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Introduction

Ce cours d'initiation à la linguistique pour les étudiants en études françaises vise à leur fournir une compréhension des concepts fondamentaux de la linguistique, des méthodes de recherche et des distinctions entre différentes composantes de la discipline. Il aborde des thèmes variés tels que la linguistique historique, la linguistique comparée, et les branches de la linguistique, tout en soulignant la différence entre démarches descriptives et prescriptives. Le document met également en lumière les contributions de pionniers comme Saussure, Jones, Rask et Bopp dans le développement de la linguistique moderne.

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Introduction

Ce cours d'initiation à la linguistique pour les étudiants en études françaises vise à leur fournir une compréhension des concepts fondamentaux de la linguistique, des méthodes de recherche et des distinctions entre différentes composantes de la discipline. Il aborde des thèmes variés tels que la linguistique historique, la linguistique comparée, et les branches de la linguistique, tout en soulignant la différence entre démarches descriptives et prescriptives. Le document met également en lumière les contributions de pionniers comme Saussure, Jones, Rask et Bopp dans le développement de la linguistique moderne.

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Introduction

Ce cours de l’initiation à la linguistique, consacré aux étudiants du semestre 4 de


la filière des « Etudes Françaises », vise à atteindre les objectifs suivants :
- Permettre aux étudiants d’acquérir des connaissances concernant les grandes
lignes de la linguistique et de s’intéresser aux méthodes de cette discipline ;
- Les familiariser avec les concepts et la terminologie de la linguistique ;
- Leur permettre de faire la distinction entre les différentes composantes de base
de la linguistique.
En respectant les objectifs de ce module, les buts précités sont mis en œuvre par les
contenus suivants :
- Langage humain/ Autres langages ;
- Oral/Ecrit ;
- Performance/Compétence ;
- Langue/Parole/Langage
- Axe paradigmatique/ Axe syntagmatique ;
- Forme/ Substance ;
- Signifiant/ Signifié/Signe ;
- Arbitraire du signe ;
- Synchronie et diachronie ;
- Fonctions linguistiques ;
- Récapitulation et exercices d’application.

Ces cours seront développés en semestres 5 et 6 option linguistique, c’est pour


cette raison que nous les avons étalés d’une manière laconique. Notre objectif est
d’initier les étudiants de ce semestre à la linguistique : depuis la linguistique comparative
jusqu’à la grammaire générative et transformationnelle.
Nous consacrons des travaux dirigés après quatre cours magistraux pour vérifier la
maitrise des concepts auprès des étudiants.
Quelques questions se posent aux abords de ce cours :
Comment procède la linguistique ? En quoi la linguistique est-elle une science ? Quels
sont ses objectifs ? Comment se définit son objet d’étude ? Qui est le linguiste ? Celui
qui maîtrise la ou les langue (s) ou celui qui possède un savoir sur les langues et la
fonction du langage ?
Nous faisons tous de la linguistique quand nous nous intéressons à un fait de langue ou
quand nous faisons le contrôle épilinguistique 1 : Mais sommes-nous ainsi des linguistes ?
Suffit-il de soigner quelqu’un pour se dire médecin ? Suffit-il d’écrire un vers pour se
dire poète ? La linguistique est plutôt un parcours qu’un fait isolé.

