Cours D'element de Droit Fiscal 2023
Cours D'element de Droit Fiscal 2023
Année-académique
2022-2023
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PLAN DU COURS
INTRODUCTION
CONCLUSION
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INTRODUCTION
Le droit fiscal est un ensemble de règles et de principes qui régissent les impôts en
un moment donné, dans un pays déterminé, ces règles et principes portent sur la création, la
perception et le recouvrement des Impôts.
Le cours d’élément de droit fiscal présente une importance indéniable pour tout futur
fiscaliste.
Le prélèvement des impôts a existé avant la naissance de l’Etat. A cette époque les
habitants payer régulièrement le « Tribut » pour le compte du Monarque (Roi) celui-ci
envoyait ses délégués auprès de ses sujets afin de prélever le tribut dans l’empire romain, le
panier dans lequel le délégué du roi césar encaissait les tributs prélevés s’appelait « FIscus »
d’où le sens étymologique du terme « Fiscalité » En effet, comparativement au droit fiscal,
la fiscalité est un ensemble de règle et principes qui s’appliquent aux impôts et aux taxes.
A l’avènement de l’Etat, les Impôts étaient prélevés pour le compte du trésor public.
Les ressources générées par la perception des impôts ne servaient qu’au paiement des
dépenses liées à la police, à la gendarmerie à la diplomatie et à l’administration publique. A
cette époque l’Etat était dit « Etat gendarme » puisqu’il n’intervenait pas en matière
économique et sociale, l’impôt ne jouait qu’un « rôle financier » c'est-à-dire il ne servait
qu’au paiement des dépenses de l’Etat, les matières économiques et sociale n’étaient
exercées que par les particuliers.
Avec l’évolution, l’Etat constata que certains particuliers ne parvenaient plus à
rendre des services satisfaisants aux citoyens. Tel fut le cas par exemple d’une société
d’électricité qui ne pouvait plus fournir l’énergie électrique à tous ses clients. Ou d’une
Industrie de fabrication des produits alimentaires qui ne fournissait plus des données
suffisantes aux consommateurs. C’est ainsi que, dans le but de rendre un service plus au
moins éminent aux citoyens, l’Etat commença à intervenir en matière économique et social.
L’Etat pouvait maintenant créer aussi des entreprises commerciales ou industrielles, des
écoles des hôpitaux etc. l’Etat prit l’appellation de « Etat providence » ou Etat
interventionniste » car les Impôts perçus par lui ne servaient plus seulement à faire face aux
dépenses publiques, mais aussi à permettre l’Etat d’intervenir en matière économique et
social.
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Les Impôts font partie des ressources budgétaires de l’Etat. C’est à dire qu’ils
constituent des ressources budgétaires au même titre que les emprunts, les Ressources non
fiscales (Taxes administratives et Redevances) et les Revenus du domaine et du portefeuille.
L’étude du présent Cours étant essentiellement axée sur les impôts, il convient de
définir l’Impôt et d’en relever les caractéristiques.
Section 1ère : DEFINITION ET CARACTERISTIQUES DE L’IMPOT
§1er : Définition de l’Impôt
Un impôt est une prestation pécuniaire requise des personnes physiques et morales
de droit privé, ou même public, d’après leurs facultés contributives, à titre définitif, par voie
d’autorité et sans contrepartie directe, en vue de la couverture des charges publiques et de
l’interventionnisme des puissances publiques.
Les caractéristiques de l’impôt découlent logiquement de cette définition.
§2. Caractéristiques de l’Impôt
Les caractéristiques de l’Impôt peuvent être précisées dans les 7 points suivants :
1°) L’Impôt est une prestation pécuniaire
L’Impôt a un caractère obligatoire et doit être payé en argent. Le paiement de l’impôt
ne peut donc se faire en nature ou en scripturale (par Chèque) ;
2°) L’Impôt est requis des personnes physiques ou morales de droit privé ou même public.
