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Radiodiffusion Sonore Et Télévisuelle: Guy Brun

Le document traite des principes fondamentaux de la radiodiffusion sonore et télévisuelle, en abordant des sujets tels que les transmissions radioélectriques, le codage des signaux, et les techniques de modulation. Il retrace l'évolution historique de la radioélectricité depuis Maxwell jusqu'à la mise en œuvre des premiers émetteurs radiophoniques. Enfin, il évoque les perspectives d'avenir pour la radiodiffusion, notamment l'augmentation de la capacité de diffusion et l'évolution des technologies associées.

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Radiodiffusion Sonore Et Télévisuelle: Guy Brun

Le document traite des principes fondamentaux de la radiodiffusion sonore et télévisuelle, en abordant des sujets tels que les transmissions radioélectriques, le codage des signaux, et les techniques de modulation. Il retrace l'évolution historique de la radioélectricité depuis Maxwell jusqu'à la mise en œuvre des premiers émetteurs radiophoniques. Enfin, il évoque les perspectives d'avenir pour la radiodiffusion, notamment l'augmentation de la capacité de diffusion et l'évolution des technologies associées.

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Radiodiffusion sonore et télévisuelle

par Guy BRUN


Ancien Élève de l’École Polytechnique
et de l’École Nationale Supérieure des Télécommunications
Ingénieur en Chef à Télédiffusion de France

1. Généralités sur les transmissions radioélectriques ....................... E 6 050 - 2


1.1 Champ électromagnétique ......................................................................... — 2
1.2 Surfaces d’onde. Polarisation du champ électromagnétique.................. — 2
1.3 Équation des télécommunications............................................................. — 2
2. Codage des signaux et modulation des ondes ................................ — 3
2.1 Codage des sons et des images ................................................................. — 3
2.2 Modulations des ondes............................................................................... — 4
3. Réception des ondes ............................................................................... — 6
3.1 Conditions de réception .............................................................................. — 6
3.2 Caractéristiques du récepteur..................................................................... — 9
3.3 Réseau de distribution par câble................................................................ — 10
4. Émission des ondes ................................................................................. — 10
4.1 Réseaux de terre .......................................................................................... — 10
4.2 Satellite de diffusion directe ....................................................................... — 15
5. Perspectives d’avenir.............................................................................. — 16
5.1 Augmentation de la capacité de diffusion du réseau de terre................. — 16
5.2 Évolution de la radiodiffusion sonore........................................................ — 17
5.3 Évolution de la télévision............................................................................ — 17
5.4 Nouvelles fonctionnalités ........................................................................... — 18
6. Conclusion ................................................................................................. — 19
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. E 6 050

a genèse de la radioélectricité remonte à 1865 lorsque le physicien anglais


L Maxwell établit un système d’équations aux dérivées partielles auquel
obéissent les vecteurs champ électrique E et champ magnétique H. Il démontra
que les composantes de ces deux vecteurs étaient solutions de l’équation des
ondes, il avait ainsi prédit l’existence des ondes radioélectriques.
En 1888, le physicien allemand Heinrich Hertz conçut une expérience qui
démontra de manière remarquable l’existence de ces ondes. Il démontra que
l’établissement d’une oscillation électrique dans un résonateur formé d’un
3 - 1994

conducteur circulaire induisait à distance une oscillation dans un résonateur


identique.
Les bases théoriques et expérimentales de la radioélectricité ayant été établies,
il restait à développer les équipements permettant d’émettre, de recevoir et de
détecter ces ondes. Le Français Branly inventa en 1890 un détecteur sensible,
le cohéreur ou tube à limaille ; un ingénieur russe, Popov, mit en œuvre en 1895
E 6 050

la première antenne de réception et transmit en 1896 des signaux Morse sur


une distance de 250 m. Puis l’Italien Marconi, ayant eu connaissance des résultats
de tous ces travaux, déposa en 1896 un brevet en Grande-Bretagne et eut
l’intuition des possibilités immenses d’exploitation commerciale qu’offrait la

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transmission à distance de messages sans fil. La télégraphie sans fil (TSF) est
le premier service à avoir utilisé les ondes radioélectriques ; il fallut que d’autres
travaux importants aboutissent, et notamment l’invention et la mise au point
de la triode, par l’Américain Lee de Forest, pour que la radiodiffusion vit le jour.
Les premiers émetteurs radiophoniques furent expérimentés avant la Première
Guerre mondiale, ils furent mis en exploitation à la tour Eiffel en 1922, la radio
continuait à s’appeler la TSF. Depuis, elle n’a cessé de se développer.
Cet article a pour objet de décrire succinctement les bases sur lesquelles repose
la radiodiffusion et de donner les éléments qui permettent d’imaginer son avenir.

1. Généralités radioélectrique est, en fait, définie par le déplacement de la


déformation des caractéristiques électromagnétiques du milieu, à
sur les transmissions savoir :
— le champ électrique E ;
radioélectriques — le champ magnétique H.
La puissance rayonnée traversant une surface donnée est le flux
à travers cette surface du vecteur E ∧ H appelé vecteur de Poynting.
Principaux sigles utilisés Dans les milieux isotropes et linéaires et à grande distance des
dispositifs rayonnants, E et H sont perpendiculaires, et E est
BLU Bande latérale unique. proportionnel à H : E = 120 πH.
CCIR Comité Consultatif International des Radio- Dans la pratique, les dispositifs rayonnants destinés à émettre sont
communications. des antennes, et l’intensité du vecteur de Poynting n’est pas
DAB Digital Audio Broadcasting. uniforme, elle passe par des extremums et par des zéros en fonction
FCC Federal Communication Commission. de la direction de propagation. Les variations de la puissance
FCMS Force cymomotrice spécifique. rayonnée en fonction de la direction de propagation s’appelle le
FI Fréquence intermédiaire. diagramme de rayonnement de l’antenne.
HD MAC High Definition Multiplex Analog Component.
MA Modulation d’amplitude.
MABLR Modulation d’amplitude à bande latérale
résiduelle. 1.2 Surfaces d’onde. Polarisation
MAC Multiplex Analog Component. du champ électromagnétique
MAQ 16 Modulation d’amplitude et de phase à 16
états.
MDP4 Modulation de phase à 4 états. L’ensemble des points de l’espace où une composante du champ
MDP8 Modulation de phase à 8 états. électromagnétique a la même phase s’appelle la surface d’onde.
MF Modulation de fréquence. Elle se déplace à la vitesse de la lumière.
OFDM Orthogonal Frequency Division Multiplex. À grande distance des antennes d’émission, la surface d’onde
O cm Ondes centimétriques. est la même quelle que soit la composante considérée car E et H
O km Ondes kilométriques. sont en phase ; elle est localement plane. On dit dans ce cas, que
OL Oscillateur local. l’onde est plane, la direction de propagation est perpendiculaire à
PAL Phase Alternate Line. la surface d’onde, les champs E et H sont tangents à la surface
PAR Puissance apparente rayonnée. d’onde.
PIRE Puissance isotrope rayonnée équivalente.
RDS Radio Data System. Dans le cas général, l’extrémité du vecteur champ électrique
SECAM (Système) séquentiel à mémoire. décrit une ellipse dans un plan perpendiculaire à la direction de
TDF Télédiffusion de France. propagation (figure 1), la fréquence de rotation de E étant égale à
TOP Tube à onde progressive. la fréquence de l’onde. Lorsque l’ellipse est aplatie, elle se réduit à
TVHD Télévision haute définition. un segment de droite et on dit que la polarisation est linéaire.
UHF Ultra High Frequency. Lorsque l’ellipse est un cercle, la polarisation est circulaire ; on
UIT Union Internationale distingue la polarisation circulaire droite de la polarisation
des Télécommunications. circulaire gauche.
VHF Very High Frequency : très hautes fréquences.

1.3 Équation des télécommunications


1.1 Champ électromagnétique
Le gain isotrope d’une antenne dans une direction donnée (ϕ, θ ),
Les ondes radioélectriques sont émises au moyen de dispositifs est le rapport des intensités de rayonnement dans la région de
rayonnants formés de conducteurs parcourus par des courants champ lointain de cette antenne et de l’antenne isotrope alimentée
variables à haute fréquence. La propagation d’une onde avec la même puissance.

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2.1.1 Codage analogique


[Link] Stéréophonie
Les organes de l’audition perçoivent essentiellement l’énergie
contenue dans chaque composante du spectre de fréquence du son.
L’oreille capte surtout des composantes fréquentielles dont les plus
hautes se situent au voisinage de 15 000 Hz. Les fréquences les plus
basses perçues par l’oreille sont de l’ordre de 40 Hz. La bande de
fréquence (40-15 000 Hz) constitue la bande de base audiofréquence,
elle représente la largeur minimale d’une voie monophonique.
En stéréophonie, il faut transmettre les deux voies monopho-
niques A et B. Le système de codage stéréophonique est compatible
avec la radiodiffusion monophonique, à savoir un récepteur mono-
Figure 1 – Champ électromagnétique phonique peut recevoir un programme stéréophonique en mono-
phonie sans être perturbé, de même un récepteur stéréophonique
peut recevoir un programme monophonique en monophonie. Pour
Si l’ensemble des conducteurs constituant le système rayonnant cela, les deux signaux A et B représentant les sons reçus par chaque
fonctionne en réception, l’antenne de réception possède, dans la oreille sont additionnés A + B et soustraits A – B et sont multiplexés
même direction, le même gain que la même antenne fonctionnant en fréquence comme le montre la figure 2. A + B représente le signal
à l’émission. Cela est une conséquence du théorème de réciprocité compatible, il est transmis en bande de base ; A – B est transmis par
relatif aux systèmes rayonnants. une modulation d’amplitude à double bande, la porteuse de
L’équation des télécommunications donne la puissance P r reçue fréquence 38 kHz est supprimée. Une fréquence pilote à 19 kHz est
en espace libre par un récepteur en fonction de la puissance transmise, afin que, par une simple multiplication par 2, les récep-
émise Pe , des gains g e et g r des aériens d’émission et de réception teurs puissent régénérer la fréquence porteuse pour effectuer une
et de leur distance r ; g e et g r sont les gains respectifs des antennes démodulation synchrone. Une troisième voie, située au voisinage
d’émission et de réception dans la direction de la droite joignant ces de 57 kHz = 3 × 19 kHz, est utilisée pour diffuser des données à faible
deux antennes qui sont par hypothèse à très grande distance l’une débit généralement liées au programme, c’est la voie RDS (Radio
de l’autre. Cette équation s’écrit : Data System ).

ge gr λ2 [Link] Codage de la télévision


P r = P e ----------------------
16 π 2 r 2 L’image de télévision monochrome possède deux dimensions.
λ étant la longueur d’onde. Afin de la transmettre sur des réseaux radioélectriques, il était néces-
saire de la transformer en un signal à une seule dimension. L’analyse
Elle montre bien la symétrie des rôles joués par g e et g r . de l’image ligne par ligne 25 ou 30 fois par seconde est le principe
qui a été universellement adopté pour obtenir un signal vidéo à une
dimension. En Europe, les standards de télévision ont 625 lignes et
25 images par seconde.
2. Codage des signaux Afin que tous les détails de l’image puissent être restitués dans
et modulation des ondes le récepteur, il est nécessaire que le spectre du signal vidéo situé
entre 0 et 6 MHz soit conservé tout le long de la chaîne de télévision.
Comme une image de télévision couleur doit être réalisée à partir
2.1 Codage des sons et des images des trois primaires rouges (R), vert (V) et bleu (B), cela provient du
mode de perception des couleurs par l’œil humain, il est théori-
Les signaux transmis en radiodiffusion sont essentiellement des quement nécessaire de disposer de trois voies vidéo pour bien la
sons et des images. Le son est un signal à une dimension qui se transmettre. Un standard de télévision couleur compatible avec le
propage comme une onde par la variation de la pression acoustique standard de télévision monochrome doit comporter le signal de lumi-
de l’air. La transmission du son à distance consiste à faire varier, à nance Y représentant l’image monochrome et deux autres informa-
la prise de son comme à sa réception, une grandeur électrique tions (U,V ) appelées signaux de chrominance, qui s’expriment ainsi :
proportionnellement à la variation de pression de l’air. Cependant,
la diffusion des images, et même des sons stéréophoniques, exige Y = 0,30 R + 0,59V + 0,11B luminance
la transmission simultanée de plusieurs grandeurs ; en stéréophonie U = 0,49 ( B – Y ) 
ce sont les deux voies monophoniques désignées par les lettres A, B ;  chrominance
V = 0,88 ( R – Y ) 
dans l’image de télévision monochrome, il y a la luminance de cha-
que point défini par ses deux coordonnées ; en télévision couleur,
ce sont les trois composantes chromatiques pour chaque point Des études subjectives de perception des images ont montré
d’image. qu’une bande de fréquence de 1,5 MHz pour U et V était suffisante
Comme le principe général de toute transmission est de faire varier pour restituer une bonne image couleur. Les normes de télévision
une seule grandeur électrique, le principe du codage est de trans- couleur actuellement les plus répandues spécifient un multiplex
former des signaux audiovisuels à plusieurs dimensions en un signal luminance-chrominance, les signaux de chrominance étant situés
à une seule dimension. en haut de la bande de base vidéo entre 3 et 6 MHz par modulation
d’une sous-porteuse. La différence essentielle entre les divers
standards est le type de modulation choisie.

