REMERCIEMENTS
Je voudrais tout d’abord remercier Monsieur Kheireddine AOUDJANE, mon directeur
de thèse qui est à l’origine de ce travail. Ce fut un plaisir de travailler avec lui et jene
peux qu’admirer sa volonté. Je lui suis infiniment reconnaissant, non seulement
il a accepté de me guider, mais aussi parce qu’il a beaucoup partagé avec moi et m’a
grandement aidé dans tout ce travail. Il a dirigé ma thèse avec beaucoup de patience en
étant toujours très disponible.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au professeur El Hadj KADRI, enseignant à
l’université de Cergy-Pontoise, pour les nombreux conseils qu’il m’a prodigué tout au
long de ce travail.
Que le professeur [Link], enseignant et chercheur à l’USTHB, qui a accepté la
présidence de ce jury de thèse, reçoive l’expression de mon profond respect et je le
remercie pour l’intérêt qu’il a porté à ce travail.
Que le professeur F. KHARCHI, enseignante et chercheur à l’USTHB, trouve ici la
manifestation de ma grande considération. Je lui suis gré de son accord immédiat pour
participer à cette soutenance de thèse.
Que le professeur [Link], enseignant –chercheur à l’ENPA, qui a tout de suite donné
son aval pour faire partie du jury, trouve ici le sentiment de ma parfaite considération.
Que le professeur [Link], enseignant-chercheur à l’Université de Béchar, qui a
montré un grand intérêt pour ce travail et qui n’a pas hésité à s’investir pour participer à
l’examination, soit fortement remercié.
Que Messieurs [Link] et [Link], précédant et nouveau doyen de la faculté
de Génie Civil de l’USTHB, qui ont accepté d’étudier ce travail et de faire part de leurs
remarques, soient gratifiés du plaisir qu’ils me font.
Enfin, je tiens à témoigner ma reconnaissance aux techniciens de laboratoires
[Link] et [Link] pour leur soutien et leur aide dans toutes les
expérimentations qui ont été réalisées.
Je n’oublierai surtout pas de remercier l’ensemble des enseignants et travailleurs de la
Faculté de Génie Civil qui m’ont toujours soutenu et encouragé pour l’aboutissement de
ce projet.
THESE FALEK KAMEL 0
RESUME
Le secteur de la construction devrait s’adapter à l'approche du développement
durable pour répondre à ce qui est devenu une urgence sociale, la préservation de
l'environnement et des ressources naturelles. Le recyclage complet du béton apporte
des réponses à ces questions.
L'objectif de cette étude est d'évaluer les performances d'un béton courant composé à
partir de granulats recyclés. Des essais physiques et mécaniques de caractérisation ont
été effectués sur les agrégats afin de mieux comprendre les effets de l’absorption. Un
programme expérimental pour tester le béton frais a été réalisé en ce qui concerne
l'ouvrabilité et la tribologie pour différentes substitutions d’agrégats recyclés avec un
rapport constant et variable E/L. Des essais de résistance mécanique ont aussi été
effectués. Les résultats montrent clairement une densité plus faible pour ces gravillons
recyclés. Le taux de porosité est important, atteignant jusqu’à 17%, de plus que celui du
gravier naturel. Les tests mécaniques confirment une faible résistance à l'usure. Avec
E/L constant, la diminution de la maniabilité est sensiblement dépendante de la teneur
en pourcentage de recyclé, tandis que la résistance mécanique ne baisse que
légèrement. En termes de tribologie, l'interface de rendement de friction (τ) augmente
avec la quantité de granulatsrecyclés et la constante visqueuse (η) de 100% recyclé
atteint deux fois celle du béton naturel. L’expérienceavec ouvrabilité constante et un
rapport E/L variable provoque une réduction des valeurs de la résistance à la
compression approchant les 25%. Une troisième formulation dosée avec un
superplastifiant, pour une maniabilité et un volume constant de pâte, donne des
résultats comparables à celle de l’élément de référence avec une interface de
rendement équivalente ainsi qu’une constante visqueuse légèrement supérieure.
Une étude a été réalisé sur l’évaluation de la faisabilité d'utiliser des sables de bétons
concassés et des fines comme addition minérale dans les matériaux cimentaires. A
partir des résultats obtenus, il est possible d’apprécier dans quelle mesure ces fines
sont compatibles avec les matrices cimentaires aux états frais et durci.
Mots-clés:Agrégats recyclés; ouvrabilité; résistance à la compression; interface de
friction; constante visqueuse.
THESE FALEK KAMEL 1
ABSTRACT
Recycling aggregates from crushed concrete issued from demolition works in building
and public workssectors are now considered as a solution to complete the deficit
between the production and theconsumption as well as to protect the environment. The
objective of this study is to evaluate theperformance of manufactured concrete using
recycled aggregates. Physical and mechanical tests of characterization were conducted
on recycled aggregates to best understand the absorption effect. An experimental study
program performed on fresh concrete was conducted regarding the workability
andrheology for different substitutions of recycled aggregates by constant and variable
W/C ratio. Mechanical strength tests were also performed. The test results,shownclearly
a low density of recycledaggregates which is reflected in the fresh concrete according
to the substitution by this new aggregates. The ratio of porosity is high and reaches the
value of 17%. The water absorption rate of this recycled gravel is 7% greater than the
natural one. Also, it is noted that mechanical characteristics of this recycled aggregate
are of lower quality than the natural gravel. The decreasing of workability is
significantly dependent on the content of recycled aggregates, where, mechanical
strengths decrease slightly. In terms of rheology, yield interface friction (τ) increases
with the percentage of recycled aggregates and the viscous constant (η) of a fully
recycled concrete, reached twice times of that of normal concrete. In reference to a
plain concrete, the compressive strength of concrete samples with constant workability
and a variable water content decrease by 25%. Another concrete mix was prepared by
introducing a superplasticizer by fixing the same workability state without adding
water. This concrete provided comparable resistance values and rheological
characteristics as for the referentialconcrete.
A study was conducted on the feasibility of using crushed concretes and fines as mineral
addition in cementitious materials. From the results obtained, it is possible to assess to
what extent these fines are compatible with fresh and hardened cementitious matrices.
Keywords:Recycled aggregates; workability; compressive strength; interface friction;
viscous constant.
THESE FALEK KAMEL 2
ملخص
إنه من الواجب على ميدان البناء التأقلم مع متطلبات التنمية المستدامة ،و هذالإلستجابة
للمطالب االجتماعية ،و المحافظة على البيئة والموارد الطبيعية .إن إعادة تدوير
الخرسانة يقدم جوابا على هذه األسئلة و المتطلبات.
إن الهدف من هذا البحث هو تقييم أداء الخرسانة العادية المصنعة بإستعمال مجاميع من
الركام المعاد تدويره.
تم وضع برنامج للقيام بتجارب متعلقة بدراسة كل من الخصائص الفيزيائية و
الميكانيكية للمجاميع لإللمام بتأثير اإلمتصاص ،و كذلك قابلية التشغيل و
اإلحتكاكبالنسبة للخرسانة الطازجة بتعويضات مختلفة من مجاميع الركام و بنسب ثابتة
و مختلفة من المعامل ،W/Lكما دراسة المقاومة الميكانيكية.
بينت التجارب كثافة أضعف بالنسبة لمجاميع الركام المعاد تدويره ،نسبة المسامية تعد
كبيرة جدا ،نظرا ألنها تصل أحيانا إلى أكثر من %17تلك التي تم تحضيرها بالحصى
العادي ،كما أكدت اإلختبارات الميكانيكية ضعف مقاومة اإلرتداء.
عند نسبة ثابتة ،W/Lإنخفاض قابلية التشغيل تعتمد بنسبة كبيرة على نسبة الركام
المعاد تدويره ،بينما المقاومة الميكانيكية ال تنخفض إال بنسبة ضعيفة.
بعبارة اإلحتكاك ،السطح البيني لمردود اإلحتكاك ( )Ʈيتضاعف مع كمية الركام المعاد
التدوير ،و ثابتةاللزاجة ( )Ƞذات نسبة %100من الركام المعاد تدويره تبلغ مرتين
تلك المتعلقة بالخرسانة العادية.
إن قابلية تشغيل ثابتة و نسبة W/Lمتغيرة تتسبب في إنخفاض قيم المقاومة للضغط
بنسبة تقارب .%25
تحصلنا مع خلطة ثالثة أضيف لها ملدن فائق ،مع قابلية تشغيل و حجم عجين ثابتين،
نتائج مماثلة للخلطة المعيارية ذات سطح بيني مماثل و ثابتة اللزاجة كبيرة قليال.
أجريت دراسة حول جدوى استخدام الخرسانة المسحوقة والغرامات كإضافة معدنية
في المواد اإلسمنتية .من النتائج التي تم الحصول عليها ،فمن الممكن لتقييم إلى أي مدى
هذه الغرامات متوافقة مع المصفوفات األسمنتية الطازجة والمصلبة.
المفاتيح :ركام معاد التدوير ،قابلية التشغيل ،مقاومة للضغط ،سطح بيني
لمردةداإلحتكاك ،ثابتة اللزاجة.
THESE FALEK KAMEL 3
LISTE DES ABREVIATIONS
ACI American Concrete Institute
ADJ Adjuvant
ASTM American Society for Testing Material
(société américaine pour les essais des
matériaux)
BGN Béton à base de gravillons naturel (et sable
naturel)
Béton à base de gravillons recyclés (et sable
BGR
naturel)
Béton à base de 25% de gravillons recyclés
BGR25
Béton à base de 50% de gravillons
BGR50
recyclésBéton à base de 75% de gravillons
BGR75
recyclésBéton à base de 100% de gravillons
BGR100
recyclés
CCA Cement and Concrete Association of
Australia
CSA Canadian Standards Association
(L’Association canadienne de normalisation)
Dapp Coefficient de diffusion apparent des
chlorures
EC2 Eurocode 2
GBR Granulats de béton recyclé
GN Gravillons Naturels
GR Gravillons recyclés
L2MGC Laboratoire de Mécanique et Matériaux du
Génie Civil
LCPC Laboratoire Central des Ponts et Chaussées
MBE-i Mortier de Béton Equivalent avec le couple
ciment / adjuvant i (A à E)
MEB Microscope Electronique à Balayage
PC Polycarboxylates
PMS Polymélamines sulfonates
PNS Polynaphtalènes sulfonâtes
RAG Réaction Alcali Granulats
SN Sable Naturel
SR Sable Recyclé
UCP Université de Cergy-Pontoise
THESE FALEK KAMEL 4
REPERTOIRE DES NOTATIONS
μ [Pa.s] Viscosité plastique
Ab [%] Coefficient d’absorption d’eau
C [kg/m3] Dosage en ciment
E [GPa] Module d’élasticité
Meau [g] Masse saturée immergé
Ms [g] Masse sèche
Msss [g] Masse saturée en surface sèche
Rc [MPa] Résistance à la compression
T [°C] Températures
Xd [mm] La valeur moyenne des
profondeurs de pénétration
ε [%] Porosité accessible à l’eau
λ [W/m.°C] Conductivité thermique
ρ [kg/m3] Masse volumique du béton frais
ρd [kg/m3] Masse volumique du béton durci
τ [Pa] Contrainte de cisaillement
τ0 [Pa] Seuil de cisaillement
[1/s] Taux de cisaillement
THESE FALEK KAMEL 5
TABLE des MATIERES
INTRODUCTION GENERALE…………………………………………...….......12
CHAPITRE I : Etude bibliographiques……………………………………………. 16
I.1. Historique……………………………………………………………………...17
I.2. Influence des granulats sur les propriétés du béton………………………... 21
I.3. Les granulats recyclés…………………………………………………………24
I.3.1 Introduction……………………………………………………………….24
I.3.2 Elaboration des granulats recyclés…………………………………….…25
I .[Link] méthode de raffinage des granulats……………………..…… 26
I .[Link] méthode de remplacement de granulats…………………....... 27
I.3.4. Les caractéristiques des granulats recyclés………………………………28
. I.3.4.A. Propriétés des granulats recyclés………………………………... 29
I.3.4.B. Propriétés physiques……………………………………………. 30
I.3.5. Problématique des bétons avec granulats recyclés……………………….33
I.3.6. Granulométrie…………………………………………………………….35
I.3.7. Forme des particules et texture…………………………………………...37
I.3.8. Densité et masse volumique……………………………………………...38
I.3.9. Porosité et absorption d'eau ……………………………………………...39
I.4. Conclusion……………………………………………………………………….42
[Link] et Avenir…………………………………………………… .41
I .5. Le ciment………………………………………………………………………..42
I .5.1. Les différents types de ciments………………………………….…… .43
I .6. Les adjuvants………………………………………………………………… ...45
I .6.1. Superplastifiants à base de polycarboxylates……………………………45
I.6.2. Méthodes d’action des superplastifiants…………………………………46
I.6.3. Compatibilité ciment/adjuvant…………………………………………...46
I.7. Comportement rhéologique du béton frais……………………………………... .47
I.7.1. Maniabilité……………………………………………………………… .48
I.7.2. Teneur en air…………………………………………………………….. 49
I.8. Rhéologie……………………………………………………………………… .49
I.8.1 Introduction sur la rhéologie des bétons………………………………… .51
I.8.2. Comportement rhéologique du béton frais…………………………….... 52
I.8.3. Les essais rhéologiques existants………………………………………. .53
I.8.4. Facteurs influençant la rhéologie du béton frais………………………..... 55
I.8.4.A. Facteurs liés à la composition du béton…………………………. 55
I.8.4.B. Influence du temps……………………………………………… 56
I.9. Paramètres influents sur la rhéologie du béton à l’état frais…………………… 59
I.9.1. Influence de la composition des bétons………………………………… 59
I.9.2. Les fibres………………………………………………………………… 60
I.9.3. Les additions minérales…………………………………………………. 60
I.9.4. Le malaxage……………………………………………………………... 61
I.9.5. La vibration……………………………………………………………..... 61
I.9.6. Le temps………………………………………………………………….. 62
I.9.7. La température……………………………………………………………..62
THESE FALEK KAMEL 6
I.9.8. Les modèles de calcul des paramètres rhéologiques des bétons…………. 62
I.9.9. Problèmes de « Pompabilité »……………………………………………63
I.9.10. Essais pour estimer la pompabilité des bétons frais……………………..66
I.9.11. Les problèmes liés à l’utilisation d’un rhéomètre à béton…………….... 68
I.10. Rappels des modèles rhéologiques des bétons frais………………………….. 69
I.10.1. Propriétés des bétons à base de granulats recyclés à l’état durci……….. 70
I.10.2. Porosité et son effet sur la perméabilité……………………………… .71
I.10.3. Propriétés mécaniques…………………………………………………. .71
I.10.4 Effet de la formulation sur les bétons à base de granulats recyclés……... 73
I.10.5. Effet de l’âge du béton parent sur la résistance………………………… .74
I.10.6. Effet de la porosité des bétons à base de gravillons recyclés…………… 74
CHAPITRE II: Matériaux, matériels et programme expérimental………………….. 75
II - 1. Matériaux……………………………………………………………………... 76
II.1.1. Sable naturel (SN) et sable recyclé (SR)…………………………………76
II.1.2. Graviers naturels (GN) et recyclés (GR)……………..………………...…76
II.2. Propriétés des granulats………………………………………………………. .77
II.2.1. Eau de gâchage………………………………………………………….78
II.2.2. Ciment……………………………………………………………………78
II.2.3. Les adjuvants…………………………………………………………….79
II.3. Matériels et tests pour les bétons…………………………………………………79
II.3.1. Le malaxeur………………………………………………………………79
II.3.2. Procédure de fabrication du béton………………………………………..80
II.3.3 Essais d’affaissement……………………………………………………...80
II.3.4 Cristallographie aux rayons X………………………………………..... ...82
II.3.5. Essais de rhéologie et de tribologie………………………………………83
II.3.6. Principe de fonctionnement du tribomètre……………………………….85
II.3.7. Les parties principales du tribomètre…………………………………….85
II.4. Caractéristiques des matériaux……………………………………………...….86
II.4.1. Détermination des mases volumiques en vrac (graviers)………………...87
II.4.2. Détermination des mases volumiques apparentes………………………..90
II.4.3. Détermination des mases volumiques absolues (réelles)………………...90
II.4.4. Détermination des porosités……………………………………………...95
II.5. Absorption des granulats……………………………… …………………..97
II.6. Essai de gangage……………………………………………………………...100
II.7. Coefficient d’aplatissement…………………………………………………..101
II.8. DRX « Diffractométrie de rayons X »……………………………………….103
II.9. Analyse granulométrique……………………………………………………..105
II.9.1. Méthode de DREUX GORISSE………………………………… ……....105
II.10. Essais Mécaniques…………………………………………………………..115
II.10.1. Essai de MICRO DEVAL (NF P 18.572)………………………… .115
II.10.2. Essai de LOS-ANGELES (NF P 18.572)……………………………. 117
II.11. Expérimentation…………………………………………………………….121
II.11.1. Essais avec teneur en eau variable et 0,7% d’adjuvant……… …..122
II.11.2. Valeur de l’affaissement pour chaque type de béton………………….122
THESE FALEK KAMEL 7
[Link] des résistances du béton obtenues en compression……………127
II.12. Résultats des essais de traction par fendage………………………..............129
[Link] du dosage en adjuvant………………………………...................131
II.13.1 Essai en compression simple…………………………………………...132
II.13.2. Essais avec adjuvant- traction par fendage…………………………....132
II.13.3 Détermination du rapport E /C………………………………...............135
II.14. Les Fines Recyclées…………………………………………………...........139
II.14.1. Essais sur le béton frais………………………………………........... ..139
II.14.2. Essais rhéologiques et tribomètre……………………………………...139
II.14.3. Valeur des affaissements……………………………………………....141
II.14.4. Contraintes de compression…………………………………………... 142
II.14.5. Essai de traction par fendage………………………………………… .143
II.15. Essais sur mortier…………………………………………………………... 146
II.15.1. Résultats obtenus au maniabilimètre…………………………………..147
II.15.2. Contraintes de compression à 7 jours………………………………….147
II.15.3. Contraintes de compression à 28 jours………………………………...149
II.15.4. Résultats des essais de traction par flexion simple…………............... .154
II.16. Conclusion sur l’utilisation de fines recyclées……………………………...154
CHAPITRE III: Influence des granulats recyclés sur les propriétés mécaniques….156
III. Résultats et discussions………………………………………………………… .157
III.1. Propriétés des granulats……………………………………………………..157
III.1.1. Absorption et Porosité…………………………………………………157
III.1.2. Mortier Adhérant………………………………………………………159
III.1.3. Abrasion………………………………………………………………..159
III.1.4 Conclusion……………………………………………………………...160
III.2. Résultats expérimentaux…………………………………………………….160
III.2.1. Résistance en compression…………………………………………… .162
CHAPITRE IV: Influence des granulats recyclés sur les propriétés Rhéologique….164
IV. Rhéologie et Tribologie………………………………………………………….. 167
IV.1 Protocoles d’essai…………………………………………………………… 168
IV.2 Résultats………………………………………………………… …………..173
IV.3. Bétons à base de fines recyclés en substitution du ciment………………… 173
IV.4. Rhéologie…………………………………………………………………... 176
CHAPITRE V:Conclusion générale
Conclusion générale et perspectives………………………………………… … ….179
REFERENCES………………………………………………………………………187
ANNEXES…………………………………………………………………………. .201
THESE FALEK KAMEL 8
LISTE DES FIGURES
Figure I.1 : Système de recyclage du béton en boucle fermée………………………...27
Figure I.2 : La méthode de remplacement de granulats……………………………….28
Figure I.3 : Les bétons de granulats recyclés………………………………………….31
Figure I.4 : Granulométrie des granulats……………………………………………...36
Figure I.5 : Schéma d’une pâte de ciment…………………………………………….44
Figure I.6: Modèles de comportement rhéologique pour les corps fluides……… ...50
Figure I.7 : Représentation graphique du modèle binghamien………………………..52
Figure I.8 : Essai au cône d’Abrams [larefer]…………………………………………54
Figure I.9: Le rhéomètre BTRHEOM et son mode de fonctionnement………...…… 59
Figure I.10 : Schéma du principe de fonctionnement du rhéomètre…………………..61
Figure I.11 : Etudes des propriétés du béton frais…………………………………… .64
Figure I.12 : Résultats de différents auteurs sur la friction……………………………66
Figure I. 13 : Croquis du tribomètre………………………………………………….. 67
Figure II.1 : Photographies des gravillons naturels et recyclés utilisés……………….77
Figure II.2 : Photographie du concassage des éprouvettes…………………………....78
Figure II.3 : Malaxeur…………………………………………………………………80
Figure II.4 : Appareillage et mode opératoire de l’essai au cône d’Abrams………… .81
Figure II.5 : Essai de tribométrie au labo FGC………………………………………..83
Figure II.6: Exemple de diffractogramme de poudre...……………………………… .84
Figure II.7 : Les différents paliers de vitesses imposés au cylindre du Tribomètre…... 84
Figure II.8 : Les éléments essentiels du tribomètre…………………………………... .86
Figure II.9 : Courbe granulométrique Granulats recyclés………………………….... 109
Figure II.10 : Courbe granulométrique granulats naturels……………………………113
Figure II.11 : Courbes granulométriques pour agrégats naturels et recyclés…………115
Figure II.12 : Variation de l’affaissement en fonction du dosage en eau…………... .125
Figure II.13 : Variation de la compression en fonction du dosage en eau …………. .129
Figure II.14: Variation de la résistance en traction en fonction du dosage en eau…. .130
Figure II.15 : Variation de la compression en fonction du dosage en adjuvant…….. 133
Figure II.16 : Variation de la traction en fonction du dosage en adjuvant……….…..135
Figure II.17 : Variation de l’affaissement en fonction du rapport E/C……………... 137
Figure II.18 : Dispositif de Tribométrie…………………………………………… 140
Figure II.19: Valeurs de l’affaissement en fonction du pourcentage de fines………. 141
Figure II.20: Variation de la résistance en compression en fonction de la substitution
de quantité de ciment par des fines………………………………………………….. 143
Figure II.21 : Dispositif pour la réalisation d’un essai de traction par fendage…….. 144
Figure II.22 : Valeurs de la traction en fonction du pourcentage de fines………….. 145
Figure II.23 : Maniabilimètre………………………………………………………...147
Figure II.24 : Appareil de compression……………………………………………... 148
Figure II.25 : Variation de la contrainte moyenne de compression à 7 jours en
Fonction du pourcentage de fines…………………………………………………… 149
Figure II.26 : Variation de la contrainte moyenne de compression à 28 jours en fonction
du pourcentage de fines…………………………………………………………….. 150
THESE FALEK KAMEL 9
Figure II.27 : Appareil de traction par flexion………………………………………. 151
Figure II.28 : Variation de le contrainte moyenne de traction en fonction du pourcentage
de fines à 7 jours……………………………………………………………………...152
Figure II.29 : Variation de la contrainte moyenne de traction en fonction du
pourcentage de fines à 28 jours………………………………………………………154
Figure III.1 : Coefficient d'absorption………………………………………………...158
Figure III.2 : Variation de la porosité…………………………………………………158
Figure III.3: Courbes granulométriques pour agrégats naturel et recyclé…………….161
Figure III.4: Résistance à la compression du béton pour les 3 Mixtures……………..164
Figure IV.1 : Modèles de rhéologie des fluides……………………………………….166
Figure IV.2. : Couple en fonction du % de recyclés………………………………….168
Figure IV.3 : Evolution du couple pour 100 % de recyclé……………………………169
Figure IV.4 : Viscosité Plastique pour différent pourcentage d’agrégats recyclés…..170
Figure IV.5 : Cisaillement pour différent pourcentage d’agrégats recyclés………….171
Figure IV.6 : Variation de l’affaissement d’un béton avec substitution de ciment par des
fines recyclées…………………………………………………………………………173
Figure IV.7 : Variation de la résistance en compression à 28jrs d’un béton avec
substitution de ciment par des fines recyclées………………………………………...174
Figure IV.8 : Variation de la résistance en Traction à 28jrs d’un béton avec substitution
de ciment par des fines recyclées……………………………………………………..175
Figure IV.9 : Variation du couple en fonction de la vitesse pour un béton avec
substitution de ciment par des fines recyclées de 5 à 40%...........................................176
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I.1 : Comparaison entre les granulats naturels et les recyclés………………29
Tableau I.2 : Comportement rhéologique des fluides………………………………...50
Tableau I.3 : Classe de consistance des bétons……………………………………….54
Tableau I.4. : Les plages de valeurs des paramètres rhéologiques pour les matériaux
cimentaires…………………………………………………………………………….58
Tableau I.5 : Ordre de grandeur des paramètres rhéologiques………………………..62
Tableau I.6 : Principaux chercheurs ayant travaillé dans le domaine du pompage.......65
Tableau II.1 : Caractéristiques physico- chimiques du ciment………………………..78
Tableau II.2 : Procédure de préparation du béton……………………………………..80
Tableau II.3 : Consistance du béton en fonction de son affaissement…………………81
Tableaux II.4. : Résultats des Masse volumique en vrac (graviers)…………………...87
Tableaux II.5. : Résultats des Masse volumique en vrac (sable naturel et recyclés)…..89
Tableaux II.6. : Résultats des Masses volumique apparentes (graviers naturels et
recyclés)…………………………………………………………………………….…..90
Tableaux II.7 : Résultats des Masses volumique absolues……………………………..94
THESE FALEK KAMEL 10
Tableau II.8 : Composition des différents bétons…………………………………..... 123
Tableau II.9 : Affaissement en fonction du dosage en eau pour les différents bétons. 124
Tableau II.10 : Affaissement en fonction du dosage en eau avec 0.7% d adjuvant…. 124
Tableau II.11 : Composition des différents bétons avec eau variable………………..126
Tableau II.12 : Résistance en compression en fonction de la nature du béton et du
dosage en eau………………………………………………………………………....127
Tableau II.13 : Résistance en compression moyenne en fonction de la nature du béton et
du dosage en eau…………………………………………………………………….. 128
Tableau II.14 : Résistance en traction en fonction de la nature du béton et du dosage en
eau des bétons recyclés………………………………………………………………..130
Tableau II.15 : Composition de ces différents éléments en fonction de la nature du béton
et de la quantité d’adjuvant…………………………………………………………... 132
Tableau II.16 : Résistance en compressionen fonction de la nature du béton et du dosage
en adjuvant………………………………………………………………….... 133
Tableaux II.17 : Résistance à la traction en fonction de la nature du béton et du dosage
en adjuvant…………………………………………………………………………… 134
Tableau II.18 : Affaissement pour E/C=0,526 en fonction du pourcentage
d’adjuvant……………………………………………………………………………. 136
Tableau II.19 : Affaissement en fonction de la nature du béton et E/C variable…….. 136
La résistance en compressionà 28 jours en fonction de la substitution du ciment par des
fines recyclées
Tableau II.20 : Affaissement en fonction du pourcentage de fines. Adj 0 ,7 %........... 145
Tableau II.21 : Variation de la résistance en compression en fonction de la substitution
de quantité de ciment par des fines………………………………………………… 146
Tableau II.22 : Contraintes de traction en fonction du pourcentage de fines………... 148
Tableau II.23 : Contraintes de compression à 7j en fonction du pourcentage de
fines…...........................................................................................................................152
Tableau II.24 : Contraintes de compression à 28j en fonction du pourcentage de
fines…………………………………………………………………………………...153
Tableau II.25 : Contraintes de traction à 7j en fonction du pourcentage de fines….…156
Tableau II.26 : Contraintes de traction à 28j en fonction du pourcentage de fines…...157
Tableau [Link] du mélange1 de béton de référence………………………… .166
Tableau III. 2: Mélange 2 à maniabilité constante avec ajout d’eau………………….167
Tableau III. 3: Mélange 3 à maniabilité constante avec ajout de superplastifiant…….168
Tableau IV.1 : Affaissement d’un béton avec substitution de ciment par des fine
recyclés………………………………………………………………………………..173
Tableau IV.2 :Evolution du couple en fonction de la vitesse de rotation.
d’un béton avec substitution de ciment par des fines recyclées……………………...176
THESE FALEK KAMEL 11
INTRODUCTION GENERALE
THESE FALEK KAMEL 12
1. Contexte
La préservation de l’environnement et ses nombreux enjeux socio-économiques
occupent une grande place dans les défis de ce siècle. L’incessante croissance de la
production entraîne une baisse des niveaux des réserves naturelles de matières
premières et génère une grande quantité de déchets. En plus du problème
environnemental, la gestion de ces débris pose une question plus globale ayant trait au
comportement et au mode de vie de la société et sa réponse passe en particulier par
l’éducation des jeunes enfants afin de faire naître une attitude citoyenne responsable
face à l’accumulation des rebuts et à leur devenir. Concrètement, pour répondre au
problème posé par la diversité et la quantité des détritus, leur valorisation par une
réintroduction dans le circuit normal de production, autrement dit leur recyclage, est une
solution qui est en train d’être adoptée, autant par les pays les plus avancés que par
ceux en voie de développement.
Dans le monde, le béton est le matériau manufacturé le plus consommé et le plus
présent dans le milieu urbain. Ceci est justifié par le faible coût énergétique et donc
économique lié à sa fabrication, de plus ses composants se retrouvent partout à la
surface de notre planète. Dans le même temps, les granulats naturels alluvionnaires
rentrant à hauteur de 70 à 80% en volume dans sa composition représentent désormais
une ressource non renouvelable dont l’accessibilité diminue. Par ailleurs, les restes de
démolition qui s’élèvent à plusieurs millions de tonnes sont transportés de plus en plus
loin pour être enterrés ou, au mieux, récupérés comme substance de remblais à faible
valeur ajoutée dans le domaine du terrassement. L’évolution anticipée des quantités en
fin de vie indique clairement que, lorsque les bâtiments construits massivement dans les
années 50-80 devront être détruits, le béton à réutiliser sera tel qu’il ne pourra pas être
entièrement exploité en sous-couche routière. Les agrégats réintroduits et ceux de
roches massives concassées ont pour point commun d’être constitués de particules dont
la forme ne résulte pas d’une érosion lente comme dans le cas des granulats naturels
alluvionnaires. Ils sont ainsi formés de corpuscules souvent anguleux et présentant une
rugosité de surface importante. L’influence de cette morphologie sur les propriétés
d’empilement des grains et sur le comportement à l’état frais des bétons est
extrêmement forte. Les réserves naturelles sont en perpétuelle baisse et la quantité de
THESE FALEK KAMEL 13
déchets produits est en constante augmentation. Les problèmes liés au milieu, face au
développement considérable et à l’accumulation des résidus, ne peuvent être résolus
sans la mise en place d’une politique de récupération assez sévère.
Cette solution a été adoptée par les pays les plus développés et l’on retrouve notamment
des produits qui ont déjà servi réintroduits dans le circuit.
Par contre c’est loin d’être le cas dans de nombreuses contrées et plus particulièrement
en Algérie où très peu de débris sont réutilisés.
L’enjeu environnemental fondamental dans certaines régions du monde, notamment en
Europe, est peu considéré chez nous et ce n’est que dans quelques villes où les dépôts
sauvages ont tendance à proliférer que l’on commence à s’y intéresser et que l’on
essaie de résoudre ce problème. En fin de vie du matériau, il s’agit de trouver des
solutions moins impactantes sur l’entourage que la mise en décharge.
En effet le secteur de la construction produit de très grosses quantités de détritus et la
réutilisation de ces éléments, en lieu et place des agrégats naturels, permettrait la
préservation de ressources qui sont en voie d’épuisement. De plus, si ces substances
pouvaient être réintroduites localement, les problèmes de transport seraient
considérablement réduits.
Le recyclage et la valorisation des rebuts permettent d’effectuer de grosses économies
d’énergie. Ceci est très important dans les territoires ne disposant que de peu de
richesses naturelles. De plus dans presque toutes les régions, il devient interdit d’ouvrir
de nouvelles carrières.
Les catastrophes naturelles dont les séismes, les inondations et d’autres sinistres
engendrent des quantités de gravats très importantes qui polluent l’environnement. Il est
donc nécessaire d’y remédier. La question a suscité un engouement énorme auprès des
chercheurs qui s’orientent actuellement vers le recyclage. La protection de l’espace et la
gestion des ressources sont devenues un enjeu socio-économique majeur. Sur le long
terme, la méthode de production de granulats réintroduits est du point de vue de la
rentabilité plus intéressante que celle d’agrégats naturels, ceci découle d’une étude
effectuée par Tam en 2008. La valorisation des déchets de démolition a dépassé le stade
d'expérimentation et connaît un développement assez important. A titre d'indication,
l’utilisation des granulats recyclés ne cesse d’augmenter en Europe et la production de
gravillons issus du béton en 2015 avoisinait les 15%.
THESE FALEK KAMEL 14
2. Objectif et intérêt scientifique du sujet.
Le secteur de la construction doit répondre à ce qui est devenu une urgence sociale, la
préservation du milieu et des ressources naturelles. Le recyclage complet du béton
fournit des réponses à ces questions.
Notre étude est articulée autour de cinq (05) chapitres. Le premier présente l’état de
l’art d’un béton, son concept, sa composition (méthodes et pratiques actuelles). Il fera
l’objet d’une revue de la documentation scientifique offrant une présentation générale
concernant celui à base d’agrégats recyclés, sa composition et ses différentes propriétés
mécaniques. Une synthèse sur les avancées dans les domaines rhéologiques et
tribologiques des éléments frais sera effectuée. Elle présente un inventaire
bibliographique détaillé sur leur comportement en particulier, en termes de modèles
d’attitudes d’écoulement et de déformation, de mesures des grandeurs telles que le seuil
de cisaillement, la viscosité, de choix de l’appareillage et de la métrologie (rhéomètre).
La deuxième partie est dédiée à la définition, à la caractérisation des matériaux utilisés
et aux différentes formulations pour l’exécution d’une batterie d’essais adaptés. Elle est
consacrée à la présentation du mode opératoire (description des rhéomètres utilisés), aux
méthodes et protocoles expérimentaux employés pour caractériser les propriétés et les
grandeurs adoptées dans l’étude telle que la rhéologie.
Le chapitre suivant met en exergue les résultats sur l’influence des granulats recyclés
sur les particularités mécaniques d’un béton ordinaire. Le quatrième donne le bilan des
essais liés à la rhéologie de toutes les conceptions envisagées (description et études des
rhéogrammes obtenus). Nous présentons aussi les conclusions d’expériences qui
mettent en évidence les relations entre la démarche tribologique et le dosage en agrégats
réutilisés.
Le cinquième point est relatif à l’exploitation des enseignements et aux conclusions
générales qui clôturent cette thèse en synthétisant les principaux aboutissements de
l’effet de l’utilisation de ces éléments sur les différentes relations entre les résistances
mécaniques et la rhéologie, la compacité et la granularité des bétons. Des perspectives
de recherche sont aussi présentées pour continuer à apporter de nouvelles informations
pertinentes concernant la formulation des liants à base de tels agrégats.
THESE FALEK KAMEL 15
Chapitre I
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
THESE FALEK KAMEL 16
I - 1. Historique
Le secteur de la construction doit s’adapter à l’approche du développement durable
pour répondre à ce qui est devenu une demande sociétale. Il est donc nécessaire
d'aboutir à des diminutions importantes d’émissions de CO2, à la réduction de la
consommation énergétique, à l'utilisation rationnelle des ressources naturelles, à la
valorisation des matériaux de déconstruction. Le recyclage complet des bétons
apportera des réponses à ces questions (IlkerBekirTopçu&Günçan, 1995).
En effet, cette substance est la plus utilisée dans le domaine des travaux publics,
malgré son impact environnemental élevé. Pour la fabriquer, il faut utiliser des
constituants de base, à savoir le sable, les gravillons et le ciment. Ce dernier estobtenu à
partir de calcaire, il nécessite un chauffage à très haute température – de l’ordre de 1450
°C – engendrant d’importantes émissionsde CO2 (dont près de 8% à l’échelle mondiale
sont issues de la fabrication de cet élément). La production d’une tonne de Portland en
génère 930 kg. Sa confection constitue alors une source importante de gaz à effet de
serre. L’extraction des granulats participe au bilan carbone élevé du béton. De plus, les
gisements d’éléments fins, de graviers et de pierres, surtout ceux situés près des grands
centres urbains, risquent de s'épuiser et d'entraîner des frais d'exploitation de plus en
plus élevés. Par ailleurs, chaque année, 3000 millions de tonnes de débris sont produits
en Europe, dont environ 900 par l'industrie de la construction, soit plus de 25% de tous
les détritus créés (Eurostat, 2010). En effet, la destruction de structures détériorées ou
obsolètes génère une énorme quantité de béton « déchets » qui cause de graves
problèmes écologiques et du milieu (Wirquin&Buyle-bodin, 2000).
L’objectif principal est la réutilisation de l'intégralité des matériaux issus de la
démolition, y compris les fines, comme constituants de nouveaux éléments, ainsi que la
possibilité de les utiliser comme matière première pour la production de liants
hydrauliques (pour réaliser le clinker, des ciments composés).
Une des façons de minimiser ce problème est l’utilisation des granulats recyclés
(Evangelista & de Brito, 2007a; Khalaf FM, 2004; Khatib, 2005). Effectivement, leur
incorporation à partir de restes améliore considérablement l’empreinte écologique du
béton. Par conséquent, une grande importance est actuellement accordée aux rebuts et
aux sous-produits pour sa fabrication ainsi que celle du ciment. Il existe à cet effet
THESE FALEK KAMEL 17
diverses recherches qui évaluent une grande variété de détritus dans l’élément, tels que
des pneus (Bravo & de Brito, 2012) ou des résidus provenant de l'extraction de marbre.
