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Comparaison des récits de science-fiction

Le document compare différents types de récits de fiction, notamment le récit réaliste, le récit merveilleux, le récit fantastique et le récit de science-fiction. Il souligne que la science-fiction se distingue par son ancrage dans des lois scientifiques et des innovations techniques, tout en étant souvent situé dans un futur proche. Il aborde également la diversité au sein de la science-fiction, y compris le sous-genre de l'heroïc fantasy, qui s'éloigne des explications scientifiques.

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Comparaison des récits de science-fiction

Le document compare différents types de récits de fiction, notamment le récit réaliste, le récit merveilleux, le récit fantastique et le récit de science-fiction. Il souligne que la science-fiction se distingue par son ancrage dans des lois scientifiques et des innovations techniques, tout en étant souvent situé dans un futur proche. Il aborde également la diversité au sein de la science-fiction, y compris le sous-genre de l'heroïc fantasy, qui s'éloigne des explications scientifiques.

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Le récit de science-fiction

Une approche comparative


Prenons comme point de départ de la comparaison le récit réaliste. Le propre
de cette sorte de fiction, c’est qu’elle permet au lecteur de se croire dans son
monde à lui. Pas nécessairement le monde étroit dont il a l’expérience
personnelle, pas nécessairement le monde des lieux qu’il fréquente et des
gens qu’il côtoie, mais un monde qu’il identifie à la réalité, sachant que celle
d’autrefois diffère de celle d’aujourd’hui et que les gens ne vivent pas ailleurs
exactement comme ils vivent ici. Dans le récit réaliste comme dans la réalité,
il est impossible que se produisent certains événements non conformes aux
lois de la nature, et tous les événements qui ont lieu peuvent s’expliquer par
ces lois.

Le récit merveilleux est certainement celui qui diffère le plus du récit réaliste.
Dans ce cas, en effet, le lecteur est confronté à un monde où surviennent des
phénomènes que l’on ne rencontre pas dans la réalité, et qui demeurent sans
explication : certains personnages ont des pouvoirs et certaines choses des
propriétés littéralement extraordinaires, impossibles à comprendre selon les
lois de la nature. Certes, il arrive que les héros des récits merveilleux se
conduisent comme vous et moi, manipulent des objets familiers ou se
déplacent dans des endroits communs, mais les faits qui se produisent et que
nous jugeons invraisemblables sont si nombreux et si différents de ceux que
nous pouvons observer autour de nous que nous ne doutons pas un instant
d’être dans un univers radicalement autre, un univers où tout peut arriver. Et
puisque nous nous attendons à tout, nous n’avons pour ainsi dire peur de rien.

La peur, voilà sans doute un des principaux effets, bien réels, que produisent
sur les lecteurs les récits fantastiques. Ce qui les caractérise, c’est l’irruption,
dans un univers qui ressemble à la réalité, d’un phénomène incompatible avec
les lois de cet univers. Un phénomène inexplicable, effrayant, d’autant plus
effrayant qu’il se révèle dangereux. Il s’agit en général d’un phénomène
unique, mais susceptible de se produire plusieurs fois et de faire de plus en
plus de mal. Au contraire de ce qui se passe dans les récits merveilleux, les
lois de la nature ne sont pas continuellement bouleversées dans les récits
fantastiques ; une seule sorte d’infraction a lieu, de sorte que le lecteur n’a pas
cette impression, somme toute rassurante, d’avoir émigré dans un monde où
règne la fantaisie. Il vit (en imagination) dans le monde réel, dans son monde
familier, et voici que s’y produit un événement qui en fait un monde de
cauchemar.

Restent les récits de science-fiction. Ils donnent à connaître des événements


qui se déroulent dans un univers assez différent (et parfois très différent) de
celui dont le lecteur a l’expérience directe, ou qu’il sait être la réalité d’autres
hommes, en d’autres lieux. L’essentielle différence de cet univers-là, c’est
qu’il est à venir, c’est qu’il est pour demain ou pour après-demain. Mais ce
qui s’y passe est soumis aux lois scientifiques, s’explique par des innovations
techniques, quand ce n’est pas par des évolutions dont on peut, aujourd’hui
même, constater les débuts. Au contraire des récits merveilleux et des récits
fantastiques, les récits de science-fiction invitent le lecteur à comprendre, lui
donnent les moyens de comprendre les phénomènes étonnants auxquels il
assiste. Par cette possibilité de compréhension fondée sur la science, les récits
de science-fiction s’apparentent aux récits réalistes, qui, eux, peuvent tabler
davantage sur ce que le lecteur connaît a priori, puisqu'ils situent
généralement l'action à une époque contemporaine ou proche de celle du
lecteur.