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Figure 2 – Spectre du multiplex stéréophonique

En SECAM, la sous-porteuse est modulée en fréquence de


manière séquentielle : sur une ligne, la sous-porteuse est modulée
par U et, sur la ligne suivante, elle est modulée par V.
En PAL, la sous-porteuse est modulée en amplitude et en
quadrature par les signaux U et V.
Tous les systèmes de télévision couleur tranditionnels sont à multi-
plexage fréquentiel, ils sont de ce fait compatibles avec la télévision
monochrome car la sous-porteuse chrominance n’est pas visible sur
l’écran.
Le nouveau standard européen D2 MAC, étudié pour préparer la
venue de la télévision haute définition, est, comme l’indique la
figure 3, à multiplexage temporel, il est de ce fait incompatible avec
les systèmes existants.

2.1.2 Codage numérique


Figure 3 – Multiplex fréquentiel et multiplex temporel
Jusqu’à nos jours, le matériel grand public a largement été dominé
par les technologies analogiques, cela est toujours vrai pour les
équipements de télévision, cela est vrai aussi pour le son mais
présente une exception : le lecteur de disque compact. Cependant, 2.2 Modulations des ondes
les technologies numériques apparaissent de plus en plus dans les
équipements professionnels et sont sans doute appelées à un grand
avenir (§ 5). Pour diffuser un programme radiophonique ou télévisuel par voie
radioélectrique, il faut établir une correspondance entre l’amplitude,
Le principe de base est d’échantillonner les signaux à une
la fréquence ou la phase du champ de l’onde électromagnétique et
fréquence suffisamment élevée pour bien les transmettre, la
le signal codé. Mais comme le champ électrique apparaissant au
fréquence d’échantillonnage doit théoriquement être le double de
voisinage de l’antenne d’émission est proportionnel au courant
la fréquence maximale de la bande de base. Chaque échantillon est
circulant dans l’antenne, il suffit pour cela de moduler ce courant.
quantifié avec une précision suffisante pour que les distorsions
apparaissant sur le signal soient imperceptibles ; il est transmis par
des 0 et par des 1 sous forme d’un nombre binaire.
2.2.1 Modulations analogiques
■ Codage du son : la fréquence d’échantillonnage normalisée pour
les matériels professionnels en audiofréquence est fixée à 48 kHz et La modulation est dite analogique lorsque le codage est lui-même
16 éléments binaires sont nécessaires pour coder chaque analogique et lorsque l’amplitude, la fréquence ou la phase de l’onde
échantillon. Cela correspond en monophonie à un débit de : électromagnétique rayonnée sont proportionnelles au signal
48 × 16 = 768 kbit / s ; en stéréophonie, le débit est doublé. composite en bande de base. En radiodiffusion, deux types de modu-
Cependant, les normes utilisées dans les lecteurs de disques lation sont utilisés, la modulation d’amplitude et la modulation de
compacts sont moins contraignantes. fréquence.
■ Codage de la télévision : la fréquence d’échantillonnage norma-
lisée pour les matériels professionnels en vidéofréquence est de [Link] Modulation d’amplitude
13,5 MHz pour la luminance, et un octet est nécessaire pour coder
chaque échantillon. Cela correspond à un débit de [Link].1 Différentes modulations d’amplitude
13,5 × 8 = 108 Mbit /s. En télévision couleur, le débit correspondant Soit s (t ) le signal en bande de base devant être radiodiffusé. Le
à la chrominance s’élève aussi à 108 Mbit /s, soit un débit total de spectre de s (t ) est représenté par sa transformée de Fourier :
216 Mbit /s.


+∞
Les débits obtenus par ce type de codage du son et de la télévision
sont beaucoup trop élevés pour que la numérisation puisse être une S (ν) = s ( t ) exp ( – j2 π ν t ) dt
–∞
alternative à la radiodiffusion analogique actuelle. Cependant, les
techniques de compression faisant de grands progrès, l’intérêt de Comme s (t ) est réel, S (ν ) possède la propriété d’hermiticité :
la numérisation sera démontré dans la dernière partie de cet article. S (ν ) = S *(– ν )
avec S* conjugué de S.

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Le spectre de S (ν ) présente théoriquement des composantes à Cette propriété radiofréquence montre que la largeur B du spectre
toutes les fréquences, il est en pratique nul au-delà d’une fréquence est égale à deux fois celle de la bande de base (B = 2 ν M) et par
maximale ν M . Certains signaux comme les signaux audiofréquences conséquent il est nécessaire de transmettre deux bandes latérales.
ne possèdent pas de composante continue et leur spectre est limité
inférieurement par une fréquence νm , d’autres comme les signaux ■ Modulation d’amplitude à bande latérale unique (BLU) : il apparaît
vidéofréquences en possèdent une, leur spectre n’est pas limité en modulation à double bande que l’information qui est contenue
inférieurement : νm = 0. entièrement dans chacune des bandes latérales est transmise deux
fois ; la modulation d’amplitude à bande latérale unique consiste à
■ Modulation d’amplitude à double bande : l’onde modulée en supprimer l’une des bandes latérales et ainsi à diviser par 2 la largeur
amplitude s’écrit en notation complexe : du spectre. Cependant, en pratique, la BLU n’est utilisée qu’avec des
signaux sans composante continue car l’espace de fréquence non nul
[A + s (t )] exp (j2 π ν0 t )
(ν0 – νm , ν0 + νm ) permet de réaliser des filtres dont la pente n’est pas
son spectre est égal à : infinie (figure 4c ).
A δ (ν – ν0 ) + S (ν – ν0 ) ■ Modulation d’amplitude à bande latérale résiduelle (MABLR) :
où δ est la fonction de Dirac. pour les signaux possédant une composante continue, la réalisation
d’un tel filtre est impossible. Comme il existe de l’énergie au
Ce spectre présente de l’énergie à la fréquence porteuse ν0 voisinage de la fréquence porteuse, il n’est pas possible de
(figure 4b ) et une symétrie par rapport à ν0 dérivant de la propriété supprimer entièrement une bande latérale, et le filtre d’émission est
d’hermiticité de S (ν ) : conçu pour conserver une bande latérale résiduelle située entre les
S (ν – ν0 ) = S *(– ν + ν0 ) fréquences (ν0 – νN) et ν0 appelée aussi le talon (figure 4d ).

[Link].2 Démodulations d’amplitude


Dans le cas de la modulation d’amplitude à double bande, l’onde
modulée possède une phase constante et une amplitude qui est fonc-
tion linéaire du signal. À condition que l’amplitude de la porteuse
soit assez grande pour que l’amplitude instantanée de l’onde ne
s’annule pas, la démodulation est une simple détection d’enveloppe.
Un démodulateur à bande latérale unique ne peut pas être conçu
de la même manière car la phase de l’onde est variable, le schéma
qui est présenté sur la figure 5 montre que la fonction de base du
démodulateur est une conversion de fréquence.

Figure 5 – Schémas des différents démodulateurs d’amplitude

Figure 4 – Spectres des différentes modulations d’amplitude

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De nombreux récepteurs de télévision recevant une onde en [Link].3 Détériorations dues au bruit et aux interférences
MABLR la démodulent par détection d’enveloppe, mais il apparaît L’intérêt que présente la modulation de fréquence est que l’on
des défauts sur le signal vidéofréquence appelés distorsions de est d’autant mieux protégé contre le bruit et les interférences que
quadrature. Aussi est-il recommandé d’utiliser des démodulateurs la déviation de fréquence ∆ν c/c est grande. Ainsi, la quantité
synchrones plus complexes que les démodulateurs BLU, car la mesurée par (S /B ) et (S / I ) peut être la même qu’en modulation
porteuse extraite est perturbée par le spectre basse fréquence du d’amplitude, la puissance de l’onde reçue étant beaucoup plus
signal vidéo et ne peut être utilisée directement pour effectuer la faible. Ainsi, en télévision, le rapport entre les puissances des
conversion de fréquence ; il est nécessaire d’engendrer une porteuses en MABLR et en MF pour obtenir une même qualité est
oscillation asservie sur cette porteuse. donné par la formule approchée :
CA ∆ νc ⁄ c  2
[Link].3 Détériorations dues au bruit et aux interférences --------
- ≈  6 ----------------
CF νM 
Deux causes essentielles de dégradation apparaissent en radio-
diffusion, la détérioration due au bruit qui est engendrée dans les La contrepartie de cela est que l’encombrement spectral de
étages d’entrée des récepteurs et la détérioration due aux inter- l’onde modulée est augmenté par rapport à celui de la modulation
férences provenant des émetteurs fonctionnant à la même fréquence d’amplitude. Par exemple, la largeur du canal stéréophonique en
ou à des fréquences voisines. Ces dégradations interviennent en modulation de fréquence est de l’ordre de 250 kHz ; en modulation
radiofréquence, elles sont mesurées par les rapports de puissances d’amplitude, il serait de l’ordre de 120 kHz ; la largeur d’un canal de
porteuse à bruit (C /N ) et porteuse à interférences (C / I ). Elles télévision par satellite en modulation de fréquence est de 27 ou
diminuent la qualité du signal reçu après démodulation, cette qualité 36 MHz ; en MABLR, il est de 8 MHz.
s’évalue par des rapports signal à bruit (S /B ) et signal à interférences
(S / I ).
En modulation d’amplitude, il apparaît que les rapports (S /B ) et 2.2.2 Modulations numériques
(S / I ) sont du même ordre de grandeur que respectivement (C /N )
et (C / I ), toutefois la BLU est la meilleure modulation, car, pour un Une onde modulée par des signaux numériques est constituée
même (S /B ) ou (S / I ) obtenu en bande de base, les (C /N ) et (C /I ) d’une succession de salves de fréquence dont les amplitudes et les
nécessaires en radiofréquence sont inférieurs de 3 dB à ceux phases sont en nombre limité. Certaines sont d’amplitude constante,
nécessaires en MA à double bande (§ [Link].1). c’est le cas de la modulation de phase à 4 états (MDP4) ou de la
En radiodiffusion sonore et en télévision, la BLU n’est pas utilisée, modulation de phase à 8 états (MDP8), d’autres sont à amplitude
la MA à double bande constitue une norme de radiodiffusion sonore : et phase variables comme la modulation d’amplitude et de phase
la MABLR, dont les qualités sont proches de celles de la BLU, est à 16 états (MAQ16). Le nombre d’états dans lesquels peut se trouver
une norme d’émission de télévision. la salve est généralement une puissance de 2 : 2 p (article Modulation.
Démodulation [E 3 450] du traité Électronique).
[Link] Modulation de fréquence Le spectre de la MDP4 est concentré entre ses deux premiers zéros
qui sont l’un de l’autre à une distance égale au débit D de la source.
[Link].1 Spectre de la modulation de fréquence L’encombrement du spectre B est donc sensiblement égal à D.
Moduler une onde en fréquence consiste à établir une relation Lorsque le nombre d’états augmente, l’encombrement spectral
linéaire entre la fréquence instantanée de l’onde et le signal transmis. diminue, par exemple en MAQ16 : B = D / 2. Mais la protection contre
La pulsation ω 0 = 2π ν0 d’une onde sinusoïdale est aussi la vitesse le bruit impose un accroissement de la puissance d’émission pour
angulaire du vecteur de Fresnel ou du nombre complexe associé maintenir les différents états à des distances équivalentes.
dans le cas où la phase se met sous la forme ω 0 t. La qualité d’une transmission ne se mesure plus par les rapports
Dans le cas où la phase est égale à : ω 0 t + ϕ (t ), la pulsation (S /B ) et (S / I ) mais par un taux d’erreur sur chaque élément binaire.
instantanée est la vitesse angulaire instantanée du nombre complexe Pour transmettre un débit donné D avec un taux d’erreur donné,
associé, et la fréquence instantanée est par définition : il est possible de choisir entre plusieurs types de modulations. Les
modulations à petit nombre d’états exigent un canal de transmission

