Deshydratation Des Boues Onema 2014.pdf263197734
Thèmes abordés
Deshydratation Des Boues Onema 2014.pdf263197734
Thèmes abordés
Rapport final
Février 2014
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• AUTEURS
• CORRESPONDANTS
• RESUME
En premier lieu, un état des lieux des différents procédés de déshydratation mécanique a été réalisé. Il
a pour objectif d’identifier la fréquence d’utilisation des différents procédés de déshydratation
mécanique et de comprendre les facteurs guidant le choix du procédé. Il a pu être identifié que 68%
des boues déshydratées le sont à l’aide de centrifugeuses, 23% à l’aide de filtres-presses et 9% à
l’aide de filtres à bandes. Néanmoins, ces chiffres nationaux ne reflètent pas les enjeux concernant
chacune de ces filières à l’échelle des territoires car une variabilité importante est observée selon les
régions. D’autre part, les impacts de la taille de la station et de la voie de valorisation des boues sur le
choix de la filière de déshydratation ont été quantifiés.
En second lieu, un état de l’art et un état des lieux des performances des procédés de déshydratation
mécanique a été réalisé. Une variabilité importante des siccités obtenues sur les procédés de
déshydratation mécanique étudiés a été observée. Ceci est lié à l’impact des paramètres opératoires, à
l’impact des propriétés des boues, et à la conduite de l’exploitant qui optimise la filière selon ses
contraintes. Les caractéristiques des retours en têtes générés ont également été pré-identifiées. Là
aussi, une forte variabilité des performances est observée et les enjeux sont les plus importants pour
les filières de déshydrattaion mécanique des boues digérées.
• MOTS CLES
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Mechanical dewatering of residual
sludge – An inventory of the
situation in metropolitan France
Intermediar report
Romain Girault, Julian Tosoni
• ABSTRACT
The objective of this project (supported by Onema in its 2013-2015 programm with Irstea) is the
development of references regarding the understanding of the effect of sludge properties and origin on
the mechanical dewatering efficiency. The objective of this first report is to make an inventory of the
process operated in metropolitan France for mechanical dewatering and a state of the art of their
efficiency.
First of all, the inventory of the main processes for mechanical dewatering was processed. The
objective was the identification of the frequency of the use of the different mechanical dewatering
processes and the identification of the factors which help to determine the choice of the different
processes. It was demonstrated that 68% of the dewatered sludge are dewatered by centrifuge tools,
23% by press-filters and 9% by belt filters. Nevertheless, an important variability was identified at a
territorial scale. In addition, the impact of the capacity of the wastewater treatment plant and of the
dewatered sludge management was considered.
Secondly, a state of the art of the performance of the different mechanical dewatering processes was
made. It was completed with a data collection. An important variability of the sludge dryness was
observed on the different mechanical dewatering processes. This statement can be explained by the
impact of the sludge properties and by the different optimization levels between the wastewater
treatment plants. In addition, the characteristics of the recycling liquors were considered. There also, a
strong variability of the performances was observed. The recycling of liquors from the dewatering of
digested sludge is the most impactful process.
• KEY WORDS
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Déshydratation mécanique des
boues d’épuration – Etat des lieux
des filières en France métropolitaine
Rapport intermédiaire
Romain Girault, Julian Tosoni
La filière boue constitue un élément crucial de la chaine de traitement mise en œuvre dans les
stations d’épuration des eaux usées. Dans la plupart des stations de capacité moyenne à importante,
les boues ne peuvent pas faire l’objet d’une valorisation directe et doivent subir un certain nombre de
processus de traitement avant d’être valorisées en épandage ou en incinération. Sur cette chaîne de
traitement, un des enjeux consiste en la mise en œuvre de procédés permettant de concentrer les
boues. Pour cela, dans la majorité des stations concernées par ces enjeux, des procédés de
déshydratation mécanique comme les centrifugeuses, les filtres-presses ou les filtres à bandes sont
mis en œuvre et conduisent à la production :
- D’une boue déshydratée pouvant ensuite être stockée, post-traitée (stabilisation, séchage…) ou
directement valorisée.
- D’une fraction liquide qui rejoint la filière de traitement des eaux et constitue les « retours en
tête ».
Les performances des procédés de déshydratation mis en œuvre présentent un enjeu crucial à
double titre :
- Impact sur le fonctionnement global de la station et son bilan environnemental : étant donné que
les filtrats et centrats devront être traités par la station, leur composition influence
significativement le fonctionnement de la filière de traitement des eaux.
- Impact sur la filière de valorisation des boues ultérieure : en effet, la siccité des boues
déshydratées et leur teneur en agents de conditionnement impactent fortement les procédés ou
filières permettant la valorisation de ces co-produits à l’échelle des territoires (compostage,
valorisation agronomique directe, incinération, …) ainsi que leur bilan environnemental direct et
indirect (tonnages à transporter, ...).
Premier livrable de cette action, le présent rapport a pour objectif d’effectuer un état des lieux des
procédés de déshydratation mécaniques mis en œuvre en France métropolitaine et de leurs
performances.
L’état des lieux des filières de déshydratation mécanique des boues a été réalisé à partir des données
du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie (Portail d’information sur
l’assainissement communal, données de 2012) complétées, pour les stations de plus de 50 000 EH
pour lesquelles c’était possible, par des données acquises spécifiquement (rapports de bilans annuels
de campagne de valorisation des boues disponibles, sites internet des collectivités et d’enquêtes
téléphoniques). Ce travail de collecte a permis de disposer de données sur la filière de déshydratation
mécanique pour 42% des boues urbaines produites, ce qui représente plus de 1200 stations en
France.
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► A l’échelle nationale, les procédés par centrifugation prédominent.
Figure 1 : Fréquence d'utilisation des différents procédés de déshydratation mécanique (à gauche, en % des stations équipées
d'un dispositif de déshydratation mécanique ; à droite, en % de la production de boue déshydratée mécaniquement)
► Les chiffres obtenus à une échelle nationale doivent être relativisés car ils ne reflètent pas
les enjeux à l’échelle des territoires.
Centrifugeuse Filtres-presses
Figure 2 : Fréquence d'utilisation des centrifugeuses et des filtres-presses dans les différentes régions françaises
métropolitaines (répartition exprimée en en % de la production de boue déshydratée mécaniquement)
► Le contexte de la station et les contraintes auxquelles elle est soumise en termes de filière
de valorisation des boues influence le choix du procédé de déshydratation mécanique
même s’il est difficile d’établir des liens directs.
100%
valorisation (% de la production de boue en
Capacité nominale de la station
80%
70%
[ 2 000 ; 10 000 [ EH 8% 58% 34%
60%
50%
tMS/an)
Figure 3 : A gauche : proportion de boues produites traitées avec les différents procédés de déshydratation
mécanique en fonction de la taille des stations ; à droite : répartition des différentes voies d'élimination ou de
valorisation en fonction des filières de déshydratation mécanique.
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Etat des lieux des performances des filières de déshydratation mécanique
Deux aspects des performances des filières de déshydratation mécanique ont fait l’objet d’un état des
lieux :
- La siccité de la boue déshydratée pour laquelle l’acquisition de données réelles a été réalisée afin
de quantifier les siccités réellement observées sur les filières de déshydratation mécanique.
- La composition des filtrats ou centrats qui constituent des retours en tête pour laquelle une
campagne de caractérisation a été réalisée sur trois filières de traitement des boues classiques.
► Des siccités obtenues présentant des variations importantes quels que soient les procédés
et les types de boues déshydratées.
Figure 4 : Performances réelles des procédés de déshydratation mécanique. (Source : Données collectées dans
le cadre du projet)
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► Des retours en tête impactant de manière très variable le fonctionnement de la filière eau
en fonction du procédé mis en œuvre et des boues concernées
Figure 5: Bilan de la charge représentée par les différents postes de retours en tête de la filière boue (en DCO,
azote et phosphore totaux ; moyenne sur 3 prélèvements)
Girault R., Tosoni J., Reverdy A.-L., Richard M., Baudez J.-C.. Déshydratation mécanique
des boues résiduaires. Etat des lieux des filières en France métropolitaine. Rapport
intermédiaire. 2013. Action F de la convention Onema-Irstea 2014-2017. 52p.
