INTRODUCTION
Groënland : Trump veut s’approprier le Groënland (Danemark donc UE).
Membre de la communauté européenne a bien rappelé qu’il existait la
clause de défense mutuelle mise en place par le Traité de Lisbonne.
Europe de la défense = faiblesse de l’UE
Depuis le 1er janv. 2025, le 1er ministre Polonais est revenu à la tête du
conseil de l’UE. En réaccédant à la présidence du conseil, il a placé sa
présidence sous le signe de la sécurité et de la défense de l’UE.
Livraison d’armes à l’Ukraine par les États membres : le Conseil a adopté
une mesure d’assistance pr l’Ukraine d’un montant de 16 millions d’euros.
Autre aide fournie à l’Ukraine : l’Agence Européenne de Défense a signé
en sept. 2023 plusieurs contrats pr que les membres de l’UE puissent
acheter en commun des armes pr l’Ukraine.
Depuis 2022, les États membres dispensent une formation spécialisée pr
former leurs armées à la guerre.
Le 1er janv. a été fermé un gazoduc « bratstvo » qui reliait la Russie à l’EU
en passant par l’Ukraine et c’est une fermeture problématique pour
l’Union car les 28 états membres peinent à établir une politique
énergétique commune. La Commission européenne (défend les intérêts
de l’Union) est en faveur du bannissement du gaz Russie d’ici 2027 mais
d’autres pays sont contre tels que l’Autriche et la Slovaquie.
Élections européennes : montée de l’extrême droite au Parlement
Européen nouveau groupe parlementaire d’extrême droite au parlement
européen.
A la suite des élections européennes il y a eu une nouvelle commission
européenne. La nomination des membres de cette commission a posé des
problèmes
Crises pôl à l’échelle de l’UE aussi
Adhésion de l’UE à la CEDH. Processus qui traîne depuis +10 ans et
relancé en 2024
Accord UE/Mercosur (argentine, brésil, Paraguay, Uruguay et Bolivie) =
éliminer 90% des droits de douane parfois au détriment de la qualité
sanitaire des produits et des agriculteurs français (explique le retour des
manifs en France).
Accord trouvé en déc. 2024 mais il y a bcp d’étapes (processus difficile) :
- Adopté à la majorité qualifiée des états membres au conseil
- Adopté par le parlement européen
- Ratifié par les parlements nationaux.
LEÇON 1 : L’UE DANS LE TEMPS
INTRODUCTION : L’IDÉE EUROPÉENNE AVANT L’UNION
Avant l’UE, on a déjà pensé dans l’Histoire à unir les pays du continent
européen.
Différentes formes pôl ont existé et visaient à unifier le territoire : la Rome
Antique, Empire Carolingien, Saint Empire romain germanique, le 1 er
empire Français avec Napoléon (il voulait que la France domine l’Europe et
pendant son exil à St Hélène il recommande la création d’un état fédéral
européen : « je voulais dompter l’Europe par la violence, aujourd’hui il me
faut la convaincre par la raison ») et Allemagne Nazie.
Littérature : des auteurs ont pensé également à rassembler les pays en
Europe :
En 1453 il y a un épitre rédigé par le Pape Pi 2 : De Europa, il fait part de
ses inquiétudes quant à la menace Turque et voulait donc unir les pays
européens pr se défendre.
En 1516 Érasme dans son Plaidoyer pour la Paix proposait aussi l’idée
d’un grand ensemble européen.
Fin 16e et début 17e, le Duc de Sully suggère dans le Grand Dessein
d’Henry IV de créer une confédération européenne dotée d’une armée
commune. Pr lui, Henry IV doit s’associer avec la Reine d’Angleterre pour
créer une confédération de pays présidée par un empereur élu. Il faudrait
également instaurer un traité de paix et de confiance mutuelle.
En 1871 Victor Hugo évoque « les USA d’Europe ».
Motivation = maintien de la paix et union pôl des états alors
qu’au départ c’était une union éco et le pôl arrive après.
C’est après la 1ère GM que l’idée européenne prend réellement son essor,
notamment sous l’œuvre d’Aristide Briant auteur de la loi de 1905
(séparation église et état). Il a été ministre des Affaires étrangères et va
proposer en 1929 de créer une sorte de lien fédéral entre les peuples
européens. Sur le moment, sa proposition est accueillie assez
favorablement à la SDN (Société des Nations) et est chargé de rédiger un
mémorandum pour préciser les points essentiels de son projet.
En 1930 il présente ce texte et sera créée au sein de la SDN une
commission d’étude européenne (présidée par Briant). Le projet avorte car
montée du fascisme et pb de santé de Briant.
Le 17 mars 1948 sous l’influence des USA sera signé le Traité de
Bruxelles qui crée l’UEO (organisation militaire qui réunit Bénélux France
et RU)
16 avril 1948 : création de l’OECE ancêtre de l’OCDE
5 mai 1949 : Traité de Londres qui crée le Conseil de l’Europe
Section 1 : l’établissement de communautés européennes
I. Le projet et la méthode
Déclaration Schuman du 9 mai 1950 : les états eu à l’origine des
communautés européennes veulent passer par une solidarité qui va
passer par l’économie pr rapprocher l’All et la France pour instaurer la paix
en Europe.
La CECA : 1ère instit européenne. On ne cherche pas direct à créer un
rapprochement pôl mais éco.
Méthode fonctionnaliste ou effet de débordement : on va rapprocher
éco les états, ce rapprochement éco aura forcément un impact positif sur
les états et les liens entre ces derniers et c’est dans un second temps
qu’on pourra créer une union pôl.
Comment rapprocher les états économiquement ?
2 méthodes pr rapprocher les états. Ce choix est essentiel puisqu’il aura
des conséquences sur la forme de l’organisation, les types de normes
qu’elle pourra adopter et les compétences qu’elle pourra exercer :
- Méthode intergouvernementale : méthode de droit commun.
Implique que les états restent maîtres du processus puisqu’ils
élaborent ensemble les normes auxquelles ils se soumettent.
Concrètement, ils vont statuer à l’unanimité : personne ne perd sa
souveraineté donc tout le monde doit être d’accord. L’unanimité
permet de faire en sorte qu’aucune norme à laquelle un état n’aurait
pas consenti ne s’applique à celui-ci. Règle de la réciprocité : un
état applique les règles de l’organisation internationale seulement si
tous les autres états le font. Ce modèle protège la souveraineté des
états.
- Modèle transnationale/supranationale : les états vont transférer
à un organe internationale la compétence d’adopter des actes
contraignants qui s’imposent à eux. Le processus d’adoption des
actes repose sur la majorité : possible qu’un état soit soumis à un
acte auquel il n’a pas consenti. Pas de règle de réciprocité : on
peut appliquer une règle même si celle-ci n’est pas appliquée par
tous les pays.
Cette méthode entraine certaines conséquences et reflète
l’originalité de la construction communautaire par rapport aux
organisations transnationales classiques.
Décision Van Gend En Loos rendue le 5 fév. 1963 : la
communauté constitue un nvl ordre juridique international, ordre
auquel les états ont limité/restreint leurs droits souverains.
Certes l’UE adopte la méthode transnationale mais il y a quand même des
domaines dans lesquels il y a des décisions qu’on prendra à l’unanimité : il
y a des sujets sensibles et c’est le cas en matière de défense et sécurité.
On combine les deux méthodes.
II. La concrétisation du projet européen
A) La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)
Traité de Paris 18 avril 1951 signé par les 6 états fondateurs :
Allemagne, Bénélux, France et Italie. But : créer un marché commun du
charbon et de l’acier.
Pourquoi charbon et acier ?
En 1950, le domaine de la sidérurgie connait une grave crise mais il faut
surtout trouver une solution au pb allemand. Avec le charbon et l’acier on
fait une pierre deux coups : on résout le pb allemand et on assure la paix
en Eu. En contrôlant ce domaine on a un droit de regard sur ces industries
(qui entre autres produisent des armes) : on peut donc également grâce à
la CECA contrôler les moyens de la guerre. + relancement de
l’économie allemande très axée dans la sidérurgie.
Cela implique de créer des règles de libre concurrence, de libre
circulation des agents au sein de cette 1ère communauté européenne.
Instauration d’un marché commun.
Dès ce traité, on a créé une Cour de Justice, ce qui montre que les états
fondateurs veulent se positionner dans un contexte d’état de droit.
3 instit : la Haute autorité, Conseil des ministres et Assemblée commune
(ancêtre du parlement européen).
Cette CECA avait été programmée pr durer 50 ans mais a cessé d’exister
le 23 juil. 2002. Cependant les compétences de la CECA n’ont pas
disparu mais ont été absorbées par l’Union.
B) Les Traités de Rome : la communauté européenne de
l’énergie atomique (CEEA) et la Communauté économique
européenne (CEE)
1) La CEEA (Euratom)
C’est la conférence de Messine qui en 1955 va relancer la construction
communautaire. Effet de débordement : on reste dans le domaine
économique mais on va aller au-delà du domaine du charbon et de l’acier
et on va étendre à tout le domaine économique.
Communauté européenne de l’Energie atomique (CEEA) : but de créer un
marché spécialisé pr l’énergie nucléaire pour la distribuer à l’ensemble
des états membres et de vendre le surplus aux états non-membres.
2e but : coordonner les programmes de recherche sur l’Energie nucléaire.
Création d’une agence des approvisionnements qui dispose d’un monopole
d’achat des énergies nucléaires produites à l’intérieur de la communauté.
Elle achète tout ce qui est produit pour revendre aux consommateurs.
(Cette agence existe tjrs et dispose d’une perso juridique autonome).
2) La CEE
2nd traité de Rome en 1957 + ambitieux car projet éco + large. But =
créer un marché commun global, cad un espace commun sans frontières
économiques intérieures dans lequel toutes les marchandises mais aussi
travailleurs et capitaux circulent librement.
Dans les théories économiques libérales, on a 5 niveaux d’intégration éco :
- 1er niveau : instaurer une zone de libre-échange : suppression
des droits de douane entre états (ex : ALENA (Mexique, USA,
Canada), Mercosur)
- 2ème niveau : création d’une union douanière : création d’un relatif
douanier unique
- 3ème niveau : instauration d’un marché unique commun : libre
circulation des services, capitaux et travailleurs
- 4ème niveau : union économique : en + du marché commun, les
états membres décident d’harmoniser leurs pôl économiques
- 5ème niveau : mise en commun des pôl monétaires, fiscales
etc.
La CEE est entre niv 4 et 5 : on organise ce libre-échange avec
suppression des droits de douane, on définit un tarif douanier unique, on
instaure le marché commun (+ règles de concurrence) et on crée cette
union éco et enfin on crée certaines pôl communes (PAC).
Dans cette CEE, la méthode qui domine est celle de l’intégration : la
méthode transnationale. A ce stade va se développer au sein de la CEE le
vote à la majorité au sein du Conseil (= indice d’intégration).
C) La phase de consolidation
Pendant de nb années, on n’avait pas de révision des Traités. Cela passe
aussi par le biais de l’œuvre jurisprudentielle de la Cour.
En 1976 on décide d’élire le Parlement Européen au suffrage
universel direct, ce qui permet aux premières élections européennes de
se tenir en 1979.
Adoption de la Convention de Schengen 1990 : texte signé en dehors
des traités communautaires (abolition des contrôles aux frontières).
Certains membres de la communauté refusaient en effet de lever leurs
contrôles aux frontières (RU et Irlande), donc pour y palier on crée une
convention parallèle.
Depuis 1999, le Droit de Schengen a été intégré dans le droit de l’UE
avec des clauses pr les états récalcitrants (ceux qui font partie de l’UE
mais pas de Schengen ou l’inverse).
Acte Unique européen 1986 vient accroitre les compétences de la CEE
et les pvrs des instit communautaires. Il vient également étendre les
domaines dans lesquels la communauté peut adopter des décisions à la
majorité qualifiée.
Passage d’une logique intergouvernementale à la méthode
transnationale.
1986-1992 = phase de basculement puisqu’en 1992 on commence à
parler de l’UE.
SECTION 2 : VERS L’UE
Entre 1957 et 1985, la CEE a doublé ses membres : En 1985, Suède,
Finlande et Norvège intègrent. En 2004, c’est l’Eu de l’est, Malte et
Chypre. En 2007 c’est la Roumanie et la Bulgarie. En 2013, la Croatie et
enfin le Brexit en 2020.
9 pays candidats à l’UE : Turquie (officiellement candidate depuis 1999),
Macédoine du Nord (candidate depuis 2005), Albanie (candidate depuis
2014), Monténégro (candidat depuis 2010), Serbie (candidate depuis
2012), Bosnie (candidate depuis 2022), Kosovo, Géorgie, Ukraine et
Moldavie
I. L’avènement de l’Union européenne (UE) : Le traité de
Maastricht
7 fév. 1992 : Traité de Maastricht qui crée l’UE qui entre en vigueur le
1er nov. 1993.
Ce traité voit l’UE comme un concept et non comme instit dotée de la
personnalité juridique. Il établit l’organisation communautaire sous forme
de piliers.
L’UE regroupe 3 piliers communautaires qui reposent sur 2 méthodes :
- Le 1er repose sur la méthode transnationale (celui du milieu sur le
schéma) : logique d’intégration
- Le 2ème pilier (PESC) et le 3ème reposent sur une méthode
intergouvernementale
Le 1er pilier (Communauté européenne) réunit les 3 communautés de
l’époque : CEE, CECA et Euratom. Ces communautés fonctionnent avec
des organes uniques et agissent sous le contrôle de la Cour de Justice des
Communautés Européennes.
Les 2ème et 3ème piliers reposent sur une méthode intergouvernementale
donc l’idée est de préserver la souveraineté des états membres :
adoption des décisions à l’unanimité.
L’UE englobe ces 3 piliers (toit) car à l’époque c’est un concept.
Au sein du 1er pilier, on va créer l’Union économique et monétaire
(UEM) pour éviter les fluctuations monétaires entre états membres.
L’euro découlera plus tard de cette UEM.
Critères pr passer à l’euro (conditions de Maastricht) : Stabilité des prix,
Solidité des finances publiques, Stabilité monétaire et Modération des TI
Pour la PESC (Pôl Étrangère de Sécurité Commune), l’idée est de débattre
des questions relatives à la sécurité de l’union et de réfléchir à
l’instauration d’une défense commune.
On commence à être dans la coopération pôl de l’Union.
Concernant le 3ème pilier, l’idée est d’assurer une coopération
judiciaire et policière, de mettre en commun une pôl de visa, d’asile et
d’immigration, d’instaurer un coopération douanière etc.
2 ambitions complémentaires au Traité de Maastricht :
- Approfondir l’intégration éco
- Dépasser cette ambition éco en créant une intégration pôl
En 1992, on va changer le nom des communautés : on passe de CEE à
Communautés Européennes (CE). Maastricht a créé la citoyenneté
européenne.
Témoigne d’une intégration extra-économique.
Être citoyen européen : permet aux ressortissants de l’Union de circuler
librement sur le territoire de l’Union et permet d’être éligible aux
élections européennes et locales.
Être citoyen de l’union implique un droit de protection auprès des
autorités diplomatiques et consulaire de tout état membre, et permet de
disposer d’un droit de pétition au parlement EU + droit d’initiative
européenne. Enfin, cela donne le droit de saisir le médiateur
européen.
II. L’adaptation de l’Union européenne : les traités
d’Amsterdam et Nice
A. Le Traité d’Amsterdam
1997, Traité d’Amsterdam : avancée majeure : le transfert entre piliers.
Une partie des compétences du 3ème piliers ont été communautarisées,
cad qu’elles ont intégré le 1 er pilier. Cela veut dire qu’on va intégrer la
méthode transnationale.
Le Traité d’Amsterdam renforce l’intégration pôl.
B. Le Traité de Nice
2001, Traité de Nice : correctif au Traité de Rome, mais l’essentiel
intervient à côté.
C’est à l’occasion de discussions relatives au traité de Nice qu’a été
adoptée la Charte des droits fondamentaux de l’UE.
Avant sa signature, ce traité a été perçu comme un échec ; c’est pr cela
qu’en 2000 une déclaration sur l’avenir de l’UE est adoptée et prévoit
qu’une réforme en profondeur soit entreprise.
En 2001 on crée la Charte mais elle n’a pas de valeur juridique à
l’époque : c’est une déclaration de droits. En 2007 dans le Traité de
Lisbonne elle acquiert une valeur juridique. On est dans le
débordement : on passe à l’Europe des droits fondamentaux.
[Link] Traité de Lisbonne
13 déc. 2007 : signature du Traité de Lisbonne qui entre en vigueur le 1 er
déc. 2009. Il a mis du temps à se mettre en place mais a opéré un réel
changement de paradigme au sein de l’UE. Il a été ratifié après l’accord du
Parlement. Il induit l’adoption de deux traités de droit primaire :
- Traité sur l’Union Européenne (TUE) : il amende le traité de
Maastricht et régit l’organisation de l’UE
- Traité sur le Fonctionnement de l’UE (TFUE) : remplace le traité
de Rome, portée matérielle.
Il faut rajouter le traité qui régit Euratom qui n’a pas disparu.
Conséquences du Traité de Lisbonne :
o Abrogation de la structure en piliers.
o L’UE va obtenir la personnalité juridique (alors qu’avant il s’agissait
seulement d’un concept). Le fait que l’UE détienne la personnalité
juridique rend son adhésion à la CEDH plus facile.
o La Charte des droits fondamentaux de l’UE va obtenir une valeur
juridique contraignante : elle devient une partie intégrante du droit
primaire.
o Le Traité de Lisbonne crée également un poste de hauts
représentants de l’Union pour les affaires pôl étrangères Europe
pôl.
o Création d’un poste de président du conseil européen. Depuis le 1er
déc. 2024, c’est l’ancien 1er ministre portugais qui l’occupe.
o Insertion d’une clause de retrait à l’UE.
LEÇON 2 : L’UNION EUROPÉENNE DANS L’ESPACE
Section 1 : l’UE, une institution européenne parmi d’autres.
I. Le conseil de l’Europe
A) Organisation et activités
Apparu à la fin de la 2 ème GM, plusieurs propositions apparaissent pr
promouvoir une nouvelle organisation en EU occidentale afin d’éviter que
la guerre se reproduise. En 1946, Discours de Churchill dans lequel il
invite l’All et Fr à se réconcilier et à construire les « Etats-Unis d’Europe ».
Plusieurs organisations de forment :
- Union occidentale, créée en mars 1948
- OECE, créée en avril 1948 pr coordonner la distribution du Plan
Marshall
- Congrès se tient à La Haye en mai 1948, visant à créer une union
pôl en Europe. Ce Congrès met en lumière une opposition entre ceux
qui veulent créer une organisation fédérale eu et ceux qui prônent
une simple entente gouv (pb de degré de coopération)
5 mai 1949 : signature du Traité de Londres. Il instaure le Conseil de
l’Europe (Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-
Bas, Norvège, Suède et RU). Ce traité entre en vigueur le 3 août 1949.
Maintenant 46 états membres : comment intégrer ? Différents critères :
Intégrer le principe de prééminence du droit : protection contre
l’arbitraire et l’immixtion des autorités publiques. Il permet de garantir
le principe de l’égalité des délits et des peines. On peut un peu
rapprocher cela du principe d’état de droit.
Critère géographique : même s’il est moindre puisque le Conseil
s’étend jusqu’au Caucase.
Critère politique : être en mesure d’organiser des élections libres,
ratifier la [Link].
Abolition de la peine de mort en temps de paix ou instaurer un
oratoire qui l’abolira. La [Link] consacre un droit à la vie MAIS elle a
été signée en 1949, bcp d’états avaient encore la peine de mort.
Néanmoins, avec le temps ont été admis des protocoles additionnels,
notamment le protocole 6 en 1983 sur l’abolition de la peine de mort
en temps de paix. Bien plus tard, dans les années 2000 on abolira la
peine de mort en tout temps. ⚠️ les protocoles ne sont pas
obligatoirement signés par les pays membres au nom de leur
souveraineté ; on n’impose pas l’abolition de la peine de mort en
temps de guerre pour donc protéger leur souveraineté.
Certains états bénéficient d’un statut d’observateur auprès du conseil des
ministres : Vatican, USA, Canada et Mexique.
Depuis 2009, statut de partenaire pour la démocratie a été instauré :
permet à des états/régions +/- voisines de participer aux travaux de
l’assemblée parlementaire. Ce sont des états qui n’ont pas
géographiquement vocation à s’intégrer au conseil de l’Europe, mais qui
souhaitent s’approprier les valeurs de celui-ci : les parlements
nationaux vont envoyer une délégation : Maroc, Jordanie, Palestine et
Kirghizstan.
Organes du Conseil de l’Europe :
Le Conseil de l’Europe fonctionne selon un modèle d’intégration bien –
avancé que celui de l’Europe. C’est un fonctionnement
intergouvernemental.
Comité des ministres : composé des représentants des états
membres qui se réunissent 1x/an mais aussi des représentants
permanents qui se réunissent 1x/semaine. Les états assurent
successivement la présidence de ce comité (pendant 6mois). Il est
chargé d’adopter les conventions adoptées par le Conseil de
l’Europe et des résolutions (= expression formelle de la volonté
d’une organisation, c’est une prise de position qui n’a pas de valeur
juridique. Elles donnent des orientations). En droit international, on
parle de soft Law = droit qui n’a pas de valeur obligatoire, a une visée
plutôt incitative et persuasive. Le Conseil de ministres agit grâce à la
soft Law et va faire usage de sa magistrature d’influence en
adressant aux états membres des recommandations à visée
persuasive.
Assemblée parlementaire : ⚠️ne pas confondre avec le Parlement
européen, élu au suffrage universel direct. L’Assemblée parlementaire
est composée des parlementaires nationaux. 306 membres, nombre de
représentants proportionnel à la pop. Les délégations qui sont envoyées
à cette assemblée doivent refléter les principales formations pôl
nationales.
Siège à Strasbourg dans le même hémicycle que le Parlement Européen
(mais ne se réunit que 4x/ an donc pas grave).
Elle a un rôle exclusivement consultatif ; instance de discussion.
Elle adresse des recommandations au comité des ministres pr orienter
ses discussions. Elle peut adopter des résolutions à disposition des
états membres pr orienter leur pôl nationale. Enfin, elle participe à
l’élection des juges de la CEDH.
