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Cet article présente la préparation pour le Marathon des Sables, une course de 230 km dans le désert du Sahara, en se basant sur l'expérience personnelle de l'auteur et des conseils pratiques. La préparation est divisée en trois axes : physique et sportive, aguerrissement aux conditions de course, et préparation mentale. L'auteur détaille également son entraînement en deux macrocycles, avec des objectifs spécifiques pour maximiser la performance et minimiser les blessures.

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Cet article présente la préparation pour le Marathon des Sables, une course de 230 km dans le désert du Sahara, en se basant sur l'expérience personnelle de l'auteur et des conseils pratiques. La préparation est divisée en trois axes : physique et sportive, aguerrissement aux conditions de course, et préparation mentale. L'auteur détaille également son entraînement en deux macrocycles, avec des objectifs spécifiques pour maximiser la performance et minimiser les blessures.

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Préparer son premier Marathon des Sables

Laurent Prosperi ([email protected])

11 juin 2022

Table des matières


1 Préparer son MDS 2

2 Préparation physique et sportive 2


2.1 La préparation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.1.1 Macrocycle n°1 (mi-août 2021 à mi-novembre 2021) : La montée en charge . . . . 3
2.1.2 Macrocycle n°2 (mi-décembre 2021 à mi-mars 2022) : La préparation spécifique
MDS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.1.3 Retours du MDS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Durer dans la préparation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2.1 Adaptation de la pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2.2 Prévention (et récupération) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2.3 Gestion des traumas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

3 Préparation mentale 8

4 Aguerrissement 8

5 Préparer le départ 9
5.1 L’administratif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
5.2 Préparation des pieds . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
5.3 Préparation du matériel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Le Marathon des Sables est une course à étapes. Il se déroule dans le désert du Sahara marocain, dure
sept jours et couvre environ 230 km en cinq étapes chronométrées. C’est une épreuve en autosuffisance
alimentaire sauf pour l’eau. Fin mars 2022, j’ai pris le départ de la 36ème édition. Cet article revient
sur ma première participation au marathon des sables et sur ma préparation.
Je m’appuie principalement sur mon expérience, ma préparation, le retour d’expérience du 36ème MDS
ainsi que sur mes lectures sur le sujet. J’inclus aussi des éléments, anecdotes et retours d’expérience
provenant des autres coureur·es 1 afin de couvrir des aspects que je n’ai que peu ou pas testé, ou bien
lorsque les avis divergent.
N’hésitez pas à me contacter par mail que ce soit pour commenter l’article (relever une erreur, proposer
des améliorations ou des points que je n’ai pas traités), apporter un éclairage nouveau ou pour en savoir
plus sur le MDS ou sa préparation.
1. Principalement de la tente 82

1
1 Préparer son MDS
Classiquement ma préparation se divise en trois axes.

1. La préparation physique et sportive (Section. 2). En complément, j’aborderai succinctement la


nutrition et la récupération pendant l’entrainement, deux questions essentielles pour la préven-
tion des blessures ainsi que pour la performance. Leurs applications en course sont traitées dans
un autre article.
2. L’aguerrissement (Section. 4), c’est à dire le fait de s’habituer aux conditions climatiques, à la
vie en bivouac, au sac 2 , à la vie hors des murs : à la récupération, à l’alimentation, à la gestion
des bobos (voire blessures) en course et à la réparation des matériels.
3. La préparation mentale (Section. 3) que ce soit pour gérer la douleur ou juste pour tenir dans
la durée (e.g. démotivation, …).

Outre cette préparation au long cours, la Section. 5 aborde les aspects spécifiques au départ : l’admi-
nistratif, la préparation des pieds et du matériel.

