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Cours 2

Le document présente une analyse du théâtre classique, en se concentrant sur les œuvres de Corneille, notamment sur les thèmes de l'amour, de l'honneur et de la vengeance. Les dialogues entre les personnages révèlent des conflits émotionnels complexes, illustrant la lutte entre les désirs personnels et les obligations familiales. L'auteur souligne également les contraintes de la structure théâtrale, notamment la règle des vingt-quatre heures, qui influence le déroulement des événements dans les pièces.

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Théâtre classique

Théâtre de Corneille : vers l’idéal classique


Texte 1 CHIMÈNE.
Chimène, Elvire. Il semble toutefois que mon âme troublée
ELVIRE, seule. Refuse cette joie, et s'en trouve accablée,
Quelle douce nouvelle à ces jeunes amants ! Un moment donne au sort des visages divers,
Et que tout se dispose à leurs contentements ! Et dans ce grand bonheur je crains un grand
revers.
CHIMÈNE.
ELVIRE.
Et bien, Elvire, enfin, que faut-il que j'espère ?
Vous verrez votre crainte heureusement déçue.
Que dois-je devenir, et que t'as dit mon père ?
CHIMÈNE.
ELVIRE.
Allons, quoiqu'il en soit, en attendre l'issue.
Deux mots dont vos sens doivent être charmés,
SCÈNE TROISIÈME.
Il estime Rodrigue autant que vous l'aimez.
L'Infante, Léonor, Le page.
CHIMÈNE.
L'INFANTE, au Page.
L'excès de ce bonheur me met en défiance,
Va-t-en trouver Chimène, et lui dit de ma part
Puis-je à de tels discours donner quelque croyance ?
Qu'aujourd'hui pour me voir elle attend un peu
ELVIRE. tard,
Il passe bien plus outre, il approuve ses feux, Et que mon amitié se plaint de sa paresse.
Et vous doit commander de répondre à ses voeux. LÉONOR.
Jugez après cela puisque tantôt son père Madame, chaque jour même désir vous presse,
Au sortir du Conseil doit proposer l'affaire, Et je vous vois pensive et triste chaque jour
S'il pouvait avoir lieu de mieux prendre son temps, L'informer avec soin comme va son amour.
Et si tous vos désirs seront bientôt contents.
(…)
Tout s’y passe donc dans Séville, et garde ainsi quelque espèce d’unité de lieu en
général ; mais le lieu particulier change de scène en scène, et tantôt, c’est le
palais du roi, tantôt l’appartement de l’infante, tantôt la maison de Chimène, et
tantôt une rue ou une place publique. On le détermine aisément pour les scènes
détachées ; mais pour celles qui ont leur liaison ensemble, comme les quatre
dernières du premier acte, il est malaisé d’en choisir un qui convienne à toutes. Le
comte et don Diègue se querellent au sortir du palais ; cela se peut passer dans
une rue ; mais, après le soufflet reçu, don Diègue ne peut pas demeurer en cette
rue à faire ses plaintes, attendant que son fils survienne, qu’il ne soit tout aussitôt
environné de peuple, et ne reçoive l’offre de quelques amis. Ainsi il serait plus à
propos qu’il se plaignît dans sa maison, où le met l’espagnol, pour laisser aller ses
sentiments en liberté ; mais en ce cas, il faudrait délier les scènes comme il a fait.
En l’état où elles sont ici, on peut dire qu’il faut quelquefois aider au théâtre et
suppléer favorablement ce qui ne s’y peut représenter. Deux personnes s’y
arrêtent pour parler, et quelquefois il faut présumer qu’ils marchent, ce qu’on ne
peut exposer sensiblement à la vue, parce qu’ils échapperaient aux yeux avant
que d’avoir pu dire ce qu’il est nécessaire qu’ils fassent savoir à l’auditeur. Ainsi
par une fiction de théâtre, on peut s’imaginer que don Diègue et le comte, sortant
du palais du roi, avancent toujours en se querellant, et sont arrivés devant la
maison de ce premier lorsqu’il reçoit le soufflet qui l’oblige à y entrer pour y
chercher du secours
L'INFANTE.
Texte 2
LÉONOR. Ma tristesse redouble à la tenir secrète.
Madame, chaque jour même désir vous presse, Écoute, écoute enfin comme j'ai combattu,
Et je vous vois pensive et triste chaque jour Et plaignant ma faiblesse admire ma vertu.
L'informer avec soin comme va son amour. L'amour est un tyran qui n'épargne personne,
L'INFANTE. Ce jeune chevalier, cet amant que je donne,
J'en dois bien avoir soin, je l'ai presque forcée Je l'aime.
À recevoir les coups dont son âme est blessée, LÉONOR.
Elle aime Don Rodrigue, et le tient de ma main, Vous l'aimez !
Et par moi Don Rodrigue a vaincu son dédain, L'INFANTE.
Ainsi de ces amants ayant formé les chaînes,
Mets la main sur mon cœur,
Je dois prendre intérêt à la fin de leurs peines.
Et vois comme il se trouble au nom de son vainqueur,
LÉONOR.
Comme il le reconnaît.
Madame, toutefois parmi leurs bons succès
LÉONOR.
On vous voit un chagrin qui va jusqu'à l'excès.
