1.
Introduction :
Les valeurs des débits retenus lors de l'étude hydrologique doivent être les plus proches de la
réalité pour servir à la conception et le dimensionne ment des ouvrages de drainage. Le choix
du type d'ouvrage de drainage doit être basé sur les caractéristiques hydrauliques de
l'écoulement, sur les caractéristiques mécaniques et topographiques du site et sur les
spécifications routières du projet en question au sein du réseau routier. Les ouvrages
hydrauliques sont soit longitudinaux acheminant les eaux de ruissellement le long de la route,
soit transversaux permettant le franchissement des eaux sous chaussée.
2. Les ouvrage de franchissement :
Le franchissement d'un cours d'eau par une route nécessite l'implantation d'un ouvrage
hydraulique capable d'évacuer les débits de crues aux différents exutoires. Ces ouvrages sont
répartis en deux classes :
- Les ouvrages submersibles (cassis) pour franchir les écoulements faibles et les oueds qui
ont des lits trop larges de hauteur inférieure à 30 cm et qui ne se chargent que pendant les
crues,
- Les ouvrages non submersibles (dalots, buses,…) permettant le franchissement des grands
oueds. Ils doivent être conçus pour permettre le transit des débits de crues sans risque de
déversement sur la route.
Le choix de l'ouvrage dépend des caractéristiques hydrauliques et géométriques du cours d'eau.
Les dimensions données à l'ouvrage dépendent essentiellement des facteurs suivants :
- Débits de crue,
- Morphologie du lit et fonctionnement hydraulique,
- Profil en long de la route au droit du franchissement.
Ainsi, pour un même débit de crue, l'ouverture et le type de structure pourront être très
différents selon que le lit est marqué ou non, qu'il y a possibilité de stockage des pointes de
crue ou non et que la plate‐ forme de la route est proche du terrain naturel ou en grand remblai.
2.1. Dimensionnement des cassis :
Pour calculer la largeur du cassis, on admet que le régime d'écoulement est uniforme sur une
hauteur d'eau maximale de 30cm. On utilise la formule de Manning‐Strickler avec un
2 1
3
coefficient de rugosité K égale à 70 et on écrit : 𝑄 = 𝐾 ∙ 𝑆 ∙ 𝑅ℎ ∙ 𝑖 2
Q : débit de ruissellement à transiter (𝑚3 ⁄𝑠 )
K : coefficient de rugosité de Strickler (K=70)
S : section mouillée (𝑚2 ), (S=L*0,30)
1
L : largeur du lit du cassis
0,30𝐿
Rh : le rayon hydraulique (m), 𝑅ℎ = 𝐿+0,60
i : pente du lit du cassis.
2.2. Dimensionnement des dalots et buses :
On distingue deux méthodes de calcul : le calcul en écoulement uniforme et le calcul en
déversoir auxquelles il faut ajouter le calcul en écoulement uniforme.
a- Calcul en écoulement uniforme : (pour dalots et buses)
Ce calcul est valable dans le cas où l'ouvrage encadre parfaitement un lit bien marqué. On admet
que le régime est uniforme dans l'ouvrage et on utilise la formule de Manninig‐Strickler avec
un coefficient de rugosité K égale à 70 et on écrit :
2 1
𝑄 =𝐾∙𝑆∙ 𝑅ℎ3 ∙ 𝑖2
Q : débit de ruissellement à transiter (𝑚3 ⁄𝑠 )
K : coefficient de rugosité de Strickler (K=70)
S : section mouillée (𝑚2 ),
L : largeur du lit du dalot
𝑹𝒉 : le rayon hydraulique (m)
i : pente du radier du dalot..
b- Calcul en déversoir :
i. Calcul en déversoir pour dalots :
Ce calcul est valable lorsque l'ouvrage ne cadre pas, avec un écoulement peu marqué se faisant
sur une grande largeur et sous une faible lame d'eau. On assimile le dalot à un déversoir à seuil
épais placé à l'aval d'un réservoir.
L’apparition de cette singularité dans l’écoulement fait passer la ligne d’énergie
(𝐸 = ℎ + 𝑣 2⁄2𝑔) par un minimum ou un maximum local (dE/dh = 0) ce qui entraîne
l’apparition d’une section critique qui permet de faire transiter le débit maximal.
𝑄2 ∙𝐿
Le calcul classique en section critique montre que : =1
𝑔∙𝑆 3
Où L est la largeur superficielle de la section et S la section mouillée en prenant :
𝑆 = ℎ𝑐 ∙ 𝐿
𝑄 = 𝑆 ∙ 𝑣𝑐
𝑣𝑐2
On déduit que : ℎ𝑐 = 𝑔
2
𝑣02 𝑣𝑐2
Et en écrivant la loi de Bernouilli : 𝐻 + 2𝑔 = ℎ𝑐 + 2𝑔
𝑣02 3
𝐻+ = ℎ
2𝑔 2 𝑐
3 2
En supposant que 𝑣0 = 0 on peut obtient : 𝐻 = 2 ℎ𝑐 ou ℎ𝑐 = 3 𝐻
et par suite :
3
3 3 2 2 3
𝑄 = 𝑆 ∙ 𝑣𝑐 = ℎ𝑐 ∙ 𝐿 ∙ √ℎ𝑐 ∙ 𝑔 = ℎ𝑐2 ∙ 𝐿. √𝑔 = 𝐿 ∙ 𝐻2 ∙ ( ) √𝑔 = 1,7 ∙ 𝐿 ∙ 𝐻2
3
Ce calcul montre que l’écoulement à l’intérieur du dalot peut être torrentiel (à la limite du
critique), à l’aval le régime d’écoulement redevient fluvial. Ce passage d’un régime à un autre
s’accompagne d’une dissipation d’énergie s’effectuant sous forme de création d’un ressaut qui
peut mettre en péril l’ouvrage si une protection suffisante n’est pas prévue.
