Introduction à la chromatographie analytique
Introduction à la chromatographie analytique
d’analyse
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Chromatographie est un terme général, utilisé pour définir des méthodes de séparation basées
sur la distribution d’un soluté entre deux phases, l’une étant mobile (un gaz ou un liquide),
l’autre stationnaire (un solide ou un liquide).
La chromatographie est une méthode de séparation des constituants présents dans des
mélanges variés. Elle sert en analyse pour purifier, identifier et doser des composés au sein
d’échantillons divers. Le principe de base repose sur les équilibres de concentration qui
apparaissent lorsqu’un composé est mis en présence de deux phases non miscibles, l’une dite
stationnaire, est emprisonnée dans une colonne ou fixée sur un support et l’autre, dite mobile,
se déplace au contact de la première. Si plusieurs composés sont présents, ils se trouvent
entraînés à des vitesses différentes, provoquant leur séparation.
La chromatographie a une place très importante dans la pratique du laboratoire et est utilisée
couramment pour :
2. Historique
En 1906 un botaniste d'origine russe TSWETT, présenta à Varsovie son premier article sur
une nouvelle sorte de phénomène d'adsorption et son application à l'analyse biochimique. Il y
décrivait la formation de zones colorées lors de l'élution par l'éther de pétrole de pigments
végétaux dans une colonne remplie de carbonate de calcium.
L'origine du mot chromatographie vient peut-être de cette séparation de composés colorés
puisque CHROMA (Krwma) en grec, signifie couleur. Puis les travaux de TSWETT
tombèrent dans l'oubli pendant une vingtaine d'années et il faudra attendre 1931 la publication
de KUHN et LEDERER sur la séparation des isomères du carotène et de la xanthophylle
pour assister au développement de la chromatographie en tant qu'outil analytique.
1
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
(Mikhail TSWETT a utilisé une colonne en verre remplie de carbonate de calcium (phase
stationnaire) et l’éther de pétrole comme phase mobile pour séparer les pigments colorés de
la chlorophylle.)
3. Principe
Le principe repose sur les équilibres de concentration des composés présents entre deux
phases non miscibles en contact.
- Phase stationnaire : peut-être solide ou liquide, qui est emprisonnée dans une colonne ou
fixée sur un support.
- Phase mobile : peut-être un liquide ou un gaz ou encore un fluide supercritique, qui se
déplace sur ou à travers la phase stationnaire, entraînant avec elle le soluté. Le processus
d’entraînement de ce soluté est appelé élution. Chaque constituant adopte une vitesse de
migration qui lui est propre en fonction de sa solubilité dans la phase mobile et de son affinité
pour la phase fixe qui tend à le retenir.
Finalement on obtient la séparation des constituants du mélange initial.
2
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Soluté (S) solute: toute substance, constituant d’un mélange, séparée par
chromatographie.
Phase mobile (PhM) mobile phase: le vecteur, liquide ou gazeux, qui déplace le
soluté.
Phase stationnaire (PhS) stationary phase: le produit qui, par ses affinités avec les
solutés, va permettre leur séparation quand la phase mobile les déplace.
Support Support materiel : Un substrat inerte qui porte la phase stationnaire.
Colonne chromatographique column: tube de diamètre et longueur variable, en verre,
métal ou autre substance, à l’intérieur duquel s’opèrent les séparations
chromatographiques.
Valeurs de rétention: toutes données qui permettent de chiffrer l’action spécifique de
la PhS sur le soluté, au cours de l’analyse (temps de rétention, volume de rétention…).
Chromatogramme chromatography: l’ensemble des réponses successives du
détecteur, au cours de l’élution des solutés hors de la colonne.
Élution elution : Un est un procédé permettant de mettre en solution (dite éluée) un
composé adsorbé à l'aide d'un solvant nommé l'éluant.
Eluant eluent : Solvant utilisé pour la séparation de substances adsorbées sur un
support dans la chromatographie sur couche mince.
éluat Eluate : C’est le mélange de soluté et de solvant sortant de la colonne.