CEDH : ⚠️à ne pas confondre avec la CJUE. La CEDH a été instituée par
la [Link] signée à Rome le 4 nov. 1950. La CEDH institue un
mécanisme juridictionnel qui permet aux états/indiv de faire respecter
leurs droits. Depuis 1998, le droit au recours indiv est
obligatoire : les requérants peuvent s’adresser directement à la CEDH.
Toute personne qui vit sous la juridiction d’un état ayant ratifié la
[Link]. On peut la saisir seulement si on a déjà épuisé toutes les
voies de recours interne : principe de subsidiarité. MAIS elle statue
seulement en droit pr vérifier si l’état en question a violé les
droits/libertés prévues par la [Link] : ce n’est pas une juridiction de
4e instance. Elle prononce des constats de violation et parfois des
satisfactions équitables (indemnités).
Elle est composée de 46 juges (1 par état) dont le mandat est de 9 ans
non-renouvelables. Elle peut être saisie par un état pr faire constater un
manquement aux dispositions de la convention ou de ses protocoles
additionnels (par un autre état) : recours interétatique consacré à
l’art. 33 de la Conv. pour faire respecter l’ordre interétatique
européen. MAIS recours phare est le recours individuel garanti à l’art.
34, ouvert à toute personne physique, organisation non-gouv,
associations (certaines personnes morales). Le requérant doit avoir un
intérêt juridique à agir.
Conséquences des constats de violations : ils ont une force
obligatoire (en théorie) et les états sont sensés s’y conformer sous 6
mois. Cela peut impliquer une réforme législative OU rouvrir la
procédure juridique mais cela dépend du bon vouloir des états. Pr palier
à cela, on a confié le contrôle d’exécution des arrêts au comité des
ministres. La Cour refuse les actions popularistes.
Dans la CEDH on ne trouve pas le principe de dignité humaine, mais il
va être reconnu à l’art. 3 sur la torture.
B) Les liens entre le Conseil de l’Europe et l’UE
Les liens entre les deux doivent être distingués car il ne s’agit pas du
même ordre juridique.
Ils apparaissent de manière concomitante (mai 1949 et mai 1950). Les
finalités sont au fond identiques, puisque le but de la CECA est de
rapprocher All et Fr et réinstaurer la paix en Europe ; les deux institutions
font différemment mais la finalité est la même (même si elle apparaît en
2nd temps pour l’Union).
Grâce à l’action de la CJUE et l’adoption de nv traités et l’élaboration de la
Charte des droits fondamentaux, cet objectif de respect des droits
fondamentaux va entrer dans le but de l’Union.
Relations existantes entre CEDH et l’UE
1/ La CEDH ne fait pas partie des sources du droit de l’union, ce
n’est pas une source de droit primaire mais une source d’inspiration pr
la CJUE (même la principale avant l’existence de la Charte pour élaborer
les principes généraux du droit de l’UE).
2/ Adhésion de l’UE à la CEDH. Le parlement européen y faisait déjà
allusion en 1994 car c’était avant l’adoption de la Charte ; le Parlement
considérait qu’il fallait considérer à l’union une source de droits
fondamentaux. Depuis l’adoption du Traité de Lisbonne, on ne se pose plus
la question de savoir si c’est une bonne idée car l’art. 6 §2 du TUE dispose
que l’Union adhère à la CEDH ».
Mais ce n’est pas pcq c’est écrit que immédiat : l’indicatif vaut impératif.
L’adhésion est une obligation mais l’Union n’a pas encore adhéré à la
CEDH pr l’instant car bcp d’étapes.
Relations conflictuelles, réticences entre l’UE son adhésion à la
CEDH
Différents problèmes : (à remettre en forme)
- Problème de compétence : en 1996, la CJUE rend un avis et
considère que la communauté européenne n’a pas la compétence pr
adhérer à la CEDH. A l’époque, l’UE n’avait pas de perso juridique. A
l’inverse, à l’époque seuls des états pouvaient ratifier la CEDH, or
l’UE n’est pas un état.
Pour pallier ce problème :
o Traité de Lisbonne 13 déc. 2007 : permet à l’UE d’obtenir
la personnalité juridique
o Protocole 14 qui a modifié l’art. 59 de la CEDH, permettant
désormais aux organisations internationales d’adhérer à la
CEDH.
- Problème de rapport de subsidiarité entre les 2 ordres
juridiques : quel ordre doit primer ? Depuis l’adoption de la Charte,
on avait une concurrence de textes ([Link] VS Charte). Comment
ces deux textes pouvaient-ils coexister ? Au-delà, l’adhésion à la
CEDH ne devait pas modifier les compétences de l’UE. Solutions :
o Adopter un mécanisme interne pr s’assurer que la CJUE
effectue un contrôle interne sur les actes de droit de l’UE
avant le contrôle externe opéré par la CEDH.
o Pb que pose le protocole n°16 (dernier à être entré en
vigueur). C’est un protocole qui permet aux Cours Suprêmes
des états membres d’interroger la CEDH sur la conformité du
droit national à la Convention. Dans certaines circonstances,
les états membres doivent poser à la Cour une question
préjudicielle (doute sur droit de l’UE).
Il pourrait avec le protocole 16 avoir une concurrence : que les états
membres interrogent la CEDH et non plus la CJUE.
- Problème de l’adhésion à la CEDH ne devait pas altérer
l’autonomie de l’ordre juridique de l’UE : les états membres de l’UE
ne pouvaient pas se départir des obligations issues du droit de
l’Union en invoquant le système de protection de la CEDH,
notamment pcq celui-ci pourrait sur certains aspects intégrer un
degré de protection + élevé que celui du droit de l’Union.
o Groupe 46+1 réfléchit à l’adhésion de l’Union à la CEDH : ces
négociations ont débuté en 2010 et après 3 ans, 1 er accord
trouvé en 2013.
o En déc. 2014, la CJUE 2/13 se prononce sur ce projet et n’est
pas d’accord avec : cet avis a mis un très gros coup d’arrêt à
ce processus d’adhésion de l’UE à la CEDH. La CJUE estime
que les conditions d’adhésion ne respectent pas le principe
de confiance mutuelle : principe qui exclue qu’un état
membre vérifie le respect des droits fondamentaux d’un autre
état membre.
Perspective d’adhésion relancée en avril 2023 : les négo ont trouvé un
nouvel élan avec la publication d’un rapport par le comité directeur pr les
droits de l’homme, chargé de mener ces négo. Dans cet avis de 2023, des
solutions sont avancées pr répondre aux craintes de la Cour :
- L’adhésion de l’UE à la CEDH ne doit pas affecter l’application du
principe de confiance mutuelle
- Sur le protocole 16, le rapport indique qu’un état membre ne pourra
pas saisir la CEDH pr avis lorsque le droit de l’UE impose
obligatoirement à une juridiction de soumettre à la CJUE une
question préjudicielle.
MAIS : c’est un avis qui permet de trouver des solutions, mais on attend un
nv avis de la CJUE.
Vis-à-vis des instit européennes, l’adhésion devra être acceptée par le
Conseil de l’UE après approbation du parlement européen. L’adhésion de
l’UE à la CEDH devra être ratifiée par chaque état membre de l’UE. Enfin, il
faudra que toutes les parties à la CEDH acceptent l’adhésion de l’UE.
II. Les autres organisations européennes
A) Les organisations de sécurité et de défense : l’exemple de
l’OSCE
En déc. 1994, lors du Sommet de Budapest, a été créée l’OSCE. Cette
organisation succède à de multiples conférences sur la sécurité, qui se
sont tenues entre 1975 et 1989. De toutes ces conférences, on retient
l’acte final d’Helsinki en août 1975 qui contient différents
engagements en matière pôl et militaire.
Sur le plan géographique, l’OSCE regroupe les pays l’Europe centrale,
occidentale et orientale mais également des pays d’Asie centrale et du
Caucase, tout en intégrant les USA, le Canada et la Mongolie.
Elle contient 57 états donc toutes les décisions sont adoptées par
consensus, cad en l’absence d’opposition manifeste par l’un des états
membres (organisation intergouv).
Le but de l’OSCE est de prévenir les conflits en gérant les crises pôl, en
procédant au règlement pacifique des différents (maintien de la paix). Elle
vise également à réduire les armements en Europe en plafonnant les
équipements militaires.
L’OSCE promeut aussi la protection des minorités nationales, et +
largement la protection des droits de l’homme. Il y a aussi un volet de
coopération dans la culture et l’environnement.
Organisation qui mène des pôl de sensibilisation.
Sur le plan organisationnel : (schéma)
Sommets : réunion des chefs de l’état qui donne une impulsion pôl à
l’OSCE.
Conseil des ministres des affaires étrangères, qui se réunit au
moins une fois/ an. C’est l’organe décisionnel.
Conseil permanent basé à Vienne (Autriche) composé de
représentants des états membres, et prend donc des mesures
d’exécution.
Assemblée parlementaire de l’OSCE composée des représentants
élus des états membres et se réunit une fois par an (+ 300
parlementaires). Elle permet de faire le lien avec les parlements
nationaux en les informant de ce qu’il se passe au sein de l’OSCE.
Stabilité en Europe.
B) Les organisations économiques : l’exemple de l’OCDE
Permet aux pays industrialisés d’Europe, d’Am. Du nord et d’Asie Pacifique
de se réunir pr établir des pôl éco communes.
Création en 1948 son objectif était d’assurer la reconstruction éco de
l’Europe avec le Plan Marshall.
18 états à l’origine + 2 associés (Canada + USA), et aujourd’hui 34 états
membres.
Ce qui compte c’est d’être une démocratie pluraliste qui fonctionne selon
les règles de l’économie de marché : tous les états ne peuvent donc pas
intégrer l’OCDE si leur économie ne répond pas à leurs critères.
L’UE participe à l’OCDE par l’intermédiaire de la commission EU.
But de l’OCDE est d’augmenter le niveau de vie, d’accroitre le commerce
international et faire progresser la croissance économique en coordonnant
les pôl économiques. L’objectif est de créer un véritable espace de
discussion pr entamer des négociations sur le plan économique, qui ont
permis l’adoption de traités internationaux (fiscalité, lutte contre la
corruption, contre l’évasion fiscale…).
Elle vise également à accompagner la transition éco de certains pays vers
l’éco de marché.
Section 2 : l’UE et le monde
I) La participation aux organisations internationales
A) Le statut de membre
L’UE s’enrichit au contact d’autres organisations internationales :
elle est membre de l’OMC, elle a le statut d’observateur à l’ONU et a des
relations avec la ASEAN, MERCOSUR. Elle passe des accords privilégiés
avec certains groupements de pays notamment dans les caraïbes, le
pacifique et les PECO.
Art.216 du TFUE, l’union est habilitée à contracter avec des
organisations internationales et des états.
Art.220 du TFUE, liste les liens qu’entretient l’union avec les organes des
nations unies et leurs instit spécialisées, mais aussi avec le Conseil de
l’Europe, l’OSCE et l’OECE.
On compte en Europe 38 bureaux de liaison d’orga interna auprès de
l’union (Interpole, Ligue des États arabes, Conseil de l’Europe, OMS, Croix
rouge, Union africaine etc…).
B) Les autres statuts
Il est possible que l’organisation internationale ne permette pas
l’adhésion de l’union car seuls des états peuvent y participer. Dans ce
cas, elle doit se contenter d’un statut inférieur mais qui lui permet de
participer aux travaux réguliers de organes sans en être membre, elle peut
avoir le statut d’observateur permanent mais sans le droit de vote pr
s’exprimer en séance et présenter des propositions.
Au sein du FMI, c’est la banque centrale européenne (BCE) qui a un
statut d’observateur.
L’UE est observateur permanent auprès de l’ONU, de l’OMS, de l’UNESCO
etc…
L’UE est appelée à participer à des enceintes internationales (G7, G20)
dans ce cadre, le président de la BCE y participera ou le commissaire
chargé des affaires éco et monétaires au sein de la commission euro.
II. L’extension du champ des relations extérieures
A) Des relations originellement limitées au domaine commercial
Dès la création de la CEE en 1957, concentration sur l’union éco car cette
union avait pr fonction de renforcer l’unité interne des états membres.
MAIS les pères fondateurs de la CEE avaient conscience que cette unité
interne ne pouvait se passer d’une dimension externe -> l’une des pôl
initiale créée intègre une dimension internationale.
Exemples :
- PAC (pôl agricole commune), tournée vers l’objectif d’autosuffisance
alimentaire, mais qui élabore dans le même temps une pôl
internationale d’exportation.
- Union douanière, permet le libre commerce au sein de l’espace
éco euro mais il faut forcément réfléchir à la question des
exportations et aux tarifs douaniers fixer pr les interna -> fixation
d’un tarif intérieur commun
Problème : le traité de Rome n’indique pas si cette pôl s’applique à
d’autres secteurs que celui du commerce des marchandises. Càd,
le traité de Rome n’indique pas si l’union dispose de la possibilité de
mener une action extérieure dans d'autres domaines que l’action
commerciale.
Arrêt AETR, 1971, Cour de Justice : interprétation souple du traité, elle
indique que les domaines couverts par la pôl commerciale commune ne
sont pas limitativement énumérés dans le traité de Rome. L’union peut
aller au-delà et négocier des accords internationaux en matière éco même
si pas explicitement cité dans le traité de Rome.
Admet que la communauté puisse agir sur le plan externe à
chaque fois qu’elle est compétente sur le plan interne (éco).
Ex : pôl commerciale commune, l’accord Union/Mercosur : les
négociations de cet accord sont anciennes (1999). L’objectif principal est
de supp les droits de douanes entre les partenaires éco. Il
comprend aussi des règles d’ouverture des marchés publiques.
Raison pr laquelle les agriculteurs européens sont inquiets, car
concurrence directe avec ceux du Mercosur et craignent de perdre des
parts de marchés et que ça entraîne une baisse des € car les producteurs
d’Amérique du Sud produisent à plus bas coût.
Autre risque est de ne pas respecter les standards européens.
B) L’extension des compétences
1) En matière de politique étrangère et de sécurité
Le Traité de Maastricht a ajouté 2 piliers de coopération
intergouvernementale (relatif à la PESC et JAI). On a intégré les questions
de paix et sécurité dans le champs européen, donc aujourd’hui on trouve
dans le préambule du TUE des références aux relations
extérieures de l’UE.
Le Traité d’Amsterdam va instituer une fonction de représentants pr la
pôl euro de sécurité commune.
Depuis le Traité de Lisbonne, cette fonction s’appelle haut
représentant pr les affaires européennes et la pôl de sécurité. Il ne
va pas ex représenté l’UE à l’ONU, il est vice-président de la commission
euro, le chef de la diplomatie euro et va exprimer la positon de l’UE dans
les organisations internationales et au sein des conférences
internationales.
Le traité institue aussi le service euro pr l’action extérieure -> 145
délégations dans le monde qui représentent l’UE.
Sur le plan des organes on retrouve le Comité Pôl de Sécurité (COPS),
constitué d’ambassadeurs des états membres auprès de l’union qui
préparent et suivent les travaux de la PESC et assurent le contrôle pôl et la
direction des opérations de crise.
2) En matière de défense commune
2 évolutions majeures :
1/ Le passage de la communauté européenne de défense à l’union
de l’Europe occidentale (CED -> UEO). En 1950, un président du conseil
français (René Pleven) propose de créer une communauté
européenne de défense, càd une armée commune composée d’unité de
différentes nationalités.
En 1954, l’AN enterre le projet (gaulliste et communiste y étaient
opposés). Pr compenser va être créer l’UEO la même année -> 9
membres, seule organisation compétente en matière de défense
européenne.
Le Traité de Bruxelles prévoit à l’art.5 une obligation de défense
mutuelle.
Flop car subordonnée à l’OTAN et pendant la guerre froide lieu de
discussion pôl, dépourvue de capacité d’action.
À la fin de la GF on se demande que faire de l’UEO, avis divergeant : RU
considérait que l’UEO n’avait pas à s’occuper des questions de défenses
car appartenait à l’OTAN. MAIS évolution avec traité de Maastricht, l’UEO a
acquis la compétence d’exécuter les décisions ayant un lien avec le
domaine de la défense.
Flop car peu de pvr et pdt les guerres des Balkans c’est l’OTAN qui
intervient. Elle est restée un forum de consultations pôl puis
dissoute en 2010.
Le traité de Lisbonne va intégrer une clause de défense collective et va
être créé la pôl euro de sécurité et de défense commune (PESDC).
En 1998 est décidé qu’il fallait doter l’union d’une capacité autonome
d’action appuyé sur des forces militaires -> acte de naissance de la pôl
euro de sécurité et déf. Lors du Conseil européen de Nice va être
décidé la création d’une nvlle structuré de déf et le traité de Lisbonne va
rebaptiser la pôl eu de sécurité et de déf la pôl euro de sécurité et de
défense commune.
On y retrouve la clause de solidarité qui impose à chaque état de portée
assistance aux états membres touchés par une catastrophe ou un acte
terroriste (art.222 TFUE). Il y a aussi une clause de défense collective
(art.42 §7 TUE).
Méthode intergouvernementale
À l’heure actuelle, l’Union dispose d’une force de réaction militaire
composée d’une force multinationale pouvant intervenir sur des missions
spécifiques.
Exemple : 11 opérations militaires en cours et 14 opérations civiles.
Opération militaire au Niger, en Ukraine, en Méditerranée, Côte
Somalienne, Bosnie.
Opérations civiles au Kosovo, Moldavie, Géorgie, Arménie, Ukraine
(opération EULEX), but étant dans le respect de l’état de droit. Au M-O elle
intervient sur les territoires palestiniens (EUPOL) mission de police. Force
présente en Irak (EUAM) mission de conseil.
La question de la création d’une force militaire commune persiste tjr
aujourd’hui.
LEÇON 3 : LA SPÉCIFICITÉ DE L’UNION
EUROPÉENNE
Section 1 – Une identité juridique particulière
La question de la nature juridique de l’UE est importante mais intéresse
surtout la doctrine et assez peu le juge.
A l’origine, l’UE n’était qu’un concept qui réunissait sous sa coupe des
piliers, et ce n’est qu’avec le Traité de Lisbonne qu’elle acquiert une
personnalité juridique.
I) L’Union européenne comme organisation internationale ?
L’UE a été créée par des traités internationaux. En ce sens, il serait donc
facile de s’en tenir là et de qualifier l’UE d’organisation internationale,
mais cela ne suffit pas et il faut examiner les caractéristiques juridiques de
l’UE.
La CJUE a qualifié l’UE de « nouvel ordre juridique de droit international » :
arrêt Van Gent En Loos 1963.
En 1964, arrêt Costa contre Enel : la Cour souligne que les traités ont
institué un nouvel ordre juridique au profit duquel les états ont limité leurs
droits souverains et dont les sujets sont non seulement les états membres
mais également leurs ressortissants.
Idée de transfert de compétences propre aux états fédéraux.
La Cour rappelle également l’importance du principe de primauté du
droit de l’Union par rapport au droit des états membres et indique
également que l’Union possède un effet direct, cad que le droit de l’Union
s’applique sans qu’il n’y ait besoin d’adopter des mesures de
transposition.
Principe de primauté = indice qui tend vers la qualification juridique de
l’UE comme organisation internationale.
Indice qui distingue l’UE d’une organisation internationale : principe
d’effet direct car n’existe pas en droit international. Ce sont en principe
aux états d’adopter des normes de transposition.
La Cour dépeint donc une institution hybride
L’Union ne constitue pas une confédération d’état, stade qui a été dépassé
depuis longtemps car l’UE possède un système instit relativement intégré
avec notamment la possibilité de prendre des décisions à la majorité
absolue, et le Parlement est élu.
II) L’Union européenne : une Fédération d’États-Nation ?
A) La délicate identification des éléments constitutifs d’un État
1) Un territoire
l’Union n’a pas de territoire propre et ses frontières sont variables avec la
possible entrée de nouveaux états. Pourtant, l’art. 355 du TFUE liste les
territoires où ne s’appliquent pas le droit de l’Union (Iles Ferouelle, Iles
anglo-normandes et Mans).
Avec l’espace Schengen intégré à l’UE on a l’impression que l’UE a des
frontières fixes, même si c’est ambigu notamment avec les pays qui font
partie de l’espace Schengen et non de l’UE (et inversement).
2) Une population
La population n’est pas la nation. Population = ensemble des personnes
qui vivent sur un territoire donné. Certaines personnes de cette population
peuvent avoir un lien avec l’état sans pour autant avoir la nationalité.
En droit de l’Union, les traités sont applicables aux particuliers cad
aux personnes qui résident dans les états membres, donc le droit de l’UE
ne s’applique pas qu’aux citoyens de l’Union. 2 catégories :
- Destinataires des normes communautaires
- Titulaires de la citoyenneté de l’Union
On ne peut pas avoir la citoyenneté européenne seule, cad sans disposer
d’une citoyenneté nationale. Elle la complète mais ne peut pas la
remplacer.
On peut donc se demander si on ne devrait pas mettre en place une
nation européenne, ou si celle-ci existe. A l’échelle de l’UE, existe-t-il un
dénominateur commun à l’ensemble des personnes vivant sur le territoire
de l’Union ?
Théorie allemande de la nationalité : pas de nation européenne MAIS
théorie française de la nationalité : existence du vivre ensemble.
3) Un gouvernement
Un état doit être composé d’un gouvernement souverain. On pourrait se
dire par exemple que le Conseil de l’Union constitue une forme de
gouvernement, mais cela ne suffit pas car on ne peut pas se contenter
d’identifier un gouvernement sur le plan instit. Ce qui intéresse plutôt est
le plan matériel, cad si l’Union est titulaire de la souveraineté. Plusieurs
façons de concevoir la souveraineté.
Si on considère que la souveraineté implique le droit de décider en
dernier ressort sans être décidé par un autre pouvoir, la souveraineté
de l’UE est difficile à établir car :
- Les états membres de l’UE ne peuvent décider en dernier ressort que
dans certains domaines. La souveraineté de l’Union est limitée
également en matière de révision des traités car si on veut réviser un
Traité il faut l’accord de tous les états membres : la compétence de
la compétence, que l’UE n’a pas. La Cour constit allemande
admettait en 2009 que tant que l’Union ne dispose pas de cette
compétence, on ne peut pas l’assimiler à un état. Ici, UE =
association d’état, terme qui rejette la confédération par ex. On
pourrait reprendre le terme de fédération d’états-nation qui met
la lumière sur la forme fédérale tout en conservant la souveraineté.
- L’UE ne peut agir que dans le cadre des compétences que les traités
lui ont attribuées.
