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Gradivrt

Ce document est un cours sur les compléments de calcul différentiel, abordant des concepts tels que le gradient, la divergence et le rotationnel dans un espace euclidien orienté. Il inclut des définitions, des énoncés de propriétés, des démonstrations, ainsi que des formules importantes comme celles de Green et Stokes. Destiné principalement aux sciences physiques, il nécessite des connaissances préalables en intégrales multiples et en calcul différentiel.

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Ce document est un cours sur les compléments de calcul différentiel, abordant des concepts tels que le gradient, la divergence et le rotationnel dans un espace euclidien orienté. Il inclut des définitions, des énoncés de propriétés, des démonstrations, ainsi que des formules importantes comme celles de Green et Stokes. Destiné principalement aux sciences physiques, il nécessite des connaissances préalables en intégrales multiples et en calcul différentiel.

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© 2024 - Gérard Lavau - [Link]

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COMPLEMENTS DE CALCUL DIFFERENTIEL

GRADIENT, DIVERGENCE, ROTATIONNEL

Plan
I : Formulaire
1) Définitions
2) Enoncés
3) Preuve par définition intrinsèque des opérateurs différentiels
II : Formes différentielles alternées
1) Formes différentielles alternées
2) Produit (extérieur) de formes différentielles alternées
3) Différentielle (extérieure) des formes différentielles alternées
4) Formules usuelles sur gradient, rotationnel, divergence
5) Intégration de formes différentielles
III : Intégrale le long d'un chemin
1) Enoncé
2) Démonstration
3) Exemples
IV : Formule de Green-Riemann
1) Enoncé
2) Démonstration
3) Exemples
V : Formule de Green-Ostrogradski
1) Enoncé
2) Démonstration
3) Exemples
4) Formule du gradient
5) Formule du rotationnel
6) Laplacien
7) Champ de tenseurs
VI : Formule de Stokes
1) Enoncé
2) Démonstration
3) Exemples
4) Formule de Kelvin
5) Autre formule
VII : Les équations de Maxwell
1) Divergence du champ électrique
2) Divergence du champ magnétique
-1-
3) Rotationnel du champ électique
4) Rotationnel du champ magnétique
VIII : Changement de repères et de variables
1) Coordonnées cylindriques
2) Coordonnées sphériques
3) Cas général
Annexe : Energie potentielle mécanique d'un dipôle magnétique.
Exercices :
1) Enoncés
2) Solutions

Ce chapitre est un approfondissement du chapitre de calcul différentiel L1/[Link] et


L2/[Link], essentiellement destiné aux sciences physiques.
Il est nécessaire d'avoir connaissance du chapitre sur les intégrales multiples L2/[Link].

R3 est muni de sa structure d'espace euclidien orienté. Dans tout ce chapitre, le produit vectoriel de
deux vecteurs u et v est noté u  v, la notation  étant, comme on le verra, réservée à un autre usage.

Dans tout le chapitre, X (ou Y) désigne un champ de vecteurs, i.e. une fonction de R3 dans R3.
L'ensemble de départ R3 est vu comme un espace affine. L'ensemble d'arrivée R3 est vu comme un
espace vectoriel. A chaque point (x, y, z) de l'espace de départ, X associe un vecteur X(x, y, z) de
l'espace d'arrivée.
f ou g est une fonction de R3 dans R, ou champ scalaire. A chaque point (x, y, z) de l'espace de
départ, f associe un scalaire f(x, y, z).
h désigne une fonction de R dans R.
Toutes ces fonctions sont de classe C1 (ou parfois C2).
df désigne la différentielle de f. En tout point A = (x, y, z), dfA est une forme linéaire de l'espace
vectoriel R3 dans R.
dX désigne la différentielle de X. En tout point A = (x, y, z), dXA est un endomorphisme de R3
(souvent noté dX pour alléger les notations, le point A où l'on effectue le calcul étant sous-entendu).
dX* est l'opérateur adjoint de dX, dont la matrice dans une base orthonormée est la transposée de la
matrice de dX (voir le chapitre L2/[Link] pour la notion d'adjoint). Pour tous vecteurs u et
v de R3, dX* vérifie :
<dX(u), v> = <u, dX*(v)>
Plus généralement, pour tout endomorphisme  d'un espace vectoriel euclidien E, son adjoint * est
l'endomorphisme vérifiant :  u  E,  v  E, <(u), v> = <u, *(v)>.

On utilisera fréquemment la notion de produit mixte dans R3 (revoir au besoin cette notion dans le
chapitre L1/[Link]). Pour tous vecteurs u, v, w de R3, le produit mixte est le
déterminant des trois vecteurs dans une base orthonormée directe, et l'on a :
[u, v, w] = <u  v, w> = <u, v  w> = [v, w, u] = – [v, u, w] = etc.

-2-
I : Formulaire

1- Définitions
On peut définir les notions de gradient, divergence et rotationnel aux moyens des composantes dans
R3, ou au moyen de définition purement vectorielles indépendamment de toute base de R3. Cette
dernière façon de procéder permet de définir ces notions dans tout espace euclidien orienté de
dimension 3. Voici ces définitions :

(def.i) Le gradient de f vérifie la relation suivante :


 u  R3, df(u) = <grad(f), u> . Voir L2/[Link].
h
f f f
Dans une base orthonormée donnée, si u a pour composantes  k , on a df(u) = h + k + l et
l x y z
f
x 
on retrouve le fait que grad(f) a pour composantes
f.

y
f 
z 
([Link]) La divergence de X est définie par div(X) = Tr(dX) , où Tr désigne la trace de
l'endomorphisme dX. Vérifions la cohérence de cette définition avec la définition usuelle par
 Xx 
composantes. Si le champ de vecteurs X a pour composantes  Xy  dans une base quelconque, alors
 Xz 
Xx Xx Xx

x y z 
dX est un endomorphisme dont la matrice est J =

Xy Xy Xy 
. On constate que Tr(J) donne

x y z
Xz Xz Xz 

x y z 
bien l'expression de la divergence :
X X X
div(X) = x + y + z
x y z
Le laplacien d'une fonction f de classe C2 est la divergence du gradient : f = div(grad(f)) . Dans
2f 2f 2f
une base orthonormée, son expression est f = + + .
x2 y2 z2

([Link]) On définit le rotationnel de X comme le vecteur tel que :


 u  R3, Rot(X)  u = (dX – dX*)(u)
On rappelle que  désigne ici le produit vectoriel.
Là aussi, la cohérence de cette définition avec la définition par composantes est facile. Dans une
T
base orthonormée directe, dX*, opérateur adjoint de dX, a pour matrice J , et dX – dX* est un

-3-
Xx Xy Xx Xz
 0
y

x z

x 
opérateur antisymétrique de matrice

Xy Xx
– 0
Xy Xz
– 
. Cette matrice, appliquée

x y
Xz Xx Xz Xy
z y


x

z y

z
0

sur un vecteur u, donne bien les composantes de Rot(X)  u, Rot(X) ayant pour composantes
Xz Xy
 y

z 
 Xx Xz
–  .
 z
Xy Xx
x

 x

y 
2- Enoncés
PROPRIETES
On dispose des identités suivantes
a) Rot(grad(f)) = 0
b) div(Rot(X)) = 0
c) grad(fg) = g grad(f) + f grad(g)
d) grad(h o f) = (h' o f) grad(f)
e) grad(<X, Y>) = dX*(Y) + dY*(X)
f) div(fX) = <grad(f), X> + f div(X)
g) div(X  Y) = <Rot(X),Y> – <X, Rot(Y)>
h) Rot(fX) = grad(f)  X + f Rot(X)
i) Rot(X  Y) = (dX(Y) – div(X)Y) – (dY(X) – div(Y)X)
j) Rot(Rot(X)) = grad(div(X)) – X où X désigne le vecteur tel que, pour tout vecteur z,
<X, z> = (<X, z>).

Démonstration :
 Toutes les formules peuvent se montrer en effectuant les calculs composante par composante
dans une base donnée (orthonormée pour le gradient, orthonormée directe pour le rotationnel), en
utilisant les expressions du gradient, de la divergence et du rotationnel à partir des dérivées
partielles des fonctions ou des composantes des champs de vecteurs sur lesquels ils s'appliquent. Ce
calcul, bien que sans difficulté, peut se révéler parfois fastidieux. Voici par exemple la preuve de la
formule g) :
div(X  Y) = <Rot(X),Y> – <X, Rot(Y)>
 
P U
Prenons X de composantes  Q , et Y de composantes  V  dans la base canonique de R3. On a :
 
R W
 QW – RV 
X  Y =  RU – PW 
 PV – QU 
 div(X  Y) =  (QW – RV) +  (RU – PW) +  (PV – QU)
x y z

-4-
Q W R V R U
= W+Q – V–R + U+R
x x x x y y
P W P V Q U
– W–P + V+P – U–Q
y y z z z z
R Q P R Q P
= ( – )U + ( – )V + ( – )W
y z z x x y
W V U W V U
– P( – ) – Q( – ) – R( – )
y z z x x y
et l'on reconnaît <Rot(X),Y> – <X, Rot(Y)>.

3- Preuve par définition intrinsèque des opérateurs différentiels


Les formules peuvent se montrer sans ce recours aux composantes, en utilisant uniquement les
propriétés du produit vectoriel et du produit scalaire, et les définitions intrinsèques du gradient, de la
divergence et du rotationnel indépendamment de toute base. Elles permettent de voir que les notions
introduites s'appliquent à tout espace euclidien orienté de dimension 3.

On aura besoin des propriétés différentielles suivantes :


LEMMES DIFFERENTIELS
(diff.i) Pour tout vecteur u, la différentielle de <X, u> est l'endomorphisme v  <dX(v), u>,
noté <dX, u>.
([Link]) La différentielle de <X, Y> est l'endomorphisme v  <dX(v), Y> + <X, dY(v)>,
noté <dX, Y> + <X, dY>.
([Link]) Pour tout vecteur u, la différentielle de X  u est l'endomorphisme v  dX(v)  u,
noté dX  u.
([Link]) La différentielle de X  Y est l'endomorphisme v  dX(v)  Y + X  dY(v), noté
dX  Y + X  dY.
(diff.v) La différentielle de fg est g df + f dg.
([Link]) La différentielle de h o f est (h' o f) df.
([Link]) La différentielle de fX est l'endomorphisme v  d(fX) = df(v) X + f dX(v), noté
df X + f dX.

Démonstration :
Soit A un point de R3.
 (diff.i) : Quand v tend vers 0, on a :
<X(A + v), u> = <X(A) + dXA(v) + o(v), u>
= <X(A), u> + <dXA(v), u> + o(v)
et la partie linéaire en v du développement limité est <dXA(v), u>. Donc <X, u> est différentiable et
sa différentielle d(<X, u>) est <dX, u>.

 ([Link]) : Quand v tend vers 0, on a :


<X(A + v), Y(A + v)> = <X(A) + dXA(v) + o(v), Y(A) + dYA(v) + o(v)>
= <X(A), Y(A)> + <dXA(v), Y(A)> + <X(A), dYA(v)> + o(v)
et la partie linéaire du développement limité est <dXA(v), Y(A)> + <X(A), dYA(v)>. Donc <X, Y>
est diffrentiable et l'on a : d(<X, Y>) = <dX, Y> + <X, dY>.

 ([Link]) : démonstration identique à (diff.i) en remplaçant produit scalaire par produit vectoriel.
On écrira : d(X  u) = dX  u.
-5-
 ([Link]) : démonstration identique à ([Link]) en remplaçant produit scalaire par produit vectoriel.
On écrira : d(X  Y) = dX  Y + X  dY.

 (diff.v) : Quand v tend vers 0, on a :


(fg)(A + v) = f(A + v)g(A + v)
= (f(A) + dfA(v) + o(v))(g(A) + dgA(v) + o(v))
= f(A)g(A) + dfA(v)g(A) + f(A)dgA(v) + o(v)
= f(A)g(A) + g(A)dfA(v) + f(A)dgA(v) + o(v)
et la partie linéaire du développement limité est g(A)dfA(v) + f(A)dgA(v). Donc fg est différentiable
et d(fg) = g df + f dg.

 ([Link]) : Quand v tend vers 0, on a :


(h o f)(A + v) = h(f(A) + dfA(v) + o(v))
= h(f(A)) + h'(f(A))dfA(v) + o(v)
et la partie linéaire du développement limité est h'(f(A))dfA(v). Donc h o f est différentiable et
d(h o f) = (h' o f) df.

 ([Link]) : Quand v tend vers 0, on a :


f(A + v)X(A + v) = (f(A) + dfA(v) + o(v))(X(A) + dXA(v) + o(v))
= f(A)X(A) + dfA(v)X(A) + f(A)dXA(v) + o(v)
et la partie linéaire du développement limité est dfA(v)X(A) + f(A)dXA(v). Donc fX est différentiable
et d(fX) = df X + f dX.

On utilisera aussi les propriétés suivantes d'algèbre linéaire :


LEMMES LINEAIRES
(lin.i) Soit  un endomorphisme de R3. Alors, pour tous vecteurs u, v, w, on a :
det((u), v, w) + det(u, (v), w) + det(u, v, (w)) = Tr() det(u, v, w)
où Tr() est la trace de .
([Link]) Pour tous vecteurs u et v, la trace de l'opérateur  : w  <u, w>v est <u, v>.
([Link]) Soit  un endomorphisme de R3, et  le vecteur associé tel que :
 w  R3, ( – *)(w) =   w
Alors, pour tout vecteur u, l'endomorphisme w  (w)  u admet pour trace <, u>.
([Link]) Pour tous vecteurs u et v, l'adjoint de l'endomorphisme w  <u, w> v est
l'endomorphisme z  <v, z> u.
(lin.v) Pour tous vecteurs u et v, l'endomorphisme  : w  <u, w> v – <v, w> u est
antisymétrique et le vecteur  associé est u  v.
([Link]) Pour tout endomorphisme  et tout vecteur u, l'adjoint de l'endomorphisme
w  (w)  u est l'endomorphisme v  *(u  v).
([Link]) Pour tout endomorphisme  de R3 et tout vecteur u, l'endomorphisme
w  (w)  u – *(u  w) est un endomorphisme antisymétrique, et le vecteur  associé est
(u) – Tr()u.

Démonstration :

-6-
 (lin.i) : On remarque que le membre de gauche est une forme trilinéaire alternée, donc est
proportionnelle au déterminant. Pour vérifier que le coefficient de proportionnalité est Tr(),
prendre pour (u, v, w) la base canonique de R3 et une matrice de .
La propriété que l'on vient de montrer est d'ailleurs valide en toute dimension finie,
indépendamment de la base où s'effectue le calcul du déterminant : voir la notion de trace dans le
chapitre L1/[Link].

 ([Link]) : Cette propriété est vraie dans un espace euclidien de dimension quelconque. Si (e1, ...,
en) est une base orthonormée, la trace de  vaut :
n n
Tr() =  <(ei), ei> =  <u, ei><v, ei> = <u, v>
i=1 i=1

 ([Link]) :  existe et est unique car  – * est un opérateur antisymétrique de R3 (voir la notion
d'endomorphisme antisymétrique dans le chapitre L2/[Link]).
Pour tous vecteurs u et v, considérons l'endomorphisme (.)  (u  v) défini par :
w  (w)  (u  v) = <(w), v> u – <(w), u> v
d'après la formule du double produit vectoriel.
Voir le chapitre L1/[Link]
= <w, *(v)> u – <w, *(u)> v
d'après la définition de l'adjoint
D'après ([Link]), cet endomorphisme a pour trace :
<u, *(v)> – <v, *(u)> = <(u), v> – <*(u), v> = <( – *)(u), v>
= <  u, v> = [, u, v] = <, u  v>
On a ainsi montré que Tr((.)  (u  v)) = <, u  v>. Mais u  v décrit tous les vecteurs de R3
quand u et v varient. Donc, remplaçant u  v par u, on conclut que Tr((.)  u) = <, u>.

 ([Link]) : Il suffit de remarquer que, pour tous vecteurs w et z :


<<u, w> v, z> = <u, w> <v, z> = <<v, z> u, w>

 (lin.v) : Pour tous vecteurs w et z, on a :


<(w), z> = <<u, w> v – <v, w> u, z>
= <u, w><v, z> – <v, w><u, z>
= <w, <v, z> u – <u, z> v>
= – <w, (z)>
Donc  est antisymétrique. On aurait pu dire aussi directement que  est la différence entre
l'endomorphisme de ([Link]) et son adjoint, donc est antisymétrique.
Par ailleurs, on reconnaît dans l'expression de (w) un double produit vectoriel (voir
L1/[Link]):
(w) = (u  v)  w =   w

 ([Link]) : Pour tous vecteurs v et w, on a :


<(w)  u, v> = [(w), u, v] = <(w), u  v> = <w, *(u  v)>
On écrira que l'adjoint de   u est *(u  .).

-7-
 ([Link]) : L'endomorphisme w  (w)  u – *(u  w) est antisymétrique d'après ([Link]),
puisqu'on effectue la différence entre l'endomorphisme w  (w)  u et son adjoint. Pour montrer
que  = (u) – Tr()u, il reste à vérifier que, pour tout vecteur w :
(w)  u – *(u  w) = ((u) – Tr()u)  w
ou que, pour tout w et z :
<(w)  u – *(u  w), z> = <((u) – Tr()u)  w, z>
 <(w)  u, z> – <*(u  w), z> = <(u)  w, z> – <Tr()u  w, z>
 <(w)  u, z> – <u  w, (z)> = <(u)  w, z> – <Tr()u  w, z>
 Tr()<u  w, z> = <(u)  w, z> – <(w)  u, z> + <u  w, (z)>
 Tr() [u, w, z] = [(u), w, z] – [(w), u, z] + [u, w, (z)]
 Tr() [u, w, z] = [(u), w, z] + [u, (w), z] + [u, w, (z)]
qui est bien vrai d'après (lin.i).

On peut maintenant procéder aux démonstrations des énoncés du formulaire. Celles-ci sont plus
abstraites que les simples dérivations termes à termes mais constituent un bon entraînement à la
maîtrise des outils différentiels.

a) Preuve de Rot(grad(f)) = 0 :
Pour tout vecteur u et v, on a, d'après ([Link]) :
<Rot(X)  u, v> = <(dX – dX*)(u), v>
= <dX(u), v> – <dX*(u), v>
= <dX(u), v> – <dX(v), u>
Or, d'après (diff.i), <dX(u), v> = d(<X, v>)(u) et <dX(v), u> = d(<X, u>)(v). Donc :
<Rot(X)  u, v> = d(<X, v>)(u) – d(<X, u>)(v)
Remplaçant X par grad(f). On a :
<X, v> = <grad(f), v> = df(v)
et <X, u> = df(u)
donc <Rot(X)  u, v> = d(df(v))(u) – d(df(u))(v)
Ci-dessus, df(v) est la dérivée de f selon le vecteur v (voir L2/[Link]) :
df(v) = Dvf
et d(df(v))(u) est la dérivée de df(v) (ou de Dvf) selon le vecteur u :
d(df(v))(u) = Du(Dvf) = (Du o Dv)(f)
L'application (u, v)  d(df(v))(u) = (Du o Dv)(f) est bilinéaire. On la note d2f et on l'appelle
différentielle seconde de f. Si f est C2, le théorème de Schwarz énonce que Du o Dv = Dv o Du, donc
d2f est un opérateur symétrique :
d2f(u, v) = (Du o Dv)(f) = (Dv o Du)(f) = d2f(v, u)
Donc :
 u,  v, <Rot(grad(f))  u, v> = d2f(u, v) – d2f(v, u) = 0
  u, Rot(grad(f))  u = 0
 Rot(grad(f)) = 0

b) Preuve de div(Rot(X)) = 0 :
Pour tout vecteur u, Rot(X)  u = (dX – dX*)(u). Donc, pour tous vecteurs u et v :
<Rot(X)  u, v> = <(dX – dX*)(u), v> = <dX(u), v> – <u, dX(v)>
Différentions cette relation. Pour tous vecteurs u, v, w, d'une part, sur le membre de gauche :
d(<Rot(X)  u, v>)(w) = d(<Rot(X), u  v>)(w)
= <d(Rot(X))(w), u  v> d'après (diff.i)
-8-
= [d(Rot(X))(w), u, v]
D'autre part, sur le membre de droite :
d(<dX(u), v> – <u, dX(v)>)(w) = <d(dX(u))(w), v> – <u, d(dX(v))(w)> d'après (diff.i)
= <d2X(w, u), v> – <u, d2X(w, v)>
en considérant la différentielle seconde du champ X, qu'on peut définir de la même façon que la
différentielle seconde d'une fonction f : d2X(w, u) = d(dX(u))(w) = (Dw o Du)(X).
d2X est symétrique, là aussi grâce au théorème de Schwarz. L'ordre de ses deux vecteurs paramètres
est donc quelconque. Donc d2X(w, v) = d2X(v, w) et :
[d(Rot(X))(w), u, v] = <d2X(w, u), v> – <d2X(v, w), u>
On a écrit le membre de droite de façon à faire apparaître une permutation circulaire des trois
vecteurs (w, u, v). En particulier, on obtient une somme nulle par addition de trois termes de cette
forme :
(<d2X(w, u), v> – <d2X(v, w), u>) + (<d2X(v, w), u> – <d2X(u, v), w>)
+ (<d2X(u, v), w> – <d2X(w, u), v>) = 0
 [d(Rot(X))(w), u, v] + [d(Rot(X))(v), w, u] + [d(Rot(X))(u), v, w] = 0
 [d(Rot(X))(w), u, v] + [w, d(Rot(X))(u), v] + [w, u, d(Rot(X))(v)] = 0
 Tr(d(Rot(X))) [w, u, v] = 0 d'après (lin.i)
donc Tr(d(Rot(X))) = 0 en simplifiant après un choix de [w, u, v] non nul
donc div(Rot(X)) = 0 d'après ([Link])

c) Preuve de grad(fg) = g grad(f) + f grad(g) :


D'après (diff.v), d(fg) = g df + f dg.
Donc, pour tout vecteur u, en utilisant (def.i) :
<grad(fg), u> = d(fg)(u) = g df(u) + f dg(u) = g <grad(f), u> + f <grad(g), u>
= <g grad(f) + f grad(g), u>
donc grad(fg) = g grad(f) + f grad(g).

d) Preuve de grad(h o f) = (h' o f) grad(f) :


D'après ([Link]), d(h o f) = (h' o f) df.
Donc, pour tout vecteur u, en utilisant (def.i) :
<grad(h o f), u> = d(h o f)(u) = (h' o f) df(u) = (h' o f) <grad(f), u>
= <(h' o f) grad(f), u>
donc grad(h o f) = (h' o f) grad(f)

e) Preuve de grad(<X, Y>) = dX*(Y) + dY*(X) :


D'après ([Link]), d(<X, Y>) = <dX, Y> + <X, dY>.
Donc, pour tout vecteur u, en utilisant (def.i) :
<grad(<X, Y>), u> = d(<X, Y>)(u) = <dX(u), Y> + <X, dY(u)>
= <u, dX*(Y)> + <dY*(X), u>
d'après la définition de l'adjoint
= <dX*(Y) + dY*(X), u>
donc grad(<X, Y>) = dX*(Y) + dY*(X)
On peut aussi écrire :
3
grad(<X, Y> = grad( XjYj) en notant Xj les composantes de X dans une base
j=1

orthonormée , et de même pour Y

-9-
3
=  grad(XjYj)
j=1

3
=  Yj grad(Xj) + Xj grad(Yj) d'après le c)
j=1

= dX*(Y) + dY*(X) car les colonnes de la matrice de dX* sont les grad(Xj)

f) Preuve de div(fX) = <grad(f), X> + f div(X) :


