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TD09 8

Cette thèse présente une étude sur la pratique des mesures de biosécurité dans les marchés de volailles vivantes en Côte d'Ivoire, spécifiquement dans le district d'Abidjan. Elle a été soutenue publiquement le 20 juillet 2009 par Essehin Enock Jocelin BOKA pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire. Le jury était composé de plusieurs professeurs de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie de Dakar.

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TD09 8

Cette thèse présente une étude sur la pratique des mesures de biosécurité dans les marchés de volailles vivantes en Côte d'Ivoire, spécifiquement dans le district d'Abidjan. Elle a été soutenue publiquement le 20 juillet 2009 par Essehin Enock Jocelin BOKA pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire. Le jury était composé de plusieurs professeurs de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie de Dakar.

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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

ECOLE INTER - ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES


(E.I.S.M.V.) DE DAKAR

ANNEE 2009 N° 08

PRATIQUE DES MESURES DE BIOSECURITE DANS LES


MARCHES DE VOLAILLES VIVANTES EN CÔTE D’IVOIRE :
CAS DU DISTRICT D’ABIDJAN

THESE
Présentée et soutenue publiquement le 20 juillet 2009
Devant la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie de Dakar pour
obtenir le grade de DOCTEUR VETERINAIRE (Diplôme D’Etat) par :
Essehin Enock Jocelin BOKA
Né le 01 janvier 1981 à SANDREGUE (République de CÔTE D’IVOIRE)
Jury
Président : M. Bernard Marcel DIOP
Professeur à la Faculté de Médecine,
de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie de Dakar
Directeur et rapporteur : M. Yalacé Yamba KABORET
de thèse Professeur à l’E.I.S.M.V. de Dakar

Membres : M. Moussa ASSANE


Professeur à l’E.I.S.M.V de Dakar

M. Serge N. BAKOU
Maître de conférences agrégé à l’E.I.S.M.V. de Dakar

Co-directeur M. Véssaly KALLO


D.M. V., Sous Directeur de l’Hygiène Alimentaire
à la Direction de l’Hygiène Alimentaire et des Abattoirs
(District d’Abidjan – République de Côte d’Ivoire)

i
i
PERSONNEL ENSEIGNANT

) PERSONNEL ENSEIGNANT EISMV

) PERSONNEL VACATAIRE (PREVU)

) PERSONNEL EN MISSION (PREVU)

) PERSONNEL ENSEIGNANT CPEV (PREVU)

ii
A. DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES
ET PRODUCTIONS ANIMALES

CHEF DE DEPARTEMENT : Ayao MISSOHOU, Professeur

SERVICES

1. ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE

Serge N. BAKOU Maître de conférence agrégé


Gualbert Simon NTEME ELLA Assistant
Mlle Sabine NGA OMBEDE Monitrice
Mr Bernard Agré KOUAKOU Moniteur
Mlle Rose Eliane PENDA Docteur Vétérinaire Vacataire

2. CHIRURGIE –REPRODUCTION

Papa El Hassane DIOP Professeur


Alain Richi KAMGA WALADJO Assistant
Bilkiss V.M ASSANI Docteur Vétérinaire Vacataire
Fabrice Juliot MOUGANG Docteur Vétérinaire Vacataire

3. ECONOMIE RURALE ET GESTION

Cheikh LY Professeur
Adrien MANKOR Assistant
Mr Gabriel TENO Moniteur

iii
4. PHYSIOLOGIE-PHARMACODYNAMIE-THERAPEUTIQUE

Moussa ASSANE Professeur


Rock Allister LAPO Assistant
Mr Sabra DJIGUIBET Moniteur

5. PHYSIQUE ET CHIMIE BIOLOGIQUES ET MEDICALES

Germain Jérôme SAWADOGO Professeur


Mouiche MOULIOM Docteur Vétérinaire Vacataire
Mr Pascal NYABINWA Moniteur

6. ZOOTECHNIE-ALIMENTATION

Ayao MISSOHOU Professeur


Simplice AYESSIDEWEDE Assistant
Mr Kouamé Marcel N’DRI Moniteur

iv
B. DEPARTEMENT DE SANTE PUBLIQUE ET ENVIRONNEMENT

CHEF DE DEPARTEMENT : Rianatou BADA ALAMBEDJI, Professeur

S E R V I C ES

1. HYGIENE ET INDUSTRIE DES DENREES ALIMENTAIRES


D’ORIGINE ANIMALE (HIDAOA)

Malang SEYDI Professeur


Bellancille MUSABYEMARIYA Assistante
Khalifa Babacar SYLLA Assistant
Mr David RAKANSOU Docteur Vétérinaire Vacataire
Mr Eugène NIYONSIMA Moniteur

2. MICROBIOLOGIE-IMMUNOLOGIE-PATHOLOGIE INFECTIEUSE

Justin Ayayi AKAKPO Professeur


Mme Rianatou ALAMBEDJI Professeur
Philippe KONE Assistant
Jean Marc FEUSSOM KAMENI Docteur Vétérinaire Vacataire
Abdel-Aziz ARADA IZZEDINE Docteur Vétérinaire Vacataire

3. PARASITOLOGIE-MALADIES PARASITAIRES-ZOOLOGIE APPLIQUEE

Louis Joseph PANGUI Professeur


Oubri Bassa GBATI Maître-assistant
Paul Armand AZEBAZE SOBGO Docteur Vétérinaire Vacataire

v
4. PATHOLOGIE MEDICALE-ANATOMIE PATHOLOGIQUE -
CLINIQUE AMBULANTE

Yalacé Yamba KABORET Professeur


Yaghouba KANE Maître-assistant
Mireille KADJA WONOU Assistante
Medoune BADIANE Docteur Vétérinaire (SOVETA)
Omar FALL Docteur Vétérinaire (WAYEMBAM)
Alpha SOW Docteur Vétérinaire (PASTAGRI)
Abdoulaye SOW Docteur Vétérinaire (FOIRAIL)
Ibrahima WADE Docteur Vétérinaire Vacataire
Charles Benoît DIENG Docteur Vétérinaire Vacataire
Togniko Kenneth TCHASSOU Moniteur
Enock NIYONDAMYA Moniteur

5. PHARMACIE-TOXICOLOGIE

Félix Cyprien BIAOU Maître-Assistant (en disponibilité)


Gilbert Komlan AKODA Assistant
Assiongbon TEKO AGBO Assistant
Abdou Moumouni ASSOUMY Moniteur

vi
C. DEPARTEMENT COMMUNICATION

CHEF DE DEPARTEMENT : YALACE YAMBA KABORET, Professeur

SERVICE

1. BIBLIOTHEQUE

Mariam DIOUF Documentaliste

2. SERVICE AUDIO-VISUEL

Bouré SARR Technicien

3. OBSERVATOIRE DES METIERS DE LELEVAGE (OME)

D. SCOLARITE

El Hadji Mamadou DIENG Vacataire


Mlle Houénafa Chimelle DAGA Monitrice
Mlle Aminata DIAGNE Sécretaire

vii
PERSONNEL VACATAIRE (Prévu)

1. BIOPHYSIQUE
Boucar NDONG Assistant Faculté de Médecine et
de Pharmacie UCAD

2. BOTANIQUE
Dr Kandouioura NOBA Maître de Conférences (Cours)
Dr Mame Samba MBAYE Assistant (TP)
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD

3. AGRO-PEDOLOGIE
Fary DIOME Maître-Assistant
Institut de Science et de la Terre
(IST)

4. ZOOTECHNIE

Abdoulaye DIENG Docteur Ingénieur


Enseignant à ENSA - THIES

Léonard Elie AKPO Maître de Conférences


Faculté des Sciences et Techniques UCAD

Alpha SOW Docteur Vétérinaire Vacataire

viii
5. H I D A O A

. NORMALISATION ET ASSURANCE QUALITE

Mme Mame S. MBODJ NDIAYE Chef de la division Agro-alimentaire de


L’Institut Sénégalais de Normalisation

. ASSURANCE QUALITE – CONSERVE DES PRODUITS DE LA PECHE

Abdoulaye DIAWARA Direction de l’Elevage du Sénégal

ix
PERSONNEL EN MISSION (Prévu)

1. TOXICOLOGIE CLINIQUE

Abdoulaziz EL HRAIKI Professeur


Institut Agronomique et Vétérinaire
Hassan II Rabat (Maroc)

2. PATHOLOGIE CHIRURGICALE

Mohamed AOUINA
Professeur
Ecole Nationale de Médecine
Vétérinaire de TUNISIE

3. REPRODUCTION

Hamidou BOLY Professeur


Université de BOBO-DIOULASSO
(Burkina Faso)

4. ZOOTECHNIE-ALIMENTATION ANIMALE

Jamel RKHIS Professeur


Ecole Nationale de Médecine
Vétérinaire de TUNISIE

x
PERSONNEL ENSEIGNANT CPEV (Prévu)

1. MATHEMATIQUES
Abdoulaye MBAYE Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
2. PHYSIQUE
Issakha YOUM Maître de Conférences (Cours)
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD

André FICKOU Maître-Assistant (TP)


Faculté des Sciences et Techniques
UCAD

3. CHIMIE ORGANIQUE
Abdoulaye SAMB Professeur
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD

4. CHIMIE PHYSIQUE
Abdoulaye DIOP Maître de Conférences
Mame Diatou GAYE SEYE Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD

Rock Allister LAPO Assistant (TP)


EISMV – DAKAR

xi
Momar NDIAYE Assistant (TD)
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD

5. BIOLOGIE VEGETALE

Dr Aboubacry KANE Maître-Assistant (Cours)


Dr Ngansomana BA Assistant Vacataire (TP)
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
6. BIOLOGIE CELLULAIRE

Serge Niangoran BAKOU Maître de conférences agrégé


EISMV - DAKAR

7. EMBRYOLOGIE ET ZOOLOGIE

Karomokho DIARRA Maître de conférences


Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
8. PHYSIOLOGIE ANIMALE

Moussa ASSANE Professeur


EISMV – DAKAR

9. ANATOMIE COMPAREE DES VERTEBRES

Cheikh Tidiane BA Professeur


Faculté des Sciences et Techniques
UCAD

xii
10. BIOLOGIE ANIMALE (T.P.)

Serge Niangoran BAKOU Maître de conférences agrégé


EISMV – DAKAR
Oubri Bassa GBATI Assistant
EISMV - DAKAR
Gualbert Simon NTEME ELLA Assistant - DAKAR

11. GEOLOGIE

. FORMATIONS SEDIMENTAIRES

Raphaël SARR Maître de Conférences


Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
. HYDROGEOLOGIE

Abdoulaye FAYE Maître de Conférences


Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
12. CPEV TP
Travaux Pratiques
Houénafa Chimelle DAGA Monitrice

xiii
DEDICACES

— Au SEIGNEUR JESUS CHRIST.


Tout est possible à celui qui croit. J’ai cru et tu fais de moi ce que je suis aujourd’hui.
Que toute la gloire te revienne. Amen !

— A mon Père BOKA BOKA.


Papa ! Notre rêve s’est réalisé. Pour le grand clinicien que tu es, tu as toujours voulu
me voir devenir Docteur, oui je le suis grâce au Seigneur Jésus Christ. Je t’aime et te
dis merci pour ton éducation rigoureuse. Que DIEU t’accorde longue vie.

— A ma Mère Marceline YAPO.


Maman je t’aime. Que DIEU te bénisse et t’accord aussi longue vie.

— A mon oncle Etienne BOKA et famille.


Merci pour tous ce que vous fait pour la grande famille. Papa ! Que DIEU t’accord
longue vie pour que tu goûtes enfin aux fruits de tous ce que tu as semé.

— A Monsieur CAMARA et famille.


Merci pour tout le soutien. Que DIEU vous le rend au centuple et vous bénisse
également.

— A mon cousin et petit frère Arthur BOKA.


Merci pour tout l’honneur que tu fais à la famille. Que DIEU te bénisse frère.
— A tous mes oncles et tantes BOKA et famille.
Merci et que DIEU vous bénisse.

— A mon oncle et tuteur Georges ATTE dit « tonton ALASKA » et famille


Merci pour tous ce que vous avez fait pour moi. Que le Tout Puissant vous le rend au
centuple et qu’il vous bénisse.

— A mes Mamans : Maman Chadon « Maman Gbô », Maman Jeanne,


Maman N’Guessan, et familles.
Merci pour toute l’affection et tout le soutien de votre part. Que DIEU vous bénisse
très chères mères.

xiv
— A Tonton DATTE et famille.
C’est grâce à ta générosité que je suis arrivé au Sénégal. Que DIEU te soutien tous les
jours et qu’il protège ta famille.

— Au Tonton YEPIE et famille au Sénégal. Merci pour l’accueil fraternel.


DIEU vous bénisse tonton.
— A mon grand frère Patrice et famille.
Merci pour tes conseils et soutiens, que DIEU se souvienne de toi et garde ta famille.

— A tous mes cousins et cousines, maternels comme paternels, et familles.


La paix de Seigneur Jésus Christ soit sur vous.

— A mes frères et sœurs : De ma Grande Sœur Raimone jusqu'à mon petit


frère Onice.
Que l’esprit d’entente et d’amour continu de nous unir. Je vous aime tous, que DIEU
vous rencontre et vous bénisse abondamment.

— A mes nièces et neuves. Tonton vous aime et DIEU vous bénisse.

— A mon frère José DJIDJI « STAN » et famille.


Tu as été pour moi une grande bénédiction venant de DIEU notre Père. Merci pour
tous et qu’il vous garde.

— A mes durs d’Abidjan, Bamory OUATTARA « BAMOS », SEKONGO


Dohtibé « DOTH », et familles.
Je vous aime frère. Vous comptez beaucoup dans mon cœur.

— A mes frères de tous les jours à Dakar, Constant TRA « PRESI », valentin
SOFFO « TINO CONFIANCE», Marcel NDRI « PRESI », Bernard
AGRE « PRESI AGRETO » et Céline N’GUESSAN « CELINA ».
Vous aviez su être des frères pour moi. Sans vous que serais je devenu ? DIEU vous
bénisse et qu’il nous rapproche d’avantage. Je vous embrasse.

— A mes encadreurs Pr KABORET, Dr KALLO, M. NDRI. Hommage


respectueux.

xv
— A tous mes aînés docteurs vétérinaires en Côte d’Ivoire en particuliers
Dr SONAN Jean François, Dr KALLO, Dr ATHIAS, Dr BOKA,…
— Aux Pasteurs Félix NDIAYE, Mignane NDOUR, Lamine, et à tous les frères
et sœurs de BETHEL.
— A la cellule des ivoiriens de BETHEL.
— A mes frères du GBU VETO et du GBUD.
— A tous mes compatriotes de la CEVIS et de l’AMEESIS.
— A toute la 36è promotion de l’EISMV.
— A mes amis de Dakar : Dr SAFARI Théogene, Dr Chimelle DAGA, Dr
Kenneth TCHASSOU, ma fille Gisèle, mon petit Walter,……
— A tous ceux que j’ai omis de citer ici, DIEU vous bénisse.
— Très spécialement à Mlle SOLANGE KADIO: Tu m’as appris qu’il est facile
de faire route à deux plutôt que seul. Je prie Le Seigneur pour que le reste du
trajet tu restes à mes côtés. Mon cœur t’as choisi parmi les plus belles et
tendres.

xvi
REMERCIEMENT
Nous adressons nos sincères remerciements :

— Au Directeur de l’EISMV de Dakar, Professeur Joseph Louis PANGUI


— Au professeur Yalacé Yamba KABORET pour avoir initié et encadré avec
rigueur ce travail
— A notre professeur accompagnateur Serge BAKOU, Hommage respectueux
— A tous nos maîtres de l’EISMV de Dakar, pour la qualité de l’enseignement
qu’ils nous ont si généreusement dispensé. Hommage respectueux
— A l’Etat de COTE D’IVOIRE pour m’avoir ouvert les portes de l’EISMV
— A Mme l’Ambassadeur et le personnel de l’Ambassade de la Côte d’Ivoire au
Sénégal
— Au Ministère ivoirien de la Production Animale et des Ressources Halieutiques
— Au Directeur de Cabinet Adjoint du MIPARH, Docteurs FADIGA pour sa
sympathie, sa disponibilité et tout son soutien
— Au Directeur des Services Vétérinaires, Docteur KANGA KOUAME
— Au Docteur TAHA Raymond pour avoir dirigé ce travail
— Au Docteur KALLO Véssaly pour avoir encadré ce travail. Grand merci pour
vos conseils et pour tous le temps consacré à la réalisation de ce travail.
— A Monsieur NDRI N’guessan pour son encadrement technique et pour tous le
temps consacré à la réalisation de ce travail. Sincères remerciement
— A tous les volaillers sur les marchés de volailles vivantes du district d’Abidjan
pour leur disponibilité lors de nos enquêtes
— A toute ma famille à Abidjan et à Attobrou
— A mon oncle Etienne BOKA. Merci pour tout le soutien. DIEU te bénit papa
— A mes tantes : tante JEANNE et tante NGEUSSAN. Merci pour tout le soutien
— A mon oncle Georges ATTE et famille. Merci pour votre accueil chaleureux
— A mon frère José et famille. Que Dieu te bénisse frère pour ton soutien
— A tous ceux, à Abidjan comme à Dakar, qui ont soutenu ce travail. Soyez en
béni.

xvii
A NOS MAÎTRES ET JUGES

A notre Maître et Président de jury, Monsieur Bernard Marcel DIOP


Professeur à la faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie
de Dakar

Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider notre jury de thèse.
Votre approche cordiale et la facilité avec laquelle vous avez répondu
favorablement à notre sollicitation nous ont marqué. Soyez assuré, honorable
président, de notre profonde reconnaissance. Hommage respectueux.

A notre Maître, Directeur et rapporteur de thèse, Monsieur Yamba Yalacé


KABORET
Professeur à l’EISMV de Dakar

Vous avez su guider d’une main rationnelle ce travail, malgré vos multiples
occupations. Les moments passés ensembles nous ont permis de découvrir en
vous l’exemple même de la simplicité, de la bienveillance et de l’amour pour un
travail bien fait. Soyez rassuré, de notre sincère reconnaissance et de tout
l’amour que nous vous portons. Hommage respectueux.

A notre Maître et Juge, Monsieur Moussa ASSANE


Professeur à l’EISMV de Dakar

Vous nous faites un grand honneur en acceptant de juger ce modeste travail.


Nous retiendrons de vous, la rigueur et le sérieux en toute chose. Hommage
respectueux.

xviii
A notre Maître et Juge, Monsieur Serge Niangoran BAKOU
Maître de conférences agrégé à l’EISMV

Nous sommes très sensibles à l’honneur que vous nous faites en acceptant de
juger ce modeste travail. Soyez assuré de notre profonde gratitude et de notre
vive admiration. Hommage respectueux.

A notre Co-directeur de thèse, Monsieur Véssaly KALLO


Docteur vétérinaire, Sous Directeur de l’Hygiène Alimentaire à la Direction
de l’Hygiène Alimentaire et des Abattoirs du District d’Abidjan

Ce travail est le fruit de vos conseils et soutiens continus. Merci pour tout le
temps que vous avez consacré à sa réalisation. Hommage respectueux.

xix
“Par délibération, la faculté de Médecine, de Pharmacie et
d’Odonto-Stomatologie et l’Ecole Inter-Etats des Sciences et
Médecine Vétérinaires de Dakar ont décidé que les options
émises dans les dissertations qui leur sont présentées, doivent
être considérées comme propres à leurs auteurs et qu’elles
n’entendent leur donner aucune approbation ni improbation”

xx
LISTE DES ANNEXES

Annexe I : Circuit de distribution de la volaille vivante entre le Burkina Faso et

la Côte d’Ivoire

Annexe II : quelques désinfectants usuels

Annexe III : questionnaires pour les volaillers

Annexe VI : questionnaire pour les consommateurs de volailles

Annexe V : guide d’entretien auprès des services vétérinaires

Annexe VI : régions de provenances de la volaille vendue sur les marchés du

district d’Abidjan

Annexe VII : Esquisse pour l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques des

mesures de biosécurité

Annexe VIII : Audit procédural dans un marché de volailles vivantes

Annexe IX : liste des marchés de volailles vivantes dans le district d’Abidjan

xxi
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

% : Pourcentage

ANAVICI : Association Nationale des Aviculteurs de Côte d’Ivoire

ANAREVCI : Association Nationale des Revendeurs de Volailles en Côte d’Ivoire

BNETD : Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement

CA : Centre Avicole

CIRAD : Centre de recherche internationale en recherche agronomique

pour le développement

CMVVA : Coopérative des Marchands de Volailles vivantes d’Abobo

CNRA : Centre National de Recherche Agronomique

CNLGA : Comité National de Lutte contre la Grippe Aviaire

COVPOT : Coopérative des Vendeurs de Poulets de Treichville

COVEPOT : Coopérative des Vendeurs de Poulets de Treichville

CRSA : Centre Régional de la Santé Animale pour l’Afrique de l’Ouest et du

Centre

CS : Coco Service

CVVVM : Coopérative des Vendeurs de Volailles Vivantes de Marcory

CVVVK : Coopérative des Vendeurs de Volailles Vivantes de Koumassi

DGTCP : Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique

Dnd : Données non disponible

DPE : Direction des Production d’Elevage

DPP : Direction de la Planification des Programmes

xxii
DSV : Direction des Services Vétérinaires

EISMV : Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecines Vétérinaire

ENSEA : Ecole National Supérieur d’Economie Appliquée

EPC : Elevage de Poulets de Chair

EPP : Elevage de Poules Pondeuse

E.T. : Ecart Type

FA : Fabriquant d’Aliment

FACI : Société de Fabrication d’Aliments Composés Ivoiriens

FAO : Food and Agriculture Organisation

FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine

FIRCA : Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles

FOANI : Ferme Ouattara Ali Nanan Issa

GA : Grippe Aviaire

Hab : Habitant

H5N1 : Hémagglutinine 5 Neuraminidase 1

IAHP : Influenza Aviaire Hautement Pathogène

INTERAVI : Association des Industriels Distributeurs d’Intrants et de Produits avicoles

