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Cours (Finalisé) de Lexicographie Française

Le module de lexicographie vise à sensibiliser les étudiants à l'importance des dictionnaires comme outils de travail et d'enrichissement linguistique. Il couvre des thèmes tels que la définition des mots, l'histoire de la lexicographie, les types de dictionnaires et leur organisation, ainsi que les différents sens des mots. Le cours inclut également des exercices pratiques pour appliquer les concepts abordés.

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Cours (Finalisé) de Lexicographie Française

Le module de lexicographie vise à sensibiliser les étudiants à l'importance des dictionnaires comme outils de travail et d'enrichissement linguistique. Il couvre des thèmes tels que la définition des mots, l'histoire de la lexicographie, les types de dictionnaires et leur organisation, ainsi que les différents sens des mots. Le cours inclut également des exercices pratiques pour appliquer les concepts abordés.

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MODULE:

LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
Présentation du module
N° d’ordre du module 9

Intitulé du module LEXICOGRAPHIE

Nature du module MAJEUR

Semestre d’appartenance du module S2

Département d’attache LANGUE ET LITTERATURE


FRANCAISES
OBJECTIFS DU MODULE
• Sensibiliser l'étudiant à l'importance de l'utilisation du dictionnaire comme outil
de travail et moyen d'auto-perfectionnement de la langue.
• L'amener à lire correctement un article de dictionnaire afin d'en faire un usage
adéquat, notamment :
 la recherche de la signification des mots,
 la recherche du sens approprié au contexte,
 la recherche d’informations phonétiques, grammaticales, pragmatiques, etc.,
 la vérification de l'orthographe d'un mot ou son emploi correct sur le plan
morphosyntaxique,
 l’enrichissement du vocabulaire par la recherche de synonymes et d’antonymes.
PLAN DU COURS
I- GÉNÉRALITÉS
1 - Le rapport entre la forme et le sens
La perspective sémasiologique
La perspective onomasiologique
2 - Problème de définition du mot
II- ESSAIS DE DÉFINITIONS
1- La lexicographie
2- La métalexicographie, la dictionnairique
3- La lexicologie
4- Le lexique
5- Le vocabulaire
6- Le glossaire
III- HISTOIRE DE LA LEXICOGRAPHIE ET DES
DICTIONNAIRES

1- Le Moyen Âge : les glossaires


2- Le XVe et le XVIe : les dictionnaires bilingues ou multilingues
3- Le XVIIe siècle : la naissance d’une vraie pratique lexicographique
4- Le XVIIIe siècle : le siècle des encyclopédies.
5- Le XIXe siècle : les dictionnaires historiques- la maison Larousse – la maison
Robert.
6- Le XXe et le XXIe siècle : l’informatisation des dictionnaires.
IV- LES TYPES DE DICTIONNAIRES
1- Définition du dictionnaire
2- Typologie générale des dictionnaires
• Dictionnaires monolingue/bilingue / multilingue
• Dictionnaire général/ Dictionnaire spécialisé
• Dictionnaire de langue / Dictionnaire encyclopédique
• Dictionnaire extensif/ Dictionnaire sélectif
• Dictionnaire synchronique / Dictionnaire diachronique
• Dictionnaire descriptif / Dictionnaire prescriptif
• Autres types : Dictionnaire analogique / Dictionnaire informatisé, électronique
3- Nature des informations contenues dans un dictionnaire de langue et dans un
dictionnaire encyclopédique + exercices pratiques
V- L’ORGANISATION DES DICTIONNAIRES

1- La macrostructure du dictionnaire : la nomenclature et


l’organisation des entrées
• L’ordre alphabétique : avantage et désavantage.
• Le choix de l’homonymie ou de la polysémie : les critères de sélection des
lexicographes pour l’une ou l’autre relation : critères étymologiques, critères
sémantiques, critères syntaxiques, critères morphologiques.
• Le regroupement/le dégroupement morphologique.
2- La microstructure du dictionnaire (description du contenu de l’article)
• Entrée (Vedette, adresse)
• Prononciation
• Informations grammaticales (catégorie, genre et nombre)
• Informations étymologiques
• Définitions
• Les renvois
• Les indicateurs ou étiquettes classificatoires
• Exemples, citations
3- Exercices pratiques : analyser les informations contenues dans l’article du
dictionnaire de langue : étude comparative du PL, du DFC et du PR
VI- LES DIFFÉRENTS SENS DANS UN
DICTIONNAIRE

1- Transfert de sens
• Sens propre vs sens figuré (comment une unité lexicale devient polysémique)
• Sens dénotatif vs sens connotatif
• Sens compositionnel vs sens opaque
2- Étude de quelques procédés de transfert sémantique
• La comparaison- la métaphore- l’analogie- la métonymie- la synecdoque.
VII- LA DÉFINITION LEXICOGRAPHIQUE
1- Les caractéristiques de la définition lexicographique
2- Les types de la définition lexicographique
• La définition référentielle
• La définition nominale
• La définition morphosémantique ou relationnelle
• La définition approximative
• La définition méronymique/ holonymique
• La définition métalinguistique
• La définition logique, hyperonymique ou par inclusion
3- La circularité de la définition lexicographique
4- Exercices pratiques
VIII- BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

1- Liste d’ouvrages consultés


• BENVENISTE, É., Problèmes de linguistique générale T1, Paris, Gallimard, 1964.
• BENVENISTE, É., Problèmes de linguistique générale T2, Paris, Gallimard, 1974.
• CHOI-JONIN, I. et DELHAY, C., Introduction à la méthodologie en linguistique, Strasbourg, Presses
Universitaires de Strasbourg, 1998.
• DE SAUSSURE, F., Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1987.
• Lehmann, A. et Martin-Berthet, F., Lexicologie : sémantique, morphologie, lexicographie, Paris, Armand Colin,
2013.
• Lehmann, A. et Martin-Berthet, F., Introduction à la lexicologie, sémantique et morphologie, Paris,
Armand Colin, 2003.
VIII- BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

1- Liste d’ouvrages consultés


• MARTINET, A., Éléments de linguistique générale, Paris Armand Colin, 1980 (1970 pour la première
édition).
• MARTINET, A., La Linguistique synchronique, Paris, PUF, 1970.
• MORTUREUX, M.-F., La lexicologie entre langue et discours, Paris, Armand Colin, 2001.
• PICOCHE, J., Précis de lexicologie française, Paris, Nathan, 1992.
• POLGUÈRE, A., Notions de base en lexicologie, Montréal (Québec), Université de Montréal, 2002.
• PRUVOST, J., Les Dictionnaires de langue française, Paris, PUF, 2002.
• PRUVOST, J., Les Dictionnaires français outils d’une langue et d’une culture, Paris, OPHRYS, 2006.
• ZAID, Zahra, Lexique des termes clés de la lexicographie française, Fès, Info-Print, 2021.
2- Liste de dictionnaires
a- Le Robert
• JOUETTE, A. Dictionnaire d’orthographe, Paris, Le Robert, 2002, (1995 pour la première édition).
• LE FUR, D. et al., Le Robert combinaisons de mots, Paris, Le Robert, 2007.
• OSTER, P., Dictionnaire de citations françaises, Paris, Le Robert, 2006.
• ROBERT, P. et al. Le Petit Robert, Paris, éd. SNL Le Robert, 2019 (1967 pour la première édition).
• ROBERT, P. et al., Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 2012 (1992 pour la première édition).
b- Larousse
• Dubois, J. et al, Dictionnaire du Français contemporain, Paris, Larousse, 1971.
• Dubois, J. et al, Le Lexis, Paris, Larousse, 1992.
• Dubois, J. et al, Le Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Paris, Larousse, 2012 (1994 pour la 1e édition).
• Dubois, J. et al., Dictionnaire étymologique et historique du français, Paris, éd. Larousse, 1993 (1964 pour la première édition).
• Larousse, P. et al., Le Petit Larousse, Paris, éd. Larousse, 2010.
• NIOBEY, G. Nouveau Dictionnaire analogique, Paris, éd. Larousse, 1984.
c- Hachette
• BENAC, H., Dictionnaire d’orthographe et des difficultés du français, Paris, Hachette, 1974.
• HACHETTE, Dictionnaire de la langue française, Paris, Hachette, 1994, (1980 pour la première
édition).
d- Autres dictionnaires
• Blum, C. Le Nouveau Littré, éditions Garnier, 2006.
• IDRISS, S., Dictionnaire Al Manhal français-arabe, Beyrouth, Dar Al Adab, 2010.
• LALANDE, A., Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Paris, PUF, 1996, (1926 pour
la première édition).
• NEVEU, F., Dictionnaire des sciences du langage, Paris, Armand Colin, 2004.
e- Dictionnaires en ligne
• [Link]
• [Link]
• [Link]
MODULE:
LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
Plan de la présentation
I. GÉNÉRALITÉS
1. Rapport entre la forme et le sens
2. Problème de définition du mot
II. Essais de définitions
1. La lexicographie, la dictionnairique, la métalexicographie
2. La lexicologie
3. Le lexique
4. Le vocabulaire
5. Le glossaire
I. GÉNÉRALITÉS
A. L’analyse linguistique : le sens la forme
Les domaines de la linguistique
• La sémantique : le sens.
• La morphologie : la forme.
B. Les problèmes majeurs des lexicographes
1. Le rapport entre la forme et le sens
• Regroupement des mots dans un dictionnaire: classement sémantique / classement
formel.
[Link] perspective sémasiologique

• Le classement formel est basé sur les caractéristiques formelles des mots.
• Partir d’un signe (un mot) pour trouver ce qu’il signifie. Cette démarche
suit trois types de classements :
• alphabétique,
• phonique,
• et étymologique.
1. Le classement alphabétique : se baser sur l’aspect graphique des mots
(l’orthographe). Ceux-ci se succèdent dans le dictionnaire, sans aucun lien
sémantique entre eux. Ce type classement est le plus privilégié : repérage facile de la forme
lexicale recherchée.
• Ex. dans Le Petit Robert (2019), le verbe débrancher se situe entre débranchement et débrayage.
• Alors que dans le Petit Larousse (2010), ce verbe est placé entre débranchement et débrasage, ce mot
n’existe pas dans le premier dictionnaire.
2. Le classement phonique : partir des formes sonores des mots.
• Ex. regrouper les mots ayant un son en commun [k] : cou, quoi, kilo, chorale, ticket, accord.
3. Le classement étymologique : réunir les mots ayant le même étymon.
• Ex le nom sucre est emprunté de l’arabe (sukkar), sous la forme çucre en 1175, dans différentes
langues européennes (l’italien : zucchero, l’allemand : Zucker, l’anglais : sugar, l’espagnol : azúcar). Ce
nom a donné plusieurs mots : sucr-er (XIIIe Siècle), sucr-age (1801), sucr-ant (1964), sucr-ase
(1904), sucr-ate (1872), sucr-ier (1596), sucr-erie (1654).
b. La perspective onomasiologique

• Le classement sémantique : partir de l’idée pour retrouver le mot.


• Un seul concept peut être exprimé par plusieurs unités lexicales.
• L’approche qu’on trouve généralement dans des dictionnaires qui adoptent des
classements synonymiques, analogiques, méthodique et idéologique.
1. Le classement synonymique : regrouper des synonymes qui renvoient à la
même idée. Ex. le concept « enfant » est nommé de différentes manières, selon
les contextes : bambin, petit, jeune, môme, gosse…
2. Le classement analogique : rassembler, au-delà des synonymes, des mots
analogues pouvant être reliés au même thème. Pour le champ analogique de la
voiture, il s’agit de choisir, outre les synonymes tels que : automobile et bagnole, des
unités lexicales comme : capot, rétroviseur, roue, aile…
3. Le classement méthodique : (ouvrages à visée didactique) réunir des
informations lexicales autour d’un thème plus large. Ainsi, on peut, par exemple,
recueillir tous les mots appartenant à la gare, à l’école…
4. Le classement idéologique : conception philosophique, le classement se fait
selon des thèmes généraux et des filiations présentées selon des arbres
généalogiques. C’est cette démarche qui est adoptée dans l’Encyclopédie thématique
de Weber. Cette encyclopédie compte dix-sept volumes répartis en différents
thèmes et sous thèmes : sous le grand thème « Le monde », on a l’Astronomie, la
Météorologie, la Géologie, la Géographie générale. « La vie » englobe la Biologie,
la Botanique, la Zoologie…
1. Problème de définition du mot

• Dans le cadre de la lexicographie et de la lexicologie se posent plusieurs questions


concernant le mot : Quelle est l’unité lexicale de base ? peut-on conserver la notion
du mot ? Comment le délimiter et le définir sur les plans syntaxique et sémantique ?
Quels sont les critères permettant de l’identifier ? Peut-on accepter la définition
communément admise par la grammaire traditionnelle qui le réduit à une suite de
segments ou d’éléments séparée par des blancs ?
• Sur le plan syntaxique, il a une forme ayant une transcription écrite.
• Sur le plan sémantique, il dénote un objet (substantif), une action ou un état (verbe),
une qualité (adjectif), une relation (préposition)…
• Dans le cadre de la grammaire traditionnelle, il est défini comme étant
une unité de texte délimitée entre deux blancs graphiques. Cette
définition pose des problèmes se rapportant :
• à la polysémie : le mot peut avoir plusieurs sens ;
• au figement : certaines expressions figées comme « pomme de terre », « tête-de-
loup », « bleu azur » sont-elles considérées comme un seul mot ou plusieurs ?
• Devant ce manque de rigueur, la linguistique moderne tend à employer
d’autres termes comme : lexie, lexème, synthème, morphème, vocable,
unité lexicale…
La lexie, le lexème

• La lexie est une unité du lexique qui peut être un mot simple, c’est-à-dire un
lexème (chat, chaise…), ou une expression (une lexie complexe : idiome, locution,
syntagme), ex : lave-linge, portefeuille, machine à écrire…).

• Dubois la définit comme « l’unité fonctionnelle significative du discours, contrairement au


lexème, unité abstraite appartenant à la langue. » (Dubois et al., 2012 : 282)
Le Synthème
• Pour Martinet, c’est une combinaison de monèmes, résultant soit de dérivation ou de
composition et ayant la valeur d’un monème unique. Ainsi, il le définit en termes clairs par :
« un signe linguistique que la commutation révèle comme résultant de la combinaison de plusieurs signes
minima, mais qui se compose vis-à-vis des autres monèmes de la chaîne comme un monème unique. »
• Par monème, il faut entendre « le plus petit segment du discours auquel on peut attribuer un sens. »
Martinet (1985 :37)
• Cet auteur distingue deux types monèmes (morphèmes) : un morphème lexical (unité du
lexique) et un morphème grammatical (unité de la grammaire).
• Ex. l’unité « parlez » se compose d’un lexème (morphème lexical) « parl » et d’un morphème
grammatical « ez », désinence verbale de la deuxième personne du pluriel.
• Dans le cadre de la grammaire traditionnelle, on parle de : mots grammaticaux (des mots
vides : prépositions, conjonctions, déterminants et pronoms, et de mots lexicaux (des mots
pleins ou catégories majeures : noms, verbes, adjectifs, adverbes.
Terme, vocable
• Dans le domaine scientifique, on utilise « terme » pour désigner une unité lexicale qui n’a
qu’une signification unique (monosémique) ; alors que dans le vocabulaire général, le
terme est remplacé par « unité lexicale » qui possède des significations variées
(polysémique).
• Dans le cadre de la terminologie de la statistique lexicale, le terme vocable désigne
« l’occurrence d’un lexème dans le discours. » (Dubois et al, 2012 :507). Si le terme lexème est
utilisé pour renvoyer à des unités abstraites, appartenant à la langue et dont l’ensemble
constitue le lexique, le vocable en sera l’actualisation dans le discours.
Ex. l’adjectif petit est un lexème envisagé comme une entrée de dictionnaire, mais il est un
vocable pris dans la réalisation phrastique « le petit enfant joue dans le cours ».
II- ESSAIS DE DÉFINITIONS

1. Définition de la lexicographie
• La lexicographie est le travail du lexicographe qui consiste à recenser et à
étudier les mots et les expressions d’une langue donnée, considérés selon leurs
formes et leurs significations. Pour Dubois et al. (2012, 278), elle désigne « la
technique de confection des dictionnaires et l’analyse linguistique de cette technique. »
• De ce fait, elle revêt deux conceptions: c’est une science théorique et en
même temps une discipline pratique.
La lexicographie
1. La confection du dictionnaire : choisir les unités lexicales à traiter et
penser aux techniques de leur présentation, en vue de faire la publication
du dictionnaire.
2. L’étude linguistique du dictionnaire : définir les types d’ouvrages et
analyser les méthodes de description du texte lexicographique.
• Le lexicographe renvoie à la fois au rédacteur du dictionnaire (le
dictionnariste) et au linguiste qui étudie la lexicographie.
• Ex. Émile Littré et Pierre Larousse sont des lexicographes français.
La métalexicographie, la dictionnairique
• La métalexicographie désigne la conception théorique de la lexicographie. Elle se
définit par Frank Neveu (2004 : 189) comme « une discipline dont l’objectif est l’étude des
types de dictionnaires de langue et des méthodes qui président à leur constitution. Elle ne travaille
pas à l’élaboration des dictionnaires, mais fait des dictionnaires de leur histoire, de leur mode de
traitement sémantique du lexique, et des problèmes pratiques résultant du travail lexicographique,
son objet de réflexion et de recherche. »
• La lexicographie se distingue aussi de la dictionnairique qui correspond
essentiellement à l’élaboration matérielle des dictionnaires. La lexicographie, au
contraire, se rattache au domaine qui a pour objet le genre dictionnaire et toutes les
problématiques qui en dépendent.
La lexicologie
• la lexicologie est une discipline récente qui se veut une étude scientifique des
structures du lexique.
• Elle a conquis ses lettres de noblesse et acquis son autonomie, dans le Cours de
linguistique général. Saussure a critiqué la conception nominaliste de la langue
l’identifiant à un ensemble de nomenclature, car le mot s’engage dans une structure
qui entre dans un système de rapports syntagmatiques et paradigmatiques.
• C’est une branche de la linguistique théorique qui étudie les lexèmes et le lexique.
• Elle se définit par Dubois (2012 : 281) comme « l’étude du lexique, du vocabulaire d’une
langue dans ses relations avec les autres composants de la langue, phonologique et surtout
syntaxique, et avec les facteurs sociaux, culturels et psychologiques. »
La lexicologie
• À l’encontre de la lexicographie, la lexicologie est une discipline descriptive ayant pour
objet l’étude du mot ou du lexique. Pour analyser le mot, elle se nourrit de deux autres
disciplines: la sémantique lexicale et la morphologie lexicale. La première s’intéresse à
l’analyse du sens des mots et des relations de sens entre les mots; la seconde quant à
elle s’attache à étudier la structure des mots et leurs relations de forme.
• Au-delà du mot, la lexicologie vise également à décrire l’organisation du lexique, c’est-
à-dire la distinction des différents champs: champs lexicaux (l’ensemble de mots ayant
un sens voisin), champs sémantiques (les différentes sens possibles d’un même mot:
polysémie), champs dérivationnels (l’ensemble de mots ayant une base morphologique
commune).
• Le lexicologue est le linguiste qui étudie la lexicologie.
Relation entre la lexicographie et la lexicologie
• La lexicographie et la lexicologie se déclinent d’un même radical grec « lexico ».
• Ce sens étymologique est révélateur de la portée de ces deux disciplines, étant donné
qu’elles ont un domaine commun qu’est l'unité lexicale, dont l’ensemble constitue le
lexique d’une langue. Ce qui explique, d’ailleurs, leur interdépendance et leur relation
interactive.
• La lexicographie s’occupe généralement des unités lexicales, considérées du point de
vue de leurs usages pratiques dans un dictionnaire. La lexicologie, quant à elle, se
propose d’étudier scientifiquement le lexique de la langue de deux points de vue
sémantique et morphologique.
Définition du lexique

