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Les Dechets

Le déchet, c’est les autres de Gérard Bertolini explore la nature psychologique et sociologique des déchets, affirmant qu'ils ne sont pas intrinsèquement 'absolus' mais dépendent de perceptions individuelles et sociales. L'ouvrage aborde les processus de discrimination liés aux déchets, leur gestion et l'impact sur les classes sociales, tout en soulignant la nécessité d'une réappropriation communautaire des déchets. À travers une analyse historique et des concepts psychanalytiques, Bertolini démontre que les déchets reflètent des aspects profonds de notre société et de notre identité.

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Le déchet, c’est les autres de Gérard Bertolini explore la nature psychologique et sociologique des déchets, affirmant qu'ils ne sont pas intrinsèquement 'absolus' mais dépendent de perceptions individuelles et sociales. L'ouvrage aborde les processus de discrimination liés aux déchets, leur gestion et l'impact sur les classes sociales, tout en soulignant la nécessité d'une réappropriation communautaire des déchets. À travers une analyse historique et des concepts psychanalytiques, Bertolini démontre que les déchets reflètent des aspects profonds de notre société et de notre identité.

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BELIN Mélanie

TD2 – TP4

Le déchet, c’est les autres


Gérard Bertolini
Le déchet, c’est les autres est un ouvrage montrant que le déchet « absolu » n’existe
pas et qui le traite de manière psychologique et sociologique. Son auteur, Gérard Bertolini est
un économiste et sociologue. Il est aussi membre de l’Université Claude-Bernard-Lyon I mais
surtout directeur de recherche en économie au Laboratoire d'Analyse des Systèmes de Santé
de Villeurbanne. Cet ouvrage s’inscrit dans ses recherches qui ont pour seul objet les déchets.
La question des déchets a pris une place grandissante dans la société, reliant économie,
écologie et santé publique ; ses recherches ont donc naturellement suivi cette évolution. Ce
livre nous montre aussi que les déchets sont « source de psycho-socio-pathologies » et que la
répulsion envers le déchet dépend de l’individu et résulte d’un ordre social et mental. Le
déchet, c’est les autres se décompose en deux grandes parties qui sont abjection, exécration,
répulsion, révulsion et attraction, exhibition, sublimation, vénération, qui décrivent entre
autres les comportements des individus face aux déchets.

Les déchets pris en compte par l’auteur sont les excréments et quelques autres
sécrétions du corps, les ordures ménagères, les déchets industriels ainsi que les cadavres. Le
déchet apparaît aux marges de la ville qui constituent des lieux privilégiés à la fois
d’accumulation des déchets et de vie des marginaux. L’auteur nous explique la place du
déchet au sein de la ville. Il rappelle les codes relatifs aux déchets au fil de l’histoire, comme
l’acceptation des déchets dans les rues du Moyen-Age, la période Haussmannienne qui se
traduit par la propreté, l’élargissement des rues pour faire circuler l’air, où le déchet devient la
« non-ville », mais aussi la période Pasteurienne et le courant Hygiéniste soulignant le risque
sanitaire des déchets.

L’auteur va s’intéresser aux processus d’imposition de la conformité. Il s’efforcera


également à distinguer les différents troubles obsessionnels compulsifs des simples TIC face
aux déchets. Certains individus sont obsédés par ces déchets, cette obsession exprime une
crainte, une anxiété associée à un danger dont la perception par le sujet est hors de proportion
avec la situation et dont il veut se protéger. Le déchet conduit à l’exclusion des plus pauvres
et des classes laborieuses qui sont considérés comme vecteur de maladies. Ces classes sont
alors rejetées en banlieue. L’hygiène devient au fil du temps une hygiène sociale et morale.

Peu à peu, ce qui touche au déchet sera oublié. Les déchets seront enfermés dans des
poubelles puis transportés loin de la ville. L’enlèvement des déchets nécessite alors une
mobilisation de moyens de la part des municipalités.

Au fil des pages, l’auteur nous expose le dégoût pour le déchet, la peur de la
putréfaction, la hantise des épidémies, l’incommodation des odeurs, et consacre une partie de
son ouvrage à la gestion de ces déchets. Cette gestion peut être due à des TOCS (Troubles
Obsessionnels Convulsif de la Santé) relatifs à la propreté du corps, du logement, de la ville,
ou encore aux TOCS d’ordre et de rangement. Il énumère et nous explique les différents
moyens de gestion des déchets comme les collectes sélectives, la mise en décharge,
l’incinération et le traitement des déchets industriels.

Dans la seconde partie du livre, les processus de discrimination et d’exclusion sont


posés. La répulsion envers les déchets peut masquer une attraction réprimée par l’éducation et
le contrôle social, alors qu’une attirance sera interprétée comme une éducation ratée, une
intégration sociale manquée, un mal-être. Pour l’auteur, les personnes atteintes de TOCS, les
boulimiques, exhibitionnistes, scatophiles et scatophages, nécrophiles et nécrophages ou
encore les amasseurs sont des frustrés ou ont des désordres mentaux qui tentent de se délivrer
de leur souffrance à travers la propreté pour les uns ou les déchets pour les autres.

Certains déchets tendent à devenir le non-moi pour ceux qui les rebutent ou au
contraire sont emprunt d’un moi. La réappropriation psychologique des déchets suppose
l’intervention du surmoi qui inhibe certains actes opposés à la conscience et qui produit un
sentiment de culpabilité ou de remords. Le moi et le surmoi peuvent soit se déchirer, soit se
réconcilier. Il faut donc accepter de regarder les déchets en face, car nos déchets sont un
miroir et nous renvoient une image fidèle et sincère de nous-mêmes.

Les individus ont un besoin psychologique et sociologique d’avoir un repoussoir et un


objet de défoulement tel que le déchet. « Si le déchet n’existait pas, il faudrait l’inventer ou
alors ses fonctions se reporteraient sur d’autres objets ou sur des individus». Les individus
n’acceptent pas leur déchet, une fois dans la rue, les déchets sont la propriété de personne, il
est anonyme, personne ne l’assume. Les individus n’acceptent pas non plus les déchets des
autres et refusent l’implantation d’une usine de traitement ou d’une déchetterie près de chez
eux. L’auteur se demande alors comment passer du NIMBY (not in my backyard) au YIMBY
(yes in my backyard). La réappropriation du déchet est nécessaire pour sa gestion. Le passage
du moi au nous suppose donc un esprit communautaire et une solidarité ressentie ; ou alors, il
semble souhaitable de compenser les préjudices subis comme la baisse de la valeur de la
propriété, la pollution et toutes autres nuisances.

Les déchets sont déchets en fonction de l’image qu’on leur donne et dépendent de
l’œil qui regarde. Le statut de déchet dépend de l’état de l’économie, de la technologie, des
facteurs d’organisation, du temps, du moment et aussi de la personne.

Le déchet, c’est les autres est un ouvrage facile à lire et à comprendre. Bien que son
objet principal soit rebuté par notre société, l’auteur captive l’attention à travers des concepts
et notions bien définis, des exemples, des illustrations de ces propos et s’appuie sur d’autres
chercheurs et des psychanalystes tel que Sigmund Freud.

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