3
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Dans ce classement
4
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
5
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
6
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Le temps de rétention
7
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Le temps mis par les molécules d’un composé à analyser (soluté) pour parcourir le trajet entre
l’entrée et la sortie de la colonne.
Un constituant est caractérisé par son temps de rétention tr, temps écoulé entre l’instant de
l’injection et celui déterminé au maximum du pic lui correspondant sur le chromatogramme.
Le temps de rétention est indépendant de :
- la quantité injectée,
- la nature et de l’abondance des autres constituants dans le mélange.
Par contre il dépend de :
- la masse de phase stationnaire dans la colonne,
- débit de la phase mobile,
- volume mort du chromatographe (injecteur, détecteur, canalisations..),
- la nature de la phase stationnaire.
Le temps de rétention corrigé ou réduit tr’
Temps mis par les molécules du soluté pour parcourir le trajet entre l’entrée et la sortie de la
colonne représentant le temps passé dans la phase stationnaire.
Il est obtenu par différence entre le temps de rétention réel et le temps mort. Il est lié
uniquement au phénomène de rétention proprement dit. 𝐭 ′𝐫 = 𝐭 𝐫 − 𝐭 𝐦
Le volume de rétention
Le volume de rétention de chaque soluté représente le volume de la phase mobile nécessaire
pour le faire migrer d’une extrémité à l’autre de la colonne. Ce volume correspond sur le
chromatogramme au volume de la phase mobile qui s’est écoulé entre l’instant de l’injection
et celui correspondant au maximum du pic. Si D est le débit alors :𝐕𝐫 = 𝐭 𝐫 × 𝐃
On peut également calculer le volume mort correspondant au volume de la phase mobile dans
la colonne (volume interstitiel) : 𝐕𝐦 = 𝐭 𝐦 × 𝐃
Vitesse linéaire moyenne du soluté et de la phase mobile
- La vitesse linéaire moyenne de progression du soluté v est égale à :
𝑳 L ∶ longueur de la colonne
𝝂=
𝒕𝒓
La vitesse linéaire moyenne de la phase mobile u est égale à :
𝑳
𝝁=
𝒕𝒎
6.2. Le coefficient de distribution
8
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Avec Vs : volume de la phase stationnaire qui est calculé par différence entre le volume total
de la colonne et le volume de la phase mobile (VM).
k’ n’est pas une constante mais varie avec les conditions opératoires (température,
composition de la phase mobile…). C’est le paramètre le plus important en chromatographie
pour définir le comportement d’une colonne. On évite d’avoir des valeurs de k’ trop élevées
pour ne pas allonger le temps d’analyse.
k’ peut se déterminer directement à partir du chromatogramme :
𝒕𝒓 − 𝒕 𝒎 𝒕′𝒓
𝑲′ = ou 𝑲′ =
𝒕𝒎 𝒕𝒎
9
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
L'efficacité d'une colonne chromatographique, dont dépend l'étalement des pics, est mesurée,
pour chaque composé, par le nombre de plateaux théoriques N de la colonne.
Cette théorie est née de la recherche d'un modèle statique permettant de décrire le
fonctionnement d'une colonne chromatographique comme celui d'une colonne à distiller.
Au lieu de considérer le déplacement réel, continu de la phase mobile, on admet que celle-ci
progresse par sauts successifs et se met en équilibre avec la phase stationnaire entre deux
transferts, ce qui permet de découper fictivement la colonne de longueur L en N petits disques
fictifs de même hauteur H, numérotés de 1 à n. Pour chacun d’eux, la concentration du soluté
dans la phase mobile est en équilibre avec la concentration dans la phase stationnaire de ce
soluté. À chaque nouvel équilibre le soluté a progressé d’un petit disque supplémentaire dans
la colonne, appelé plateau théorique (Figure 2).
10
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
L’efficacité de la colonne est calculée à partir du pic chromatographique que l’on assimilera à
une courbe de Gauss. La dispersion d’un pic est caractérisée par son écart type σ et sa
variance σ2.