• Le lexique désigne l’ensemble structuré d’éléments signifiants (mots,


expressions…) d’une langue donnée. Il constitue l’ensemble illimité de
signes largement partagés par une communauté linguistique et soumis à
des déperditions et à des enrichissements permanents.
• Dans le cadre de la lexicographie, le lexique désigne un ouvrage
contenant « la liste des termes utilisés par l’auteur, par une science ou par une
technique, ou bien un dictionnaire bilingue réduit à la mise en parallèle des unités
lexicales des deux langues confrontées. » (Dubois et al, 2012 : 282)
Définition du vocabulaire

• Le vocabulaire est l’ensemble de mots dont dispose une personne et qui sont
effectivement employés par cette personne. Selon le Dictionnaire de Linguistique et des
Sciences du Langage de Dubois, il renvoie à deux sens. Un sens commun l’assimilant à
« une liste de mots » et un sens spécifique qu’on trouve dans la terminologie
linguistique, désignant « une liste exhaustive des occurrences figurant dans un corpus. »
(Dubois et al, 2012 : 507, 508).
• On a tendance à distinguer un vocabulaire pauvre d’un autre enrichi, un vocabulaire
actif (employé) d’un autre passif (compris), un vocabulaire technique d’un autre
général.
Lexique vs vocabulaire

• Dans le cadre de la linguistique, le lexique s’oppose au vocabulaire, en ce sens qu’il


constitue un ensemble de mots de la langue dont dispose une communauté pour
communiquer. Le vocabulaire regroupe l’ensemble des termes effectivement utilisés
dans une circonstance donnée, par une certaine personne. Ainsi, le lexique est un
ensemble virtuel, réservé à la langue ; alors que le vocabulaire est un ensemble réel,
employé dans le cadre du discours.
• Picoche (1992 : 45) voit que le lexique est utilisé pour renvoyer à « l’ensemble des mots
qu’une langue met à la disposition des locuteurs », alors que vocabulaire désigne « l’ensemble
des mots utilisés par un locuteur donné dans des circonstances données. »
Le glossaire

• Le glossaire revêt une acception limitée renvoyant à un ensemble de mots spécifique


à un domaine précis, à un auteur ou à une communauté. Il donne l’explication de
mots anciens, spéciaux ou mal connus. Les embryons des premiers dictionnaires
sont des glossaires qui portent gloses, c’est-à-dire « des remarques explicatives ajoutées
brièvement en marge ou entre les lignes et destinées à commenter les passages difficiles des ouvrages
d’enseignement du latin. » (Pruvost, 2006 : 18)
• D’après Dubois et al., c’est « un dictionnaire qui donne sous forme de simples traductions le
sens de mots rares ou mal connus, ou qui contient un lexique des termes techniques d’un domaine
spécialisé. » (Dubois et al., 2012 : 223)
Conclusion
• La linguistique est avant tout un problème de mots. D’où l’importance de la
lexicographie, en tant qu’elle apporte des solutions à des problèmes pratiques
auxquels sont confrontés les linguistes voulant étudier le mot, pris comme unité
minimale d’analyse.
• De même que le dictionnaire est un outil indispensable à tout chercheur qui tente de
travailler sur le lexique, notamment dans le domaine de la terminologie technique.
• La lexicographie n’est pas seulement liée à la linguistique, mais elle en est une
discipline appliquée.
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

• DE SAUSSURE, F., Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1987.


• Dubois, J. et al, Le Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Paris, Larousse, 2012 (1994 pour la 1e édition).
• Lehmann, A. et Martin-Berthet, F., Lexicologie : sémantique, morphologie, lexicographie, Paris, Armand Colin, 2013.
• Lehmann, A. et Martin-Berthet, F., Introduction à la lexicologie, sémantique et morphologie, Paris, Armand Colin,
2003.
• MARTINET, A., La Linguistique synchronique, Paris, PUF, 1970.
• MORTUREUX, M.-F., La lexicologie entre langue et discours, Paris, Armand Colin, 2001.
• Picoche, J., Précis de lexicologie française, Paris, Nathan, 1992.
• Polguère, A., Notions de base en lexicologie, Montréal (Québec), Université de Montréal, 2002.
• Pruvost, J., Les Dictionnaires de langue française, Paris, PUF, 2002.
• Pruvost, J., Les Dictionnaires français outils d’une langue et d’une culture, Paris, OPHRYS, 2006.
MODULE:
LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
INTRODUCTION

• Le foisonnement des dictionnaires d’aujourd’hui : une longue


histoire qui commence depuis l’émergence de l’écriture.
• La lexicologie, discipline récente # la lexicographie, pratique
ancienne.
• Consulter les dictionnaires les plus récents, ou ceux d’hier en
guise de témoignage : ce choix dépend de la période qui les fait
naître.
PLAN DE LA PRÉSENTATION

III- HISTOIRE DE LA LEXICOGRAPHIE ET DES DICTIONNAIRES

1- Le Moyen Âge : les glossaires


2- Le XVe et le XVIe : les dictionnaires bilingues ou multilingues
3- Le XVIIe siècle : la naissance d’une vraie pratique lexicographique
4- Le XVIIIe siècle : le siècle des encyclopédies.
5- Le XIXe siècle : les dictionnaires historiques- la maison Larousse – la maison
Littré.
6- Le XXe et le XXIe siècle : l’informatisation des dictionnaires.
1- Le Moyen Âge : les glossaires
• Le latin (langue savante de l’église, langue culturelle et européenne) vs les dialectes
romans (le français) : emploi dans la vie quotidienne, mais surtout dans les chartes et
les contrats dans la Cour du roi.
• Au Moyen Âge : pas de dictionnaires, mais des glossaires (intérêt didactique pour les
clercs : classement alphabétique/remarques regroupées en fin d’ouvrage).
• Le glossaire est un ensemble de gloses où l’on propose des synonymes et quelques
explications supplémentaires, contenant « des remarques explicatives ajoutées brièvement en
marge ou entre les lignes et destinées à commenter les passages difficiles dans des ouvrages
d’enseignement du latin » (Pruvost, 2006 :18).
• Ex. de glossaire : Reicheneau du VIIIe siècle (un millier de mots difficiles de la Vulgate,
avec leur traduction en langue romane).
2- Le XVe et le XVIe Les dictionnaires bilingues ou
multilingues
• Les premiers dictionnaires se situent au lendemain de l’invention de l’imprimerie.
• L’apparition des dictionnaires est liée à l’émergence d’une langue d'État commune et
écrite (le français) + le développement de la littérature.
• Ils étaient bilingues : proposer des équivalents pour expliquer des mots vieillis.
• En 1539 ; Robert Estienne, imprimeur érudit et renommé dans l’Europe éditait le
premier ouvrage le Dictionnaire françois-latin contenant 10 000 mots, considéré comme le
premier dictionnaire bilingue.
• Jean Nicot a fait une révision de cet ouvrage pionnier, en aboutissant à la réédition de
1573. Il a fini par supprimer toute référence au latin dans un ouvrage publié à titre
posthume en 1606, le Thrésor de la langue françoyse tant ancienne que moderne.
3- Le XVIIème siècle : la naissance d’une vraie pratique
lexicographique
Le XVII siècle : les premiers dictionnaires monolingues en français (intérêt pour le mot)
• Le Dictionnaire françois en deux volumes de Pierre Richelet (1680), où il avait défini
environ 25000 mots avec des exemples puisés, entre autres, dans les œuvres de Boileau, de
Malherbe, de Molière et de Pascal. (la richesse de la nomenclature et des citations)
• Le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière (1690) édité en trois volumes contenant
40000 mots qui sont accompagnés de citations et surtout de commentaires de type
encyclopédique.
• Le Dictionnaire de l’Académie française (1694) paru en deux volumes et au total environ
18000 mots. (insérer des exemples forgés pour insister sur l’usage contemporain et
synchronique de la langue /écarter les mots de spécialité, pour s’intéresser à l’usage général
pris dans sa dimension normative et prescriptive.
4- Le XVIII ème siècle : Le siècle des encyclopédies
• Le Dictionnaire universel françois et latin, appelé Dictionnaire de Trévoux
(encyclopédique) (première édition en 1704) : Publié en plusieurs volumes (entre 5 et
8), ce dictionnaire connaît 6 rééditions successives de 1721 (2e) jusqu’à 1771 (6e).
• La naissance d’un nouveau genre, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : 72000
articles rédigés de 1745 à 1772 et répartis dans 35 volumes, avec environ 150
collaborateurs dont Montesquieu, Voltaire, Condillac, Rousseau, Dumarsais, sans oublier
les maîtres d’œuvres, Diderot et d’Alembert.
• Une œuvre lexicographique monumentale.
• La première entreprise collective dans le domaine de la lexicographie.
• L’ objectif de l’Encyclopédie : organiser et offrir la synthèse des savoirs ; la langue,
quant à elle, ne trouve pas sa place importante, malgré les articles de Dumarsais qui font
référence à la grammaire.
5- Le XIXème siècle : Larousse et le Littré, deux grandes
figures

Le fleurissement du XIXe siècle par l’édition de deux ouvrages notables :


• Émile Littré (démarche historique) : quatre volumes du Dictionnaire de la langue française,
correspondant à la publication régulière de 30 fascicules entre 1863 et 1872, chez son
camarade de classe Christophe Hachette. (Projet étymologique : apporter sa marque
historique à la description de la langue).
• Pierre Larousse (démarche encyclopédique) : en publiant le Grand Dictionnaire universel du
XIX siècle en 15 volumes(1865-1876), ce dictionnaire contient deux parties : la
première est consacrée à la langue, la seconde aux aspects encyclopédiques (plus
imposante).
Le XXème, la lexicographie rayonnante de
Larousse et de Littré
• Petit Larousse illustré (1905), reparu en • Dictionnaire de la langue française
1959 sous le nom Petit Larousse (Littré), 7 vol. (1956), J. J. Pauvert
• Larousse classique illustré (1910) • Dictionnaire de la langue française
• Larousse universel en 2 vol (1922) (Littré), 4 vol. éd. Du Cap. (1957)

• Larousse du XXe siècle en 5 vol (1928) • Petit Littré, Gallimard-Hachette


(1959)
• Grand Larousse encyclopédique 10
vol. (1960) • […]
• […]
6- Le XXème siècle, le XXIe siècle : des dictionnaires imprimés aux
dictionnaires informatisés.
Paul Robert, successeur du dictionnaire Littré « Notre Littré c’est désormais Le Robert »
• Le grand projet du Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française (1950- 1964) : en
collaboration avec deux talentueux lexicographes, Alain Rey et Josette Rey-Debove, ouvrage publié en
6 volumes, basé sur un corpus de citations extraites d’œuvres littéraires récentes (XIX et XX siècle),
avec un total de 80 000 mots. (Autres éditions de cet ouvrage sous le nom « Grand Robert de la langue
française » : 2e éd. en 9 volumes (1985), 3e éd. (2001)
• En 1967, on assiste à la publication du Petit Robert, Dictionnaire de la langue française avec environ
50000 mots en 1970 pages, en reprenant les caractéristiques du grand dictionnaire et en réduisant les
informations et les citations. Une 2e éd. (1977)…
• Aujourd’hui on assiste à une « Reyvolution culturelle », avec la publication de plusieurs dictionnaires :
le Dictionnaire culturel de la langue française (2005), le Micro-Robert (1971), le Dictionnaire historique de la
langue française (1992)…
Un petit dictionnaire Larousse innovant, le DFC
• L’héritage structuraliste saussurien : l’engouement lexicographique de Dubois porté
à un petit dictionnaire Larousse nommé, Le Dictionnaire du français contemporain,
abrégé en DFC paru en 1966.
• Avec 25000 mots, cet ouvrage se veut synchronique, en renonçant à la description
qui tient compte de l’histoire du mot et en suivant :
1. Le dégroupement homonymique (le mot clou est enregistré en quatre entrées :
le clou que l’on plante, le clou qui fait souffrir (le furoncle), celui sur lequel on
pédale et le clou du spectacle qu’on applaudit ).
2. Le regroupement morphologique (chausser, déchausser, rechausser, chaussette,
chausseur, chausse-pied, chaussure regroupés dans le même article).
Regain d’intérêt électronique
• À la frontière du XXe et du XXIe siècle, une grande révolution numérique
• L’exploitation de nouveaux supports électroniques : des cédéroms, des dévédéroms, des smartphones
et le réseau Internet.
• Les avantages : contenir plus de données + diffusion à un large public + intégrer des données
multimédias (des images, des vidéos, des audios, des graphiques…)
• Le Grand Robert (1989) sur support électronique dont le concepteur est le mathématicien Laurent
Catach et qu’on pourrait consulter sur CD-ROM. Vient par la suite d’autres éditions de la même
maison, le Petit Robert de la langue française (1996, 2001), le Robert Junior (1998) et le Grand Robert
de la langue française (2005).
• En 1997, paraissait chez Larousse le Petit Larousse sur cédérom et l’Encyclopédie universelle Larousse deux
années plus tard en 1999. En 2005, c’est Yves Garnier qui se charge d’éditer le Grand Larousse illustré, un
dictionnaire très innovant dans sa conception, alliant le support papier et le support électronique.
Regain d’intérêt électronique

• En 2004, la sortie de la version électronique d’un ensemble de 16 volumes du Trésor


de la langue française. Un dictionnaire qui a été publié principalement sur papier, s’est
informatisé (TLFi), contenant pas moins de 100 000 mots, 270 000 définitions et
430 000 exemples d’auteurs étaient devenus désormais disponibles sur le disque dur
des ordinateurs. [Link]
• En profitant de l’appui du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales
(CNRTL), on pourrait accéder aussi au Dictionnaire de l’Académie française (en trois
éditions 4e, 8e et 9e) sur le site [Link]
• Notons que les neuf éditions du Dictionnaire de l’Académie française sont consultables
sur le site : [Link]
Conclusion
• Le développement des dictionnaires a beaucoup bénéficié des inventions :
1. L’imprimerie (1450) : l’apparition du premier dictionnaire bilingue de R.
Estienne.
2. Les nouvelles technologiques : la production foisonnante de dictionnaires + la
démocratisation de l’accès aux dictionnaires.
• Impossible de faire une liste exhaustive de tous les dictionnaires.
• Retenir quelques titres marquants : ( Robert, Larousse, l’Académie
française, Littré, DFC, Lexis, TLFi)
Comparez les deux articles du mot « faille » qui sont tirés des deux dictionnaires suivants :
Nouveau Larousse Universel (1948) et Le Petit Larousse (2010)
Dictionnaire de l’Académie française
Édition Année Définition « fronde »
1e 1694 Tissu de cordes avec quoy on jette des pierres. David tua Goliat d’un coup de
2e 1718
fronde. les Anciens avoient dans leurs troupes des gens armez de frondes.
3e 1740
4e 1762 Tissu de corde avec quoi on jette des pierres. David tua Goliath d’un coup de fronde. Les
5e 1798 Anciens avoient dans leurs troupes des gens armés de frondes. Vers le milieu du dernier siècle,
on appeloit Fronde, Le parti opposé à la Cour. Du temps de la fronde.
■ FRONDE. Terme de Chirurgie. Bandage à quatre chefs.
6e 1835 Instrument, fait de corde ou de cuir, avec lequel on lance des pierres, des balles, etc. David tua
7e 1878 Goliath d’un coup de fronde. Les anciens avaient dans leurs troupes des gens armés de
8e 1935 frondes. Faire tourner une fronde. Par extension, il se dit d’un Jouet d’enfant composé d’un
caoutchouc et d’une petite fourche.
9e Actuelle
Par extension, Un esprit de fronde, un vent de fronde, Un esprit de critique et d’opposition. Il
soufflait alors un vent de fronde.
Cette locution a fait appeler Fronde la Rébellion des ennemis de Mazarin sous la minorité de
Louis XIV.
MODULE:
LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
INTRODUCTION

