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Systemes D'elevage

Le document présente un polycopié de cours sur les systèmes d'élevage dans le cadre d'un Master en Alimentation et Performances Animales à l'Université Blida 1. Il aborde les définitions, caractéristiques, et dynamiques des systèmes d'élevage, ainsi que leur diversité et les outils de diagnostic associés. L'objectif est de former les étudiants à comprendre et à gérer les interactions entre l'homme, l'animal et l'environnement pour une production durable.

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Systemes D'elevage

Le document présente un polycopié de cours sur les systèmes d'élevage dans le cadre d'un Master en Alimentation et Performances Animales à l'Université Blida 1. Il aborde les définitions, caractéristiques, et dynamiques des systèmes d'élevage, ainsi que leur diversité et les outils de diagnostic associés. L'objectif est de former les étudiants à comprendre et à gérer les interactions entre l'homme, l'animal et l'environnement pour une production durable.

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Blida 1
Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie
Département des Biotechnologies
Spécialité : ALIMENTATION ET
PERFORMANCES ANIMALES

SYSTEME D’ELEVAGE
POLICOPIE MASTER II

Réalisé par : Dr. OUAKLI


Khalissa
2019/2020
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

Intitulé du Master : Alimentation et performances animales

Semestre : 3

Intitulé de l’UE : UEF1

Intitulé de la matière 1 : Systèmes d’élevage

Crédits : 08

Coefficients : 04

Objectifs de l’enseignement

L’étudiant est censé acquérir les différentes spéculations animales, la relation homme
– animal – milieu, les interactions de ces éléments et leur évolution dans le cadre d’une
production durable. Il sera en mesure de procéder à la mise en œuvre et au suivi
zootechnique d’un élevage

Connaissances préalables recommandées

Bonnes connaissances relatives à la zootechnie générale. Bases scientifiques et


techniques de la conduite alimentaire et reproductives des animaux d’élevage.

Contenu de la matière

Chapitre I : Systèmes d’élevage

Définition de système

Composition d’un système

Pratiques agricoles

Principaux systèmes d’élevage

Evolution des systèmes d’élevage

Contraintes majeurs des systèmes d’élevage en Algérie

Chapitre II : La diversité des systèmes d’élevage

Systèmes d’élevage bovin

Systèmes d’élevage ovin - caprin

Systèmes d’élevage avicole

Systèmes d’élevage cunicole

Systèmes d’élevage aquacole

Chapitre III : Les outils du diagnostic


Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

Travail personnel :

Rapports de sorties pédagogiques, exposés, rapports de recherches sur internet,


exercices

Mode d’évaluation : Contrôle continu + examen

Références

-Mémento de l’Agronome (1998)

-Landais E., Defontaine J.P., 1988 : les pratiques des agriculteurs : point de vue sur un

courant nouveau de la recherche agronomique

-Lhost et al. 1993 : manuel de zootechnie des régions chaudes : les systèmes d’élevage.

Travaux de Srairi M.T

-Zootechnie générale. Barret, J-P

-La Connaissance du bétail : Tome 1, Les Bovins. Marmet

-La Connaissance du bétail : Tome 2, Les Ovins, les caprins, les porcins, les chevaux,

-Manuel pratique d'élevage caprin : pour la rive sud de la méditerranée. Chunleau, Y

