Comité des Dix
Note d’information
L’Afrique dans l’économie
mondiale d’après crise :
Transformer la relance en une
croissance forte, soutenue et
partagée
Preparé par : Zuzana Brixiova Banque africaine de développement
Révisé par : Mthuli Ncube, Economiste en Chef et Vice Président. Bureau de l’économiste en Chef
i
Léonce Ndikumana, Directeur, EDRE
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ii
GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT
L’Afrique dans l’économie mondiale d’après-crise :
Transformer la relance en une croissance forte, soutenue et partagée
Réunion du Comité des dix
Washington, D.C., October 2010
Preparé par : Zuzana Brixiova
Révisé par : Mthuli Ncube, Economiste en Chef et Vice Président.
Léonce Ndikumana, Directeur, EDRE
iii
I. Introduction
Au lendemain de la crise financière et économique mondiale, les décideurs africains
s’emploient à repenser leurs stratégies économiques pour la décennie à venir. La croissance
élevée qu’elle a enregistrée avant la crise et la réponse rapide qu’elle a apportée à la crise
témoignent de l’énorme potentiel économique de l’Afrique. Cependant, la pauvreté reste très
répandue sur le continent. Dès lors, la question essentielle est de savoir comment transformer le
potentiel de l’Afrique en une croissance forte, soutenue et partagée et apporter des améliorations
tangibles aux conditions de vie des populations.
Tout d’abord, la présente note passe en revue les politiques macroéconomiques de
l’Afrique appliquées avant la crise et les facteurs qui expliquent la bonne tenue du continent
pendant la crise. Ensuite, elle analyse les politiques susceptibles d’appuyer la reprise en cours et
d’aider à la transformer en une forte croissance à moyen terme. La note souligne que, pour
l’avenir, les politiques macroéconomiques, surtout dans les pays à faible revenu, devraient mettre
davantage l’accent sur la croissance plutôt que sur l’objectif d’un taux d’inflation faible. La note
s’inspire, tout en l’approfondissant, de l’analyse de la croissance faite dans le document que la
Banque africaine de développement, la CEA, l’Union africaine et l’Institut coréen de politiques
économiques ont récemment préparé pour la réunion ministérielle de la KOAFEC.
II. Contexte – Aperçu de la croissance en Afrique avant la crise
La croissance élevée (une moyenne de 5,7 % entre 2001 et 2008) enregistrée en
Afrique, avant la crise, témoigne du grand potentiel économique de l’Afrique. La croissance du
continent repose sur un certain nombre de facteurs, y compris un environnement extérieur
favorable et des facteurs intérieurs tels que le recul des conflits, une stabilité politique accrue et
des politiques macroéconomiques prudentes. Plusieurs pays ont amélioré leur environnement des
entreprises (par ex. le Rwanda), la réglementation du secteur financier (Nigeria), l’administration
publique (Sierra Leone), et le recouvrement des recettes fiscales (Liberia).1 L’accroissement des
flux d’échange et d’investissement entre l’Afrique, la Chine, l’Inde et les pays du Golfe a sans
cesse contribué à la croissance de l’Afrique pendant la période considérée.
Bien que la croissance du contient ait été forte entre 2001 et 2008, elle restait inférieure
aux taux requis pour une réduction durable de la pauvreté. Seuls près de 25 % des pays africains
à faible revenu (PFR) affichaient un taux supérieur ou égal à 7 % par an. Dans le même temps,
quelque 40 % des PFR affichaient des taux d’inflation inférieurs à 5 % et près de 75 % des PFR
réalisaient des taux d’inflation inférieurs à 10 %, entre 2001 et 2008. Ainsi, bien que la plupart
des pays aient stabilisé leurs taux d’inflation à un bas niveau, ils n’ont pas pu réaliser les taux de
croissance élevés nécessaires pour améliorer les conditions de vie des populations.