2 Préparation physique et sportive


Avant de partir sur ma préparation physique et sportive, je pense qu’il important de la mettre en
perspective avec mes objectifs et mon niveau initial. Mes deux objectifs étaient 1) de finir en maximisant
la quantité de course sans objectifs de temps ni de classement et 2) d’éviter au maximum les blessures
et les bobos. Quant à mon niveau, j’ai commencé le sport en septembre 2015. Mi-2019, j’avais une
bonne condition physique, en moyenne cinq à six séances de sport par semaine (course à pied, vélo,
escalade). Par contre, mon expérience de la course à pied en compétition était faible (un marathon
et quelques petites courses sur route ou chemin) et celle en l’ultra-trail nulle. Par contre, j’avais déjà
quelques repères sur des épreuves à étapes : en 2016, j’ai participé à un raid multi-sports sur cinq jours
(Raid CentralParis) et ces dernières années, je pratique de la randonnée ultra-légère en montagne
marche/course en autosuffisance alimentaire à hauteur d’une bonne dizaine d’heures d’effort par jour.
Attention : mes plans d’entrainement sont spécifiques à mon niveau initial, une surcharge de travail
qui a perturbé tout la préparation ainsi que la période du Covid 3 qui a fait disparaitre les courses
pendant de longs mois.
Dans ma planification, j’ai retenu quatre grandes spécificités pour cette course : 1) courir sur du sable
avec un sac relativement lourd ; 2) courir par temps chaud ; 3) une grosse charge, notamment fatigue,
induite par la vie dans le désert qui est un milieu inconnu pour moi ; et, 4), devoir durer dans le temps et
les kilomètres. L’entrainement cherche donc à augmenter la caisse pour être en aisance cardiovasculaire
par temps chaud, à développer au maximum l’endurance et la récupération, à gagner en force et en
puissance pour s’affranchir des dégâts occasionnés par la course lestée sur sable. Enfin, il ne faut pas
oublier le haut du corps afin d’avoir une bonne sangle abdominale et un bon dos pour supporter mon
sac à dos sans souci. Par ailleurs, j’ai du apprendre à gérer une augmentation (et une rationalisation)
importante de ma charge d’entrainement en parallèle d’une vie bien (trop) remplie.
Neuf mois avant, pour me tester, après une bonne préparation spécifique de trois mois, je me suis
attaqué au Skymarathon de l’UTCAM, 50km avec 4170 de D+ pour 11H de course. Sur le moment,
cette course a fait voler en éclat mes limites de course : en repoussant mon temps maximal passé en
course de 4H à 11H. En résumé, si la forme physique et le mental étaient au rendez-vous, la gestion
de course couplée à l’alimentation en course étaient à revoir de fond en comble. Par ailleurs, j’ai pu
2. Il est très pénible de passer son temps à chercher ses affaires, d’avoir un sac mal équilibré ou juste d’avoir très mal
aux épaules ou au dos.
3. Pour la petite histoire, j’ai décidé de prendre le départ de la 36ème édition pendant le premier confinement

2
tester une phase de récupération après une course éprouvante : j’ai mis presque autant de temps pour
récupérer, en terme de sensation, qu’après le MDS (comme quoi l’entrainement a bien payé).

2.1 La préparation
J’ai attaqué le gros de l’entrainement mi-août, soit environ huit mois avant le départ. J’ai découpé ma
préparation en deux macrocycles (des blocs de 3 à 4 mois) entrecoupés par une course intermédiaire et
un bloc de récupération. Classiquement en course à pied, mes macrocycles sont découpés en mésocycles
de quatre semaines. Les trois premières semaines sont dédiées à l’entrainement et la quatrième à la
régénération et la surcompensation.
— Le premier macrocyle se déroule sur 16 semaines de mi-août à début novembre. Les quatre
premières sont dédiées à la reprise post-coupure estivale. Les autres, ont pour objectif une montée
en charge et en compétence sur le long mais sans travail spécifique MDS qui arrivera plus tard.
Pour marquer la fin du cycle et me tester, mi-novembre, je prends le départ de l’AlpinTrail de
Pichauris (80km, 4250D+). En pratique, j’ai éclaté deux semaines avant la compétition : trop
de volume et trop peu de temps pour récupérer à cause du boulot. J’ai quand même pris le
départ mais j’ai abandonné au premier ravitaillement (une vingtaine de kilomètres pour un bon
1000 à 1200 de D+) sur une légère douleur au genou. Aucun regret, le trail n’était pas un but
en soi, l’unique objectif est d’être frais pour le début du cycle suivant.
— Ensuite, commence un bloc de récupération et de régénération de 3 semaines. Il m’a permis de
récupérer les erreurs précédentes.
— Mi-décembre, j’attaque la préparation spécifique MDS avec un deuxième macrocycle de 12
semaines de mi-décembre à mi-mars. La gestion est bien meilleure, j’ai réussi à m’alléger d’un
certain nombre de choses avant de commencer.