Ces derniers représentent plus de 80% de l'ensemble des roches extraites (André, de
Brito, Rosa, & Pedro, 2014). Cependant, ce sont les restes de construction qui ont le
plus grand potentiel de réutilisation. La Commission Européenne les a identifié comme
prioritaires pour le traitement et le recyclage, en raison des grandes quantités produites
et de leur haute capacité de réintroduction comme matière première. Effectivement, bien
que ces déchets aient une composition très hétérogène, la fraction la plus importante
correspond aux matériaux cimentaires.
Bergsdal et al. ont déterminé que cette grandeur (béton, maçonnerie et mortier)
représente 67% des débris en Norvège (Bergsdal, Bohne, &Brattebø, 2007). D’autres
études ont mis en exergue des valeurs comparables et même supérieures en Europe plus
au sud, de l'ordre de 85% en Italie et en Espagne (Costa &Ursella, 2003; Reixach,
Barroso, & Cusco, 2000).
Actuellement, ces substances sont peu valorisées. Ortiz et [Link] que 75% des
détritus produits en Europe ont été sous-évalués. Effectivement, ils sont principalement
stockés ou déversés illégalement sur des sols inoccupés générant ainsi d’autres
problèmes environnementaux, puisqu’ils polluent les zones utilisées. (Ortiz, Pasqualino,
&Castells, 2010). Dans notre pays, le séisme violent de 2003 à Boumerdes a engendré
des quantités phénoménales de débris de béton, de maçonneries, d’aciers, de boiseries
et autres qui ont été entreposés dans des terrains vagues.
La France, en 2011, a utilisé 379 millions de tonnes de granulats dont 19 provenaient
d’éléments recyclés issus de la destruction de structures. Pourtant, la récupération des
résidus n’est pas une idée nouvelle, cette technique a été utilisée après la Seconde
Guerre mondiale en Allemagne (Khalaf FM, 2004). En 2008, une directive
communautaire a établi que les membres de l'Union Européenne devaient prendre les
dispositions nécessaires pour atteindre d'ici 2020 un minimum de 70%, en poids de
réutilisation ou de valorisation de résidus (2008/98/CE, 2008). Ainsi, les Pays-Bas, le
Danemark et l'Allemagne ont déjà atteint un taux de réemploi de 80% (Eurostat, 2010).
L’application de ces solutions écologiques que vise le durcissement des normes peut par
ailleurs s’avérer plus économique ; en effet, avec l’épuisement actuel des carrières, le
coût de production des granulats naturels devient de plus en plus important pour les
THESE FALEK KAMEL 18
entreprises (Cochran, Townsend, Reinhart, &Heck, 2007). Il n’est donc pas surprenant
que depuis quelques années, diverses recherches s’attachent à évaluer l’utilisation des
déchets de construction. Effectivement, ces agrégats issus de divers matériaux tels que
les restes de béton, les sujets en céramique, le verre, les plastiques ont des propriétés
très différentes des éléments « naturels ». Par conséquent, les objets confectionnés avec
ces derniers ont des caractéristiques et des comportements spécifiques à l’état frais
comme durci. Ainsi, les études ont pour but de définir leurs potentiels et leurs limites.
Toutefois, la plupart des explorations menées portent sur l'utilisation d'un seul type de
granulat recyclé (Faleschini et al., 2014a, 2014b; Khanzadi&Behnood, 2009; Lima et
al., 2013; Malešev, Radonjanin, &Marinković, 2010; Marinković, Radonjanin,
Malešev&Ignjatović, 2010; Pellegrino, Cavagnis, Faleschini &Brunelli, 2013;
Pellegrino &Gaddo, 2009; A. Z. I. Pereira & Delpech, 2012; Vázquez, Barra, Aponte,
Jiménez, & Valls, 2014). Les recherches qui évaluent l'utilisation des débris de
démolition de construction issus d'usines sont rares.
La résistance à la compression est l’une des propriétés les plus étudiées. Merlet et al.
l’ont ainsi évalué sur plusieurs formulations avec des agrégats recyclés issus de déchets
de béton. Ils ont utilisé différents pourcentages de substitution (0%, 20%, 50% et 100%)
de la masse totale des grains et divers dosages de ciment (250 kg/m3, 300 kg/m3 et 350
kg/m3). Toutes les analyses ont montré des pertes comprises entre 18% et 39% (Merlet
& Pimienta, 1994). Ces résultats ont été confirmés par de nombreuses autres
observations et seront détaillés dans la partie dédiée aux propriétés des bétons à l’état
durci ( Benabed, Azzouz, Kadri, Kenai, & Belaidi, 2014; Ghosh, 2003; Kosmatka.S.H,
Kerkhoff.B, 2002; Kou, Poon & Chan, 2004; Medina, Zhu, Howind, Sánchez de Rojas
& Frías, 2014; Oliveira, Assis & Wanderley, 2004; Sanchez & Alaejos, 2004; R.V.
Silva, de Brito & Dhir, 2015; Sri Ravindrarajah & Tam, 1984).
En ce qui concerne l'usage des granulats réutilisés issus de détritus, il apparait que le
remplacement des gros agrégats naturels par ces éléments affecte peu les
caractéristiques rhéologiques et mécaniques du nouveau béton. Cependant, aucun
consensus n’existe à propos de la substitution des fines. Le facteur principal mis en
avant par certains chercheurs contre l’utilisation de telles substances, est leur haute
absorption d’eau qui peut donner de mauvaises performances. Néanmoins, des
recherches indiquent que l'usage de ces corps minces peut être viable à un certain taux
THESE FALEK KAMEL 19
et qu’au-delà, les propriétés baissent dans la durabilité (Evangelista & de Brito, 2014) et
dans leurs particularités fonctionnelles. Ces atténuations sont dues aux facteurs
suivants : leur plus faible résistance, leur grand besoin aqueux ainsi que l’augmentation
de la zone fragile. Poon et al. ont étudié la microstructure du béton courant et à haute
performance en utilisant un microscope électronique à balayage (MEB) et ce pour des
éléments qui ont déjà servis (Poon, Shui &Lam, 2004). Une comparaison avec celle de
corps naturels a ensuite été réalisée. Pour les auteurs, la grande porosité de ces
granulats, malgré la quantité d’eau ajoutée initialement lors de la confection, a pu
produire une absorption au début du malaxage. Ce processus a pu causer en
conséquence de grandes Zones de Transition Interfaciale entre l’ancienne pâte du
ciment et le gravier naturel et ainsi qu’entre l’agrégat recyclé et la nouvelle.
Xiao et al ont trouvé que la moyenne du module d'élasticité de la ZTI se situe autour de
70-80% avec la vieille pâte du ciment, celle de la récente est autour du même ordre de
grandeur (J. Xiao, Li, Sun, Lange & Shah, 2013). Barra a remarqué que les bétons à
base de granulats réutilisés ont besoin d’un plus grand contenu en ciment pour atteindre
la tenue en compression d’un élément conçu à partir d’agrégats naturels. Pour une
formulation avec des résistances de 45 MPa et 57,5 MPa, des augmentations de 7,2% et
17,3% étaient nécessaires (Barra, 1996). Etxeberria et [Link] obtenu une perte de 20% à
25% à 28 jours pour un remplacement total des gravillons par des éléments réintroduits.
Evangelista et de Brito ont analysé la résistance à la compression de plusieurs mélanges
réalisés à partir d’agrégats recyclés fins. Des valeurs semblables à celles du corps de
référence (60 MPa) ont été trouvées. Ces résultats se justifient d’après les auteurs par la
présence de ciment non-hydraté et une bonne adhérence entre la pâte et ce granulat
(Evangelista & de Brito, 2007b). Pereira et al ont évalué l'influence des superplastifiants
(SP), trois familles de béton ont été étudiées (sans SP, avec un SP réducteur d’eau et
avec un SP haut réducteur d’eau) à différents pourcentages de substitution de graviers
naturels par des recyclés (0%, 10%, 30%, 50% et 100%). Un affaissement constant a été
maintenu pour toutes ces formulations. Ils ont ainsi obtenu une augmentation de la
résistance à la compression du fait de l'incorporation du SP, jusqu'à 34,8% avec SP
réducteur d’eau, jusqu'à 69,5% pour ceux avec SP haut réducteur d’eau (P. Pereira,
Evangelista, & de Brito, 2012). Comme attendu, cette valeur s’est accrue avec l’effet
de la diminution de liquide, ceci étant dû à l’introduction des adjuvants. Les concepteurs
THESE FALEK KAMEL 20
ont néanmoins constaté que le SP avait une plus grande influence pour les bétons à
base de granulats naturels que sur ceux de réutilisés fins. La perte d'efficacité de ces
éléments a été justifiée par l'incorporation des agrégats réintégrés provoquant alors une
augmentation de la surface spécifique. Par ailleurs, une recherche parallèle à cette
dernière s’intéressant à l'influence des SP sur ceux à base de gravillons réutilisés
grossiers ayant déjà servis, a été réalisée par Pereira et al., les mêmes conclusions ont
été obtenues (P. Pereira et al. 2012).
Ces différents travaux ont permis de conclure que dans la production, l'utilisation des
granulats issus de déchets de démolition de bâtiment a un effet positif sur
l'environnement. En effet, l’emploi de ces agrégats permet de réduire la quantité de
détritus qui seront réutilisés pour la fabrication de nouveaux bétons.
Afin de mieux étudier ces questions basées sur l’usage de tels éléments, ce premier
chapitre s’attachera à rappeler les propriétés physiques de ces substances. Les
problématiques liées aux matériaux à l’état frais et durci seront également citées afin de
conclure sur les objectifs globaux.
[Link] des granulats sur les propriétés du béton.
Les propriétés de base des granulats grossiers et fins, en plus de nombreux autres
facteurs, déterminent la qualité du béton. La plupart des roches et des pierres peuvent
être utilisées comme agrégats pourvu qu’elles soient solides, durables et résistantes aux
variations de volume.
Le besoin croissant en matériaux de construction provoque un épuisement des
ressources naturelles.
Ainsi, l'introduction d'éléments recyclés dans la production et de matériaux cimentaires
est un moyen de répondre aux besoins, tout en préservant l'environnement dans une
approche durable. Pour élargir leur utilisation, il est nécessaire d'étudier de façon
approfondie non seulement leurs propriétés mécaniques et de durabilité, mais aussi leur
placement dans le coffrage. Des recherches récentes montrent que le comportement du
béton frais avec les granulats naturels dépend de plusieurs paramètres, y compris la
nature du mélange, sa posologie, et leurs dimensions (Wallevik OH, Wallevik 2011,
THESE FALEK KAMEL 21
Benabed B, Azzouz L, Kadri E-H, et al 2011 et Vázquez E, Barra M, Aponte D. 2014 et
Soualhi H, Kadri E-H, Ngo T-T, et al 2015). Ils affectent également les propriétés du durci.
La valorisation des agrégats recyclés nécessite une maîtrise de leurs caractéristiques.
Pepe et al. [5] ont recommandé que les graviers issus des déchets de construction et de
démolition soient adaptés à la production si la procédure appropriée pour garantir la
qualité de tels éléments est maintenue. De Juan et al. ont confirmé que l'élimination des
impuretés de surface et la réduction des hétérogénéités de particules réduisent
considérablement l'écart entre les performances du recyclé (sable et gravier) et
l’ordinaire.
Ceux à base de gravier réutilisé (RG) ont fait l'objet de nombreuses études.
La plupart d'entre elles se concentrent sur l'effet de la quantité d'agrégats utilisés sur la
résistance du béton à un âge précoce et à long terme.
Certains chercheurs ont utilisé des RG introduits avec des pourcentages (de 10 à 100%)
et des tailles différentes de 4 à 32 mm (Silva RV, de Brito J, Dhir RK.2014,
ChakradharaRao M, Bhattacharyya SK, Barai SV.2010, Kou S-C, Poon C-S, Etxeberria 2011 et
Fonseca N, de Brito J, Evangelista L2011). Ils ont observé que le poids unitaire et la
résistance à la compression produits avec le granulat usagé n'ont pas beaucoup varié et
ce jusqu'à 30% de remplacement du gravier naturel (NG), et les bétons RG avec un taux
de 100% ont des valeurs plus faibles. Cela a été expliqué par le mortier attaché qui
affecte négativement les propriétés de l'agrégat pour différentes applications (Gómez-
Soberón JM 2002, et Kou SC, Poon CS 2014) et la porosité a considérablement augmenté
lorsque le gravillon est remplacé (Topçu İB, Şengel S. 2004).
Récemment, Zhao Z, Remond S, Damidot D, et al. 2015, ont conclu que les valeurs
d'affaissement et de résistance à la compression des mortiers ou bétons contenant du
granulat recyclé fin séché sont toujours supérieures à celles réalisées avec du saturé.
Raeis Samiei et al. 2015 ont également étudié les propriétés de ceux contenant du sable
de béton réutilisé et ont observé qu’ils ont toujours de meilleures caractéristiques
mécaniques que ceux de ciment-chaux correspondants, et cela pourrait résulter d'un
effet synergique de l'hydraulicité de la chaux et de la portée du remplissage dû à la
fraction fine de RS dans le mélange, qui conduit à une meilleure densification en
bloquant les pores capillaires.
Dans le cadre du mortier, des auteurs travaillant sur celui contenant du sable de
THESE FALEK KAMEL 22
recyclage ont montré des différences statistiquement significatives pour des taux de
remplacement allant jusqu'à 25%.
Sachant que les propriétésdu béton à l'état frais jouent un rôle capital sur sa maniabilité,
il est important d'améliorer les agrégats réintroduits. Nous avons constaté que l'analyse
n'a pas été d'influence conséquente dans les études précédentes. Il est nécessaire de
considérer leur effet sur les caractéristiques rhéologiques.
Cette recherche a été menée sur des matériaux à base de couple ciment / mélange avec
différents pourcentages de substitution (25, 50, 75 et 100%) du RS ou du RG. En outre,
dans ce travail, on effectue des essais de rhéologie et tribologie pour mieux cerner leur
influence sur les liants courants.
L'utilisation de vieux matériaux dans des projets nouveaux n'est pas un concept récent.
L’emploi des déchets et des débris de démolition remonte à l'époque des Romains, qui
ont souvent réutilisé des pierres des routes pour en réaliser d’autres. L'industrie est
devenue bien établie en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et a
conduit à l’appauvrissement des livraisons de granulats naturels de haute qualité.
Aujourd'hui, la réintroduction de produits de construction est un programme soutenu par
la Commission européenne sur la gestion des détritus. L'Association estime que sur les
200 millions de tonnes produits annuellement, environ 30% de cette quantité est
actuellement réintroduite dans le circuit. Les études dans ce domaine, cependant,
montrent des différences régionales importantes. Quelques adaptations précoces des
pays, comme les Pays-Bas et la Belgique, parviennent à une proportion d’environ 90%,
mais dans d'autres contrées, comme l'Italie et l’Espagne, elle est inférieure à 10%. En
Amérique du Nord, aujourd'hui les rebus représentent environ 25 à 45% du flux de
déchets, selon la région (ACI Committee 318 (ACI 318R-02). Detroit American Concrete
Institute; 2002).
. Aux États-Unis, l’Environnemental Protection Agency a récemment effectué une
recherche sur les résidus, environ 136 millions de tonnes de béton sont générées par les
travaux de réalisation, sans tenir compte de ceux résultant de la route, le pont et la
rénovation des aéroports. Les estimations de l'ARMC sont qu'environ 100 millions de
tonnes provenant de toutes les sources sont recyclées annuellement.
THESE FALEK KAMEL 23
I .[Link] granulats recyclés
I.3.1 Introduction
En Allemagne, après la seconde guerre mondiale, vu l’importance des dégâts
enregistrés et pour pouvoir entamer rapidement la reconstruction, on a pensé, pour la
première fois, à la réutilisation des déchets de démolition. Depuis l’introduction de tels
granulats dans la réalisation de nouvelles structures s’est développée et des recherches
sont toujours en cours pour améliorer la qualité du béton ainsi produit.
La composition des agrégats recyclés qui ne ressemble guère à celle des naturels, est
obtenue essentiellement à partir de deux constituants. En effet, leur composition
générale est la suivante :
Des granulats naturels concassés
De la pâte de ciment hydraté.
Nous allons tout d’abord présenter les différents types les plus disponibles actuellement
et commencer par leur définition.
Un granulat est un ensemble de grains compris entre 0 et 125 mm, destiné notamment à
la confection des mortiers, des bétons, des couches de fondation et de base, de liaison et
de roulement des chaussées, des assises et ballasts de voies ferrées, des remblais.
Il existe trois grandes familles, on peut citer ceux qui ont une origine naturelle,
artificielle ou recyclée :
Les granulats naturels : Ils proviennent de deux sources : les carrières de roches
massives et les gisements alluvionnaires.
Les Granulats Alluvionnaires: la forme a été acquise par érosion. Ce sont surtout
des dépôts trouvés dans des lits de rivière.
Les Granulats de Carrières: ils sont obtenus par abattage et concassage, suivi des
opérations de criblage ou tamisage pour sélectionner des grains à une dimension
précise. Les graviers présentent des caractéristiques qui dépendent d'un grand
nombre de paramètres : origine de la roche, régularité du banc, degré de
broyage…
THESE FALEK KAMEL 24
Les granulats artificiels : dans cette catégorie se rangent ceux provenant de la
transformation thermique de roches, de minerais et de sous-produits industriels.
On peut citer les différents types de laitier, les scories d’aciérie, les schistes
houillers,…
Les granulats recycles : on peut y classer des éléments comme le béton concassé,
le fraisât d'enrobés bitumineux…
a) Les déchets de chantier : ce sont des débris inertes qui ne se décomposent
pas, ne brûlent pas, ne produisent aucune autre réaction physique ou chimique,
ne sont pas biodégradables et ne détériorent pas d'autres matières avec
lesquelles ils entrent en contact d'une manière susceptible d'entraîner une
pollution de l'environnement ou de nuire à la santé humaine.
b) Les débris de démolition : ils englobent tous les matériaux de déconstruction
ou de réhabilitation.
I.3.2 Elaboration des granulats recyclés:
Les propriétés de base des granulats grossiers et fins, en plus de nombreux autres
facteurs, déterminent la qualité du béton. La plupart des roches et des pierres peut être
utilisée comme agrégats pourvu qu’elles soient solides, durables et résistantes aux
variations de volume. Leur aptitude pour la fabrication dépend aussi de leurs formes, de
leurs textures de surface, de leurs densités, de leur taux d’absorption d'eau, de la
présence d’impuretés et des matériaux potentiellement dangereux tels que le limon,
l'argile ou des matières organiques.
Les installations de production de gravillons recyclés sont pratiquement identiques à
celles des naturels, la présence d’impuretés rend le travail plus complexe. L'utilisation
d'un seul broyeur donnera des éléments de plus ou moins bonne qualité. Celui utilisé
n’affecte pas, en dehors de la distribution granulométrique, les propriétés du matériau
comme la densité, la masse volumique, l’absorption. La quantité de particules cubiques
produite est à peu près la même. La distribution donnée par les concasseurs à mâchoires
est plus grossière, mais ils assurent la meilleure répartition pour la production (Le
Rilem). De plus, celui à percussion brise aussi bien les granulats naturels que la gangue
de ciment, mais ne détache pas cette dernière tandis que les premiers, par leur action
THESE FALEK KAMEL 25
d’écrasement et de frottement donneront un pourcentage de pâte de ciment plus grand
(Quebaud). On obtient généralement le meilleur agencement de taille et de forme en
procédant à un premier broiement, suivi d’un second. Cependant, pour des raisons
économiques, on n’en effectue qu’un seul.
Les granulats réintroduits proviennent de différentes sources : démolition de bâtiment,
déchet de brique, débris de maçonnerie, etc. Ils occupent de manière générale environ
75% du volume total du béton ; il est donc essentiel de maintenir une bonne qualité
pendant toute la durée du système de recyclage. Pour cela, il apparait nécessaire de
réaliser une enquête préliminaire avant destruction mais aussi d’utiliser des techniques
de traitements avancées faisant appel à des installations spéciales pour contrôler leur
qualité (Dosho, 2005; Kasai, 2004; Kuroda, Y., Hashida, 2005).
Ces derniers issus de la casse peuvent actuellement être produits selon deux procédés
(Dosho, 2005; Kasai, 2004; Kuroda, Y., Hashida, 2005) :
La méthode de raffinage des granulats
La méthode de remplacement des granulats
I .[Link] méthode de raffinage des granulats.
Le procédé de raffinage des granulats est un système de recyclage du béton de
démolition en boucle fermée dans lequel le ciment collé sur les agrégats est fragilisé par
un traitement thermique à environ 300°C et éliminé de façon sélective par frottement du
matériau concassé. La Figure I.1 montre le schéma de principe (Kuroda, Y., Hashida,
2005).
THESE FALEK KAMEL 26
Figure I.1 : Système de recyclage du béton en boucle fermée
(Kuroda, Y., Hashida, 2005).
I .[Link] méthode de remplacement de granulats
Dans ce procédé de fabrication, le béton issu de la démolition subit un passage dans un
concasseur à mâchoires et les matériaux étrangers tels que les armatures d'acier sont
séparés magnétiquement. Les granulats de taille supérieure à 20 mm traversent une
seconde étape de malaxage avec un broyeur à percussion. Après élimination des
impuretés par la force humaine, les agrégats recyclés, gros et fins, sont séparés sur la
base de leurs tailles et conservés pour la substitution des éléments naturels utilisés dans
le matériau. Les fines recyclées peuvent quant à elles être employées pour la réalisation
de produits préfabriqués. Ainsi, cette méthode ne supprime pas l’ancien mortier mais
elle est beaucoup moins énergivore que la précédente.
La Figure [Link] un schéma du système de recyclage (Dosho, 2005).
THESE FALEK KAMEL 27
Figure I.2 : La méthode de remplacement de granulats
(Dosho, 2005).
I.3.4. Les caractéristiques des granulats recyclés.
Le granulat recyclé est composé d’agrégats naturels entourés partiellement par une pâte
de ciment qui est la cause de la baisse des caractéristiques de ce nouveau produit. La
teneur en mortier est liée au cycle de concassage et dépend de la taille des gravillons.
Son absorption d’eau est fonction de la nature du béton parent, c’est à dire de celui qui
a servi à l’élaboration des grains. Les valeurs obtenues varient entre 3 et 12%, autrement
dit des résultats beaucoup plus importants que ceux des naturels, qui ont des grandeurs
comprises entre 0,5 et 3%. Ceci serait probablement dû à la pâte collée sur le gravier,
qui est très avide d’eau car beaucoup plus poreuse que la pierre.
Par ailleurs, il a été montré que les performances mécaniques évoluent de la même
THESE FALEK KAMEL 28
manière que le pourcentage d’absorption d’eau du granulat recyclé qui est fonction de la
quantité de liant qui lui est attachée.
De plus il semblerait que la taille des gravillons utilisés dans la réalisation du béton a un
effet sur leur hydratation. Si on a affaire à de petits gravillons, leur surface spécifique
totale sera grande et ils seront riches en vieux mortier, ils seront donc plus poreux.
I.3.4.A. Propriétés des granulats recyclés.
Le granulat recyclé est constitué d’éléments naturels recouverts de résidus de pâte de
ciment, de morceaux d’agrégats, ou tout simplement de certaines impuretés. Les
quantités relatives de ces composants affectent leurs propriétés globales. Il est
généralement admis que la première matière a une influence significative sur la
qualité et sur les caractéristiques rhéologiques, physiques, mécaniques et chimiques
de l'ensemble. Elle a également une emprise potentielle sur les caractéristiques du
béton.
Le Tableau I.1 présente une comparaison de certaines de ces grandeurs entre les
granulats naturels et recyclés (Gómez-soberón, 2002).
Tableau I.1 : Comparaison entre les granulats naturels et recyclés.
(Gómez-soberón, 2002)
Propriétés Unités Granulat Naturel Granulat recyclé
Densité spécifique 2,57 - 2,64 2,26 - 2,28
sèche
Absorption d’eau % 0,88 - 1,13 5,83 - 6,81
Porosité totale % 2,70 - 2,82 13,42 - 14,86
Le Tableau I.1 montre que les granulats recyclés ont une densité plus faible tandis que
l’absorption d’eau et la porosité sont largement supérieures, comparés aux naturels. Ces
résultats confirment ce qui a été précédemment annoncé.
THESE FALEK KAMEL 29
I.3.4.B. Propriétés physiques.
Les propriétés physiques des granulats recyclés dépendent généralement de l’ancienne
pâte de ciment qui y demeure collée. Celle-ci est, elle-même, fonction du vieux béton
dont elle est issue ; plus il est performant plus elle l’est. Des éléments aux
caractéristiques différentes existent donc (Hiver, n.d.), plusieurs d’entre eux sont cités
ci-dessous :
- Les bétons dits courants restent les plus utilisés, aussi bien dans le bâtiment qu’en
travaux publics. Ils présentent une masse volumique de l’ordre de 2300 kg/m3 environ.
Ils peuvent être armés ou non.
- Les bétons lourds, dont les masses volumiques peuvent atteindre 6000 kg/m3 servent
entre autres à la protection contre les rayons radioactifs.
- Les bétons de granulats légers (masse volumique entre 800-2000 kg/m3), dont la
résistance peut néanmoins être élevée.
- Les bétons cellulaires peuvent répondre aux problèmes d’isolation dans le bâtiment.
- Les bétons fibrés, plus récents, correspondent à des usages très variés : dallages,
éléments décoratifs, mobilier urbain.
Les bétons auto-plaçant (BAP) sont des corps ultra-fluides qui s’écoulent et se
compactent par le seul effet de la gravité, ils sont capables de remplir en tout point un
coffrage tout en conservant leur homogénéité.
- Les bétons à hautes performances (BHP), apparus à la fin des années 80, sont définis
par la norme NF EN 206-1 bétons (Comité Européen de Normalisation, «La norme NF
EN 206-1,» 2002, n.d.).
THESE FALEK KAMEL 30
5mm
Figure I.3 : Les bétons de granulats recyclés
Dans un béton ordinaire, à base de ciment Portland, 70 à 85% de la masse est constituée
de granulats recyclés. Or, leurs propriétés diffèrent de celles des naturels en termes de
taille, de texture, de porosité, de surface spécifique, etc. Et donc en fonction de leurs
caractéristiques, tant à l’état frais qu’à l’état durci, les éléments confectionnés à partir
de ces derniers, de même que les résultats, seront modifiés.
Par exemple, le mortier accroit la porosité apparente globale de l’agrégat, augmentant
par là sa surface spécifique et impactant directement la maniabilité du béton à l’état frais
(Chakradhara Rao, Bhattacharyya& Barai, 2010; F. Buyle-Bodin, 2002;
Kosmatka.S.H, Kerkhoff.B, 2002).
THESE FALEK KAMEL 31
Quelle que soit leur origine, la capacité d’absorption des granulats réutilisés demeure
élevée. En effet, ils requièrent approximativement 15% d’eau supplémentaire pour un
même affaissement qu’un élément classique. Ceci pourrait être dû à la structure
alvéolaire de la pâte de ciment qui est un matériau poreux, les interstices ont tendance
à capturer l’eau. L’ouvrabilité de l’élément réintroduit frais pourrait être améliorée de
manière importante par un ajout de liquide.
La masse volumique du béton naturel se situe aux environs de 2400kg.m-3, celle des
recyclés est nettement inférieure, elle varie aux alentours de 2100 kg/m3.
Près de la jonction entre les gravillons et la matrice cimentaire, la pâte n’a plus la même
structure, cette région est appelée « zone de transition interfaciale ». Les performances
mécaniques de cette dernière sont nettement améliorées par l’existence de mortier
entourant les agrégats. Il existerait une bonne liaison entre les deux liants mis en
contact, l’ancien et le nouveau.
Il a été prouvé que dans ces endroits se développe la microfissuration du béton et
qu’elle évolue jusqu’à la rupture. Il existe donc une zone interfaciale composée du
granulat et de l’ancien mortier et une autre comportant ces deux éléments entourés par
la nouvelle pâte cimentaire. Ces parties interviennent de manière importante dans les
études relatives à la résistance.
Par ailleurs, la porosité élevée de ce matériau provoque une forte réduction des
propriétés mécaniques, de plus ces dernières sont très différentes de celle du béton
ordinaire. Le vieux liant attaché aux granulats recyclés entraine une grande absorption
d’eau. D'après certaines expériences, ces éléments avec du sable naturel en nécessitent
5 % de plus que le béton conventionnel avec la même ouvrabilité .La maniabilité, par
contre, diminue fortement avec la présence importante de mortier.
Il est très difficile de supprimer ce dernier qui reste collé au granulat et cela représente
une des carences des agrégats obtenus par la démolition. Son taux est variable et est lié,
lors de sa fabrication, à la manière dont est effectué le concassage et il peut altérer la
résistance du béton. Il a été prouvé que la liaison entre la pâte de ciment et l’agrégat est
la région la plus poreuse et donc très importante pour des paramètres tels que la
perméabilité et la durabilité. Le pouvoir absorbant très grand des granulats recyclés
conduit à des difficultés de contrôle du béton frais ce qui peut entrainer une baisse de la
résistance à plus long terme. S’il est peu important, cela peut diminuer de nombreuses
THESE FALEK KAMEL 32
agressions telles que les effets du gel-dégel, l'attaque par les sulfates, l'alcali-réaction.
Un élément réutilisé a plus besoin d’eau qu’un naturel, lorsque tous les matériaux sont
issus du recyclage, la quantité nécessaire est trois fois plus importante.
Dans des conditions moyennes d’agressivité, il est souhaitable d’utiliser un béton à
base de sable naturel et de gravier recyclé.
[Link]ématique des bétons avec granulats recyclés.
Les bétons recyclés sont plus poreux que les naturels, ceci serait lié à la présence du
mortier collé sur les agrégats et cela va en augmentant avec le taux de remplacement des
éléments classiques par ceux issus de la récupération.
La grande porosité de ce type de corps a une grande influence sur le comportement du
matériau et l’on peut noter des modifications non négligeables tant d’un point de vue
physique que mécanique.
Les Résistances Mécaniques
Résistance à la compression du béton recyclé
Il est extrêmement important de noter que, à 28jours, le béton normal présente
clairement une meilleure tenue à la compression. Néanmoins, il a été possible d’en
réaliser de bonne teneur avec de mauvais agrégats.
Plus le rapport granulats recyclés sur naturels augmente, plus celle-ci diminue. Plus
THESE FALEK KAMEL 33
encore que les gravillons, qui selon leur origine peuvent jouer un rôle important, c’est le
rapport eau sur ciment qui a le plus d’influence. Avec, E/C élevé (entre 0,6 et 0,75), un
béton recyclé jusqu’à une proportion de remplacement de 75% et un standard ont à peu
près les mêmes valeurs de résistance. On peut noter la même chose lorsque ce rapport
E/C est supérieur ou égal à 0.55, même au taux de 100%. Ceci pourrait être dû au fait
que lorsqu’il devient important, la qualité de la pâte et de l’interface pâte-granulats ont
une grande influence sur cette valeur.
On pourrait essayer d’expliquer cette baisse pour les raisons suivantes :
l'absorption d'eau importante des granulats recyclés.
la résistance faible des granulats recyclés.
Résistance à la traction et à la flexion du béton recyclé
Des résultats assez dispersés ont été obtenus sur la résistance en traction, mais il est
clair qu’une chute importante est notée par rapport à l’élément standard. Des valeurs
plus faibles, une baisse de l’ordre de 20%, ont été enregistrées pour des matières
composées uniquement avec des agrégats recyclés et pour des essais réalisés à 28 jours,
une perte d’environ 10% a été notée. L’utilisation de nombreux adjuvants permet
d’obtenir une nette amélioration des caractéristiques du béton.
Il a aussi été remarqué, que sur une longue durée, les performances en traction, de
même qu’en compression, sont nettement meilleures que celles d’un naturel.
Pour ce qui est de la flexion, on ne note pas de résultats très significatifs, néanmoins des
baisses de résistance, de l’ordre de 20 à 40%, ont pu être notées par rapport aux
éléments à base de granulats naturels.
Ce serait essentiellement la forte présence de pâte de ciment entourant le gravillon, de
même que sa forme plus ou moins anguleuse qui établirait le niveau de tenue en
flexion.
Module d’élasticité
D’après toutes les études faites sur le module d’élasticité d’un recyclé, il apparait que
sa valeur est de l’ordre de 50 et 70% de celui du naturel. Ceci pourrait être dû à la
porosité importante de la gangue de ciment entourant les granulats. Le taux de pâte dans
les éléments réintroduits varie en fonction de l’origine de ces derniers, c’est-à-dire qu’il
dépend de la formulation de base du béton initial appelé parent dans la littérature (a. K.
Padmini, Ramamurth& Mathews, 2009).
THESE FALEK KAMEL 34
Les particularités de celle-ci sont à l’origine des éventuelles mauvaises propriétés
constatées (Guti, Central& Area, 2004). En fait, leurs caractéristiques physiques
dépendent de sa quantité et de sa qualité présentent sur les agrégats concassés
(Etxeberria, Vázquez, Marí& Barra, 2007a).
Par ailleurs, ces derniers peuvent être contaminés par des sels, des briques, des tuiles, du
sable, de la saleté, du bois, des matières plastiques, du carton, du papier, des métaux,
etc. (Rao, Jha& Misra, 2007).
Néanmoins, les études de Nagataki et al. montrent que les éléments contaminés après la
séparation des autres déchets et après avoir été tamisés, peuvent être utilisés comme des
substituts pour les gros granulats en béton (Nagataki, Gokce, Saeki& Hisada, 2004).
En effet, les agrégats recyclés sont des matériaux composites qui sont formés de grains
naturels concassés partiellement et de pâte de ciment hydraté qui les enrobe (Cles,
2009; Guti et al, 2004; a. K. Padmini et al, 2009).
Par conséquent, pour une bonne utilisation dans la fabrication du béton, les propriétés
de ces derniers doivent être déterminées avec précision.
Des travaux ont montré que la densité de ces granulats recyclés est plus faible ou encore
que leur capacité d’absorption est plus élevée. Celle-ci varie de 3 à 12% quelle que soit
leur taille alors que celle des naturels est d’environ 0,5 à 1% (Gómez-Soberón, 2002;
Katz, 2003; a. K. Padmini et al, 2009; Rao et al, 2007). De plus, leurs propriétés
mécaniques s’avèrent être moins bonnes (Guti et al, 2004). Pour atteindre le même
affaissement, la teneur en eau libre est d'environ 5% plus grande que pour le béton
classique. Les mélanges des éléments ne changent pas, à condition que l’absorption
supplémentaire soit prise en considération lors de la détermination de la teneur en eau.
Enfin, le rapport sable-agrégat du recyclé est le même (Rao et al, 2007).
La qualité des granulats en termes de distribution de taille, d’absorption, etc. doit
également être évaluée avant de les utiliser. Certaines des caractéristiques importantes
sont discutées dans les paragraphes suivants.
THESE FALEK KAMEL 35
I.3.6. Granulométrie.
Comme les graviers naturels, les recyclés sont classés en fonction de leurs tailles : fins
(sables) et grossiers (gravillons). Le mélange obtenu est composé de particules poly-
dispersées de formes différentes. Ces dernières constituent le squelette granulaire et
garantissent la résistance mécanique du béton.
Il est possible d’éviter les discontinuités en insérant des petits grains à l’intérieur des
vides. Ces derniersse trouvent alors entre les plus grands, supprimant ainsi la matrice
poreuse (cf. Figure I.3). La configuration la plus problématique est celle comportant une
distribution majoritairement de même taille ; en effet, une homogénéité des agrégats
provoque une chute des propriétés.
(a) Bien gradué (b) Une taille de granulat(c) Discontinuité granulaire
Figure I.4 : Granulométrie des granulats.
La Figure I.4b montre que les granulats de taille similaire créent une augmentation du
volume des vides entre les particules, qui nécessite par conséquent une plus grande
quantité de pâte de ciment pour remplir complètement l'espace entre les agrégats ?qui
est d’environ 47%. Lorsque la distribution est continue et bien graduée (cf. Figure I.4a)
les plus petits éléments s’insèrent entre les plus grands réduisant ainsi le nombre de
cavités. Il en faudra beaucoup moins pour combler les espaces. Enfin, une répartition
comprenant uniquement deux tailles de gravillons (cf. Figure I.3c) engendre une
discontinuité et donc des effets nocifs pour les caractéristiques du béton.
THESE FALEK KAMEL 36
La distribution des dimensions des particules a une influence directe sur la demande en
eau, également sur la maniabilité et la durabilité. La répartition continue des grains fins
et grossiers produit un béton cohérent, stable et durable avec moins de vides entre les
éléments. L’agencement des petits graviers affecte la quantité d’eau et la pâte de ciment
par mètre cube.
Le contrôle de la qualité du squelette se fait au travers des courbes granulométriques.
Une forme linéaire de celles-ci montre une bonne répartition recommandée par la
norme. Un décalage horizontal ou vertical à l'écart des formes linéaires montre un
manque ou un excès de pourcentage d'une dimension.
I.3.7. Forme des particules et texture.
La forme du granulat est une caractéristique importante qui peut affecter les propriétés
rhéologiques et mécaniques du béton. Effectivement, elle et la texture de la surface des
grains ont une influence sur la résistance puisqu’elles fournissent une zone appropriée
ou non pour la liaison avec la pâte (Mindess, 1981). Il existe alors deux catégories
d’agrégats : souhaitable et moins souhaitable (Standards Association, 1998). Les
premières comprennent les ronds, irréguliers et pointus, alors que les moins désirables
présentent un aspect feuilleté et allongé. Neville indique que les grains cubiques se
rapprochant de la sphére adhèrent beaucoup mieux que les autres, conduisant par
conséquent à un béton plus résistant. Ceux fabriqués à partir de gravillons de forme
étirée ou en lamelles sont moins pratiques et aménent à développer de plus grandes
quantités de poches d'air emprisonnées (A. Neville, 1990).
Celui fabriqué avec des éléments angulaires a des besoins en eau supérieurs à celui
réalisé à partir d’arrondis. Cette demande supplémentaire est en moyenne de 10 litres
par mètre cube de matériau fabriqué (CCA, 2004).
