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Principes du Cognitivisme en Apprentissage

Le cognitivisme est une approche théorique qui étudie les processus mentaux liés à l'apprentissage, la mémoire et la résolution de problèmes, en mettant l'accent sur l'importance des schémas mentaux et des interactions sociales. Jean Piaget et Lev Vygotsky sont des figures clés, ayant respectivement développé des théories sur le développement cognitif et l'influence du contexte social sur l'apprentissage. Des modèles de mémoire, comme celui d'Atkinson et Shiffrin, expliquent comment l'information est traitée, stockée et récupérée, illustrant ainsi l'application du cognitivisme dans divers domaines, y compris l'éducation et la technologie.

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Principes du Cognitivisme en Apprentissage

Le cognitivisme est une approche théorique qui étudie les processus mentaux liés à l'apprentissage, la mémoire et la résolution de problèmes, en mettant l'accent sur l'importance des schémas mentaux et des interactions sociales. Jean Piaget et Lev Vygotsky sont des figures clés, ayant respectivement développé des théories sur le développement cognitif et l'influence du contexte social sur l'apprentissage. Des modèles de mémoire, comme celui d'Atkinson et Shiffrin, expliquent comment l'information est traitée, stockée et récupérée, illustrant ainsi l'application du cognitivisme dans divers domaines, y compris l'éducation et la technologie.

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PRINCIPES FONDAMENTAUX DU COGNITIVISME

1. L’Apprentissage comme un Processus Actif (Piaget, 1950)


Jean Piaget, fondateur de l’épistémologie génétique, propose que l’apprentissage est un
processus adaptatif basé sur deux mécanismes :

• Assimilation : Intégration d’une nouvelle information dans un schéma existant.


L’assimilation permet d’ajouter de nouvelles connaissances sans perturber son cadre de
compréhension du monde. Par exemple, un enfant qui sait que les chiens ont quatre pattes et
aboient pourrait voir un loup et l’appeler "chien" car cela correspond à son schéma actuel des
animaux à quatre pattes.
Exemples : Un enfant qui grandit en voyant uniquement des pousse-pousse comme moyen de
transport dans sa ville (par exemple à Antsirabe) pourrait penser que tous les véhicules avec
des roues sont des pousse-pousse. Lorsqu’il voit pour la première fois un cyclo-pousse
(tricycle), il l’assimile immédiatement en le classant comme un pousse-pousse, car cela
correspond à son schéma mental des moyens de transport locaux.
• Accommodation : Modification des schémas cognitifs en fonction des nouvelles
expériences.
L’accommodation est un processus plus exigeant que l’assimilation, car il nécessite une remise
en question des structures cognitives existantes. Lorsqu’un enfant qui pensait que tous les
animaux à quatre pattes sont des chiens rencontre un chat et apprend qu’il ne s’agit pas d’un
chien, il doit ajuster son schéma mental des animaux.
Par ailleurs, Piaget explique que l’apprentissage est un cycle constant d’assimilation et
d’accommodation. Lorsqu’un individu est confronté à une nouvelle information, il tente
d’abord de l’assimiler. Si cela échoue, il doit modifier ses schémas existants par
accommodation. Ce processus conduit à un niveau de compréhension plus avancé et plus
stable.
Exemples : Un enfant qui a grandi en croyant que tous les poissons se trouvent en eau douce,
parce qu’il a toujours vu des tilapias ou des carpes dans les rizières et les rivières, va être surpris
de voir des poissons pêchés en eau salée à Toamasina ou Mahajanga. Il doit alors modifier
son schéma mental et comprendre qu’il existe des poissons d’eau douce et des poissons d’eau
salée.

Dans ces analyses, Piaget a développé une théorie du développement cognitif de


l'enfant, identifiant quatre stades principaux par lesquels passent les enfants en grandissant. Ces
stades sont séquentiels et chaque enfant les traverse dans le même ordre, bien que l'âge exact
puisse varier : Stade sensori-moteur (de la naissance à environ 2 ans), Stade préopératoire (de
2 à 7 ans), Stade des opérations concrètes (de 7 à 11 ans), Stade des opérations formelles (à
partir de 12 ans) expliquant que ces stades illustrent la progression de la pensée de l'enfant,
passant d'une interaction directe avec le monde à une capacité de réflexion abstraite et
complexe.
2. Le Traitement de l’Information (Atkinson & Shiffrin, 1968)
La Théorie du modèle multi-système de la mémoire développé par Atkinson et Shiffrin
explique que l’apprentissage repose sur des processus internes de traitement, de stockage et de
récupération de l’information :

Ce modèle distingue trois types de mémoire :

• Mémoire sensorielle : Stocke brièvement les informations perçues.