Les états membres ont accepté de transférer certaines de leurs
compétences à l’Union donc dans certains domaines l’exercice de la
souveraineté est partagé.
Si souveraineté = monopole de la violence légitime. Ce critère
permet de décréditer la qualification de l’état à l’UE car l’Union ne peut
recourir à la contrainte physique que par l’intermédiaire de ses
membres.
On ne peut pas juridiquement dire que l’UE soit une fédération car les
états membres disposent tjrs de leur souveraineté. L’Union constitue
donc une association d’états au sein de laquelle :
- Certaines compétences sont mises en commun
- Certaines décisions sont prises à la majorité qualifiée et non à
l’unanimité
- Les normes créées l’emportent en principe sur les normes nationales
contraires : principe de primauté du droit de l’Union.
B) L’absence de Constitution formelle
1) L’échec du Traité établissant une Constitution pour
l’Europe
Un an après la conférence intergouvernementale qui s’est tenue à Nice en
déc. 2000 a été lancé un vaste débat sur l’avenir de l’UE, notamment avec
la Déclaration de Laeken du 15 déc. 2001 : on a véritablement
réfléchi à réformer les instit européennes.
Lors que cette déclaration a été convoquée une convention sur l’avenir de
l’UE, et Valérie Giscard d’Estaing a œuvré sur la matière pr simplifier la
structuration instit de l’UE, la piste d’un texte constit a été invoquée dans
un second temps puis est devenu l’objet central du travail.
La Convention a donc travaillé à l’élaboration d’un texte à vocation
constit : Traité établissant une constitution pour l’Europe :
- Suppression des piliers de l’Union
- On parlait de constitution mais à aucun moment les rédacteurs
voulaient réellement créer une constitution : c’était véritablement un
traité.
- Véritable innovation : ce texte ne se limitait pas à la révision des
traités antérieurs mais voulait les refonder intégralement.
Il devait entrer en vigueur après la ratification des 25 puis 27 états
membres de l’Union. Pr offrir une légitimité à ce Traité, certains états
membres ont choisi la voie du référendum comme les Pays-Bas, la France
qui ont répondu négativement.
Processus gelé car tous les états membres devaient ratifier ce
traité.
Une partie importante du TECE a été reprise dans le Traité de Lisbonne, ce
qui a contourné le processus démocratique. Cependant, Lisbonne est
bien + que le TECE : énormes modifications du traité notamment en
termes d’éléments symboliques (lois, constit, hymne, drapeau).
Reprise partielle mais pas intégrale.
2) Les caractères d’une Constitution formelle en débat
Pr qualifier une constit sur le plan formel, il faut remplir le critère de la
suprématie constit ce qui signifie que le texte possède une valeur
normative suprême. Il faut également qu’il y ait un PCO.
Critère de la suprématie constit : le droit de l’Union prime-t-il sur le
droit national ?
- Si oui, on se situera dans un système moniste : système où les
normes internationales priment sur celles de droit interne.
- Si non, système dualiste : système où le droit interne et le droit
international forment des ensembles séparés, distincts.
Sans surprise, le droit de l’Union tente de déployer un système moniste, et
ce par la promotion du principe de primauté du droit de l’Union.
Mais ce principe fait l’objet de crispations : tous les états de l’UE ne
veulent pas que le droit de l’Union prime sur leur constit nationale.
L’adoption du principe de primauté dépend du bon vouloir de chaque
pays. Ex, France : Constit au sommet de la hiérarchie des normes et le
droit international tire son autorité sur le droit interne de l’art. 55 de la
constit. Néanmoins, le droit de l’Union s’applique aux normes inférieures.
C’est donc surtout en matière constit que ce principe est contesté,
notamment en Allemagne par une décision de la CJUE en 2015 puis en
2020 : la Cour constit allemande contestait certaines décisions prises par
la BCE, considérant que ces mesures allaient à l’encontre de la loi
fondamentale allemande.
La France l’a fait aussi dans une décision du CE, French Data Network
de 2021 : le CE réaffirme la place de la constit au sommet de l’ordre
juridique interne et conteste une interprétation donnée par la CJUE.
Ce phénomène de contestation du principe touche surtout les états
ilibéraux : Pologne, Hongrie…
Existence d’un Pouvoir Constituant Originaire : il faut qu’il y ait
une manifestation d’une volonté à l’origine des traités. Réponse
nuancée : pr les 1ers traités historiques la nation n’a pas été consultée,
mais pour Maastricht si. L’expression du PCO peut passer par la voie du
référendum mais aussi du Parlement. L’approbation des parlements
nationaux est tjrs requise pr adopter un Traité.
Il faudrait rompre avec cette vision de la nation et admettre que l’UE
constitue une Union d’états et de peuples. Par ailleurs, aux USA la constit
a initialement été adoptée par différents peuples de différents états.
Solution possible pour qualifier ces traités :
- Parler de Charte constit pr saisir l’origine des traités
- Olivier Beaux : « pacte fédératif ».
Section 2 : Un caractère démocratique certain
Il n’existe pas de constit formelle mais on peut toutefois définir une Constit
sur le plan matériel en s’attachant à son objet : cf. art. 16 DDHC, sép des
pvrs et respect des libertés. A l’échelle de l’UE il y a une sép des pvrs. Les
traités protègent également certains droits/libertés. Sur le plan matériel,
on répond à la définition de la constit.
I) L’Union européenne : une démocratie libérale
Sur le plan formel, démocratie renvoie au processus de légitimation du
pvr et à la participation du peuple à l’exercice du pouvoir.
Sur le plan matériel, la démocratie est le respect de l’état de droit et
des droits et libertés.
A) Le respect de valeurs communes
art. 2 TUE liste les valeurs de l’UE. 2 valeurs importantes :
État de droit : son respect implique le respect des droits et libertés et
le respect du droit, cad le respect de la norme contraignante ; cela
implique surtout que ce respect soit contrôlé par un organe
juridictionnel indépendant. La CJCE l’a admis dans un arrêt Les verts
contre le Parlement Européen de 1986 : dans cette décision, la
Cour souligne qu’aucune instit des CEE n’échappe au contrôle de
la conformité de leurs actes. Cela implique que les actes adoptés
par un parlement national peuvent être contestés par la CJCE et ce
dans le silence des traités.
Respect des droits et libertés : à l’origine, les traités n’ont pas pr
objectif le respect des droits et libertés mais un objectif économique :
effet de débordement. La question s’est néanmoins posée devant la
CJUE et on peut retenir l’arrêt de la CJCE 12 nov. 1969 Stauder,
dans laquelle la Cour demande d’intégrer les droits fondamentaux ou
communautaires en les qualifiant de principes généraux de droits de
l’UE.
il faut rappeler l’importance de la Cour constit allemande qui a refusé
pendant un temps le principe de primauté du droit communautaire tant
que les droits fondamentaux n’étaient pas suffisamment respectés :
arrêt So Lange I, 1969. En 1986, avec l’arrêt So Lange II, la Cour
a finalement accepté le principe de primauté du droit de l’Union et elle
énonce qu’aussi longtemps que la protection des droits fondamentaux
est assurée, il n’y aurait pas lieu de remettre en cause le droit de l’UE.
Dans l’acte unique européen en 1986, les états déclarent vouloir
promouvoir la démocratie en se fondant sur les droits fondamentaux
reconnus dans les Constitutions des états membres de la CEDH.
Le traité d’Amsterdam a entrainé une protection de suspension des
droits de vote des états membres lorsqu’ils violent de manière grave et
persistante les valeurs de l’UE. Le Traité de Lisbonne crée ces
valeurs et donne juridique à la Charte des droits fondamentaux de l’UE.
Charte des droits fondamentaux de l’UE : son champ d’application
s’étend aux institutions et organes de l’Union uniquement lorsque ces
derniers mettent en œuvre le droit de l’Union. Donc il n’existe pas de
compétences générales de l’UE en matière de droits et libertés. La CJUE
indique à ce titre qu’elle ne peut pas vérifier la conventionnalité d’une
règlementation nationale par rapport à la charte si cette
règlementation nationale ne se situe pas dans le champ des
compétences du droit de l’Union. Si le droit de l’UE est applicable,
alors la Charte l’est aussi mais l’inverse non ET la Charte ne crée
pas de nouvelles compétences pr l’Union.
Ex : Charte des droits fond protège la liberté de culte mais ce n’est pas
pr autant que l’Union doit prendre une direction qui harmonise les
législations nationales en la matière.
B) Des mécanismes de protection à l’efficacité limitée
Dans le cadre du droit de l’Union, certaines valeurs peuvent faire l’objet
d’un contrôle notamment au moment de l’adhésion des états membres à
l’UE (car ils s’engagent à les respecter).
Le Traité a donc mis en place des sanctions pr s’assurer du respect de ces
valeurs, mais c’est un contrôle pôl. En cas d’ineffectivité de ce contrôle, la
CJUE prend le relais.
Autre forme de contrôle : le contrôle budgétaire.
Le contrôle pôl : le Traité d’Amsterdam a prévu la possibilité de
suspendre le droit des états lorsqu’ils violent le droit de l’Union : prévue
à l’art. 7 du TUE qui comprend deux volets :
- Prévention : activé lorsqu’il existe un risque de violation grave des
valeurs de l’Union. Il peut être activé par 1/3 des états membres, par
les 2/3 des députés européens ou par la commission européenne. Il
est demandé que le conseil de l’UE constate l’existence d’un risque
clair de violation grave des valeurs européennes. Si le conseil
constate, l’état concerné sera entendu par le Conseil qui pourra lui
adresser des recommandations. Au sein du Conseil de l’UE il faut que
le risque de violation soit voté à la majorité des 4/5.
- Suspension : lorsque le risque de violation se concrétise, il est
possible de recourir à la procédure de sanction s’il s’agit d’une
violation grave et persistante des valeurs de l’Union. La procédure
peut être activée par la Commission, 1/3 des états membres après
approbation du Parlement eu. On demande au Conseil Européen de
constater l’existence d’une violation grave et persistante. La sanction
adoptée par le Conseil européen va être prise à l’unanimité. Cette
initiative est de nature pôl donc ne peut pas être contestée devant la
CJUE. Une fois que le Conseil Européen franchit cette étape, la balle
est renvoyée au Conseil de l’UE qui peut alors décider à la majorité
qualifiée de ses membres de suspendre certains droits dont l’état
membre dispose. Procédure inefficace pr Hongrie et Pologne :
nbreuses recommandations adoptées pr violation état de droits.
Création de la procédure de l’état de droit. La Commission a
finalement décidé de mettre en œuvre l’art. 7 en déc. 2017 contre la
Pologne et contre la Hongrie en sept. 2018. Grande faiblesse du §2
est l’unanimité : seule solution est de condamner Hongrie et Pologne
en même temps.
Le contrôle juridictionnel : a été mis en place pr contrebalancer le
contrôle pôl et la Commission européenne a ouvert des actions en
manquement contre Hongrie et Pologne.
Le contrôle budgétaire : en raison de l’application de l’art. 7 du TUE,
un nouveau mécanisme a été créé par la Commission dans un
règlement du 16 déc. 2020. Désormais, le versement des fonds
européens est conditionné au respect de l’état de droit, ce qui
signifie qu’en cas de violation de ce dernier l’Union peut suspendre les
différentes aides financières à destination de l’état membre. Lorsque le
mécanisme est activé, la Commission va notifier l’état membre visé et
lui demander de fournir des infos sur la violation et va lui demander de
formuler ses observations dans un certain délai. Si à l’issue de ce délai
l’état n’a rien modifié, la Commission peut proposer au Conseil de l’UE
d’adopter certaines mesures, comme la privation de fonds européens.
Mécanisme utilisé après la crise sanitaire : adoption d’un plan de
relance, mais à la suite des dérives illibérales de la Pologne, le plan de
relance de cet état a été annulé. Cf. article.
II) La démocratisation de l’Union européenne
La démocratie fait partie des valeurs sur lesquelles l’UE se fonde (cf. art. 2
TUE).
A) La démocratie représentative
L’art. 10 §1 du TUE énonce que le fonctionnement de l’UE est fondé sur la
démocratie représentative. Mais l’UE n’est pas un état. Qui doit-on
représenter ?
Réponse art. 10 §2 qui précise que son représentés non seulement les
citoyens de l’UE directement au Parlement mais aussi les états membres
au sein du Conseil européen et du Conseil de l’Union.
On retrouve au sein de l’UE des traces du parlementarisme en raison de
l’insertion du contrôle démocratique des gouvernants. Il existe aussi l’outil
de motion de censure.
Représentation directe des citoyens au Parlement européen, élu pr la
première fois en 1979. Les parlementaires sont élus pr 5 ans et on y
compte depuis les dernières élections 720 députés. A l’image des
parlements nationaux, il y a des groupes pôl au parlement européen : ils
se regroupent par parti et non par nationalité.
Grande difficulté de cette élection liée à la fusion entre les élections
nationales et européennes : on a du mal à déconnecter les élections
européennes du contexte national et on les considère comme
élections nationales de 2nd rang (ressenti confirmé par la dissolution à la
suite des élections européennes).
Traité de Nice établit un statut des partis pôl européens, répondant à la
critique faite par la Cour constit allemande en 1990 qui estimait que la
création de partis pôl à l’échelle européenne contribuerait à la création
d’un espace publique européen (Habermas).
Ce pb de déficit démocratique est d’autant + difficile à combattre que les
procédures électorales dépendent en partie des droits nationaux. Ex : en
Fr, seules les listes qui obtiennent + 3% des voies sont remboursées des
frais. Néanmoins, Acte portant élection du Parlement européen fixe
des principes structurants concernant la procédure électorale.
Qui vote ? Depuis Maastricht, on se réfère au critère de résidence : tout
citoyen de l’Union qui réside dans un état membre dont il n’est pas
ressortissant, il aura le droit de vote et d’éligibilité aux élections
européennes.
Le contrôle des européennes est faible concernant les conditions
d’éligibilité du parlement européen. Ces conditions sont fixées au niveau
national. Ex : Catalogne : lorsque les indépendantistes catalans ont été
élus au Parlement européen, un pb s’est posé car le protocole nationale
exige que les députés prêtent serment d’allégeance à la constit nationale
pr pouvoir siéger. Mais ils n’ont pas voulu le faire, et ont de plus organisé
un référendum illégal concernant l’indépendance de la Catalogne. Les
autorités espagnoles refusent d’inscrire les députés indépendantistes sur
la liste des élus. La CJUE va annuler la décision espagnole en estimant
qu’un candidat élu l’est directement après les élections, et qu’il bénéficie
à ce titre d’une immunité parlementaire.
La Parlement européen a finalement destitué les parlementaires à cause
de leur condamnation pénale sur le plan étatique : validé par la CJUE qui
estime que le droit national demeure compétent pr déterminer les
conditions de déchéance d’un mandat électoral élu
TUE Pigemont VS parlement
B) La démocratie participative
La démocratie participative est perçue en droit de l’union come un
correctif de la prise de décision pôl qui demeure essentiellement aux
mains des instit classiques.
C’est le traité de Lisbonnais qui introduit des voies d’association des
citoyens à la prise des décisions. L’art. 11 TUE stipule que tout citoyen a le
droit de participer à la vie démocratique de l’Union. Pr y parvenir, on peut
identifier 2 mécanismes.
1. Le dialogue citoyen
Il s’agit d’instaurer un dialogue civil entre les instit de l’union et la
société civile, et + précisément les associations.
But : associer la société civile à la prise de décision pr renforcer
l’efficacité des normes prises par les instit. MAIS seulement consultatif :
les asso sont seulement sollicitées par les instit pour qu’elles puissent
connaitre leurs positions sur certains sujets.
Les lobbies/asso vont poser des rapports ou dossiers pr défendre certains
sujets auprès de l’UE.
La consultation ne lie pas les instit européennes qui n’ont aucun devoir de
prendre en compte leur contenu. Ce sont les lobbies les + implantés qui
vont avoir vraiment du pvr d’influence au sein de l’Union : ils vont
transmettre leur savoir sur un sujet donné.
Pr rendre + transparente l’action du Parlement Eu et de la commission eu,
on crée des instit, il existe une obligation d’enregistrement des lobbies. A
Bruxelles, on recense près de 12 000 organisations qui se sont déclarées
comme représentants d’intérêt.
2. L’initiative citoyenne
Innovation du Traité de Lisbonne, prévue à l’art. 11 §4 du TFUE.
Conditions :
Composer un comité d’au moins 7 citoyens de l’UE qui résident dans
au moins ¼ des états membres. Si toutes les conditions sont remplies,
l’initiative citoyenne sera reconnue par les commissions.
Recueillir 1 million de signatures qui proviennent de ¼ des états
membres. Compliqué -> Depuis le Traité de Lisbonne, seulement 6
initiatives ont abouti.
Il faut rattacher l’initiative sur le plan matériel à un domaine de
compétences de l’Union, et + précisément il faut rentrer dans le cadre des
attributions de la Commission Eu.
Types de mesures :
- Création d’un acte législatif (règlement, directive)
- Modification d’un acte en vigueur
- Suppression d’un acte en vigueur
L’initiative est proposée auprès de la Commission Eu, et ne correspond
donc qu’à une saisine de la Commission ce qui ne garantit pas le
lancement d’une procédure législative, d’autant + que la Commission
dispose d’un droit de véto sur la poursuite de la procédure.
Ce contrôle reste cependant logique, puisque c’est la Commission qui
défend les intérêts de l’Union. MAIS la Commission reste soumise à une
obligation de motivation lorsqu’elle refuse une initiative ; cette obligation
a été rappelée dans une décision du tribunal de l’Union Européenne du 3
fév. 2017 : Minority Safe Pack.
On peut contester devant la CJUE le refus de la Commission, mais la CJUE
exerce un contrôle extrêmement restreint car elle ne dispose que d’une
marge d’appréciation limitée, les décisions prises par la Commission étant
relativement pôl.
En 2012, une initiative citoyenne a été lancée et avait vocation de
défendre le droit à l’eau et à l’assainissement. Les conditions étaient
réunies : en 2013, + 1,5 million de signatures et initiative acceptée en
2014 par la Commission. Cela a mené à la révision d’une directive
européenne sur l’eau potable.
La directive est entrée en vigueur en 2021, soit 9 ans après le début de
l’initiative.
LEÇON 4 : LES COMPÉTENCES DE L’UNION EUROPÉENNE
On va s’intéresser à la répartition des compétences de l’Union. L’idée est
de savoir comment se combinent les compétences de l’Union et celles des
états membres.
Compétence = titre juridique qui autorise un organe ou une institution à
intervenir dans un domaine déterminé.
Ainsi, on vient limiter le domaine d’action des états membres de l’Union,
et donc leur souveraineté.
Il va donc falloir fixer des règles pr que l’Union intervienne dans les limites
des compétences que les états lui ont attribuées. Lorsqu’on attribue une
compétence à l’Union, cad qu’on transfère une compétence d’un état
membre à l’Union, ce transfert est définitif. A l’inverse, toute compétence
qui n’aurait pas été attribuée à l’Union dans les traités appartient bien aux
états membres.
Les compétences de l’Union sont principalement soit partagées, soit
exclusives vis-à-vis des compétences nationales. Cette répartition est
fixée par les traités fondateurs (actuels) qui régissent le fonctionnement
de l’Union, notamment le TFUE.
Avant le Traité de Lisbonne, c’était surtout la jp qui organisait cette
répartition des compétences, ce qui rendait les choses très confuses ->
Traité de Lisbonne a vraiment clarifié les choses en matière de répartition
des compétences.
Les compétences exclusives
Prévues par l’art. 3 TFUE. Cela signifie que dans ces matières, les états
membres ne pourront agir que sur habilitation de l’Union, ou pour mettre
en œuvre/exécuter les textes adoptés dans le cadre des compétences
exclusives de l’UE.
A l’inverse, l’Union peut seule légiférer et adopter des actes qui auront une
portée obligatoire.
Les compétences partagées
Prévues par l’art. 4 §1 TFUE. Dans certains domaines, l’Union et les états
membres peuvent légiférer et adopter des actes juridiquement
obligatoires.
Ex : agriculture, énergie, environnement, …
Les compétences d’appui
Compétences qui permettent à l’Union d’appuyer, de coordonner ou de
compléter l’action des états membres. ⚠️ Il ne s’agit pas de remplacer
l’action des états membres ; l’Union est simplement là en appui, l’état
membre reste leader en la matière.
Section 1. L'exclusivité des compétences -> l’Union agit seule
I. L'exclusivité des compétences de l'Union
Sur le plan intérieur, on relève 5 domaines de compétences exclusives
de l’Union :
- Pôl commerciale commune
- Conservation biologique de la mer
- Droit de la concurrence
- Pôl monétaire
- Union douanière
Sur le plan extérieur, l’Union a une compétence exclusive pr conclure
un accord international lorsque cette conclusion est prévue dans un acte
législatif. Ex : si un règlement prévoit un accord entre l’Union et un autre
état, seule l’Union peut conclure l’état.
L’Union aura aussi une compétence exclusive pr conclure un accord
international lorsque celui-ci est nécessaire pr permettre à l’UE d’exercer
sa compétence interne.
Que faire si l’UE n’exerce que partiellement ses compétences exclusives ?
L’état membre pourra suppléer l’action de l’Union, mais uniquement sur
habilitation communautaire, cad que l’Union devra reconnaître sa carence
et autoriser l’état membre à agir. A cet égard, la CJUE considère qu’en cas
de lacune normative (l’UE n’a pas agi ou pas totalement) les états ne
peuvent agir que comme « gestionnaires de l’intérêt commun », en
collaboration avec la commission européenne.
Cela signifie que lorsque l’UE n’intervient pas en matière de pôl monétaire,
l’état membre peut intervenir mais l’idée n’est pas qu’il défende ses
intérêts : il doit défendre les intérêts de l’Union.
II. L'exclusivité de compétences des États membres
A l’inverse, quand quel cas les états membres peuvent-ils se défendre et
agir dans leur propre intérêt face aux compétences exclusives de l’Union ?
Le TFUE admet que les états puissent prendre des mesures qui
restreignent les importations ou exportations par exemple, si ces
restrictions sont nécessaires à la protection de la sécurité (sur le plan
économique et commercial) de l’état membre en question. Les états
membres peuvent aussi défendre des intérêts non-économiques tels que
la protection de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publique (cf.
art. 36 TFUE).
Ces exceptions sont particulièrement encadrées par les Traités et la CJUE
va également apprécier très strictement les notions d’ordre public et de
sécurité publique.