Comme la plupart des étiquettes utilisées en littérature, celle de science-


fiction recouvre des produits très différents les uns des autres. Sans entrer
dans le détail de ces différences, attirons l’attention sur le genre
ordinairement désigné, à l’anglaise, comme « heroïc fantasy ». Ce qui le
singularise, c’est … l’absence de toute explication scientifique pour des
phénomènes, des événements survenant dans un univers qui nous fait plus
penser, par bien des traits, aux temps révolus qu’aux temps à venir. Les
œuvres qui relèvent de l’ « heroïc fantasy » sont des récits d’aventures,
souvent situés dans un cadre spatio-temporel vague, vaguement médiéval, où
des héros extraordinaires affrontent des magiciens pour libérer des royaumes
et délivrer des princesses. Sans nul doute, cette sorte de texte est beaucoup
plus proche du récit merveilleux que du récit de science-fiction, même si,
dans les librairies et les bibliothèques, on les trouve sous la rubrique
« Science-fiction ».

Cité dans Lectures pour toi, Le récit de science-fiction,


coll. dirigée par J.-L. Dumortier, Labor, 1994.

 Relevez les idées essentielles et réalisez un tableau comparatif.

La diversité des récits de science-fiction

 Lisez les trois incipits de romans de science-fiction. En vous basant sur les éléments
découverts dans le texte précédent, classez-les dans des sous-genres.

Texte 1

A la veille de la guerre, personne n’aurait cru, dans les


dernières années du XIXe siècle, que les choses humaines
fussent observées, de la façon la plus pénétrante et la plus
attentive, par des intelligences supérieures aux intelligences
humaines et cependant mortelles comme elles.

H.G. Wells, La Guerre des mondes, 1898, éd. Gallimard, 1998.


Texte 2

Le déclic de l’orgue d’humeur situé près de son lit réveilla


Rick Deckard. Agréablement surpris, comme chaque jour, par la
qualité de son éveil, il se dressa dans son lit puis, debout dans
son pyjama multicolore, il étira ses membres.

Philip K. Dick, Blade Runner, éd. J’ai Lu, 1968.

Texte 3

La sécheresse durait maintenant depuis dix millions


d’années et le règne des terribles lézards avait depuis longtemps
pris fin. Ici, à l’Equateur, sur le continent que l’on appellerait un
jour l’Afrique, la lutte pour l’existence avait atteint un nouveau
sommet dans la férocité, et le vainqueur n’était pas encore
connu.
Arthur C. Clarke, 2001, L’Odyssée de l’espace, éd. J’ai Lu, 1968.

Les indices, les thèmes, les messages

Exercice 1

 Retrouvez le titre qui convient le mieux pour chaque extrait :


a. Une société parfaite b. Les Mutants c. Un robot parmi les hommes
d. Une technologie révolutionnaire e. La Machine et les étrangers

 Identifiez les caractéristiques de la science-fiction :


 En quoi chacun de ces extraits présente-t-il des indices permettant de le
considérer comme un récit de science-fiction.
 Identifiez le thème abordé dans chaque extrait.

Texte 1

Il sortit. Il se tint au milieu de la rue, la Machine en face de lui.


« Quel est votre nom ? »
- Ferrier. Vous me connaissez…
- Je ne vous connais pas. Vous êtes un étranger.
- J’habite cette Ville. (Il se tordit les mains). Vous m’avez salué hier, et avant-hier et
tous les autres jours. Je suis un habitant de cette Ville. Mon nom est inscrit là-bas. (Il tendit le
doigt vers le dôme).
- Je ne connais personne du nom de Ferrier.