IP : Institut Pasteur

IPRAVI : Interprofessionnelle Avicole

Kg : kilogramme

Km2 : kilomètre carré

LANADA : Laboratoire National d’Appui au Développement Agricole

LPA : Laboratoire de Pathologie Animale

xxiii
Max. : Maximum

Min. : Minimum

MINAGRI : Ministère de l’Agriculture

MIPARH : Ministère de la Production Animale et des Ressources Halieutiques

MINEF : Ministère de l’Economie et des Finances

Moy. : Moyenne

NEPAD : Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique

OIE : Office International des Epizooties

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

PIB : Produit Intérieur Brute

PDDAA : Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine

SDSA : Sous Direction de la Santé Animale

SDHA : Sous Direction de l’Hygiène Alimentaire

SVDA : Service Vétérinaire du District d’Abidjan

SIPRA : Société Ivoirienne de Production Animales

SODEPRA : Société de Développement des Productions Animales

SHC : Service d’Hygiène des Communes

UACI : Union des Aviculteurs de Côte d’Ivoire

UCAD : Université Cheikh Anta Diop de Dakar

UCO : Unités de Conditionnement des Œufs

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

UOFAO : Union des Organisations de la Filière Avicole

xxiv
LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Répartition de la production nationale de viande de volaille ............ 14


Figure 2 : Répartition de la production nationale d’œufs de consommation...... 14
Figure 3 : Schéma de l’organisation professionnelle de la filiere avicole
ivoirienne............................................................................................................. 16
Figure 4 : Collecteur de volailles traditionnelle à moto...................................... 18
Figure 5 : Collecteur de volailles traditionnelle à bicyclette .............................. 18
Figure 6 : Circuit de commercialisation de la volaille moderne (secteur 2&3).. 21
Figure 7 : Circuit ivoirien de distribution des œufs de consommation............... 23
Figure 8 : Marché primaire…………………………………………………… 27
Figure 9 : Marché terminal.................................................................................. 27
Figure 10 : Désinfection du grand marché de volaille d’Abengourou à l’aide... 31
Figure 11 : Présentation de la zone d’étude (Carte du District d’Abidjan) ........ 43
Figure 12 : Présentation de la tuerie du grand marché de Treichville… ……. 52
Figure 13 : Plumeuse mécanique au marché Coofelpalm (Cocody)…………...52
Figure 14 : Bac à échaudage au marché Coofelpalm …………...…………… 52
Figure 15 : Plumeuse (1), bac à saignée (2), poubelle (3) au marché de
Coofelpalm.…………………………………………………………………….52
Figure 16 : Tuerie de type II au nouveau marché de Port – Bouët II…………52
Figure 17 : Tuerie de type III au marché Gouro………………………………..52
Figure 18 : Répartition des organisations de volaillers en fonction des marché 55
Figure 19 : Poulet et pintade logés dans la même cage au marché de Mossikro59
Figure 20 : Volaille à même le sol au marché de Sicogi.………………………59
Figure 21 : Lieu de conservation de l’aliment des volailles…………….……...59
Figure 22 : Eau d’abreuvement de mauvaise qualité au marché Locodjro.……59
Figure 23 : Préparation d’un lapin et de volailles au marché Sicogi...…………59
Figure 24 : Caisses en plastiques dans un camion (marché abattoir I)..………..63
Figure 25 : Cageots en bois non conforme (marché Bromakoté)………………63
Figure 26 : Tuerie de type III (stockage des déchets dans des sacs)…………...64
Figure 27 : Tuerie de type I (insalubrité du lieu d’abattage)…………………...64

xxv
LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Classification simplifiée des systèmes d’aviculture selon la FAO..... 9


Tableau II : Nombre d’échantillons suivant les catégories d’acteurs ................. 46
Tableau III : Typologie des marchés de volailles dans le district d’Abidjan...... 49
Tableau IV : Typologie des tueries de volailles dans les marchés ..................... 51
Tableau V : Situations et pratiques commerciales sur les marchés .................... 54
Tableau VI : Pratiques commerciale des volaillers et rôle des consommateurs . 58
Tableau VII : Description du matériel de vente .................................................. 62
Tableau VIII : Nettoyage et désinfection du matériel......................................... 63

xxvi
TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE: SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE....................................... 1
CHAPITRE I : FILIERE AVICOLE EN CÔTE D’IVOIRE................................ 6
1.1. CARACTERISTIQUES DES SYSTEMES D’ELEVAGE....................... 6
1.1.1. Historique ................................................................................................ 6
1.1.2. Typologie des systèmes d’élevage .......................................................... 6
[Link]. Typologie selon le système avicole ivoirien .................................... 6
[Link]. Typologie selon la FAO ................................................................... 8
1.1.3. Systèmes d’élevage avicole..................................................................... 9
[Link]. Aviculture traditionnelle .................................................................. 9
[Link].1. Importance socio-économique ...................................................... 9
[Link].2. Conduite de l’élevage.................................................................. 10
[Link].3. Production ................................................................................... 11
[Link]. L’aviculture moderne .................................................................... 12
[Link].1. Importance socio-économique .................................................... 12
[Link].2. Conduite de l’élevage.................................................................. 12
[Link].3. Production ................................................................................... 13
[Link]. Structures d’encadrement............................................................... 15
[Link].1. Cadre institutionnel ..................................................................... 15
[Link].2. Organisation professionnelle avicole .......................................... 16
1.2. CIRCUIT DE COMMERCIALISATION DE LA VOLAILLE.............. 17
1.2.1. Commercialisation de la volaille vivante.............................................. 17
[Link]. Cas de la volaille traditionnelle...................................................... 17
[Link]. Cas de la volaille moderne ............................................................. 19
1.2.2. Circuit de commercialisation des autres produits avicoles ................... 22

xxvii
CHAPITRE II : MARCHES DE VOLAILLES VIVANTES............................. 24
2.1. GENERALITES....................................................................................... 24
2.2. TYPOLOGIE DES MARCHES DE VOLAILLES VIVANTE ............. 26
2.2.1. Marchés primaires ................................................................................. 26
2.2.2. Marchés régionaux ............................................................................ 26
2.2.3. Marchés terminaux............................................................................ 27
CHAPITRE III : MESURES DE BIOSECURITE ............................................. 28
3.1. DEFINITION ET PRINCIPE DE LA BIOSECURITE........................... 28
3.1.1. Concept et définition de la biosécurité.................................................. 28
3.1.2. Principe de la biosécurité ...................................................................... 29
[Link]. Isolement ........................................................................................ 29
[Link]. Nettoyage ....................................................................................... 30
[Link]. Désinfection ................................................................................... 30
3.2. MISE EN OEUVRE DES MESURES DE BIOSECURITE ................... 31
3.2.1. Facteurs de risques de biosécurité......................................................... 31
[Link]. Risques liés aux pathologies aviaires............................................. 31
[Link]. Risques liés à la pratique commerciale .......................................... 32
[Link]. Risques liés à l’insuffisance d’encadrement des acteurs ............... 33
3.2.2. Plan de mise en œuvre des mesures de biosécurité............................... 34
[Link]. Isolement ........................................................................................ 34
[Link]. Contrôle des mouvements .............................................................. 35
[Link]. Mesures sanitaires .......................................................................... 35
3.2.3. Suivi et évaluation des mesures mises en place.................................... 36
3.3. CONTRAINTES DE BIOSECURITE DANS LES MARCHES DE...... 37
VOLAILLES VIVANTES.............................................................................. 37
3.3.1. Facteurs liés au transport de la volaille vivante .................................... 37
3.3.2. Facteurs liés aux marchés...................................................................... 38
3.3.3. Facteurs liés aux commerçants et aux abatteurs sur les marchés.......... 39
3.3.4. Facteurs liés à l’encadrement des vétérinaires dans les marchés.......... 40

xxviii
DEUXIEME PARTIE : PRATIQUE DES MESURES DE BOSECURITE DANS
LES MARCHES DE VOLAILLES VIVANTES DU DISTRICT D’ABIDJAN.......... 1
CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES................................................... 42
1.1. PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE ......................................... 42
1.2. MATERIEL.............................................................................................. 44
1.3. METHODES D’ETUDE.......................................................................... 44
1.3.1. Recherche documentaire ....................................................................... 44
1.3.2. Enquête de terrain.................................................................................. 44
[Link]. Elaboration des questionnaires........................................................... 45
[Link]. Echantillonnage .................................................................................. 46
[Link]. Administration des questionnaires ..................................................... 47
1.3.3. Analyse des données ............................................................................. 47
CHAPITRE II : RESULTATS........................................................................... 48
2.1. TYPOLOGIES ......................................................................................... 48
2.1.1. Typologie des marchés de volailles vivantes ........................................ 48
2.1.2. Typologie des tueries de volailles vivantes........................................... 50
2.2. PRATIQUES DES MESURES DE BIOSECURITE .............................. 53
2.2.1. Caractéristiques des marchés de volailles vivantes............................... 53
2.2.2. Organisation des volaillers .................................................................... 54
2.2.3. Pratiques commerciales des volaillers et rôle des consommateurs....... 55
2.2.4. Mesures d’hygiène dans les marchés et gestion sanitaires des volailles
......................................................................................................................... 60
2.2.5. Caractéristiques et hygiène du matériel utilisé par les volaillers.......... 61
2.2.6. Gestion des déchets animaux provenant des marchés de volailles ....... 64
2.3. SYSTEMES D’ENCADREMENT DES VOLAILLERS ....................... 65
CHAPITRE III : DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS ......................... 66
3.1. DISCUSSION .......................................................................................... 66
3.1.1. Discussion de la méthodologie.............................................................. 66
3.1.2. Discussion des résultats......................................................................... 67
3.2. RECOMMANDATIONS......................................................................... 70

xxix
3.2.1. A l’ endroit des autorités étatiques........................................................ 70
3.2.2. A l’ endroit des organisations professionnelles des volaillers ............. 71

xxx
INTRODUCTION

1
L’aviculture ivoirienne, représentée par un secteur traditionnel fermier et un
secteur commercial intensif, a connu un essor considérable au cours de ces dernières
années. La production de viande de volailles et des œufs de consommation est
respectivement de 10 000 tonnes et de 600 millions d’unités en 2007 (DJE, 2007). La
consommation moyenne de viande de volailles est quant à elle estimée à 10 kg/hab./an
en 2003 (IPRAVI, 2000 cité par KONE, 2007). A cause de leurs prix relativement
bas par rapport à ceux des autres denrées animales, les produits avicoles sont
consommés par l’ensemble de la population et constituent le seul recours à
l’amélioration de la sécurité alimentaire en protéines d’origine animale. Le secteur
couvre actuellement 91% des besoins en viandes de volailles et 100% des besoins en
œufs de consommation (BAKAYOKO, 2007). Cette progression s’est faite
essentiellement par le développement de l’aviculture commerciale intensive.

Par ailleurs, le secteur avicole ivoirienne offre plus de 30 000 emplois directs et
indirects et représente un chiffre d’affaire de 40 milliards de FCFA par an. Elle
contribue pour près de 2% à la formation du PIB global et pour près de 5% à la
formation du PIB agricole
([Link]

Enfin, la filière avicole constitue un débouché important pour de nombreux produits et


sous-produits agricoles et agro-industriels (maïs, son de riz, farine de blé, tourteau de
soja et de coton, farine de poisson…).

Malgré ses capacités de croissance plus ou moins rapide et de diversification


de ses produits, le développement du secteur avicole reste assez fragile, en raison des
contraintes sanitaires. L’émergence de l’IAHP, en mars 2006 dans la zone d’Abidjan a
été catastrophique pour la filière avicole ivoirienne. Cette épizootie a eu une
importance économique liée à des pertes directes, évaluée à plus de 14 milliards de
FCFA de chiffre d’affaire en 2006 (DJE, 2007). La grippe aviaire (GA), dans le
district d’Abidjan, est apparue dans des marchés de volailles (KALLO, 2007b). Selon
l’OIE (2007), de 2003 à Mai 2007, 306 cas d’infection par le virus aviaire H5N1 ont
été observés chez l’homme en Europe, en Asie, en Amérique et en Afrique, avec 186
cas de mortalité dont treize en Egypte et un au Nigeria.
2
Cependant la propagation des maladies aviaires, en général, est due en grande
partie aux activités de l’homme. En effet, les individus véhiculent les agents
pathogènes directement en déplaçant des oiseaux vivants des zones de productions
vers les zones de commercialisation et vice versa, et indirectement par le biais de
matériels contaminés. Ainsi, les marchés de volailles vivantes, principaux lieux de
rassemblement d’oiseaux de toutes espèces et d’origines diverses, jouent un rôle
important dans la persistance et la diffusion des agents pathogènes du fait de l’absence
de vide sanitaire pour un bon nettoyage et désinfection (FAO, 2007b).
Subséquemment, les marchés d’oiseaux constituent les lieux où existe le plus grand
risque de propagation des maladies aviaires (GUEYE, 2008).

La mise en œuvre des mesures de biosécurité dans les marchés de volailles


vivantes est de ce fait nécessaire afin de prévenir, d’une part, le départ, l’émergence et
l’expansion des maladies aviaires épizootiques et d’autre part, la contamination
humaine en cas de zoonoses. La biosécurité, plus qu’une méthode prophylactique, est
une prise de conscience de la part des acteurs car elle relève surtout du bon sens. C’est
en somme, un ensemble de pratiques et de mesures visant à prévenir l’introduction, le
maintien et la dissémination d’agents pathogènes (KABORET, 2007a). Son but
essentiel est la protection de la vie des animaux et des hommes. Enfin, c’est le moyen
disponible le moins cher et le plus efficace de prévention et de contrôle de maladies
(GUEYE, 2008).

Toutefois, très peu de travaux relatifs à la mise en œuvre des mesures de


biosécurité dans les marchés de volailles vivantes ont été effectués. C’est ce qui a
inspiré le choix de notre sujet de thèse libellé comme suit : « Pratique des mesures de
biosécurité dans les marchés de volailles vivantes en Côte d’Ivoire : cas du district
d’Abidjan ».

L’objectif de cette étude consiste à évaluer la pratique des mesures de biosécurité dans
les marchés de volailles vivantes, en vue de son amélioration dans le contexte de la
lutte contre les maladies aviaires et de la préservation de la santé publique.

Ce travail comprend deux parties.

3
Dans une première partie consacrée à la synthèse bibliographique, nous présentons :

– la filière avicole en Côte d’Ivoire ;


– les marchés de volailles vivantes ;
– les mesures de biosécurité.

La deuxième partie aborde l’étude de la pratique des mesures de biosécurité


dans les marchés de volailles vivantes du district d’Abidjan. Elle est subdivisée
en quatre (04) chapitres :

– matériel et les méthodes d’étude ;


– résultats;
– discussion et les recommandations.

4
PREMIERE PARTIE :

SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE

5
CHAPITRE I : FILIERE AVICOLE EN CÔTE D’IVOIRE

1.1. CARACTERISTIQUES DES SYSTEMES D’ELEVAGE

1.1.1. Historique

L’aviculture dite moderne est un phénomène relativement récent en Côte


d’Ivoire. En effet, jusqu’en 1954, l’aviculture ivoirienne était le fait d’élevages
traditionnels dont la productivité était presqu’entièrement orientée vers
l’autoconsommation (ADAMA, 1990).

Dés 1960, l’Etat a institué des Centres Avicoles (CA) dans tout le pays afin
d’initier les populations à l’aviculture moderne. La Société de Développement des
Productions Animales (SODEPRA), créée en 1970 sous la forme de société d’Etat, a
repris la gestion des CA. Elle a mis à la disposition des opérateurs, les intrants, l’appui
technique et les conseils nécessaires au développement de l’aviculture moderne. A
partir de 1976, les structures privées se sont installées progressivement pour suppléer
l’Etat, contribuant ainsi à l’expansion de la filière avicole (DJE, 2008).

Les techniques traditionnelles de conduite de l'élevage restent encore


dominantes malgré un courant de modernisation affectant des unités individuelles ainsi
que des structures plus récentes d'entreprise orientées vers l'approvisionnement des
marchés urbains de Côte d'Ivoire et des pays voisins (DJE, 1998). A ce jour, la filière
avicole ivoirienne fait partie des plus structurées en Afrique de l’Ouest (TOURE,
1995 ; UOFAO/UEMOA, 2008).

1.1.2. Typologie des systèmes d’élevage

[Link]. Typologie selon le système avicole ivoirien

La typologie de l’aviculture ivoirienne, telle que décrite dans la littérature en


Côte d’Ivoire, considère la taille des exploitations et la technologie utilisée. Elle est
décrite en aviculture traditionnelle ou familiale et en aviculture moderne (ADAMA,
1990 ; KONE, 2007).

6
— L’aviculture familiale

L’aviculture familiale, en Côte d’Ivoire, se localise de manière uniforme sur


presque tout le territoire national mais particulièrement plus développée dans le Nord
du pays mais aussi au Centre et l’Est. Elle est pratiquée sous un mode extensif (KOE,
2001). Les élevages sont situés essentiellement en zone rurale dans les villages et les
campagnes mais aussi dans les villes. Ce type d’élevage regroupe des exploitations de
type familial et appartient à un nombre considérable de familles, dont beaucoup sont
très pauvres (DIOP, 1982). L’élevage des oiseaux est très souvent confié aux femmes
et parfois aux jeunes.

— L’aviculture moderne

Encore appelé aviculture semi-industrielle (KONE, 2007), l’aviculture


moderne est une activité pratiquée dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire,
principalement dans les zones urbaines et périurbaines.

Elle se pratique sur un mode intensif et la production est strictement à but


commercial. Elle est plus implantée dans le sud du pays. La région des Lagunes
(district d’Abidjan) et la région du Moyen-Comoé (Agnibilékro) constituent les
principales zones de production. L’aviculture moderne utilise certaines techniques
industrielles comme l’utilisation de matériel génétique de haute productivité (souche
sélectionnée), mais aussi des techniques adaptées à l’environnement tropical pour
limiter notamment les effets de la chaleur (FAO, 2008a). Cependant, elle est
caractérisée par deux (02) types d’élevage :

D’un côté, les élevages améliorés, de loin les plus nombreux. Les sites de
productions sont situés aux alentours des villes mais aussi à proximité des villages afin
d’être proche des marchés potentiels. Ce sous-secteur compte 1460 fermes en Côte
d’Ivoire (GEUYE, 2008).

De l’autre côté les élevages semi-industriels, situés principalement en zone


urbaines. Les principaux producteurs de ce sous-secteur en Côte d’Ivoire sont :

7
- dans la ″région″ d’Abidjan: COCO Service (CS), Aliments de Côte d’Ivoire (ALCI),
Société Ivoirienne de Productions Animales (SIPRA), Société de Fabrication
d’Aliments Composés Ivoiriens (FACI),

- dans la ″région″ d’Agnibilékro : Ferme Ouattara Ali Nanan Issa (FOANI) (KONE,
2007)

[Link]. Typologie selon la FAO

Les élevages avicoles ont fait l’objet d’une codification élaborée depuis 2004
par la FAO (FAO, 2008c ; GUEYE, 2008 ; KABORET, 2007b). Cette codification a
donné naissance à quatre (04) secteurs de production avicole (secteur 1 à 4) et tient
compte de plusieurs caractéristiques (Tableau I).

— Le secteur 1

Ce secteur est encore appelé système industriel intégré. Les élevages dans ce
secteur ont un niveau de biosécurité élevé. La production est à but commerciale.

— Le secteur 2
Encore appelé système commercial à grande échelle, le secteur 2 est
caractérisé par des élevages dont le niveau de biosécurité est modéré parfois élevé.

— Le secteur 3
Dans ce secteur le niveau de biosécurité est faible parfois minimal. L’essentiel
de la production est vendue au niveau des marchés de volailles vivantes. il correspond
au système commercial à petite échelle.

— Le secteur 4
Elle correspond à l’aviculture familiale dont l’essentiel de la production est
consommé localement. Le niveau de biosécurité dans ces élevages est minimal.

8
Tableau I : Classification simplifiée des systèmes d’aviculture selon la FAO

secteur 1 secteur 2 secteur 3 secteur 4


Système Industriel Commercial à Commercial à Villageois ou
intégré grande échelle petite échelle de basse-cour
Niveau de Haut Moyen à haut Faible à minimal
biosécurité minimal
Commercialisation Filière Habituellement Habituellement Volailles et
des volailles et des commerciale filière vendus dans les produits
produits avicoles commerciale marchés de avicoles
volailles principalement
vivantes consommés sur
place
Races exploitées ˝Race˝
Race commerciale/ ˝synthétique˝ indigène/ locale

Source : FAO, 2008c

1.1.3. Systèmes d’élevage avicole

[Link]. Aviculture traditionnelle

L’aviculture traditionnelle correspond au secteur 4 de la classification de la FAO.

[Link].1. Importance socio-économique

L’aviculture traditionnelle joue un rôle socio-culturel très important dans nos


populations.

En effet, en Afrique en général et en particulièrement en Côte d’Ivoire, le


poulet intervient dans diverses cérémonies rituelles et religieuses (naissances,
baptêmes, circoncisions, mariages, décès…) (SAVANE, 1996). De plus, les produits
avicoles sont faciles à offrir à des parents ou à des amis comme présents lors des fêtes
ou des visites. Dans certaines sociétés africaines, le poulet est entouré de mythes. Il est
considéré comme un plat exceptionnel qui n’est offert qu’aux personnes auxquelles on

9
attache une importance particulière comme les jeunes mariés, les femmes qui viennent
d’accoucher, les hôtes à honorer. Aussi, est-il le symbole d’une hiérarchisation au sein
des familles car les parties nobles (cuisses, gésier, bréchet) sont servies aux personnes
âgées ou au chef de la famille, la partie dorsale aux femmes et les jeunes partagent le
reste (pattes, têtes) lors des repas. Le poulet sert également à la réparation d’un tort, le
nombre à donner étant proportionnel à la gravité de la faute commise (BEBAY, 2006).
La robe du poulet (blanche, noire ou blanche tachetée de noir) et l’aspect du plumage
(normal ou plissé) sont des critères importants à considérer pour ces sacrifices
(TRAORE et al., 2006).

Sur le plan économique, elle offre la possibilité aux paysans pauvres, même
démunis de capital foncier, de générer des ressources financières. Ainsi, les revenus
des ventes de la volaille permettent d’entretenir la famille toute l’année et surtout en
période de soudure (KONDOMBO, 2007).

[Link].2. Conduite de l’élevage

L’espèce la plus exploitée est la poule domestique, appelé Gallus gallus


domesticus dont l’ancêtre est G. ferrugineus. Il s’agit d’un oiseau de petite taille, très
rustique et à la chair bien appréciée. Son poids moyen adulte en 6 mois est d’environ 1
kg chez la femelle et 1,5 kg chez le mâle adulte (GUEYE et BESSEIW, 1995).