• Objet d’étude de la lexicographie : le lexique dans le dictionnaire


• Questions légitimes : Pourquoi consulte-t-on le dictionnaire? Quel
type de dictionnaire choisir ? Quels genres d’information trouve-t-on
dans chaque type ?
• Objectif : choisir le bon dictionnaire selon la nature des informations
recherchées.
PLAN DE LA PRÉSENTATION
IV- LES TYPES DE DICTIONNAIRES
1- Définition du dictionnaire
2- Typologie générale des dictionnaires
2.1 Dictionnaires monolingue/bilingue / multilingue
2.2 Dictionnaire général/ Dictionnaire spécialisé
2.3 Dictionnaire de langue / Dictionnaire encyclopédique
2.4 Dictionnaire extensif/ Dictionnaire sélectif
2.5 Dictionnaire synchronique / Dictionnaire diachronique
2.6 Dictionnaire descriptif / Dictionnaire prescriptif
2.7 Autres classements (Dictionnaire d’institution /d’entreprise privée, sur papier / sur support informatique,
analogique…)
3- Nature des informations contenues dans un dictionnaire de langue et dans un dictionnaire
encyclopédique + exercices pratiques
1- Définition du dictionnaire (1)
• Le sens étymologique : c’est un recueil de mots (les premiers dictionnaires).
• Organisé généralement selon l’ordre alphabétique, le dictionnaire permet au
chercheur d’accéder à un programme d’informations sur le mot ou sur la
chose.
• Il a une visée didactique : outil d’apprentissage + visée normative : veiller au
bon usage de la langue + visée descriptive (corpus aussi riche que varié).
• Le dictionnaire est une œuvre de civilisation et de culture : dépotoir de la
mémoire d’un peuple (Dictionnaire de l’Académie française)
1- Définition du dictionnaire (2)

• « Un ouvrage didactique constitué • « Recueil des mots d'une langue ou d'un


par un ensemble d’articles dont domaine de l'activité humaine, réunis
l’entrée constitue le mot ; ces articles selon une nomenclature d'importance
sont indépendants les uns des autres variable et présentés généralement par
(malgré les renvois pratiqués), et ordre alphabétique, fournissant sur
rangés par ordre alphabétique ; son chaque mot un certain nombre
d'informations relatives à son sens et à
mode de lecture est la consultation. »
(Dubois et al. 2012, 146) son emploi et destiné à un public défini. »
TLFI [Link]
2- Typologie générale des dictionnaires
2.1 Dictionnaires monolingue/bilingue / multilingue

• a - Le dictionnaire monolingue
• Dans le dictionnaire monolingue, les mots enregistrés dans la nomenclature (les
entrées) et les énoncés utilisés pour les expliciter (le métalangage) appartiennent à la
même langue.
• Lehmann et Martin-Berthet (2013 : 237) affirment dans ce sens que : « le dictionnaire
monolingue fait suivre les entrées d’une langue de leur description dans cette langue, principalement par
une définition et des exemples. »
• Ex. le Petit Robert, le Petit Larousse et le DFC, entre autres, ont pour objet d’établir un
rapport entre le signifiant et le signifié exprimé dans la même langue qu’est le français.
b- Le dictionnaire plurilingue (bilingue ou multilingue)
• Le dictionnaire bilingue met en parallèle des unités lexicales de deux langues différentes, en
faisant correspondre les entrées d’une langue source à leurs équivalents d’une langue cible. Ex.
anglais-français, français-anglais. (les premiers dictionnaires en France étaient bilingues (latin-
français, français-latin)
• L’existence des correspondances entre les langues (des universaux de langage), en matière de
traduction.
• Le dictionnaire bilingue ne se réduit pas à une double nomenclature exprimée en deux langues,
mais doit contenir une description fouillée de l’entrée lexicale : traitement de la polysémie,
indication des emplois, collocations, expressions, des exemples…
• On peut avoir aussi des dictionnaires multilingues qui associent plus de deux langues
(trilingue, quadrilingue).
Dictionnaire Almanhal français/arabe
Dictionnaire Assabil Alwasit arabe/français
2.2 Dictionnaire général/ Dictionnaire spécialisé
a. Le dictionnaire général : faire la description générale de tout le lexique de la langue -
sans prétendre à l’exhaustivité-, à l’aide de définitions et d’éventuels commentaires et
d’exemples, mais sans privilégier un type d’information particulière.
Ex. le Petit Robert, le Petit Larousse, le Dictionnaire de l’Académie, le TLF, le Nouveau Littré…
• Les caractéristiques d’un dictionnaire général ont trait à la fréquence d’emploi : il
comporte entre 5 000 et 100 000 mots, répartis en trois parties :
1. 3 000 entrées environ de vocabulaire de base,
2. 30 000 mots environ de culture générale,
3. et enfin le tout sera complété par les mots du vocabulaire spécialisé.
• Une autre distinction pertinente a trait au public cible. Si le dictionnaire général est
destiné à un large public, le dictionnaire de spécialité n’est adressé qu’aux spécialistes qui
viennent y puiser un type particulier d’informations.
b. Dictionnaire spécialisé
• Le dictionnaire spécialisé : le choix de la nomenclature se fait sur un lexique
spécifique à un domaine. Il procède à « une sélection des entrées selon le critère retenu, ou traite
particulièrement un aspect spécifique de la description. » (Lehmann et Martin-Berthet,
2013 :243)
Ex. dictionnaire de l’informatique, dictionnaire de la psychologie, dictionnaire de la sociologie, dictionnaire des symboles,
dictionnaire de la musique…
• Nous pouvons aussi avoir des dictionnaires spécialisés de la langue qui portent
sur un aspect particulier des mots, que ce soit le côté formel (les dictionnaires
d’orthographe, d’homonymes) ou le côté sémantique (les dictionnaires de synonymes,
d’antonymes) ou encore l’étymologie (les dictionnaires historiques et
étymologiques)…
2.3 Le dictionnaire de langue vs le dictionnaire
encyclopédique
L’opposition entre la langue et le monde
Le dictionnaire de langue Le dictionnaire encyclopédique
La langue Le monde
Le mot La chose
Le signe linguistique Le référent (l’univers de référence, le réel)

• L’encyclopédie décrit le référent du monde en traitant de façon détaillée des informations


encyclopédiques (histoire, géographie, sociologie…) de la chose nommée.
Étymologiquement, c’est un ouvrage qui fait le tour des connaissances. Il s’agit d’ouvrir des
horizons qui vont au-delà de la description linguistique, pour répondre à la curiosité du
lecteur, en matière de savoirs, de croyances sur le monde (notions, domaines, sciences,
techniques, objets…).
2.3 Le dictionnaire de langue vs le dictionnaire
encyclopédique
a. Le dictionnaire de langue s’attache à décrire la langue, en donnant différentes
informations sur « le lexique d’une langue et l’utilisation des mots (syntaxe, phonétique, etc.) dans le
discours » (Dubois :2012, 146)
• La différence entre le dictionnaire de langue et les autres ouvrages réside dans « le programme
d’information sur le signe. » (Robert : 2019, IX), lequel programme ne se limite pas uniquement
à la reconnaissance et à la compréhension du mot, mais doit voir son emploi dans des
phrases aussi bien à l’écrit qu’à l’oral.
• La lemmatisation : le mot (le lemme) que l’on trouve dans un dictionnaire est une entité
graphique, neutre et non marquée, c’est-à-dire dépourvue de toute flexion (infinitif pour le
verbe).
• Le choix des entrées de la nomenclature est arbitraire/ le volume des articles peut varier
selon la décision du lexicographe qui peut, selon les exigences, insérer des emplois
techniques ou métaphoriques.
a. Le dictionnaire de langue

• La distinction entre les informations linguistiques et les informations encyclopédiques


est artificielle, car on peut trouver des données portant sur le monde dans un
dictionnaire de langue.
• Ex. Le Petit Robert (1967): au niveau de la microstructure, ce dictionnaire met à la
disposition du lecteur un programme riche d’informations sur le mot (prononciation,
datation des mots, étymologie, recensement des significations, renvois analogiques,
synonymiques et antonymiques, collocations, locutions, constructions syntaxiques,
difficultés d’emploi, exemples, citations…)
b. Dictionnaire encyclopédique
b. Le dictionnaire encyclopédique vise principalement à décrire les choses, c’est-à-
dire la connaissance du référent tel qu’il est révélé par le mot, en prenant pour objet
de description « les expériences et connaissances dont il traite au moyen de dénominations
classées alphabétiquement. » (Choi-Jonin et Delhay, 1998 : 310)
• Il suit un programme qui associe les deux perspectives :
1. Linguistique : fournir des informations de la langue sur les entrées enregistrées.
2. Encyclopédique : présenter des développements encyclopédiques sur les mots définis.
• On reconnaît le dictionnaire encyclopédique par le type de données qui associent
aussi bien des illustrations que des informations de synthèse portant sur les réalités
désignées (les noms propres, des évènements singuliers, des informations
géographiques et historiques…)
b. Dictionnaire encyclopédique
• Ex : Le Petit Larousse s’inscrit dans la tradition du dictionnaire encyclopédique. Son
objectif premier est de décrire l’univers actuel en tenant compte de nouvelles
informations politiques, géographiques, techniques… Ce faisant, il s’appuie, en plus
des articles, des encadrés contenant des dessins, des illustrations, des photos… Bref,
tout ce qui peut contribuer à une information efficace sur la chose à définir.
• Nous pouvons aussi avoir des dictionnaires encyclopédiques spécialisés (ou
dictionnaires terminologiques) qui présentent la nomenclature d’un domaine (cf. Le
Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage de O. Ducrot et T. Todorov (1974) qui
fournit au lecteur, au-delà des définitions de certains termes se rapportant à la
linguistique et aux sciences du langage, des informations historiques, scientifiques et
bibliographiques.
2.4 Dictionnaire extensif/ Dictionnaire sélectif
(restrictif)
• Il ne faut pas confondre la distinction : dictionnaire général vs dictionnaire
spécialisé avec dictionnaire extensif vs dictionnaire sélectif.
• La première est d’ordre qualitatif se rapportant à la nature des entrées et à leur
traitement ; la seconde est de nature quantitative, ayant trait au nombre des unités
traitées.
• Le dictionnaire extensif vise à contenir le plus grand nombre de mots, le
dictionnaire restrictif cherche à limiter la nomenclature à une certaine quantité,
selon des critères relevant de la fréquence d’usage (se limiter aux mots courants,
exclure les mots rares ou appartenant au jargon) ou de la tranche d’âge (les
indications benjamin, junior, major).
2.4 Dictionnaire extensif/ Dictionnaire sélectif
• Le choix extensif : intégrer autant que possible tous les mots de la langue, ou plus
précisément fournir dans l’espace dictionnairique le plus possible des entrées lexicales,
sans aucune limitation quant à leur origine, à leur usage ou à leur valeur.
• Le choix sélectif ne permet de traiter qu’une partie du lexique, en fonction de
certaines exigences préalables.
• Le pari de l’extensivité et de la sélectivité relève fortement de la taille de l’ouvrage.
Ex. le Petit Robert ou le Petit Larousse sont raisonnablement extensifs par rapport à d’autres
ouvrages en offrant environ 60000 mots, le premier s’avère plus extensif que le second dans
le domaine littéraire, alors que le second serait plus extensif que le premier dans le domaine
scientifique.
2.5 Dictionnaire synchronique / Dictionnaire
diachronique
• La description se situe en synchronie quand elle porte sur une période restreinte, perçue comme un
système homogène, en tenant compte des mots qui sont réellement employés. La description se veut
diachronique si elle porte sur des états de langue, en traversant une période plus ou moins longue et en
faisant un relevé des différents sens que peut avoir un mot. La langue est décrite dans son évolution.
a. Le dictionnaire synchronique décrit un état de langue, à « un moment précis de son histoire en fournissant
des informations sur le fonctionnement des mots et en excluant celles portant sur leur histoire et leur évolution. » (Zaid,
2021 : 45)
Ex. le Dictionnaire de l’Académie française.
b. Le dictionnaire diachronique donne des informations étymologiques ou historiques, se rapportant à
« l’évolution des mots quant à leur forme, leur prononciation et leur sens. Il s’agit d’un dictionnaire spécialisé parce qu’il
traite uniquement l’histoire du mot». Ibid.
Ex. le Dictionnaire historique Robert.
• Le dictionnaire contemporain vise à décrire la langue actuelle telle qu’elle est pratiquée par les acteurs du monde
dans la période contemporaine. Ex. DFC
2.6 Dictionnaire descriptif / Dictionnaire
prescriptif
a. Le dictionnaire descriptif
• Le lexicographe s’attache à décrire la langue telle qu’elle est pratiquée aussi bien à
l’écrit qu’à l’oral. Pour Pruvost (2006 : 130), il s’agit d’étudier « la langue et son lexique en
essayant d’être le moins engagé possible, en souhaitant faire du dictionnaire une sorte de miroir
récapitulatif et neutre des usages écrits et oraux des mots. »
Ex. les dictionnaires de langue généraux sont descriptifs (le Petit Robert)
b. Le dictionnaire prescriptif
• Le lexicographe peut, au contraire, avoir pour objectif d’orienter l’usage de la langue
et « de veiller au bon emploi, de guider les usagers en les conseillant, si besoin est, du côté d’un usage
présenté comme la norme à respecter. » Ibid.
Ex. le Dictionnaire de l’Académie française, le Dictionnaire de l’orthographe.
2.7 Autres classements
• La fin du XXe et le début du XXIe : transfert de contenu, naissance des supports
électroniques (CD, DVD, Disque dur, Net, Smartphone), dimension analogique,
requête complexe, espace immense.
a. Le dictionnaire informatisé est un ouvrage qui, apparu principalement sur papier,
est devenu disponible sur un support électronique.
a. Ex. Le Grand Robert sur cédérom (1989, 2005)/édité sur papier en (1964,1985)
a. TLF, paru sur papier en (1994) est consultable sur le net (2000), sur cédérom (2004) TLFi
b. Le dictionnaire électronique n’est disponible que sur un support informatique.
Ex. Wiktionnaire [Link]
L’internaute [Link]
2.7 Autres classements
c. Le dictionnaire d’institution est un ouvrage qui émane d’une institution de l’État. Il
revêt une dimension culturelle et est considéré comme un réservoir de la civilisation et du
patrimoine d’un pays.
Ex. le Dictionnaire de l’Académie française.
d. Le dictionnaire de l’entreprise privée est produit par une institution non étatique et
destiné à la vente.
Ex. le PR, le PL…
e. Le dictionnaire analogique vise à regrouper les mots selon leur rapport de sens. Il s’agit
d’évoquer les mots par les idées.
Ex. Nouveau dictionnaire analogique Larousse de Niobey.
• Son rôle est de remédier aux défaillances de la mémoire et à la déficience verbale, en faisant
rappeler les mots inconnus par le jeu des analogies : chaque mot trouvé permet de découvrir
d’autres.
Exercice pratique : comparez les deux articles du mot Cobra, extraits du PR (2019) et
du PL(2010).

COBRA n. m. ( mot port., du latin colobra).


Serpent venimeux, membre de la famille des
COBRA [kɔbʀa] n. m. — 1856 ; cobra capel élapidés, dont certaines espèces dépassent 4 m
XVIe ◊ portugais cobra de capelo de long. (un cobra des Indes est aussi appelé
« couleuvre à capuchon » ■ Serpent serpent à lunettes à cause du dessin visible sur
venimeux d'Asie et d'Afrique. Cobra le capuchon lorsque l’animal inquiété, dilate
indien, appelé aussi serpent à lunettes. celui-ci : genre Naja.
► naja. Cobra royal. ► hamadryade.
Cobra [kɔbra] n. m. Serpent venimeux dont les côtes
Exercice pratique : comparez les deux articles du peuvent se redresser, formant un élargissement
mot Cobra, extraits du dictionnaire Lexis (1992) postcéphalique. (Naja est le cobra indien, ou serpent
à lunettes. Naja hannah, le cobra royal, africain,
et du dictionnaire Hachette (1994). atteint 4 m de long) Portug. cobra capelo, «
couleuvre-chapeau »; XVIe .
COBRA [kɔbra] n. m. (portug. cobra capelo, Cobra, mouvement artistique (1948-1951)
lat. pop. *colobra, couleuvre, et *capellus, d'inspiration expressionniste créé en réaction contre
les formes académiques de l'art moderne (néo-
coiffe, à cause de la forme de la tête de cet surréalisme, etc.) et contre les « abstractions stériles
animal ; v. 1500). Serpent venimeux du de Mondrian : Asger Jorn, Appel, Constant.
genre naja, qui dépasse 4 m de long. (Un Corneille, Alechinsky privilégièrent le geste impulsif
et l'emploi de couleurs vives. —De COpenhague,
cobra de l'Inde est aussi appelé serpent à
BRuxelles, Amsterdam.
lunettes à cause de la forme du dessin
visible à la face supérieure du cou, lorsque
l'animal, inquiété, le dilate.)
Travaux pratiques

• Déterminez le type de chaque dictionnaire en justifiant votre réponse.