Cet amour qui tous deux les comble d'allégresse Pardonnez-moi, Madame,
Fait-il de ce grand coeur la profonde tristesse ? Si je sors du respect pour blâmer cette flamme.
Et ce grand intérêt que vous prenez pour eux Choisir pour votre amour un simple Chevalier !
Vous rend-il malheureuse alors qu'ils sont heureux ? Une grande Princesse à ce point s'oublier !
Mais je vais trop avant, et deviens indiscrète. Et que dira le Roi ? Que dira la Castille ?
Vous souvenez-vous bien de qui vous êtes fille !
Texte 3 CHIMÈNE.
CHIMÈNE. C'est peu de dire aimer, Elvire, je l'adore :
Enfin je me vois libre, et je puis sans contrainte Ma passion s'oppose à mon ressentiment,
De mes vives douleurs te faire voir l'atteinte, Dedans mon ennemi je trouve mon amant,
Je puis donner passage à mes tristes soupirs, Et je sens qu'en dépit de toute ma colère
Je puis t'ouvrir mon âme, et tous mes déplaisirs. Rodrigue dans mon cœur combat encor mon père.
Mon père est mort, Elvire, et la première épée Il l'attaque, il le presse, il cède, il se défend,
Dont s'est armé Rodrigue a sa trame coupée. Tantôt fort, tantôt faible, et tantôt triomphant :
Mais en ce dur combat de colère et de flamme
Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau,
Il déchire mon cœur sans partager mon âme,
La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau,
Et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir
Et m'oblige à venger après ce coup funeste
Je ne consulte point pour suivre mon devoir,
Celle que je n'ai plus, sur celle qui me reste.
Je cours sans balancer où mon honneur m'oblige ;
ELVIRE.
Rodrigue m'est bien cher, son intérêt m'afflige,
Reposez-vous, Madame.
Mon cœur prend son parti ; mais malgré leur effort
CHIMÈNE.
Je sais que je suis fille, et que mon père est mort.
Ah ! Que mal à propos
ELVIRE.
Ton avis importun m'ordonne du repos !
Pensez-vous le poursuivre ?
Par où sera jamais mon âme satisfaite
CHIMÈNE.
Si je pleure ma perte, et la main qui l'a faite ? Ah ! Cruelle pensée,
Et que puis-je espérer qu'un tourment éternel Et cruelle poursuite où je me vois forcée !
Si je poursuis un crime aimant le criminel ? Je demande sa tête, et crains de l'obtenir,
ELVIRE. Ma mort suivra la sienne, et je le veux punir.
Il vous prive d'un père, et vous l'aimez encore !
Texte 4
DON RODRIGUE.
Et bien, sans vous donner la peine de poursuivre,
Saoulez-vous du plaisir de m'empêcher de vivre.
CHIMÈNE.
Elvire, où sommes-nous ? Et qu'est-ce que je vois ?
Rodrigue en ma maison ! Rodrigue devant moi !
DON RODRIGUE.
N'épargnez point mon sang, goûtez sans résistance
La douceur de ma perte et de votre vengeance.
CHIMÈNE.
Hélas !
DON RODRIGUE.
Écoute-moi.
CHIMÈNE.
Je me meurs.
DON RODRIGUE.
Un moment.
CHIMÈNE.
Va, laisse-moi mourir.
Texte 5
LE ROI.
Enfin soyez contente,
Chimène, le succès répond à votre attente,
Si de nos ennemis Rodrigue a le dessus,
Il est mort à nos yeux des coups qu'il a reçus,
Rendez grâces au Ciel qui vous en a vengée.
Voyez comme déjà sa couleur est changée.
DON DIÈGUE.
Mais voyez qu'elle pâme, et d'un amour parfait
Dans cette pâmoison, Sire, admirez l'effet.
Sa douleur a trahi les secrets de son âme
Et ne vous permet plus de douter de sa flamme.
CHIMÈNE.
Quoi ? Rodrigue est donc mort ?
LE ROI.
Non, non, il voit le jour,
Et te conserve encore un immuable amour
Tu le posséderas, reprend ton allégresse.
(…)
Je ne puis dénier que la règle des vingt et quatre heures presse trop les incidents de cette
pièce. La mort du comte et l'arrivée des Maures s'y pouvaient entre-suivre d'aussi près
qu'elles font, parce que cette arrivée est une surprise qui n'a point de communication, ni
de mesures à prendre avec le reste; mais il n'en va pas ainsi du combat de don Sanche,
dont le roi était le maître, et pouvait lui choisir un autre temps que deux heures après la
fuite des Maures. Leur défaite avait assez fatigué Rodrigue toute la nuit pour mériter deux
ou trois jours de repos, et même il y avait quelque apparence qu'il n'en était pas échappé
sans blessures, quoique je n'en aie rien dit, parce qu'elles n'auraient fait que nuire à la
conclusion de l'action.
Cette même règle presse aussi trop Chimène de demander justice au roi la seconde fois.
Elle l'avait fait le soir d'auparavant, et n'avait aucun sujet d'y retourner le lendemain matin
pour en importuner le roi, dont elle n'avait encore aucun lieu de se plaindre, puisqu'elle ne
pouvait encore dire qu'il lui eût manqué de promesse. Le roman lui aurait donné sept ou
huit jours de patience avant que de l'en presser de nouveau; mais les vingt et quatre
heures ne l'ont pas permis: c'est l'incommodité de la règle.
(…)

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