En Afrique de l’Ouest elle est communément appelée «poulet bicyclette», et


ce en rapport avec le mode de transport vers les centres urbains
([Link]
h2/[Link]) mais aussi en rapport avec son aptitude à la course (ADAMA,
1990).

La conduite de l élevage en aviculture familiale est une pratique assez


rudimentaire. En effet, la volaille villageoise ne fait l’objet que de peu d’attention et
les animaux vivent en divagation pour la plupart. Dans la basse-cour, des volailles de
plusieurs âges et de plusieurs espèces cohabitent entre elles ou avec d’autres espèces
sauvages et domestiques. Les oiseaux passent le jour à la recherche de l’aliment et les
adultes se chargent d’élever les jeunes. Ils vivent d’insectes, de sous-produits
10
agricoles, et de déchets de cuisine. Parfois les poussins reçoivent dans les 2 ou 3
premiers mois, 10 à 20 g de mil par jour en plus des termites (ADAMA, 1990).
Certains paysans distribuent parfois le matin comme le soir quelques poignées de
céréales à la basse-cour. Après la divagation, les volailles passent la nuit dans des
poulaillers ou perchés sur des branches d’arbres ombragés ou encore dans un coin des
maisons, partageant très souvent la même pièce avec les habitants de la maison. L’eau
consommée par les volailles est de qualité médiocre. Les effectifs par concession sont
très variables et vont de 5 à 10 poules. Ils peuvent atteindre en moyenne 25 à 60
animaux (DANHO et al., 2000).

Sur le plan sanitaire, les oiseaux ne reçoivent pratiquement pas de


soins. Dans ce contexte, les pertes sont très importantes, notamment chez les jeunes.
C’est particulièrement le cas des pintadeaux pour lesquels les mortalités peuvent
atteindre 90% des jeunes (BEBAY, 2006). Les agriculteurs sont ainsi confrontés aux
mortalités élevées, principalement due à la maladie de Newcastle (COUACY-
HYMANN, 1991 ; N’GUETTA et al., 1993 ; BOYE, 1990) et actuellement à
l'Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) dans de nombreux pays depuis son
apparition, en Asie à la fin de 2003 (GUEYE, 2009).

DANHO et al. (2000) ont aussi montré que les mortalités sont plus élevées en saison
sèche (40 à 60%) qu’en saison de pluies (10 à 15%).

Les pertes peuvent aussi être dues au vol, à la pression des prédateurs, aux
pertes par noyade, par accident ou encore par égarement.

[Link].3. Production

La productivité en aviculture familiale est très faible, de l'ordre de 4 à 6


poulets commercialisables par an et par poule avec une production de 60 à 80 œufs par
an contre 90 œufs par an chez la pintade. Cependant les coûts de production sont
quasiment nuls. Le poids moyen adulte de la poule et du coq est compris
respectivement entre 0,6- 1,2kg et 1,5-2kg. Le renouvellement de la volaille s’appuie
essentiellement sur les poussins issus de la même basse-cour, les œufs étant aussi bien
couvés que consommés.
11
Le taux d’éclosion des œufs varie entre 50 et 80% (ADAMA, 1990). Les volailles et
les produits qui en dérivent sont pour la plupart destinés à l’autoconsommation, parfois
vendus ou donnés en cadeaux. En 2000, le cheptel villageois était estimé à 21 630 000
têtes, ce qui fait près de 74% de toute la volaille produite en Côte d’Ivoire
([Link]

[Link]. L’aviculture moderne

[Link].1. Importance socio-économique

L’aviculture moderne dans la sous-région Ouest Africaine est une filière qui
a pris son essor à partir des années 80. Elle se développe beaucoup plus rapidement
dans les pays côtiers disposant d’un marché urbain important ; les deux pays où cette
aviculture connaît un essor important sont la Côte d’Ivoire et le Sénégal
(UOFAO/UEMOA, 2008).

En Côte d’Ivoire, elle est une source de revenu très importante pour des
populations vivant en zone urbaine et périurbaine. Elle offre plus de 30 000 emplois
directs et représente un chiffre d’affaire de 40 milliards de FCFA par an (DJE, 2007).

Au Sénégal ce système d’élevage est le plus souvent pratiqué par des salariés,
des personnes de professions libérales ou exerçantes dans le secteur tertiaire, qui
engagent des fermiers pour s’occuper de la gestion de leurs exploitations. Cela
représente un chiffre d’affaire de 30 milliards de FCFA (TRAORE et al., 2006).

[Link].2. Conduite de l’élevage

L’aviculture moderne s’est particulièrement développée en fonction du


marché potentiel des villes. Les aviculteurs sont plus ou moins spécialisés soit dans
l’élevage des poules pondeuses, soit dans l’élevage des poulets de chair ; ou parfois on
à des élevages mixtes. Ainsi, dans la zone d’Abidjan, plus de la moitié des unités sont
spécialisées dans l’élevage des poulets de chair et à Agnibilékro, les
spéculations « ponte » sont les plus utilisées (KONE, 2007).

12
Le système semi-industriel de l’aviculture moderne ivoirienne se compose
d’élevages de très grande taille ayant un ou plusieurs sites de production et un cheptel
important de plus de 10 000 volailles. Les volailles sont hébergées dans des abris
spécialement construits et reçoivent un aliment industriel parfois fabriqué sur place.
Certaines exploitations possèdent leurs propres abattoirs modernes et couvoirs pour
fournir des poussins de remplacement. La production de souche parentale est encore
au stade de démarrage. En Côte d’Ivoire, la taille des élevages de poulets de chair
varie de 60.000 à 120.000 poulets par bande avec en moyenne 100.000 poulets. Et
celle des élevages de poules pondeuses varie de 20.000 à 120.000 poussins ponte avec
en moyenne 50.000 poussins ponte.

Dans le système moderne amélioré, l’aviculteur utilise des poussins de


souches améliorées d’un jour, importés ou produits sur place par les accouveurs. Il
nourrit les volailles avec des aliments complets produits par une industrie spécialisée
ou par les aviculteurs eux-mêmes. La taille des élevages de poulets de chair dans ce
système varie de 300 à 2.000 poulets par bande avec en moyenne 1000 poulets. Par
contre, celle des élevages de poules pondeuses varie de 100 à 1.200 poussins ponte
avec en moyenne 700 poussins ponte. Certains éleveurs utilisent leur propre bâtiment,
situé pour la plupart sur le terrain de la maison du propriétaire, et d’autres utilisent des
bâtiments en location. Le nombre des éleveurs augmente à des périodes de l’année,
surtout à l’approche des grandes fêtes: c’est le phénomène des éleveurs occasionnels
qui pratiquent la vente spéculative aux périodes de vente favorable (ADAMA, 1990).
La volaille peut être vendue soit directement par les aviculteurs sur les marchés locaux
d’oiseaux vivants, soit indirectement par des intermédiaires et des prestataires de
services ou à un contractant (grossiste).

[Link].3. Production

Le système de production est très varié. Il fait intervenir plusieurs acteurs de


la filière, à savoir les aviculteurs, les fabricants d’aliments, les accouveurs etc. Ainsi,
par an, les accouveurs produisent 10 000 000 poussins et les fabricants d’aliments,
125 000 tonnes d’aliments dont 50 000 tonnes produit à la ferme. La production
d’œufs de consommation se chiffre à 600 millions par an. Quant à la viande de
13
volaille, elle se chiffre à 10 000 tonnes. Les villes d’Abidjan et d’Agnibilékro
fournissent à elles seules 80% de la production en viande de poulet et 90% en œufs de
consommation. Les figures 1 et 2 donnent la part de production par zone.

Figure 1 : Répartition de la production nationale de viande de volaille


Source : KONE, 2007

Figure 2 : Répartition de la production nationale d’œufs de consommation


Source : KONE, 2007

Après avoir satisfait une partie importante des besoins de la consommation


nationale, la filière avicole ivoirienne a exporté, avant la crise politico-militaire, ces
produits vers les pays voisins tels que le mali, le Burkina Faso, la Guinée, le Niger,
etc. Les produits concernés sont les poussins d’un jour, les aliments composés volailles
et surtout les œufs de consommation. A côté de cette production nationale, on note la
présence des importations qui viennent en complément pour satisfaire la
consommation totale nationale particulièrement en protéines animales. Le niveau de
consommation par ailleurs est estimé à 10kg/hab/an en 2003 (ADAMA, 1990).

14
[Link]. Structures d’encadrement

[Link].1. Cadre institutionnel

Depuis avril 2004, le Ministère de la Production Animale et des Ressources


Halieutiques (MIPARH) a en charge au plan institutionnel, les productions animales
en remplacement du Ministère de l’Agriculture (MINAGRI) (CÔTE D’IVOIRE/
NEPAD–PDDAA, 2005). Par ailleurs, le MIPARH assure ces différentes tâches à
travers diverses directions. La Direction de la Planification et des Programmes (DPP)
qui a en charge la conception de la politique de développement des productions
animales dont l’aviculture, la Direction des Productions d’Elevage (DPE) qui quant à
elle a un rôle purement organisationnel dans le secteur avicole et enfin la Direction des
Services Vétérinaires (DSV) qui, à travers sa sous direction chargée de la santé
animale, intervient dans la lutte contre les pathologies aviaires dont la récente
épizootie de Grippe Aviaire (GA). A côté du MIPARH, l’Agence Nationale d’Appui
au Développement Agricole (ANADER), structure privée, a pour rôle la vulgarisation
des nouvelles méthodes d’élevage et travail beaucoup avec le milieu rural. Le Bureau
National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD) a pour sa part en charge
les études de projets de développement (validation et appui à la recherche et la
négociation de financement). Le CNRA (Centre National de la Recherche
Agronomique) créé en avril 1998, a pour principales missions d’initier et d’exécuter
les recherches en vue d’assurer l’amélioration de la productivité de toutes les
spéculations du domaine de l’Agriculture (au sens large du terme). Le Fonds
Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricole (FIRCA), créé le 11
décembre 2002, intervient dans le système avicole à plusieurs niveaux. Il participe au
financement des programmes, à la formation aux métiers de l’élevage et au
renforcement des capacités des organisations professionnelles avicoles.

Le secteur avicole bénéficie aussi des services des laboratoires qui assurent
l’appui scientifique et qualitatif aux productions avicoles (analyses virologique,
bactériologique et nutritionnel).Ces laboratoires concourent ainsi à la production en
quantité et en qualité de viande de volailles en Côte d’Ivoire (KONE, 2007). Il existe
trois grands laboratoires : Laboratoire Central de Nutrition Animale (LACENA),

15
Laboratoire de Pathologie Animale (LPA) et l’Institut Pasteur (IP). Les deux premiers
appartiennent au Laboratoire National d’Appui au Développement Agricole
(LANADA).

[Link].2. Organisation professionnelle avicole

La filière avicole ivoirienne regroupe à son sein quatre (4) associations


professionnelles. Il s’agit de l’UACI (Union des Aviculteurs de Côte d’Ivoire) et
l’ANAVICI (association nationale des aviculteurs de Côte d’Ivoire) et l’INTERAVI
(association des industriels de la filière avicole ivoirienne). Ces trois associations sont
regroupés au sein de l’interprofessionnelle avicole ivoirienne (IPRAVI) ; Cette
dernière intègre tous les maillons de la filière avicole (DJE, 2008). Malheureusement,
aucune organisation des volaillers n’appartient à l’IRAVI. La figure 3 montre le
schéma de l’organisation de la filière avicole

IPRAVI

producteurs industriels

UACI ANAVICI INTERAVI

Accouveurs

Eleveurs Producteurs Eleveurs Producteurs F.A.


de poulets d’œufs de de poulets d’œufs de
Abattoirs
de chairs consommation de chairs consommation
U.C.O.

Figure 3 : Schéma de l’organisation professionnelle de la filiere avicole ivoirienne


F.A. : Frabriquants d’Aliments U.C.O. : Unités de Conditionnement des Oeufs
Source : [Link]
16
1.2. CIRCUIT DE COMMERCIALISATION DE LA VOLAILLE

1.2.1. Commercialisation de la volaille vivante

[Link]. Cas de la volaille traditionnelle

Le circuit de commercialisation des volailles traditionnelles est complexe du


fait qu'il fait intervenir plusieurs intermédiaires (BARKOK, 2007). Les différents
intervenants sont les producteurs locaux (ménagères, paysans), les collecteurs, les
grossistes, les commerçants sur les marchés urbains et les consommateurs. Dans ce
système de vente, se côtoient plusieurs espèces de volailles essentiellement les poulets,
les pintades et pigeons mais aussi des canards, des dindons etc. Ce circuit part des
campagnes ou des villages vers les grands centres urbains (par exemple la ville
Abidjan, de Bouaké) qui fournissent des marchés potentiels.

En effet les collecteurs locaux parcourent campagnes et villages, à pied ou à


bicyclette ou encore à moto comme le témoigne les figures 4 et 5, ramassant une
trentaine voire plus, de poulets par jour. Les oiseaux sont ensuite regroupés, au niveau
des marchés locaux, dans des cageots de fortunes contenant environ une centaine
d’oiseaux et acheminées vers les villes par camion, par autocar (transport en commun)
ou encore par train. Les animaux sont vendus vivants sur les grands marchés urbains.
Les pertes sont souvent considérables, soit de 10% pendant le transport et 2% dans
l’attente de la vente. Par ailleurs, il faut signaler que certains paysans se déplacent
directement sur les marchés locaux pour offrir leurs produits. D’autres par contre
préfèrent vendre leurs oiseaux aux abords des voies de circulation. Il n’est pas exclus
de voir des vendeurs ambulants parcourir les quartiers, avec la volaille à la main, à la
recherche de client.

Les volailles proviennent aussi des pays frontaliers. C’est l’exemple du


Burkina Faso. Dans ce cas les oiseaux collectés sont acheminés par train depuis le
Burkina Faso jusqu’en Côte d’Ivoire, principalement dans le sud du pays dont le
district d’Abidjan. Ici le circuit est moins complexe (annexe I) mais les pertes
avoisinent les 25%. Dans les deux (2) cas de figure, la provenance de la volaille est
très éloignée de son lieu de commercialisation. Aussi, les oiseaux sont confinés et

17
transportés dans des cageots non conformes, pour la plupart en bois. Les pertes sont
essentiellement dues aux conditions pénibles de transport (coups de chaleur, peu ou
pas d’alimentation et d’abreuvement). Les animaux invendus sont parfois retournés et
mélangés à ceux restés en élevage dans les ménages. Le mode de collecte (de
concession en concession, de village en village) et de transport de la volaille présentent
un risque de dissémination de maladies aviaires. D'ailleurs il existe très peu ou pas
d’information sur l’état sanitaire des oiseaux collectés et vendus.

Figure 4 : Collecteur de volailles traditionnelle à moto


Source : FAO, 2008b

Figure 5 : Collecteur de volailles traditionnelle à bicyclette


Source : FAO, 2008b

18
[Link]. Cas de la volaille moderne

En aviculture commerciale, le circuit de distribution de la volaille vivante fait


également intervenir plusieurs acteurs ou intermédiaires dont les producteurs, les
grossistes, les commerçants sur les marchés, les consommateurs. Les espèces
concernées sont dans la majorité des cas, les poules de réforme, les poulets de chair et
les coquelets. Les oiseaux sont vendus soit vivants (circuit du vif), soit tués (circuit
mort) (ADAMA, 1990). Selon ESSOH (2006), 95,5% des éleveurs mettent
entièrement sur le marché des poulets vivants.

Dans le premier cas (circuit du vif), les volailles sont vendues vivantes par des
revendeurs sur les marchés ou directement à la ferme par les fermiers, aux
consommateurs. Au niveau des marchés les oiseaux arrivent par l’entremise des
grossistes qui les revendent aux petits détaillants ; ceux-ci les vendent à leur tour aux
consommateurs (NGATCHOU et NGANDEU, 2006). Le consommateur achète la
volaille sur pied. Près de 50% des volailles vendus sur pied sont tuées et éviscérées sur
place par des abatteurs dans les tueries particulières (BARKOK, 2007). L’on note
toutefois que cette activité s’exerce dans des conditions d’insalubrité inquiétantes et
les abatteurs sont exposés aux zoonoses.

Au Sénégal le circuit du vif est dominé par des acheteurs-revendeurs appelés


les banabanas. Ceux-ci maintiennent les poulets dans des cages de fortune, où ils
reçoivent de l’eau et un peu d’aliment essentiellement composé de son de mil ou de riz
de qualité médiocre. Le cycle de renouvellement de stock dépasse rarement une
semaine, en moyenne, il est de trois jours (TRAORE, 2007).

Une autre stratégie de vente est celle pratiquée par de petits vendeurs ambulants qui
promènent les animaux (une dizaine) à travers la ville, de quartiers en quartiers. Dans
ce cas, les animaux sont transportés sur la tête ou alors dans une charrette poussée par
le vendeur. Enfin, des lieux de vente illicites sont parfois créés sur les trottoirs de
quelques axes routiers des grandes villes (BEBAY, 2006).

Cependant, il arrive très souvent que les acteurs du circuit vif subissent des pertes
sévères, par suite de mortalités provoquées par des coups de chaleur ou des maladies

19
qui étaient en état de latence voire en incubation et que le stress des mauvaises
conditions de vente auraient révélées (ADAMA, 1990).

Dans le circuit mort, les volailles transitent par des abattoirs ou ateliers
d'abattage. Les produits sont ensuite livrés dans les supermarchés, restaurants,
particuliers etc. En effet, certains éleveurs signent des contrats spécifiques de vente
avec les opérateurs en aval tel que la SIPRA (COQIVOIRE). Ces derniers font abattre
les poulets et les conditionnent pour les revendre aux supermarchés, aux restaurants, à
des particuliers dans des points de vente spécifiques. Dans ce type d’échange c’est la
volaille moderne qui est le plus souvent utilisée, le plus souvent issue des grandes
unités de production (SIPRA, FOANI, COCO Service). Ce circuit a l’avantage de
présenter moins de risque de santé publique et de propagation d’agents pathogènes.
Malheureusement, l’on note une insuffisance de structures d’abattage, de
transformation, de conservation et de conditionnement des volailles (TOURE, 1995).

Quelque soit le système d’élevage, l’analyse des flux commerciaux montre


que les zones de production sont éloignées des zones de consommation et la
prédominance du circuit vif accentue les risques de propagation des pathologies
aviaires. Les moyens et matériels de transport et de vente de la volaille sont rarement
désinfectés. Un point critique majeur est le caractère particulièrement insalubre des
sites d’abattage et de plumaison présents dans les marchés des grandes villes. Les
règles d’hygiène sont à peine connues, les outils et équipements des abatteurs sont
sommaires, l’évacuation des déchets n’est pas systématique et le respect du principe de
la marche en avant est inconnu (BADJE, 2007).

La figure 6 présente le mode d’échange de la volaille issue du secteur commercial.

20
ETAPES ACTEURS

AVICULTEURS

Elevages

INTERMEDIAIRES

Transports

GROSSISTES TRANSPORTEURS
INDEPENDANTS

Vente en gros

EPICERIES, HOTELS, DETAILLANTS

SUPERMARCHE, (marché volaille)


RESTAURANTS

Distribution

(détail)

CONSOMMATEURS

Consommateurs

Figure 6 : Circuit de commercialisation de la volaille moderne (secteur 2&3)


Source : IPRAVI, 2006

21
1.2.2. Circuit de commercialisation des autres produits avicoles

Les produits concernés dans ce cas de figure sont les œufs et les litières
souillées.

La commercialisation des œufs varie d’un système de production à un autre.

En effet, en aviculture traditionnelle les œufs sont aussi bien couvés que
consommés (FAO, 2008c), parfois donné en cadeau. Il n’est pas rare de voir sur des
marchés traditionnels (zone rurale) des paysans vendre des œufs.

En aviculture commerciale, l’on rencontre des œufs de reproduction destinés


aux couvoirs et des œufs de consommation destinés aux consommateurs. La
commercialisation des œufs de consommation fait intervenir plusieurs acteurs
(BARKOK A, 2007). Il existe deux principaux circuits de distribution des œufs de
consommation qui sont : le circuit traditionnel et le circuit moderne (ADAMA, 1990)
(figure 7).

¾ le circuit traditionnel
Les œufs sont le plus souvent commercialisés par des grossistes qui les collectent dans
les fermes ou par des détaillants qui prospectent les élevages. La vente se fait par des
revendeurs détaillants sur les marchés, par des porteurs ambulants parcourant les
quartiers à pied (femmes ou jeunes filles) ou par quelques hommes à bicyclette ou à
motocyclette. Les œufs sont vendus par unité ou par plateau. Ce circuit informel traite
60% du volume des œufs de consommation.

¾ le circuit moderne
Ce circuit semble plus organisé que celui des volailles vivantes (BEBAY, 2006 et
FAO, 2008a). Il fait intervenir des gros producteurs bien organisés. Ceux-ci disposent
d’une clientèle fidèle qui est composée de grossistes, de supermarchés, de restaurants,
etc. Les œufs sont ici calibrés et présentés dans des barquettes allant de 6 à 30 unités
par plateau (KONE, 2007).

22
Quelque soit le circuit, la commercialisation des œufs de consommation peut
être source de dissémination de pathologies aviaires car les alvéoles sont pour la
plupart recyclés sans désinfection préalable.

Quant à la litière, après la réforme des oiseaux, elle ne subit aucun traitement
de neutralisation des pathogènes. La litière est parfois vendue à des horticulteurs ou
jetée dans la nature aux abords des fermes. Elle peut aussi être source de
contamination.