---------  ω 0 + ---------
1 large mais une puissance d’émission faible, celles à grand nombre
2π  dt  d’états exigent un canal de transmission étroit mais une puissance
d’émission forte.
Moduler une onde en fréquence est faire en sorte que :

1 dϕ
s ( t ) = ------------- ---------
2π µ d t
3. Réception des ondes
où µ est la pente de modulation.
Le signal variant entre une valeur minimale et une valeur maxi- 3.1 Conditions de réception
male, la fréquence instantanée varie sur une plage de fréquences
(crête à crête) notée : ∆ν c/c . La largeur du spectre de l’onde radio-
fréquence est donnée par une formule approchée, appelée loi de 3.1.1 Radiodiffusion terrestre
Carson, qui s’écrit :
B = ∆νc/c + 2 ν M [Link] Gain de l’antenne de réception
Les ondes utilisées en radiodiffusion et en télévision terrestre
[Link].2 Démodulation de fréquence sont d’une longueur d’onde inférieure au décimètre. Les éléments
rayonnants formant une antenne d’émission ou de réception ont

L’onde radiofréquence s’écrit exp 2π j ν 0 t + µ  s ( t ) dt . Le


des dimensions inférieures ou au plus comparables à la longueur
d’onde.
L’une des antennes les plus simples utilisées dans ces bandes de
principe de la démodulation est d’effectuer une dérivation de l’onde ; fréquences est un doublet constitué d’un conducteur filiforme de
l’information qui apparaît alors sur son amplitude représente le longueur  coupé au milieu pour alimenter le récepteur (figure 6).
signal, et il suffit d’effectuer une détection d’enveloppe pour
l’obtenir.

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Figure 6 – Antenne formée d’un doublet de longueur 

La fonction de directivité d’un doublet de longueur  est donnée


par la formule suivante :

π π
cos  -------- sin θ – cos --------
 λ  λ Figure 7 – Diagrammes de directivité des doublets en demi-onde
f (θ ) = ----------------------------------------------------------------------- et en onde entière
cos θ
Le gain du doublet demi-onde est donné par l’expression : — le bruit engendré par l’antenne elle-même du fait de ses
pertes ;
π
cos  ----- sin θ — le bruit provenant de l’étage d’entrée du récepteur caractérisé
g λ / 2 (θ ) 2 
----------------------
- = ---------------------------------------- par son facteur de bruit.
gλ / 2 ( 0 ) cos θ
La température de bruit du dispositif de réception, exprimée en
kelvins (K), est donnée par la formule :
Le diagramme de directivité du doublet est de révolution autour
de l’axe constitué par l’antenne elle-même, la fonction de directivité T = αTa + (1 – α ) T0 + (F – 1) T0
passe par un maximum pour θ = 0. La figure 7 représente les
diagrammes de directivité d’un doublet lorsque  est égal à λ / 2 ou λ. avec α perte de couplage sur le gain de l’antenne,
Le gain d’un doublet demi-onde par rapport à l’isotrope pour Ta température de bruit de l’antenne sans perte,
θ = 0 est égal à 2,2 dB. T0 température ambiante,
■ Réception mobile : l’antenne, placée sur le véhicule, et qui équipe F facteur de bruit global de l’amplificateur de réception.
la plupart des récepteurs autoradios, est constituée d’une tige métal- Pour les gammes de fréquences basses, en O km et O hm, le
lique installée à l’extérieur du véhicule, elle est appelée antenne bruit provenant de l’environnement est prépondérant : T ≈ α Ta .
fouet. Son gain théorique par rapport à l’isotrope est de quelques
En ondes métriques et décimétriques, les émetteurs étant
terrestres, Ta ≈ T0 d’où T ≈ FT0 , formule classique de la température
décibles ; en pratique, l’antenne n’étant jamais orientée de manière
optimale, il est pris égal à 0 dB.
de bruit d’un récepteur.
■ Réception fixe en ondes métriques. (O m) ou décimétriques
(O dm) : les antennes qui sont de loin les plus répandues sont celles
qui apparaissent sur le toit des maisons ou des immeubles. Elles sont 3.1.2 Radiodiffusion par satellite
formées de plusieurs doublets dont le rôle est :
— d’augmenter la directivité de l’antenne, l’antenne type possède [Link] Gain de l’antenne de réception
8 à 9 éléments et présente un gain de 11 dB ; La diffusion de la télévision par satellite utilise les bandes de
— de posséder une protection avant-arrière grâce à la présence fréquences en ondes centimétriques. La distance des satellites
de doublets à l’arrière de l’antenne jouant le rôle de réflecteur. géostationnaires est très importante, et l’angle sous lequel est vu
La directivité des antennes fait que la réception fixe est mieux un pays est faible (moins de deux degrés pour la France) c’est
protégée contre les échos que la réception mobile. pourquoi les antennes d’émission des satellites de diffusion directe
sont très directives.
[Link] Polarisation Afin de minimiser la puissance d’émission, il est nécessaire de
Les grandes ondes et les ondes moyennes (O km et O hm) sont disposer d’une antenne de réception, elle aussi directive. Soit S ’ la
émises au moyen d’antennes constituées de pylônes verticaux, et surface de l’onde plane captée par l’antenne, on démontre que le
la polarisation de l’onde déterminée par la direction du champ gain maximal qui peut être obtenu avec une telle antenne est donné
électrique est, au niveau du sol, verticale. par :
4πS ′
Les ondes courtes, les VHF et UHF (O dam ; O m ; O dm) sont g M = ---------------
-
émises au moyen d’antennes formées de doublets horizontaux, leur λ2
polarisation dans le plan horizontal au niveau du sol est horizontale. Dans les réalisations pratiques, le gain observé g est inférieur à g M
et il s’exprime ainsi :
[Link] Température de bruit des récepteurs 4πS
g = ------------
-
L’onde reçue par un récepteur est perturbée par une puissance λ2
de bruit ayant différentes origines :
avec S surface équivalente de l’aérien (S < S ’).
— le bruit capté par l’antenne provenant de son environnement,
dont la température est notée Ta ;

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Le gain maximal est obtenu dans la direction perpendiculaire aux


surfaces d’onde de l’antenne. Dans une direction faisant un angle θ
avec la direction privilégiée :
4πS
g ( θ ) < g ( 0 ) = ------------
-
λ2
Par exemple, dans le cas d’un paraboloïde de révolution de
diamètre D, à éclairement uniforme :

πD
J 1  ---------- sin θ
g (θ )  λ 
--------------- = 2 ----------------------------------------- Figure 8 – Représentation de deux ondes qui interfèrent
g (0) πD
---------- sin θ
λ
En MA comme en MF, les distorsions apparaissant sur le signal
où J1 est la fonction de Bessel de rang 1. après démodulation du fait des interférences des ondes peuvent
Le diagramme de directivité d’une telle antenne présente des donc s’exprimer mathématiquement.
directions suivant lesquelles aucune énergie n’est reçue, ces
directions correspondent aux premiers zéros de J1 . [Link] Interférences par trajets multiples
Ici, l’antenne de réception capte plusieurs ondes provenant d’un
[Link] Polarisation seul émetteur, généralement une onde directe et une onde réfléchie.
En diffusion directe par satellite, la polarisation de l’onde est L’onde réfléchie est affaiblie et retardée par rapport à l’onde directe.
circulaire, le vecteur champ électrique E n’a pas une direction Soit z (t ) l’onde directe, l’onde retardée s’écrit :
constante, il tourne selon un mouvement de rotation uniforme
autour de l’axe de propagation. On distingue la polarisation circulaire αz ( t – τ ) avec α  1
droite de la polarisation circulaire gauche.
La somme des deux ondes reçues s’exprime ainsi :

[Link] Facteur de mérite de l’antenne de réception z ( t ) + α z (t – τ )


La température de bruit T (en kelvins) de l’antenne est donnée par Z ( ν ) étant la transformée de Fourier de z ( t ), le spectre ou
la formule du paragraphe [Link] dans laquelle tous les termes sont transformée de Fourier de la somme des deux ondes reçues est égal
à prendre en considération. à:
Z (ν ) [1 + α exp(– j2π ντ )]
La puissance de bruit reçue dans un canal de bande équivalente
de bruit B (en hertz) est égale à kBT (§ 3.2.3 ; k constante de L’ensemble émission-transmission-réception, où la transmission
Boltzmann = 1,38 · 10 –23 J/K). présente une réflexion, fonctionne comme un quadripôle dont la
fonction de transfert est :
G 1 + α exp (– j2π ντ )
L’efficacité de l’antenne est jugée par le rapport ------ appelé
T
facteur de mérite qui se mesure en dB/K, G étant le gain de Le cas le plus gênant est celui où α est voisin de 1, car il existe
l’antenne. des fréquences où la fonction de transfert s’annule, et d’autres
fréquences où elle est amplifiée dans un rapport de 2.
Les conditions normales de réception par satellite correspondent
Lorsque la réception est fixe, les antennes, généralement
G directives, protègent l’onde principale de l’onde réfléchie, car celle-ci
actuellement à ------ = 6 dB/K.
T est affaiblie du fait de la directivité de l’antenne de réception. En
Le diamètre de l’antenne permettant d’obtenir une telle qualité revanche, en réception mobile, les antennes omnidirectionnelles
est compris entre 30 et 35 cm, le facteur de bruit du récepteur vaut captent les ondes réfléchies, et les affaiblissements sélectifs, appa-
1,5 à 2 dB. raissant dans le cas où α est voisin de 1, deviennent très gênants.