Contact : [email protected]
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• SOMMAIRE
1. Introduction ....................................................................................................... 10
2. Etat des lieux des filières en France................................................................ 12
2.1. Méthode .............................................................................................................12
2.1.1. Origine des données ......................................................................................... 12
2.1.2. Présentation des résultats ................................................................................ 13
4. Conclusion......................................................................................................... 49
5. Bibliographie ..................................................................................................... 50
6. Table des illustrations ...................................................................................... 51
7. Remerciements ................................................................................................. 53
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1. Introduction
Les procédés d’épuration mis en œuvre sur les stations de traitement des eaux usées conduisent à la
production de différents types de boues (voir Figure 6) :
- Les boues primaires : qui sont issues de la décantation des matières en suspension au sein
d’un décanteur
- Les boues secondaires ou biologiques : qui sont issues de la décantation des eaux usées
après une épuration biologique en bassin d’aération.
- Les boues physico-chimiques : qui sont issues d’un traitement tertiaire des boues qui vise à
améliorer les rendements de la station notamment en ce qui concerne la DCO, le phosphore.
Les boues produites sont envoyées dans la « filière boue » de la station, où l’objectif est notamment
de diminuer leur teneur en eau afin de réduire leur volume. Pour cela, les boues peuvent subir un
épaississement, une déshydratation ou encore un séchage. L’objectif de la filière boue peut être
aussi, selon l’usage de la boue et la taille de la station, de diminuer leur fermentescibilité.
Eaux usées
Prétraitements
Retours en tête
Boues mixtes
Eaux traitées
Figure 6 : Représentation schématique d'une station d'épuration et du circuit des retours en tête issus de la filière
boues.
La filière boue constitue un élément crucial de la chaine de traitement mise en œuvre dans les
stations de traitement des eaux usées. Dans la plupart des stations de capacité moyenne à
importante, les boues ne peuvent pas faire l’objet d’une valorisation directe et doivent subir un certain
nombre de processus de traitement avant d’être valorisées en épandage ou en incinération. Sur cette
chaîne de traitement, un des enjeux consiste en la mise en œuvre de procédés permettant de
concentrer les boues. Pour cela, dans la majorité des stations concernées par ces enjeux, des
procédés de déshydratation mécanique comme les centrifugeuses, les filtres-presses ou les filtres à
bandes sont mis en œuvre et conduisent à la production :
- D’une boue déshydratée pouvant ensuite être stockée, post-traitée (stabilisation, séchage…) ou
directement valorisée.
- D’une fraction liquide qui rejoint la filière de traitement des eaux et constitue les « retours en
tête » (centrats ou filtrats).
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Les performances des procédés mis en œuvre présentent un enjeu crucial pour :
- Le fonctionnement global de la station et son bilan environnemental : étant donné que les filtrats
et centrats devront être traités par la station, leur composition influence significativement le
fonctionnement de la filière de traitement des eaux.
- La filière de valorisation des boues ultérieure : en effet, la siccité des boues déshydratées et leur
teneur en agents de conditionnement impactent fortement les procédés ou filières permettant la
valorisation de ces co-produits à l’échelle des territoires (compostage, valorisation agronomique
directe, incinération, …) ainsi que leur bilan environnemental direct et indirect (tonnages à
transporter, ...).
Les performances des procédés de déshydratation sont fonction à la fois des paramètres de
fonctionnement de l’outil utilisé et des propriétés de la boue déshydratée. A l’heure actuelle, il est
difficile d’expliquer pourquoi certaines boues se déshydratent mieux que d’autres et de relier ces
phénomènes aux processus mis en œuvre lors de la déshydratation mécanique. Dans une certaine
mesure, le poste de déshydratation fonctionne comme une boîte noire à partir de laquelle il est difficile
de prédire les performances d’un outil de déshydratation appliqué à une boue particulière et
d’anticiper des disfonctionnements. En effet, même si des références existent sur les performances
moyennes des différentes filières de déshydratation pour les boues résiduaires « courantes » comme
les boues biologiques ou mixtes brutes, celles-ci proviennent surtout de connaissances empiriques,
sans réels fondements scientifiques. De surcroît, sur les boues ayant subi des transformations
(digestion anaérobie, stockage, …) ou issues de filières eaux en développement (filières à âge de
boue élevé comme les BRM, …), les données empiriques sont trop peu nombreuses pour être
extrapolables.
Premier livrable de cette action, le présent rapport a pour objectif d’effectuer un état des lieux des
procédés de déshydratation mécaniques mis en œuvre en France métropolitaine et de leurs
performances. Ces données pourront ensuite notamment être mobilisées dans le cadre de l’action 48
de la programmation 2013-2015 de la convention ONEMA – IRSTEA (Analyses du cycle de vie des
filières de traitement et de valorisation des boues issues du traitement des eaux usées) tant en terme
de définition de scénarios que de fourniture de données.
Ainsi, dans un premier temps, sur la base d’une étude statistique, un état des lieux des procédés de
déshydratation mécanique mis en œuvre en France métropolitaine sera réalisé. Pour ce faire, les
facteurs pouvant impacter le choix du procédé de déshydratation seront analysés. Dans un second
temps, un état de l’art des performances de principaux procédés de déshydratation mécanique mis en
œuvre en terme de siccité de la phase solide et de charge à traiter contenue dans les retours en tête
sera également effectué et confronté à un état des lieux basé sur des données de terrain collectées
ou acquises dans le cadre de cette action financée par l’Onema.
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2. Etat des lieux des filières en France
L’objectif de ce chapitre est d’effectuer un état des lieux des différentes filières de déshydratation
mécanique mises en œuvre dans les stations d’épuration en France. S’il présente des chiffres globaux
sur les filières de déshydratation mécanique à une échelle nationale, il a également vocation à identifier
les liens entre le choix de la filière de déshydratation mécanique et les contraintes associées à la
station et aux filières de valorisation des boues. A ce jour, aucune donnée bibliographique de ce type
n’a pu être identifiée à une échelle nationale.
2.1. Méthode
Les résultats statistiques qui sont présentés ont été obtenus à partir des données du Ministère de
l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie (Portail d’information sur l’assainissement
communal). Ces données datent de 2012 et rassemblent des données sur la filière de traitement et
de valorisation des boues pour 19 743 stations de traitement des eaux usées urbaines.
Néanmoins, ces données n’ont pas pu être utilisées directement. En effet, le type de filière boue est
renseigné selon des règles de classement différentes selon les stations :
- Certaines mentionnent un autre procédé de leur filière boues (séchage, oxydation en voie
humide, …)
Ainsi, cette source de donnée ne permet d’identifier le procédé de déshydratation mécanique utilisé
qu’uniquement pour 29% de la production de boues nationale, qui représente 6% des stations
d’épuration. Pour les autres stations, soit elles ne disposent pas de poste de déshydratation
mécanique, soit ce dernier n’a pas été renseigné.
Il n’est donc pas possible de dégager des tendances représentatives à partir de ces données
brutes. Ainsi, pour toutes les stations de plus de 50 000 EH, les données issues de la base du
Ministère en charge de l’Ecologie ont été complétées à l’aide de données sur la filière de
déshydratation disponibles dans les rapports de bilans annuels de campagne de valorisation des
boues, de données disponibles sur les sites internet des collectivités et d’enquêtes téléphoniques.
Enfin, l’analyse suivante ne prend pas en compte les technologies apparaissant récemment sur le
marché des procédés de déshydratation (presses à boues, …) pour lesquelles aucune donnée
n’est disponible.
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2.1.2. Présentation des résultats
Afin de produire des résultats plus faciles à interpréter, les données sont présentées sous forme de
ratio par rapport à différentes bases :
D’autre part, les ratios présentés ont tous été calculés par rapport aux stations sur lesquelles des
données sont disponibles sur la filière de déshydratation mécanique.
La fréquence d’utilisation des différents procédés de déshydratation mécanique des boues est
présentée sur les figures 6 et 7.