2.1.1 Macrocycle n°1 (mi-août 2021 à mi-novembre 2021) : La montée en charge


Ce bloc cherche à préparer le corps à endurer la préparation spécifique du MDS et à commencer à
rationaliser mon entrainement en prévision de la suite. Il a donc servi de crash-test dans l’organisation
de mes semaines et dans la découverte de la charge que je pouvais, ou non, supporter. Le planning
des séances est relativement fixe afin de pouvoir adapter à l’avance la vie autour de l’entrainement
et de construire une certaine routine. A l’inverse, le contenu et la durée des séances sont variables
en fonction du plan, de la fatigue et des bobos. Certes, cette organisation est un peu rigide et pas
complètement optimale en terme de préparation : par exemple, les blocs de charges et les périodes de
surcompensation ne peuvent pas être placés comme je voudrais. Néanmoins, cela me permet de rester
efficace pour mes autres tâches, d’avoir un planning fixe et une organisation régulière afin de pourvoir
tenter de caser tout ce que je devais faire (rajouter deux ou trois heures par jour aurait été bienvenu).
Pour ce qui est de rester efficace sur mes autres tâches, j’ai très vite arrêté de faire une séance le
midi et une le soir lors de mes entrainements bi-quotidien. Je regroupais toutes les séances le soir : en
mélangeant les sports du style : course en endurance couplée avec la muscu ou de la PPG des jambes
ou alors fractionné ou footing couplé à la préparation du haut du corps (grimpe/PPG/muscu) afin
d’éviter de m’endormir l’après-midi en digérant devant mon PC. En pratique, après quelques échecs
cela m’a permis d’améliorer la résistance à la fatigue. Il faut juste veiller à bien s’hydrater/s’alimenter
et à avoir une deuxième séance adaptée en intensité et en volume ce qui passe par quelques petits
échecs.
Voici ma semaine type au coeur du cycle. La durée, la nature et l’intensité varient en fonction de
l’avancée dans le cycle.

3
Table 1 – Semaine type du Macrocycle n°1. PPG : Préparation Physique Générale. EF : Course à
pied en endurance fondamentale. SL : Sortie longue. Séance de qualité (Quali) : travail en fractionné
sur plat ou en côte.

Jour Séances Récupération


Lundi Récup
Mardi CAP + PPG haut du corps + Sauna 30min
Grimpe
Mercredi Quali “longue”
Jeudi Circuit training spé-trail 1h30
Vendredi Quali “courte” (+ PPG haut Sauna 30min
du corps + grimpe)
Samedi EF + PPG haut du corps + Sauna 30min
Grimpe
Dimanche SL ou EF+vélo ou rando

2.1.2 Macrocycle n°2 (mi-décembre 2021 à mi-mars 2022) : La préparation spécifique


MDS
La préparation spécifique s’articule autour d’un premier bloc de quatre semaines axé sur de la PPG et
du renforcement spécifique. L’idée est de préparer le corps au volume de l’entrainement et à la casse
de fibres en course due au sable, au sac et à une mauvaise récupération. J’ai profité des vacances de
Noël pour charger le corps, avec des entrainements biquotidiens, en optimisant la récupération (auto-
massage, sieste et alimentation) pour tester le corps. Ensuite, j’ai enchaîné sur deux blocs de volume
le premier construit autour d’un 47km et le deuxième autour d’un week-end choc.
La Table. 2 détaille la structure temporelle du plan et le volume de travail. Je n’ai pas joint le détail
jour par jour, par contre, la description de ma semaine type, Table. 3 donne une idée du nombre et de
l’agencement des séances.
A la différence du précédent macrocycle, la planification est un peu moins brouillonne et plus adaptée
à ce que je peux absorber même si les mésocycles sont un peu perturbés par les dates de ma course
intermédiaire et de mon week-end choc qui ne pouvaient pas être déplacées.

Table 2 – Squelette de ma préparation spécifique pour le MDS (marcrocycle n°2). .