Gérard Klein, Les Villes ; in Un homme contre la ville et autres récits sur la ville,
Gallimard, coll. Folio Junior, 1981.
Texte 2

Oui, la métamorphose avait été complète. Personne ne reconnaîtrait en lui le robot, né


quelques jours avant à l’usine. Pour tous, il serait un homme. Il ne lui fallait plus qu’obtenir
les papiers nécessaires. Mais ce n’était pas un obstacle. Il savait comment et où il les
obtiendrait. Il ouvrit la porte et sortit.

Domingo Santos, Gabriel, Histoire d’un robot, traduit de l’espagnol par Denyse
Duval-Pantiez, éd. Denoël.

Texte 3

L’affaire resta mystérieuse pour Double-Tête. Bien qu’il eut largement reçu sa part
d’yeux – six pour citer le chiffre exact -, ses yeux étaient d’un blanc d’albinos, et les ovales
sans pupilles faits d’une substance pareille à de la gelée de poisson n’avaient aucune fonction
à remplir. Double-Tête, depuis sa naissance, était aveugle.
Quant à l’Etranger, il était condamné au silence, car …
Il est un proverbe chez les Mutants : « Mieux vaut avoir deux têtes que point … »

Forest J. Ackerman, La question muette, trad. F. Weyergans, in Après, anthologie


établie par Charles Nuetzel.

Texte 4

Chaque vivant de Gondawa recevait chaque année une partie égale de crédit, calculée
d’après la production totale des usines silencieuses. Ce crédit était inscrit à son compte géré
par l’ordinateur central. Il était largement suffisant pour lui permettre de vivre et de profiter
de tout ce que la société pouvait lui offrir.

René Barjavel, La Nuit des temps, Presses de la Cité, 1968.

Texte 5

Le Procédé Bokanovsky est l’un des instruments majeurs de la stabilité sociale ! (…)
- Quatre-vingt-seize jumeaux identiques faisant marcher quatre-vingt-seize machines
identiques ! – Sa voix était presque vibrante d’enthousiasme. – On sait vraiment où l’on va.
Pour la première fois dans l’histoire. – Il cita la devise planétaire : « Communauté, Identité,
Stabilité. » Des mots grandioses.

Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes, Plon, 1977.


Exercice 2

 Relevez, dans ces incipits, les éléments qui vous donnent à penser que le monde
fictif dans lequel vous plongez n’est pas celui d’aujourd’hui.

 Classez ces indices dans le tableau suivant, selon qu’ils sont liés aux repères de
temps, aux lieux, aux caractéristiques des personnages (allure physique ; manières
d’agir, de vivre ou de penser) ou aux objets.

 En vous référant au texte « Les caractéristiques d’un incipit de science-fiction,


précisez à laquelle des deux tendances appartient chacun des incipits lus.

 Précisez à quel sous-genre appartient chacun des incipits que vous avez lus.

Textes Indices Temps Lieux Personnages Objets


Incipit 1

Incipit 2

Incipit 3

Incipit 1

Ce matin, ils m’ont pris mes mains. La droite et la gauche. Je regarde mes doigts, ils sont
longs, très longs, d’une finesse étrange et disproportionnée, avec – au bout – les petits ongles
manucurés, rose nacré, coupés très courts. A certains moments, je fais remuer les doigts pour
vérifier la souplesse des articulations, ou je courbe les phalanges vers le haut comme jamais
je ne pourrais le faire avec mes véritables mains.
- Elles appartiennent à une pianiste, m’a dit Irshaw. Attention, hein !
Et il m’a ébouriffé les cheveux, paternel, avant de s’éloigner, son petit ventre en avant, la
lumière des appliques allumant de bizarres reflets sur son crâne chauve bosselé.
- Tu ne dois pas toucher à mes cheveux ! ai-je crié au moment où il refermait la porte. Tu
sais bien que ce sont ceux de Gwenola Maël !
Il n’a pas répondu et j’ai entendu le cliquetis du trousseau de clefs, et le déclic de la
serrure déclenchant ses cinq points d’ancrage. La porte blindée a étouffé le bruit de ses pas et
je n’ai pas pu deviner chez qui il se rendait à présent.