D'après ([Link]), d(fX) = df X + f dX.
Donc, d'après ([Link]) :
div(fX) = Tr(d(fX)) = Tr(df X + f dX)
= Tr(df X) + Tr(f dX)
= Tr(<grad(f), . >X) + f Tr(dX)
où <grad(f), . > est l'opérateur u  <grad(f), u> = df(u)
de sorte que <grad(f), . > = df
= <grad(f), X> + f div(X)
d'après ([Link]) pour le premier terme, et ([Link]) pour le second terme.

g) Preuve de div(X  Y) = <Rot(X), Y> – <X, Rot(Y)> :


D'après ([Link]) :
d(X  Y) = dX  Y + X  dY
On prend la trace :
div(X  Y) = Tr(d(X  Y))
= Tr(dX  Y) + Tr(X  dY)
= Tr(dX  Y) – Tr(dY  X)
D'après ([Link]), Tr(dX  Y) = <, Y> où  est le vecteur associé à l'opérateur antisymétrique
dX – dX*. Ce vecteur est précisément Rot(X). Donc Tr(dX  Y) = <Rot(X), Y>. On obtient bien :
div(X  Y) = <Rot(X), Y> – <X, Rot(Y)>

h) Preuve de Rot(fX) = grad(f)  X + f Rot(X) :
D'après ([Link]) :
d(fX) = df X + f dX = <grad(f), .> X + f dX avec la même convention de notation qu'en f)
On prend l'adjoint, en utilisant ([Link]) :
d(fX)* = <X, .> grad(f) + f dX*
On fait la différence, ce qui donne :
d(fX) – d(fX)* = <grad(f), .> X + f dX – <X, .> grad(f) – f dX*
= <grad(f), .> X – <X, .> grad(f) + f (dX – dX*)
Les trois opérateurs d(fX) – d(fX)*, <grad(f), .> X – <X, .> grad(f) et dX – dX* sont tous
antisymétriques et leur vecteur  associé respectif est Rot(fX), grad(f)  X et Rot(X). (Pour le
deuxième opérateur, on applique (lin.v)). On a donc :
Rot(fX) = grad(f)  X + f Rot(X)

i) Preuve de Rot(X  Y) = (dX(Y) – div(X)Y) – (dY(X) – div(Y)X) :


D'après ([Link]), on a :
d(X  Y) = dX  Y + X  dY = dX  Y – dY  X
On passe aux adjoints, en utilisant ([Link]) :
d(X  Y)* = dX*(Y  .) – dY*(X  .)
- 10 -
On fait la différence :
d(X  Y) – d(X  Y)* = dX  Y – dX*(Y  .) – dY  X + dY*(X  .)
Pour conclure, il suffit de remarquer que d(X  Y) – d(X  Y)*, dX  Y – dX*(Y  .) et
– dY  X + dY*(X  .) sont trois opérateurs antisymétriques, et que leur vecteur  respectivement
associé est Rot(X  Y), dX(Y) – Tr(dX)Y ou bien dX(Y) – div(X)Y, et – dY(X) + Tr(Y)X ou bien
– dY(X) + div(Y)X. On utilise ([Link]) pour traiter les deux endomorphismes du membre de droite.

j) Preuve de Rot(Rot(X)) = grad(div(X)) – X :


L'existence d'un vecteur X tel que, pour tout vecteur z, on a <X, z> = (<X, z>) provient du fait
que, en tout point A de R3, l'application z  (<X, z>)A est une forme linéaire, donc résulte du
produit scalaire de z par un vecteur XA. Pour tout A, on a donc : <XA, z> = (<X, z>)A. D'où la
relation <X, z> = (<X, z>).
P
Si X =  Q  et si (i, j, k) est léa base canonique de R3, alors P = <X, i>, donc :
R
P = (<X, i>) = <X, i>
Q = (<X, j>) = <X, j>
R = (<X, k>) = <X, k>
 P 
Il en résulte que X =  Q . Autrement dit, les composantes de X sont les laplaciens des
 R 
composantes de X.

Pour tous vecteurs u et v :


<Rot(X), u  v> = <Rot(X)  u, v>
= <dX(u) – dX*(u), v> d'après ([Link])
= <dX(u), v> – <u, dX(v)>
Différentions les deux membres, en utilisant (diff.i). Pour tout vecteur w :
<d(Rot(X))(w), u  v> = <d(dX(u))(w), v> – <u, d(dX(v))(w)>
= <d2X(w, u), v> – <d2X(w, v), u>
et aussi = <w, d(Rot(X))*(u  v)> par définition de l'adjoint
Remplaçons w par un produit vectoriel z  w :
<d(Rot(X))(z  w), u  v> = <d2X(z  w, u), v> – <d2X(z  w, v), u>
<d(Rot(X))*(u  v), z  w> = <d2X(z  w, u), v> – <d2X(z  w, v), u>
Permutons u et z d'une part, v et w d'autre part dans la première égalité :
<d(Rot(X))(u  v), z  w> = <d2X(u  v, z), w> – <d2X(u  v, w), z>
Retranchons à cette dernière la deuxiéme égalité :
<d(Rot(X))(u  v) – d(Rot(X))*(u  v), z  w> = <d2X(u  v, z), w> – <d2X(u  v, w), z>
– <d2X(z  w, u), v> + <d2X(z  w, v), u>
 <Rot(Rot(X))  (u  v), z  w> = <d2X(u  v, z), w> – <d2X(u  v, w), z>
– <d2X(z  w, u), v> + <d2X(z  w, v), u>
par définitition du rotationnel
 <Rot(Rot(X)), (u  v)  (z  w)> = <d X(u  v, z), w> – <d2X(u  v, w), z>
2

– <d2X(z  w, u), v> + <d2X(z  w, v), u>


Et en particulier, en prenant z = v :
<Rot(Rot(X)), (u  v)  (v  w)> = <d2X(u  v, v), w> – <d2X(u  v, w), v>
– <d2X(v  w, u), v> + <d2X(v  w, v), u>
- 11 -
Prenons pour (u, v, w) une base orthonormée directe, de sorte que u  v = w, v  w = u, w  u = v.
On obtient :
<Rot(Rot(X)), v> = <d2X(w, v), w> – <d2X(w, w), v> – <d2X(u, u), v> + <d2X(u, v), u>

Intéressons-nous maintenant à grad(div(X)), et donc à d(div(X)). Comme div(X) = Tr(dX), on doit


donc considérer d(Tr(dX)). Pour tous vecteurs a, b, c, on a :
Tr(dX) [a, b, c] = [dX(a), b, c] + [a, dX(b), c] + [a, b, dX(c)]
Différentions cette égalité :
[a, b, c] d(Tr(dX)) = d([dX(a), b, c]) + d([a, dX(b), c]) + d([a, b, dX(c)])
= [d(dX(a)), b, c] + [a, d(dX(b)), c] + [a, b, d(dX(c))]
faisans intervenir une différentielle seconde de X, qui est telle que, pour tous vecteurs a et v,
d(dX(a))(v) se note d2X(v, a), quantité symétrique par rapport à a et v. Donc :
[a, b, c] d(Tr(dX))(v) = [d2X(v, a), b, c] + [a, d2X(v, b), c] + [a, b, d2X(v, c)]
 [a, b, c] <grad(Tr(dX)), v> = [d2X(v, a), b, c] + [a, d2X(v, b), c] + [a, b, d2X(v, c)]
d'après la définition du gradient
 [a, b, c] <grad(div(X)), v> = [d X(v, a), b, c] + [a, d2X(v, b), c] + [a, b, d2X(v, c)]
2

d'après la définition de la divergence


= <d X(v, a), b  c> + <d2X(v, b), c  a> + <d2X(v, c), a  b>
2

Remplaçons (a, b, c) par la base orthonormée directe (w, u, v). On obtient, sachant qu'on a alors
[a, b, c] = [w, u, v] = 1 :
<grad(div(X)), v> = <d2X(v, w), u  v> + <d2X(v, u), v  w> + <d2X(v, v), w  u>
= <d2X(v, w), w> + <d2X(v, u), u> + <d2X(v, v), v>
= <d2X(w, v), w> + <d2X(u, v), u> + <d2X(v, v), v>
car d2X est symétrique
On observe des termes communs avec <Rot(Rot(X)), v>. Faisons la différence. Il reste :
<grad(div(X)) – Rot(Rot(X)), v> = <d2X(u, u), v> + <d2X(v, v), v> + <d2X(w, w), v>
= <d2X(u, u) + d2X(v, v) + d2X(w, w), v>

Montrons que d2X(u, u) + d2X(v, v) + d2X(w, w) n'est autre que X. Rappelons que
d2X(u, u) = d(dX(u))(u), et donc que, pour tous vecteurs u et z :
<d2X(u, u), z> = <d(dX(u))(u), z>
= d(<dX(u), z>)(u)
= d(d(<X, z>)(u))(u)
= d(<grad(<X, z>), u>)(u)
= d(<Y, u>)(u)
en posant Y = grad(<X, z>)
= <dY(u), u>
donc :
<d2X(u, u) + d2X(v, v) + d2X(w, w), z> = <dY(u), u> + <dY(v), v> + <dY(w), w>
= Tr(dY)
la trace étant calculée dans la base
orthonormée (u, v, w)
= div(Y)
= div(grad(<X, z>)
= (<X, z>)
= <X, z>

- 12 -
Cette égalité étant vraie pour tout vecteur z, on a bien d2X(u, u) + d2X(v, v) + d2X(w, w) = X. Si
P
X =  Q  et si on prend pour (u, v, w) la base canonique (i, j, k) de R3, on a :
R
X
dX(i) =
x
X 2X
puis d2X(i, i) = d(dX(i))(i) = d( )(i) = 2
x x
X
2
d2X(j, j) = 2
y
2X
d2X(k, k) = 2
z
2X 2X 2X
de sorte que X = d2X(i, i) + d2X(j, j) + d2X(k, k) = 2 + 2 + 2 comme attendu.
x y z

Ainsi, on a, pour tout vecteur v :


<grad(div(X)) – Rot(Rot(X)), v> = <X, v>
et donc :
grad(div(X)) – Rot(Rot(X) = X

II : Formes différentielles alternées


Gradient, rotationnel et divergence sont en fait trois facettes d'un même objet mathématique, les
formes différentielles alternées. Bien que celles-ci puissent être définies sur des espace vectoriel de
dimension finie quelconque, nous nous limiterons à la dimension 3.

1- Formes différentielles alternées


R3 est muni de sa structure canonique d'espace vectoriel euclidien orienté de dimension 3.
  est une forme de degré 0 définie sur R3 si c'est simplement une fonction f de R3 dans R.

  est une forme différentielle de degré 1 définie sur R3 si, pour tout (x, y, z), (x, y, z) est une
forme linéaire de R3 dans R. Ce concept est exactement celui qui a été introduit dans le chapitre
L2/[Link] en lien avec les intégrales curvilignes. Usuellement, on note
 = Pdx + Qdy + Rdz, où P, Q et R sont trois fonctions de R3 dans R. (x, y, z) est alors la forme
h
linéaire P(x, y, z)dx + Q(x, y, z)dy + R(x, y, z)dz, qui, à tout vecteur u =  k  de R3 associe
l
P(x, y, z)h + Q(x, y, z)k + R(x, y, z)l. dx, dy, dz sont les formes linéaires qui, à u, associe ses
composantes respectives h, k, l.
P
A la forme différentielle , on associe le champ de vecteurs X =  Q . La quantité
R
P(x, y, z)h + Q(x, y, z)k + R(x, y, z)l peut être vue indifféremment comme :
la forme linéaire (x, y, z) appliquée sur le vecteur u
le produit scalaire <X, u> où X est évalué en (x, y, z)

- 13 -
On retrouve en effet le fait que toute forme linéaire sur un espace euclidien peut être définie par un
produit scalaire.

  est une forme différentielle alternée de degré 2 définie sur R3 si, pour tout (x, y, z), (x, y, z)
est une forme bilinéaire alternée de R3  R3 dans R. Il existe alors trois fonctions P, Q et R de R3
h  h' 
dans R telles que, si u =  k  et v =  k'  (en omettant le point (x, y, z) où s'effectue le calcul pour
 
l  l' 
alléger les notations) :
(u, v) = P (kl' – lk') + Q (lh' – hl') + R (hk' – kh')
 P h h' 
=  Q k k' 
 R l l' 
En effet, si on note (i, j, k) la base canonique de R3, le caractère alterné de  impose que (i, i) = 0
donc il n'y a pas de terme en hh' et de même pour kk' et ll'. Et (i, j) = – (j, i), donc le coefficient
de hk' est opposé à celui de kh'.
 h   h' 
Les formes bilinéaires alternées élémentaires qui, à tout couple de vecteurs (u, v) =  k ,  k' ,
 l   l' 
associent kl' – lk', lh' – hl' et hk' – kh' sont notées respectivement dy  dz, dz  dx et dx  dy, de sorte
que :
 = P dy  dz + Q dz  dx + R dx  dy
La notation  utilisée ici ne doit pas être confondue avec la notation du produit vectoriel de deux
vecteurs, raison pour laquelle nous avons adopté la notation  pour le produit vectoriel, en usage
dans le monde anglo-saxon.
P
A chaque forme différentielle alternée  de degré 2, on associe le champ de vecteurs X =  Q . La
R
quantité P (kl' – lk') + Q (lh' – hl') + R (hk' – kh') peut être vue comme :
la forme bilinéaire alternée  appliquée sur le couple (u, v)
le produit scalaire <X, u  v> ou le produit mixte [X, u, v]

On voit donc qu'un champ de vecteurs X permettra de définir, suivant l'interprétation qu'on lui
donne, une forme de degré 1 (en faisant le produit scalaire de ce champ en (x, y, z) par un vecteur u)
ou bien une forme de degré 2 (en formant le produit mixte de ce champ avec deux autres vecteurs u
et v).

  est une forme différentielle alternée de degré 3 définie sur R3 si, pour tout (x, y, z), (x, y, z)
est une forme trilinéaire alternée de R3  R3  R3 dans R. Toute forme trilinéaire alternée de R3
étant proportionnelle au déterminant, il existe alors une fonction S de R3 dans R telle que, pour
h  h'   h" 
tous vecteurs u =  k , v =  k'  et w =  k"  :
   
l  l'   l" 
 h h' h" 
(u, v, w) = S  k k' k" 
 l l' l" 

- 14 -
On note usuellement  = S dx  dy  dz. La quantité dx  dy  dz n'est autre que la forme trilinéaire
alternée définissant le produit mixte.
A chaque forme différentielle alternée  de degré 3, on lui associe son champ scalaire S.

2- Produit (extérieur) de formes différentielles alternées


La notation  permet d'effectuer des produits (dont on peut vérifier qu'ils sont associatifs), dits
produits extérieurs, entre deux formes différentielles de la façon suivante, le caractère alterné
apparaissant à travers la règle de calcul dy  dx = – dx  dy, et en particulier, dx  dx = 0.

 Si l'une des formes est de degré 0, il s'agit du produit usuel. Il n'y a donc pas de différence entre
Pdx et P  dx par exemple.

 Si les deux formes sont de degré 1, à savoir  = Pdx + Qdy + Rdz et ' = Udx + Vdy + Wdz, leur
produit extérieur est une forme de degré 2. Le champ de vecteurs associé à ce dernier champ n'est
autre que le produit vectoriel des champs associés aux deux formes initiales. En effet :
  ' = (Pdx + Qdy + Rdz)  (Udx + Vdy + Wdz)
= PV dx  dy + PW dx  dz + QU dy  dx + QW dy  dz + RU dz  dx + RV dz  dy
= (QW – RV) dy  dz + (RU – PW) dz  dx + (PV – QU) dx  dy
 QW – RV  P U
et le champ final  RU – PW  est bien égal à  Q    V . On a donc '   = –   '.
 PV – QU  R W
h  h' 
On peut également remarquer que, appliqué sur un couple de vecteurs u =  k  et v =  k' , on a :
 
l  l' 
(  ')(u, v) = (QW – RV)(kl' – lk') + (RU – PW)(lh' – hl') + (PV – QU)(hk' – kh')
= (Ph + Qk + Rl)(Uh' + Vk' + Wl') – (Ph' + Qk' + Rl')(Uh + Vk + Wl)
= (u)'(v) – (v)'(u)
qui n'est que la généralisation de la même règle sur le produit de deux formes élémentaires de degré
1, par exemple :
(dx  dy)(u, v) = hk' – kh' = dx(u)dy(v) – dx(v)dy(u)

 Si  = Pdx + Qdy + Rdz est de degré 1 et ' = U dy  dz + V dz  dx + W dx  dy de degré 2, le


produit extérieur est une forme de degré 3. En effet :
  ' = (Pdx + Qdy + Rdz)  (U dy  dz + V dz  dx + W dx  dy)
= PU dx  dy  dz + QV dy  dz  dx + RW dz  dx  dy
= (PU + QV + RW) dx  dy  dz
car le caractère alterné de  donne par exemple dy  dz  dx = – dy  dx  dz = dx  dy  dz. Les
termes tels que dx  dz  dx sont nuls car dx  dz  dx = – dx  dx  dz = 0 puisque dx  dx = 0.
Le champ scalaire PU + QV + RW associé au produit final est le produit scalaire des champs de
P U
vecteurs  Q  et  V  associés aux deux formes initiales.
R W
On pourra vérifier que '   = –   ' et que, pour tous vecteurs u, v, w, on a :
(  ')(u, v, w) = (u)'(v, w) + (v)'(w, u) + (w)'(u, v)
le membre de droite étant la plus simple expression trilinéaire antisymétrique qu'on peut obtenir à
partir du terme (u)'(v, w) (voir la partie Exercices).

- 15 -
3- Différentielle (extérieure) des formes différentielles alternées
On souhaite définir une différentiation, dite extérieure, qui à une forme différentielle alternée 
associe une forme différentielle d également alternée, de degré un de plus que le degré de . Pour
cela, on procède comme suit :

 Si  = f est une forme de degré 0 et de classe C1, on pose simplement :


f f f
d = df = dx + dy + dz
x y z
La différentielle d d'une forme  de degré 0 est donc une forme différentielle de degré 1, associée
f
 x
au champ de vecteurs
 f = grad(f). Autrement dit, pour tout vecteur u :
 y
f
 z
df(u) = <grad(f), u>
comme on l'a déjà vu.

Le gradient est le champ de vecteurs associé à la différentielle de degré 1


d'une forme de degré 0 associée à un champ scalaire

 Si  = Pdx + Qdy + Rdz = P  dx + Q  dy + R  dz est une forme de degré 1 de classe C1 (i.e. P,
Q et R sont de classe C1), on définit d en différentiant P, Q et R avec les règles de calculs
dx  dx = 0 et dx  dy = – dy  dx, de sorte que :
d = dP  dx + dQ  dy + dR  dz
P P P Q Q Q
= ( dx + dy + dz)  dx + ( dx + dy + dz)  dy
x y z x y z
R R R
+ ( dx + dy + dz)  dz
x y z
R Q P R Q P
= ( – ) dy  dz + ( – ) dz  dx + ( – ) dx  dy
y z z x x y
P
Ainsi, si  est une forme de degré 1 associée au champ de vecteurs X =  Q , alors d est une forme
R
de degré 2, associée au champ de vecteurs Rot(X).

Le rotationnel est le champ de vecteurs associé à la différentielle de degré 2


d'une forme de degré 1 associée à un champ de vecteurs

Autrement dit, pour tous vecteurs u et v :
d(u, v) = <Rot(X), u  v> = [Rot(X), u, v] = [Rot(X)  u, v]
On peut retrouver la ([Link]) du rotationnel donnée plus haut, en fonction de dX et dX*. En effet,
(u) = <X, u>, donc d'après (diff.i) :
d((u))(v) = <dX(v), u>

- 16 -
 dP(v)   dx(u) 
= < dQ(v) ,  dy(u) >
 dR(v)   dz(v) 
= dP(v)dx(u) + dQ(v)dy(u) + dR(v)dz(u)
On a par ailleurs :
d = dP  dx + dQ  dy + dR  dz
donc :
[Rot(X)  u, v] = d(u, v)
= (dP  dx)(u, v) + (dQ  dy)(u, v) + (dR  dz)(u, v)
= dP(u)dx(v) – dP(v)dx(u) + dQ(u)dy(v) – dQ(v)dy(u)
+ dR(u)dz(v) – dR(v)dz(u)
d'après le produit extérieur de deux formes de degré 1
vu précédemment
= dP(u)dx(v) + dQ(u)dy(v) + dR(u)dz(v)
– dP(v)dx(u) – dQ(v)dy(u) – dR(v)dz(u)
= <dX(u), v> – <dX(v), u>
= <dX(u), v> – <v, dX*(u)>
d'après la définition de l'adjoint dX* de dX
= <dX(u) – dX*(u), v>
= <(dX – dX*)(u), v>
Cette égalité étant vraie pour tout vecteur v, on retrouve que Rot(X)  u = (dX – dX*)(u).

 Soit maintenant :
 = P dy  dz + Q dz  dx + R dx  dy = P  dy  dz + Q  dz  dx + R  dx  dy
On obtient :
P P P Q Q Q
d = ( dx + dy + dz)  dy  dz + ( dx + dy + dz)  dz  dx
x y z x y z
R R R
+ ( dx + dy + dz)  dx  dy
x y z
P Q R
=( + + ) dx  dy  dz
x y z
P
Ainsi, si  est une forme de degré 2 associée au champ de vecteurs X =  Q , alors d est une forme
R
de degré 3, associée au champ scalaire div(X) = Tr(dX).

La divergence est le champ scalaire associé à la différentielle de degré 3


d'une forme de degré 2 associée à un champ de vecteurs

4- Formules usuelles sur gradient, rotationnel, divergence


Les considérations précédentes permettent de retrouver certaines formules du formulaire I avec la
seule règle suivante :

d(  ') = d  ' + (–1)k   d'

- 17 -
où k est le degré de . Le signe (–1)k provient du fait que dx  dy = – dy  dx. Donnons la raison de
cette règle sur les formes différentielles élémentaires. Si, par exemple,  = P dx1  ...  dxk et
' = Q dxk+1  ...  dxp alors   ' = PQ dx1  ...  dxp et :

d(  ') =   (PQ) dy  dx1 ...  dxp où y parcourt les noms x1, x2, ..., xn
y y

P Q
= Q dy  dx1 ...  dxp +  P dy  dx1 ...  dxp
y y y y

P
= dy  dx1 ... dxk  Q dxk+1  ...  dxp
y y

Q
+  (–1)k P dx1 ... ... dxk  dy  dxk+1  ...  dxp
y y
= d  ' + (–1)k   d'

PROPOSITION
On a alors, en désignant par f les champs scalaires et X les champs de vecteurs :
(i) grad(fg) = g grad(f) + f grad(g)
(ii) div(fX) = <grad(f), X> + f div(X)
(iii) Rot(fX) = grad(f)  X + f Rot(X)
(iv) div(X  Y) = <Rot(X), Y> – <X, Rot(Y)>

Démonstration :
 (i) : On prend pour  et ' les formes différentielles de degré 0, associées à f et g. On a :
d(  ') = d  ' +   d'
avec  égal au produit usuel et d, d' formes différentielles de degré 1, associées à grad(f) et
grad(g).
  ' est la forme différentielle de degré 0 associée à fg et d(  ') est la forme différentielle de
degré 1 associée à grad(fg).