Exemple : Lorsqu’un passant marche dans les rues d’Analakely et entend des klaxons, des
voix de marchands criant "Vary mora, vary mora !" (Riz à prix réduit), ou sent l’odeur du koba
(gâteau de riz et cacahuètes), ces sensations sont captées brièvement avant d’être oubliées, sauf
si elles attirent son attention.
• Mémoire à court terme (MCT) : Retient les informations quelques secondes à
minutes.
Exemple : Lorsqu’un client demande à un vendeur du prix de différents légumes, il retient les
montants quelques instants pour comparer avant de faire son choix. Mais une fois l’achat
terminé, il oublie vite ces prix.
• Mémoire à long terme (MLT) : Stocke l’information de manière durable.
Exemple : Un enfant qui apprend les paroles de l’hymne national malagasy "Ry Tanindrazanay
Malala ô" finit par s’en souvenir toute sa vie, même sans répétition fréquente. De même, un
artisan zafimaniry retient pendant des années les techniques de sculpture sur bois transmises
par ses ancêtres.

Ce modèle a été complété par des recherches sur la mémoire de travail (Baddeley & Hitch,
1974), qui expliquent comment nous manipulons l’information en temps réel. Aujourd’hui, des
neurosciences cognitives ont identifié les zones cérébrales impliquées dans ces processus,
confirmant que l’apprentissage repose sur des structures biologiques spécifiques

3. Schémas Mentaux
Selon cette principe, L’être humain utilise des schémas cognitifs pour organiser et interpréter
l’information (Bartlett, 1932). Bartlett a démontré que notre mémoire ne fonctionne pas comme
un enregistrement fidèle des événements, mais plutôt comme une reconstruction influencée par
nos expériences antérieures.
Il a mise en œuvre une expérience pour soutenir cette théorie, de ce fait, Il a demandé à des
sujets de lire une histoire étrangère à leur culture et de la restituer plus tard. En conséquence,
ils modifiaient inconsciemment l’histoire pour la rendre plus cohérente avec leur propre cadre
de référence.
Exemple : Un fermier malgache qui a grandi en utilisant des outils traditionnels comme la houe
ou le sabre peut avoir un schéma mental qui l’amène à croire que ces outils sont les plus
efficaces pour cultiver la terre. Ce schéma influencera son ouverture à adopter des techniques
modernes, comme les semis mécanisés, même si ces dernières pourraient être plus rentables à
long terme. Cela peut engendrer une résistance au changement, car le schéma mental lui confère
un sentiment de sécurité et de familiarité dans l’utilisation des méthodes anciennes.
4. L’Influence des Interactions Sociales :

Une théorie mise en place par Vygotsky explique que le développement cognitif est influencé
par l’environnement social et culturel (1978). Contrairement à Piaget, Vygotsky insiste sur le
rôle du langage et des interactions dans l’apprentissage. Il introduit la notion de Zone
Proximale de Développement (ZPD). Elle désigne l’écart entre ce qu’un apprenant peut
accomplir seul et ce qu’il peut accomplir avec l’aide d’une personne plus compétente
(enseignant, parent, pair, etc.)
Vygotsky met en avant que l’apprentissage est un processus social où l’enfant (ou l’individu)
progresse grâce à des interactions avec son entourage. Dans la ZPD, un individu ne peut pas
encore accomplir une tâche seule, mais il peut la maîtriser grâce à un accompagnement
temporaire (scaffolding), qui sera ensuite retiré une fois qu'il devient autonome.

Selon lui, il existe Trois niveaux d’apprentissage selon la ZPD :

• Ce que l’individu sait déjà faire seul


• Ce qu’il ne peut pas encore faire, même avec de l’aide
• Ce qu’il peut accomplir avec un accompagnement adapté (ZPD)
Exemple :

Dans une école primaire d’Antananarivo, un élève de classe de CP commence à apprendre à


lire en malagasy.

• Ce qu’il sait faire seul : Il reconnaît les lettres et quelques mots courants comme «
rano » (eau) ou « dada » (papa).
• Ce qu’il ne peut pas encore faire, même avec aide : Lire un texte complexe avec
plusieurs phrases longues.
• ZPD : Ce qu’il peut faire avec de l’aide : Lire un mot plus difficile comme « ankizy
» (enfant) lorsqu’un enseignant l’aide à décomposer les syllabes (« an-ki-zy »).

Ou aussi un enfant malagasy apprend le fihavanana (solidarité et respect mutuel).

• Ce qu’il sait faire seul : Dire bonjour aux membres de sa famille.


• Ce qu’il ne peut pas encore faire, même avec aide : Présenter un kabary (discours
traditionnel) lors d’une cérémonie.
• ZPD : Ce qu’il peut faire avec de l’aide : Observer et répéter les gestes de respect
enseignés par ses parents, comme baisser la tête devant les anciens ou utiliser des mots
de politesse.