1. Général vs spécialisé
2. Langue vs encyclopédique
3. Synchronique vs diachronique
4. Analogique…
• Analysez les informations présentées dans chaque type.
• apanage n. m. Ne pas dire
*apanage exclusif, pléon. puisque, au
fig., l'apanage « est le propre de qqn,
de qq. ch. » (Lit.). apanager v. t.,
apanagiste adj. n. sont rarement
employés.
COACH n. m. est pris à l'anglais coach en plusieurs
emprunts successifs.
■ Le mot a désigné (1926) une automobile à deux portes et
quatre places. Ce sens a disparu. ▫ Le mot anglais avait
pénétré en français dans le vocabulaire des sports (1888) à
propos d'entraîneurs d'une équipe. Avec l'apparition de
dérivés du verbe anglais to coach «entraîner», il a pris le sens
plus large de «mentor, conseiller». Il est usuel en français
du Québec et a envahi l'usage européen depuis les années
1980, bien au-delà du domaine sportif.
■ Dans les années 1980, apparaissent en français les mots
COACHER v. tr. (attesté 1984) et COACHING n. m. (1987)
qui concernent non seulement l'entraînement sportif, mais
l'accompagnement professionnel dans différents domaines.
Tous ces anglicismes sont critiqués, en France comme au
Québec, où coaching s'emploie aussi dans l'enseignement,
pour «cours préparatoire ».
• Coach 1832, « diligence »; mot
angl., du fr. coche (v. ce mot)
campagne (du bas lat. campania; lat. class. rus, ruris)
Étendue de pays occupée par les champs et où les habitations sont dispersées. Habiter
la campagne. Cambrousse (pop.).
Aspects de la campagne. Pays accidenté. Colline. Vallée. Val. Coteau. / Pays plat. Plaine.
Plateau. Rase campagne. / Paysage. Panorama. Vue. Site.
Campagne cultivée. Champ. Pièce de terre. Chaume (champ où reste le chaume). Labours.
Guérets (champs labourés). Essarts (terres défrichées). Emblavure. Ségala (terre à seigle).
Prairie. Pré. Herbage. Pâturage. / Clos. Enclos. Closeau (vx). Closerie. Haie. Fossé. / Bocage. /
Verger. / Vignes.
Campagne habitée. Bourg. Village. Hameau. Lieu-dit./Manoir. Ferme. Chaumière. / Maison
de campagne. Maison de plaisance. Maison de « week-end ». Résidence secondaire. Cottage.
Villa. Pavillon. Bastide (maison de campagne en Provence).
Biens de campagne. Bien-fonds. Tréfonds (sous-sol). / Propriété. Ferme. Métairie ou borde.
/ Lopin de terre. /Terre. Sol. Terrain. Glèbe (vx). / Cadastre./Remembrement. Plan parcellaire.
Gens de la campagne. Agriculteur. Cultivateur. Gentleman-farmer. Fermier. Métayer. Eleveur.
Herbager. Ouvrier agricole. Tâcheron. Vigneron. Berger. / Paysan. Paysanne. / Notabilité.
Notable. Hobereau. Châtelain.
Relatif à la campagne. Rural. Campagnard. Champêtre. Rustique. Agreste. / Economie
rurale. Agricole. / Ruraux (les paysans).
BINAIRE [binɛr] adj. - 1554 bas latin binarius, de bini «
deux éléments formant couple » ■ 1 MATH. Nombre
binaire (en base décimale) : nombre à deux chiffres. -
Système de numération binaire ou à base* binaire. Relation binaire
dans un ensemble E : relation de E vers E. ♦ INFORM. Qui
ne comporte que deux états. ► un, zéro; complément.
Code, langage binaire d'un ordinateur (cf. Langage*
machine). Chiffre binaire : chacun des deux chiffres, 0 et 1,
en numération binaire (recomm. offic. pour bit). Élément
binaire. ► booléen; bit. - LOG. Relation binaire : relation
établie dans un ensemble entre deux éléments. ■ 2 sc.
Composé de deux éléments. Mélange, alliage, composé
binaire. - ASTRON. Système binaire : étoile double. ■ 3
MUS. Mesure binaire, dont les temps sont divisibles par
deux. Rythme binaire, à deux temps. ■ 4 Qui procède de
façon simpliste, manichéenne. Une conception binaire de la vie.
Un esprit binaire.
binaire
1. Une opposition binaire est un type particulier et privilégié de
relation entre les traits distinctifs d'un système phonologique.
Le choix de chaque trait distinctif équivaut à un choix entre
deux termes d'une alternative : soit la présence ou l'absence
d'une certaine qualité (par exemple, nasalisé vs non-nasalisé,
voisé vs non-voisé), soit deux qualités polaires de la même
catégorie (par exemple, grave vs aigu). Si l'on considère que
l'un des deux termes de l'alternative est positif et l'autre
négatif, chaque trait, exige en fait de l'auditeur une décision par
oui ou par non.
2. En grammaire générative, on a appelé transformation binaire,
dans une première étape de la théorie, une transformation
portant sur deux phrases de la structure profonde, l'une étant
la matrice et l'autre la constituante (V. TRANSFORMATION). Ainsi,
Je dis cela et Paul viendra sont les deux phrases de la structure
profonde qui, soumises à des transformations, deviennent Je dis
que Paul viendra ; cette phrase est donc issue d'une
transformation binaire.
Émetteur
Je propose de donner une acception purement sémiotique au
terme d'émetteur (et corrélativement à celui de récepteur*) ;
l’émetteur est défini, dans le cadre du programme narratif,
comme actant* initialement conjoint à l'objet*, et qui s'en trouve
disjoint par la transformation; il s'agit donc d'un sujet d'état et
non d'un sujet opérateur; émetteur et récepteur* sont dans une
relation d'ordre, l'émetteur étant le premier terme et le récepteur
le second; dans le cas particulier de la performance* l'émetteur
s'identifie à l'anti-sujet auquel le sujet (héros) reprend l'objet à
valeur descriptive* auquel il était conjoint ; dans le cas de la
fabrication* d'objets, l'émetteur est le sujet qui possède ou le lieu
qui renferme la matière première (ou précurseur); dans
l'acquisition d'objets à valeur modale, l’émetteur s'identifie au
destinateur du pouvoir-faire, mais non au destinateur du vouloir-
faire (Destinateur* manipulateur, ou sujet d'un faire persuasif*).
(F. B.)
Émetteur
À l'origine, est appelé émetteur tout appareil qui est une source d'émission d'ondes
électromagnétiques capables de transmettre des messages sous forme codée, qu'il
s'agisse de sons, de lettres, d'images ou de tout autre système de signes (émetteur
de radio, émetteur de télévision). Par extension, sous l'influence des théories de
l'information, ce terme désigne la personne qui émet des messages à l'adresse d'un
récepteur*. D'où un schéma de la communication symétrique entre l'activité de
l'émetteur qui, pour parler, doit encoder un message (mettre du sens dans des
formes) et celle du récepteur qui, pour comprendre, doit décoder le même
message (retrouver à partir des formes le sens qu'a voulu y mettre l'émetteur).
En linguistique, ce schéma a été critiqué pour sa symétrie, rien ne permettant de
prouver que le récepteur ne fait que décoder passivement l'intention de sens de
l'émetteur. R. Jakobson - qui, dans son schéma de la communication, a remplacé le
terme d'émetteur par destinateur et celui de récepteur par destinataire* - semble
proposer, à travers la description des diverses fonctions* du langage, un
fonctionnement de la communication dont l'instance originaire de la
communication est l'émetteur-destinateur et l'instance destinatrice le récepteur.
Mais il n'est pas précisé quelle est la nature de cet émetteur-destinateur, bien que,
d'après C. Kerbrat-Orecchioni (1997: 22), il ait eu conscience qu'existaient des
situations de langage (comme le discours rapporté) dans lesquelles pouvait
apparaître une « chaîne d'émetteurs ».
MODULE:
LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
V- L’ORGANISATION DES DICTIONNAIRES

INTRODUCTION (la double structure du dictionnaire)


I. La macrostructure du dictionnaire : la nomenclature et l’organisation des entrées
1. L’extension de la nomenclature
2. L’ordre alphabétique : avantage et désavantage
3. Le choix de l’homonymie et de la polysémie
3.1. Le choix de la polysémie
3.2. Le choix de l’homonymie
3.3. Les critères de sélection des lexicographes pour l’une ou l’autre relation ( critères étymologique, sémantique,
syntaxique, morphologique)
4. Le regroupement/le dégroupement morphologique.
II. Exercices pratiques
INTRODUCTION
La double structure d’un dictionnaire
• Tout type de dictionnaire peut être analysé selon deux perspectives : la macrostructure et la
microstructure (une lecture horizontale et une lecture verticale).
• La consultation du dictionnaire se fait successivement dans le sens des deux dimensions de la
page, ce qui révèle sa double structure : d’abord verticalement pour repérer la graphie du
mot recherché, puis horizontalement pour lire l’information relative à ce mot.
• Le dictionnaire présente donc : au niveau macro, une nomenclature des termes ordonnés
alphabétiquement ; et au niveau micro, un article pour chaque entrée, qui est organisé selon
un certain modèle et comportant une série plus ou moins riche d’informations relatives à ce
terme.
La double structure d’un dictionnaire

• La microstructure est l’organisation interne de l’article du dictionnaire, et plus


précisément la structure que les lexicographes choisissent pour décrire les entrées.
Chaque mot apparaît en vedette dont la typographie varie d’un dictionnaire à un
autre (en majuscule, en minuscule, en petites capitales, en gras, en rouge, en noir…).
• La macrostructure concerne l’organisation de la nomenclature, c’est-à-dire la
manière dont les entrées sont présentées dans un dictionnaire. Cette organisation
relève d’un double aspect formel et sémantique.
• Ces deux plans sont étroitement liés : la manière d’organiser la nomenclature a des
implications sur la manière de structurer l’article dans son ensemble.
I. La macrostructure du dictionnaire : la nomenclature et
l’organisation des entrées
• C’est la structure organisationnelle qui s’applique à tout le dictionnaire, c’est-à-dire à sa
conception globale. Selon Rey-Debove (1971 : 21), la macrostructure est « l’ensemble des entrées
ordonnées, toujours soumise à une lecture verticale partielle lors du repérage et l’objet du message. »
• Analyser ce niveau macrostructurel revient à prendre en considération aussi bien la
nomenclature dont la taille varie selon chaque type de dictionnaire, que des informations
paratextuelles.
• Dans le PR (2019), on trouve : la page de couverture et de titre, le droit d'auteur, la liste des
principaux collaborateurs, les préfaces, principes de la transcription phonétique, tableau des
termes, signes conventionnels et abréviations, liste des principaux auteurs cités, titres de
périodiques et films cités, et un annexe à la fin contenant des correspondances des
principales datations de mots, liste des noms communs et des adjectifs correspondant aux
noms propres de personnes et de lieux, la liste des noms propres, les suffixes, les
conjugaisons, les noms de nombres et la table des matières.
1. L’extension de la nomenclature (le choix des entrées)
• Le pari de l’exhaustivité: aucun dictionnaire ne peut faire l’inventaire de tous les
mots de la langue décrite. (le lexique est ouvert : chaque instant, de nouveaux mots
sont créés ou empruntés).
• Selon la taille du dictionnaire, on peut avoir la répartition suivante :
1. Noyau commun : vocabulaire de base (3000 mots) / le dictionnaire d’apprentissage (entre
1500 et 5000 mots).
2. Autour de 30 000 mots de vocabulaire courant et de culture générale / le dictionnaire de
petite taille destinés au grand public.
3. Autour de 60 000 mots (le PR et le PL : le dictionnaire extensif) on peut avoir un vocabulaire
de spécialité réparti de manière homogène entre les domaines.
4. 100 000 mots (TLF) les gros dictionnaires généraux.
2. L’ordre alphabétique
• L’ordre alphabétique renvoie à l’organisation formelle du dictionnaire. Il est fondé
sur l’aspect graphique des mots (l’orthographe). Cela suppose que la graphie soit
stable, mais on peut avoir des mots qui admettent différentes graphies, (des
variantes: une autre façon d’écrire le mot avec ou sans différence de prononciation).
Ex. clé ou clef, bette ou blette, évènement ou événement…
• Se pose alors le problème du choix de la vedette : quelle est la forme qui doit
apparaître en tête de l’article ?
Ex. DH plate-forme […] plateforme
PR plateforme […] on écrit aussi une plate-forme, des plates-formes
PLI plateforme ou plate-forme
Délimitation de l’entrée lexicale
• Les entrées qui font la nomenclature sont généralement des mots graphiques (dont
font partie les mots composés liés par trait d’union ou apostrophe).
Ex. le mot composé « sans-abri » dans le PR (2019) et le Lexis (1986)
• Pour des raisons de taille de l’ouvrage, il n’est pas possible d’enregistrer toutes les unités
polylexicales en entrée, ces unités figurent plus souvent à l’intérieur de l’article, signalées
comme locution sous l’entrée du mot graphique principal.
Ex. la locution adverbiale par conséquent est traitée sous l’adjectif conséquent.
L’expression sans cesse est enregistrée sous l’adresse du nom féminin cesse. (le PR 2019)
• Les expressions ne correspondant à aucun mot graphique simple.
Ex. a priori, ad hoc, a posteriori…
• Les sigles qui sont issus d’unités polylexicales.
Ex. B.A. (bonne action), O.K.
• Quelques expressions fortement figées.
Ex. bon enfant (adj. inva.) apparaît dans les dictionnaires le PR, le PLI et le DH sous une entrée
autonome.
2. L’ordre alphabétique : avantage et désavantage
a. Avantages
• Héritage historique des premiers dictionnaires.
• Classement rigoureux et arbitraire des mots.
• Consultation rapide et repérage immédiat de l’entrée recherchée dans la nomenclature.
• Ce type de classement est utilisé dans de nombreux écrits (les annuaires, les répertoires, les
catalogues…) : faire la liste des choses.
• Mise à jour facile des informations.
• Le dictionnaire alphabétique est le plus privilégié pour une consultation fragmentaire des informations.
b. Inconvénients
• Les mots se succèdent sans aucun lien sémantique entre eux.
• L’ordre alphabétique masque les structures du lexique et ne fait pas apparaître les relations que les mots
entretiennent entre eux.
Ex. affamer, faim, famine, famélique, sont plus ou moins éloignés (distants l’un de l’autre) dans le PR.
3. Le choix de la polysémie ou de l’homonymie

• Comment organiser les entrées dans un dictionnaire ?


• Beaucoup d’arbitraire dans l’organisation du dictionnaire (suivant le choix du
lexicographe qui doit organiser les mots à traiter, selon leurs formes et leurs
sens.)
• L’organisation sémantique concerne le choix de la polysémie ou de
l’homonymie.
• L’organisation formelle concerne le regroupement ou le dégroupement
morphologique.
Définition de la polysémie
La polysémie vs la monosémie

• On parle de monosémie lorsque le mot n’a qu’un seul sens, chose qui est rare en
français, sauf dans le vocabulaire scientifique ou technique (kilomètre, azote,
carburateur…)

• On parle de polysémie lorsque le mot a plusieurs sens (la plupart des mots sont
polysémiques). (1sa→ plus. sé)
Ex : Ce livre est cher. (couteux)

Cet ami m’est cher. (aimé)


Définition de l’homonymie
• Relation entre deux mots (homonymes) de même forme (signifiant), mais de sens différent
(signifié).
• Les homonymes ont des sens différents, bien qu’ils aient une orthographe ou une
prononciation semblable.
1. Les homographes non homophones ont la même orthographe, mais se prononcent de
façon différente.
Ex. couvent (maison religieuse) et couvent (du V. couver). Influent (adj.) et influent (verbe)
2. Les homophones non homographes se prononcent de la même façon, mais dont
l’orthographe est différente.
Ex. terme (mot) et thermes (bain) /vers, vert, ver
3. Les homographes homophones se prononcent et s’écrivent de la même façon.
Ex. cadre (bordure) cadre (fonctionnaire).
3.1. Le traitement polysémique
• Le mot est une unité de langue ayant un noyau sémique fondamental
que l’on trouve dans différents sémèmes.
• Il s’agit d’énumérer dans un même article les différents sens d’un terme
considéré comme polysémique.
• Le traitement polysémique est le plus répandue par les lexicographes.
• Il repose sur un ordre strictement alphabétique : la dispersion des
termes sémantiquement apparentés. (mari et mariage sont séparés de
marital par marin et mariol entre autres).
Ex. TAMPON est traité dans le PR sous une entrée unique selon 9 sens.
3.2. Le traitement homonymique
• Le mot est une unité de discours définie par son contexte linguistique.
• Faute d’avoir une relation de sens entre deux mots, les lexicographes optent pour le
traitement homonymique qui donne lieu à plusieurs entrées dans les dictionnaires.

• Il s’agit de traiter dans des articles nettement séparés les homonymes d’un même
mot, en faisant décrire les significations de ce mot avec ses différents emplois.