Toutefois, dans la plupart des cas, la réalisation de très faibles taux d’inflation (au-
dessous de 5 %) ne constitue pas, pour les PFR, un objectif pertinent en matière de lutte contre
l’inflation. En effet, l’inflation n’entrave la croissance que si elle dépasse un certain seuil
(habituellement 10-20 %). L’impact positif de l’inflation sur la croissance est négligeable en
deçà dudit seuil. En outre, dans leur quête de taux d’inflation très faibles (au-dessous de 5 %), les
1
Une autre note d’information analyse les tendances et défis de la mobilisation de ressources intérieures en Afrique.
2
PFR pourraient provoquer un impact négatif sur la croissance. En résumé, les PFR devraient
maintenir l’inflation entre 5 et 10 %, mais pas à des niveaux très bas. C’est pourquoi, certains
PFR ayant réalisé des taux d’inflation très faibles pourraient le faire au détriment de la
croissance.
III. L’impact de la crise sur l’Afrique en 2009
En 2009, la croissance élevée de l’Afrique a été freinée par un grave choc extérieur, à
savoir la crise financière et économique mondiale (graphique 1a, annexe I). La plupart des pays
africains ont été durement touchés dans les secteurs réels, ce qui s’est notamment traduit par une
baisse des exportations et des IDE et, dans certains cas, une diminution de l’aide, des envois des
travailleurs migrants et des recettes du tourisme. En 2009, la plupart des indicateurs
macroéconomiques se sont alors détériorés. Le taux de croissance du PIB réel n’était que de
2,5 % en moyenne, même si la performance a varié entre une baisse de 6,8 % aux Seychelles et
une croissance de 9,9 % en Éthiopie. L’impact a été plus dur pour l’Afrique du Sud, où la
croissance a chuté d’une moyenne de 6,1 % pour la période 2001-2008 à 1,6 % en 2009 – la plus
faible croissance depuis le début des années 90. La production du pays par habitant a également
reculé. Dans la mesure où la crise constituait un choc extérieur, les pays plus ouverts aux
échanges et à croissance rapide avant la crise (par ex. les pays exportateurs de pétrole et les pays
émergents) ont enregistré de fortes baisses en 2009. Ils devraient rebondir rapidement, en même
temps que la relance de l’économie mondiale (graphique 1b, annexe I).
L’expérience de la crise laisse entrevoir l’importance de la diversification des
exportations – tant pour les produits que pour les partenaires commerciaux. Plus précisément, les
pays ayant des relations avec les pays BRIC, surtout la Chine et l’Inde, notamment les marchés
frontaliers et les PFR en transition, n’ont pas enregistré une baisse des échanges et de la
croissance aussi forte que celle des autres pays (tableau I, annexe I).
Pour ce qui est des autres indicateurs macroéconomiques clés, la balance commerciale
et la balance des opérations courantes se sont considérablement détériorées, du fait de
l’effondrement de la demande extérieure, en particulier chez les exportateurs de pétrole. Un
certain nombre de pays ont enregistré un double déficit, car la détérioration de la balance des
opérations courantes s’est accompagnée d’une aggravation du déficit budgétaire. Dans les pays
fragiles à faible revenu, la forte détérioration de la balance des opérations courantes a posé la
question de savoir comment préserver la soutenabilité de la dette à moyen terme (graphiques 2a
et 2b, annexe I). Le nombre de travailleurs pauvres (vivant avec moins de 1,5 dollar EU par jour)
a également augmenté à cause de la crise. Selon l’OIT, cette augmentation pourrait être atteindre
15 % en 2009, soit un retour aux niveaux de 2003.
3
Enseignements tirés des politiques mises en œuvre pendant la crise
Grâce aux réserves accumulées et à l’allégement de la dette obtenu avant la crise, un
certain nombre de pays africains ont pu adopter des mesures contracycliques pendant la crise.
Les politiques budgétaires ont joué un rôle important, surtout l’accroissement des dépenses
publiques en faveur de l’investissement. Ce choix stratégique était tout à fait approprié, face au
grand déficit d’infrastructure sur le continent (voir note d’information #3), puisqu’il stimule la
demande globale à court terme et la croissance à moyen terme, par l’élimination des obstacles du
côté de l’offre. De telles mesures peuvent s’avérer très efficaces, lorsqu’elles sont accompagnées
d’une amélioration de l’environnement des entreprises.