 (ii) : On prend  de degré 0 associée à une fonction f, et ' de degré 2 associée à un champ de
vecteurs X. On a :
d(  ') = d  ' +   d'
avec d forme différentielle de degré 1 associée à grad(f) et le produit d  ' correspondant au
produit scalaire, et d' forme différentielle de degré 3 associée à la divergence de X et   d' étant
le produit usuel.
  ' est une forme différentielle de degré 2 associée à fX et d(  ') est la forme différentielle de
degré 3 associée à div(fX).

 (iii) : On prend  de degré 0, associée à une fonction f et ' de degré 1 associée à un champ de
vecteurs X. On a :
d(  ') = d  ' –   d'
avec d forme différentielle de degré 1 associée à grad(f) et le produit d  ' correspondant au
produit vectoriel, et d' forme différentielle de degré 2 associée à Rot(X) et   d' étant le produit
usuel.
- 18 -
  ' est une forme différentielle de degré 1 associée à fX et d(  ') est la forme différentielle de
degré 2 associée à Rot(fX).

 (iv) : On prend  de degré 1, associée à un champ de vecteurs X et ' de degré 1 associée à un


champ de vecteurs Y. On a :
d(  ') = d  ' –   d'
avec d forme différentielle de degré 2 associée à Rot(X) et le produit d  ' correspondant au
produit scalaire, et d' forme différentielle de degré 2 associée à Rot(Y) et   d' correspondant
aussi au produit scalaire.
  ' est une forme différentielle de degré 2 associée au champ de vecteurs X  Y et d(  ') est
la forme différentielle de degré 3 associée à div(X  Y).

On dispose également de la règle suivante :

d(d) = 0

En effet, sur une forme différentielle élémentaire telle que  = P dx1  ...  dxk avec P de classe C2,
on a :
n
P
d =  dxi  dx1  ...  dxk
i=1 xi

et, puisque dxi  dxi = 0 :


2P
d(d) =  dxj  dxi  dx1 ... dxk
ij xjxi

2P 2P
= dxi  dxj  dx1 ... dxk +  dxi  dxj  dx1 ... dxk
i<j xjxi i>j xjxi

2P 2P
= dxi  dxj  dx1 ... dxk +  dxj  dxi  dx1 ... dxk
i<j xjxi j>i xixj

en échangeant le nom des indices dans le terme de droite


2P 2P
=( – ) dxi  dxj  dx1 ... dxk
i<j xjxi xixj

car dxj  dxi = – dxi  dxj


=0 d'après le théorème de Schwarz.

En passant aux champs de vecteurs ou au champ scalaire associés, on retrouve les deux formules
suivantes :
Rot(grad(f)) = 0 (prendre  de degré 0)
div(Rot(X)) = 0 (prendre  de degré 1)

5- Intégration de formes différentielles


Toutes les fonctions sont supposées C1 dans un ouvert d'un espace vectoriel euclidien orienté E de
dimension p = 2 ou 3 que nous assimilerons à Rp une fois une base orthonormée directe choisie.

- 19 -
Soit  une forme différentielle alternée de degré n définie sur
Rp, avec n  p. On peut définir
l'intégrale  de  sur un domaine fermé borné D inclus dans Rp et de dimension n. Sans donner

D
de définition générale, trop longue à détailler ici, nous considérerons par exemple le cas où D peut
être paramétré par une fonction de classe C1 bijective :
u = (u1, ..., un)  [0, 1]n  M(u) = M(u1, ..., un)  D
telle que, pour tout u, les vecteurs M(u), ..., M(u) forment un système libre. Le sous-espace affine
u1 un
passant par M(u) et dirigé par le sous-espace vectoriel Vect(M(u), ..., M(u)) est alors l'espace
u1 un
tangent en M(u) à D. Il est de dimension n. Par exemple :
si n = 1, D est une courbe paramétrée par u  [0, 1]  M(u). La tangente en M(u) à D est
dM
dirigée par le vecteur .
du
Si n = 2 et p = 3, D est une surface paramétrée par (u, v)  [0, 1]  [0, 1]  M(u, v). Le plan
tangent en M(u) à D est dirigé par Vect(M, M).
u v
Si n = 3 = p, D est un volume, paramétré par (u, v, w)  [0, 1]3  M(u, v, w). En tout point,
son espace tangent est R3.
Si n = 0, on convient que D est un point.

On pose alors :
  =  ...  (M(u), ..., M(u)) du1...dun
1 1
  
D 0 0 u1 un
Nous détaillerons les exemples dans la suite du chapitre.

D est orienté par le choix du paramétrage.


Pour une courbe, son orientation est donnée par le sens de parcours.
Pour une surface dans R3, le couple (M, M) oriente le plan tangent à D en M(u). On introduit
u v
souvent le vecteur N unitaire, colinéaire et de même sens que M  M. N définit aussi l'orientation
u v
du plan tangent.
Pour un volume, on s'arrange généralement pour que le paramétrage soit tel que (M, M, M) soit
u v w
une base directe de R3.
On vérifie alors que 
  ne dépend pas du paramétrage choisi, pourvu que celui-ci conserve
D
l'orientation de D.

D étant un domaine de dimension n, on peut définir le bord de D, noté D, obtenu lorsque une ou
plusieurs composantes du paramètre (u1, ..., un) vaut 0 ou 1. Le bord de D est la réunion de
domaines de dimension n – 1, limitant le domaine D. Ainsi :

- 20 -
le bord d'une courbe limitée par deux points A et B est la paire {A, B}.
le bord d'une surface limitée par une courbe est cette courbe.
le bord d'une volume limité par une surface est cette surface.
D peut être orienté, de façon dépendante de l'orientation de D. Nous détaillerons comment faire
dans chaque exemple qui suivra. On dispose alors du théorème suivant :
 
  =  d
D D
où D est une domaine de dimension n, D son bord de dimension n – 1,  une forme différentielle
de degré n – 1 définie sur Rp, et donc d une forme de degré n.
La suite du chapitre consiste à fournir une justification partielle de ladite formule pour diverses
valeurs de p et n, et à donner des applications de cette formule en Physique.

EXEMPLE :
1
 Pour f : [0, 1]  R de classe C1, la formule f(1) – f(0) =  f '(t) dt relève de la formule
0
précédente. On prend n = 1, D = [0, 1], D = {0, 1},  = f, d = f '(t) dt. On oriente D de façon à

attribuer un poids + 1 en 1, et un poids – 1 en 0.   est alors la somme finie des valeurs de f en
D
 1
les points 0 et 1, pondérés par leur poids. Autrement dit, c'est f(1) – f(0).  d est 
D  f '(t) dt.
 0

III : Intégrale le long d'un chemin (n = 1 dans le plan ou l'espace)

1- Enoncé
Pour n = 1, dans R2 ou R3 :
D est un chemin  reliant les points A à B, domaine de dimension 1.
D = {A, B}, domaine de dimension nulle.
 = f fonction de plusieurs variables, forme différentielle de degré 0.
f f f
d = df = dx + dy + dz = <grad(f), .>, forme différentielle de degré 1.
x y z
 
La formule   =  d s'exprime ici sous la forme :
D D

f(B) – f(A) =  <grad(f), dM>



En effet,   est la somme des valeurs de f prises sur D, les deux points A et B étant
D
respectivement pondérés par les poids – 1 et + 1, qui est la façon "d'orienter" D de façon
compatible avec le sens de parcours de D.

- 21 -
 1
Si  est paramétré par une fonction t  [0, 1]  M(t), d est par définition égal à 
dM
d( ) dt
D  dt
 0
1 
ou à 
dM
 <grad(f), > dt, intégrale que nous désignons par  <grad(f), dM>.
0
dt 

L'intégrale ne dépend donc que des points A et B et non du chemin  pour aller de A en B. Cette
situation est également vue avec la notion d'intégrale curviligne dans le chapitre
L2/[Link].

2- Démonstration
 f f f
 On a  <grad(f), dM> =   x dx + y dy + z dz, et si un paramétrage de  est donné par :
 
t  [0, 1]  M(t) = (x(t), y(t), z(t))
alors l'intégrale ci-dessus se calcule de la façon suivante :
 f dx + f dy + f dz
 x y z
 
f f f
1
= x(x(t), y(t), z(t)) x'(t) + y(x(t), y(t), z(t)) y'(t) + z(x(t), y(t), z(t)) z'(t) dt
0
1 d
= dt f(x(t), y(t), z(t)) dt
0
= f(x(1), y(1), z(1)) – f(x(0), y(0), z(0))
= f(B) – f(A)

 Ou encore, plus brièvement, par définition de 


 d avec  = df :

1
 d =  dfM(t)(dM) dt
  dt
 0
dM
avec dfM(t)( ) dérivée de la fonction composée t  M(t)  f(M(t)).
dt
Donc :
 d = f(M(1)) – f(M(0)) = f(B) – f(A)



3- Exemples
 En particulier, si  est une courbe qui se referme sur elle-même, l'intégrale est nulle, puisque
A = B et donc f(B) – f(A) = 0.

On sait que, si g est une fonction continue d'un segment [a, b] dans R et si f est une fonction
x
telle que, pour tout x de [a, b], f(x) – f(a) = 
 g(t) dt, alors f est dérivable de dérivée g. De même,
a

- 22 -

la relation f(B) – f(A) =  <grad(f), dM> caractérise le gradient (et donc la différentielle de f) au

sens suivant : si X est un champ de vecteurs continu sur un ouvert U de Rp, et tel que, pour tout A

et B, on a f(B) – f(A) =  <X, dM> où  est un chemin joignant A à B contenu dans U, alors f est

différentiable sur U et X = grad(f).
Pour cela, prenons un point A de U. Pour tout vecteur h, soit  le segment [AB] avec B tel que
h = AB. On prend h assez petit pour que le segment soit inclus dans U. Paramétrisons  par

t  [0, 1]  M(t) = A + th, de sorte que dM = h dt. L'intégrale  <X, dM> vaut :

 1
 <X, dM> = 
 <X(A + th), h> dt
  0
Montrons que cette intégrale s'écrit <X(A), h> + o(h) quand h tend vers 0. En effet, la différence
1
 <X(A + th), h> dt – <X(A), h> s'écrit :

0
1 1
 <X(A + th), h> – <X(A), h> dt   <X(A + th), h> – <X(A), h> dt
 
0 0
1

 <X(A + th) – X(A), h> dt
0
1
  || X(A + th) – X(A) || || h || dt
0
d'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz
 || h || Sup {|| X(A + th) – X(A) ||, t  [0, 1]}
Comme X est continue, X(M) tend vers X(A) quand M tend vers A, i.e. :
  > 0,   > 0,  M, || M – A || <   || X(M) – X(A) || < 
Donc :
  > 0,   > 0,  h,  t  [0, 1], || h || <   || X(A + th) – X(A) || < 
   > 0,   > 0,  h, || h || <   Sup {|| X(A + th) – X(A) ||, t  [0, 1]}  
ce qui exprime que la borne supérieure tend vers 0 quand h tend vers 0. Par conséquent, le majorant
|| h || Sup {|| X(A + th) – X(A) ||, t  [0, 1]} est un o(h).
On a ainsi montré que :
f(A + h) – f(A) = <X(A), h> + o(h)
avec h  <X(A), h> linéaire, donc f est différentiable en A et la différentielle de f en A est la
fonction dfA : h  <X(A), h>, ce qui signifie bien que grad(f) = X.

 En physique, un champ de forces vecteurs F est dit dériver d'un potentiel scalaire V si, en tout
point F = – grad(V). Supposons que F soit un champ de forces, et considérons une particule
soumise à ce champ de forces et se déplaçant de A en B selon un chemin . Le travail W de la force
le long de ce chemin est :
W= 
 <F, dM> = –  <grad(V), dM> = – (V(B) – V(A))
 

- 23 -
= V(A) – V(B)
Ce travail est indépendant du chemin suivi et ne dépend que du point de départ et du point d'arrivée.
Cette hypothèse est vérifiée par exemple par le poids dans un champ de pesanteur.

 De plus, si F est la seule force à laquelle est soumise la particule, et si m est sa masse, alors
d2M
F = ma, où a = 2 est l'accélération de la particule. On a :
dt
W= 
 <F, dM> = m  <a, dM>
 
2 t 2
= m <
dM
, dM> =  B<d M, dM> dt
 dt 2  dt2 dt
 t
A
où tA (respectivement tB) est l'instant où la particule se trouve en A
(respectivement en B)
= < ,
m dM dM  tB
2  dt dt  tA
>

m
= (vB2 – vA2)
2
où v désigne la vitesse de la particule au point considéré. On a donc :
m 2
(vB – vA2) = V(A) – V(B)
2
ou encore :
mvB2 mv 2
+ V(B) = A + V(A)
2 2
mv2
C'est une formulation du principe de conservation de l'énergie, étant l'énergie cinétique et V
2
mv2
l'énergie potentielle de la particule. L'énergie totale + V est la même en A et en B.
2

IV : Formule de Green-Riemann (n = 2 dans le plan)

1- Enoncé
On a ici :
D est une surface  du plan, domaine de dimension 2.
D =  est un arc fermé de classe C1 par morceaux, sans point double, entourant le domaine
 = D, orienté dans le sens de parcours trigonométrique, domaine de dimension 1.
 = Pdx + Qdy est une forme différentielle de degré 1. P et Q sont des fonctions de x et y de
classe C1.
Q P
d = ( – ) dx  dy, forme différentielle alternée de degré 2.
x y
 
La formule   =  d s'écrit :
D D
  Q P
 P dx + Q dy =  ( – ) dxdy
 x y


- 24 -
Une démonstration dans un cas simple est donnée dans le paragraphe suivant. On retrouve le fait vu
f f f f
précédemment que, si  est de la forme  = dx + dy = df, (autrement dit, P = et Q = )
x y x y
f f
alors 
 x dx + y dy = 0 si  est un chemin qui se referme, car on a, dans le membre de droite :

Q P 2f 2f
– = – =0 d'après le théorème de Schwarz.
x y yx xy

2- Démonstration
 Considérons le cas simple où  peut s'écrire :
 = {(x, y) | f(x)  y  g(x), a  x  b}
pour deux fonctions f et g données.  est la courbe paramétrée par (x, f(x)), x variant de a à b, suivi
de (x, g(x)) pour x variant de b à a. On a :
x=b b
 P dxdy =  P 
y=g(x)

 y   dy dx =  P(x, g(x)) – P(x, f(x)) dx
   y a
  x=a y=f(x)

On reconnaît  – P(x, y) dx.

 Q 
On montre de même que 
 x dxdy =  Q(x, y) dy, en supposant que  peut s'écrire :
 
 = {(x, y) | F(y)  x  G(y), c  y  d}
pour deux fonctions F et G données.
On obtient la formule désirée en retranchant la première égalité de la seconde.

 Donnons aussi une démonstration dans le cas plus général où  est paramétré par :
(u, v)  [0, 1]2  M(u, v) = (x, y)
avec M de classe C2 et conservant l'orientation directe de . Pour tous vecteurs u et v de R2,
(dx  dy)(u, v) n'est autre que det(u, v). Donc :
 d =   (Q(M(u, v)) – P(M(u, v))) (dx  dy)(M, M) dudv
1 1
   x y u v
 
  0 0

 Q P M M
1 1
=
  ( x (M(u, v)) – y (M(u, v))) det( u , v ) dudv
0 0
 Q det(M, M) dudv –   P det(M, M) dudv
1 1 1 1
=
  x u v   y u v
  0 0
 
0 0
Nous devons donc montrer que :
  Q det(M, M) dudv =  Q dy
1 1
  x u v 
  0 0  

 P M M
1 1
et – 
  y det( u , v ) dudv =  P dx
0 0 
Montrons la première égalité. Le lecteur courageux se chargera de la deuxième. On a :

- 25 -
  Q det(M, M) dudv =   Q (x y – x y) dudv
1 1 1 1
  x u v   x u v v u
0 0 0 0
 Q x y – Q x y) dudv
1 1
=
  x u v x v u
 0 0

 Q x Q y y   Q x Q y y
1 1 1 1
=
  ( x u + y u) v dudv –   ( x v + y v) u dudv
0 0 0 0
Q y y
en rajoutant et retranchant , et en séparant les intégrales
y u v
  Q(M(u, v)) y du)dv –  (   Q(M(u, v))) y dv)du
1 1 1 1
= (
  u v   v u
 0 0
 0 0
Q x Q y Q x Q y
en reconnaissant dans + et + des dérivées
x u y u x v y v
partielles de la fonction composée (u, v)  M(u, v)  Q(M(u, v)).
On a utilisé le théorème de Fubini (voir L2/[Link]) dans
la dernière intégrale pour permuter l'ordre d'intégration dudv en dvdu.

1 y y   Q(M(u, v))  y dudv
1 1 2
= Q(M(1, v)) (1, v) – Q(M(0, v)) (0, v) dv –
 v v   uv
0 0 0
1 y y   Q(M(u, v))  y dudv
1 1 2
– Q(M(u, 1)) (u, 1) – Q(M(u, 0)) (u, 0) du +
 u u   vu
 0
 
0 0
 Q(M(u, v)) y du et  1  Q(M(u, v))) y dv
1
en intégrant par parties 
 u v  v u
0 0
1 y y
=
 Q(M(1, v)) v(1, v) – Q(M(0, v)) v(0, v) dv
 0
1 y y
– Q(M(u, 1)) u(u, 1) – Q(M(u, 0)) u(u, 0) du
0
2y 2y
les deux intégrales doubles s'éliminant car =
uv vu
1 y 1 y
= 
 Q(M(u, 0)) u(u, 0) du +  Q(M(1, v)) v(1, v) dv
 0
 0
0 y  Q(M(0, v)) y(0, v) dv
0
+ Q(M(u, 1)) (u, 1) du +
 u  v
1 1
et l'on reconnaîtra 
 Q dy dans les quatre intégrales restantes, correspondant respectivement aux

paramétrages des quatre côtés u  M(u, 0), u croissant de 0 à 1, v  M(1, v), v croissant de 0 à 1,
u  M(u, 1), u décroissant de 1 à 0, et enfin v  M(0, v), v décroissant de 1 à 0.

- 26 -
3- Exemples
1 1
 Soit O = (0, 0), A = (1, 0) et B = ( , ). Soit  formé du segment [OA], de l'arc de cercle AB
2 2
de centre O, et du segment [BO]. On paramétrise [OA] par (x, 0), 0  x  1, AB par (cos(), sin()),
0     et [BO] par (t, t), t variant de
1
à 0. Prenons  = y2 dx + x2 dy :
4 2

 P dx + Q dy =  y2 dx + x2 dy
  
/4
  1/ 2
= – sin3() + cos3() d –  2t2 dt
0 0
2( 2 – 1)
= ... =
3
Par ailleurs :
 (Q – P) dxdy = 2x – 2y dxdy
 x y 

  

=  2(cos(– sin()) r2 drd

en passant en polaire, avec
où  = {(r, ) | 0     et 0  r  1}.
4
1  /4
=  2(cos() – sin()) d
3
0
2( 2 – 1)
=
3

1 Q P
 En prenant (P, Q) = (0, x) ou bien (– y, 0) ou encore (– y, x), on a – = 1, et on obtient
2 x y
plusieurs façons de calculer l'aire d'un domaine  :
   1
 dxdy =  x dy = –  y dx = 2  xdy – ydx
   
La dernière formule peut s'interpréter géométriquement comme la somme d'aires de triangles
infinitésimaux de sommets (0, 0), (x, y) et (x + dx, y + dy), et qui balayent la surface .
Par exemple, si on prend pour  le disque unité, et donc pour  le cercle trigonométrique paramétré
par t  (cos(t), sin(t)), l'intégrale de droite vaut :
1
 xdy – ydx = 
1 2
cos2(t) + sin2(t) dt = 
2 2 
 0
donnant l'aire  du disque, comme attendu.
En thermodynamique, le cycle d'une machine thermique est représenté par une courbe fermée dans
le système de coordonnées (V, P) au lieu de (x, y), V étant le volume du milieu et P la pression
interne qui y règne. Le travail reçu est égal à l'intégrale de – PdV. Il s'agit de l'aire englobée par le

- 27 -
cycle si le parcours se fait dans le sens trigonométrique. Pour fournir du travail, le cycle devra être
parcouru dans le sens inverse au sens trigonométrique.

 On prendra garde au fait que la forme différentielle doit être définie sur  tout entier.
Considérons par exemple l'exemple suivant :
xdy – ydx
= 2
x + y2
avec  le disque unité privé de l'origine, et  le cercle unité. Alors :
x Q 1 2x2 y2 – x2
Q= 2 2 = 2 2– 2 2=
x x + y (x + y ) (x + y )
2 2 2 2
x +y
y P 1 2y2 Q
P=– 2  = – + =
x + y2 y x2 + y2 (x2 + y2)2 x
Q P  Q – P dxdy = 0.
Donc – = 0 sur , donc  x y
x y


Mais  P dx + Q dy = 
2

  d = 2  0 obtenu en paramétrant  par (x, y) = (cos(), sin()).


 0
Ici  n'est pas définie en (0, 0). Cependant la formule serait valable si  était un arc limitant un
domaine  ne contenant pas (0, 0). Dans ce cas, l'intégrale est nulle.

La formule de Green-Riemann possède deux extensions possibles en dimension 3, la formule de


Green-Ostrogradski, et la formule de Stokes.

V : Formule de Green-Ostrogradski (n = 3 dans l'espace)

1- Enoncé
On a ici :
D est un volume V fermé borné de R3, domaine de dimension 3.
D est la surface  limitant ce volume, domaine de dimension 2.
 = P dy  dz + Q dz  dx + R dx  dy est une forme différentielle de degré 2.
On rappelle qu'on associe à  un champ de vecteurs X de composantes (P, Q, R), et que, pour tous
vecteurs u et v, (u, v) = [X, u, v] = <X, u  v> (produit mixte).
La surface  sera orientée de façon qu'en chacun de ses points, le vecteur N unitaire normal au plan
tangent soit dirigé vers l'extérieur de D. Si  est paramétré par :
(u, v)  M(u, v) = (x(u, v), y(u, v), z(u, v))
x x
u   
v

alors N est colinéaire au produit vectoriel de M =


y  par M =
 
y
. Quitte à inverser les
u
u
z  v
 
v
z
u   
v
paramètres, on peut supposer que N est de même sens que ce produit vectoriel.
d = div(X) dx  dy  dz comme on l'a vu dans le II
 
La formule   =  d s'écrit sous la forme :
D D

- 28 -
  div(X) d
 <X, dS> = 
 V
où d est l'élément infinitésimal de l'intégrale triple (d = dxdydz en coordonnées cartésiennes, mais
d = r2sin() drdd si le calcul se fait en coordonnées sphériques par exemple).