11
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Lorsque l’on veut comparer les performances de deux colonnes de conception différentes, il
est préférable de remplacer tr par le temps réduit 𝒕′𝑹 qui ne tient pas compte du temps mort tm
passé pour tout composé dans la phase mobile. Les expressions deviennent :
𝐭 𝟐𝐫 ou 𝑵𝒆𝒇𝒇 = 𝟓. 𝟓𝟒
𝒕𝟐𝒓
𝐍𝒆𝒇𝒇 = 𝟏𝟔 𝟐 𝜹𝟐
𝛚
Ces grandeurs corrigées ne sont utiles à considérer que si le temps mort est grand par rapport
au temps de rétention du composé. Ceci est notamment le cas en CPG lorsque l’on veut
comparer les performances d’une colonne capillaire et d’une colonne remplie.
12
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
13
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
14
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
que deux composés différents mais très proches aient le même temps de rétention. On doit
donc s’assurer préalablement qu’un pic donné correspond bien à un seul soluté. C’est l’objet
de toute la phase de mise au point des conditions opératoires utilisées. On admet ici pour la
suite que chaque pic correspond à un seul composé.
15
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
- Normalisation interne : en considérant que tous les Ki sont égaux (séries homologues
telles qu’alcanes, alcools, etc...). On obtient alors les pourcentages en masse de chaque
soluté de la manière suivante:
𝑨𝒊
𝒎𝒊 % = × 𝟏𝟎𝟎
∑𝒊 𝑨𝒊
- Etalonnage interne : dans cette méthode, on compare individuellement chacun des
pics à évaluer au pic d’une substance étalon E, convenablement choisie, introduite en
proportion connue dans le mélange à analyser. il convient évidemment que le pic
étalon ne soit confondu avec aucun des pics du chromatogramme.
𝒎𝒊 𝒌𝒊 𝑨
𝒎𝒆 = 𝑲𝒆 × 𝑨𝒆 soit = × 𝑨𝒊
𝒎𝒆 𝑲𝒆 𝒆
𝑲𝒊
On définit alors 𝑲𝒊/𝒆 = 𝑲𝒆
On calculera donc la réponse de chaque soluté concerné par rapport à l’étalon. La méthode est
générale. Elle est précise et reproductible
- Etalonnage externe : Cette technique n'est valable qu'avec une excellente qualité
d'injection.
On injecte une masse me de composé étalon en solution (Ve injecté).
𝒎𝒆
𝒎𝒆 = 𝑲 × 𝑨𝒆 soit 𝑲= 𝑨𝒆
16
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
III.2. principe
Le mélange à éluer est injecté à l'aide d'une seringue. Une fois vaporisés par
l'injecteur, les composés sont entraînés dans la colonne par le gaz vecteur (le plus souvent He
ou N2). Suivant l'affinité avec la phase stationnaire, les composés sont séparés avant d'être
détectés en sortie de colonne. Les appareils de CPG sont fréquemment couplés avec un
spectromètre de masse pour l'identification des composés au fur et à mesure de leur élution.
III. 3. Appareillage
L’appareil utilisé pour réaliser une analyse par chromatographie en phase vapeur est appelé
chromatographe. Il comporte plusieurs éléments, comme indiqué sur le schéma ci-dessous :
17
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
18
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
19
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
plus petite est la seule à pénétrer dans la colonne. Ce mode est utilisé dans le cas des colonnes
capillaires à faible débit.
En mode splitless l'échantillon est vaporisé et mélangé dans le gaz porteur, mais le mélange
n'est pas divisé en deux parties. Il reste quelques secondes dans le liner avant d'être transféré
sur la colonne (environ 95 % du produit). Le 5 % restant est évacué par l'ouverture de la
vanne de fuite. Cette méthode est utilisée quand l'échantillon à analyser est très dilué et
éventuellement très sale (contenant des résidus non-volatils).
exemple :
Le débit de la colonne capillaire est de 1ml/min. Le split ratio est de 100.
Un centième de la quantité injectée passera dans la colonne capillaire.