Semaine Description
Renfo Objectifs : préparer le corps à endurer le bloc et à
avoir la puissance pour le sable
S1 Quali
S2 Quali
S3 Quali Volume (Semaine choc)
S4 Recup
Quali + volume Objectif : Trail de la Galinette (47km, 2700D+)
S5 Quali
S6 Quali
S7 Affutage
S8 Trail de la Galinnette
Volume
S9 Récup
S10 Montée en charge

4
Semaine Description
S11 Volume + WE-Choc
S12 Volume + SL dure et technique
Affutage
S13 Régen
S14 Affutage + dernière SL (croisée)
S15 Affutage

Comme pour le macrocycle n°1, mon entrainement est réglé sur une routine hebdomadaire afin d’en
faciliter l’organisation. Je maintiens deux séances de PPG de jambes par semaine jusqu’à l’affutage.
Pour le haut du corps, j’ai poursuivi les séances de renforcement jusqu’au départ mais j’ai réduit
drastiquement l’escalade. J’ai arrêté complètement sur la fin pour éviter de sursolliciter les genoux.
Par rapport au premier macrocycle, j’ai ajouté une séance de PPG cardio de 90min orientée entre boxe
et athlétisme. De même, toute mes séances de renforcement des jambes sont suivies d’une sortie en
endurance fondamentale de 45/à 60 min pour apprendre à mon corps à courir fatigué sans pour autant
augmenter le volume hebdomadaire de course.
En moyenne, j’ai conservé une séance de qualité par semaine jusqu’à la fin en réduisant le volume.
L’objectif étant d’éviter le désentrainement plus qu’autre chose. Pour ce qui est du travail de la foulée,
type gamme, j’en ai réintroduit, un peu trop tardivement, suite aux recommandations insistantes d’un
collègue venant du demi-fond.
Table 3 – Semaine type du Macrocycle n°2 - pour les deux mesocycles de volume .

Jour Réveil Séances Récupération


Lundi mobilité 15 min Récup
Mardi mobilité 15 min CAP (60min) + PPG Sauna 30min
haut du corps (60min)
+ Abdos (15min)
Mercredi mobilité 15 min PPG cardio (90min) +
CAP (50min EF)
Jeudi mobilité 15 min PPG haut du
corps/jambes (75min)
+ CAP (45min
EF+15EA) + Abdos
(15min) +
(Proprioception 10min)
Vendredi 4 mobilité 15 min Grimpe/PPG haut du Sauna 30min
corps (60min) ou CAP
(75min quali) + Abdos
(15min)
Samedi mobilité 15 min Grimpe/PPG haut du CAP (75min quali) +
corps (60min) + Abdos (15min)
Dimanche mobilité 15 min SL

2.1.3 Retours du MDS


Physiquement, j’ai avalé les kilomètres dans le désert sans problème. La préparation était plus que
suffisante pour finir et pour rentrer sur du tout course (enfin sauf les coups de chaud, les montées et
4. Une séance pouvant être allégée ou supprimée en fonction de la fatigue engendrée par la semaine de travail.

5
les coups de mou) à partir du début de la longue. J’ai plutôt sous-estimé la résistance du corps dans
l’établissement de la stratégie de course. Mais l’objectif était de finir et de reprendre le boulot dès le
retour.
Par contre, le faible volume de marche a été le défaut principal de cette préparation enfin plutôt de
la stratégie de course allant avec. N’ayant commencé à courir qu’à mi-MDS, j’ai beaucoup marché au
début. Je suis un mauvais marcheur sur plat (bâtons ou pas) : je suis incapable de suivre le rythme de
concurrent·es de mon niveau dans le temps sans courir de nouveau pour réduire la distance. De plus,
le déroulé du pied est différent en passant de la marche à la course, ce qui a généré ma seule grosse
ampoule récalcitrante.
Dernier bémol, je n’ai pas vraiment pu tester le bon dosage de l’affutage et le pic de forme à cause
d’une recrudescence brutale de travail non-prévue les trois dernières semaines précédant le départ.

2.2 Durer dans la préparation


La préparation d’un premier ultra-trail, qui plus est le MDS, engendre de fortes contraintes pour le
corps. Avant de passer aux deux autres axes de ma préparation, je vais revenir sur un aspect essentiel
pour moi : durer dans la préparation et au-delà. Par “au-delà”, j’entends être capable d’absorber la
course sans trop perturber les autres activités et d’être en capacité de continuer à prendre le départ
de ce type d’aventure dans une vingtaine d’année. Il faut donc
— Gérer la fatigue due à l’augmentation substantielle de l’entrainement et de la vie autour ;
— Éviter d’être en incapacité de prendre le départ à cause d’une blessure et ou d’arriver avec un
état de fraîcheur insuffisant sur la course ;
— Travailler au maximum la prévention des blessures à court terme et des atteintes musculo-
squelettiques à long terme.
Dans la suite de la section, je vais couvrir la chaîne de la réponse : adaptation de la pratique, prévention
active et passive, mitigation et gestion des bobos. Ces réflexions sont encore à l’état d’ébauche, je
commence à les mettre en œuvre au fur et à mesure.

