CHAPITRE 2 : LES MENAGES ET LA CONSOMMATION
INTRODUCTION
La consommation s’est beaucoup développée depuis les années 1950 et sa nature même a
évolué. Ainsi, on assiste à une diversification de l’offre et de la demande, on parle de
croissance verticale et d’extension horizontale.
Les ménages consomment pour satisfaire leurs besoins ; ceux-ci d’après Maslow, peuvent être
de différents types : besoins physiologiques, de sécurité, d’appartenance à un groupe, d’estime
et d’appartenances personnelles. En fait, un bien peut regrouper plusieurs de ces fonctions ; il
aura une fonction d’usage et une fonction symbolique (motifs conscients et inconscients de
consommation).
SECTION I : DEFINITIONS ET DIFFERENTES FORMES DE CONSOMMETION
I- Définitions
La consommation peut-être définie de deux manières :
Consommer, c’est l’acte d’utiliser un bien ou un service dans le but de satisfaire un
besoin ;
Consommer, c’est détruire immédiatement ou progressivement un bien ou un service
dans le but de satisfaire un besoin.
La consommation est donc motivée par les besoins qu’un individu cherche à satisfaire à
l’aide d’un bien ou d’un service prévu à cet effet.
La consommation d’aujourd’hui implique le plus souvent un acte d’achat préalable, donc
de dépense.
II- Différentes formes de consommation
La consommation finale, qui est uniquement le fait des ménages, sert directement
à la satisfaction d’un besoin ;
La consommation intermédiaire, est du ressort des entreprises. Il s’agit des
d’achats des biens et services consommés au cours du processus de production ;
La consommation individuelle : le bien ou service consommé est effectué par un
seul individu. Il s’agit d’achat de biens et services destinés à la satisfaction directe
des besoins individuels. La consommation individuelle implique aussi
1
l’autoconsommation, c’est-à-dire l’utilisation des produits qui proviennent du
jardin familial ou le logement dont on est propriétaire.
SECTION II : LA FONCTION DE CONSOMMATION
On appelle fonction de consommation d’un agent économique la relation qui s’établie entre
sa consommation et son revenu de telle sorte que : C=f ( R )
I- MECANISME DE LA CONSOMMATION
A-/ L’analyse en termes de satisfaction
En général, la consommation établie un simple ordre de préférences entre les biens et les
combinaisons de biens. Si le consommateur retire plus d’utilité d’un bien X à un bien Y, on
dit qu’il préfère X à Y.
1- La notion de courbe d’indifférence du consommateur
Supposons que les achats du consommateur se limitent à deux biens X et Y. Du fait qu’il
effectue ses choix en fonction de l’utilité de biens, sa fonction d’utilité U sera de la forme :
U =f ( X ;Y ).
Cette fonction signifie qu’il combine les biens X et Y pour obtenir une satisfaction donnée.
La courbe d’indifférence du consommateur est le lien géométrique de toutes les
combinaisons des biens X et Y qui procurent au consommateur le même niveau de
satisfaction.
Propriétés des courbes d’indifférence du consommateur.
Elle est convexe vers l’origine ;
Elle est décroissante traduisant ainsi le caractère substituable des deux biens ;
Une courbe d’indifférence placée au-dessus d’une autre procure une satisfaction plus
élevée ;
Deux courbes d’indifférence du consommateur ne peuvent pas se rencontrer sur un
même graphique.
2- La droite de budget
2
Soit R le revenu limité d’un consommateur destiné à se procurer des biens X et Y. Il
dépensera une somme X P x à l’achat du bien X et Y P y à l’achat du bien Y. L’équation de
la droite de budget sera : R=X P x +Y P Y
La droite de budget est un ensemble de combinaisons de deux biens dont la consommation
épuise le revenu d’un agent économique compte tenu des prix respectifs des deux biens.
Application :
Un agent économique dispose d’un revenu de 120 Frs et désire consommer deux biens (le riz
et la viande) représentés par X et Y de prix respectifs 15 Frs et 3.0Frs. Il a le choix entre les
possibilités suivantes :
X 7 4 2 1
Y 1 2 4 7
1) Tracer la courbe d’indifférence de ce consommateur.
2) Déterminer algébriquement sa combinaison optimale.
3) Ecrire et tracer la droite de budget de ce consommateur sur le graphique précédant.
Que constatez-vous ? Comment appelle-t-on ce point?
B-/ L’ANALYSE EN TERMES D’ELASTICITE
1- L’élasticité de la consommation par rapport au prix
C’est un coefficient qui indique comment varie la consommation quand les prix se modifient.