Hormis quelques exceptions (telles que l’Afrique du Sud), les politiques monétaires se
sont avérées moins efficaces pour répondre à la crise, en raison des rigidités structurelles sur les
marchés financiers et des liens limités entre les taux d’intérêt et le crédit. Plus précisément,
l’inefficience du secteur bancaire a fait que la réduction des taux n’a pas souvent favorisé
l’accroissement du crédit en faveur du secteur privé, comme ce fut le cas en Ouganda et en
Tanzanie. Étant donné ces rigidités, le secteur privé à lui seul ne peut tirer la relance en Afrique.
L’État doit donc continuer à intervenir de manière efficace.
IV. Politiques destinées à soutenir la relance en 2010 et 2011
L’Afrique a fait montre d’une résilience étonnante pendant la crise et se prépare à
revenir en force. Le continent dans son ensemble a évité la récession, et la production n’a
diminué que dans 10 pays sur les 53 en 2009. Le taux de croissance devrait atteindre 4,5 % en
2010 et 5,2 % en 2011. À l’exception de Madagascar, tous les pays africains devraient
enregistrer une croissance positive en 2010 et 2011. Bon nombre d’entre eux, y compris des
États fragiles, se relèvent rapidement grâce à la hausse des prix des produits de base. Selon les
projections de la Banque africaine de développement, l’Afrique sera une des régions en
développement affichant la croissance la plus rapide, derrière l’Asie. Cette forte relance a
favorisé une reconnaissance renouvelée et un optimisme accru quant au potentiel économique
considérable du continent.
L’Afrique a pu faire face à la crise de manière relativement satisfaisante, grâce à un
certain nombre de facteurs, dont : i) des politiques macroéconomiques prudentes adoptées par
bon nombre de pays avant la crise ; ii) des mesures contracycliques appropriées prises, le cas
échéant (Afrique de l’Est), en mettant l’accent sur l’élimination des obstacles (infrastructure) du
côté de l’offre ; iii) l’intensification des relations commerciales et des flux d’investissement avec
l’Asie et d’autres pays émergents ; et iv) dans certaines sous-régions (Afrique de l’Est), une
intégration régionale plus poussée a également joué un rôle positif. En particulier, les politiques
contracycliques ont constitué une démarche louable pour se départir de la situation procyclique
antérieure. Sur cette toile de fond, le concours opportun fourni par des institutions financières
multilatérales, dont la Banque africaine de développement, a également aidé à éviter des coupes
claires procycliques dans les dépenses budgétaires.
Avec la reprise en Afrique, comment le continent va-t-il sortir des mesures de crise ? En
dépit des bonnes perspectives pour l’Afrique, la fragilité des perspectives mondiales continue de
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faire planer des incertitudes sur la reprise de l’économie africaine. Étant donné le fait que bon
nombre de pays devraient afficher des taux inférieurs à leur croissance tendancielle en 2010,
voire 2011, le défi stratégique principal consistera à les amener sur la voie d’une croissance
forte, soutenue et partagée, y compris par l’adoption de mesures provisoires de gestion de la
demande. Pour 2010, ces mesures sont en phase avec les politiques qui ont été effectivement
adoptées – près de 40 % des pays devraient enregistrer des déficits budgétaires plus élevés en
2010 qu’en 2009.
Des gouvernements africains pourraient souhaiter poursuivre des politiques quelque peu
accommodantes en 2011, tout en se réorientant progressivement vers leurs objectifs à moyen
terme et l’assainissement des finances publiques. Les stratégies de sortie des politiques
d’intervention adoptées lors de la crise devraient donc être progressives et bien coordonnées
entre les différents pays et politiques. De même, les politiques de stabilisation à court terme
doivent être supprimées de manière progressive, pour éviter de compromettre la soutenabilité de
la dette et de saper la confiance des investisseurs. Au moment de sortir des politiques
interventionnistes, l’assainissement des finances publiques devrait, dans la plupart des cas,
précéder le resserrement monétaire, par qu’il est plus efficace, même s’il peut être techniquement
et politiquement plus complexe. Les dépenses sociales et les dépenses publiques pour
l’infrastructure doivent être protégées, voire augmentées, afin d’appuyer la stabilité sociale et la
croissance d’après-crise.