Objet de la linguistique :
Dans son ouvrage de base Cours de Linguistique Générale, Saussure a essayé de
délimiter l’objet de la linguistique :
Elle doit décrire les langues pour les reconstituer jusqu’à la langue mère.
C’est en quelque sorte le travail de la linguistique historique.
Deuxièmement, la linguistique doit « dégager les lois générales » qui régissent
l’évolution d’une langue donnée et enfin, la linguistique doit « se délimiter et se définir
elle-même ».
Objet de la linguistique avant : (un peu d’histoire)
- Alors qu’auparavant la linguistique était réduite à tout ce qui est grammatical. Le
linguiste avait alors pour tâche de s’occuper du fonctionnement de la langue. On
distinguait les formes correctes de celles qui ne le sont pas.
- Vient après le tour à la philologie qui va s’occuper de l’interprétation et du
commentaire des textes en utilisant l’histoire « des mœurs et des institutions ».
Elle faisait de la linguistique dans la mesure où elle comparait les usages de
langues chez les auteurs.
- Ceci a préparé l’arrivée de la linguistique historique et de la philologie comparée
ou la Grammaire comparée :
« C’est surtout grâce aux travaux de Bopp sur le sanscrit, le germanique, le grec
et le latin dans son livre Système de conjugaison du sanscrit. En effet, il a essayé
d’expliquer une langue par la comparaison avec une autre. C’est la découverte du
sanscrit qui a permis à ce linguiste de fonder une science du langage que l’on
appelle la linguistique historique ou comparative. »
On peut parler, à la suite de Saussure, de Jacob Grimm dans ses travaux sur le germanique
et aussi de Max Muller pour ses Leçons sur la Science du Langage, parus en 1861 en
anglais.
Mais surtout grâce aux travaux d’Auguste Schleicher (linguiste allemand) dans son livre
1
(Linguistique) Relatif aux pratiques langagières et aux discours sur les pratiques langagières.
Abrégé de Grammaire comparée des langues indo-européennes en 1861.
Selon Saussure, tous ces travaux manquaient de rigueur scientifique. Car leur objet n’a pas
été identifié. Bien plus parfois on lit nous dit-il des « bizarreries de la pensée ». La méthode
comparatiste est souvent « erronée » et « loin de la réalité.
La linguistique doit étudier la langue qui ne doit pas se confondre avec langage. La langue
est un « produit social ». Elle relève de ce qui est conventionnel. Elle est acquise et non
naturelle. L’enfant apprend à parler. Car parler ne relève pas de l’instinct selon Saussure.
Les linguistes ne sont pas tous d’accord là-dessus.
Certains disent qu’on aurait pu communiquer avec des gestes ou des dessins au lieu de
parler avec notre appareil vocal. D’autres pensent le contraire. La langue est un moyen de
communication.
C’est quoi la linguistique ?
« La linguistique2 est une discipline scientifique s’intéressant à l’étude du langage. Elle
se distingue de la grammaire, dans la mesure où elle n'est pas prescriptive mais
descriptive. La prescription correspond à la norme, c'est-à-dire ce qui est jugé correct
linguistiquement par les grammairiens. À l'inverse, la linguistique descriptive des
linguistes se contente de décrire la langue telle qu'elle est et non telle qu'elle devrait être
».
Le père fondateur de la linguistique moderne est Louis Ferdinand De Saussure. Christian
Baylon3 (2005) expliquent dans l’introduction de leur ouvrage, que cette discipline a
prêté son vocabulaire à la sociologie, la psychanalyse, l’histoire, et à l’analyse des
mythes. Elle a même touché à la biologie d’un côté, à la critique littéraire et artistiques de
l’autre. Les domaines de recherche de la linguistique sont nombreux, on peut citer à titre
d’exemple :
1. La phonétique,
2. La phonologie,
3. La diglossie,
4. La syntaxe,
5. La sémantique,
6. La pragmatique,
7. L’étymologie,
8. La lexicologie,
2
Le père fondateur de la linguistique moderne est Ferdinand De Saussure (1857-1913)
3
Il est maître de conférences en linguistique générale à l'université Paul-Valéry (Montpellier 3).Il est à la fois
spécialiste de linguistique appliquée à l'enseignement du français et historien de la langue occitane.
9. La lexicographie,
10. La linguistique théorique,
11. La linguistique comparée,
12. La sociolinguistique,
13. La dialectologie,
14. La linguistique descriptive,
15. La psycholinguistique,
16. La typologie des langues,
17. La linguistique informatique,
18. La sémiotique,
19. L’écriture
20. La cohérence du langage naturel

