Appel AJEMY contre GROUP LIFE : Indemnité
Appel AJEMY contre GROUP LIFE : Indemnité
POUR :
La société AJEMY, société civile immobilière au capital de 100 euros, dont le siège social
est situé 46 bis rue Borde 132 rue du Rouet 13008 Marseille, inscrite au RCS Marseille sous
le numéro 799 048 434, prise en la personne de son représentant légal en exercice.
INTIMEE
Ayant pour avocat postulant, SCP BADIE SIMON THIBAUD JUSTON
Ayant pour avocat plaidant, Maître Frédéric AMSELLEM, Avocat au Barreau de
MARSEILLE, demeurant 22 rue Edouard Delanglade, 13006 MARSEILLE.
CONTRE :
1) La société GROUP LIFE, SAS au capital de 183 938 Euros, dont le siège social est
situé 50 rue Eugène Dupuis 94000 CRETEIL, immatriculée au RCS de Créteil sous le
numéro 383 748 936, prise en la personne de son représentant légal en exercice, ayant
élu domicile au cabinet de la SELARL BSD 26, avocats au barreau de Marseille, dont
le siège est 37 rue Montgrand – 13006 MARSEILLE.
APPELANTE
2) La CEPAC Caisse d’Epargne et de Prévoyance, dont le siège social est situé Place
Estrangin Pastré 13006 Marseille, prise en la personne de son représentant légal en
exercice.
PLAISE A LA COUR
1. FAITS
La société AJEMY est une société civile immobilière propriétaire d’un immeuble situé 46 bis
Rue Borde 132 rue du Rouet 13008 Marseille cadastré 842 B n°47 Lieudit 46B rue Borde.
Cet immeuble est constitué par un terrain sur lequel est édifié un bâtiment à usage commercial
et actuellement à usage de carrosserie.
C’est pourquoi, après discussions, par acte authentique en date du 27 septembre 2019, la SCI
AJEMY a consenti à la SAS GROUP LIFE une promesse de vente relativement à un cet
immeuble sis à Marseille devant Maître David GALIDIE, Notaire à Marseille, avec la
participation de Maître TUCA, Notaire à Gardanne pour un prix de 1 250 000,00 euros
Pièce n°1
Par acte en date du 24 octobre 2019, la CEPAC s’est engagée en qualité de caution solidaire
de la SAS GROUP LIFE à hauteur de la somme de 65 000,00 euros, pour garantie le
versement de cette indemnité.
Pièce n°2
Par lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 29 janvier 2021, la SCI AJEMY a
mis la SAS GROUP LIFE en demeure de lui régler la somme de 65 000 euros ; courrier qui
est resté lettre morte.
Pièce n°3
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En conséquence, le 27 janvier 2021, la SCI AJEMY a fait signifier une sommation à la société
GROUP LIFE en reproduisant à l’identique les conditions prévues dans la promesse et en
l’invitant à faire connaitre sa position dans les 7 jours étant précisé qu’à l’expiration du délai
de 7 jours, elle serait déchue de la possibilité d’invoquer la non-réalisation des conditions
suspensives, conformément aux termes de la promesse vente, cette mise en demeure est restée
également lettre morte.
Pièce n°4
Par lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 04 février 2021, la SCI AJEMY a
mis la CEPAC en demeure d’avoir à lui régler la somme de 65 000 euros et ce en sa qualité de
caution.
Pièce n°5
Par courrier daté du 12 février 2021, et après l’expiration du délai de 7 jours consécutivement
à la sommation signifiée le 27 janvier 2021, la société GROUP LIFE a répondu par
l’intermédiaire de son conseil, Me Benjamin DOUKHAN, Avocat au Barreau de Marseille.
Pièce n°6
Divers échanges officiels auront lieu entre les conseils respectifs, la société GROUP LIFE
campera sur sa position et refusera d’honorer les termes de la promesse signée.
Pièce n°7
Pièce n°8
Pièce n°9
Pièce n°10
Par ailleurs, par courrier officiel du conseil de la CEPAC, celle-ci a indiqué qu’elle ne
procéderait pas au règlement en l’état de l’opposition de la SAS GROUP LIFE.
Pièce n°11
2. PROCEDURE
Par exploit d’huissier en date du 27 juillet 2021, la SCI AJEMY a fait assigner la société
GROUP LIFE et la CEPAC devant le tribunal judiciaire de Marseille aux fins de :
Par déclaration du 10 mai 2024, la société GROUP LIFE a interjeté appel total dudit
jugement.