Les personnes visées ici sont les débiteurs de l’Impôt. Elles sont définies par la Loi
fiscale et sont astreintes au paiement de l’impôt. On les appelle encore Contribuables,
Redevables, Personnes imposables ou Assujettis.
Certains organismes publics sont soumis au paiement des Impôts conformément à la
Loi fiscale. Tel est le cas notamment de l’OGEFREM qui doit payer au Trésor public l’ICA
calculé au taux de 18% de la Commission OGEFREM prélevée lors de l’importation des
Marchandises ayant trafiquées sur la mer avant d’être introduites en RDC.
3°) L’impôt est prélevé d’après les facultés contributives des contribuables
Par faculté contributive (capacité contributive)
On entend ici la limite de la charge fiscale que peut supporter un Contribuable. Ainsi,
il ne peut être demandé à ce dernier de payer un montant dépassant ce qui est dû.
4°) L’impôt est perçu acquitté d’un définitif
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Par prélèvement obligatoire, il faut entendre les impositions de toutes natures devant
être supportées par les assujettis, par voie d’autorité : les Impôts, les Taxes administratives,
les Taxes parafiscales, les Redevances etc.
Parfois le service à rendre par l’organisme public peut être postérieur à la perception
de la Taxe. Tel est le cas notamment du service rendu à l’étranger par l’OGEFREM au profit
des importateurs, en contrepartie duquel ces importateurs paient la Taxe OGEFREM lorsque
leurs Marchandises arrivent en douane en RDC.
Certaines Taxes sont affectées aux dépenses de l’organisme qui a rendu service aux
usages, tandis que tous les impôts obéissent à la règle de la non-affectation. La règle de la
non-affectation veut qu’une recette particulière ne soit pas affectée à une dépense
particulière, mais qu’elle fasse partie de la masse des recettes pouvant faire face de
l’ensemble des dépenses de l’Etat.
La redevance est une somme versée à échéances périodiques, en contrepartie d’un avantage
concédé contractuellement par l’Etat à l’usager. Exemple : La somme à verser
périodiquement à l’Administration douanière par un Concessionnaire d’Entrepôt public, ou
encore les loyers à payer par les particuliers dont les Bureaux sont installés dans les
Bâtiments publics.
La Taxe et la Redevance se ressemblent dans la mesure où elles correspondent toutes
à une contrepartie. Cependant, elles se distinguent par le fait que le montant de la Redevance
est fixé en proportion de la valeur du service rendu, tandis que celui de la Taxe est sans
corrélation avec l’importance du service rendu.
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Parmi les Impôts directs, le Législateur congolais a classé d’une part les impôts réels (§1er)
et, d’autre part, les Impôts cédulaires sur les revenues (§2).
§1er : Les Impôts réels
Les Impôts réels sont ceux qui frappent les biens (choses). Ainsi, le mot réel vient du Latin
« Res » qui veut dire chose.
Les Impôts réels sont prévus dans l’Ordonnance-Loi n° 69-006 du 10 février 1969 portant
Impôt réel. Ce texte prévoit 3 sortes d’Impôts réels à savoir : l’Impôt foncier, l’Impôt sur les
Véhicules, ainsi que l’Impôt sur la superficie des concessions minières et d’hydrocarbures.
1. L’impôt foncier
L’Impôt foncier frappe les propriétés bâties (Maisons) et les concessions non bâties (Terrains).
Les taux de cet impôt sont fixés selon que la Maison ou le Terrain est situé dans une localité de
1er, de 2ème, de 3ème ou de 4ème Rang.
Par exemple : Au Nord-Kivu, les localités sont fixées (établies) comme suit :
Localité de 1er Rang : Le centre commercial et résidentiel de Goma et le quartier Himbi
(30 Ff par étage et 11 Ff pour les autres immeubles) ;
Localité de 2ème Rang : Les centres commercial et résidentiel de Butembo et Beni (19 Ff
par étage et 7,5 Ff pour les autres immeubles) ;
Localité de 3ème Rang : Le quartier Katindo-Gauche Goma (7,5 Ff par étage et 7,5 Ff pour
les autres immeubles) ;
Localité de 4ème Rang : Tous les autres quartiers de Goma non cités (4 Ff par étage et 1,5
Ff pour les autres immeubles) ;
L’Impôt foncier est perçu annuellement quelle que soit la date d’acquisition ou de la fin de
la construction de l’immeuble. Il doit être déclaré et payé au plus tard le 1er février de l’année
suivante, sous peine des Sanctions à l’encontre du contribuable.