La CJUE va également vérifier que les mesures nationales qui échappent
aux compétences exclusives ne soient ni discriminatoires ni
disproportionnées.
Les entraves nationales portées à la libre circulation des marchandises
sont certes autorisées mais très encadrées par les Traités et notamment
par l’art. 36 u TFUE qui vient préciser que ces entraves ne doivent pas
constituer un moyen de discrimination arbitraire, ni une restriction
déguisée dans le commerce entre ls états membres.
Les Traités arrivent à maintenir et préserver la souveraineté des
états, mais l’encadrent très largement -> les états membres
demeurent sous l’emprise de l’Union pour deux raisons :
o ils doivent respecter le principe de fidélité qui impose de
s’abstenir de prendre toute mesure qui pourrait mettre en péril la
réalisation des buts du traité. Les états membres ne doivent pas
porter atteinte aux intérêts de ses partenaires.
o Ils sont tenus de respecter l’effet utile du traité. -> idée est
de préserver la finalité du traité, ce qui signifie que les états
membres doivent agir conformément à cet effet utile pr ne pas
compromettre l’interprétation du traité et fragiliser à la fois son
caractère impératif et son contenu (à savoir l’interprétation du
traité). la CJCE a jugé que l’Union pouvait, en raison de l’effet utile
du Traité, intervenir dans le champ du droit pénal : il s’agissait
d’intervenir pr faire cesser les atteintes graves à l’environnement
et pr assurer le respect de la réglementation de l’UE. Concernant
les états, cela signifie qu’ils ne peuvent pas prendre des mesures
interdites par le traité -> décision Commission contre France
du 10 déc. 1969
On ne s’intéresse pas aux compétences exclusives des états membres sur
le plan matériel, mais l’idée est de voir que les états peuvent déroger aux
compétences exclusives de l’Union (cad comment ils peuvent se défendre
face aux actions de l’UE).
Section 2 : La concurrence des compétences
Certaines compétences attribuées à l’Union sont partagées, cad que leur
attribution à l’UE ne privera pas les états membres d’intervenir et
d’adopter aussi des normes dans la matière. Les états membres
restent compétents tant que l’Union n’est pas intervenue, mais dès
lors qu’elle intervient dans le domaine en question, les états membres
perdent la possibilité d’intervenir dans ce domaine-là.
La doctrine a tendance à dire que le terme de domaine partagé n’est pas
vraiment adapté parce que finalement la règle qui régit cette concurrence
des compétences est la règle de la préemption : dès que l’Union
intervient, l’intervention des états membres est prohibée.
Les compétences partagées sont listées à l’art. 4 §2 du TFUE : marché
intérieur, protection des consommateurs, transport, énergie, sécurité et
justice…
Cette concurrence des compétences est gouvernée par deux principes :
- La subsidiarité vise à déterminer si la compétence doit être
effectuée -> renvoie à la prise de décision, est-ce qu’il est opportun
d’agir ?
- La proportionnalité intervient lorsque la décision est prise pr
déterminer l’étendue de la législation -> renvoie à l’étendue, à quel
degré on agit ? l’idée est de vérifier s’il n’existe pas d’autre moyen
d’atteindre les objectifs de l’Union.
I. Le principe de subsidiarité
En 1992 dans le Traité de Maastricht, le principe de subsidiarité est
consacré en tant que principe général du droit communautaire. Cet article
indique que « la communauté n’intervient, conformément au principe de
subsidiarité, que si l’action envisagée ne peut pas être réalisée de manière
suffisante par les états membres et qu’elle serait mieux réalisée au niveau
communautaire ».
Dans le Traité de Lisbonne, la formulation a évolué (art. 5 TUE) : on
intègre l’idée de dimension locale et désormais le principe de subsidiarité
est corrélé aux effets de l’action et à son effectivité au niveau local.
Lorsque l’intervention de l’Union est + efficace que celle de l’état membre
au niveau central, l’Union peut agir.
Le rôle juridique de la subsidiarité est de constituer un principe
régulateur dans l’exercice des compétences partagées. Le principe
de subsidiarité ne vaut absolument pas pr les compétences exclusives : IL
NE VAUT QUE POUR LES COMPÉTENCES PARTAGÉES.
Ce principe sous-tend l’action de l’Union, cad que lorsque l’Union voudra
adopter un acte législatif dans le cadre de compétences partagées, elle
devra justifier son action en justifiant que le principe de
subsidiarité est respecté.
Lorsque l’Union va agir, elle va transmettre l’acte aux parlements
nationaux, lesquels vont se prononcer sur les actes législatifs et son
respect du principe de subsidiarité. Cette exigence résulte en France de
l’art. 88-6 de la constit. Le Sénat et l’Assemblée doivent émettre un
avis motivé sur la conformité du projet d’acte législatif européen au
principe de subsidiarité. Par la suite, cet avis va être envoyé au Parlement
Eu, au Conseil de l’UE et à la Commission Eu.
Dialogue
Lorsque le projet d’acte législatif est transmis aux parlements nationaux,
ces derniers ont 6 semaines pr vérifier la conformité du projet. S’il estime
que l’acte porte atteinte au principe de subsidiarité, il va le dire dans
l’avis.
Chaque parlement national dispose de 2 voix pr exprimer son désaccord.
S’il apparaît que des avis négatifs représentent + du 1/3 des voix, le projet
doit être réexaminé par la Commission. PROCÉDURE DU CARTON
JAUNE
A partir de là, la Commission peut retirer le projet, le modifier ou le
maintenir. Cependant, si elle le maintient elle doit motiver sa décision de
maintien. Ex : carton jaune sorti en 2013 concernant la proposition de
règlement portant la création du parquet Eu : 28 chambres des parlements
nationaux se sont opposées au projet. La Commission décide de maintenir
le projet et explique que + tard dans la procédure législative les
arguments des parlements seront pris en compte.
Autre ex : en 2016, la Commission présente une proposition de révision
d’une directive concernant les travailleurs détachés, cad les travailleurs
envoyés par leurs employeurs dans un autre état membre. 22 voix
s’étaient opposées au projet mais la Commission a persisté et a motivé le
maintien du projet en motivant son projet.
Si une majorité simple du Parlement Eu ou 55% des membres du Conseil
de l’Union estiment qu’il y a violation du principe de subsidiarité, le projet
sera retiré.
PROCÉDURE DU CARTON ORANGE
Si l’acte est adopté, il est possible de réaliser un recours devant la CJUE pr
voir annuler un acte qui porterait atteinte au principe de subsidiarité -> ce
recours sera introduit par l’état membre. PROCÉDURE DU CARTON
ROUGE
Art. 88-6 de la constit Fr prévoit cette possibilité de recours.
Le principe de subsidiarité a une dimension pôl puisqu’il renvoie à
l’initiative de la Commission Eu de mener telle ou telle pôl. Pendant
longtemps, la réalisation d’un contrôle juridictionnel du principe de
subsidiarité était qualifiée de gouvernement des juges, car on craignait
que la CJUE in fine se substitue à l’appréciation pôl de la Commission.
La CJUE a finalement confirmé la justiciabilité du principe de subsidiarité
dans une décision Royaume-Uni contre Conseil du 12 nov. 1996.
Pendant longtemps, le juge exerçait un contrôle minimal qui se limitait à
l’appréciation de l’erreur manifeste (EMA). Il exerce désormais un contrôle
normal.
Conséquence de ce principe : diminution du nombre de propositions
issues de la Commission. L’idée est de légiférer moins mais mieux, et au
niveau le + adéquat.
II. Le principe de proportionnalité
Dès 1956, la CJUE dans une décision Fédération Charbonnière de
Belgique du 26 nov. 1956, la CJUE indique que « l’action de la
communauté ne doit pas excéder ce qui est nécessaire pr atteindre les
objectifs du Traité ».
+ tard, la Cour consacrera le principe de proportionnalité comme principe
général du droit (PGD) dans une décision Valsabbia du 18 mars 1980.
Ce principe a été consacré par le Traité de Maastricht, et est maintenant
consacré à l’art. 5 §3 du TFUE : « le contenu et la forme de l’Union
n’excède pas ce qui est nécessaire pr atteindre les objectifs des Traités ».
Contrôle en amont.
Les instit de l’Union doivent vérifier lorsqu’elles exercent leurs
compétences partagées qu’elles utilisent des moyens strictement
proportionnés au but poursuivi. Chaque projet va contenir une sorte
de rapport qui permet d’apprécier le respect du principe de
proportionnalité.
Ce rapport détaille les charges financières de l’acte, le degré de contrainte
de l’acte sur les États membres et vérifie qu’il n’existe pas de mesures
moins contraignantes pr atteindre le même objectif.
- La mesure est-elle appropriée et nécessaire pr atteindre l’objectif
poursuivi ?
- Les inconvénients liés à la mesure ne sont-ils pas trop importants
par rapport aux buts poursuivis ?
- Existe-t-il des mesures moins contraignantes pr atteindre le but
poursuivi ?
Devant la CJUE, le principe de proportionnalité va être évalué et le degré
de contrôle du juge va évoluer en fonction de la pôl visée. Ex : en matière
économique, la Cour exercera plutôt un contrôle restreint afin de laisser
une marge d’appréciation + importante aux états membres.
En matière de droits et libertés, contrôle normal.
Contrôle de proportionnalité justiciable également mais doté
d’une charge pôl moins forte que le principe de solidarité.
Section 3. Le concours de compétences : les compétences d’appui
Il existe des cas où la compétence de l’Union a pr vocation d’appuyer ou
de coordonner l’exercice des compétences des états membres
(prévues à l’art. 2 §5 du TFUE). Il s’agit d’une catégorie de compétences
qui ne peuvent pas être préemptées par l’Union et qui s’exercent de façon
secondaire sur la base des pôl menées au niveau national.
L’art. 6 du TFUE va lister les domaines concernés : protection de la santé
humaine, industrie, culture, tourisme, protection civile, coopération admin,
éducation et formation professionnelle de la jeunesse et des sports.
Différentes formes d’appui :
- L’union doit encourager la coopération des états membres,
notamment en matière d’enseignement, de culture et de santé
(états transfrontaliers).
- Compétence d’appui stricto sensu, cad que dans certains
domaines elle va compléter l’action des états membres notamment
en matière de formation pro
- Coordination : schéma du 27+1 (états membres + commission). La
Commission va essayer de coordonner les pôl nationales -> pas
anodin que ce soit la Commission car elle représente l’intérêt de
l’Union et non des états membres.
LEÇON 5 : L’APPARTENANCE À L’UNION EUROPÉENNE
Il y avait 6 membres à l’origine de la CECA, et mtn on est 27 mais ce
processus d’élargissement n’est pas terminé. De nombreux pays restent
candidats, tels que l’Albanie, la Bosnie, le Kosovo, le Monténégro,
l’Ukraine, la Macédoine et la Serbie.
Section 1. L'adhésion à l'Union
I. Les conditions d’adhésion
A) Les conditions de fond
1) Condition statutaire
Il faut avoir le statut d’état, ce qui pose problème pour le Kosovo puisqu’il
n’est pas reconnu comme tel par toute la communauté internationale.
Focus : le Kosovo
En 2005, la Commission Européenne adopte une communication qui
prévoit un avenir européen pr le Kosovo alors qu’à l’époque ce n’était pas
un état indépendant.
En 2006, le Conseil de l’Union va adopter un partenariat avec certains
états des Balkans notamment la Serbie, le Monténégro et le Kosovo.
Objectif : accompagner ces états vers la stabilisation de leur situation pôl
Le 15 juin 2008, le Kosovo déclare son indépendance et acquiert une
nvlle constitution. Les choses deviennent donc compliquées car pas tout le
monde reconnaît le Kosovo comme état indépendant et souverain : seuls
23 le font à l’époque, et 22 aujourd’hui.
Entre déc. 2007 et fév. 2008 se tiennent des conseils européens
réunissant les chefs d’états, et les états membres vont confirmer que
l’Union est disposée à accorder son aide au dév pôl et éco du Kosovo.
En 2009, la Commission Eu va proposer aux citoyens du Kosovo de
voyager dans l’UE sans visa -> ouverture et libéralisation de la part de
l’UE, confiance accordée au Kosovo.
En 2016, l’UE négocie tjrs cette feuille de route sur la libéralisation des
visas. C’est très long et compliqué en raison des tensions entre le Kosovo
et la Serbie, auquel s’ajoute des pb de délimitation de frontières entre le
Kosovo et le Monténégro et enfin l’UE exige du Kosovo qu’il lutte contre la
criminalité organisée et la corruption.
Quand bien même le Kosovo a fait évoluer sa situation sur le plan interne
en mettant par exemple en œuvre un ministère publique spécialisé qui
enquête sur les crimes organisés et internationaux commis dans le cadre
du conflit au Kosovo, cela ne suffit pas. Le mandat EULEX (une mission
civile qui vise à restaurer l’état de droit dans le cadre de la PESD) a été
prolongé jusqu’en 2021.
En 2022, le Conseil va dire qu’il remarque les progrès en termes de
rétablissement de l’état de droit et de lutte contre la criminalité mais il
juge cela insuffisant.
En 2023 en effet, des manifestants ont commis des actes de violence
contre des troupes de l’OTAN.
Le 1er janv. 2024 application du régime de libéralisation des visas
pour le Kosovo.
2) Condition géographique
L’état candidat doit être situé sur le continent européen, cependant il n’y a
pas vraiment de frontières à l’Union. Certains états ont voulu candidater à
l’Union sans remplir cette condition, comme le Maroc en 1985.
Dans une recommandation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe va considérer qu’un état européen est un état dont le territoire
national est situé en totalité ou en partie sur le continent européen, et
surtout dont la culture est étroitement liée à celle de l’Union Européenne.
Focus : la Turquie
La Turquie est une question complexe, en ce sens qu’elle se trouve entre
les deux continents et qu’elle fait partie du Conseil de l’Europe.
La candidature de la Turquie est ancienne : dès 1963, un rapport
d’association est conclu entre la CEE est la Turquie. Dans cet accord
d’association est déjà évoquée la perspective de faire adhérer la Turquie à
l’UE.
Officiellement, sa candidature date du 4 avril 1987, mais ce n’est qu’en
1999 que le Conseil Européen accorde à la Turquie le statut officiel de
pays candidat.
En 2004, la Commission suggère d’ouvrir les négociations d’adhésion tout
en précisant que celle-ci ne pourra pas avoir lieu avant 2014 car pendant
ce lapse de temps, on demande à la Turquie d’opérer des réformes
structurelles, tant éco que pôl.
En 2014, les négociations commencent mais jusqu’en 2016 les débats
sont assez chaotiques. De plus, un problème demeure : Chypre, divisée en
2 (Grèce et Turquie) -> une adhésion ne pourra avoir lieu qu’en 2019.
Or en 2019, la crise des migrants s’intensifie et il se trouve que la Turquie
constitue un point de transit des migrants vers l’Europe -> l’Union a donc
besoin de la Turquie pour éviter les flux et éviter que les migrants
affrontent une traversée en mer de la Turquie vers la Grèce.
Dans le même temps, le régime Turque devient de + en + autoritaire et
en 2016 le pays a connu une tentative de coup d’état, à la suite duquel le
pays renforcera son autoritarisme en limitant les droits et libertés
(expression) la Commission met ce processus en stand-by en 2019.
En 2023, le Conseil de l’UE admet que la Turquie reste un état candidat
mais eu égard au rapprochement de la Turquie avec la Russie et à sa
situation pôl interne, le processus ne peut que stagner.
1) Condition politique
Cette condition a été instaurée par le traité de Maastricht qui faisait
référence au prcp démocratique qui se situe au fondement du système de
gouvernement des états membres.
Ensuite, le Traité d’Amsterdam vient clairement expliciter cette
exigence en tant que condition d’adhésion. L’art. 6 de l’ancien TUE
dispose que l’Union Européenne est fondée sur des prcp de liberté, de
démocratie, de respect des droits de l’homme etc. l’art. 49 du TUE
précisait que tout état européen qui respecte les prcp énoncés à l’art. 6
peut demander à devenir membre de l’union.
Dans le Traité de Lisbonne, on conserve les mêmes conditions en les
précisant et en les modifiant. D’abord, l’art. 49 du TUE indique à
nouveau que l’Union est ouverte à tout état européen qui respecte les
valeurs visées à l’art. 2 du Traité. l’art. 49 indique désormais que les états
doivent s’engager à promouvoir ces valeurs -> forme d’obligation
positive qui émerge = ENGAGEMENT + ACTIF DES ÉTATS
Deuxièmement, le Traité de Lisbonne ajoute la nécessité de respecter le
droit des personnes qui appartiennent à des minorités -> non
négligeable à la vue de certaines conditions pôl des pays Balkans.
Importance accordée par la CJUE à ces valeurs : décision Pologne
contre Conseil et Parlement du 16 fév. 2022 -> la CJUE rappelle que
l’art. 2 ne constitue pas une simple énonciation d’orientation ou
d’intention de nature pôl mais qu’elle contient des valeurs qui relèvent de
l’identité même de l’Union. (…) Ces valeurs contiennent des principes
juridiquement contraignants pr les états ». Riposte à une décision
rendue par la Cour constit polonaise en 2021 qui jugeait que les valeurs de
l’Union ne possédaient qu’une signification axiologique et qu’il ne
s’agissait pas de principes juridiques.
La CJUE renforce l’importance de ses valeurs pôl qui sont contraignantes
pr les états membres.
Pour remplir les critères pôl il faut remplir les conditions économiques, et
une économie de marché fiable.
4) Condition technique
Cette condition est subsidiaire : l’état candidat doit s’engager à respecter
l’acquis communautaire : lorsqu’un état s’engage dans le processus
d’adhésion, il ne peut demander une révision des traités -> renvoie à
l’obligation d’adhérer à tous les traités et leurs valeurs.
Depuis 2020, la Commission Européenne a repensé sa stratégie
d’adhésion car le processus est long. Depuis 2020, elle a donc pr objectif
de mettre en lumière les réformes fondamentales réalisées par les états
candidats. Lorsqu’ils remplissent certains critères objectifs (atteignent les
buts fixés par l’Union), les états membres doivent automatiquement
accepter de passer à l’étape suivante du processus.
La Commission souhaite organiser des sommets entre l’UE et les états des
Balkans (principaux concernés).
Elle souhaite aussi sanctionner toute stagnation ou recul -> elle souhaite
consacrer un principe de réversibilité : lorsque l’état candidat régresse
(quand bien même l’adhésion est bien avancée), on peut geler le
processus.
L’UE peut également en cas de régression décider de réduire le
financement européen pr ces pays. Ce principe de réversibilité est
contraignant pour les états candidats puisque s’ils régressent l’UE va
ralentir voire entraver leur adhésion.
Structuration du principe d’adhésion et génération d’une forme de
non-régression
B) Les conditions de forme et de procédure
Elles sont prévues à l’art. 49 TUE.
La procédure commence lorsqu’un état se porte candidat. Dès l’instant où
c’est le cas, le Parlement Européen et les Parlements nationaux en sont
informés. Par la suite, la Commission Eu va donner un avis tant sur la
candidature en elle-même que sur la stratégie d’adhésion qui doit être
menée avec l’état candidat.
Le Conseil va ouvrir les négociations, qui ont lieu entre les états
membres et les états candidats. Lorsqu’on arrive à se mettre d’accord sur
le contenu des négociations, le Conseil va adopter une décision
d’admission devant être reprise à l’unanimité. Cette dernière doit
également être approuvée par la Commission Eu et par le Parlement Eu.
Ensuite démarre la phase interétatique : tous les états membres doivent
ratifier la décision d’admission. C’est parfois à ce stade que le processus
d’adhésion peut s’arrêter.
Révélateur de la nature de l’UE (cf. schéma)
Focus : Ukraine, Géorgie et Moldavie
Dans le contexte du conflit ukrainien, ces 3 pays ont demandé à adhérer
sans délai à l’UE pour échapper à l’emprise Russe.
Ces 3 états entretiennent déjà des liens avec l’UE via des accords
d’association qui prévoient des accords de libre-échange. Afin de soutenir
l’Ukraine, l’UE a accepté d’accélérer la reconnaissance de son statut d’état
candidat (normalement prend des années). En juin 2022, le Conseil Eu a
reconnu la perspective Eu de ces 3 pays + a décidé d’accorder le statut de
pays candidat à l’Ukraine et la Moldavie. Pr la Géorgie, il faut qu’elle
satisfasse certaines conditions comme état de droit.
En déc. 2023 a été décidé à la majorité d’ouvrir les négociations avec
l’Ukraine et la Moldavie et d’accorder à la Géorgie le statut de pays
candidat (26 contre 27, la Hongrie s’étant abstenue).
Concernant l’Ukraine, en 2023 le Conseil salue les réformes opérées en
matière judiciaire et celles opérées pour lutter contre la corruption. L’UE
aimerait également réduire l’influence des oligarques en Ukraine, et
reconnait également en déc. 2023 les avancées en la matière.
Concernant la Moldavie, en déc. 2023 le Conseil reconnaît également
des avancées dans la lutte contre la corruption mais constate également
que les processus électoraux sont soumis à des influences étrangères,
notamment celles de la Russie.
Concernant la Géorgie, en déc. 2023 le Conseil reconnaît que la pop est
favorable à une adhésion à l’UE et reconnait les réformes structurelles
(admin publiques) mais là aussi il reconnait les influences étrangères et
des opérations de désinformation -> atteintes aux valeurs de l’UE.
En 2024, elle a adopté une loi sur les influences étrangères : le but est
cependant de lutter contre les influences étrangères européennes ->
Russie qui veut limiter l’influence de l’Union. Cette loi a entraîné de
nombreuses contestations et a gelé le processus d’adhésion de la Géorgie
à l’UE car le régime géorgien peut passer sous l’influence pro-russe.
C’est un président pro-russe qui dirige la Géorgie -> le processus
d’adhésion de la Géorgie à l’UE a été suspendu PAR la Géorgie le 28 nov.
2024, alors même que la pop est favorable à 80% à l’adhésion à l’UE.
La procédure d’urgence visée par l’Ukraine et la Moldavie n’est pas
possible, mais une alternative a été pensée par le Président français et
pourrait être la création d’une communauté pôl européenne. L’idée est de
créer une communauté composée de 45 états (27 états membres +
états ayant obtenu le statut de candidat à l’adhésion + états ayant
simplement déposé leur candidature + états membres de l’Espace
Économique Eu + autres états périphériques comme le RU, Azerbaïdjan…
⚠️L’idée n’est pas de recréer une structure juridique
La première réunion a eu lieu en 2022, les discussions portaient sur le
climat, l’énergie, la sécurité etc. depuis lors, il y a eu 5 rencontres la
dernière ayant eu lieu en nov. 2024.