En effet :

  =  (M, M) dudv =  <X, M  M> dudv
D  u v  u v
 
et M  M dudv représente un vecteur élément de surface symbolisé par dS dans la formule.
u v
De même, si le volume est décrit par un point M = (x, y, z), on aura :
  M M, M) d
 d =  d( ,
D x y z
V
 div(X) [M, M, M] d
=  x y z
V
 div(X) d
=
V
puisqu'ici, la quantité [M, M, M] est le produit mixte des trois vecteurs de la base canonique de
x y z
R3, et ce produit vaut 1.


La formule exprime le fait que la quantité  <X, dS>, appelée flux du champ de vecteurs X à

travers la surface fermée , est égale à l'intégrale de la divergence de ce champ sur le volume limité
par la surface. La démonstration est donnée au paragraphe qui suit.

 
On écrit encore  <X, dS> =  <X, N> dS où N est le vecteur unitaire normal à la surface,
 
dirigé vers l'extérieur. Cette formule est une généralisation à l'espace de la formule de Green-
Riemann dans le plan. La formule de Green-Riemann dans le plan peut en effet s'écrire sous la
forme :
 <X, N> ds = 
  div(X) dxdy
 

avec ici s l'abscisse curviligne (dans le sens trigonométrique) d'une courbe  fermée entourant une
Q  y' 
surface , X le champ de vecteurs  –P , N le vecteur normal à  et extérieur à , égal à  –x' . On
   
obtient bien :
  Q – P dxdy
 P dx + Q dy = 
 x y


- 29 -
Revenons à la formule en dimension 3. Un cas important est celui où X est égal à un rotationnel
d'un champ de vecteurs U. En effet, on a vu dans le formulaire I que, dans ce cas :
div(X) = div(Rot(U)) = 0
 
Donc  div(X) d = 0 et il en est donc de même de  <X, dS>. Le flux d'un rotationnel à
V 
travers une surface fermée est ainsi nul. On dit que le champ est à flux conservatif. La divergence
mesure la dispersion du champ de vecteurs X.

Appelons ligne de champ de X une courbe telle que, en chaque point M de la courbe, la tangente en
M à la courbe soit colinéaire à X(M). Appelons tube de champ une surface limitée d'une part par
deux surfaces 1 et 2 telles qu'il existe une bijection M  1  N  2 de façon qu'il y ait une
ligne de champ joignant tout M de 1 au point N correspondant. Notons 3 la surface latérale au
tube de champ. La surface  = 1  2  3 se referme, donc, si X est à flux conservatif, le flux à
travers  est nul. Mais 3 étant formée de lignes de champ, en tout point de 3, dS est orthogonal à

X, de sorte que  <X, dS> = 0. On a donc :

 3
   
0 =  <X, dS> =  <X, dS> +  <X, dS> +  <X, dS>
 
 1

 2

 3
 
=  <X, dS> +  <X, dS>
 
 1  2
donc
 
 <X, dS> = –  <X, dS>
 
 1  2
Dans la formule précédente, les dS sont orientés vers l'extérieur de tube limité par . Si on change
l'orientation des dS pour l'une des deux surfaces 1 ou 2, on obtient :
 
 <X, dS> =  <X, dS>
 
 1  2
Le flux est conservé à travers les surfaces transversales des tubes de champ.

2- Démonstration
On donne deux démonstrations de la formule de Green-Ostrogradski sous des hypothèses
simplifiées.

Démonstration 1 :
 Supposons que le volume V puisse être défini par {(x, y, z) | g(x, y)  z  h(x, y)} pour deux
fonctions données g et h. Notons (i, j, k) la base canonique de R3. Considérons l'intégrale triple :
 R d =  R
h(x,y)

 z   dz dxdy
V  g(x,y) z

=
 R(x, y, h(x, y)) – R(x, y, g(x, y)) dxdy

- 30 -

=  R(x, y, z) <k, dS>

En effet, pour la partie supérieure de , paramétrée par (x, y)  (x, y, h(x, y)) :
h
0 1

1
 
0

 –
x 
dS = h  h dxdy = – h dxdy
     
 x   y  
y

1
de façon qu'il pointe vers le haut. On a alors dxdy = <k, dS>.
Et pour la partie inférieure de , paramétrée par (x, y)  (x, y, g(x, y)) :
g
0 1

1
 
0

 x
dS = – g  g dxdy = g dxdy
     
 x   y   
y
–1
de façon qu'il pointe vers le bas. On a alors – dxdy = <k, dS>.
On montre de même que :
 P d =  P(x, y, z) <i, dS>
 x 
V 
 Q d =  Q(x, y, z) <j, dS>
 y 

 V 
ce qui conduit à la relation cherchée en sommant les trois égalités :
 div(X) d =  P d +  Q d +  R d
  x  y  z
V V V V
  
=  P <i, dS> +  Q <j, dS> +  R <k, dS>
  

=  <Pi + Qj + Rk, dS>


=  <X, dS>


Démonstration 2 :
 Voici une autre démonstration dans le cas où V est paramétré par une fonction de classe C2 :
(u, v, w)  [0, 1]3  M(u, v, w) = (x, y, z)
On a alors :
   d(M, M, M) dudvdw
1 1 1
 d = 
  
D    u v w
0 0 0
1 1 1 M M M
=  
   div(X)(M) [ u , v , w ] dudvdw
0 0 0

- 31 -
1 1 1 M M M
=  
   Tr(dXM) [ u , v , w ] dudvdw
0 0 0
d'après la définition ([Link]) du I de la divergence
1 1 1 M M M M M M M M M
=  
   [dXM( u ), v , w ] + [ u , dXM( v ), w ] + [ u , v , dXM( w )] dudvdw
  
0 0 0
d'après la propriété (lin.i) du I
   M M M  M M M 
1 1 1
=
   [u X(M), v , w ] + [ u , v X(M)), w ] + [ u , v , w X(M)] dudvdw
0 0 0
en remarquant que dXM(M) est la dérivée partielle par rapport à u
u
de la fonction composée (u, v, w)  M(u, v, w)  X(M(u, v, w)),
et de même pour les autres dérivées partielles
1 1 1  M, M] – [X(M), 2M , M] – [X(M), M, 2M ]
=   [X(M),
   u v w uv w v uw
  
0 0 0
2M 2M
+  [M, X(M), M] – [ , X(M), M] – [M, X(M), ]
v u w vu w u vw
2M M 2M
+  [M, M, X(M)] – [ , , X(M)] – [M, , X(M)] dudvdw
w u v wu v u wv
la dérivée d'un produit mixte étant la somme des dérivées portant
sur chacun des trois termes du produit mixte
1 1 1 
=   [X(M), M, M] +  [M, X(M), M] +  [M, M, X(M)] dudvdw
   u v w v u w w u v
  
0 0 0
car tous les termes contenant une dérivée seconde s'éliminent deux à deux,
2M M 2M M
par exemple [X(M), , ] = [X(M), , ] d'après le théorème de
uv w vu w
2M
Schwarz, et c'est égal à – [ , X(M), M] en permutant les deux premiers
vu w
vecteurs du produit mixte
1 1 1  M, M] du) dvdw +  1 1( 1  [M, X(M), M] dv) dudw
=  ( [X(M),
   u v w    v u w
  
0 0 0
   0 0 0

+   (  [M, M, X(M)] dw) dudv


1 1 1
   w u v
0 0 0
en utilisant le théorème de Fubini pour changer l'ordre d'intégration
1 1 M M M M
= 
  [X(M(1, v, w)), v , w ] – [X(M(0, v, w)), v , w ] dvdw
 
0 0
1 1 M M M M
+ 
  [ u , X(M(u, 1, w)), w ] – [ u , X(M(u, 0, w)), w ] dudw
0 0
1 1 M M M M
+ 
  [ u , v , X(M(u, v, 1))] – [ u , v , X(M(u, v, 0))] dudv
  0 0
en intégrant chacun des trois termes de la somme
- 32 -

Il suffit maintenant de reconnaître dans l'écriture ci-dessus les six parties de  <X, dS>,

correspondant aux morceaux de  paramétrés respectivement par (1, v, w), (0, v, w), (u, 1, w),
(u, 0, w), (u, v, 1) et (u, v, 0). Par exemple, pour le morceau paramétré par (1, v, w), le vecteur
élément de surface dS vaut M  M, de sorte que l'intégrale
v w
  [X(M(1, v, w)), M, M] dvdw =   <X(M(1, v, w)), M  M> dvdw
1 1 1 1
  v w   v w
 
0 0
 
0 0

n'est autre que 
 <X, dS> sur ce morceau.

1 1 M M
L'intégrale  
  – [X(M(0, v, w)), v , w ] dvdw doit contenir un signe – de façon que le vecteur
 
0 0

élément de surface dS = – M  M pointe vers l'extérieur du volume.


v w
De même pour les autres intégrales, en observant bien quel est le vecteur élément de surface qui
intervient et en vérifiant qu'il pointe bien vers l'extérieur de V.
 
On a donc bien finalement  d =  .
D D

3- Exemples
x
 Si X n'est autre que  y , alors div(X) = 3 et la formule de Green-Ostrogradski donne :
z
  d = 3V
 <X, dS> = 3
 V
Dans le cas particulier d'une boule V de centre O de rayon R et de sa sphère . Pour cette dernière,
<X, dS> = RdS de sorte que :
 
 <X, dS> = R dS = RS
 
Ainsi, l'aire de la sphère est liée au volume de la boule par la relation RS = 3V (ce qui est bien le cas
4 1 
puisque S = 4R2 et V = R3). La relation V =  <X, dS> peut s'interpréter géométriquement
3 3 
 
1
par le fait que, dans le membre de droite, l'élément infinitésimal <X, dS> dont on fait la somme
3
est le volume d'un cône de sommet O et de base dS située en X (tiers de l'aire de la base par la
longueur de la hauteur).

 On prendra garde au fait que, pour appliquer le théorème de Green-Ostrogradski, la forme


différentielle doit être définie sur V tout entier. Soit par exemple X : M  OM3 défini sur
OM
R \ {O}. On pourra vérifier que div(X) = 0 (voir la section Exercices). Comme ci-dessus, pour
3

une sphère de centre O de rayon 1 :


- 33 -
 
 <X, dS> =  dS = 4
 

alors que 
 div(X) d = 0. Mais X et div(X) ne sont pas définis en O.

 V\{O}

 Soit O un point donné et X le même champ de vecteurs que ci-dessus : M  OM3. Les lignes de
OM
champ sont les demi-droites issues de O. Les tubes de champ sont les cônes issus de O. Considérons
un tel cône et coupons-le par la surface 1 de la sphère de centre O et de rayon 1. Orientons les
éléments dS de cette sphère vers l'extérieur de celle-ci. En tout point M de la sphère, OM = 1, et X
est colinéaire et de même sens que dS, de sorte que le flux de X à travers 1 est :
 
 <X, dS> =   dS aire de la portion de sphère coupant le cône
 
 1  1
On a vu que div(X) = 0. Soit 2 une autre surface coupant le même cône et orientons les éléments
dS de 2 en s'éloignant de O. X étant à flux conservatif, on a :
  
 <X, dS> =  <X, dS> =   dS
  
 2  1  1
Le flux de X à travers toute surface 2 coupant ledit cône est égal à l'aire de la portion de sphère de
rayon 1 coupant le cône. Il s'agit de la mesure de l'angle solide défini par 1, ou par 2, ou par le
cône, vu depuis O.
Pour une surface  égale à la totalité de la sphère, l'angle solide vaut 4, égale à l'aire de la sphère
de rayon 1.

 
 La relation  <X, dS> =   div(X) d est caractéristique de la divergence au sens suivant.
 V
S'il existe un champ scalaire f continu tel que, pour tout volume V limité par une surface , on a
  f d, alors f = div(X). En effet, on se place en un point A et on considère la
 <X, dS> = 
 V
boule V de centre A et de rayon r. Quand r tend vers 0, on a, en notant M le point décrivant V :
 f(M) d =  f(A) d +  (f(M) – f(A)) d
  
V V V
4r3
= f(A) + o(r3)
3

Le fait que 
 (f(M) – f(A)) d est un o(r3) se montre en majorant l'intégrale et en utilisant le fait
V
que f(M) – f(A) peut être rendu arbitrairement petit, comme on l'a fait dans le III pour l'intégrale
portant sur le gradient.

- 34 -

On aura de même 
4r3
 div(X) d = div(X)(A) + o(r3), et donc, puisque les deux intégrales
V
3

triples sont égales à  <X, dS> :

4r3 4r3
f(A) + o(r3) = div(X)(A) + o(r3)
3 3
En divisant par r3 et en faisant tendre r vers 0, on a bien f(A) = div(X)(A).

 Un fluide en mouvement se définit à chaque instant t par un champ de vecteurs vitesses v. Le


vecteur v au point (x, y, z) est la vitesse de la particule du fluide se trouvant à cet instant t en (x, y, z).
Considérons maintenant dans R3 un volume V limité par une surface . Considérons un élément de
surface dS de , dirigé vers l'extérieur de V. Pendant un intervalle de temps dt, les particules de V
qui traversent le petit élément de surface dS sont celles situées dans un cylindre de base dS et de
génératrice v dt. Le volume de ce cylindre est <v, dS> dt. Cet élément de volume est compté
positivement si les particules sortent de V (v et dS sont dans le même demi-espace, et leur produit
scalaire est positif) et négativement si elles y rentrent (v et dS sont dans des demi-espaces opposés,
et leur produit scalaire est négatif). Si le fluide possède une densité volumique  (en kg/m3),
éventuellement dépendant de (x, y, z) si le fluide est compressible, alors  <v, dS> dt est la masse de
fluide qui sort de V (si cette quantité est négative, sa valeur absolue est la masse de fluide qui y
entre) en traversant l'élément de surface dS pendant l'intervalle de temps dt. Si on somme sur toute

la surface,   <v, dS> dt est la masse algébrique de fluide qui sort du volume V pendant


l'intervalle de temps dt. La quantité   <v, dS> est la masse algébrique par unité de temps qui


sort de V. Comme la masse de fluide contenue dans V est aussi    d, la masse de fluide qui
V

sort de V par unité de temps est aussi –     d. On a donc la relation suivante, dite équation
t 

 V

de conservation, car elle traduit la conservation de la matière et exprime qu'il ne se crée ni ne se
détruit la moindre quantité de fluide, même si ce dernier se déplace ou se comprime. C'est une
relation relevant de la physique et non des mathématiques car elle décrit une propriété de la matière
et non une relation de calcul algébrique :
  
  <v, dS> = – t   d
 V
Un signe – précède le second membre car si la masse de fluide qui sort est positive, alors la masse
de fluide dans V décroît donc sa dérivée est négative.
Appliquons alors la formule de Green-Ostrogradski au membre de gauche :
 
  <v, dS> =  div(v) d
 V
On a donc :
 
–  d =  div(v) d
t V
 V
- 35 -
Cette relation étant vérifiée pour des volumes V quelconques, et la formule de Green-Ostrogradski
donnant une caractérisant de la divergence comme on l'a vu précédemment, on en tire :
–  = div(v)
t
équation connue sous le nom d'équation de continuité, loi physique traduisant une propriété de la
matière. v est la densité de courant.

Dans le cas d'un fluide incompressible,  est constant. On obtient alors :


0 = –  = div(v) =  div(v)
t
donc :
div(v) = 0
Si l'on observe un cours d'eau au voisinage des arches d'un pont, on observe une accélération du
courant, puis, à la sortie du pont, une décélération. Ce phénomène est dû à l'incompressibilité de
l'eau. La divergence est nulle. Le flux du champ des vitesses est constant à travers une surface
sectionnant le cours d'eau, donnant le débit, et cette surface est plus faible entre les arches du pont.
La vitesse doit donc y être supérieure.

 Voici toute une liste d'autres situations, analogues entre elles. L'exemple précédent n'y figure pas
car le champ des vitesses ne dérive pas en général d'un potentiel, et peut être doté d'un rotationnel
non nul.

- 36 -
DENSITE DE COURANT ET CONCENTRATION D'UNE SUBSTANCE
substance quelconque diffusion d'un corps courant électrique propagation de la chaleur
(unité U) (nbre de moles mol) (coulomb C) (joule J)
densité de courant de
la substance J
(quantité de substance densité de courant de densité de courant J densité de flux thermique
traversant une surface diffusion J J
par unité de surface et
de temps)
(en U.m–2.s–1) (en mol.m–2s–1) (en A.m–2 ou C.m–2.s–1) (en J.m–2.s–1)
quantité q de chaleur par
unité de volume
(le plus souvent :
q = CT
où C est la chaleur
quantité de substance concentration c densité  de charges massique ou chaleur
par unité de volume x électriques spécifique ou capacité
thermique massique et 
la masse volumique :
 en kg.m–3,
C en [Link]–1.K–1)
(U.m–3) (en mol.m–3) (en C.m–3) (en J.m–3)
LOI DE CONTINUITE ET DE CONSERVATION DE LA SUBSTANCE
 <J, dS> =  <J, dS> =  <J, dS> =  <J, dS> =
   
 – x d  – c d  –  d  – q d
 t   t   t  t
V V V V
x c div(J) = –  q T
div(J) = – div(J) = – div(J) = – = – C
t t t t t
div(J) = 0 en régime permanent
LOI DE DIFFUSION OU DE PROPAGATION DE LA SUBSTANCE
potentiel P concentration c potentiel électrique V température T
loi de propagation loi de Fick loi d'Ohm loi de Fourier
J = – C grad(P) J = – D grad(c) J = –  grad(V) J = –  grad(T)
D coefficient de conductivité  conductivité thermique
C coeff constant diffusion électrique
ou diffusivité (1/ est la résistivité)
(m2.s–1) (–1.m–1) (W.m–1.K–1)
x c  V =  T
C P = D c = D T =
t t t t
D diffusivité thermique,
D = /C(m2.s–1)
en régime permanent
P = 0 c = 0 V = 0 T = 0
où  est le laplacien, égal à la divergence du gradient.
- 37 -
4- Formule du gradient
La formule de Green-Ostrogradski permet également de transformer des intégrales du type :

 f dS

où f est un champ scalaire (f peut par exemple désigner la température ou la pression en un point), et
 une surface renfermant un volume V. En effet, faisons le produit scalaire par un vecteur
quelconque fixe u. On obtient, d'après la formule de Green-Ostrogradski :
  div(fu) d
 <fu, dS> = 
 V
Or, pour u constant, div(fu) = <grad(f), u> (Voir le formulaire I).
 
donc  <fu, dS> =  <grad(f) , u> d
 V
 
 <u ,  fdS> = <u, 
 grad(f)> d

  
 V

u étant quelconque, on a donc :


  grad(f) d (formule du gradient)
 f dS = 
 V

EXEMPLE : Le théorème d'Archimède.


 Considérons un corps plongé dans un liquide dans lequel règne un gradient de pression P. Il est
soumis à une force définie par :

F =  – P dS

(Le signe – provient du fait que dS est orienté vers l'extérieur du volume, alors que la force subie
par le corps est orientée vers l'intérieur). Appliquons la formule du gradient avec f = – P. On
obtient :

F=  – grad(P) d

 V
En particulier, si P = gz (pression dans un liquide incompressible de masse volumique , dans un
champ gravitationnel constant g, à la profondeur z), alors grad(P) = g k (k étant dirigé vers le bas)

 F=  – g d k = – Mg k
  V


où M =    d est la masse de liquide occupant le volume V. La force d'Archimède F est la

 V
dirigée de bas en haut, égale au poids du volume de liquide déplacé.


On notera également que, si f est constante, alors grad(f) = 0, donc, en particulier  dS = 0

pour toute surface  englobant un volume. On prendra garde qu'il s'agit ici de l'intégrale des
- 38 -
éléments de surface vectoriels dS, à distinguer de l'intégrale des éléments de surface scalaire dS

donnant pour valeur de  dS l'aire de la surface .

Partitionnons  en deux parties 1 et 2 limitée par une même courbe orientée . L'une des
surfaces, par exemple 1, est telle que les vecteurs dS sont orientés de façon compatible avec
l'orientation de . Cela signifie que, lorsqu'on se place en un point M de , le vecteur unitaire
tangent t en M à  dirigé selon l'orientation de , le vecteur unitaire n orthogonal à t, tangent à 1 et
dirigé vers l'intérieur de 1 et le vecteur unitaire b dirigé selon dS forme une base orthonormée
directe. On oriente ensuite les autres vecteurs dS par continuité. De l'autre côté de  se trouve 2 et
si l'on applique le même procédé pour 2, on constate que n a changé de sens (il est dirigé
maintenant vers l'intérieur de 2. Les vecteurs dS de 2 ont donc une orientation incompatible avec
celle de .

1

2
Dans la figure ci-dessus, les vecteur bleus orthogonaux à 1 ont une orientation compatible avec
celle de . Ce n'est pas le des vecteurs rouges orthogonaux à 2. Changeons alors l'orientation des
éléments de surface de 2 pour la rendre compatible avec celle de . On obtient, comme tenu du
changement de signe sur 2 :
  
0 =  dS =  dS –  dS
 
 1

 2
 
donc  dS =  dS
 
 1  2

On peut donc définir l'intégrale vectorielle S =  dS d'une surface limitée par une courbe orientée

 sans préciser de quelle surface il s'agit, seule comptant la courbe . Cette situation est exploitée en
magnétostatique, où l'on définit un dipôle magnétique comme étant une boucle  parcouru par un
courant d'intensité I. Soit  une surface s'appuyant sur  et orientée de manière compatible par le
sens du courant parcourant . On définit le moment magnétique de cette boucle de courant comme
étant le produit de l'intensité de courant I par la surface vectorielle S. Il n'est pas nécessaire de
préciser la façon dont est définie S, ni de supposer que  est plane.

 Illustrons l'observation précédente par des exemples. Considérons la courbe  constituée du


cercle trigonométrique dans le plan Oxy. Prenons pour 1 le disque correspondant. On a dS = dS k

et  dS = k.


- 39 -
Prenons pour 2 la demi-sphère dans le demi-espace z  0, s'appuyant sur , et paramétré en
 cos()sin() 
sphérique par (, )   sin()sin() , 0    2, 0    . On a :
2
 cos() 
 cos()sin() 
dS = sin() dd  sin()sin() 
 cos() 
donc :
 cos()sin () 
2
 /2
  sin()sin2()  dd
 dS = 
2

    
 2 0 0  sin()cos() 

/2 
 0 
=  0  d
 
0  2sin()cos() 
0
=  0  = k


On voit que l'intégrale de  dS est la même pour les deux surfaces s'appuyant sur .


 Si  est une boucle de l'espace, paramétrée par une fonction s  [0, 1]  P(s)  , avec
1 1
P(0) = P(1), on peut définir S comme étant  OP(s)  P '(s) ds, O étant quelconque, les éléments
2
0
de surface élémentaires dS étant les triangles de sommets O, P(s) et P(s) + P '(s) ds. Il est facile de
montrer que cette expression ne dépend pas de O, car si on prend un autre point , alors (en
1
omettant le facteur pour alléger le calcul) :
2
1 1 1
 OP(s)  P '(s) ds =  O  P '(s) ds + P(s)  P '(s) ds
  
0 0 0
1 1
= O   
 P '(s) ds +  P(s)  P '(s) ds
0 0
1
=  P(s)  P '(s) ds
0
1 1
puisque  P '(s) ds = [P(s)] = P(1) – P(0) = 0.