Par ailleurs, les expériences de Wood, Bruner & Ross (1976) ont montré que le scaffolding
(guidage progressif) permet d’optimiser l’apprentissage de façon très performante, et de plus,
Les recherches modernes en neurosciences confirment que l’apprentissage collaboratif active
davantage de connexions neuronales. Cette approche est désormais appliquée en pédagogie
(tutorat, apprentissage collaboratif).
5. L’Automatisation et l’Expertise
Anderson a mise en place une théorie qui pouvait expliquer comment les connaissances passent
de l’état déclaratif (conscient) à l’état procédural (automatisé), cette théorie s’appelle l’ACT-
R (Adaptive Control of Thought-Rational ; Anderson 1982)
C’est une approche cognitive qui cherche à modéliser le fonctionnement de la pensée
humaine, en expliquant comment les individus acquièrent, stockent et utilisent leurs
connaissances. Cette théorie s’appuie sur le fait que la cognition humaine fonctionne selon
une interaction entre mémoire déclarative et mémoire procédurale, permettant d’expliquer
l’apprentissage et l’exécution des tâches.

Elle repose sur l’idée que les connaissances humaines sont organisées en modules distincts,
chacun traitant un type particulier d’information. Ces modules sont reliés à des unités de
production qui permettent d’activer la bonne connaissance selon la situation.

Deux types de mémoire principaux dans l’ACT-R :

• Mémoire déclarative : Contient des faits, des événements et des concepts que l’on peut
exprimer verbalement.
Exemple : Se souvenir que « Antananarivo est la capitale de Madagascar ».
• Mémoire procédurale : Contient les compétences et les actions que l’on effectue
automatiquement après apprentissage.
Exemple : Savoir comment pédaler sur un vélo sans y réfléchir.

Processus d’apprentissage selon l’ACT-R :

• Encodage : Une nouvelle information est intégrée dans la mémoire déclarative.


• Association : L’information est liée à des connaissances antérieures.
• Automatisation : Avec la répétition, l’action devient automatique (passage en mémoire
procédurale).
Exemple concret :
Apprentissage de la fabrication de « Mofo Gasy » (pain malagasy)
Dans un quartier d’Antsirabe, une jeune femme veut apprendre à préparer du Mofo Gasy
(galette de riz malagasy).
• Mémoire déclarative : Elle apprend la recette en écoutant sa mère lui expliquer les
étapes.
• Mémoire procédurale : Au fil des jours, elle répète la recette et finit par la maîtriser sans
avoir besoin d’instructions.
• Automatisation : Après plusieurs essais, elle peut préparer le Mofo Gasy sans réfléchir
aux quantités ou aux étapes.

En résumé, Le cognitivisme est une approche théorique qui étudie les processus
mentaux impliqués dans l’apprentissage, la mémoire et la résolution de problèmes.
Contrairement au behaviorisme, qui met l’accent sur les comportements observables, le
cognitivisme considère que l’être humain est un processeur d’informations, traitant activement
les données qu’il reçoit pour structurer ses connaissances. L’un des principes fondamentaux de
cette théorie est que l’apprentissage repose sur la perception, le traitement et l’organisation de
l’information en schémas mentaux. Ces structures cognitives permettent de catégoriser et
d’interpréter le monde de manière efficace. Jean Piaget, à travers sa théorie du développement
cognitif, a mis en évidence les mécanismes d’assimilation et d’accommodation, expliquant
comment les individus ajustent leur compréhension en fonction de nouvelles expériences. Lev
Vygotsky, quant à lui, a souligné l’importance du contexte social et culturel dans
l’apprentissage, notamment avec son concept de la zone proximale de développement, qui
montre que l’interaction avec des pairs ou des experts facilite l’acquisition de nouvelles
compétences. D’autres chercheurs comme Richard Atkinson et Richard Shiffrin ont développé
des modèles de la mémoire qui expliquent comment l’information est encodée, stockée et
récupérée. En prenant des exemples issus de la réalité malagasy, on peut observer l’application
du cognitivisme dans l’éducation, notamment lorsque les élèves mémorisent des récits
historiques en utilisant des techniques mnémotechniques ou adaptent leurs stratégies
d’apprentissage en fonction de leurs expériences scolaires. Les traditions orales malagasy
illustrent également la manière dont les individus organisent et transmettent les connaissances,
mettant en avant l’importance des schémas cognitifs dans la préservation de la culture. Cette
théorie trouve aussi des applications dans le domaine de la technologie et du développement
des intelligences artificielles, où les principes du traitement de l’information inspirent la
conception d’algorithmes capables d’apprendre et de s’adapter. Le cognitivisme offre ainsi une
compréhension approfondie du fonctionnement de l’esprit humain et de ses implications dans
divers domaines, de l’éducation à la psychologie en passant par les sciences cognitives et
l’intelligence artificielle.

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