Lorsqu’un Immeuble par incorporation (une Maison) est érigé sur le Terrain, l’Impôt
foncier sera payé une seule fois (et frappera la Maison), cela pour éviter la double imposition.
Sont exemptés de l’Impôt foncier :
1°. L’Etat congolais et ses subdivisions (Provinces, Communes, Villes, Services et
Etablissements publics) ;
2°. Les Maisons ou Terrains appartenant aux Ambassades ou Consulats étrangers, sous réserve
de réciprocité, ou aux Organismes internationaux ;
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TSCR= Taxe Spéciale de Circulation Routière
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Contre-Valeur au cours vendeur du jour de paiement (USD=CDF) appliqué à la banque
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Total par exercice fiscal
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Sont exonérés, les Véhicules appartenant à l’Etat congolais, aux Organismes privés à
caractère social ayant une personnalité morale (ASBL, ONG, Eglises), aux Ambassades ou
Consulats étrangers (sous réserve de réciprocité), aux Organismes internationaux, aux
Etablissements d’utilité publique ; les Véhicules destinés à l’Agriculture, à l’Elevage, ainsi que les
Ambulances.
L’Impôt sur les Véhicules est perçu annuellement. Sa déclaration doit être faite au plus tard
le 1er avril de l’Année suivante, sous peine des pénalités à l’encontre du Redevable. Pour ce qui
concerne les nouvelles acquisitions, la déclaration est faite au moment de l’immatriculation.
En cas de vente, de cession, d’échange, de modification ou de mise hors d’usage temporaire
ou définie du Véhicule imposable, le Redevable doit en faire la déclaration à l’Administration des
Impôts dans les 30 jours de la survenance de l’avènement.
Les Impôts cédulaires sur les Revenus frappent l’acquisition des richesses. C’est pourquoi
ils frappent les Revenus acquis par les Contribuables. Ces Revenus leur sont procurés soit par leurs
biens, soit par leurs activités.
Ces impôts sont fragmentés comme suit :
1. L’Impôt sur les Revenus Locatifs (IRL)
Cet Impôt frappe les Loyers perçus par les Bailleurs. Par loyer, il faut entendre le Prix de la
Location d’un local d’habitation ou professionnel.
Le Taux de l’IRL est fixé à 22 % du montant du Loyer payé. Le Redevable légal est, à
grande partie, le Locataire, tandis que le Contribuable réel en est le Bailleur.
En effet, le Locataire est tenu de payer 20 % du Loyer, pour le compte du Bailleur, et ce
dernier doit payer les 2% restants. Les 20 % du Loyer à payer par le Locataire sont retenus à la
source.
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Son exemptés de l’IRL : L’Etat et ses subdivisions, les Organismes privés à caractère social
ayant une personnalité morale (Institutions religieuses, scientifiques ou philanthropiques, les
établissements d’utilité publique, les Eglises, les ONG, les ASBL etc.).
Exemple :
Monsieur KASILEMBO a donné en Location ses deux immeubles par incorporation à la
Compagnie d’aviation HEWE BORA. Cette dernière utilise un immeuble pour ses Bureaux et un
autre pour l’habitation de son chef du personnel.
D’après les clauses du contrat de Location, les Loyers à payer annuellement pour ces deux
immeubles sont fixés successivement à 100.000 FRC et 125.000 FRC et doivent être payés avant
l’usage des immeubles.
Calculer l’IRL à payer par le Locataire et par le bailleur, le Montant total de l’IRL, ainsi
que le revenu du Bailleur après acquittement de l’IRL.