[Link] Rapport de protection


3.1.3 Interférences Les brouillages apparaissant en radiofréquence produisent, sur les
images et les sons, des perturbations. La qualité de la réception en
[Link] Interférences provoquées par un émetteur différent présence d’interférences se mesure par le rapport des puissances
fonctionnant à une fréquence voisine des ondes utiles et brouilleuses noté (§ [Link].3) : (C / I ).
Considérons deux émetteurs fonctionnant à des fréquences Il existe un rapport (C / I ) minimal tel que ces perturbations sont
voisines. Dans la zone de service du premier, le deuxième est reçu perceptibles mais peu gênantes ; ce rapport minimal est appelé
à un niveau beaucoup plus faible. rapport de protection R. Les réseaux de diffusion sont conçus de
Soient α 1 (t ) et α 2 (t ), ϕ 1 (t ) et ϕ 2 (t ) les amplitudes instantanées manière que dans l’ensemble de la zone de service de chaque
et phases instantanées respectivement de l’émetteur principal et émetteur : C / I  R pendant 99 % du temps environ.
de l’émetteur brouilleur, comme l’indique la figure 8. La valeur du rapport de protection dépend notamment :
Dans le cas où la modulation utilisée est la MA à double bande, — du type de signaux diffusés : parole, musique, images... ;
le signal obtenu après détection est égale à : — du type de modulation utilisée : MA, MABLR, MF... ;
— du décalage de fréquence entre le spectre brouilleur et le
α (t ) ≈ α 1 ( t ) + α 2 ( t ) cos ( ϕ 2 – ϕ 1 ) avec α 2  α 1 spectre utile.
Par exemple, les interférences tolérées en radiophonie de
Dans le cas de la MF, la fréquence instantanée obtenue après moyenne qualité diffusée en O km sont plus importantes que celles
démodulation est égal à : tolérées en stéréophonie. Mais pour une qualité de signal en bande
de base donnée, le niveau des interférences toléré en modulation
1 dϕ 1 d ϕ1 1 d α
--------- --------- ≈ --------
- - + --------- --------
----------- -------2- sin ( ϕ 2 – ϕ 1 ) de fréquence est dans la pratique plus important qu’en modulation
2π d t 2π dt 2π dt α1 d’amplitude.

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C / I et R s’expriment en décibels :

 -----
C puissance crête de la porteuse
= 10 lg --------------------------------------------------------------------------------------------------------
I 

puissance des ondes brouilleuses

Comme l’indique la figure 9, le rapport de protection varie en


fonction de l’écart de fréquence entre le spectre utile et le spectre
brouilleur et devrait théoriquement s’annuler lorsque les deux
spectres sont disjoints.
Une valeur intéressante de R est celle nécessaire lorsque les
spectres sont cocanaux, par exemple :
— pour la télévision en décalage de faible précision. R = 45 dB ;
— pour la télévision en décalage de précision .......... R = 37 dB ;
— pour la stéréophonie en MF ..................................... R = 45 dB ;
— pour la monophonie en MF ...................................... R = 36 dB.

3.2 Caractéristiques du récepteur


3.2.1 Schéma fonctionnel d’un récepteur
Figure 9 – Rapport de protection du système SECAM
Un récepteur de radiodiffusion fonctionne dans une ou plusieurs
gammes de fréquence. Sa fonction est de sélectionner le canal
choisi, d’amplifier l’onde reçue, de la filtrer, de la démoduler et de
délivrer en sortie le signal audiofréquence, vidéofréquence ou des
données en bande de base.
Le schéma fonctionnel est présenté sur la figure 10a.
Les ondes reçues au moyen d’une antenne sont amplifiées dans
un amplificateur d’entrée de facteur de bruit F aussi faible que
possible. Cet amplificateur couvre toute une gamme de fréquence,
il est à large bande.
La fonction suivante consiste à transposer l’onde véhiculant le
programme choisi dans un canal fixe centré sur une fréquence
intermédiaire. L’opération est effectuée en mélangeant (c’est-à-dire
en multipliant) les ondes reçues avec une onde sinusoïdale fixe
engendrée par un oscillateur local (OL). La fréquence de l’OL (ν 1 )
est égale à :
ν0 ± ν FI
avec ν0 fréquence de la porteuse,
ν FI fréquence intermédiaire.
Le récepteur est dit infradyne si ν1 = ν0 – ν FI , supradyne si
ν1 = ν0 + ν FI (figures 10b et c ).
Cependant, le dispositif de conversion de fréquence décrit
ci-avant, ne fonctionnerait pas correctement car il transposerait deux
canaux en FI, celui situé au voisinage de ν1 – ν FI et celui situé au
voisinage de ν1 + ν FI . Le canal indésirable, appelé canal conjugué,
viendrait perturber le canal utile. C’est pourquoi en amont du
mélangeur est disposé un filtre à accord variable dont la fonction
est d’affaiblir le canal conjugué.
Figure 10 – Principes généraux d’un récepteur
En aval du mélangeur un filtre de canal est présent, son but est
d’abord de filtrer le canal choisi qui a été transposé en FI en éliminant
les autres programmes, ensuite de limiter la puissance de bruit à Le produit α (t ) cos [2 π ν0 t + ϕ (t )] cos 2 π ν1 t se décompose en
l’entrée du démodulateur. deux ondes :
Ce schéma de principe est le même quelle que soit la modulation 1 1
utilisée. Seule la nature du démodulateur diffère ; on a soit un ----- α ( t ) cos [ 2 π ( ν 0 + ν 1 ) t + ϕ ( t ) ] + ----- α ( t ) cos [ 2 π ( ν 0 – ν 1 ) t + ϕ ( t ) ]
2 2
démodulateur analogique d’amplitude ou de fréquence, soit un
démodulateur numérique. L’onde dont le spectre est au voisinage de ν0 – ν1 ou de ν1 – ν0 ,
valeur de la fréquence intermédiaire selon que la réception est
infradyne ou supradyne, est conservée.
3.2.2 Canal conjugué Cependant, si un deuxième spectre était reçu dans le canal symé-
trique du canal choisi par rapport à la fréquence de l’oscillateur
Le rôle du mélangeur est de multiplier l’onde incidente qui peut local ν1 , il interférerait à la sortie du mélangeur avec l’onde reçue.
s’écrire : α (t ) cos [2 π ν0 t + ϕ (t )] avec l’oscillation engendrée par C’est pourquoi il est nécessaire d’affaiblir au moyen d’un filtre à
l’OL qui s’écrit : cos 2 π ν1 t . accord variable les composantes spectrales situées dans ce canal
appelé canal conjugué. L’accord de ce filtre est couplé à celui de
l’oscillateur local. Pour chaque gamme de fréquence, la valeur de
la FI est choisie de manière que ce filtre soit facilement réalisable.

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En radiophonie à modulation de fréquence, la FI normalisée est satellite présentent à la sortie de l’amplification d’entrée une conver-
égale à 10,7 MHz. sion de toute la bande de radiodiffusion par satellite dans une bande
En télévision en MABLR, la fréquence intermédiaire de l’image intermédiaire satellite (BIS) située à des fréquences plus basses
est de 32,7 MHz, celle du son de 39,2 MHz. (950 MHz-1 750 MHz). Derrière ce convertisseur sont implantées les
fonctions d’un récepteur classique.

3.2.3 Rôle du filtre de canal


3.3 Réseau de distribution par câble
Les ondes diffusées dans les canaux situés au voisinage du canal
choisi ne sont pas affaiblies par le filtre d’entrée, et sont transposées 3.3.1 Antennes collectives
en fréquence intermédiaire. Le filtre de canal doit être conçu pour
introduire le moins de distorsions possible sur l’onde choisie, mais Une antenne collective est un réseau situé dans le domaine privé
il doit éliminer les spectres présents dans les canaux adjacents, ceux- destiné à délivrer les programmes reçus à un petit nombre d’usagers
là pouvant être nuisibles à la démodulation. (< 100 selon la loi actuelle). Elle remplace l’antenne individuelle dans
Ce filtre est destiné aussi à limiter la puissance de bruit N à l’entrée le cadre d’une distribution collective. Les programmes sont délivrés
du démodulateur. Par définition, la bande équivalente de bruit B d’un aux usagers selon les mêmes normes que ceux accessibles au
récepteur est égale à la largeur d’un filtre idéal qui délivre la même moyen d’une antenne individuelle (§ 4 et articles Antennes [E 3 280]
puissance de bruit que le filtre de canal, la température du spectre [E 3 282] [E 3 284] [E 3 288] dans le traité Électronique) :
de bruit à l’entrée étant la même dans chaque cas : — les programmes de radiodiffusion sonore sont distribués en
N = kTB modulation de fréquence en bande II (O m) ;
— les programmes de télévision de terre sont distribués en
modulation d’amplitude à bande latérale résiduelle en bande
3.2.4 Plan de fréquence de Stockholm III, IV ou V (O m et O dm) ;
— les programmes de télévision par satellite sont distribués en
En 1961, une conférence internationale a établi, en ondes modulation de fréquence en bande intermédiaire satellite.
décimétriques, un plan de fréquence pour la diffusion de trois Les antennes collectives peuvent être à très large bande puisque
programmes de télévision dans chaque pays européen. À l’époque, la BIS (§ 3.2.5) monte jusqu’à 1 750 MHz. Les programmes sont
les récepteurs ne possédaient pas les caractéristiques décrites reçus en branchant les récepteurs directement dessus.
ci-dessus, à savoir que la plupart ne possédait ni amplificateur
d’entrée, ni filtre d’entrée, et que le filtre de canal n’était pas
suffisamment sélectif pour affaiblir les canaux adjacents. De plus,
3.3.2 Réseaux de télédistribution
le mélangeur ne présentait pas un bon découplage entre ces deux
entrées et pouvait envoyer, dans le cas d’un raccordement à une Un réseau de télédistribution peut être situé dans le domaine
antenne collective, une onde pure à la fréquence de l’oscillateur local
public, il peut transmettre un grand nombre de programmes sur
et perturber ainsi les autres récepteurs. C’est pourquoi les émetteurs
des distances importantes, plusieurs dizaines de kilomètres. Cela
de télévision émettent généralement selon un triplet de trois canaux
n’est pas possible avec des réseaux dont la fréquence supérieure
distants chacun de 24 MHz, la largeur de chaque canal étant de
est de 1 750 MHz. Aussi, ils sont limités à 862 MHz (fréquence
8 MHz. supérieure de la bande V) et utilisent les interbandes situées entre
Ce triplet i, i + 3, i + 6 (§ 4.1.5)a les propriétés suivantes : les bandes II et III et les bandes III et IV (il est conseillé de se
— les canaux de diffusion sont disjoints des canaux conjugués ; reporter au paragraphe [Link]).
— les canaux de diffusion ne sont pas adjacents ; Les canaux sont adjacents et ont une largeur de 8 MHz pour la
— les oscillateurs locaux ne peuvent pas les perturber. télévision conventionnelle, de 12 MHz pour la télévision haute
Cependant, les récepteurs actuels ont des performances bien définition. Seule la MABLR est utilisée pour distribuer les pro-
meilleures qui les affranchissent des première et troisième grammes de télévision.
contraintes, seule celle relative aux canaux adjacents doit encore être Comme les récepteurs de télévision ne peuvent pas tous séparer
respectée. les canaux adjacents, et ne peuvent pas recevoir dans les
La dernière condition à laquelle satisfait le plan de Stockholm interbandes, un abonné du réseau de télédistribution doit être équipé
concerne la stabilité des fréquences porteuses des émetteurs : les d’un appareil spécifique jouant le rôle d’interface entre le réseau et
émetteurs fonctionnant à la même fréquence sont en décalage de le récepteur.
faible précision.
La possibilité de diffuser en ondes décimétriques deux
programmes de télévision supplémentaires, ARTE et M6, est due
d’abord à l’amélioration de la qualité des étages radiofréquences des 4. Émission des ondes
récepteurs de télévision, ensuite à l’utilisation systématique du
décalage de précision qui, en diminuant le rapport de protection, per-
met de rapprocher les émetteurs fonctionnant à la même fréquence, 4.1 Réseaux de terre
et d’augmenter aussi l’efficacité d’utilisation de la bande de
fréquences. Cela est démontré dans le paragraphe 4.1.4. 4.1.1 Différentes bandes de fréquences
utilisées sur les réseaux de terre

3.2.5 Récepteur de radiodiffusion par satellite Les bandes de fréquences utilisées par les réseaux de radio-
diffusion et de télévision de terre sont situées entre les ondes kilomé-
Le service de radiodiffusion possède une bande de fréquences en triques correspondant aux fréquences basses et les ondes
ondes centimétriques entre 11,7 et 12,5 GHz. Mais, dans ce cas, la décimétriques correspondant aux fréquences les plus élevées.
fréquence de démodulation étant très faible par rapport à la La radiodiffusion sonore a débuté dans les bandes de fréquences
fréquence d’émission, il faudrait réaliser un filtre d’entrée dont la basses, puis, les services se développant et la technologie évoluant,
largeur serait très faible par rapport à sa fréquence centrale. Un tel elle a occupé des bandes de fréquences de plus en plus élevées.
filtre étant très difficile à faire, les récepteurs de radiodiffusion par

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[Link] Ondes kilométriques entre 30 kHz et 300 kHz (O km)


Tableau 1 – Bandes de radiodiffusion
La bande de fréquences attribuée par les instances internationales en ondes décamétriques
à la radiodiffusion sonore est située entre 148,5 kHz et 255 kHz. Les
programmes sont diffusés par une modulation d’amplitude à double Bande
bande. La largeur du canal radiofréquence est de 9 kHz, cela limite Dénomination usuelle
(kHz)
en pratique la qualité de diffusion puisque la bande de base audio-
fréquence reçue ne peut excéder 4,5 kHz. Mais, la largeur de la bande 2 300 à 2 498 Bande des 2 MHz
de fréquences étant faible, le nombre de canaux correspondant est 3 200 à 3 400 Bande des 3 MHz
aussi faible. Ces derniers sont définis de manière que les fréquences 3 950 à 4 000 Bande des 4 MHz
porteuses soient des multiples de 9 kHz.

