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Theatre Aux Champs

Mme d'Hubières et son mari souhaitent adopter le petit garçon de la paysanne, Charlot, en lui offrant une rente et une somme d'argent pour son avenir. La paysanne refuse catégoriquement cette proposition, la considérant comme une abomination. Malgré les larmes de Mme d'Hubières et ses insistances, la paysanne reste ferme dans sa décision de ne pas se séparer de son enfant.

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Mme d'Hubières et son mari souhaitent adopter le petit garçon de la paysanne, Charlot, en lui offrant une rente et une somme d'argent pour son avenir. La paysanne refuse catégoriquement cette proposition, la considérant comme une abomination. Malgré les larmes de Mme d'Hubières et ses insistances, la paysanne reste ferme dans sa décision de ne pas se séparer de son enfant.

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Ils étaient là, en train de fendre du bois pour la soupe ; ils se redressèrent tout Ils étaient là, en train

train de fendre du bois pour la soupe ; ils se redressèrent tout


surpris, donnèrent des chaises et attendirent. Alors surpris, donnèrent des chaises et attendirent. Alors

Mme d’Hubières, d’une voix entrecoupée, tremblante, commença :— Mes braves Mme d’Hubières, d’une voix entrecoupée, tremblante, commença :— Mes braves
gens, je viens vous trouver parce que je voudrais bien... je voudrais bien emmener gens, je viens vous trouver parce que je voudrais bien... je voudrais bien emmener
avec moi votre... votre petit garçon... avec moi votre... votre petit garçon...

Mme d’Hubières reprit haleine et continua :— Nous n’avons pas d’enfants ; nous Mme d’Hubières reprit haleine et continua :— Nous n’avons pas d’enfants ; nous
sommes seuls, mon mari et moi... Nous le garderions... voulez-vous ? sommes seuls, mon mari et moi... Nous le garderions... voulez-vous ?

La paysanne commençait à comprendre. Elle demanda :— Vous voulez nous La paysanne commençait à comprendre. Elle demanda :— Vous voulez nous
prend’e Charlot ? Ah ben non, pour sûr. prend’e Charlot ? Ah ben non, pour sûr.

Alors M. d’Hubières intervint :— Ma femme s’est mal expliquée. Nous voulons Alors M. d’Hubières intervint :— Ma femme s’est mal expliquée. Nous voulons
l’adopter, mais il reviendra vous voir. S’il tourne bien, comme tout porte à le croire, l’adopter, mais il reviendra vous voir. S’il tourne bien, comme tout porte à le croire,
il sera notre héritier. Si nous avions, par hasard, des enfants, il partagerait il sera notre héritier. Si nous avions, par hasard, des enfants, il partagerait
également avec eux. Mais s’il ne répondait pas à nos soins, nous lui donnerions, à également avec eux. Mais s’il ne répondait pas à nos soins, nous lui donnerions, à
sa majorité, une somme de vingt mille francs, qui sera immédiatement déposée en sa majorité, une somme de vingt mille francs, qui sera immédiatement déposée en
son nom chez un notaire. Et, comme on a aussi pensé à vous, on vous servira son nom chez un notaire. Et, comme on a aussi pensé à vous, on vous servira
jusqu’à votre mort une rente de cent francs par mois. Avez-vous bien compris ? jusqu’à votre mort une rente de cent francs par mois. Avez-vous bien compris ?

La fermière s’était levée, toute furieuse :— Vous voulez que j’vous vendions La fermière s’était levée, toute furieuse :— Vous voulez que j’vous vendions
Charlot ? Ah ! mais non ; c’est pas des choses qu’on d’mande à une mère, ça ! Ah ! Charlot ? Ah ! mais non ; c’est pas des choses qu’on d’mande à une mère, ça ! Ah !
mais non ! Ce s’rait abomination. mais non ! Ce s’rait abomination.

Mme d’Hubières, éperdue, se mit à pleurer, et, se tournant vers son mari : Mme d’Hubières, éperdue, se mit à pleurer, et, se tournant vers son mari :
— Ils ne veulent pas, Henri, ils ne veulent pas ! — Ils ne veulent pas, Henri, ils ne veulent pas !

M. d’Hubières :— Mais, mes amis, songez à l’avenir de votre enfant, à son bonheur, M. d’Hubières :— Mais, mes amis, songez à l’avenir de votre enfant, à son bonheur,
à... à...

La paysanne, exaspérée, lui coupa la parole :— C’est tout vu, c’est tout entendu, La paysanne, exaspérée, lui coupa la parole :— C’est tout vu, c’est tout entendu,
c’est tout réfléchi... Allez-vous-en, et pi, que j’vous revoie point par ici. C’est-i c’est tout réfléchi... Allez-vous-en, et pi, que j’vous revoie point par ici. C’est-i
permis d’vouloir prendre un éfant comme ça ! permis d’vouloir prendre un éfant comme ça !

Alors, Mme d’Hubières, en sortant, s’avisa qu’ils étaient deux tout petits, et elle Alors, Mme d’Hubières, en sortant, s’avisa qu’ils étaient deux tout petits, et elle
demanda à travers ses larmes, avec une ténacité de femme volontaire et gâtée, demanda à travers ses larmes, avec une ténacité de femme volontaire et gâtée,
qui ne veut jamais attendre : qui ne veut jamais attendre :
— Mais l’autre petit n’est pas à vous ? — Mais l’autre petit n’est pas à vous ?

Le père Tuvache répondit : Non, c’est aux voisins ; vous pouvez y aller, si vous Le père Tuvache répondit : Non, c’est aux voisins ; vous pouvez y aller, si vous
voulez. voulez.

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