Les branches de la linguistique


Les branches de la linguistique sont :
- La phonétique : étude des sons produits par l'appareil phonatoire ;
- La phonologie : étude des phonèmes d'une langue donnée ;
- La morphologie : étude de la structure interne des mots ;
- La lexicologie : étude du lexique d'une langue donnée ;
- La syntaxe : étude de la combinaison des mots en phrases ;
- La sémantique : étude du sens des mots et des énoncés ;
- La philologie : dans un sens restreint, c’est la science qui étudie les langues du
point de vue de la grammaire, et la grammaire comme un ensemble de normes
dont le but est de faire un usage correct de la langue ;
- La stylistique : étude des procédés du discours dans leur contexte ;
- La rhétorique: est une science qui fait partie de la linguistique. C’est l’art de
bien parler. Elle étudie les figures de style utilisées par un orateur pour
convaincre et persuader l’auditoire.
- La pragmatique : étude des éléments d'énoncé dont le sens n'est perçu qu'en
contexte. Elle tente de décrypter les sens caché derrière un acte langagier (Ducrot
dans Dire et ne pas dire).

Comment travaille le linguiste ? (démarche descriptive et démarche prescriptive)


Les linguistes utilisent une démarche purement descriptive lors de leurs recherches.
Ceux-ci cherchent à décrire la langue telle qu’elle est utilisée et expliquer la nature du
langage, sans porter de jugements. Les dimensions pour décrire la linguistique incluent la
phonétique, la phonologie, la syntaxe, la lexicologie et la sémantique. C’est ce qui est
utilisé pour déterminer les différences entre les accents et dialectes régionaux d’une
même langue. La démarche prescriptive ou normative cherche à décrire comment une
langue doit être utilisée. Cela inclut l’application des règles et conventions linguistiques
et grammaticales pour déterminer si une langue est bien utilisée ou non. La linguistique
prescriptive/normative est la langue qui est enseignée lorsqu’une personne apprend une
langue, c'est considéré comme le «standard» de la langue. La prescription est souvent
appliquée à l’écriture, mais peut aussi être utilisée pour la parole. La linguistique
prescriptive pourrait aussi analyser un accent ou dialecte régional et le comparer à la
langue “standard”, pour déterminer ce que le locuteur fait d’incorrect dans la parole.
Lorsqu’il y a une correction d’un texte écrit, ces corrections sont aussi un exemple de
linguistique prescriptive. Par exemple, avec la phrase «il veux pas que tu va rendre visite
lui», la linguistique descriptive décrira cette phrase avec les sons utilisés, les
terminaisons utilisées, les mots utilisés et la structure de la phrase utilisée. Les
grammairiens descriptifs décriront la démarche mentale lorsqu’une personne a écrit cette
phrase. La linguistique prescriptive aurait plus de jugements, en décrivant qu'il y a
plusieurs erreurs grammaticales et syntaxiques présentes. Les grammairiens prescriptifs
diraient que la phrase est agrammaticale et donneraient probablement la version corrigée
de la phrase «il ne veut pas que tu lui rendes visite». La plus grande différence entre les
deux démarches est que l’une observe une langue de façon objective et sans jugements
pendant que l’autre observe une langue de façon subjective, en déterminant ce qui est
bien écrit ou non.

I. HISTORIQUE DE LA LNGUISTIQUE COMPAREE

La linguistique comparée (ou encore linguistique comparative, linguistique


1
historique ou grammaire comparée) est une discipline de la linguistique qui étudie
l'histoire et l'évolution des langues (prises individuellement) ou des familles de langues.
C'est une discipline éminemment diachronique. La linguistique comparée procède de la
philologie2, terme qui, parfois, doit être compris comme un synonyme bien que les deux
disciplines soient différentes.
La famille indo-européenne4 est une famille de langues parmi d’autres familles
linguistiques, avec par exemple les langues sémitiques5 (arabe, hébreux), les langues
d’Asie, les langues d’Afrique noire… C’est l’une des familles de langues les mieux
connues.
Comme son nom l’indique, la famille des langues indo-européennes regroupe la plupart
des langues parlées aujourd’hui en Europe, mais aussi l’hindi, le persan et le sanskrit, ou
encore des langues mortes comme le latin ou le hittite.