0 0

5- Formule du rotationnel
De même que la formule du gradient, on montre la formule du rotationnel, où X est un champ de
vecteurs, toujours avec une surface  entourant un volume V :
  Rot(X) d (formule du rotationnel)
 X  dS = – 
 V
En effet, pour tout vecteur u, on a :
- 40 -
 
<u, X  dS> =  [u, X, dS] où [ , , ] désigne le produit mixte
 

=  <u  X, dS>


=
 div(u  X) d
V
or, pour u constant :
div(u  X) = – <u, Rot(X)>
d'après la formule div(X  Y) = <Rot(X),Y> – <X, Rot(Y)> du formulaire I, avec ici u constant à la
place de X et X à la place de Y.
 
Donc <u, X  dS> = – <u, Rot(X)> d
 V

= – <u,
 Rot(X) d>

 V
Cette égalité étant vraie pour tout u, on obtient le résultat désiré.

On peut montrer (voir le théorème de Poincaré dans une annexe du chapitre L2/[Link])
qu'il y a localement équivalence pour un champ de vecteurs entre :
 être égal à un rotationnel (i.e. dériver d'un potentiel vecteur)
 être de divergence nulle
 être à flux conservatif (le flux à travers une surface fermée est nul, le flux à travers une surface
ouverte ne dépend que du bord de cette surface).
C'est le cas du champ magnétique.

6- Laplacien
Pour une fonction f de R3 dans R, de classe C2, on définit le laplacien f par :
2f 2f 2f
f = div(grad(f)) = 2 + 2 + 2
x y z
Le laplacien intervient
 en électricité : V +  = 0, où  est la densité volumique de charge électrique, et 0 la
0
permittivité du vide.
T
 en diffusion de la chaleur : = D T où D est la diffusivité thermique du milieu
t
et dans d'autres phénomènes de diffusion (cf tableau du 3).

Le laplacien mesure la dispersion d'un champ dérivant d'un potentiel. Prenons l'exemple suivant. On
considère une barre conductrice de chaleur, dont une extrémité est en contact avec une source
chaude et l'autre extrémité avec une source froide. Il existe un gradient de température au sein de la
barre. grad(T) indique dans quel direction la température croît le plus vite. La chaleur va circuler
dans la barre dans une direction opposée au gradient, de la température la plus forte vers la
température la plus faible. En un point où le laplacien est nul, le flux de gradient entrant dans un
élément de volume est égal au flux sortant. Il y a autant de chaleur qui entre que de chaleur qui sort.
Si le laplacien est positif, alors le flux de gradient sortant est supérieur au flux de gradient entrant, et
- 41 -
puisque la chaleur circule en sens opposé du gradient, la quantité de chaleur entrante est supérieure
à la quantité de chaleur sortante. La température s'élève. Par une considération analogue, un
laplacien négatif signifie que la température décroît. Cela permet de comprendre l'équation de la
T
chaleur de Fourier : = D T pour une certaine constante D.
t
 
Si l'on reprend la formule de Green-Ostrogradski  <X, dS> =   div(X) d appliqué à
 V
 
X = grad(f), on obtient :  <grad(f), dS> = 
 (f) d. Supposons par exemple que (f) soit une
  V
constante K et appliquons la formule précédente à une sphère de rayon r. On obtient
 4r3K
 <grad(f), dS> = . Dans cette expression, <grad(f), dS> est le taux radial de variation de f

3
f
en un point M de  multiplié par un élément de surface dS, ce qu'on note aussi (M) dS. Ainsi,
r
 f (M) dS = 4r K. Soit  la sphère unité et considérons l'homothétie m    M = rm  .
3

 r 0 0

3
On a dS = r2 d où d est l'élément de surface de la sphère unité :
 f 4r3K
 (rm) r2 d =
 r 3
 0
 f 4rK
  (rm) d =
 r 3
 0
 
  f(rm) d = 4rK
r 3
 0
 2 
  f(rm) d = 2r K +  f(0) d en intégrant par rapport à r
 3 
 0  0
 2
  f(rm) d = 2r K + 4f(0) car l'aire de 0 vaut 4
 3
 0
1  2r2K
 2 f(M) dS = + 4f(0) en revenant à la sphère 
r  3
 
1  r2 K
  f(M) dS = + f(0)
4r2 
 
6
1  
La quantité 2 f(M) dS n'est autre que la valeur moyenne f de f sur . On a ainsi montré que :
4r 
 r2 K
 f – f(0) = .
6

- 42 -

On notera que, si K = f = 0, alors f = f(0), autrement dit, la valeur de f en un point est égale à la
valeur moyenne de f sur une sphère centrée en ce point. On a dans ce cas une fonction dite
harmonique.

7- Champ de tenseurs
Un champ de tenseurs est une application de R3 à valeurs dans L(R3) ou dans M3(R) . En chaque
point de l'espace est défini non pas un vecteur comme c'est le cas d'un champ de vecteurs, ni un
scalaire comme c'est le cas d'un champ scalaire, mais une application linéaire.

Considérons par exemple deux champs de vecteurs X et Y, i.e. deux applications


A  R3  X(A)  R3 et A  Y(A), liés entre eux par une relation linéaire X = MY, où M est une
matrice 3  3 dépendant de A. L'application A  M(A) est un champ de tenseurs. Supposons ces
applications toutes différentiables en A. On a, pour tout vecteur v :
X(A + v) = M(A + v)Y(A + v)
= (M(A) + dMA(v) + o(v))(Y(A) + dYA(v) + o(v))
= M(A)Y(A) + dMA(v)Y(A) + M(A)dYA(v) + o(v)
La partie linéaire du développement est dMA(v)Y(A) + M(A)dYA(v), de sorte que :
dXA(v) = dMA(v)Y(A) + M(A)dYA(v)
ou dXA = dMA Y(A) + M(A)dYA
ou dX = dM Y + M dY

Ci-dessus:
dYA est une application linéaire, dYA(v) un vecteur, M(A)dYA(v) un vecteur,
Y(A) est un vecteur, dMA(v) une application linéaire, dMA(v)Y(A) un vecteur,
dMA est une application linéaire qui, à un vecteur v associe l'application linéaire dMA(v). C'est un
élément de L(R3, L(R3)). dMA Y(A) est l'application qui, à un vecteur v, associe le vecteur
dMA(v) Y(A). C'est un endomorphisme de R3.
Notons (xi)1i3 les coordinnées de A, (Xi)1i3 les composantes de X dans la base canonique de R3,
3
(Yi)1i3 celles de Y, (Mij) le terme général de la matrice M. Alors Xi =  MikYk. dX est
k=1

Xi
l'endomorphisme dont la matrice a pour terme général et dY est l'endomorphisme dont la
xj
Yi
matrice a pour de terme général . On a :
xj
Xi 3 Mik 3
Y
= Yk +  Mik k
xj k=1 xj k=1 xj
3
Yk
 Mik est le terme (i, j) de la matrice de M dY.
k=1 xj

- 43 -
3
Mik
 Yk est le terme (i, j) de la matrice de dM Y. Appliqué sur un vecteur v de composantes
k=1 xj

3
Mik
3 3 3
Mik
(vj)1j3, dM(v)Y a pour i-ème composante  Yk vm =  ( vm)Yk , de sorte que le
m=1 k=1 xm k=1 m=1 xm

3
Mik
terme (i, k) de l'endomorphisme dM(v) est  vm. M étant une matrice 3  3 dont le terme (i, k)
m=1 xm

est une fonction Mik, on peut voir dM comme une matrice 3  3 dont le terme général (i, k) est la
M
forme linéaire dMik ayant pour matrice la ligne ( ik)1m3. On applique dM sur un vecteur v en
xm
appliquant les 3  3 formes linéaires constituant dM sur le vecteur v, obtenant ainsi la matrice 3  3
dM(v).
En remplaçant Y par un vecteur w, dM peut aussi être vu comme définissant une application
bilinéaire : (v, w)  R3  R3  dM(v)w  R3.

EXEMPLE :
 Nous avons déjà rencontré cette situation à l'occasion de l'introduction de la différentielle
seconde d2X d'un champ X. M = dX est en effet un champ de tenseurs, qui, au point A, associe
l'application linéaire M(A) = dXA. Nous avons défini d2X comme l'application bilinéaire suivante :
d2X(v, w) = d(dX(w))(v)
donc d2X(v, w) = d(Mw)(v) = dM(v)w
Mais d2X est une forme bilinéaire symétique, ce que n'est pas en général la forme bilinéaire
(v, w)  dM(v)w où M est un champ de tenseurs quelconque.

Considérons maintenant la formule de Green-Ostrogradski, en notant N le vecteur unitaire normal à


l'élément de surface géométrique dS et dirigé vers l'extérieur, de sorte que dS = N dS :
   div(X) d
 <X, dS> =  <X, N> dS = 
  V
Supposons qu'en chaque point de l'espace, soit défini un endomorphisme T et formons la quantité

 T(N) dS. Pour tout vecteur u, on a :

 
 <u, T(N)> dS =  <T*(u), N> dS où T* est l'adjoint de T
 

= div(T*(u)) d

 V
En un point donné, la fonction u  div(T*(u)) est une forme linéaire , donc elle est égale au
produit scalaire de u par un certain vecteur que nous noterons div(T*). On a alors :
  <u, div(T*)> d
 <u, T(N)> dS = 
 V
et cette égalité étant vraie pour tout u, il en résulte que :

- 44 -
  div(T*) d
 T(N) dS = 
 V

Calculons l'expression de div(T*). Si la matrice T de T dans une base orthonormée a pour terme
3
général tij, alors la matrice de T* étant la transposée de T, les composantes de T*(u) sont  tki uk,
k=1

3
tk1 tk2 tk3
1  i  3. Sa divergence vaut ( + + ) uk = (u), produit scalaire de u par le vecteur
k=1 x y z
tk1 tk2 tk3
div(T*) de composantes + + , 1  k  3. Ainsi, le vecteur div(T*) s'obtient en calculant
x y z
successivement les divergences des trois lignes de la matrice de T (ou les colonnes de T*), et ces
trois divergences forment les composantes du vecteur div(T*) recherché.

EXEMPLES :
 
 La formule ci-dessus permet de retrouver la formule du gradient  f dS =   grad(f) d en

  
 V
posant T(N) = f N, pour laquelle T = f Id = T* et qui est tel que div(T*) = grad(f).

 
 On retrouve également la formule du rotationnel  X  dS = –   Rot(X) d, en prenant
   V

 
P  0 –R Q 
T(N) = X  N. Si X a pour composantes  Q , alors T a pour matrice  R 0 –P . div(T*) est le
 
R  –Q P 0 
Q R
 –
z y 
vecteur de composantes

R P
– 
et l'on reconnaît bien – Rot(X).

x z
P Q 
 –
y x 
 On rencontre également cette formule lorsqu'un domaine est soumis à un champ de contraintes
surfaciques. On suppose qu'un milieu continu de matière, situé initialement dans un domaine V
limité par la surface , est soumis à un champ de forces volumiques et à un champ de forces
surfaciques. Le domaine peut se déformer au cours du temps, et pour éviter d'intégrer sur un
domaine variable, les éléments de volume sont étiquetés par leur position dans le domaine V à un
instant arbitraire choisi comme instant initial. On dit que l'on procède par référence, dans la
formulation de Lagrange. Ainsi, si F est le champ de force volumique qui s'applique, F(x, y, z, t)
désigne la force s'exerçant à l'instant t sur l'élément de volume situé initialement en (x, y, z). On note
p le vecteur reliant l'origine à la position occupée à l'instant t par l'élément de volume considéré. A
x
l'instant initial, p vaut simplement  y , mais ses composantes varient ensuite au cours du temps. Sa
z

- 45 -
dérivée première par rapport au temps est la vitesse de l'élément de volume considéré, et sa dérivée
seconde est l'accélération a de cet élément de volume.
On suppose que la force s'exerçant à l'instant t sur un élément de surface est de la forme T(N) dS, où
dS est l'aire élémentaire de l'élément dans sa position initiale, N étant le vecteur normal à cet
élément et extérieur à V, T un champ de tenseurs linéaires, dépendant de la position et du temps.
Nous allons montrer que T est nécessairement un opérateur symétrique et nous nous bornerons à
effectuer les calculs à l'instant initial choisi. Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :
  F d =  a d
 T(N) dS +   

   V V
où  est la masse volumique de l'élément de volume considéré dans sa position initiale. Compte
 
tenu de la formule  T(N) dS = 
 div(T*) d, ce principe se traduit par :

  
 V
div(T*) + F = a
Si on calcule maintenant le moment des forces par rapport à l'origine, le théorème du moment
cinétique donne :
  p  F d =  p  a d
 p  T(N) dS +  
 V V
L'application N  p  T(N) est une application linéaire donc on peut lui appliquer la formule
 
précédente :  p  T(N) dS = 
 div((p  T)*) d. Il en résulte que :

  
 V
 div((p  T)*) d +  p  F d =  p  a d
  
V V V
et comme le volume V peut être pris quelconque, le théorème du moment cinétique s'exprime aussi
sous la forme :
div((p  T)*) + p  F = p  a
Comme on avait div(T*) + F = a, on a également :
p  div(T*) + p  F = p  a
Les deux équations sont compatibles si et seulement si div((p  T)*) = p  div(T*). Voyons à quoi
correspond cette condition en calculant explicitement div((p  T)*). A l'instant initial pour lequel p a
x
pour composantes  y , on vérifiera que l'application v  p  T(v) a pour matrice :
z
 yt31 – zt21 yt32 – zt22 yt33 – zt23 
 zt – xt 
31 zt12 – xt32 zt13 – xt33
 11 
 xt21 – yt11 xt22 – yt12 xt23 – yt13 
où les tij sont les termes de la matrice de T.
Si on note L1, L2 et L3 les lignes de T, la divergence div((p  T)*) cherchée est le vecteur ayant pour
composantes les divergences des lignes de la matrice précédente, ce qui donne :
 t32 – t23 + ydiv(L3) – zdiv(L2) 
div((p  T)*) =  t13 – t31 + zdiv(L1) – xdiv(L3) 
 t21 – t12 + xdiv(L2) – ydiv(L1) 
 ydiv(L3) – zdiv(L2) 
On reconnaît dans  zdiv(L1) – xdiv(L3)  la quantité p  div(T*).
 xdiv(L2) – ydiv(L1) 

- 46 -
 t32 – t23 
Par conséquent, on a div((p  T)*) = p  div(T*) si et seulement si  t13 – t31  = 0, ce qui exprime le
 t21 – t12 
fait que la matrice de T est symétrique. Ainsi, le tenseur de contraintes est-il nécessairement
symétrique si on veut que les lois de la mécanique soient respectées.

VI : Théorème de Stokes (n=2 dans l'espace)

1- Enoncé
On a ici :
D est une surface  de R3, non fermée et limitée par
D, son bord, qui est une courbe  à laquelle on donne une orientation compatible avec celle
de , comme décrit dans le paragraphe V-4) précédent, relatif au théorème d'Archimède.
P
 = Pdx + Qdy + Rdz = <X, .> où X est le champ de vecteurs  Q 
R
d(u, v) = [Rot(X), u, v] pour tous vecteurs u et v, comme on l'a vu dans le II

 
La formule   =  d s'écrit ici sous la forme :
D D
 
 <X, dM> =  <Rot(X), dS>
 
conformément au sens à donner à l'intégrale d'une forme différentielle de degré 1 ou de degré 2 et
que nous avons déjà rencontré précédemment.


L'intégrale  <X, dM> s'appelle circulation de X le long de . La formule exprime le fait que cette

circulation est égal au flux du rotationnel de X à travers toute surface  limitée par le contour .

Cette formule est une généralisation à R3 de la formule de Green-Riemann dans le plan. On


retrouve en effet cette dernière dans le cas d'une surface plane  contenue dans le plan (Oxy) en
P
rajoutant une troisième dimension au plan et en considérant le champ de vecteurs X =  Q . On a
0
 0  0
 
Rot(X) = Q P et dS = dxdy k. La formule de Stokes redonne exactement la formule de
 – 
 x y 
Green-Riemann.

Revenons au cas général. Si X dérive d'un potentiel scalaire f, l'égalité ci-dessus se réduit à 0 = 0,
car on a Rot(grad(f)) = 0 (Voir le formulaire I). On retrouve le fait que la circulation d'un gradient le
long d'une courbe fermée est nulle.

- 47 -
Le rotationnel peut s'interpréter physiquement dans le cas d'un champ de vitesses comme le vecteur
rotation d'un élément infiniment petit placé dans ce champ. On prendra par exemple le champ de
vitesse V = yi dont le rotationnel vaut –k, pour se convaincre qu'une particule sera effectivement
soumise à une rotation d'axe –k.

On peut montrer (voir Théorème de Poincaré dans un annexe du chapitre L2/[Link]) qu'il
y a localement équivalence pour un champ de vecteurs entre :
 dériver d'un potentiel scalaire (i.e. être égal à un gradient)
 être de rotationnel nul
 être à circulation conservative (la circulation sur un circuit fermé est nulle, la circulation sur un
circuit ouvert ne dépend que des extrémités)

2- Démonstration
 On suppose que  est donné par le paramétrage (u, v)  [0, 1]2  M(u, v)  R3 de classe C2. On
a:
   <Rot(X), M  M> dudv
1 1
 <Rot(X), dS> =  
   u v
0 0
1 M M
1
= 
  <Rot(X)  u , v > dudv
0 0
1 1 M M
= 
  <(dX – dX*)( u ), v > dudv
 0 0
d'après la ([Link]) du rotationnel vue en I
1 M M
1 1 1 M M
=   
  <dX( u ), v > dudv –   <dX*( u ), v > dudv
0 0 0 0
 <dX(M), M> dudv –   <M, dX(M)> dudv
1 1 1 1
=
  u v   u v
 0 0
  0 0
d'après la définition de l'adjoint
 < (X(M)), M> dudv –   <M,  (X(M))> dudv
1 1  1 1
=
  u v   u v
 0 0
  0 0
d'après l'expression des dérivées partielles de la
fonction composée (u, v)  M(u, v)  X(M(u, v))
1 1 M> – <X(M), 2M > dudv
=  <X(M),
  u v uv
 0 0

  <M, X(M)> – <  M , X(M)> dudv


1 1 2
–  v u vu
0 0
  <X(M), M> dudv –    <M, X(M)> dvdu
1 1 1 1
=
  u v   v u
 0 0
  0 0
2M 2M
car <X(M), >= < , X(M)>
uv vu

- 48 -
1 M M
=
 <X(M(1, v)), v > – <X(M(0, v)), v > dv
0
1 M M
– < u , X(M(u, 1))> – < u , X(M(u, 0))> du
 0
1M, X(M(u, 0))> + 1 <X(M(1, v)), M>
= <
 
0 u 0 v
0 M
 <X(M(0, v)), M> dv
0
+ < , X(M(u, 1))> du +
 
1 u 1 v

et on reconnaîtra dans les quatre intégrales celles intervenant dans le calcul de   <X, dM>

respectivement pour les quatre morceaux de  paramétrés par u  M(u, 0), u croissant de 0 à 1,
v  M(1, v), v croissant de 0 à 1, u  M(u, 1), u décroissant de 1 à 0 et v  M(0, v), v décroissant
de 1 à 0.

3- Exemples
 Considérons une boucle de courant parcourue par un courant I, plongé dans un champ
magnétique uniforme. Chaque élément dM de la boucle est soumise à la force de Laplace
dF = IdM  B. La boucle tout entière est soumise à une force que l'on calcule en prenant l'intégrale
de l'expression précédente. Si B est constant, cette intégrale est nulle puisqu'on intègre alors dM sur
un circuit fermé. Par contre, le moment de cette force par rapport à un point O est :
 
C =  OM  dF =  OM  (IdM  B)
 
 
=  <OM, B> IdM –  <OM, IdM> B
 
en utilisant la formule du double produit vectoriel
u  (v  w) = <u, w> v – <u, v> w

 
= I <OM, B> dM – I <OM, dM> B
 

1
= 0 car <OM, dM> est la différentielle exacte de OM 2, qu'on
2
intègre sur un chemin fermé

donc C = I <OM, B> dM

Si l'on cherche sa composante de C selon un vecteur normé u, on obtient :
<C, u> = I <OM, B> <u, dOM>

= I <Rot(<OM, B> u), dS> en vertu du théorème de Stokes.


Or, pour u et B constants, on a :

- 49 -
Rot(<OM, B> u) = grad(<OM, B>)  u
d'après la formule Rot(fX) = grad(f)  X + f Rot(X) du
formulaire I, avec ici Rot(X) = 0 car X = u est constant
=Bu
car grad(<OM, B>) = B, obtenu par calcul direct, ou bien
en utilisant la formule grad(<X, Y>) = dX*(Y) + dY*(X)
du formulaire I, avec ici X = OM de différentielle dX = Id
et Y = B constant
donc <C, u> = I <B  u, dS> = I [B, u, dS] = I <dS  B, u>
  
  
Cette relation étant vraie pour tout u, on a :
C =  I dS  B =   B.


en posant  =  I dS, vecteur appelé moment magnétique de la boucle. Le moment étant


indépendant de O, il s'agit d'un couple qui s'exerce sur la boucle. La formule est analogue au couple
appliqué sur un dipôle électrique de moment électrique p dans un champ électrique E. Cette
analogie justifie le vocabulaire de dipôle magnétique pour une boucle de courant parcourue par un
courant I.

 
 La relation  <X, dM> =  <Rot(X), dS> est caractéristique du rotationnel au sens suivant.
 
S'il existe un champ de vecteurs Y continu tel que, pour toute surface  limité par une courbe , on
 
a  <X, dM> =  <Y, dS>, alors Y = Rot(X). En effet, on se place en un point A et on considère
 
un disque  de centre A et de rayon r.  est le cercle qui le limite. Soit N le vecteur unitaire
orthogonal au plan de  et colinéaire aux éléments dS. Quand r tend vers 0, on a, en notant M le
point décrivant  :
  
 <Y(M), dS> =  <Y(A), dS> +  <Y(M) – Y(A), dS>
  
= <Y(A), r2N> + o(r2)

Le fait que  <Y(M) – Y(A), dS> est un o(r2) se montre en majorant l'intégrale et en utilisant le

fait que || Y(M) – Y(A) || peut être rendu arbitrairement petit, comme on l'a fait dans le III pour
l'intégrale portant sur le gradient.

On aura de même  <Rot(M), dS> = <Rot(X)(A), r2N> + o(r2), et donc, puisque les deux


intégrales doubles sont égales à  <X, dM> :

<Y(A), r N> + o(r ) = <Rot(X)(A), r2N> + o(r2)
2 2

En divisant par r2 et en faisant tendre r vers 0, on a <Y(A), N> = <Rot(X)(A), N>. Ceci étant vrai
pour tout vecteur N en faisant varier le plan du disque passant par A, on a Y(A) = Rot(X)(A).