Solution :
Montant total du Loyer à payer : 100.000+125.000 = 225.000 FRC
L’impôt à payer par HEWA BORA = 225.000 X 20 45.000 FRC
L’impôt à payer par M. KASILEMBO = 225.000 X 2 4.500 FRC
Montant total de l’IRL. = 45.000 + 4.5000 FRC = 49.5000 FRC
Revenu du Bailleur après acquittement 225.000 – 49.500 = 175.500 FRC
Après avoir retenu les 45.000 FRC à la source, le Locataire HEWA BORA a remis au Bailleur, M.
KASILEMBO, un Montant de 180.000 FC (225.000 – 45.000). Le Bailleur, après s’être acquitté
des 2% du Loyer (4.500FC), est resté avec un Montant de 175.500 FRC (180.000- 4.500).
2. L’Impôt sur les Bénéfices et profits (IBP)
Cet Impôt frappe les Bénéfices annuels réalisés par les Entreprises commerciales, industrielles
ou artisanales. Ces Bénéfices sont établis par le service comptable de l’Entreprise redevable.
Le Taux de cet Impôt est fixé à 30 % du montant du Bénéfice réalisé annuellement. Les
Agents de l’Administration des Impôts (la DGI), notamment le Receveur des Impôts, sont habilités
à vérifier les Livres et Pièces comptables des Entreprises, afin de se rendre compte de l’exactitude
du Bénéfice déclaré. Les Entreprises concernées sont tenues de communiquer tous les documents
exigés par les Agents des Impôts, car ces derniers bénéficient du « droit de communication » leur
reconnu par la Loi fiscale.
Lorsque, au lieu de réaliser un Bénéfice, l’Entreprise a connu une perte, elle doit déclarer
cette perte auprès de l’Administration des Impôts, et peut demander par écrit, que le montant de la
perte soit déduit sur les Bénéfices postérieurs à réaliser. L’administration des impôts, après
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vérification de la perte, peut accepter cette demande, afin de sauvegarder la survie de l’Entreprise
déficitaire. Les pertes sont déduites jusqu’à la 5ème année suivant l’exercice déficitaire.
La déclaration et le paiement de l’IBP à la DGI doit être faites au plus tard le 31 mars de
l’année qui suit celle de la réalisation du bénéfice. Elle doit être faite même en cas de perte.
Cependant, ce cas de dissolution, de liquidation ou de cessation des activités de la société, la
déclaration et le paiement de l’impôt sur les bénéfices dans le mois de la survenance de
l’événement.
Exemple : Monsieur Daniel est Cadre au sein de la Société TGG depuis 1998. Au mois
d’août 2022, sa Rémunération mensuelle est composée d’éléments suivants :
L’IPR est déclaré à la DGI chaque mois dans les 10 jours qui suivent le mois au cours
duquel les rémunérations ont été versées aux salariés.
A la fin de l’année comptable, une Déclaration récapitulative des IPR est souscrite et
déposée à la DGI.
Le Redevable légal de l’IPR est l’Entreprise ou l’Organisme qui emploie des Salariés. Ces
derniers en sont les Contribuables réels. Ainsi, chaque montant correspondant à l’IPR est retenu à
la source, par l’Employeur, avant le paiement de la Rémunération nette au Salarié. Pour ce qui
concerne l’Exemple précédent, le montant de 574.000 FRC doit être retenu à la source avant le
paiement de la Rémunération nette à Monsieur Daniel.
L’IERE est prélevé sur les Rémunérations des Expatriés. Un Expatrié est un Salarié de
nationalité étrangère, qui travaille au sein d’une Entreprise ou Organisme de Droit congolais situé
dans le Territoire de la RDC.
L’IERE est calculé sur la Rémunération imposable de l’Expatrié. Cependant, l’Employeur
de l’Expatrié est en même temps Redevable légal et Contribuable réel de l’IERE. En effet, le
Montant de l’IERE n’est pas retenu à la source ; l’Employeur le supporte seul. C’est ainsi que
maints Auteurs qualifient l’IERE « d’Impôt Sanction » à l’encontre des Employeurs qui engagent
des Expatriés.