-Pratiques d'élevage extensif : identifier, modéliser, évaluer Landais, Etienne


Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

SOMMAIRE

INTRODUCTION

CHAPITRE I : SYSTEME D'ELEVAGE DEFINITIONS ET


CONCEPTS
1. QU’EST – CE QUE LE CONCEPT DE SYSTEME D’ELEVAGE ? ………………………………. 2
2. CARACTERISTIQUES DU SYSTEME D’ELEVAGE ……………………………………………… 2
2.1. Le système d’élevage est un système ouvert …………………………… 2
2.2. C’est un système piloté………………………………………………………… 3
2.3. C’est un système qui met en jeu un processus de production …. 3
2.4. C’est un système finalisé …………………………………………………….. 3
3. LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSTEME : LES HOMMES, LES ANIMAUX ET LES
RESSOURCES ……………………………………………………………………………………………. 3
3.1. Le pôle humain ………………………………………………………………….. 4
3.1.1. Définition d’une pratique …………………………………………………………. 5
a. Pratique d’agrégation …………………………………………………………. 5
b. Pratique de conduite ………………………………………………………….. 5
c. Pratique d’exploitation ……………………………………………………… 5
d. Pratique de valorisation……………………………………………………… 5
3.2. Le pôle animal : une organisation complexe ………………………… 5
3.3. Les ressources : un ensemble d’éléments très divers ……………. 6
3.4. Des pôles en interaction dynamique ………………………………….. 9

CHAPITRE II : EXPLOITATION AGRICOLE ET SYSTEME


D’ELEVAGE
1. QU’EST-CE QU’UNE EXPLOITATION AGRICOLE …………………………………………….. 10
2. L’EXPLOITATION AGRICOLE VUE COMME UN SYSTEME …………………………………. 11
3. LES DIFFERENTS SOUS-SYSTEMES DE L’EXPLOITATION AGRICOLE ………………….. 11
3.1. Le système social ……………………………………………………………….. 11
3.2. Le système opérant …………………………………………………………… 12
3.3. Le système de commercialisation ……………………………………….. 13
3.4. Le système de décision ……………………………………………………….. 13

CHAPITRE III : DYNAMIQUE DES SYSTEMES D’ELEVAGE


1. DES SYSTEMES QUI EVOLUENT ……………………………………………………………….. 15
2. DES SYSTEMES QUI ONT UNE HISTOIRE …………………………………………………….. 15
3. UN MODELE DE REPRESENTATION DE LA REALITE ? ……………………………………… 15

CHAPITRE IV : LES PRINCIPAUX SYSTEMES D’ELEVAGE


1. LES SYSTEMES D’ELEVAGE DANS LE MONDE TROPICAL …………………………………… 19
1.1. Dans les systèmes pastoraux et agropastoraux …………………………….. 19
1.2. Dans les systèmes prairiaux ……………………………………………….. 22
1.3. Systèmes mixtes agriculture-élevage …………………………………… 23
1.4. Les systèmes péri-urbain ……………………………………………………. 24
1.5. Dans les systèmes hors sols …………………………………………………………… 25
2. LES SYSTEMES D’ELEVAGE EN ALGERIE ………………………………………………………. 26
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

2.1. Système extensif ……………………………………………………………….. 26


2.2. Système semi – intensif ……………………………………………………… 27
2.3. Système intensif ………………………………………………………………… 28
2.4. Contraintes majeures des systèmes de production en Algérie … 29

CHAPITRE V : LES OUTILS DU DIAGNOSTIC DES SYSTEMES


D’ELEVAGE
1. LES ENQUETES (APPROCHE SYSTEMIQUE) …………………………………………………… 31
1.1. Connaitre les acteurs ……………………………………………………………………. 31
1.2. Analyser les pratiques ………………………………………………………………….. 32
1.3. Connaitre les organisations ………………………………………………………….. 32
2. LA DIVERSITE SPACIALE: LE ZONAGE …………………………………………………………… 32
3. LES SUIVIS D’ELEVAGE ……………………………………………………………………………… 33
4. LES EXPERIMENTATIONS EN MILIEU ELEVEUR ……………………………………………… 34

REFERENCES
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

INTRODUCTION

L’élevage, c’est « l’action d’élever des animaux domestiques » (Larousse). Dès cette
définition, apparaît la dualité de ce terme « élevage », tout autant activité humaine que
techniques d’exploitation d’un ensemble d’animaux.

Le concept de « système d’élevage » a été élaboré dans les années 80 par des
zootechniciens (LANDAIS, 1987 ; GIBON ET AL., 1988) pour rendre compte de cette dualité
et développer, sur cette base, un cadre théorique et méthodologique permettant
d’aborder les transformations de l’activité d’élevage dans une perspective de
compréhension, de conseil et/ou de prospective.