• Le DFC est le type de dictionnaire qui suit cette démarche, car il décloisonne et
présente plusieurs formes comme étant des homonymes (plusieurs signes), et non
comme un seul mot ayant plusieurs sens (la polysémie).
Ex. le mot pièce est présenté en quatre entrées.
3.3. Les critères de choix de l’homonymie ou de la polysémie
• Le choix de l’homonymie ou de la polysémie ne fait pas l’unanimité entre les
lexicographes ; il est soumis à plusieurs critères :
a. Critère étymologique
• Opter pour le regroupement si les mots ont le même étymon.
Critère non pertinent : on peut trouver des mots qui ont le même étymon, mais avec des sens
différents.
Ex. Voler dans le PR (même étymon du latin volare), mais deux sens.
Sens1 : Se déplacer dans les airs.
Sens2 : Prendre (ce qui appartient à qqn), contre le gré ou à l’insu de qqn.
b. Critère sémantique
• Rechercher des traits communs entre les différents sens d’un mot.
• Choix homonymique : pas de relation sémantique.
• Choix polysémique : relation sémantique.
Ex. émousser dans (le PR 2019): choix polysémique car il existe un noyau
sémantique commun entre les deux sens propre et figuré.
c. Critère morphologique

• Rechercher les dérivés et les composés du mot pour voir si on a le même


sens ou des sens différents.
Ex. le mot « plume » est enregistré dans DFC sous deux entrées dont chacune a ses
dérivés et composés.
1. Plume n. f. : plumage (n. m.), plumeau, plumer, plumet, se déplumer, déplumé.
2. Plume n. f. : plumier, plumitif, porte-plume.
d. Critère syntaxique

• Voir le comportement syntaxique du mot dans la phrase (sa distribution),


si on a un changement de sens, le traitement homonymique s’impose,
sinon c’est le choix polysémique qui est de mise.
Ex. dans le DFC (1971), le verbe différer est enregistré en deux homonymes.
1. Différer v. tr. et intr. Différer (quelque chose), en remettre à plus tard la réalisation.
2. Différer v. intr. 1° (sujet nom de chose ou de personne) Ne pas être semblable
[…] 2° (sujet nom de personne) Avoir deux opinions opposées.
4. Le regroupement ou le dégroupement morphologique
• L’organisation formelle de la macrostructure concerne le regroupement ou le
dégroupement morphologique.
• Le regroupement morphologique consiste à rassembler les dérivés et les composés
autour d’un même terme de base, pour souligner les relations morpho-sémantiques
qui existent entre les mots appartenant au même champ dérivationnel.
• Ce procédé est pratiqué par le lexis et le DFC : « on a regroupé autour d’un terme vedette
placé en entrée les dérivés et les composés qui, par leur sens, se rattachent étroitement à lui. » Lexis,
préface, [Link]
• C’est ce qui donne à ces ouvrages une double macrostructure, constituée de deux
niveaux d’entrées. (chaque entrée donne accès à une sous-entrée)
4. Le regroupement ou le dégroupement morphologique

• Selon Dubois, ce classement n’est pas artificiel, mais il permet de mettre en relief
« l’interdépendance des sens et des formes ». Car la langue offre des possibilités énormes de
préfixation et de suffixation, permettant de passer d’une forme à une autre, d’un
verbe à un substantif, d’un substantif à un adjectif.
Ex. calculer, calcul, calculateur, incalculable… (calcul)
Ex. saute-mouton et saute-mines (sauter)

• On parle de dégroupement morphologique quand les dérivés sont classés selon


l’ordre alphabétique.
II. Exercice sur la macrostructure du dictionnaire
Objectif
• Décrire la macrostructure des dictionnaires le Petit Robert(2019) et le Lexis (1992),
en choisissant comme entrée le mot « cochon ».
Consignes
• Décrire les caractéristiques de la macrostructure du dictionnaire.
• Déterminer le choix du lexicographe (traitement polysémique ou homonymique
/dégroupement ou le dégroupement morphologique)
• Spécifier les critères sur lesquels s’opère le choix (étymologique, sémantique,
morphologique et/ou syntaxique).
MODULE:
LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
V- L’ORGANISATION DES DICTIONNAIRES
INTRODUCTION (la double structure du dictionnaire)

I. La microstructure du dictionnaire : Description du contenu de l’article


1. Le bloc-entrée
2. Les marques
3. La/les définition(s) hiérarchisée(s)
4. Les relations lexicales (les renvois)
5. Les exemples
6. Les unités phraséologiques
II. Exercices pratiques: Les informations contenues dans les articles des
dictionnaires : le PR, le DFC et le PLI.
La double structure d’un dictionnaire

La La microstructure :
macrostructure : l’organisation interne
l’organisation de la de l’article
nomenclature

Aspect formel :
regroupement ou Aspect sémantique :
dégroupement traitement homonymique
morphologique ou polysémique
I. La microstructure : l’article du dictionnaire

• La microstructure est composée de deux éléments « micro », c’est-à-dire « petit »


et « structure » désignant l’agencement des unités pour former un système.
Chacune se définit par l’ensemble des relations qui les unissent aux autres.

• Selon TLFi, la microstructure signifie « des systèmes qui, à l'intérieur d'une structure
plus large, présentent des régularités spécifiques et une organisation qui leur assurent une
relative autonomie de fonctionnement ».
I. La microstructure : l’article du dictionnaire

• Question : Quelles sont les informations qu’on trouve dans un article de


dictionnaire ?
• En fonction de leur taille et de leur programme sur le signe, les dictionnaires
ne contiennent par les mêmes informations : certaines sont obligatoires
(définition, catégorie grammaticale), d’autres sont facultatives (étymologie).
• Dans un dictionnaire de langue ou un dictionnaire encyclopédique, on peut
généralement répertorier les informations suivantes :
1. Le bloc-entrée
• Le bloc-entrée est composé principalement de la graphie et d’autres
informations renseignant généralement sur la prononciation, la grammaire et
l’étymologie.
a. La graphie : c’est la première information essentielle qu’on trouve
obligatoirement au début de tout article. Elle correspond à la façon d’écrire le
mot dans une langue donnée, conformément à un code et à un système de
règles préétabli. Elle permet de vérifier l’orthographe du mot recherché.
• Selon le DAFi, il s’agit de la « représentation d’un son, d’un mot, par des caractères
d’écriture et conformément à certaines règles. Graphie correcte, fautive. Graphie archaïque.
Graphie étymologique. Graphie phonétique. « Tens », « tans », « tems » sont d’anciennes
graphies du mot « temps ».
a. La graphie (entrée, adresse, mot-vedette, lemme)

• La graphie est un lemme, c’est-à-dire une forme dépouillée de toute marque


grammaticale (les adjectifs et les noms sont donnés au masculin singulier, les verbes
à l’infinitif). Elle est généralement mise en relief (couleur, majuscule, gras) pour
faciliter le repérage du mot recherché.
• Elle n’est pas forcément un mot, au sens typographique du terme, mais peut être
des lexies complexes (pomme de terre), des sigles (C.C.P) compte chèques postal,
des abréviations (dynamo), des éléments savants (dys-).
• La graphie se distingue de l’orthographe : si la première peut éventuellement être
fautive, la seconde renvoie à la forme correcte du mot.
Le traitement des variantes
• Certains mots admettent différentes graphies (des variantes graphiques).
• Dans le PR (2019), si les deux formes sont courantes, elles figurent à la
nomenclature en entrée double.
Ex. ÉVÈNEMENT ou ÉVÉNEMENT (la première forme est favorisée).
• Si la variante est rare, on la signale par « on écrit aussi, parfois»
Ex. CALIFE (on écrit aussi KHALIFE)
• Si une faute courante paraît comme plus légitime que la bonne graphie, elle est
privilégiée.
Ex. CHARIOT ou CHARRIOT
b. La prononciation
• Après la graphie, la transcription phonétique sert à indiquer la prononciation du
mot. Elle est mise entre crochets mettant en relief la suite de sons qui constituent la
manifestation matérielle du mot-vedette ou du signifiant.
• Elle n’est pas une donnée constante : signalée systématiquement dans des
dictionnaires de langue, mais jamais dans les dictionnaires spécialisés.
• Dans le PLI et le DH, elle n’est indiquée que pour informer sur les mots pouvant
présenter des difficultés de prononciation.
Ex. gageure [gaʒyr], arguer [argɥe]…
• Notons que la transcription phonétique recourt aux signes conventionnels de l’API,
dont la maîtrise est indispensable pour savoir prononcer des mots qui présentent
des difficultés.
c. Les informations grammaticales (catégorie, genre et nombre)
• Au-delà des indications précédentes sur la graphie et la phonie, l’article de
dictionnaire renferme des informations portant sur la nature grammaticale du mot-
entrée. Le genre et éventuellement la variation de nombre pour les noms et les
adjectifs ; la transitivité et le renvoi à un tableau de conjugaison dans le cas des verbes.
• Apparaissant généralement sous forme d’abréviation, le rôle de ces indications est
qu’elles peuvent aider à comprendre le sens de certains mots polysémiques.
Ex. le PR (2019) TRAVAILLER v. tr. I A. tourmenter (qqn), inquiéter en obsédant. (cette histoire me
travaille bcq.)
II v. intr. Exercer un effort suivi pour atteindre des objectifs
1. FORT, FORTE adj. et n. m. I qui a de la force, un grand pouvoir d’action.
2. FORT adv. 1. adv. de manière♦ Avec de la force physique, en fournissant un grand effort.
c. Les informations grammaticales (catégorie, genre et
nombre)

• Pour les noms et les adjectifs qui sont jugés irréguliers ou problématiques,
les marques du genre ou du nombre sont présentées dans la vedette.
Ex. ÉPOUX, OUSE ; JOURNAL, AUX…
• Pas de précision de genre pour les noms qui ont un double genre,
Ex. élève n. personne qui reçoit ou suit l’enseignement d’un maître (dans un art,
une science).
d. L’étymologie
• L’étymologie est « la science qui a pour objet la recherche de l'origine des mots en suivant
leur évolution à partir de l'état le plus anciennement attesté. » TLFi
• L’information étymologique concerne la datation, l’origine et l’histoire du mot.
Selon A. Rey « ces étymologies comportent une date (ou une époque, un siècle), celle de la
première apparition connue dans un texte du mot concerné ; puis, éventuellement, la forme
ancienne est mentionnée avec le sens le plus archaïque de ce mot, s’ils sont très distincts de la
forme et des sens modernes ; enfin, on donne l’étymon, le mot latin, grec ou autre dont est issu
le vocable français. En outre, des dates situent l’apparition de sens particuliers, à l’intérieur de
l’article. » (Le Petit Robert 2019 XII)
• Les mots construits tels que les dérivés sont rapportés à leur base (DÉCHARNER
-XIIe ◊ de dé- et charn → chair (dépouiller de la chair)) ; les composés sont ramenés à
leurs formants (APRÈS-GUERRE -1903 ◊ de après et guerre (période qui suit une guerre).
• Les informations étymologiques sont variables d’un dictionnaire à un autre : elles se
présentent de façon plus ou moins détaillée dans des dictionnaires comme le PR, le
Littré et le Lexis, mais elles sont complètement absentes dans le DFC (valeur non
fonctionnelle).
• L’importance de l’étymologie
• Connaître la langue moderne en revenant à son passé.
• Faire une étude en diachronie en examinant les changements qui se sont opérés
au mot durant son évolution, des changements qui portent aussi bien sur la
forme que sur le sens.
• Reconstituer l’histoire du mot de la langue contemporaine en remontant à
l’origine qui lui a donné naissance.
• La datation est une donnée intéressante qui indique la date à laquelle le mot a été
attesté pour la première fois, dans un texte français. Elle est déduite à partir de
dépouillement des textes écrits anciens.
• Elle peut être plus ou moins précise et varier d’un dictionnaire à un autre (av. 1200,
v. 1200).
• L’étymon est le mot attesté ou reconstitué qui sert de base à l'étymologie de
l’entrée. C’est la forme ancienne qu’avait théoriquement le mot dans la langue-source
avant d’être introduit en français. Cette forme peut provenir du latin (aimer de amare),
du grec (église de ekklêsia), de l’allemand (choucroute de Sauerkraut), de l’espagnol
(cédille de cedilla), de l’italien (banqueroute de banca rotta), de l’anglais (redingote
riding-coat), de l’arabe (assassin de hachchâchi, fumeur de hachisch)…
• L’histoire du mot, quant à elle, indique les différentes formes de variantes
historiques qu’a connues le mot au fil de son évolution. Elle est présente de façon
drue dans le dictionnaire étymologique et historique, mais indiquée
fragmentairement dans les dictionnaires de langue.
EX. ASSENER dans le PR (2019) et DHLF (2012)
ASSÉNER [asene] v. tr. (6)− milieu XIIe s.◊ de l’ancien français sen « direction dans laquelle on marche, raison,
intelligence », du germanique sinnõ ■ on écrit aussi assener [asene] (5)
LE PR(2019)
ASSENER v. tr. Ce verbe qu'il faut en principe écrire sans accent aigu, est dérivé (v. 1138) de a- et de
l'ancien français sen « direction de la marche » (av. 1150) et « raison » (déb. XIIe s.), mot différent de
sens (latin sensus) et correspondant au latin populaire sinnum. Sen peut venir de deux origines : soit
d'un étymon germanique occidental °sinno (Cf. gotique, ancien haut allemand sinnan «voyager») [→
forcené], d'une racine indoeuropéenne sent- « prendre la direction de» et « ressentir» (d'où le latin
sentire ; l'allemand Sinn), soit du latin signum (→ seing, signe).
■Assener (asener, v. 1138) signifierait donc primitivement « diriger (un coup) vers, sur...» et
secondairement (XIIIe s.) «donner (un coup)» et «frapper». La valeur première est confirmée en ancien
français par assener a... (1155) arriver à (un lieu vers lequel on se dirigeait)». Un autre sens, apparu vers
la fin du XIIe s., est «fixer (une possession) par un partage, une affectation», qui correspond au latin
assignare ( →assigner); cet emploi a disparu en français classique.
■ Dans l'usage moderne, assener correspond à «donner avec force (un coup)» et figurément (av. 1592,
Montaigne ; rare avant le XIXe s.) « adresser avec force et hostilité» (assener à qqn des injures, une
réplique...).
DHLF (2012)
2. Les marques
• Les marques précèdent la définition dont elles se distinguent par une
typographie appropriée ; elles ont pour fonction de donner les
conditions d’emploi des mots, sens et locutions. À cet effet, chaque
dictionnaire les présente dans la liste des abréviations au début
d’ouvrage. On peut distinguer :
1. Les marques d’usage
2. Les marques de domaine
3. Les marques sémantiques
4. Les marques syntaxiques
2.1 Les marques d’usage

• Les marques d’usage renseignent sur les conditions d’emploi du mot


dans le temps, dans l’espace et selon les différents niveaux de langue.
Ainsi, on peut avoir :
a. Les marques diachroniques
b. Les marques diatopiques
c. Les marques diaphasiques ou diastratiques
a. Les marques diachroniques selon le PR (2019)
Rôles Abrév.. Sens
Situer la MOD. Moderne : insiste sur le fait qu’un sens, un emploi est d’usage actuel.
variation VIEILLI Mot, sens ou expression encore compréhensible de nos jours, mais qui
par ne s’emploie plus dans la langue parlée courante.
rapport VX vieux : un mot qui ne s’utilise plus.
au temps
ANCIENNT Anciennement : présente un mot ou un sens courant qui désigne une
chose du passé disparue.
NÉOL. Néologisme : mot nouveau relevé ou entendu depuis peu de temps.
RARE Mot qui, dans son usage particulier (il peut être didactique, technique,
etc.) n’est employé qu’exceptionnellement.
INUS. Inusité : emploi qui est extrêmement rare, ou non attesté hors des
dictionnaires.
b. Les marques diatopiques selon le PR (2019)

Rôles Abrév.. Sens


Situer la RÉGION. Régional : mot ou emploi particulier au français parlé dans
variation une ou plusieurs régions [France ou pays francophone], mais
par qui n’est pas d’usage général ou qui est senti comme propre à
rapport à une région.
l’espace
RÉGION. (Suisse) votation : consultation populaire

RÉGION. (Canada) votation : consultation populaire


RÉGION. (Belgique) brosse : balai

RÉGION. (Nord) bistouille : café mêlé d’alcool


c. Les marques diaphasiques selon le PR (2019)
Rôles Abrév.. Sens
Renvoyer aux COUR. Courant : insiste sur le fait qu’un sens, un emploi est connu et employé de tous.
registres de
langue et aux FAM. Familier : usage parlé et même écrit de la langue quotidienne (conversation, etc.), mais
variations qui ne s’emploierait pas dans les circonstances solennelles ; concerne la situation de
socioculturelles communication et non l’appartenance sociale, à la différence de POP.
POP. Populaire: qualifie un mot ou un sens courant dans la langue parlée des milieux
populaires qui ne s’emploierait pas dans un milieu social élevé.
LITTÉR. Littéraire : désigne un mot qui s’emploie surtout dans la langue écrite élégante.
POÉT. Poétique : mot de la langue littéraire utilisé seulement en poésie.
PÉJ. Péjoratif : employé avec mépris, en mauvaise part, sans que le sens l’indique
expressément.
VULG. Vulgaire : mot, sens ou emploi choquant, le plus souvent lié à la sexualité et à la
violence, qu’on ne peut employer dans un discours soucieux de courtoisie, quelle que
soit l’origine sociale.
2.2 Les marques de domaine
• Les marques de domaine renvoient au lexique de spécialité relatif à un domaine du
savoir ou à un secteur d’activité.
Ex. agric. (terme d’agriculture), archéol. (archéologie), chim. (chimie), équit. (équitation), géol.
(géologie), gramm. (grammaire), ling. (linguistique)…
• Le PR (2019) CHAÎNE
I suite d’anneaux entrelacés A. Objet ■ 3 MÉCAN. Suite d’éléments métalliques
(anneaux) B. moyen facteur de dépendance ■ 1 ce dispositif pour attacher une
personne ou un animal −LITTÉR. La chaîne, les chaînes : la peine des galères, le bagne.
II objet (concret ou abstrait) composé d’éléments successifs solidement liés ■
3 GÉOL. Chaîne des sols : série des sols étagés du haut en bas d’une pente. 6 ANAT.
Succession d’éléments anatomiques ■ 7 CHIM. Molécule ou partie de molécule
organique composée d’atomes de carbone liés…
2.3 Les marques sémantiques