- 50 -
4- Formule de Kelvin
Dans l'exemple précédent, nous aurions pu utiliser la formule suivante :
 
 f dM = – grad(f)  dS (formule de Kelvin)
 
avec f = <OM, B>. Cette relation se montre comme ci-dessus. Pour tout vecteur u, on a :
 
<u, f dM> = <fu, dM>
 

=  <Rot(fu), dS>

d'après le théorème de Stokes

=  <(grad(f)  u), dS>

car Rot(fu) = grad(f)  u comme on vient de le voir

=  [grad(f), u, dS]


= – [u, grad(f), dS]


= – <u, grad(f)  dS>

d'où le résultat, l'égalité étant vraie pour tout u.

5- Autre formule

On dispose également d'une formule concernant  X  dM, où X est un champ de vecteurs. En

effet, pour tout vecteur u, on a :
 
 <u, X  dM> =  <u  X, dM>
 

=  <Rot(u  X) , dS> d'après le théorème de Stokes


Or, u étant fixe, Rot(u  X) = div(X)u – dX(u). On utilise pour cela la formule
Rot(X  Y) = (dX(Y) – div(X)Y) – (dY(X) – div(Y)X) du formulaire I, avec ici u au lieu de X et X
au lieu de Y.
 
  <u, X  dM> =  <div(X) u – dX(u), dS>
 
Or :
<dX(u), dS> = <u, dX*(dS)>
d'après la définition de l'adjoint
= <u, grad(<X, dS>)>
en convenant que les dérivées partielles du gradient n'interviennent
que sur X. Pour le voir, on utilise la formule
- 51 -
grad(<X, Y>) = dX*(Y) + dY*(X) du formulaire I,
avec ici Y = dS pour lequel on convient que dY = 0
  
Donc  <u, X  dM> =  div(X) <u, dS> –  <u, grad(<X, dS>)
  
u étant quelconque, on a donc :
  
 X  dM =  div(X) dS –  grad(<X, dS>)
  

EXEMPLES :
 O étant un point donné, si on prend X = OM lui-même, alors div(X) = 3 et grad(<X, dS>) n'est
autre que dS lui-même. Cela donne alors :
1 
 OM  dM =  dS
2
 
1
OM  dM est l'aire vectorielle du petit triangle de sommets O, M et M + dM. Le vecteur aire est
2
orthogonal au plan du triangle. Quand M varie, ces petits triangles engendrent une surface 0

s'appuyant sur  et on en calcule l'aire vectorielle  dS. Cette aire est égale à n'importe quelle

 0

autre aire vectorielle  dS définie par une surface  s'appuyant sur .


 Considérons une petite boucle  orientée, parcouru par un courant I. Quel est le champ
magnétique B(N) produit par cette boucle de courant en un point N situé à grande distance ? La loi
de Biot-Savart (que nous déduirons plus bas des équations de Maxwell) énonce que :
0I
B(N) = 4r2 dM  u
 
où dM est l'élément infinitésimal d'intégration le long de , r la distance entre le point M parcourant
 et le point N, et u le vecteur unitaire dirigé depuis le point M vers le point N. Cette intégrale entre
I I
dans le cadre de l'étude précédente avec X(M) = – 0 2 u = – 0 MN3. On vérifiera que la
4r 4 MN
divergence du champ de vecteurs M  X(M) est nulle (voir la partie Exercices). Il reste donc :
I 
B= 0 gradM(< MN3, dS>) où  est une surface s'appuyant sur 
4 
 MN
 
où on indique par un indice qu'on calcule le gradient en un point M parcourant .
3<MN, v>
Or, on vérifiera que, pour tout v, gradM(< MN3, v>) = 5 MN – v3 (voir la partie Exercices).
MN r r
Si la boucle de courant est petite devant la distance qui la sépare de N, alors r, MN, et donc ce
gradient, sont quasiment les mêmes pour tous les points M de . L'opérateur v  gradM(< MN3, v>)
MN
est alors un opérateur G linéaire en v et considéré comme indépendant de M. Sous cette
approximation, on peut écrire :

- 52 -
0I
B(N)   G(dS)
4 

0I 
= G(  dS) par linéarité de G
4  
0I
= gradM(< u2,  dS>)
4 r 


= gradM( 0 2 <u,  IdS>)
4r 


= gradM( 0 2 <u, >)
4r
avec  =  I dS, moment magnétique de la boucle. La quantité algébrique  = 2 <u,
1
dS> vaut
 r 
 
approximativement  < u2, dS>, et sa valeur absolue est l'angle solide sous lequel on voit la boucle
  r

 depuis N (son signe dépend du sens de parcours du courant qui détermine l'orientation des
 I
éléments dS). Si on pose V = 0 2 <u, > = 0 , on a :
4r 4
B(N) = gradM(V)
Or V est une fonction des coordonnées (xM – xN, yM – yN, zM – zN). Il vaut mieux considérer que V
est un potentiel fonction de N, de sorte que gradM(V) = – gradN(V). Ainsi :

V(N) = 0 2 <u, > et B(N) = – gradN(V)
4r
Ces formules sont remarquablement semblables à celles concernant un dipôle électrique créant un
champ E en un point N situé à grande distance. On a en effet dans ce cas :
1
V= <u, p> où p est le moment électrique du dipôle, et E = – gradN(V)
40r2

VII : Les équations de Maxwell :


Il est remarquable que toutes les lois de l'électromagnétisme se réduisent à quatre équations, les
équations de Maxwell, que nous prendrons mathématiquement comme des axiomes. E est le champ
électrique. B est le champ magnétique. lls dépendent du point de l'espace où on les mesure et de
l'instant t de cette mesure.
On énonce ces quatre équations et on démontre les conséquences mathématiques de ces équations.

1- Divergence du champ électrique

div(E) =  (Maxwell.i)
0
où  est la densité volumique de charges électriques.

PROPOSITION

- 53 -
(i) Soit un volume Vol limité par une surface  et contenant une charge électrique Q. Le
Q
flux du champ électrique E à travers  est égal à (théorème de Gauss).
0
(ii) Si Vol est une boule dont la charge électrique possède une symétrie sphérique, le champ
Q
E créé par Vol à une distance r supérieur au rayon de la sphère a une intensité E = (loi de
40r2
Coulomb).
(iii) En électrostatique, une densité de charge  répartie dans un volume Vol crée en un
1  
40 
point N un champ électrique E dérivant d'un potentiel électrique V(N) = d, où r est

 Vol
r
la distance entre le point M parcourant le volume et le point N où l'on calcule le potentiel V.

Démonstration :
 (i) : On applique le théorème de Green-Ostrogradski. Le flux du champ électrique sortant de 
vaut :
  div(E) d
 <E, dS> = 
 Vol
=    d

 d'après (Maxwell.i)
0
Vol
1 
=    d
0 
Vol

La quantité 
  d n'est autre que la charge Q contenue dans Vol. On a donc :

 Vol
 Q
 <E, dS> = 
 0

 (ii) : On applique (i) sur une sphère S de rayon r supérieur ou égal au rayon de la boule Vol, de
façon que la charge Q soit identique pour S et pour . En raison de la symétrie sphérique de la
charge électrique, E est radial et a même module E(r) en tout point de la surface de la sphère S. On
a donc :
Q 
= <E, dS> =  E dS = E(r) dS = 4r2E(r)
0 S   
S S
Q Q
donc E = . Ce champ dérive du potentiel V (i.e. E = – grad(V)) avec V = (voir au
40r2 40r
besoin l'expression du gradient en coordonnées sphériques dans le paragraphe Repères de ce
chapitre).
C'est le cas en particulier si les charges sont concentrées au centre de la sphère, ce qui donne la
valeur du champ électrique créé par une charge Q à une distance r de la charge.

 (iii) : D'après (ii), le potentiel créé en N par une petite charge q =  d situé en un point M vaut
=  d, avec r = MN. On somme ces potentiels infinitésimaux sur tout le volume
q
40r 40r

- 54 -
considéré. Cela repose sur l'hypothèse que les champs électriques (et donc aussi les potentiels)
s'ajoutent, sans interférence entre eux.

1
On notera que ces égalités s'appliquent à tout champ newtonien en , par exemple le champ
r2
gravitationnel g engendré par une densité de masse , pour lequel div(g) = – 4G (G constante de
l'attraction universelle). Le théorème de Gauss appliquée à une sphère de rayon r pour une masse
GM
ponctuelle M située au centre de la sphère donne 4r2g = – 4GM, ou encore g = – 2 .
r

2- Divergence du champ magnétique


div(B) = 0 ([Link])
Cette équation est équivalente, en appliquant le théorème de Green-Ostrogradski, au fait que le flux
du champ magnétique traversant une surface fermée est nul. Le champ magnétique est à flux
conservatif. Cela exclut en particulier l'existence de monopôles magnétiques.
Du fait que la divergence d'un rotationnel est nulle, on est amené à rechercher B sous la forme
B = Rot(A), ce qui est garanti, au moins localement ou sur un ouvert étoilé (voir le Théorème de
Poincaré dans le chapitre L2/[Link]). A est le potentiel-vecteur de B.

3- Rotationnel du champ électrique

Rot(E) = – B ([Link])
t
A
Cette relation s'écrit au moins localement sous la forme E = – grad(V) – où V est le potentiel
t
électrique de E et A le potentiel-vecteur du champ B. En effet, l'équation ([Link]) implique que
E + A est de rotationnel nul, donc dérive (au moins localement) d'un gradient (voir le Théorème de
t
Poincaré dans le chapitre L2/[Link]).

PROPOSITION
(i) Soit une boucle  conductrice, placée dans un champ magnétique B variable au cours du
d
temps. Alors les électrons de la boucle sont soumis à une force électromotrice égale à – , où 
dt
est le flux de B à travers toute surface s'appuyant sur la boucle (Loi de Faraday).
(ii) Si B est nul,le potentiel V d'un champ électrique vérifie V +  = 0.
0

Démonstration :
 (i) : L'équation ([Link]) implique qu'il existe nécessairement un champ électrique E si B est
variable au cours du temps. Les électrons de charge q de la boucle sont soumis à la force F = qE.
Notons  une surface s'appuyant sur la boucle . Le travail de cette force le long de la boucle 
vaut :
 
W =  <F, dM> =  <qE, dM>
 

- 55 -

= q <Rot(E), dS> d'après le théorème de Stokes

= – q B
 < t , dS> d'après ([Link])

d 
=–q  <B, dS>
dt 
 
d 
=–q car  =  <B, dS>

dt
d
Ce travail est égal à celui appliqué sur une charge q soumis à une différence de potentiel de – .
dt
d
Cela s'interprète en considérant qu'il existe une force électromotrice induite égale à –.
dt
Cette équation régit tous les phénomènes d'induction, à l'origine de tous nos moteurs électriques et
de tous nos générateurs électriques.

 (ii) : Si B est nul, E = – grad(V) et l'équation (Maxwell.i) énonce que div(E) =  . Donc :
0
V = div(grad(V)) = – div(E) = – 
0

4- Rotationnel du champ magnétique

Rot(B) = J + 0 E ([Link])
1
0 t
1
où 00 = , c vitesse de la lumière, et où J est le vecteur densité de courant.
c2

PROPOSITION
On suppose dans cette proposition que E est nul.
(i) Considérons une boucle  limitant une surface . On suppose que  est traversé par un
courant d'intensité I. Alors, la circulation de B le long de  est égal à 0I (Théorème d'Ampère).
(ii) L'intensité du champ magnétique B créé à une distance R par un fil rectiligne parcouru
I
par un courant d'intensité I est B = 0 .
2R
(iii) Supposons maintenant que ce soit la boucle  qui est parcourue par un courant I. Alors,
le champ magnétique B produit par cette boucle de courant en un point N situé à grande distance
0I
est : B(N) =  4r2 dM  u, où r est la distance entre le point M parcourant  et le point N, et u le
 
vecteur unitaire dirigé depuis le point M vers le point N (Loi de Biot et Savart).
(iv) Si E est non nul et varie, la densité de courant J et la densité de charge électrique 
vérifient l'équation div(J) +  = 0 (théorème de conservation de la charge).
t

Démonstration :
- 56 -
 (i) : Dans le cas d'un champ électrique nul, la circulation demandée est :
 
 <B, dM> =  <Rot(B), dS> d'après le théorème de Stokes
 

= 0  <J, dS> d'après ([Link]) et le fait que E = 0
 t
= 0I

car I =  <J, dS> est l'intensité de courant traversant la surface .


 (ii) : On prend pour  un disque de rayon R traversé en son centre par le fil rectigiligne, de façon
à ce qu'il soit perpendiculaire à . La symétrie du système impose que B est tangent à  (une preuve
en est donnée dans le chapitre L1/[Link] dans la notion de vecteur axial) et son intensité
B ne dépend que de R. L'égalité précédente donne :
2RB = 0I
I
donc B = 0
2R

 (iii) : Utilisons le potentiel vecteur A de B, défini par Rot(A) = B avec la condition


1
supplémentaire div(A) = 0. La relation Rot(B) = J devient :
0
1
Rot(Rot(A)) = J
0
 A + 0J = 0 d'après la formule Rot(Rot(X)) = grad(div(X)) – X du formulaire I
Chaque composante de A et J dans une base donnée vérifie donc une équation en tout point
comparable à l'équation V +  = 0 vérifiée en électrostatique par le potentiel électrique V et la
0
1
densité volumique de charge . Il suffit de remplacer par 0. Or ce potentiel électrostatique est
0
1  
défini, à une constante près par V(N) =
40  d où r la distance entre le point M parcourant
 r
le volume et le point N où l'on calcule V. Par conséquent, une solution de l'équation A + 0J = 0
  J
est donnée par l'expression A(N) = 0   d, où l'on intègre sur le volume dans lequel règne le
4 
 r
champ J.
Pour une boucle  parcourue par un courant I, ce volume est constitué par le fil lui-même, d'une
section  faible. J d est de la forme J d dl, l'élément de volume d étant le produit d'un élément
r r
d de la section perpendiculaire à un élément de longueur dl du fil. La densité de courant J a pour
direction le vecteur t tangent au fil au point considéré. Par ailleurs, compte tenu de la faible section
du fil, on peut considérer que la distance r = MN est quasiment la même pour tout point M de ce
volume d. Par conséquent l'intégrale double  J d sur une section du fil est égale à 1 Jd t,

 r r 
 

- 57 -
I
qui n'est autre que t, car l'intensité I du courant parcourant le fil est égale à  Jd. L'intégrale
r 

triple donnant A(N) se réduit alors à l'intégrale simple suivante :
 0  I
A(N) = 0 
I
t dl =
4  r 4  r dM
 
Vérifions qu'on a bien div(A) = 0, ce qu'on a supposé pour obtenir cette expression. On indique par
un indice en quel point on effectue le calcul :

divN(A) = divN( 0 
I
dM)

4  r

I
= 0  divN( dM)
1
4  r

I
= 0 
1
<gradN( ), dM>
4  r

d'après la formule div(fX) = f div(X) + <grad(f), X> du
formulaire I, X étant ici égal à dM, donc indépendant du point N
où l'on calcule la divergence et donc lui-même de divergence nulle
0I  1
= <– 3 MN, dM>
4  r

1 1 1
car, M étant un point parcourant le fil, gradN( ) = – 2 u = – 3 MN
r r r
I 
= 0 
1
4   <RotM(– 3 MN), dS>
r
 
d'après le théorème de Stokes,  étant une surface limitée par 
1
=0 car RotM(– 3 MN) = 0 comme on le montre dans la partie Exercices
r
Calculons maintenant le champ B produit par le fil  :

B(N) = RotN(A(N)) = RotN( 0 
I
dM)

4  r

0I  1
= RotN( dM)
4  r
 
I
= 0 
1
gradN( )  dM

4  r
d'après la formule Rot(fX) = grad(f)  X + f Rot(X) du formulaire I
avec ici X = dM indépendant de N, donc de rotationnel nul
I
= 0 
1
– 2 u  dM

4  r
1 1
car gradN( ) = – 2 u
r r

- 58 -
0I  1
= dM  u
4 
r2
et l'on obtient bien la loi de Biot-Savart. On mémorise cette formule en imaginant que la portion de
courant IdM crée en un point situé à une distance r dans la direction u un élément de champ
 I dM  u
magnétique dB = 0
4 r2

Rot(B) = J + 0 E ([Link]).
1
 (iv) : Il suffit de prendre la divergence dans la relation
0 t
Puisque la divergence du rotationnel est nulle, on obtient :
div(E)
0 = div(J) + 0
t
= div(J) +  en utilisant (Maxwell.i)
t
.

Dans le cas statique (E et B ne dépendent pas du temps), les quatre équations de Maxwell se
réduisent à :
i) div(E) = 
0
ii) Rot(E) = 0
iii) div(B) = 0
1
iv) Rot(B) = J
0

VIII : Changement de repère.


Les définitions intrinsèques du gradient, de la divergence et du rotationnel données en I montrent
que :
Le gradient et le laplacien ne dépendent pas du repère orthonormé choisi, qu'il soit direct ou
indirect.
La divergence ne dépend pas du repère, orthonormé ou non choisi.
Le rotationnel ne dépend pas du repère orthormé direct choisi.

Voici ci-dessous les expressions que l'on obtient en coordonnées cylindriques ou sphériques. La
démonstration est omise, étant assez fastidieuse. Pour obtenir les formules, il faut d'une part
effectuer une dérivation de fonction composée pour le calcul des dérivées partielles, et d'autre part,
effectuer un changement de base pour passer de la base euclidienne à la base locale propre à chaque
système de coordonnées. On pourra s'inspirer de l'exemple du calcul du gradient en coordonnées
polaires dans le plan, donné dans le chapitre L1/[Link], et celui du laplacien en
coordonnées polaires, donné en exercice dans le même chapitre.

1- Coordonnées cylindriques
 x = rcos()
 y = rsin()

z=z
On choisit comme nouvelle base la base (er, e, ez) définie par la matrice de passage :
- 59 -
 cos() –sin() 0 
 sin() cos() 0 
 
 0 0 1
Pour un champ scalaire f et un champ de vecteurs X = Xrer + Xe + Xzez, on a alors :
f 1 f f
grad(f) = er + e + ez
r r  z
X X 1 X Xz
div(X) = r + r + +
r r r  z
1 Xz X X X X X 1 Xr
Rot(X) = ( – ) er + ( r – z) e + (  +  – ) ez
r  z z r r r r 
1 f 2f 1 2f 2f
f = + + +
r r r2 r2 2 z2

2- Coordonnées sphériques
 x = rsin()cos(
 y = rsin()sin()

 z = rcos()
 est l'angle de précession,  l'angle de nutation. Peut également intervenir, pour un solide, l'angle
de rotation propre autour de er. Ces angles sont en général plus faciles à manipuler que les angles de
roulis, de tangage et de lacet autour des axes i, j et k.

 cos()cos( –sin( sin()cos( 


La matrice de passage est  cos()sin( cos( sin()sin( 
 –sin() 0 cos() 
Les vecteurs colonnes sont notés usuellement e, e et er.
On a alors :
f 1 f 1 f
grad(f) = er + e + e
r r  rsin() 
2X X X 1 X 1 X
div(X) = r + r + + +
r r rtan() r  rsin() 
1 (sin()X) X 1 Xr X X 1 (rX) Xr
Rot(X) = ( – )er + ( – – )e + ( – )e
rsin()   rsin()  r r r r 
2 f 2f 1 f 1 2f 1 2f
f = + 2+ 2 + 2 2+
r r r r tan()  r  (rsin())2 2

EXEMPLE :
e 1
 Soit O un point donné de l'espace et X le champ de vecteurs M  OM3 = 2r. On a Xr = 2,
OM r r
X = X = 0 donc :
2 2
div(X) = 3 – 3 = 0
r r
X est à flux conservatif.

3- Cas général
Dans le cas général, on considére un difféomorphisme
- 60 -
 : a = (a1, a2, a3)  R3  x = (x1, x2, x3) = (a)  R3
Ce difféomorphisme sert à la fois à changer de paramètres (les ai plutôt que les xi) et de base. La
matrice jacobienne J de  sert de matrice de passage de la base canonique à une base dite base
locale. Les composantes dans la base canonique des vecteurs de la base locale sont les colonnes de
J.
Il est rare que la base locale soit orthonormée. Mais elle est parfois orthogonale. Dans ce cas, on
notera Nk, 1  k  3, les normes des vecteurs de la base locale et on se ramènera à une base
orthonormée (e1, e2, e3) en divisant les vecteurs de la base locale par leur norme Nk. On peut
également supposer que la base finale est directe, quitte à permuter deux paramètre ai et aj, ce qui
reviendra à permuter ei et ej. C'est dans une telle base orthonormée directe finale qu'on a donné ci-
dessus les expressions des gradient, divergence, laplacien, rotationnel en coordonnées cylindriques
et sphériques.

On se donne une fonction x  f(x) et l'on souhaite exprimer les composantes de grad(f) dans la base
f
locale, et en fonction des ai. Par abus d'écriture, on notera les dérivées partielles de la fonction
ai
composée a  (a) = x  f(x).

De même, on se donne un champ de vecteurs x  X(x) et on souhaite exprimer div(X) à partir des
composantes de X dans la base locale et en fonction des ai. Nous noterons Y la colonne des
composantes de X dans la base locale. On passe de X à Y au moyen de la formule de changement de
base X = JY, et de plus, on effectue une composée de fonction par  de façon que Y dépende des
ai et non des xi.

Enfin, on souhaite exprimer les composantes de Rot(X) dans la base locale à partir des composantes
Y de X dans la base locale et en fonction des ai. Pour y parvenir, nous aurons besoin de la fonction
 m c' b   a – a' 
 de M3(R) dans R qui, à une matrice M = 
3  c n a'   b – b' . Ce vecteur est
, associe le vecteur  
 b' a p   c – c' 
T
tel que, pour tout vecteur v de R3, (M)  v = (M – M )v.

Nous admettrons les résultats suivants. Le lecteur persévérant pourra les appliquer au cas des
coordonnées cylindriques et sphériques et retrouver les formules énoncées précédemment. Il pourra
également chercher une preuve de ces formules.

f
 a 
 f .
1

 La colonne des composantes de grad(f) dans la base locale est J–1(J–1


T
)
 af 
2

 a 
3
Si la base locale est orthogonale, on se placera dans la base orthonormée associée en divisant
chaque vecteur de la base locale par sa norme Nk. Dans ce cas, on a :
3
1 f
grad(f) = N ek
k=1 k ak

- 61 -
3
J –1 3
Y J
 On a div(X) =  Yk Tr( J ) +  k, où Tr désigne la trace,  est la dérivée de la matrice
k=1 ak k=1 a k ak
jacobienne J par rapport à ak (on la calcule en dérivant chacun de ses termes), et Y la colonne des
composantes de X dans la base locale, Y étant fonction des ai.
Si la base locale est orthogonale, on se ramène à sa base orthonormée associée en divisant chaque
vecteur de la base locale par sa norme Nk. Notons Z la colonne des composantes de X dans la base
orthonormée finale, (de sorte que, pour tout k, Zk = NkYk). On a alors :
1 Nj n
1 Zk
div(X) =  Zk + 
jk NjNk ak k=1 Nk ak

 La colonne des composantes de Rot(X) dans la base locale est :


3
J –1
 Yk J–1 ( J ) + J–1 (JJYJ–1)
k=1 ak
où Y est la colonne des composantes de X dans la base locale, et J Y la matrice jacobienne de cette
colonne, les dérivées étant prises par rapport aux ai.
Si la base locale est orthogonale, on se ramène à sa base orthonormée associée en divisant chaque
vecteur de la base locale par sa norme Nk. De plus, on supposera cette base directe, quitte à permuter
au besoin deux paramètres. Notons Z la colonne des composantes de X dans cette base. Alors :
3
1 Zk+2 1 Zk+1 Zk+2 Nk+2 Zk+1 Nk+1
Rot(X) =  (N – + – ) ek
k=1 k+1 ak+1 Nk+2 ak+2 Nk+1Nk+2 ak+1 Nk+1Nk+2 ak+2
où les indices sont calculés modulo 3.