Cette Communauté est surtout une sorte de grand forum où tous les
chefs d’états vont faire valoir leurs idées, mais ces rencontres demeurent
informelles -> aucun acte de portée normative ne peut être adopté ->
aucune décision clé.
Risque est que cette communauté devienne une forme d’antichambre de
l’UE pour les pays candidats à l’adhésion : elle permet une première
intégration pôl, mais ne va pas + loin.
II. La fin de l’adhésion : le retrait
Jusqu’à l’adoption du traité de Lisbonne, la sortie d’un membre de l’UE
n’était pas envisagée, il n’existait ni procédure d’exclusion ni droit de
retrait. On considérait que le degré d’intégration des états à l’UE été
tellement important que la sortie éco de l’union était impossible en raison
de ces effets éco.
Depuis Lisbonne, l’art. 50 du TUE prévoit que tout état membre peut
décider conformément à ses règles constit de se retirer de l’Union ->
PROCÉDURE DE RETRAIT VOLONTAIRE : l’état membre doit notifier son
intention au Conseil Eu qui va adopter des orientations à destination des
autres instit de l’Union pour négocier le futur accord de retrait. Cet accord
de retrait est conclu par le Conseil de l’Union à la majorité qualifiée et
après approbation du Parlement Eu. Si aucun accord n’est trouvé au
niveau européen, les Traités cesseront d’être applicables 2 ans après sa
notification de quitter l’UE.
Focus : le BREXIT
Juin 2016, référendum qui a abouti sur la volonté du RU de quitter l’UE.
Ce référendum n’a pas de valeur impérative, donc la Cour suprême a jugé
en 2017 que la gouvernement devait consulter le Parlement avant de
lancer les négociations de sortie de l’UE. Le Parlement a acté la volonté du
RU de sortir de l’Union, donc le processus de sortie a pu commencer en
mars 2017.
Le RU s’était laissé 2 ans conformément au texte pour quitter l’Union ->
date butoir fixée au 29 mars 2019. Pendant ces deux années a été mis
en place un processus de transition pour assurer la sortie du RU
progressivement. Les liens entre RU et UE sont restés les mêmes pendant
2 ans, mais cette période leur a permis de discuter du processus du traité
de sortie.
Fin 2017, Barnier a été nommé négociateur en chef de l’Union pour
négocier le BREXIT. Les choses ont cependant été très compliquées.
Un projet d’accord a été adoptée en nov. 2018 qui regroupait l’accord de
retrait et une déclaration pôl sur les relations futures entre le RU et l’UE.
Cet accord a été approuvé par le Conseil Eu, mais il fallait qu’il soit
approuvé par le Parlement Britannique, ce qui n’a pas été le cas, entre
autres à cause du rétablissement d’une frontière physique entre les 2
Irlande. De janv. 2019 à mars 2019, Theresa May a tout fait pour
accorder l’accord du Parlement, mais cela échoue.
Au 29 mars, rien n’a été signé donc on repousse au 12 avril mais tjrs pas
de vote donc on repousse au 31 oct. 2019 pour laisser du temps aux
négociations MAIS problème en mai 2019 avaient lieu les élections
européennes. Les citoyens britanniques ont dû voter pour des députés
yaourt (date de péremption proche).
Le retrait de l’UE du RU au Parlement conduisait à répartir leurs sièges au
sein des autres états membres, mais cela implique une élection d’autres
députés dans ces états : députés picard ou congelés (attendaient le dégel
de la situation).
Le changement de 1er ministre au RU a amélioré la situation. Lorsque B.
Johnson arrive au pvr, il demande un nv délai de 3 mois pour négocier
l’accord et obtenir l’adoption du parlement, ce qui est chose faite en janv.
2020 -> le Royaume-Uni quitte l’UE le 30 janv. 2020 mais avec une
transition au cours de laquelle le droit européen s’appliquait encore au
sein du pays (jusqu’en déc. 2020)
En mars 2020 se sont ouvertes des négociations pour l’ouverture d’un
libre-échange entre le RU et l’UE, accord signé le 24 déc. 2020 et
s’applique depuis le 1er janv. 2021.
Section 2. Les obligations des États membres
La qualité d’état membre emporte des obligations juridiques qui découlent
certes des Traités mais pas uniquement, dans le sens où la CJUE distille
une logique d’appartenance : elle part du principe que l’adhésion à l’UE
génère des obligations juridiques, des devoirs liés à l’appartenance à
l’Union, ce qui est rappelé dans une décision rendue par la CJCE de 1973,
décision Commission contre Italie : la Cour rappelle les obligations qui
n’apparaissent pas tjrs dans la traités. Désormais, on peut se référer à
l’art. 4 §3 du TUE.
Une opération de collaboration et de coopération qui entraîne une
obligation de solidarité.
I. Les obligations de coopération
Ces obligations traduisent le fait que les états membres doivent concourir
à la réalisation des objectifs des états membres. Les états membres
doivent en aval exécuter 2 types d’obligations.
A) Les obligations de mise en œuvre
Art. 4§3 TUE dispose que « les états membres prennent toutes mesures
générales ou particulières propres à assurer l’exécution des obligations
découlant des traités ». Cet article permet d’assurer l’efficacité du droit
communautaire, ce que vient rappeler la CJCE dans une décision
Commission contre Grèce : elle estime que les états membres doivent
prendre toutes mesures propres à garantir la portée et l’efficacité du droit
communautaire. Cette mission se décline en plusieurs voies :
1/ Mise en œuvre administrative : exécuter le droit de l’UE, ce
qui implique parfois de créer des organes sur le territoire national
qui agissent pour le compte de l’Union. Vont être créés des
organismes nationaux en charge d’exécuter ces marchés agricoles.
En France, il existe l’office France agri maire qui est un
établissement national qui gère les produits d’agriculture et de mer,
mais son unique but est appliqué en France les mesures adoptées
par les pôl agricoles communes de l’UE. Pendant un temps, le juge
admin a pu considérer que ces organes n’agissaient pas pr le
compte et sous l’autorité de l’état français ce qui signifiait que les
actes admin qu’il adoptaient ne relevaient pas de la compétence du
juge admin. TA Poitiers en 1979.
En 1981, le CE a opéré un revirement de jp en considérant que
ces établissements agissent en qualité d’autorité nationale justifiant
la compétence juridictionnelle française. Les autorités chargées par
le gouv Fr de participer à l’exécution des engagements
internationaux de la Fr (notamment des mission confiées aux états
membres par les traités eu) agissent en qualité d’autorité nationale
et relèvent des tribunaux Fr.
2/ Garantie des droits communautaires : se décline en :
o Obligation de sanctionner les infractions des particuliers
aux droits de l’Union. Ex : lorsque le droit pénal ne sanctionne
pas une atteinte commise par un citoyen de l’UE, la CJUE peut
obliger l’état membre à prendre des sanctions nécessaires pr
garantir l’efficacité du droit de l’UE que la CJCE a rappelé dans
une décision du 21 sept. 1989 Commission contre Grèce -
> logique d’appartenance
o Mission de protection juridictionnelle du droit
communautaire : les juges nationaux doivent assurer la
protection juridique découlant de l’effet direct des dispositions
communautaires, et ce au bénéfice des particuliers. Cette
mission est rappelée dans une décision CJCE, 1976, Rewe.
Dans la décision Winner Wetten en 2010, la cour rappelle
que le juge national a, en tant qu’organe d’un état membre,
l’obligation d’appliquer intégralement le droit de l’union en
principe du principe de coordination qui régit le
fonctionnement de l’ordre juridique de l’UE
B) L’obligation d'action supplétive
cf. paragraphe compétences exclusives : lorsque les instit européennes
bloquent l’action européenne et qu’elles l’agissent pas dans le cadre de
leurs compétences exclusives, les états membres peuvent agir de manière
supplétive pour défendre l’intérêt commun.
Décision CJCE, 1980, Commission contre RU : En cas de carence des
instit eu, les états membres ont « non seulement le droit, mais également
l’obligation d’agir et ce dans l’intérêt de la communauté ».
Décision CJCE Commission contre RU, 1981 : dans le cadre des
compétences exclusives, les états membres doivent agir « en tant que
gestionnaire des intérêts communs ».
II. Les obligations de collaboration
Les états membres doivent faciliter l’action de l’UE pour sa mission (art.
4§3 TUE). 2 obligations :
- Obligation de collaboration structurelle : obligation de
participation aux travaux de l’Union afin de permettre le bon
fonctionnement des instit de l’Union (ne pas les fragiliser).
Obligation de participation financière à l’UE, et obligation de secours
financiers entre états membres.
- Obligation de collaboration fonctionnelle. Ex : les états
membres vont devoir aider les instit européennes lorsque la
commission est à l’initiative d’enquêtes -> ils doivent fournir à la
commission les informations dont la commission a besoin pour agir.
III. L’obligation de loyauté́ et son corolaire, l’obligation de
solidarité́
Art. 4 TUE : les états membres doivent d’abstenir de prendre toutes
mesures susceptibles de mettre en péril la réalisation des buts du Traité.
Induit 2 devoirs :
1/ Ne pas porter atteinte à l’application du droit
communautaire en droit interne. Par ex : en prenant un acte
interne contraire aux objectifs du droit de l’Union.
2/ Ne pas entraver le fonctionnement interne des instit, ni
perturber le système de financement de l’Union.
De cette obligation de loyauté découle une obligation de solidarité :
- Obligation de solidarité verticale : solidarité entre les instit et les
états membres. Si un état membre y porte atteinte, une procédure
en manquement peut être intentée. cf. leçon 8.
- Obligation de solidarité horizontale : solidarité entre états
membres -> parce qu’on appartient à l’Union, on est tenu d’aider les
états membres en difficulté notamment financière obligation
dégagée par la Cour, elle n’est pas dans les traités.
CJUE, 1973, Commission contre Italie : La Cour a jugé que ces devoirs
de solidarité ont été acceptés par les états membres du fait de leur
adhésion à la Communauté :
CJUE 1988, Mateushi : devoir d’assister tout autre état membre auquel
incombe toute vertu en application du droit communautaire.
Le budget de l’Union Européenne ne couvre pas que le fonctionnement
des instit de l’UE ; il couvre aussi pour partie les pôl dont peuvent
bénéficier les états membres. Le budget de l’Union repose sur une logique
de redistribution -> logique de solidarité. Cela résulte de choix pôl
adoptés par les instances dirigeantes de l’UE lorsque va être adopté le
cadre pluri financier annuel
Ex : Crise financière mondiale en 2008 -> déséquilibre budgétaire. En
2008, on est juste après l’adhésion des pays d’Europe centrale et de l’Est
à l’UE donc leur économie n’est pas tout à fait stable. 3 pays ont alors
bénéficié de plans d’assistance et d’aides financières pour relancer leur
compétitivité économique : Hongrie, Lettonie (qui a aussi été financée par
la Suède, le Danemark, la Pologne etc. indépendamment de l’UE), et
Roumanie.
Ex : création du fond de solidarité européen -> aider les états
membres qui ont subi une catastrophe naturelle ou une urgence de santé
publique. Il ne bénéficie pas qu’aux états membres ; il peut bénéficier aux
états candidats (exemple pendant la crise du COVID).
LEÇON 6 : L’ORDRE JURIDIQUE DE L’UE
L’UE constitue un ordre juridique distinct de l’ordre international : arrêt
Costa contre Enel, 15 juil. 1964 (au partiel). La Cour retient ce
qualificatif d’ordre juridique propre parce que cet ordre juridique possède
des sources autonomes. Par exemple, l’ONU ne peut pas adopter de
normes juridiques contrairement à l’UE.
Section 1 : Les sources de l’Union européenne
I. Le droit primaire
A) Les Traités
TUE : Traité sur l’Union Européenne
Ancien traité de Maastricht (depuis Lisbonne, 2007). C’est la colonne
vertébrale de l’UE puisqu’il en fixe les principes généraux, les objectifs, la
liste des compétences, les valeurs (art. 2) et prcp démocratiques. Enfin,
c’est dans le TUE qu’on retrouve la majeure partie des dispositions
relatives au fonctionnement des institutions.
TFUE : Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne
Ancien Traité de Rome. Il fixe les conditions matérielles de l’UE : liberté de
circulation, libre concurrence, citoyenneté, pôl de l’UE… on retrouve les
bases économiques et monétaires de l’Union.
Ne sont pas des traités mais ont la même valeur juridique que ces
derniers :
Protocoles
Les protocoles sont mentionnés à l’art. 51 du TUE. Ils ont la même
valeur juridique que les Traités -> ils les complètent.
Charte des droits fondamentaux
A obtenu une valeur juridique contraignante avec le Traité de Lisbonne.
Cette charte est volumineuse mais ne s’applique que lorsque le droit de
l’Union est mis en œuvre -> la Charte est sollicitée en complément du
droit de l’UE.
Traités d’adhésion
Constituent le droit primaire. Ce sont les traités négociés entre l’Union et
un nvl état membre pour préciser les modalités d’admission. L’adhésion à
l’UE peut parfois emporter certaines négociations (ex : militaire).
1986, CJCE, Les verts : la Cour qualifie l’ensemble de ces traités de
charte constitutionnelle. Elle parlera plus tard d’une charte constit d’une
communauté de droit dans un avis CJCE, 1991, Espace économique
européen.
B) Les Principes généraux du droit
Source du droit de l’Union non écrite -> jurisprudentielle. Le recours aux
prcp généraux du droit est utilisé dans tous les systèmes juridiques et par
tous les juges parce qu’un texte sera tjrs incomplet et lacunaire -> il
faudra tjrs le compléter et l’interpréter.
Cela est particulièrement vrai en droit de l’Union au regard de la méthode
d’intégration choisie : à l’origine il s’agissait d’une union économique et
monétaire -> c’est grâce à l’effet de débordement que le processus
d’intégration va s’étendre à de nvlles pôl.
Initialement, les traités européens ne contenaient aucune référence aux
prcp généraux du droits sauf une : ancien art. 340 TFUE qui fondait la
responsabilité contractuelle de l’Union sur les prcp généraux du droit
commun aux états membres.
La jp de la CJUE a donné toute sa dynamique aux principes généraux du
droit de l’UE (PGDUE) -> arrêt Stauder CJUE, 1969 : la Cour utilise
explicitement cette expression de PGDUE.
Valeur juridique : ces principes s’imposent aux instit de l’Union ainsi
qu’aux états membres lorsque ceux-ci appliquent le droit de l’UE. Les PGD
revêtent une valeur juridique identique aux traités car ils ont la même
valeur juridique que l’ensemble du droit primaire, et se situent donc au
sommet de la hiérarchie des normes en droit de l’Union -> décision
CJUE, 2010.
En droit interne, les prcp généraux du droit (en droit admin précisément)
ont une valeur infralégislative et supra décrétale (question au partiel).
Décision CJUE, 2008, Kadi : la CJUE a reconnu que les PGD avaient un
« rang constitutionnel ». Formellement, c’est dans le Traité de Maastricht
que les PDG sont apparus : art. 6§2.
On recourt aux PGD car il existe des lacunes en droit de l’UE sur les droits
et libertés, les premiers traités ne s’intéressant pas aux droits
fondamentaux. Face à cette inexistence, certains états membres étaient
récalcitrants à donner un plein effet au prcp de primauté du droit de
l’Union (ex : arrêts So Lang, Allemagne).
Face aux pressions exercées par certaines juridictions constitutionnelles
qui menaçaient le prcp de primauté du droit d’une part et de
contrôler le droit de l’Union à la lumière nationale d’autre part, la
CJUE s’est vue contrainte de reconnaître des prcp généraux du droit en
matière de droits fondamentaux -> pas un choix mais une obliga°
Arrêt CJUE Stauder, 1969 : basculement, bien avant Maastricht.
La source des PDG est le droit interne des états membres. Décision CJCE,
17 déc. 1970, International Handels Gessell Schaft : la Cour déclare
que les PDG s’inspirent des traditions constit des états membres ->
découvre des prcp généraux du droit. Cela permet à la Cour de légitimer
son intervention : elle n’est pas le législateur, n’a pas la légitimité pour
adopter du droit primaire.
La Cour ne crée pas arbitrairement de nvlles règles en marge des traités,
mais ne fait que reconnaître la présence d’un standard unanimement
partagé par les constit des états membres. La Cour ne peut pas retenir
l’intégralité des traditions constit des états membres pour consacrer des
PDG : il faut gagner en généralité et tenter de découvrir la tendance
majoritaire, c’est ce qu’elle fera le + souvent.
Parfois cependant, elle consacrera cependant des PGD qui n’existent que
dans la tradition constit d’un seul état membre en considérant que ce prcp
a passé une sorte de test de comptabilité avec le cadre et les objectifs de
l’UE. Ex : principe de confiance légitime.
La Cour va élargir ses sources d’inspiration aux instruments internationaux
qui consacrent la protection des droits et libertés : arrêt CJCE, 4 nov.
1974, Nold -> idée de standard : si tous les états membres ont ratifié ces
instruments internationaux, alors ils les approuvent.
Exemples de PGD :
1/ en matière de droits fondamentaux. La Cour a protégé le droit à
une vie familiale normale, le droit au respect de la correspondance ou du
domicile -> désormais protégé par l’art. 8 de la [Link]. Décision
1980, National Panasonic.
Décision Johnston, CJCE, 1986 : la CJCE a reconnu le droit à un recours
juridictionnel effectif.
2/ en matière de droits de la défense. Respect du principe du
contradictoire, contentieux et procédures admin non contentieuses pour
que ce principe du contradictoire soit respecté.
3/ en matière de la transparence de la vie publique. Elle a œuvré
pour la reconnaissance d’un droit d’accès du public aux documents
admins.
CJCE, 1991, Tasche universität München: la Cour a jugé que dans les
phases précontentieuses admin tout dossier doit être examiné avec
impartialité.
II. Le droit dérivé
Droit dérivé = ensemble des normes produites par les instit de l’UE. On
retrouve la plupart de ces actes listés à l’art. 288 TFUE -> actes issus de
la nomenclature (article à connaître)
A) Les actes issus de la nomenclature
1) Les règlements
Caractéristiques :
1/ possèdent une portée générale -> il n’a pas de destinataire
particulier. On peut l’associer à la loi en Fr, mais pas tout à fait exact. Le
TECE parlait de « lois européennes ».
Le recours en annulation formée par un particulier sera recevable
uniquement si l’on peut établir que le règlement régit individuellement
notre situation.
2/ possèdent une opposabilité générale : plein effet direct -> cet acte
emporte des obligations de respect, tant à l’égard des états membres qu’à
l’égard des particuliers. Il produit des effets verticaux à l’état des états
membres mais également un effet horizontal, cad entre les états
membres. Ex : RGPD impose des obligations aux états mais également
aux entreprises.
3/ directement applicables : l’état membre n’a pas à adopter un acte
complémentaire pour le transposer. En cela, le règlement s’oppose
frontalement aux directives.
2) Les directives
Directives : imposent aux états membres un résultat à atteindre, mais en
leur laissant la possibilité de déterminer la forme et les moyens pour
atteindre l’objectif en question. Décision Gibraltar contre Conseil,
1993 : la CJUE utilise l’expression de « règlementation indirecte ». Dans le
TECE, on parlait de lois cadres.
La directive induit pour l’état une obligation de transposition dans l’ordre
interne :
- Adoption d’une loi de transposition
- Adoption d’une règlement de transposition
Il s’agit en France d’une obligation constit, car en l’état la directive n’est
pas applicable dans l’ordre juridique interne : c’est en transposant la
directive que l’état satisfait son obligation de mise en œuvre du droit de
l’Union. Comme l’indique le TFUE, l’obligation de transposition constitue
une obligation de résultat et non une obligation de moyen -> CJCE, 1980,
Commission contre Belgique.
Obligation de transposition : obligation de résultat. Dans la décision
précitée, la Cour précise qu’un « état membre ne saurait exciper de
difficultés internes ou de dispositions de son ordre juridique national,
même constitutionnel, pour justifier le non-respect des obligations et
délais qui résultent de l’obligation de transposition ».
Derrière cette obligation de résultat, l’état est aussi tenu d’éliminer toutes
les mesures nationales existantes qui entreraient en conflit avec la
directive. Les états membres doivent transposer dans un délai imparti :
pas + de 2 mois. Si ce délai est dépassé, les états membres se trouvent
dans une situation de manquement qui justifierait un recours en
manquement.
Avant l’expiration du délai, l’état n’a qu’une seule obligation : ne pas
prendre de mesures qui priveraient à l’avenir la directive de ses effets.
Cette règle a été rappelée dans une décision CJCE, 1997,
Interenvironnement Wallonie.
Par ailleurs, le juge de droit interne doit quant à lui interpréter le droit
national à la lumière de cette directive, quand bien même il a à se
prononcer sur des situations qui existaient avant le délai de transposition :
CJCE, 1987.
Concernant les directives non/mal transposées et pr lesquelles le délai
d’expiration est écoulé, sous certaines conditions les particuliers peuvent
tout de même invoquer le bénéfice des effets de cette directive.
3) Les décisions
Depuis Lisbonne, il existe une nvlle catégorie de normes : les décisions. 2
types :
- Avec destinataire : décisions qui s’adressent soit à un ou pls états
membres, soit à des personnes privées ou morales. Ex : amende
notifiée contre une entreprise par les instit eu (commission ou
conseil). Le destinataire doit être désigné et identifiable (
règlement qui a une portée générale et impersonnelle). La décision
doit donc lui être notifiée. La décision est un acte obligatoire -> le
destinataire doit l’appliquer, la décision est dotée d’un effet direct.
- Sans destinataire : utilisées dans le cadre de la PESC.
4) Les actes non contraignants
Recommandations et avis -> dépourvus de force obligatoire. Ces actes ne
font pas grief et sont donc en prcp insusceptibles de recours devant le
juge. On dit que les actes souples sont persuasifs -> pas de force
obligatoire DONC pas de recours juridictionnel.
Faire grief = porter préjudice donc ces actes ne portent préjudice à
personne parce qu’ils sont dépourvus de force obligatoire et n’ont pas de
force juridique.