• Les marques sémantiques (nommées également marqueurs ou


indicateurs sémantiques) décrivent les liens qui unissent le sens propre
des mots aux sens dérivés obtenus par figure (changement de sens
selon le mécanisme des tropes). Il s’agit de classer les différentes
acceptions du mot polysémique, en partant du sens propre supposé
comme initial, vers d’autres sens qui en dérivent.
• Ce passage se traduit dans l’article par des indicateurs sémantiques.
Les marques Sens Exemples
sémantiques
PROPRT Désigne le sens premier d’un
(PROPREMENT) mot d’où est issu un mot
français
FIG. (Figuré) Sens issu d’une image : PR Avalanche : 1 Masse de neige qui se
Relation : concret>abstrait détache d’une montagne. ♦ Par métaph. Tas
croulant « Des avalanches de légumes » Flaubert 2
PAR MÉTAPH. Comparaison implicite Fig. grande quantité (de choses désagréables
intermédiaire entre le propre et qui arrivent). Une avalanche d’injures, de coups.
le figuré
PAR ANAL. Qualifie le sens d’un mot issu CHANDELLE 1 Appareil d’éclairage formé
du sens précédent par une d’une mèche tressée enveloppé de suif.
comparaison implicite (analogie ►bougie, flambeau. 4 (1578 ◊ PAR ANAL. de
de forme, de couleur) forme) FAM. Morve qui coule d’une narine.
Relation concret> concret
Les marques Sens Exemples
sémantiques
PAR MÉTON. Introduit un emploi issu d’un TOIT > ■ 2. (XIVe) PAR MÉTON. Maison,
autre emploi par cette figure. abri où l’on peut vivre. (posséder un toit)
VERRE (contenant) > contenu (thé) (boire
un verre).
PAR EXT. Qui présente un sens plus ABORDER ■ 1 MAR. Se mettre bord à bord
large ; qui s’applique à de avec un navire. PAR EXT.► accoster (aller
plus nombreux objets côte à côte)
PAR RESTR. (OU Dans un sens plus étroit, CABINET I Petite pièce située à l’écart
SPÉCIALT) moins étendu (s’oppose à 4 SPÉCIALT. (1960) Cabinet d’aisances
PAR EXT. )
NB: les marques par ext., et spécialt. peuvent exprimer le passage du lexique général aux
lexiques de spécialité et inversement.
2.4 Les marques syntaxiques (marqueurs ou indicateurs
syntaxiques)
• Les marques syntaxiques présentent l’emploi du mot en relation avec son sens, tout en
précisant sa catégorie grammaticale et sa distribution dans la phrase (environnement
sémantico-syntaxique du mot).
Ex. (PR 2019)
• PAUVRE : I ADJ. A. (après le nom) Qui a des ressources insuffisantes. 1 (Personnes) qui manque de
nécessaire[…] 2. (choses) qui annonce la pauvreté[…] B. (avant le nom) Qui fait pitié…
• SOLLICITER v. tr. (1) ■ SOLLICITER QQN : Prier (qqn), faire appel à lui de façon pressante, en vue d’obtenir
qqch. ♦ SOLLICITER QQCH. DE QQN : demander (qqch.) dans les formes, comme le veut l’usage quand on
s’adresse à une autorité ou à qqn d’influent.
EX. (DFC 1971) le verbe trancher est enregistré en trois homonymes (dégroupement des entrées)
1. trancher v. tr. Couper en séparant d’un seul coup…
2. trancher v. tr. Trancher une question, une difficulté, les résoudre en prenant rapidement une décision ♦ v. intr.
ou tr. ind. 1. (sujet nom de personne) trancher de sur qqch, en décider de manière catégorique.
3. trancher v. tr. et intr. (sujet nom de chose) trancher sur, avec qqch former un contraste, une vive opposition.
La définition
• De par sa visée principale, le dictionnaire sert généralement à résoudre un problème
de sens, en donnant une définition du mot. Une telle définition apparait souvent sous
forme d’une périphrase, dont les éléments sont appelés les définissants (ou
définisseurs) et qui vise à restituer le signifié du mot entrée (le défini) et à décrire les
propriétés pertinentes du référent.
• La définition idéale devrait exprimer le défini et rien que le défini : elle doit recourir à
une métalangue claire et compréhensible, de telle façon à expliciter le sens du mot
supposé inconnu.
• Elle devrait remplir le principe pédagogique selon lequel les définisseurs doivent être
plus connus que le défini.
La définition
• Le plus souvent, le mot est polysémique.
• Se pose le problème de la hiérarchisation et de l’ordre des acceptions. Cette
structure peut être :
1. arborescente, lorsque le mot présente plusieurs acceptions. Il s’agit d’établir
une hiérarchie qui se manifeste par l’emploi des chiffres romains pour le
premier niveau de subdivision et des lettres ou des chiffres arabes pour le
deuxième niveau ;
2. linéaire, si le mot se limite à un seul niveau d’acceptions, matérialisées par des
chiffres arabes.
La définition
• Un autre problème a trait au classement des sens. Selon les orientations
méthodologiques des dictionnaires, plusieurs plans sont de mise :
1. Le plan historique présente les sens selon leur date d’apparition. Il
se manifeste par des marques diachroniques (vieilli s’opposant à
mod.) ou des datations qui sont intégrées aux définitions
Ex. le Lexis (1992)
2. fulgurant adj. 1. (1488) Qui se produit très rapidement…−2. (1845). Se dit
de ce qui jette une lueur vive et rapide. −3. (v.1900) se dit de choses qui
frappent vivement l’esprit, l’imagination.
2. Le plan logique

• Le plan logique classe les acceptions suivant le lien qui unit le sens
propre aux sens dérivés. Il retrace un enchaînement sémantique en
partant du premier sens, supposé initial vers d’autres plus éloignés.
Ex. TIGE dans le PR (2019)
I ■1 Partie allongée des plantes…
II FIG. tige de l’arbre généalogique : personne dont sont issues les branches d’une
famille…
3. Le plan fréquentiel

• Le plan fréquentiel ordonne les sens selon la fréquence, en


commençant par l’acception la plus fréquente, jusqu’à la moins connue.
Ce plan est adopté dans les dictionnaires d’apprentissage et les
dictionnaires encyclopédiques.
Ex. l’article toilette dans le DFC
1. toilette [twalɛt] n. f. 1° Ensemble des soins de propreté des corps : faire sa toilette
(syn. : ablutions). 2° L’habillement et la parure, en parlant d’une femme : Aimer la
toilette. 3° Costume féminin : elle a toujours de nouvelles toilettes. Une toilette élégante.
4. Le plan syntaxique
• Le plan syntaxique classe les acceptions selon les types d’emplois indiqués par la
catégorie syntaxique.
Ex. le verbe affecter dans le DFC (1971)
2. affecter [afɛkte] v. tr. 1° (sujet nom de personne) Affecter un sentiment, ou plus
rarement une conduite, une manière d’être, faire paraître des sentiments que l’on éprouve
pas ; se conduire d’une manière qui n’est pas conforme à sa nature ou à sa situation réelle :
il affecte une joie dont l’exagération cache mal le caractère hypocrite (syn. Afficher)− (sujet
nom de chose) Affecter une forme (+adj. ou compl. du nom), avoir telle ou telle forme :
La capsule de la fusée affecte la forme sphérique (ou la forme d’une sphère).
• Dans le même article, plusieurs plans peuvent se mêler.
Conclusion
• La présentation des différents sens obéit à des règles typographiques
propres à chaque type de dictionnaires, permettant de faciliter la
consultation et la recherche des informations qui y figurent.
• Le lexicographe fait usage d’un classement des sens en respectant un
ordre logique :
• Du général vers le particulier
• Du concret vers l’abstrait
• Du sens propre vers le sens figuré
• Du sens neutre vers le sens marqué idéologiquement.
II. Exercice (1)

Objectifs
• Permettre aux étudiants de lire intelligemment l’article du dictionnaire, en vue d’en
déterminer l’architecture générale.
• Décrire le programme d’information sur le signe.
• Identifier facilement les différentes informations contenues dans l’article pour
reconnaître la fonction de chacune.
Consignes
• Relevez toutes les informations que donne l’article du dictionnaire le PR (2019).
(Veuillez remplir le tableau ci-dessous).
Analyse de la microstructure
Les informations Les commentaires nécessaires
Le bloc- La graphie
entrée La transcription
Les informations grammaticales
Les informations étymologiques
La/les Structure (hiérarchie des sens)
définition(s) Plan (classement des sens)
Les Les marques d’usage
marques Les marques sémantiques
Les marques de domaine
Les marques syntaxiques
II. Exercice (2)

Consignes
• Étudiez la microstructure des trois dictionnaires suivants : le PR (2019),
le DFC (1971) et le PLI (2010).
• Déterminez le(s) type(s) de plan adopté par chaque dictionnaire.
MODULE:
LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
V- L’ORGANISATION DES DICTIONNAIRES
INTRODUCTION (la double structure du dictionnaire)
I. La microstructure du dictionnaire : Description du contenu de l’article
1. Le bloc-entrée
2. Les marques
3. La/les définition(s) hiérarchisée(s)
4. Les exemples
5. Les unités phraséologiques
6. Les relations lexicales (les renvois)
7. Les développements encyclopédiques
II. Exercices pratiques: Les informations contenues dans l’article du dictionnaire de
langue : étude comparative du Lexis, du DFC et du PR.
La double structure d’un dictionnaire

La microstructure :
La macrostructure: l’organisation interne de
l’organisation de la l’article
nomenclature

Aspect formel :
regroupement ou Aspect sémantique :
dégroupement traitement homonymique
morphologique ou polysémique

Critères étymologique, sémantique, morphologique et syntaxique


-Graphie
-Phonie
1. Le bloc-entrée -Informations
grammaticales et
étymologiques

-Les marques d’usage


La microstructure : -Les marques de domaine
l’organisation interne de 2. Les marques -Les marques sémantiques
l’article -Les marques syntaxiques

-Structure arborescente
ou linéaire
3. Les définitions -Les plans historique,
logique, fréquentiel,
syntaxique
4. Les exemples
• Dans un dictionnaire de langue, l’exemple est au même titre que la définition : il peut la
remplacer en illustrant le sens par un contexte qui interdit toute autre interprétation.
• La définition peut être floue et ne spécifie pas le sens du mot de façon précise.
• Composante essentielle de la microstructure, l’exemple se caractérise par deux traits :
• il contient le mot-entrée ;
• il se distingue typographiquement de la définition (en italique).
Ex. l’article toilette dans le DFC
1. toilette [twalɛt] n. f. 1° Ensemble des soins de propreté des corps : Faire sa toilette
(syn. : ablutions). 2° L’habillement et la parure, en parlant d’une femme : Aimer la
toilette. 3° Costume féminin : Elle a toujours de nouvelles toilettes. Une toilette élégante.
4.1 Le rôle des exemples
• Il complète le sens évoqué dans les définitions.
• Il présente les différents emplois de l’entrée dans le discours (renseigner sur sa
distribution dans la phrase).
• Il renvoie au signe linguistique, mais peut aussi fournir des renseignements d’ordre
encyclopédiques de façon déguisée.
(DFC) 2. éclater [eklate] v. intr. 1° (sujet nom de chose) Produire un bruit subit et violent : Une fanfare
de trompes de chasse éclata près de lui. - 2° (sujet nom de chose) Se manifester avec force, avec intensité,
avec évidence : Le scandale a éclaté par sa faute. Sa bonne foi éclate dans tous ses propos. - 3° (sujet nom de
personne) Ne plus pouvoir contenir ses sentiments, en particulier sa colère : Il éclata soudain contre son
entourage (syn.: FULMINER). Eclater en reproches, en invectives (syn. : SE RÉPANDRE) - 4° Eclater de rire, être
soudain pris d'un accès de rire bruyant.
4.2 Les types d’exemples
• Il existe deux types d’exemples :
1. L’exemple forgé (construit) est fabriqué par le lexicographe.
2. L’exemple cité (signé) est tiré de sources diverses (ouvres littéraires,
écrits scientifiques ou techniques, articles de presses, dialogues de
films…).
• Si le PR, le Lexis, le GR et le GLLF font recours aux deux types
d’exemples, le DFC, le PLI et le dictionnaire Hachette ne présentent que
des exemples forgés.
• Les exemples signés sont plus longs que les exemples forgés. Il sont
toujours mis entre guillemets et suivi du nom de son auteur et parfois du
nom de l’ouvrage et de la date de son édition.
Ex. (le PR 2019) DISLOCATION ■ 2 Le fait de se disloquer ; disjonction, séparation
violente. Dislocation des pièces d'une machine. GÉOL. « Les dislocations peuvent être des
ploiements de couches sans cassure, ou bien il peut y avoir cassure et déplacement. Dans le premier cas
on parle de plissements, dans le second, de failles » MARTONNE.
4.3 Formes d’exemples
• Vu des contraintes de taille du dictionnaire, le recours aux exemples forgés
devient une nécessité. On peut rencontrer :
1. Des syntagmes plus ou moins figés.
2. Des phrases plus ou moins figées.
Le DFC (1971)
moutarde [mutard] n. f. 1º Assaisonnement fait avec la graine broyée de la plante
appelée moutarde et de l'eau, du vinaigre, des aromates : La moutarde de Dijon. Un
sandwich à la moutarde. Un pot de moutarde. -2° Cataplasme à la moutarde, fait avec des
graines de la plante dite moutarde noire. 3° La moutarde lui monte au nez, il commence à
se mettre en colère. ♦ adj. invar. Jaune verdâtre : Une jupe moutarde.
4.4 Les fonctions d’exemples

1. Fonctions linguistiques (les informations linguistiques sont de natures diverses) :


a. Informations morphologiques et syntaxiques
• Présenter les marques flexionnelles du mot-entrée.
• Donner des constructions syntaxiques fréquentes. (distribution de l’entrée dans la phrase)
b. Informations sémantiques (la compréhension du sens du mot-entrée)
• Compléter la définition du mot-vedette.
• Donner une définition de l’entrée. (l’exemple définitionnel)
• Illustrer des emplois figurés, des connotations…
2. Fonctions extralinguistiques (tenir un discours sur le monde)
• Contenu encyclopédique (description du référent).
CÉRAMIQUE II n. f. 1. Art du potier. Bernard Palissy fut l’un des créateurs de la céramique en France. (Le PR2019)
5. Les unités phraséologiques
• Les unités phraséologiques sont des unités polylexicales supérieures au
mot et doivent être distinguées de combinaisons libres.
• Il y a un continuum entre les unités libres et les unités figées (collocation,
locution, mot composé, proverbe, expression figée…)
• Comme les exemples libres, elles apparaissent en italique et sont
précédées par des marques comme : loc., prov., expr…
Ex.
Le lexis (1992) POIL loc. adj. fam. à poil, nu : être complètement à poil. ♦ contre-poil (à) loc. adv
dans le sens contraire à celui du poil : Étriller un cheval à contre-poil.
Le PR (2019) ■ loc. et prov. La nuit tous les chats sont gris : on confond les personnes, les choses
dans l’obscurité.− Quand le chat n’est pas là, les souris dansent : les subordonnées s’émancipent quand
les supérieurs sont absents….
6. Les relations lexicales
• Dans la microstructure, les relations lexicales sont présentées sous forme de
renvois. Ceux-ci sont des indications qui permettent au chercheur de se référer à
une autre entrée dans le dictionnaire.
• Les renvois désignent à la fois le procédé et l’entrée à laquelle on renvoie. Celle-ci
permet d’établir une relation formelle ou sémantique.
• Selon le type de chaque dictionnaire, le procédé est signalé soit par une flèche (→,
►), un astérisque* ou la lettre v (voir).
• Leur intérêt est de corriger les inconvénients du classement alphabétique, en
assurant des relations entre les articles. Ces relations sont de deux sortes :
6.1 Les relations formelles (paronymie et homonymie)
6.2 Les relations sémantiques (synonymie, antonymie, hyponymie, hyperonymie et méronymie)
6.1 Les relations formelles : la paronymie

• Les paronymes sont les mots qui présentent une ressemblance


formelle, de telle sorte qu’ils sont susceptibles d’être confondus.
• Ils sont présentés dans un dictionnaire de difficultés, mais pas dans
un dictionnaire de langue.
Ex. (dictionnaire Robert d’orthographe (2002) gradation n.f. (montée ou
descente progressive) ♦ ne pas confondre avec graduation (division en
degré ou en une autre unité).
(Conserver et converser, précepteur et percepteur, conjoncture et
conjecture…)
6.1 Les relations formelles : l’homonymie

• Quant aux homonymes, ils ont leur place dans un dictionnaire de


langue, ils sont signalés par le renvoi (HOM.)
Ex. à la fin de l’article du PR (2019), on trouve pour l’entrée CHER ■ HOM. Chair,
chaire, cheire, chère.
• Le traitement des homonymes dépend du choix du lexicographe. Ils
peuvent être regroupés ou dégroupés (se succéder dans la
nomenclature).
Ex. (le PR 2019) 1. CAR (conjonction de coordination)
2. CAR (abrév. d’autocar)
6.2 Les relations sémantiques

• Les relations sémantiques structurent le lexique sur le plan


paradigmatique. Elles sont de deux types :
a. Les relations d’équivalence et d’opposition renvoient à des unités de
même rang (les synonymes et les antonymes).
b. Les relations de hiérarchie et d’inclusion concernent les unités qui n’ont
pas le même rang (les hyperonymes, les hyponymes et les méronymes)
• Dans le dictionnaire Robert, les relations sémantiques sont traitées dans
le cadre des rapports analogiques.
a. Les relations d’équivalence et d’opposition
• La synonymie est une relation d’équivalence sémantique entre deux ou plusieurs
mots dont la forme diffère (le même signifié, mais des signifiants différents). Elle
s’oppose à l’homonymie (même signifiant, mais des signifiés différents)
• La synonymie n’est pas une identité de sens, car il n’existe pas de synonymes parfaits.
(sauf dans le domaine scientifique)
• L’antonymie est une relation d’opposition sémantique reliant des termes de sens
contraire.
Ex. (le PR2019) CHER ■ 1. Qui est d’un prix élevé. ► coûteux onéreux. ■ CONTR. Désagréable,
détestable, insignifiant, négligeable, odieux. Gratuit, marché (bon marché). (signalé à la fin de
l’article)
(le DFC 1971) Cher 1° D’un prix élevé : Un tissu cher… (syn. : COÛTEUX, ONÉREUX, DISPENDIEUX ; ↑
RUINEUX, HORS DE PRIX ; contr. : BON MARCHÉ, ÉCONOMIQUE, AVANTAGEUX). (signalé au milieu de l’article)
b. Les relations de hiérarchie et d’inclusion