2.2.1 Adaptation de la pratique


Mon adaptation de la pratique passe en premier par une grosse préparation physique avec un renfor-
cement spécifique de la stabilisation articulaire (genou) : ischio-jambier + fessier, couple de muscles
souvent sous-sollicité et négligé en passant ses journées assis. Par ailleurs, j’essaie de contrôler le volume
de course (enfin un voeu pieux pour l’instant) en remplaçant une sortie longue (de 2h/3h) une semaine
sur trois par un mélange vélo (1h30/2h) vélo suivi d’une séance en CAP (1h30/2h). Par ailleurs, pour
les prochaines préparations d’épreuve d’ultra endurance, je transformerai une séance de course en
endurance par une sortie longue de vélo (120 à 180 min) quand le temps et la météo le permettront.

2.2.2 Prévention (et récupération)


En amont de la course à pied, j’ai mis en place une forme de prévention active avec 1) un travail de
proprioception (une à deux fois par semaine) ; 2) un travail de mobilité articulaire quotidien d’une
quinzaine de minutes ; 3) un travail de renforcement spécifique des pieds pour qu’ils encaissent mieux
la charge et pour améliorer la stabilité ; et, 4) un travail de la foulée (principalement des gammes).
J’avais complètement délaissé ce dernier point pendant quelque temps par manque d’envie mais il est
plus que nécessaire afin de travailler la proprioception, l’économie de course et éviter d’absorber à
chaque impact. Pour ce qui est de la prévention passive je m’appuie principalement sur une bonne
paire d’orthèses plantaires et un suivi régulier d’ostéopathie après chaque gros pic de charge (trois à
quatre fois par an).

6
Le deuxième volet passe par une bonne récupération qui commence par l’adaptation de son mode
de vie. Malheureusement, prendre le temps de bien récupérer nécessite une bonne motivation autant
dire que tout dépend du moment de l’année et de la présence ou non d’un objectif. Alimentation et
sommeil sont les deux pierres angulaires du travail de fond. Transformer son alimentation nécessite
de diminuer drastiquement les apports en acides gras saturés, en sucre rapide (sauf pendant certains
entrainements/compétitions), en alcool et en café. A l’inverse, il faut augmenter significativement
les apports en anti-oxydants, micronutriments et vitamines. Depuis quelques mois, j’ai introduit une
boisson de récupération maison juste après les entrainements durs. Elle est constitutée d’une base de
protéines en poudre, de vitamine c (jus de citron), d’anti-oxydant (myrtille ou jus de raisin) diluée
dans de la St-Yorre, ou équivalent, pour les apports en minéraux. Enfin, augmenter significativement
le volume d’entrainement en course à pied semble accroître sensiblement la pression sur les stocks de
fer de l’organisme. La gestion du fer a été mon seul problème lié à mon alimentation, j’ai découvert
un effondrement de mes stocks un peu avant le départ. Augmenter les apports pendant la préparation
semble être une piste intéressante pour éviter d’avoir à rattraper le manque au dernier moment.
Le nerf de la guerre reste le sommeil, l’augmentation du sommeil doit être linéaire en fonction de la
distance courue [1]. A titre d’exemple, par rapport à mon volume il aurait fallu compter entre 8h30 à
9h par nuit et introduire des siestes les jours d’entrainement bi-quotidien. En pratique, c’est la partie la
plus difficile à bien gérer. Sauf pendant les vacances, je n’arrive que très rarement à faire des (µ)siestes
dans la journée, la vie va juste trop vite. Le sommeil est bien moins réparateur que sur le bivouac du
MDS à cause de la tension permanente et des travaux de recherche qui tendent à hanter les nuits. Une
piste d’amélioration serait d’introduire de la méditation/cohérence cardiaque 5 couplées à une routine
d’endormissement.
Outre ce travail de fond, j’ai ajouté de la récupération active avec deux à trois séances de sauna les
bonnes semaines 6 Enfin, j’ai commencé à intégrer des auto-massages (avec rouleau ou balle de massage)
lors des pics de volumes (Week-end/semaine choc) ou lors d’apparition de douleurs ou de contractures.
L’objectif est de tenir le plan (ou une version allégée) et d’éviter au maximum les contractures mus-
culaire et la compensation posturale pour prévenir l’apparition de troubles liés à une évolution de la
dynamique du corps. Par exemple, cela peut être une sur sollicitation d’un tendon ou une rotule qui
n’est plus parfaitement dans l’axe.