20
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
III.4.2. Les colonnes capillaires sont de simples tubes d’acier inoxydable, de verre ou de
silice fondue (matériau inerte vis-à-vis de la phase stationnaire et des échantillons) de
diamètre intérieur compris entre 0,1 et 0,5 mm, et d’une longueur typique de plusieurs
dizaines de mètres, pouvant aller jusqu’à 100 m. Pour tenir dans l’appareil, la colonne est
enroulée, avec des spirales ayant 10 à 30 cm de diamètre. La surface interne de ce tube est
recouverte d’un film de 0,1 à 5 μm d’épaisseur constitué de la phase stationnaire. Ce film est
mis en place par greffage ou simple déposition, le greffage étant généralement préféré pour
des raisons de stabilité thermique. Par exemple, la Carbowax® est une colonne capillaire
comportant un film polaire de polyéthylène glycol greffé en surface, film qui constitue la
phase stationnaire. La SE-30® est une colonne capillaire apolaire comportant un film de
polydiméthylsiloxane qui constitue la phase stationnaire.
III.5. Four
Le four principal est un compartiment, placé entre la chambre d’injection et le détecteur, qui
contient la colonne chromatographique. Il est muni d’éléments chauffants pouvant contrôler la
température du four avec une très grande précision. Des contrôles permettent également de
21
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
22
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
c) La spectrométrie de masse
Le spectromètre de masse est un des détecteurs les plus puissants pour la chromatographie
gazeuse. On appelle GC-MS (Gaz Chromatography-Mass Spectroscopy) la combinaison de la
chromatographie gazeuse et de la spectrométrie de masse. Un spectromètre de masse mesure
le rapport masse sur charge (m/z) des ions qui ont été produits à partir de l’échantillon par une
source d’ionisation qui est assez énergétique pour briser des liaisons chimiques dans les
molécules de l’échantillon et forme beaucoup de fragments ; qui sont très utiles pour identifier
l’espèce moléculaire qui entre dans le spectromètre de masse à partie du spectre de
fragmentation ou par comparaison avec bibliothèque de spectre.
d) Autres détecteurs
Il existe d'autres types de détecteurs, comme le détecteur thermoionique (NPD) spécifique des
composés azotés et phosphorés, celui à capture d'électrons (CED) particulièrement sensible
aux composés halogénés et celui à photométrie de flamme spécifique des composés contenant
du soufre et du phosphore. Habituellement, on fixe la température du détecteur sensiblement à
la même valeur que celle de l'injecteur.
23
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
III.7.1. Température
Généralement, si les constituants du mélange à séparer ont des polarités voisines, les
composés les plus volatils sont les plus rapidement entraînés. Si la température de la colonne
est trop basse, la vitesse d'échange entre la phase stationnaire et le gaz vecteur est lente, la
diffusion devient importante, le temps de rétention de certains composés trop long et les pics
correspondants sont dissymétriques ou déformés. Si la température de la colonne est trop
élevée, l'équilibre de chaque constituant entre les deux phases mobile et stationnaire n'a pas le
temps de s'établir et tous les constituants apparaissent à la sortie de la colonne en même
temps. Lorsque l'écart entre les points d'ébullition des constituants du mélange à séparer est
grand, il est souvent préférable d'augmenter la température du four. Un programmateur
électronique, mis en route à l'injection, fait varier la température du four selon un profil
choisi.
III.8. En pratique
Mode opératoire pour réaliser une analyse CPG:
Vérifier qu’une colonne (ou plusieurs) est/sont déjà en place dans le chromatographe.
Programmer le four. Si des conditions expérimentales adéquates sont déjà connues, les
utiliser. Sinon :
Une méthode de type gradient est souvent suffisante. Balayer une grande plage de
température, par exemple de 50 à 250 °C sur 10 min.
Si une méthode isotherme est désirée, commencer par le même gradient, puis resserrer
les valeurs extrémales par itération pour obtenir le pic correspondant à l’analyte
d’intérêt au temps de rétention jugé adéquat.
Préparer une solution d’échantillon à une concentration environ égale à 1 mg.mL–1,
dans un solvant volatil (par exemple diéthyléther, cyclohexane, acétate d’éthyle).
Choisir la colonne. Par défaut, une colonne apolaire est suffisante. On réserve
généralement l’utilisation de colonnes polaires aux cas où les volatilités des analytes à
séparer sont très proches.