Compte tenu du souhait d’un retrait progressif des politiques accommodantes et d’une
priorité accrue à la croissance à moyen terme, la question se pose de savoir de quelle marge de
manœuvre politique les pays africains disposent pour poursuivre ces politiques accommodantes
en 2011. En dépit de la détérioration de la situation dans nombre de pays, la plupart des pays
africains sont sortis de la crise avec des situations budgétaires plus fortes que celles des
économies avancées. À ce jour, la soutenabilité de la dette n’a pas été un sujet de grande
préoccupation dans la majorité des pays, bien que la question puisse se poser à moyen terme, si
des politiques appropriées ne sont pas adoptées. Souvent, la mauvaise performance des pays en
matière de croissance (c.-à-d. une croissance inférieure à leurs taux tendanciels) s’explique par
une surperformance dans le domaine de l’inflation (c.-à-d. des taux d’inflation inférieurs à 5 %,
ou compris entre 5 et 10 % mais inférieurs à leurs tendances). Ces pays ne devraient pas éviter de
stimuler la demande globale de peur de faire grimper légèrement l’inflation, parce que la
réalisation de taux croissance élevés est une priorité beaucoup plus importante.
V. Au-delà de la crise : des politiques macroéconomiques favorables à la croissance
Avec la réorientation des objectifs stratégiques vers la croissance, comment rendre les
cadres macroéconomiques plus souples, tout en préservant leur crédibilité ? Lors de la crise, les
pays ayant des cadres macroéconomiques souples se sont mieux comportés. En vue de rendre les
cadres macroéconomiques plus souples, les politiques budgétaires procycliques pourraient être
remplacées par des cadres contracycliques axés sur des règles, qui donnent plus de place aux
mesures discrétionnaires en cas de chocs inattendus. Les pays africains pourraient s’orienter vers
des budgets équilibrés (après dons) tout au long du cycle, en inscrivant les budgets annuels dans
des cadres de dépenses à moyen terme.
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Sur le front monétaire, lorsque les conditions le permettent, des régimes flexibles ciblant
l’inflation, comme ceux actuellement en vigueur en Afrique du Sud et au Ghana, pourraient être
envisagés par d’autres marchés émergents et frontaliers. L’évolution récente de la situation
mondiale fait ressortir, une fois de plus, les effets néfastes que le gel du crédit peut avoir sur la
croissance. Puisque, dans les pays en développement, l’idée selon laquelle la politique monétaire
influe principalement sur la production par le biais du crédit est acceptée, les banquiers centraux
africains n’ont cessé de se focaliser sur le crédit en tant que volet essentiel du mécanisme de
transmission monétaire. C’est pourquoi, à l’avenir, une des mesures importantes de la politique
monétaire des PFR africains serait de faire en sorte qu’un volume suffisant de crédit soit
disponible pour le secteur privé, en vue de stimuler l’investissement privé et la croissance.
Les pays africains en général, et les PFR en particulier, font également face à des
contraintes structurelles qui entravent la compétitivité, le développement du secteur privé et la
croissance. Une des contraintes principales concerne le manque d’infrastructures, qui se traduit
par une hausse des coûts de production et de transaction commerciale ; des cadres réglementaires
rigides qui découragent l’entrepreneuriat ; et un faible niveau d’intégration régionale qui limite
les relations économiques intra-africaines et les gains tirés des économies d’échelle. Ces
contraintes existaient avant la crise, mais il convient de les lever en vue de jeter les bases de
l’accélération de la croissance.