II. DISCUSSION
« Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. »
Par acte notarié daté du 27 septembre 2019, une promesse unilatérale de vente a été conclu
entre la SCI AJEMY et la SAS GROUP LIFE.
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Ainsi, en l’absence de réitération de la cession, malgré la réalisation des conditions
suspensives, cette indemnité reste acquise selon l’usage au promettant.
Cependant, la promesse prévoit en complément de ce qui est précisé ci-dessus, une clause
rédigée ainsi :
« Observation étant ici faite que l’intégralité de cette somme restera acquise au
PROMETTANT même si le BENEFICIAIRE faisait connaitre sa décision de ne pas
acquérir avant la date d’expiration du délai d’option.
En aucun cas cette somme ne fera l’objet d’une répartition prorata temporis dans la
mesure où son montant a été fixé en fonction de la durée d’immobilisation ».
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Les parties ont en outre encadré le sort de cette indemnité en rajoutant :
Mais pour se prévaloir de ces motifs lui permettant de solliciter la restitution de l’indemnité
d’immobilisation, la promesse fixe des conditions très claires (Pièce n°1, page 9) :
Le bénéficiaire de la promesse disposait donc d’un délai de 7 jours à compter de cette date
pour solliciter la restitution de ladite somme, ce qu’il n’a pas fait.
La Promesse prévoit en outre que le Promettant pourra ensuite sommer par acte
extrajudiciaire le Bénéficiaire de faire connaitre sa position dans les 7 jours et faute pour le
bénéficiaire de répondre à cette sommation, il est déchu du droit de pouvoir invoquer ces
motifs et l’indemnité restera acquise au Promettant.
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Ainsi, à défaut de réponse dans le délai fixé dans la promesse, le bénéficiaire ne peut plus
invoquer les motifs lui permettant de solliciter la restitution de la somme de 65 000 euros ou
plutôt de son équivalent (sous la forme d’un cautionnement).
Certes la promesse prévoyait une condition suspensive relative à l’obtention d’un permis de
construire, mais l’acte prévoit en outre (Page 11) que pour se prévaloir de cette condition, le
bénéficiaire doit justifier auprès du PROMETTANT d’un dépôt d’un dossier de permis de
construire complet et ce au plus tard le 31 janvier 2020. (Pièce n°1)
Ainsi, si le bénéficiaire de la promesse entend se prévaloir des conditions qui lui permettant
de solliciter la restitution du dépôt versé ou cautionné, il doit le faire dans les 7 jours de
l’expiration de la promesse.
En outre, il ressort des éléments du dossier que le bénéficiaire a été négligent dans
l’instruction de son dossier et n’a pas déposé de demande de permis de construire dans le
délai contractuel, de telle sorte qu’il est déchu de la possibilité d’invoquer la non-réalisation
de cette condition suspensive.
La sommation a été délivrée à la SAS GROUP LIFE à l’adresse de son siège social sis 50 rue
Eugène Dupuis – 94000 CRETEIL (Pièce n°13) et celle qui est mentionnée dans la promesse
unilatérale de vente (Pièce n°1).
La SAS GROUP LIFE ne peut valablement soutenir à nouveau en cause d’appel que la SCI
AJEMY aurait été de mauvaise foi en délivrant la sommation à cette adresse.
Par ailleurs, il importe peu que la SAS GROUP LIFE n’aurait pas compris les termes de la
sommation immédiatement, il convient de rappeler que GROUP LIFE est un professionnel.
La promesse unilatérale de vente est très claire et ne souffre d’aucune ambiguïté, de même
que la sommation qui lui a été signifiée.
En cause d’appel, la SAS GROUP LIFE soutient que la SCI AJEMY aurait dû effectuer une
mise en demeure préalable pour signifier la « déchéance du terme ».
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Or, en l’espèce, d’une part, il ne s’agit pas de déchéance d’un terme mais d’une sommation
pour faire connaitre la position de son cocontractant ; modalité prévue et acceptée dans la
promesse unilatérale de vente.
Dès lors, c’est à tort que la SAS GROUP LIFE tente de se fonder sur l’absence de mise en
demeure préalable pour solliciter l’inopposabilité de la sommation puisque cela n’est pas
applicable au litige.