Injecter environ 1 μL dans l’injecteur. Par défaut, on peut choisir comme température
de l’injecteur la plus haute température atteinte dans le four pendant l’analyse.
Afin de nettoyer la colonne, on peut la laisser quelques minutes à la température
maximale d’utilisation. Ceci permet de débarrasser la colonne des analytes les moins
volatiles qui ne sont pas sortis de la colonne à la fin de l’analyse, et risquent de sortir
lors d’une injection ultérieure.
25
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
26
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
27
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
2. La chromatographie d'absorption
C’est une chromatographie liquide-solide. La phase stationnaire est un adsorbant solide
polaire. La chromatographie d’adsorption en phase inverse : C’est une chromatographie
liquide-solide dans laquelle la phase stationnaire est apolaire.
L’adsorption est un phénomène physico-chimique qui consiste en la fixation d'une substance à
l'état liquide (ou gaz) sur une surface solide. Ce phénomène fait intervenir des forces
28
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
29
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
2) Eluant
L'éluant est en général un mélange de deux solvants. Au début de l'élution, on commence par
le solvant le moins polaire qui entraîne les substances les moins retenues par l'adsorbant (les
moins polaires) tout en recherchant un Rf ~ 0.3 pour le produit le moins polaire. Ensuite on
fait varier la composition de l'éluant en additionnant graduellement le solvant le plus polaire.
Ainsi les composés les plus polaires, retenus sur l'adsorbant, ne migreront que graduellement
vers le bas de la colonne. La polarité de l’éluant peut rester la même tout au long de la
chromatographie (élution isocratique).
Les liquides classés ci-dessous le sont par polarité croissante (série éluotrope)
- éther de pétrole
- cyclohexane
- tétrachlorométhane
- trichloroéthylène
- Toluène
- benzène
30
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
- Dichlorométhane
- Ether di éthylique
- trichlorométhane
- acétate d'éthyle
- pyridine
- propanone
- propan1-ol
- éthanol
- méthanol
- eau
- acide acétique
3) Dimension de la colonne
La quantité d'adsorbant est telle qu'il occupe une hauteur égale à environ 10 fois le diamètre
de la colonne. Il faut également prévoir un espace de 10 cm environ au-dessus de l'adsorbant
pour placer le solvant.
4) Vitesse d'élution
Elle doit être la plus constante possible. Il faut qu'elle soit suffisamment lente pour que le
soluté soit au plus près de l'équilibre entre les phases liquide et adsorbée. Elle ne doit pas être
trop lente car sinon les substances diffusent dans le solvant et on obtient des bandes de plus en
plus larges et une séparation médiocre.
Remplissage de la colonne
C'est l'opération la plus délicate car le remplissage doit être le plus homogène possible et
exempt de bulle d'air. Les surfaces inférieure et supérieure de l'adsorbant doivent être
parfaitement horizontales. La colonne étant verticale, le remplissage peut être réalisé selon
deux méthodes au choix.
31
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
32
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
soit jamais au contact de l’aire car une colonne laissée à sec se détériore : la séparation sera
vouée à l’échec à cause des fissures.
Si on utilise un gradient d’éluant, il faut laisser écouler le premier solvant avant de rajouter le
deuxième. Pour la plupart des opérations, une vitesse de 5 à 50 gouttes à la minute convient
(la limite inférieure correspond aux séparations difficiles). Le volume de chaque fraction
recueillie varie de 1 à 50 mL selon les cas. On collecte les fractions et on les analyse par
CCM. Déposer une micro-goutte de chaque fraction sur une CCM.
Lorsque l'analyse des fractions est terminée, on réunit celles qui correspondent à des produits
identiques, en prenant soin d'éliminer celles qui correspondent à des recouvrements de zones.
Les substances obtenues de cette façon sont généralement d'une très grande pureté.
Il existe maintenant des systèmes automatisés où la colonne est pré paquetée, le gradient est
programmé, et l’appareil collecte des fractions. L’interface nous donne directement les
fractions qui contiennent un chromophore. Il reste juste à faire les CCM et évaporer.