Figure 7 : Fréquence d'utilisation des différents procédés de déshydratation mécanique (% des stations équipées d'un dispositif
de déshydratation mécanique)
Figure 8 : Fréquence d'utilisation des différents procédés de déshydratation mécanique (A gauche, en % de la capacité de
traitement nominale équipée d’un dispositif de déshydratation mécanique ; à droite, en % de la production de boue déshydratée
mécaniquement)
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Le procédé de déshydratation mécanique le plus courant est la centrifugation (64% des
stations équipées de dispositif de déshydratation). Viennent ensuite les filtres à bande (27% de
stations et les filtres-presses (9% des stations). Les résultats ramenés à la capacité de
traitement nominale et à la production de boues sont très proches. Si la majorité des boues
déshydratées en France l’ont été par centrifugation (68% des boues déshydratées), la position
des filtres-presses et des filtres à bandes est inversées (23% et 9% des boues déshydratées
respectivement).
La même analyse a été effectuée à une échelle régionale. Les résultats sont présentés sur la
Figure 9 et le Tableau 1.
On observe que les chiffres obtenus à une échelle nationale ne sont pas transposables à une
échelle régionale. En effet, si les centrifugeuses dominent largement le marché sur les
territoires des agences Loire-Bretagne, Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée-Corse (plus de
80% des boues déshydratées mécaniquement sur ces agences), il n’en est pas de même pour
les agences Rhin-Meuse, Artois-Picardie et Seine-Normandie où les filtres-presses peuvent
être utilisés pour entre 36 et 69% des boues déshydratées. Une forte variabilité est également
observée pour les filtres à bandes qui, s’ils sont utilisés pour seulement 1% des boues
déshydratée sur l’agence Artois-Picardie, sont utilisés pour plus de 14% des boues
déshydratées dans les agences Rhin-Meuse et Rhône-Méditerranée-Corse.
Au vu de cette forte disparité régionale, les données présentées à une échelle nationale
doivent donc être relativisée. En effet, si un procédé peut être présenté comme minoritaire à
une échelle nationale, son optimisation peut néanmoins constituer un enjeux significatif à
l’échelle des territoires.
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Centrifugeuses Filtres à bande Filtres-presses
Cartes réalisées grâce à l’outil en ligne DrawMeAGraph.com (Copyright 2014-2018)
Figure 9 : Fréquence d'utilisation des différents procédés de déshydratation mécanique dans les différentes régions françaises métropolitaines (répartition exprimée en % de la production de
boue déshydratée mécaniquement)
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2.3. Influence de la taille des installations de traitement
Les différents procédés de déshydratation mécanique ne possèdent pas les mêmes avantages et
inconvénients selon les tailles des stations. Afin d’identifier comment ceci impacte les choix de
procédés, les fréquences d’utilisation des filtres-presses, des filtres à bande et des centrifugeuses ont
été analysées en fonction des capacités de traitement des stations. Pour classer les stations selon leur
taille, les seuils des tranches d’obligations réglementaires ont été considérés. Les résultats sont
présentés sur la Figure 10 en termes de fréquence d’utilisation des différents outils et sur la Figure 11
en termes de proportion de boues traitées.
Figure 10: Fréquence d'utilisation des différents procédés de déshydratation mécanique en fonction de la taille
des stations.
Figure 11 : Proportion de boues produites traitées avec les différents procédés de déshydratation mécanique en
fonction de la taille des stations.
On constate une forte influence de la taille de la station sur le procédé de déshydratation mécanique
choisi. Ainsi, pour les stations de capacité inférieure à 2000 EH, les filtres à bandes et les
centrifugeuses se partagent dans des proportions équivalentes la quasi intégralité du marché. En
revanche, quand la taille de la station augmente, les filtres à bandes sont de moins en moins utilisés au
profit des centrifugeuses et des filtres-presses. Ces derniers, s’ils sont très peu utilisés pour les stations
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de petite capacité (dans ce cas, les filtres-presses utilisés sont en majorité des dispositifs mobiles
intervenant de manière ponctuelle sur la station), concernent près d’1/3 de la production de boue des
stations de grande capacité (supérieure à 100 000EH).
Cette répartition des différents outils de déshydratation s’explique principalement par quatre facteurs :
- Le fait que les stations de capacité importante se tournent préférentiellement vers des
procédés privilégiant la performance en terme de siccité et de réduction de la production de
boues volumique (filtres-presses, centrifugeuses) du fait d’enjeux liés à des volume de boues
produits importants et à des contraintes de stockage et de transport souvent fortement
impactantes.
- Les capacités d’investissement des collectivités au regard des coûts des différents procédés.
- Les besoins de technicité en termes d’exploitation qui orientent les petites collectivités vers des
outils rustiques.
- Les obligation de stabilisation des boues pour les stations de taille importante qui renforce
l’intérêts des filtres-presses avec un conditionnement minéral (chlorure ferrique et chaux) qui
présente l’avantage de coupler déshydratation et stabilisation quand les boues sont orientées.
Ces résultats, et notamment le poids relatif des données concernant les stations de moins de 2000 EH
et de celles concernant les stations de plus de 100 000 EH, doivent être relativisés au regard du poids
de ces classes de station dans la production de boues déshydratées à une échelle nationale. En effet,
comme le montre la Figure 12, les stations de moins de 2000 EH équipées d’un dispositif de
déshydratation ne représentent que 3% des stations déshydratant leurs boues (et une production de
boues négligeable à une échelle nationale). En revanche, les stations de plus de 100 000EH
représentent 58% des boues déshydratées mécaniquement.
Figure 12: Répartition de la proportion que représentent les différentes classes de station dans la production de
boues déshydratées (A gauche: en % de la production de boues déshydratées en tMS/an ; à droite : en % des
stations équipées de dispositifs de déshydratation mécanique)
Dans le choix d’une filière de déshydratation mécanique, la nature de la voie de valorisation existante
ou envisagée est souvent déterminante en cas de construction ou de réhabilitation. De la même
manière, une filière de déshydratation existante peut conditionner la faisabilité des différentes voies de
valorisation. Ainsi, en premier lieu, la Figure 13 présente la répartition nationale des différentes voies
de valorisation ou d’élimination pour les boues déshydratées mécaniquement. On constate que, si la
mise en décharge est largement minoritaire, les filières de compostage, d’épandage direct et
d’incinération concernent des proportions quasi équivalentes de la production de boues déshydratées.
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Figure 13 : Voies de valorisation ou d'élimination des boues déshydratées mécaniquement en France (en % de la
production de boues déshydratées).
► Les boues déshydratées en filtre à bande sont très peu incinérées du fait de leur faible
siccité. En revanche, elles sont majoritairement orientées vers les filières de compostage et
d’épandage direct qui sont moins exigeantes en termes de teneur en matière sèche.
► Environ 40% des boues déshydratées en filtre-presse et centrifugeuse sont incinérées. Sur
les 60% restant, les boues centrifugées sont préférentiellement orientées vers des plateformes
de compostage à l’inverse des boues issues des filtres-presses qui sont préférentiellement
orientées vers des filières d’épandage direct. Ceci s’explique sans doutes par le fait qu’une
proportion importante des boues issues de filtres-presses ont subi un conditionnement minéral
(chlorure ferrique + chaux) et sont donc, d’une part, déjà stabilisée et d’autre part, inadaptées
au procédé de compostage.
Figure 14: Répartition des différentes voies d'élimination ou de valorisation en fonction des filières de
déshydratation mécanique.
L’influence des voies de valorisation et d’élimination sur le choix du procédé de déshydratation, qui sont
étroitement liées aux contraintes territoriales, peut également expliquer en partie les disparités
régionales en termes de choix des filières de déshydratation.
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Compostage Epandage Incinération
Figure 15 : Répartition des différentes voies de valorisation des boues déshydratées (% de la production de boues déshydratées)
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Il semble que la présence significative des filières de déshydratation par filtre à bandes (en Languedoc
Roussillon par exemple) soit associée à une dominance des filières de valorisation par compostage.
D’autre part, la proportion de boues déshydratées en filtre-presse semble liée à la proportion de boues
valorisées en incinération ou en épandage direct. Cependant, ces résultats montrent également que s’il
y a une influence, il n’y a pas de lien direct entre les filières de valorisation et les filières de
déshydratation mécanique.