Figure 7 : Circuit ivoirien de distribution des œufs de consommation


Source : FAO, 2008a

23
CHAPITRE II : MARCHES DE VOLAILLES VIVANTES

2.1. GENERALITES

D’après Le PETIT ROBERT(2001), le marché est l’ensemble des offres et


demandes concernant une catégorie (ou un ensemble) de biens, de services ou de
capitaux. En d’autres termes le marché est le lieu où se rencontrent l'offre et la
demande d'un certain bien. De même, les marchés d’oiseaux vivants sont les
principaux lieux de rassemblement et de vente des volailles de toutes espèces. Ces
marchés sont très divers puisqu’ils comprennent aussi bien les grands marchés de
vente dans les centres urbains que les petits marchés locaux en milieu rural qui ne sont
ouverts que de temps à autres (FAO, 2008c). Certains sont situés dans d’autres
marchés de vente de denrées diverses et d’autres ne sont spécialisés que dans la vente
de volailles. Il n’est pas rare de constater que des animaux d’espèces et d’origines
différentes soient dans la même cage. Les oiseaux sont maintenus dans des cages
artisanales, où ils reçoivent de l’eau et un peu d’aliment. Les cages sont pour la plupart
constituées de matériaux difficile à désinfecter (cages en bois par exemple). Les
conditions d’hygiène sur de nombreux marchés, petits ou grands, urbains ou en
bordure de route, sont généralement précaires. Il est fort de constater l’absence de
sanitaire et de vestiaire dans bon nombres de marchés.

Les personnes chargées du transport des oiseaux ont souvent peu


d’informations, voire aucune, sur l’état de santé des volailles. Les volailles en
provenance des grands élevages sont généralement transportées dans des cageots en
plastiques faciles à nettoyer et à désinfecter. Cependant, celles en provenance des
élevages traditionnels et des petits élevages modernes sont transportées dans des
cageots fait en matériaux non conformes (bois, rotin,…) (KALLO, 2007a). Au
débarquement, le lavage et la désinfection des cageots et des moyens de transport ne
sont pas faits.

De plus, les petits éleveurs et commerçants vivent souvent en contact étroit


avec les volailles pendant leur transport à bras, à vélo, à cyclo-pousse, dans les
transports en commun (autocar) ou sur les étals des marchés (CIRAD, 2006).

24
Dans les tueries, l’abattage des oiseaux se fait dans des conditions
d’insalubrité. Les abatteurs n’ont pas de tenues vestimentaires appropriées, aucune
inspection sanitaire des carcasses n’est faite et la désinfection des lieux et du matériel
n’est pratiquement jamais faite.

D’après KALLO (2007a), la plupart des marchés sont situés sur des sites
provisoires.

Certains marchés sont ouverts de jour comme de nuit et représentent un risque


plus élevé que ceux observant des jours de fermeture durant lesquels il est possible de
désinfecter les locaux. Les marchands et d’autres intermédiaires et prestataires de
services fréquentent les lieux et peuvent facilement emporter des objets contaminés
qui seront introduits dans les unités de production des divers secteurs (FAO, 2008c).
Néanmoins, quelques rares marchés sont cités comme exemple dans la sous région
pour leur bonne construction et aménagement. C’est le cas au MALI du marché de
Kalabancoro (http:// [Link]/[Link]). Construit sur une
superficie de 510 m2, ce marché comprend un hall acheteur équipé de 90 cages à
volailles, deux caisses, un hall de réception et d’embarquement de volailles avec un
bureau et deux toilettes, une pharmacie vétérinaire, un vestiaire, une zone d’abattage.
La volaille est ici vendue dans de bonnes conditions d’hygiène et les risques pour la
santé publique sont limités.

Lors de la récente pandémie de l’IAHP, les marchés d’oiseaux vivants ont


fortement contribués à la dissémination du virus H5N1. Ils ont également été à
l’origine de cas humains (FAO, 2008c). D’où la nécessité de mettre en œuvre des
mesures de biosécurité pour éviter ou diminuer les risques de propagation de maladies
aviaires, et aussi de santé publique.

25
2.2. TYPOLOGIE DES MARCHES DE VOLAILLES VIVANTE

De nombreuses études ont décrits les marchés de volailles vivantes (BRAILLON cité
par BADJE (2007) ; KONDOMBO (2007) ; KALLO (2007a)). Sur la base de ses
études, les marchés peuvent être classés en trois (3) types :

2.2.1. Marchés primaires

De tailles modestes, ces marchés sont les lieux où les collecteurs locaux
(collecteurs primaires) et les paysans se rencontrent pour les échanges. Ils sont
également appelés marchés de collectes. Une trentaine voire plus de poulets sont
collectés par jour (ADAMA, 1990) et acheminé jusqu’aux marchés soit à bicyclette,
soit à motocyclette, soit à la main. Les acheteurs sont essentiellement des collecteurs
régionaux (collecteurs secondaires). Il est rare que ces marchés s’animent plus d’une
fois par semaine. Ce sont les marchés des petites villes et villages dans les sous-
préfectures et mairies. La spéculation y est très souvent faible et ne concerne que la
volaille villageoise le plus souvent. La figure 8 ci dessous illustre ce type de marché.

2.2.2. Marchés régionaux

Ce sont des marchés de tailles plus importantes avec une fréquence


d’animation au minimum hebdomadaire. Les volailles qui y sont vendues proviennent
essentiellement des collecteurs primaires. Les oiseaux arrivent par camions ou utilisant
le transport en commun (autocar). On trouve dans cette catégorie, les marchés
frontaliers (pour les pays d’exportation) et les marchés des villes importantes
(capitales de région et de préfectures). La spéculation y est moyennement élevée. La
volaille traditionnelle mais parfois de la volaille moderne produite localement est
vendue sur ces marchés. La volaille est transportée dans des cageots en bois contenant
une centaine de poulets et acheminée jusqu’aux marchés terminaux (ADAMA, 1990).
Ces marchés sont aussi appelés marchés intermédiaires ou marchés de regroupement.

26
2.2.3. Marchés terminaux

Dans ce dernier cas, ce sont essentiellement les grossistes qui approvisionnent


les marchés en volaille. Ici, la volaille subit sa dernière opération marchande. Ils sont
encore appelés marchés de débouchés terminaux. Ces marchés sont animés tous les
jours et sont ceux des grands centres urbains. Ce sont les lieux de rencontre de volaille
de toutes espèces et de tous âges. Les commerçants de volaille occupent le plus
souvent des aires rarement aménagées pour la vente et disposent de cages pouvant
contenir trente à cent poulets selon leurs capacités (KONE, 2007) (figure 9). Un stock
de 100 poulets peut mettre 2 à 7 jours à s’écouler et même plus; ce qui pousse parfois
les commerçants à déplacer la volaille sur plusieurs marchés (ADAMA, 1990).

Figure 8 : Marché primaire Figure 9 : Marché terminal


Source : GUEYE, 2008b Source : GUEYE, 2008b

27
CHAPITRE III : MESURES DE BIOSECURITE

3.1. DEFINITION ET PRINCIPE DE LA BIOSECURITE

3.1.1. Concept et définition de la biosécurité

La biosécurité est une approche stratégique et intégrée de l’analyse et de la


gestion des risques pesant sur la vie et la santé des personnes, des animaux, des plantes
et des risques associés pour l’environnement. Elle suscite un intérêt grandissant depuis
une dizaine d’années, lorsqu’apparaissent de nouvelles épidémies de maladies
transfrontières touchant des animaux, des plantes et des personnes (FAO, 2007a).
C’est ainsi que le terme « biosécurité » a été largement utilisé dans le débat sur la lutte
contre la grippe aviaire (FAO, 2007b). Les mesures regroupées sous le terme
«biosécurité» sont définies de manière très large ou plus étroite, et peuvent être
appliquées à tous les niveaux, depuis les politiques nationales jusqu’à la gestion d’une
unité de production individuelle. Elle est aussi définit de nombreuses manières.

Ainsi, la FAO (2008c) lors de la conférence interministérielle sur la grippe


aviaire et la grippe pandémique à New Delhi en décembre 2007, a défini la biosécurité
comme suit : « le terme biosécurité désigne l’ensemble des mesures visant à réduire le
risque d’introduction du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène dans les
unités de production individuelles (bioexclusion) ainsi que le risque de transmission à
l’extérieur (bioconfinement) et de propagation ultérieure par le biais de la filière de
production et de commercialisation ». Quant à GUEYE (2008), c’est un ensemble de
pratiques et de mesures mises en œuvre pour prévenir l’introduction, le maintien et la
dissémination d’agent(s) pathogène(s) dans un pays/une région/une ville/un
village/une exploitation avicole/un marché de volailles. selon BAKAYOKO(2007),
c’est un ensemble de bonnes pratiques d’hygiène qui comprend les mesures de
bioexclusion, afin de limiter au maximum les risques d’introduction des agents
pathogènes, et les mesures de bioconfinement pour empêcher leurs circulations.
KABORET (2007a) présente la biosécurité, dans un cadre plus restreint, comme étant
un ensemble de pratiques et de mesures mises en œuvre pour prévenir l’introduction,
le maintien et la diffusion des agents pathogènes dans une exploitation avicole.

28
Elle peut être considérée comme un ensemble des mesures que l’on prend afin de
préserver la santé des oiseaux si la maladie est absente, empêcher la propagation de la
maladie si elle est présente, et également assurer la protection des personnes exposées
au risque de contamination a dit SANOGO (2008).

D’une manière générale, elle consiste à la protection de la vie aussi bien des
Hommes que des animaux (GEUYE, 2008).

3.1.2. Principe de la biosécurité

La biosécurité repose sur trois principes fondamentaux (FAO, 2008c) :


l’insolement ou ségrégation, le nettoyage et la désinfection.

[Link]. Isolement

Elle consiste à la mise en place et au maintien de barrières visant à limiter les


possibilités d’introduction d’animaux infectés ou d’objets contaminés dans une unité
de production non infectée. Elle aide à protéger les volailles de l'exposition aux virus
et autres agents pathogènes. Il ne s’agit pas de séparer les espèces, mais de tenir
éloignés les animaux susceptibles d’être contaminés de ceux qui ne le sont pas (FAO,
2008c).

Elle repose sur deux notions fondamentales qui sont le «bioexclusion» (garder
les vecteurs des maladies à l’extérieur d’une unité de production saine) et le
«bioconfinement» (garder les vecteurs des maladies à l’intérieur d’une unité de
production déjà contaminée) (FAO, 2007b). En pratique, seules les mesures de
« bioconfinement » sont faciles à mettre en ouvre dans les marchés de volailles
vivantes.

En somme, l’isolement est la première ligne de défense. C’est l’étape la plus


importante et la plus efficace dans la mise en œuvre des mesures de biosécurité
(GEUYE, 2008).

29
[Link]. Nettoyage

C’est la deuxième étape la plus importante en termes d’efficacité. Il consiste à


éliminer toutes les souillures visibles. En effet les objets sont en général contaminés
par les matières fécales des animaux infectés ou par leurs sécrétions respiratoires qui
adhèrent aux surfaces. Au niveau des marchés, il s’agit du matériel de vente (cages,
mangeoires, abreuvoirs, etc.) mais aussi des moyens et du matériel de transport de la
volaille vivante. Tous les matériels avant de franchir la barrière sanitaire doivent être
nettoyés à fond. Ainsi, les petits objets peuvent être nettoyés avec du savon, de l’eau et
une brosse, mais il faut utiliser un système de nettoyage à haute pression (110-130
bars) pour les véhicules de transport de la volaille (FAO, 2008c).

Notons que le nettoyage, lorsqu’il est bien mis en œuvre, permet de détruire
une grande partie des agents pathogènes. C’est pourquoi un bon nettoyage sans
désinfection vaut mieux qu’une désinfection sans nettoyage.

[Link]. Désinfection

La désinfection est la troisième et dernière étape. C’est l’étape la moins fiable.


Son efficacité va dépendre de beaucoup de facteurs, y compris la qualité du nettoyage
(GUEYE, 2008). En effet, après un nettoyage méthodique, la désinfection, lorsqu’elle
est correctement appliquée, inactive tous les agents pathogènes encore présents. Son
efficacité dépend, en plus du nettoyage, de la qualité du produit utilisé. Dans tous les
cas, il faut tenir compte des prescriptions du fabricant. Beaucoup de produits existent
sur le marché (annexe II). Mais le désinfectant virucide, bactéricide et fongicide à
spectre large le plus souvent utilisé en Côte d’Ivoire est le VIRKON®. C’est un agent
oxydant présenté sous forme de poudre colorée vendue dans des boîtes de 1 Kg. Elle
est dosée à 1 % (soit 10 grammes de poudre par litre d’eau). La poudre est dissoute
dans de l’eau pour obtenir une solution qui peut rester stable pendant 7 jours
(SANOGO, 2008).

En outre la désinfection peut se faire par trempage de l’objet à désinfecter


dans la solution préparée ou encore utiliser un pulvérisateur. La figure 10 montre
l’utilisation d’un pulvérisateur sur le marché d’Abengourou lors du vaste programme

30
de nettoyage et désinfection des marchés de volailles vivantes en Côte d’Ivoire, cela
dans le cadre de la lutte contre l’influenza aviaire.

Figure 10 : Désinfection du grand marché de volaille d’Abengourou à l’aide


d’un pulvérisateur manuel
Source : KALLO, 2007b

3.2. MISE EN OEUVRE DES MESURES DE BIOSECURITE

La mise en œuvre des mesures de biosécurité se fait suivant un plan bien


établi. Premièrement, il faut déterminer les facteurs de risques, ensuite mettre en
œuvre un plan de biosécurité et enfin, faire de manière périodique le suivie et
l’évaluation des mesures mises en place.

3.2.1. Facteurs de risques de biosécurité

[Link]. Risques liés aux pathologies aviaires

Dans toutes les productions animales, et particulièrement en aviculture, la


productivité, la rentabilité de l’élevage et la qualité des produits sont conditionnées par
l’état sanitaire du cheptel (FAO, 2005). Ainsi, les pathologies sont des contraintes
majeures pour le développement de l’aviculture.

31
En aviculture familiale, la volaille ne bénéficie d’aucune couverture sanitaire
(KONE, 2007). On note une absence de prophylaxie sanitaire contre l’ensemble des
maladies aussi bien infectieuses que parasitaires. Aussi, les oiseaux jouissent très
rarement de la surveillance du propriétaire (GUEYE, 1999). Les quelques rares soins
se résument à l’administration de préparations issues de la pharmacopée traditionnelle,
notamment des vermifuges comme des extraits de piments ou de feuilles et d’écorce
d’Azadirachta indica dilués dans de l’eau de boisson (BULGEN, 1992). Les
pathologies aviaires les plus courantes sont dans l’ordre d’importance la maladie de
Newcastle, la variole aviaire et les parasitoses internes (BEBAY, 2006).

En aviculture commerciale, malgré l’existence de programme de prophylaxie,


certaines maladies sont fréquemment rencontrées surtout dans les élevages mal
entretenus. Les maladies de GUMBORO, de Newcastle et la coccidiose sont les plus
fréquentes chez les poulets de chair et les poulettes (M’BARI, 2000).

D'ailleurs, dans ces dernières année, l’IAHP constitue un risque majeur car en
plus d’être très pathogène pour la volaille, elle est une zoonose majeure tant par sa
fréquence que par sa gravité chez l’homme. Cette maladie aviaire a causée dans le
monde, de 2003 au 10 septembre 2007, 326 cas d’infection chez l’Homme dont 200
cas de mortalité avec un taux de létalité de 61% (OMS cité par COULIBALY, 2007).

En somme, ces maladies constituent des facteurs de risque de biosécurité car


les oiseaux sont le plus souvent commercialisés très loin de leurs lieux de production.

[Link]. Risques liés à la pratique commerciale

Les marchés d’oiseaux vivants et les systèmes de transport utilisés pour


acheminer la volaille depuis les exploitations jusqu’aux marchés présentent chacun des
risques particuliers de propagation des maladies aviaires. Les risques sont nombreux
mais nous ne montrerons que les risques majeurs.

Les conditions sanitaires et hygiéniques sur les marchés sont parfois précaires.
Les oiseaux arrivent et partent chaque jour en un flux continu dans les deux sens, ce
qui permet aux agents pathogènes de persister et de s’accumuler au fil du temps,

32
transformant les marchés en des sites hautement contaminés (FAO, 2008c). De
même, la traçabilité des oiseaux n’est pas faite sur bon nombre de marché, ce qui fait
qu’aucune information sur l’état de santé des oiseaux n’est fournie. Sur tous les
marchés, le matériel susceptible d’être mis au contact de la volaille devrait être nettoyé
et désinfecté. La prédominance du circuit du vif (volaille vivante), est un risque de
propagation des maladies hors des marchés (BARKOK, 2007). Aussi, les aires
d’abattage et de plumage des oiseaux ne sont pas contrôlables, et le matériel et les
équipements sont inadaptés, difficile à nettoyer et à désinfecter (KABORET, 2007c).
Ces aires sont particulièrement très insalubres et les règles élémentaires d’hygiène sont
à peine connues de tous (BEBAY, 2006).

De plus d’après CIRAD (2006), les petits éleveurs et commerçants vivent


souvent en contact étroit avec les volailles sont ainsi exposés aux zoonoses aviaires.
L’inexistence de jour de fermeture des marchés (vide sanitaire) rend difficile la mise
en œuvre d’un plan de nettoyage et de désinfection dans les marchés de volailles. Les
volailles issues des élevages modernes et de l’aviculture familiale se trouvent souvent
mélangées sur ces marchés. Les marchands et d’autres intermédiaires et prestataires de
services fréquentent les lieux et peuvent facilement emporter des objets contaminés
qui seront introduits dans les unités de production des divers secteurs. Aussi, les
oiseaux vivants achetés à des fins de production peuvent être un vecteur de la maladie
entre les divers secteurs de la filière de la volaille et de celle des oiseaux en captivité
(FAO, 2008c).

[Link]. Risques liés à l’insuffisance d’encadrement des acteurs

Le contrôle de la mise en œuvre des mesures de biosécurité sur les marchés est
dévolu aux services vétérinaires. La présence des services vétérinaires sur les marchés
est mal perçue par les volaillers (BEBAY, 2006). C’est ainsi que la confiance n’existe
pas entre ces différentes catégories d’acteurs. Le contrôle, les conseils et les visites
sanitaires, en somme l’encadrement technique, sont insuffisants voire inexistants sur
les marché (KABORET, 2007c). Ces volaillers ne sont parfois pas formés et informés
sur les mesures de biosécurité à mettre en œuvre. L’on note également un faible niveau
d’organisation des volaillers sur les marchés.
33
En résumé, tous les facteurs de risque de biosécurité précédemment énumérés
font des marchés de volailles des lieux à haut risque d’où la nécessité de mettre en
œuvre un plan de biosécurité afin de minimiser ce risque.

3.2.2. Plan de mise en œuvre des mesures de biosécurité

L’objectif principal de la mise en œuvre d’un plan de biosécurité pour les


marchés de volailles est de créer un environnement commercial à faible risque aussi
bien pour la santé des hommes que celle des animaux (FAO, 2008c). Cependant, lors
de nos enquêtes documentaires, nous n’avons pas découvert un plan national de
biosécurité destiné aux marchés de volailles vivantes. La liste des mesures proposé ci-
dessous est un résumé, inspiré de plusieurs travaux (CRSA, 2007 ; FAO, 2007b ;
FAO, 2008b ; FAO, 2007c ; GUEYE, 2008b ; KABORET, 2007a ; KABORET,
2007c). Elle n’est pas exhaustive et met néanmoins en valeur les paramètres les plus
importantes à appliquer dans les marchés de volailles.

Un plan de mise en œuvre des mesures de biosécurité contient trois (03) étapes
fondamentales : l’isolement, le contrôle des mouvements et les mesures sanitaires.

[Link]. Isolement

C’est la première étape. Elle consiste à ériger des barrières ou une frontière
entre les marchés de volailles, les volailles et les sources de maladies. Pour ce faire, il
faut:

— Eviter d’approvisionner les marchés en volailles malades ;


— Prévoir un endroit hors des marchés pour le stationnement des véhicules et la
réception des caisses ayant servis au transport de la volaille vivante;
— Confiner les volailles dans un environnement contrôlable et spacieux ;
— Mettre en quarantaine les nouveaux oiseaux sur les marchés ;
— Empêcher en tout temps, l’entrée des animaux errants et la divagation des
oiseaux sur les marchés ;
— Utiliser des zones distinctes pour la vente des différentes espèces avicoles ;
— Eviter les retours de volailles à la ferme et/ou à la maison ;

34
— Limiter la manipulation des oiseaux sur les marchés ;
— Tenir un registre de traçabilité des oiseaux et du matériel sur les marchés.

Cette première mesure est la plus importante mais elle est parfois difficile à
mettre en œuvre dans certains marchés (FAO, 2008c). D’où la nécessité de passer à la
deuxième étape qui consiste à contrôler les déplacements à l’intérieur des marchés.

[Link]. Contrôle des mouvements

Pour que cette étape soit efficace dans la réduction des risques de biosécurité,
il faut :

— Réduire au minimum les contacts entre volailles ;


— Limiter les mouvements d’oiseaux entre vendeurs et entre marchés ;
— Lutter contre la vente ambulante d’oiseaux vivants.

[Link]. Mesures sanitaires

Malgré la grande efficacité de l'isolement et du contrôle des déplacements à


l’intérieur des marchés, un certain degré de contamination à l’intérieur des marchés est
inévitable. D’où la nécessité de la mise en place de mesures sanitaires. Ces mesures
sont basées sur la mise en œuvre de bonnes pratiques commerciales et de mesures
d’hygiène (nettoyage et désinfection). Dans ce cas, il faut :

— Nettoyer et désinfecter les cages et véhicules ayant servis à transporter les


volailles avant de retourner à la ferme ;
— Nettoyer et désinfecter souvent les marchés de volailles ;
— Nettoyer et désinfecter régulièrement tous les équipements du marché ;
— Garder les oiseaux dans des cages faciles à nettoyer et à désinfecter (cages en
plastique ou en métal) et spacieuses;
— Utiliser du matériel (abreuvoir, mangeoire, bac de saigné et d’échaudage, etc.)
facile à désinfecter (de préférable en plastique ou en métal) ;
— Donner à la volaille une alimentation et un abreuvement de qualité et en
quantité suffisante;
— Éviter les mélanges de volailles de différentes espèces et de différents âges ;

35
— Une bonne gestion des oiseaux malades et des cadavres ;
— Avoir des aires d’abattage protégées, contrôlables et plus ou moins équipés en
matériels adaptés et faciles à nettoyer et à désinfecter ;
— Faire l’inspection sanitaire des volailles vivantes et des carcasses ;
— Eliminer en toute sécurité les déchets et les eaux usées ;
— Avoir une tenue appropriée pour le transport, la vente et l’abattage des oiseaux.