Serge BRUSSOLO, Collectif, « Les enfants de Protée »,


Nouvelles des siècles futurs réunies par Jacques Goimard,Brussolo, 2004.
Incipit 2

Le shérif Ben Rand avait l’œil grave :


« Mais oui, mon petit, dit-il. Tu ne te sens pas dans ton assiette, c’est normal. Mais si ce
que tu racontes est vrai, faut pas t’en faire. Faut pas t’en faire. Tout ça va s’arranger, petit. »
- C’était il y a trois heures, shérif… dit Allenby. Excusez-moi d’avoir mis si longtemps à
venir en ville et excusez-moi de vous avoir réveillé. Mais ma sœur a été comme hystérique
pendant un bon moment. Il a fallu que j’essaie de la calmer. Et puis la vieille bagnole ne
voulait pas démarrer.
- Pour ce qui est de m’avoir réveillé, faut pas t’en faire, petit. Quand on est shérif, il faut
l’être vingt-quatre heures par jour. Et de toute façon, il est pas tard : je me suis couché un peu
tôt ce soir, c’est tout. Enfin, on va commencer par le commencement. Tu dis que tu t’appelles
Lou Allenby ? c’est un beau nom bien de chez nous, ça, un vrai nom Sudiste. Tu serais pas
parent de Rance Allenby, qui tenait le bazar de Cooperville ? Rance, c’est un copain d’école,
à moi…, enfin donc, ce gars tu dis qu’il venait de l’avenir ?

Fred BROWN et Mack REYNOLDS, Sombre interlude,


trad. J. Sendy, Agence littéraire Lenclud, 1975.

Incipit 3

Il y avait maintenant huit jours que le Siukurnin était accroché au-dessus du camp des
chasseurs, déguisé en pomme de pin. L’une des cordes qui soutenaient leur tente voltigeait à
quelques centimètres de lui et, lorsque le vent froid du soir soufflait, comme en ce moment,
la corde vibrait. Il en résultait une harmonique dominante que le Siukurnin devait éliminer –
ainsi que de nombreux autres « bruits »- avant de pouvoir se concentrer sur les vibrations
émanant des silhouettes qui faisaient cercle autour du feu.
La structure subcellulaire du Siukurnin était déjà imprégnée et marquée par un long
catalogue des formes réfléchies par la lumière et des vibrations signifiantes qui émanaient de
cet endroit, comme de bien d’autres. Il savait que lorsque l’une des formes de vie carbonée se
dirigeait vers le liquide qui coulait non loin de là, la créature allait vers l’eau. (Et c’était aussi
l’une des vibrations qui désignait le grand tumulte liquide qui s’étendait au-delà des
montagnes, vers l’est.) Il savait encore que lorsque l’une de ces créatures sombrait dans
l’immobilité pour la nuit (période de vibrations de faible amplitude), c’était pour dormir.
Oh, il y avait tellement de vibrations signifiantes.
Le Siukurnin s’efforçait de reproduire à un niveau inaudible les vibrations pour eau et
pour dormir, se glorifiant de sa maîtrise croissante de ces subtilités.
Une odeur de café et de viande grillée s’élevait du feu. Le Siukurnin les écouta pendant
un instant, savourant la plénitude du spectre vibratoire de cet endroit enchanteur. Il n’avait
pas encore réfléchi à la nécessité pour les vibrations non chilitighiennes de se rapporter à lui.

Frank HERBERT, « L’œuf et les cendres »,


Nouvelles des siècles futurs, Omnibus, 2004.
Exercice 3

 A partir des incipits lus, des titres des récits et des excipits suivants, identifiez le
thème principal de chacun de ces récits et le problème à propos duquel l’auteur veut
mettre le lecteur en garde (le message du texte).

Excipit 1

Peut-être un jour deviendra-je folle. Mes nerfs craqueront, ma tête se fêlera… Alors je
me mutilerai sans distinction toutes les pièces qu’on m’aura laissées en dépôt… Les mains,
les pieds, les seins, à coups de couteau, de coupe-papier, de lime à ongles, rejoignant sans
même m’en rendre compte les rangs des Vandales les plus purs.
Mais non… j’exagère, je le sais. Irshaw sera toujours là aux moments de dépression,
égrenant quelques comprimés de Valium dans le creux de ma paume, me parlant de fric, de
ferme, de bois, de terrains, de chevaux en liberté que personne ne sellera jamais… Irshaw
m’aidera… m’appelant sa « gosse », son « enfant ». Nous sommes tous ses enfants.
Ils m’ont pris mes mains ce matin, la droite et la gauche. Je n’ai rien senti, maintenant
j’ai l’habitude…