2.2.3 Gestion des traumas


Malgré tout, les bobos arrivent (trop) vite. Pris en main tôt, la majorité d’entre eux ne nécessite
pas d’arrêter l’entraînement, juste de l’adapter pour quelque temps, tout en évitant l’installation de
problèmes chroniques. Quelques petites astuces permettent de stabiliser les bobos : la compression
musculaire (notamment au niveau des mollets) ; la pose de tape 7 [2] permettant de réduire temporai-
rement les contraintes sur une zone tout en augmentant légèrement la circulation du sang en surface ;
ainsi que l’application d’un mélange d’huiles-essentielles [3] ou de baume du tigre. Dans certains cas,
l’application de froid permet de faire disparaître l’inflammation. Par contre, ces astuces pour durer
ne permettent pas de traiter à elles seules la cause du problème : sur-solicitation, mauvaise posture,
asymétrie musculaire, … Pour moi, toute douleur inconnue et persistante (plus de deux-trois jours)
entraine un passage soit chez un kiné du sport soit chez un médecin du sport.
5. Sachant que cela influe aussi sur la variabilité du rythme cardiaque, ce qui est très bon pour la course.
6. Je ne fais pas de cryothérapie à cause du coût démesuré des séances. Le mieux serait d’avoir une cuve ou un bassin
d’eau froide (glacée) pas très loin du sauna pour pouvoir faire une vraie séance en alternant les deux. En montagne, je
profite des ruisseaux et en bord de mer, de la mer surtout l’hiver.
7. Le taping ou tape est une méthode de contention souple permettant d’atténuer gènes fonctionnelles ou douleurs.

7
3 Préparation mentale
J’ai négligé ma préparation mentale par rapport au reste. Par flemme d’une part, et en partant du
principe, que le corps et la logistique avaient toujours été les facteurs limitants sur les précédentes
épreuves. J’ai juste fait quelques exercices très simples de visualisation mentale sur la fin. J’ai aussi
introduit quelques séances en intérieur pour travailler la résistance mentale : une à deux séances
hebdomadaires sur tapis et du vélo en intérieur. Sans musique, sans écran et sans discuter avec des
gens : c’est (très) long ….. Mais bon, ça marche.
Souvent dans l’utra-endurance, il est considéré que le physique compte pour 15/20% (un chiffre ar-
bitraire variant selon les “sources”) et le mental pour le reste. Je trouve cette approche réductrice.
Certes sur une course donnée cette affirmation peut semblait vraie mais la gestion mentale doit se
faire en étroite collaboration avec le corps, il faut traiter la douleur comme une information utile, en
tenir compte et ne pas juste l’ignorer, savoir si oui ou non, passer outre est une option. Quelles seront
les conséquences : avoir une douleur proche d’une articulation et avoir des ampoules (non infectées)
n’ont pas du tout la même importance. Pour ce qui est de l’ennui, des pensées négatives, des douleurs
musculaires classiques et autres, les passer à la déchiqueteuse.
En pratique, le MDS est ma première course où le mental a été aussi présent, aucun moment de
démotivation, pas de célèbre question “mais qu’est ce que je fais dans cette galère” et “plus jamais ça”.
Seulement des moments un peu longs en fin de nuit sur la longue où il n’y a qu’une seule chose en tête
arriver le plus vite possible et une petite inquiétude : mon corps va-t-il tenir ? J’ai couru tout le MDS
sur un petit nuage, complètement immergé dans le désert sans pensée parasite.

