Prof.
MAMOUNI
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PSI
Devoir Maison
Réduction
des endomorphismes
Exercice 1 : CNC 2022
Étude de suites récurrentes et application
(Noté sur 4 points sur 20)
Dans cet exercice, on considère des suites réelles (un )n∈N et (vn )n∈N définies par la donnée du couple (u0 , v0 ) ∈ R2
et les relations de récurrence : (
un+1 = un + 2vn
∀n ∈ N, .
vn+1 = un + vn
0.1 Première méthode de calculdes termes des√suites (u n∈N et (vn )n∈N
√n )
1 2 2 − 2
On considère les matrice A = et P = de M2 (R).
1 1 1 1
0.1.1 Calculer le polynôme caractéristique de la matrice A et en déduire ses valeurs propres.
0.1.2 Justifier que la matrice A est diagonalisable dans M2 (R).
0.1.3 Justifier que la matrice P est inversible et calculer le produit matriciel D = P −1 AP .
0.1.4 Montrer que pour tout n ∈ N, An = P Dn P −1 , puis en déduire les expressions des coefficients de la matrice
An en fonction de n ∈ N.
un+1 u
0.1.5 Vérifier que pour tout n ∈ N, =A n .
vn+1 v
n
un u0
0.1.6 Montrer que pour tout n ∈ N, = An , puis en déduire les expressions de un et vn en fonction de
vn v0
uo , v0 et n ∈ N.
0.2 Deuxième méthode de calcul des termes des suites (un )n∈N et (vn )n∈N
0.2.1 Montrer que pour tout n ∈ N,nun+2 = 2un+1 + un et vn+2 = 2vn+1 + vn . o
0.2.2 Montrer que l’ensemble F = (xn )n∈N ∈ RN ; ∀n ∈ N, xn+ = 2xn+1 + xn est un sous-espace vectoriel de
l’espace vectoriel sur R des suites réelles, puis en donner la dimension et une base.
0.2.3 En déduire, pour tout n ∈ N, les expressions de un et vn en fonction de n, u0 et v0 .
n
Exercice 2 : CNC 2023
Étude d’un endomorphisme de R[X]
Dans ce problème, E désigne l’espace vectoriel réel des polynômes à coefficients réels et, pour tout
entier naturel n, En désigne le sous-espace vectoriel de E formé des polynômes réels de degré inférieur
ou égal à n.
On note Φ l’application de E vers E définie par :
∀ P ∈ E, Φ(P ) = (X 2 − 1)P ′′ + 2XP ′ .
2.1. Linéarité de Φ
2.1.1. Vérifier que Φ est une application linéaire.
2.1.2. Montrer que pour tout n ∈ N, le sous-espace vectoriel En de E est stable par Φ.
Dans la suite, on note Φn l’endomorphisme de En induit par Φ.
On pose ε0 = 1, et pour tout entier naturel non nul k, on pose εk = X k . On rappelle que, pour tout
n ∈ N, la famille Bn = (ε0 , ε1 , . . . , εn ) est une base de En , c’est sa base canonique.
2.1.3. Calculer Φ(ε0 ), Φ(ε1 ) et Φ(εk ) pour tout entier k ⩾ 2.
2.2. Étude de l’endomorphisme Φ3
2.2.1. Écrire la matrice A3 de l’endomorphisme Φ3 relativement à la base B3 .
2.2.2. Quelles sont les valeurs propres de la matrice A3 ?
2.2.3. L’endomorphisme Φ3 est-il diagonalisable ?
2.3. Pour tout entier naturel non nul n, on considère le polynôme Un = (X 2 − 1)n et on note Pn le
(n)
polynôme dérivé n−ième du polynôme Un , c’est-à-dire Pn = Un . On convient enfin que U0 = P0 = 1.
2.3.1. Établir que, pour tout entier naturel n, (X 2 − 1)Un′ − 2nXUn = 0.
2.3.2. Soit n ∈ N. En dérivant (n + 1) fois les deux membres de la relation précédente, montrer que
Φ(Pn ) = n(n + 1)Pn .
2.3.3. Montrer alors que la famille (P0 , . . . , Pn ) est une base de En , formée de vecteurs propres de
Φn . Que peut-on conclure sur Φn ?
2.4. Soit P ∈ E un polynôme non nul, de degré p et dont le coefficient dominant est noté αp , p ∈ N.
Soit enfin n ∈ N.
2.4.1. Montrer que si Φ(P ) = n(n + 1)P , alors p = n.
X n
2.4.2. Ici on prend p = n, on écrit P = αk X k et on suppose que Φ(P ) = n(n + 1)P .
k=0
(i) Établir que αn−1 = 0 et trouver une relation entre αk et αk+2 , pour tout k ∈ {0, . . . , n − 2}.
