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Cours 3

Le document explore le théâtre classique, en particulier les œuvres de Corneille, mettant en avant des thèmes de gloire, d'honneur et de vengeance à travers des dialogues dramatiques. Il aborde également les défis auxquels le théâtre français fait face, tels que la perception négative des comédiens et les défauts de représentation. Enfin, il présente des règles de la tragédie classique, notamment la structure en cinq actes et l'utilisation de l'alexandrin.

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Thèmes abordés

  • analyse littéraire,
  • dramaturgie,
  • conflit familial,
  • actes et scènes,
  • spectateurs,
  • théâtre classique,
  • histoire,
  • lois du théâtre,
  • passion,
  • Albe
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Cours 3

Le document explore le théâtre classique, en particulier les œuvres de Corneille, mettant en avant des thèmes de gloire, d'honneur et de vengeance à travers des dialogues dramatiques. Il aborde également les défis auxquels le théâtre français fait face, tels que la perception négative des comédiens et les défauts de représentation. Enfin, il présente des règles de la tragédie classique, notamment la structure en cinq actes et l'utilisation de l'alexandrin.

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Théâtre classique

Théâtre de Corneille 2: vers l’idéal classique


Texte 1
DON DIÈGUE, seul. Et ton jaloux orgueil par cet affront insigne
Ô rage, ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! Malgré le choix du roi m'en a su rendre indigne.
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? Et toi de mes exploits glorieux instrument,
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers Mais d'un corps tout de glace inutile ornement,
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? Fer, jadis tant à craindre, et qui dans cette offense
Mon bras qu'avec respect toute l'Espagne admire, M'as servi de parade, et non pas de défense,
Mon bras qui tant de fois a sauvé cet Empire, Va, quitte désormais le dernier des humains,
Tant de fois affermi le trône de son Roi, Passe pour me venger en de meilleures mains ;

Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ? Si Rodrigue est mon fils, il faut que l'amour cède,
Et qu'une ardeur plus haute à ses flammes succède,
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Mon honneur est le sien, et le mortel affront
Ouvre de tant de jours en un jour effacée !
Qui tombe sur mon chef rejaillit sur son front.
Nouvelle dignité fatale à mon bonheur,
SCÈNE SIXIÈME.
Précipice élevé d'où tombe mon honneur,
Don Diègue, Don Rodrigue.
Faut-il de votre éclat voir triompher le Comte,
DON DIÈGUE.
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ?
Rodrigue, as-tu du cœur ?
Comte, sois de mon Prince à présent Gouverneur,
DON RODRIGUE.
Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur,
Tout autre que mon père
L'éprouverait sur l'heure.
Texte 2
CAMILLE.
LE VIEIL HORACE.
Nous venez-vous, Julie, apprendre la victoire ?
Ô mes frères !
JULIE. LE VIEIL HORACE.
Mais plutôt du combat les funestes effets,
Tout beau, ne les pleurez pas tous,
Rome est sujette d'Albe, et vos fils sont défaits,
Des trois les deux sont morts, son époux seul vous reste. Deux jouissent d'un sort dont leur père est jaloux.
LE VIEIL HORACE. Que des plus nobles fleurs leur tombe soit
Ô d'un triste combat effet vraiment funeste ! couverte,
Rome est sujette d'Albe, et pour l'en garantir
La gloire de leur mort m'a payé de leur perte.
Il n'a pas employé jusqu'au dernier soupir !
Non, non, cela n'est point, on vous trompe, Julie,
Ce bonheur a suivi leur courage invaincu
Rome n'est point sujette, ou mon fils est sans vie, Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu,
Je connais mieux mon sang, il sait mieux son devoir.
Et ne l'auront point vue obéir qu'à son Prince,
JULIE.
Mille, de nos remparts, comme moi l'ont pu voir. Ni d'un État voisin devenir la province.
Il s'est fait admirer tant qu'ont duré ses frères, Pleurez l'autre, pleurez l'irréparable affront
Mais comme il s'est vu seul contre trois adversaires,
Que sa fuite honteuse imprime à notre front,
Près d'être enfermé d'eux, sa fuite l'a sauvé.
LE VIEIL HORACE. Pleurez le déshonneur de toute notre race,
Et nos soldats trahis ne l'ont point achevé ! Et l'opprobre éternel qu'il laisse au nom d'Horace.
Dans leurs rangs à ce lâche ils ont donné retraite ?
JULIE.
JULIE.
Je n'ai rien voulu voir après cette défaite. Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ?
LE VIEIL HORACE.
LE VIEIL HORACE.
Sabine, votre coeur se console aisément,
Qu'il mourût, Nos malheurs jusqu'ici vous touchent faiblement.
Ou qu'un beau désespoir alors le secourût. Vous n'avez point encore de part à nos misères,
N'eût-il que d'un moment reculé sa défaite, Le Ciel vous a sauvé votre époux et vos frères,
Rome eût été du moins un peu plus tard sujette, Si nous sommes sujets c'est de votre pays,
Vos frères sont vainqueurs quand nous sommes trahis.
Il eût avec honneur laissé mes cheveux gris,
Et voyant le haut point où leur gloire se monte,
Et c'était de sa vie un assez digne prix.
Vous regardez fort peu ce qui nous vient de honte :
Il est de tout son sang comptable à sa patrie,
Mais votre trop d'amour pour cet infâme époux,
Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie, Vous donnera bientôt à plaindre comme à nous.
Chaque instant de sa vie après ce lâche tour, Vos pleurs en sa faveur sont de faibles défenses,
Met d'autant plus ma honte avec la sienne au J'atteste des grands Dieux les suprêmes puissances
jour. Qu'avant ce jour fini ces mains, ces propres mains
J'en romprai bien le cours, et ma juste colère Laveront dans son sang la honte des Romains.
Contre un indigne fils usant des droits d'un père SABINE.
Suivons-le promptement, la colère l'emporte.
Saura bien faire voir dans sa punition
Dieux ! Verrons-nous toujours des malheurs de la sorte,
L'éclatant désaveu d'une telle action.
Nous faudra-t-il toujours en craindre de plus grands,
SABINE.
Et toujours redouter la main de nos parents ?
Écoutez un peu moins ces ardeurs généreuses,
Et ne nous rendez point tout à fait malheureuses.
HORACE.
Texte 3
Que dis-tu, malheureuse ?
HORACE.
CAMILLE.
Ma soeur, voici le bras qui venge nos deux frères,
ô mon cher Curiace !
Le bras qui rompt le cours de nos destins contraires,
HORACE.
Qui nous rend maîtres d'Albe ; enfin voici le bras
Ô d'une indigne soeur insupportable audace !
Qui seul fait aujourd'hui le sort de deux états ;
D'un ennemi public dont je reviens vainqueur
Vois ces marques d'honneur, ces témoins de ma gloire,
Le nom est dans ta bouche et l'amour dans ton coeur !
Et rends ce que tu dois à l'heur de ma victoire.
Ton ardeur criminelle à la vengeance aspire !
CAMILLE.
Ta bouche la demande, et ton coeur la respire !
Recevez donc mes pleurs, c'est ce que je lui dois.
Suis moins ta passion, règle mieux tes désirs,
HORACE.
Ne me fais plus rougir d'entendre tes soupirs ;
Rome n'en veut point voir après de tels exploits,
Tes flammes désormais doivent être étouffées ;
Et nos deux frères morts dans le malheur des armes
Bannis-les de ton âme, et songe à mes trophées :
Sont trop payés de sang pour exiger des larmes :
Qu'ils soient dorénavant ton unique entretien.
Quand la perte est vengée, on n'a plus rien perdu.
CAMILLE.
CAMILLE.
Donne-moi donc, barbare, un coeur comme le tien ;
Puisqu'ils sont satisfaits par le sang épandu,
Et si tu veux enfin que je t'ouvre mon âme,
Je cesserai pour eux de paraître affligée,
Rends-moi mon Curiace, ou laisse agir ma flamme :
Et j'oublierai leur mort que vous avez vengée ;
Ma joie et mes douleurs dépendaient de son sort ;
Mais qui me vengera de celle d'un amant,
Je l'adorais vivant, et je le pleure mort.
Pour me faire oublier sa perte en un moment ?
Ne cherche plus ta soeur où tu l'avais laissée ;
CAMILLE.
Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Tu ne revois en moi qu'une amante offensée,
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Qui comme une furie attachée à tes pas,
Rome qui t'a vu naître, et que ton coeur adore !
Te veut incessamment reprocher son trépas.
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
Tigre altéré de sang, qui me défends les larmes,
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Qui veux que dans sa mort je trouve encore des
charmes, Saper ses fondements encore mal assurés !
Et que jusques au ciel élevant tes exploits, Et si ce n'est assez de toute l'Italie,
Moi-même je le tue une seconde fois ! Que l'orient contre elle à l'occident s'allie ;
Puissent tant de malheurs accompagner ta vie, Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Que tu tombes au point de me porter envie ; Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Et toi, bientôt souiller par quelque lâcheté Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles,
Cette gloire si chère à ta brutalité ! Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
HORACE. Que le courroux du ciel allumé par mes voeux
Ô ciel ! Qui vit jamais une pareille rage ! Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Crois-tu donc que je sois insensible à l'outrage, Puissai-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Que je souffre en mon sang ce mortel déshonneur ? Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Aime, aime cette mort qui fait notre bonheur, Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Et préfère du moins au souvenir d'un homme Moi seule en être cause, et mourir de plaisir !
Ce que doit ta naissance aux intérêts de Rome.
SCÈNE VI.
HORACE, mettant l'épée, à la main, et Horace, Procule.
poursuivant sa sœur qui s'enfuit.
PROCULE.
C'est trop, ma patience à la raison fait Que venez-vous de faire ?
place ;
HORACE.
Va dedans les enfers joindre ton Curiace. Un acte de justice :
CAMILLE, blessée derrière le théâtre. Un semblable forfait veut un pareil supplice.

