PHYSIQUE
LUNETTE ASTRONOMIQUE F13
Cours [Link]
1 . Histoire des sciences
Jusqu’à Galilée (1564-1642), les observations du ciel avaient été
effectuées exclusivement à l’œil nu. Les seuls instruments
astronomiques (quadrants, sextants, astrolabes…) utilisés jusqu’alors
avaient eu pour rôle que de permettre des visées plus précises.
La première lunette vit vraisemblablement le jour au début du XVIe
siècle, en Hollande ou en Italie.
Galilée ayant eu vent de cette invention qui augmentait le pouvoir séparateur de l’œil, conçut son propre
instrument. Une partie des observations de Galilée figurent dans son ouvrage intitulé Sidereus nuncius, « le
messager des astres », datant de 1610.
Galilée a d’abord pointé sa lunette vers la Lune. Il a constaté la présence de taches obscures répandues un peu
partout et dont la forme variait au cours du temps. Il interpréta ces phénomènes comme des ombres, indices de
l’existence d’un relief lunaire. La Lune n’était plus « parfaitement lisse, uniforme et très exactement sphérique »
mais au contraire, « inégale, accidentée, constituée de cavités et de protubérances ». Contrairement aux
affirmations de Aristote, mondes terrestre et lunaire n’étaient pas si différents l’un de l’autre !
2 . Caractéristiques d’une lunette astronomique
Une lunette astronomique est un instrument d’optique destiné à l’observation d’objets très éloignés, tels les astres,
considérés comme étant « à l’infini ». Cet instrument est constitué de deux lentilles convergentes. L’objectif 𝐿" donne
de l’objet 𝐴𝐵 à l’infini une image 𝐴" 𝐵" située dans son plan focal image. Cette image 𝐴" 𝐵" devient objet lumineux
pour une seconde lentille 𝐿% nommée oculaire. La lunette est dite afocale lorsque le plan focale image de l’objectif 𝐿"
est confondu avec le plan focal objet de l’oculaire 𝐿% . L’image 𝐴% 𝐵% de 𝐴" 𝐵" à travers l’oculaire 𝐿% est alors virtuelle,
droite et à l’infini.
Le point lumineux A est situé « à l’infini » de l’objectif. Les
rayons lumineux issus de ce point qui pénètrent dans l’objectif
peuvent être considérés comme parallèles entre eux. De même
pour ceux issus du point B, lui aussi situé à l’infini.
On appelle diamètre apparent l’angle 𝜃 sous lequel l’objet AB
est vu à l’œil nu.
Diamètre apparent de la Lune
Cette configuration afocale est intéressante
pour l’observateur qui place son œil derrière
l’oculaire. En effet, l’image 𝐴% 𝐵% obtenue
précédemment devient objet lumineux pour le
cristallin 𝐿' de l’œil. Si l’œil de l’observateur
est sain, l’image 𝐴' 𝐵' de 𝐴% 𝐵% à travers le
cristallin 𝐿' se formera directement sur la
rétine de l’œil sans aucun effort
d’accommodation.
3 . Grossissement
A l’œil nu, le diamètre apparent
de l’objet lumineux AB est égal à 𝜃.
Grâce à la lunette, l’œil voit 𝐴% 𝐵%
sous un angle 𝜃′.
𝜃′
Par définition, le grossissement de la lunette est le rapport : 𝐺=
𝜃
𝐴" 𝐵" 𝐴" 𝐵"
Sur la figure, on remarque que : 𝑡𝑎𝑛 𝜃 = 𝑡𝑎𝑛 𝜃′ =
𝑂" 𝐹"1 𝑂% 𝐹%
La tangente d’un angle est environ égale à cet angle 𝑓"1
𝑡𝑎𝑛 𝜃 ≈ 𝜃 𝑡𝑎𝑛 𝜃′ ≈ 𝜃′ 𝐺=
exprimé en radian lorsqu’il est petit (< 0,30 𝑟𝑎𝑑) 𝑓%1
4 . Cercle oculaire
Le cercle oculaire est l’image de l’objectif à travers l’oculaire.
Pour que l’œil de l’observateur reçoive le maximum de lumière, sa pupille doit être placée dans le plan du cercle
oculaire. Pour une bonne lunette, le diamètre du cercle oculaire est plus petit que celui de la pupille (le diamètre de
la pupille de l’œil très dilatée est d’environ 8 mm) : l’œil reçoit ainsi toute la lumière sortant de l’instrument.
___________