4 750 à 4 995
Bande des 5 MHz
La propagation de ces ondes est caractérisée par une forte 5 005 à 5 060
diffraction autour des obstacles, et par un affaiblissement modéré 5 950 à 6 200 Bande des 6 MHz
par le sol. Cela permet d’obtenir des zones de couverture 7 100 à 7 300 Bande des 7 MHz
importantes ; les émetteurs sont puissants (1 000 à 2 000 kW), leur 9 500 à 9 900 Bande des 9 MHz
portée dépasse 500 km. 11 650 à 12 050 Bande des 11 MHz
Les antennes d’émission sont constituées dans la plupart des cas 13 600 à 13 800 Bande des 13 MHz
par un pylône d’une hauteur de 250 à 350 m, voisine du quart de 15 100 à 15 600 Bande des 15 MHz
la longueur d’onde. 17 550 à 17 900 Bande des 17 MHz
21 450 à 21 850 Bande des 21 MHz
La longueur d’onde étant grande, les antennes de réception ne
peuvent être accordées, elles sont constituées d’un simple fil vertical 25 670 à 26 100 Bande des 26 MHz
sur les récepteurs mobiles et d’un solénoïde enroulé autour d’un
noyau magnétique en ferrite pour les récepteurs fixes ou portables.
Les antennes d’émission conçues pour les très grandes
[Link] Ondes hectométriques entre 300 kHz distances, plusieurs milliers de kilomètres, sont généralement
et 3 MHz (O hm) formées de 4 rangées et de 4 colonnes de doublets, l’axe du lobe
principal d’émission faisant un angle d’environ 5o avec le sol.
La bande de fréquences attribuée à la radiodiffusion sonore est
située entre 526,5 et 1 606,5 kHz. Certaines antennes de réception sont du même type que celles
utilisées en O km ou en O hm (§ [Link] et [Link]).
Les caractéristiques de modulation sont identiques à celles
des O km ; de même les fréquences porteuses sont des multiples
de 9 kHz. [Link] Ondes métriques et décimétriques
entre 30 MHz et 3 GHz (O m et O dm)
La propagation est caractérisée par une diffraction importante
autour des obstacles, et un affaiblissement sensible par le sol. La bande de fréquences 87,5-108 MHz, appelée bande II, est
Cependant, l’effet de la diffraction diminuant avec la fréquence, et attribuée à la radiodiffusion sonore monophonique ou stéréo-
l’affaiblissement dû au sol augmentant avec la fréquence, la portée phonique en modulation de fréquence. L’écartement entre deux
des émetteurs est d’autant plus faible que la fréquence est plus porteuses voisines est un multiple de 100 kHz.
élevée, elle est comprise entre 100 et 200 km. Les bandes de fréquences 47-68 MHz (bande I), 174-230 MHz
Les antennes d’émission utilisées sont des pylônes dont la (bande III) et 470-862 MHz (bandes IV et V) sont attribuées à la télé-
hauteur h est voisine d’une demi-longueur d’onde lorsque la vision. L’écartement entre deux porteuses voisines est en France de
puissance d’émission est élevée. La fonction de directivité théorique 8 MHz.
de l’antenne est donnée par la formule : Dans ces bandes de fréquences, la propagation est caractérisée
par :
2πh
cos  ------------- sin θ – cos -------------
2πh
— l’absence de réflexion ionosphérique ;
 λ  λ
f ( θ ) = -------------------------------------------------------------------------------- — des réfractions dans les basses couches de l’atmosphère ;
cos θ — une absorption importante due au sol ;
— une diffraction limitée autour des obstacles.
Cette fonction est maximale dans le plan horizontal (θ = 0), et
pour une hauteur d’antenne égale à la demi-longueur d’onde λ / 2. Tout cela concourt à diminuer la portée des émetteurs, c’est
pourquoi, dans la pratique, leur zone de couverture est en vue directe
Les antennes de réception sont de même conception que celles des antennes d’émission.
utilisées en O km (§ [Link]).

[Link] Ondes décamétriques entre 3 MHz et 30 MHz (O dam) 4.1.2 Structure fonctionnelle d’une station
Les bandes de fréquences attribuées par des accords inter- d’émission de télévision
nationaux à la radiodiffusion sonore en ondes décamétriques sont
données dans le tableau 1. Une station d’émission de télévision comporte généralement six
La diffusion dans ces bandes de fréquences utilise une propriété émetteurs de télévision fonctionnant en ondes décimétriques et un
particulière de ces ondes : elles sont réfléchies sur l’ionosphère. Cela en ondes métriques. La figure 11 représente les différentes fonctions
leur confère un rôle spécifique, car elles sont les seules à assurer nécessaires pour émettre cinq programmes en ondes décimétriques.
un service de radiodiffusion à plusieurs milliers de kilomètres de
distance. [Link] Équipements actifs
Les antennes d’émission sont formées de doublets demi-onde Pour émettre un programme de télévision, il faut deux chaînes
horizontaux répartis en n rangées et m colonnes, tous situés dans d’émission, l’une pour l’image, l’autre pour le son. Les deux
un même plan vertical. Le lobe principal de l’antenne présente un modulateurs fonctionnent en fréquence intermédiaire à 32,7 MHz
axe dont l’angle de site est de quelques degrés. Cet angle est ajusté pour l’image et à 39,2 MHz pour le son. Le filtre mettant en forme
en réglant convenablement la hauteur de l’antenne au-dessus du sol. la bande latérale résiduelle fonctionne dans le canal de la fréquence
(0) intermédiaire image. Puis chacune des voies est transposée aux

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fréquences d’émission image et son et amplifiée au moyen d’un


klystron de 25 kW, un klystron supplémentaire secourant la voie
image. Enfin, les deux voies sont diplexées afin de rassembler sur
un seul accès les deux porteuses relatives à un même programme
de télévision.

[Link] Antennes et diagrammes de rayonnement


L’ensemble des programmes émis en ondes décimétriques sont
multiplexés sur un même guide d’onde ou sur deux lignes coaxiales
et sont acheminés vers le système rayonnant.
■ Structure d’un système rayonnant : les systèmes rayonnants des
sites d’émission principaux de Télédiffusion de France (TDF) sont
généralement conçus selon le même schéma. Quatre panneaux
rayonnant dans quatre directions dont les azimuts font entre eux
des angles de 90o.
Chaque panneau élémentaire est composé de deux doublets
demi-onde horizontaux superposés, situés devant un réflecteur,
créant un champ électrique représenté dans le plan horizontal par
l’expression approchée suivante :

π
cos  ----- sin ϕ
2  π
E = EM
cos ϕ 
----------------------------------------- ⋅ cos ----- ( 1 – cos ϕ )
4 
Le diagramme de rayonnement désiré du système rayonnant à
quatre panneaux est obtenu en répartissant au mieux l’amplitude
et la phase de l’onde alimentant chacun d’eux. Un exemple de
diagramme de rayonnement est présenté sur la figure 12 , il Figure 11 – Schéma synoptique d’une station d’émission
correspond au site d’émission de Marseille Grande-Étoile. de cinq programmes de télévision en onde décimétrique (UHF)
Les valeurs de l’amplitude et de la phase sur chaque panneau
sont obtenues en réalisant sur mesure un répartiteur de puissance
adapté à chaque site d’émission. La puissance d’émission totale alors que l’horizon géométrique est à la distance 2R T h 1 , avec
étant très grande, 5 × 50 kW, il est important que cet élément soit
aussi peu dissipatif que possible et soit bien adapté sur tous ses R T rayon de la terre, du fait de la variation de l’indice de réfraction
accès. avec l’altitude, l’horizon radioélectrique est en moyenne à la
Les répartiteurs installés par TDF sont formés de lignes 4
distance ρ = 2 × ----- R T h 1 . Tout se passe comme si le rayon de
coaxiales, ils couvrent toute la bande de fréquences (470-862 MHz), 3
et présentent très peu de perte. la terre n’était pas égal à R T mais à (4 /3) R T .
Les conditions de propagation varient en fonction des conditions
4.1.3 Propagation des ondes radioélectriques. météorologiques et de l’état de l’atmosphère. Pour des dispositifs
Couverture d’émission donnés, le champ reçu sur un site de réception donné
est garanti pendant un certain pourcentage de temps. Ainsi, en
limite de zone de couverture, l’onde peut être mal reçue pendant
[Link] Puissance apparente rayonnée une faible proportion du temps et, exceptionnellement, elle peut
La portée d’un dispositif d’émission à partir d’un site terrestre ne être reçue à grande distance, pouvant brouiller la réception
dépend pas seulement de la puissance des émetteurs mais aussi d’autres émetteurs fonctionnant à la même fréquence.
du gain fonction de la directivité verticale des antennes d’émission. Les zones de couverture sont déterminées afin qu’un champ
La puissance apparente rayonnée (PAR) dans une direction minimal soit garanti partout pendant environ 50 % du temps à une
donnée du plan horizontal est la puissance qu’il faudrait appliquer hauteur de 10 m.
à un doublet demi-onde pour obtenir le même champ dans la Le plan de fréquence est déterminé pour que le rapport porteuse
même direction : à interférences (C / I ) soit supérieur au rapport de protection R
PAR = Pd g λ / 2 pendant 99 % du temps environ.
où P d est la puissance disponible sur le système rayonnant,
g λ /2 est le gain des aériens par rapport au doublet demi-onde. 4.1.4 Planification de fréquence
Le gain d’un doublet demi-onde est de 2,2 dB.
[Link] Modèle utilisé
Il apparaît qu’une augmentation du gain des antennes permet de
diminuer la puissance des émetteurs tout en conservant la même Le modèle habituellement utilisé pour étudier les plans de fré-
portée. quence consiste à implanter des sites d’émission omnidirectionnelle
au centre d’hexagones réguliers couvrant l’ensemble de la superficie
[Link] Propagation des ondes radioélectriques à desservir comme le montre la figure 13.
Les émetteurs fonctionnant à la même fréquence sont éloignés
Soit h 1 la hauteur du système rayonnant, la propagation des
les uns des autres d’une distance d et sont situés eux-mêmes au
ondes décimétriques présente peu de diffraction et s’effectue de ce sommet de triangles équilatéraux qui forment un pavage de la
fait en ligne droite. La portée d’un tel dispositif est l’horizon ; mais, superficie à couvrir. Afin d’utiliser le moins de canaux possible, il
est nécessaire de minimiser la distance d, mais le rapport porteuse

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à interférences (C / I ) croît lorsque d décroît ; il existe une distance


minimale pour laquelle ( C / I ) reste supérieur au rapport de
protection R. Cette distance s’appelle la distance de coordination des
émetteurs.
Dans la suite, une distance de coordination réduite D sera
utilisée avec : D = d / ρ ; ρ étant le rayon de la zone de couverture
élémentaire hexagonale.