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N.B. les Travailleurs originaires des Pays limitrophes de la RDC sont assimilés aux
Nationaux et ne sont, par conséquent, pas soumis à l’IERE.
6. L’Impôt sur les Bénéfices des Entreprises individuelles, familiales et des Petites et
Moyennes Entreprises
Cet Impôt se distingue de l’Impôt prélevé sur les Bénéfices des grandes Sociétés, dans la
mesure où il ne frappe que les Bénéfices des Entreprises susvisées, et où ses Taux sont progressifs.
Ces Taux sont répartis de la même manière que ceux relatifs l’IPR proportionnellement au Montant
du Bénéfice réalisé par une Entreprise individuelle (un Etablissement), familiale ou une PME. Les
Agents de l’Administration des Impôts sont habilités à contrôler et vérifier la tenue de la
Comptabilité de toutes ces Entreprisses, afin de se rendre compte de la véracité des Bénéfices
déclarés ou à déclarer.
7. L’Impôt sur les Profits des Professions libérales et autres Occupations lucratives
A la différence des Entreprises, les Professions libérales (profession d’Avocat et de Médecin
notamment) et les Occupations lucratives sont imposables non pas sur base des Résultats
comptables, mais sur base de la différence entre les recettes effectives réalisées et les dépenses
effectives inhérentes à l’exercice de la Profession. Cette différence constitue le Profit imposable.
Les créances et les dettes n’entrent pas en ligne de compte.
Les Agents de l’Administration des Impôts utilisent des mécanismes appropriés pour vérifier
les profits déclarés. Toutefois, la Loi peut fixer des Montants forfaitaires à payer part les
Professions libérales ou autres Occupations lucratives. C’est le cas notamment de l’Arrêté
Ministériel n° 002 du 8 Octobre 1997 qui fixe les sommes à payer par les Avocats comme suit :
- Pour les Avocats inscrit au Barreau depuis 2 ans : 300 USD/An
- Pour les Avocats inscrit au Barreau depuis plus de 2 ans : 500 USD/An
L’Impôt sur les Profits des Professions libérales et autres Occupations lucratives est faite au plus
tard le 31 mars de l’Année suivant celle de réalisation des Profits.
Section 2 : LES IMPOTS INDIRECTS
§.1. Les droits de douane et accises
Ces deux objectifs sont dans une certaine mesure contradictoire si ces
droits réussissent à décourager l’importation des produits qu’ils frappent, le
trésor percevra moins de recettes.
Ils sont propres aux pays en voie de développement, ils frappent les
matières premières exportées comme le pétrole, le cacao; le bois en grume.
Le taux doit être aménagé de façon à être répercuté dans les prix afin
de ne pas entraver les échanges. De plus leur rendement est très variable en
fonction de la conjoncture économique mondiale et de certaines matières
premières. Ces pays continuent à tirer de leur fiscalité extérieure une part
importante de leurs ressources budgétaires.
2.1. Notions
Beaucoup de pays qui ont des raffineries, prélèvent les droits d’accises
sur les carburants. Des raisons de justice autorisent à faire payer les
usagers de ces produits et cela est d’ailleurs nécessaire à l’affectation
optimale des ressources. Comme le prouve l’expérience de nombreux pays, il
vaut mieux pour cela grever les carburants que percevoir les péages.
En faisant payer les usagers, l’Etat devient moins tributaire d’autres impôts
qui risquent d’exercer une action préjudiciable à l’activité économique.
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Un petit nombre de pays perçoivent des accises à des taux relativement fors, du ge
nre des accises somptuaires, sur d’autres articles considérés comme offrant des moyens
particulièrement bon de mesurer la faculté contributive. Le sucre en constitue un bon exe
mple.
En somalie, ce sont les prélèvements sur H sucre qui, en 1968, procuraient à l’Etat 15 %
des ses recettes fiscales.