Afin d’apprécier les évolutions en cours en terme de filières de déshydratation mécanique en France, la
répartition des différentes filières de déshydratation a été évaluée en fonction de la tranche d’âge des
stations. Les résultats sont présentés sur la Figure 16. Si ces données peuvent permettre d’apprécier
des tendances, elles doivent être relativisées du fait qu’elles ne prennent pas en compte les
réhabilitation de la filières boues qui constituent sans doute une part très importante des installations de
filières de déshydratation en France. D’autre part, les données pour les stations construites il y a moins
de 5 ans ne sont pas présentées. En effet, la base de données exploitable ne présente que 14 stations
appartenant à cette tranche d’âge (13 avec centrifugeuse, 1 avec filtre à bande), ce qui ne peut pas
être considéré comme représentatif.
Figure 16 : Fréquence d'utilisation des différents procédés de déshydratation mécanique en fonction de la tranche
d’âge de la station (en % de la production de boues déshydratées mécaniquement)
Au cours des deux dernières décennies, il semble que la principale évolution soit liée à une diminution
des parts de marché des filtres à bandes au profit des centrifugeuses. La proportion de filtres-presses
semble elle assez stable.
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3. Etat des lieux des performances des procédés de déshydratation mécanique
Deux volets des performances des procédés de déshydratation mécanique sont considérés : la siccité
de la boue déshydratée et la charge représentée par les retours en tête. Ces données ont notamment
vocation à être valorisées dans le cadre d’une analyse des impacts environnementaux de la filière boue
des stations.
Les données issues de la bibliographie concernant les siccités obtenues pour les boues
d’épuration urbaines sont présentées Figure 17.
Filtre-presse
avec
conditionnement
minérale
Filtre-presse
avec
conditionnement
polymère
Centrifugeuse
avec
conditionnement
polymère
Filtre à bande
avec
conditionnement
polymère
Des données de performance ont été collectées afin de confronter les données
bibliographiques aux données observées. Les résultats de cette analyse sont présentés sur la
Figure 18.
En ce qui concerne les performances des centrifugeuses, les siccités observées sur le terrain
sont proches de celles issues de la bibliographie (la plupart des données provenant de stations
ne produisant que des boues secondaires). En revanche, pour ce qui est des boues digérées,
les performances observées (les ¾ des valeurs sont comprises entre 19 et 24% de siccité) sont
inférieures à celles issues de la bibliographie (entre 25 et 28% de siccité).
En ce qui concerne les performances des filtres à bande, les performances obtenues sont
supérieures de quelques points de siccité aux moyennes issues de la bibliographie.
Ainsi, sauf pour les boues digérées où les données bibliographiques conduisent à une
surestimation des siccités réelles obtenues sur les stations, les données issues de la
bibliographie sont assez proches des données observées sur le terrain. Les différences
observées sur les boues digérées peuvent être liées aux contraintes associées au
vieillissement des digesteurs qui en diminue l’efficacité (décantation de sables diminuant le
volume utile du digesteur) et aux difficultés associées à l’étape de floculation qui est plus
sensible sur ce type de boue.
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3.2. Retours en tête issus de la déshydratation mécanique des boues
Les impacts des retours en tête du traitement des boues sur la filière de traitement des eaux
usées sont de nature quantitative ou qualitative.
La caractérisation des impacts quantitatifs peut être réalisée de façon assez précise alors que
celle des impacts qualitatifs est beaucoup plus complexe à mettre en évidence car elle
nécessite de combiner de multiples paramètres qui auront chacun des conséquences
particulières (Grulois, Bousseau et al. 1993)
Dans la littérature, les évaluations quantitatives des retours en tête d’un certain nombre de
procédés de traitement des boues sont référencées. Ces retours en tête sont exprimés par
rapport au flux de l’effluent brut (voir Tableau 2).
Tableau 2 : Impacts quantitatifs des retours en tête de certains procédés de traitements des boues
sur la station de traitement des eaux usées
EPAISSISSEMENT FILTRE A DIGESTION
GRAVITAIRE BANDES ANAEROBIE
(Couturier C.,
(Sadowsky A.G. (Sadowsky A.G.
Berger S. et al.
2002) 2002)
2001)
Débit
nc nc 6 à 10%
(% débit EB)
DBO5
8 à 10% 10% 5 à 30%
(% DBO5 EB)
MES
4 à 6% 20% 2 à 17%
(% MES EB)
NTK
10% 5% 15 à 25%
(% NTK EB)
N-NH4([NTK] EB) g/L 0,8 nc nc
Pt
0 2% 1 à 10%
(% Pt EB)
EB = Effluents bruts
nc = Non communiqué
D’autres impacts quantitatifs ont été évalués sur 3 systèmes de traitement des boues
(Tableau 3).
23/54
Tableau 3 : Impacts quantitatifs des retours en tête de 3 systèmes de traitement des boues sur la
station de traitement des eaux usées
EPAISSISSEMENT EPAISSISSEMENT EPAISSISSEMENT
(GRULOIS,
SEPARE SEPARE MIXTE
BOUSSEAU ET
DIGESTION DIGESTION DIGESTION
AL. 1993)
FILTRE PRESSE FILTRE A BANDES FILTRE A BANDES
Débit (%) 6 10 9
DBO5 (%) 5 17 30
MES (%) 2 14 17
NTK (%) 15 17 25
Pt (%) 1 4 10
On peut noter que les données de référence concernant la composition des retours en
têtes sont, d’une part, assez rares, et d’autre part, quasiment systématiquement agrégées.
Ainsi, les chiffres concernant les charges à traiter représentées par les retours en tête
correspondent en général à la somme de tous les retours en tête issus de la filière boues.
Cette échelle de données est insuffisante pour que ces dernières puissent être utilisées
dans les outils d’analyse environnementale pour lesquels des données procédé par
procédé sont nécessaires.
La bibliographie est relativement pauvre en ce qui concerne les impacts qualitatifs des
retours en tête sur la station de traitement des eaux usées. Quelques impacts ont
cependant été identifiés :
- Si la station n’a pas été dimensionnée de façon correcte, les retours en tête peuvent
conduire à des surcharges au niveau de la filière eau.
- Si les taux de capture sont mauvais et que la station n’a pas été dimensionnée en
conséquence, une surcharge en boues dans le clarificateur peut également entrainer
une diminution de la vitesse de décantation des boues dans le clarificateur et donc un
départ de boues dans les effluents rejetés au milieu naturel.
- La déshydratation par unités mobiles des boues liquides stockées sur la station génère
des retours en tête très souvent chargés en ammoniaque et en sulfures notamment du
fait de l’hydrolyse subit par les boues lors de leur stockage (GIS-BIOSTEP 2005).
- Les retours en tête des centrifugeuses amènent une surcharge plus ou moins
importante dans la ligne de traitement des eaux, selon la qualité de la déshydratation.
Cette surcharge se traduira par un accroissement du débit de boues et de la
consommation d’oxygène dans les bassins d’aération (et donc des surcoûts
d’exploitation vis-à-vis de l’électricité et des réactifs) (Audibert J. 1998). Ce constat
peut être extrapolé à la plupart des procédés de déshydratation mécanique et
d’épaississement.
24/54
Le problème de l’évaluation qualitative réside dans le fait que dès qu’un dysfonctionnement
apparaîtra dans la station, les retours en tête constitueront un moyen privilégié de
transmettre ce dysfonctionnement, de l’entretenir et de l’amplifier.
La Figure 19 représente un scénario de « station à la dérive » pour lequel le
dysfonctionnement total final est intimement lié à l’existence des retours en tête. L’évolution
se fait en trois étapes et le passage d’une étape de propagation de dysfonctionnement à la
suivante nécessite la boucle des retours en tête. A chaque étape une hiérarchie
d’apparition des phénomènes est donnée par une numérotation. Les dégradations sont
inscrites en colonne par rapport à chacun des ouvrages, avec des indices « plus » ou
« moins » relatifs à l’importance des phénomènes (Grulois et al. 1993).
Ainsi au cours de l’étape 1, les dysfonctionnements observés sur le procédé de
déshydratation ou d’épaississement vont entrainer des retours en tête importants. Ces
dysfonctionnements peuvent être liés à un défaut de dimensionnement sur les procédés,
aux propriétés de la boue produite ou à une inadéquation entre les propriétés de la boue
produite et le procédé mis en œuvre. Les retours en tête générés au cours de l’étape 1 font
passer le système dans l’étape 2 qui va également créer des retours importants. Le
système passera alors dans l’étape 3 et aboutira à un départ de boues.