[Link] Nombre de canaux nécessaires


pour effectuer une couverture complète
et distance de coordination
Dans le modèle hexagonal étudié ici, il apparaît que les émetteurs
fonctionnant à la même fréquence ne couvrent qu’une part de la
superficie.
Cette part est égale au rapport de la surface des triangles
équilatéraux de côté D et de la somme des surfaces noires
communes à ce triangle équilatéral et aux couvertures hexagonales.
On démontre que ce rapport est toujours un entier n correspondant
au nombre de canaux nécessaires pour couvrir au moyen d’un même
programme tout le territoire à desservir et que :

D2
n = ----------
3
Par ailleurs, soit X, Y les coordonnées du centre d’un hexagone
immédiatement voisin de celui dont le centre coïncide avec l’origine
(X > 0 ; Y > 0 ; X > Y ), il est facile de démontrer que :

3 3
X = ----- p ; Y = ----------- q ; q<p
2 2
p et q étant des entiers ayant même parité, et par suite que :
3
D 2 = ----- ( 3 p 2 + q 2 )
4
Il apparaît que le nombre entier n n’est pas quelconque car :
1
n = ----- ( 3p 2 + q 2 )
4
Les premières valeurs de n sont les suivantes : 1, 3, 4, 7, 9, 12,
Figure 12 – Diagramme de rayonnement d’une antenne 13, 16, 19, etc.
de télévision en UHF (émetteur de télévision Marseille Grande-Étoile)
[Link] Nombre de canaux nécessaires
pour effectuer une couverture complète.
Interférences
Comme le montrent les courbes figurant dans la Recommanda-
tion 370-5 du CCIR (Comité Consultatif International des Radio-
communications), le champ reçu pour 1 kW de PAR à une distance
donnée de l’émetteur dépend de plusieurs paramètres, même
lorsque l’on se place dans le cas le plus simple où la Terre est
supposée sphérique, notamment de la fréquence d’émission, de la
hauteur des antennes, des conditions météorologiques (figure 14).
Dans le cas des ondes décimétriques, avec pour objectif de
recevoir, au moyen d’une antenne directive fixe, dans 50 % des
emplacements et pendant plus de 99 % du temps, un programme
de radiodiffusion dans des conditions de qualité telles que
( C ⁄ I )  R , il est nécessaire que la distance entre émetteurs
fonctionnant dans le même canal soit supérieure à la distance de
coordination. Celle-là étant elle-même liée au nombre n de canaux
nécessaires pour diffuser un seul programme, il a été possible de
déterminer le tableau indicatif suivant : (0)

n 1 3 4 7 9 12 13 16
Figure 13 – Disposition des couvertures dans le cas n = 7 C / I (dB) observé 13 26 30 41 47 55 58 64

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Dans les mêmes conditions en ondes métriques, le résultat est Le plan de fréquence des émetteurs européens de télévision
sensiblement différent : (0) établi en 1961 est basé sur un modèle à 9 canaux, dans lequel les
émetteurs fonctionnant dans les canaux adjacents sont disposés
comme l’indique la figure 15. La planification telle qu’elle a été
n 1 3 4 7 9 12 13 16 réalisée dans la pratique respecte assez bien le modèle précédent.
Cela apparaît clairement dans le bassin parisien.
C / I (dB) observé 11 24 28 39 45 53 56 62

[Link] Comparaison des différents systèmes de modulation


Du point de vue de la planification de fréquence, un système de
modulation analogique ou numérique est caractérisé principalement
par son encombrement spectral et par son rapport de protection
(tableau 2). (0)

Tableau 2 – Rapports de protection en télévision


et largeur de bande totale nécessaire
pour couvrir un pays avec un programme
Largeur
R
Système de modulation n de bande totale
(dB) (MHz)
MABLR sans décalage 58 13 104
MABLR avec décalage de faible précision 45 9 72
MABLR avec décalage de précision 37 7 56
MF aux normes satellite 30 4 108

En considérant le cas de la télévision, en MABLR la largeur du canal


est B = 8 MHz, le rapport de protection nécessaire, dans le cas où
la fréquence porteuse est en décalage de faible précision, est de
l’ordre de 45 dB. Il faut donc 9 canaux différents pour diffuser
en O dm un seul programme.
En décalage de précision, R serait seulement de 37 dB, il suffirait
de 7 canaux. Par conséquent, il faut disposer d’une bande de
fréquences de 56 à 72 MHz pour pouvoir planifier un réseau
d’émetteurs diffusant un seul programme de télévision.
Un autre système de modulation serait meilleur du point de vue
de la planification de fréquence si le produit nB obtenu était plus
faible qu’en MABLR.
Les calculs montrent que la MF est moins bonne que la MABLR,
quelle que soit la déviation de fréquence choisie. Le produit nB est Figure 14 – Affaiblissement de propagation
toujours supérieur à 100 MHz. de la Recommandation 370-5 du CCIR
En revanche, la modulation de phase à quatre états (MDP4)
présente des caractéristiques de protection de l’ordre de 15 à 20 dB
sans correction d’erreur élaborée, trois canaux suffisent pour
planifier un programme de télévision.
Il suffit donc de développer un système de codage du signal de
télévision dont le débit est inférieur à 18 MBit/s pour que la MABLR
soit détrônée. En effet, la largeur du spectre en MDP4 étant
sensiblement égale au débit numérique en bande de base, la largeur
de bande nécessaire pour planifier un programme en télévision
numérique serait : 3 × 18 = 54 MHz < 56 MHz.

4.1.5 Exemple du plan de Stockholm

Les plans de fréquence étudiés précédemment (§ 4.1.4) supposent


que les émetteurs fonctionnent dans le même canal. Or la réception
d’un programme de télévision dans le canal i peut être gênée par
des interférences provenant du canal i – 1. Cela pouvait apparaître
à cause du manque de sélectivité des premiers récepteurs de
télévision. Aussi, fut-il nécessaire de coordonner les fréquences de
deux émetteurs fonctionnant dans des canaux adjacents, le rapport Figure 15 – Situation des émetteurs fonctionnant dans les canaux
de protection requis étant de 25 dB environ. adjacents dans le cas du plan de Stockholm

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À l’époque où le plan de Stockholm a été établi, il était difficile 4.2.1 Liaison de connexion au satellite
de fabriquer des étages radiofréquences de réception de qualité de radiodiffusion
suffisante, comme cela a été développé dans le paragraphe 3.2.4,
c’est pourquoi les canaux attribués à chaque émetteur étaient au La bande de fréquence utilisée sur cette liaison a été attribuée au
nombre de trois selon le triplet i, i + 3, i + 6 (figure 16). Un tel plan service fixe par satellite. Elle est située entre 17,3 et 18,1 GHz.
permettait de s’affranchir des défauts des récepteurs de l’époque.
Les caractéristiques de la liaison ont été définies de manière que
des stations d’émission pirates ne soient pas faciles à mettre en
œuvre. C’est pourquoi les antennes paraboliques d’émission ont
4.2 Satellite de diffusion directe une dizaine de mètres de diamètre, la puissance du tube
d’émission qui est un klystron est de l’ordre du kilowatt. Le plan de
fréquence est le même que le plan de fréquence de la liaison de
Parmi les orbites sur lesquelles les satellites peuvent graviter dans diffusion à une transposition près.
l’espace au voisinage de la Terre, il en est une qui est particulièrement Le bilan de liaison a été établi de manière à assurer, sur la liaison
intéressante. Elle est circulaire, concentrique et coplanaire avec de connexion, une marge d’au moins 10 dB sur le rapport (C /N )
l’équateur, à une altitude de 35 786 km. À cette distance, la période par rapport à ce qu’il est nécessaire d’obtenir en bout de chaîne.
de révolution autour de la Terre est de 24 h. La Terre tournant
elle-même autour de son axe Nord-Sud en 24 h, les satellites qui
sont situés sur cette orbite semblent immobiles. On l’appelle l’orbite 4.2.2 Charge utile
géostationnaire.
En 1977, une conférence administrative mondiale des ■ Répéteur : le schéma du répéteur est précisé sur la figure 17. Les
radiocommunications organisée par l’UIT (Union Internationale des ondes radioélectriques reçues dans la bande de fréquences
Télécommunications) s’est tenue à Genève. Dans les actes finals de 17,3-18,1 GHz sont amplifiées dans un récepteur à large bande, elles
cette conférence, chaque pays d’Europe, d’Afrique et d’Asie s’est vu sont ensuite converties directement dans la bande de fréquences
attribuer une position d’orbite et plusieurs canaux (5 en Europe). 11,7-12,5 GHz puis un démultiplexeur sépare par filtrage chacune
Depuis 1990, la France dispose d’un système de deux satellites, l’un des ondes radioélectriques qui sont au nombre de 5, situées pour le
secourant l’autre, fonctionnant selon les normes définies pendant cas du satellite français dans les canaux 1, 5, 9, 13, 17. Elles sont
cette conférence. Un satellite présente deux parties : traitées chacune dans des voies séparées, amplifiées dans une
— la plate-forme, comprenant un système de stabilisation trois chaîne dont l’étage de sortie est un tube à onde progressive de 230
axes et de maintien à poste, un générateur transformant à 260 W fonctionnant à saturation. Ensuite, elles sont multiplexées
l’énergie solaire en énergie électrique, et un module de sur une même sortie qui est branchée sur l’antenne d’émission. De
propulsion ; plus, le tube à onde progressive correspondant au canal 9 est
— la charge utile, comprenant les antennes de réception et d’émis- secouru.
sion, ainsi que les organes de traitement des ondes radio- ■ Antennes : elles ont pour fonction la réception et l’émission des
fréquences transmises. ondes de radiodiffusion dans les bandes des 18 et 12 GHz ainsi que
la réception et l’émission des ondes porteuses des signaux de
télécommande et de télémesure dans les bandes de fréquences
situées vers 2 GHz et vers 18 et 12 GHz. L’antenne d’émission à
12 GHz est constituée par un réflecteur elliptique alimenté par une
multisource, l’antenne de réception à 18 GHz présente, elle, un
réflecteur circulaire.
La zone de couverture de l’antenne d’émission est elle-même
Figure 16 – Triplet du plan de Stockholm elliptique, l’ouverture de l’antenne est de 2,5o pour le grand axe et
de 0,98o pour le petit axe. Une telle ouverture permet de couvrir
l’Hexagone et la Corse.