Applications
La chromatographie sur colonne classique est beaucoup utilisée pour purifier des produits de
synthèse organique et aussi pour séparer les composants d’extraits de plantes (phytochimie).
Elle présente plusieurs inconvénients :
• Elle nécessite une grande quantité d'éluant.
• La durée de l'élution est en général très grande (au minimum, plusieurs heures).
• La détection des composés exige une attention constante.
La chromatographie sur colonne moderne a résolu les problèmes rencontrées, elle met par
ailleurs en jeu un matériel plus sophistiqué.
33
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
34
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
III. Appareillage
Dans tous les appareils HPLC, on retrouve un ensemble de modules reliés entre eux par des
tubes de faible diamètre. Une, ou plusieurs pompes assurent le débit du solvant d’élution. En
aval de l’injecteur se trouvent la ou les colonnes où s’effectuera la séparation, puis au bout de
la chaîne se trouve le détecteur. Par la suite, nous allons aborder un peu plus en détail chacun
des composants essentiels d’une HPLC.
35
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
36
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
37
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
III.6. Détecteurs
Le détecteur suit en continu l'apparition des solutés. Pour détecter, on utilise différents
phénomènes physico-chimiques. Le signal obtenu est enregistré en fonction du temps.
Généralement, on compare le signal obtenu pour la phase mobile et le soluté à celui de la
phase mobile seule.
Il existe plusieurs détecteurs utilisés en HPLC :
- réfractomètre différentiel
- UV à barrette de diodes
- Electrochimique
- fluorimétrique...
Ainsi que différents types de couplage :
- Spectrométrie infrarouge
- Spectrométrie de masse
- Résonance Magnétique Nucléaire...
-
IV. Interaction moléculaire entre phase mobile et soluté
Interactions diélectriques
Liaisons H
Forces de van de waals
38
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
39
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
• Les adsorbants
La surface spécifique des adsorbants correspond à leur surface d’adsorption par unité de
masse. Elle est liée à leur granulométrie et à leur porosité. Une grande surface spécifique est
naturellement souhaitable car elle permet d’obtenir de meilleures séparations tout en
diminuant la longueur des colonnes (important en CL).
L’adsorbant doit être pratiquement insoluble dans les solvants et éluant utilisés d’une part et
présenter, d’autre part, une inertie chimique vis-à-vis des solutés. L’origine des adsorbants est
très diverse. Les poudres de charbon végétal ou animal sont parfois utilisées mais elles
présentent un trop grand pouvoir adsorbant. C’est parmi les oxydes, les hydroxydes et les sels
minéraux insolubles que l’on trouve la plus grande majorité des adsorbants. Ceux que l’on
emploie le plus couramment sont :
- La silice (SiO2) : Souvent désignée aussi sous le terme de gel de silice (silice plus ou moins
hydratée (4 % H2O), provenant de la déshydratation de l’acide silicique). Elle se présente sous
forme d’une poudre blanche de très fines granulométries.
Le mécanisme de rétention sur cet adsorbant est maintenant admis comme résultant de la
présence, à sa surface, de groupes silanols (-OH) et de groupes siloxanes (-O-) qui expliquent
sa polarité, son caractère acide et la possibilité de former des liaisons hydrogènes.
40
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
• Phase mobile
Il faut que le soluté soit soluble dans l’éluant pour que la migration se fasse et il est possible
de faire des mélanges de solvants pour changer sa polarité. Sous réserve de leur miscibilité et
de leur compatibilité avec le système de détection pour obtenir de bonne séparation.
La plupart des séparations chromatographiques s’effectuent en adaptant la polarité de la phase
stationnaire à celle du soluté, on utilise par contre une phase mobile dont la polarité est
extrêmement différente.
Moins un composé est polaire, moins il s’accroche à l’adsorbant, plus il migre avec l’éluant et
plus un composé est polaire, plus il s’accroche à l’adsorbant, moins il migre avec l’éluant.
41
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
• Support
Les supports sont inertes vis-à-vis des composés à séparer. Ils ne servent qu’à immobiliser,
par adsorption ou formation de liaisons chimiques covalentes, la phase stationnaire liquide.