4 Aguerrissement
Sur le MDS, les frictions principales exercées par le milieu extérieur sont de deux natures différentes :
— celles venant du désert : chaleur, sable et pierre
— celles venant de la nature d’une course à étapes sur 6 jours, à savoir : durée, vie en bivouac et
poids du sac
Tout l’objectif est de s’y préparer tant physiquement, que mentalement (savoir que l’on peut le faire),
que techniquement (disposer du matériel et du savoir faire) pour limiter au maximum le coût de
l’adaptation au milieu. Ma préparation a été relativement limitée et très spécifique au désert. Cela
fait près de cinq ans que je pratique la randonnée ultra-légère en autonomie alimentaire. J’ai juste mis
l’accent sur les spécificités liées au désert, n’y ayant jamais mis les pieds. Pour le reste, j’ai recyclé.

4.0.0.1 Le sable Habituer sa foulée et ses jambes à courir sur du sable est relativement compliqué
en Île de France. Pendant la saison, j’ai entraîné mécaniquement les jambes par du renforcement
spécifique et de la proprioception. Deux mois avant la course, j’ai testé le corps et la technique de
course sur du sable pendant un week-end choc à Arcachon. Le sable de la dune du Pilat porte mieux
que dans le Sahara, le niveau d’humidité et l’absence de quelques centaines de coureur·es labourant
le sol doivent aider. Ce fut un week-end ludique, où le corps a bien tenu et, surtout, les pieds n’ont pas
bronché pendant les sorties longues sachant que je n’avais pas monté de guêtres sur mes chaussures.
Cette escapade a permis de valider la préparation musculaire et la résistance des pieds. Par contre, mon
expérience était clairement insuffisante pour tout ce qui touche à la lecture du terrain, à l’estimation
et la décision de l’itinéraire ““optimal”“. Je n’ai commencé à intégrer les bases qu’au milieu de l’étape
longue, soit après 150km dans le désert.

4.0.0.2 Les pierres Le MDS ne se résume pas à des passages sur sable. Les pierres sont très pré-
sentes sur le parcours : soit éparses sur de longue étendues terreuses ou sablonneuses mais suffisamment
nombreuses pour avoir un caillou sous le pied à chaque pas ce qui devient douloureux à la longue ; soit

8
sous forme de partie vraiment minérale dans les djebels et autres reliefs. Je n’ai mené aucun travail
préparatoire, les calanques et la montagne sont mon terrain de jeu dès que je le peux.

4.0.0.3 La chaleur Dans le désert, il fait chaud mais sec. Dès que la cuisson commence, elle ne
se termine qu’une fois sous la tente : impossible de fuir. Les ressources hydriques sont faibles : une
douzaine de litres sur la journée et pas de douche à l’arrivée pour faire récupérer. Toute la difficulté
est de se préparer un peu au chaud en Ile-de-France en plein hiver. L’objectif étant double : habituer
son corps à suer pour réduire les pertes en minéraux (qui sont le nerf de la guerre dans ces conditions)
et être en capacité de maintenir un rythme soutenu en pleine chaleur.
Pour m’acclimater un peu, j’ai ajouté progressivement des couches sur mes sorties courses sur les six
semaines précédant le départ. L’objectif étant de souffrir de la chaleur même par temps bien froid et
d’habituer son corps à optimiser la gestion de la chaleur. Ce qui permet, par exemple, de réduire les
déperditions en minéraux entrainées par la sudation. Au maximum, j’ai empilé une premier couche de
trail, deux sweats et un coupe vent sur mes footings et sorties longues. A côté, j’ai transformé mes
séances sauna traditionnellement axées sur la récupération en augmentant la durée (2x20/25min au
lieu de 2x15min) et la chaleur (il suffit de refroidir la sonde de température �).
Je n’ai pas travaillé la gestion de course par temps chaud, je me suis exclusivement reposé sur l’expé-
rience acquise avec les sorties longues et les randos-courses que je fais chaque année en plein été dans
les calanques ou dans les montagnes corses.

4.0.0.4 Sac Porter son sac sur de longues distances, dans le désert et en courant un peu augmente
sensiblement les contraintes sur le dos et les épaules. Durant toute la préparation, j’ai maintenu un
gros travail d’abdos-gainage, la grimpe s’est chargée de renforcer les épaules. Sur les trois derniers mois,
j’ajoutais un sac lesté (entre 3 et 8kg avec une augmentation progressive) sur certaines séances : soit
des footing d’1h à 1h30 soit en sortie longue en fonction du volume et de la fatigue.