Figure 17 – Répéteur du satellite de diffusion


directe

(0)

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Tableau 3 – Plan de Genève de 1977


Numéro de canal 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Polarisation + – + – + – + – + – + – + – + – + – + – + – + –
Pays A B C D A B C D A B C D A B C D A B C D E F G H

4.2.3 Liaison de diffusion Du fait de la protection assurée par la directivité de l’antenne


d’émission du satellite, il est théoriquement possible d’attribuer ces
La caractéristique d’émission s’appelle la puissance isotrope 40 canaux à d’autres pays, à condition qu’ils soient suffisamment
rayonnée équivalente (PIRE) ; c’est la puissance radioélectrique éloignés du groupe des 8 pays précédents.
émise dans une direction donnée par unité d’angle solide :
■ Assignation des positions de l’orbite géostationnaire : les autres
PIRE = Pd g pays se sont vu assigner les mêmes canaux mais sur des positions
de l’orbite géostationnaire différentes.
avec Pd puissance disponible sur le système rayonnant,
Chaque position d’orbite est définie pas sa longitude, par exemple
g gain de l’antenne d’émission par rapport à l’isotrope. la position 19o Ouest a été attribuée à 8 pays d’Europe occidentale :
La PIRE des satellites TDF1 et TDF2 dans l’axe de l’antenne la France, l’Autriche, la République fédérale d’Allemagne, le
d’émission est de 64 dB (W). La couverture du satellite correspond Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l’Italie. Chaque
à l’angle solide dans lequel la PIRE est supérieure à 61 dB (W). position d’orbite est distante de ses voisines de 5o, cet angle a été
La polarisation des satellites de diffusion directe est circulaire, choisi en fonction de la directivité des antennes de réception. Le plan
celle des satellites TDF1 et TDF2 est circulaire droite (dextrogyre). de Genève a été fait à partir de différentes hypothèses concernant
notamment le matériel de réception.
Par temps clair, pendant 99 % du temps, la densité surfacique de
puissance reçue au sol est supérieure à – 103 dB (W/m 2 ), dans la
zone de couverture. Mais la pluie introduit d’une part un
affaiblissement, d’autre part une dépolarisation de l’onde reçue, cela
entraîne une dégradation du bilan de liaison de 4 dB pendant 0,9 %
5. Perspectives d’avenir
du temps.
Le rapport (C /N ) obtenu après réception dans une bande 5.1 Augmentation de la capacité
équivalente de bruit de 27 MHz est : de diffusion du réseau de terre
14 dB pendant 99 % du temps
10 dB pendant 99,9 % du temps Les considérations du paragraphe 4.1.4 sur la planification de
fréquence ont montré qu’il serait possible de diffuser un plus grand
nombre de programmes de télévision en utilisant des modulations
4.2.4 Planification de l’orbite géostationnaire numériques si l’on arrivait à coder les signaux d’image et de son
et de la bande de fréquences avec un débit inférieur à 18 Mbit /s. Des études de codage d’image,
qui ont abouti à des développements de circuits intégrés dont le prix
■ Rapport de protection : celui qui doit exister entre l’onde utile et en grande série serait suffisamment faible pour qu’ils puissent
l’onde brouilleuse dépend de l’écart entre les fréquences centrales figurer dans du matériel grand public, montrent qu’il est possible
des deux ondes. Dans le cas où cet écart est nul, le rapport de de coder les signaux de la télévision actuelle dans un débit de l’ordre
protection est dit cocanal, il a été pris égal à 31 dB à la conférence de de 6 Mbit /s, en conservant la même qualité subjective ; des circuits
1977. intégrés ont été réalisés aux États-Unis. Un tel résultat montre que
la diffusion de programmes de télévision numérique permettrait
■ Protection par croisement de polarisation : une antenne de d’augmenter l’efficacité d’utilisation des bandes de fréquences dans
réception polarisée dans un sens présente une protection importante un rapport 3, autrement dit, qu’il serait possible de diffuser au moyen
par rapport à une onde brouilleuse polarisée en sens inverse. Pour de modulations numériques classiques trois fois plus de pro-
des antennes de grande série, le rapport de protection type obtenu grammes qu’actuellement et donc de planifier 18 programmes au
est de l’ordre de 20 dB. lieu de 6 en ondes métriques et décimétriques.
■ Définition des canaux du plan de Genève : la largeur de la bande Une deuxième conséquence qui concerne les caractéristiques du
de fréquence attribuée à la télévision par satellite est de 800 MHz, la réseau de diffusion est la suivante : à condition que les antennes et
largeur du spectre d’une onde modulée selon les normes de les amplificateurs de réception aient les mêmes caractéristiques, la
diffusion par satellite est de 27 MHz environ. Plutôt que de définir puissance des émetteurs pourrait être diminuée de 20 à 30 dB. Au
des canaux adjacents disjoints, l’écart entre deux canaux adjacents lieu des 25 kW nécessaires pour un émetteur image en MABLR,
a été déterminé de manière que la protection nécessaire pour cet une centaine de watts serait suffisante en MDP4.
écart soit assurée par un découplage de polarisation. À la condition En radiophonie, le même type de raisonnement peut être fait. Pour
que deux canaux adjacents soient en polarisation inverse, il a été effectuer une couverture globale en stéréophonie et en modulation
possible de définir quarante canaux au pas de 19,18 MHz. de fréquence, il faut disposer environ de 9 canaux d’une largeur de
250 kHz. La modulation numérique MDP4 serait plus efficace que la
■ Assignation des canaux sur une même position d’orbite : les pays
modulation de fréquence analogique pour les codages dont le débit
voisins se sont généralement regroupés sur une même position
serait inférieur à 750 kbit /s. Des méthodes de codage conservant la
d’orbite ; 5 canaux ont été assignés à chacun. Il a donc été possible
qualité stéréophonique acceptées internationalement permettent de
de regrouper 8 pays voisins sur chaque position. Les 5 canaux
descendre actuellement à 256 kbit/s. Un tel résultat montre de même
assignés à chaque pays se trouvent tous dans une demi-bande de
que la modulation et le codage numériques permettent de multiplier
fréquence selon la répartition donnée dans le tableau 3. Par
environ par 3 la capacité de diffusion des bandes de fréquences
conséquent, sur les 8 pays, 4 pays nommés A, B, C, D, se situent dans
attribuées à la radiodiffusion sonore.
la demi-bande de fréquence inférieure, 4 nommés E, F, G, H dans la
demi-bande supérieure.

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Le nombre de programmes radiophoniques ou télévisuels étant faible, il déclenche un processus de recherche afin de trouver
limité par la largeur du spectre de fréquence, l’intérêt de la l’émetteur relatif au même programme qui est le mieux reçu.
numérisation des sons et des images apparaît de manière évidente. Aujourd’hui, la plupart des autoradios offrent cette fonctionnalité et
Cependant, le parc actuel des récepteurs de radio et de télévision les autoradios équipés RDS sont d’un prix compétitif.
est entièrement analogique ; le renouvellement de ce parc sera Le RDS offre d’autres fonctionnalités que nous décrirons au
nécessairement lent, les systèmes de modulation et de codage paragraphe 5.4.
analogiques survivront encore longtemps et auront leur dynamique
d’évolution propre. Par conséquent, l’avenir de la radiodiffusion
analogique se situe dans le moyen terme, celui de la radiodiffusion 5.2.2 Radiodiffusion numérique
numérique dans le long terme.
Les réseaux à modulation de fréquence analogique (§ 5.2.1)
présentent d’autres imperfections, par exemple la réception par les
5.2 Évolution de la radiodiffusion sonore mobiles est sensible aux échos, et l’intérêt de la diffusion numérique
a été démontré précédemment. C’est pourquoi les centres de
5.2.1 Radiodiffusion analogique recherche européens ont orienté leurs activités sur la définition d’un
système de codage et de modulation adapté à la réception par les
■ Modulation d’amplitude : les bandes de fréquences utilisant la mobiles. Le DAB (Digital Audio Broadcasting), adopté par de très
modulation d’amplitude à double bande sont situées en ondes nombreux pays, répond aux différentes exigences citées.
kilométriques, hectométriques et décamétriques. Le service de radio- ■ Codage de source (codage en sous-bandes) : la bande de base
diffusion dans ces bandes est limité par un nombre relativement audiofréquence est divisée en 32 sous-bandes. La précision du
faible de canaux et par l’importance des puissances d’émission, de codage de chaque sous-bande tire parti de ce qui est appelé l’effet
plusieurs centaines de kilowatts. Le service serait amélioré de de masque : si l’énergie d’un son est concentrée sur une plage de
manière significative, notamment en ondes décamétriques, s’il était fréquences, les composantes voisines de cette plage sont masquées
possible d’augmenter le nombre de canaux et, également, par la composante principale et de ce fait peuvent être codées avec
d’augmenter la portée des émetteurs sans modifier les caractéris- une précision beaucoup plus faible. Une telle propriété qui est due
tiques de leurs étages de puissance. De tels résultats peuvent être aux caractéristiques physiologiques de l’oreille permet de coder un
obtenus en remplaçant la modulation à double bande, actuellement son monophonique sans distorsions apparentes dans un débit de
utilisée, par une modulation à bande latérale unique. Mais une telle 128 kbit / s, le son stéréophonique demandant le double. Il a été
modification des caractéristiques d’émission a pour conséquence démontré l’intérêt d’une telle réduction de débit du point de vue du
l’apparition d’une nouvelle génération de récepteurs. Alors qu’une rendement de l’utilisation des bandes de fréquences.
détection crête est actuellement effectuée dans les récepteurs, la
bande latérale unique nécessite l’implantation d’une détection ■ Codage de canal [Orthogonal Frequency Division Multiplex
synchrone. (OFDM)] : l’utilisation de modulations numériques classiques
Si de tels changements dans les normes de modulation étaient comme MDP4, MAQ16, etc., en radiodiffusion par les émetteurs de
décidés, il serait nécessaire, pendant la période de reconversion du terre, présente l’inconvénient d’être très sensibles aux trajets
parc de récepteurs, de maintenir la présence d’une porteuse à l’émis- multiples (échos). C’est pourquoi un système de modulation d’un
sion pour permettre aux anciens récepteurs de fonctionner. type nouveau (OFDM) qui est associé à un dispositif efficace de
correction d’erreurs, permet de s’affranchir des distorsions dues aux
■ Modulation de fréquence : les programmes radiophoniques sont trajets multiples particulièrement gênantes dans la réception par les
de plus en plus écoutés dans les voitures, mais la qualité des mobiles. Les performances de ce dispositif sont telles qu’elles
installations d’écoute incite les automobilistes à recevoir les permettent aux mobiles de recevoir un même programme sans
programmes stéréophoniques diffusés en modulation de fréquence. dégradation apparente dans la partie commune des zones de
Contrairement aux ondes kilométriques, la portée des émetteurs en couverture de plusieurs émetteurs fonctionnant dans le même canal.
ondes métriques (bande II) est limitée, et l’auditeur est obligé Ces propriétés caractéristiques de ce système de codage de canal
pendant ses voyages de changer de canal pour conserver le même permettent de réaliser des réseaux d’émetteurs monofréquences.
programme. Pour trouver une solution à ce problème deux systèmes Une meilleure utilisation des bandes de fréquences, une excellente
ont été développés et sont mis progressivement en service : protection contre les échos et la possibilité de réaliser des réseaux
— le premier système est constitué des réseaux MF synchrones. monofréquences font du DAB le système de radiodiffusion du futur.
Au moyen d’équipements d’émission dont l’antenne est très
directive, des émetteurs jalonnant les axes routiers importants
peuvent diffuser, à la même fréquence, un même programme sans
se brouiller, à condition que les émetteurs soient synchronisés. 5.3 Évolution de la télévision
Cependant, le procédé fonctionne seulement si les dimensions de
la zone de brouillage de deux émetteurs voisins sont faibles. Cela 5.3.1 Objectif à long terme :
exclut en pratique la possibilité d’utiliser ce procédé sur des réseaux la télévision haute définition (TVHD)
nationaux, seules des couvertures effectuées au moyen d’émetteurs
mis en cascade desservant des axes linéaires peuvent être obtenues. La résolution de l’image de la télévision actuelle à 625 lignes fixe
C’est pourquoi ce type de réseau est bien adapté aux autoroutes ; sa distance d’observation à au moins six fois la hauteur de l’image.
— le second système fonctionne sur les réseaux existants, il utilise À cette distance, l’œil ne perçoit plus les lignes de télévision. Le
le RDS (Radio Data System ) qui permet la diffusion de données format de l’image, rapport de sa largeur sur sa hauteur, égal à 4 / 3,
diffusées en bande de base audiofréquence sur une sous-porteuse et les conditions d’observation font que la télévision appelée aussi
située à 57 kHz. petit écran ne met pas le spectateur dans les mêmes conditions
La fonction première du RDS est de permettre l’accord que le grand écran du cinéma.
automatique des récepteurs au moyen d’un message d’identification Améliorer la qualité de la télévision consiste donc à augmenter
des programmes inséré dans le train de données diffusées. D’autres la résolution de l’image et à modifier le format pour se rapprocher
informations sont présentes dans le multiplex, par exemple le nom de celui du cinémascope. L’objectif de l’Europe (CEE) en matière de
du programme destiné à être affiché sur le récepteur, ou les télévision haute définition (TVHD) est de porter le nombre de
fréquences des autres émetteurs situés dans le voisinage immédiat lignes à 1 250 (= 2 × 625) et de porter le format de l’écran à 16/9.
diffusant le même programme. Le récepteur mesure en permanence De cette manière, le spectateur devra se trouver à trois fois la hau-
le champ radioélectrique ambiant, lorsque ce dernier devient trop teur de l’image. Cela le mettra dans les meilleures conditions pour
assister aux différents spectacles.