Il est important que toutes les parties concernées (volaillers, autorités locales,
services vétérinaires, etc.) participent à l’élaboration du plan de biosécurité et qu’ils
comprennent la nécessité de l’adopter, et en perçoivent les avantages (FAO, 2008c). Il
est donc impératif que les mesures de biosécurité recommandées tiennent compte des
réalités socio-économiques chez les personnes censées les appliquer. Cependant, il
n’est pas possible de recommander un seul et unique ensemble standardisé de mesures.
Dans chaque marché, les sources potentielles d’infection doivent être évaluées
périodiquement afin d’identifier les mesures qui auront le plus fort impact.

3.2.3. Suivi et évaluation des mesures mises en place

Un programme national de suivi et d’évaluation des mesures de biosécurité


dans les marchés de volailles vivantes n’a pas été trouvé lors de nos enquêtes
documentaires. Les éléments si dessous proposés s’inspire des travaux de BC
POULTRY ASSOCIATION (2007), réalisés pour des fermes avicoles.

Ainsi, un programme de suivie et d’évaluation des mesures de biosécurité a un


double objectif. D’une part, il permet de vérifier régulièrement l'efficacité du plan de
biosécurité mis en œuvre afin de proposer des mesures correctives, et d’autre part de
faire le contrôle de l’application effective des mesures proposées. Ce contrôle est fait
grâce à des audits périodiques suivant un calendrier bien établi.

Le processus de vérification ou encore l’audit comprend les étapes suivantes :

9 Avoir un entretien avec le ou les responsables des structures concernées.

9 Examiner les documents de travail si disponible (registre de traçabilité, etc.).

36
9 Faire une visite complète des lieux.

L'auditeur utilise pour ce faire la liste de contrôle de vérification qui est un


questionnaire d’audition. Les questions font l’objet d’une cotation et chaque question
sert à évaluer la structure visitée (fermes avicoles, marchés de volailles) contre les
normes obligatoires inscrites dans le plan de biosécurité.

A la fin, l’auditeur prend un certain temps pour évaluer les résultats et tirer des
conclusions sur le nombre de non-conformités constatées. Une séance de clôture est
organisée pour permettre à l'auditeur de présenter les résultats, expliquer les actions
correctives, et de fournir une évaluation globale de l'efficacité du plan de biosécurité
proposé. Il est important de veiller à ce que les différents acteurs comprennent et
acceptent les mesures correctifs.

3.3. CONTRAINTES DE BIOSECURITE DANS LES MARCHES DE

VOLAILLES VIVANTES

Les marchés de volailles vivantes présentent de nombreuses contraintes. Ces


contraintes de biosécurité sont liées d’une part à l’état des marchés, d’autre part à la
mauvaise pratique commerciale des volaillers mais aussi à l’insuffisance
d’encadrement des acteurs par les services vétérinaires.

3.3.1. Facteurs liés au transport de la volaille vivante

De façon générale, les volailles sont vendues très loin de leur lieu de productions
(ADAMA, 1990). Ainsi, le ravitaillement des marchés de volailles est assuré par des
grossistes et des collecteurs de volailles. Les pratiques et moyens utilisés par ceux-ci,
présentent un risque de contamination et de dissémination des pathologies aviaires.
Les contraintes liées aux transports de la volaille sont de plusieurs types. En effet, ces
différents acteurs ont très peu ou pas d’information sur l’état sanitaire des oiseaux
qu’ils transportent.

37
Les collecteurs de volailles traditionnelles ramassent les oiseaux en vrac (de
concessions en concessions, de villages en villages). Ils mélangent très souvent des
oiseaux d’âges et d’espèces différents dans la même cage. Il n’est pas rare de
constater, sur les marchés de collectes, la cohabitation entre les poulets, pintades et
pigeons comme cela était dans la basse cour. De même, les oiseaux sont mis dans des
cageots fabriqués de façon artisanale avec un matériel très perméable et très difficile à
nettoyer et désinfecter. On peut citer comme exemple des cageots en bois, en tige de
millet, en raphia, des paniers tressés avec des lianes, etc. La volaille, au cours du
transport, est confinée et reçoit très peu ou pas d’aliment et d’eau. Il est fréquent
d’avoir des mortalités dues à des coups de chaleur. Très souvent l’homme et les
oiseaux empruntent le même moyen de transport (BEBAY, 2006).

En aviculture moderne, dans la majeure partie des cas, la volaille issue des
grandes unités de production est transportée dans des cageots en plastique (KALLO,
2007a). Mais il est très rare que les cages et les véhicules de transport soient nettoyés
et désinfectés avant et immédiatement après le ramassage des oiseaux (FAO, 2007b).
L’activité des grossistes est étroitement liée à la demande du marché et à la
disponibilité des oiseaux chez les fermiers. En effet, les oiseaux sont parfois ramassés
plusieurs fois le même jour et dans plusieurs fermes. Des fois, les véhicules de
transport rentrent sur les exploitations sans être désinfectés et le grossiste peut
soupeser les poulets dans les bâtiments avant leurs achats.

3.3.2. Facteurs liés aux marchés

Dans nos pays, les marchés de volailles vivantes sont sous l’autorité des
conseils municipaux ou des collectivités territoriales parfois sous l’autorité des
conseils villageois. Beaucoup de ces marchés sont situés sur des sites provisoires
(CRSA, 2007 et KALLO, 2007a). Ces marchés sont pour la plupart situés dans
d’autres marchés de ventes de denrées diverses (légumes, friperies, etc.) où ils utilisent
un espace très peu ou pas aménagé. De nombreux marchés d’oiseaux ne pratiquent pas
de vide sanitaire (pas de jour de fermeture) pour la mise en place d’un programme de
nettoyage et désinfection (GEUYE, 2008). La volaille y rentre et sort en flux continue
chaque jour. L’on note parfois l’absence de sanitaires, de canaux d’évacuations des
38
déchets et des eaux usées. Le sol est parfois nu; ce qui rend difficile le nettoyage
surtout la désinfection. La majorité des marchés sont ouverts de jour comme de nuit et
des animaux y sont en divagation. Les déchets, lorsqu’ils sont ramassés, sont parfois
stockés non loin dans des décharges. Les conditions d’hygiène sur de nombreux
marchés, petits ou grands, urbains ou ruraux, sont généralement précaires (FAO,
2007b).

3.3.3. Facteurs liés aux commerçants et aux abatteurs sur les marchés

Les commerçants de volailles et les abatteurs sont les acteurs les plus
permanents sur les marchés de volailles vivantes. Dans leur grande majorité, ils ne
sont pas organisés. Ils sont aussi insuffisamment informés et formés sur les mesures de
biosécurité (KABORET, 2007). La notion de visite médicale n’est pas connue de
tous, pourtant ils sont toujours exposés aux zoonoses aviaires du fait de leur contact
permanant avec la volaille.

Le matériel de travail des volaillers est parfois très sale, en mauvais état et de
fabrications artisanales. Il s’agit des cages, des mangeoires qui sont en bois pour la
plupart, les abreuvoirs en boite métallique (KALLO, 2007a). Ils n’ont pas de tenues
appropriées pour le travail. Il est fort de constater des oiseaux de plusieurs espèces et
de plusieurs âges dans les mêmes cages. Le lieu de vente est parfois très sale. Il n’est
pas rare d’observer des déplacements d’oiseaux et de matériels sur le même marché et
entre marchés. Lorsqu’il ya une quantité importante de volailles sur les marchés, les
revendeurs embauchent des employés qui sillonnent les quartiers ou s’arrêtent aux
grands carrefours pour vendre des poulets, souvent à bas prix (ADAMA, 1990).

Très peu de marchés ont un abattoir de volailles mais il existe sur bon nombres
de marché des aires d’abattage de la volaille nommé « tueries particulières »
(KALLO, 2007a). Un point critique majeur est le caractère particulièrement insalubre
de ces tueries de volailles. Les règles d’hygiène sont à peine connues, l’accès à l’eau
est limité voire inexistant et les outils et équipements des abatteurs sont sommaires
(pas de gants, ni de masques, ni de couvre tête..), l’évacuation des déchets n’est pas
systématique et le respect du principe de la marche en avant est inconnu (BEBAY,

39
2006). Il faut noter aussi l’absence d’une chaine de froid et d’inspection sanitaire des
carcasses. Ces tueries sont nettoyées quotidiennement (chaque matin) mais jamais
désinfectées (CRSA, 2007). De plus, le matériel de travail est difficile à désinfecter.
Les abatteurs n’ont pas de tenues appropriées pour ce travail.

3.3.4. Facteurs liés à l’encadrement des vétérinaires dans les marchés

La présence des services vétérinaires sur les marchés est perçue par les
volaillers uniquement sous un angle de taxation et de répression. La confiance entre les
services techniques et les volaillers est de ce fait inexistante. Ce qui entraine une sous-
estimation des effectifs présents et vendus, une multiplication des points de vente, et
les revendeurs usent de stratégies diverses pour se soustraire des contrôles (BEBAY,
2006). Le manque de personnel vétérinaire et de véhicule de liaison, accentue les
difficultés de surveillance et de contrôle des marchés de volailles vivantes. C’est ainsi,
que dans des marchés, le contrôle sanitaire n’est pas fait (KALLO, 2007a). Aussi, la
traçabilité des animaux n’est pas fait et des vendeurs ambulants de volailles sont
présents aux abords des marchés et des grands carrefours (ADAMA, 1990 ; BADJE,
2006 ; TRAORE, 2006).

En somme, l’absence des services vétérinaires dans les marchés constitue un


facteur de risque important due à l’absence de contrôle et de surveillance à tous les
niveaux.

40
DEUXIEME PARTIE :

PRATIQUE DES MESURES DE BIOSECURITE DANS


LES MARCHES DE VOLAILLES VIVANTES DANS LE
DISTRICT D’ABIDJAN

41
CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES

1.1. PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE

L’étude a été réalisée dans le district d’Abidjan (figure 11) de septembre à


novembre 2008. Elle a porté sur l’évaluation de la pratique des mesures de biosécurité
dans les marchés de volailles vivantes.

Le district d’Abidjan est une mégalopole moderne composé de dix communes


et trois sous-préfectures. Les sous-préfectures de Songon, d’Anyama et de Bingerville
n’ont été intégrées qu’en 2001 ([Link]

Capitale de la Côte d’Ivoire depuis 1960, il est devenu capitale économique à


partir de 1983 ([Link] Le
district englobe une superficie de 2.078,7 km2 et est situé dans la région des lagunes
qui regroupe également les villes d'Alépé, de Dabou, de Grand-Lahou, de Jacqueville,
de Tiassalé et de Bingerville.

Sur le plan hydro-climatique, il appartient à un climat de type subéquatorial,


chaud et humide, qui comporte une grande et une petite saison des pluies,
respectivement, pendant les mois de mai à juillet et les mois de septembre à novembre,
et deux (02) saisons sèches. Les précipitations y sont abondantes et environnent 2
mètres cubes d'eau par an. La température est quant à elle très peu variable d’une
saison à l’autre. La moyenne annuelle avoisine 26°C avec un minimum de 24,5°C en
Août et un maximum de 28°C entre Janvier et Mars (JACQUES, 1982). Le degré
d'hygrométrie y atteint 80 %. Le couvert végétal est discontinu et est caractérisé par
une forêt ombrophile sur sable tertiaire.

En somme, la zone d’Abidjan est très favorable à l’aviculture à cause de son


climat. D’après ESSOH (2006), elle englobe plus de 80% des exploitations avicoles
modernes du pays. La grande agglomération d’Abidjan représente aussi un marché
potentiel pour les produits avicoles à cause de son grand peuplement. En effet, c’est la
ville la plus peuplée de l'Afrique de l'Ouest francophone avec une population estimée à
4 millions d’habitants en 2006 (COTE D’IVOIRE/ENSEA, 2006) et une densité de 1

42
475 hab/Km2 contre 48 hab/Km2 au taux national ([Link]
[Link]/Accueil/Presentation/Abidjan/[Link]).

Par ailleurs, il constitue le principal débouché des produits avicoles


commercialisés en Côte d’ Ivoire et contient à cet effet 54 marchés de volailles
(KALLO, 2007a). Ces marchés reçoivent des oiseaux venant de plusieurs horizons
même des pays frontaliers par le biais du réseau ferroviaire Abidjan-Ouagadougou.
Les oiseaux arrivent chaque jour dans les marchés et aucune information sur leur état
de santé n’est fournie. Rappelons que la grande épizootie de l’IAHP est apparue dans
le district d’Abidjan dans des marchés de volailles à Marcory et à Treichville
(KALLO, 2007b).

A la lumière de tout ce qui précède, il ressort que les marchés de volailles dans
le district d’Abidjan présentent des risques sanitaires assez élevés d’où la nécessité de
mettre en œuvre les mesures de biosécurité afin de protéger la santé des hommes et des
animaux.

Figure 11 : Présentation de la zone d’étude (carte du District d’Abidjan)

Source : Modifiée de KOUAME et al., 2007

43
1.2. MATERIEL

Les déplacements sur le terrain ont été faits aux moyens de taxis ou d’autobus,
parfois à pied. Au total, 61 marchés de volailles vivantes, de nombreux ménages et les
services vétérinaires ont été interrogés. Cela correspond à 285 questionnaires
administrés. Un ordinateur portable a été aussi utilisé pour la saisie des données.

1.3. METHODES D’ETUDE

L’étude a comporté une recherche documentaire et une enquête de terrain.

1.3.1. Recherche documentaire

Cette enquête documentaire a été réalisée dans les bibliothèques locales aussi
bien à Abidjan qu’à Dakar, mais aussi auprès des services techniques et sur l’internet.
A Abidjan, les bibliothèques de la Direction des Services Vétérinaires et de la
Direction des Productions d’Elevage du MIPARH ont été visitées. A Dakar, celles de
l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecines vétérinaire (EISVM) et de l’Université
Cheickh Anta Diop (UCAD) ont été également visitées. Les documents consultés sont
pour l’essentiel, des thèses, des revues et des livres. Les informations recherchées
portaient essentiellement sur les mots clés de notre thème à savoir la biosécurité, les
marchés de volailles, le district d’Abidjan aussi sur l’aviculture et les circuits de
commercialisation de certains produits avicoles. Nous avons également participé à des
séminaires sur la biosécurité dont les conclusions ont enrichi notre documentation.

Cette enquête documentaire nous a servi dans la rédaction d’une synthèse


bibliographique (généralités) et des supports d’enquêtes.

1.3.2. Enquête de terrain

Elle a consisté à l’élaboration des questionnaires suivie de leurs


administrations sur le terrain.

44
[Link]. Elaboration des questionnaires

Les questionnaires de l’enquête ont été élaborés sur la base des résultats de
l’enquête documentaire et des visites réalisées sur le terrain. Ces visites ont, d’une part
permis d’identifier les différents marchés, et d’autre part aidé à tester les
questionnaires sur le terrain. Pour ce test, deux (02) marchés ont été ciblés dans la
communes de Port-Bouët (les marchés « abattoir I » et « abattoir II »). A l’issue de ce
test des aménagements ont été apportés aux différents questionnaires.

Les questionnaires ont été adressés aux volaillers sur les marchés et aux
consommateurs de volailles. Les questions posées sont ouvertes et suivie d’un
diagnostic formel, cela pour mieux faire ressortir la réalité du terrain.

En plus, un entretien avec les services vétérinaires a été effectué.

— Questionnaire pour les volaillers (annexe III)

Ce questionnaire a été adressé aux trois catégories de volaillers sur les


marchés : les grossistes, les détaillants et les abatteurs de volailles. Il a permis de les
identifier à travers leur statut socio-économique et de prendre connaissance de leurs
pratiques commerciales. Notamment la provenance des oiseaux, leur durée sur les
marchés, les types de spéculations présents, la gestion des oiseaux vivants sur les
marchés, la description des matériels de travail, la gestion des déchets ainsi que
l’hygiène des personnes, du matériel et des lieux de vente. Ce questionnaire nous a
permis aussi de faire la description des marchés.

— Questionnaire pour les consommateurs de volailles

Concernant les consommateurs de viandes de volailles, le questionnaire


d’enquête (annexe IV) a permis dans un premier temps de les identifier à travers leur
âge, sexe, localité, profession. Puis dans un second temps, d’apprécier leur rythme et
moment de consommation, leur préférence (volaille vivante et/ou volaille congelée,
volaille traditionnelle et/ou volaille moderne, etc.), le lieu d’achat, la destination de la
volaille vivante achetée (élevage ou consommation finale), la gestion des déchets issus
de la préparation des carcasses de volailles à la maison.

45
— guide d’entretien auprès des services vétérinaires (annexe V)

Des entretiens avec les services vétérinaires ont été réalisés. Ainsi, la
Direction des Services Vétérinaires (DSV) à travers la Sous Direction de la Santé
Animale (SDSA) et les Services Vétérinaires du District d’Abidjan (SVDA) à travers
la Sous Direction de l’Hygiène Alimentaire (SDHA) ont été rencontrés. L’entretien
s’est déroulé avec chaque responsable des dites structures. Il a porté essentiellement
sur les actions menées en faveur d’une meilleure biosécurité dans les marchés de
volailles, les difficultés qu’ils ont rencontrées et enfin leurs propositions
d’amélioration.

[Link]. Echantillonnage

L’échantillonnage a été fait en fonction des objectifs de l’étude. Les


échantillons ont été mis en place en tenant compte des différents acteurs.

Concernant les consommateurs, les échantillons ont été pris au hasard dans
les 11 communes où l’on rencontre des marchés de volailles. Au total 130 ménages ont
été interrogés.

Quant aux volaillers (grossistes, détaillants, abatteurs), tous les 61 marchés


identifiés ont été enquêtés. L’enquête a eu lieu sous forme de réunion auprès des
responsables des volaillers sur tous les marchés.

Pour ce qui concerne les services vétérinaires, deux (02) fiches d’entretien ont
été introduites auprès des responsables de la SDSA et de la SDHA.

Le nombre d’échantillon par catégories d’acteurs est représenté dans le tableau II.

Tableau II : Nombre d’échantillons suivant les catégories d’acteurs

Acteurs Nombre de fiches d’enquêtes


Volaillers 61
Consommateurs 130
Service vétérinaire 2
Total 193

46
[Link]. Administration des questionnaires

Les questionnaires ont été administrés sur la base de questions posées aux
personnes cibles mais aussi sur la base d’un diagnostic formel.

En effet, sur les marchés, l’enquête s’est déroulée sous forme de réunion avec
les responsables des volaillers (grossistes, détaillants et abatteurs) présents sur les
marchés. Des questions ont été posées et les questionnaires ont été remplis selon les
dires des enquêtés. En suite, tout le marché est visité afin de faire des observations et
des remarques en lieu et place. Ces observations et remarques ont servi à apprécier les
dires des enquêtés.

En ce qui concerne les consommateurs, ils ont été interrogés soit sur les
marchés lors de l’achat de volailles, soit dans les ménages.

L’entretien avec les responsables des services vétérinaires enquêtés a eu lieu


dans leurs différents services.

Le français a été la principale langue utilisée au cours de ces enquêtés mais il a fallu
parfois, dans certains marchés mal organisés, utiliser le Malinké.

1.3.3. Analyse des données

Les données recueillies ont été enregistrées puis analysées à l’aide d’outil
informatique. Les enregistrements ont eu lieu dans le tableur Microsoft Office EXCEL
2003 et les analyses ont été effectuées avec le logiciel SPSS version10.0 (Statistics
Package of Social Science). L’analyse appliquée a été descriptive. Le tableur
Microsoft Office EXCEL 2003 a aussi servi pour la production des tableaux.

47
CHAPITRE II : RESULTATS

2.1. TYPOLOGIES

Les marchés de volailles vivantes et les tueries qui ont été recensés, ont fait
l’objet d’une classification. Cette classification tient compte de plusieurs paramètres
dont la taille, les effectifs de volailles vivantes et de carcasses de volailles, le nombre
d’opérateurs, et les infrastructures et les équipements présents.

2.1.1. Typologie des marchés de volailles vivantes

Cette classification tient compte des effectifs de volailles vivantes et du


nombre de volaillers. Les marchés ont été ainsi classés en quatre (4) types (tableau
III).

– Les marchés de type I

De tailles importantes, les marchés de type I sont inégalement répartis dans le


district d’Abidjan. En effet, cette qualification de type I a été attribuée seulement à
onze (11) marchés de volailles, réparties dans huit (8) communes du district. Les
effectifs de volailles se chiffrent en moyenne à 12181,82 ± 2638,87 oiseaux. La
moyenne des volaillers est pour sa part de 65,36 ± 13,78 personnes. Ces marchés sont
pour la plupart bien organisés.

– Les marchés de type II

Les marchés de type II sont des marchés de taille moyenne. Ils sont retrouvés
dans toutes les communes du district d’Abidjan et sont les plus nombreux (34,42%).
L’effectif moyen de la volaille vendue dans ces marchés est de 3371,43 ± 2121,83
oiseaux. Les commerçants y sont moyennement organisés et sont en moyenne 18,81 ±
12,80 personnes par marché.

– Les marchés de type III

Ces marchés ont presque la même configuration que ceux du type II. La
différence est surtout liée à leur petite taille. Ces marchés sont animés en moyenne par
11,64 ± 4,63 volaillers qui vendent en moyenne 913,64 ± 100,23 oiseaux par jour. Ils
48
représentent 18,03% des marchés présents dans le district d’Abidjan, tout comme les
marchés de type I.

– Les marchés de type IV

Dans ce dernier cas, les marchés sont de très petites tailles avec en moyenne
4,39 ± 2,64 acteurs par marché. L’ensemble des cageots détenus par ces petits
commerçants ne peut contenir en moyen que 346,11 ± 143,00 oiseaux. Ces marchés
représentent 29,50% des marchés de volailles et sont présents dans toutes les
communes.

Tableau III : Typologie des marchés de volailles dans le district d’Abidjan

CRITERES Type I Type II Type III Type IV


(grande (taille (petite (très petite
taille) moyenne) taille) taille)
Nombre de marchés 11 21 11 18
Pourcentage des 18,03% 34,42% 18,03% 29,50%
marchés
Total 134 000 70 800 10 050 6 230
Min. 10 000 1 500 700 80
Effectif Max. 17 000 9 000 1 000 500
volailles
Moy. 12 181,82 3 371,43 913,64 346,11
E.T. 2 638.87 2 121.83 100.23 143.00
Total 719 395 128 79
Min. 53 4 3 1
Nombre Max. 89 56 19 8
volaillers Moy. 65,36 18,81 11,64 4,39
E.T. 13,78 12,80 4,63 2,64

49
2.1.2. Typologie des tueries de volailles vivantes

D’après LE PETIT ROBERT (2001), une tuerie est un abattoir particulier.