La texture de la surface contribue à la création d'un lien physique entre la pâte de ciment
et les granulats. Elle affecte aussi le rapport Eau/Ciment (E/C), la maniabilité et la
résistance. Elle est classée parmi les caractéristiques suivantes : lisse, granuleuse,
rugueuse, cristalline, et criblée (Standards Association, 1998).
Le broyage issu de la démolition de construction produit des corpuscules avec une
structure rugueuse. Ainsi, en termes de maniabilité, pendant son malaxage et sa mise en
THESE FALEK KAMEL 37
place, le frottement entre particules est plus important dans le béton à base de granulats
recyclés que dans celui de naturels arrondis.
En revanche, ils ont une plus grande surface que les gravillons ronds, et ils offrent une
plus grande aire de contact avec la pâte de ciment (Mamlouk, M.S., Zaniewski, 2006).
Néanmoins, l’ancien liant collé peut générer de petites régions de fragilité au niveau de
l’interface agrégat réutilisé-nouveau mortier.
La forme angulaire des grains augmente le taux de vide et génère une porosité plus
élevée.
Alors, pour produire un matériau bien exploitable, le mélange de béton frais incorporant
des grains réemployés demande plus d'eau et de matière cimentaire (Evangelista & de
Brito, 2010; F. Buyle-Bodin, 2002; Kosmatka.S.H, Kerkhoff.B, 2002; Sri Ravindrarajah
& Tam, 19).
I.3.8. Densité et masse volumique
La densité, en tant que propriété de base utilisée pour le classement des agrégats ou du
béton, est étroitement liée à la composition minérale et à la porosité. Cette dernière
influence indirectement la solidité et le rendement de l’ensemble (CCA, 2004).
Elle dépend aussi de la distribution granulaire. Mindess indique que la valeur maximale
peut être atteinte lorsque le contenu des éléments fins dans l'ensemble est compris entre
35% et 40% (Mindess, 1981).
La densité des gravillons naturels est comprise entre 2100 kg/m3 et 2700 kg/m3.
Ravindrarajah et Hansen rapportent que celle des recyclés est de l'ordre de 2200 kg/m3.
Ainsi, ces derniers ont une masse volumique plus faible et ce, en raison de la teneur en
mortier collé dessus (Hansen, 1986; R. Ravindrarajah & Tam, 1985). C’est un
paramètre essentiel pour la conception car elle est représentative de l'unité de mesure
d'un ensemble contenant des pores, qui peuvent être à la fois perméables et
imperméables. La masse volumique du béton baisse avec l’augmentation de mortier
adhérant aux granulats (Juan& Gutiérrez, 2009; F. Buyle-Bodin, 2002).
THESE FALEK KAMEL 38
I.3.9. Porosité et absorption d'eau
L’absorption d’eau des agrégats recyclés varie selon la taille, l'âge, la résistance et la
teneur en ciment de l’ancien mortier collé. La densité diminue progressivement avec la
dimension des grains. Plus celle-ci est petite, plus la quantité de vieux liant est élevée.
De ce fait, un mauvais choix du pourcentage de grains fins peut conduire à la
ségrégation ou à l’augmentation de la demande en eau du mélange en raison de la forte
porosité (Ghosh, 2003; İ. B. Topçu & Şengel, 2004a). Par conséquent, le remplacement
d’éléments fins naturels par des granulats réemployés dont la demande aqueuse est plus
élevée, ainsi que l'évaluation d'un mélange optimal (avec la plus grande quantité de gros
gravillons et une faible partie de fines réutilisées) constituent le but final de la
conception d’une bonne combinaison.
Un granulat peut par ailleurs se trouver dans différents états d’humidité : four à sec, air
sec, saturé-sec en surface, et mouillé. L’imbibition de ce dernier est liée à sa porosité et
à la quantité de vapeur captée par les minuscules pores présents dans l'ensemble de l'état
sec à l'air à son état saturé-sec en surface. La connaissance de cette propriété est
nécessaire pour déterminer la quantité d'eau par mètre cube ou pour maintenir le rapport
eau/ciment souhaitable. Tout écart par rapport à celle des agrégats peut modifier
sensiblement les caractéristiques du béton frais. Dans le cas d'un grain très absorbant,
l'eau supplémentaire pourrait être nécessaire pour fournir une bonne maniabilité. Cette
introduction de liquide dans le mélange affecte les propriétés de fluage (A. Neville,
1990). Ramachandran et [Link] qu’elle a pour potentiel d'augmenter le retrait.
Alors, ceux présentant plus de 3% d’absorption d’eau ne doivent pas être utilisés pour la
fabrication (Gu & Ramachandran, 2001).
Des chercheurs se sont intéressés à celle des gros granulats recyclés. Ils ont trouvé un
taux situé entre 4% et 5% (CSIRO, 1998; Etxeberria et al, 2004). Ces résultats
indiquent alors qu’elle est beaucoup plus élevée pour ces éléments que pour les naturels.
La variabilité de l'absorption de ces gravillons peut être ajustée par le biais d’un pré-
mouillage. Celui-ci est alors suivi d’une adaptation de la teneur en eau par mètre cube
de béton lors de la conception des proportions de mélange.
La porosité élevée du mortier collé aux agrégats confère aux éléments recyclés une
faculté d'imprégnation plus importante que les naturels. La formulation des bétons
THESE FALEK KAMEL 39
fabriqués à partir de ces corps est effectuée sur la base du rapport E/C. Compte tenu de
leur absorption élevée, il est nécessaire d'augmenter la quantité d'eau. Bien que la
maniabilité du mélange puisse être améliorée de cette manière, l'accroissement de la
teneur aqueuse augmente le volume des pores capillaires et réduit la résistance à la
compression à l’état durci (ACI committee 555-01, 2001; Etxeberria et al, 2007b;
Gómez-Soberón, 2002; A Padmini, Ramamurthy & Mathews, 2002; Poon et al, 2004;
Ryu, 2002)
De plus, la quantité ingurgitée par les pores des granulats ne participe pas à l'hydratation
du ciment et donc ne contribue pas à la formulation du béton frais. Le potentiel de
consommation pour les gravillons réintroduits est généralement inférieur à celui du
sable recyclé (Chakradhara Rao et al, 2010; R. Sri Ravindrarajah, Y.H. Loo, 1987). Le
module de finesse des éléments réutilisés, qui diminue la maniabilité, est un autre aspect
qui doit être pris en considération.
Chakradhara Rao et [Link] trouvé que l’imbibition varie de 3 à 12% pour les gravillons
et le sable concassés, alors que celle des granulats naturels est d'environ 0,5 à 1%. Cette
grande différence est due à une porosité élevée de ces éléments créée par le mortier
(reconnu pour être un matériau poreux) adhérant autour des agrégats broyés (Katz,
2003; Rao et al, 2007). Les interstices ont alors tendance à capter l’eau et à la retenir
(Chakradhara Rao et al, 2010; Gómez-Soberón, 2002; Katz, 2003). Hansen a trouvé
qu’en raison de cette forte teneur en vieux liant, la masse volumique est 5 à 10%
inférieure à celle du béton à base de granulats naturels (Hansen, 1986).
Par ailleurs, des études ont montré que l’ouvrabilité d’un élément constitué de grains
ordinaires est plus forte que celle composée de 100% de recyclés. Cette différence peut
être expliquée par l’importante présence de fines dans ces derniers (Hansen, 1986;
Lumantarna & Portella, n.d ; Stefanidou, Anastasiou, & Georgiadis Filikas,
2014;Westerholm, Lagerblad, Silfwerbrand & Forssberg, 2008; Zhihui Zhao, Wang, Lu
& Gong, 2013). En effet, plus la quantité de recyclé de très faible dimension est élevée
et plus l'absorption est importante, ce qui offre une plus grande demande en eau
conduisant à la diminution de la maniabilité.
Limbachiya a constaté, bien que les mesures d’affaissements soient restées dans une
tolérance admissible de ± 25 mm, une perte de maniabilité du béton avec
l’augmentation des agrégats recyclés au-delà de 30% de substitution, (Limbachiya,
THESE FALEK KAMEL 40
2004). En effet, les formulations avec des pourcentages supérieurs à 30% se sont
avérées être moins consolidées et affichent un léger ressuage. L'utilisation d'un ajout
minéral, tel que les cendres volantes, peut être une solution permettant de contrer ces
effets négatifs. ACI énumère une ligne directrice appropriée pour l’expression des
bétons à base de graviers réemployés (ACI committee 555-01, 2001).
Otsuki et [Link] que la quantité et la qualité des résidus de pâte de ciment collée
aux agrégats naturels affectent la résistance, en particulier ceux qui possèdent un faible
rapport E/C. L'effet est moins significatif avec un grand E/C (Otsuki, Miyazato&
Yodsudjai, 2003).
I.4. Conclusion
Il faut rappeler que les granulats recyclés ont des caractéristiques spécifiques par rapport
aux naturels et donc différentes de celles qui ont été considérées pour définir les normes
de spécification des agrégats lors de leurs utilisations dans les bétons hydrauliques. En
effet, l’ancien ciment collé à ces éléments après concassage ainsi que la présence
d’impuretés (bitume, plâtre, brique, verre, bois, plastique) modifient leurs propriétés. La
porosité, la masse volumique et l’absorption d’eau se trouvent alors changées. Une
grande partie des méthodes décrites dans les normes est peu adaptée aux gravillons
réintroduits à cause de l’hétérogénéité de ces derniers qui rend la détermination des
particularités compliquée. La comparaison entre les naturels et les réutilisés pour la
production des bétons, permet de constater que ces derniers sont plus poreux et donc
moins résistants ; ils sont également hétérogènes, moins denses, plus absorbeurs d’eau
et moins propres.
[Link] et Avenir
La première étape à franchir en Algérie serait de calquer nos méthodes de démolition
sur d’autres pays d’Europe qui aujourd’hui réutilisent quasiment tout leur béton. Le
maximum est atteint en Suisse avec 95% de recyclé, l’Allemagne suit avec 80%. En
France, aujourd’hui le taux est de 62%.
Quelques projets expérimentaux de réinsertion des éléments de déconstruction dans le
THESE FALEK KAMEL 41
bâtiment [Use 2000] ont déjà vu le jour en Europe.
Suisse : école « Leutschenbach», 2009
Suisse : appartements « Brunnenhof », 2007
République Tchèque : « multipurpose experimental building » à l’UCEEB, 2014
Belgique : « A recycled house », 2000
Royaume-Uni : « New operations center for Wessex Water », 2000
Si ce système de recyclage est aujourd’hui si peu systématiquement mis en place, c’est
avant tout parce que les premières études réalisées en laboratoire tendent à montrer que
les bétons élaborés à partir de granulats réutilisés présentent des problèmes
d’hétérogénéité, et quelques difficultés de mise en œuvre (problème d’ouvrabilité,
nécessité d’utiliser plus d’eau et plus de ciment pour atteindre des performances
mécaniques similaires aux bétons standards).
Pour cette raison, la France a vu démarrer en 2011 le Projet National RECYBETON. En
effet, les professionnels de la construction sont de plus en plus sensibilisés aux
questions d’environnement et s’interrogent sur le devenir de leurs matériaux en fin de
vie. C’est un projet de recherche et évolution collaboratif soutenu par le ministère de
l’écologie et du développement durable, et qui devrait s’étaler sur une durée de 4 à 5
ans. Il regroupe des industriels et universitaires spécialistes du génie civil, et vise à
changer la tendance en favorisant la réutilisation de l’intégralité des produits issus des
bétons déconstruits.
I .5. Le ciment
Le ciment, dans le sens général du mot, indique quelque chose qui relie fortement,
rapproche, consolide. Cette définition englobe une grande variété de matériaux
cimentaires. Dans le domaine de la réalisation, la signification du terme est une poudre
minérale fine obtenue au terme d’un processus de fabrication très précis. Mélangée à de
l’eau, elle forme une pâte qui se fige et durcit. Selon sa composition et sa finesse, ses
propriétés sont différentes. Il est l’indispensable élément qui donne une certaine
capacité de résistance au béton. Il s’agit d’un matériau de haute qualité, économique,
utilisé dans les projets de construction du monde entier.
Le ciment Portland est obtenu par broyage et cuisson à 1450°C, d'un mélange de
THESE FALEK KAMEL 42
calcaire et d'argile. Appelé clinker, cette substance granulaire est pour l'essentiel une
combinaison de chaux, de silice, d'alumine et d'oxyde de fer.
I .5.1. Les différents types de ciments Portland
Il existe différentes catégories de ciment, celles-ci varient selon leurs compositions
chimiques, leurs matières premières, les ajouts éventuels de constituants
complémentaires au moment du broyage, et la finesse du produit. Chacune convient à
des applications typiques telles que la construction résidentielle, les ouvrages d'art, les
travaux souterrains et la réalisation de bétons soumis à des milieux agressifs.
Les diverses variétés de ciment sont présentées et classées selon les normes
européennes :
- Le ciment Portland : CEM I
Il contient au moins 95 % de clinker et au plus 5 % de constituants secondaires.
- Le ciment Portland composé : CEM II/A ou B
Il contient au moins 65 % de clinker et au plus 35 % d’autres constituants : laitier de
haut fourneau, fumée de silice (limitée à 10 %), pouzzolane naturelle, cendres volantes,
calcaires, constituants secondaires. Il faut noter que les ciments Portland et Portland
Ccomposé, renferment les ciments gris et les ciments blancs.
- Le ciment de haut fourneau : CEM III/A ou B
Il contient entre 36 à 80 % de laitier et 20 à 64 % de clinker.
- et CEM III/C (ex. ciment de laitier au clinker) :
Il contient au moins 81 % de laitier et 5 à 19 % de clinker.
- Le ciment au laitier et aux cendres : CEM V/A ou B
Il contient de 20 à 64 % de clinker, de 18 à 50 % de cendres volantes et de 18 à 50 % de
laitier.
Le ciment Portland est formé de quatre phases minérales principales : les silicates di et
tricalciques (C2S et C3S), l’aluminate tricalcique (C3A) et le ferroaluminate
tétracalcique (C4AF). Il est également composé de différents types de sulfate de calcium
ainsi que de substances mineures qui constituent des matériaux inorganiques
polyphasiques. Ces dernières ne sont pas pures et contiennent des quantités transitoires
d’ions étrangers dans leurs réseaux cristallins. Ces impuretés modifient quelquefois la
THESE FALEK KAMEL 43
structure cristalline des phases cimentaires et mènent à des variations de leurs propriétés
physico-chimiques.
-Floculation des particules de ciment
Les particules de ciment, quand elles se mettent en contact avec l’eau, précipitent. Ce
phénomène s’explique par le fait que les molécules de cette dernière sont très polaires et
que chacune est comparable à un dipôle. Egalement parce qu’elles ont des surfaces
possédant beaucoup de charges électriques positives et négatives. Ainsi, elles sont attirées
entre elles et entrainent alors un phénomène de floculation.
Dans une pâte de ciment, les grains de ciment de charge opposée (en présence d’eau) se
collent, formant des maillons avec de l’eau emprisonnée à l’intérieur, cf. figure I.5.
Cette eau n’intervient pas dans la rhéologie de cette pâte, il faut alors ajouter de l’eau
pour le rendre maniable. Par conséquent, la résistance et la durabilité du béton se
trouvent diminuées. Comme évoqué précédemment, le clinker de ciment Portland se
compose de quatre principaux minéraux : les silicates di et tricalcique (C2S et C3S),
l’aluminate tricalcique (C3A) et le ferroaluminate tétracalcique (C4AF). Lors de la
fabrication du clinker et plus précisément lors de la fracturation des minéraux, des
charges électriques se libèrent à la surface des grains de ciment. Les quatre minéraux
dégagent des charges positives, sauf le C3Squi présente des charges négatives. Les
grains de ciment Portland peuvent offrir des charges négatives à la surface en vue de la
phase dominante qui est le C3S. Ce dernier est favorable au développement des
résistances initiales et influence très peu les finales. En fait, il est pratiquement corrélé
avec le facteur de saturation.
Figure I.5 : Schéma d’une pâte de ciment
THESE FALEK KAMEL 44
I .6. Les adjuvants
A l’origine, le béton était fabriqué en utilisant un mélange de trois matériaux : ciment,
agrégat et eau. Plus tard, afin d'améliorer certaines de ses propriétés, que ce soit à l’état
frais ou durci, de très petites quantités de produits chimiques ont été ajoutées dans le
mélange : les adjuvants.
Ils présentent des performances qui varient en fonction des conditions dans lesquelles
ils se trouvent. En effet, certains de même performance dans des atmosphères
ambiantes, peuvent se comporter différemment à des températures très élevées ou très
basses. Certains ne tolèrent pas l'exposition à la congélation pendant le stockage et
deviennent alors inutilisables, la plupart des autres peuvent être utilisés employés après
décongélation et remixage. Les superplastifiants peuvent servir pour augmenter, pour
diminuer le rapport Eau/Liant pour un affaissement connu. Ceux à base de
polycarboxylates ont été mis au point après les polysulfonates et sont pour cette raison
communément appelés de nouvelle génération. Leur dispersion conduit à une évolution
des propriétés rhéologiques des pâtes et mortiers.
- Les plastifiants permettent de modifier la consistance, de réduire la teneur en eau du béton
donné (réducteur d’eau), ils permettent aussi d’augmenter l’affaissement / l’étalement ou de
produire les deux effets à la fois.
- Les superplastifiants ont les mêmes caractéristiques que les plastifiants mais réduisent
fortement la quantité d’eau (haut réducteur d’eau).
Dans cette étude, nous avons utilisé des superplastifiants polycarboxylates.
I .6.1. Superplastifiants à base de polycarboxylates.
Comme évoqué précédemment, ils dispersent les grains de ciment par répulsion stérique
et non pas électrostatique. Ces molécules sont composées d’une chaine principale qui
porte les activités carboxylates —COO-, plusieurs secondaires sont greffées dessus
(Winnefeld, Becker, Pakusch& Götz, 2007). Depuis leur découverte dans les années
1980, ils (PC) ont peu à peu pris de l'importance, ils sont aujourd’hui les
THESE FALEK KAMEL 45
superplastifiants les plus utilisés (Kong, Pan, Wang, Zhang & Xu, 2016; Lange, Hirata
& Plank, 2014). Les copolymères polycarboxylates rappellent la forme d’un peigne. Ils
sont constitués d’un squelette contenant des groupes carboxyliques auxquels des
extensions latérales neutres de polyéthylène oxyde se trouvent insérées. Les PC sont
composés de deux groupes principaux : les carboxyliques en épine dorsale et les oxydes
de polyéthylènes en chaînes latérales (Winnefeld et al, 2007). Les premiers groupes qui
agissent comme des ancres, sont adsorbés sur les particules de ciment. Les seconds
s’étendent à partir de leur surface dans la solution pour produire un encombrement
stérique et empêcher leur agglomération (Guo et al, 2012). Ainsi, le PC retarde
l'hydratation. Plus intéressant encore, il est constaté qu’en fonction de la variabilité des
structures moléculaires du PC, des effets différents sur la performance du liant et
l'hydratation peuvent avoir lieu (Dalas et al, 2015; Ferrari, Kaufmann, Winnefeld &
Plank, 2011; Liu et al, 2014).
I.6.2.Méthodes d’action des superplastifiants.
Les superplastifiants agissent avec plusieurs phénomènes qui se produisent directement
une fois qu’ils sont mis en contact avec l’eau. Ces faits concernent leur adsorption par
les particules de ciment via la répulsion électrostatique d’une part, et via
l’encombrement stérique d’autre part.
I.6.3. Compatibilité ciment/adjuvant.
Si une grande quantité d’adjuvant est utilisée afin d'obtenir un faible rapport eau/ciment
ou si un nouveau dosage est impossible, il est important d'établir une combinaison
ciment / adjuvant. Ce couple est considéré comme compatible lorsqu’il permet d’obtenir
une bonne maniabilité initiale du béton ou mortier, avec une portion unique qui peut
conduire à la rétention de forte maniabilité pour une période suffisamment longue de 60
à 120 minutes. Il permet d’augmenter l’affaissement jusqu’à 180 voire 200 mm sans
développement de phénomène de ségrégation (pour un béton comprenant un liant d’au
moins 300 kg/m3). Dans le cas où il y a « incompatibilité », son maintien est très
THESE FALEK KAMEL 46
mauvais, il est de 15 minutes maximum (Aïtcin, Jolicoeur& Macgregor, 1994). Si la
maniabilité est inférieure, il faudra à ce moment ajouter un réducteur d’eau. Néanmoins,
la convenance ciment / adjuvant peut comporter des inconvénients qui sont associés aux
variations de la fluidité, de la mise en forme, etc. Ces modifications sont souvent liées à
l’adjuvant dans son interaction avec les composants du ciment. Il retarde l’hydratation
(Puertas & Vazquez., 2001) et affecte la morphologie du produit et sa microstructure
(Prince, Spagne & Tcin, 2003). De nombreux chercheurs ont étudié les changements à
l’œuvre dans le clinker et dans le ciment quand la fluidité est induite par des produits à
base de sulfonâtes et de carboxylates (Collepardi & Ramachandran, 1992; S.
Ramachandran, Malhotra, Jolicoeur & N, 1998). L'effet de dispersion initiale est
directement lié à l'adsorption, qui est à son tour affectée par les facteurs suivants : C3A
et le contenu alcalin dans le clinker, la finesse du ciment, le dosage et la procédure
utilisée pour introduire l’élément, le poids moléculaire du mélange, etc.(Santos, Puertas,
Martínez-Ramírez & Palacios, 2005).
[Link] rhéologique du béton frais.
Les bétons sont fabriqués à base de granulats recyclés utilisés comme substituants
partiels ou complets des gravillons initiaux, gros et/ou fins. Les paramètres à l’état frais
et durci sont très distincts de ceux à base d’éléments naturels (Lin, Tyan, Chang&
Chang, 2004; Lotfy & Al-Fayez, 2015). Cette différence est due aux propriétés
physiques et chimiques des matériaux. Le résultat obtenu par broyage des structures
démolies est connu sous le terme de granulats recyclés (GBR). Jusqu'à présent, les GBR
ont été principalement utilisés dans les chaussées d'autoroutes et dans des éléments non
structurels. Comme ils seront de plus en plus employés, une attention toute particulière
doit leur être attribuée. Selon la norme ASTMC294-05, les GBR sont classés comme
artificiels. Ils se composent en partie de vieux mortier, l'unité de poids (densité) est
donc inférieure à celle du béton de graviers conventionnels. Pour la même raison, il a
une porosité et une absorption plus élevées. Cette dernière peut alors être exploitée
uniquement si elle est saturée avant qu’ils ne soient mélangés : l'eau emmagasinée
fournit un durcissement interne. De plus, le traitement des déchets est compliqué,
THESE FALEK KAMEL 47
l'utilisation de graviers à partir de débris nécessite alors des connaissances spécialisées
car aucun des matériaux n’est jusqu’à ce jour normalisé. En particulier, les gravats
peuvent contenir des quantités délétères de brique, de verre, de plâtre ou de chlorite
(ACI & 221R-89, 1994; Lauritzen, 1994; A. M. Neville, 2006). En théorie, la
formulation à base de grains réutilisés est similaire à celle des agrégats naturels. Elle
peut donc être utilisée mais dans la pratique, de légères modifications sont nécessaires.
Hansen a conclu que les changements suivants seraient essentiels pour leur emploi
+(Hansen, 1986) :
- Lors de la conception, un volume suffisamment grand est souhaitable pour assurer un
nombre important d’essais compte tenu de la diversité de qualités et de dimensions de
ces éléments. La marge d’erreur se trouvera ainsi réduite. Au premier abord les mêmes
rapports E/C que ceux ayant servis pour la confection à base d’agrégats naturels
peuvent être pris. S’ils engendrent une résistance à la compression inférieure à celle
nécessaire, un ajustement d’E/C devra être effectué.
- Pour une composition avec des granulats recyclés, afin d’atteindre le même
affaissement, la quantité d’eau devra être supérieure d'environ 10 litres/m3 par rapport
au béton classique.
- Si cette dernière s’élève, la teneur en ciment devra également être augmentée afin de
maintenir le même rapport E/C.
- L’optimisation de la proposition devrait être faite pour obtenir une bonne maniabilité
et un rapport E/C le plus approprié.
I.7.1. Maniabilité
Ravindrarajah et Tam ont démontré que lorsque les gravillons recyclés sont utilisés avec
le sable naturel dans la formulation, une augmentation de l'eau libre de 8% est
nécessaire pour atteindre le même affaissement que celle à base de granulatsnaturels (R.
Ravindrarajah & Tam, 1985). D’autres chercheurs ont constaté que lorsque les graviers
concassés de démolition sont utilisés, les bétons sont légèrement plus rugueux et moins
maniables que les classiques (André et al, 2014; P. Pereira et al, 2012; I.B. Topçu,
1997). Plusieurs auteurs ont rapportés qu'il semblerait y avoir peu de différences dans la
maniabilitélors de l’utilisation des agrégats réemployés avec du sable ordinaire
THESE FALEK KAMEL 48
(Etxeberria et al, 2007b; Jhun, Sulieman & Talib, 2011; Vieira, Correia & de Brito,
2011). En revanche, Jhun et [Link] remarqué un affaissement plus faible et une grande
perte en maniabilité lorsque le sableou les graviers naturels sont substitués par des
recyclés. Ils ont constaté aussi quecette dernièrediminue en fonction de leur
augmentation. Ces résultats sont spécifiques et sont trouvés uniquement dans le cadre de
ces recherches (Jun et al, 2011).
I .7.2. Teneur en air
La rugosité des granulats ainsi que leurs formes géométriques peuvent compromettre la
possibilité pour les bulles d’air de s’échapper durant la vibration. Ceci explique les
résultats de certains auteurs qui trouvent des teneurs en air légèrement plus importantes
dans les bétons à base d’agrégats recyclés par rapport à ceux à base de graviers naturels.
La différence est de l’ordre de 0,6 % (İ. B. Tophus&Engel, 2004b). Leur masse
volumique est, elle, plus faible et ce du fait de la quantité en mortier collé.
I.8. Rhéologie
Introduction à la rhéologie
La rhéologie est un mot qui vient du grec rheo et logos qui veulent dire respectivement
couler et étude. Par définition, c’est une branche de la physique qui étudie l’écoulement
ou la déformation des corps sous l’effet de contraintes appliquées, variables au cours du
temps [Persoz, 1969]. Dans le domaine de la construction, avec le développement des
nouveaux bétons et des techniques de mise en place comme le pompage et la projection,
la maîtrise du comportementrhéologiqueà l’état frais devient cruciale pour faciliter sa
mise en œuvre
Il est ainsi possible d’établir des relations entre les contraintes et les déformations avec
le temps. La rhéologie s’applique autant aux solides qu’aux liquides. La Figure I.6
présente des courbes de comportement pour les fluides, qui peuvent être illustrées à
partir de la relation entre le taux et la contrainte de cisaillement. Des modèles sont
rassemblés dans ce tableau 1.2 :
THESE FALEK KAMEL 49
Tableau I.2. : Comportement rhéologique des fluides.
Figure I.6: Modèles de comportement rhéologique pour les corps fluides.
THESE FALEK KAMEL 50
I.8.1Introduction sur la rhéologie des bétons
Le béton est un élément composite aggloméré constitué de granulats durs de diverses
dimensions collés entre eux par un liant. C’est le matériau le plus utilisé dans le
domaine des constructions et du génie civil. Les agrégats sont des grains de pierre,
sable, gravier, cailloux et le liant estgénéralement un ciment portland. A présent, de
nouveaux éléments ont été développés pour des raisons économiques (limitation du
temps de mise en place) et écologiques (réduction de l'impact sur le voisinage
notamment le dégagement du CO2), ils sont à faible impact environnemental. Ils sont
obtenus en réduisant significativement la quantité de clinker et en incorporant
desmatièresde substitution : les additions. Elles sont en général de moindre réactivité,
elles nécessitent une réduction importante du dosage en eau afin de maintenir un niveau
de performance mécanique et de durabilité similaire aux bétons ordinaires. Ainsi,
malgré l’utilisation d'adjuvants qui permettent d'augmenter la fluidité, l’abaissement de
la quantité d’eau impacte la viscosité, ce qui induit des problèmes de mise en œuvre
notamment via les nouvelles techniques telles que le pompage ou la projection. L'essor
à grande échelle de ces substancespasse irrémédiablement par une connaissance fine de
leur comportement rhéologique, ce qui nécessite de développer un système de
caractérisation et de contrôle sur chantier fiable et pré[Link], bien qu'il existe
à ce jour différents types d’instruments, généralement ordinaires, des études montrent
que la configuration, la géométrieet le protocole d'essai ont une forte influence sur les
résultats notamment pour les élémentsfluides [Beaupré, 2004]. De plus, ces appareils
sont souvent utilisables uniquement en laboratoire avec des coûts relativement élevés.
Pour notre étude nous utiliserons celui élaboré par Hamza S. 2015.
[Link] rhéologique du béton frais
Plusieurs recherches ont démontré que le comportement rhéologique du béton frais est
analogue à celui des fluides binghamiens [Tattersall, 1983], [Ferraris et al, 1998],
[Kaplan,2000], [Kaplan et al, 2005], [Larrard et al, 2002], [LCPC, 2002], [Golaszewski
et al, 2003], [Wallevik, 2006], [Chapdelaine, 2007], [Burns et al, 2007]. La loi s’écrit
sous la forme :
THESE FALEK KAMEL 51
0
Où :
(Pa) est la contrainte de cisaillement;
(Pa) est le seuil de cisaillement ;
(Pa.s) est la viscosité plastique ;
(1/s) est le taux de cisaillement
Le seuil de cisaillement (τ0) ainsi que la viscosité plastique (μ) du béton frais sont les
deux propriétés qui décrivent l’ensemble du [Link] effet, pour le mettre en
mouvement, un effort minimal équivalent à τ0doit être fourni. Une fois le déplacement
amorcé, la force requise pour le déformer est directement proportionnelle au taux de
cisaillement appliqué, qui est relié à la viscosité plastique du matériau.
Le terme apparait comme la contribution de la phase solide et comme celle de la
liquide (Cf. Figure I-7).
Figure I.7 : Représentation graphique du modèle binghamien.
THESE FALEK KAMEL 52
[Link] essais rhéologiques existants.
La connaissance du comportement rhéologique du béton est indispensable pour le bon
déroulement d’une construction. Il permet de prédire l’énergie nécessaire pour la mettre
en place. Pour caractériser cette attitude, il existe plusieurs essais. D’une part, des tests
empiriques de maniabilité (cône d’Abrams, l’appareil Vébé, la table à secousses, le
maniabilimètre LCPC), d’autre part, les expériences rhéologiques qui donnent plus de
précision sur sa tenue : essais aux rhéomètres (Two-Point, BML, BTRHEOM,
CEMAGREF-IMG, ICAR….).
La maniabilité (ou l'ouvrabilité) est l’aptitude du béton ou du mortier à se mettre
facilement en place dans les coffrages et à enrober les armatures. Elle est estimée grâce
aux essais de consistance. Les plus courants sont : le cône d’Abrams, l’essai Vébé, le
maniabilimétre LCPC et la table à secousses.
Le cône d’Abrams.
C’est l’essai le plus couramment utilisé car il est très simple à mettre en œuvre. Il
estutilisable tant que la dimension maximale des granulats ne dépasse pas 40 mm [EN
12350-2]. Il s’agit d’uneexpérimentation quasi statique où un volume est moulé dans un
coffrage en forme de tronc de cône. Après démoulage, il s’abaisse d’une hauteur A. La
Figure I-8 représente la conduite de l’expérimentation.
THESE FALEK KAMEL 53
Figure I.8 : Essai au cône d’Abrams [larefer].
Par ailleurs, la consistance du béton est définie selon la classe d’affaissement, nommée
S (l'initiale du nom de l’essai en anglais : Slump test). Les classes sont notées S1, S2,
S3, S4 et S5 en fonction de la hauteurde la chute ou de la taille du disque final (cf.
Tableau I-2).
Tableau I.3 : Classe de consistance des bétons.
Classe d’affaissement S1 S2 S3 S4 S5
Affaissement au cône 10 - 40 50 – 90 100 - 150 160 - 210 ≥ 220
d’Abrams [mm]
Plusieurs auteurs ont montré que ces résultats permettent de définir pour les bétons
ordinaires le seuil de cisaillement [Backes, 1984], [Tanigawa, 1989, 1990].
I.8.4. Facteurs influençant la rhéologie du béton frais
Les facteurs qui affectent la rhéologie du béton frais sont nombreux. Généralement, on
distingue deux catégories, la première est liée à la composition tandis que la deuxième
concerne le paramètre temps.
THESE FALEK KAMEL 54
I.8.4.A. Facteurs liés à la composition du béton
-Facteurs liés à la nature des matériaux
Tous les changements apportés à la composition du béton influencent à des
niveauxdivers ses propriétés. Selon Tattersall (1991) les principaux facteurs sontl'eau et
le rapport eau-ciment;
L’absorption en eau des granulats recyclés est un paramètre influant sur la rhéologie.
Plusieurs études ont montré que ce taux est compris entre 3 et 12%, cette valeur dépend
de l’élément parent à partir duquel ils ont été produits. Il est important de notifier que
ces résultats sont bien plus élevés que ceux des agrégats naturels qui donnent des
valeurs comprises entre 0,5 et 3%. Cette différence est principalement due aux résidus
de mortiers adhérant aux gravillonsde départ car ils sont plus poreux. Plusieurs autres
paramètres la régissent pour desélémentsréutilisés, parmi lesquels (Laneyrie, 2014) on
peut citer:
La forme des granulats et leur état de surface.
La nature des granulats dans le béton d’origine.
Les performances mécaniques du béton parent.
La taille maximale des granulats utilisés dans le béton d’origine.
La compatibilité ciment / adjuvant.
La présence d'ajouts minéraux ;
-Facteurs liés à la composition du béton
La rhéologie des bétons frais peut être influencée par le type de composition. Les
facteurs qui lui sont reliés concernent alors sa formulation (eau/ciment (E/C),
gravier/sable (G/S), volume de pâte (Vpâte), additions).
En effet, ce matériau est complexe et constitué de plusieurs constituants, dont les
principaux sont le ciment, les granulats et l’eau. Le rapport E/C varie de 0,4 à 0,8, des
ajouts minéraux peuvent cependant être utilisés. Il arrive aussi que des adjuvants
THESE FALEK KAMEL 55
chimiques soient introduits pour améliorer l'ouvrabilité ou modifier la durée des
différentes périodes de leur évolution chimique (Meftah & Arabi, 2012).
L’élément ordinaire est souvent assez ferme. L'affaissement au cône d’Abrams est
généralement inférieur à 15 cm, il peut être nul pour certains. Tous les changements
apportés à sastructure influent alors à des niveaux divers sur ses propriétés
rhéologiques (Béton & Marne, n.d.).
De plus, les superplastifiants sont souvent utilisés pour deséléments à faible valeur
d’E/C. Globalement, l’augmentation de leur concentration engendre une diminution du
seuil de cisaillement. La viscosité plastique est en revanche relativement peu influencée.
I.8.4.B. Influence du temps
Le temps occupe une place particulière étant donné qu’il s’agit du seul facteur qui ne
fait pas intrinsèquement partie de la composition du béton. La durée de la période dite
dormante où ce dernier reste frais, suffisamment maniable, est limitée à cause du
processus d’hydratation. Quand ce seuil est dépassé, le début de prise prend place, le
béton perd sa maniabilité et son comportement rhéologique est changé.
Mesure de la rhéologie du béton frais
Il existe actuellement plusieurs types d’appareils qui permettent demesurer la rhéologie
des bétons. Dans ce contexte, nous présentons les cinq types qui sont validés et
commercialisés dans le monde, à savoir :
Viscosimètre BML (Iceland) ;
BTRHEOM (France) ;
Rhéomètre CEMAGREF-IMG (France) ;
IBB (Canada) (Tattersall - MK - II modifié) ;
Two-Point (UK).
Les rhéomètres IBB et Two-Point fonctionnent en s’appuyant sur le principe suivant :
un « impeller » est immergé et mis en rotation à vitesse croissante et ensuite
décroissante dans un échantillon de béton. Sa taille varie éventuellement en fonction de
THESE FALEK KAMEL 56
l’[Link] couples pour maintenir la rotationsont enregistrés.
Le BTRHEOM est à disques parallèles. Le béton est placé dans unrécipient cylindrique.
Un disque est posé sur sa surface et mis en rotationà vitesse croissante et ensuite
décroissante. Les couples correspondant sont enregistrés.
Les CEMAGREF-IMG et BML sont à cylindres coaxiaux, dont l’un est mis en rotation
et frotte sur la surface de l’échantillon. Les efforts relatifs à chaque célérité sont
consignéslorsque celle-ci augmente puis diminue.
Figure I.9: Le rhéomètre BTRHEOM et son mode de fonctionnement
Par définition, un rhéomètre est un appareil de laboratoire capable de réaliser des
mesures relatives à la rhéologie d’un fluide en appliquant un cisaillement à
l’échantillon. Généralement de faible dimension avec une très petite inertie mécanique
du rotor, il permet d’étudier les propriétés d’écoulement d’un liquide ou d’une pâte et
ce, en réponse à une force appliquée. Dans le cas de cette recherche, il s’agit d’analyser
celles du béton frais dont le comportement est similaire à celui d’un fluide Binghamien.