Ce sont des solides très finement divisés qui présentent une très grande surface afin de retenir,
sous un petit volume, une grande quantité de phase stationnaire. Il est nécessaire que leurs
rétention soit énergique et qu’ils ne réagissent pas avec le soluté. Leurs propriétés
d’adsorption doivent être totalement masquées. Les phases stationnaires décrites en
chromatographie d’adsorption peuvent être utilisées comme support.
42
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
43
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
44
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
La phase stationnaire
La phase stationnaire est généralement un polymère poreux dont les pores ont des
dimensions choisies en rapport avec la taille des espèces à séparer.
Dans cette technique le matériel servant de base est un gel. La filtration de gel est une
chromatographie d’exclusion sur un support hydrophile qui est utilisé pour séparer des
espèces polaires. Tandis que la perméation de gel est une chromatographie d’exclusion sur un
support qui est utilisée pour séparer des espèces non polaires.
45
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
gonfle pratiquement pas, il peut être utilisé dans la plupart des solvants sauf : l'eau, les
alcools, l'acétone, l'acide formique. Il est utilisable en haute pression.
- Les gels rigides : Ils sont constitués par des silices poreuses ou des verres poreux. Ils ont
évidemment des sites d’adsorption (groupements hydroxyles) qui peuvent retarder
excessivement les espèces polaires. On modifie alors chimiquement la silice.
• La phase mobile
En chromatographie d’exclusion sur gel, le choix de la phase mobile ne s’effectue plus selon
la polarité du solvant comme dans le cas de la chromatographie de partage et celui de la
chromatographie d’adsorption. En effet, la phase mobile doit surtout être capable de dissoudre
l’échantillon et être suffisamment semblable à la phase stationnaire afin de la mouiller et
d’éviter l’adsorption. Lorsque le gel est mou, le solvant doit aussi le gonfler puisque la taille
des pores de ce gel dépend de la quantité de solvant imbibée. Dans le cas idéal, la phase
mobile, le solvant piégé et le gel doivent interagir de manière identique avec les molécules du
soluté, ainsi, on peut être sûr que son déplacement dans les pores ne se fait que par diffusion.
Il faut aussi que le solvant soit compatible avec l’appareillage et le détecteur si l’on en fait
usage directement.
46
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
• La phase stationnaire
En chromatographie ionique la phase stationnaire est une résine échangeuse d’ion. Les
échangeurs d'ions sont des macromolécules insolubles portant des groupements ionisables,
qui ont la propriété d'échanger de façon réversible certains de leurs ions, au contact d'autres
ions provenant d'une solution. L’échangeur d’ions comporte deux parties : Les groupements
fonctionnels qui lui confèrent ses propriétés et la matrice (support fixe) sur laquelle ces
derniers sont greffés.
Les groupements fonctionnels sont fixés par des liaisons covalentes sur la matrice, ils sont de
deux types :
- Les échangeurs de cations portent des groupements chargés négativement (-) : Le
groupement négatif, habituellement la base conjuguée d’un acide (carboxylique ou
sulfonique), est lié à la résine (souvent un polymère organique) de façon covalente et est en
général sous forme protonnée avant utilisation (c’est donc le cation H+ qui est alors échangé).
L’échange se fait suivant l’équation
47
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Les groupements fonctionnels cationiques et anioniques sont classés selon leur aptitude à
l’ionisation :
- Les groupements sont dit forts car leur capacité d’échange est constante et indépendante du
pH (ex : résine cationique SO3
- acide sulfonique, résine anionique N+(CH3)3 ammonium quaternaire).
- les groupements faibles ne sont pas ionisés à un certain pH (ex : résine cationique COO
groupement carboxylique, résine anionique 𝑁𝐻3+ amine primaire).
48
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
• Support
Les supports peuvent être de deux types : minéraux comme la silice et organiques comme
larésine polystyrénique, cellulose, dextrane.
Les phases stationnaires les plus connues sont obtenues par copolymérisation
styrène/divinylbenzène afin d’obtenir des phases réticulées, résistantes à l’écrasement. Elles
se présentent sous forme de particules sphériques d’un diamètre de quelques micromètres. Ces
particules sont ensuite greffées pour en faire des polyanions ou polycations.