25/54
Effluent Décanteur Entrée Traitement
d’entrée primaire biologique biologique Clarificateur Effluent
1. Sous-estimation du
flux de boues produites 3. Retours en tête élevés
2. Atelier sous- Etape 1
dimensionné
Taux de capture bas
Etape 2
+ et – sont relatifs à
l’importance des
phénomènes. Plus ils
sont nombreux, plus le
phénomène est 8.-- épaississement
6.Filière boues sous- 9.++ retours
-- taux de capture
important dimensionnée solubles
-- siccité
Etape 3
Figure 19 : Scénarios de dysfonctionnements dus aux retours en tête (Grulois et al. 1993)
Cependant, chaque procédé possède ses propres impacts vis-à-vis des performances de
la station. Comme il a été dit précédemment, l’évaluation qualitative des impacts des
retours en tête est difficile, celle-ci doit être adaptée au cas par cas, en gardant à l’idée que
chaque filière de traitement des boues est spécifique d’une installation, et donc que
l’impact d’un procédé de traitement des boues va agir en même temps que l’impact d’un
autre procédé de traitement des boues, ce qui fait toute la complexité de la problématique.
26/54
3.2.1.3. Bilan de l’analyse bibliographique
En conclusion, il apparait que les retours en tête peuvent générer une part non négligeable
de la charge à traiter pour les stations de traitement des eaux usées. Cette charge
supplémentaire peut être à l’origine de dysfonctionnements ou amplifier des
dysfonctionnements existants. Or, sur cet aspect, il existe assez peu de données
quantitatives procédé par procédé (notamment en raison de la complexité liée à la prise en
compte des interactions entre procédés).
Du fait de son influence sur le fonctionnement de la station et, potentiellement, de son bilan
environnemental, il est nécessaire d’implémenter l’interface entre la filière eau et la filière
boue dans les outils d’évaluation environnementale tels que développés dans l’action Irstea
portant sur l’analyses du cycle de vie des filières de traitement et de valorisation des boues
issues du traitement des eaux usées. Cependant, les données disponibles dans la
bibliographie sont trop agrégées et ne permettent pas de produire des données à l’échelle
des procédés qui est nécessaire pour les outils d’évaluation environnementale.
Ce travail a été mené en collaboration avec l’action financée par l’Onema portant sur l’analyse
environnementale des filières boues des stations de traitement des eaux usées (Action n° 48
de la convention Onema-Irstea 2013-2015 : Analyses du cycle de vie des filières de traitement
et de valorisation des boues issues du traitement des eaux usées).
► Quantifier et analyser l’impact des retours en tête de station sur différentes stations
présentant des filières de traitement des boues différentes,
► Créer des données portant sur les retours en tête afin de pouvoir les intégrer dans un
futur outil portant sur l’analyse du cycle de vie des filières de traitement et de
valorisation des boues.
A ce stade, au vu des lacunes bibliographiques à ce sujet, ce travail n’a pas vocation à fournir
des données moyennes sur les charges représentées par les retours en tête issus des
différents procédés d’extraction d’eau présents sur la filière boues. Il a néanmoins l’ambition
d’identifier l’ordre de grandeur que représentent les retours en têtes issus des différents
procédés afin que ces derniers puissent être utilisés dans le cadre de l’étude de la sensibilité
du bilan environnemental de la filière boue aux performances des procédés en terme de retour
en tête. Les procédés avec les contributions les plus significatives pourront par la suite faire
l’objet de campagnes de caractérisation plus fines.
Dans le cadre de ce travail, 3 stations de traitement des eaux usées ont été choisies. Cet
échantillon présente des filières de traitement des boues différentes et mobilisant un
maximum de procédés différents.
27/54
Station de traitement des eaux usées n°1
Cette station présente une capacité nominale de 108 000 EH. Ses caractéristiques de
débit et de charges journaliers reçus sont présentées dans le Tableau 4.
Une fois évacuées de la filière eau, les boues sont épaissies par des tambours
d’égouttage avant d’être envoyées en déshydratation via la centrifugation (Figure 20 et
Figure 21). Les retours en tête s’élèvent à :
3 3
- 669 m /j (dont 107 m /j d’eaux de lavage) pour l’épaississement,
3
- 32 m /j pour la déshydratation.
En termes de charges hydrauliques, les retours de l’épaississement représentent 2,8% du
débit rentrant dans la station et ceux de la déshydratation, 0,13%, soit au total, 2,93% du
débit moyen journalier entrant sur la station de traitement des eaux usées.
Boues décantées
Tambour
épaississeur
Boues épaissies
Centrifugeuse
Boues déshydratées
Figure 20: Représentation schématique de la filière boues de la station de traitement des eaux usées n°1.
28/54
3 Epaississement
Polymères : 5 m /j = Tambours d’égouttage 3
Retours : 669 m /j
3
Eaux de lavage : 107 m /j
Déshydratation
= Centrifugation 3
3
Polymères : 5 m /j Retours : 32 m /j
Figure 21 : Flux relevés sur la filière boues de la station de traitement des eaux usées n°1.
Comme le montre la Figure 23, la filière eau est à l’origine de la production de deux types
de boues : les boues primaires et les boues biologiques. Les boues primaires sont issues
d’un procédé de dessablage, dégraissage, décantation. La phase de décantation permet
29/54
d’éliminer une part importante des matières en suspension et de la pollution carbonée
présentes dans les eaux résiduaires. Une fois les eaux usées prétraitées, elles sont
envoyées dans les étapes de traitement biologique conduisant à la production de boues
biologiques. Les boues primaires sont alors envoyées dans un épaississeur hersé
3
produisant environ 1180 m /j de retours en tête soit 3,6% du débit moyen entrant. Les
boues biologiques sont épaissies via des centrifugeuses à l’origine de la production de
3
441 m /j de centrats (1,3% du débit journalier moyen entrant).
Les boues sont ensuite envoyées dans une phase de digestion anaérobie mésophile
3
avant d’être déshydratées (produisant 107 m /j de retours en tête ou 0,3% du débit
journalier moyen d’eaux usées) puis séchées (voir Figure 22 et Figure 23).
Digesteur anaérobie
Boues digérées
Centrifugeuse
Figure 22: Représentation schématique de la filière boues de la station de traitement des eaux usées n°2.
30/54
Epaississement boues Epaississement boues
primaires secondaires
= Epaississeur hersé = Centrifugation
3 3
Retours : 1181 m /j Retours : 441 m /j
Digestion anaérobie
3
Déshydratation Retours : 107 m /j
= Centrifugation
Séchage thermique
Figure 23 : Flux relevés sur la filière boues de la station de traitement des eaux usées n°2.
31/54
Au total, en termes de charge hydraulique, les retours en tête représentent 5,2% du débit
nominal d’eaux usées entrant dans la station.
La station de traitement n°3 possède une capacité nominale de 55 000 EH. Ses
caractéristiques sont présentées dans le Tableau 6.
Les boues, une fois évacuées de la filière eau, sont épaissies via un silo épaississeur
3
produisant environ 509 m /j de retours en tête, soit 3,3% du débit nominal entrant dans la
station (Figure 24, Figure 25). Puis elles sont déshydratées par filtre presse responsable
3
de la production de 80m /j de retours en tête (0,5% du débit journalier). Le débit des
retours en tête correspond alors à 3,8% du débit moyen journalier d’eaux usées qui
entrent dans la station.
Boues décantées
Tambour
épaississeur
Source : Europelec®
Boues épaissies
Filtre-presse
Boues déshydratées
Figure 24: Représentation schématique de la filière boues de la station de traitement des eaux usées n°2.
32/54
Epaississement
= Silo épaississeur 3
Retours : 509 m /j
Figure 25 : Flux relevés sur la filière boues de la station de traitement des eaux usées n°3.
b) Prélèvements
Trois campagnes de prélèvements des retours en tête ont été réalisées sur chacune des
stations au niveau de chaque étape d’épaississement et de déshydratation.