Excipit 2

- Je lui posai des questions sur son époque et puis je lui ai demandé où ils en étaient avec
les problèmes raciaux. Il a pris un air étonné, puis il a dit qu’il se rappelait vaguement qu’il
en avait été question jadis, mais qu’à son époque il n’y avait plus de races. Il a dit que depuis
je ne sais quelle guerre, toutes les races étaient fondues en une seule. Les Blancs et les
Jaunes s’étaient à peu près exterminés, l’Afrique avait alors quelque temps dominé le monde,
et puis les colonisations et mariages mixtes avaient commencé à fondre les races en une
seule ; en son temps à lui, c’était fini. Je l’ai regardé avec des yeux ronds et je lui ai dit :
« T’as du sang de négro dans les veines ? » et il m’a répondu comme si de rien n’était :
« Oui, un quart au moins. »
- Dans ce cas, petit, tu as fait ce que tu devais faire, il y a pas à discuter, dit le shérif.
- J’ai vu rouge. Il s’était marié avec ma sœur. Il couchait avec. J’ai piqué une telle fureur
que je ne me souviens même pas quand ni comment j’ai pris mon fusil.
- T’en fais pas, petit. Tu as bien fait.
- Mais j’ai des remords : il savait pas, le gars.
- Ca, petit, j’en jurerais pas. Il t’avait peut-être fait avaler trop de boniments. Arriver de
l’avenir, tiens ! Ces salopards de négros, ça va chercher n’importe quoi, pour se faire passer
pour des Blancs. Ca prouve quoi, ses traces commençant au milieu d’un champ ? Rien du
tout, petit ! Personne n’est jamais arrivé de l’avenir, et personne ira jamais dans l’avenir. On
va étouffer ça gentiment et personne n’en entendra jamais parler. Ce sera comme si c’était
jamais arrivé. »

Excipit 3

Mais le Siukurmin révélait comment la chair d’un hôte récalcitrant pouvait être incinérée
sans mettre fin au processus de fusion. (Et il y avait tous ces souvenirs étalés au grand jour
pour le prouver !) Les autres souvenirs captifs étaient un argument irrésistible, aussi.
Le processus se répète d’une façon tellement morne – sauf pour ce qui concerne la
nouvelle vie, avec ses vibrations signifiantes tellement fascinantes, évidemment.
Et maintenant vous savez comment ça se passe. Ce n’est pas douloureux (à part le choc
initial, peut-être). Ce n’est pas dangereux pour l’ego-hôte. Et on ne peut pas y résister.
En fait, cela est écrit dans l’espoir que tous, enfin, vous verrez (quelle curieuse division
sensorielle !) comment il serait stupide de résister.
Il n’y a aucune raison de résister.
Vous ne pouvez rien faire contre l’inéluctable.
D’ailleurs, vous découvrirez que la fusion est une expérience très gratifiante. Et, si vous
voulez bien y réfléchir, ce n’est pas la première fois que votre race nous rencontre (encore
que la présente migration soit la plus importante depuis les origines !). Vous connaissez la
légende du Phénix : d’après elle, c’était un grand « oiseau » rouge et or, qui retournait tous
les cinq cents ans ( une durée de vie raisonnable pour l’hôte d’un Siukurnin) à Héliopolis, en
Egypte, afin de renaître de ses cendres.
Il faut évidemment que la chair d’un hôte mort soit incinérée de sorte que le réseau du
Siukurnin puisse se libérer pour son vol-de-joie. Prendre le Phénix pour un oiseau était un
peu simpliste, bien sûr, mais nous sommes certains que vous aimerez la sensation de voler et
de créer votre nouvel œuf – surtout quand vous verrez l’expérience avec toute la conscience
chilitighienne.

Les caractéristiques d’un incipit de science-fiction

Un univers fictif doit être mis en scène par le texte dès les premières lignes. Les
repères temporels, les lieux, les personnages et les objets sont construits à partir d’un
ensemble d’indices que le lecteur ne peut comprendre qu’en les mettant en rapport
avec ce qu’il connaît déjà, avec son mode de référence. Dans le récit de science-
fiction, l’auteur doit faire glisser le lecteur de son univers habituel de référence vers un
univers fictif qui obéit à des lois différentes.