Il en existe aujourd’hui plusieurs types destinés à ces matériaux, les conclusions
obtenues à partir de ceux-ci sont, selon plusieurs études, disparates. Effectivement, leur
configuration et leur géométrie (entrefer, forme, zone de rupture, etc.) ont une forte
influence sur les résultats. A titre d’exemple, certains favorisent les phénomènes de
ségrégation (H Soualhi et al, 2014). Celui utilisé dans le cadre de ce travaila été
THESE FALEK KAMEL 57
développé par Soualhi et al, il permet de déterminer le taux de cisaillement ainsi que le
coefficient de viscosité (H Soualhi et al, 2014). Il présente un coût relativement moins
élevé que les autres, répond aux besoins des industriels et permet d’assurer une bonne
précision. Il assure également une grande stabilité des paramètres rhéologiques des
éléments fluides de classes S2 à S5 avec ou sans additions minérales. L’objectif
principal du développement de cet appareil est de minimiser au maximum le risque de
ségrégation.
Figure I.10 : Schéma du principe de fonctionnement du rhéomètre.
(H Soualhi et al., 2014).
Tableau I.4. : Les plages de valeurs des paramètres rhéologiques pour les matériaux
cimentaires
Matériaux Pâte de Mortier Béton Béton Béton
ciment, coulis fluide autoplaçant ordinaire
Seuil de
cisaillement 10-100 80-400 400 50-200 500-2000
(Pa)
Viscosité
plastique 0.01-1 1-3 20 20-100 50-100
(Pa.s)
THESE FALEK KAMEL 58
Le tableau I.4 résume les plages de valeurs des paramètres rhéologiques pour les
matériaux cimentaires donnés par Banfill.
Les propriétés physico-chimiques des granulats recyclés sont très distinctes de celles
des naturels par la porosité et l’absorption plus élevée dans les premiers, la rugosité est
également plus importante. Il a été constaté que leur surface est enveloppée de résidus
de mortiers. Ces différences amènent alors des changements de comportement dans les
bétons. Or leur valorisation demande non seulement la maitrise de leur résistance mais
également de prendre en compte leur mise en place (le pompage). Il est alors primordial
d’étudier l’attitude à l’état frais des éléments fabriqués avec de tels agrégats (sable ou
gravillons recyclés).
[Link]ètres influents sur la rhéologie du béton à l’étatfrais.
Le comportement rhéologique du béton est lié à plusieurs facteurs tels que la
composition, le malaxage, la vibration du béton, le temps (l’âge du béton) et la
température.
I.9.1. Influence de la composition des bétons.
Les principaux facteurs sont :
La forme des granulats, degré d’aplatissement.
Le type de granulats (roulés ou concassés), l’état de surface (rugosité).
L'eau et le rapport eau-ciment.
Les caractéristiques chimiques et physiques du ciment.
Les adjuvants.
Les fibres.
Les additions minérales.
Le rapport eau-ciment (E/C) est un paramètre fortement influant. Effectivement, la
viscosité et le seuil de cisaillement diminuent avec l’augmentation du rapport E/C
[Wallevik, 2011].
Greszczyk et Kucharska ont montré que la viscosité de la pâte varie avec sa teneur en
THESE FALEK KAMEL 59
alcalis et en C3A [Greszczyk, 1991]. Cette étude fut complétée par Suhr [[Link],
1991],qui a signalé qu’il s’élève proportionnellement à la teneur en C3A et baisse quand
la concentration en SO3 est en [Link] premier point s’explique par le fait que la
rigidité du milieu est essentiellement fonction de la formation d’ettringite dans la phase
interstitielle, elle-même issue de l’hydratation des aluminates tricalciques en présence
des sulfates [Uschikawa, 1985].
Les superplastifiants sont souvent utilisés pour des bétons à faible rapport E/C.
Globalement, un accroissement de leur concentration engendre une réduction du seuil
de cisaillement. En revanche, la viscosité plastique est relativement peu influencée
[Banfill, l980], [Wallevik, 1983], [Wallevik, 2011].
Un autre effet est qu’ils impactent fortement les temps de prise. Ainsi, un élément sans
superplastifiant sera relativement stable alors qu'avec il peut montrer une tenue
beaucoup plus rapide ou anormalement retardée à de très hautes concentrations.
La teneur en air affecte la viscosité plastique lorsque elle croit, la seconde rapetisse et le
seuil de cisaillement reste inchangé [Wallevik, 1983], [Wallevik, 2011].
[Link] fibres.
Le comportement rhéologique du béton renforcé de fibres à l’état frais est relativement
peu documenté. Néanmoins, une étude menée par Tattersall [Tattersall, 1991] rapporte
que l’attitude de tels éléments reste Binghamienne (a contrario de celle conduite par
Beaupré [Beaupré, 1994] qui conclue qu’elle ne l'est pas toujours, surtout à de faibles
taux de cisaillement). Une hausse de la quantité de filaments conduit à une
augmentation de la viscosité plastique et du seuil de cisaillement, il en est de même
pour l’utilisation de longs fils : - nature, longueur, orientation des fibres.
- rapport longueur/ surface des fibres.
[Link] additions minérales.
Les additions minérales sont des poudres utilisées dans le ciment ou directement dans le
béton, en substitution partielle du liant ou en complément, afin d’améliorer certaines
caractéristiques ou pour lui conférer des propriétés particulières [Younsi, 2012]. Elles
THESE FALEK KAMEL 60
sont aussi employées pour des raisons économiques, pour augmenter la quantité de pâte
(cas des BAP). Actuellement, leur utilisation est souvent associée aux éco-bétons ou
bien à ceux à faible impact environnemental.
Différents ajouts sont cités dans la littérature : cendres volantes, laitiers de hauts
fourneaux, fumées de silice et filler calcaire. Ces matériaux peuvent avoir une influence
chimique et/ou un rôle physique selon leur nature [Nevillle, 2000].
I.9.4. Le malaxage.
Banfill et Kitching [Banfill, 1991] ont montré que l’augmentation de la vitesse de
malaxage d’un mortier dans un rhéomètre (Brabender plasticorder) accélère
l’hydratation du [Link] plus, cette dernière entraîne, via la formation de semi
hydrates et de chaux, une élévation de la teneur en solides. Le taux d’accroissement du
moment engendre une majoration de la contrainte et de la compacité. Parallèlement,
l’énergie apportée par le brassage accroit la température du mélange, ce qui engendre
une diminution du seuil de cisaillement et une hausse de la viscosité plastique.
I.9.5. La vibration.
Selon certains auteurs [Tattersall, 1988], le seuil de cisaillement a disparu lorsque le
béton est remué. Son comportement ne serait plus Binghamien et obéirait plutôt à une
loi de puissance analogue à un corps pseudo-plastique. D'autres recherches effectuées
par ces mêmes chercheurs [Tattersall, 1989] montrent que l’attitude devient
newtonienne pour certaines fréquences de vibration.
I.9.6. Le temps
Avec le temps, du fait de l’avancement de la réaction d’hydratation, la quantité
d’hydrates augmente. L’étude menée par Golaszewki et Szwabowski montre une
augmentation du seuil de cisaillement (ou du couple de rappel) et une stabilité de la
viscosité plastique au cours de la première heure
THESE FALEK KAMEL 61
I.9.7. La température.
Une augmentation de la température jusqu’à 30°C engendre une élévation des valeurs
de la viscosité. De même, on peut signaler qu’une majoration de l’accroissement de
cette dernière et qu’une croissance linéaire de sont observés avec la chaleur,
hausse d’autant plus rapide que le rapport E/C est faible. Des phénomènes analogues
ont pu être remarqués sur l’évolution du seuil de cisaillement initial [Golaszewski,
2003].
I.9.8. Les modèles de calcul des paramètres rhéologiques des bétons.
En ce qui concerne la viscosité plastique, plusieurs modèles disponibles dans la
littérature, permettent de l'estimer à partir de la composition du béton. La plupart d’entre
eux expriment le fait qu’elle augmente avec la concentration volumique solide (),
pour tendre vers l’infini lorsquela suspensionest proche de l’empilement [Ngo 2009]. .Ф
représente le rapport entre l’espace occupé par la phase solide et celui total du mélange.
C’est l'une des principales caractéristiques physiques d'une suspension. Le paramètre Ф
est sans dimension, il est généralement exprimé en pourcentage (%).
Une autre particularité importante est la concentration d'empilement maximum
(lemaximum parking) Ф* qui correspondà la contenancemaximalede particules solides
qu'il est possible de placer dans le volume global.
𝑉𝑠
Ф= où vs, vf = volume du solide, du vide
𝑉𝑠+𝑉𝑓
Le seuil de cisaillement n’est régi par aucune loi à partir de la composition du béton,
ainsi son identification nécessite un essai rhéologiqueà la grandeur de la viscosité pour
les différents matériaux cimentaires [Banfill, 2003], [Wallevik, 2003].
Tableau I.5 : Ordre de grandeur des paramètres rhéologiques [Banfill, 2003].
Pâte Mortier BAP Béton Béton
Fluide ordinaire
Seuil de cisaillement τ (Pa) 10-100 80-400 50-200 100-400 500-2000
Viscosité plastique μ (Pa.s) 0,01-1 1-3 20-100 20-100 50-100
THESE FALEK KAMEL 62
I.9.9. Problèmes de « Pompabilité »
Un béton est dit « pompable » lorsqu’il est apte à être mis en place à l’aide d’une
pompe. De la même façon qu’en mode statique, l’ « ouvrabilité » d’un béton frais se
définit par sa capacité à « remplir au mieux » un moule ou un coffrage, en mode
dynamique, elle peut se caractériser par son aptitude à s’ « écouler au mieux » dans un
tuyau jusqu’au lieu de mise en place. Pour l’assurer, il doit rester homogène en se
glissant dans les conduites avec coudes et réductions sans causer de blocage dans les
tuyauteries.
La première étude systématique a été réalisée par Dowson en 1949. Par la suite, il y eut
beaucoup de recherches portant sur ce domaine. Les plus récentes sont celles de
[Kaplan, 2000], [Chapdelaine, 2007], la plupart des travaux admettent qu’il y a des
relations précises entre la pompabilité et les propriétés du béton frais. C’est dans les
années 1970 que l’on a commencé à s’y intéresser. Les investigations impliquent
plusieurs concepts différents mais d’après [Roy, 1982], [Beaupré, 1994], elles
concernent essentiellement les aptitudes de stabilité, de mobilité et de compacité. Ces
différents thèmes sont présentés sur la Figure I.11. Toutes les investigations ont un
même but à savoir, prévenir et déterminer les causes de blocage lors des opérations que
ce soit lors de l’amorçage, pendant le pompage ou lors des opérations de nettoyage.
En parallèle, beaucoup de recherches ont porté sur l’optimisation granulaire. Certains
auteurs (Shilstone, 1990; De Larrard 1999) proposent même des méthodes et des
logiciels, comme « RENE-LCPC » pour De Larrard, qui permettent de prédire la densité
d'un mélange de grains. Peu importe le type d’ennuis rencontrés lors du pompage, le
seul moyen de les régler est de modifier la composition des bétons pour que ceux-ci
répondent aux critères. La connaissance de la formulation est donc essentielle pour
solutionner les problèmes engendrés [Chapdelaine, 2007].
THESE FALEK KAMEL 63
Figure I.11 : Etudes des propriétés du béton frais [Roy, 1982].
Etudes portant sur la mobilité et la friction.
Les études sur la pompabilité du béton basées sur la friction se produisant dans les
tuyaux ont débuté dans les années 1950. Plusieurs auteurs, ayant réalisés des travaux en
mesurant les pressions à différents endroits du circuit, sont arrivés à des résultats
similaires. Une équation générale a été développée par Alekseev (1952) décrivant les
frottements en fonction de la vitesse. L’équation prend la forme suivante
F a [Link] (Eq. 1.3)
Où :
F est la friction à la paroi du tuyau de pompage ;
a est un paramètre statique ;
d est un paramètre dynamique ;
n est un exposant d’ajustement de la loi.
Afin de mieux connaître l’histoire de l’évolution des recherches dans le domaine du
pompage, nous rassemblons dans le tableau 1.4 ci-dessous les noms des chercheurs
ayant travaillé dans ce domaine
THESE FALEK KAMEL 64
Tableau I.6: Principaux chercheurs ayant travaillé dans le domaine du pompage
[Chapdelaine, 2007].
Année Chercheur Pays
1949 Dowson Angleterre
1952 Alekseev Russie
1957 Ede U.K.
1963 Weber Allemagne
1970 Loadwick U.K.
1973 Morinaga Japon
1977 Browne and Bamforthe Angleterre
1979 Sukata et al Japon
1983 Tattersall et Banfill Angleterre
1994 Beaupré Canada
1998 Chouinard Canada
2000 Kaplan France
2006 Chapdelaine Canada
La plupart des investigateurs ont établi une relation entre la vitesse d’écoulement en
conduite et la friction. La Figure I.12 regroupe plusieurs résultats qui montrent
clairement que la pompabilité dépend, entre autres, de la rhéologie du béton frais
(mesurée avec l'affaissement). De plus, il apparaît que le mouvement ne peut s'amorcer
que si la pression de pompage dépasse une valeur seuil [Browne et al, 1977].
THESE FALEK KAMEL 65
Figure I.12: Résultats de différents auteurs sur la friction [Browne et al, 1977].
Facteurs influençant la Pompabilité.
Les facteurs qui affectent la pompabilité peuvent être classés en deux catégories. L’une
concernant les causes mécaniques qui sont relatives aux équipements utilisés l’autre
lescaractéristiques du circuit, selon [Gray, 1962].
Peu importe le type de problèmes rencontrés, le seul moyen de les régler est de modifier
la composition des mélanges de béton pour que ceux-ci répondent aux critères de
stabilité et de mobilité. La connaissance de la formulation des mixtures est donc
essentielle pour solutionner les questions relatives au pompage : diamétre des pompes,
pression de pompage, circuit, hauteur (élévation), fluidité du béton, température,…
[Chapdelaine, 2007].
[Link] pour estimer la pompabilité des bétons frais.
Le modèle de comportement du béton frais est considéré comme celui des fluides
THESE FALEK KAMEL 66
binghamiens. Son utilisation permet d’inclure la composante de viscosité et pas
seulement le seuil de cisaillement obtenu à l’aide d’essais d’affaissement. Elle permet
aussi de bien caractériser les attitudes d’écoulement des liants frais. Beaucoup d’études
ont été conduites sur ces propriétés rhéologiques. Cependant la tribologie, qui concerne
l’analyse des frottements entre deux systèmes matériels n’a pas bénéficié d’autant
d’efforts de recherche ; elle est davantage reliée au domaine du pompage, qui est
actuellement en cours de développement. Lors de l’examen du frottement entre le béton
frais et la paroi du tuyau, on parlera de propriétés tribologiques du matériau ou de loi
d’interface. La caractérisation de ce dernier pose davantage de problème car il existe
malheureusement peu d’essais réalisables destinés à mesurer des paramètres de liaison.
Le Tribomètre
Ce type d’appareil semble être une très bonne solution pour décrire les propriétés de
l’interface béton-acier en cours de pompage afin d’étudier les caractéristiques
tribologiques et de mesurer les contraintes de friction statique et dynamique entre le
liant frais et une paroi métallique ou en caoutchouc. Chapdelaine (2006) a développé un
tribomètre qui a été adapté au bâti du rhéomètre IBB.
Figure I. 13 : Croquis du tribomètre [Chapdelaine, 2007].
THESE FALEK KAMEL 67
[Link] problèmes liés à l’utilisation d’un rhéomètre à béton.
Un descriptif détaillé des effets perturbateurs liés à l’utilisation d’un rhéomètre à béton
existe dans la littérature et précisément celui de Coussot et Ancey
Parmi ces phénomènes, on peut citer :
L’espace entre les deux cylindres du rhéomètre ou l’entrefer : un compromis doit
être fait entre un grand entrefer (au minimum dix fois plus grand que le diamètre
moyen des particules selon Coussot et Ancey [73] et un petit permettant un
cisaillement homogène du béton.
Le glissement se produit à l’interface entre la paroi des outils et l’échantillon.
La migration des particules : la pâte et les granulats fins sont extraits du
matériau testé pour émigrer vers les espaces de forte dilatance. Ce qui conduit
généralement à un écoulement de type piston.
La forme des agitateurs risque de modifier l’écoulement laminaire.
La contrainte de cisaillement n’est pas uniforme pour une vitesse angulaire
donnée. Le matériau ne peut pas atteindre un cisaillement stable (l’équilibre)
pour une déformation fixée.
L’échantillon, au lieu d’être cisaillé, localise les contraintes et donc la
déformation dans un plan de rupture.
Conclusion
Récemment, les recherches dans le domaine du pompage ont toutes montré qu’au début
du processus, le béton n'est pas cisaillé dans les tuyauteries. Il avance par glissement
grâce à la couche limite formée à l’interface avec les parois [Bartos, 1992],[Tattersall,
THESE FALEK KAMEL 68
1983], [Kaplan et al, 2005] et [Chapdelaine, 2007]. Cela signifie que les frottements à la
frontière avec les aciers jouent un rôle important pour ses paramètres. Il a également
montré une relation rigoureuse avec la science de la tribologie qui est liée à l'étude des
frictions entre deux systèmes de matériaux. Des dispositifs pour mesurer ces
phénomènes s'appellent "tribomètres". Celui dont l’utilisation est la plus proche de ce
registre est celui de [Vanhove et al, 2003], [Djelal, 2004]. C'est le type plan/plan qui a
été employé pour reproduire les conditions de mise en œuvre d’un béton dans un
coffrage. Cet appareil permet d’évaluer les frottements avec la surface en métal. Mais il
ne peut pas être utilisé dans notre étude car les réactions qui se produisent dans les
tuyaux sont beaucoup plus complexes. Pour ce cas précis, en analysant la liaison entre
béton – paroi des tubes, nous parlons de la loi d’interface. La plupart des problèmes de
l’estimation des paramètres viennent de la caractérisation de cette zone. Pour ce faire,
nous avons utilisé le tribomètre modèle Ngo T. 2009.
I.10. Rappels des modèles rhéologiques des bétons frais.
Le matériau est composé de plusieurs constituants dont les principaux sont l'eau, le
ciment, le sable et les granulats (importance du diamètre du plus gros agrégat). Chacun
affecte le comportement dans son ensemble. En fait, il semble essentiel de considérer au
même niveau la rhéologie de la pâte de ciment et celle du béton. Celle-ci contient les
grains et assure leur lubrification. C'est pourquoi ses caractéristiques l’influence
grandement, mais ne la gouverne pas complètement [Roy et al, 1982]. Cette dernière
est aussi affectée par les propriétés du squelette granulaire lequel représente environ 70
% du volume.
II n'est pas possible de déduire le comportement rhéologique à partir de celui de la pâte
de ciment. L'introduction du sable (pour le cas du mortier) ou du sable et des granulats
(pour le cas du béton) l’affecte à cause du phénomène de dilution [Chouinard, 1999].
Le point commun entre le mortier et le béton est la présence d’un seuil de cisaillement
même s’il peut être faible dans certains cas. En ce qui concerne la viscosité plastique,
plusieurs modèles sont disponibles dans la littérature pour décrire celle des
suspensions. La plupart d’entre eux exprime le fait qu’elle augmente avec la
THESE FALEK KAMEL 69
concentration solide (), pour tendre vers l’infini quand elle est proche de
l’empilement.
I.10.1. Propriétés des bétons à base de granulats recyclés à l’état durci.
Les propriétés des bétons à base de granulats recyclés dépendent des exigences de
performance et de spécification. Par exemple, ceux utilisés pour les routes et les
chaussées devraient n’avoir que peu de déplacement dans les impacts de charges tandis
que ceux pour des ponts ou des bâtiments doivent contenir la force exercée, et avoir une
rigidité et une durabilité suffisante. Les travaux de recherche indiquent qu’ils peuvent
présenter des avantages dans leurs propriétés physiques et mécaniques qui pourront être
comparés à celles de ceux constitués d’agrégats naturels (Ajdukiewicz & Kliszczewicz,
2002; Lin et al. 2004; Masood, Ahmad, Arif, & Mahdi, 2002; Rashwan & bourizk,
1997; Shokry & bourizk, 1997; Tavakoli & Soroushian, 1996; İ. B. Topçu& Şengel,
2004b). Cependant, le comportement en service de ces éléments n’est pas encore très
bien maitrisé en raison des résultats limités et contradictoires obtenus (Hansen, 1986;
Montgomery & Strugiss, 1996; Nagataki et al., 2004; R. . Ravindrarajah, 1996; Sagoe-
Crentsil, Brown, & Taylor, 2001; I.B. Topçu, 1997; Ilker Bekir Topçu & Günçan,
1995). Pour évaluer leur performance pour l’usage de structures, les propriétés de
durcissement nécessitent d’être étudiées individuellement.
I.10.2. Porosité et son effet sur la perméabilité.
Les bétons à base de granulats recyclés peuvent être considérés comme poreux avec de
plus faibles résistances. Ils sont deux à cinq fois plus perméables (selon le rapport
eau/ciment) que ceux de graviers naturels. Or cette caractéristique est un facteur
important jouant un rôle majeur sur la durabilité d’un élément durci. En effet, un corps
permettant à l'eau et aux agents agressifs – tels que les ions chlorures – de le pénétrer,
diminuera à son tour la tenue de la structure au gel-dégel. Il réduira également la
réactivité chimique des granulatset la corrosion des armatures d’acier.
Par conséquent, l'évaluation de l'absorption est la première étape essentielle pour
THESE FALEK KAMEL 70
étudier la durabilité. De manière caractéristique, dans les agrégats naturels, les vides
existant dans la pâte de ciment et dans les pores ne sont pas reliés entre eux, la
perméabilité n’est donc pas affectée. Cependant, les orifices capillaires résultent de
l'évaporation de l'eau en excès qui n'a pas été utilisée pour l'hydratation du ciment. Par
conséquent, l'augmentation du rapport eau/ciment à proximité de la surface peut
fortement élever la distribution, la taille et l'interconnexion entre les interstices. Ce
rapport E/C aura, à son tour, une influence sur la porosité du béton durci (Zaharieva et
al, 2003).
I.10.3. Propriétés mécaniques.
Il a été démontré que le remplacement des granulats naturels par des recyclés provoque,
du fait d’une dureté plus faible de ces derniers, une diminution des propriétés
mécaniques telles que la résistance à la traction, à la flexion et à la compression du
béton. Parmi les principales caractéristiques, cette dernière est considérée comme la
plus importante car les structures travaillent et sont le plus souvent amenées à supporter
des charges (A. Neville, 1990). Dans la littérature, la plupart des études portent sur
l’effet des gravillons réutilisés sur la résistance et leur module d’élasticité. Pourtant, il
n’y a pas eu de recherches portées sur l’effet des éléments à base de sable recyclé.
Parmi celles trouvées dans la littérature, les plus importantes sont succinctement
présentées ci-dessous :
- Dans le cadre de leurs travaux, Kou et al. ont fabriqué un béton produit à partir de
gravillons issus de démolition de bâtiment à 0%, 20%, 50% et 100% de la masse totale
des graviers naturels. Ils ont étudié la résistance à la compression à 7, 28 et 90 jours et
ont trouvé pour chaque pourcentage de substitution une baisse de 33%, 37% et 31%
(Kou et al. 2004).
- Oliveira et al. L’ont analysée avec la substitution des graviers naturels issus de
destruction de structures à 10%, 20%, 30%, 40% et 100%. Ils ont montré qu’elle baisse
en fonction de l’augmentation du pourcentage de remplacement. Ils constatent
également que pour produire un béton avec 100% de recyclés qui donne un même ordre
de grandeur que celui de référence, le dosage du ciment doit être accru de 378 kg/m3 à
THESE FALEK KAMEL 71
475 kg/m3 (Oliveira et al, 2004).
- Poon et [Link] sont intéressés à l'influence de l’échange des gravillons naturels sur les
propriétés mécaniques. Ils ont utilisé des éléments issus de démolition avec 10%, 20%,
50%, 80% et 100% de changement et gardé le rapport E/C constant. Les résultats
montrent qu’ils ont conduit à une perte de la résistance de 24%, 16%, 19% et 10% à 3,
7, 28 et 90 jours respectivement (Poon, Kou, & Lam, 2007).
- Medina et al. ont examiné l’efficacité du béton à base de granulats réintroduits issus
de déchets de démolition avec une grande quantité d'asphalte. Les conclusions indiquent
que l'usage de 50% de ces éléments a causé une perte de la résistance à la compression à
28 jours de 18% (Medina et al, 2014).
- Oliveira et [Link] observé l’influence du module d’élasticité. Les agrégats sont
principalement produits à partir de béton détruit. Ils constatent que le remplacement
total des agrégats naturels engendre une baisse de 18% de ce paramètre (Oliveira et al.
2004).
- Kou et [Link] aussi analysé son effet sur des éléments à base de gravillons recyclés à
28 et 90 jours et à différents pourcentages de substitution (0%, 20%, 50% et 100%) de
la masse totale des granulats. Ils ont obtenu pour un remplacement de 100%, une baisse
du module d’élasticité de 40% et 28% à 28 et 90 jours respectivement (Kou et al. 2004).
- Zhao et [Link] étudié le rôle du sable recyclé de diamètre inférieur à 5 mm sur les
propriétés du mortier. La résistance à la compression diminue quasi linéairement
lorsque le pourcentage de substitution du naturel augmente. En outre, il est démontré
que la fraction fine de cet élément (0 / 0,63 mm) a un effet néfaste sur les
caractéristiques mécaniques de ce liant (Zengfeng Zhao, Remond, Damidot, & Xu,
2015).
Le programme d’action des ressources et des déchets a été développé au Royaume-Uni
pour faciliter l'usage des granulats issus de débris de démolition. La conclusion de ce
projet établit que l’utilisation de ces grains nettoie la planète et ce, quelle que soit leur
taille (qu’ils soient gros ou fins) à l’exception des gravillons recyclés avec un taux de
sulfate supérieur à 1,0% (Dhir, Paine, & Halliday, 2008). Concernant les propriétés de
ces derniers, cette même étude a conclu que les formules pour le béton de l’Eurocode 2
(EC2) peuvent être utilisées pour les propriétés mécaniques des granulats recyclés, à
l’exception du module d’élasticité sécant. En effet, l'usage de l’EC2 pour déterminer ce
THESE FALEK KAMEL 72
terme n’a pas donné de résultats fiables comparé à ceux obtenus avec les granulats
naturels. De l’utilisation des agrégats recyclés résulte une baisse de 14% dans les
déformations élastiques (Waleed & Canisius, 2007).
I.10.4 Effet de la formulation sur les bétons à base de granulats recyclés.
La résistance à la compression des bétons à base de granulats recyclés est affectée par
deux facteurs : les graviers et les caractéristiques de la nouvelle pâte de ciment.
Effectivement, la nature des pierres concassées et du sable naturel ainsi que les
performances mécaniques de l’ancien élément impactent fortement les propriétés du
nouveau. Elle est aussi fonction du durcissement lorsque la liaison chimique se
développe.
Le rapport E/C, la compacité et le raffermissement adéquat affectent le développement
de la microstructure ainsi que la répartition et la taille des pores. De plus, les granulats
fins classiques remplacés partiellement ou totalement par des agrégats de l’ancien béton
peuvent entrainer une réduction substantielle de la résistance à la compression. Par
ailleurs, l'utilisation de matériau à base de gravillons recyclés diminue l’ouvrabilité,
augmente le retrait pour une teneur en eau donnée, accroit les besoins en liquide pour
une consistance fixée, et réduit le module d'élasticité pour un rapport eau/ciment établi.
Ces effets seront davantage marqués dans le cas de l’usage de sable qui présente une
quantité d’ancien mortier plus importante que celui contenu dans les granulats. Par
ailleurs, la résistance au gel-dégel du nouveau béton dépend de ses propriétés, du
système air-vide et de la force du vieux liant.
Ravindrarajah et Tam ont montré que la tenue en compression pour l’élément à base
d’agrégats recyclés peut être réduite de 5 à 24% en comparaison avec celui de graviers
naturels (R.S. Ravindrarajah, 1985).
Cependant, il peut avoir la même fermeté voire plus élevée, dans le cas où le rapport
eau/ciment est inférieur à celui établi à partir de granulats d’origine (Hansen, 1986).
Topçu a réalisé des essais sur des échantillons cylindriques à 7 et 28 jours avec un
rapport eau/ciment de 0,6 (I.B. Topçu, 1997). Les résultats montrent une relation
inversement proportionnelle entre la résistance à la compression et le pourcentage de
substitution d’éléments recyclés.
THESE FALEK KAMEL 73
En revanche, pour un objet confectionné avec du sable normal et du gravier recyclé,
celle-ci pourrait atteindre 85 à 95% de celle du béton initial (I.B. Topçu, 1997; Ilker
Bekir Topçu & Günçan, 1995). De plus, en dessous de 20 % de remplacement de grains,
celle des échantillons de forme cubique n'est pas influencée. Au-delà, une diminution
progressive est constatée avec l'augmentation de la quantité d’agrégats recyclés
(Limbachiya, 2004).
[Link] de l’âge du béton parent sur la résistance.
L’utilisation de granulats recyclés issus de béton « jeune » (entre 1 et 3 jours) permet
d’obtenir un élément résistant à la compression. En effet, les grains réinsérés
contiennent de l’ancien ciment hydraté qui, démoli au jeune âge, confère au nouveau
une bonne tenue (Katz, 2003; Shokry & Abourizk, 1997). Les gravillons issus de
l’écrasement du matériau récemment coulé peuvent par ailleurs contenir aussi du ciment
non hydraté. Les grains réutilisés partiellement humectés pourraient influencer les
propriétés (telle que la résistance) du nouvel élément fabriqué.
Une pâte de ciment très bien imbibée avec une structure de pores fine est plus forte
qu’une non arrosée contenant un assemblage plus grossier. La quantité non humidifiée
restant dans les graviers recyclés peut améliorer la résistance du nouveau béton. Selon
les résultats de Katz (Katz, 2003), les propriétés de l’élément réalisé à partir de
l’écrasement de ces granulats à 3 jours étaient significativement meilleures que celles
des bétons à base d’éléments concassés à 1 ou 28 jours.
I.10.6. Effet de la porosité des bétons à base de gravillons recyclés.
Neville rapporte que la porosité des gravillons affecte d'autres propriétés, comme
l'absorption d'eau et la densité, mais qu’elle a également des effets significatifs sur la
perméabilité et la durabilité. Les graviers recyclés couramment utilisés dans la
fabrication du béton en ont une pouvant aller jusqu'à 5% (A. Neville, 1990), Etxeberria
rapporte que pour les agrégats naturels la valeur moyenne est de 2,3% (Etxeberria et al,
2004).
THESE FALEK KAMEL 74
CHAPITRE II:
Matériaux, matériels et programme
expérimental
THESE FALEK KAMEL 75
Dans ce chapitre, la première partie présentera les différents matériaux utilisés dans le
cadre de cette étude sur des MBE mais aussi sur les bétons. La deuxième partie
détaillera les techniques et les essais expérimentaux réalisés ainsi que leurs principes de
fonctionnement.
II - 1. Matériaux
Les matériaux utilisés pour fabriquer des MBE sont : du sable naturel, du sable recyclé,
du ciment, des adjuvants et l’eau. Des gravillons naturels et recyclés seront ajoutés pour
la confection des bétons. Leurs caractéristiques sont détaillées ci-après.
II.1.1. Sable naturel (SN) et fines recyclées (SR)
Dans cette étude, deux types de sable sont utilisés, du naturel et du recyclé :
- Le sable naturel est obtenu à partir d’un mélange de deux constituants : un semi-
concassé lavé 0/4, issu de la carrière d’El Hachimia et un 0/1 de dune de Bousaada.
- Pour les fines recyclées, on a utilisé les bétons des éprouvettes de contrôle de
laboratoire d’un chantier fixe connu et de classe de résistance à la compression variant
entre 25 et 35 MPa. Elles sont acheminées vers un concasseur mobile pour avoir les
fractions granulaires nécessaires.
II.1.2. Graviers naturels (GN) et recyclés (GR)
Deux types de graviers sont exploités dans cette étude, en voici leurs descriptions :
- Les graviers naturels sont concassés de fraction 3/8, 8/15,15/25 et lavés, issus de la
carrière de Kaf Azerouà Bordj BouArréridj.
- Les recyclés proviennent des écrasements d’éprouvettes cubiques (15*15*15 cm3) et
cylindriques (de diamètre16 cm et de hauteur 32cm), qui ont été confectionnées par les
étudiants de quatrième année lors des séances de travaux pratiques.
THESE FALEK KAMEL 76
(a) Gravillons naturels (GN
(b) Gravillons recyclés (GR)
Figure II.1 : Photographies des gravillons naturels et recyclés utilisés.
II.2. Propriétés des granulats
Il est certain que les granulats obtenus à partir d'un béton concassé ont des propriétés
différentes et par conséquent, il est normal que des travaux importants sur le tri des
matériaux de démolition soient faits, pour obtenir des agrégats les plus propres
possibles. Dans notre cas, nous avons utilisé une série d'éprouvettes d'un élément
naturel de classe C30, provenant d’un même projet de construction. Les graviers ont
été obtenus à l'aide d'un concasseur à mâchoires. La masse volumique des éléments
recyclés est inférieure à celle des naturels.
THESE FALEK KAMEL 77
Figure II.2 : Photographie du concassage des éprouvettes
II.2.1. Eau de gâchage
L’eau de gâchage utilisée pour la confection des différents MBE et bétons est l’eau
potable du robinet. La masse volumique prise en compte pour les calculs de formulation
est de 1000 kg/m3
II.2.2. Ciment
Celui adopté est un portland composé (CEM III/A 42.5 N) provenant de la cimenterie
de M’sila du groupe LAFARGE.
Tableau II.1. :Composition chimique du ciment
Caractéristiques Résultats % Normes
SiO2 16.8 NA 443
Al2O3 2.94 //
Fe2O3 1.68 //
CaO 58.83 //
MgO 2.35 //
SO3 0.60 //
K2O 0.03 //
Na2O 0.15 //
TiO2 0.22 //
P.A.F 1.74 //
THESE FALEK KAMEL 78
II.2.3. Les adjuvants
Les adjuvants pour lesquels on a opté dans ce travail sont des produits disponibles dans
le commerce et couramment employés par les professionnels. Deux superplastifiants à
base de polycarboxylates d’origines différentes ont été sélectionnés pour l’étude.
Le Medaflow30 de chez Granitex est un haut réducteur d’eau de la troisième génération,
qui diminue la teneur en eau, sans effet retardateur conforme à la norme EN 934-2. Il est
puissant et confère aux bétons une longue rhéologie et une robustesse aux variations
d’eau
.Le Superior 527 de Tekna Chem est présenté comme hautement réducteur d’eau,
formulé à base d’une nouvelle génération d’éthers polycarboxylates modifiés pour le
béton prêt à l’emploi. Son facteur eau/ciment est très faible, il présente une rhéologie
exceptionnelle avec un long maintien d’ouvrabilité.
II.3. Matériels et tests pour les bétons
II.3.1. Le malaxeur
Le malaxeur à béton utilisé dans cette étude est planétaire à axe rotatif vertical. Ce type
est généralement utilisé pour la fabrication en laboratoire. Il est constitué d’un
motoréducteur relié à des pales de malaxage dans une cuve fixe de capacité nominale de
56 litres. Elles comprennent deux trains valseurs tournant autour d'un même axe et une
tige de raclage en bord. La vidange se fait par basculement ou par une trappe manuelle
située au fond du récipient
THESE FALEK KAMEL 79
Figure II.3 : Malaxeur
II.3.2. Procédure de fabrication du béton
Le temps de malaxage du béton est de 5 minutes (à partir de l’introduction de l’eau). La
procédure est résumée dans le tableau suivant :
Tableau II.2 : Procédure de préparation du béton
Etape Procédure Durée
1 Malaxer à sec les gravillons naturels avec le sable naturel et le 2 minutes
ciment
2 Introduire 2/3 eau et malaxer 1 minute
3 Introduire 1/3 eau restante plus adjuvant et malaxer 30 secondes
4 Stopper le malaxage et laisser reposer 1 minute
5 Malaxer le tout 2 minutes 30
Mise en place dans le cône d’Abrams pour affaissement.
[Link] d'affaissement
L'essai d'affaissement est effectué conformément à la norme [Link].12350-2. Le test
consiste à mouler des troncs de cône (partie basse de diamètre 20 cm et partie haute de
diamètre 10 cm). Ces derniers sont mouillés et placés sur une surface humide. Le béton
est ajouté en trois couches égales piquées chacune 25 fois avec une tige métallique de
16 mm de diamètre. L'excès est arasé au sommet et toutela substance superflue est
THESE FALEK KAMEL 80
retirée autour de l’assise. Puis le moule est soulevé à vitesse constante sur cinq secondes
et est déposé à côté de la plateforme. La mesure d'affaissement (ou slump) est prise à
partir du centre du matériau effondré. C’est l’essai le plus couramment employé car il
est très simple à mettre en œuvre. Il est utilisable quand la dimension maximale des
granulats est inférieure ou égale à 40 mm.
Figure II.4 : Appareillage et mode opératoire de l’essai au cône d’Abrams.
Par ailleurs, la consistance du béton est définie selon la classe d’affaissement, nommée
S (l'initiale du nom de l’essai en anglais : Slump test). Elles sont notées S1, S2, S3, S4
et S5. A chacune correspondent des champs d’applications qui seront fonction de la
hauteur d’affaissement ou de la taille du disque final. Cette répartition est présentée
dans le Tableau II.3 ci-dessous.
Tableau II.3 : Consistance du béton en fonction de son affaissement
Affaissement XP P18 – 305 NF EN Champs d’applications
(mm) 206-1
De 10 à 40 Béton ferme F S1 Escalier, accès avec fortes pentes (garage,
sous-sol), glissière en coffrage coulissant
De 50 à 90 Béton S2 Dalle pleine vibrée
plastique P
De 100 à 150 Béton très S3 Fondations, dalles, voiles courants
plastique TP
De 160 à 210 Béton fluide S4 Fondations, dalles, voiles avec forte
FI densité de ferraillage
> 220 / S5 Voiles complexes, dalles, fondations
THESE FALEK KAMEL 81
II.3.4 Cristallographie aux rayons X
Cliché de diffraction de la protéasevirale 3CLpro cristallisée
La cristallographie ou diffractométrie de rayons X (DRX, on utilise aussi souvent
l'abréviation anglaise XRD pour X-ray diffraction) est une technique d'analyse fondée
sur la diffraction des faisceaux sur la matière. Elle fait partie des méthodes
de propagation élastique. Celle-ci n'ayant lieu que sur la matière cristalline, on parle
aussi deradiocristallographie. Pour les matériaux non-cristallins, on parle de diffusion.