∆c c 1−c
0
c c0
Sa formule est : e c/ p= ou e c/ p=
∆p p1− p 0
p p0
En général, le coefficient est négatif car, à une augmentation des coûts correspond une baisse
de la consommation et inversement.
2- Elasticité de la consommation par rapport au revenu
C’est un coefficient qui indique comment varie la consommation quand le revenu se modifie.
3
∆c c1−c 0
c c0
Sa formule est : e c/ r= ou e c /R =
∆R R1−R 0
R R0
En général, ce coefficient est positif car, quand le revenu augmente, la consommation
augmente elle aussi et inversement en cas de baisse du revenu.
Application 1 :
Soit le tableau suivant retraçant l’évolution du prix de la consommation d’un bien dans une
région donnée.
Prix 200 300 375 425 500
consommation 1500 1400 1150 1000 825
Travail à faire :
Calculer l ' e c/ p :
- Lorsque le prix passe de 300 à 425 ;
- Lorsque le prix passe de 500 à 375.
Application 2 :
Soit le tableau suivant retraçant l’évolution des prix et du revenu d’un agent économique.
Consommation 750 800 825 860 890 905
Revenu 175 000 220 000 250 000 275 000 285 000 305 000
Travail à faire :
Calculer l ' e c/ p :
- Lorsque la consommation passe de 890 à 835 ;
- Lorsque la consommation passe de 800 860.
C-/ ANALYSE EN TERMES DE PROPENSION
Quand un agent économique dispose d’un revenu R, il consomme une partie C et épargne una
autre E ; donc R=C+ E .
4
Pour mesurer cette tendance à transformer son revenu respectivement en consommation et en
épargne, on utilise les propensions.
1- Les propensions moyennes
La propension moyenne à consommer (PMC) indique la proportion du revenu consommé.
C
Sa formule est : PMC=
R
La propension moyenne à épargner (PME) indique la proportion de revenu épargné.
E
Sa formule est : PME=
R
NB : la propension moyenne à consommer et la propension moyenne à épargner sont égales à
un. (PMC+ MPE=1)
2- Propensions marginales
La propension marginale à consommer (PmC) exprime l’accroissement de la consommation
face à un accroissement au revenu.
∆C C 1−C 0
Sa formule est la suivante : PmC= ⟹ PmC=
∆R R1−R 0
La propension marginale à épargner (PmE) exprime l’accroissement de l’épargne face à un
∆E E1−E 0
accroissement du revenu, sa formule est : P mE= ⟹ PmE=
∆R R1−R 2
NB : PmE + PmC= 1
Application :
Compléter le tableau ci-dessous :
Eléments
Années R C E PMC PME PmC PmE
2008 5000 1500 - -
2009 6000 0,4
2020 7500 0,7
II- LES LOIS DE LA CONSOMMATION
5
1- Le SNOB effet ou effet VEBLEN
VEBLEN a constaté que certains agents économiques augmentaient leur demande lorsque
leurs prix étaient e augmentation. C’est ce qu’il a appelé effet de snobisme ou snob effet.
Les nouveaux riches ont une pareille attitude pour se distinguer des autres.
2- La loi psychologique fondamentale de John MEYNARD KEYNES
D’après KEYNES, l’augmentation du revenu entraine une baisse de la PmC et une
augmentation de PmE. En d’autre terme, au fur et à mesure que le revenu augmente, les
agents économiques épargnent de plus en plus.
3- La loi d’ENGEL
Cet auteur après avoir étudié l’évolution des budgets de consommation des ménages
allemands dès 1857, a abouti aux conclusions suivantes :
- Au fur et à mesure que le revenu s’accroît, les dépenses consacrées à l’alimentation
augmentent moins vite que l’accroissement du revenu ;
- La part de dépenses relatives aux postes habillement, logement, éclairage reste presque
constante quel que soit la variation du revenu.
- Les dépenses correspondantes aux besoins de d’éducation, de loisirs, de santé
augmentent plus vite que l’accroissement du revenu.
4- L’effet crémaillère Ratchet effect
Si le revenu augmente, la consommation augmente elle aussi. Mais le tempérament humain
fait qu’il y’ ait une résistance à la baisse de consommation en cas de baisse de revenu c’est-à-
dire tout agent économique habitué à un certain niveau de consommation va vouloir conserver
ce même niveau de consommation si son revenu baisse. Ce phénomène des habitudes de
consommation est l’effet cliquet.
NB : La consommation incompressible est celle-là qui ne dépend pas du revenu.