Dans la littérature de science-fiction, on trouve deux grandes tendances.


 Le récit commence en produisant un effet de ressemblance entre le monde
construit par le texte et le monde du lecteur (lieux, personnages, événements, objets,
paroles…) ; seuls quelques rares indices provoquent un sentiment d’étrangeté, une
impression bizarre. Par exemple, une végétation semblable à celle de la jungle mais
où, ça et là, poussent de curieuses plantes rouges… Ou encore, une ville qui ressemble
aux nôtres mais où se dressent, dans un silence étrange, deux tours de cristal…

 Le récit commence en bousculant complètement les repères du lecteur, en


construisant un univers très décalé ; ce décalage peut concerner les repères temporels
(l’histoire se passe dans un futur très éloigné…), les lieux (l’histoire se passe sur une
autre planète…), les lois de l’univers réel (physiques, biologiques, éthiques,
politiques…).
 Une définition …
En vous aidant de ce qui a été vu et des documents ci-après, vous rédigerez un
texte informatif donnant une définition la plus complète possible de la science-fiction. Ce
texte informatif devra reprendre les sous-titres suivants :
- la naissance de la SF
- les contenus caractéristiques
- la fonction de cette littérature
Etablissez un plan préalable avec les points contenus sous chaque sous-titre.

Document 1

Ces trois genres sont apparus ainsi chronologiquement dans l’histoire de la littérature.

 Le merveilleux, domaine du conte et de l’enchantement, c’est l’irrationnel accepté. Le


lecteur admet, sans explication, qu’on change une citrouille en carrosse. Ce type de récit se
déroule dans un cadre intemporel. Avec ses contes et ses fables, ses animaux qui parlent, sa
magie et ses fées, le merveilleux semble destiné à l’enfance.

 Le fantastique, lui, c’est de l’irrationnel inacceptable. Les invraisemblances du récit,


qui se déroule dans un monde réaliste et quotidien, n’ont aucune justification scientifique.
C’est d’ailleurs cet « inexplicable » qui provoque le frisson : un phénomène insolite qui
surgit dans un univers familier. Le fantastique a besoin de réalisme et de la présence
supposée de la science…, c’est pourquoi il se nourrit souvent de religion ou de superstition :
revenants, malédictions, rapports avec le diable ! Ce genre provoque de délicieux frissons.

 La science-fiction, elle, pourrait se définir comme de l’irrationnel acceptable.


Littérature d’hypothèse, elle suppose certes une situation en décalage avec notre monde et
nos lois… mais le lecteur est invité à admettre cette situation parce que le récit se situe dans
le futur ou au sein d’une société cohérente. Si la peur liée à la science-fiction est plus
sournoise mais aussi plus stimulante, c’est parce que certains de ses récits, toute réflexion
faite, semblent proposer des futurs possibles !

Document 2

1. « En jouant avec les systèmes-mondes, en manipulant les hypothèses, la SF


constitue un de ces laboratoires où se lisent l’intime composition chimique du
monde actuel… et les forces qui le feront entrer en explosion. » V. Evangelisti

2. « Le fantastique traite de choses qui ne sont pas et ne peuvent pas être. La SF traite
de choses qui ne sont pas, mais qui pourront être un jour. La SF se limite à des
possibilités compatibles avec la logique. » F. Brown

3. « La SF n’est pas autre chose que des rêves mis par écrit. La SF est constituée des
espoirs, des rêves et des craintes (car certains rêves sont des cauchemars) d’une
société fondée sur la technologie. » Campbell
4. « La SF est un récit en prose, traitant d’une situation qui ne pourrait se présenter
dans le monde que nous connaissons, dont l’existence se fonde sur l’hypothèse
d’une innovation d’origine humaine ou extra-terrestre dans le domaine de la
science ou de la technologie. » A. Kingsley

5. « Une bonne histoire de SF est une histoire construite autour d’êtres humains,
avec un problème humain et une solution humaine, et qui n’aurait pu se produire
sans son contenu scientifique. » T. Sturgeon