Sur la station n°3, étant donné le caractère discontinu du fonctionnement du filtre presse,
un échantillon a été prélevé toutes les 10 minutes pendant les 2 heures de pressée. En
utilisant des mesures complémentaires effectuées sur les débits de filtrat également
mesurés sur le terrain, il a alors été possible de reconstituer un échantillon moyen sur la
pressée.
c) Analyses
Pour chaque échantillon prélevé (Tableau 7), un triplicat a été analysé pour les
paramètres suivants :
Tableau 7 : Rappel des échantillons et des analyses effectuées pour chacun d’entre eux
+ DCO et N
Nom de l’échantillon DCO NTK N-NH4 PT P-PO4
réfractaires
Retours épaississement
x x x x x
Station 1
Retours déshydratation
x x x x x x
Station 1
Retours épaississement
x x x x x x
boues primaires Station 2
Retours épaississement
boues biologiques Station x x x x x
2
Retours déshydratation
x x x x x x
Station 2
Retours épaississement
x x x x x x
Station 3
Retours déshydratation
x x x x x x
Station 3
Des analyses ont été réalisées régulièrement (t0, t9, t19, t21 jours) afin de suivre la
dégradation biologique du produit dans le temps.
34/54
3.2.2.2. Résultats, Discussion
Les résultats des analyses sont présentés dans le Tableau 8. Les données obtenues sont
exprimées en % de la charge reçu par la station d’épuration (charge journalière
moyenne).
Des variations importantes de la concentration en DCO sont constatées entre les trois
prélèvements. Le prélèvement 1 présente des valeurs 10 à 20 fois plus importantes que
les deux autres prélèvements. De même, les valeurs obtenues pour le prélèvement 1 pour
les 5 paramètres analysés sont toujours plus élevées que les prélèvements 2 et 3. Ainsi,
ces deux derniers présentent des concentrations similaires avec toutefois quelques
variations pour la DCO et le phosphore total.
Les orthophosphates représentent une part importante du phosphore total : 25%, 47% et
107% (valeur supérieure à 100% du fait des incertitudes de mesure) pour les
prélèvements 1, 2 et 3 respectivement.
35/54
Tableau 8 : Analyse des paramètres chimiques de l’épaississement de la station n°1.
Concentration Charge
% charge entrante
(mg/L) (kg/j)
36/54
Tableau 9 : Analyse des paramètres chimiques de la déshydratation par centrifugation de la station n°1.
Concentration Charge
% charge entrante
(mg/L) (kg/j)
De manière générale, l’épaississement par tambour d’égouttage (et plus généralement, par égouttage
dynamique) des boues biologiques de la station n°1 génère des retours en tête faiblement concentrés
et qui ont un impact négligeable sur le fonctionnement de la station de traitement des eaux usées, par
rapport aux charges entrantes.
L’ensemble des charges provenant de la centrifugation des boues biologiques de la station n°1 sont
inférieures à 1% des charges entrantes. Ces centrats ont donc un impact négligeable sur le
fonctionnement de la STEP. Seule une analyse (2nd prélèvement du PT) donne une charge plus
importante (3%), mais celle-ci reste faible.
Les concentrations de chaque paramètre analysé varient très peu d’un prélèvement à un
autre.
Toutefois, les différents paramètres représentent une charge importante par rapport aux
charges entrantes. La DCO contenue dans les retours en tête correspond à plus de 5%
de la charge en DCO entrante dans la station. Pour l’azote NTK cette charge s’élève en
+
moyenne à plus de 7% de la charge en azote NTK entrant dans la station. Le N-NH4
représente quant à lui la charge la moins importante qui avoisine les 4,5% de l’azote NTK
entrant. Les paramètres phosphorés représentent plus de 8% de la charge entrante en PT
et la quasi-totalité du PT est constitué par le P-PO4.
37/54
Les charges importantes en DCO, azote et phosphore quantifiées dans les retours en tête
sont essentiellement dues au fait que cette étape est située avant le traitement biologique
et à la forte fermentescibilité des boues primaires qui s’hydrolysent dans l’épaississeur.
Tableau 10 : Analyse des paramètres chimiques de l’épaississement des boues primaires de la station n°2.
Concentration Charge
% charge entrante
(mg/L) (kg/j)
Les concentrations en DCO et phosphore total sont beaucoup plus importantes dans le
prélèvement 1 par rapport aux deux autres prélèvements : 20 à 40 fois plus élevées pour
la DCO et jusqu’à 15 fois plus élevées pour le phosphore total. De ce fait, les charges en
DCO et en phosphore total retournées en tête de station ne sont pas négligeables par
rapport à la charge totale entrante : les retours en tête en DCO représentent 9% de la
charge entrante, et plus de 16% de la charge entrante pour le phosphore total. Les
retours en tête des prélèvements 2 et 3 sont moins chargés : la DCO recirculée
représente moins de 1% de la charge entrante, et moins de 1,5% pour de la charge en
phosphore total de la station.
Malgré une légère variation entre les différentes concentrations en NTK mesurées pour
les trois prélèvements, la charge en NTK qui retourne en tête est négligeable par rapport
à la charge entrante puisqu’elle est inférieure à 1%.
L’azote ammoniacal n’a pas été détecté lors de l’analyse du prélèvement 2. Aux vues des
analyses du prélèvement 1 et 2, l’azote ammoniacal semble être en très faible quantité
dans les retours en tête de station. Contrairement aux analyses précédentes, il s’agit ici
de boues secondaires, ce qui veut dire que les eaux séparées de la boue par la
centrifugation sont des eaux ayant subi un traitement biologique. Ainsi, il est normal
d’obtenir des concentrations en azote ammoniacal beaucoup plus faibles dans les retours
en tête de station après centrifugation des boues secondaires.
38/54
Tableau 11 : Analyse des paramètres chimiques de l’épaississement des boues biologiques de la station n°2
Concentration Charge
% charge entrante
(mg/L) (kg/j)
Peu de variations significatives sont observées entre les différents prélèvements pour
chaque paramètre. La charge en DCO qui retourne en tête de station est négligeable par
rapport à la charge totale entrante, puisqu’elle représente moins de 0.5% de la charge
totale. En revanche, ce n’est pas le cas de l’azote et du phosphore. En effet, les
concentrations mesurées en azote à la sortie de la déshydratation des boues digérées
sont relativement élevées par rapport aux résultats obtenus pour l’ensemble des analyses
présentées dans ce rapport. L’azote NTK qui retourne en tête de station représente
jusqu’à 14% de la charge totale entrante. La charge en phosphore représente 2 à 6% de
la charge totale entrante. De plus, plus de 90% du phosphore total est sous forme
d’orthophosphates.
Ces résultats confirment les propos de l’étude (Couturier C. et al. 2001) qui évoque des
retours en tête plus chargés en azote et en phosphore après déshydratation des digestats
issus de digestion anaérobie.
39/54
Tableau 12 : Analyse des paramètres chimiques de la déshydratation de la station n°2
Concentration Charge
% charge entrante
(mg/L) (kg/j)
Les retours en tête issus de l’épaississement statique des boues primaires de la station
n°2 sont fortement concentrés en azote, phosphore et DCO. Il en résulte donc des
charges importantes qui seront ramenées dans les bassins d’aération.
En revanche, il semblerait que les retours de l’épaississement des boues biologiques par
centrifugation soient faiblement concentrés. Ainsi, ces retours constituent une faible
charge par rapport aux eaux usées qui entrent dans la station. Seuls deux analyses ont
er
fourni des charges importantes : la DCO et le phosphore total au cours du 1 prélèvement
(charge de 8,9% et 16,2%).
Les retours en tête de station sont plus chargés en sortie d’épaississement des boues
primaires qu’en sortie d’épaississement des boues secondaires. Comme il a été expliqué
précédemment, les boues primaires sont issues d’une étape de traitement où l’eau n’a
pas encore subi de traitements secondaires visant à éliminer l’azote et le phosphore.
Toutefois, de tous les retours en tête analysés pour cette station, les plus chargés sont
ceux issus de la déshydratation des digestats après digestion anaérobie (à l’exception de
la DCO).