La promotion de l’entrepreneuriat à travers les régions et les secteurs, accompagnée
d’une politique bien conçue et bien exécutée, pourrait aider l’Afrique à développer le secteur
privé et réaliser une croissance forte, soutenue et partagée. Bien que le secteur privé structuré
reste peu développé, il a quelque peu progressé dans certains pays (comme le Kenya, Maurice,
l’Afrique du Sud et la Tunisie). Le secteur privé s’est également montré dynamique dans certains
domaines et dans certains pays, y compris celui des fleurs en Éthiopie, au Kenya et en Ouganda
ou celui du traitement du cuir en Éthiopie. La politique industrielle peut jouer un rôle important,
non pas en favorisant ceux qui ont réussi, mais en levant les obstacles à l’entrepreneuriat dans les
secteurs et les industries à grand potentiel.
Le renforcement du capital humain est nécessaire pour transformer les pays africains en
sociétés axées sur le savoir. Dans notre monde actuel fondé sur le savoir, aucun pays ne peut
prospérer sans disposer de la capacité à produire, transmettre et utiliser de nouvelles
connaissances. Il existe un écart considérable entre les demandes des économies modernes et les
qualifications des étudiants nouvellement diplômés des universités, dans la plupart des pays
africains. Plus précisément, la pénurie de compétences, surtout dans le domaine des TIC, des
connaissances techniques de haut niveau et des langues étrangères, persiste. Une refonte
approfondie de tous les systèmes de l’enseignement supérieur en Afrique est nécessaire pour y
remédier. Parallèlement, il convient d’identifier de nouvelles sources de financement de
l’enseignement supérieur, y compris auprès du secteur privé. Les décideurs pourraient explorer
les différentes formes d’appui de la part de l’État, notamment des garanties de crédit, des
bonifications de prêt et des subventions.
La mise en place de filets de sécurité aiderait également à faire partager le fruit de la
croissance avec les plus vulnérables. La récente crise financière et économique mondiale a
montré, encore une fois, l’importance de la création, en Afrique, de mécanismes de protection
des segments les plus vulnérables de la population contre des chocs extérieurs inattendus. Dans
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la mesure où la crise financière mondiale s’est transformée en une crise de l’emploi, les pays
africains ont pris conscience de la nécessité d’accorder une attention accrue aux programmes de
travaux publics, notamment les projets d’infrastructure à fort coefficient de main-d’œuvre. En
outre, les filets de sécurité sociale à court terme devraient être remplacés par des programmes
bien ciblés de protection à plus long terme, afin de favoriser le partage du fruit de la croissance à
moyen terme.
V. Conclusions et principaux messages
Au lendemain de la crise, la principale question qui se pose à l’Afrique est de savoir
quel devrait être l’agenda de lutte contre la pauvreté au-delà des Objectifs du millénaire pour le
développement (OMD). Étant donné l’énorme potentiel du continent, l’objectif devrait être de
bâtir une Afrique prospère, grâce à la réalisation d’une croissance forte, soutenue et partagée. La
présente note a mis en évidence des mesures liées à la politique macroéconomique, qui
pourraient aider à réaliser ce type de croissance. Les principaux messages sont présentés ci-
après.
Principaux messages
En raison des incertitudes qui continuent de planer sur les perspectives mondiales, des
gouvernements africains pourraient souhaiter poursuivre des politiques
globalement accommodantes en 2011, tout en se réorientant progressivement
vers leurs objectifs à moyen terme et l’assainissement des finances publiques.
Toutefois, les dépenses sociales et les dépenses publiques pour l’infrastructure
doivent être protégées, voire augmentées, afin d’appuyer la stabilité sociale et la
croissance d’après-crise.
Les objectifs à moyen terme devraient reposer sur le développement et la réduction de la
pauvreté, grâce à une croissance forte, soutenue et partagée. Dès lors, la politique
macroéconomique ne devrait plus mettre l’accent sur la stabilisation et le faible
niveau de l’inflation, mais plutôt sur la croissance.
Pour être efficaces, les politiques macroéconomiques devraient être accompagnées de
réformes structurelles (développement de l’infrastructure, promotion de
l’entrepreneuriat, renforcement du capital humain, etc.) et de filets de sécurité sociale
pour protéger les plus vulnérables.