D’autre part, par courrier du 27 janvier 2021(Pièce n°3), le conseil de la société AJEMY a mis
en demeure la SAS GROUP LIFE de procéder au règlement de l’indemnité d’immobilisation
en conséquence de l’absence de lever d’option dans les délais prescrits.
La société AJEMY a fait délivrer par voie d’huissier la sommation selon les modalités
prévues dans la promesse unilatérale de vente ; qui a été négociée, acceptée et signée par les
deux cocontractants.
Dans le même temps, le conseil de la société AJEMY a mis en demeure la SAS GROUP LIFE
d’avoir à procéder au règlement de l’indemnité d’immobilisation en ce que cette dernière n’a
pas levé l’option dans les délais et ainsi en tirant les conséquences de l’inaction de la société
GROUP LIFE.
Nonobstant la position de la SAS GROUP LIFE ; il n’y a pas de contradiction entre la mise en
demeure et la sommation.
La créance était dès lors exigible et la société AJEMY était en droit de la réclamer.
En tout état de cause, si la SAS GROUP LIFE avait répondu à la sommation, la lettre de mise
en demeure n’aurait pas produit ses effets.
Or, en l’espèce, la SAS GROUP LIFE n’ayant pas répondu dans les délais, la société AJEMY
était en droit de réclamer le versement de l’indemnité d’immobilisation.
L’appelante fait valoir que la sommation (Pièce n°4) serait obscure et ne lui aurait pas permis
d’être informée de façon claire et précise et reproche même à l’intimée d’avoir reproduit
l’article jugé « très long » de la promesse consacrée à l’indemnité d’immobilisation.
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La sommation ne souffre d’aucune ambiguïté et la reproduction d’une partie de la promesse
permet de comprendre que la société AJEMY entendait se prévaloir de ladite clause
contractuelle.
D’une part, cet acte d’huissier comporte le titre « SOMMATION » et ne comporte que 3
pages dès lors elle ne peut être qualifiée de « très longue » ou d’obscure.
D’autre part, la clause prévue et visée dans la sommation est reproduite in extenso.
La SAS GROUP LIFE verse au soutien de ses prétentions des jurisprudences, notamment un
attendu visant « La mise en demeure est l’interpellation par laquelle une personne notifie à
une autre ce qu’elle croit être en droit d’attendre d’elle. (…) Ainsi, le contenu de l’acte doit
faire apparaître sans ambiguïté que son auteur attend instamment quelque chose et il faut
que la chose attendue soit clairement identifiée. »
Force est de constater à la lecture de la sommation que « je vous somme par le présent acte à
faire connaitre votre décision dans un délai de 7 jours suivants les termes et conditions
prévues dans la promesse du 27/09/2019 au sujet de la restitution de l’indemnité
d’immobilisation » est un contenu dépourvu d’ambiguïté et précise parfaitement la chose
attendue de la part de la SAS GROUP LIFE.
La SAS GROUP LIFE croit encore pouvoir prétendre que la sanction applicable n’est pas non
plus précisée.
Contrairement à ce qui est affirmé par la société GROUP LIFE, l’acte prévoit bien une
sanction en lien avec la restitution de l’indemnité d’immobilisation.
D’autant que les termes de la clause de la promesse rappelée dans la sommation étaient déjà
connus, négociés et acceptés par la SAS GROUP LIFE ; de sorte que cette dernière ne peut
aujourd’hui prétendre avoir été surprise de la sommation délivrée.
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Sur la prétendue absence de délai raisonnable
Le fait pour la SAS GROUP LIFE d’invoquer l’absence de délai raisonnable est inopérant
puisqu’il s’agit des dispositions contractuelles prévues entre les deux cocontractants et qui ont
été négociées et acceptées par les deux parties.
Il convient de rappeler en outre que la promesse de vente a été signée le 27 septembre 2019 et
qu’elle a expiré le 8 décembre 2020, la société GROUP LIFE a donc disposé d’un délai de
plus de 14 mois pour notifier à son vendeur la réalisation ou non-réalisation des conditions
suspensives, et s’est ajouté à ce délai un délai de 7 jours à compter de la signification d’une
sommation.
Dès lors, la SAS GROUP LIFE ne peut aujourd’hui valablement soutenir que le délai était
insuffisant.
La SAS GROUP LIFE soutient également qu’elle était dans « l’incapacité de répondre à cette
mise en demeure dans le délai de sept jours. » sans en expliquer la raison.