5 Préparer le départ
Les derniers semaines, le volume de la préparation au long cours diminue pour récupérer et laisser
place à la préparation du départ proprement dit. La nourriture et le matériel utilisés sont traités dans
un autre article.

5.1 L’administratif
L’organisation s’occupe de toutes les démarches pour les trajets Paris-Départ. Elle affrète des avions qui
font la liaison entre Roissy-Charles de Gaulle et le départ, ils sont immanquables avec un “Marathon
des Sables” affiché sur les écrans de l’aéroport. Le départ se fait tôt le matin, notre rendez-vous était
fixé vers 6h. L’organisation gère aussi les tracasseries administratives pour entrer sur le territoire. Il
faut juste avoir un passeport à jour et, année de Covid oblige, un pass vaccinal et un test PCR de
moins de 48H. Par contre, il faut prévoir le temps nécessaire pour rassembler les documents médicaux :
le certificat médical fourni par l’organisation et l’électrocardiogramme de repos datant de moins d’un
mois.

5.2 Préparation des pieds


Pour éviter les ampoules, il vaut mieux préparer la peau des pieds avec de la crème tannante le matin
(ou du jus de citron) et de la crème hydratante le soir. Cela doit idéalement s’étendre entre un à trois
mois précédant le départ. Une dizaine de jours avant, il est temps d’enlever les peaux mortes, de couper
proprement les ongles et de supprimer la crème tannante tout en maintenant l’hydratation.

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Un passage chez un·e pédicure peut être une bonne idée. De même, un bilan podologique est intéres-
sant pour vérifier la posture générale, corriger des orthèses ou les changer si elles sont en fin de vie.
Idéalement, il vaut mieux y passer quelques mois avant pour 1) éviter d’accumuler toute la préparation
sur des problèmes posturaux, 2) avoir le temps de tester et de s’habituer au (changement) d’orthèse
s’il y a lieu. Attention : un bon volume de marche est à prévoir sur le MDS, à la louche, au delà du Top
200. Il faut s’habituer (et tester) les semelles dans les chaussures de la course à la fois en courant et
en randonnée. Typiquement, ma semelle droite convient parfaitement en courant mais, en marchant,
il y a un point dur lors du déroulé du pied. Ce qui a entrainé l’apparition d’une énorme ampoule, tous
les jours plus profonde et pleine de sable jusqu’à ce que je supprime la marche au profit de la course
à mi-MDS.
Outre les pieds, il peut être intéressant de laisser pousser la barbe pour ceux qui le peuvent afin d’avoir
moins de surface à protéger du soleil et d’économiser de la crème solaire : du poids en moins, ou pas,
quand on en prend une trop grande…. À l’inverse, raser/épiler les jambes est une option intéressante
si l’on prévoit de poser du tape : sueur, sable, chaleur et poils rendent le tape inutile sur un genou.
En cas de pause du strap, la réflexion est aussi valable mais l’élimination en amont des poils peut être
économisée en emportant une lame de rasoir (3 à 5g) afin de nettoyer la zone à bander.

5.3 Préparation du matériel


Les guêtres sont essentielles pour éviter de vivre un enfer. Pour les poser, il y a deux options : aller
chez un cordonnier de confiance ou les poser soi-même [4]. Pour une tenue optimale, enfin juste pour
qu’elles survivent plus de 48H, il faut les coller et les coudre. Avec un peu de préparation (ou d’aide
sur le camp), perdre ses guêtres n’équivaut pas pour autant à arrêter la course ou à vivre un enfer.
Bon ce sera quand même plus désagréable même sans ampoules, il y aura toujours un petit coussin de
sable dans la chaussure. Dans ce cas, une bonne préparation des pieds prend tout son sens, d’autant
qu’appliquer une crème anti-frottement n’est plus une option. Dans cet autre article je reviens sur les
techniques de réparation des guêtres en course une fois que le mal est fait.
[1] S. Jérôme, La bible du running : Le guide scientifique et pratique pour tous, AMPHORA. Am-
phora, 2015.
[2] C. Geoffroy, Taping et strapping : Tous les montages à connaître de la tête aux pieds. Geoffroy,
2018.
[3] D. Festy and C. Délétraz, Ma bible des huiles essentielles : Guide complet d’aromathérapie.
Éditions Leduc, 2018.
[4] [Online]. Available : http://objectif-mds-2015.over-blog.com/2015/03/les-guetres-part-iii.html.

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