Pour tenir compte des pertes de charges dues à l’entonnement dans l’ouvrage on adoptera la
formule :
3
𝑄 = 1,6𝐿 ∙ 𝐻 2
Q : débit de ruissellement à transiter (𝑚3 ⁄𝑠)
L : largeur du lit du dalot
H : la hauteur d'eau à l'amont du dalot.
La vitesse de l'eau dans le dalot est 𝑣 = 2,4√𝐻 .
On étudie la variation de la charge spécifique en fonction du tirant d’eau pour un débit Q
constant :
𝑣2 𝑄3
𝐻𝑠 = 𝑦 + =𝑦+
2𝑔 2𝑔 ∙ 𝑆 2
𝑑𝐻𝑠 𝑄3 𝑑𝑆
=1+ (−2𝑆 −3 )
𝑑𝑦 2𝑔 𝑑𝑦
𝑆=𝐿∙𝑦
𝑑𝑆
=𝐿
𝑑𝑦
𝑑𝐻𝑠 𝑄2 ∙ 𝐿
=1− 3
= 1 − 𝐹𝑟 2
𝑑𝑦 𝑔∙𝑆
Où Fr est le nombre de Froude qui caractérise les écoulements à surface libre.
Calcul en écoulement critique on peut écrire :
3
𝑑𝐻𝑠
=0
𝑑𝑦
1 − 𝐹𝑟 2 = 0
𝐹𝑟 = 1 et 𝑖 = 𝑖𝑐 .
𝑄2 ∙ 𝐿 = 𝑔 ∙ 𝑆 3
4
2
𝐾 ∙𝑆 ∙ 2
𝑅ℎ3 ∙ 𝑖𝑐 ∙ 𝐿 = 𝑔 ∙ 𝑆 3
𝑔∙𝑆
Pente critique : 𝑖𝑐 = 4
𝐾 ∙𝑅ℎ3 ∙𝐿
2
La pente du radier du dalot 𝑖 doit être inférieure à la pente critique 𝑖𝑐 indiquée ci‐dessus.
ii. Calcul en déversoir pour buses :
La théorie de l'écoulement critique corroborée par l'expérience montre que le débit d'une
traversée busée peut être valablement estimé par la formule :
3
Q(m3 ⁄s) = 0,587ϕH2 (𝔉 )
Avec ϕ le diamètre intérieur de la buse en m et H la hauteur de l'eau à l'amont de la buse en
m.
La revanche r à l'intérieur de la buse est sensiblement égale à :
0,415 ϕ pour H = 0.8 ϕ
0,18 ϕ pour H = 1,2 ϕ
Les conditions d'application de la formule (𝔉) sont :
- La charge d'eau H à l'amont de l'ouvrage doit être comprise entre 0,8 ϕ et 1,2 ϕ
- L'écoulement aval de la buse doit être assuré grâce à une pente de fuite suffisante : i > 1,5
% sur une longueur de 20 à 30 m
- La pente i sur la buse doit être supérieure à une pente critique :
1,26 1 H
ic = ∙ 1 ∙ (3,3 + 2)
1000 3 ϕ
ϕ
4
Figure 1 : Débit d'une buse de diamètre ϕ
Les buses sont recommandées lorsque les débits calculés sont compris entre 0,5 et 6 m3 ⁄s et
lorsque le profil en long permet leur calage.
Le diamètre minimum ϕmin d’un passage busé est de 800 mm pour éviter le bouchage par
les transports solides en crue.
3. Les ouvrages longitudinaux :
Les ouvrages longitudinaux permettent de recueillir les eaux de ruissellement de la plate‐forme
et de ses abords immédiats et les acheminer le long de la route vers les différents exutoires. Les
ouvrages longitudinaux sont présentés par les fossés latéraux revêtus ou non de section
triangulaire, trapézoïdale, carré ou circulaire.
La pente des fossés doit être supérieure à 0,2% sans toutefois dépasser les 4%. Quand elles
dépassent cette dernière on doit prévoir des dispositifs dits " brise pentes" en maçonnerie ou en
béton.
Nous définissons deux coefficients pour chaque type de fossé, un coefficient de débit noté 𝐾𝑄
et un coefficient de vitesse noté 𝐾𝑣 . Le concepteur est appelé à vérifier pour le fossé adopté les
deux relations suivantes (Q en 𝑚3 /𝑠, i en % et v en m/s) :
𝑄 𝑣
< 𝐾𝑄 et < 𝐾𝑣
√𝑖 √𝑖
5
Tableau 1 Valeurs de KQ et Kv pour les fossés les plus rencontrés.
Dans le cas où le fossé n'est pas revêtu, la vitesse de l'eau doit être inférieure à la vitesse
d'entraînement des particules des sols. Cette dernière dépend de la granulométrie du sol et de
sa nature, le tableau 1 donne les valeurs de vitesses limites d'eau des particules des sols pour
une hauteur d'eau de 1m.
Tableau 2 : vitesse limite d'entraînement des particules en fonction de la nature du sol
Il y a lieu de minorer ces valeurs de 5% tous les 25cm pour les hauteurs d'eau inférieures à 1m.
6
Le tableau 2 donne les valeurs de 𝑣𝑚𝑎𝑥 en m/s et 𝑄𝑚𝑎𝑥 en 𝑚3 /𝑠 pour les fossés de forme usuelle
les plus rencontrés.
Tableau 3 valeurs de 𝑣𝑚𝑎𝑥 en m/s et 𝑄𝑚𝑎𝑥 en 𝑚3 /𝑠 pour les fossés usuels