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Le récepteur à écran cathodique ne sera plus optimal pour la TVHD, L’utilisation de l’OFDM pour la diffusion de la télévision par les
il semble que la technique la mieux adaptée sera le téléprojecteur émetteurs de terre permettrait la réception de programmes au
avec un écran mural. moyen de téléviseurs portables ayant une antenne incorporée. Cela
permettrait de diversifier le mode de consommation de la télévision
dans les familles. Ce type de consommation ne correspond pas du
5.3.2 Phase de transition : la télévision améliorée tout aux conditions de visualisation de la TVHD qui ne peut être reçue
qu’au moyen d’équipements fixes. Il apparaît donc que le standard
Lorsque la télévision haute définition sera proposée au grand de diffusion vers des récepteurs portables sera celui du petit écran
public, coexisteront trois types de récepteurs : à 625 lignes, le réseau utilisé sera nécessairement le réseau de terre,
la puissance d’émission des satellites pour atteindre des récepteurs
— les récepteurs à 625 lignes format 4 /3 ;
portables étant beaucoup trop importante. En revanche, la télévision
— les récepteurs à 625 lignes format 16/9 ;
par satellite sera bien adaptée à la TVHD dont les équipements
— les récepteurs à 1 250 lignes format 16/9.
d’usagers seront nécessairement installés de manière fixe.
Il sera donc nécessaire que les programmes conventionnels D’ailleurs, la conférence administrative mondiale des radiocommu-
puissent être reçus par les téléviseurs haute définition et nications de 1992 a attribué une bande de fréquences à 22 GHz à
réciproquement, sans que les fonctions permettant la conversion la radiodiffusion par satellite destinée à la TVHD numérique qui sera
d’une norme à une autre soient trop compliquées. Toutefois, entre utilisable à partir de 2007.
la qualité actuelle et la qualité haute définition, de nombreuses
Cependant, constatant que le son numérique s’est introduit dans
options seront possibles dont les principales semblent être les
le grand public par le disque compact et le lecteur laser et que la
suivantes :
diffusion du son numérique n’apparaîtra pas avant 1995, il est
— suppression du papillotement de l’image ; possible d’imaginer un scénario comparable pour la télévision. Les
— amélioration de la définition de la luminance et de la techniques numériques d’enregistrement permettant d’obtenir des
chrominance en 625 lignes ; images d’excellente qualité, bien meilleure que la norme analogique
— changement de format déjà cité ; actuelle, il est possible que le magnétoscope numérique soit avant
— son stéréophonique. l’an 2000 le premier équipement de télévision numérique des
La qualité finale sera obtenue sur les récepteurs à deux conditions : ménages.
— que le programme soit diffusé selon des normes compatibles ;
— que le récepteur possède les options nécessaires à la bonne
restitution des images et des sons. 5.3.4 Télévision à péage
Dans les grands pays industriels, trois stratégies distinctes
apparaissent : L’attribution de nouvelles bandes de fréquences en O cm, à la
télévision, le développement des technologies à ces fréquences très
— la première consiste à améliorer les standards existants, élevées, et la mise au point de nouvelles méthodes de codage de
essentiellement en changeant de format et en introduisant le son l’image animée permettront d’augmenter considérablement le
stéréophonique, les nouvelles normes sont appelées SECAM + ou nombre de programmes pouvant être diffusés dans les bandes de
PAL +. Elles permettent d’obtenir une qualité améliorée des fréquences disponibles. Cependant, le nombre de programmes
programmes sans modifier de manière fondamentale les normes de effectivement diffusés sera limité par leurs sources de financement.
diffusion actuelles. Elles préparent à la reconversion du parc de Il semble que la redevance et la publicité aient atteint le maximum
récepteurs au format 16/9, mais sont incompatibles avec les futures de leurs possibilités, cependant la troisième source de financement
normes de télévision haute définition ; dont bénéficie CANAL +, le péage, possède encore un potentiel
— la deuxième repose sur la définition d’un nouveau standard de inexploité.
télévision analogique : le MAC (Multiplex Analog Component). Alors
que dans les standards actuellement exploités le multiplexage de Toutes les télévisions à péage utilisent le même principe de base :
la luminance, de la chrominance et du son est fréquentiel, dans le l’embrouillage en tête de réseau et le désembrouillage chez l’usager.
MAC il est temporel. Ce standard est compatible avec le standard Ce dernier dispose généralement d’une carte à mémoire person-
haute définition appelé HDMAC. Cependant, pour le recevoir sur les nalisée possédant les informations lui permettant d’engendrer les
récepteurs actuels, il faut être équipé d’un terminal appelé Visiopass ; clefs de désembrouillage.
— la troisième, définie par la Federal Communication Commission Trois types de péage différents sont actuellement proposés dans
(FCC) des États-Unis, repose sur la définition d’un nouveau standard le monde : l’abonnement, le péage à la durée, et le pay per view ou
de télévision haute définition numérique incompatible sous de péage à la séance.
nombreux aspects avec la télévision analogique actuelle. Cependant,
pour différentes raisons qui seront exposées ci-après, il apparaît que
l’avenir à long terme est à la télévision numérique.
5.4 Nouvelles fonctionnalités
5.3.3 Télévision numérique
En radiodiffusion sonore comme en télévision, ces nouvelles fonc-
Aucune norme de diffusion de télévision numérique n’est encore tionnalités ont été rendues possibles grâce à la mise au point de
définie dans le monde. De la même façon que ce qui a été réalisé deux systèmes de diffusion de données multiplexées avec le signal
pour le son, des études portant sur le codage de source et de canal de base. En radiophonie, les données sont insérées par addition et
sont effectuées dans les centres de recherche, l’objectif étant notam- modulation d’une sous-porteuse à 57 kHz ; en télévision, elles sont
ment de définir un système de codage et de modulation d’une onde insérées sur les lignes non utilisées du temps de suppression trame
dont la largeur de spectre soit inférieure à la largeur des canaux (retour de balayage trame).
actuellement utilisés (8 MHz pour le réseau de terre, 27 ou 36 MHz
pour le satellite).
5.4.1 Applications de l’insertion de messages
En matière de codage de canal, l’OFDM (§ 5.2.2) présente des d’identification de sources
avantages identiques à ceux constatés pour le son : meilleure utili-
sation des bandes de fréquences, protection contre les échos,
réalisation de réseaux monofréquences. Ces messages permettent d’identifier le programme diffusé,
l’émission et même la séquence reçues.

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________________________________________________________________________________________________ RADIODIFFUSION SONORE ET TÉLÉVISUELLE

En télévision, la présence d’un tel message permet d’offrir le ser- Enfin, il est prévu de mettre en place des services d’information
vice de téléprogrammation des magnétoscopes. Le téléspectateur des piétons par téléchargement dans des bornes situées sur la voie
disposant de cette fonctionnalité peut enregistrer de manière auto- publique. Ces bornes sont constituées principalement d’un
matique l’émission de son choix, il suffit pour cela qu’il charge dans micro-ordinateur et d’un écran de télévision.
une mémoire le message d’identification de l’émission désirée et
mette son magnétoscope en attente. Celui-ci se mettra automati-
quement en position enregistrement lorsque le message d’identifi-
cation de l’émission sera le même que celui qu’il a utilisé pour le
programme, le magnétoscope s’arrêtera lorsque le message aura
6. Conclusion
disparu. Un tel service devrait intéresser les centres de documen-
tation disposant d’une vidéothèque, et il a déjà été mis en œuvre
Les réseaux de radiodiffusion sonore et télévisuelle qui sont le plus
dans des applications de télé-enseignement.
développés sont constitués d’émetteurs terrestres à couverture
En radiodiffusion à modulation de fréquence, la présence de locale, régionale ou nationale. Les émetteurs comme les récepteurs
messages d’identification de programmes diffusés, en RDS (Radio sont entièrement analogiques et ils peuvent atteindre l’ensemble de
Data System) permet aux autoradios équipés de circuits RDS de la population. Actuellement, la diffusion des programmes est aussi
s’accorder de manière automatique sur la fréquence de l’émetteur effectuée par satellite et par câble, mais peu de téléspectateurs les
diffusant le programme désiré, reçu dans les meilleures conditions. reçoivent ; dans un avenir lointain, la diffusion numérique sup-
Cela est particulièrement utile au cours des trajets en automobile. plantera sans doute l’analogique. Cependant, les usagers ne sont
pas prêts de se séparer facilement de leurs équipements actuels. Les
satellites et le câble seront attractifs s’ils apportent chez l’usager des
5.4.2 Autres applications programmes de télévision supplémentaires qui ne sont pas actuel-
lement diffusés par le réseau de terre, ce peut être des programmes
D’autres types d’informations numérisées non liées au étrangers éventuellement doublés en français ou des programmes
programme de radiodiffusion ou de télévision peuvent être dif- thématiques français. Cependant, si le câble est d’un coût acceptable
fusées. Elles sont téléchargées dans des terminaux conçus à partir dans les zones urbanisées, des réseaux adaptés au monde rural
de micro-ordinateurs. verront-ils le jour ? La fibre optique ou les liaisons micro-ondes
pourraient répondre à la question.
■ Applications éducatives : la diffusion numérique permet de
fournir aux étudiants le désirant, des documents éducatifs Les technologies numériques ne s’imposeront que si elles
multimédias réalisés à partir d’images, de graphiques, de textes ou apportent une amélioration sur la qualité du signal reçu comme c’est
de sons, et des didactitiels associés à ces documents. le cas en DAB (§ 5.2.2) et en TVHD (§ 5.3.1) numériques, ou sur la
qualité du service par exemple avec la possibilité d’atteindre des télé-
■ Applications liées aux transports : des services de télé-affichage viseurs portables ayant une antenne incorporée. Elles s’imposeront
utilisant le support RDS ont été mis en place dans plusieurs villes si elles répondent à la pénurie de fréquence ; ainsi la meilleure
afin d’informer les usagers des transports en commun des temps efficacité d’utilisation du spectre de fréquence au moyen des
d’attente des bus ou des incidents étant survenus sur le réseau systèmes de codage et de modulation numériques pourrait répondre
lui-même. Le dispositif d’affichage est un récepteur de télévision au besoin des opérateurs de programmes non satisfaits.
dans les bus ou une rangée de caractères alphanumériques aux Ce sont ces améliorations concrètes qui décideront les opérateurs
arrêts de bus. de programmes et les opérateurs de réseaux à devenir des pionniers
D’autres services peuvent être reçus par les automobilistes, soit de la diffusion numérique, et ainsi à créer un marché de nouveaux
au moyen des panneaux à affichage variable situés le long de la récepteurs.
voie publique, soit au moyen de terminaux spécifiques embarqués
dans les véhicules. Les informations diffusées peuvent concerner
l’état des parkings, la circulation, les travaux, l’état de la route, etc.

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Radiodiffusion sonore et télévisuelle R

E
par Guy BRUN N
Ancien Élève de l’École Polytechnique
et de l’École Nationale Supérieure des Télécommunications
Ingénieur en Chef à Télédiffusion de France
S
Bibliographie A
Ouvrages
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BRUN (G.). – Modulations analogiques. Eyrolles
(1990).
ROGER (J.). – Antennes. Différents types. E 3 282,
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FRANÇOIS (R.). – Modulation. Démodulation.
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I
R

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S
3 - 1994
Doc. E 6 050

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