• La phase mobile
La plupart des séparations utilisant les résines échangeuses d’ions s’effectuent avec une
solution aqueuse en raison des propriétés de solubilisation et d’ionisation de l’eau.
Toutefois, il peut être nécessaire d’utiliser des mélanges de solvants polaires (méthanol-eau)
afin d’optimiser une élution ou faciliter la solubilité de certain solutés.
L’élution est assurée par déplacement des équilibres : soit par la présence d’un ion ayant plus
d’affinité pour la résine, soit par l’élévation des concentrations en ions H+ ou OH-, soit, dans
le cas des échangeurs faibles, par modification du pH qui agit ainsi sur l’ionisation aussi bien
des groupements échangeables de la résine que de ceux des solutés.
Comparaison entre la CG et la CL
Avantages CL/CG
température pour importante
début constant de phase mobile dans la colonne
grand choix de phase mobile et stationnaire
inconvénient CL/ CG
coefficient de diffusion dans la phase mobile importante.
la vitesse d'échange entre le soluté et la phase mobile liquide et plus lente qui entre le
soluté et la phase stationnaire ; le temps d'analyse est plus long.
La pression dans la colonne est élevée en HPLC (la viscosité et 100 fois plus faible pour un
gaz).
49
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
I. Introduction
Cette technique est basée essentiellement sur des phénomènes d’adsorption et sur le principe
de la capillarité. Lorsque la plaque sur laquelle on a déposé l’échantillon est placée dans la
cuve chromatographique, l’éluant monte à travers la phase stationnaire (PhS).
Mais, en fonction de sa densité, de sa solubilité dans la phase mobile et des forces
électrostatiques retenant le composant sur la PhS, chaque composant de l’échantillon se
déplace à sa propre vitesse dans l’absorbant.
Exemple :
La figure ci-dessous représente la séparation des composés colorants alimentaires par
Chromatographie sur couche mince.
50
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
51
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
52
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Révélation
Certains composés sont colorés : il n'est pas nécessaire de les révéler. La plupart sont
incolores. Voici quelques méthodes utilisées pour révéler les plaques.
Révélation UV
- Si la plaque est fluorescente, sous une lampe UV, toute la plaque apparaît verte sauf là
où sont les taches que l'on entoure au crayon.
- Les dérivés aromatiques absorbent dans l'UV. Placer la plaque sous une lampe UV et
entourer les taches colorées.
Révélation à l'iode
Beaucoup de composés organiques forment des taches jaune-marron en présence d'iode. Dans
un flacon, placer la plaque et quelques cristaux d'iodes, puis boucher. Les taches apparaissent.
V.5.1.6.3. Révélation par atomisation
Cette technique utilise un atomiseur contenant le révélateur en solution. Selon le produit à
révéler, la solution peut-être :
- Ninhydrine pour les acides a -aminés (taches violettes qui brunissent pour disparaître
en quelques jours)
- Acide sulfurique à 50% pour à peu près tout (taches noires).
- On utilise aussi des mélanges complexes d'oxyde de molybdène en présence de sulfate
de cérium.
V.5.1.7. Calculs et interprétation
La position finale de la tache (ou spot) est caractéristique de la molécule. On lui attribue une
valeur, le RF de Retention factor en anglais ((Retardation factor ou « référence front »,
« coefficient de migration ») qui a été fort habilement traduit comme Rapport frontal. Ce Rf
est le rapport de la distance parcourue par le composé divisé par la distance parcourue par
l’éluant.
Rf = H/h
où H =hauteur d'élution du produit et h = hauteur d'élution du solvant.
53
Dr. S. Ikhlef 3ème année licence génie des procédés
Chromatographie bidimensionnelle
Dans le cas où le mélange contient des solutés de mobilités voisines, on peut augmenter le
pouvoir séparateur en réalisant une chromatographie bidimensionnelle : sur le même support,
on réalise une première chromatographie à l’aide d’un système de solvants, puis une
deuxième à l’aide d’un second système de solvants, dans une direction perpendiculaire à la
première.
54