Les aires d’abattage de volailles dans les marchés de volailles sont donc des tueries
particulières.

En fonction des types d’infrastructures et d’équipements présents, des effectifs


des abatteurs et des animaux abattus par jour, les tueries ont été classées en quatre (4)
types (tableau IV).

– Les tueries de type I

Celles-ci se distinguent, en première vue, par leurs bonnes conceptions et


constructions. En effet, bien que plus petites et moins équipées qu’un abattoir moderne
de volailles, elles sont circonscrites dans des salles qui ont le sol et les murs plus ou
moins carrelés (figure 12, page 52). En moyenne 393,75 ± 187,01 oiseaux y sont
abattus par jour. Les équipements, dans la majorité, sont constitués par des plumeuses
mécaniques de fabrication artisanale d’une capacité de cinq (05) poulets en moyennes
(figure 13, page 52), des bacs en plastique et en aluminium respectivement pour la
saignée et l’échaudage des animaux (figure 14 et 15, page 52) et une table de découpe
représentée par une paillasse. Tous ces équipements sont faciles à nettoyer et à
désinfecter. Dans tout le district d’Abidjan, seulement cinq (05) tueries de volailles
répondent plus ou moins à ces critères et possèdent en moyenne 3,67 ± 1,87
travailleurs.

– Les tueries de type II

Dans les tueries de type II, la volaille est abattue à ciel ouvert et le lieu
d’abattage est plus ou moins cimenté (figure 16, page 52). Le recensement qui a été
fait au cours de nos enquêtes montre qu’il existe vingt cinq (25) tueries de ce type avec
en moyenne 6,50 ± 4,66 personnes par unités d’abattage. Le niveau de production est
estimé à 158,75 ± 164,25 carcasses de volailles/jour et par tuerie. Le matériel de
travail est très diversifié et de fabrication artisanale.

50
— Les tueries de type III

De nombre plus important, ces tueries ont été retrouvées dans 37 marchés
(60,65%). Mise à part le fait que le lieu d’abattage des oiseaux est sur un sol nu
(figure 17, page 52), ces unités d’abattage ont les mêmes équipements et les mêmes
conditions de préparation des volailles que celles du type II. Néanmoins, dans certains
petits marchés ces tueries passent inaperçues et cela à cause du faible nombre
d’oiseaux abattus par jour et des équipements qui sont très sommaires et facilement
déplaçables.

Tableau IV : Typologie des tueries de volailles dans les marchés

CRITERES Type I Type II Type III

Caractéristiques Salle +/- Air libre Air libre


carrelée sur sol sur sol nu
cimenté
Nombre de tueries 5 25 51
Nombre des Total 32 104 220
abatteurs
Min. 2 1 1
Max. 7 16 30
Moy. 4,00 6,50 6,03
E.T. 1,77 4,66 6,25
Effectif Min. 200 30 10
volailles Max. 800 500 700
abattues/jour
Moy. 393,75 158,75 81,86
E.T. 187,01 164,25 133,66

51
Figure 12 : tuerie de type I au Figure 13 : Plumeuse mécanique au marché
grand marché de Treichville Coofelpalm (Cocody)

2 3

Figure 14 : Bac à échaudage au Figure 15 : Plumeuse(1), bac de


marché Coofelpalm(Cocody) saignée(2), poubelle(3) au marché de
Coofelpalm

Figure 16 : Tuerie de type II au nouveau Figure 17 : Tuerie de type III


marché de Port-Bouët II au marché Gouro

52
2.2. PRATIQUES DES MESURES DE BIOSECURITE

2.2.1. Caractéristiques des marchés de volailles vivantes

Le district d’Abidjan est composé de 13 communes, et seuls les communes du


Plateau et de Songon ne possèdent pas de marché de volailles vivantes. Tous les
marchés de volailles ont au moins une tuerie, petite ou grande. Le recensement qui a
été effectué lors de cette étude donne un total de 61 marchés et 81 tueries de volailles.
Dans ces marchés, des grossistes fournisseurs en volailles, des détaillants, des
abatteurs de volailles et des consommateurs se côtoient chaque jour. Les volaillers sont
en contact permanent avec la volaille. Les visites médicales sont méconnues de tous.
Aussi, sur les marchés, ces acteurs ne sont parfois pas regroupés en un même lieu
(18,0% des cas), ce qui entraîne parfois des déplacements désordonnés d’oiseaux sur
les marchés ; source de dissémination de pathologies aviaires.
En plus de la vente de volaille, les marchés ont généré d’autres petits emplois (la vente
d’œufs, la vente d’aliment industriel et de céréales pour l’alimentation des oiseaux,..).
Ces marchés sont tous des marchés terminaux et sont animés tous les jours.

La plupart des marchés de volailles du district d’Abidjan ont été construits sur
des sites non appropriés, et sont également mal entretenus et très peu aménagés. Ainsi,
comme l’indique le tableau V, 44,3% des marchés dans le district d’Abidjan occupent
un site provisoire, 11,33% situés près d’une décharge et 45,5% non loin des
habitations, ce qui pourrait constituer une source d’insalubrité et de pollution pour les
populations. L’occupation de ces places (marchés) fait néanmoins l’objet d’un accord
avec les services des mairies. Aussi, 49 marchés sont situés dans d’autres marchés plus
grands où sont vendus des denrées diverses (légumes, friperies, viandes etc.).

Des animaux en divagation ont été observés dans 31,1% des marchés. Ces
animaux sont essentiellement des carnivores errants (chien et surtout chat), des ovins
mais souvent des dindons et des canards en liberté.
En plus, des élevages d’animaux existent dans certains marchés. Les animaux élevés
sont des rongeurs (lapins, cobayes), des volailles (pigeons, poulet de chair) et même
des ovins.

53
Il n’existe pas de local pour la conservation des aliments dans les marchés. De
même, il n’existe pas de sanitaires et de vestiaires dans la plupart des marchés.

Tableau V : Situations et pratiques commerciales sur les marchés

PARAMETRES POURCENTAGE(%)
Site provisoire 44,3
Près d’habitation 45,5
Dans un autre marché 80,3
Près d’une décharge 21,3
A proximité d’une route à 67,2
grande circulation
Près d’abattoir 3,33
Enclavé 16,4
Animaux en divagation 31,1
Animaux nuisibles (rongeurs) 100,0
Elevage d’animaux 9,83
Magasin des aliments 0,0
vestiaires 0,0
Visite médicale des volaillers 0,0
Marchés ouverts tous les jours 100,0
Sol nu 78,6

2.2.2. Organisation des volaillers

Les volaillers sont des commerçants de volailles présents dans les marchés.
Nous avons rencontré aussi bien des hommes que des femmes, des nationaux que des
non nationaux (Haoussa du Niger, Mossi du Burkina Faso, Malinké du Mali).

Au cours de cette enquête, 1 323 volaillers ont été recensés dont 132
grossistes, 835 détaillants et 356 abatteurs et/ou plumeurs de volailles, presque tous
analphabètes. Ces acteurs sont en général tant bien que mal regroupés en associations
ou en coopératives. Six (6) organisations professionnelles ont été recensées dans 36
marchés (59,0%). Parmi elles, l’Association Nationale des Revendeurs de Volailles de
Côte d’Ivoire (ANAREV-CI) est la plus grande. Elle regroupe plusieurs marchés et est
présente dans toutes les communes. Cependant, dans près de la moitié des marchés, les
volaillers ne sont pas organisés (figure 18).
54
Figure 18 : Répartition des organisations de volaillers en fonction des marchés
ANAREVCI : Association national des revendeurs de volailles de Côte d’Ivoire

COVPOT : Coopérative des vendeurs de poulets de Treichville

COVEPOT : Coopérative des vendeurs de poulets de Treichville

CVVVK : Coopérative des vendeurs de volailles vivantes de Koumassi

CVVVM : Coopérative des vendeurs de volailles vivantes de Marcory

CMVVA : Coopérative des marchands de volailles vivantes d’Abobo

2.2.3. Pratiques commerciales des volaillers et rôle des consommateurs

Les marchés de volailles dans le district d’Abidjan sont des lieux où se


rencontrent chaque jour plusieurs espèces de volailles. Les spéculations sont
représentées par la volaille traditionnelle (poulet, pigeon, pintade, canard,...) et par la
volaille issue des élevages modernes (poulet de chair, coquelet, poule de réforme,..).
Comme l’indique l’annexe VI, la provenance des oiseaux à l’intérieur du pays est
diverse, mais la plus variée est celle des oiseaux issus de l’aviculture traditionnelle.
La région des savanes est le principal lieu de provenance des volailles traditionnelles.
Quant aux volailles modernes, elles sont essentiellement originaire des régions du
Moyen-Comoé (Agnibilékro) et des Lagunes (Abidjan). Certains pays frontaliers à la
Côte d’Ivoire (Burkina Faso et Ghana) exportent de la volaille villageoise vers le
district d’Abidjan.
Les grossistes sont les principaux fournisseurs des marchés en volailles. Leurs
pratiques commerciales peuvent entraîner la dissémination d’agents pathogènes ; car la
majorité d’entre eux effectue plusieurs voyages par jour dans différentes fermes
55
(72,7%) et approvisionnement également plusieurs marchés de volailles dans le même
jour (90,9%) (tableau VI, page 58).
Les détaillants sont propriétaires de stands (cages) de vente d’oiseaux
contenant parfois 50 à 100 poulets. Le cycle de renouvellement des stocks de volailles
a été estimé à 3-4 jours en moyenne pendant les périodes de meilleure vente (week-
end, fins de mois et périodes festives) mais en période de soudure, les oiseaux
pouvaient passer une à deux semaines sur les marchés voire plus. Ce qui entraîne
parfois des déplacements d’oiseaux d’un marché à un autre ou d’une commune à une
autre. Ces déplacements peuvent être à l’origine de dissémination d’agents pathogènes.
Les difficultés d’écoulement des stocks de volailles peuvent également expliquer la
présence des marchands ambulants de volailles aux abords de certains marchés
(44,2%). En effet, ces commerçants ambulants sont parfois les employés de certains
détaillants de volailles vivantes. Ceux-ci sillonnent les carrefours des grandes voies de
circulation avec à la main des oiseaux qu’ils proposent aux automobilistes et aux
usagers.
Une fois sur les marchés, les oiseaux sont mis dans les cages et alimentés
jusqu'à leur achat. Dans tous les marchés, les oiseaux de basse-cour et quelques fois les
volailles modernes sont logés directement dans des cages sans litières (100,0%). Ce
qui rend difficile le nettoyage des cages. Dans 26 marchés (42,6%) différentes espèces
aviaires ont été observées dans la même cage (figure 19, page 59). De même, des
oiseaux d’âges différents, surtout des oiseaux de basse-cour, ont été logés ensemble
sur presque tous les marchés (96,7%). Il a été aussi constaté que des volailles ont été
logées à même le sol dans des cages sans plancher dans 44,3% des marchés (figure 20,
page 59).
Les oiseaux villageois sont nourris avec des grains de céréales (mil, maïs)
tandis que les volailles modernes reçoivent de l’aliment industriel. Cependant, les
quantités distribuées sont minimes et la distribution se fait en moyenne deux (02) fois
par jour. Il n’existe pas de local pour la conservation des aliments dans tous les
marchés. L’aliment est donc gardé dans des sacs comme l’indique la figure 21 (page
59).

56
L’eau d’abreuvement des oiseaux, est de mauvaise qualité (couleur verdâtre,
sombre, etc.) dans 36,1% des marchés avec parfois des débris, des morceaux de pierre
et des fientes d’oiseaux dans les abreuvoirs (figure 22, page 59).

Les volailles nouvellement achetées ne sont pas mélangées aux anciennes pour
des problèmes de compte et non de sens. A la tombé de la nuit, les oiseaux reste sur
les lieux et aucun retour d’oiseaux dans les domiciles et dans les fermes n’a été
observé ou signalé.

Tous les marchés de volailles sont fréquentés par des consommateurs. Les
périodes festives sont les moments de grande consommation d’oiseaux chez ces
acteurs (56,2%). Toutes les espèces aviaires commercialisées sont consommées,
principalement la volaille moderne. Les lieux d’achat des volailles sont nombreux
(tableau VI). Cependant, 74,6% des consommateurs enquêtés achètent la volaille dans
les marchés de volailles et 7,7% achètent chez des vendeurs ambulants. Aussi, 70,0%
de ces acteurs préfèrent les volailles vivantes aux carcasses de volailles, importées ou
préparées dans les marchés. Cette préférence a des motivations d’ordre culturel,
religieux surtout sécuritaire (éviter la consommation d’oiseaux morts). En revanche,
des oiseaux vivants sont parfois achetés à des fins de production (22,3%). Ceux-ci
peuvent être des sources de dissémination de germes pathogènes dans les ménages si
ces oiseaux ne sont pas isolés des autres.

Lorsque les consommateurs veulent emporter des ˝produits près à cuir˝, les
oiseaux vivants achetés sont remis aux abatteurs dans les tueries. Dans ces tueries de
volailles, les carcasses d’oiseaux sont préparées dans des conditions d’hygiène
déplorables. En effet dans toutes les tueries, les règles élémentaires d’hygiène sont
inconnues de tous. L’accès à l’eau est limité voire inexistant dans la majorité des cas.
Les outils et équipements des abatteurs sont sommaires (pas de gants, ni de masques,
ni de couvre tête..). L’eau d’échaudage n’est pas renouvelée entre deux lots d’abattage
dans 96,3% des cas ; ce qui peut entraîner des contaminations croisées entre carcasses.
Il n’est pas rare de constater que plusieurs espèces (poulet, pigeon, lapin,..) sont
échaudées ensemble dans le même bac puis préparées sur la même table (figure 23,
page 59). Les oiseaux sont plumés à la main dans 93,8% des tueries, parfois à même le
57
sol (24,3%). Dans 24,7% des tueries, la saignée des volailles est faite au sol et pire
encore aucune carcasse ne fait l’objet d’inspection sanitaire.
Tableau VI : Pratiques commerciale des volaillers et rôle des consommateurs

ACTEURS PARAMETRES POURCENTAGE(%)

Grossistes Ramassage dans plusieurs fermes/jour 72,7

Vente dans plusieurs marchés par jour 90,9

Détaillants Mélange de plusieurs espèces 42,6

Mélange des oiseaux d’âges différents 96,7

Volailles logées à même le sol 44,3

Cage sans litière 100,0

Abreuvement de mauvaise qualité 36,1

Retour d’animaux (domiciles/fermes) 00,0

Quarantaine des nouveaux oiseaux 100,0

Marchands ambulants 44,26


Abatteurs Saignée au sol 24,7
Plumaison à la main 93,8
Plumaison à même le sol 24,3
Renouvèlement de l’eau d’échaudage 3,7
Estampille des carcasses 00,0
Consommateurs Lieu Marché de volailles 74,6
d’achat des Abattoir de volailles 3,1
volailles Marchands ambulants 7,7
Supermarchés/entrepôts 12,3
Fermes/domiciles 2,3
Préférence Volailles vivantes 70,0
Volailles importées 15,4

Abattage sur les marchés 14,6

58
Figure 19 : Poulet et pintade logés dans la Figure 20 : Volailles à même le sol dans
même cage au marché de Mossikro des cages au marché de Sicogi

Figure 21 : Lieu de conservation de l’aliment Figure 22 : Eau d’abreuvement de


des volailles mauvaise qualité au marché Locodrjo

Figure 23 : Préparation de lapin et de volailles au marché Sicogi

59
2.2.4. Mesures d’hygiène dans les marchés et gestion sanitaires des volailles

Dans les marchés, les lieux de vente sont parfois malpropres mais dans la
majorité des cas (63,9%), ils sont plus ou moins salubres et peu polluants. En
revanche, les sites d’abattage sont particulièrement insalubres dans tous les marchés.
Les cages de vente sont parfois nettoyés (balayage) deux fois par semaine (41,7% des
cas) rarement quotidiennement (8,2%), mais jamais désinfectés. Ce nettoyage a
souvent eu lieu après l’épuisement d’un stock de volaille afin de préparer la réception
des nouveaux oiseaux. Les abreuvoirs et les mangeoires ne sont ni nettoyés, ni
désinfectés dans la plupart des marchés. En général, sur les marchés tout le matériel de
vente est vieux et très sale.

Le nettoyage des tueries est quotidien dans la plupart des cas, mais la
désinfection n’est jamais faite. Même dans les tueries de type I, le respect du principe
de séparation des secteurs (secteur sain et secteur souillé) et de la marche en avant
sont inconnus. Les abatteurs sont très sales et des tenues de travail ont été observés que
dans trois (03) tueries, tous de type I. Toutefois, ces tenues sont dans un mauvais état
physique et hygiénique.

Les caisses et les véhicules de transport des oiseaux ne sont pas désinfectés sur
les marchés. Parfois, à l’entrée de certaines grandes fermes (SIPRA, COCO
Service,…), les véhicules sont désinfectés et les caisses en plastique reçoivent des jets
d’eaux chaudes pour être nettoyées.

Des cas de maladie ont été signalés dans 27,9% des marchés. Même si elles
existent, selon les dires des enquêtés, ces maladies ont pour cause la fatigue des
oiseaux pendant le transport des fermes vers les marchés. En réalité, les volailles sont
fréquemment stressées sur les marchés, cela est dû aux nombreuses manipulations des
oiseaux par les commerçants et à la sous alimentation. Ce stress peut entraîner le réveil
des maladies en état de dormance. Mais, selon eux, les volailles malades recevaient
des soins avant d’être vendues. Aucun médicament utilisé à cet effet n’a été observé.
Selon les dires de quelques honnêtes volaillers, les oiseaux malades sont parfois
abattus à des fins de consommation.

60
En résumé, les conditions d’hygiène sur les marchés sont précaires. Même si
quelque fois le nettoyage est tant bien que mal fait, la désinfection n’est jamais réalisée
sur tous les marchés. De plus, aucun programme de nettoyage et de désinfection n’a
été observé sur aucun marché.

2.2.5. Caractéristiques et hygiène du matériel utilisé par les volaillers

Le matériel de travail des volaillers est très diversifié (tableau VII, page 62).

Les cages de vente, dans tous les marchés, sont conçues avec du bois
(100,0%) ; ce qui rend difficile leur désinfection (68,9%). Aussi, les abreuvoirs et les
mangeoires des oiseaux sont de fabrication artisanale et seulement quelques
commerçants utilisent du matériel moderne.

Dans les tueries, le matériel de travail des abatteurs est aussi de fabrication
artisanal dans tous les cas. Toutefois dans les tueries de type I, les équipements sont
plus ou moins acceptables car faciles à désinfecter. Mais au contraire, dans les autres
types de tueries le matériel est généralement malpropre et non conforme. Néanmoins,
dans l’essentiel des tueries (97,56%), le matériel d’abattage est dans un mauvais état
physique et hygiénique ; ce qui rend très difficile leurs désinfections. Les tables de
découpe et les bacs à échaudages sont très difficiles à nettoyer et à désinfecter
respectivement dans 84,0% et dans 74,0% des tueries (tableau VIII, page 63).

En ce qui concerne le matériel et les moyens utilisés pour le transport des


oiseaux, en général les volailles issues d’élevages modernes sont transportés dans des
caisses en plastiques contenant 10 à12 poulets selon les spéculations (figure 24, page
63). Parfois, ces oiseaux sont transportés directement via les coffres de voitures (taxi)
dans 9,1% des cas. Par contre les volailles issues de la basse cour, sont transportées
dans des cageots en bois de divers types et non conforme (figure 25, page 63). Les
moyens de transport sont en général loués auprès de particuliers (97,7%) et ne sont
parfois pas spécialisés dans le transport des oiseaux.

61
Tableau VII : Description du matériel de vente

MATERIELS POURCENTAGE(%)
Cages de Types Bois + grillage/filet 98,4
vente Bois 57,4
Autres type 54,1
Qualité Neuve 26,2
Vieille 96,7
Abreuvoirs Types Boite métallique 93,4
Matériel plastique 52,5
Qualité Moderne 11,5
Artisanale 100,0
MATERIELS Mangeoires Types Bois 88,5
DES VENTES Boite métallique 26,2
Matériel plastique 8,2
Tôle 4,9
Qualité Moderne 4,9
Artisanale 100,0
Cageots de Types Plastique 100,0
transport Bois 21,3
MATERIELS moyens de statut Personnel 3,3
DES transport Location 96,7
TRANSPORT type Camoin 27,3
Camionnette 84,1
Taxi 9,1
Moto 6,1
Plumeuse Présente 6,2
artisanale Absente 93,8
Bac à Présent 100,0
échaudage Absent 0,0
Qualité Fût métal ou 5,0
MATERIELS aluminium
DES TUERIES artisanal 95,0
Bac à Présent 75,3
saignée Absence 24,7
Qualité Fût en plastique 6,5
artisanal 93,5
Table de Présent 100,0
découpe Absent 0,0
Qualité Paillasse ± carrelage 5,0
En bois 95,0

62
Tableau VIII : Nettoyage et désinfection du matériel

MATERIEL NETTOYAGE& POURCENTAGE(%)


DESINFECTION
Cages Facile 1,6
Difficile 29,5
Très difficile 68,9
Abreuvoirs Facile 68,8
Difficile 29,5
Très difficile 1,7
Mangeoires Facile 86,5
Difficile 8,6
Très difficile 4,9
Cageots de Facile 68,0
transport Difficile 10,7
Très difficile 21,3
Bac à Facile 6,5
saigné Difficile 73,7
Très difficile 19,8
Bac à Facile 4,9
échaudage Difficile 21,1
Très difficile 74,0
Table de Facile 5,0
découpe Difficile 11,0
Très difficile 84,0

Figure 24 : Caisses en plastiques dans Figure 25 : Cageots en bois non conforme


un camion (Marché Abattoir I) (Marché Bromakoté)

63
2.2.6. Gestion des déchets animaux provenant des marchés de volailles

Après le nettoyage des cages, la litière souillée est d’abord stockée sur place
puis donnée ou vendue aux horticulteurs dans 37,7% des marchés, parfois jetée dans la
nature (13,1%) ou dans les décharges.
Les cadavres d’oiseaux ne sont ni vendus, ni consommés mais jetés dans des
poubelles (95,1%) selon des volaillers. Cependant, ils sont parfois offerts à des non
musulmans.
L’évacuation des déchets n’est pas systématique dans les tueries, ils sont stockés sur
place (figure 26 et figue 27). Il a été constaté dans certaines tueries (8,53%), des
femmes qui achètent les sous produits (têtes, foies, pattes, intestins,..). Sur la plupart
des marchés, la gestion des déchets est laissée à la main des services chargés de
l’hygiène sur les marchés. Les déchets sont ramassés, presque tous les soirs, puis jetés
dans des poubelles ou des décharges situées non loin des marchés. Ils peuvent y passer
des jours ou des semaines, participant ainsi au dégagement d’odeur nauséabonde que
l’on perçoit aux abords des marchés.