• L’ hyperonymie met en relation un terme général, appelé hyperonyme avec un


autre plus spécifique nommé hyponyme ; l’hyponymie, au contraire, unit un mot
spécifique à un mot plus général. (Ex. le sapin est hyponyme de l’arbre, son
hyperonyme)
• Ces rapports sont exploités dans les définitions lexicographiques.
• La méronymie est une relation hiérarchique entre la partie (le méronyme) et le
tout correspondant (l’holonyme) (poignée/porte, bras/corps, ongle/doigt…)
arbre (dictionnaire Larousse analogique (1984))
Parties des arbres. Pied/Tige. Tronc. Fût…
7. Les développements encyclopédiques
• Ce type de développement est ajouté à la fin de l’article, dans de gros dictionnaires
qui proposent, au-delà de la description des différents sens de mot, des encadrés sous
forme de synthèses explicatives, pour répondre à la curiosité du chercheur sur des
sujets variés.
(Le PLI 2010) Ex. CIRQUE n.m. (lat. circus). 1. Enceinte à gradins où se disputaient les courses de
char, les combats de gladiateurs, dans la Rome antique ; arène. 2. Enceinte circulaire où se donnent
des spectacles équestres, acrobatiques, etc. ; entreprise qui assure ce spectacle.
■ Le créateur du cirque est l'Anglais Philip Astley (1742- 1814), qui ouvrit une succursale à Paris dès
1783. Le Vénitien Antonio Franconi (1737 - 1836) et ses fils prirent sa suite à la Révolution. On doit
à Louis Dejean (1792 - 1870) la construction du cirque Napoléon, l'actuel cirque d'Hiver, inauguré en
1852 et dirigé depuis 1934 par la famille Bouglione…
Analyse de la microstructure
Les informations Les développements nécessaires
Le bloc- La graphie
entrée La transcription
Les informations grammaticales
Les informations étymologiques
La/les Structure (hiérarchie des sens)
définition(s) Plan (classement des sens)
Les Les marques d’usage
marques Les marques sémantiques
Les marques de domaine
Les marques syntaxiques
Objectif : décrire le programme d’information sur le signe linguistique.
Consigne : relevez toutes les informations que donne l’article du dictionnaire

Les informations Les développements nécessaires


Les exemples Types d’exemples Exemple forgé/ Exemple cité

Formes d’exemples Syntagmes ou phrases


Libres ou figés
Fonctions d’exemples Informations linguistiques ou encyclopédiques

Les relations Types de relations Relations formelles : paronymie ou homonymie


lexicales
Relations sémantiques : synonymie, antonymie,
hyponymie, hyperonymie, méronymie
Les développements encyclopédiques
MODULE:
LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
VI- LA DÉFINITION LEXICOGRAPHIQUE
I- Les caractéristiques de la définition lexicographique
II- Les types de définitions lexicographiques
1. La définition référentielle
2. La définition nominale
3. La définition morphosémantique ou relationnelle
4. La définition approximative
5. La définition méronymique/ holonymique
6. La définition métalinguistique
7. La définition logique : traitement de l’hyperonymie et de l’hyponymie.
III- La circularité de la définition lexicographique
IV- Exercices
INTRODUCTION
• Parmi les constituants essentiels de l’article : la définition et l’exemple.
• Emprunté au latin definire, le verbe définir désigne étymologiquement
« délimiter », « déterminer » et « fixer », en posant les limites afin de comprendre le
sens d’un mot.
• Selon le PR (2019), la définition est une « formule qui donne le sens d’une unité du
lexique (mot, expression) et lui est à peu près synonyme. »
• Il n’est pas toujours évident d’énumérer tous les sens d’un mot dans le même
article, vu le problème de la polysémie.
I. Les caractéristiques de la définition lexicographique
• Sur le plan syntaxique, la définition prend la forme d’une proposition
attributive, mettant un rapport d’équivalence entre le mot à définir (l’entrée)
avec le métalangage définissant (les définisseurs). Celui-ci peut être soit un mot
unique ou une périphrase définitoire (pas forcément une phrase complète).
• Hormis les définitions métalinguistiques, la définition lexicographique doit
généralement remplacer le mot-entrée, c’est-à-dire être de la même nature
grammaticale que le mot défini (on définit souvent un N par un autre N ou un
SN, un V par un autre V ou un SV…)
Ex. (le PR 2019) DUEL n. m. combat entre deux adversaires armés.
DISPOSÉ, ÉE adj. arrangé, placé.
DISPOSER v. tr. dir. Arranger, mettre dans un certain ordre.
• La définition lexicographique peut porter sur le signe linguistique, en se
limitant à décrire les traits inhérents au mot défini, c’est le type de
définition qu’on trouve généralement dans un dictionnaire de langue;
comme elle peut fournir aussi des informations extralinguistiques
renvoyant au référent, notamment dans les dictionnaires
encyclopédiques. (visée référentielle)
Ex. (DFC 1971) 1. faisan n.m. gros oiseau au plumage de couleurs vives,
possédant une longue queue, et qui constitue un gibier recherché.
(PLI 2010) faisan n.m. oiseau gallinacé originaire d’Asie, à plumage éclatant chez
le mâle, à chair estimée, dont l’espèce dite faisan de Colchide a été introduite comme
gibier dans toute l’Europe et en Amérique du Nord.
La place de la définition
• Les définitions lexicographiques précèdent généralement les exemples
dans la microstructure dans un dictionnaire.
(DFC 1971) intégrer v. tr. Faire entrer dans un ensemble, dans un groupe plus
vaste : Intégrer les nouveaux apports de la science dans l’enseignement.
• Mais, cet ordre n’est pas toujours respecté, car on peut avoir l’exemple
en premier lieu, suivi d’une glose définitionnelle.
(DFC 1971) insulter v. tr. Insulter quelqu’un, l’offenser par des actes méprisants et
surtout par des paroles injurieuses.
II- Les types de définitions lexicographiques
• Depuis l’antiquité, Aristote se souciait de spécifier ce que c’est la
définition. Pour lui, définir consiste à « poser l’objet dans son genre et alors
seulement y rattacher les différences. » Topiques, VI,1

• Les principaux types de définitions sont : la définition logique ou par


inclusion, la définition référentielle, la définition nominale, la définition
morphosémantique ou relationnelle, la définition approximative, la
définition méronymique/ holonymique et la définition métalinguistique.
1. La définition logique ou hyperonymique (par inclusion)
• Basé sur la conception aristotélicienne, ce type de définition donne tout d’abord des
informations sur le genre (l’incluant), c’est-à-dire la classe générale à laquelle appartient le
mot à définir, puis spécifie le(s) trait(s) qui le distingue(nt) des autres espèces appartenant au
même genre.
Ex. OREILLE : organe de l’ouïe […]
AGUICHER : provoquer par diverses agaceries
CONGRE n. m. Poisson marin gris-bleu foncé, très vorace, appelé aussi anguille de mer, qui vit dans les
creux des rochers. (long. 2 à 3 m ; genre Conger, famille des congridés.)
• Le choix du genre ou de l’incluant peut varier d’un dictionnaire à un autre. (genre éloigné ou
genre prochain)
Ex. (le PR 2019) TABLE n. f. Objet formé essentiellement d’une surface plane horizontale, généralement
supportée par un pied, des pieds, sur lequel on peut poser des objets.
(le PLI 2010) TABLE n. f. Meuble composé d’un plateau horizontal posé sur un ou plusieurs pieds.
• En associant l’ensemble des traits linguistiques qui renvoient aux propriétés du mot-
entrée, on peut faire une analyse du sens lexical exprimé par la définition (l’analyse
sémique ou componentielle). Ainsi, le sens du mot, tel qu’il est défini dans le
dictionnaire, est composé d’un ensemble de traits distinctifs. (sémème =
sème1+sème2+sème3…) [sème générique + sème(s) spécifique(s)]
• Pour définir le sémème fille, on aura besoin d’un sème /+humain/, /-mâle/, /-
adulte/
(DFC 1971) 3. Fille n.f. Personne du sexe féminin qui n’est pas mariée, ou qui est vierge.
• Notons que le nombre de traits retenus pour définir le mot varie d’un dictionnaire à
un autre.
Ex. (le PLI 2010) CHAISE n.f. Siège à dossier, sans bras.
(le PR 2019) CHAISE n.f. Siège à pieds, à dossier, sans bras, pour une seule personne.
a. La définition logique peut être hypospécifique, si le nombre des traits spécifiques
énumérés par le lexicographe est insuffisant.
Ex. (DFC 1971) 2. combinaison 1° sous-vêtement féminin (les sous-vêtements féminins sont
nombreux)
b. Elle est suffisante, lorsque les traits cités sont nécessaires et permettent de
spécifier le sens du mot de façon précise.
Ex. (le PR 2019) CHAMEAU 1 Grand mammifère ongulé (camélidés) à une ou deux bosses dorsales,
à pelage laineux.
c. Elle est hyperspécifique quand le lexicographe cite un nombre élevé de traits non
nécessaires qui dépassent le cadre de la description linguistique, pour aborder des
informations encyclopédiques.
Ex. (PLI 2010) chameau 1. a. Mammifère ruminant d’Asie centrale, à deux bosses graisseuses sur le
dos, adapté à la vie dans les régions arides, où il sert de monture et d’animal de trait.
2. La définition morphosémantique ou relationnelle
• Comme son nom l’indique, cette définition renvoie aux propriétés morphologiques
de l’entrée, car elle s’applique aux mots dérivés ou aux mots composés. Le sens de
ces mots est prédictible, car il peut être déduit des composants ou de la forme de
base. En voici quelques exemples qui illustrent ce type :
1. Mots dérivés
Ex. (DFC 1971) ralentir v. tr. Rendre plus lent.
Parfaitement adv. d’une manière parfaite.
Applicable : qui est susceptible d’être appliqué.
2. Mots composés
Porte-bagages n. mas. Inv. : Dispositif accessoire d’un véhicule, destiné à recevoir les bagages.
3. La définition métalinguistique
• Ce type de définition décrit le signe lui-même en faisant usage d’un métalangage comme :
surnom donné à, nom générique donné à, sert à, se dit de, s’emploie quand, est utilisé pour, etc. Elle se
caractérise par deux traits :
• La présence dans la définition d’une copule explicite (autre que le verbe être).
Ex. maniaque adj. et N. : se dit de qqn qui a une idée fixe, bizarre ou perverse.
• L’apparition d’un incluant métalinguistique.
Ex. cuillerée loc. Une cuillerée pour papa, une cuillerée pour maman : formule d’encouragement à manger,
adressée aux jeunes enfants)
• Ce qui caractérise ce type de définitions, c’est qu’elles ne sont pas substituables au mot
défini. C’est pourquoi elles sont utilisées pour définir les mots grammaticaux qui ne
présentent pas des possibilités de permutation entre le mot et sa définition.
Ex. sur : marque la position en haut par rapport à ce qui est en bas.
Ce stylo se trouve sur la table ; on ne peut pas dire : *ce stylo se trouve marque la position en haut par
rapport à ce qui est en bas sur la table
4. La définition méronymique/ holonymique

• Sont classées sous cette catégorie les définitions qui concernent des
relations entre la partie et le tout correspondant. La méronymie renvoie à
la partie ; alors que la holonymie désigne le tout. Ainsi, on trouve des
définisseurs comme : partie de, pièce de, morceau de, chacun (e) de, ensemble de…
Ex. (PR 2019) ENCOLURE : partie du corps du cheval (et de certains animaux) qui
s’étend entre la tête, le garrot, les épaules et le poitrail.
(DFC 1971) 4. Pièce n. f. Morceau de métal plat servant de monnaie.
Chevelure n. f. Ensemble des cheveux d’une personne.
5. La définition nominale (synonymique et antonymique)
• Cette définition présente une équivalence sémantique qui peut être un synonyme ou un antonyme
correspondant au mot vedette.
Ex. (PR 2019) FALZAR : fam. Pantalon (PLI 2010) FALZAR n.m. Arg. Pantalon
(DAF) TORDANT, E adj. fam. Drôle, amusant.
• La définition par antonymie est généralement utilisée pour définir les dérivés négatifs.
( PR 2019) Ex. impolitesse n. f. manque de politesse.
Inintelligent adj. qui n’est pas intelligent.
(N.B. On peut parler aussi de définitions morphosémantiques d’opposition.)
• Le défaut majeur de ce type est la circularité, c’est-à-dire quand les définitions renvoient l’une à
l’autre.
Ex. (PR 2019) Moquer : railler Railler : se moquer de
6. La définition référentielle
• La définition référentielle est relative au noms propres (de
personnes, de lieux, d’institutions…)
• On trouve ce type de définition dans un dictionnaire
encyclopédique, mais pas dans un dictionnaire de langue.
Ex. (PLI 2010) CURIE (Marie) physicienne française d’origine polonaise…
LOGONE n.m. rivière d’Afrique.
ACADÉMIE FRANÇAISE l’une des cinq compagnies de l’Institut de France.
7. La définition approximative

• Le lexicographe fait recours à la définition approximative s’il ne trouve


pas un métalangage adéquat pour définir certains mots qui posent
problème. C’est pourquoi elle est généralement introduite par des
définisseurs comme : sorte de, espèce de, genre de, permettant de faire un
rapprochement entre le défini et les mots définisseurs.
Ex. (DAF) TORCOL n.m. genre d’oiseaux grimpeurs.
APTÉRIX n. m. genre d’oiseaux de la Nouvelle-Zélande, n’ayant que des rudiments
d’ailes, des plumes ressemblant à des soies, et pas de queue.
III- La circularité de la définition lexicographique

• Consulter le dictionnaire pour résoudre un problème de sens, en


proposant une définition de l’entrée. Celle-ci doit utiliser un
métalangage clair et compréhensible visant à décrire le mot défini.
• Le métalangage de la définition doit être plus connu que le mot défini.
• Ce principe n’est pas toujours respecté, surtout pour la définition
nominale (définir un mot par un autre) : les définisseurs sont moins
connus que le mot vedette.
III- La circularité de la définition lexicographique

• Clôture du texte lexicographique est le terme couramment utilisé


pour décrire la circularité des définitions des dictionnaires, c’est-à-dire
que tout mot utilisé dans une définition nécessite lui-même une
recherche dans le dictionnaire pour qu’il soit défini.
Ex. BIGORNE n. f. Petite enclume à deux cornes.

ENCLUME n. f. Masse de fer aciéré, monté sur un billot, sur laquelle on bat les
métaux. ► bigorne
Conclusion
• Faisant appel à une métalangue, les définitions énumérées jusqu’ici
s’attachent pour le mieux à décrire le signifiant en apportant des
informations sur le signifié, de telle sorte que l’utilisateur du
dictionnaire puisse avoir accès au sens du mot.
• Au demeurant, il n’existe pas un type de définition passe-partout qu’il
suffit d’appliquer, pour définir toute unité lexicale. En réalité, les mots
diffèrent de par leur morphologie (mot simple, mot dérivé, mot
composé…) ou leur appartenance à des domaines différents. Le choix
de l’une ou de l’autre définition dépend du type du lecteur auquel le
dictionnaire est destiné.
Exercice 1 : Déterminez le type de chaque définition.