Cette méthode utilise un faisceau de rayons X qui rencontre le cristal provoquant sa
dispersion dans des directions spécifiques. Par la mesure des angles et de l'intensité des
faisceaux réfractés, il est possible d'obtenir une image tridimensionnelle de la densité
électronique dans le cristal. À partir de cette dernière, la position moyenne des atomes
peut être déterminée, ainsi que leurs liaisons chimiques, leur entropie et d'autres
informations.
THESE FALEK KAMEL 82
Figure II.5: Exemple de diffractogramme de poudre
Les données collectées forment le diagramme de diffraction ou [Link]
essais ont été réalisés au niveau du laboratoire de la faculté des Sciences de la Terre de
l’USTHB, pour des échantillons de granulats naturels et recyclés.
II .[Link] de rhéologie et de tribologie
Les essais rhéologiques sont effectués avec un appareil développé au laboratoire L2MGC
de Cergy par Soualhi et al (H Soualhi, 2014). C’est un rhéomètre de type Couette. Le but
de ce test est de mesurer les caractéristiques du béton (le seuil de cisaillement en Pa et la
viscosité plastique Pa.s-1). L’épreuve consiste à faire tourner la pale dans un échantillon à
l’état frais qui est placé dans le cylindre. Elle est mise en rotation à différentes vélocités
suivant le profil défini dans le Tableau II.6. Le couple, nécessaire pour la faire tourner est
enregistré au cours du temps. Les mesures en fonction des vitesses imposées sont effectuées
par l’agitateur. Le fonctionnement de ce dernier est directement relié à une station avec un
logiciel appelé watch & control.
THESE FALEK KAMEL 83
Figure II.6 : Essai de tribométrie au labo FGC
Figure II.7: Les différents paliers de vitesses (croissants/décroissants)
imposés au cylindre mobile du Tribomètre
THESE FALEK KAMEL 84
II.3.6. Principe de fonctionnement du tribomètre
Le principe consiste à mettre en rotation à différentes vitesses une pièce cylindrique en
acier lisse dans un échantillon de béton frais. Les couples de frottement requis à
l’interface pour maintenir la giration sont enregistrés. Au cours de l’essai, il se crée une
strate de lubrification à la liaison avec l’éprouvette tournant. Le glissement entre le
moule et le modèle s’effectue grâce à elle. Sa formation peut s’expliquer à partir du
processus de ressuage. Les molécules d’eau ont tendance à percoler vers la surface de
façon à former une pellicule liquide. En effet, lorsqu’elles remontent à la surface du
béton, elles emmènent avec elle les particules solides les plus fines. Lorsque l’élément
est mis en rotation, il entraîne par son mouvement l’enveloppe de coulis, et dégage les
gros graviers voisins vers l’extérieur de la zone cisaillée, aspirant de ce fait les
constituants de cette région pour remplir les vides laissés par des agrégats et constituant
ainsi une couche limite.
II.3.7. Les parties principales du tribomètre
Le tribomètre se compose de trois parties principales :
Un agitateur à régulation électronique de vitesse permettant l’enregistrement du
couple.
Une pièce cylindrique en acier lisse de 10 cm de hauteur et 10,7 cm de diamètre.
Un récipient de 30x20 cm (respectivement son diamètre et sa hauteur).
L’agitateur est placé en haut du moule tournant, qui est lui-même plongé dans une cuve
contenant le béton pour éviter des effets de paroi au fond du récipient (Figure II.8).
THESE FALEK KAMEL 85
Figure II.8 : Les éléments essentiels du tribomètre.
Un essai avec cet appareil consiste à effectuer une série de points de mesure, avec une
vitesse de rotation décroissante. Pour chacun, le logiciel spécifique, installé dans
l’ordinateur pour piloter le mouvement, relève le moment (T) correspondant à la
célérité de giration (V). L’acquisition des différents couples (T, V) est exécutée par
l’ordinateur.
Le résultat brut d’un test réalisé avec le tribomètrese présente sous la forme
T T0 kV
T (N.m) est le couple total appliqué sur le cylindre tournant ;
T0 (N.m) le couple à l’origine ;
K(N.m.s) un coefficient de régression linéaire;
V (tour/s) est la vitesse de rotation du cylindre.
II.4. Caractéristiques des matériaux
Dans cette partie, nous nous intéressons aux caractéristiques physiques de notre
matériau. Nous allons, tout d’abord, considérer les masses volumiques, en vrac,
apparentes et absolues des éléments étudiés. Ensuite nous envisagerons certaines
propriétés telles que la porosité, l’essai de gangage, le coefficient d’aplatissement,
l’absorption d’eau des granulats.
THESE FALEK KAMEL 86
II.4.1. Détermination des mases volumiques en vrac (graviers)
Le but de cet essai est de déterminer la masse volumique accessible en vrac. Par
définition, c’est le rapport entre la masse du matériau et le volume apparent, interstices
compris, de l’ensemble des grains (intragranulaires et intergranulaires).
Principe de détermination de la masse volumique en vrac.
Il suffit de remplir un récipient de volume connu et de déterminer la masse du contenu.
Le mode d’emplissage du flacon influe sur le tassement et donc sur les résultats de
l’essai. Pour cela il doit se faire à l’aide d’un entonnoir maintenu à une hauteur de chute
constante pour garder un degré de pression défini et assurer des fins reproductibles.
Pour chaque nature de granulats, aussi bien naturel que recyclé, trois à quatre essais ont
été effectués. La valeur moyenne obtenue représente la masse volumique en vrac de
l’échantillon étudié.
Tableaux II.4. : Résultats des Masse volumique en vrac (graviers naturels et recyclés)
Gravier 15/25 (normal) 1 2 3
Masses volumiques en vrac moyenne
Volume de mesure V(cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 502,3 502,3 502,3
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 824,3 1 874,6 1 806,6
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 322,0 1 372,3 1 304,3 1,33
Masses volumique en vrac (g/cm )3 1,32 1,37 1,30
Gravier 15/25 (recyclé) 1 2 3
Masses volumiques en vrac moyenne
Volume de mesure V(cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 502,4 502,4 502,4
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 695,9 1 687,1 1 686,0
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 193,5 1 184,7 1 183,6
1,19
Masses volumique en vrac (g/cm 3) 1,19 1,19 1,18
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Gravier 8/15 (normal) 1 2 3
Masses volumiques en vrac Moyenne
Volume de mesure V (cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure videM1 (g) 502,3 502,3 502,3
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 906,0 1 829,3 1 855,5
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 403,7 1 327,0 1 353,2
Masses volumique en vrac (g/cm 3) 1,40 1,33 1,35 1,36
Gravier 8/15 (recyclé) 1 2 3
Masses volumiques en vrac Moyenne
Volume de mesure V (cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 502,4 502,4 502,4
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 735,7 1 806,9 1 759,9
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 233,3 1 304,5 1 257,5
Masses volumique en vrac (g/cm 3) 1,23 1,30 1,26 1,26
2 3
Gravier 3/8 (normal) 1
Masses volumiques en vrac Moyenne
Volume de mesure V (cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 502,3 502,3 502,3
Masse de mesure pleineM2 (g) 1 936,9 1 920,3 1 923,6
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 434,6 1 418,0 1 421,3
Masses volumique en vrac (g/cm 3) 1,44 1,42 1,42 1,42
Gravier 3/8 (recyclé) 1 2 3
Masses volumiques en vrac moyenne
Volume de mesure V (cm )
3 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 502,4 502,40 502
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 713,6 1 677,1 1 686
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 211,2 1 174,7 1 184
MassesVolumiques Vrac(g/ 1,21 1,17 1,18 1,19
Le même travail a été effectué pour les différents types de sable que nous avons utilisé,
qu’ils soient naturels ou recyclés.
THESE FALEK KAMEL 88
Tableaux II.5. : Résultats des Masse volumique en vrac (sable naturel et recyclés)
Sable Jaune (normal) 1 2 3
Masses volumiques en vrac Moyenne
Volume de mesure V (cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 162,6 162,6 162,6
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 651,9 1 660,6 1 691,8
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 489,3 1 498 1 529,2
Masses volumique en vrac (g/cm 3) 1,49 1,49 1,53 1,51
Sable Gris (Normal) 1 2 3
Masses volumiques en vrac Moyenne
Volume de mesure V (cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 162,6 162,6 162,6
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 770 1 764,2 1 742,7
Masse du matériau M2-M1 (g) 1 607 1 601,6 1 580,1
Masses volumique en vrac (g/cm 3) 1,61 1,60 1,58 1,59
Sable Gris 0/3 (Recyclé) 1 2 3
Masses volumiques en VRAC Moyenne
Volume de mesure V (cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 500,6 500,6 500,6
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 632,6 1 618,7 1 618,2
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 132,0 1 118,1 1 117,6
Masses volumique en vrac (g/cm 3) 1,13 1,13 1,12 1,13
THESE FALEK KAMEL 89
Sable Gris Fine (Recyclé) 1 2 3
Masses volumiques en vrac Moyenne
Volume de mesure V (cm 3) 1 000 1 000 1 000
Masse de mesure vide M1 (g) 500,6 500,6 500,6
Masse de mesure pleine M2 (g) 1 630,2 1 642,3 1 631,7
Masse du matériauM2-M1 (g) 1 129,6 1 141,7 1 132,1
Masses volumique en vrac (g/cm 3) 1,13 1,14 1,13 1,13
II.4.2. Détermination des mases volumiques apparentes
La masse volumique apparente d’un matériau est le rapport entre la masse séche du
matriau sur son volume apparent y compris les vides intragranulaires.. Elle dépend de la
porosité. Elle a été déterminée pour les diverses sortes de granulats que nous avons
employés.
Tableaux II.6. : Résultats des Masses volumique apparentes (graviers naturels et
recyclés)
Gravier 15/25 (normal)
Masses volumiquesapparentes 1 2 3 Moyenne
Masse de matériauM1 (g) 132,1 147,8 142,1
Masse de matériau paraffiné M2 (g) 143,8 166,4 145,6
Volume d'eau initial V1 (cm 3) 130 130 130
Volume d'eau final V2 (cm 3) 191 205 186
Volume du matériau paraffiné DV
(cm 3) 61,00 75,00 56,00
Volume de la paraffine Vp (cm 3) 11,94 18,98 3,57
Volume du matériau V (cm 3) 49,06 56,02 52,43
Masses volumique apparente (g/cm 3) 2,69 2,64 2,71 2,68
THESE FALEK KAMEL 90
Gravier 15/25 (RECYCLE)
Masses volumiquesapparentes 1 2 3 Moyenne
Masse de matériau M1 (g) 71,1 71,3 75,3
Masse de matériau paraffiné M2 (g) 72,1 88,8 83,7
Volume d'eau initial V1 (cm 3) 70 90 122
Volume d'eau final V2 (cm 3) 99 136 161
Volume du matériau paraffiné DV
(cm 3) 29,00 46,00 39,00
Volume de la paraffine Vp (cm 3) 1,02 17,86 8,57
Volume du matériau V (cm 3) 27,98 28,14 30,43
Masses volumique apparente (g/cm 3) 2,54 2,53 2,47 2,52
Gravier 8/15 (normal)
Masses volumiquesapparentes 1 2 3 Moyenne
Masse de matériau M1 (g) 48,5 35,6 63
Masse de matériau paraffine M2 (g) 59,1 36,6 65,7
Volume d'eau initial V1 (cm 3) 61 60 60
Volume d'eau final V2 (cm 3) 91 75 87,5
Volume du matériau paraffine DV
(cm 3) 30,00 15,00 27,50
Volume de la paraffine Vp (cm 3) 10,82 1,02 2,76
Volume du matériau V (cm 3) 19,18 13,98 24,74
Masses volumique apparente (g/cm 3) 2,53 2,55 2,55 2,54
THESE FALEK KAMEL 91
Gravier 8/15 (RECYCLE)
Masses volumiquesapparentes 1 2 3 Moyenne
Masse de matériau M1 (g) 54,7 53,5 50,4
Masse de matériau paraffiné M2 (g) 56,2 62,8 58,1
Volume d'eau initial V1 (cm 3) 109 110 111
Volume d'eau final V2 (cm 3) 132 141 140
Volume du matériau paraffiné DV
(cm 3) 23,00 31,00 29,00
Volume de la paraffine Vp (cm 3) 1,53 9,49 7,86
Volume du materiauV (cm 3) 21,47 21,51 21,14
Masses volumique apparente (g/cm 3) 2,55 2,48 2,38 2,47
Gravier 3/8 (normal)
Masses volumiqueapparentes 1 2 3 Moyenne
Masse de matériau M1 (g) 26,1 32 30
Masse de matériau paraffine M2 (g) 30,6 38,1 41,4
Volume d'eau initial V1 (cm 3) 60 60 60,5
Volume d'eau final V2 (cm 3) 75,5 79 85
Volume du matériau Paraffiné DV
(cm 3) 15,50 19,00 24,50
Volume de la paraffine Vp (cm 3) 4,59 6,22 11,63
Volume du matériau V (cm 3) 10,91 12,78 12,87
Masses vol. apparente (g/cm 3) 2,39 2,50 2,33 2,41
THESE FALEK KAMEL 92
Gravier 3/8 (RECYCLE)
Masses volumique apparente 1 2 3 Moyenne
Masse de matériau M1 (g) 12,4 7 10,5
Masse de matériau paraffiné M2 (g) 14 9,2 13,8
Volume d'eau initial V1 (cm 3) 89 71 62
Volume d'eau final V2 (cm 3) 96 75,5 71
Volume du matériau paraffine DV
(cm 3) 7,00 4,50 9,00
Volume de la paraffine Vp (cm 3) 1,63 2,24 3,37
Volume du matériau V (cm 3) 5,37 2,26 5,63
MASSES VOLUMIQUE
2,43
APPARENTE (g/cm 3) 2,31 3,10 1,86
II.4.3. Détermination des mases volumiques absolues (réelles)
La masse volumique absolue est le rapport de la masse séche du matériau sur le
volume réel, déduction faite de tous les vides aussi bien entre qu’à l’intérieur des
grains. Sa détermination est liée à celle de la mesure de la phase solide (sans les vides)
occupée par une masse sèche du matériau à étudier. Le volume absolu dépend de la
mise en communication des pores intra granulaires avec l’extérieur. Il s’agit donc de
réduire le corps en une poudre très fine, dont chaque élément est compact, sans aucun
espace, et l’on mesure ainsi la quantité du liquide déplacé par une quantité M de cet
élément. Le fluide utilisé ne doit pas être réactif avec la substance à tester. Pour des
raisons de commodité on utilise souvent de l’eau et pour les liants on utilise des
alcools (Benzène, méthanol, Kerdane, xylène).
THESE FALEK KAMEL 93
Tableaux II.7. : Résultats des Masses volumique absolues
(3/8 broyé normal)
Masses volumiques absolues 1 2 3 Moyenne
Masse pycnomètre vide M1 (g) 36,40 36,40 36,20
Masse pycnomètre + matériauM2 (g) 58,40 62,20 75,10
Masse du matériauM2-M1 (g) 22,00 25,80 38,90
Masse du pycnomètres + eau + matériau M3 149,20 150,00 159,20
Volume d'eau ajouté V=M3-M2 (cm 3) 90,80 87,80 84,10
Volume du matériau V1 (cm 3) 7,94 9,97 14,64
Masses volumique absolue (g/cm 3) 2,77 2,59 2,66 2,67
(0/3 Broye recyclé avec méthanol)
Moyenne
Masses volumiques absolues 1 2 3
Masse pycnomètre vide M1 (g) 69,40 68,50 68,20
Masse pycnomètre + matériauM2 (g) 92,50 88,60 90,70
Masse du matériau M2-M1 (g) 23,10 20,10 22,50
Masse du pycnomètre + meth + matériauM3 169,10 164,90 168,40
Masse du meth ajoute M=M3-M2 (g) 76,60 76,30 77,70
Volume DE [Link]é V=Méth/0,79 (cm
3
) 96,15 95,77 97,53
3
2,60
Volume du matériau V1=Vpycno-V (cm ) 8,95 8,03 8,27
Masses volumique absolue (g/cm 3) 2,58 2,50 2,72
Détermination des masses volumiques des fines recyclées
(Fine recyclé)
Masses volumiques absolues 1 2 3 Moyenne
Masse pycnomètre vide M1 (g) 36,10 36,10 68,70
Masse pycnomètre + matériau M2 (g) 125,80 114,10 140,00
Masse du matériauM2-M1 (g) 89,70 78,00 71,30
Masse du pycnomètre + eau + matériau
M3 (g) 183,60 176,50 214,00
3
Volume d'eau ajouté=M3-M2(cm ) 57,80 62,40 74,00
Volume du matériau V1(cm 3) 39,97 36,34 30,20
2,25
Masses volumique absolue (g/cm 3) 2,24 2,15 2,36
THESE FALEK KAMEL 94
(Fines recyclées)
Masses volumiques absolues 1 2 3
MASSE PICNOMETRE VIDE M1 (g 68,20 36,10 36,20
MASSE PICNOMETRE + MATERIAU M2 (g) 98,30 66,30 68,40
MASSE DU MATERIAU M2-M1 (g) 30,10 30,20 32,20
MASSE DU PICNOMETRE + EAU + MATERIAU M3 (g) 191,30 151,30 153,50
VOLUME D'EAU AJOUTE V=M3-M2 (cm 3) 93,00 85,00 85,10
3
VOLUME DU MATERIAU V1 (cm ) 12,80 12,77 13,64
MASSES VOLUMIQUE ABSOLUE (g/cm 3) 2,35 2,36 2,36
3
MOYENNE DES MASSES VOLUMIQUES (g/cm ) 2,36
II.4.4. Détermination des porosités :
La porosité est l'ensemble des interstices d'une roche ou d'une autre substance pouvant
contenir des fluides (liquide ou gaz). C’est aussi une valeur numérique qui caractérise
ces espaces, le rapport du volume des vides du matériau divisé par le volume total.
La porosité des granulats est généralement corrélée à leur capacité d’absorption. Le
taux de ciment dans le béton parent influe également sur celle-ci. Elle augmente
significativement avec la quantité de pâte de liant. Grâce à des analyses microscopiques,
Tam et [Link] décrit la géométrie de la porositépour des agrégats recyclés. Des
interstices sont présents entre les gravillons naturels et la pâte de ciment selon eux, qui
fragilisent le matériau et limitent l’emploi de ces éléments dans la fabrication des bétons
(Benabed B, Azzouz L, Kadri E-H, et al.).
GRAVIER 3/8 Naturel Recyclé Naturel Recyclé Naturel Recyclé
Masse matériau secM0 (g) 307 304,5 435,9 466,6 432,5 452,7
Masse du matériau humide M1 (g) 308,6 324,6 444,2 502,5 437,8 483,2
Volume des pores ouverts M1-M0 (Cm3) 1,6 20,1 8,3 35,9 5,3 30,5
Masse volumique (g/cm3) 2,41 2,426 2,41 2,41 2,41 2,41
Volume apparent (cm3) 127,38 125,51 180,87 193,61 179,46 187,84
Porosité intragranulaire P (%) 1,26 16,01 4,59 18,54 2,95 16,23
Moyenne porosité naturelP (%) 2,93
Moyenne porosité recycle P (%) 16,93
THESE FALEK KAMEL 95
GRAVIER 8/15 Naturel Recyclé Naturel Recyclé Naturel Recyclé
Masse matériau sec M0 (g) 302,6 318,9 494,2 420,7 491,3 414,3
Masse du matériau humide M1 (g) 304,3 323,5 495,2 427,6 493,9 426,9
Volume des pores ouverts M1-M0 (Cm3) 1,7 4,6 1 6,9 2,6 12,6
Masse volumique (g/cm3) 2,54 2,47 2,54 2,47 2,54 2,47
Volume apparent (cm3) 119,13 128,95 194,57 170,12 193,42 167,53
Porosité intragranulaire P (%) 1,43 3,57 0,51 4,06 1,34 7,52
Moyenne porosité naturel P (%) 1,09
Moyenne porosité recyclé P (%) 5,05
GRAVIER 15/25 Naturel Recyclé Naturel Recyclé Naturel Recyclé
Masse matériau sec M0 (g) 324,1 308,5 531,7 421,5 528,8 416,1
Masse du matériau humide M1 (g) 324,8 314,2 531,9 428,7 531,8 428,2
Volume des pores ouverts M1-M0 (Cm3) 0,7 5,7 0,2 7,2 3 12,1
Masse volumique (g/cm3) 2,68 2,516 2,41 2,41 2,41 2,41
Volume apparent (cm3) 120,93 122,61 220,62 174,89 219,42 172,65
Porosité intragranulaire P (%) 0,58 4,65 0,09 4,12 1,367 7,01
Moyenne porosité naturel P (%) 0,68
Moyenne porosité recyclé P (%) 5,26
On remarque que les porosités des granulats recyclés sont beaucoup plus importantes
que celles des agrégats naturels. Elles présentent des valeurs 5 à 8 fois plus grandes
pour tous les types de graviers.
II.5.1 Absorption des granulats
Les granulats recyclés de bétons ont comme caractéristique une forte capacité
d’absorption. Cette propriété reste vraie quelle que soit la provenance du liant associé.
Ce critère influe considérablement sur le comportement rhéologique des éléments frais.
Les compositions de GRB nécessitent une quantité d’eau supplémentaire pour
l’obtention d’une ouvrabilité plastique similaire à celle des bétons de granulats naturels.
En effet, ils en requièrent approximativement 15% en plus pour un même affaissement
THESE FALEK KAMEL 96
qu’un élément classique ([Link], 1986). C’est bien évidemment la conséquence de
la présence de la pâte de ciment, mais plus particulièrement de sa structure alvéolaire
(Gómez-Soberón JM.). En effet, celle-ci est reconnue pour être un matériau poreux. Les
interstices ont tendance à capter l’eau et à la retenir. Il n’y en a donc pas suffisamment
pour hydrater les grains de ciment.
Soit un matériau de masse sèche Ms que l’on va plonger pendant 24 heures dans de
l’eau à 20°C, puis il va être séché extérieurement à l’aide de serviettes. On détermine
Mi, la nouvelle valeur, plus grande, de la masse de cet élément humide à l’intérieur. Le
coefficient d’absorption d’eau est défini comme étant le rapport de l’augmentation de la
masse après imbibition, c'est-à-dire (Mi – Ms) sur la valeur initiale Ms.
Soit A(%) = 100 (Mi – Ms)/Ms
La détermination de cette quantité a été effectuée pour les types de granulats qui ont été
considérés dans cette étude, à savoir le 15/25, le 8/15 et le 3/8 et cela toutes les quinze
minutes, cela durant une heure. Les tableaux suivants regroupent les résultats qui ont
été obtenus.
GRAVIER 15/25
Temps en minutes
0 15 30 45 60
Masse M en (g) 535,8 532,9 531,9 531,1 530,8
Norml Taux d'absorption % 3,53 3,00 2,82 2,67 2,62
Masse M en (g) 437,3 430,3 428,1 427,8 427,4
Recyclé Taux d'absorption % 4,50 2,95 2,45 2,38 2,29
Temps en minutes
0 15 30 45 60
Masse M en (g) 530,9 530 529,6 529,4 529,4
Normal Taux d'absorption % 2,86 2,62 2,51 2,47 2,44
Masse M en (g) 428,5 427,7 427,5 427,2 427,1
Recyclé Taux d'absorption % 2,66 2,48 2,43 2,36 2,34
THESE FALEK KAMEL 97
GRAVIER 8/15
Temps en minutes
0 15 30 45 60
Masse M en (g) 501 496 494,3 493,3 492,9
Normal Taux d'absorption % 3,73 2,76 2,43 2,23 2,15
Masse M en (g) 432,2 428,5 426,8 426,2 425,8
Recyclé Taux d'absorption % 3,73 2,89 2,51 2,37 2,28
Temps en minutes
0 15 30 45 60
Masse M en (g) 495,6 493,7 493,3 492,8 492,7
Normal Taux d'absorption % 2,82 2,39 2,31 2,19 2,15
Masse M en (g) 427,4 425,8 425,6 425,4 425,1
Recyclé Taux d'absorption % 2,99 2,54 2,47 2,42 2,35
GRAVIER 3/8
Temps en minutes
0 15 30 45 60
Masse M en (g) 436,6 435,3 434,5 434,2 433,7
Normal Taux d'absorption % 2,59 2,25 2,07 1,98 1,84
Masse M en (g) 487,5 483,4 481 479 478
Recyclé Taux d'absorption % 8,49 7,70 7,23 6,87 6,65
Temps en minutes
0 15 30 45 60
Masse M en (g) 1024 1015,7 1011,7 1007,3 1005,7
Normal Taux d'absorption % 2,34 1,55 1,16 0,72 0,57
Masse M en (g) 1075,4 1060 1056,5 1054,2 1052,4
Recyclé Taux d'absorption % 7,00 5,65 5,34 5,13 4,97
THESE FALEK KAMEL 98
Il est à noter que pour les agrégats 15/25 et 8/15, les valeurs du coefficient d’absorption
pour les matériaux naturels et recyclés sont quasiment identiques. Par contre, les
résultats relatifs au granulat 3/8 évoluent de manière très différente. En effet le rapport
entre ces termes, pour les deux types de graviers, passe d’environ 3 au début de la
manipulation à des valeurs plus importantes au bout d’une heure. Dans le deuxième
exemple présenté, il est observé une plus grande différence entre ces grandeurs. On
commence avec un rapport de 3 et on termine à pratiquement 9.
II.6. Essai de gangage.
L’objet de cet essai est la détermination du pourcentage pondéral de pâte de ciment
collée aux granulats.
Il s’agit d’évaluer la perte de masse par dissolution dans de l’acide chlorhydrique à
33%, après immersion, séchage et à une température de 20°c.
Les valeurs trouvées sont susceptibles d’être approximatives compte tenu des pertes
d’autres constituants desagrégats recyclés dissous dans l’acide.
Cette méthode permet de comparer d’une façon quantitative les pourcentages
pondéraux massiques obtenus pour un même prélèvement puis pour des prises
différentes et d’évaluer leur influence sur d’autres propriétés.
Gravier recyclé 3/8
Masse Masse après Massesèche Massesèche
sèche immersion après 02heures après 24heures
HCl(humide)
200,00 g 141,70 g 135,30 g 135,00 g
Gravier recyclé 8/15
Massesèche Masse après Massesèche Masse sèche
immersion après 02heures après 24heures
HCl(humide)
200,00 g 149,80 g 144,60 g 144,60 g
THESE FALEK KAMEL 99
Gravier recyclé 15/25
Masse Masse après Masse sèche Masse sèche
sèche immersion après 02heures après 24heures
HCl(humide)
200,60 g 189,80 g 186,30 g 185,10 g
Ceci nous donne un pourcentage pondéral de :
8% pour le gravier 15/25
38% pour le gravier8/15
48% pour le gravier 3/8
Le pourcentage pondéral de la pâte de ciment collée aux granulats est relativement
faible pour le gravier 15/25. Par contre, il en est tout autrement pour le 8/15 où cette
valeur atteint les 40% et pire encore pour le 3/8 où l’on arrive pratiquement à 50%.
II.7. Coefficient d’aplatissement
L’épaisseur E, la longueur L et la grosseur G sont les trois grandeurs qui définissent la
forme d’un granulat. Pour la plus grande dimension d’un agrégat, supérieure à 4 mm, le
pourcentage pondéral d’éléments qui vérifient la condition, G/E > 1,58, est le
coefficient d’[Link] sa valeur est importante plus le granulat est allongé. Il
est obtenu en réalisant une double analyse granulométrique par voie sèche sur le même
échantillon, en utilisant tout d’abord des tamis à mailles carrées puis des grilles à fentes
parallèles de largeur normalisée.
Pour une classe granulaire d/D, il est défini comme étant égal à :
CA = 100 m/M
Où m : masse passant par le tamis à fentes d’écartement D/2.
THESE FALEK KAMEL 100
Granulats recyclés :
Mg(g) Me(g)
20-25
16-25 1093,3 12,5/10 430,9
12,5-16 83,4 8 170,1
10-12,5 304,9 6,3 72,2
8 10 152,4 5 23,8
6,3-8 111,3 4 119,5
5-6,3 134,2 3,15 48,6
4 5 147,9 2,5 22,9
Somme 2 027,40 888,00
(Me/Mg)*100= 43,80
Granulats naturels :
Pour le 15/25
Mg(g) Me(g)
20-25
16-25 1525,2 12,5/10 287,6
12,5-16 95,8 10 82,5
10-12,5
Somme 1 621,00 370,10
(Me/Mg)*100= 22,83
THESE FALEK KAMEL 101
Pour le 8/15
Mg(g) Me(g)
16-25
12,5-16 95,8 8 12,5
10-12,5 223,3 6,3 18
8 10 195,9 5 26,3
6,3-8 61,6 4 9,7
Somme 576,60 66,50
(Me/Mg)*100 = 11,53
Pour le 3./8
Mg (g) Me (g)
8 10
6,3-8 351,4 4 49,2
5-6,3 450,4 3,15 48,5
4 5 464,4 2,5 65,8
327,5
Somme 1 593,70 163,50
(Me/Mg)*100 = 10,26
Vu les ordres de grandeur, nous pouvons conclure que les granulats naturels, qui ont un
coefficient d’aplatissement inférieur ou voisin de la valeur 20, ont des formes plus ou
moins cubiques et sont donc bien adaptés à l’utilisation comme composants du béton.
Par contre, pour les agrégats recyclés, une valeur supérieure à 40 a été obtenue, donc ils
présentent des allures plates ou allongées, ce qui en fait des éléments mal conçus pour
leur emploi dans les travaux de construction.
THESE FALEK KAMEL 102
[Link] « Diffractométrie de rayons X »
Graphe pour les Agrégats Naturels
Counts
aoudjane1
3000
2000
1000
0
10 20 30 40 50 60 70 80
Position [°2Theta]
Identified Patterns List:
Visible Ref. Code Score Compound Displaceme Scale Factor Chemical
Name nt [°2Th.] Formula
* 01-083- 51 Quartz, syn 0,000 0,922 Si O2
2467
* 01-070- 45 Calcium 0,000 0,410 Ca C O3
0095 Carbonate
* 01-072- 32 Calcite, syn 0,000 0,164 Ca C O3
1214
* 01-078- 30 Quartz $- 0,000 0,147 Si O2
1253 alpha, syn
* 00-004- Unmatched Portlandite, 0,000 0,059 Ca ( O H )2
0733 Strong syn
THESE FALEK KAMEL 103
Graphe pour les Agrégats recyclés
Counts
6000 aoudjane2
4000
2000
0
10 20 30 40 50 60 70 80
Position [°2Theta]
Visible Ref. Code Score Compound Displacement Scale Factor Chemical
Name [°2Th.] Formula
* 00-004-0733 6 Portlandite, 0,000 0,060 Ca ( O H )2
syn
* 01-083-1762 6 Calcite 0,000 0,077 Ca ( C O3 )
* 00-046-1045 9 Quartz, syn 0,000 0,016 Si O2
* 01-083-0539 0 Quartz 0,000 0,011 Si O2
* 00-044-1481 6 Portlandite, 0,000 0,082 Ca ( O H )2
syn
* 00-041-1451 19 Ettringite, 0,000 0,064 Ca6 Al2 ( S
syn O4 )3 ( O H
)12 !26 H2 O
* 00-029-0374 31 Calcium 0,000 0,066 Ca2 Si O4 !3
Silicate H2 O
Hydrate
00-034-0002 13 Calcium 0,000 0,025 Ca O ! Si O2
Silicate ! H2 O
Hydrate
00-049-0442 14 Calcium 0,000 0,023 Ca3 Si O5
Silicate
Gravillon recyclé : Le spectre obtenu pour le gravillon recyclé est représenté sur la
figure précédente. Le principal pic concerne le quartz, on note aussi la présence de
silicates et aluminates de calcium anhyres et hydratés. Ces derniers composés sont issus
de la pâte ciment collée aux grains.
THESE FALEK KAMEL 104
II.9. Analyse granulométrique
C’est l’opération consistant à étudier la répartition des différents grains d’un
échantillon en fonction de leurs caractéristiques.
II.9.1. Méthode de DREUX GORISSE
Pour obtenir un béton avec des propriétés bien déterminées, il faut définir sa
composition pour conduire à des caractéristiques, tant à l’état frais que durci,
Convenables. Plusieurs méthodes existent, nous nous limiterons à exposer celle de
Dreux-Gorisse aussi bien pour les granulats recyclés que naturels.
1. Granulats recycles : Tableaux des tamisats cumulés pour les différents
graviers et sables.
Gravier Recyclé 15/25
Ouverture tamis (mm) Refus Partiel(g) REFUS CUM % REF CUM tamisa cum
25 68,4 68 1,14 98,86
20 1126 1 194 19,90 80,10
16 4437 5 631 93,82 6,18
12,5 324,1 5 956 99,22 0,78
10 25,9 5 981 99,66 0,34
6,3 3,9 5 985 99,72 0,28
Fond 16,8 6 002,1 100,00 0,00
Total : 6 003g 6002,1
Gravier recyclé 8/15
Ouverture tamis (mm) Refus partiel (g) REFUS CUM % REF CUM tamisa cum
20 0 0 0 100
16 19 19 0,48 99,52
12,5 598 617 15,44 84,56
10 1 914 2 531 63,34 36,66
8 1 060 3 591 89,86 10,13
6,3 277 3 868 96,80 3,19
5 39 3 907 97,77 2,23
3,6 20 3 927 98,27 1,73
Fond 69 3 996 100,00 0
Total : 4 000g 3 996
THESE FALEK KAMEL 105
Gravier recyclé 3/8
Ouverture tamis (mm) Refus partiel (g) REFUS CUM % REF CUM tamisa cum
8 0 0 0,00 100,00
6,3 648 648 21,629 78,371
5 611 1 259 42,023 57,977
3,15 1 134 2 393 79,873 20,127
2,5 423 2 816 93,992 6,008
1,25 154 2 970 99,143 0,857
0,63 13 2 983 99,566 0,434
0,315 1 2 984 99,599 0,401
0,16 1 2 985 99,644 0,356
0,08 1 2 986 99,666 0,334
Fond 10 2 996 100,0 0,0
Total : 3 000g 2 996
Sable recyclé
Ouverture tamis (mm) Refus partiel (g) REFUS CUM % REF CUM tamisa cum
6,3 0 0 0,00 100,00
5 0 0 0,02 99,98
3,15 0 1 0,03 99,97
2,5 19 20 0,98 99,02
1,25 1 126 1 145 57,30 42,70
0,63 762 1 908 95,43 4,57
0,315 72 1 980 99,05 0,95
0,16 6 1 986 99,35 0,65
0,08 5 1 991 99,58 0,42
Fond 8 1 999 100,0 0,02
Total : 2 000g 1 999
Fines recyclées
Ouverture tamis (mm) Refus partiel (g) REFUS CUM % REF CUM tamisa cum
6,3 0 0 0 100
5 0 0 0,00 100,00
3,15 0 0 0,00 100,00
2,5 0 0 0,00 100,00
1,25 0 0 0,00 100,00
0,63 2 2 0,10 99,90
0,315 810 812 40,64 59,36
0,16 682 1 494 74,75 25,25
0,08 267 1 761 88,09 11,91
Fond 237 1 998 100 0
Total : 2 000g 1 998
THESE FALEK KAMEL 106
Vibration normale
Affaissement =16 cm
D=25 mm(dimension du plus gros grain)
E/C=0.526 =>E=0.526xC
C=380 kg/1M3=>E=200 litre/ M3
XA=11.2
YA=50-√D+k+kS+KP =>KP=5 Béton pompé ;KS=6mf-15 => mf=2.5
YA=50-√25+0.8+(6X2.5-15)+5 =>YA=50.8 %
Calcul des pourcentages des granulats d’après la courbe en supprimant les fines :
% sable 0/3=38% % Gravier 3/8=7 % %Gravier 8/15=27% %Gravier 15/25=28%
Dosage des granulats
D31,5−D20 0.810−0.805
Coefficient de compacité γ= = = 0.807
2 2
Correction de γ :sable et gravier concassés diminution du γ de 0.01
C≠350 kg/m3 =>γ diminué de (C-350)/5000 => (380-350)/5000=0.006
Donc γ diminué de 0.016 d’où γ=0.807-0.016=0.791
1000γ=∑volumes =Vciment +Vsables+V(gravier3/8+8/15+15/25)
Calcul du volume du ciment :
C=380kg/m3ρCiment =3.1 t/m3 =>VCiment=C/ ρCiment=380/3.1=122.58 litres
1000x0.791-122.58= Vsable+ V(gravier3/8+8/15+15/25)
668.42 litres = Vsable+ V(gravier3/8+8/15+15/25)
Vsable =(38x668.42)/100=254 litres
VGravier 3/8=(7x668.42)/100=46.79 litres
VGravier 8/15=(27x668.42)/100=180.47 litres
VGravier 15/25=(28x668.42)/100=187.16 litres
Ρ béton=∑masses /1000 =2.304 t/m
Plusieurs méthodes existent, nous nous limiterons à exposer celle de Dreux-Gorisse
aussi bien pour les granulats recyclés que naturels.
Nous allons commencer par remplir les tableaux relatifs au tamisage pour les différents
types d’agrégats qui ont été utilisés.