Il existe une grande différence de concentration entre le prélèvement 1 et 3 pour la DCO (87 mg02/L
de DCO pour le prélèvement 1 et 752 mg02/L de DCO pour le prélèvement 3). Ainsi la charge en DCO
recirculée en tête de station est négligeable par rapport à la charge totale entrante pour le
prélèvement 1, ce qui est en revanche moins le cas pour le prélèvement 3 puisqu’elle représente plus
40/54
de 6% de la charge totale. La même tendance se dessine pour l’azote NTK. La charge en azote NTK
représente moins de 1% de la charge totale entrante pour le prélèvement 1 tandis qu’elle passe à plus
de 3% pour le prélèvement 3. L’azote ammoniacal représente une faible part de l’azote NTK (20% et
13%). L’azote ammoniacal qui retourne en tête de filière eau est en revanche négligeable par rapport
à la charge entrante (inférieure à 0.5%). Le phosphore total, constitué à plus de 60%
d’orthophosphates, représente une charge non négligeable par rapport à la charge entrante : 6,2%
pour le prélèvement 1 et 8,4% pour le prélèvement 3.
Concentration Charge
% charge entrante
(mg/L) (kg/j)
Des variations importantes sont observées entre les trois prélèvements pour la DCO et
l’azote NTK. En revanche, les résultats d’analyses sont similaires pour les paramètres
azote ammoniacal, phosphore total et orthophosphates. L’azote ammoniacal représente
20 à 30% de l’azote NTK et les orthophosphates représentent 1 à 4% du phosphore total.
Il semblerait donc que les matières dissoutes soient en faible concentration dans les
filtrats et que ces derniers présentent une charge composée en majorité de matières
+ 3-
particulaires. Il apparait que la charge liée aux matières dissoutes (N-NH4 et P-PO4 ) est
négligeable par rapport à la charge entrante totale (inférieure à 0.8%) tandis que cette
charge est plus importante dans le cas de matières particulaires (de 1,3 à 8,0%).
41/54
Tableau 14 : Analyse des paramètres chimiques de la déshydratation de la station n°3.
Concentration Charge
% charge entrante
(mg/L) (kg/j)
Les retours en tête issus du filtre-presse sont plus chargés que ceux issus du silo
épaississeur pour la DCO, l’azote NTK, l’azote ammoniacal et le phosphore total. Cela
peut être lié, au même titre que la centrifugation, au processus de déshydratation.
Toutefois la charge en DCO, azote et phosphore issue des retours en tête du filtre-presse
reste très faible au regard de la charge entrante de la station et peut donc être considérée
comme négligeable. En ce qui concerne le phosphore, ces résultats sont qualitativement
différents de ceux obtenus sur le procédé d’épaississement statique en amont (charge en
phosphore total dans les retours en tête représentant plus de 6% de la charge entrante
sur la station). Ceci est essentiellement lié au conditionnement des boues mettant en
œuvre du chlorure ferrique qui précipite les orthophosphates qui peuvent alors être
capturés avec les boues dans le filtre-presse.
Les précédents résultats analytiques ont permis d’identifier les charges en azote et
carbone que peuvent représenter les différents postes de retours en tête issus de la filière
boue. Cependant, chacune de ces charges peut être divisée en deux fractions :
Ainsi, afin d’apprécier la fraction des charges en azote et carbone représentées par les
retours en tête qui impactent le fonctionnement de la filière eau, des analyses de carbone
et d’azote réfractaire ont été effectuées.
Les résultats seront d’abord présentés de manière détaillée pour un échantillon (les
retours en tête issus de l’épaississement gravitaire des boues primaires de la station 2)
puis de manière synthétique pour l’ensemble des échantillons analysés.
En premier lieu, les résultats d’analyses doivent être validés à l’aide du suivi de l’évolution
+
de la concentration en azote ammoniacal (NH4 ) au cours du temps. Celle-ci doit tendre
vers 0 pour assurer que la nitrification a bien eu lieu. Ainsi, l’expérimentation est
+
considérée comme valide si la concentration en NH4 est inférieure à 2 mg/L au bout de
+
21 jours. Le suivi de la concentration en NH4 pour l’échantillon concerné est présenté sur
la Figure 26.
Figure 26 : Evolution du N-NH4+ des retours en tête issus de l’épaississement des boues primaires
de la station n°2 au cours du temps
+
Dans ce cas, les concentrations en NH4 sont inférieures à 2 mg/L et les expérimentations
sont donc considérées comme valides.
Les évolutions des concentrations en DCO dans les réacteurs sont présentées sur la
Figure 27.
43/54
Figure 27 : Evolution de la DCO des retours en tête de l’épaississement primaire de la station n°2
au cours du temps
Dans les deux cas, la concentration en DCO se stabilise à environ 220 mg /L. Toute la
DCO encore présente au bout de 21 jours correspond à de la DCO non biodégradable.
Par différence avec la DCO finale de l’essai témoin, on peut déterminer la concentration
en DCO réfractaire dans les retours en tête concernés et, par suite, la DCO
biodégradable dans ces mêmes retours.
Ainsi, dans ce cas, la DCO réfractaire représente 23% de la DCO totale présente dans les
retours en tête. On peut donc en conclure que 77% de la charge en DCO présente dans
ces retours impactera directement le fonctionnement de la filière eau en termes de charge
à traiter.
L’évolution des concentrations en azote NTK dans les réacteurs sont présentée en Figure
28.
Figure 28 : Evolution du NTK des retours en tête de l’épaississement primaire de la station n°2 au
cours du temps
La concentration en azote NTK dans les retours en tête de l’épaississement des boues
primaires de la station n°2 varie entre les deux prélèvements (73 mg/L à l’état initial pour
le prélèvement 1 et presque 50 mg/L pour le second prélèvement). Cependant la même
tendance est observée : la concentration diminue jusqu’à un palier situé à environ 40
mg/L pour prélèvement 1 et 15 mg/L pour le prélèvement 2. Ainsi pour les deux
prélèvements, près de 30mg/L d’azote NTK ont été dégradés. Le reste constitue de
l’azote NTK réfractaire non dégradable par les bactéries.
44/54
présent dans les retours en tête peut être considéré comme biodégradable et peut donc
impacter directement le fonctionnement de la filière eau.
Bilan des analyses de fractionnement des charges en azote et carbone pour les
différents postes de retours en tête analysés.
Une synthèse des résultats obtenus en termes de fractionnement des charges en azote et
DCO pour les différents postes de retours en tête sont donnés dans le Tableau 15.
Tableau 15 : Résultats des analyses de DCO et NTK biodégradable pour les différents postes de
retours en tête analysés.
DCO NTK
Biodégradable Biodégradable
Nom de l’échantillon (% de la DCO totale) (% du NTK total)
P1 P2 P1 P2
Station 1 : déshydratation
80 50 55 40
par centrifugation
Station 2 : épaississement
statique des boues 67 68 69 46
primaires
Station 2 : déshydratation
des boues digérées par Env. 0 Env. 0 79 69
centrifugation
Station 3 : silo
Env. 100 - Env. 100 -
épaississeur
Station 3 : déshydratation
84 - 20 -
par filtre-presse
On peut noter que les résultats obtenus présentent une importante variabilité tant en
terme d’azote que de DCO biodégradables. D’autre part, on n’observe pas de réelle
corrélation entre les résultats des analyses de DCO et d’azote NTK biodégradable
notamment du fait de la concentration en azote ammoniacal qui peut influencer
significativement la part d’azote NTK biodégradable au-delà de la biodégradabilité de la
matière organique.
e) Synthèse sur l’analyse de la charge représentée par les retours en têtes issus de la
filière boue
Les principales conclusions portant sur cette analyse sont présentées dans le Tableau 16
ainsi que dans les Figure 29 et Figure 30. Les données obtenues sont exprimées en % de
la charge reçu par la station d’épuration (charge journalière moyenne).
45/54
Figure 29: Bilan de la charge représentée par les différents postes de retours en tête de la filière boue (en DCO,
azote et phosphore totaux)
Figure 30 : Bilan de la charge représentée par les différents postes de retours en tête de la filière boue (en DCO
biodégradable, azote biodégradable et phosphore dissout)
46/54
Tableau 16: Synthèse des résultats des analyses réalisées dans le cadre de la caractérisation des
retours en tête issus de la filière boue.