1. BIJOU : 1 Petit objet ouvragé, précieux par la matière ou par le travail et servant à la
parure.
2. BILINGUE adj. Qui est en deux langues
3. BIÈRE n.f. Boisson alcoolique fermentée, faite avec de l’orge germée et aromatisée
avec des fleurs de houblon.
4. LIQUIDE adj. Se dit d’un corps qui coule ou qui tend à couler.
5. BIGNOLE n.f. pop. Concierge (femme).
6. BÉZEF ou BÉSEF adv. fam. beaucoup.
7. BENNE n.f. Sorte de caisse servant au transport de matériaux dans les mines, les
chantiers.
8. PIED n.m. Chez l’homme, partie de l’extrémité de la jambe qui sert à soutenir et à
marcher.
Exercice 1 : Déterminez le type de chaque définition.
9. GAULOISEMENT adv. D’une manière gauloise.
10. GAUDE n.f. 1 bot. Variété de réséda, fournissant une teinture jaune.
11. FOULE n.f. Multitude de personnes rassemblées indistinctement et sans ordre dans
un endroit.
12. SAUSSURE (Ferdinand de) linguiste suisse.
13. IMBUVABLE adj. Qui n’est pas buvable.
14. DÉVOILER v. tr. Enlever le voile de (qqn), ce qui cache (qqch)
15. LIMPIDE adj. Se dit de ce qui est d’une parfaite transparence, de ce qui n’est troublé
par rien.
16. CHAMBRÉE n. f. L’ensemble des personnes qui couchent dans une même chambre.
17. CONTRE-EXEMPLE n.m. Exemple qui illustre le contraire de ce qu’on veut
démontrer, cas particulier qui va à l’encontre d’une thèse.
Exercice 2 : Indiquez les caractéristiques des définitions suivantes
(linguistiques/encyclopédiques) et justifiez votre réponse.
1. espadon n.m. poisson dont la mâchoire supérieure se prolonge en forme
d’épée.
• ESPADON n.m. n.m. poisson des mers chaudes et tempérées, atteignant 6m de
long, à la nage puissante et rapide, à la mâchoire supérieure allongée comme
une lame d’épée.
2. CAPUCINE n.f. Plante ornementale (tropéolacées) à feuilles rondes et à
feuilles jaunes, orangées ou rouges.
• CAPUCINE n.f. Plante ornementale originaire des montagnes d’Amérique du
Sud, à feuilles rondes et à feuilles orangées (famille des tropéolacées).
Exercice 3 : Les définitions suivantes vous semblent-elles complètes,
suffisantes ou insuffisantes ? (Justifiez votre réponse)
• (PR 2019) COSTARD n.m. : fam. costume d’homme.
• (DFC 1971) Chien n.m. Animal domestique dont il existe de nombreuses races ayant diverses
aptitudes: chasse, garde des troupeaux…
• (PLI 2010) DROMADAIRE n.m. mammifère proche du chameau, à une bosse, grand coureur, résistant,
utilisé comme monture et comme bête de somme dans les déserts d’Afrique et d’Arabie.
• (PR 2019) CORTON n.m. Vin renommé de Bourgone.
• (PLI 2010) MUSARAIGNE n. f. Petit Mammifère à museau pointu, très actif et vorace, qui se nourrit de
vers, d’insectes et de grosses proies telles que grenouilles et poissons, qu’il paralyse grâce à sa salive
venimeuse.
• (PR 2019) MUSARAIGNE n. f. Petit Mammifère insectivore (soricidés), de la taille d’une souris.
• (Lexis 1992) MUSARAIGNE n. f. Petit Mammifère insectivore, de la taille d’une souris, à museau pointu,
utile car il détruit un grand nombre de vers, d’insectes, etc. ( Famille des soricidés)
Exercice 4
Les définitions suivantes vous semblent-elles complètes, suffisantes ou insuffisantes?
• (PR 2019) PERSIL n.m. Plante potagère (ombellifères) très aromatique, utilisé comme
condiment.
• (DAF) PERSIL n.m. Plante potagère de la famille des ombelliféracées.
• (PLI 2010) PERSIL n.m. Petite plante herbacée potagère, annuelle ou bisannuelle, utilisée en
garniture et comme condiment dans les préparations culinaires.
• (PR 2019) CORTINAIRE n. m. Champignon à lamelles (basidiomycètes) très répandu dans les
forêts.
• ( Le Lexis 1992) CORTINAIRE n. m. genre de champignons dont une espèce, très rare en
France, est mortellement toxique.
• (PLI 2010) CORTINAIRE n. m. Champignon à lamelles dont le bord du chapeau reste attaché
au pied par une cortine. (Parmi les nombreuses espèces [plus de 500], beaucoup sont
comestibles d’autres, vénéneuses, voire mortelles ; classe des basidiomycètes.)
MODULE:
LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2021-2022
Plan de la présentation
VII- LES CHANGEMENTS DE SENS : LE MÉCANISME DE TROPES
1- Quelques différents types de sens
a. Sens dénotatif vs sens connotatif
b. Sens propre vs sens figuré
c. Sens compositionnel vs sens opaque
d. Sens référentiel, sens symbolique
2- Procédés de transfert sémantique (les tropes)
a. La métaphore
b. La métonymie
c. La synecdoque.
3- Autres procédés de transfert sémantique
4- Exercices
Introduction
• Les changements de sens peuvent être traités de deux manières :
1. En diachronie :
• Présenter l’évolution des acceptions du mot polysémique selon l’ordre de leur apparition (plan
historique).
2. En synchronie :
• Décrire les relations sémantiques entre les différentes acceptions du mot polysémique, en allant
d’un sens propre à un sens dérivé (plan logique).
• Dans ce propos, notre objectif étant d’analyser le plan logique. Il s’agit de décrire les
différentes formes de passages sémantiques d’une acception à une autre.
• Dans un article de dictionnaire, les acceptions d’un mot polysémique sont souvent
signalées par les marques sémantiques de type : proprt, anal., métaph., fig…
1- Quelques différents types de sens
a. Sens dénotatif vs sens connotatif
• Le sens dénotatif renvoie au sens stable et objectif du mot, car il est
analysable indépendamment de l’emploi discursif. C’est la signification
que possède le mot pour toute la communauté linguistique.
• Il correspond à la définition qu’on trouve dans un dictionnaire et qui
constitue la base de la signification du mot. Cette base peut être
marquée par de nouveaux traits, selon le contexte discursif, en donnant
accès à un sens second (connotatif).
• Le sens connotatif, quant à lui, est instable car il est composé par des traits
subjectifs qui sont conditionnés par le contexte dans lequel il est appréhendé.
• Il ne fait pas l’objet de consensus de la communauté linguistique, dans le sens où il se
déduit à travers des valeurs particulières conférées par le contexte situationnel. (non
conventionnel)
• Bien entendu, les valeurs connotatives sont hétérogènes et variables, selon les
locuteurs : il s’agit donc de voir ce qu’un mot peut évoquer, suggérer, exciter ou
impliquer chez un individu.
• La dénotation est proprement linguistique ; la connotation échappe à la linguistique.
(la sémiotique)
Ex. ROSE n. f. : Fleur du rosier, d’une odeur suave, ornementale, dont le type primitif est d’un
rouge très pâle. (sens dénotatif)
La rose peut connoter des valeurs comme : la renaissance, la beauté, la fraicheur… (sens connotatif)
b. Sens propre vs sens figuré

• Le sens propre renvoie au sens premier du mot, qui est antérieur aux
autres (sens figuré, sens métaphorique…). Il est plus proche du sens
étymologique dont il détient les traits sémiques fondamentaux.
Ex. (le PR 2019) TRANCHER : du latin trinicare « couper en trois »
« diviser, séparer une chose en parties au moyen d’un instrument tranchant… »
TÉMOIGNER : « porter témoignage contre » du latin testimonium « témoignage »
« certifier qu’on a vu ou entendu; attester la vérité ou la véracité de »
b. Sens propre vs sens figuré
• Le sens figuré (sens dérivé) désigne le sens second qui est obtenu à partir du
premier par un transfert de sens. On dit qu’un mot est employé au sens figuré, s’il est
marqué par des traits [-animé], [-concret], alors qu’il se définit par des traits [+animé],
[+concret].
Ex. Le fruit d’un arbre Le fruit d’un travail
La clarté du jour La clarté d’une idée
Les méandres d’un fleuve Les méandres de la pensée, d’un sujet
• Le langage figuré est dicté par l’économie du langage : au lieu de créer de nouveaux
mots pour exprimer chaque idée ou chaque pensée, on utilise le même mot pour
rendre compte de sens différents. (polysémie)
c. Sens transparent, sens opaque
• D’un point de vue sémantique, un énoncé s’interprète en fonction de la
combinaison de ses éléments constitutifs. (Lecture compositionnelle)
Ex. Les carottes sont cuites. (deux interprétations)
1. Sens compositionnel : les carottes sont prêtes à être mangées.
2. Sens opaque : la situation est désespérée.
• L’opacité sémantique est un trait qui caractérise les séquences figées ;
alors que la liberté se rapporte aux séquences libres.
c. Sens transparent, sens opaque
• On dit qu’une unité polylexicale est transparente, si le sens se laisse
facilement déduire à partir de la somme de ses parties ; elle peut au
contraire être opaque, quand le sens ne correspond pas à la somme de
ses éléments composants.
• Pour illustrer le sens évoqué dans la définition, le lexicographe insère des
exemples qui prennent la forme d’énoncés libres ou d’énoncés figés.
Ex. La mèche d’une lampe à huile. Allumer la mèche (cordon de fils de coton combustible
qui sert de flamme)
Éventer, découvrir la mèche (découvrir les dessous d’une affaire)
Vendre la mèche (trahir un secret ; dévoiler un dessein qui devait être tenu caché)
d. Sens référentiel, sens symbolique
• Le sens référentiel correspond à la relation de désignation entre le signe et le
référent. Il est déterminé par la référence, c’est-à-dire l’ensemble des propriétés
extralinguistiques relatives au mot, permettant de le distinguer des autres objets du
monde.
Ex. (le PR) LION : grand mammifère carnivore, grand félin, à pelage fauve, à crinière brune et
fournie, à queue terminée par une grosse touffe de poils, vivant en Afrique et en Asie.
TIGRE : le plus grand des félins, au pelage jaune roux rayé de bandes noires transversales, vivant en
Sibérie et en Asie du Sud-Est.
• Le sens symbolique est lié à des représentations socioculturelles qui peuvent être
associées au mot, en dépassant le cadre de la description sémantique objective.
Ex. La couleur noire, selon les cultures, est le symbole de la mélancolie, du Mal, de la méchanceté…
2- Procédés de transfert de sens (les tropes)

• La théorie des tropes se présente comme un cadre théorique permettant de décrire


les changements de sens d’un mot. Selon Dumarsais, les tropes forment une
catégorie spéciale de figures, « par lesquelles on fait prendre à un mot une signification qui
n’est pas précisément la signification propre de ce mot. » (des tropes ou des différents sens, p
69)
• Les tropes sont les figures qui se caractérisent par un détournement de sens : le mot
ou l’expression sont détournés de leur sens propre. Les trois principaux tropes sont :
la synecdoque, la métonymie et la métaphore.
a. La métaphore est fondée sur une relation d’analogie.
b. La métonymie est basée sur une contiguïté logique.
c. La synecdoque est fondée sur un rapport d’inclusion.
• Le sens des mots évolue en permanence : il peut se diversifier ou au
contraire se simplifier.
• Il arrive que le sens original soit complètement effacé.
Ex. arriver : du latin du IXe arripare, de ripa « rive », c’est-à-dire « venir à la rive ».
Par un processus métaphorique, la notion de « rive » a disparu, en donnant accès à
plusieurs sens :
1. Parvenir à un lieu
2. Venir vers qqn
3. Parvenir à atteindre après des difficultés
4. Atteindre, parvenir à (un état)
5. Réussir à, finir par
6. Aborder un sujet…
a. La métaphore
• La métaphore est une figure de rhétorique qui consiste à faire un transfert de traits
sémantiques entre deux objets du monde, en se basant sur une comparaison
implicite. Il s’agit de « donner à un mot un sens qui ne lui convient qu’en vertu d’une
comparaison sous-entendue ». (Picoche : 1992, 88)
Ex. un mur aveugle, une pluie de balles.
• Dans un dictionnaire, on ne trouve que les métaphores qui ont fait l’objet de
lexicalisation (métaphore lexicalisée). Elle s’opposent aux métaphores occasionnelles
(individuelles) qui sont créées librement par les utilisateurs de discours, comme dans
les œuvres de la littérature.
• Les mots composés et les locutions se basent sur les emplois métaphoriques, quel
que soit le registre de langue.
Ex. PIED-DE-BICHE n.m. : Instrument métallique qui ressemble plus ou moins à un pied de biche.
COURANT : « Mouvement de l’eau, d’un liquide » Mettre qqn au courant : l’informer
La relation métaphorique

• La relation métaphorique s’opère de deux façons différentes :


1. Passage du concret au concret : (noté dans le dictionnaire par la
marque (par anal.)
2. Passage du concret à l’abstrait : noté dans le dictionnaire par les
marques (fig., par métaph.)
Passage du concret au concret
• On parle d’analogie, lorsqu’il existe une ressemblance entre deux réalités qui
ont quelque chose de commun dans leur aspect général (la forme, la couleur, le
son…). Dans un dictionnaire, elle est indiquée par la marque sémantique (anal.)
désignant généralement un transfert de sens du concert au concret.
Ex. (le PR 2019) CANARD : sens propre « oiseau », par anal. de son « fausse note ».
CROCODILE : 1 Grand reptile amphibien…4 par anal. de forme Pince crocodile : pince à
mâchoires dentées…
PAILLE : Tige des céréales quand le grain en a été séparé. par anal. de couleur Des gants
paille : de couleur jaune pâle de la paille de blé.
Passage du concret à l’abstrait

• Le passage du concret à l’abstrait est noté dans le dictionnaire par deux


marques sémantiques : fig. et (par) métaph.
Ex. (le PR 2019) RENARD : 1 Mammifère carnivore (canidés) […]
3 fig. Personne fine et rusée, subtile.
FOURMI : « Petit insecte vivant en société… »
« Une personne laborieuse, économe » (c’est une vraie fourmi, un travail de fourmi)
L’analyse sémique de la métaphore
• On dit qu’il y a une relation métaphorique entre deux réalités, s’ils ont au
moins un sème spécifique en commun.
Ex. (le PR 2019) IMPASSE A : /rue/, /sans issue/
B : /situation/, /sans issue/ (Impasse budgétaire)
• La ressemblance entre les deux sens A et B repose sur le sème /sans issue/
(Les deux éléments qui sont rapprochés : la rue et la situation.)
• Il peut se produire une déperdition de sèmes lors du passage d’un sens à un
autre.
Ex. (le PR 2019) ÉCLAIR A : « lumière brève, intense, sinueuse, survenant pendant un orage,
provoquée par une décharge électrique. »
B : « moment bref et intense » (éclair de génie)
b. La métonymie
• La métonymie est une figure de rhétorique qui consiste à substituer un
terme à un autre avec lequel il entretient une relation de contiguïté.
Celle-ci prend des formes variées :
• Le contenant pour le contenu (boire un verre)/du thé
• La matière pour l’objet (laver les cuivres)/les ustensiles de cuisine
• L’auteur pour l’ouvrage (ouvrez Zola) /Germinal
• Le lieu pour la chose (manger le cantal)/le fromage du Cantal
• L’effet pour la cause (Socrate a bu la mort) /la ciguë
• […]
b. La métonymie

• Dans le dictionnaire, cette relation est notée par la marque sémantique


(par) méton.
Ex. (le PR 2019) PÊCHE : « action de pêcher » ; par méton. « poissons pêchées »
FRITURE : « action de frire » ; par méton. « aliment frit »
FOURCHETTE : « ustensile de table » ; par méton. « Un gros mangeur » (c’est une
solide fourchette).
BLAIREAU : « petit mammifère carnivore […] » ; par méton. « pinceau fait de
poils de blaireau dont se servent les peintres. »
c. La synecdoque
• La synecdoque est une figure de rhétorique fondée sur une relation
d’inclusion entre deux réalités. Elle est considérée par les rhétoriciens
comme un cas particulier de la métonymie.
• Elle se limite à établir une relation entre la partie et le tout.
Ex. (le PR 2019)Toit : « partie supérieure d’un édifice » / « maison, abri où l’on
peut vivre » (être sans toit)
Tête : « partie supérieure du corps humain …»/ « la tête désignant la personne »
(vote par tête)
La comparaison

• En rhétorique, la comparaison est une figure qui établit un


rapprochement explicite entre deux réalités par le biais d’un
terme introducteur (comme, ainsi que, de même que, tel que…)
• En lexicographie, cette relation est désignée par une marque
sémantique (par compar), permettant de passer d’un sens à un
autre.
Ex. FOURMI : « petit insecte » par compar. « Symbole de petitesse »
Autres marques sémantiques
• Les changements de sens peuvent se traduire par des indications sémantiques
comme :
1. PAR EXT.(par extension) qui représente un sens plus large s’appliquant à de
nombreux objets.
2. PAR RESTR. (OU SPÉCIALT) (par restriction ou spécialement) désignant un sens
plus étroit, moins étendu.
Ex. (le PR 2019) BOUCHE : Chez l’homme, la cavité située à la partie inférieure du visage de l’être
humain […] spécial. Les lèvres et leur expression : une belle bouche. Par ext. Une bouche : Personne
qui mange : une bouche à nourrir.
BUREAU : Table sur laquelle on écrit, on travaille − spécial. Meuble à tiroirs et à tablettes où l’on
peut enfermer des papiers, de l’argent […] par ext. Lieu de travail des employés (d’une
administration, d’une entreprise).
• Exercice1 : Le mot « carte » est enregistré dans DFC en cinq homonymes (entrées) :
1. Carte n. f. Document fait d’une feuille de carton ou de papier fort, constatant l’identité d’une personne.
2. Carte n. f. Liste des mets ou des boissons qu’on peut choisir dans un restaurant…
3. Carte n. f. Carte postale, […] carte utilisée pour la correspondance…
4. Carte n. f. Représentation conventionnelle d’une région ou d’un pays, donnant diverses indications géographiques.
5. Carte n. f. Chacun des cartons légers portant sur une face diverses figures en couleur en dont l’ensemble constitue
un jeu de cartes.
• Dites auquel de ces sens correspond chacune des phrases suivantes.
1. À la suite de son mariage, elle a dû se faire imprimer de nouvelles cartes.
2. Il n’y avait plus d’atout, j’ai abattu mes deux dernières cartes.
3. N’oubliez pas d’emporter votre carte pour aller toucher ce mandat
4. Chaque année, il nous envoie de jolies cartes de Bretagne.
5. Si vous voulez découvrir la région dans le détail, munissez-vous d’une carte d’Etat-Major.
6. C’est à votre tour de distribuer les cartes.
7. Le menu ne nous convenant pas, nous avons mangé à la carte.
Exercice2 : Après avoir précisé le sens du mot « étude » dans chacune des phrases suivantes, vous
procéderez au regroupement de ces sens selon les points de vue suivants :
a) activité intellectuelle ;
b) produit de cette activité ;
c) lieu où elle s'exerce.
1. L'étude des langues vivantes s'impose de plus en plus de nos jours.
2. N'aimant pas l'étude, il attendait impatiemment ses seize ans pour quitter l'école.
3. Une étude préalable s'impose avant d'entreprendre ces travaux.
4. Le projet est actuellement à l'étude.
5. Nous étions en étude quand le proviseur entra.
6. Les études de médecine sont plus difficiles qu'autrefois.
7. Il n'y a pas d'étude pour les demi-pensionnaires le vendredi soir.
8. Je viens de lire une excellente étude sur le Nouveau Roman.
9. Le musée possède quelques études de peintres ayant appartenu à l'Ecole flamande.
10. Le notaire m'a demandé de passer à son étude cet après-midi.
Exercice3 : Pour chacune des phrases suivantes, distinguez les différents sens
du mot « lion ».
1. Il s’est battu comme un lion.
2. Les mères deviennent des lionnes dès qu’on touche à leurs enfants.
3. Il se taille la part du lion.
4. Elle portait une écharpe ornée de motifs lion.
5. Elle est née sous le signe du lion.
6. Les lions d’Atlas ont disparu depuis longtemps.
7. Il a bouffé du lion.
8. Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort.
9. Il a pêché un lion de mer.
10. Il a un cœur de lion.
Exercice4 : Étudiez les procédés de transfert de sens dans l’article suivant.

Nuage n.m. ■ 1 Amas de vapeur d’eau condensée en fines gouttelettes


maintenues en suspension dans l’atmosphère par les courants ascendants.
Nuages de grêle, de pluie, qui portent la grêle, la pluie. Les nuages s’amoncellent,
couvrent, obscurcissent le ciel. Ciel chargé de nuages. Ciel sans nuages. […] ♦ loc.
être, se perdre dans les nuages : être distrait ; se perdre dans des rêveries
confuses[…] fam. par métaph. Nuages noirs à l’horizon : menace, danger −
Ce qui trouble la sérénité. Un nuage sur leur union. Bonheur sans nuage, qui
n’est pas troublé. ■ par anal. Amas vaporeux ou mouvant. Nuage de
fumée, de poussière […] − Nuage de sauterelles. ► nuée.
Même exercice

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