THESE FALEK KAMEL 107
Sable Gravier Gravier8/15 Gravier15/25 Ciment Eau ∑
0/3 3/8
Volume 254 46.79 180.47 187.16 122.58 200
(l)
Masses 660.40 120.02 462.91 480.07 380 200 2303.4
(kg)
Composition du béton realisé avec des granulats recyclés
Analyse Granulométrique
Tamis Module Sables graviers Recyclés courbe
mélange
sable
(mm) ,,,,,,,,,, ,,,,,,,,,, 3/8 8/15 15/25 mélange
Provenance Gros Fin ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,
Proportions
54,75% 45,25% 8,00% 33,00% 22,00% 37,00% 100%
(%)
31,5 46 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100%
25 45 100% 100% 100% 100% 98,86% 100% 100%
20 44 100% 100% 100% 100,00% 80,10% 100% 96%
16 43 100% 100% 100% 99,52% 6,18% 100% 79%
12,5 42 100% 100% 100% 62,89% 2,77% 100% 66%
10 41 100% 100% 100,00% 36,72% 0,34% 100% 57%
8 40 100% 100% 88,31% 10,22% 0,00% 100% 47%
6,3 39 97,32% 100% 78,37% 3,30% 0,00% 98,53% 43,82%
5 38 92,14% 99,95% 57,98% 0% 0,00% 95,67% 40,04%
3,15 36 72,92% 99,80% 20,13% 0% 0,00% 85,08% 33,09%
2,5 35 66,17% 99,75% 6,01% 0% 0,00% 81,36% 30,59%
1,25 32 39,07% 99,25% 0,00% 0% 0,00% 66,30% 24,53%
0,63 29 19,44% 97,95% 0,00% 0% 0,00% 54,97% 20,34%
0,315 26 6,80% 86,90% 0,00% 0% 0,00% 43,05% 15,93%
0,16 23 2,93% 13,95% 0,00% 0% 0,00% 7,92% 2,93%
0,08 20 1,44% 1,35% 0,00% 0% 0,00% 1,40% 0,52%
THESE FALEK KAMEL 108
Sable mélange
Gravier 8/15 Courbe granulométrique
Courbe de référence
Gravier 3/8 Granulats Recyclés
Gravier 15/25
100%
90%
80%
70%
60%
tamisat
50%
40%
30%
20%
10%
0%
20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50
Module
Figure II.9. : Courbe granulométrique Granulats recyclés
2. Granulats naturels :
Tableaux des tamisats cumulés pour les graviers et sables naturels.
COURBES GRANULOMETRIQUES
Gravier normal 8/15
REFUS
Ouverture tamis (mm) Refus partiel (g) CUM % REF CUM tamisa cum
20 70,1 70,1 1,75 98,25
16 559,8 629,9 15,75 84,25
10 2459,8 3089,7 77,24 22,76
8 398,8 3488,5 87,21 12,79
6,3 304,8 3793,3 94,83 5,17
Fond 206,7 4000,0 100,00 0,00
Total :4 000g 4000,0
THESE FALEK KAMEL 109
Gravier normal 3/8
REFUS
Ouverture tamis (mm) Refus partiel (g) CUM % REF CUM tamisa cum
10 2 2 0,10 99,90
6,3 82,1 84,1 4,21 95,79
5 525,4 609,5 30,48 69,52
3,15 932,6 1542,1 77,11 22,89
2,5 225,1 1767,2 88,36 11,64
Fond 232,7 1999,9 100,00 0,00
Total :2 000g 1999,9
Gravier normal15/25
Ouverture tamis (mm) Moyenne REFUS CUM % REF CUM tamisa cum
25 81 81 1,35 98,65
20 2 069 2 150 35,84 64,16
16 3 099 5 249 87,51 12,49
12,5 617 5 866 97,80 2,20
10 101 5 967 99,48 0,52
6,3 25 5 992 99,90 0,10
Fond 6 5 998 100,00 0,00
Total : 6 000g 5 998
THESE FALEK KAMEL 110
Sable normal gris
Refus partiel
Ouverture tamis (mm) (g) REFUS CUM % REF CUM tamisa cum
6,3 53,6 53,6 2,68 97,32
5 103,5 157,1 7,86 92,14
3,15 0 157,1 7,86 92,14
2,5 519,5 676,6 33,83 66,17
1,25 541,9 1218,5 60,92 39,07
0,63 392,7 1611,2 80,56 19,44
0,315 252,7 1863,9 93,20 6,80
0,16 77,4 1941,3 97,05 2,93
0,08 29,8 1971,1 98,56 1,44
Fond 27,2 1998,3 99.915 0,08
Total : 2 000g 1998,3
=> mfS1=∑refus cumulé/100=3,73 (ouverture tamis : 5 à 0.16 mm)
Sable normal jaune(fin)
Ouverture tamis (mm) Moyenne REFUS CUM % REF CUM tamisa cum
6,3 0 0 0,00 100,00
5 0.001 0,05 99,95
2,5 0.004 0.005 0,25 99,75
1,25 0.01 0.015 0.75 99.25
0,63 0.026 0.041 2.05 97.95
0,315 0.221 0.262 13.5 86.9
0,16 1.459 1.721 86,05 13.95
0,08 0.252 1.973 98.65 1.35
Fond 0.013 1.986 99.3 0,7
TOTAL : 2.000g 1 999
=> mfS2=∑refus cumulé/100=1,0265 (ouverture tamis : 5 à 0.16 mm)
THESE FALEK KAMEL 111
Méthode de Dreux Gorisse
Granulats Naturels :
Nous allons reprendre exactement le même procédé que celui utilisé pour le recyclé.
Affaissement =18 cmD=25 mm
E/C=0.526 =>E=0.526 x C
C=380 kg/1M3=>E=200 litre/ M3
XA=11,2
YA=50-√D+k+kS+KP =>KP=5 Béton pompé ;KS=6mf-15 => mf=2.5 =>Ks=0
C=380Kg/m3 => correction sur K
K=0 C=400kg/m3
K=2 C=350kg/m3
2−0 2∗20
C=380Kg/m3=>k= ∗ (380 − 400)=𝑥 = =0.8=>K=0.8 D’où YA=50.80
350−400 50
YA=50-√25+0.8+(6X2.5-15)+5 => YA=50.8 =>YA ≈ 50.80 %
Calcul des pourcentages des granulats et du sable
Mf−Mf2 2,5−1,0225
Sable fin : %S1 = Mf1−Mf2x100= 3,73−1,0225x100=54,57%
Mf1−Mf 3,73−2,5
Sable grossier : %S2 = x100= x100=45,43%
Mf1−Mf2 3,73−1,0225
A partir de ces résultats, il est possible de déterminer la composition du sable moyen
obtenu en combinant ces deux éléments dans les proportions que nous venons de
trouver.
Sable Moyen
ouverture tamis (mm) % REF CUM tamisa cum
6,3 1,46 98,54
5 4,31 95,69
2,5 18,57 81,43
1,25 33,59 66,41
0,63 44,89 55,11
0,315 56,81 43,19
0,16 92,06 7,94
0,08 98,60 1,40
Fond 99,64 0,36
TOTAL : 2 000 g
THESE FALEK KAMEL 112
Analyse Granulométrique
Tamis Module Sables graviers Naturels courbe
mélange
sable
(mm) ,,,,,,,,,, ,,,,,,,,,, 3/8 8/15 15/25 mélange
Provenance Gros Fin ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,
Proportions
54,57% 45,25% 8,00% 32,00% 24,00% 36,00% 100%
(%)
31,5 46 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100%
25 45 100% 100% 100% 100% 98,65% 100% 100%
20 44 100% 100% 100% 98,25% 64,16% 100% 91%
16 43 100% 100% 100% 84,25% 12,49% 100% 74%
12,5 42 100% 100% 100% 48,32% 5,51% 100% 61%
10 41 100% 100% 99,90% 22,76% 0,52% 100% 51%
8 40 100% 100% 97,67% 12,79% 0,00% 100% 48%
6,3 39 97,32% 100% 93,00% 5,17% 0,00% 98,53% 44,57%
5 38 92,14% 99,95% 69,52% 0% 0,00% 95,67% 40,00%
3,15 36 72,92% 99,80% 22,89% 0% 0,00% 85,08% 32,46%
2,5 35 66,17% 99,75% 11,64% 0% 0,00% 81,36% 30,22%
1,25 32 39,07% 99,25% 0,00% 0% 0,00% 66,30% 23,87%
0,63 29 19,44% 97,95% 0,00% 0% 0,00% 54,97% 19,79%
0,315 26 6,80% 86,90% 0,00% 0% 0,00% 43,05% 15,50%
0,16 23 2,93% 13,95% 0,00% 0% 0,00% 7,92% 2,85%
0,08 20 1,44% 1,35% 0,00% 0% 0,00% 1,40% 0,50%
Sable mélange
Gravier 8/15 Courbe granulométrique
Granulats Naturels
Courbe de référence
Gravier 3/8
Gravier 15/25
100%
90%
80%
70%
60%
50%
Tamisat
40%
30%
20%
10%
0%
20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50
Module
Figure II.10. : Courbe granulométrique granulats naturels
THESE FALEK KAMEL 113
D’après la courbe
% sable 0/3=37% % Gravier 3/8=8% %Gravier 8/15=33% %Gravier 15/25=22%
Dosage des granulats
D31,5−D20 0.810−0.805
Coefficient de compacité γ= = = 0.807 d’après le tableau 7
2 2
Correction de γ :sable et gravier concassés diminution du γ de 0.01
C≠350 kg/m3 =>γ diminué de (C-350)/5000 => (380-350)/5000=0.006
Donc γ diminué de 0.016 d’où γ=0.807-0.016=0.791
1000γ=∑volumes =Vciment +Vsables+V(gravier3/8+8/15+15/25)
Calcul du volume du ciment :
C=380kg/m3ρCiment =3.1 t/m3 =>VCiment=C/ ρCiment=380/3.1=122.58 litres
1000x0.791-122.58= Vsable+ V(gravier3/8+8/15+15/25)
668.42 litres = Vsable+ V(gravier3/8+8/15+15/25)
Vsable =(37x668.42)/100=247.31litres
VGravier 3/8=(8x668.42)/100=53.47 litres
VGravier 8/15=(33x668.42)/100=220.58 litres
VGravier 15/25=(22x668.42)/100=147.05 litres
Sable Gravier 3/8 Gravier8/15 Gravier15/25 Ciment Eau ∑
Volume ( l ) 247.31 53.47 220.58 147.05 122.58 200
Masses (kg) 643 137.15 565.79 377.18 380 200 2303.12
Composition d’un béton constitué de granulats et de sables naturels
THESE FALEK KAMEL 114
Figure II.11 : Courbes granulométriques pour agrégats naturels et recyclés
Ces courbes mettent en évidence que la proportion d’agrégats recyclés de même
diamètre, est moins importante que pour les granulats naturels. Par conséquent, la
substitution du gravier naturel par du recyclé dans les bétons va entrainer une
augmentation de la proportion de gravier de plus faible dimension dans le béton par
rapport au béton témoin fabriqué avec uniquement du granulat naturel.
THESE FALEK KAMEL 115
II.10. Essais Mécaniques
II.10.1. Essai MICRO DEVAL (NF P 18.572) .
La granularité du matériau soumis à l’essai est choisie parmi lesclasses granulaires :
4-6.3mm; 6.3-10 mm; 10-14 mm; 25-50 [Link] les tests effectués sur les gravillons
entre 4 et 14 mm, une charge abrasive est utilisé[Link] la manipulation, la machine
est en rotation et la substance est soumise aux frottements des éléments les uns sur les
autres et aux chocs avec les boulets.
Il s’agit de déterminer la masse m des corps dont les dimensions sont inférieures à 1,6
mm produits au cours de l’[Link] M est la masse initiale de la substance, la résistance à
l’usure est déterminée par lecoefficient Micro-Deval qui est égal à 100 m / M.
CMD = 100 x m/M
En général, on adopte :
M : masse de l’échantillon (500 ou 10.000 g selon la classe choisie)
m : masse du tamisât au tamis de 1,6 mm,
Le résultat sera arrondi à l’unité. Le coefficient mesure le pourcentage d’usure, plus il
est petit et plus la résistance à la dégradation est grande.
Micro-deval MDS Appréciation
<13 Très bon à moyen
13-20 Bon à moyen
20-25 Moyen à faible
>25 Médiocre
THESE FALEK KAMEL 116
Résultats d’essais: Valeur du coefficient Micro-Deval pour les graviers recycles et
naturels.
Gravier recyclé 6,3/10 10/14
M=masse de l’échantillon 500,60 500,40
m=masse du refus au tamis de 1,6 mm 439,80 448,80
coefficient Micro-Deval en % 12,15 10,31
Gravier recyclé 6,3/10 10/14
M=masse de l’échantillon 500,30 500,10
m=masse du refus au tamis de 1,6 mm 425,00 460,00
coefficient Micro-Deval en % 15,05 8,02
Gravier Naturel 6,3/10 10/14
M=masse de l’échantillon 500,00 500,50
m=masse du refus au tamis de 1,6 mm 466,30 479,00
coefficient Micro-Deval en % 6,74 4,30
Sur quatre essais effectués sur des granulats recyclés, trois donnent des valeurs du
coefficient Micro-Deval inférieures à 13, notamment pour la gamme 10/14, ce qui
voudrait dire que cet agrégat mérite la meilleure appréciation. Mais pour l’un des tests,
qui correspond au gravier 6,3 /10, on obtient à peu près 15, qui correspond à un
échantillon bon à moyen. Il semble possible, vu cela, de penser que les éléments ont un
comportement acceptable. Par contre les résultats sur les agrégats naturels donnent des
valeurs assez faibles, très nettement inférieure à 13, ce qui voudrait dire que l’attitude
du matériau à l’épreuve est très bonne.
THESE FALEK KAMEL 117
II.9.2. Essai de LOS-ANGELES
Dans la machine Los Angeles, nous allons placer le granulat à étudier avec une quantité
bien définie de boules.
Classes granulaires (mm) Nombre deboulets
6,3 – 10 9
10-14 11
10-25 11
Lors de la rotation de l’appareil, les agrégats vont s’entrechoquer, se frotter les uns aux
autres et les boulets vont les cogner, ce qui va accélérer leur fragmentation. Le but est
de quantifier les éléments de dimension inférieure à 1,6 mm obtenus à la fin de l’essai.
Soit P le poids du matériau soumis au test, p celui des éléments de dimension inférieure
à 1,6 mm obtenus, le coefficient de Los Angeles, qui permet d’évaluer la résistance à la
fragmentation par chocs et à l’usure par frottements réciproques, est défini par le rapport
suivant : CLA = 100 p / P
THESE FALEK KAMEL 118
Résultats d’essais : Valeur du coefficient de Los Angeles pour les graviers recyclés
et naturels.
Gravier recyclé 6.3/10 10/14 10/25
M=masse de l’échantillon 5 000,20 5 000,20 5 000,80
m=masse du refus au tamis de 1,6 mm 3 306,30 3 420,80 3 370,90
coefficient Los Angeles en % 33,88 31,59 32,59
Gravier Naturel 6.3/10 10/14 10/25
M=masse de l’échantillon 5 000,70 5 000,20 5 001,00
m=masse du refus au tamis de 1,6 mm 3 858,30 3 860,70 3 832,50
Coefficient Los Angeles en % 22,84 22,79 23,37
Nous pouvons, à partir du tableau qui donne les valeurs repères, déterminer la qualité
des agrégats que nous avons utilisés.
Coefficient de Los Angeles Appréciation
< 15 Très bon à bon
15 à 25 Bon à moyen
25 à 40 Moyen à faible
>40 médiocre
On constate donc que les granulats naturels sont bons à moyens, alors que les recyclés
sont moyens à faibles.
Conclusion
Il a été montré dans ce chapitre que les propriétés physiques des granulats recyclés sont
différentes de celles des granulats naturels. Ces agrégats ont en effet une densité plus
faible, une absorption d’eau plus élevée, une surface plus rugueuse et angulaire, et
possèdent, de manière très variable, de l’ancienne pâte de ciment collée autour de leurs
surfaces. Tous ces paramètres augmentent la demande en eau des bétons et affectent les
propriétés à l’état frais et durci des bétons et mortiers réalisés avec ce type de granulats.
THESE FALEK KAMEL 119
L’utilisation d’adjuvants pour la fabrication de ce type de béton est alors fortement
conseillée, ils joueront en effet un rôle de remplacement de la quantité d’eau absorbée
par les agrégats recyclés. Par ailleurs, toutes les études effectuées dans ce domaine ont
montré que l’augmentation du dosage de substitution des granulats naturels par des
recyclés entraîne une diminution de la résistance et du module d’élasticité par rapport à
ceux du béton de référence au jeune âge et à 28 jours.
Des travaux ont également montré que pour produire un béton composé de 100% de
gravillons recyclés et détenant la même résistance en compression que le béton de
référence, le dosage du ciment doit être augmenté. D’autres performances que celles
citées ci-dessus sont recherchées en l’occurrence la durabilité.
En effet, ces derniers sont parfois contaminés par du sulfate et ils peuvent également
présenter différents défauts. Ceux-ci entrainent la formation de fissures et de vides dans
le béton contribuant à l’augmentation de la perméabilité et à l'accélération de la
corrosion d'acier d'armatures. L’influence du dosage de substitution de granulat recyclé
sur l’affaissement et la résistance du béton a également fait l’objet de recherches.
Celles-ci ont montré que l’augmentation des agrégats recyclés engendre une baisse de l’
étalement à l’état frais ainsi que de la résistance.
Il est à noter que les études réalisées jusqu’ici se sont principalement intéressées à
l’effet des gravillons réintroduits sur les propriétés du béton à l’état durci. Quelques
travaux portant sur l’étalement et la résistance des mortiers à base de recyclé ont
également été menées.
Très peu de travaux de recherche se sont intéressés à l’effet du granulat réutilisé sur les
propriétés (Tribologie, Rhéologie…) à l’état frais du béton.
Par ailleurs, aucune étude n’a permis de comparer l’effet de substitution des fines
recyclées sur les paramètres à l’état frais et durci.
THESE FALEK KAMEL 120
[Link]érimentation
Dans cette partie, nous avons utilisé des éprouvettes cylindriques déjà confectionnées
que nous avons brisées dans un concasseur à mâchoires.
Ce dernier est constituté d’un élément mobile qui exerce un mouvement de type va-et-
vient et écrase les matériaux contre une paroi fixe. Les substances se trouvant coincées
entre ces deux zones se cassent sous l’effet de la pression. En fonction de leur section
d’entrée, ils permettent le traitement de blocs volumineux tels que les dalles en béton.
Leur inconvénient est la réduction insuffisante de la granulométrie qu’ils produisent lors
du premier concassage, ce qui en nécessite souvent un second.
Nous avons ainsi obtenu des fines et des granulats à partir d’un béton réalisé.
Concasseur à Mâchoires
Les agrégats obtenus ont été, par la suite, passés à la tamiseuse. Nous avons ainsi
séparés les granulats selon leurs dimensions et nous nous sommes plus particulièrement
intéressés aux sables, aux graviers 3/8, 8/15, 15/25.
THESE FALEK KAMEL 121
Un certain nombre d’essais ont été effectués en faisant varier la composition à partir
d’éléments naturels puis en remplaçant une partie des grains par des agrégats recyclés.
Le taux de changement étant de 25% à chaque fois, jusqu’à l’obtention d’un corps
constitué uniquement de recyclés.
Nous avons donc obtenu la série suivante: Béton Naturel (BN), Béton avec 25% de
granulats recyclés (BR25), Béton avec 50% de granulats recyclés (BR50), béton avec
75% de granulats recyclés (BR75), béton avec 100% de granulats recycles (BR100).
Ensuite, différents essais ont été réalisés en faisant varier ou la quantité d’adjuvant ou le
pourcentage d’eau ou la proportion de fines introduits en substitution du ciment entrant
dans la composition.
Tableau II.8 : Composition des différents bétons
BGN BR25 BR50 BR75 BR100
Ciment (Kg/m³) 380 380 380 380 380
Eau efficace (Eeff) 200 200 200 200 200
(Kg/m³)
Eau additionnée (Eg) - - - -
(Kg/m³)
Sable 1(Kg/m³) 351 356 361 365 370
Sable 2 (Kg/m³) 275 283 292 300 308
Gravier naturel G3/8 138 104 69 35 -
(Kg/m³)
Gravier naturel G8/15 549 412 275 137 -
(Kg/m³)
Gravier naturel 412 309 206 103 -
G15/25(Kg/m³)
Gravier recyclé G3/8 - 56 112 167 223
(Kg/m³)
Gravier recyclé G8/15 - 86 172 257 343
(Kg/m³)
Gravier recyclé G15/25 - 120 240 360 480
(Kg/m³)
Nous nous sommes, tout d’abord, intéressés à l’affaissement obtenu. Par la suite, la
force et la contrainte de compression ont été déterminées, puis la résistance à la traction
a été évaluée et ce pour chaque type de béton étudié.
THESE FALEK KAMEL 122
II.11.1. Essais avec teneur en eau variable et 0,7% d’adjuvant.
Dans cette partie, nous avons opéré avec un taux d’adjuvant constant, égal à 0,7%, et
nous avons réalisé des essais en faisant varier la teneur en eau de 0% pour les bétons
naturels jusqu’à 30% pour ceux ne comprenant que des granulats recyclés.
II.11.2. Valeur de l’affaissement pour chaque type de béton.
Pour leur maniabilité, nous avons visé des bétons fluides avec un affaissement de
l’ordre de 18 cm plus ou moins deux centimètres.
Le pourcentage d’eau ajouté démarre à 10% du rapport E/C pour le dosage en granulats
recyclés le plus bas jusqu’à 30% pour le plus haut, c’est à dire celui réalisé en totalité
avec des agrégats réutilisés.
La valeur moyenne obtenue lors essais réalisés a été notée et reportée dans le tableau
suivant.
Il faut bien remarquer qu’au départ le rapport E/C vaut 0,526.
Tableau II.11.: Affaissement en fonction du dosage en eau pour les différents bétons
Nature Ajout en eau (%) Affaissement ( cm )
BN 0 16,5
BR25 10 17
BR25 12 19
BR50 12 18,3
BR50 15 19,5
BR50 17 20,4
BR50 20 21,4
BR75 15 18,5
BR75 17 19,3
BR75 20 20,2
BR75 25 21,1
BR100 17 17,5
BR100 20 18,5
BR100 25 19,9
BR100 30 21,2
THESE FALEK KAMEL 123
Tableau II.12 : Affaissements en fonction du dosage en eau avec 0,7% d’adjuvant
BN BR25 BR50 BR75 BR100
Eau en plus (%) 0 12 20 25 30
Affaissement (cm) 16,5 19 21 ,4 21,1 21,2
Eau en plus (%) 10 17 20 25
Affaissement (cm) 17 20,4 20,2 19,9
Eau en plus (%) 15 17 20
Affaissement(cm) 19,5 19,3 18,5
Eau en plus (%) 12 15 17
Affaissement(cm) 18,3 18 ,5 17,5
A partir de ces résultants, le diagramme de la variation de l’affaissement en fonction de
la nature du béton et du dosage en eau a été tracé.
Variation de l'affaissement en fonction de la nature du béton
et du dosage en eau
1 BN EAU 0%
22 2 BR25 EAU 12%
3 BR50 EAU 12%
4 BR50 EAU 15%
20
5 BR50 EAU 17%
6 BR50 EAU 20%
Affaissement en cm
18 7 BR75 EAU 15%
8 BR75 EAU 17%
9 BR75 EAU 20%
16
10 BR75 EAU25%
11 BR100 EAU17%
14 12 BR100 EAU20%
13 BR100 EAU 25%
14 BR100 EAU 30%
12
10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Nature du béton avec % en eau
Figure II.12: Variation de l’affaissement en fonction du dosage en eau
Nous pouvons constater qu’un affaissement de l’ordre de 18 centimètres±2 est obtenu
pour le béton naturel sans ajout d’eau et pour celui contenant 25 % de granulats recyclés
avec une addition de liquide de l’ordre de 12 %. Avec celui comprenant 50 %
d’agrégats ayant déjà été utilisés, des résultats corrects peuvent être atteints entre 12 et
15 % de fluide en plus. Pour ceux dont la composition nécessite la présence importante
d’éléments recyclés, intervenant pour 75% dans le total de tous les granulats, une baisse
correcte peut être obtenue avec un surplus de 15 à 17% d’eau. Enfin pour un béton ne
comprenant plus d’agrégats naturels, on peut facilement atteindre notre objectif avec
THESE FALEK KAMEL 124
une majoration de 17 à 25% de cette quantité.
On note aussi que pour un même pourcentage d’eau ajoutée, la chute du cône de béton
est de moins en moins importante lorsque l’on majore le taux de granulats recyclés
Au début, le rapport E/C a été pris égal à 0,526 pour atteindre l’ordre de grandeur de
l’abaissement désiré pour l’élément naturel. Par la suite, la quantité d’eau ajoutée
démarre à 10% pour le dosage en granulats recyclés le plus bas jusqu’à 30% pour celui
réalisé en totalité avec des agrégats réutilisés.
Dans le tableau suivant nous présentons les compositions principales des bétons qui ont
été soumis aux différents types d’essais, et ce aussi bien pour le naturel que pour le
recyclé.
Tableau II.11: Composition des différents bétons avec eau variable
ADJ Constant= 0,7 % Eau Variable
Pour 1 m3 de BETON
0.0 % 12% 15% 17% 20%
Avec ajout d'eau variable BGN BR25 BR50 BR75 BR100
Ciment (Kg/m³) 380 380 380 380 380
Eau efficace (Eeff) (Kg/m³) 200 200 200 200 200
Eau additionnée (Eg) (Kg/m³) - 24 30 34 40
Sable 1(Kg/m³) 351 356 361 365 370
Sable 2 (Kg/m³) 275 283 292 300 308
Gravier naturel G3/8 (Kg/m³) 138 104 69 35 -
Gravier naturel G8/15 (Kg/m³) 549 412 275 137 -
Gravier naturel G15/25(Kg/m³) 412 309 206 103 -
Gravier recyclé G3/8 (Kg/m³) - 56 112 167 223,00
Gravier recyclé G8/15 (Kg/m³) - 86 172 257 343,00
Gravier recyclé G15/25 (Kg/m³) - 120 240 360 480
Superplastifiant (kg/m³) 0,7 % 2,66 2,66 2,66 2,66 2,66
G/S 1,76 1,7 1,64 1,59 1,54
Eeff/C 0,526 0,526 0,526 0,526 0,526
Etot/C 0,589 0,605 0,616 0,632
Volume de Pate (eau+ciment+adj) (m³) 0,33 0,35 0,36 0,36 0,37
Volume du gravier (m³) 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65
Volume pate/Volume gravier 0,503 0,540 0,549 0,556 0,565
THESE FALEK KAMEL 125
Affaissement (cm) 16,50 18,30 19,50 19,3 18,50
Ρthe (kg/m³) 2305 2330 2337 2338 2344
Plus la quantité de gravillons recyclés est importante plus le volume d’eau nécessaire à
l’obtention d’un affaissement du cône de béton de l’ordre de 18 cm est grand. Il faut
pratiquement le majorer du quart de sa valeur initiale, c'est-à-dire lorsque le taux
d’éléments récupérés entrant dans la composition est nul, quand le granulat recyclé est
introduit à 100%.
Dans d’autres éssais, la chute du niveau est supérieure à 20 cm dès que le dosage
aqueux devient grand. C’est le cas pour les bétons bien hydratés tels que les BR 50 avec
17 %, les BR75 avec 20 et 25 % et les BR 100 avec 30 % d’eau.
[Link] des résistances du béton obtenues en compression.
Des échantillons cubiques de 15 cm de côté ont été réalisés, puis au bout de 28 jours
ils ont été écrasés. En respectant les valeurs des dosages en eau en fonction de la nature
du béton envisagée, des tableaux donnant les forces et résistances en compression ont
été dressés. Dans cette partie, le dosage en adjuvant est constant et égal à 0,7%.
Tableau II.12 : Résistance en compression en fonction de la nature du béton et du
dosage en eau
Nature Eau % Force (KN ) Résistance ( MPa )
BN 0% 835,37 37,07
BN 0% 865,96 38,48
BR25 10% 661,80 29,46
BR25 10% 668,13 29,69
BR25 12% 683,08 30,36
BR25 12% 685,12 30,48
BR50 12% 674,22 29,96
BR50 12% 708,80 31,50
BR50 15% 691,38 30,72
BR50 15% 684,27 30,41
BR50 17% 685 29,89
BR50 17% 687 ,14 30,22
BR50 20 % 640 28,13
BR50 20 % 658,85 29,27
THESE FALEK KAMEL 126
BR75 15% 660,96 29,37
BR75 15% 688,89 30,61
BR75 17% 656 ,14 29,16
BR75 17% 674,50 29,97
BR75 20% 653,5 29,06
BR75 20% 710,71 31,58
BR75 25 % 655,73 29,14
BR75 25 % 601,74 26,74
BR100 20% 670,39 29,79
BR100 20% 663,74 29,50
BR100 30 % 619,49 27,53
BR100 30 % 596,43 26,53
Le tableau suivant, à partir duquel sera tracé le diagramme de la résistance du béton en
compression en fonction de sa composition, reprend les valeurs moyennes obtenues lors
des essais.
Tableau II.13 : Résistance en compression moyenne en fonction de la nature du
béton et du dosage en eau.
Nature et eau Résistance
(MPa)
1 BN 0% 37,78
2 BR25 10% 29,58
3 BR25 12% 30,87
4 BR50 12% 30,73
5 BR50 15% 30,57
6 BR50 17% 30,06
7 BR50 20% 28,71
8 BR75 15% 29,99
9 BR75 17% 29,57
10 BR75 20% 30,32
11 BR75 25% 27,94
12 BR100 20% 29,65
13 BR100 30% 27,03
THESE FALEK KAMEL 127
Variation de la resistance en compression (MPa)
en fonction de la nature et du dosage en eau du beton
40
35
Nature dosage en eau
30 1 BN 0%
Résistance en compression (MPa)
2 BR25 10%
25
3 BR25 12%
4 BR50 12%
20
5 BR50 15%
6 BR50 17%
15
7 BR50 20%
10
8 BR75 15%
9 BR75 17%
5 10 BR75 20%
11 BR75 25%
0 12 BR100 20%
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
13 BR100 30%
Nature et dosage en eau du beton
FigureII.13: Variation de la résistance en compression en fonction du dosage en eau
Nous constatons que les forces et les résistances en compression diminuent fortement à
partir des bétons naturels jusqu’à ceux contenant des éléments recyclés. La présence
d’agrégats déjà utilisés, même si leur pourcentage est relativement faible, les abaissent
fortement. Par contre des valeurs assez voisines sont obtenues pour les éléments
composés avec des granulats réutilisés. En effet, pour les BR25 avec 10% jusqu’aux
BR100 avec 20% d’eau, les résultats varient de manière peu importante autour de 28 à
31 MPa.
II.12. Résultats des essais de traction par fendage.
Nous avons réalisé des éprouvettes cylindriques en béton 16*32 et les avons soumises à
des essais de traction par fendage ou essai brésilien. Cette opération a été réalisée
chaque fois que des tests de compression étaient effectués sur des échantillons cubiques.
Les résultats obtenus sont consignés dans les tableaux qui suivent et sont présentés en
fonction de la composition des matériaux et de la quantité d’eau qu’ils contiennent. Le
dosage en adjuvant est constant dans cette partie et égal à 0,7%.
THESE FALEK KAMEL 128
TableauII.14.: Résistance à la traction en fonction de la nature et du dosage en eau
des bétons recyclés.
Nature et eau Résistance(Mpa)
1 BN 0% 2,86
2 BR25 0% 2,79
3 BR25 10% 2 ,39
4 BR25 12% 2,28
5 BR50 0% 2,61
6 BR50 12% 2,59
7 BR50 15% 2,40
8 BR75 0% 2,35
9 BR75 15% 2,11
10 BR75 17% 2,06
11 BR100 0% 2,26
12 BR100 20% 1,84
Le diagramme suivant reprend les résultats obtenus. On peut remarquer que lorsque l’on
n’ajoute pas d’eau, la résistance est plus grande pour tous ces bétons et qu’elle diminue
avec le taux d’éléments recycles, plus il est important plus celle-ci est amoindrie.
Lorsqu’on les hydrate, celle-ci baisse.
Figure II.14: Variation de la résistance en traction en fonction du dosage en eau
THESE FALEK KAMEL 129
[Link] du dosage en adjuvant :
L’utilisation des matériaux recyclés vise la réduction de l’extraction des ressources
naturelles s’inscrivant ainsi dans une volonté de préservation de l’environnement. Le
recours à ces matériaux pour la fabrication du béton permettrait également aux
entreprises de voir leurs coûts de production baisser.
La réalisation d’une étude approfondie de l’usage des granulats recyclés dans la
fabrication des bétons s’est alors avérée primordiale. Afin de mener à bien ce projet, des
objectifs ont été fixés au début de ce travail. Ils consistaient alors à etudier l’influence
du dosage de substitution des gravillons recyclés sur les propriétés à l’état frais (mise en
place, rhéologie) et durci des bétons (mécanique,) en fonction du dosage en eau ou en
superplastifiant..
Dans ce paragraphe, la quantité d’adjuvant introduite lors des essais est variable. Le
dosage débute à 0,7 % pour les bétons naturels et va en augmentant au fur et à mesure
que le taux d’éléments recyclés est majoré. L’accroissement étant de 0,2% chaque fois
que l’on augmente la quantité d’agrégats réutilisés de 25%. Par contre, l’eau mise en
place a toujours la même grandeur et pour avoir des affaissements voisins de 18±2 cm,
on a choisi E/C. De nombreux essais préliminaires, pour un dosage égal à 0,526, nous
ont permis d’estimer la quantité d’adjuvant nécessaire quelle que soit la nature du béton
recyclé considérée. Le tableau ci-dessous, nous permet d’avoir une idée sur le dosage
souhaitable.
On a donc aboutit à la série suivante :
BGN (béton naturel) avec 0,7 % d’adjuvant
BR 25 (béton avec 25 % d’agrégats recyclés) avec 0,9 % d’adjuvant
BR 50 (béton avec 50 % d’agrégats recyclés) avec 1,1 % d’adjuvant
BR 75 (béton avec 75 % d’agrégats recyclés) avec 1,3 % d’adjuvant
BR 100 (béton avec 100 % d’agrégats recyclés) avec 1,5 % d’adjuvant
La composition de ces différentséléments est donnée dans le tableau suivant:
THESE FALEK KAMEL 130
Tableau II.15 : Composition de ces différents éléments en fonction de la nature du
béton et de la quantité d’adjuvant
Adj. variable et eau constant
POUR 1 M 3 DU BETON
avec ajout d'adjuvant variable 0.7 % 0.9 % 1.1 % 1.3 % 1.5 %
BGN BR25 BR50 BR75 BR100
Ciment (Kg/m³) 380,00 380,00 380,00 380,00 380,00
Eau efficace (Eeff) (Kg/m³) 200,00 200,00 200,00 200,00 200,00
Eau additionnée (Eg) (Kg/m³) - - - -
Sable 1(Kg/m³) 351,00 356,00 361,00 365,00 370,00
Sable 2 (Kg/m³) 275,00 283,00 292,00 300,00 308,00
Gravier naturel G3/8 (Kg/m³) 138,00 104,00 69,00 35,00 -
Gravier naturel G8/15 (Kg/m³) 549,00 412,00 275,00 137,00 -
Gravier naturel G15/25(Kg/m³) 412,00 309,00 206,00 103,00 -
Gravier recyclé G3/8 (Kg/m³) - 56,00 112,00 167,00 223,00
Gravier recyclé G8/15 (Kg/m³) - 86,00 172,00 257,00 343,00
Gravier recyclé G15/25 (Kg/m³) - 120,00 240,00 360,00 480,00
Superplastifiant (kg/m³) 2,66 3,42 4,18 4,94 5,70
G/S 1,756 1,701 1,645 1,592 1,543
Eeff/C 0,526 0,526 0,526 0,526 0,526
Etot/C
Volume de Pate (m³) 0,33 0,33 0,33 0,33 0,33
Volume du gravier (m³) 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65
Volume pate/Volume gravier 0,503 0,503 0,503 0,503 0,503
Affaissement (cm) 16,00 17,00 18,30 18,10 18,50
Ρthe (kg/m³) 2305,00 2306,00 2307,00 2304,00 2304,00
II.13.1 Essai en compression simple:
En compression simple, la résistance lorsqu’on utilise un élément naturel avec 0,7 %
d’adjuvant est voisine de 38 MPa.
Il est possible de constater que la quantité nécessaire à l’obtention d’un béton recyclé
assez résistant varie en fonction de sa nature. Si l’on veut, par exemple, des valeurs de
l’ordre de 35 MPa, il est nécessaire de l’augmenter. Celle-ci peut aller de 0,9% pour le
BR25 jusqu’à 1,5% pour le BR100, en passant par 1,1% puis 1,3% pour le BR50 et le
THESE FALEK KAMEL 131
BR75 comme indiqué dans le tableau suivant :
Tableau II.16 : Résistance en compression en fonction de la nature du béton et du
dosage en adjuvant
Nature et % Adj Résistance à 28 j (MPa)
1 BN Adj 0,7% 37,78
2 BR25 Adj 0,9% 36,12
3 BR50 Adj 1,1% 34,58
4 BR75 Adj 1,3% 36,27
5 BR75 Adj 1,3% 36,13
6 BR75 Adj 1,3% 35,23
7 BR100 Adj=1,5% 37,29
8 BR100 Adj=1,5% 36,58
9 BR100 Adj 1,5% 35,10
Pour visualiser l’allure des variations des contraintes de compression en fonction de la
nature du béton et du dosage en adjuvant adopté, la diagramme suivant a été tracé.