C’est donc à bon droit que dans le jugement du 06 mai 2024, le tribunal judiciaire de
Marseille a jugé que :
Pièce n°12
La société GROUP LIFE prétend que le délai de 7 jours mentionné dans la promesse de vente
lui serait inopposable.
Au cas d’espèce, ce délai de 7 jours est prévu dans une convention signée par la société
GROUP LIFE, ce délai contractuel lui est parfaitement opposable.
Ce délai prévoit que la société GROUP LIFE ne peut plus invoquer la non-réalisation d’une
condition suspensive, 7 jours après une sommation qui lui a été faite par le promettant.
Or, la société AJEMY a fait délivrer une sommation par voie d’huissier, elle a en outre notifié
ses intentions par courrier du 27 janvier 2021 le même jour, ce courrier a bien été reçu le
28/01/2021.
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Par conséquent, la société Group Life est de mauvaise foi en affirmant qu’elle considère que
la société AJEMY aurait renoncé à réclamer l’exécution des termes de la promesse.
La société GROUP LIFE affirme en outre que la promesse serait caduque, parce que la
condition suspensive ne se serait pas réalisée.
Or, l’article 1304-3 du Code Civil rappelle que La condition suspensive est réputée accomplie
si celui qui y avait intérêt en a empêché l'accomplissement.
La société GROUP LIFE n’ayant pas déposé de demande de permis de construire dans les
délais, elle est donc à l’origine de la non-réalisation de la condition suspensive de telle sorte
que la position de la société GROUP LIFE tendant à obtenir une caducité, n’est pas de nature
à faire obstacle à l’exécution des clauses relatives à l’indemnité d’immobilisation.
En ce qui concerne la lecture des termes de la promesse, la société GROUP LIFE prétend
avoir trouvé un accord sur une nouvelle promesse, c’est totalement inexact, et l’interprétation
des termes de la promesse est empreinte de mauvaise foi.
En effet, c’est le versement de l’indemnité d’immobilisation qui est cautionné, il importe donc
peu de savoir si le bénéficiaire a décidé de consigner le montant de l’indemnité ou s’il a
décidé de la cautionner, la société Group Life interprète donc mal les termes de la promesse.
En outre, elle affirme finalement que c’est la société AJEMY qui aurait refusé de passer la
vente, alors que la société GROUP LIFE produit un courrier de son notaire, qui n’engage pas
la société AJEMY, au terme duquel il était proposé de signer une vente au prix de 600 000
euros au lieu de 1 250 000 euros. (piece adverse 11)
La société GROUP LIFE n’ayant pas respecté les termes de l’accord, a en outre voulu forcer
la main de la société AJEMY en lui proposant un prix réduit de 50 % et ose affirmer qu’elle
aurait refusé finalement de signer.
Ceci est l’illustration de la mauvaise foi sans faille de la société Group Life.
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Comme l’a justement retenu le tribunal judiciaire de Marseille dans son jugement du 06 mai
2024 :
Par conséquent, en suivant à la lettre le mécanisme prévu au contrat, l’indemnité est acquise
au promettant.
Bien que les termes du contrat soient extrêmement clairs et dénués d’ambiguïté, nous allons
néanmoins examiner les arguments développés par la société GROUP LIFE qui ne résistent
pas à l’analyse.
En premier lieu, il convient d’observer qu’à l’exception des courriers notifiés par le conseil de
la société GROUP LIFE, lesquels n’étaient assortis d’aucun document annexe, la société
GROUP LIFE n’a donc communiqué aucune pièce pour justifier ses allégations.
Or, si l’on peut considérer qu’un courrier émanant d’un Avocat reflète la position de son
client au regard du mandat qui lui est confié, il est néanmoins nécessaire que ce courrier soit à
minima accompagné des pièces qui justifient les propos tenus.
Le premier argument consiste à exposer que les clauses du compromis sont contradictoires au
motif que l’acte prévoit d’une part que l’indemnité d’immobilisation doit être restituée si les
conditions suspensives ne sont pas réalisées de telle sorte que la clause qui fixe un délai de 7
jours serait sans effet sur l’obligation de restituer le dépôt au bénéficiaire de la promesse.
Cependant, cette indemnité est versée au titre de l’immobilisation du bien, le contrat prévoit
donc une hypothèse qui est celle de l’immobilisme du bénéficiaire, et qui ne justifie pas de la
réalisation ou non-réalisation de la condition suspensive.