Annexe : Energie potentielle mécanique d'un dipôle magnétique.


Un dipôle magnétique est modélisé par une petite boucle de courant d'intensité I, d'aire vectorielle
orientée S. A la limite, on fait tendre S vers 0 et I vers l'infini de façon que le produit soit constant.
Ce produit  = IS est le moment magnétique du dipôle. Un dipôle magnétique est alors défini par
sa position ponctuelle O et son moment . L'art de la théorie du dipôle magnétique pour le physicien
est d'utiliser avec soin le fait que le dipôle est une boucle de taille non nulle, mais infiniment petite.

On se propose de prouver la proposition générale suivante, habituellement traitée dans les ouvrages
de physique dans des cas particuliers seulement.

PROPOSITION
L'énergie potentielle mécanique d'un dipôle de moment magnétique  dans un champ magnétique B
est – <, B>.

On ne tient compte ici que de l'énergie mécanique résultant des forces de Laplace appliquées sur le
dipôle, laissant de côté l'énergie électromagnétique nécessaire à maintenir l'intensité I du courant ou
la valeur du champ magnétique B. On verra qu'on aura besoin de l'équation de Maxwell div(B) = 0.

Démonstration :

- 62 -
 On considère une boucle se déplaçant et se déformant au cours du temps dans un champ
magnétique B non nécessairement uniforme, mais constant au cours du temps. A chaque instant t,
les positions des points de la boucle sont paramétrées par une fonction P de la forme :
s  [a, b]  P(s, t) = O(t) + u(s, t)
où O(t) est la position du dipôle à l'instant t, dans le cas d'une modélisation ultime ponctuelle, et où
u(s, t) sera pris arbitrairement petit. Pour tout t, u(a, t) = u(b, t) puisque la boucle se referme. Pour
alléger, on omettra parfois d'indiquer que O dépend de t et u de (s, t).
L'aire vectorielle S du dipôle est définie par :
1 b OP(s, t) ds = 1  bu  u ds
S=  OP(s, t) 
2 s 2 s
a

a
en découpant la surface du dipôle par des triangles infinitésimaux de sommets O.
Le moment magnétique du dipôle à l'instant t est donc :
u  u ds
b
 = IS = I 

2
 s
a

Tout segment infinitésimal de la boucle [P(s, t), P(s + ds, t)] = [P(s, t), P(s, t) + u(s, t) ds] subit une
s
force de Laplace égale à :
I u(s, t) ds  B(P(s, t)) = I u ds  B(O + u)
s s
P dO u
Puisque le point P(s, t) se déplace à la vitesse = + (s, t), la puissance des forces de Laplace
t dt t
qui s'exerce sur le dipôle à l'instant t est :
b u dO u
P =I  < s  B(O + u), dt + t > ds
a
b u  B(O + u), dO> ds + I  b <u  B(O + u), u> ds
=I <
 s dt  s t
a a
Elle est constituée de deux parties :
dO
 la première est due au déplacement global du dipôle à la vitesse . Nous verrons ci-dessous
dt
que, dans l'approximation ultime du dipôle, elle est identique à la puissance des forces appliquées
sur un dipôle indéformable gardant un moment magnétique constant, en translation dans un
champ B non uniforme.
u
 la seconde, faisant intervenir , est due à la déformation du dipôle ou à des déplacements autres
t
que ceux de translation. Nous verrons que, dans l'approximation ultime du dipôle, elle est
identique à la puissance des forces appliquées sur un dipôle se déformant dans un champ
magnétique constant B.

b u
 Traitement du premier terme I 
dO
 < s  B(O + u), dt > ds :
a
La puissance considérée ici vaut :
b u
I
dO dO
 < s  B(O + u), dt > ds = <F, dt >
a

- 63 -
où F est la résultante des forces de Laplace :
b u
F=I  s  B(O + u) ds
a
bu
=I  s  (B(O) + dB(O)(u) + o(u)) ds
a
b u b u b u
=I  B(O) ds + I   dB(O)(u) ds + I 
 s  s  s  o(u) ds
a a a
b u
La première intégrale I 
 s  B(O) ds est nulle car elle vaut :
 a
b u
I
 s ds  B(O) = I(u(b, t) – u(a, t))  B(O) = 0
a
puisque u(a, t) = u(b, t).
b u
La dernière intégrale I 
 s  o(u) ds sera négligée dans le cas de la limite du dipôle magnétique,
 a
où les dimensions du dipôle sont infiniment petites. Par conséquent, la valeur attribuée à la
résultante des forces de Laplace est :
b u
 u
b
F=I  s  dB(O)(u) ds = I  s  f(u) ds
 a
 a
où, pour alléger l'écriture, on a noté f la différentielle dB(O) du champ magnétique B au point O. f
est une application linéaire de trace nulle, sa trace étant en effet égale à div(B) = 0. Intégrons par
partie la moitié de cette intégrale :
I b u I b u
F=   f(u) ds +   f(u) ds
2  s 2  s

a
a
I b u s=b I
 u   f(u) ds
b
= 
I
 f(u) ds + [u(s, t)  f(u(s, t))] –
2  s 2 s=a 2  s
a a
le crochet est nul car u(a, t)  f(u(a, t)) = u(b, t)  f(u(b, t))
par ailleurs, f étant linéaire,  f(u) = f(u)
s s
b u  f(u) ds – I  u  f(u) ds
b
= 
I
2  s 2 s
 a
 a
I b I b
=  v  f(u) ds –  u  f(v) ds
2 2
a a
en posant v = u
s
dO(t)
La vitesse de déplacement du dipôle est w(t) = et la puissance de la résultante F est :
dt
I b Ib
<F, w> =  [v, f(u), w] ds – [u, f(v), w] ds
2 2
a a
en notant [ , , ] le produit mixte

- 64 -
Ib Ib
=– [f(u), v, w] ds – [u, f(v), w] ds
2 2
a a
Or, pour toute application linéaire f et tout triplet (u, v, w), on a (propriété lin.1 des lemmes
linéaires):
[f(u), v, w] + [u, f(v), w] + [u, v, f(w)] = Tr(f) [u, v, w]
Ici f est de trace nulle, donc :
– [f(u), v, w] – [u, f(v), w] = [u, v, f(w)]
Ainsi :
I b
<F, w> =  [u, v, f(w)] ds
2
a
b
=  <u  v, f(w)> ds
I
2
a
b
= <
I
u  v ds, f(w)>
2 
a
u  u ds, f(w)>
I b
=< 
2  s
 a
dO
= <, dB(O)( )>
dt
d
= <, (B(O(t)))>
dt

b u u
 Traitement du deuxième terme I 
 < s  B(O + u), t > ds :
a
d
Remarque préliminaire : Calculons . On a :
dt
d I  
(u  u) ds
b
=
dt 2  t s
 a
I b u u Ib 2u
=   ds + u  ds
2  t s 2 st
a a

=  u  u ds + u  u –  u  u ds
I b I s=b I b

2  t s t  s=a 2 a s t
2
a
en intégrant par parties. Le crochet est nul car la fonction prend pour tout t les
mêmes valeurs en a et en b.
b u u
=I
 t  s ds
 a
en permutant les deux vecteurs du produit vectoriel de droite.
La deuxième intégrale intervenant dans notre puissance vaut alors :
I  <u  B(O + u), u> ds = I  <u  u, B(O + u)> ds
b b
 s t 
 a
 t s
a

- 65 -
b u u
=I  < t  s , B(O) + dB(O)(u) + o(u)> ds
a
Quand on fait tendre u vers 0 (modélisation ultime du dipôle), la partie principale de cette intégrale
b u u
vaut I 
 < t  s , B(O)> ds. Dans le cas de la modélisation ultime du dipôle, on ne garde que cette
a
d
expression. On reconnaît < , B(O)>.
dt
d
 Conclusion : Nous avons vu que la contribution due au déplacement global vaut <, B(O)> et
dt
d
que celle due à la déformation est < , B(O)>. Donc :
dt
P = <, d B(O)> + <d, B(O)> = d <, B>
dt dt dt
Le travail W des forces de Laplace est alors égal à la variation de <, B> :
W = <2, B2> – <1, B1>
On trouve bien que l'énergie potentielle vaut – <, B>.

Exercices

1- Enoncés
Exo.1) Un liquide en repos par rapport à un repère donné vérifie le principe de l'hydrostatique :
grad(P) = a
où P est la pression en (x, y, z),  la masse volumique du liquide (que nous supposerons constante)
et a l'accélération subie en (x, y, z). Si le repère n'est pas galiléen, il faut tenir compte des forces
d'inertie.
a) Dans un champ de pesanteur constant d'accélération g, un liquide est en rotation uniforme
de vitesse angulaire  dans un cylindre d'axe parallèle à la direction de g. Exprimer P en fonction de
x, y, z, , g, .
b) Quelle est alors la forme de la surface du liquide ?

Exo.2) On considère un tube cylindrique de rayon intérieur r, de rayon extérieur R. Un fluide chaud
de température constante T1 circule à l'intérieur du tube et celui-ci est placé dans un milieu extérieur
froid de température T0. On suppose que la chaleur se propage radialement dans le tube, de
l'intérieur vers l'extérieur. Soit  la quantité de chaleur par unité de temps qui traverse une surface
cylindrique  de même axe que le tube, de longueur L, et de rayon , r    R. En régime
permanent, la température T au sein du tube n'est fonction que de , et  est constant, indépendant
de . Par définition  =  <J, dS> où J est la densité de flux thermique traversant l'élément de


surface dS, qui vérifie l'équation J = –  grad(T), où  est une constante.
a) Calculer  en fonction de T0, T1, r, R, L et .
b) Application numérique : T0 = 10°, T1 = 20°, R = 7 cm, r = 2 cm, L = 1 m,
 = 0,040 W.m–1.K–1 (isolant) et  = 40 W.m–1.K–1 (acier).

- 66 -
Exo.3) Un dipôle électrique est constitué de deux charges électriques opposées q et – q, distantes
d'une longueur fixe l. On considère deux dipôles identiques et disposés parallèlement, l'un centré en
un point O, l'autre centré en O'.
(i) Dans cette position, (ii) Dans cette position, (iii) Position intermédiaire
les dipôles se repoussent: ils s'attirent
+ +
O' O'
– –

+ + + +
O' O O O
– – – –

Quand on passe de la disposition (i) à la disposition (ii), il existe une position intermédiaire (iii)
d'équilibre. On demande de déterminer cette position par l'angle que forme OO' par rapport à l'axe
des dipôles. On posera r = OO' et on supposera que r est infiniment grand devant l.

Exo.4) Soit f une fonction de classe C2 sur le disque ouvert {(x, y), x2 + y2 < 1}, continue sur le
disque fermé {(x, y), x2 + y2  1} et nulle sur le cercle unité frontière, ainsi qu'en (0, 0). Montrer
2f 2f
qu'il existe au moins un point de l'intérieur du disque où le laplacien 2 + 2 s'annule. Pour cela,
x y
on montrera que f admet un maximum et un minimum sur le disque fermé, qu'il est possible de
supposer ces deux extrema intérieurs au disque, et qu'en ces deux points, le laplacien est de signe
contraire.
x  x = rcos() cos()
Exo.5) On considère la fonction V = 2 2 3/2 ou bien, en posant  ,V = .
(x + y )  y = rsin() r2
Physiquement, V est proportionnelle au potentiel électrique créé en (x, y) par un dipôle dans le plan
Oxy, le dipôle étant centré en O et aligné sur Ox. Nous adopterons la convention de notation en
usage en physique consistant à noter de la même lettre la fonction, que ce soit en coordonnées
cartésiennes ou polaires. Les questions a) et b) sont traitées indépendamment l'une de l'autre avant
de vérifier qu'elles donnent le même résultat.
a) Etude en coordonnées polaires. On rappelle que le gradient en polaire vaut :
V 1 V
grad(V) = er + e
r r 
Calculer grad(V). Ce gradient est colinéaire au champ électrique créé par un dipôle. On appelle
lignes de champ les courbes d'équation r = f() dont les tangentes en chaque point ont pour vecteur
directeur ce gradient. Déterminer les fonctions f définissant les lignes de champ.
b) Etude en coordonnées cartésiennes. Calculer le gradient de V. Vérifier que les lignes de
champ sont les courbes intégrales de l'équation 3xy dx + (y2 – 2x2) dy = 0 (i.e si t  (x(t), y(t)) est un
paramétrage d'une ligne de champ, alors pour tout t, 3x(t)y(t) x'(t) + (y(t)2 – 2x(t)2) y'(t) = 0). La
forme différentielle  = 3xy dx + (y2 – 2x2) dy est-elle exacte ? Si non, la multiplier par une fonction
y  g(y) (pour y  0) non nulle adéquate et trouver une primitive F de . En déduire que le
paramétrage des lignes de champ vérifient :  t, F(x(t), y(t)) = Cte et que les lignes de champ ont
pour équation x2 + y2 = ky4/3, k  R.
c) Les questions a) et b) donnent-elles le même résultat ?
Ci-dessous, on a tracé en noir les équipotentielles V = Cte, et en bleu les lignes de champ.

- 67 -
Exo.6) P étant un point quelconque donné de R3, on considère les fonctions M  PM  R3,
1
M  R et M  PM3  R3. En sciences physique, cette dernière fonction joue un rôle
PM3 PM
considérable, aussi bien en électromagnétisme qu'en mécanique newtonienne. v désigne un vecteur
donné de R3. Vérifier les formules suivantes (regroupées par catégories), où les dérivations se font
relativement à la variable M :
1
grad( 3) = – 3 PM5
PM PM
grad(<PM, v>) = v
3<PM, v>
grad(< PM3, v>) = v 3 – PM
PM PM PM5
div(PM) = 3 Rot(PM) = 0
PM
div( 3) = 0 Rot( PM3) = 0
PM PM
div(PM  v) = 0 Rot(PM  v) = – 2v
PM 3<PM, v>
div( 3  v) = 0 Rot( PM3  v) = v 3 – PM
PM PM PM PM5

Exo.7) Soit P un point donné de l'espace. On considère le champ de vecteur X : M  PM3. On a vu


PM
dans l'exercice précédent que div(X) = 0. Déterminer un champ de vecteur A tel que, au moins
localement, X = Rot(A).

Exo.8) Dans R3, soit  une forme différentielle de degré 1, et ' une forme différentielle de degré
2. Pour tous vecteurs u, v, w, montrer que :
(  ')(u, v, w) et (u)'(v, w) + (v)'(w, u) + (w)'(u, v)

 x = t – sin(t)
Exo.9) On considère une cycloïde de paramétrage  y = 1 – cos(t) . Soit M un point de cette

cycloïde, pour 0  t  . Soit G l'intersection de la normale à la cycloïde en M avec l'axe des
abscisses. Soit le cercle de diamètre [AB] formé de l'axe de la cycloïde. Soit E élément du demi-
cercle ayant même ordonnée que M, et d'abscisse inférieure à .

- 68 -
A

M
E

G B
a) Montrer que MEGB est un parallélogramme, et que (AE) est parallèle à la tangente en M à
la cycloïde.
b) Montrer que la longueur de l'arc MA est le double de la longueur du segment [AE].
c) Montrer que l'aire du domaine MGBA limité par l'arc de cycloïde AM et les segment
[MG], [GB] et [BA] est le triple de l'aire du domaine BEZA limité par l'arc de cercle EZA et les
segments [AB] et [BE].

Exo.10) Soit f une fonction de classe C2 définie sur un domaine D du plan limité par une courbe .
On suppose que f est nulle sur .
2f 2f  f 2 f 2
a) Montrer que  f(x, y) ( 2+ 2) dxdy = –  ( ) + ( ) dxdy
  x y  x y
D D
2f 2f
b) En déduire que, si 2 + 2 = 0 sur D, alors f = 0 sur D.
x y

Exo.11) Soit X un champ de vecteurs de classe C2 dans un ouvert étoilé de R3, tel que div(X) = 0 et
Rot(X) = 0 (par exemple un champ électrostatique dans une région de l'espace dépourvue de
charge).
a) On suppose que X garde une direction constante. Montrer que le champ X est constant.
b) On suppose que la norme euclidienne de X est constante. Montrer que le champ X est
constant.
c) Montrer que, si on suppose seulement Rot(X) = 0, mais X de norme constante, alors les
lignes de champ sont des droites parallèles.

Exo.12) On considère une onde plane électromagnétique sinusoïdale (E, B) dans le vide (la densité
de charge  et la densité de courant J sont supposés nuls), et dont le champ électrique est défini, en
notation complexe, par :
E = exp(i(<k, r> – t)) E0
où :
i est le nombre complexe bien connu
k est un vecteur donné non nul, appelé vecteur d'onde.
x
r =  y  est la position où E est mesuré
z
 est une constante strictement positive, appelée pulsation de l'onde.
t est l'instant où E est mesuré.
E0 est un vecteur donné (valeur de E0 à l'origine de l'espace et du temps)
- 69 -
E est fonction de r et de t. A quelle condition les équations de Maxwell soient-elles satisfaites ?
Vérifier alors que || E || = c || B ||.

2- Solutions
Sol.1) a) On a ici a = g +  où  est l'accélération centrifuge au point considéré, de module égal à
x2 + y2 2 et dirigé selon une direction radiale par rapport à l'axe. Passons en coordonnées
cylindriques (r, , z), l'axe Oz étant dirigé dans le sens opposé à g. Les composantes de
grad(P) = a sont, en dehors de l'axe de rotation :
P 1 P P
er + e + ez = – gez + r2er
r r  z
donc :
P
 r
= r2

 P
=0
 
P
 z
= – g

r22
La solution de la première équation est P = + (, z), où  est une fonction quelconque de
2
classe C1. La seconde équation fait que  est seulement fonction de z. La troisième conduit à
(z) = – gz + Cte. La solution finale est :
r22
P= – gz + Cte
2
r22
b) La surface du liquide est une surface isobare, donc d'équation z = + Cte. Il s'agit d'un
2g
paraboloïde de révolution, qui ne dépend pas du liquide utilisé.
Pour obtenir une surface en verre de forme paraboloïdale, on coule du verre sur un moule en
rotation uniforme.

dT
Sol.2) a) On utilise les coordonnées cylindriques, pour lesquelles grad(T) = e, e étant le
d
vecteur unitaire dirigé depuis l'axe du tube vers le point où l'on calcule le gradient, et
dS =  ddz e. On a donc :
dT
J=– e
d
dT
<J, dS> = –   ddz
d
dT
=–  2L
d
=– 
dT 1
donc
d 2L 
Cette quantité est négative car T décroît quand  augmente. Donc  est positif. Comme  est
supposé constant, on en déduit que :
T() = –  ln() + Cte
2L

- 70 -
 R
donc T0 – T1 = – ln( )
2L r
et finalement :
2L(T1 – T0)
=
R
ln( )
r
b) Pour  = 0,040 W.m–1.K–1,  = 2W. Pour  = 40 W.m–1.K–1,  = 2kW.

Sol.3) Plaçons-nous dans le plan contenant les deux dipôles et prenons O comme origine, (Oy) porté
par l'axe des dipôles, et (Ox) tel que (Oxy) soit orthonormé. Le dipôle centré en O a ses deux
charges disposées en (0,  l). Soit (x, y) la position de O'. Les deux charges du dipôle centré en O'
sont disposées en (x, y  l). On a r = x2 + y2. L'énergie potentielle électrostatique du système
constitué des deux dipôles et due à l'ensemble des quatre paires de charges formées d'une charge du
premier dipôle et d'une charge du second dipôle, est proportionnelle à :
2 1 1
V= 2 2
– 2 2
– 2
x +y x + (y + l) x + (y – l)2
Posons x = rcos() et y = rsin(). Un développement limité de V en fonction de r donne :
l2 1
V = 3 (1 – 3sin2()) + o( 3)
r r
1 V 3l2
Négligeons le terme en o( 3). On a – = 4 (1 – 3sin2()) est positif (force répulsive) si
r r r
1 1
sin() < et négative (force attractive) si sin() > . La position limite est donc obtenue
3 3
1
lorsque sin() = .
3

Sol.4)  f est continue sur le disque fermé borné dans R2, donc admet un maximum (voir le
chapitre L2/[Link]). Ce maximum peut être choisi à l'intérieur du disque, puisque, s'il est
atteint au bord, il est nul, donc il est aussi atteint en (0, 0). Soit (a, b) un point intérieur au disque où
le maximum de f est atteint.
La fonction x  f(x, b) admet un maximum en a donc sa dérivée première s'annule en ce point. Sa
dérivée seconde est négative ou nulle en a car si elle était strictement positive, elle le serait
également au voisinage de a donc la dérivée première serait strictement croissante et s'annulant en
a, elle serait négative à gauche de a et positive après, donc a serait un minimum local strict de la
fonction x  f(x, b) en contradiction avec le fait que (a, b) est un maximum de f. De même pour la
fonction y  f(a, y). La négativité de ces deux dérivées secondes donne :
2f
(a,b)  0
x2
2f
(a,b)  0
y2
donc en sommant : f(a,b)  0.
 De même, en raisonnant sur un minimum de f intérieur au disque, on aura en ce point f  0.
 Donc f change de signe. Si f(x0, y0) > 0 et f(x1, y1) < 0, considérer la fonction f sur le
segment joignant (x0, y0) à (x1, y1). Le théorème des valeurs intermédiaires nous indique que cette
fonction va s'y annuler.