Ah ! Traître ! PROCULE.
Vous deviez la traiter avec moins de rigueur.
HORACE.
HORACE.
Ainsi reçoive un châtiment soudain
Ne me dis point qu'elle est et mon sang et ma sœur.
Quiconque ose pleurer un ennemi romain ! Mon père ne peut plus l'avouer pour sa fille :
Qui maudit son pays renonce à sa famille ;
Des noms si pleins d'amour ne lui sont plus permis ;
De ses plus chers parents il fait ses ennemis :
Le sang même les arme en haine de son crime.
La plus prompte vengeance en est plus légitime ;
Et ce souhait impie, encore qu'impuissant,
Est un monstre qu'il faut étouffer en naissant.
La tragédie de Corneille : le héros est convié à confronter la mort le défit, un
héros excité, exaltante la situation, lance dans le défit, un aspect triomphant …
le personnage n’est pas écrasé par son destin, tragédie ascensionnelle,
Les causes qui empêchent le Théâtre François de continuer le progrès qu'il a
commencé de faire depuis quelques années, par les soins et les liberalitez de
feu Monfieur le Cardinal de Richelieu, se peuvent réduire à six chefs :
. Le premier est, la Créance commune, Que d'assister c'est pêcher contre les
règles du Christianisme.
. Le second est, l'infamie dont les Loix ont noté ceux qui font la profession de
Comédiens publics.
. Le troisième est les défauts & les manquemens qui se rencontrent dans les
Representations.
. Le quatrième, les mauvais Poèmes qui s'y representent indifféremment avec
les bons.
. Le cinquième , les mauvaises Décorations.
. Et le sixième , les Desordres des Spectateurs

L’Abbé d'Aubignac, Pratique du théâtre (1657)


Quelques règles de la tragédie classique
Doit contenir 5 actes, 3 à 8 scènes par acte, 1500 à 2000 vers en alexandrin
rime plate (structure interne)
Acte 1 scène d’exposition, 2, 3 et 4 nœud, acte 5 dénouement

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