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ANNEXE I
Graphique1a.
L’Afrique et les autres régions, croissance du PIB réel (2006 – 2011), en pourcentage
Sources : Base de données de la Banque africaine de développement pour l’Afrique ; et base de données de des perspectives
économiques mondiales du FMI pour les autres régions.
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Graphique 1b
Croissance du PIB réel par sous-groupe d’Afrique, en pourcentage annuel 1/
Source : Calculs de l’auteur fondés sur les données de la Banque africaine de développement.
1/ moyennes non pondérées. La classification des pays est présentée à l’annexe II.
Graphique 2a
Balances des opérations courantes par sous-groupe d’Afrique, 2004 – 2010 (prévisions) 1/
Source : Calculs de l’auteur fondés sur les données de la Banque africaine de développement.
1/ moyennes non pondérées
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Graphique 2b
Soldes budgétaires par sous-groupe d’Afrique, 2004 – 2010 (prévisions) 1/
Source : Calculs de l’auteur fondés sur les données de la Banque africaine de développement.
1/ moyennes non pondérées
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Tableau 1a
Coefficients de corrélation entre les sous-groupes de l’Afrique et les BRIC,
PFR, PFR,
Exportateurs Marchés États Marchés PFR, PFR en
de pétrole émergents fragiles frontaliers autres transition BRIC Chine Inde
Exportateurs de pétrole 1
Marchés émergents 0,1127 1
PFR, États fragiles 0,2320 0,1447 1
PFR, marchés
frontaliers -0,1118 0,6261 -0,0484 1
PFR, autres 0,0274 0,4710 -0,2358 0,7217 1
PFR en transition 0,2399 -0,0001 -0,0379 0,0086 0,1565 1
BRIC 0,2012 0,2277 -0,0852 0,5762 0,4249 0,2565 1
Chine 0,3678 0,1621 -0,1755 0,3034 0,2224 0,5094 0,8074 1
Inde -0,0319 0,2102 -0,3857 0,4250 0,3273 0,4941 0,6776 0,7475 1
1996 – 2009
Source : Calculs de l’auteur fondés sur les données de la Banque africaine de développement.
Tableau 1b
Exportations des sous-groupes de l’Afrique vers les BRIC, 2004 – 2009
Croissance des recettes
d’exportation Part des BRIC dans le total des
(pourcentage) exportations (pourcentage)
2004 - 08 2009 2004 - 07 2008 2009
(moyenne) Réel (moyenne) Réel Réel
Exportateurs de pétrole 44,2 -27,4 14,9 17,7 18,5
Marchés émergents 39,1 -9,2 5,8 9,9 10,6
PFR États fragiles 85,6 -13,6 6,0 9,4 9,6
PFR marchés frontaliers 32,7 32,6 6,3 8,5 13,1
PFR en transition 37,0 83,9 8,1 7,2 13,1
Autres PFR 51,0 -11,5 16,4 23,5 24,1
Source : Calculs de l’auteur fondés sur les données de la Banque africaine de développement.
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ANNEXE II
CLASSIFICATION DES PAYS
Tableau 1
Classification des pays 1/
Exportateurs de pétrole PFR, marchés frontaliers Autres PFR
Angola Cap-Vert Bénin
Cote d'Ivoire Ghana Burkina Faso
Cameroun Kenya Comores
Rép. du Congo Mozambique Djibouti
Algérie Sénégal Gambie
Egypte Tanzanie Guinée
Gabon Ouganda Guinée-Bissau
Guinée équat. Zambie Lesotho
Libye Madagascar
Nigeria PFR, États fragiles Mali
Soudan Burundi Mauritanie
Tchad Rép. centrafricaine Niger
Rép. dém. Congo, Liberia Sao Tomé et Principe
Sierra Leone Togo
Marchés émergents
Botswana Transition
Maurice Éthiopie
Maroc Malawi
Namibie Rwanda
Seychelles
Afrique du Sud
Swaziland
Tunisie
1/ PFR signifie pays à faible revenu.
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