- 71 -
2cos() sin()
Sol.5) a) Dans la base (er, e), grad(V) a pour composante (– ,– ). Or une courbe
r3 r3
paramétrée en polaire par OM = rer = f()er a pour vecteur directeur de la tangente en M :
dOM de
= f '()er + f() r = f '()er + f()e
d d
dOM f ' 2cos()
On veut que soit colinéaire à grad(V), et donc que = soit ln( f ) = 2 ln( sin ) + Cte,
d f sin()
ou f = k sin2(), k étant une constante. Les lignes de champ ont donc pour équation polaire
r = k sin2().
y2 – 2x2 3xy
b) le gradient a pour composante ( 5 , – 5 ). On souhaite que, pour toute ligne de champ,
r r
(x'(t), y'(t)) soit colinéaire à ce gradient, ce qui donne l'équation :
3x(t)y(t) x'(t) + (y(t)2 – 2x(t)2) y'(t) = 0
en calculant le déterminant des deux vecteurs.
La forme différentielle n'est pas exacte. Si on multiplie par g(y), on souhaite que :
 (3xy g(y)) =  ((y2 – 2x2) g(y))
y x
 3xg(y) + 3xyg'(y) = – 4xg(y)
1
Il suffit que 7g(y) + 3yg'(y) = 0 et une solution est donnée par g(y) = 7/3. On obtient alors la forme
y
différentielle :
3x y2 – 2x2
g(y) = 4/3 dx + dy
y y7/3
F F F F
qu'on souhaite égaler à dF = dx + dy. On a alors dx + dy = g(y), et donc :
x y x y
 F 3x
= 4/3
 x y2 2
 F = y –7/32x
 y y
3x2
Une solution à la première équation est donnée par F(x, y) = 4/3 + (y) avec  fonction de classe
2y
y2 1
C1 quelconque. En reportant dans la deuxième équation, on obtient '(y) = 7/3 = 1/3 d'où
y y
3y2/3
(y) = + Cte. On peut prendre comme primitive de  :
2
3x2 3y2/3
F(x, y) = 4/3 +
2y 2
Pour tout t, on a enfin :
3x(t)y(t) x'(t) + (y(t)2 – 2x(t)2) y'(t) = 0
 (x'(t), y'(t)) = 0
 g(y(t)) (x'(t), y'(t)) = 0
F F
 (x(t), y(t)) x'(t) + (x(t), y(t)) y'(t) = 0
x y
d
 F(x(t), y(t)) = 0 en appliquant la règle de dérivation des fonctions composées
dt
- 72 -
 F(x(t), y(t)) = Cte
Donc les lignes de champ ont pour équation :
3x2 3y2/3
+ = Cte
2y4/3 2
2Cte 4/3
 x2 + y2 = y = k y4/3 en renommant la constante
3
c) L'équation cartésienne équivaut à r2 = kr4/3(sin())4/3 ou encore à r2 = k3 sin4(), ou à
r = k3/2 sin2(). On retrouve les solutions du a).
Dans le b), on a supposé que y ne s'annulait pas. Il convient d'ajouter aux lignes de champ la
solution y = 0. Celle-ci ne peut se mettre sous la forme r = f() et échappe également à la résolution
du a).

Sol.6) Les vérifications peuvent se faire par calcul direct sur les composantes (parfois fastidieux),
mais on s'efforce ici à utiliser les formules du formulaire I, ou bien les formules de Green-
Ostrogradski et de Stokes.
 d(PM) = Id puisque, si on fait varier M jusqu'en M', on a
PM ' = PM + MM '
La partie linéaire en MM ' de cette dernière expression, qui n'est autre que MM ' elle-même, est par
définition la différentielle de la fonction M  PM appliquée sur le vecteur MM '. Donc
d(PM)(MM ') = MM '
donc d(PM) = Id
Remarquons que Id est un opérateur symétrique, donc d(PM)* = Id* = Id.

1
 On calcule grad( 3) en utilisant la formule grad(h o f) = (h' o f) grad(f), avec :
PM
1
f = PM2 = <PM, PM> et h(t) = 3/2
t
La formule grad(<X, Y>) = dX*(Y) + dY*(X), appliquée à X = Y = PM donne, compte tenu de la
relation précédemment trouvée d(PM)* = Id :
grad(f) = Id(PM) + Id(PM) = 2PM
3
Par ailleurs, h'(t) = – 5/2
2t
1 3 PM
donc grad( 3) = –  2PM = – 3
PM 2(PM2)5/2 PM5
Plus généralement, pour tout , grad(PM) =  PM–2 PM en prenant h(t) = t/2.

 On calcule grad(<PM, v>) = v au moyen de la formule grad(<X, Y>) = dX*(Y) + dY*(X),


sachant que v est constant, donc de différentielle nulle, et que d(PM)* = Id. On obtient directement :
grad(<PM, v>) = Id(v) = v

 On a :
1 1 1
grad( 3 <PM, v>) = grad(<PM, v>) + <PM, v> grad( 3)
PM PM3 PM
en utilisant la formule grad(fg) = g grad(f) + f grad(g)
3<PM, v>
= v 3– PM
PM PM5
en utilisant les deux résultats précédents
- 73 -
 div(PM) = Tr(d(PM)) = Tr(Id) = 3. Mais on peut aussi utiliser la formule de Green-Ostrogradski
  div(X) d sur la sphère  de centre P donné et de rayon r, V étant la boule de
 <X, dS> = 
 V

même centre et de même rayon, avec X(M) = PM. L'intégrale de gauche <X, dS> n'est autre que

 3 4r3
 r dS = 4r . L'intégrale de droite vaut div(X)(P) + o(r3) quand r tend vers 0. Donc, après

3
3
simplification par r et passage à la limite, div(X)(P) = 3.

PM
 On calcule div( ) en utilisant la formule div(fX) = <grad(f), X> + f div(X) avec X = PM et
PM3
1 1 PM . D'où :
f= 3. On a montré précédemment que div(PM) = 3 et que grad( 3) = – 3
PM PM PM5
<PM, PM> 3 3 3
div( PM3) = – 3 + = – =0
PM PM5 PM3 PM3 PM3

 Rot(PM) = 0 car, pour X = PM qui vérifie dX = dX* = Id, on a dX – dX* = 0. Or Rot(X) est le
vecteur tel que, pour tout u, Rot(X)  u = (dX – dX*)(u) = 0. Donc Rot(X) = 0.
 
On peut aussi utiliser la formule de Stokes  <X, dM> =  <Rot(X), dS> en prenant pour  un
 
cercle de centre P et de rayon r et pour  le disque correspondant. Soit X(M) = PM. L'intégrale de

gauche  <X, dM> est nulle car X est porté par un rayon, et dM est tangent au cercle donc

orthogonal à ce rayon. Il en résulte que l'intégrale de droite est également nulle. Or elle vaut
<Rot(X)(P), r2N> + o(r2) quand r tend vers 0, avec N vecteur unitaire orthogonal au plan
contenant  et orienté par l'orientation de . Divisant par r2 et faisant tendre r vers 0, on obtient :
<Rot(X)(P), N> = 0
N pouvant être pris dans une direction quelconque, on en déduit que Rot(X) = 0.

 On calcule Rot( PM3) en utilisant la formule Rot(fX) = grad(f)  X + f Rot(X), avec X = PM et


PM
1 PM et Rot(X) = 0. Donc :
f= 3. On a vu que grad(f) = – 3
PM PM5
Rot( PM3) = – 3 PM5  PM + 0 = 0
PM PM
1
On peut aussi remarque que PM3 = – grad( ), d'où la nullité de Rot( PM3) puisque le rotationnel
PM PM PM
d'un gradient est nul.

 On calcule div(PM  v) en utilisant la formule div(X  Y) = <Rot(X),Y> – <X, Rot(Y)>, avec


X = PM et Y = v. Y est constant donc de rotationnel nul. Par ailleurs, on a vu que Rot(PM) = 0.
Donc div(PM  v) = 0.

- 74 -
PM PM
 La même démonstration s'applique à div( 3  v) avec X = , lui aussi de rotationnel nul.
PM PM3

 On calcule Rot(PM  v) en utilisant la formule :


Rot(X  Y) = (dX(Y) – div(X)Y) – (dY(X) – div(Y)X)
avec X = PM et Y = v. Y est constant, donc dY = 0 et div(Y) = 0. Par ailleurs, on a vu que dX = Id
et div(X) = 3. Donc :
Rot(PM  v) = Id(v) – 3v = – 2v

 On calcule Rot( PM3  v) par la même démarche, avec X = PM3.


PM PM
PM 1
Calculons d'abord d( 3) en utilisant la formule d(fY) = df Y + f dY, avec Y = PM et f(M) = .
PM PM3
1
On a vu précédemment que d(PM) = Id et que grad( 3) = – 3 PM5, donc df est l'application
PM PM
u  <grad(f), u> = <– 3 PM5, u>. On a donc :
PM
PM PM Id Id PM , .> PM
d( 3) = <– 3 5, .> PM + 3= 3 – 3<
PM PM PM PM PM5
où l'on a indiqué par un point dans le produit scalaire l'emplacement de la variable.
On a vu également que div( PM3) = 0. Donc :
PM
Id 3<PM, v>
Rot( 3  v) = ( 3 – 3< PM5, .> PM)(v) = v 3 –
PM PM
PM PM PM PM PM5

REMARQUE :

On ne manquera pas de remarquer que Rot( PM3  v) = grad(< PM3, v>) . On peut comparer :
PM PM
Rot(X  Y) = (dX(Y) – div(X)Y) – (dY(X) – div(Y)X)
et grad(<X, Y>) = dX*(Y) + dY*(X)
Il y a égalité entre les deux si, simultanément :
Y est constant (ce qui est le cas pour Y = v),
div(X) = 0 (ce qui est le cas pour X = PM3)
PM
Id
et dX = dX*, ce qui est le cas pour dX = d( PM3) = – 3< PM5, .> PM, comme on pourra le
PM PM3 PM
vérifier.
On a alors :
Rot(X  Y) = dX(Y) = grad(<X, Y>)
Cette formule explique par exemple, en électromagnétisme, la ressemblance troublante entre
l'expression du champ électrique E créé par un dipôle électrique de moment p placé en P, et le
champ magnétique B créé par un dipôle magnétique de moment , placé en P.
En effet, E dérive d'un potentiel scalaire V par l'intermédiaire du gradient, V s'exprimant comme un
produit scalaire :
E = – grad(V) = – grad(<PM 3 , v>) avec v = p
r 40

- 75 -
et B dérive d'un potentiel vecteur A par l'intermédiaire du rotationnel, A s'exprimant comme un
produit vectoriel :
B = Rot(A) = – Rot(PM 3  v) avec v =  2
r 40c
L'égalité grad(<PM , v>) = Rot(PM  v) conduit à donner les mêmes expressions pour E et B, à
r3 r3
condition de remplacer p par 2.
c

1
Sol.7) Plaçons-nous en coordonnées sphériques de centre P. On a X = er. Il s'agit de trouver A tel
r2
que :
Rot(A) = X
1 (sin()A) A 1 Ar A A 1 (rA) Ar 1
 ( – )er + ( – – )e + ( – )e 2 er
rsin()   rsin()  r r r r  r
 Cherchons s'il existe un tel A avec A = 0. On obtient le système :
1 A 1
 –
rsin()  r
= 2

 1 Ar
=0
 rsin() 
1 (rA) Ar
 r
(
r


)=0

A

sin()
=–
 r


 Ar
=0
 
(rA) Ar
 r
=

sin()
La première équation donne par exemple A = – . On a alors rA = –  sin() qui ne dépend
r
A
pas de r, donc la troisième équation donne r = 0. Ar = 0 vérifie alors les deux dernières équations,

sin()
et on peut prendre comme solution locale A = – e. Ce n'est pas une solution globale, car
r
après un tour complet selon , on revient au même point avec une valeur différente de A. Il n'y a pas
de solution globale sur l'espace en raison de la singularité de X en P.
 On peut aussi chercher une solution avec A = Ar = 0. On obtient le système :
1 (sin()A) 1
 rsin() = 2
  r
 A + A = 0
 r r
(sin()A) sin()
La première équation donne = , donc, par exemple :
 r
cos()
sin()A = –
r
- 76 -
cotan()
donc A = – , qui vérifie bien aussi la deuxième équation.
r
cotan()
On obtient ainsi une autre solution possible : A = – e.
r
cotan() sin()
 La différence entre les deux solutions est e – e. Son rotationnel, égal à X – X,
r r
est nul. On pourra vérifier que cette différence est égale au gradient de cos().

 D'autres solutions peuvent être obtenues en ajoutant à l'une des solutions trouvées n'importe quel
gradient.

Sol.8) Les deux expressions sont des formes trilinéaires alternées de (u, v, w). Elles sont donc toutes
deux proportionnelles au produit mixte [u, v, w]. Pour déterminer leur coefficient de
proportionnalité respectifs, il suffit de les appliquer sur la base canonique (i, j; k) de R3.
Posons  = Pdx + Qdy + Rdz et ' = U dy  dz + V dz  dx + W dx  dy. On a :
  ' = (PU + QV + RW) dx  dy  dz, dx  dy  dz étant la forme trilinéaire alternée égale
au produit mixte. Donc :
(  ')(i, j, k) = (PU +QV + RW) [i, j, k] = PU + QV + RW
(i) = P
(j) = Q
(k) = R
'(j, k) = U
'(k, i) = V
'(i, j) = W
donc (i)'(j, k) + (j)'(k, i) + (k)'(i, j) = PU + QV + RW
On a donc :
(  ')(u, v, w) = (u)'(v, w) + (v)'(w, u) + (w)'(u, v) = (PU + QV + RW) [u, v, w]

 t – sin(t)  dM  1 – cos(t) 
Sol.9) a) M =  1 – cos(t) . Pour t  0, le vecteur tangent est = qui est colinéaire à
  dt  sin(t) 
 sin(t/2)   –cos(t/2)   – sin(t) 
 . Le vecteur normal est  , qui est colinéaire à  . On a :
 cos(t/2)   sin(t/2)   1 – cos(t) 

B= 
0
  – sin(t) 
E=  même ordonnée que M et à une distance 1 du centre (, 1)
 1 – cos(t) 
t  – sin(t) 
G = 0 d'ordonnée nulle et telle que GM est colinéaire à  1 – cos(t) 
   
 – sin(t) 
BE =  1 – cos(t)  = GM donc MEBG est un parallélogramme
 

A= 
2
 sin(t)  t  sin(t/2) 
EA =  1 + cos(t)  = 2cos( )  cos(t/2)  colinéaire à la tangente en M à la cycloïde
  2  
La cycloïde est la trajectoire d'un point M d'un cercle qui roule sans glisser sur l'axe Ox. A un
instant t donné, le centre de rotation instantanée est le point de l'axe Ox, et le vecteur vitesse de M
- 77 -
est perpendiculaire au segment reliant M à ce centre. Le centre de rotation est donc sur la normale à
la cycloïde passant par M. C'est donc le point G. Si on translate le cercle BEA de façon à faire
coïncider E et M, alors B vient en coïncidence avec le centre de rotation instantanée donc avec G. Il
est donc normal que BE = GM. La tangente est parallèle à (AE) car orthogonale à GM ou à BE, or
AEB est rectangle en E, étant un triangle inscrit dans un cercle dont un côté est un diamètre.
dM t
b) a pour norme 2sin( ) donc la longueur de l'arc AM vaut :
dt 2
 
 || dM || dt =  2sin(u) du
 dt  2
t t
il vaut mieux changer le nom de la variable d'intégration
t
= 4cos( )
2
qui le double de AE.
c) Prolongeons (ME) en H sur (AB). L'aire de AMH se calcule à l'aide de Green-Riemann, par

exemple =  – y dx = – (1 – cos(t))( – t + sin(t)) +  (1 – cos(u))2 du
 
 t
3
= – (1 – cos(t))( – t + sin(t)) + 
cos(2u)
– 2cos(u) + du
 2 2
t
3 sin(2t)
= – (1 – cos(t))( – t + sin(t)) + ( – t) + 2sin(t) –
2 4
sin(t)
L'aire du trapèze MGBH vaut (1 – cos(t))( – t + )
2
Donc l'aire de la portion de cycloïde MGBA est la somme des deux, à savoir :
(1 – cos(t))sin(t) 3 sin(2t) 3
– + ( – t) + 2sin(t) – = ( – t + sin(t))
2 2 4 2
En ce qui concerne le disque, on ajoute l'aire du triangle BEH à celui de la partie HEZA ce qui
donne, en utilisant la formule de Green-Riemann   x dy pour la partie HEZA :

(1 – cos(t))sin(t)   (1 – cos(t))sin(t)   1 – cos(2u)
+  sin2(u) du = + du
2 2 2
t t
(1 – cos(t))sin(t)  – t sin(t)cos(t)
= + +
2 2 2
1
= ( – t + sin(t))
2
Les deux aires calculées sont bien dans le rapport de 3 à 1.

2f f 2 Q f 2f f 2 P f
Sol.10) a) f + ( ) = avec Q = f . De même, f 2+( ) =– avec P = – f
x2
x x x y y y y
donc la somme des intégrales des deux membres vaut :
 Q – P dx dy =  P dx + Q dy d'après le théorème de Green-Riemann,
 x y 
D 
en orientant  dans le sens trigonométrique.
=0 car P = Q = 0 sur 

- 78 -
2f 2f  f 2 f 2 f 2 f 2
b) Si 2 + 2 = 0 sur D, alors  ( ) + ( ) dxdy = 0 d'après le a). La fonction ( ) + ( ) est
x y  x y x y
D
f f
continue, positive ou nulle et d'intégrale nulle donc est identiquement nulle sur D. Mais ( )2 + ( )2
x y
2 1
n'est autre que || grad(f) || (avec la norme euclidienne, donc grad(f) est nulle sur D, donc f est
constante sur D, et étant nulle sur , f est nulle sur D.
On a montré qu'une fonction harmonique nulle sur le bord d'un domaine est nulle dans ce domaine.

Sol.11) L'hypothèse div(X) = 0 signifie que Tr(dX) = 0.


L'hypothèse Rot(X) = 0 signifie que, pour tout vecteur u, Rot(X)  u = 0 = dX(u) – dX*(u), et donc
que dX = dX*. dX est un opérateur symétrique.
a) Si la direction constante est dirigée par le vecteur v, alors l'hypothèse énonce que X  v = 0, ou
que, pour tout vecteur u, <X  v, u> = 0 = <X, v  u>.
Donc :
  u, grad(<X, v  u>) = 0

 Rot(X  v) = 0
  u, dX*(v  u) = 0
  d'après les formules e) et i) du formulaire I
 dX(v) – div(X)v = 0
  u,  w, <v  u, dX(w)> = 0 = <dX(w)  v, u>
  car on a supposé div(X) = 0
 dX(v) = 0
  w, dX(w)  v = 0
 
 dX(v) = 0
 Im(dX)  Vect(v)
 
 dX(v) = 0
Mais comme dX = dX*, on a aussi Im(dX*)  Vect(v). Or on montre dans les exercices de
L2/[Link] que Im(dX*) = Ker(dX). On a donc Ker(dX)  Vect(v), donc
Vect(v)  Ker(dX). Comme la deuxième équation dX(v) = 0 signifie que v  Ker(dX), on a aussi
Vect(v)  Ker(dX), et donc R3 = Vect(v) + Vect(v)  Ker(dX). Donc dX est identiquement nul, et
X est constant (propriété prouvée dans le chapitre L2/[Link]).
b) On a <X, X> = Cte, donc :
0 = grad(<X, X>)
= 2dX*(X) d'après la formule (e) du formulaire I
= 2dX(X) car on a supposé que dX* = dX. A fortiori :
donc a fortiori :
0 = div(dX(X)) = Tr(d(dX(X))) = Tr(d2X(., X) + dX o dX)
On a aussi X = 0 en vertu de la formule j) du formulaire I et des hypothèses div(X) = 0 et
Rot(X) = 0. Donc, pour tout vecteur u :
0 = (<X, u)> = div(grad(<X, u>)) = div(dX*(u)) = div(dX(u))
= Tr(d(dX(u))) = Tr(d2X(., u))
En particulier, on a Tr(d2X(., X)) = 0.
Donc Tr(dX o dX) = 0, donc, puisque dX* = dX, Tr(dX* o dX) = 0. Or l'application
  L(R3)  Tr(* o ) est une norme euclidienne sur L(R3) issue du produit scalaire

1
Dans le chapitre L2/[Link], on a montré que, si grad(f) est nulle sur un ouvert convexe, alors f est constante.
Cette propriété reste vraie sur un ouvert connexe, la connexité étant vue dans le chapitre L3/[Link].
- 79 -
(, )  Tr(* o ) (voir le chapitre L1/[Link] où un tel produit scalaire est donné pour
les matrices carrées). Donc dX = 0 et X est constante.
c) La tangente à une ligne de champ t  M(t) est par définition le champ lui-même, de sorte que,
pour tout t, il existe (t) tel que M'(t) = (t)X(M(t)). Quitte à changer le paramètre t par un
dt
paramètre s tel que = (t), on peut supposer que  = 1. On aura ainsi M' = X(M). Pour montrer
ds
que les lignes de champ sont parallèles, il suffit de montrer que M' est constant, ou que M" = 0.
C'est bien le cas car :
M" = dX(M') = dX(X)
= dX*(X) car dX = dX* puisque Rot(X) = 0
= grad(<X, X>) comme on l'a vu dans le b).
=0 puisque <X, X> est constant

Sol.12) On doit vérifier :


 div(E) = 0 :
div(E) = div(exp(i(<k, r> – t)) E0)
= <grad(exp(i(<k, r> – t))) | E0>
en utilisant la formule f) du formulaire I,
compte tenu du fait que E0 est constant
= <iexp(i(<k, r> – t)) grad(<k, r>) | E0>
en utilisant la formule d) du formulaire I,
avec f(r) = <k, r> et h(u) = exp(i(u – t))
= iexp(i(<k, r> – t)) <grad(<k, r>) | E0>
= iexp(i(<k, r> – t)) <dr*(k), E0>
en utilisant la formule e) du formulaire I, sachant que k est constant
= iexp(i(<k, r> – t)) <k, E0>
car dr est l'opérateur identité
Par conséquent, l'équation div(E) = 0 est vérifiée si et seulement si E0 et plus généralement E est
orthogonal au vecteur k. Nous supposerons cette condition remplie dans la suite.

 Rot(E) = – B :
t
Rot(E) = Rot(exp(i(<k, r> – t)) E0)
= grad(exp(i(<k, r> – t))  E0
en utilisant la formule h), compte tenu du fait que E0 est constant.
= iexp(i(<k, r> – t)) k  E0
en réutilisant le calcul du gradient fait juste auparavant
On obtient Rot(E) = – B en prenant B tel que :
t
– B = iexp(i(<k, r> – t)) k  E0
t
1
soit B = exp(i(<k, r> – t)) k  E0, à une constante d'intégration près qu'on prend nulle

(physiquement, une constante non nulle reviendrait à ajouter un champ magnétique constant à

- 80 -
1
l'ensemble de l'univers). Remarquer que B est orthogonal à k et à E. On peut poser B0 = k  E0 ,

donnant pour B une expression tout à fait comparable à celle de E :
B = exp(i(<k, r> – t)) B0

 div(B) = 0 : Cette condition est vérifiée, car B est orthogonal à k. Or on a vu dans le calcul de
div(E) que cette condition était nécessaire et suffisante pour que la divergence du champ soit nul.

1 E
 Rot(B) = :
c2 t
Comme pour le calcul de Rot(E), on aura :
Rot(B) = iexp(i(<k, r> – t)) k  B0
i
= exp(i(<k, r> – t)) k  (k  E0)

i
= exp(i(<k, r> – t)) (<k, E0> k – <k, k> E0)

en utilisant la formule du double produit vectoriel
u  (v  w) = <u, w> v – <u, v> w
voir le chapitre sur les déterminants L1/[Link]
i
= – <k, k> exp(i(<k, r> – t)) E0

car on a pris E0 orthogonal à k
alors que :
1 E i
= – 2 exp(i(<k, r> – t)) E0
c t
2
c
2
Les deux quantités sont égales si et seulement si <k, k> = 2 soit || k || = .
c c
On a alors :
|| E || = || E0 ||
1 1
|| B || = || B0 || = || k  E0 || = || k || || E0 || car k  E0
 
puisque || k || = 
1
= || E ||
c c

- 81 -

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