Figure 26 : Tuerie de type III Figure 27 : Tuerie de type I


Stockage des déchets dans des sacs Insalubrité du lieu d’abattage

64
2.3. SYSTEMES D’ENCADREMENT DES VOLAILLERS

Avant l’apparition de l’IAHP dans nos pays, très peu d’importance était
accordé aux marchés de volailles vivantes. De même, le concept de biosécurité dans
les marchés de volailles a été connu en Côte d’Ivoire que dans le cadre de la lutte
contre la Grippe Aviaire (GA). Par ailleurs, les autorités compétentes (MIPARH), à
travers la DSV et le SVDA, ont mené dans le cadre de la lutte contre cette maladie,
plusieurs actions visant à améliorer la biosécurité dans les marchés de volailles surtout
dans le district d’Abidjan.

En effet, après la confirmation de l’épizootie de GA le 03 mai 2006 dans le


district d’Abidjan, les autorités compétentes par le biais de la DSV, ont pris une série
de mesures notamment, l’abattage systématique de la volaille dans les communes de
Treichville et de Marcory ainsi que la fermeture de tous les marchés de volailles. En
plus, une enquête de recensement des marchés a été réalisée du 23 Mai au 05 Avril
2007 suivie de nombreuses séances d’information et de formation de tous les acteurs
dont les volaillers sur l’importance des mesures de biosécurité à mettre en œuvre dans
les marchés. Au cours de ces formations, les volaillers ont aussi été sensibilisés sur
l’importance de leur regroupement en association afin de mieux assurer la gestion des
marchés de volailles.

Les autorités vétérinaires ont également mené une vaste campagne de nettoyage et de
désinfection des marchés de volailles au plan national. Cette campagne de
désinfection, sur le district d’Abidjan, a eu lieu dans 48 marchés de volailles.

D'ailleurs, en vue d’une bonne traçabilité des oiseaux présents sur les marchés, le
SVDA à travers la SHA, a mis à la disposition des responsables des volaillers des
registres.

Le MIPARH, grâce à la FAO, a aussi fait un important don de caisses en plastiques à


l’endroit des volaillers. Ces caisses ont été reparties par la DSV dans les communes du
district.

65
CHAPITRE III : DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS

3.1. DISCUSSION

Elle portera sur la méthodologie utilisée et sur les résultats obtenus.

3.1.1. Discussion de la méthodologie

Le choix du district d’Abidjan pour cette étude a été un choix raisonné. En


effet, la “zone” d’Abidjan abrite à elle seule plus de 80% des exploitations avicoles en
Côte d’Ivoire (ESSOH, 2006). D'ailleurs, le district d’Abidjan est le principal lieu où
débouchent les produits animaux en provenance de tout le pays. Il représente aussi un
marché potentiel pour les productions avicoles à cause de son grand peuplement et du
grand nombre de marchés de volailles qu’il contient. En effet, KALLO (2007a) au
cours de ces travaux a découvert 54 marchés de volailles vivantes dans la seule
agglomération d’Abidjan. Aussi, la mise en œuvre des mesures de biosécurité dans les
marchés du district d’Abidjan se justifie avec l’apparition récente de la grande
épizootie de l’IAHP dans des marchés de volailles, dans les communes de Marcory et
de Treichville.

La méthodologie utilisée au cours de cette étude s’est principalement inspirée


des précédents travaux réalisés par KALLO (2007a et 2007b). Cette approche
méthodologique est basée sur une enquête descriptive au niveau des différents marchés
afin de mettre à évidence les difficultés liées à la mise en œuvre des mesures de
biosécurité et de proposer des solutions à travers des recommandations.

Cependant, dans sa phase pratique, l’étude a connu quelques difficultés


d’ordre mineur due à des problèmes de communications dans certains marchés. Ces
difficultés ont heureusement été surmontées avec l’aide des agents vétérinaires du
district d’Abidjan.

66
3.1.2. Discussion des résultats

Ces travaux nous ont permis de parcourir 61 marchés de volailles vivantes


dans le district d’Abidjan. KALLO (2008a), au cours de ces précédents travaux y
avait découvert 54 marchés. Cette croissance en nombre des marchés du district peut
se justifier par la fin de la période de crise “grippe aviaire”. Mais aussi par le fait que
certains marchés, à cause de leurs très petites tailles, passent inaperçus.

Aussi, la localisation près des habitations (45,5%) de ces marchés pourrait


constituer une source d’insalubrité et de pollution pour les populations. De même, ces
marchés sont en général situés dans d’autres marchés plus grands, où sont vendues des
denrées diverses (80,3%). Cette situation fait que l’accès aux marchés est difficilement
contrôlable car les personnes, les oiseaux et les matériels rentrent et sortent sans
aucun contrôle. Ce qui constitue un facteur de risque important de biosécurité car selon
la FAO (2008c), les marchés de volailles sont une source importante d’infection. Et
les agents pathogènes peuvent y persister et s’accumuler au fil du temps, surtout si
aucun vide sanitaire n’est réalisé. Dans les marchés du district d’Abidjan, les services
vétérinaires, pour minimiser ce risque, ont instaurés la mise en place de deux (02)
vides sanitaires par an (juste après les grandes fêtes de l’année) suivie d’un nettoyage
et d’une désinfection de tous les marchés (COTE D’IVOIRE/MIPARH : DSV,
2008).

La provenance diverse et le grand nombre d’espèces d’oiseaux


commercialisés dans les marchés du district constituent aussi un facteur de risque, et
aussi les oiseaux arrivent sans document sanitaire et ne sont pas inspectés au
débarquement sur les marchés. Selon, M’BARI (2000) cela ce justifie par
l’inorganisation du marché voire la défaillance du circuit de commercialisation des
oiseaux vivants en Côte d’Ivoire. D’où la nécessité de formaliser le circuit de
commercialisation des volailles vivantes par la mise en œuvre d’une bonne traçabilité
(FAO, 2007b).

En plus, des élevages d’animaux (9,83%) et des animaux en divagation ont été
observés (31,1%). Ces animaux errants ont été aussi observés par KALLO (2008a).

67
Ces animaux peuvent être des vecteurs de contamination et de dissémination de
maladies aviaires hors des marchés.

Aux abords de 44,3% des marchés, des marchands ambulants ont été observés.
Ces marchands sillonnent les carrefours des grandes voies de circulation avec à la
main des oiseaux qu’ils proposent aux automobilismes et aux usagers. Cette
observation concorde avec celle faite par ADAMA (1990). Il ajoute que ces vendeurs
ambulants sont parfois employés par les commerçants sur les marchés pour écouler le
surplus d’oiseaux souvent à des prix très bas. BADJE (2007) et TRAORE (2007) ont
aussi confirmés la présence de ces vendeurs ambulants respectivement dans les rues de
Lomé et de Dakar. Ces vendeurs ambulants constituent des facteurs de risque
important de dissémination de maladies aviaires.
Bien que la plupart des responsables aient participés à des ateliers de
formation et d’information sur les mesures de biosécurité, la pratique commerciale de
l’ensemble des volaillers est plus ou moins contraire aux pratiques de biosécurité à
mettre en œuvre dans un marché de volailles. En effet, les mélanges d’espèces aviaires
sont fréquemment rencontrés (42,6%). De même, sur presque tous les marchés
(96,7%) des oiseaux de basse-cour d’âge différents ont été trouvés logés dans la même
cage. En période de soudure les oiseaux peuvent durer plusieurs jours à plusieurs
semaines sur les marchés, ce qui selon ADAMA (1990) peut entraîner parfois des
déplacements d’oiseaux à l’intérieur d’un marché ou d’un marché à un autre. Ces
déplacements d’oiseaux peuvent être source de dissémination d’agents pathogènes.

Aussi, le matériel utilisé par les volaillers est non conforme au principe de
nettoyage et désinfection dans tous les marchés. En effet, les cages de vente sont toutes
en bois (100,0%) et parfois très vielles (54,1%) donc difficiles à désinfecter. Les
mangeoires et abreuvoirs sont de fabrication artisanale dans tous les marchés. Les
caisses de transport de la volaille traditionnelle sont conçues avec des matériaux en
bois et celles utilisées pour le transport des oiseaux exotiques sont en plastique
(97,0%), parfois très vielles et sales (66,7%), et jamais désinfectés. Les véhicules de
transport de la volaille sont pour la plupart loués auprès des particuliers (97,0%). Dans
90.9% des cas, les grossistes approvisionnent plusieurs marchés dans le même jour et

68
ramassent les oiseaux de fermes en fermes (72,7%). Ces pratiques peuvent être source
de dissémination des agents pathogènes aussi bien de marchés en marchés, des
marchés vers les fermes, de fermes en fermes et vice versa. Cela a été confirmé par
BARKOK (2007) au Maroc.

Après le balayage des cages, la litière est donnée ou vendue aux horticulteurs
dans 37,7% des marchés, parfois jetée dans la nature (13,1%). Cette litière, souvent
très riche en agents pathogènes, peut être source de contamination.
Près de la moitié de la volaille commercialisée dans ces marchés est tuée et
éviscérée sur place par les abatteurs de volailles. Les carcasses de volailles, dans ces
tueries, sont préparées dans des conditions d’insalubrité et sont destinées à la
consommation finale sans conservation préalable. Et pire encore, aucune inspection
post mortem n’est faite (estampille des carcasses). Cette observation a été aussi faite
par KALLO (2008a) lors de ces précédentes enquêtes. Il affirme par ailleurs que dans
l’ensemble des tueries, le matériel d’abattage est globalement non conforme car il est
dans un mauvais état physique et hygiénique. Au Togo, BADJE (2007) qualifie ces
aires d’abattage des volailles de “point critique majeur dans les marchés de volaille” à
cause de leur caractère particulièrement insalubre.

Des oiseaux vivants sont également achetés à des fins de consommations et de


productions dans les ménages. Ces oiseaux peuvent être des sources de contamination
pour ceux élevés dans les basse-cours selon la FAO (2008c). BARKOK (2007)
signale aussi que la prédominance du circuit vif (oiseaux vivants) peut être aussi une
source de dissémination des maladies aviaires.

69
3.2. RECOMMANDATIONS

Nos recommandations vont à l’endroit des autorités étatiques et des


organisations des volaillers.

3.2.1. A l’ endroit des autorités étatiques

Nous recommandons des mesures à court et à long terme.

— Mesures à court terme

Il est proposé de :
9 créer un cadre d’élaboration d’un plan de biosécurité, sous forme d’un manuel,
pour les marchés de volailles, tout en impliquant tous les acteurs (volaillers,
autorités locales, services vétérinaires). (Proposition en annexe VII).
Mais au préalable, il est important dans un bref délai de faire une étude socio-
économique afin d’évaluer l’acceptabilité sociale et culturelle des mesures
proposées et le niveau des coûts que peuvent supporter les intéressés ;
9 Mettre en place un programme de suivie et d’évaluation périodique des mesures
mises en place ;(proposition en annexe VIII).
9 Créer un cadre permanent de communication entre les différents acteurs;
9 Renforcer les capacités des services vétérinaires pour la surveillance et le
contrôle sur les marchés ;
9 Réglementer les zones d’abattage et les activités commerciales des volaillers ;
9 Continuer à encourager les volaillers dans leurs élans d’organisation ;
9 Aménager et équiper les marchés de volailles vivantes recensés.
— Mesures à long terme
Nous proposons de :
9 Mettre en œuvre un programme de développement de l’aviculture
traditionnelle ;
9 Construire des abattoirs modernes de volailles ;
9 Construire des marchés adaptés ;
9 Formaliser le circuit de transaction des oiseaux vivants en Côte d’Ivoire.

70
3.2.2. A l’endroit des organisations professionnelles des volaillers

En vue de la mise en œuvre effective des mesures de biosécurité dans les


marchés, il est proposé aux organisations des volaillers de :

9 Doter tous les marchés d’une coopérative ou d’une association des volaillers ;
9 veiller à l’application effective des mesures qui seront proposées ;
9 d’éduquer les volaillers aux changements de comportement, favorable à la mise
en œuvre des mesures de biosécurité.

71
CONCLUSION

72
En Côte d’Ivoire, l’aviculture occupe une place prépondérante dans la
production animale. Elle constitue une importante source de protéines animales et, est
génératrice de revenus pour les populations rurales et urbaines. Le développement de
ce secteur reste, néanmoins tributaire de la mise à niveau du maillon faible de la
filière, à savoir les circuits de commercialisation des produits avicoles.

En effet, le circuit de commercialisation, surtout des oiseaux vivants, est une


source de dissémination des pathologies aviaires tout le long de la filière de production
et de commercialisation. D’ailleurs, l’apparition de l’IAHP dans des marchés de
volailles du district d’Abidjan a permis de mettre à nu les risques liés aux marchés de
volailles et de mieux comprendre la défaillance sanitaire dans le système de
commercialisation de la volaille en Côte d’Ivoire. Ainsi, les marchés de volailles
vivantes, principaux lieux de rassemblement d’oiseaux de toutes espèces et d’origines
diverses, jouent un rôle important dans la persistance et la diffusion des agents
pathogènes. Ces marchés constituent donc un facteur de risque important. Ce qui peut
de ce fait entraver le développement de la filière avicole mais aussi être dangereux
pour la santé des hommes en cas de zoonoses.

La biosécurité est actuellement le moyen le plus efficace et le moins coûteux,


utilisé dans la lutte contre les pathologies aviaires. Elle se résume en un ensemble de
mesures et de pratiques visant à lutter contre l’introduction, le maintien et la
dissémination des germes pathogènes. Sa mise en œuvre dans les marchés de volailles
vivantes est de ce fait nécessaire.

Cette étude qui s’est déroulée de septembre à novembre 2008 dans le district
d’Abidjan, vise à évaluer la pratique des mesures de biosécurité dans les marchés de
volailles vivantes. Les enquêtes se sont déroulées, d’une part auprès des volaillers
dans les marchés et d’autre part auprès des consommateurs et des services vétérinaires.

L’analyse des résultats révèle l’existence de 61 marchés de volailles dans le


district d’Abidjan. Ces marchés sont de différentes tailles et les volaillers sont pour la
plupart des analphabètes, nationaux et non nationaux. Ces acteurs sont plus ou moins
organisés en coopérative ou en association dans la majorité des marchés. Prés de la

73
moitié (44,3%) des marchés sont construits sur des sites provisoires et 45,5% non loin
d’habitations. Des animaux en divagation ont été observés sur 31,1% des marchés,
ainsi que des élevages d’animaux. Des vendeurs ambulants de volailles ont également
été observés aux abords de 44,26% des marchés visités.

Le matériel de travail des volaillers est pour la plupart non conforme car
difficiles à être désinfecté. En effet, les oiseaux de basse-cour sont transportés dans des
cageots en bois et ceux des élevages modernes, dans des caisses en plastiques. Ces
caisses en plastiques sont parfois dans un mauvais état physique et hygiénique. De
même, dans les marchés, les oiseaux sont logés dans des cages en bois. Les abreuvoirs
et les mangeoires sont de fabrication artisanale et ne sont pas désinfectés. Dans les
tueries, les outils et équipements des abatteurs sont sommaires. En effet, les tables de
découpes et les bacs à échaudage sont dans un mauvais état physique et sont également
très difficiles à être désinfectées, respectivement, dans 84,0% et 74,0% des tueries.

Aussi, les pratiques commerciales des volaillers constituent un facteur de


risque de biosécurité. En effet, dans 90,9% des cas, les grossistes approvisionnent
plusieurs marchés de volailles le même jour et visitent plusieurs fermes à la fois. Les
véhicules de transport des oiseaux et d’autres moyens utilisés par ces acteurs ne sont
pas nettoyés et désinfectés.

Sur les marchés, les déplacements d’oiseaux et de matériels sont fréquents. Des
volailles d’âges différents ont été logées dans la même cage dans 96,7% des marchés,
toutes issues de l’aviculture traditionnelle. De même, dans 42,6% des marchés, des
espèces différentes ont été également logées ensembles. Il a été aussi observé, dans
44,3% des marchés, des animaux logés à même le sol dans des cages. Aussi, sur tous
les marchés, les volailles traditionnelles sont mises dans des cages sans litières. L’eau
d’abreuvement des oiseaux, dans 36,1% des cas, est de mauvaise qualité et les oiseaux
reçoivent une très petite quantité d’aliment.

Les tueries particulières de volailles sont présentes sur tous les marchés. Ces aires
d’abattages des volailles sont un point critique majeur dans les marchés à cause de
leurs caractères particulièrement insalubres. Les déchets sont stockés sur place et

74
l’accès à l’eau est limité. Les notions élémentaires d’hygiène ne sont pas connues des
abatteurs. Ces acteurs sont particulièrement exposés aux zoonoses aviaires et les
carcasses d’oiseaux sont préparées dans des conditions d’hygiène inquiétantes.

Il ressort de ces résultats que, malgré les nombreuses séances de


sensibilisation et de formation, les mesures de biosécurité ne sont pas mises en œuvre
dans les marchés de volailles. Des mesures correctives ont été proposées à travers des
recommandations faites à l’endroit des autorités étatiques et des organisations de
volaillers.

Au demeurant, cette présente étude constitue un préliminaire frayant des pistes


pour d’autres perspectives afin d’aboutir à l’élaboration d’un plan de biosécurité
acceptable de tous et applicable à long terme dans les marchés de volailles vivantes.

75
LISTE BIBLIOGRAPHIQUE

76
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78
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80
WEBOGRAPHIE
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Accès internet :[Link]
(Page consultée le 13 /02/2009)

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Accès internet : [Link]
(Page consultée le 18 /12/08)

56. Côte d’Ivoire : amélioration de l’élevage traditionnel de poulet bicyclette[En ligne]


Accès internet :
[Link]
(Page consultée le 05 /05/2009)

57. Côte d’Ivoire: Ministère de l’Economie et des Finances /DGTCP. Fiche Technique de
la Circonscription Financière d’Abidjan[En ligne]
Accès internet : [Link]
(Page consultée le 13 /05/09)

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Accès internet : http : // [Link]
(Page consulté le 21/11/2008)

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Accès internet : [Link]
(Page consultée le 28/06/09)
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Accès internet : [Link]
(Page consultée le 16 /02/08)

61. MALI: Primature, 2008 Les échos du 18 janvier 2008[En ligne]


Accès internet :http:// [Link]/[Link]
(Page consultée le 23/11/2008)

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Accès internet : http: //[Link]
(Page consultée le 07/06/2008)

81
ANNEXES

82
Annexe I : Circuit de distribution de la volaille vivante entre le Burkina Faso et la

Côte d’Ivoire

Burkina Faso Ménages

Collecteurs
primaires
(5 à 10 volailles)

Collecteurs

secondaires
(50 à 100 volailles)

Vendeurs
Ouagadougou (Burkina Faso) (250 à500 volailles)

Gare
(5. 000 volailles/ voyages) ferroviaire

Frontière Burkina Faso/Côte d’Ivoire 25% mortalités

Gare
Abidjan (Côte d’Ivoire) (3. 750 volailles) ferroviaire

Côte d’Ivoire
Consommateurs

Source : Modifiée de GUEYE, 2008

83
Annexe II: Quelques désinfectants usuels

Désinfectant Forme et concentration Temps de pose et


finale précisions d’utilisation
1. Savons et détergents Solide ou liquide 10 10 minutes
minutes
1. Agents oxydants non efficace en présence
2a. Hypochlorure de Liquide concentré (10- de
sodium 12% de matières organiques.
chlore actif), 10-30 Moins
minutes. stable à température
2b. Hypochlorure de tiède
calcium 2-3% de chlore actif (1 ou chaude
:5) Non
efficace en présence de
matières organiques.
Moins
stable à température
2c. Virkon® 2% 10 tiède ou
minutes. chaude. 10 minutes.
Très bon désinfectant. Très bon désinfectant.
Solide ou en poudre ;
2-3% de chlore actif
(poudre :
20 g/l,
solide : 30g/l)
3. Alcalins
3a. Hydroxyde de Pellets 10 minutes. 10 minutes
sodium Ne pas utiliser en
(soude caustique) présence
(NaOH). d’aluminium ni de
2% (20 g/litre) métaux
Poudre dérivés.
4% (40g/litre)
3b. Carbonate de soude cristaux 10 minutes
(Na2CO3. 10 H2O) ou 10% (100g/l) recommandé en présence
anhydre 4%(40 g/litre) de fortes concentrations
Recommandé de
en présence de fortes matières organiques.
concentrations de 30 minutes.
matières
(Na2CO3) Cristaux
84
organiques. 10%(100 g/l)
30 minutes

4. Acides
4a. Acide Chlorhydrique Acide concentré (10 10 minutes corrosif sur
Molaire) 10minutes de
Corrosif sur de nombreux métaux ; à
nombreux métaux ; à utiliser seulement s’il de
utiliser meilleurs désinfectants
seulement s'il à 2% (1 en sont pas disponibles.
:50) de
4b. Acide Citrique meilleurs désinfectants
ne sont 30 minutes
pas disponibles. sans danger pour
désinfecter les vêtements
Poudre 30 minutes 0.2% et
(2 g/l) le corps
Sans danger pour
désinfecter
les vêtements et le corps

5. Formaldéhyde à l'état gazeux 15-24 15-24 heures. Dangereux


heures. ;
Dangereux ; seulement si d’autres
seulement si d'autres méthodes ne peuvent pas
méthodes être employées ; usage
ne peuvent pas être uniquement par du
employées personnel expérimenté.
; usage uniquement par
du
personnel expérimenté

Source : CÔTE D’IVOIRE/CNLCGA, 2006

85
Annexe III: Questionnaires pour les volaillers

FICHE N°……………. DATE :…………/…………../…………….