Le terme « taxe » est souvent employé dans un sens autre que comme
défini ci-haut. Nous observons que certains impôts sont qualifiés des taxes
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qui, en réalité, ne les sont pas au sens de sa définition. C’est ainsi que l’on
parle parfois de la taxe sur le chiffre d’affaires ou de la taxe sur la valeur
ajoutée alors qu’il s’agit des impôts qui sont des prélèvements obligatoires
effectués par voie d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie, en vue de la
couverture des charges publiques, et non des taxes au vrai sens du mots.
A en croire Jean DUSSART et Robert DUSSART, la T.V.A est une taxe unique à la
consommation, mais à paiement fractionnés et étalés sur divers
stades ou une taxe générale sur les revenus bruts d’une entreprise, diminuées du montant
des achats et calculé sur la valeur ajoutée .
Pour le Professeur Laurent MABIALA, la T.V.A peut être définie par les
caractéristiques suivantes :
Un impôt sur la consommation qui frappe l’utilisation des revenus, la
dépense ou la consommation finale des biens ou des services ;
George EGRET affirme que la TVA est un impôt général sur les
produits et les services, assurant une égalité de taxation au niveau du
consommateur final entre les produits créés dans les pays et ceux importés,
et cela quelle que soit la longueur du circuit de production et de distribution
et la nature des moyens mise en œuvre .
Les sanctions fiscales sont des peines à soumettre aux contribuables qui se sont rendus
coupables des fraudes fiscales et autres irrégularité.
La fraude fiscale se définit comme étant la violation de la loi fiscale en vue d’éluder
totalement ou partiellement, les impositions dues en ne faisant pas des déclarations ou en faisant
des fausses déclarations.
Les auteurs et autres coupables des fraudes fiscales et autres irrégularités encourent les
pénalités d’assiette (section 1ère), les pénalités de recouvrement (section 2), les astreintes (section
3), les amendes administratives (section 4) ou les sanctions générales (section 5). Toutes ces
sanctions sont prévues aux articles 83 à 103 de la loi n°004-2003 du 13 mars 2003 portant réforme
des procédures fiscales.
Section 1ère : Les pénalités d’assiette
Les pénalités d’assiette sanctionnent les Redevables qui n’ont pas fait des déclarations dans les
délais légaux ou qui ont fait des déclarations inexactes, incomplètes ou fausses.
Le taux des pénalités d’assiette est fixé à 50% du montant de l’impôt dû en cas de récidive
ce taux est majoré à 100% du montant de l’impôt dû.
La Récidive est le fait de commettre la même infraction fiscale déjà sanctionnée, dans un
délai de 2 ans (pour les impôts annuels) ou de 6 mois (pour les autres impôts).
Section 2 : Les pénalités de recouvrement
Les pénalités de recouvrement sanctionnent le retard dans le paiement des impôts. Le taux
de ces pénalités est fixé à 10% du montant de l’impôt par mois de retard.
Exemple : la société LA COLOMBE a déclaré mais n’a pas payé l’impôt professionnel sur
les Bénéfices réalisée au cours de l’année 2007. Ces bénéfices avaient été de 34.000.000 FRC.
L’impôt est payé au mois de l’année 2008 calculez les pénalités de recouvrement qui sanctionnent
la société LA COLOMBE.
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Solution
- IBP à payer = 34.000.000 x 30% = 10 200 000 FRC.
- Mois de retard = 3 mois de ; Mai, juin et juillet 2007, car l’IBP doit être payé au plus tard
au mois d’Avril de l’année suivant celle de réalisation des bénéfices.
- Pénalités de recouvrement : 13.600.000 x 10% = 1.360.000 FRC x 3 = 4.080.000 FRC.
Section 3 : Les astreintes
Les astreintes sanctionnent le non-respect par le contribuable, aux demandes des
renseignements faites par les agents des impôts lors des contrôles fiscaux. Tel est le cas notamment
d’une entreprise qui se fourni les livres ou pièces comptables aux agents des impôts lorsqu’ils
exercent leur droit de communication.