Par ailleurs, les activités d’élevage remplissent de multiples fonctions. Elles permettent
la production de biens marchands (lait, viande, œuf...), mais peuvent aussi assurer des
fonctions sociales (lutte contre la pauvreté et contribution à la sécurité alimentaire),
ou participer à la préservation des paysages et de la biodiversité. L’élevage peut ainsi
contribuer au développement durable des territoires.

Selon les contextes, les activités d’élevage présentent une grande diversité de forme et
d’organisation. Elles sont également l’objet de dynamiques d’évolution plus ou moins
fortes, en réponse à des contraintes (changements du climat ou de l’occupation des
sols) et à des opportunités (développement des marchés des produits animaux).

Cette diversité et ces dynamiques sont le fruit des décisions des éleveurs, qui organisent
leurs activités au sein d’unités de production, très généralement familiales, en
interaction avec d’autres acteurs des filières et des territoires.

Face à cette complexité, il est nécessaire de comprendre quels sont les facteurs
explicatifs de la diversité des formes d’élevage et les moteurs des évolutions en cours.
Il s’agit également de poser un diagnostic pour évaluer la capacité des élevages à se
maintenir dans un contexte changeant et incertain et à contribuer au développement
durable.

C’est sur la base de cette compréhension et ce diagnostic que peuvent être réfléchis les
stratégies et les politiques d’accompagnement des éleveurs.

p. 1
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

CHAPITRE I : SYSTEME D'ELEVAGE

DEFINITIONS ET CONCEPTS
Pour étudier l’activité d’élevage dans toute sa globalité et donc toute sa complexité, il a
été fait le choix de l’analyse systémique. Le concept de système d’élevage est un outil
dont la finalité n’est pas de dresser un tableau de l’élevage dans une région donnée
mais d’établir un diagnostic permettant de proposer des axes et moyens
d’interventions pour le développement de l’élevage.

1. QU’EST – CE QUE LE CONCEPT DE SYSTEME D’ELEVAGE ?

Les deux mots système et élevage sont chacun utilisés dans plusieurs sens différents.
Il n’est donc pas étonnant que le concept de ‘ système d’élevage’ mérite d’être précisé.

Au sens premier, le terme « élevage » est l’action d’élever des animaux domestiques.
En toute rigueur, l’étude de l’élevage ne peut se faire si le(s) responsable(s) et le(s)
bénéficiaire(s) de cette activité, l’acteur, c’est à dire l’éleveur sont évacués.

Le mot système quant à lui fait obligatoirement référence à une manière d’interroger
et de représenter une réalité qui inclut explicitement les objectifs de l’observateur. C’est
ainsi que Rosnay (1975) définit le système comme un ensemble d’éléments en
interactions dynamiques organisés en fonction d’un but.

« Un système d’élevage est selon LHOSTE (1984) l’ensemble des techniques et des
pratiques mises en œuvre par une communauté pour exploiter, dans un espace
donné, des ressources végétales par des animaux, dans des conditions compatibles
avec ses objectifs et avec les contraintes du milieu ».

« Un système d’élevage est selon LANDAIS (1987) un ensemble d’éléments en


interaction dynamique, organisés par l’homme en vue de valoriser des ressources
par l’intermédiaire d’animaux domestiques ».

Comme définition du système d’élevage, nous retiendrons les suivantes :

2. CARACTERISTIQUES DU SYSTEME D’ELEVAGE

Des définitions ci–dessus, il ressort les commentaires suivants :

2.1. Le système d’élevage est un système ouvert

Comme c’est le cas de l’ensemble des approches systémiques de la production agricole,


le système d’élevage n’est pas isolé. Ses éléments sont en interaction entre eux mais
également avec des éléments de ce qui constitue l’environnement du système. Il est
donc possible de mettre en évidence des flux, des échanges à la frontière du système.

p. 2
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

2.2. C’est un système piloté

Les éléments du système d’élevage sont « organisés par l’homme ». C’est l’homme qui
choisit d’élever des animaux, quelles espèces, avec quelles ressources. Ce sont des
décisions humaines qui réglementent l’utilisation de certains parcours.