Recommandations :
L’art. 292 TFUE précise les instit pouvant adopter des recommandations :
Conseil, Commission, BCE
Recommandations incitent les états à adopter une ligne de conduite,
quand bien même ils ne créent ni droit ni obligation -> outil d’orientation
des comportements et des législations dans chaque état membre. Cette
portée a été donnée dans un arrêt CJCE, 1957, Société des usines à
tubes de la Sarre : la Cour précise bien que les recommandations
doivent être de nature à éclairer d’autres dispositions nationales ou
communautaires.
Effets juridiques des recommandations : interpréter les législations
nationales -> pas d’effet juridique. Néanmoins, l’arrêt Grimaldi rendu le
11 sept. 2003 a brouillé les pistes : la Cour estime que les
recommandations disposeront d’un effet juridique si elles ont pour objet
de compléter les dispositions de droit communautaire
contraignantes (mais pas but initial). -> peuvent faire grief donc peuvent
faire recours devant la CJUE.
Avis :
Purement consultatif, moins d’effet de persuasion que pour les
recommandations.
B) Les actes hors nomenclature
N’ont pas de valeur contraignante en principe. Lorsque la Commission
publie des communications ou lignes directrices en matière d’aide d’état.
Dans ces communications, la commission expose aux états les grilles de
contrôle qu’elle va mettre en œuvre pour évaluer la légalité des aides qui
lui sont notifiées.
Décision Commission contre Conseil, CJCE, 1971 : La CJCE indique
que même si ces documents ne disposent pas du même caractère
contraignant que les règles juridiques classiques, elles s’imposent tout de
même à la Commission et acquièrent en ce sens un caractère
contraignant -> ouvre le recours en annulation contre ces actes.
« Tu respecteras la loi que tu t’es imposée toi-même ».
Les actes hors nomenclature sont les suivants :
- Accords inter-instit, cad entre les instit de l’UE : permet de mettre
en œuvre le prcp de coopération loyale.
- Conclusions : viennent résumer un débat qui s’est tenu au cours
d’une cession du Conseil (pas Eu). Dans ces conclusions, il peut y
avoir des déclarations strictement pôl mais parfois les conclusions
contiennent en leur sein des conclusions juridiques qui incluent donc
des effets de droit. Justiciabilité au cas par cas.
- Résolutions : présenter un programme d’actions dans un domaine
déterminé : pas d’effet juridique en prcp. Mais parfois, certaines
résolutions possèdent un contenu à effet normatif ou du moins qui
va inciter la Commission à agir dans un sens ou dans un autre.
- Communications de la Commission : pr faire état des pôl qu’elle
mène, la Commission publie souvent des communications ce qui lui
permet pr la même de mettre le doigt sur différents pb pôl qu’elle
doit surmonter, et lui permet enfin d’interpréter, clarifier une pôl
publique menée par l’UE. Ces communications prennent parfois la
forme d’un livre en amont du processus législatif.
Section 2 : Les rapports entre le droit de l’Union européenne et
les droits nationaux
I. Le principe de primauté du droit de l’Union européenne
A) La primauté du droit de l’Union
En droit international, le droit de l’Union est réputé hiérarchiquement
supérieur aux ordres juridiques internes des états membres -> arrêt
Costa contre Enel, 1964, CJCE : prééminence du droit
communautaire. Elle estime « qu’en vertu de la nature originelle du droit
de l’Union, le droit né du Traité ne peut se voir judiciairement opposer un
texte interne ».
La Cour précise que le fait d’avoir institué une communauté dotée d’instit
propres d’une part et le fait d’avoir limité la compétence des états dans
crtns domaines et surtout qu’ils aient transféré certaines compétences
d’autre part, cela vient justifier l’application du prcp de primauté.
La primauté du droit de l’Union sur le droit constit national a été rappelée
dans l’arrêt Melloni, CJUE, 26 fév. 2013.
Idée était d’immédiatement renforcer le processus d’intégration en
évitant que le droit ne varie en fonction des états membres -> prcp de
primauté instrumentalisé par la Cour car il vient servir un but pôl :
l’intégration. Pr cette raison, la Cour a été accusée de militantisme (gvnmt
des juges).
Il a été réaffirmé dans l’arrêt Simmenthal, 9 mars 1978 : la Cour
rappelle le prcp de primauté et vient le compléter du prcp d’effet direct.
Cela signifie :
1/ Que les règles du droit de l’Union doivent déployer leurs effets de
manière uniforme sur le territoire des états membres.
2/ Le droit de l’Union constitue une source de droits et obligations pr
les états membres et particuliers
3/ Tout juge interne a pr mission – en tant qu’organe d’un état membre –
de protéger les droits conférés aux particuliers par le droit de
l’Union.
4/ impose aux états et aux juges nationaux d’écarter toutes les
normes, même de valeur constit, qui seraient contraires au droit de
l’Union.
Selon l’art. 267 TFUE, la CJUE est compétente pr interpréter le droit
de l’UE s’il est obscur (voir théorie de l’acte clair). Le juge interne, qui doit
appliquer le droit Eu, est tenu de surseoir à statuer et demande à la Cour
d’interpréter l’acte et de répondre à la question que la juridiction nationale
lui pose.
La CJUE est également compétente pr déclarer illégal un acte dérivé
du droit de l’UE au regard du droit primaire. Cette question de
conventionalité peut se poser devant le juge interne et devra saisir la CJUE
d’un renvoi préjudiciel pour vérifier si l’acte est conforme au droit
primaire ou non. Ex : CJCE, décision Foto Frost, oct. 1987.
B) La conciliation avec la primauté de la Constitution
Le respect du primauté du droit de l’Union peut parfois porter atteinte au
respect de l’identité constit des états, et ce alors même que l’art. 4 §2 du
TUE indique qu’il protège d’identité des états membres. Cette identité est
parfois invoquée par les états membres lors qu’une action en annulation
pr déroger à l’application du droit de l’Union.
CJUE, Ass Plen, 2022, Hongrie contre Pt et Conseil : sanctions
budgétaires prononcées sur le fondement de l’atteinte au bon
fonctionnement de la justice hongroise, considérée comme une atteinte au
droit de l’Union -> recours en annulation par la Hongrie en faisant
prévaloir son identité nationale en ce qui concerne la liberté d’organisation
du système judiciaire.
Les juges de droit interne Fr considèrent que la Constit prime sur les
Traités internationaux : arrêt Sarran, CE, 1998 et Ccass arrêt Fraisse,
2000. -> Le droit de l’Union constitue une norme supra-législative mais
infra-constit.
Depuis le Traité de Maastricht a compliqué les choses : art. 88-1 constit
Fr prévoit que « la Rép participe à l’UE » -> la doctrine pense que cette
révision entraîne une forme de constitutionnalisation au droit de
l’Union.
Cette conciliation a posé 2 pb :
1/ Combinaison entre la QPC et la question préjudicielle.
Ccass, décision Abdeli, 16 avril 2010 : la Cour de Cassation va poser la
question à la CJUE de l’articulation du caractère prioritaire de la QPC avec
le prcp de primauté du droit de l’Union alors qu’en vertu des textes et
traités les juges doivent saisir la CJUE immédiatement en cas de question
préjudicielle. Si le CC se prononce sur la constit de la disposition
législative, en vertu de l’autorité de la chose jugée (art. 62 constit),
cela pourrait empêcher le juge interne de poser par la suite une question
préjudicielle à la CJUE.
Décision 12 mai 2010, CC donne son avis sur la question : il rappelle
que tout juge ordinaire peut lorsqu’il transmet une QPC statuer en urgence
pour prendre toute mesure provisoire nécessaire afin de faire cesser
l’incompatibilité de la loi avec les engagements internationaux. En tout
état de cause, l’art. 61-1 constit ne prive pas les juges du filtre de saisir la
CJUE d’une question préjudicielle car il s’agit évidemment d’une question
distincte de la QPC -> l’un n’empêche pas l’autre.
CJUE, Abdeli, 22 juin 2010 : CJUE rappelle que l’art. 267 TFUE ne doit
pas empêcher les juridictions nationales d’exercer leur faculté de saisir la
Cour d’une question préjudicielle, qui doit pouvoir se combiner avec une
procédure de contrôle de constit.
La CJUE précise en outre que :
- Les Cours doivent être en mesure de saisir à tout moment de la
procédure la CJUE d’une question préjudicielle.
- Les Cours doivent adopter toutes mesures nécessaires pour assurer
la protection des droits des particuliers qui découlent du
droit de l’Union.
- Les juridictions internes doivent être en mesure de ne pas appliquer
des dispositions de droit national si elles sont contraires au droit
de l’Union.
2/ Contrôle des lois de transposition de directive. Une directive
ne s’adopte qu’après une loi ou un acte admin. Le pb qui peut se poser
concernant ces lois de transposition tient au contrôle de constit de celles-
ci : cela revient à contrôler des lois qui sont finalement des miroirs des
directives européennes. Or, le CC refuse d’exercer un contrôle de
conventionalité des lois depuis la décision IVG de 1975.
Néanmoins, le CC va adopter une méthode pour exercer un contrôle de
ces lois (la transposition des directives est une obligation
constitutionnelle) : décision Loi sur le droit d’auteur, CC, 2006 -> le
conseil constit explique comment il va réaliser son contrôle sur ces lois de
transposition. Le CC n’a qu’un mois pr rendre sa décision -> il n’a pas le
temps de poser une question préjudicielle à la CJUE.
Pr dépasser ce pb de temporalité, le Conseil va déclarer qu’il ne peut
déclarer non conforme une loi de transposition que s’il est manifeste
(évident) que cette loi est incompatible avec la disposition qu’elle doit
transposer -> forme de contrôle de conventionnalité. Le CC va vérifier que
la loi de transposition n’aille pas à l’encontre d’un prcp inhérent à l’identité
constit de la France.
Pq le CC se limite-t-il à vérifier que la loi de transposition ne méconnaît
pas manifestement l’objectif de la directive ? Parce qu’il est tenu de faire
respecter l’obligation constit de transposition des directives donc il serait
simple de saisir la CJUE mais pas le tps donc pr quand même vérifier que
la France a respecté son obligation de transposition, il va vérifier que la loi
de transposition ne méconnaît pas manifestement les objectifs de la
directive.
II. L’applicabilité directe du droit de l’Union européenne
Pr que le droit de l’Union soit applicable, il faut la primauté mais aussi
l’effet direct : les particuliers peuvent se prévaloir des règles du droit de
l’Union et l’invoquer devant les juridictions nationales (l’arrêt
Simmenthal).
A) L’effet direct des traités et des règlements
Concernant le droit primaire, sont d’effet direct toutes stipulations
précisées inconditionnelles -> clair et sans précision d’exécution
nécessaire. Rappelé dans la décision CJUE, 5 avril 1979, Ratti.
Effet direct vertical -> s’applique de l’état vers les particuliers ET
horizontal -> s’applique entre les particuliers.
Concernant le droit dérivé (+ précisément les règlements), le prcp est
le même : les règles ont un effet direct dès lors qu’elles sont énoncées de
manière suffisamment claire et précise. En droit interne, le juge admin a
reconnu l’effet direct d’un règlement et a donc pu annuler un acte admin
qui entrait en contrariété avec le règlement : Décision Boidet 24 sep.
1990, CE.
B) La problématique de l’effet direct des directives
Les directives nécessitent un acte de transposition donc la question de
l’effet direct pose pb (sauf si dans les délais et correctement). Qu’en est-il
d’une transposition des états trop tardive ou non-avenue ?
En cas de retard dans la transposition, la CJCE a reconnu le droit pr
les justiciables d’invoquer l’application de la directive à l’encontre d’un
état membre défaillant : CJCE, Commission contre Allemagne, 2 mai
1996.
En cas de non-transposition ou de mauvaise transposition, la
responsabilité de l’état peut être engagée : Franco Vitsch contre Italie,
19 nov. 1981.
Décision Van Duyn 4 déc. 1974 : la Cour affirme l’effet direct des
directives dans l’ordre juridique national, dès lors que la directive est
suffisamment claire et inconditionnelle -> tout requérant peut se
prévaloir de l’effet direct d’une directive pour voir annuler un acte admin.
Un acte admin contrainte à une directive claire et inconditionnelle serait
irrégulier.
Un pb va se poser concernant les actes admin et individuels (= acte qui
vise une personne nommément identifiée, ex : OQTF). L’évolution
concernant l’invocabilité d’une directive s’est faite en deux temps :
- Décision Cohn-Bendit, CE, 22 déc. 1978 : invoque l’effet direct
d’une directive européenne pour éviter de quitter le territoire
Français -> le CE estime que l’effet direct ne vaut pas pour les actes
individuels. Soit en cas de mauvaise transposition ou en cas
d’absence de transposition, pas d’invocabilité possible pr le CE.
- Mme Perreux, CE, 30 oct. 2009 : une magistrate demandait à
voir annuler un arrêté de nomination d’une autre magistrate. Elle
soutenait que cet acte indiv méconnaissait une directive européenne
en matière de discrimination au travail. Pb : la directive n’avait pas
encore été transposée à la date où la décision individuelle a été
prise, mais le délai de transposition avait expiré. Le CE va rappeler
qu’en vertu de l’art. 88-1 constit, il existe une obligation de
transposition des directives et qu’en ce sens un justiciable pourra
demander l’annulation d’un acte admin indiv en se prévalant des
dispositions précises et inconditionnelles d’une directive si celle-ci
n’a pas été transposée dans les délais.
Pour contester la légalité d’un acte admin, on peut invoquer
l’inconventionnalité de l’acte par rapport à une directive.
Qu’en est-il d’une directive non-transposée dans les délais impartis ? Le
juge fait prévaloir l’effet direct des directives et indique que les autorités
nationales ne doivent pas faire application de règles qui ne seraient plus
compatibles avec les objectifs définis par les directives. Après le délai de
transpo :
- Les autorités nationales ne pourront pas adopter de nv actes admin
contraires aux objectifs d’une directive
- Les états membres sont tenus d’abroger l’ensemble des actes qui
seraient contraires aux objectifs de la directive. Cette obligation a
été rappelée dans la décision Alitalia, CE, 3 fév. 1989
LEÇON 7 : LES INSTITUTIONS POLITIQUES DE L’UNION
EUROPÉENNE
Le Conseil Européen et le Conseil défendent les intérêts des états
membres -> logique d’intégration. Le Pt européen représente quant à lui
les citoyens de l’Union. La Commission européenne (exécutif de l’UE)
représente l’intérêt de l’Union.
Section 1. L'instance de direction : le Conseil européen
Depuis 1961 se tiennent des sommets européens, qui réunissent soit les
chefs d’état soit les chefs de gvnmt. C’est lors du sommet de Paris (1974)
que ces réunions vont être institutionnalisées et prendre le nom de Conseil
Eu, mais il s’agissait d’une consécration informelle : il fallait attendre l’acte
unique de 1986 pour voir apparaître dans les traités le terme de Conseil
Eu, sans qu’il ne s’agisse pour autant d’une véritable instit eu.
C’est le Traité de Lisbonne qui fera du Conseil Eu une véritable instit.
I. Le statut organique du Conseil européen
Depuis le Traité de Lisbonne, il est prévu explicitement que le Conseil Eu
est constitué de chefs d’état ou de gvnmt -> art. 15 §2 TUE. Il est
aussi composé du président du Conseil Eu, du président de la
Commission, et du haut représentant de l’Union pr la pôl étrangère et
de sécurité (sorte de ministre des affaires étrangères de l’UE).
Le Traité de Lisbonne prévoit que ce Conseil se réunit 2 fois par semestre,
mais peut tenir des réunions extraordinaires.
Le président du Conseil Eu est Antonio Costa (ancien 1er ministre du
Portugal) depuis le 28 juin 2024. Ce président n’exerce pas de mandat
national en même tps et est élu par le Conseil eu pr 2 ans et demi,
renouvelable 1 fois.
Il assure la représentation extérieure de l’Union, assure un lien avec les
autres instit européennes, détermine les feuilles de route du Conseil eu, et
est président de séance (organise la tenue des débats).
L’art. 15 §1 TUE : le Conseil eu donne à l’Union les impulsions nécessaires
à son dvlpmt et en définit les orientations et les priorités. Concernant la
prise de décision, le TUE indique que la méthode privilégiée est celle du
consensus -> on ne recherche pas forcément l’unanimité. Certaines
décisions du Conseil Eu peuvent être cependant prises à la majorité
qualifiée
II. Le rôle du Conseil européen
Missions accomplies par le Conseil Eu :
1/ le rôle d’orientation du Conseil Eu : il exerce un rôle d’orientation
en matière éco et en matière d’action extérieure : art. 22 §1 TUE.
2/ actes juridiques du Conseil Eu, ce qui implique leur justiciabilité : le
Conseil Eu intervient dans la procédure de sanction prévue à l’art. 7 §2
TUE
3/ participation à la révision des Traités : il doit se prononcer à la
majorité simple lorsqu’un projet de révision lui est transmis par le Conseil.
4/ matière d’adhésion et de retrait : le Conseil Eu approuve les
critères d’éligibilité d’un état candidat, et idem pr procédure de retrait.
5/ rôle dans la nomination de crtnes instit/personnalités :
- Propose au Parlement Eu un candidat à la fonction de président de la
commission : art. 17 §7 TUE.
- Nomme à la majorité qualifiée la Commission, après approbation du
Parlement
- Fixe la composition du Parlement Eu : doit adopter à l’unanimité la
décision qui fixe la compo du Pt
- Nomme le haut représentant de l’Union pr les affaires étrangères, et
peut aussi mettre fin à son mandat : art. 18 TUE.
6/ arbitrage : tranche sur certaines décisions qui n’arrivent pas à être
tranchées au sein du Conseil
Section 2. La Commission européenne
La Commission n’est pas le gvnmt de l’union, même si indices qui
prouvent l’inverse, ex : sa compo est approuvée par le Pt Eu -> elle n’a
pas de légitimité propre parce que les commissaires européens sont
nommés par les états membres. Elle protège les intérêts de l’Union.
I. La composition de la Commission
Av. 2005,il y avait 20 membres et les grands pays pouvaient avoir jusqu’à
2 membres. Suite à l’élargissement de l’UE, le Traité de Lisbonne prévoit
désormais que la commission est composée d’un ressortissant par état
membre. Le mandat est de 5 ans.
Désignation des membres :
1/ le Conseil eu doit faire une proposition de nomination du Président
de la Commission en tenant compte des élections eu.
2/ le parlement élit le président de la Commission -> à la majorité
renforcée. Le Pt ne peut pas changer de candidat seul. En général, on va
choisir le chef de parti qui a gagné les élections européennes, même si ce
procédé est contesté car éminemment pôl. En 2019, cela n’a pas été le
cas et c’est Ursula Ven Der Layen qui a été élue alors qu’elle n’était pas
cheffe du partie gagnant. En 2024, elle l’est et a donc été réélue sans
difficulté par le parlement.
3/ proposition des membres par le Conseil sur la base des
propositions des états membres (et du parti gagnant).
4/ cette commission doit être approuvée par le Pt Eu -> investiture
collégiale
5/ la commission est nommée par le Conseil Eu à la majorité
qualifiée.
En Juil. 2024, Ursula devait former sa commission et cela a été chaotique :
le Pt n’avait en nov. 2024 nommé que 19 membres de la commission sur
les 27 + divergences sur les autres, comme ministre de la transition
écologique espagnole car en oct. 2024 ont eu lieu les inondations à
Valencia, et elle a été accusée d’en être responsable -> sa candidature a
été rejetée. Le commissaire hongrois a également posé pb car il était
chargé du portefeuille de la santé et du bien-être animal. Or, il tenait des
positions anti-IVG et sexistes, anti-LGBT etc -> n’a pas obtenu les voies
nécessaires.
Finalement, marchandages pôl (accords entre partis) et la commission
d’Ursula a été validée car les 3 groupes majoritaires au Pt ont accepté tous
les candidats de la présidente.
II. Les fonctions de la Commission
Les principales missions de la Commission sont posées par l’art. 17 TUE.
A) La fonction d'initiative
La Comm possède une mission générale d’initiative, car elle veille à
l’intérêt de l’UE :
- Présente le projet de budget de l’UE, art. 314 TFUE
- Propose un projet de révision des traités, art. 48 TUE
- A l’initiative normative de l’UE : la Comm initie un projet de
texte et ce n’est que dans un second temps que le Conseil de l’UE
pourra se prononcer sur cette proposition.
C’est la Comm qui initie le texte car c’est l’intérêt de l’Union qui doit
prévaloir sur les intérêts nationaux.
La PESC est un cas particulier : l’initiative est partagée entre le Haut
représentant de l’Union et un état membre.
Concernant l’espace de liberté et de justice, la Comm partage
l’initiative avec les états membres.
B) La mission de garde des traités
Art. 17 TUE : la Commission veille à l’application des traités ainsi que des
mesures adoptées par les instit -> mission de protection qui se décline en
2 volets :
- La Comm dispose d’un droit à l’information : lorsqu’elle a un
doute sur l’application des traités, elle peut demander aux
particuliers ou aux états membres des éléments pr vérifier leur
légalité.
- Moyens d’action dont dispose la Commission pr faire respecter les
traités :
o Vis-à-vis des particuliers, la Commission dispose d’un pvr de
sanction : art. 103 §2 TFUE. Ex : en matière de droit de la
concurrence, la Comm peut imposer des amendes aux
entreprises qui violent la concurrence.
o Vis-à-vis des états membres, la Commission, en tant que
gardienne des traités, pourra intenter un recours en manquement
-> permet de constater qu’un état membre a manqué à ses
obligations communautaires. C’est surtout la Commission qui
dispose de ce recours contre les états membres. Les états
membres disposent également de ce pvr mais ne l’utilisent pas.
C) Les fonctions exécutives
Dans le système eu, il est difficile d’identifier un vrai pvr exécutif sur le
plan organique. Sur le plan fonctionnel en revanche nous pouvons
identifier pls fonctions exécutives :
- Fonction d’exécution des règles arrêtées par le Conseil et le
Parlement à l’issue de la procédure de codécision. Cette fonction
peut correspondre à l’exercice d’une compétence règlementaire car
la Commission va adopter des règlements d’exécution pr mettre en
œuvre les grands textes adoptées par le Pt et le Conseil
(principalement les règlements).
- Mesures d’exécution budgétaire -> la Commission est chargée
d’exécuter le budget, conformément à l’art. 17 §1 TUE.
- Fonctions exécutives externes : elle va être chargée de négocier
certains accords internationaux entre l’Union et des états tiers, ou
entre l’Union et des organisations internationales (voir schéma plan).