Contrairement à ce qui est affirmé par la société GROUP LIFE, l’acte prévoit bien une
sanction en lien avec la restitution de l’indemnité d’immobilisation, et par conséquent, la
société GROUP LIFE étant déchue de la possibilité d’invoquer la non-réalisation d’une
condition suspensive, nous sommes donc en présence d’un refus d’acquérir dans les délais du
contrat malgré la réalisation de conditions suspensives qui sont réputées accomplies.
Par ailleurs, cette clause est parfaitement conforme à l’esprit du contrat qui prévoit que la
condition relative au permis de construire ne peut pas être invoquée si le bénéficiaire ne
justifie pas du dépôt d’un dossier complet avant le 31 janvier 2020.
Or, le bénéficiaire n’a jamais justifié d’un dépôt de permis complet à cette date, ainsi la
sanction prévue au contrat justifie l’action de la société AJEMY.
La société GROUP LIFE prétend que l’acte comporterait d’autres conditions qui n’auraient
pas été réalisées.
Le Plui de la Mairie de Marseille a été voté le 19 décembre 2019, il est entré en vigueur au
mois de janvier 2020.
Ainsi, ceci permet de comprendre que la société GROUP LIFE a déposé une demande de
permis de construire non conforme au mois de décembre 2020, pour espérer obtenir
rapidement un refus, parce qu’il est inconcevable qu’un promoteur puisse recevoir un courrier
le 24 février 2021 relativement à la hauteur de l’immeuble alors que le PLUI est approuvé
depuis le 19 décembre 2019.
La délivrance du permis de construire devait être obtenue avant le 31 janvier 2020, il est
évident que la société GROUP LIFE ayant déposé sa demande, non conforme, au mois de
décembre 2020, elle a par son comportement empêché la réalisation de cette condition qui est
donc réputée accomplie.
La société GROUP LIFE pouvait donc parfaitement déposer une demande de permis de
construire dans les délais contractuels.
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2. Sur le permis de construire
La société GROUP LIFE expose qu’elle a rencontré des difficultés dans l’obtention du permis
de construire au motif notamment que durant la période des élections municipales, il était
préférable de ne pas déposer de demande de permis de construire.
Une telle affirmation, au demeurant non documentée, est inopérante, on voit mal en quoi le
changement de maire peut avoir une incidence sur la délivrance d’un permis de construire
lequel est déposé conformément aux dispositions du code de l’urbanisme et du PLUi en
vigueur.
La société GROUP LIFE indique dans ses écritures que pour déposer un permis de construire
il serait indispensable de déposer un dossier de faisabilité auprès de la commission technique
d’urbanisme.
Or, cela est parfaitement inexact, le dossier de faisabilité n’est pas obligatoire, et la partie
adverse prétend que la commission ne pouvait se réunir avant le 31 janvier 2020, alors que
l’examen de la pièce produite (pièce adverse 2) est un email du 24 février 2021, soit bien
après le délai prévu dans la promesse, évoquant une modification substantielle sollicitée et ne
pouvant s’intégrant au permis en cours d’instruction.
La société GROUP LIFE prétend que la crise sanitaire aurait prolongé les délais.
Or, la crise sanitaire et les ordonnances dite Covid n’ont pas prolongé les délais de droit privé,
le permis de construire aurait dû être déposé le 31 janvier 2020, soit bien avant le début de la
crise sanitaire.
Il n’est donc pas possible d’invoquer un tel argument pour solliciter une prorogation du délai
et ce d’autant que les professionnels de l’immobiliers avaient connaissance d’une
modification à venir du PLUI au cours de l’année 2019, ce paramètre a nécessairement été
pris en compte par la société GROUP LIFE qui devait déposer un dossier avant le 31 janvier
2020.
En outre, la société GROUP LIFE prétend que la société AJEMY aurait consenti à une
prorogation du délai ce qui est inexact, il est versé un simple échange entre les notaires au
terme duquel Maître BENLABBAS demande à son confrère si le projet avance afin d’établir
un avenant, mais il n’a jamais été évoqué le fait que la société AJEMY aurait accepté un tel
avenant, lequel n’a jamais été signé d’ailleurs.
La société GROUP LIFE prétend que la société AJEMY n’aurait jamais fait part de son
intention de se prévaloir des délais contractuels, c’est encore inexact, il suffit de consulter les
courriers et sommations versés aux débats.
