Filière : Etudes françaises
Session : Printemps
Semestre :4
Groupes :1+2+3+4
Module : M.4.3 – Poésie (XIXe siècle)
Professeur : M. Mohamed Amine Kharbouch
Document 4
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Charles Baudelaire ; Les fleurs du Mal
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Questions :
1- Etudiez la forme et la progression du poème et comment
elles servent le dessein du poète.
2- Comment Baudelaire rend-il la passante mystérieuse ?
3- Comment le poème rend-il compte de la fascination
qu’exerce la passante sur le poète ?
4- Etudiez l’expression du sentiment de la fugacité du
bonheur et l’expression du spleen dans le poème.
5- En quoi ce poème de la rencontre est-il original ? Et en
quoi montre-t-il la modernité de Baudelaire ?
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