Section 3. Le Parlement européen
Dès 1951, la CECA comportait « une assemblée commune ». En 1957, les
deux Traités de Rome prévoient chacun la création d’une assemblée, mais
ce n’est qu’en 1986 que l’acte unique européen va créer un Parlement
Européen -> nvlle instit.
I. L’organisation du travail parlementaire
Depuis 1997 (Traité d’Amsterdam), le siège du Pt Eu est fixé à
Strasbourg : c’est là que se déroulent les 12 sessions plénières par an
mais il y a aussi des sessions plénières additionnelles. Les commission
parlementaires ont lieu à Bruxelles et le secrétariat général du Pt est situé
à Luxembourg.
Au Pt eu, les travaux parlementaires reposent sur une session
annuelle qui commence tjrs le 2 e mardi du mois de mars. Il y a 12 périodes
de session plénière de 4j (donc ils doivent être à Strasbourg 4j par mois).
A l’image des sessions nationales, le déroulement des sessions
dépendent de l’ordre du jour adopté par les présidents. C’est aussi au sein
de cette conférence que va être attribué le temps de parole au sein des
grps pôl ; chaque groupe possède un effectif différent -> il faut respecter
le prcp d’égalité et le prcp de proportionnalité.
II. Les attributions du Parlement européen
A) Les pouvoirs de contrôle
1) Le contrôle organique
1/ Le contrôle-approbation = contrôle positif : il s’agit pr le Pt Eu
d’approuver la nomination des membres de la Commission Eu. L’art. 14
TUE indique que le Pt doit élire le Président de la Comm en tenant compte
des élections au Pt Eu -> on ne peut pas nommer un Président de Comm
dont le parti n’aurait fait que 5% aux élections européennes.
L’avis du Pt Eu est requis pour nommer les membres de la Cour des
comptes.
2/ Le contrôle-sanction = contrôle négatif : se rapproche de la motion
de censure. Le Pt peut, par le vote d’une motion de censure, contraindre la
Comm Eu à démissionner.
La motion doit être déposée par 1/10 des membres du Pt (72 membres).
Un délai de 3 jours doit ensuite s’écouler avant de voter la motion. Pour
être adoptée, la motion de censure doit être votée par la majorité des 2/3
des suffrages exprimés -> art. 17 §8 TUE et art. 234 TFUE.
Aucune motion de censure n’a adopté la majorité requise, et une seule
Comm a mis fin à son mandat avant son terme : sous menace d’une
motion de censure, la Comm a préféré démissionner. -> La motion est une
arme de dissuasion pr que la Comm entretienne des liens avec le Pt.
C’est une démission collective, et jusqu’à la nvlle nomination d’une Comm,
la démissionnaire est chargée des affaires courantes.
2) Le contrôle fonctionnel
Deux moyens principaux d’exercer ce contrôle fonctionnel :
- Mise en œuvre des moyens d’information dont dispose le Pt. Au
titre des moyens d’info dont dispose le Pt, chaque député peut poser
une question écrite tant à la Commission qu’au Conseil, qu’au
Président du Conseil, au Haut représentant de l’Union ou à la BCE.
- Questions orales avec débat : outil à disposition des Comm au
sein du Pt Eu, soit d’un grp politique soit au moins 1/20 des députés
du Pt.
- Interpellations : question posée à laquelle on répond par écrit et
qui peut être suivie d’un débat. Lorsque le député va recevoir une
réponse à sa question écrite, il peut avec au moins 1/10 des députés
demander l’inscription de la question à l’ordre du jour pour en
débattre oralement.
- Les commissions d’enquête : peut-être instituée à l’initiative de
¼ des membres du Pt -> Traité de Maastricht mais existaient
auparavant au sein du règlement Eu. En cas d’infraction ou de
mauvaise application du droit de l’Union, une Comm d’enquête peut
être créée et sous 3 mois elle peut élaborer un rapport qui fait
lumière sur l’infraction ou la mauvaise application du droit de
l’Union.
B) La participation au pouvoir décisionnel
1) Le pouvoir de décision en matière budgétaire
Le prcp du consentement à l’impôt est à l’origine du parlementarisme
(Boston Tea Party) « pas de taxation sans représentation ». Ce prcp a été
mis à mal lorsqu’en 1970 le système des contributions financières a été
remplacé par celui des ressources propres. Dans le système des
ressources propres, les ressources ne transitent plus par les budgets
nationaux et ne sont plus approuvées par les parlements nationaux alors
qu’autrefois le système des contributions était approuvé par chaque Pt
national.
C’est la raison pr laquelle le Pt intervient dans l’adoption du budget
annuel de l’UE.
Art. 314 TFUE : « le Pt eu et le Conseil, statuant conformément à une
procédure législative spéciale, établissent le budget annuel de l’UE ->
projet de budget établi par la Comm, le Conseil donne sa position puis le
Pt Eu a 42 jours pr approuver ou amender la position du Conseil.
2) Un pouvoir de décision limité en matière législative
1/ Le pouvoir d’initiative indirecte
A l’image des Pt nationaux, on s’attend à ce que les parlementaires
disposent d’une initiative législative et puissent ainsi déposer des
propositions de textes. Mais dans le système européen, il y a le principe
du monopole quasi exclusif de l’initiative au bénéfice de la
Commission car celle-ci représente l’intérêt général de l’Union.
Néanmoins, on parle de pvr d’initiative indirect car le Pt peut, à la majorité
de ses membres, demander à la Commission de soumettre une proposition
d’acte au Conseil. Cependant, si la Commission refuse aucun recours n’est
possible car il s’agit d’une décision purement pôl, mais la Comm devra
donner les motifs du refus au Pt.
2/ La procédure législative ordinaire : la codécision
A l’origine, le Pt ne détenait d’un pvr consultatif, mais désormais ce pvr de
décision confié au Pt lui permet d’être coauteur de crtns actes
communautaires avec le Conseil -> art. 294 TFUE. La procédure contient
3 lectures entre lesquelles s’insère le mécanisme de la conciliation :
- La Commission propose une procédure législative au Pt.
Lorsque c’est la Comm qui initie, c’est le Pt Eu qui a la possibilité
d’amender la proposition. Ensuite, le Conseil de l’UE pourra modifier
le texte ou l’adopter en l’état.
- Si ce n’est pas adopté en l’état (amendements), s’initiera la 2ème
lecture. Le Pt Eu va examiner les amendements adoptés par le
Conseil et dans un délai de 3 mois, il pourra :
o Approuver la proposition
o Rejeter la proposition : si cela est voté à la majorité absolue
des membres du Pt, le texte est exclu de la procédure
législative
o Le Pt peut proposer des amendements au texte adopté par le
Conseil et ce, à la majorité absolue des membres du Pt. Ce nv
texte tel qu’amendé par le Pt sera ensuite soumis au Conseil
et à la Comm. Si le Conseil approuve tous les amendements
du Pt, l’acte est adopté. Si il n’adopte pas les amendements,
une procédure de conciliation sera engagée dans un délai de 6
semaines.
- Procédure de conciliation : un comité de conciliation va être
constitué et va réunir les représentants des 27 états membres et 27
membres du Pt Eu. Ce comité devra représenter l’importance des
grps pôl au Pt. Dans un délai de 6 semaines, le comité devra trouver
un compromis et adopter un projet commun. S’il ne se met pas
d’accord dans le délai prévu, l’acte sera réputé comme non-adopté
et la procédure sera terminée. A l’inverse, si le comité approuve le
projet commun il faudra aboutir à une 3 ème lecture : le projet sera
soumis au Conseil et au Pt pr confirmation (6 semaines pr
l’approuver), à la majorité qualifiée pour le Conseil et pr le Pt à la
majorité des suffrages exprimés -> lorsque les deux instit l’ont voté,
le texte sera signé et adopté (voir schéma).
Section 4. Le Conseil (de l’UE)
C’est l’instit qui représente les intérêts des états membres. ⚠️ Quand bien
même il participe à l’adoption des actes législatifs, il ne faut pas associer
le Conseil à une chambre Haute qui représenterait l’intérêt des états
fédérés.
Art. 16 §1 TUE définit les fonctions du Conseil ; il dispose que « le Conseil
exerce conjointement avec le Pt Eu les fonctions législatives et
budgétaires. Il exerce également les fonctions de définition des pôl ».
Le Conseil possède cette faculté d’identifier les pôl publiques et de leur
donner une certaine orientation -> c’est ce qui explique que la Comm ne
représente pas vrmt un gvnmt, puisque le Conseil le fait aussi (si l’on s’en
tient à l’art. 20 constit Fr).
Le conseil possède également des compétences exécutives ; il est
notamment chargé de mettre en œuvre le pôl de sécurité et de défense. Il
va également être chargé, avec la Comm, de conclure des accords
internationaux au nom de l’UE, mais sa fonction principale reste celle
d’adopter des actes avec le Pt Eu.
I. Composition
Le Conseil est souvent associé à une forme de Conseil de ministres, cf.
TECE voulait adopter l’appellation de Conseil des ministres (mais TECE
refusé) -> sur le plan organique, ce sont les ministres de chaque état qui
vont siéger au sein du Conseil en fonction de l’ordre du jour de celui-ci.
Ex : pourront siéger au sein du Conseil les ministres des affaires
étrangères de chaque état, si les textes en discussion y sont relatifs.
Contrairement aux apparences, le Conseil ne constitue pas un organe
intergvnmtal mais une instit à part entière de l’Union : lorsque les
représentants des états membres participent au Conseil, ils sont
considérés comme des membres de celui-ci qui peuvent décider librement
sans que leurs décisions n’aient besoin d’être approuvées au niv national
(même s’il agit tout de même dans l’intérêt du pays).
Formations du Conseil :
Le conseil siège en différentes formations, prévues par le TUE :
- Conseil aux affaires étrangères présidé par le représentant de
l’Union pr la pôl étrangère et composé des ministres des affaires
étrangères
- Conseil des affaires générales : instance qui assure la cohérence
des travaux des autres formations du Conseil -> organe permanent
qui assure le fonctionnement général.
En parallèle, il y a d’autres formations thématiques mais non listées
expressément dans le TUE, elles peuvent varier en fonction du contexte et
son adoptées sur décision du Conseil Européen. En ce moment, il y en a 8,
ex : formation des affaires économiques et sociales.
La présidence du Conseil est semestrielle ; depuis le 1er janv, c’est
Donald Tusk qui préside le Conseil pr la 2 ème fois. C’est le Conseil
Européen qui organise la rotation de la présidence du Conseil, qui
fonctionne par grp de 3 états membres, justement pr tenir compte de la
diversité et des équilibres géographiques au sein de l’Union.
Tusk a placé son programme sous le signe de la défense Européenne (en
gros).
A la fin des 6 mois, un bilan est fait sur la présidence passée et un
débat au Pt Eu sur l’échec ou la réussite de celle-ci.
Existence du comité des représentants permanents : organe permanent
qui prépare le travail des formations en l’absence des différents ministres
lorsque ceux-ci rentrent dans leur capitale respective.
II. Le fonctionnement du Conseil
A) Les procédures majoritaires
Le Traité de Lisbonne fait du vote à la majorité qualifiée la procédure
de prcp -> art. 16 §3 TUE. Les cas où le conseil se prononce à la
majorité simple sont strictement délimitées par le traité et concernent des
décisions moins importantes, comme des décisions de procédure.
Pendant qq années au Conseil, on votait à l’unanimité. En 1965, il était
question de réformer le système de vote au Conseil (passer de l’unanimité
à la maj) -> De Gaulle a décidé de suspendre la représentation de la
France au Conseil -> POLITIQUE DE LA CHAISE VIDE.
La majorité qualifiée se définit comme étant égale à au moins 55% des
membres du Conseil, donc 15 états sur 27 qui doivent réunir au moins
65% de la pop de l’Union.
le 1er seuil (55%) permet de traiter les états à égalité.
le 2ème seuil tient compte du poids respectif de chaque état (ex :
France = 15% de la pop de l’Union Eu) -> tient compte de la diversité
démographique avec une dimension proportionnelle.
B) Les procédures à l'unanimité
N’est pas caractéristique d’une organisation qui vise l’intégration pôl ->
logique intergvnmtale.
Néanmoins parce que l’UE sui generis (instit particulière), on est obligés
d’adopter des procédures à l’unanimité. Ex : PECS ou réforme du mode
d’élection au Pt Eu. La logique dominante depuis le Traité de Lisbonne est
le passage de l’unanimité à la maj qualifiée ce qui renforce la logique
d’intégration (une 20aine de décisions ont fait l’objet de ce passage)
Clauses passerelles
CHAPITRE 8 : LES INSTITUTIONS DE
L’UNION EUROPÉENNE : LA COUR DE
JUSTICE DE L’UNION EUROPÉENNE :
À l’origine, l’Union européenne n’est qu’une union économique et non une
communauté
internationale. Il n’existe pas de mécanisme clair pour appliquer le droit.
➔ C’est pourquoi le Conseil a encouragé la création de la CJUE.
Dans la déclaration de Schuman du 9 mai 1950, les mots « juges », «
justice » ou «
juridiction » n’apparaissent pas.
On ne trouve que la mention suivante : « les dispositions appropriées
assureront les voies de
recours nécessaires ».
Lors de la négociation du traité de Paris en 1951, ce sont principalement
les partenaires de la
France, de l’Allemagne, de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Italie et du
Luxembourg qui
identifient la nécessité de créer des juridictions propres aux Communautés
européennes.
Très vite, il devient indispensable de créer une institution qui se substitue
aux mécanismes
diplomatiques traditionnels pour garantir le respect du droit.
C’est dans un second temps que la France comprend l’intérêt de se doter
d’une juridiction
communautaire autonome.
La difficulté principale réside dans la délégation de la souveraineté
nationale à une juridiction
supérieure.
Plutôt que de créer une juridiction entièrement nouvelle, on choisit de
s’appuyer sur un
modèle juridictionnel déjà défini et reconnu, largement inspiré du
fonctionnement
administratif français.
Le recours juridictionnel privilégié devant la CJUE s’appuie donc sur le
modèle de l’excès de
pouvoir français.
Toutefois, un doute persiste quant au modèle de justice à établir.
En réalité, la Cour oscille entre une juridiction de type administratif et une
juridiction
constitutionnelle qui se rapproche d’une cour suprême.
Durant les premières années d’existence de la Cour, l’ensemble des
juridictions nationales
contribue à définir et préciser son rôle.
Cela enrichit son fonctionnement mais le rend aussi plus complexe. Cette
complexité
s’accentue lorsque le Royaume-Uni intègre l’Union européenne.
SECTION I : LA CJUE, UNE JURIDICTION ORIGINALE :
I. ENTRE JURIDICTION ADMINISTRATIVE ET JURIDICTION
SUPRÊME :
L’influence de la justice administrative française est perceptible lorsqu’on
lit les travaux
préparatoires qui ont précédé la création de la Cour.
Le modèle français a servi de référence.
Deux indices permettent de rapprocher le juge administratif français de la
CJUE :
- L’ouverture du recours en annulation aux particuliers, qui ressemble au
recours pour
excès de pouvoir en droit administratif français.
- Les moyens d’annulation existant en droit administratif français ont été
repris dans le
contentieux européen.
Sur le plan organique, l’influence du Conseil d’État français sur la CJUE est
visible :
- La création des avocats généraux rappelle la fonction des commissaires
du
gouvernement désormais appelés rapporteurs publics.
- Les rapporteurs publics, qui sont des magistrats administratifs, proposent
une décision
aux juges en rédigeant des conclusions.
Le rôle de l’avocat général est de présenter publiquement, en toute
impartialité et
indépendance, des conclusions motivées sur les affaires soumises à la
Cour afin de l’assister
dans sa mission qui est d’assurer le respect du droit dans l’interprétation
et l’application des
traités.
➢ Décision Cour de Justice 2000 EMESA SUGAR
➔ La Cour a reconnu que les conclusions des avocats généraux doivent
être impartiales
et indépendantes.
Pour la France, le Conseil d’État a joué un rôle essentiel dans le
développement de la Cour et
de nombreux conseillers d’État français ont occupé des postes d’avocats
généraux.
Aujourd’hui, le représentant français à la CJUE est un membre du Conseil
d’État.
Le lien entre la CJUE et une cour suprême se manifeste par la méthode
d’interprétation
utilisée par la Cour qui est de nature téléologique :
La CJUE, à l’instar d’une cour suprême, s’est progressivement arrogé la
compétence de faire
respecter une forme de constitution matérielle en veillant au caractère
démocratique et libéral
de l’Union européenne.
➢ Arrêt INTERNATIONALE HANDELSGESELLSCHAFT du 17 décembre 1970
➔ La Cour s’est octroyé la liberté de faire respecter les droits et libertés
fondamentaux.
La CJUE a pour mission de garantir la cohérence du droit au sein de l’ordre
juridique de
l’Union européenne.
Elle veille à la réalisation des objectifs poursuivis par les Communautés, ce
qui peut être
rapproché d’une démarche constituante dans le sens où elle protège les
valeurs fondamentales
de l’Union.
Décision de 2013 : La CJUE qualifie l’Union européenne d’« Union de droit
» dans laquelle
les institutions sont soumises au contrôle de conformité de leurs actes.
II. L’ORGANISATION DE LA COUR DE JUSTICE :
A. L’organisation interne :
La CJUE est composée de 27 juges assistés par 11 avocats généraux.
Six postes d’avocats généraux sont réservés aux États les plus puissants
et les cinq autres sont
attribués par rotation.
Depuis le traité de Nice, la présentation des conclusions par l’avocat
général est devenue
facultative.
Aujourd’hui, la moitié des décisions rendues le sont sans conclusion.
Les juges et avocats généraux sont nommés pour six ans renouvelables.
Selon le TFUE, ils doivent être indépendants et posséder les compétences
nécessaires pour
exercer les plus hautes fonctions juridictionnelles.
Le traité de Lisbonne a introduit un comité formé d’anciens juges
européens et de juristes
qualifiés qui donnent un avis préalable sur la capacité des candidats.
Les juges de la Cour élisent un président pour trois ans renouvelables qui
dirige les travaux de
la juridiction. Le président actuel est Koen Lenaerts.
B. Les formations de jugement :
Le principe initial était que la Cour siège en formation plénière.
Cependant, dès l’origine, il était possible de créer de plus petites
chambres pour certains
contentieux ou certaines phases d’un contentieux.
Pendant longtemps, le jugement par chambre était l’exception.
Aujourd’hui, pour plus de souplesse, c’est devenu le principe et la
formation plénière est
l’exception.
Il existe dix chambres composées de trois à cinq juges.
Depuis le traité de Nice, la Cour repose sur une nouvelle organisation.
Le principe est celui du jugement en grande chambre. L’assemblée
plénière reste cantonnée
aux affaires exceptionnelles.
➢ Article 251 TFUE
➔ La grande chambre est composée de 15 juges dont le président et le
vice-président de
la Cour.
Les 27 juges ne siègent pas tous en même temps, sauf en cas de
formation plénière.
Réforme entrée en vigueur le 1er octobre 2024 :
➔ Cette réforme concerne la nomination des avocats généraux et
l’organisation du
tribunal de première instance de l’UE. Les juges du tribunal de première
instance
élisent parmi eux les membres appelés à exercer la fonction d’avocat
général.
La nomination d’avocats généraux au sein du tribunal de première
instance permet à cet
organe d’être plus compétent.
III. LE TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE DE L’UNION :
A. Origine et organisation :
Depuis 1986, une juridiction de première instance a été créée pour
désengorger la Cour de
justice.
Décision de 1988 du Conseil qui crée la juridiction.
➔ Le tribunal compte 54 juges, soit deux juges par État membre.
Les juges sont désignés par les États membres.
Au sein du tribunal, le principe est le jugement par chambres.
Pour faciliter le fonctionnement de la justice et réduire les délais, il est
possible depuis 1999
que le tribunal statue en formation de juge unique pour certains
contentieux.
B. Les compétences du tribunal :
Depuis le traité de Nice, le tribunal de première instance est le juge de
droit commun pour
tous les recours directs, même ceux introduits par les acteurs
institutionnels.
Le tribunal a admis sa compétence en matière de questions préjudicielles.
Depuis 2022, la CJUE a demandé que certaines questions préjudicielles
soient transférées au
tribunal de première instance.
Ces questions concernent cinq domaines représentant 20 % des questions
préjudicielles
actuelles.
Réforme entrée en vigueur en octobre 2024 :
➔ La CJUE transfère au tribunal les compétences dans des domaines
spécifiques.
Les compétences du tribunal :
- Recours directs introduits par une personne physique ou morale contre
les institutions.
- Recours formés par les États membres contre la Commission.
- Recours contre le Conseil.
- Recours visant à demander réparation pour les dommages causés par les
institutions
européennes.
- Recours fondés sur des contrats passés par l’UE qui prévoient la
compétence du
tribunal.
- Compétence pour les pourvois en droit de la fonction publique de l’UE.
SECTION II : LES DIFFÉRENTS TYPES DE CONTENTIEUX :
LE CONTENTIEUX DE LA LÉGALITÉ :
I. Un pourvoi peut être introduit dans un délai de deux mois contre une
décision du tribunal.
Ce pourvoi doit être limité aux questions de droit qui incluent la
compétence du tribunal, les
irrégularités de procédure ou la violation du droit de l’Union.
Pour les questions préjudicielles, en principe, il n’existe pas de recours
sauf si la décision
implique un principe susceptible d’affecter la cohérence du droit de
l’Union.
A. Le recours en annulation :
Le recours en annulation pour excès de pouvoir vise à faire disparaître un
acte juridique de
manière rétroactive.
Comme en droit administratif français, ce recours prévu par l’article 263
du TFUE consiste à
demander l’annulation d’un acte pour illégalité.
En cas d’annulation, l’acte est considéré comme nul.
➢ Article 266 du TFUE
➔ Impose à l’auteur de l’acte d’adopter toute mesure nécessaire pour
remettre la
situation juridique en l’état, généralement en adoptant un nouvel acte
conforme à la
légalité.
1. Les conditions de recevabilité :
Le délai pour agir contre un acte est de deux mois.
Ce délai commence à courir à partir de la publication, de la notification de
l’acte ou dès que le
requérant en a eu connaissance.
➔ Ce délai court est justifié par la nécessité de préserver le principe de
sécurité juridique.
Le recours en annulation est ouvert pour les actes décisoires qui
produisent des effets
juridiques.
Les actes non décisoires, tels que les avis ou recommandations, ne
peuvent pas faire l’objet
d’un recours en annulation.