Les taux des astreintes sont fixés à 100 FC pour les personnes morales et 25 FC pour les
personnes physiques, par jour de retard, jusqu’au jour où les informations demandées seront
communiquées.
Section 4 : Les amendes administratives
Les amendes administratives sanctionnent les entreprises redevables qui se sont rendues
coupables du non-respect des formalités comptables, c'est-à-dire qui ne tiennent pas de
comptabilité ou tiennent de comptabilités non-conformes au plan comptable général congolais.
Les amendes sanctionnent également les entreprises ayant communiqué des faux renseignements
ou qui ont communiqué des renseignements incomplets aux agents des impôts. Ainsi, lors de la
communication des faux renseignements es amendes sont de 1.500 FC pour les coupables
personnes morales et de 250 FC pour les coupables personnes physiques. Tandis que lors de la
communication des renseignements incomplets, les amendes sont de 750 FC pour les coupables
personnes physiques et de 125FC pour les coupables personnes morales.
Section 5 : les sanctions pénales
Les sanctions pénales sont infligées aux redevables qui se sont rendues coupables des
infractions fiscales ci-après :
- L’omission volontaire de déclaration ;
- La dissimulation volontaire des sujettes à l’impôt ;
- La passation délibérée des écritures fictives ou inexactes dans les livres comptables ;
- L’incitation du public à refuser ou à retarder le paiement de l’impôt ;
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L’autorité qui reçoit une demande en cas de recours hiérarchique peut soit entérine, soit
infirmer la décision de son subordonné ; Au cas où cette infirme ou annule la décision contestée
par le contribuable, le contribuable requérant peut soit saisi le tribunal administratif ou continuer
la phase administrative en exercent un recours de tutelle
§3. Le recours de tutelle
Le contribuable dont la demande a été déboutée en cas de recours hiérarchique, peut
adresser une demande auprès de l’autorité de tutelle de la DGI (le Ministre des Finances), c’est ce
qu’on appelle recours de tutelle.
Dans l’hypothèse où l’autorité de telle déclare la demande du contribuable recevable et
fondée, et révise ou annule la décision de l’administration des impôts, le contentieux fiscal prend
fin. Dans le cas contraire, le contribuable requérant peut saisir le juge administratif en exerçant le
recours contentieux.
Section2. Le recours contentieux : la phrase juridictionnelle
Le contribuable ayant épuisé du recours administratif peut sans trouver satisfaction, peut
attaquer la décision de l’administration des impôts devant les juridictions administratives. Ainsi,
le contribuable peut saisir le tribunal administratif du ressort où la décision consistée des impôts a
été prise.
Se le contribuable n’obtient pas gain de cause, il est en droit comme tout autre justiciable,
d’interjeter appel devant la cours administrative d’appel et voire le conseil d’état.
Signalons-le néanmoins que les juridictions de l’ordre administratif (tribunaux
administratifs, cours administratives d’appel et conseil d’état) bien que prévues aux articles 154 et
155 de la constitution du 18 janvier 2006, ne sont pas encore effectivement crées. Ainsi, en cas de
contentieux administratif en général et en particulier en cas de contentieux fiscal, les justiciables
portent leurs affaires devant les chambres administratives des cours d’appel et de la cours suprême
de justice en attendant la création effective des juridictions administratives.
Section 3. Le recours pour excès de pouvoir
En matière fiscale, l’exercice du recours pour l’excès de pouvoir est reconnu à tout
contribuable qui a été victime des voies de fait, des concussions ou des recours disproportionnés
aux agents de l’ordre commis par les impôts lors des contrôles fiscaux.
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Lorsque les comportements des agents des impôts ont porté préjudice aux contribuables, la
responsabilité de l’administration des impôts doit nécessairement être engagée. Ces
comportements peuvent être explicités :
Les voies de fait consistent, pour les Agents des impôts, à outrager, menacer ou agresser les
contribuables lors des contrôles fiscaux.
La concussion. En matière fiscale, est le fait, parlé agent des impôts, d’exiger
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