(ii) En déduire, sans les calculer, que tous les coefficients non nul de P s’expriment à l’aide de αn .
2.4.3. Que peut-on alors dire de la dimension du sous-espace vectoriel Ker Φ − n(n + 1)idE ? Ce
résultat était-il prévisible sans calcul ?
CNC-Corrigé.
Exercice 1 : CNC 2022
Étude de suites récurrentes et application
0.1 Première méthode de calcul des termes des suites (un )n∈N et (vn )n n∈N
√ √ o
0.1.1 χA (X) = X 2 − tr(A)X + det A = X 2 − 2X − 1, d’où Sp(A) = 1 − 2, 1 + 2 .
0.1.2 Le polynôme caractéristique de A est scindé dans R à racines simples, donc A est diagonalisable
dans M2 (R). √
√
−1 1 1 √2
0.1.3 det P = 2 2 6= 0, donc P est inversible et P = √ . On vérifie facilement que
2 2 −1 2
√
−1 1+ 2 0√
D=P AP = .
0 1− 2
0.1.4 Par récurrence sur n ∈ N, on obtient An = P Dn P −1 , d’où:
√ √ √ h
(1 + 2)n + (1 − 2)n 2 √ n √ n i
(1 + 2) − (1 − 2)
An = √ h
2 2 √ √ .
2 √ n √ n i (1 + 2)n + (1 − 2)n
(1 + 2) − (1 − 2)
4 2
un
0.1.5 On pose Xn = . Il est clair que, pour tout n ∈ N, Xn+1 = AXn , puis par récurrence
vn
Xn = AnX0 .
un n u0
0.1.6 Puisque = A , alors la première ligne donne la valeur de un et la deuxième ligne
vn v0
donne la valeur de vn , on trouve:
√ √ √ h
(1 + 2)n + (1 − 2)n 2 √ √ i
∀n ∈ N, un = u0 + (1 + 2)n − (1 − 2)n v0
2 2
et √ h √ √
2 √ n √ ni (1 + 2)n + (1 − 2)n
∀n ∈ N, vn = (1 + 2) − (1 − 2) u0 + v0 .
4 2
1
[email protected] 1
0.2 Deuxième méthode de calcul des termes des suites (un )n∈N et (vn )n∈N
0.2.1 Soit n ∈ N, on a:
un+2 = un+1 + 2vn+1
= un+1 + 2un + 2vn
= un+1 + 2un + un+1 − un
= 2un+1 + un
De même, on trouve ∀n ∈ N, vn+2 = 2vn+1 + vn .
0.2.2 F contient la suite de terme général nul et stable par toute combinaison linéaire, donc F est un
sous-espace vectoriel de RN .
Considérons l’application
ϕ: F → R2
.
(xn )n∈N 7 → (x0 , y0 )
Cette application est un isomorphisme d’espaces vectoriels, en effet, il est clair que ϕ est linéaire,
de plus pour chaque (a, b) ∈ R2 , il existe une seule suite (xn )n∈N de F vérifiant x0 = a et x1 = b.
En particulier, F est un sous-espace vectoriel de dimension finie et dim F = dim R2 = 2. Il suffit
alors de connaître une famille libre de deux suites de F , l’espace F est alors engendré par cette
famille libre.
L’idée est alors de rechercher des suites géométriques vérifiant la récurrence de F . C’est-à-dire
chercher des scalaires r tels que la suite (rn )n∈N ∈
√F . Ceci est équivaut
√ à résoudre l’équation du
second degré r2 − 2r − 1 = 0. Soient r1 = 1 + 2 et r2 = 1 − 2 les deux racines distinctes.
Les suites (r1n )n∈N et (r2n )n∈N sont dans F et forment une base de F :
F = Vect ((r1n )n∈N , (r2n )n∈N ) .
0.2.3 D’après ce qui précède, il existe des réels λ1 , λ2 , λ3 , λ4 tels que, pour tout entier n, on a:
√ √
un = λ1 (1 + 2)n + λ2 (1 − 2)n
et √ √
vn = λ3 (1 + 2)n + λ4 (1 − 2)n .
avec
( (
λ1 + λ2 = u0 λ3 + λ4 = v0
et .
λ1 r1 + λ2 r2 = u1 λ3 r1 + λ4 r2 = v1
√
Le premier système donne λ1 + λ2 = u0 et 2(λ1 − λ2 ) = u1 − u0 = u0 + 2v0 − u0 = 2v0 ,
donc on peut exprimer λ1 et λ2 en fonction de u0 et v0 et par conséquent un peut être exprimé en
fonction de n, u0 et v0 . Même chose pour la suite (vn )n∈N .