Pour classer ces langues dans un même groupe, on se base sur leurs similarités
concernant des mots du langage courant. Par exemple « mère » se dit «
mother » en anglais, « mutter » en allemand, « mater » en latin, mais
également « madar » en persan et « matr » en sanskrit.

A. Les fondateurs de la grammaire comparée


1. William Jones (linguiste)6
William Jones, anglais, était parti en Inde étudier le sanskrit. Le 2 février 1786, il fait
une conférence à Calcutta. Il part d’un constat : la beauté du sanskrit, et remarque
plusieurs affinités entre le sanskrit, le grec et le latin (formes verbales, déclinaisons…)
qui sont trop nombreuses pour être dues au hasard. Il formule alors l’hypothèse d’une «
source commune qui peut-être n’existe plus ». Il remarque même des ressemblances
avec le gotique, le celtique et le persan. De plus, il note des ressemblances entre le
polythéisme de l’indo- européen et le polythéisme grec. C’est pourquoi il oriente sa
recherche de manière à vérifier cette origine commune entre plusieurs langues
éloignées dans le temps et dans l’espace.

2. Rasmus Rask
Rasmus Rask, danois, publie en 1818 un ouvrage qui met en avant les différences entre
les structures (langues slaves, germaniques, latines et grecques). Il envisage aussi

4
La famille des langues indo-européennes est généralement subdivisée en huit branches : l'albanais ;l'arménien ;
les langues balto-slaves ; les langues celtiques ;les langues germaniques ; les langues helléniques ; les langues
indo-iraniennes ; les langues romanes (italiques).
5
Les langues sémitiques sont un groupe de langues parlées dès l'Antiquité au Moyen-Orient, en Afrique du
Nord et dans la Corne de l'Afrique. Elles forment l'une des branches de la famille des langues chamito-
sémitiques — dites aussi afro-asiatiques ou afrasiennes répandues de la moitié nord de l'Afrique jusqu'au
Moyen-Orient.
6
Né à Londres le 28 septembre 1746 et mort à Calcutta (Inde) le 27 avril 1794, est un orientaliste et linguiste,
fondateur en 1784 de la Société asiatique du Bengale, une des premières associations consacrées à l'étude
scientifique des civilisations et langues orientales.
l’hypothèse d’une langue commune (qu’il appelle le « vieux thrace ») très ancienne
qui aurait disparu. Il complète les liens entre le vieux thrace et sept branches : l’indien,
l’iranien, le thrace (= latin + grec), le sarmate (langues slaves), le gotique (langues
germaniques), le celtique et l’albanais. Il met en évidence deux points :
 la régularité des phénomènes phonétiques ( lois phonétiques)
 la rigueur de sa méthode scientifique : il effectue, dans sa méthode de
comparaison, un travail beaucoup plus exigeant que ce qui était fait auparavant.

3. Franz Bopp7
Franz Bopp a été le premier à avoir « retiré des rapprochements du sanskrit avec les
langues d’Europe un ensemble de doctrines » (citation de A. Meillet).
De 1816 à 1849, il publie beaucoup de mémoires. Il publie sa première grammaire
comparée en 1849. Il y compare neuf langues : le sanskrit, l’avestique (persane), le grec,
le latin, le lituanien, le gotique8, l’allemand, l’arménien et l’albanais. C’est une
grammaire qui met l’accent sur la morphologie (déclinaisons, formes verbales, …) et non
pas sur la syntaxe ni la phonétique. Il est le premier à avoir fait une sorte de
rassemblement global.

7
Est un philologue et linguiste allemand.
8
Le gotique est une langue morte, parlée par les Goths dans l'Antiquité tardive et le haut Moyen Âge. Elle
appartient à la branche germanique de la famille des langues indo-européennes.

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