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Quels que soient les postes de retours analysés, la charge hydraulique représentée par
ces derniers est inférieure à 5% de la charge hydraulique totale. Il est néanmoins
intéressant de noter que les charges hydrauliques que représentent les postes
d’épaississement sont significativement supérieures (entre 2 et 4% de la charge
hydraulique en entrée de station) à celles que représentent les postes de déshydratation
(inférieure à 1%).
En ce qui concerne les charges en DCO biodégradable représentées par les retours en
tête, on observe que quels que soient les postes étudiés, elles sont toujours inférieures à
4% de la charge en DCO en entrée. La charge la plus significative est générée au niveau
de l’épaississement gravitaire des boues primaires, alors que la charge en DCO
biodégradable générée par les autres procédés d’épaississement et de déshydratation est
très faible.
En ce qui concerne la charge en azote biodégradable représentée par les retours en tête,
on observe qu’elle représente près de 10% de la charge en azote en entrée pour le poste
de déshydratation des boues digérées étudié. De plus, elle atteint plus de 4% de la
charge en entrée pour l’épaississement gravitaire des boues primaires. En revanche, pour
les autres postes étudiés, la charge en azote biodégradable générée peut être considérée
comme négligeable.
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4. Conclusion
L’état des lieux sur les filières de déshydratation mécanique réalisé dans le cadre de ce projet a
démontré qu’il n’est pas, à proprement parlé, possible de définir un procédé dominant à l’échelle de la
France métropolitaine. En effet, si 68% des boues (en matière sèche) déshydratées mécaniquement le
sont à l’aide de centrifugeuses, on observe une forte influence du contexte et des contraintes de la
station de traitement des eaux usées (capacité de traitement, voie de valorisation des boues, …) sur
les choix effectués en termes de déshydratation mécanique. De plus, une forte variabilité est observée
sur les fréquences d’utilisation des différents procédés à une échelle régionale. Ainsi, ce n’est pas
parce qu’un procédé peut être considéré comme minoritaire à l’échelle nationale, qu’il ne constitue pas
un enjeu crucial pour la valorisation des boues à une échelle territoriale.
En ce qui concerne les performances des procédés de déshydratation mécanique, une forte variabilité
est observée sur les siccités constatées pour un même procédé. Ceci peut s’expliquer :
- D’une part, par l’impact des paramètres opératoires et des propriétés des boues sur les
performances des procédés de déshydratation mécanique.
- D’autre part, par le fait qu’à l’échelle des stations, les exploitants optimisent leur procédé de
déshydratation aussi en fonction du coût de fonctionnement et des contraintes auxquelles ils
sont soumis pour la valorisation des boues déshydratées. Le point d’équilibre entre ces deux
critères de décision est différent d’une station à l’autre et peut également expliquer les
variations de performance observées pour les différents procédés.
Concernant les performances des procédés de déshydratation en termes de composition des retours
en tête, là aussi, si très peu de données sont disponibles, celles acquises dans le cadre de ce projet
démontrent une forte variabilité en fonction des procédés. De plus, ce critère de performance prend
une importance particulière dans le cas de la déshydratation mécanique des boues digérées pour
laquelle les retours en tête peuvent impacter significativement la filière de traitement des eaux.
Dans la suite de ce projet, afin d’identifier l’influence des paramètres de performance des procédés de
déshydratation mécanique sur le bilan environnemental de la filière boue, les données acquises seront
utilisées dans le cadre de l’analyse environnementale de différents scénarios de traitement des boues.
De plus, pour aller plus loin et identifier l’impact des performances de cette étape de traitement (et de
leurs variations) sur le bilan environnemental de la filière boue, une analyse de la sensibilité du bilan
environnemental de la filière aux performances du procédé de déshydratation est nécessaire. Ces
travaux seront réalisés en collaboration avec l’action 48 de la convention Onema-Irstea 2014-2017.
D’autre part, afin de mieux comprendre les variations de performances observées sur les procédés de
déshydratation mécanique et d’identifier leur facteurs de contrôle, une analyse de l’impact des
paramètres opératoires et des propriétés des boues sera réalisée dans la suite de l’action sur le cas
particulier des filtres-presses.
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5. Bibliographie
Audibert J. (1998). "La logique floue optimise la centrifugation des boues." InterSections Novembre
1998: 31-34.
Bilan de la filière d’élimination des boues de traitement des eaux usées du Bas-Rhin en 2012. Conseil
Général du Bas-Rhin. 16p.
Couturier C., Berger S. and Meffren I. (2001). La digestion anaérobie des boues urbaines, Etat des
lieux, Etat de l'art, Solagro: 34.
Grulois, P., A. Bousseau, E. Blin and C. Fayoux (1993). "Evaluation of the impact of return flows on
the operation of a wastewater treatment plant." Water Science and Technology 28(1): 273-281.
Pronost J., Pronost R., Deplat L., Malrieu J. and B. J.-M. (2002). Stations d'épuration : Dispositions
constructives pour améliorer leur fonctionnement et faciliter leur exploitation. FNDAE n°22 bis -
Document technique: 86.
Sadowsky A.G. (2002). Méthode de calcul d'une filière de traitement - "Boues activées - Très faible
charge - Nitrification et dénitrification - Traitement du phosphore", ENGEES: 103
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6. Table des illustrations
Figures :
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Figure 28 : Evolution du NTK des retours en tête de l’épaississement primaire de la station n°2 au
cours du temps ...................................................................................................................................... 44
Figure 29: Bilan de la charge représentée par les différents postes de retours en tête de la filière boue
(en DCO, azote et phosphore totaux) ................................................................................................... 46
Figure 30 : Bilan de la charge représentée par les différents postes de retours en tête de la filière boue
(en DCO biodégradable, azote biodégradable et phosphore dissout) .................................................. 46
Tableaux :
Tableau 1 : Fréquence d'utilisation des différents procédés de déshydratation mécanique sur les
régions des différentes agences de l’eau de France métropolitaine (répartition exprimée en en % de la
production de boue déshydratée mécaniquement) ............................................................................... 15
Tableau 2 : Impacts quantitatifs des retours en tête de certains procédés de traitements des boues sur
la station de traitement des eaux usées ................................................................................................ 23
Tableau 3 : Impacts quantitatifs des retours en tête de 3 systèmes de traitement des boues sur la
station de traitement des eaux usées .................................................................................................... 24
Tableau 4 : Caractéristiques de la station de traitement des eaux usées n°1 ...................................... 28
Tableau 5 : Caractéristiques de la station de traitement des eaux usées n°2 ...................................... 29
Tableau 6 : Caractéristiques de la station de traitement des eaux usées de la station n°3 ................. 32
Tableau 7 : Rappel des échantillons et des analyses effectuées pour chacun d’entre eux ................. 34
Tableau 8 : Analyse des paramètres chimiques de l’épaississement de la station n°1. ....................... 36
Tableau 9 : Analyse des paramètres chimiques de la déshydratation par centrifugation de la station
n°1. ........................................................................................................................................................ 37
Tableau 10 : Analyse des paramètres chimiques de l’épaississement des boues primaires de la
station n°2. ............................................................................................................................................. 38
Tableau 11 : Analyse des paramètres chimiques de l’épaississement des boues biologiques de la
station n°2 .............................................................................................................................................. 39
Tableau 12 : Analyse des paramètres chimiques de la déshydratation de la station n°2 ..................... 40
Tableau 13 : Analyse des paramètres chimiques de l’épaississement de la station n°3 ...................... 41
Tableau 14 : Analyse des paramètres chimiques de la déshydratation de la station n°3. .................... 42
Tableau 15 : Résultats des analyses de DCO et NTK biodégradable pour les différents postes de
retours en tête analysés. ....................................................................................................................... 45
Tableau 16: Synthèse des résultats des analyses réalisées dans le cadre de la caractérisation des
retours en tête issus de la filière boue. .................................................................................................. 47
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7. Remerciements
Les auteurs remercient tous les agents d’exploitation et les collectivités des stations d’épuration des
eaux usées qui ont accepté de fournir des données et des échantillons pour mener à bien ce projet.
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Irstea Onema
1, rue Pierre Gilles de Gennes Hall C – Le Nadar
CS 10030 5, square Félix Nadar
92761 Antony 94300 Vincennes
01 40 96 61 21 01 45 14 36 00
www.irstea.fr www.onema.fr
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