Il est surprenant qu’un promoteur immobilier puisse signer une promesse de vente et qu’il
attende l’expiration de la promesse pour déposer une demande de permis de construire, il
espérait nécessairement obtenir un refus pour se prévaloir de la non-obtention du permis de
construire.
Mais pour les raisons précédemment exposées et notamment le non-respect des délais
contractuels, cette condition suspensive est réputée réalisée et la société GROUP LIFE ne
peut se prévaloir de la non-réalisation de cette condition suspensive qui résulte de son fait.
En ce qui concerne la condition relative à la résiliation préalable du bail, il est prévu que cette
condition doit être réalisée au jour de la constatation authentique, ce qui sous-entend que
les autres conditions suspensives doivent être réalisées précédemment.
La société GROUP LIFE qui n’a pas justifié d’avoir obtenu un permis, qui ne justifie pas de
la disponibilité des fonds, ne peut pas reprocher à la société AJEMY, alors qu’à l’époque le
dirigeant de cette société est l’exploitant du commerce, de ne pas avoir résilié le bail de son
locataire, alors que cette condition aurait pu être réalisée très facilement.
Monsieur KUZULIAN était à cette époque associé et gérant de la société AJEMY et dirigeant
de la société qui exploitait le fonds de commerce situé à la même adresse.
La société GROUP LIFE expose avoir reçu, un avis défavorable de la DEAP le 21 janvier
2021.
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Or, cet avis (non communiqué) mais repris en copie écran dans la réponse, donne simplement
un avis défavorable au motif qu’aucune étude de sol n’a été communiquée.
Or, la promesse prévoyait expressément qu’une étude de sol devait être réalisée au plus tard le
31 janvier 2020.
Pourtant, la société GROUP LIFE par le biais de son conseil a écrit « Si bien que GROUP
LIFE, en étant normalement diligent, n’avait pas à réaliser une telle étude de sol. »
Ceci démontre le peu de sérieux avec lequel ce dossier a été instruit, voici un promoteur qui
ambitionne de construire un immeuble en s’affranchissant de la nécessité d’effectuer une
étude de sol, alors que cela est indispensable pour calculer la manière dont les eaux seront
drainées et la suffisance ou non des équipements réalisés.
D’ailleurs, la société AJEMY a sommé la société GROUP LIFE d’avoir à communiquer son
dossier de permis et la date de dépôt de la demande de permis.
De la même manière, la société GROUP LIFE prétend que le droit de préemption de la mairie
n’a pas été purgé, alors que cette condition est purgée après l’obtention du permis de
construire…
La société GROUP LIFE prétend qu’elle n’aurait pas reçu l’état hypothécaire ni le titre de
propriété.
Le titre a été remis au notaire instrumentaire, et si la société Group Life le souhaite, elle peut
commander un état hypothécaire, alors que celui-ci est requis quelques jours avant la vente,
pour vérifier s’il existe des créanciers inscrits.
La société Group Life ne démontre pas qu’il existerait des créanciers inscrits dont la créance
serait supérieure au prix de vente, et en outre cela n’interfère pas sur le sort de l’indemnité
d’immobilisation.
La société GROUP LIFE affirme qu’elle serait libérée de son engagement au motif que l’acte
prévoit une condition essentielle et déterminante de l’acquisition d’une parcelle voisine
n°842B48.
Le jugement du tribunal judiciaire de Marseille ayant retenu que « La SA GROUP LIFE est
donc déchue du droit d’invoquer l’absence de réalisation des conditions suspensives.
L’indemnité d’immobilisation est dès lors due. » sera confirmé par la Cour d’appel d’Aix en
Provence.
Aucun élément n’ayant été produit aux débats, la société GROUP LIFE est déchue de son
droit d’invoquer la non-réalisation de cette seconde promesse, ce qui justifie donc sa
condamnation au paiement de la somme de 65000 euros.
C’est pourquoi, la Cour d’appel d’Aix en Provence confirmera le jugement entrepris rendu
par le tribunal judiciaire de Marseille daté du 06 mai 2024.
La société GROUP LIFE prétend que la SCI AJEMY aurait engagé sa responsabilité
contractuelle.
En effet, la société GROUP LIFE en désespoir de cause prétend que la société AJEMY aurait
entretenu l’illusion qu’un accord serait trouvé et aurait de ce fait engagé sa responsabilité
contractuelle.