40
Resistance en compresion à28jrs
35
30
25
20
15
10
0
BN 0,7% Br25 0,9% BR50 1,1% BR75 1,3% BR100 1,5%
Nature et dosae en Adjuvant
Figure II.15 : Variation de la résistance en compression en fonction du dosage en
adjuvant
Pour atteindre des résistances acceptables pour les constructions courantes, une quantité
d’adjuvant voisine de 0,7% semble bien indiquée. En effet, de tels édifices sont en
général réalisés en adoptant des contraintes de compression variant entre 25 et 30 MPa.
[Link] avec adjuvant- traction par fendage:
Le tableau suivant nous indique en fonction de la nature du béton et du dosage en
THESE FALEK KAMEL 132
adjuvant la résistance à la traction obtenue.
Tableau II.17 : Résistance en traction en fonction de la nature du béton et du
pourcentage d’adjuvant.
Nuance Adjuvant Force( kN) Résistance(MPa)
BN 0,70% 224.82 2,86
BR25 0,85% 243,47 3,03
BR25 0,90% 239,08 2,97
BR50 1,00% 233,60 2,91
BR50 1,10% 264,03 3,28
BR75 1,15% 245,69 3,05
BR75 1,30% 209,11 2,60
BR100 1,30% 221,12 2,84
BR100 1,50% 208,71 2,59
On peut remarquer que l’on doit bien évaluer la quantité d’adjuvant à introduire dans le
mélange. Pour un même béton, la résistance à la traction baisse dés que l’on dépasse
une certaine valeur de pourcentage. En effet, celle-ci augmente, selon les éléments qui
ont été considérés, avec le taux de granulats recyclés introduits, atteint un maximum,
puis diminue. Une majoration assez petite et croissante, de quelques dixiémes, est
nécessaire lorsque la substitution des agrégats naturels va en augmentant.
Dans le diagramme suivant, pour les différentes sortes de béton considérées, en fonction
de la légére augmentation de la proportion d’ajout mise en place, des ordres de
grandeur assez proches sont obtenus quand la part des graviers réintroduits s’éléve.
Les résultats les plus grands sont situés aux environs de 3 MPa pour tous les types
envisagés en majorant toutefois très faiblement la dose d’additif.
THESE FALEK KAMEL 133
Variation de la resistance en traction (MPa) en fonction
de la nuance du beton et du % en adjuvant
3,5
3,0
2,5 Nuance Adjuvant
Résistance en traction (MPa)
1 BN 0,7 %
2,0 2 BR25 0,85%
3 BR25 0,9 %
1,5 4 BR50 1%
5 BR50 1,1%
1,0 6 BR75 1,15%
7 BR75 1,3%
0,5
8 BR100 1,3%
9 BR100 1,5%
0,0
1 2 3 4 5 6 7 8 9
Nuance du beton et %en adjuvant
Figure II.16 : Variation de la résistance en traction en fonction du dosage en
adjuvant
D’après ce tracé, on remarque que les valeurs maximales sont obtenues en majorant la
proportion d’adjuvant chaque fois que l’on augmente celle des granulats recycles. Les
résultats les plus importants semblent être atteints pour le BR25 lorsque cette quantité
est voisine de 0, 85%, pour le BR50 aux alentours de 1,1%, pour le BR75 aux environs
de 1,15%, enfin pour le BR100 la résistance en traction la plus grande serait acquise
avec 1,3%.
II.13.3 Détermination du rapport E /C.
Dans cette partie, nous nous intéressons aux résultats obtenus en fonction du rapport de
la quantité d’eau utilisée sur celle du ciment mis en place. Tout d’abord nous avons fixé
le pourcentage minimal du rapport E/C égal à 0,526 pour avoir un affaissement voisin
de la valeur recherchée (18±2cm) pour le béton naturel BN , ensuite nous avons
déterminé la quantité d’eau à ajouter pour obtenir à peu près la même valeur avec ceux
contenant des granulats recyclés.
THESE FALEK KAMEL 134
Tableau II.18 : Affaissement pour E/C=0,526 en fonction du pourcentage
d’adjuvant.
Nature Affaissement Adjuvant Rapport E/C
BR25 13,5 cm 0,35% E/C=0,526
BR25 15 ,5 cm 0,4% E/C=0,526
BR25 18 cm 0,5% E/C=0,526
BR50 17 cm 0,5% E/C=0,526
BR50 22 cm 1% E/C=0,526
BR75 10 cm 0,5% E/C=0,526
BR75 21 cm 1% E/C=0,526
Par la suite, nous avons fait varier E/C tout en gardant la masse de liant constante pour
déterminer l’eau à prévoir, pour obtenir au cône d’Abrams des valeurs de l’ordre de
18±2 cm.
Tableaux II.19: Affaissement en fonction de la nature du béton et E/C variable.
Nature Affaissement Rapport Eau/Ciment
Nat 17 cm E/C=0,526
BR25 9,5 cm E/C=0,526
BR25 18,3 cm E+10%
BR25 19 cm E+12%
BR25 20 ,5 cm E+15%
BR50 8,3 cm E/C=0,526
BR50 13 cm E/C+10%E
BR50 15 cm E/C+15%E
BR50 21,4 cm E/C+20%E
BR75 8 cm E/C=0,526
BR75 12cm E/C+10%E
BR75 19 cm E/C+15%E
BR75 20,7 cm E/C+20%E
BR75 21 ,1 cm E/C+25%
BR100 5 cm E/C=0,526
BR100 19,3 cm E/C+20%E
BR100 21,2 cm E/C+30%
THESE FALEK KAMEL 135
Variation de l'affaissement en fonction de la nature
du béton et du rapport eau/ciment
Nature Rapport Eau/Ciment
20
1 Nat E/C=0,526
2 BR25 E/C=0,526
3 BR25 E+10%
4 BR25 E+12%
15
5 BR25 E+15%
Affaissement en cm
6 BR50 E/C=0,526
7 BR50 E/C+10%E
10 8 BR50 E/C+15%E
9 BR50 E/C+20%E
10 BR75 E/C=0,526
11 BR75 E/C+10%E
5
12 BR75 E/C+15%E
13 BR75 E/C+20%E
14 BR75 E/C+25%
0 15 BR100 E/C=0,526
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 16 BR100 E/C+20%E
17 BR100 E/C+30%
Nature du bétob et rapport E/C
Figure II.17 : Variation de l’affaissement en fonction du rapport E/C
On peut remarquer que l’affaissement, lorsque le rapport E/C est égal à 0,526, est le
plus élevé pour le béton naturel et va en décroissant lorsque l’on augmente le recyclé.
On constate dès l’introduction d’éléments recyclés, une chute importante de cette
grandeur. Par ailleurs, plus la quantité de substances réintroduites est importante plus
l’affaissement diminue mais de manière lente. On passe de 9,5 cm pour le BR25 à 5 cm
pour le BR100.
Pour avoir le même ordre de grandeur que le béton naturel, il est nécessaire d’ajouter
plus d’eau quand ce taux de matières s’élève. Par ailleurs, on obtient à peu près les
mêmes valeurs, aux environs de 20 cm, pour BR25 E/C=0,526+15% à 20%, BR50
E/C=0,526+20%, BR75 E/C=0,526+ 20%, BR75 E/C= 0,526+15 à 25%, BR100
E/C=0,526+20 à 30%.
THESE FALEK KAMEL 136
Conclusion
Les résultats expérimentaux sur le béton à base de granulat recyclé, à l’état frais et
durci, présentés dans ce chapitre, permettent d’énoncer les conclusions suivantes :
En ce qui concerne la maniabilité en fonction du dosage en super plastifiant :
- Pour avoir un même étalement (rhéologie) que le béton de référence (0% de recyclé),
la demande en adjuvant augmente en fonction du pourcentage de gravier recyclé
atteignant 1,5% pour le 100% recyclé. Elle augmente avec le taux d’agrégats recyclés
substitués. Le maintien en maniabilité en fonction du temps, la masse volumique, la
résistance à la compression sont très peu affectés.
En ce qui concerne la maniabilité en fonction du dosage en eau :
- Pour avoir un même étalement que le béton de référence (0% de recyclé), la demande
en eau augmente en fonction du pourcentage de gravier recyclé atteignant 20% pour le
100% recyclé. Cette hausse est remarquable en fonction du taux d’agrégats recyclés
substitués. Le maintien en maniabilité en fonction du temps, la masse volumique, la
résistance à la compression sont très affectés, la chute maximun de la résistance en
compression est de 20% pour le BGR100 et d’environ 10% en traction………..
THESE FALEK KAMEL 137
[Link] Fines Recyclées
Nous avons remplacé une partie du ciment par des fines obtenues à partir du broyage à
la meule de morceaux de cylindres de béton naturel. Le taux étant chaque fois majoré
de 5% jusqu’à atteindre 40% de présence.
II.14.1. Essais sur le béton frais
Nous avons commencé par évaluer l’affaissement pour chaque cas étudié puis nous
avons déterminé la force et la résistance en compression puis en traction avec des
pourcentages qui allaient en augmentant.
II.14.2. Essais rhéologiques ettribomètriques
Description du rhéomètre
Le tribomètre est composé essentiellement de trois (03) parties principales : un agitateur
de régulation électronique de vitesse (modèle RZR 2102 control)permettant
l’enregistrement du couple et qui est piloté par le logiciel« Watch et Control », une
pièce cylindrique en acier lisse et un récipient. Il permet d’effectuer des mesures
rhéologiques sur des bétons qui contiennent des éléments de dimensions inférieures ou
égales à 25mm.
Nous mesurons le couple résistant d’un échantillon qui est cisaillé par un élément monté
sur un axe vertical sous forme d’une éprouvette de 10cm de hauteur et 5,35 cm de
rayon. Le fonctionnement est établi à vitesse imposée, la célérité de rotation peut varier
de 12 à120 tr/min. La gamme de mesure du moment résistant est située entre 0,1 [Link]
et 1000 [Link]. Le récipient dans lequel s’écoule le béton a un diamètre de 26 à 30 cm.
Le choix de cette dimension est important pour cet essai car il permet d’avoir un espace
suffisamment élevé entre le mobile et le récipient (l’entrefer).
Mode opératoire
Le mode de mesure des essais au tribomètre est le suivant:
Le béton est placé dans le récipient à l’arase du cylindre mobile qui doit être bien
THESE FALEK KAMEL 138
centré au milieu.
Nous réalisons une montée puis une descente de vitesses en paliers croissants puis
décroissants respectivement selon un programme défini dans un fichier de données du
logiciel de pilotage « watch and control ». Ce dernier permet d’imposer 08 valeurs
différentes dans un intervalle 12 et 96 tr/min suivant la courbe en escalier donnée par la
figure II.3.5. La durée de passage d’une vélocité à l’autre est de 12 secondes et le
maintien de la célérité de rotation constante (la durée du palier) peut durer 18 secondes.
L’enregistrement des moments résistants se fait uniquement quand la courbe est dans
la phase de descente et précisément lorsqu’elle est constante (sur le palier). La période
d’enregistrement des résultats est fixée à 2 secondes, ce qui nous permet d’avoir 09
valeurs dont il faut calculer la moyenne pour l’affecter à la vitesse du palier
correspondant.
Ce mode de mesure du moment résistant, qui consiste à considérer uniquement la
courbe de descente et négliger celle de montée, est utilisé par plusieurs chercheur entres
autres, nous citons Legrand, Mouret, Cyr, Geiker, Jiong Hu et Ngo
Figure II.18. : Dispositif de Tribométrie
THESE FALEK KAMEL 139
Les résultats de rhéologie et tribologie sont présentés dans le chapitre IV
II.14.3. Valeur des affaissements
Tableau II.18 : Affaissement en fonction du pourcentage de fines. Adj 0 ,7 %
% Fines Affaissement (cm)
5 19.5
5 19,0
10 19,0
10 19,5
15 19,0
15 18,0
20 19,5
20 19,0
25 18
30 19
35 20
40 21
L’augmentation du taux de fines, mises en remplacement du ciment, ne semble pas
entrainer une élévation de l’affaissement, sauf peut être pour des valeurs de l’ordre de
35 à 40 %. L’ordre de ces grandeurs se situe entre 18 et 19,5 cm pour les bétons en
comprenant jusqu’à 30 %. Il ne parait pas qu’il ait une grande influence sur ce
paramètre tout au moins pour les valeurs de substitution ne dépassant pas le tiers de la
quantité initiale de liant.
Valeurs de l'affaissement en fonction du pourcentage de fines
20
% Fines
1 5
2 5
15
3 10
Affaissement (cm)
4 10
5 15
10 6 15
7 20
8 20
5 9 25
10 30
11 35
12 40
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Pourcentage de fines
Figure II.19 : Valeurs de l’affaissement en fonction du pourcentage de fines
THESE FALEK KAMEL 140
II.14.4. Contraintes de compression
On peut noter que les forces et les contraintes de compression diminuent avec
l’augmentation de fines comprises dans le béton. Ce résultat semble tout à fait normal
puisque la quantité de liant va en décroissant de 5 à 40 %.
Lorsque le béton ne comportait que du ciment, on atteignait des résistances relativement
importantes de l’ordre de 38 MPa. Avec 5 %, cette valeur ne baisse que de 3 MPa et
donc le matériau obtenu est utilisable en lieu et place du naturel. La chute est plus
grande pour des valeurs de substitution comprises entre 10 et 15 %, en effet dans ce cas
les estimations obtenues sont de l’ordre de 30 à 32 MPA, ce qui le rend encore
employable dans les cas habituels. Pour des taux de remplacement compris entre 20 et
30 %, on atteint 26 à 28 MPa, il faut être très attentif à leur effet dans la construction.
Tableau II.19 La r2sistance en compression à 28 jours en fonction de la substitution
du ciment par des fines recyclées
% de fines Résistance (MPa) forces (KN) Résistance Moyenne (MPa)
0 37,78 37,78
1 5 35,51 798,9
2 5 34,18 769,06
3 5 34,96 786,65 34,78
4 5 34,48 775,71
5 10 31,49 708,48
6 10 31,08 699,39
7 10 31,78 714,98 31,61
8 10 32,08 712,92
9 15 30,66 689,77
10 15 29,96 674,17
11 15 30 ,31 704,37 30,43
12 15 30,79 692,91
13 20 27,5 618,86
14 20 27,7 623,36
15 20 28,71 645,91 27,83
16 20 27,84 626,48
17 25 27,65 622,46 27,55
18 25 27,43 617,18
19 30 25,93 583,36 25,99
20 30 26,07 586,56
21 35 20,98 472,16 20,46
22 35 19,94 448,58
23 40 18,18 409,15 18,12
24 40 18,06 406,37
THESE FALEK KAMEL 141
Jusqu’à un taux de 30 %, le remplacement du ciment par des fines donne des résistances
supérieures à 25 MPa.
Au-delà, elles sont inférieures ou égales à 20 MPa, ce qui les rend difficilement
utilisables dans le cadre des réalisations usuelles.
Variation de la résistance moyenne (MPa)
en fonction du pourcentage de fines
35
30
25
% de fines
Résistance Moyenne (MPa)
1 5
20
2 10
15 3 15
4 20
10 5 25
6 30
5
7 35
8 40
0
1 2 3 4 5 6 7 8
Pourcentage de fines
Figure II.20 : Variation de la résistance en compression en fonction de la substitution
d’une quantité de ciment par des fines
Sur ce diagramme, la chute de résistance à la compression en fonction du taux de fines
mis en place est bien illustrée. La valeur reste acceptable jusqu’à 15% de substitution
qui correspond à environ 10% de diminution. Au-delà de 30%, les grandeurs
deviennent faibles pour une utilisation courante. Elles avoisinent les 20 MPA
lorsqu’elles interviennent à hauteur de 35% et les 18 MPA à 40%.
II.14.5. Essai de traction par fendage.
Le tableau suivant nous donne les valeurs des contraintes de traction pour un béton
naturel en fonction du taux de fines qu’il contient. Ce pourcentage varie de 5 à 40 % de
remplacement du liant.
THESE FALEK KAMEL 142
Tableau II.20 : Contraintes de traction en fonction du pourcentage de fines.
Nature % Fines Force (KN) Contrainte
(MPA)
BN0 0 224.82 2.86
BN5 5 244,59 3,04
BN10 10 232,98 2,89
BN15 15 223,34 2,78
BN20 20 201,66 2,51
BN25 25 193,34 2,40
BN30 30 182,98 2,27
BN35 35 132,20 1,64
BN40 40 127,54 1,58
Jusqu’à un taux de substitution de 15%, du ciment par des fines pour les essais en
traction, les résultats obtenus restent corrects. Par contre pour des proportions
dépassant les 20 %, la résistance chute et atteint les 50% pour un remplacement de 40%
de fines. Donc il faut être attentif leur utilisation et il peut être employé avec des
quantités contrôlées.
Figure II.21 : Dispositif pour la réalisation d’un essai de traction par fendage.
THESE FALEK KAMEL 143
Valeurs des contraintes de traction
en fonction du pourcentage de fines
3,0
2,5
% de fines
Contrainte de traction (MPa)
2,0
1 5
2 10
1,5
3 15
4 20
1,0
5 25
6 30
0,5
7 35
8 40
0,0
1 2 3 4 5 6 7 8
Pourcentage de fines
Figure II.22 : Valeurs des contraintes de traction en fonction du pourcentage de
fines.
Sur ce tracé, on remarque bien la décroissance continue des contraintes de traction en
fonction du taux de fines.
On constate une chute brusque des valeurs au-delà d’un taux de 30 %.
Conclusion
Les résultats expérimentaux sur le béton à base de substitution du ciment par des fines
recyclées, à l’état frais et durci, présentés dans ce chapitre, permettent d’énoncer les
conclusions suivantes :
En ce qui concerne la maniabilité:
-L’augmentation du taux de fines, mises en remplacement du ciment, ne semble pas
entrainer une modification de l’affaissement
En ce qui concerne les valeurs des résistances mécaniques
-En compression et en traction, pour un taux de substitution de 15% du ciment par des
fines, les résultats obtenus restent corrects et le taux de diminution ne dépasse pas les
10%.
THESE FALEK KAMEL 144
L’utilisation des fines reste intéressante pour des bétons courants.
II.15. Essais sur mortier
Dans cette partie, nous avons utilisé un broyeur permettant d’obtenir de très fines petites
particules.
Nous avons réalisé une série d’éprouvettes 4x4x16 cm3 qui ont été soumises à des
essais d’affaissement, de compression, de flexion et de traction.
Dans ces manipulations, nous avons remplacé une partie du ciment par des fines
recyclées et nous avons utilisé un sable normalisé.
Nous avons débuté avec une composition de béton comprenant 0% de fines puis nous
avons augmenté progressivement leur taux jusqu’à 100%.
La composition initiale était la suivante:
Ciment 450g
Sable normalisé 1350g
Eau 180g
Super plastifiant 1,5%
Fines 0g
Par la suite seules les quantités de ciment et de fines vont varier sans que leur masse
totale ne dépasse les 450g.
Nous vous présentons les différents cas étudiés :
Composition avec 10% de fines : ciment 405g fines 45g
Composition avec 25% de fines : ciment 337,5g fines 152,5g
40% de fines : ciment 270g fines 180g
50% de fines : ciment 225g fines 225g
60% de fines : ciment 180g fines 270g
70% de fines : ciment 112,5 g fines 337,5 g
100% de fines : ciment 0 g fines 450 g
II.15.1. Résultats obtenus au maniabilimètre
La manipulation consiste à verser, à l’intérieur de l’appareil, le mortier contenant des
THESE FALEK KAMEL 145
fines, et le mettre en marche. Il faut soulever et enlever le mécanisme de blocage, de
forme prismatique, et mesurer le temps mis par la pâte pour atteindre un niveau tracé sur
le flanc opposé. On a donc obtenu une série de mesures qui dépendent de la
composition du liant.
Après avoir présenté le principe de
l’essai, nous donnons les différentes
valeurs obtenues.
Résultats :
0% fines: 3,5 s
10% fines: 4, 9 s
25 % fines: 45, 13 s
40 % fines: 56, 56 s
50 % fine: 2mn 20 s
60 % fine: 5mn 15 s
70% fines : 12 mn 30 s
Figure II.23 : Maniabilimètre
Les essais avec 100% de fines n’ont pas donné de résultats fiables avec un ordre de
grandeur à peu près constant. Les valeurs obtenues étant parfois très élevées.
[Link] de compression sur éprouvettes 4x4x16 cm3 à 7 jours
Nous avons arrêté le remplacement à 60 % car au-delà les valeurs obtenues étaient
faibles et non répétitives. Jusqu’à 10 % de fines, nous obtenons des résultats supérieurs
ou voisins de 50 MPa, le maximum étant obtenu lorsque l’on n’avait que du ciment était
voisine de 55 MPa. Au-delà, lorsque le taux de substitution est compris entre 25 et 40
%, les contraintes sont situées entre 24 et 31 MPa. Enfin lorsque leur pourcentage varie
entre 50 et 60 %, la compression devient relativement basse et à moins que l’on ait une
majoration importante à 28 jours, cela ne permet plus l’utilisation d’un tel matériau dans
la construction. Nous avons arrêté le remplacement à 60 % car au-delà les valeurs
obtenues étaient faibles et non répétitives
THESE FALEK KAMEL 146
Figure II.24 : Appareil de compression
Tableau II.21 : Contraintes de compression en fonction du pourcentage de fines.
% de fines Contrainte de compression (MPa) Contrainte moyenne
(MPa)
0 55,01 55,37
0 55,74
10 49,14 47,99
10 46,84
25 31,04 31,45
25 31,86
40 25,91 24,39
40 27,09
50 13,55 13,29
50 13,04
60 6,62 6,88
60 7,13
THESE FALEK KAMEL 147
Variation de la Contrainte moyenne de compression (MPa)
en fonction du % de fines à 7 jours
50
C ontrainte moyenne de compression (MPa)
40
30 % de fines
1 0
20 2 10
3 25
10 4 40
5 50
6 60
0
1 2 3 4 5 6
Pourcentage de fines
Figure II.25 : Variation de la contrainte moyenne de compression à 7 jours en
fonction du pourcentage de fines.
On voit très bien la décroissance continue des grandeurs. On constate une baisse des
valeurs entre 10 et 25 pourcents de substitution, on passe pratiquement de 55 à 30 MPa.
Au-delà de 50 %, les valeurs enregistrées sont faibles.
[Link] de compression à 28 jours
Pour chaque pourcentage de fines utilisé, une dizaine d’essais ont été réalisés à 28 jours.
La contrainte moyenne de compression a été déterminée pour chaque taux introduit dans
la composition du mortier en lieu et place du ciment.
Tableau II.22 : Contraintes de compression à 28 jours.
% de fines contrainte de compression Contrainte moyenne
(MPa) (MPa)
0 56,80
0 59,54
0 58,80 57,97
0 57,33
10 53,42
10 50,56
10 49,82 50,98
10 50,93
25 33,16
THESE FALEK KAMEL 148
25 35,60
25 34,39 34,92
25 33,15
40 26,33
40 27,09
40 24,09 26,49
40 23,09
50 15,78
50 17,26
50 14,75 15,74
50 15,18
60 7,45
60 8,04 8,466
60 9,55
60 8,82
Variation de la Contrainte moyenne de compression (MPa)
en fonction du % de fines à 28 jours
60
50
C ontrainte moyenne de compression (MPa)
40
30 % de fines
1 0
20 2 10
3 25
10 4 40
5 50
0
6 60
1 2 3 4 5 6
Pourcentage de fines
Figure II.26 : Variation de la contrainte moyenne de compression à 28 jours en
fonction du pourcentage de fines.
L’allure de ce diagramme est tout à fait comparable à celui tracé à 7 jours, les résultats
obtenus sont tout à fait du même ordre.
Les valeurs obtenues sont légèrement plus importante que lors des essais à 7 jours, la
majoration reste faible, de l’ordre de 2 à 3 MPa selon le pourcentage de fines présentes
dans l’échantillon. Jusqu’à 10 %, les résistances restent bonnes, de 50 à 60 MPa, ce qui
THESE FALEK KAMEL 149
confirme les résultats obtenus sur béton. Au-delà des 25%, la chute est importante, elle
varie de 35 à 15 MPa pour 50% de substitution.
II.15.4.Résultats des essais de traction par flexion simple
Essais de traction par flexion à 7 jours:
Les valeurs des contraintes de traction en deçà de 40 % sont tout à fait acceptables, de
l’ordre de grandeur des bétons sans adjuvants à 28 jours.
Au-delà d’un pourcentage de fines supérieur à 50 %, les mortiers obtenus donnaient des
résultats très faibles quand ils ne se détérioraient pas complétement et de ce fait les
valeurs des contraintes de traction n’étaient plus mesurables.
Figure II.27 : Appareil de traction par flexion.
THESE FALEK KAMEL 150
Tableau II.23 : Contraintes de traction en fonction du pourcentage de fines.
% de contraintes de
fines traction
(Mpa)
0 3,09
10 2,59
25 2,03
40 1,93
50 0,71
Sur le tracé ci-dessous, on voit bien qu’à 25% de fines la résistance avoisine les 2 MPa
et à 50%, cette grandeur devient très faible
Variation de la Contrainte moyenne de traction (MPa)
en fonction du % de fines à 7 jours
3,0
2,5
C ontrainte moyenne de traction (MPa)
2,0
1,5
% de fines
1 0
1,0
2 10
3 25
0,5
4 40
5 50
0,0
1 2 3 4 5
Pourcentage de fines
Figure II.28 : Variation de la contrainte moyenne de traction en fonction du
pourcentage de fines à 7 jours.
Essais de traction par flexion à 28 jours:
Lorsque la contrainte de traction est supérieure à 2 MPa, il a été effectué 5 essais pour
déterminer et mieux cernéer la valeur moyenne. On peut remarquer que jusqu’à 10 % de
fines, cette résistance est importante et avoisine les 4 MPa. A 25 %, on atteint sans trop
de difficultés les 3 MPa. A40 %, cette grandeur est légèrement supérieure à 2 MPa.
A partir de 50%, seulement deux tests ont été realisé[Link] ce pourcentage on obtient
pratiquement 1,8 MPa, en deçà jusqu’à 70%, des résultants très faibles ont été donnés.
THESE FALEK KAMEL 151
Tableau II.24 : Contraintes de traction en fonction du pourcentage de fines à 28
jours.
% de fines Contraintes de traction Contrainte moyenne
MPa MPa
0 4,52
0 4,48
0 4,44 4,39
0 4,24
0 4,29
10 3,68
10 4,05
10 4,09 3,91
10 3,67
10 4,04
25 3,43
25 3,59
25 3,32 3,25
25 3,02
25 2,90
40 2,70
40 2,59
40 2,21
40 2,31 2,35
40 1,93
50 1,75 1,77
50 1,80
60 0,85 0,75
60 0,65
70 0,35 0,33
70 0,31
THESE FALEK KAMEL 152
Variation de la Contrainte moyenne de traction (MPa)
en fonction du % de fines à 28 jours
4
C ontrainte moyenne de traction (MPa)
% de fines
2 1 0
2 10
3 25
1
4 40
5 50
6 60
0
1 2 3 4 5 6 7 7 70
Pourcentage de fines
Figure II.29 : Variation de la contrainte moyenne de traction en fonction du
pourcentage de fines à 28 jours.
A la différence des résultats obtenus en compression, la valeur entre la résistance à 7 et
à 28 jours est fortement majorée. Sur ce diagramme, on voit bien qu’avec des taux de
fines supérieurs à 25 %, la résistance en traction est supérieure à 3 MPa et qu’au-delà de
50 % elle devient très petite.
THESE FALEK KAMEL 153
II.16. Conclusion sur l’utilisation de fines recyclées en substitution du ciment
Essai sur béton
Les résultats expérimentaux sur le béton à base de substitution du ciment par des fines
recyclées, à l’état frais et durci, permettent d’énoncer les conclusions suivantes :
En ce qui concerne la maniabilité:
-L’augmentation du taux de fines, mises en substitution du ciment, ne semble pas
entrainer une modification de l’affaissement
En ce qui concerne les valeurs des résistances mécaniques
-En compression et en traction, pour un taux de substitution de 15% du ciment par des
fines, les résultats obtenus restent corrects et le taux de diminution ne dépasse pas les
10%. L’utilisation des fines reste intéressante pour des bétons courants.
Essai sur Mortier
Les valeurs obtenues à 28 jours sont légèrement plus importante que lors des essais à 7
jours, la majoration reste faible, de l’ordre de 2 à 3 MPa, selon le pourcentage en fines
présentes dans l’échantillon. Jusqu’à 10 %, les résistances restent bonnes, de 50 à 60
MPa, ce qui confirme les résultats obtenus sur béton. Au-delà des 25%, la chute est
importante, elles varient de 35 à 15 MPa, pour 50% de substitution.
Lorsque la contrainte de traction est supérieure à 2 MPa, il a été effectué 5 essais pour
déterminer et mieux cerner la valeur moyenne. On peut remarquer que jusqu’à 10 % de
fines, cette résistance est importante et avoisine les 4 MPa. A 25 %, on atteint sans trop
de difficultés les 3 MPa. A40 %, cette grandeur est légèrement supérieure à 2 MPa.
A partir de 50 % seulement deux tests ont été réalisés. Pour ce pourcentage on obtient
pratiquement 1,8 MPa, en deçà et jusqu’à 70%, des résultants très faibles ont été
donnés.
THESE FALEK KAMEL 154
CHAPITRE III :
Influence des granulats recyclés
sur les propriétés mécaniques
THESE FALEK KAMEL 155
III. Résultats et discussions
Rhéomètre utilisé
III.1. Propriétés des granulats
Il est certain que les granulats obtenus à partir d'un béton concassé ont des propriétés
différentes et par conséquent, il est normal que des travaux importants sur le tri des matériaux
de démolition soient faits pour obtenir des agrégats les plus propres possibles. Dans notre cas,
nous avons utilisé une série d'éprouvettes d'un béton naturel de classe C30, provenant d’un
même projet de construction. Les gravillons ont été obtenus à l'aide d'un concasseur à
mâchoires. La masse volumique des granulats recyclés est inférieure à celle des naturels et
atteint les 10% d'absorption naturelle, cette dernière peut arriver à 7% en fonction de la classe
du gravier.
III.1.1 Absorption et Porosité
L'absorption d'eau est importante pour les agrégats recyclés. En fait, tous les résultats montrent
que les granulats de béton sont caractérisés par une forte capacité à pomper l'eau. En outre, il
semble que la partie la plus mince des gravillons récupérés en absorbe une plus grande quantité
que les zones grossières.
THESE FALEK KAMEL 156
Abs.% NA Abs.% RA
10
Absorption % 8
0
0 10 20 30 40 50 60
Figure III.1 : Coefficient d'absorption
NA RA
20
15
% Porosity
10
0
3/8 8/15 15/25
Figure III. 2 : Variation de la porosité
La figure III.1, montre la variation du coefficient global d'absorption d'eau des
granulats, mesurée selon la norme NF 1097-6 après 60 minutes. On observe que les
valeurs obtenues sur les graviers recyclés 08/03 (RA) sont beaucoup plus grandes que
celles des naturels 08/03 (NA), et atteignent les 7 %. Le taux de porosité est également
plus élevé pour les premiers, confirmant que ce granulat est plus poreux que le naturel.
Le pourcentage maximum arrive à 17%, pour le petit agrégat 3/8 récupéré, voir la
figure III.2.
THESE FALEK KAMEL 157
III.1.2 Mortier Adhérant
Les agrégats de béton recyclé ont une structure granulaire irrégulière et, le mortier
adhérant peut être une préoccupation parce qu'il est un facteur qui contribue à une
absorption d'eau plus élevée. Ce dernier, lié aux granulats réintroduits, dépend de
plusieurs paramètres : l'origine et le compactage du concassage initial, la forme et la
taille des agrégats ainsi que le nettoyage à l'eau ou à sec. Le principe de l'essai pour la
détermination du pourcentage en poids de pâtes de ciment collées consiste à l’immerger
après séchage dans une solution d’acide chlorhydrique à 33% et à une température
ambiante de 20 °. Les résultats montrent la présence d'une quantité élevée de mortier
plaqué aux agrégats, pour le gravier 3/8 d'environ 37%, 32% pour le 8/15 et 10% pour
les grands granulats 15/25.
Les différentes conclusions de recherche ont montré que le taux de mortier adhérant
dépend de la taille des agrégats. Dans notre cas pour la gamme de dimension de 4/8mm,
il varie entre 33- 55% et pour les granulats 8 /16mm, il est de 23-44%. Il est donc
conforme à ce qui est écrit dans la littérature qui suggère que celui-ci peut varier de 25
à 65% et cela dépend également de la méthode retenue pour l'évaluation de la teneur en
mortier. Ce facteur contribue à une grande quantité d'absorption d'eau des grains
recyclés, qui varie de 4 à 12% comme représenté sur la figure III.1 qui, à son tour,
dépend également de la taille des agrégats, ainsi que du procédé de broyage, qui affecte
ainsi la résistance à la compression du béton.
III.1.3. Abrasion
L’abrasion est liée à la force intrinsèque des agrégats. Étant donné que lorsqu’ elle est
importante, elle provoque une diminution de la résistance à la compression, qui dépend
de la force relative du béton et de la taille des agrégats. (Sami W. Tabsh, Akmal S.
Abdelfatah, 2009) ont rapportés aussi que lorsqu’elle est faible, elle engendre une plus
grande pression du béton. Pour les granulats fins, qui ont une plus grande surface
spécifique, le mortier adhérant à ces éléments est plus important, il en est de même pour
l’abrasion. (Kadri EH, Aggoun S, De Schutter G. 2009) ont signalé que les graviers
recyclés peuvent en avoir une abrasion qui atteint les 50 % dans le cas de constituants
THESE FALEK KAMEL 158
fins et cela peut conduire à une perte de force de l’ordre de 20 à 35 %. Les essais de
dureté ont montré que le coefficient de Los-Angeles est plus élevé que celui des
graviers naturels. Les tests de choc (micro Deval) , donnent aussi des valeurs plus
importantes quisont dues à la présence d’une grande quantité de pâte de ciment autour
des agrégats recyclés.
III.1.4. Conclusion
Les propriétés physico-chimiques des granulats recyclés sont très différentes de celles
des naturels par la porosité et l’absorption plus élevée , la rugosité est également plus
importante. Il a été constaté que la surface des agrégats recyclés est enveloppée de
résidus de mortiers. Ces différences amènent alors des changements de propriétés dans
les bétons à base de grains recyclés par rapport à ceux produits à partir de naturels. Or
la valorisation d’un béton demande non seulement la maitrise de sa résistance mais
également de prendre en compte la mise en place à l’état frais. Il est alors primordial
d’étudier le comportement des bétons fabriqués avec des granulats recyclés (sable ou
gravillons recyclés). Jusqu’ici, très peu de travaux de recherche sur ce théme ont été
réalisés.
III.2. Résultats expérimentaux
Les granulats recyclés utilisés sont obtenus à partir d’un même lot d’éprouvettes de test
du même projet. Les agrégats de trois dimensions différentes ont été utilisées : 3/8,
8/15 et 15/25 mm. En ce qui concerne le sable, il a été utilisé deux types, un grossier et
un autre plus fin, afin d’obtenir un indice de finesse proche de 2.5. Les mélanges de
béton ont été préparés selon la méthode de Dreux - Gorisse, utilisant 380 kg de ciment
pour 1 m³ à tous les mélanges. Dans des formulations différentes, nous avons utilisé un
CEM II/A 42.5 avec une finesse de Blaine de 3500 cm²/g.
THESE FALEK KAMEL 159
a. Granulats naturels et recyclés
L’ensemble des agrégats recyclés a été obtenu à partir du concassage des éprouvettes de
TP de tests de laboratoire de classe de béton C30. Elles ont été tamisées en trois groupes
et on a enlevé les particules fines inférieures à 4 mm. Les courbes granulométriques
sont représentées à la Figure III.3. La formulation de trois séries de béton contenant des
agrégats recyclés (RA) a été effectuée. Une première a été réalisée avec le pourcentage
de 25 %, 50 %, 75 % et 100 % de RA avec un rapport E/L constant (voir tableau III.1).
La deuxième couvrira le même taux de RA et à maniabilité constante avec de l’eau
supplémentaire et par conséquent un rapport E/L variable. La troisième présentation
est sous maniabilité constante avec un dosage en superplastifiant variable.
Figure III.3: Courbes granulométriques pour agrégats naturel et recyclé
THESE FALEK KAMEL 160
Tableau [Link] du mélange1 de béton de référence
Constituants
(Kg/m ) NC RC25 RC50 RC75 RC100
C 380 380 380 380 380
W 200 200 200 200 200
NS 351 356 361 365 370
NSf 275 283 292 300 308
NA (3/8) 138 104 69 35 0
NA(8/15) 549 412 275 137 0
NA(15/25) 412 309 206 103 0
RA(3/8) 0 56 112 167 223
RA(8/15) 0 86 172 257 343
RA(15/25) 0 120 240 360 480
[Link] (%) 0.7 0.7 0.7 0.7 0.7
Slump (cm) 18 14 12 10 6
Rc.28(Mpa) 38 37.8 37.2 36.3 34.4
Pour la Mixture 1:Tests avec E/ L = Cte, sans ajout d’eau. L’ouvrabilité du béton avec
des granulats recyclés pour la même teneur en eau diminue en fonction du taux de
remplacement des agrégats, ce qui a été rapporté par de nombreux chercheurs, en
particulier (Kadri EH, Aggoun S, De Schutter G. 2009). La méthode de test slump
utilisée est celle du cône d’Abrams. Il a été observé dans cette première formulation à
base de recyclé RA, que la valeur de l’affaissement diminue avecl’augmentation du
pourcentage d’agrégats recyclés utilisé. La perte de maniabilité augmente avec leur taux
de remplacement (tableau III.1).