➢ Décision IBE contre Commission, 11 novembre 1990
➔ Un acte qui produit un effet juridique est un acte de nature à affecter les
requérants en
modifiant leur situation juridique.
Les actes préparatoires ne sont pas justiciables car ils ne produisent pas
d’effets juridiques.
Exemple : Dans l’affaire de la vache folle, la France avait refusé de lever
l’embargo sur la
viande britannique.
La CJUE a rejeté le recours de la France contre une déclaration d’un
commissaire européen
car il s’agissait d’un acte préparatoire sans effets juridiques.
Le recours en annulation est irrecevable vis-à-vis des actes d’ordre
intérieur, qui ne produisent
pas d’effets juridiques externes significatifs.
Par exemple, la nomination de membres d’une commission d’enquête est
considérée comme
un acte intérieur insusceptible de recours.
Le recours en annulation n’est pas ouvert pour les actes de droit primaire
ni pour les
conventions internationales conclues entre un État tiers et l’Union.
Depuis le traité de Lisbonne, le recours en annulation est recevable contre
les actes législatifs,
les actes du Conseil, ceux adoptés par la Commission, la Banque centrale,
le Parlement
européen et contre les actes adoptés par le Conseil européen lorsqu’ils
produisent des effets à
l’égard des tiers.
Principe : La CJUE n’est pas compétente pour les dispositions relatives à la
PESC ni pour les
actes adoptés sur le fondement de l’article 275.
Exception : La CJUE est compétente en matière de PESC pour se prononcer
sur la légalité des
mesures restrictives prises contre des personnes physiques ou morales.
En matière d’espace de liberté, de sécurité et de justice, la CJUE n’est pas
compétente pour
vérifier la légalité des opérations en matière de police ou d’autres services
répressifs d’un État
membre.
Elle ne peut pas non plus contrôler les services relevant du maintien de
l’ordre public et de la
sécurité intérieure.
2. Les requérants qui peuvent intenter un recours en annulation :
Trois catégories de requérants peuvent introduire un recours en
annulation :
- Catégorie des requérants privilégiés :
Ils n’ont pas à démontrer l’existence d’un intérêt à agir.
Ce sont les institutions de l’UE : la Commission, le Conseil, le Parlement,
les États membres.
Leur recours vise à protéger la légalité de l’ordre européen.
- Catégorie des requérants institutionnels semi-privilégiés :
Ils peuvent avoir recours uniquement pour défendre leurs prérogatives.
Il ne leur est pas permis de recourir librement contre tout acte adopté par
une institution.
➔ Ce groupe comprend la Banque centrale européenne, la Cour des
comptes, le Comité
des régions et le Conseil européen.
- Catégorie des requérants particuliers :
Les personnes physiques et morales doivent démontrer leur qualité à agir
et leur intérêt à agir.
L’intérêt à agir doit être direct, c’est-à-dire que le requérant doit être
directement concerné par
l’acte qu’il souhaite contester.
Il faut que l’acte produise sur le requérant des effets immédiats qui le
privent de ses droits.
➢ Article 263 TFUE
➔ Prévoit la condition de l’effet direct et du caractère individuel pour
pouvoir agir.
Le caractère individuel suppose que le requérant se distingue par des
circonstances
particulières en rapport avec l’objet de l’acte, au sein d’un cercle fermé de
personnes
concernées.
Exemple : Un parlementaire européen n’est pas individuellement concerné
par une
modification générale du règlement intérieur du Parlement, sauf si cette
modification affecte
spécifiquement son immunité ou ses prérogatives.
3. a. Les moyens de légalité invoqués :
Les moyens de légalité externe :
L’incompétence :
L’incompétence concerne la capacité de l’institution à adopter un acte qui
ne relève pas de son
domaine de compétence.
➢ Arrêt Dévers 1986
➔ La demande de remboursement par une campagne parlementaire
européenne est
rejetée par la Cour de justice car cela relève du droit interne.
Les violations procédurales :
Le défaut de motivation d’un acte constitue un vice de forme.
Les vices de procédure :
Lors de l’élaboration d’un acte, certaines vérifications peuvent être
omises, entraînant un vice
de procédure.
b. Les moyens de légalité interne :
Violation de la légalité du droit communautaire :
Le contrôle de légalité vise à vérifier la conformité d’un acte avec les
traités, les accords
externes, le droit dérivé et les principes généraux du droit.
➔ Ce contrôle permet de détecter une éventuelle erreur de droit.
Le juge peut également vérifier l’erreur de fait, c’est-à-dire lorsqu’un acte
repose sur une
mauvaise qualification matérielle des faits.
Détournement de pouvoir :
Ce contrôle permet de vérifier si l’auteur de l’acte n’a pas poursuivi un but
différent de celui
pour lequel il est censé agir.
Les motifs peuvent inclure des erreurs pures de fait.
Cour 20/03/2025
Le recours en carence :
B. ➢ Article 265 TFUE
> Établit que le recours en carence ne vise pas à censurer un acte mais
plutôt l’absence
d’acte, autrement dit, une abstention de l’institution qui devait agir mais
ne l’a pas fait.
Il s’agit donc d’un recours complémentaire au recours en annulation.
Décision CHEVALEY : « Le recours de France et le recours en annulation ne
forment que
l’expression que d’une seule et même force de droit. »
Le recours en carence peut être dirigé contre :
Il y a eu trois évolutions importantes concernant les institutions contre
lesquelles ce recours
peut être intenté :
- À l’origine, le traité de Rome ouvrait ce recours contre les inactions du
Conseil et de
la Commission.
- Le traité de Maastricht a ajouté le Parlement européen et la Banque
centrale
européenne.
- Le traité de Lisbonne a élargi ce recours au Conseil européen et, plus
largement, à
toutes les institutions européennes.
Identifier une carence :
➢ Article 265 TFUE
➔ Vise les cas où une autorité s’abstient de statuer alors qu’elle devait le
faire. Pour
identifier une carence, il faut établir l’existence d’une obligation d’agir.
Deux cas de figure existent :
- Lorsqu’il s’agit d’une situation de compétence liée : l’institution est
obligée d’agir et
ne dispose d’aucune autonomie décisionnelle.
- Lorsque l’institution dispose d’un pouvoir d’appréciation : si elle bénéficie
d’une
marge de manœuvre, elle n’est pas obligée d’agir.
Pour qu’une carence soit reconnue, il faut pouvoir identifier une inaction
précise.
L’abstention doit être véritable, c’est-à-dire que l’institution ne doit pas
avoir pris un acte
différent de celui qui était souhaité.
Le caractère abusif du délai de la carence doit être établi pour que
l’inaction puisse être
sanctionnée.
Qui peut agir :
Il existe deux types de requérants :
• Les requérants institutionnels : toutes les institutions peuvent intenter
un
recours en carence, à l’exception de la CJUE elle-même.
• Les requérants particuliers : Les particuliers peuvent agir contre une
institution
ou un organe de l’Union pour ne pas avoir adopté un acte autre qu’une
recommandation ou un
avis.
• Les États membres peuvent également intenter un recours en carence.
Comment agir :
La procédure de recours en carence est soumise à un double délai.
Il faut d’abord inviter formellement l’institution à agir.
Celle-ci dispose alors de deux mois pour prendre une décision. Si elle ne
répond pas, un
second délai de deux mois s’ouvre au cours duquel la CJUE peut être
saisie.
Si, durant ce délai, l’institution adopte un acte, l’action en carence prend
fin.
En cas de carence établie
➢ Article 266 TFUE
➔ Les institutions mises en cause sont tenues de prendre les mesures que
comporte
l’arrêt de la CJUE.
Il s’agit ici d’une décision déclaratoire dépourvue de force exécutoire.
La CJUE n’agit pas directement mais reconnaît officiellement la carence.
Une fois la décision déclaratoire adoptée, l’institution dispose d’un délai
raisonnable pour
agir.
En cas de nouvelle inaction, un nouveau recours en carence peut être
intenté. Par ailleurs, la
responsabilité extracontractuelle de l’Union peut être engagée.
II. LE RECOURS AU MANQUEMENT :
Le recours en manquement s’adresse spécifiquement aux États membres.
C’est principalement la Commission européenne qui dispose du pouvoir
discrétionnaire
d’engager ce recours lorsqu’elle considère qu’un État membre a manqué à
l’une des
obligations qui lui incombent en vertu des traités.
➢ Article 258 TFUE
➔ Ce recours vise à sanctionner un manquement d’un État membre à ses
obligations
issues des traités.
Lorsque la Cour de justice constate un manquement, l’effet immédiat est
d’obliger l’État
concerné à se conformer à ces obligations.
Si ce manquement résulte d’un acte interne contraire au droit de l’Union,
la Cour de justice ne
peut pas l’annuler directement.
Ce sont les juridictions nationales, soumises au principe de primauté du
droit de l’Union, qui
doivent en tirer les conséquences en annulant l’acte ou en cessant de
l’appliquer.
L’objectif est de préserver la souveraineté des États membres en leur
demandant de tirer eux-
mêmes les conséquences d’un manquement.
A. L’appréciation matérielle de la violation :
1. La nature des obligations violées :
Il peut s’agir de l’action ou de l’inaction d’un État membre concernant :
- Le droit primaire.
- Le droit dérivé (article 280 TFUE).
- Les arrêts de la Cour de justice qui disposent d’une autorité
contraignante.
- Les accords extérieurs signés par l’UE.
- Les principes généraux du droit.
2. La nature de la violation :
La violation peut résulter de l’adoption d’un acte interne contraire au droit
de l’Union.
Elle peut également résulter d’un refus de prendre des mesures
conformes au droit de l’UE,
ou d’une transposition tardive d’une directive lorsque le délai fixé est
dépassé.
Un État membre peut être accusé de maintenir un acte qui, bien qu’il ait
été légal au départ,
est devenu contraire au droit de l’Union.
Une simple pratique administrative peut constituer un manquement si elle
est permanente.
De manière générale, le manquement peut être relié au manquement à
l’obligation de loyauté
entre l’UE et les États membres.
➢ Article 4 TFUE
➔ Implique une obligation de coopération loyale entre l’UE et les États
membres.
B. Appréciation personnelle de la violation :
Le manquement peut être constaté quel que soit l’organe de l’État : il peut
provenir des
pouvoirs législatif, exécutif, administratif ou juridictionnel, y compris
d’institutions
indépendantes.
Concernant les organismes de droit privé, certains peuvent être concernés
si l’État exerce un
contrôle direct ou indirect sur eux.
Manquement juridictionnel
La question est de savoir si un État membre peut être tenu responsable
d’une décision d’une
juridiction suprême rendue en violation du droit de l’Union.
➢ Arrêt KÖBLER, CJUE, 30 septembre 2003
➔ La Cour admet qu’un État membre peut être responsable d’un
manquement du fait
d’une décision juridictionnelle en dernier ressort qui méconnaît le droit de
l’Union.
➢ Arrêt Commission européenne contre France, CJUE, 4 octobre 2018
➔ La Cour de justice a condamné le Conseil d’État français pour avoir
refusé de poser
une question préjudicielle, ce qui constitue un manquement.
C. Les faits justificatifs du manquement :
La Cour refuse d’accepter les faits justificatifs invoqués par les États
membres, en raison du
principe de primauté du droit de l’Union.
Faits justificatifs non retenus :
- Hypothèse de l’exception d’inexécution
Le manquement d’un autre État membre au sein de l’UE ou la carence des
institutions
communautaires ne peut être invoqué comme justification d’un
manquement. L’État qui se
plaint doit engager un recours en manquement.
- Hypothèse d’exception d’illégalité
Un État ne peut invoquer l’illégalité d’un acte de l’Union comme excuse,
car il a la possibilité
d’intenter un recours en annulation pour vérifier la légalité de l’acte.
- Hypothèse de la réserve d’ambiguïté
L’État ne peut invoquer le caractère incertain ou ambigu d’un acte ou
d’une obligation
reprochée. Il doit, pour lever le doute, poser une question préjudicielle.
- La force majeure
Un État membre ne peut invoquer la situation de son ordre juridique
interne ou des crises
intérieures pour justifier une violation de ses obligations issues du droit
communautaire.
➢ Décision Commission contre France, CJUE, 12 février 1988
➔ La force majeure est rarement retenue car les États membres doivent
informer la
Commission dès qu’ils rencontrent des difficultés particulières pour
trouver une
solution appropriée.
Cette approche découle de l’obligation de coopération loyale, qui impose
une collaboration
entre la Commission et l’État membre pour surmonter les difficultés tout
en respectant les
obligations des traités européens.
D. La constatation du manquement :
1. L’engagement de la procédure :
Il existe deux hypothèses pour engager la procédure de constatation de
manquement :
• L’initiative de la Commission
➢ Article 258 TFUE
➔ Cette procédure est la plus courante, car la Commission est la
gardienne des traités.
La procédure se déroule en deux phases :
La phase précontentieuse commence lorsque la Commission reçoit des
informations,
généralement de la part d’un État membre, indiquant un potentiel
manquement.
Des discussions officieuses sont alors engagées avec l’État concerné pour
clarifier la situation
et tenter de résoudre le problème.
Si l’État n’apporte pas de réponse satisfaisante ou si la Commission reste
dans le doute, une
procédure formelle est ouverte.
La phase contentieuse débute lorsque la Commission met en demeure
l’État de présenter ses
observations dans un délai imparti.
Si l’État reste sur sa position, la Commission peut alors rendre un avis
motivé qui confirme
l’existence d’un manquement et précise les mesures à prendre pour y
mettre fin.
En cas de persistance de l’État dans son manquement malgré cet avis, la
Commission peut
saisir la CJUE. La décision de saisir la Cour relève du pouvoir
discrétionnaire de la
Commission.
• L’initiative d’un État membre
➢ Article 259 TFUE
➔ Cette disposition permet aux États membres d’intenter une action en
manquement
contre un autre État membre.
Dans cette procédure, la Commission joue un rôle essentiel, car l’État
plaignant doit d’abord
la saisir. Si la Commission ne répond pas dans un délai de trois mois, l’État
peut saisir
directement la CJUE.
Si la Commission répond, un débat contradictoire est organisé entre les
deux États membres.
À l’issue de ce débat, la Commission émet un avis sur l’existence ou non
d’un manquement.
Néanmoins, l’État peut toujours saisir la CJUE même si la Commission
estime qu’il n’y a pas
de manquement.
2. La conclusion de la procédure :
Lorsque la Cour est saisie, elle peut adopter différentes mesures pour
mettre fin au
manquement :
- Mesures d’urgence.
- Mesures conservatoires visant à faire cesser une situation d’illégalité.
- Suspension de l’exécution des mesures nationales en cas de requête
pour des
dommages irréparables.
La Commission émet une décision accompagnée de mesures, mais cet
arrêt reste déclaratoire.
La Cour de justice ne peut pas annuler directement les mesures nationales
; elle se contente
d’indiquer leur incompatibilité avec le droit de l’Union.
L’arrêt de la Cour dispose de l’autorité de la chose jugée.
➔ Cela implique que l’État concerné a l’obligation de prendre toutes les
mesures
nécessaires pour mettre fin au manquement.
Il doit notamment cesser d’appliquer l’acte national contraire au droit de
l’Union.
3. La sanction du manquement :
La sanction du manquement est longtemps demeurée limitée à l’autorité
de l’arrêt
déclaratoire.
Cependant, depuis le Traité de Lisbonne, cette autorité a été renforcée par
l’introduction de
deux types de sanctions :
La Commission peut saisir la CJUE pour indiquer le montant de la somme
forfaitaire ou de
l’astreinte qu’elle considère appropriée d’imposer à l’État membre en
raison de la violation du
droit de l’Union.
En cas de condamnation par la Cour, celle-ci peut imposer une amende ou
une astreinte.
L’astreinte vise à obliger l’État membre à mettre fin à la situation
d’illégalité, en prévoyant
une somme d’argent à payer par jour de retard jusqu’à ce que le
manquement cesse.
La Cour de justice joue donc un rôle essentiel dans la sanction des
manquements au droit de
l’Union, en exerçant une pression financière sur les États membres
récalcitrants.
III. LA QUESTION PRÉJUDICIELLE :
A. L’existence de deux procédures concurrentes :
La question préjudicielle existe pour protéger l’uniformité de l’application
du droit de
l’Union.
Pour garantir cette uniformité, il est nécessaire d’assurer l’unicité de la
juridiction, c’est
pourquoi seule la Cour de justice peut être saisie de la question
préjudicielle.
Depuis 2024, le Tribunal de première instance de l’Union européenne peut
également se
prononcer sur certaines questions préjudicielles.
➔ Cette évolution peut être rapprochée du protocole 16 relatif à la CEDH.
La procédure de renvoi préjudiciel ne peut être engagée par un État
membre que dans le cadre
d’un véritable litige.
➢ Article 267 TFUE
➔ Prévoit deux types de questions préjudicielles :
- Renvoi en interprétation.
Il s’agit de demander à la Cour de justice de préciser le sens d’un acte,
d’une disposition ou
d’un texte juridique, en précisant sa portée juridique, temporelle, spatiale
ou personnelle.
Le recours en interprétation concerne le sens de la disposition et non son
application à un cas
particulier.
Ce recours est de nature abstraite. Le cas d’espèce relève donc de
l’interprétation par le juge
national.
- Recours en appréciation de validité d’un acte du droit de l’UE.
La CJUE est sollicitée pour se prononcer sur la légalité d’un acte du droit
de l’Union.
Procédure :
En France, un juge administratif, dans le cadre d’un recours pour excès de
pouvoir, doit
vérifier la conventionnalité d’un décret par rapport à une directive
européenne.
S’il a un doute sur la légalité de la directive, il doit poser une question
préjudicielle à la CJUE
pour savoir si elle est conforme ou non.
➔ Cela ne concerne que les juridictions de droit interne.
En cas de doute, elles sont tenues de saisir la CJUE pour déterminer si
l’acte de l’Union doit
ou non être appliqué, en raison de sa primauté sur le droit français.
Si la CJUE considère que la directive européenne est illégale, cet acte ne
sera pas annulé
directement.
Cependant, cela permettra aux juridictions nationales d’écarter cet acte et
de ne pas
l’appliquer.
B. 1. Les conditions du renvoi préjudiciel :
Un auteur exclusif : la juridiction :
Pour qu’un organe puisse poser une question préjudicielle, plusieurs
conditions doivent être
remplies :
o Il faut qu’il s’agisse d’un organe juridictionnel. Pour qualifier une
juridiction, six
critères sont pris en compte :
- Origine légale.
- Caractère permanent.
- Compétence obligatoire.
- Statut en droit.
- Procédure respectant le principe du contradictoire.
- Indépendance de l’organe.
o Il faut que cet organe juridictionnel doit exercer une fonction
juridictionnelle, c’est-à-
dire trancher des litiges.
Cela exclut toute autorité administrative exerçant une simple fonction
administrative.
o Il doit exister un lien entre la juridiction et les États membres.
Seules les juridictions des États membres peuvent renvoyer une question
préjudicielle, ce qui
exclut les juridictions internationales telles que la CEDH.
Cependant, une juridiction commune à plusieurs États membres peut
saisir la CJUE.
Concernant les cours constitutionnelles :
En Belgique, la Cour d’arbitrage a saisi la CJUE dès 1997.
Ensuite, la Cour constitutionnelle autrichienne a également posé une
question préjudicielle.
Depuis 2008, la France a refusé d’utiliser ce mécanisme, mais en 2013, le
Conseil
constitutionnel a posé une question préjudicielle à la Cour.
Ces renvois montrent un dialogue juridictionnel entre les juridictions
nationales et la CJUE.
2. L’obligation de renvoyer : la distinction entre juridictions :
Les traités prévoient que seules les juridictions dont les décisions ne sont
pas susceptibles de
recours juridictionnel sont en principe tenues de renvoyer une question
préjudicielle.
a. Une obligation relative pour les juridictions de dernier ressort :
Plusieurs cas existent où les juridictions de dernier ressort doivent
transmettre une question
préjudicielle :
Si la juridiction de dernier ressort estime que la disposition communautaire
invoquée dans le
recours n’est pas pertinente, elle n’a pas à saisir la CJUE.
Si une disposition communautaire a déjà été interprétée par la Cour, la
juridiction suprême n’a
pas à saisir la CJUE. C’est la théorie de « l’acte éclairé ».
Si l’application du droit communautaire s’impose avec « une telle évidence
qu’elle ne laisse
place à aucun doute raisonnable », cela relève de la théorie de « l’acte
clair ».
La théorie de l’acte éclairé signifie que les juridictions suprêmes sont
dispensées de renvoyer
une question préjudicielle si celle-ci a déjà été tranchée par une décision
préjudicielle
antérieure.
➔ Dans ce cas, la juridiction nationale doit appliquer l’interprétation déjà
donnée.
La théorie de l’acte clair implique que la juridiction de dernier ressort doit
saisir la Cour
uniquement s’il existe une difficulté réelle d’interprétation ou de validité.
La juridiction doit être convaincue que l’évidence de l’acte s’imposerait
également aux
juridictions des autres États membres ainsi qu’à la CJUE, ce qui permet
d’apprécier si l’acte
est clair ou non.
3. La portée des arrêts préjudiciels :
Concernant leur portée juridique, les décisions de la CJUE bénéficient
d’une force obligatoire.
Le juge ayant posé la question doit se conformer à la réponse de la Cour.
➔ Cette décision bénéficie de l’autorité de la chose jugée et de l’autorité
de la chose
interprétée pour l’ensemble des États membres.
C’est pourquoi lorsqu’un acte est « éclairé » par une décision antérieure, il
s’impose à tous.
En ce qui concerne leur portée temporelle, les arrêts préjudiciels, qu’ils
concernent une
interprétation ou une appréciation de validité, ont un effet rétroactif.
Toutefois, en vertu du principe de sécurité juridique, il est possible de
limiter l’interprétation
aux affaires uniquement pour l’avenir.
Il en va de même pour le renvoi en appréciation de validité. La Cour peut
moduler les effets
dans le temps de sa décision.
Elle peut estimer qu’un acte est illégal, mais préciser que la juridiction
interne n’est pas tenue
d’écarter l’acte si cette appréciation ne vaut que pour l’avenir.
Recours en Manquement -> concerne les états membres pour violation du
droit de l’UE
Recours en annulation -> tente de sanctionner l’inégalité des actes de l’UE
Recours en carence -> sanctionné le manque d’action de l’union
Question préjudicielle -> vise à demander à la CJUE d’interpénétrer le droit
de l