soyez vous-mêmes des témoins fervents de la présence du Christ sur nos autels. Que l'Eucharistie
façonne votre vie, la vie des familles que vous formerez ! Qu'elle oriente tous vos choix de vie !
Que l'Eucharistie, présence vivante et réelle de l'amour trinitaire de Dieu, vous inspire des idéaux de
solidarité et vous fasse vivre en communion avec vos frères disséminés en tous lieux de la planète !

Que de la participation à l'Eucharistie, en particulier, jaillisse une nouvelle floraison de vocations à


la vie religieuse, afin d’assurer dans l'Église la présence de forces fraîches et généreuses pour la
grande tâche de la nouvelle évangélisation ! Si l'un ou l'une de vous, chers garçons et filles, entend
l'appel du Seigneur à se donner totalement à lui pour l'aimer «d’un cœur sans partage» (cf. 1 Co 7,
34), qu'il ne se laisse pas arrêter par le doute ou par la peur ! Qu'il dise avec courage son «oui» sans
réserve, en se confiant à Celui qui est fidèle en toutes ses promesses ! N'a-t-il pas promis, à ceux qui
ont tout laissé pour lui, le centuple ici-bas et ensuite la vie éternelle (cf. Mc 10, 29-30) ?

1 . Au terme des ces Journées mondiales, en vous regardant, en regardant vos jeunes visages, votre
enthousiasme sincère, je veux exprimer, du fond du cœur, un profond merci à Dieu pour le don de
la jeunesse, qui par vous demeure dans l'Église et dans le monde.

Merci à Dieu pour le chemin des Journées mondiales de la Jeunesse ! Merci à Dieu pour les
nombreux jeunes qui se sont engagés tout au long de ces seize années ! Ce sont des jeunes qui
maintenant, devenus adultes, continuent à vivre dans la foi là où ils habitent et ils travaillent. Je suis
sûr que vous aussi, chers amis, vous serez à la hauteur de ceux qui vous ont précédés. Vous porterez
l'annonce du Christ dans le nouveau millénaire. En rentrant chez vous, ne vous dispersez pas.
Confirmez et approfondissez votre adhésion à la communauté chrétienne à laquelle vous
appartenez. De Rome, de la Ville de Pierre et de Paul, le Pape vous accompagne avec affection et,
paraphrasant une expression de sainte Catherine de Sienne, il vous dit : «Si vous êtes ce que vous
devez être, vous mettrez le feu au monde entier !» (cf. Lettre 368).

Je regarde avec confiance cette nouvelle humanité qui se prépare par vous, je regarde cette Église
sans cesse rajeunie par l'Esprit du Christ et qui aujourd'hui se réjouit de vos résolutions et de votre
engagement. Je regarde vers l'avenir et je fais miennes les paroles d'une prière ancienne, qui chante
à la fois le don de Jésus, de l'Eucharistie et de l'Église :

«Nous te rendons grâce, notre Père,


pour la vie et la connaissance
que tu nous as fait découvrir par Jésus, ton serviteur.
À toi la gloire pour les siècles !

Comme ce pain rompu,


qui était dispersé sur les montagnes et les collines,
a été rassemblé pour ne plus faire qu'un,
ainsi que ton Église soit rassemblée
des extrémités de la terre dans ton Royaume...

C'est toi, Maître tout-puissant,


qui as créé l'univers,
pour la gloire de ton Nom,
qui as donné aux hommes nourriture et boisson
pour qu'ils en jouissent,
afin qu'ils te rendent grâce.

Mais nous, tu nous as gratifiés d'une nourriture


et d'une boisson spirituelles
et de la vie éternelle, par ton Serviteur...
À toi la gloire pour les siècles !» (Didachè 9, 3-4; 10, 3-4).

Amen.

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