III.2.1. Résistance en compression
Le remplacement des granulats naturels NA par des agrégats recyclé RA, implique
généralement une diminution de la résistance conventionnelle en compression. Les
résultats obtenus en figure III.4 pour un béton avec agrégats substitués à 100 %,
donnent une réduction de celle-ci n’excédant pas les 13 %, avec une maniabilité qui
décroit de 70 %. Cela se traduit donc par une baisse considérable de la valeur de
l’affaissement, atteignant 60mm pour cette première formulation. A28 jours, cette force
baisse avec l’augmentation de la teneur en graviers recyclés pour quatre différentes
proportions (25, 50, 75 et 100 %). Bien que la plupart des chercheurs ait signalé une
diminution de la tenue pour ce genre d’éléments, il est à noter que le degré de réduction
THESE FALEK KAMEL 161
est lié à des paramètres comme le type de matériau utilisé pour la fabrication de ces
granulats, du taux de remplacement, du rapport E/L et de leur teneur en humidité.
Tableau III. 2: Mélange 2 à maniabilité constante avec ajout d’eau
ConstituantsKg/m ) NC RC25 RC50 RC75 RC100
C 380 380 380 380 380
W 200 224 230 234 240
[Link] (%) 0.7 0.7 0.7 0.7 0.7
Slump (mm) 180 183 185 193 190
W/C reel 0.526 0.589 0.605 0.615 0.631
Rc28 (Mpa) 38 32 30.5 29 27
Un deuxième mélange (tableau III.2) est obtenu en maintenant un affaissement constant,
par addition d’eau en fonction du pourcentage de gravier recyclé et du taux
d’absorption. Dans une première méthode, nous avons augmenté le dosage directement
dans le malaxeur à travers des essais répétés jusqu'à ce que la mixture atteigne une
valeur de slump test de 18cm pour chaque substitution. La seconde procédure, qui a
été souvent utilisée, est d’effectuer le pré-mouillage des granulats recyclés avec une
quantité d’eau correspondant à la différence dans le taux d’absorption, en l’ajoutant
dans le malaxeur pour obtenir l’affaissement constant. Les résultats obtenus, voir la
Figure III.4, qui diminuent remarquablement comparés à ceux du béton naturel,
atteignant les 30 % pour une RC 100 %. Il est clair que le rapport E/L augmente
vraiment, même si une partie de l’eau est absorbée par le vieux mortier.
THESE FALEK KAMEL 162
Tableau III.3 : Mélange 3 à E/L constant et ajout de superplastifiant
Constituants (Kg/m ) NC RC25 RC50 RC75 RC100
C 380 380 380 380 380
W 200 200 200 200 200
[Link] (%) 0.7 0.85 1. 1.15 1.3
Slump (mm) 180 180 182 185 175
W/C reel 0.526 0.526 0.526 0.526 0.526
Rc28 (Mpa) 38 37.5 35.2 34.7 34
Dans cette troisième formulation (tableau III.3) avec des granulats reutilisés, la
maniabilité est constante 18cm ± 2, obtenue grâce à un dosage en superplastifiant à base
de polycarboxylates et un rapport E /L = 0.526. La diminution de la résistance à la
compression du béton RCA pour les proportions utilisées, est moins importante. La
perte de force maximale à 100 % de recyclés ne dépasse pas les 13 %.
W/C =cst. added superplast." added water
40
Compressive stregth (MPa)
35
30
25
20
15
10
5
0
NC RC25% RC50% RC75% RC100%
Figure III.4: Résistance à la compression du béton pour les 3 Mixtures
THESE FALEK KAMEL 163
La résistance à la compression des bétons à base de granulats recyclés est affectée
par deux facteurs : les granulats et les caractéristiques de la nouvelle pâte de ciment.
Effectivement, la nature des pierres concassées et du sable naturel ainsi que les
performances mécaniques de l’ancien béton impactent fortement les propriétés du
nouveau. Elle est aussi fonction du durcissement du béton lorsque la liaison chimique
se développe. Le rapport E/C, la compacité et le durcissement adéquat affectent le
développement de la microstructure ainsi que la répartition et la taille des pores.
THESE FALEK KAMEL 164
Chapitre IV :
Influence des granulats recyclés sur les
propriétés Rhéologique et tribologiques
THESE FALEK KAMEL 165
[Link]éologie et Tribologie
Le béton frais est une matière intermédiaire entre un liquide et une pile de particules
humides. Il doit couler pour remplir un volume de forme quelconque. Mais à la
différence, le mélange granulaire, quand il est cisaillé, présente un volume qui va perdre
son homogénéité. Le comportement des fluides plastiques dépend de la relation entre le
taux de cisaillement et la viscosité plastique.
Figure IV.1 : Modèles de rhéologie des fluides.
Le béton classique, à la forme et une consistance plastique, un comportement dilatant
considérable (Etxeberria M, Vázquez E, Marí A, et al 2007). L’allure rhéologique du
béton frais est similaire à celle des fluides de Bingham (seuil de cisaillement et viscosité
plastique), la loi constitutive s’écrit :
0
Le cisaillement est caractérisé par deux grandeurs :
-sa vitesse ou encore appelée le gradient de vitesse. Elle représente la variation de la
vélocité entre les couches.
-sa contrainte de cisaillement des forces de frottement entre les couches s’exercent
tangentiellement à leur surface. La viscosité dynamique μ correspond à celle qui
accompagne l'existence d'un gradient de vitesse d’écoulement dans la matière.
THESE FALEK KAMEL 166
IV.1 Protocoles d’essai
Les propriétés rhéologiques du béton frais sont déterminées par les rhéomètres, qui
mesurent la contrainte de cisaillement à différentes vitesses. Le mode de mesure du
moment de résistance est de ne considérer que la courbe de célérité de descente et de la
négliger à l’ascension, ce qui a été utilisé par de nombreux chercheurs (Etxeberria M,
Vázquez E, Marí A, et al). Le résultat brut d’un essai effectué avec un tribomètre est
sous la forme T = T0 + kV. L’écoulement du béton à l’interface acier-béton doit être
rédigé dans la forme générale:v. On cherche à calculer les paramètres de
pompage (et à partir de la valeur T0 et V, pendant l’essai tribologique.
IV.2 Résultats
Les courbes des figures 5-6 montrent que les couples de frottement varient linéairement
avec la vitesse de rotation. L’observation de plusieurs tests le confirme (Soualhi, El-
HadjKadri, Tien-Tung Ngo 2015 ; T.T. Ngo, E. Kadri, F. Cussigh and R. Bennacer,
2001). Les tracés couple-vitesse ont tendance à réduire la sensation de rapidité
croissante. Pour le liant à base de gravier naturel (de référence) avec un affaissement de
18 ± 2cm, il est à noter que lorsque la célérité du cylindre est faible, il frotte
directement sur le matériau, et il y n'a pas eu une formation de couche limite. Ceci est
soutenu par l’importance de la pente de la courbe couple-vitesse dans cette gamme de
vélocité L’interface de frottement (τo), augmente avec le pourcentage d’agrégats
recyclés. En outre, lorsque la rotation s’éléve, la constante visqueuse (η) du béton avec
100% de granulats récupérés atteint une forte hausse, jusqu'au double de celle du
naturel.
THESE FALEK KAMEL 167
NC RC25% RC50% RA75% RA100%
1200
y = 8,0754x + 272,68
R² = 0,9814
Couple de frottement (N,mm)
1000
y = 6,8155x + 206,96
800
y = 6,4435x + 187,68
600 y = 4,6974x + 183,21
y = 3,8194x + 167,5
400 R² = 0,9848
200
0
0 20 40 60 80 100 120
Vitesse de rotation (rt/mn)
Figure IV.2. : Couple en fonction du % de recyclés.
Le mélange 2, avec une maniabilité constante et un rapport E/L variable, entraîne une
diminution de la valeur de la résistance à la compression qui atteint près de 25 %, pour
un béton avec 100 % d’agrégats recyclés et avec ajout d’eau supplémentaire. Elle est
de moins de 13 % avec l’introduction d’un superplastifiant avec un E/L constant (voir
les courbes figure III.4). Les grandeurs du couple de friction pour ces deux mixtions
sont pratiquement confondues, ces valeurs d’interface sont équivalentes à celle du liant
de référence et la constante de viscosité légèrement plus élevée. Le mélange 3 avec
100 % de graviers recyclés et sans ajout d’eau ni de dosage en adjuvant montre que la
courbe correspondant à un affaissement de 6cm, donne une valeur de la liaison de
frottement qui augmente de plus de 50 % par rapport à celle avec des granulats réutilisés
et trois fois plus pour la valeur de la viscosité (voir figure IV.2).
THESE FALEK KAMEL 168
NA RA20% Water RA1,3%,SPP RA
1200
y = 8,0754x + 272,68
Couple de frottement ([Link])
1000 R² = 0,9814
800
y = 4,627x + 182,89
600 R² = 0,997
400
y = 2,7242x + 183,39
R² = 0,9856
200
0
0 20 40 60 80 100 120
Vitesse de rotation(rt/mn)
Figure IV.3 : Evolution du couple pour 100 % de recyclé
0,2
Vviscosité plastique (Pa.s)
0,16 y = 0,086x + 0,0777
0,12
0,08
0,04
0
0% 20% 40% 60% 80% 100%
Graviers recyclés (%)
Figure IV.4. : Viscosité Plastique pour différent pourcentage d’agrégats recyclés
THESE FALEK KAMEL 169
200
Contrainte de cisaillement (Pa)
y = 88,777x2 - 27,657x + 109,45
160
120
80
40
0
0% 20% 40% 60% 80% 100%
Graviers recyclés (%)
FigureIV.5. : Contrainte de cisaillement pour différents pourcentages d’agrégats
recyclés
L'influence du pourcentage d'agrégats recyclés sur la tribologie est que le couple de
friction varie linéairement en fonction de la vitesse. L'augmentation du taux de granulats
réutilisés s'accompagne d'un accroissement du frottement sur l'interface béton-acier, ce
qui altère la pompabilité (voir la Figure IV.4). Cela donne une élévation de la constante
visqueuse et du seuil d'interface (voir Figure IV.5). Cela confirme le renforcement du
raclement en fonction du pourcentage de tels agrégats.
THESE FALEK KAMEL 170
Conclusion
Les résultats sur les propriétés physiques des granulats recyclés montrent clairement une
plus grande capacité d’absorption, un taux de porosité important de 17 % supérieur à
celui du gravier naturel. Les essais mécaniques confirment une résistance à l’usure plus
faible. Avec un rapport E/L constant, la réduction de la maniabilité est fonction du
pourcentage de recyclé substitué, tandis que la résistance mécanique est réduite.
-La mixture 1 à base de granulats recyclés avec et un ratio E/L constant, entraîne une
diminution de la maniabilité en fonction du pourcentage de substitution des agrégats
recyclés et la valeur de la résistance à la compression diminue de près de 13 %.
-La mixture 2 avec ajout d’eau, à maniabilité constante et avec un rapport E/L variable,
entraîne une diminution de la valeur de la résistance à la compression de près de 25 %.
-La mixture 3 une troisième formulation dosée en adjuvant, avec une maniabilité et un
volume constant de pâte donne des valeurs de résistance comparables à celle de la
référence béton avec une interface de sortie équivalente à celui de la référence concrète
et une constante légèrement supérieure à la viscosité. Cette mixture, avec un dosage en
superplastifiant à base de polycarbonate et pour une maniabilité constante choisie ainsi
qu’un ratio E/L constant, donne une diminution de la valeur de la résistance à la
compression à 28jours, la moins conséquente, de l’ordre des 10 %.
En termes de rhéologie et tribologie, la mixture 3 propose les résultats les plus proches
du mélange de références. L’interface de friction (τ) augmente avec le pourcentage
d’agrégats recyclés et la constante de viscosité plastique (η) pour le mélange à 100 % de
recyclés, et atteint une valeur double de celle du béton naturel.
THESE FALEK KAMEL 171
IV.3. Bétons à base de fines recyclés en substitution du ciment.
Il ressort de certaines études que les gravillons recyclés peuvent être réutilisés sans
difficulté dans la formulation d’un béton, à condition de bien maitriser l’imbibition et le
taux de saturation de ces granulats. En revanche, le sable recyclé est plus difficile à
utiliser.
Ce travail a pour but la valorisation de fines issues du recyclage comme additions
minérales en substitution d’une quantité de ciment et l'évaluationde la possibilité
d'utiliser des sables de bétons broyés et des fines de dépoussiérage dans les matériaux
cimentaires
Les fines, tout comme les éléments grossiers des granulats recyclés, sont constituées de
grains naturels concassés (ici en l’occurrence provenant du broyage des agrégats) et de
pâte de ciment relativement friable (issue du ciment hydraté). Il serait ainsi intéressant
d’identifier la part qui provoque la rigidification importante du béton. En outre, dans le
cadre de l’étude d’un liant à faible impact environnemental, l’utilisation d’une quantité
d’eau plus importante n’est pas à souhaiter, car elle aura pour conséquences de diminuer
les résistances mécaniques du béton. Ce besoin est également lié à la granulométrie du
sable recyclé. En effet, la littérature permet de conclure que les parties fines des
granulats réutilisés réduisent l’ouvrabilité du béton.
Dans cette partie, nous avons étudié une autre solution, plus atypique : transformer par
broyage le sable recyclé de manière à l’intégrer dans les matériaux cimentaires en tant
qu’addition minérale. Selon la littérature, cette idée a été appliquée en substituant une
part du ciment par la fine résultante pour tester notamment l’influence de cette
incorporation sur la résistance mécanique de matériaux cimentaires (surtout la résistance
à la compression) [Ma and Wang, 2013 ; Noelia et al.2014]. Il manque néanmoins des
études approfondies considérant la variété des sources de fines, ensuite des
investigations au niveau des mécanismes d’activité physico-chimique lors de l’emploi
de fines dans une matrice cimentaire, et l’influence sur le comportement à l’état frais
durci.
THESE FALEK KAMEL 172
La valeur de la surface spécifique des fines recyclées après broyages est proche de celle
du ciment utilisé.
Tableau IV.1 : Affaissement d’un béton avec substitution de ciment par des fines
recyclées
BGN BGf5% BGf10% BGf15% BGf20%
C (Kg/m³) 380 361 342 323 304
E (Kg) 200 200 200 200 200
Sg 351 351 351 351 351
Sf 275 275 275 275 275
GrN.3/8 138 138 138 138 138
GrN.8/15 549 549 549 549 549
GrN.15/25 412 412 412 412 412
fines 0 19 38 57 76
[Link] 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7
Affais. 17 12.5 14 15.2 17.5
Des essais sur un béton à base de granulats naturels avec une substitution du ciment par
des fines recyclées de l’ordre de 5, 10,15 et 20% ont été réalisés, en maintenant un
rapport E/L constant.
18
16
14
Affaissement (cm)
12 BGN
10 BGf5%
8 BGf10%
6 BGf15%
4
BGf20%
2
0
BGN BGf5% BGf10% BGf15% BGf20%
Béton à base de fines recyclés
Figure IV.6 : Variation de l’affaissement d’un béton avec substitution de ciment par
des fines recyclées
THESE FALEK KAMEL 173
On constate que l’affaissement diminue pour une faible substitution, puis il y a
augmentation jusqu'à 20% où la maniabilité est équivalente à celle du béton de
référence.
Résistance en compression à 28 jours
BGN BGF5% BGF10% BGF15% BGF20%
37,8 34,8 31,6 30,6 27,8
Sur le tableau suivant et la figure IV.7 sont présentées les résistances mécaniques
moyennées des différents mélanges de béton avec des substitutions du ciment à base de
5 à 20% de fines recyclées, à terme (28jours). Ces résultats montrent que la résistance
en compression diminue en fonction du pourcentage de fines substituées. Elle atteint les
30% de baisse de résistance pour un béton avec un taux de 20% .
Resistance en compresion à 28j MPa
40
35
30
25
BGN
20
BGF5%
15
BGF10%
10
5 BGF15%
0 BGF20%
BGN
BGF5%
BGF10%
BGF15%
BGF20%
substitution par des fines
Figure IV.7 : Variation de la résistance en compression à 28jrs d’un béton avec
substitution de ciment par des fines recyclées
Résistance en traction à 28 jours
Traction MPa
BGN BGF5% BGF10% BGF15% BGF20%
2,8 2,77 2,8 3,0 2,5
Les résultats figures IV.8 sur la résistance en traction en fonction du pourcentage de
fines substituées restent sensiblement constante jusqu'à 15%.
THESE FALEK KAMEL 174
Résistance en traction à 28j(MPa)
3,5
3
2,5
2 BGN
1,5 BGF5%
1 BGF10%
0,5 BGF15%
0 BGF20%
BGN
BGF5%
BGF10%
BGF15%
BGF20%
substitution par des fines
Figure IV.8 : Variation de la résistance en Traction à 28jrs d’un béton avec
substitution de ciment par des fines recyclée
[Link]éologie
Le comportement rhéologique des bétons réalisés avec des fines recyclées est étudié à
l’aide d’un rhéomètre à béton développé par Soualhi et al. (H Soualhi et al., 2014). Comme
précisé plus haut, le principe consiste à mettre en rotation une pale dans un échantillon
cylindrique de béton frais à différents paliers de vitesses. Les couples appliqués pour la
faire tourner la pale à différents paliers sont mesurés. Les paramètres rhéologiques (le seuil
de cisaillement et la viscosité plastique) sont ensuite calculés.
La Figure IV.9 représente l’évolution du couple en fonction de la vitesse de rotation pour
les différents couples ciment / adjuvant pour les bétons avec des fines recyclées et des
gravillons naturels.
THESE FALEK KAMEL 175
Réhologie des bétonsà base de fines recyclées
Tableau IV.3 Evolution du couple en fonction de la vitesse de rotation.
BGN BGF BGF BGF BGF BGF BGF BGF
Tr/mn N/mm 5% 10% 20% 25% 30% 35% 40%
96 520 513 552 567 620 532 499 490
84 480 488 497 521 554 489 456 451
72 460 439 458 471 512 463 405 410
60 400 410 432 432 459 420 371 372
48 360 357 381 383 424 369 337 335
36 310 320 338 320 385 322 295 303
24 270 271 280 274 313 273 249 245
12 190 188 197 191 225 187 179 173
BGN BGF5% BGF10% BGF20%
BGF25% BGF30% BGF35% BGF40%
y = 4,2817x + 206,54
550
Couple (N/mm)
y = 3,5089x + 159,14
400
250
100
0 20 40 60 80 100
Vitesse de rotation (tr/mn)
Figure IV.9 : Variation du couple en fonction de la vitesse pour un béton avec
substitution de ciment par des fines recyclées de 5 à 40%
THESE FALEK KAMEL 176
Conclusion
L’introduction de fines, en substitution du ciment, avec un taux variant de 5 à 40%,
nous a permis de tirer les conclusions suivantes :
Les affaissements sont stables, aux alentours de 18 ou 19 cm à partir de 10% de
fines, pour tous les types de béton considérés.
Pour les contraintes de compression, l’introduction de fines diminue fortement
leurs valeurs. En effet pour l’élément naturel, on atteint les 38 MPa, de 5 à 15%
on est au-dessus de 30 MPa.
En traction, on passe de 3 MPa pour 5% de fines à 2,8 MPa lorsqu’on en met
15%. Ces ordres de grandeur sont tout à fait comparables à ceux du béton
naturel.
L’incorporation de fines recyclées modifie très peu la rhéologie du béton.
Les résistances sont proportionnelles à la quantité de ciment dans les mélanges
(effet de dilution des fines). Il pourrait être avantageux de remplacer une fraction
des ciments par des fines recyclées jusqu'à un pourcentage de 15%.
Les fines recyclées ne peuvent pas être considérées comme des additions
pouzzolaniques, mais plutôt comme des additions de type I (inerte).
Dans l'éventualité d'une utilisation future de ces fines dans les bétons, il est pertinent
d'amorcer une discussion sur leurs propriétés physico-chimiques en vue de leur
qualification.
THESE FALEK KAMEL 177
Chapitre V :
Conclusion générale et perspectives
THESE FALEK KAMEL 178
Conclusion générale
L’utilisation des matériaux recyclés vise la réduction de l’épuisement des ressources
naturelles s’inscrivant ainsi dans une volonté de préservation de l’environnement. Le
recours à ces éléments pour la fabrication du béton permettrait également aux
entreprises de lutter contre le gaspillage de matières en voied’épuisement.
La réalisation d’une étude approfondie sur l’usage des granulats recyclés dans la
confection des bétons est d’une importance capitale pour l’avenir de la construction.
L’objectif de la thèse était d’étudier la possibilité de valorisation du recyclage des
matériaux issus des bétons déconstruits en les intégrant dans de nouveaux bétons. Nous
avons traité deux types de matériaux : les granulats et les fines recyclés selon deux
aspects :
• L’utilisation de granulats recyclés dans le squelette granulaire du béton,
• La valorisation de fines de sable recyclé broyé et celles de dépoussiérage comme
additions minérales dans le béton.
Ce projet vise à améliorer la potentialité de la réutilisation de l'intégralité des matériaux
issus des bétons déconstruits comme constituants de nouvelles structures, et également
comme matière première dans la production de liants hydrauliques (pour ajout au
clinker ou comme constituant de nouveaux produits).
Le chapitre 1 consacré à la revue bibliographique a permis de dresser une vue globale
des connaissances acquises sur l’utilisation des matériaux issus de bétons recyclés, y
compris les granulats (gravillons, sables) et les fines (particules inférieures à 80 µm).
Les agrégats recyclés sont généralement composés de deux parties : un noyau de grain
initial et le mortier attaché. Cette gangue, connue pour présenter une forte porosité, est
la raison principale qui confère aux granulats recyclés des caractéristiques (physico-
chimique, mécanique et minéralogique) intrinsèques plus mauvaises que celles
mesurées sur les naturels. Ainsi, l’incorporation d’éléments recyclés dans de nouvelles
matrices cimentaires (bétons ou mortiers) peut engendrer des altérations des propriétés
d’usage à l’état frais et à l’état durci.
A l’état frais : le coefficient d’absorption d’eau élevé est un paramètre essentiel qui
THESE FALEK KAMEL 179
provoque une chute de maniabilité lors de l’emploi. Par contre, cette diminution peut
être corrigée soit par un ajout d’eau supplémentaire, soit par un surdosage en adjuvant.
D’autre part, un autre paramètre important est la condition de préparation des granulats,
surtout l’état hydrique au moment du malaxage.
En considérant les grains à l’état sec, saturé ou partiellement saturé, cela peut donner
des modifications sur le rapport Eeff/C final du mélange et donc sur le comportement à
l’écoulement. Néanmoins, l’influence des agrégats recyclés sur l’aptitude à
l’écoulement à l’état frais se limite essentiellement aux essais ‘’empiriques’’ ce qui
consiste à mesurer l’affaissement ou l’étalement. Des études plus approfondies sur la
rhéologie semblent nécessaires.
A l’état durci : Il ressort de manière unanime qu’une incorporation de granulats
recyclés engendre une perte de résistance à la compression. Toutefois, cette baisse
pourrait être atténuée à condition de modifier plusieurs paramètres comme ceux de la
formulation (qualité du béton d’origine, taux de substitution, état hydrique des grains)
ou de malaxage. Parmi ces termes, l’état hydrique initial des granulats recyclés paraît
essentiel et influence directement le rapport Eeff /C. Malgré des études sur cette
thématique, les conclusions ne semblent pas claires. Il est donc nécessaire d’approfondir
ce point. Sur le plan de la durabilité, la pénétration des agents agressifs pourrait être
facilitée par un volume ouvert important et une grande inter-connectivité du réseau
poreux du matériau incorporant des granulats recyclés.
Dans le chapitre 2, nous avons commencé par une étude comparative entre les deux
types d’agrégats. Les granulats recyclés ont des propriétés différentes de celles des
naturels. Les premiers ont en effet une densité plus faible, une absorption d’eau et une
porosité plus élevées, une surface plus rugueuse et angulaire, et possèdent, de manière
très variable, de l’ancienne pâte de ciment collée autour de leur surface. Tous ces
paramètres augmentent la demande en eau et affectent les particularités tant à l’état frais
que durci des bétons et mortiers réalisés avec ce type d’agrégats Or leur valorisation
demande non seulement la maitrise de sa résistance mais également de prendre en
compte sa mise en place.
Deux facteurs affectent la tenue en compression des bétons à base de granulats recyclés,
THESE FALEK KAMEL 180
ce sont les agrégats et les caractéristiques de la nouvelle pâte de ciment. La nature de
l’ancien béton, ses composants, ses propriétés influent grandement sur celles du
nouveau. Les particularités de ce produit recomposé sont aussi fonction du
durcissement du matériau lorsque la liaison chimique se développe. Le rapport E/C, la
compacité et le raffermissement adéquat touchent le développement de la microstructure
du béton ainsi que la répartition et la taille des pores.
L’introduction d’adjuvants pour la fabrication de cet élément est alors fortement
conseillée, ils joueront en effet un rôle de remplacement de la quantité d’eau absorbée
par les granulats recyclés. Par ailleurs, toutes les études effectuées dans ce domaine ont
prouvé que l’augmentation du dosage entraîne une diminution de la résistance et du
module d’élasticité, par rapport à ceux de référence au jeune âge et à 28 jours. Des
travaux ont également montré que pour produire un béton composé en totalité avec
gravillons recyclés avec la même résistance en compression, la quantité de ciment doit
être augmentée.
L’influence des granulats réutilisés a montré que l’augmentation de leur dosage
engendre une baisse de l’affaissement à l’état frais ainsi que de la résistance.
Par ailleurs, la comparaison de l’effet de substitution des fines recyclées sur les
paramètres des bétons a été effectuée.
En ce qui concerne la maniabilité en fonction du dosage en superplastifiant :
- Pour avoir un même étalement (rhéologie) que le béton de référence (0% de recyclé),
la demande en adjuvant augmente en fonction du pourcentage de gravier atteignant
1,5% pour le 100% recyclé. Le maintien en maniabilité en fonction du temps, la masse
volumique, la résistance à la compression sont très peu affectés.
En ce qui concerne la maniabilité en fonction du dosage en eau :
- Dans les mêmes conditions que précédemment, le besoin en eau s’élève à 20% pour le
100% recyclé. La chute maximum de la résistance en compression est de 20% pour le
BGR100 et d’environ 10% en traction.
Par ailleurs, la comparaison de l’effet de substitution des fines recyclées sur les
paramètres des bétons a été effectuée.
- Pour avoir un même étalement (rhéologie) que le béton de référence (0% de recyclé),
La demande en adjuvant augmente en fonction du pourcentage de gravier atteignant
THESE FALEK KAMEL 181
1,5% pour le 100% recyclé.
En ce qui concerne la maniabilité en fonction du dosage en eau :
- La quantité d’eau supplémentaire est de 20% pour le 100% recyclé pour obtenir le
même affaissement que l’élément de base. Cette hausse est remarquable et dépend du
taux d’agrégats substitués.
La chute maximun de la résistance est de 20% pour le BGR100 en compression et
d’environ 10% en traction.
Essai sur béton
-L’augmentation du taux de fines, mises en substitution du ciment, ne semble pas
entrainer une modification de l’affaissement.
-En compression et en traction, pour un taux de remplacement de 15% du ciment par
des fines, les résultats obtenus restent corrects et le taux de diminution ne dépasse pas
les 10%. L’utilisation des fines reste intéressante pour des bétons courants.
Essai sur Mortier
En compression, les valeurs obtenues à 28 jours sont légèrement plus importantes que
celles des essais à 7 jours, mais la majoration reste faible, de l’ordre de quelques
mégapascals (MPa) selon le pourcentage en fines présentes dans l’échantillon. Jusqu’à
10 %, les résistances sont bonnes, ce qui confirme les résultats obtenus sur béton. Au-
delà des 25%, la chute est grande.
En traction, on note une nette amélioration des performances entre 7 et 28 jours. Même
avec un taux de fines assez important, de l’ordre de quarante pourcents (40%) la
résistance demeure convenable.
Les résultats sur les propriétés physiques des granulats recyclés montrent clairement une
plus grande capacité d’absorption, un taux de porosité important de 17 % supérieur à
celui du gravier naturel. Les essais mécaniques confirment une résistance à l’usure plus
faible. Avec un rapport E/L constant, la réduction de la maniabilité est fonction du
pourcentage de recyclé substitué, tandis que la résistance mécanique est réduite.
-La mixture 1 à base de granulats recyclés avec et un ratio E/L constant, entraîne une
diminution de la maniabilité en fonction du pourcentage de substitution des agrégats
recyclés et la valeur de la résistance à la compression diminue de près de 13 %.
THESE FALEK KAMEL 182
-La mixture 2 avec ajout d’eau, à maniabilité constante et avec un rapport E/L variable,
entraîne une diminution de la valeur de la résistance à la compression de près de 25 %.
-La mixture 3 une troisième formulation dosée en adjuvant, avec une maniabilité et un
volume constant de pâte donne des valeurs de résistance comparables à celle de la
référence béton avec une interface de sortie équivalente à celui de la référence concrète
et une constante légèrement supérieure à la viscosité. Cette mixture, avec un dosage en
superplastifiant à base de polycarbonate et pour une maniabilité constante choisie ainsi
qu’un ratio E/L constant, donne une diminution de la valeur de la résistance à la
compression à 28jours, la moins conséquente, de l’ordre des 10 %.
En termes de rhéologie et tribologie, la dernière composition donne des valeurs les plus
proches du mélange de références à base de granulats recyclés. L’interface de friction
(τ) augmente avec le pourcentage d’agrégats recyclés et la constante de viscosité
plastique (η) pour le mélange à 100 % de recyclés, atteint une valeur double de celle du
béton naturel.
Le mélange 2, avec une maniabilité constante et un rapport E/L variable pour un béton
avec 100 % d’agrégats recyclés et avec ajout d’eau supplémentaire. Elle est de moins
de 13 % avec l’introduction d’un superplastifiant avec un E/L constant.
Le mélange 3 avec 100 % de graviers recyclés et sans ajout d’eau ni de dosage en
adjuvant montre que la courbe correspondant à un affaissement de 6cm, donne une
valeur de la liaison de frottement qui augmente de plus de 50 % et trois fois plus pour
la valeur de la viscosité.
L'influence du pourcentage d'agrégats recyclés sur la tribologie est que le couple de
friction varie linéairement en fonction de la vitesse. L’augmentation du pourcentage de
fines recyclées entraine une élévation de l’affaissement. Par ailleurs, la résistance en
compression diminue avec le taux de fines, elle baisse de plus de 25% lors du passage
du béton naturel à celui en comportant 20%.
Pour la traction, les conclusions à tirer sont moins évidentes. Il semblerait que les
valeurs les plus importantes soient situées autour de 10 à15% de fines, au-delà la chute
devient grande.
THESE FALEK KAMEL 183
Perspectives de recherches futures.
-Vu que dans les prochaines années, le nombre d’immeubles à détruire dans noytre pays
sera important, sachant que le début des constructions en béton a dû commencer dans
les années cinquante, il faut dès à présent songer à la récupération dans le meilleur état
et dans de bonnes conditions des matériaux ayant été utilisés pour leur réalisation.
Donc un gros travail de démolition sélective doit être envisagé, en plus un effort
particulier doit être entrepris pour nettoyer et séparer les divers constituants en vue de
leur réutilisation.
- Dans un avenir très proche, les agrégats naturels vont commencer à manquer vu les
restrictions qui se développent sur leur utilisation comme composant du béton. Il s’agit
alors de trouver un substitut à ces granulats. Le recyclage, même à des pourcentages
élevés, des éléments ayant déjà servis, semble être une solution adaptée.
Pour la progression de l’étude, de nombreuses perspectives sont proposées :
Il serait souhaitable d’étudier la cinétique d’absorption des recyclés en fonction d’un
état hydrique initial plus ou moins saturé et également de l’analyser avec une eau
proche de la solution interstitielle du béton (eau de chaux en présence ou non d’alcalins
et des adjuvants chimiques).
Néanmoins des recherches doivent être entreprises, notamment sur la quantité
d’adjuvant que l’on doit introduire avec tous les composants, surtout quand le taux de
substitution des corps naturels est grand. Les performances, les tenues en compression
et en traction, la durabilité,…de ce type de béton doivent être étudiées en profondeur
avant une éventuelle mise en service.
Au niveau de la résistance à la compression, pour expliquer les évolutions en fonction
de l’état hydrique des granulats recyclés, l’hypothèse est construite sur la modification
de la teneur Eefficace/C et la structuration de l’interface pâte -granulat sous l’effet des
mouvements d’eau des ou vers les grains. La variation de la teneur aqueuse de ces
agrégats peut avoir une incidence sur la durabilité du béton. Ce serait intéressant de
mener des études pour caractériser les indicateurs généraux de durabilité tels que la
porosité, absorption d’eau, les coefficients de perméabilité et de diffusion en fonction de
ce taux de saturation.
THESE FALEK KAMEL 184
Les fines recyclées sont issues des sables de béton concassé qui peuvent être en
provenance de différentes sources. Malgré la phase d’élimination des impuretés, il n’est
pas souhaitable que les fines recyclées possèdent des agents agressifs limitant la
durabilité du béton tels que les chlorures, les sulfates et une lixiviation d’alcalin. Il
serait intéressant de mener des études pour estimer l’incidence de ces éléments sur
certaines pathologies (réaction endogène sulfatique, réaction alcali-granulat ou la
corrosion).
THESE FALEK KAMEL 185
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THESE FALEK KAMEL 198
ANNEXES
THESE FALEK KAMEL 199
THESE FALEK KAMEL 200
THESE FALEK KAMEL 201
NOTICE TECHNIQUE 2 1 1 9
MEDAFLOW 30 Superplastifiant – Haut réducteur d’eau / Conforme à la norme EN
934-2
DESCRIPTION
Le MEDAFLOW 30 est un superplastifiant haut
réducteur d'eau de la troisième génération. Il est
conçu à base de polycarboxylates qui améliorent
considérablement les propriétés des bétons.
Le MEDAFLOW 30 permet d’obtenir des bétons et
mortiers de très haute qualité.
En plus de sa fonction principale de
superplastifiant, il permet de diminuer la teneur en
eau du béton d’une façon remarquable.
Le MEDAFLOW 30 ne présente pas d’effet
retardateur.
CARACTERISTIQUES
• Forme .................................................... Liquide
• Couleur ................................................. Jaunâtre
• pH .......................................................... 6 – 6,5
• Densité ............................................1,07 ± 0,01
• Teneur en chlore .................................... < 1g/L
PROPRIETES ET EFFETS
Grâce à ses propriétés le MEDAFLOW 30 permet :
Sur béton frais :
- l’obtention d’un E/C très faible
- l’amélioration considérable de la fluidité
- une très bonne maniabilité
- un long maintien de l’ouvrabilité
- d’éviter la ségrégation
- de faciliter la mise en oeuvre du béton
Sur béton durci :
- d’augmenter les résistances mécaniques à jeune
âge et à long terme
- de diminuer la porosité
- d’augmenter la durabilité
- de diminuer le retrait et le risque de fissuration
DOMAINES D'APPLICATION
• Bétons à hautes performances
• Bétons auto - plaçant
• Bétons pompés
• Bétons précontraints
• Bétons architecturaux
DOSAGE
Plage de dosage recommandée :
0,5 à 2,0 % du poids de ciment.
Le dosage optimal doit être déterminé sur chantier
en fonction du type de béton et des effets
recherchés.
MODE D’EMPLOI
Le MEDAFLOW 30 est introduit dans l’eau de
gâchage.
THESE FALEK KAMEL 202
Il est recommandé d’ajouter l’adjuvant dans le
béton après que 50 à 70% de l’eau de gâchage ait
déjà été introduite.
CONDITIONNEMENT ET STOCKAGE
Le MEDAFLOW 30 est conditionné en bidon de
11 kg et fût de 210 kg.
Délai de conservation :
12 mois dans son emballage d’origine, à l’abri du
gel et de la chaleur (5°C < t < 35°C).
ESSAIS DE LABORATOIRE
Compte rendu d’essais conformes aux normes
NA 774 et NA 819 établi par le CNERIB en Avril
2005.
Granitex
Zone industrielle Oued Smar – BP85 Oued Smar – 16270 Alger
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THESE FALEK KAMEL 203
Graphics: (Bookmark2)
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2000
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THESE FALEK KAMEL 204
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THESE FALEK KAMEL 205
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THESE FALEK KAMEL 206
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THESE FALEK KAMEL 207
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1762
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1451; 00-
029-0374
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1451
THESE FALEK KAMEL 208
Identified Patterns List: (Bookmark4)
Visible Ref. Code Score Compound Displacement Scale Factor Chemical
Name [°2Th.] Formula
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Terbium O4 )4
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Oxide
* 00-028-0990 35 Samarium 0,000 0,415 Sm2 Mo2 O9
Molybdenum
Oxide
* 00-025-0500 33 Lithium 0,000 0,098 Li2 Na4 Ca2
Sodium Al6 Si6 O24
Calcium ( S O4 )2
Aluminum
Silicate
Sulfate
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syn
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* 00-046-1045 9 Quartz, syn 0,000 0,016 Si O2
* 01-083-0539 0 Quartz 0,000 0,011 Si O2
* 00-044-1481 6 Portlandite, 0,000 0,082 Ca ( O H )2
syn
* 00-041-1451 19 Ettringite, 0,000 0,064 Ca6 Al2 ( S
syn O4 )3 ( O H
)12 !26 H2 O
* 00-029-0374 31 Calcium 0,000 0,066 Ca2 Si O4 !3
Silicate H2 O
Hydrate
00-034-0002 13 Calcium 0,000 0,025 Ca O ! Si O2
Silicate ! H2 O
Hydrate
00-049-0442 14 Calcium 0,000 0,023 Ca3 Si O5
Silicate
THESE FALEK KAMEL 209
Graphics: (Bookmark2)
Counts
aoudjane1
3000
2000
1000
0
10 20 30 40 50 60 70 80
Position [°2Theta]
Peak List:(Bookmark 3)
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THESE FALEK KAMEL 210
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01-078-
1253
THESE FALEK KAMEL 211
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0095
THESE FALEK KAMEL 212