6. « Genre littéraire qui fait intervenir le scientifiquement possible dans l’imaginaire


romanesque. » Petit Robert

7. « Genre littéraire et cinématographique envisageant l’évolution de l’humanité et,


en particulier, les conséquences de ses progrès scientifiques. » Petit Larousse

Document 3

Si le mot science fiction (francisé grâce à un trait d’union !) fut créé par l’Américain Hugo
Gernsback en 1929, les auteurs n’ont pas attendu cette date pour écrire ce type de récits ! La
Machine à explorer le Temps (1895), La Guerre des Mondes (1898) ou Les premiers
Hommes dans la Lune (1901), de l’Anglais Herbert George Wells relèvent évidemment de
la SF, comme certains « voyages extraordinaires » de Jules Verne : De la Terre à la Lune
(1865) ou Vingt Mille Lieux sous les Mers (1877) – mais sûrement pas Le Tour du Monde en
80 Jours (1870), voyage certes extraordinaire mais tout à fait réalisable à l’époque avec les
moyens technologiques existants.

L’un des récits fondateurs de la SF pourrait bien être le Frankenstein (1818) de Mary
Shelley. Micromégas (1752) de Voltaire ou Les Voyages de Gulliver (1726) de Jonathan
Swift mériteraient d’être classés dans la SF. Contes philosophiques ? Certes, mais Fahrenheit
451 (1953), dans lequel Ray Bradbury décrit une société où la lecture est interdite, est aussi
un conte philosophique. Et quand on lit L’Autre Monde (1657) de Cyrano de Bergerac, où la
science est présente et les innovations technologiques hardies, on s’aperçoit que l’auteur
utilise ce biais pour proposer au lecteur une réflexion sur le pouvoir. C’est là souvent
l’objectif des romans de SF, qu’ils soient contemporains ou relèvent de la préhistoire du
genre.

Document 4

Œuvre d’imagination scientifique qui décrit un état futur du monde (ou un passé très
ancien avancé technologiquement), la science-fiction se révèle être souvent une réflexion sur
les grandes interrogations contemporaines : le progrès de la science et ses conséquences,
l’obscurantisme, le danger atomique, la pollution, la démocratie et le pouvoir, l’évolution de
la société, le bonheur, la mémoire, l’âme, la fin du monde, le déterminisme, l’Histoire, …

Ces réflexions se retrouvent souvent à l’intérieur de l’un ou l’autre des thèmes


suivants : le voyage dans l’espace, la découverte et la colonisation d’autres planètes, la
rencontre avec des extra-terrestres, la lutte pour la survie de la planète et de la race humaine,
le voyage dans le temps, la possibilité de changer l’histoire, l’immortalité, la fin du monde,
l’arme absolue, le déplacement instantané, les robots, la révolte des robots, les mutants, les
surhommes, la société future.

Document 5

Née dans les années 1920-1930 avec les deux grands totalitarismes (le nazisme et le
bolchevisme), la dystopie est une figure inversée de l’utopie.
« L’humanité n’a pas découvert la société parfaite, mais un état d’oppression absolu,
organisé scientifiquement par un régime qui écrase impitoyablement ses opposants. »1
Loin de se situer dans un ailleurs fantaisiste, le récit dystopique prend pour cadre la
société contemporaine projetée dans un futur proche. Ce type de roman procède d’une sorte
de réalisme prospectif. Citons : Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley (1932), Ravage de
René Barjavel (1943), 1984 de George Orwell (1948), Fahrenheit 451 de Ray Bradbury
(1953), Le Passeur de Lois Lowry (1992).

Ces romans portent haut et fort les valeurs d’une société matérialiste et démocratique
qui se sent menacée dans ses fondements. Ces œuvres portent un regard lucide sur
l’évolution de la science dans nos sociétés modernes et manifestent leur résistance à un futur
glacé, uniforme et contrôlé par un pouvoir central unique.

Bibliographie

Collectif, Lectures pour toi, 4e année, sous la direction de J.-L. Dumortier, Labor, 1994.
Collectif, Français pour se qualifier 5, sous la coordination et avec Michel Liemans, Van In,
2007.
Collectif, Carrefour 4, De Boeck-Wesmael (Département Dessain), 1995.
NRP Collège, Nathan, mars 2004.
NRP Collège, Nathan, mai-juin 2005.

1
Stéphane Manfrédo, La Science-Fiction, Découvertes Gallimard, 2000.

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