1. Nom du marché (commune/quartier) :…………………………………………………..


2. Noms et adresse du responsable :……………………………………………………….
3. Niveau de formation :…………………………...............................................................
4. Marché : ouvert fermé
5. Description de l’environnement du marché :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
6. Existe-t-il une coopérative des volaillers? : oui non
7. présence d’une tuerie particulière : oui non
8. présence d’animaux errants : oui non
9. Présence de document d’inspection : oui non
10. Certificat médical pour les volaillers : oui non
11. Existe-t-il une ou des tenue (s) de travail: oui non
Si oui, description : ……………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
12. Nombre de volaillers : grossistes détaillants abatteurs
13. nombre de volailles sur le marché
14. Durée de la volaille sur le marché : ………jour(s) ………semaine(s) ………mois
15. Volaillers regroupés en un seul lieu : oui non
16. Existe-t-il des vendeurs ambulants de volaille ? oui non
17. Les espèces vendues :
Espèces pondeuses chairs coquelets Poulets pintades canards dindons Oies pigeons

traditionnels

(Si autres, préciser :……………………………………………………………)

Détaillants

18. Donner vous des reçus aux acheteurs : oui non


19. Volailles de mêmes espèces par cage : oui non
20. Volailles de mêmes âges par cage : oui non
21. Gestion de la volaille sur le marché :
¾ Type d’aliment : aliment industriel céréales autre(s) :………………
¾ Qualité de l’eau : bon acceptable mauvais très mauvais
¾ Fréquence de distribution (eau, aliment) :………………………………………
22. Fait-vous le nettoyage/désinfection des cages entre deux (2) ventes : oui non
23. Mise en quarantaine des nouveaux oiseaux sur le marché : oui non
(Si oui, comment ?:……………………………………………………………………)
24. Description du matériel de vente

86
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
25. Nettoyage/désinfection du matériel de vente : facile difficile impossible
26. Existe-t-il des cas de maladie ? oui non
27. Quelles sont les pathologies rencontrées ?........................................................................
28. Les oiseaux malades sont-ils vendus ? oui non
(Si non comment les gérés vous ?........................................................................)
29. Les cadavres sont : détruits jetés à la poubelle jetés dans la nature
Consommés vendus

Grossistes

30. provenance des oiseaux :………………………………………………………


…………………………………………………………………………………………….…
………………………………………………………………………………………………
31. Description du matériel de transport
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
32. Nettoyage/désinfection du matériel de collecte et transport après chaque collecte ?
oui non

33. Nettoyage/désinfection du matériel de collecte et de transport des oiseaux :


facile difficile très difficile impossible

34. Ramassage dans plusieurs fermes à la fois : oui non


35. Mélange d’oiseaux d’âge différent par cage : oui non
36. Mélange de plusieurs espèces par cage : oui non
37. Combien de volailles collectés vous par jour ?
38. Présence de document d’achat des oiseaux: oui non
39. Présence d’un document de santé des oiseaux : oui non
40. Approvisionnez-vous plusieurs marchés par jour ? oui non
41. Quel(s) est (sont) le(s) marché(s) que vous approvisionnez ?
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
42. Description de l’environnement du marché :

Abatteurs
43. Description du matériel d’abattage :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………….
44. Nettoyage/désinfection du matériel : facile difficile impossible
45. Fréquence du nettoyage/désinfection :
entre 2 carcasses entre 2 lots d’abattage après l’abattage

46. L’eau d’échaudage renouvelé : oui non


87
47. Niveau de propreté de l’eau d’échaudage :
bon acceptable mauvais très mauvais

48. Tuerie isolée du marché : oui non


49. Niveau de salubrité du lieu: bon acceptable mauvais très mauvais
50. Tuerie sous contrôle vétérinaire : oui non
51. Nombre d’animaux abattus/jour
52. Estampille des carcasses : oui non
53. Conservation des carcasses : oui non
54. Destination de la viande : ménagère revendeur magasin autres :…………

Gestion des déchets

55. Les déchets sont ramassés tous les jours par le service d’hygiène : oui non
Si non comment sont-ils gérés ?:…………………………………………………
56. Les fientes sont : détruits jetés à la poubelle jetés dans la nature
(Si autres, précisez :……………………………………………………………………..)
57. Salubrité du lieu de vente : bon acceptable mauvais très mauvais
58. Les cadavres sont : consommés vendus jetés dans la nature autre :
59. Salubrité des lieux : acceptable mauvais très mauvais
60. Que savez-vous de la biosécurité ?...................................................................................
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
61. Formation et conseil sur la biosécurité : oui non
62. Comment verrez-vous un guide de bonne pratique de biosécurité ?................................
…………………………………………………………………………………………...
…………………………………………………………………………………………...

Les observations

…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………

88
Annexe VI : Questionnaire pour les consommateurs de volailles

FICHE N°……………. DATE :………/…………/………….

1. Nom et prénoms :……………………………… contact :…………………………….


2. Sexe : F M âge profession :……………………………………..
3. Localité (commune-quartier) :…………………………………………………………..
4. Consommez-vous la volaille ? : oui non
Si non, pourquoi ? :……………………………………………………………………..
Quelle viande consommez-vous alors ?
bœuf Porc Brousse cabri mouton autres :…………………..

5. Quelles espèces préférez-vous ? poulet de chair pondeuse coquelet


canard pigeon pintade poulet traditionnel autre :………………...

6. A quel (s) prix achetez-vous ? :…………………………………………………………

7. A quelles occasions achetez-vous la volaille ?


fête cérémonie visite amis/parents
consommation quotidienne maquis autre(s) :…………………

8. Nombre consommez par jours……../semaine………./mois……… ou par an………

9. Où achetez-vous la volaille ? :
Marché abattoir de volaille marchands ambulants magasin

Si autres, précisez :……………………………………………………………………...

10. Nom du lieu d’achat :……………………………………………………........................

11. Votre préférence :


volaille vivante volaille déjà plumée volaille congelée

Pourquoi ? :……………………………………………………………………………..

12. Achetez vous aussi pour élever ? : oui non


Si oui, volaille moderne ou traditionnel ? :……………………………………………...
Quelle(s) problème(e) avez-vous rencontré dans votre élevage ? :……………………..
…………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………..
13. Avez-vous déjà achetez de la volaille malade ? : oui non
Si oui, où et pourquoi ? ………………………………………………………………...
………………………………………………………………………………………………
14. Où jetez vous les déchets après la plumaison et éviscération ? :………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
15. Que savez-vous de la biosécurité ? :……………………………………………………
……………………………………………………………………………………………..

89
Annexe V : Guide d’entretien auprès des services vétérinaires

FICHE N°………… DATE :………/……….../…………

1. Nom et prénoms :……………………………………………………………………….


2. Adresse :…………………………………………………………………………………
3. Fonction à la DSV:………………………………………………………………………
4. Que savez vous de la biosécurité :………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………

5. Vos actions en faveur d’une meilleure biosécurité dans les marchés de volaille :……

………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………….

6. Les difficultés rencontrées :……………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………….

7. Vos recommandations :…………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………

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Annexe VI : Régions de provenances de la volaille vendue sur les marchés du district

d’Abidjan

SAVANES

ZANZAN

VALLEE DU
BANDAMA

MARAHOUE NZI COMOE

LACS MOYEN COMOE

HAUT SANSSADRA

AGNEBY

LAGUNES

DISTRICT
D’ABIDJAN

Régions de provenance de la volaille traditionnelle (secteur 4)

Régions de provenance de la volaille moderne (secteur 2&3)

Zone d’enquête

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Annexe VII : Esquisse pour l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques des mesures
de biosécurité.

I. Mesures destinées aux volaillers

A tous les volaillers (organisation professionnelle)

— Avoir une tenue de travail approprié (couleurs distinctes par catégories) ;


— Faire des visites médicales régulières (au moins une fois par an) ;
— Se laver les mains après chaque manipulation de volailles (fréquemment) ;
— Eviter le contact permanent avec les oiseaux ;
— Lutter contre la divagation des animaux sur les marché ;
— Lutter contre la vente ambulante d’oiseaux vivants ;
— Avoir une seul tuerie par marché : de préférable une tuerie de type I ;
— Avoir tous des badges : adhésion obligatoire à l’organisation professionnelle présente
— Demander la mise en œuvre du programme semestriel de nettoyage/désinfection de
tous les marchés de volailles du district (deux fois par an) ;
Aux grossistes

ƒ Bonnes pratiques : collecte et transport des oiseaux


— Eviter l’achat d’oiseaux malades :
acheter chez des producteurs de confiances ;
exiger un document d’achat ;
— Eviter la collecte de fermes en fermes;
— Eviter d’entrer dans les exploitations avec les cages et les moyens de transport non
désinfectés ;
— Eviter d’entrer dans les poulaillers pour capturer ou soupeser les oiseaux ;
— Utiliser des véhicules spécialisés dans le transport des oiseaux :
Eviter l’utilisation des transports en commun (taxi, car,…)
— Eviter de transporter plusieurs espèces aviaires ensemble ;
— Respecter les interdictions de mouvements des volailles en cas d'apparition de
maladie grave.

ƒ Bonnes pratiques : au niveau des marchés


— Eviter de servir plusieurs marchés à la fois ;
— Nettoyer et désinfecter les caisses et les moyens de transport avant de quitter le
marché ;
— Utiliser des caisses en plastique et/ou en métal (facile à désinfecter) ;
— Eliminer (brûler, enterrer) et remplacer fréquemment les cages en bois de toutes
sortes.

92
Aux détaillants

ƒ Bonnes pratiques commerciales


— Eviter le mélange d’espèces et d’âges différents dans la même cage ;
— Eviter le stress des animaux :
bonne alimentation (qualité, quantité) ;
abreuvement de qualité ;
limiter les manipulations des oiseaux ;
— Utiliser des abreuvoirs et des mangeoires en plastiques et/ou en métal (artisanal ou
moderne) ;
— Limiter les mouvements d’oiseaux entre vendeurs ;
— Eviter les mouvements d’oiseaux entre marchés.

ƒ Mesures sanitaires et d’hygiènes


— Eviter la vente de volailles malades ou mortes ;
— Nettoyer tous les jours les cages des oiseaux ;
— Mettre les oiseaux sur de la litière ;
— Remplacer fréquemment la litière (tous les matins ou 2 fois par semaine selon les
spéculations) ;
— Nettoyage et désinfection quotidien des mangeoires et des abreuvoirs ;
— Remplacer fréquemment le matériel vieillissant ;
— Eliminer en toute sécurité les déchets et les cadavres d’oiseaux (poubelles) ;
— Informer les services vétérinaires en cas de très forte mortalité sur le marché.

Aux abatteurs

ƒ Mesures sanitaires et d’hygiènes


— Avoir des aires d’abattage protégées et contrôlables :
sol cimenté, canalisation pour l’évacuation des déchets et des eaux usées ;
séparation en deux secteurs : secteur souillé (zone d’échaudage-plumaison) ;
secteur sain (zone d’éviscération-emballage) ;

— Avoir un équipement appropriés pour l’abattage (bottes, gangs, cache-tête,...) ;


— Utiliser du matériel en plastique et/ou en métal (moderne ou artisanal) ;
— Eviter la saignée d’oiseaux au sol ;
— Eviter la préparation des carcasses à même le sol (plumaison et éviscération) ;
— Eviter l’abattage des oiseaux malades ;
— Avoir accès, en permanence, à une source d’eau potable et (réseau hydrique présent) ;
— Faire l’emballage des carcasses ;
— Nettoyage et désinfection quotidien des lieux et du matériel avant et après le travail ;
— Evacuer les eaux usées via le réseau de canalisation (caniveaux) ;
— Eviter le stockage des déchets sur les lieux d’abattage.

93
II. Mesures destiné aux services vétérinaires.

– Mettre à disposition des volaillers (responsables) des registres de traçabilité tout en


leur expliquant l’importance de son remplissage ;
– Mettre en vigueur les laissez passer sanitaire pour les oiseaux en provenance de
l’extérieur ;
– Faire l’inspection sanitaire des volailles vivantes et des carcasses ;
– Encourager et aider les organisations professionnelles des volaillers ;
– Veiller au nettoyage et désinfection périodique de tous les marchés (deux fois par an)
– Lutter contre la vente ambulante de volailles ;
– Avoir un cadre permanent de communication : information et formation ;
– Faire le suivie et l’évaluation des mesures proposées : audit périodique.

NB : cette liste n’est pas exhaustive. Des éléments peuvent être ajoutés ou retirés selon les
besoins du moment. Il va falloir toujours tenir compte du niveau d’acceptabilité des
destinateurs. C'est-à-dire avoir l’approbation de tous ces acteurs.

94
Annexe VIII: Audit procédural dans un marché de volailles vivantes

(District d’Abidjan)

I. IDENTIFICATION DU MARCHE

Numéro du questionnaire :

Région : Ville : Commune :

Nom du marché : Type:

Responsable des volaillers Noms : Adresse :

Nombre des volaillers Grossistes : Détaillants : Abatteurs :

II. DONNEES SUR LE MARCHE

Données sur les volaillers

Questions note Observations et Mesures correctives


commentaires

Existe-t-il une organisation des volaillers ?

Présence d’une ou des tenues de travail pour


chaque catégories d’acteurs?

Les volaillers ont des certificats médicaux ?

’Les volaillers se lavent fréquemment les


mains après chaque manipulation d’oiseaux
avec du savon ?

Les abatteurs portent des bottes ?

Les abatteurs portent des cache-tête ?

Espèces détenues et effectifs

Repro. Repro. Poulet


Espèces chair pondeuses coquelets pintades pigeons canard dindon
chair ponte africain
effectifs

Les autres espèces sont :……………………………………………………………………………………

NB : cocher les réponses positives

95
III. ANALYSE DE RISQUE FONCTIONNEL ET STRUCTURELLE

1. Infrastructure et matériel de travail

Questions note Observations et Mesures correctives


commentaires

Marché fermé ?

Couverture solide du sol du marché


(cimenté,…) ?

100% ?

ŠCage neuve ? 75% ?

50 %?

½50%

100% ?

ŠAbreuvoirs plastique ou métal ? 75% ?

50 %?

½50%

100% ?

ŠMangeoires plastique ou métal ? 75% ?

50 %?

½50%

Type de tuerie (I, II ou III) ?

Présence de bac à échaudage ?

Présence de bac à saignée?

Présence d’une table de découpe ?

Abatteurs équipés (bottes, gants,.. ?)

Lieux d’abattage cimenté ?

2. mesures sanitaire et d’hygiène

Questions note Observations et Mesures correctives


commentaires

Oiseaux de mêmes espèces par cages ?

96
Oiseaux de mêmes âges par cages ?

Mise en quarantaine ?

Pas de mouvement d’oiseaux sur le marché ?

Alimentation de qualité et en quantité ?

Bonne conservation des aliments ?

Eau d’abreuvement propre ?

Les oiseaux malades consommé ?

ne sont pas :

vendus ?

Les oiseaux malades sont soignés ?

’les cages sont nettoyées chaque jour ?

’Les abreuvoirs et les mangeoires sont


nettoyés et désinfectées tous les jours ?

’Le matériel d’abattage est nettoyé et


désinfecté tous les jours ?

Le lieu de vente est salubre ?

’Le lieu de vente est nettoyé tous les jours?

Le lieu d’abattage est salubre ?

’Le lieu d’abattage est nettoyé tous les jours ?

Pas de saigné d’oiseaux au sol ?

Pas de plumaison d’oiseaux à la main ?

Renouvellement de l’eau d’échaudage ?

Eau potable en permanence dans les tueries ?

Contrôle sanitaire des oiseaux vivants ?

Contrôle sanitaire des carcasses ?

Emballage des carcasses ?

3. gestion des déchets

Questions note Observations et Mesures correctives


commentaires

Fientes et Jetées dans la nature ?

97
litières ne sont Utilisées comme engrais ?
pas
Stockées sur place ?

Sont jetées dans les


poubelles ?

Sont détruites (brulées,..)?

Cadavres Consommés ?
d’oiseaux ne
sont pas Jetés dans la nature ?

Sont jetés dans des


poubelles ?

Sont détruits ?

Les eaux usées sont évacuées via des


canalisations ?

Les plumes et Jetés dans des poubelles ?


les viscères
sont Détruits ?

Ne sont pas stockés sur


place ?

’Toujours préciser le type de produit utilisé pour le nettoyage et la désinfection ainsi que le
mode opératoire (en observation)

NB : les questions font l’objet d’une cotation

Cotation : oui=1 non= 0 Š 100%= 3 75%= 2 50%= 1 moins de 50%= 0

Pour chaque réponse négative, l’auditeur est tenu de consigner les observations faites suivie
de commentaires et de proposer des mesures correctives à appliquer dans ce cas. A la fin de
l’audit, une évaluation des mesures de biosécurité dans le marché est faite, basée sur des
critères d’évaluations, à travers le calcul de la somme des réponses positives.

Critères d’évaluation : Acceptable= ≥80% besoin d’amélioration= 50% ≤X< 80%


inacceptable= <50%

L’amélioration tient compte des mesures correctives. Lorsque les mesures sont inacceptables,
tout le système est mis en cause et les mesures de biosécurité doivent être réappliquées dans
leur ensemble.

Les questions proposées peuvent évoluer selon la situation épidémiologique qui prévaut.

Il faut prévoir un système de recours, mais aussi de sanction en cas de non application des
mesures correctives.

98
Annexe IX : Liste des marchés de volailles vivantes dans le district d’Abidjan

Abobo Adjamé Anyama Attécoubé Bingervill Cocody Koumassi


(10) (7) (1) (3) (1) (7) (3)
Gagnoa Habitat Anyama Attécoub I Bingervill Cdy. centre Esp. ouezin
gare Complexe Locodjro Anono Gd. marché
Gd. marché Gouro Mossikro Cocovico In'challa
Habitat Willi. II plateaux I
Avocatier I Bromakoté II plateaux II
Avocatier II Liberté Coofelpalm
Aboboté Agban Km 9
Grossiste
km18
Akeikoi
BC

Marcory Port-Bouët Treichville Yopougon


(2) (5) (4) (18)
Gd marché Abattoir I Gd marché Toit rouge Gouro I Sideci Bracodi
Sans fil Abattoir II Avenue 21 Nv quartier Gouro II C. militaire Gesco
Gd marché Belleville Selmer PB. II(A) Andokoi Km 17
Adjoufou Avenue2-R9 Wassakara PB. II(N) Koweit Jean paul II
Jean folly Sicogi Libafriqu

Légende :

Gd: grand km: kilomètre willi: Williamsville Cdy: Cocody Esp: espace
C: Camp R9 : rue 9 Nv : nouveau PB. II(A) : Port-Bouët II (Ancien)
PB. II(N) : Port-Bouët II (Nouveau) Attécoub : Attécoubé Libafriqu : libafrique

99
SERMENT DES VETERINAIRES DIPLOMES DE DAKAR

« Fidèlement attaché aux directives de Claude BOURGELAT,


fondateur de l’enseignement vétérinaire dans le monde, je promets et
je jure devant mes maîtres et mes aînés :

™ d’avoir en tous moments et en tous lieux le souci de la dignité


et de l’honneur de la profession vétérinaire ;

™ d’observer en toutes circonstances les principes de correction


et de droiture fixés par le code de déontologie de mon pays ;

™ de prouver par ma conduite, ma conviction, que la fortune


consiste moins dans le bien que l’on a, que dans celui que l’on
peut faire ;

™ de ne point mettre à trop haut prix le savoir que je dois à la


générosité de ma patrie et à la sollicitude de tous ceux qui
m’ont permis de réaliser ma vocation.

Que toute confiance me soit retirée s’il advient que je me


parjure. »

100
LE (LA) CANDIDAT (E)

VU VU

LE DIRECTEUR LE PROFESSEUR RESPONSABLE


DE L’ECOLE INTER-ETATS DE L’ECOLE INTER-ETATS DES
DES SCIENCES ET MEDECINE SCIENCES ET MEDECINE
VETERINAIRES DE DAKAR VETERINAIRES DE DAKAR

VU
LE PRESIDENT
LE DOYEN DU JURY
DE LA FACULTE DE MEDECINE,
DE PHARMACIE ET
D’ONDONTOSTOMATOLOGIE DE
L’UNIVERSITE CHEIKH ANTA

VU ET PERMIS D’IMPRIMER

DADAR, LE

LE RECTEUR, PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE


DE L’UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE
DAKAR

101
PRATIQUE DES MESURES DE BIOSECURITE DANS LES MARCHES
DE VOLAILLES VIVANTES EN CÔTE D’IVOIRE :
CAS DU DISTRICT D’ABIDJAN

RESUME
La présente étude porte sur la pratique des mesures de biosécurité dans
les marchés de volailles vivantes du district d’Abidjan.

Elle vise à évaluer la pratique des mesures de biosécurité dans les marchés de
volailles vivantes, en vu de son amélioration dans le contexte de la lutte contre
les maladies aviaires.
La biosécurité est le moyen, le plus efficace et le moins coûteux,
actuellement utilisé dans la lutte contre les pathologies aviaires. Elle consiste à
un ensemble de mesures et de pratiques mises en œuvre pour lutter contre
l’introduction, le maintien et la dissémination de germes pathogènes.

Les résultats d’enquêtes révèlent que le niveau de biosécurité dans les


marchés de volailles vivantes du district d’Abidjan est globalement faible voire
inexistant dans certains cas. Aussi, les pratiques de biosécurité sont méconnues
des volaillers. Ces marchés constituent donc un facteur de risque important, ce
qui peut entraver le développement de la filière avicole mais aussi être
dangereux pour la santé des hommes en cas de zoonose. Il est de ce fait
nécessaire de les réglementer et d’élaborer un plan de mise en œuvre des
mesures de biosécurité dans ces marchés de volailles vivantes.
Des recommandations sont donc faites à l’endroit des autorités étatiques
et des organisations de volaillers afin de trouver des solutions, acceptables de
tous et applicables à long terme.
Mots clés : Biosécurité – Marché de volailles vivantes – District d’Abidjan
Côte d’Ivoire

Adresse de l’auteur : Essehin Enock Jocelin BOKA


E-mail: enockboka@[Link] 13 BP 2617 Abidjan 13
Tel: (00 225) 03 44 51 79/ 01 02 62 08/ 05 01 04 74

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