En outre, la société GROUP LIFE prétend que la société AJEMY aurait consenti à une
prorogation du délai ce qui est inexact, il est versé un simple échange entre les notaires au
terme duquel Maître BENLABBAS demande à son confrère si le projet avance afin d’établir
un avenant, mais il n’a jamais été évoqué le fait que la société AJEMY aurait accepté un tel
avenant, lequel n’a jamais été signé d’ailleurs.
Comme démontré supra, la société GROUP LIFE prétend que la société AJEMY n’aurait
jamais fait part de son intention de se prévaloir des délais contractuels, c’est encore inexact.
A aucun moment la société AJEMY n’a consenti à quelque aménagement que ce soit
concernant les délais de rigueur qui sont mentionnés dans le compromis
La société AJEMY n’a commis aucune faute, elle n’a été défaillante dans aucune obligation,
c’est d’ailleurs la société GROUP LIFE qui n’a pas respecté le contrat et qui a au contraire
contraint la société AJEMY à immobiliser son bien durant plusieurs mois en vain.
Il lui est reproché de n’avoir pas demandé la production du permis de construire, alors que la
société GROUP LIFE n’a ni déposé le permis de construire ni obtenu celui-ci dans les délais.
La société AJEMY a au contraire parfaitement respecté les termes du contrat, elle a mis en
demeure GROUP LIFE et celle-ci n’a jamais répondu.
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Les arguments qui sont évoqués sont des arguments qui reflètent l’extrême mauvaise foi de la
société GROUP LIFE, celle-ci sera donc déboutée de l’intégralité de ses demandes.
La société AJEMY entend rappeler que la société GROUP LIFE a été défaillante dans ses
obligations, et n’ayant respecté aucun des délais prévus au contrat, elle ne peut aujourd’hui
prétendre que les conditions suspensives n’ont pas été réalisées alors qu’elle n’a déposé
aucune demande de permis.
Comme l’a très justement retenu le tribunal judiciaire de Marseille et dont les termes sont
repris :
« Entre février 2020 et décembre 2020, différents échanges sont intervenus entre les
parties sans que l’éventuelle caducité de la promesse unilatérale de vente ou son
éventuelle prorogation soient évoquées. Aucun avenant n’a été établi.
Dès lors, la Cour d’appel d’Aix en Provence confirmera le jugement entrepris rendu par le
tribunal judiciaire de Marseille daté du 06 mai 2024 en ce qu’il n’a pas retenu la
responsabilité de la SCI AJEMY et rejeté les demandes formées par la SAS GROUP LIFE à
ce titre.
Le cautionnement est un engagement subsidiaire dont l’exécution ne peut intervenir qu’en cas
de défaillance du débiteur principal.
La société AJEMY a respecté ce délai en sollicitant le paiement des sommes dues le 4 février
2021, la CEPAC a refusé de régler uniquement en raison des contestations apportées par la
société GROUP LIFE.
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C’est pourquoi, il conviendra de confirmer le jugement en ce qu’il a retenu que :
En conclusion, la SAS GROUP LIFE a contracté des engagements avec la SCI AJEMY, a de
facto bloqué un terrain valorisé au prix de 1 250 000 euros, n’a pas levé l’option sans jamais
justifier de la réalisation ou la non-réalisation des conditions suspensives et qui s’oppose au
paiement du montant cautionné en violation de son engagement souscrit le 27 septembre 2019
en faisant valoir des arguments inopérants.
Il convient de préciser en outre que la société GROUP LIFE n’a pas cru devoir exécuter la
décision rendue par le Tribunal Judiciaire de Marseille, ce qui a contraint la société AJEMY à
faire pratiquer une saisie attribution le 5 juillet 2024, ce qui a permis de révéler que la société
GROUP LIFE disposait d’une somme de 427 197,49 euros sur ses comptes, ce qui démontre
que cette société dispose de moyens financiers importants et qu’elle avait les moyens de
financer une instruction correcte de ce dossier et déposer un permis de construire dans les
délais contractuels.
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PAR CES MOTIFS
Vu les articles 1103 et suivants du code civil,
Vu les pièces versées aux débats,
Vu le jugement du tribunal judiciaire de Marseille du 06 mai 2024,
STATUANT À NOUVEAU,
20
BORDEREAU DE PIECES
21