2.3. C’est un système qui met en jeu un processus de production

L’élaboration de produits animaux est le résultat d’un processus complexe, qui se


déroule dans le temps et au cours duquel l’homme valorise des ressources : aliments,
capitaux, main d’œuvre, bâtiments… par l’intermédiaire de ses animaux.

2.4. C’est un système finalisé

A travers le processus évoqué ci-dessus, l’homme entretient des animaux dans un ou


plusieurs buts précis : leur faire produire du lait, de la viande, du fumier, du travail,
avoir des bêtes à abattre lors de fêtes religieuses, pouvoir vendre un animal afin de
disposer d’argent s’il doit faire face à des dépenses, plus généralement capitaliser
(patrimoine), s’assurer une position sociale, etc…

Les finalités de différents systèmes d’élevage ne sont pas identiques selon les décisions
humaines : les animaux d’un système ne remplissent pas toutes les fonctions possibles
présentées précédemment.

Par exemple, dans les sociétés industrialisées, l’évolution de l’élevage a vu une


réduction du nombre de fonctions attribuées : les animaux ne sont souvent plus qu’un
outil de production, de plus spécialisé pour le lait ou la viande ; les autres fonctions
étant prises en charge par divers éléments : institutions bancaires pour l’épargne,
moteurs pour la traction…

3. LES PRINCIPALES COMPOSANTES DU SYSTEME : LES HOMMES, LES


ANIMAUX ET LES RESSOURCES

Les définitions données ci-dessus présentent trois catégories d’éléments qui seront
appelés les pôles du système d’élevage. Ces trois pôles sont en interaction dynamique
(figure 1).

A quelles situations est-il légitime d’appliquer le concept de système


d’élevage ?

La notion de système d’élevage n’est pratiquement employée qu’à propos de systèmes


où les animaux prélèvent eux-mêmes tout ou une partie de leur alimentation à partir
de la production primaire ; qui dit système d’élevage dit pâturage.

p. 3
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

Figure 1 : les composantes du système


d’élevage (LHOSTE, 1984)

Les références au système d’élevage sont beaucoup plus nombreuses dans les travaux
traitant de systèmes extensifs (voir chapitre I).

Elles concernent dans leur grande majorité les ruminants.

Les éléments d’un système d’élevage peuvent être classés en trois catégories, les pôles
identifiés ci-dessus : les hommes, les ressources, les animaux.

3.1. Le pôle humain

C’est l’homme qui prend des décisions : il organise et maîtrise le système. Les choix
qu’il fait, s’expriment au travers d’activités concrètes que nous appelons pratiques.

✓ Un centre de décision

L’homme est amené à prendre quotidiennement des décisions en fonction de ses


objectifs propres et des informations diverses qu’il intègre provenant du système lui-
même ou de son environnement. Par ses choix, il agit à la fois sur la structure et le
fonctionnement du système. C’est un centre de décision.

Selon le système d’élevage considéré, le pôle humain est constitué d’un ou plusieurs
centres de décisions. Différents types de centres de décisions peuvent être distingués ;
ce sont des individus ou des groupes sociaux, comme par exemple :

▪ un chef d’unité familiale de production


▪ un membre de la famille qui possède des animaux
▪ un responsable du troupeau collectif

p. 4
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

✓ Une mise en œuvre des pratiques

Les choix réalisés par les hommes se concrétisent dans des actions techniques
appelées pratiques. Cette notion de pratique est centrale dans l’approche que nous
proposons. En effet, les pratiques paysannes constituent un objet d’étude pertinent
en vue d’un diagnostic associant les paysans et orientant les interventions. Il
convient donc de préciser cette notion.

Définition d’une pratique :

« Façon dont un opérateur met en œuvre une opération technique.


Alors que les techniques peuvent être décrites indépendamment de l’agriculteur
ou de l’éleveur qui les met en œuvre, il n ‘en est pas de même pour les pratiques »
(TESSIER, 1979).

« Ensemble des actions agricoles mises en œuvre dans l’utilisation du


milieu » (MILLEVILLE, 1985).

Les pratiques sont des actions observables par lesquelles l’homme met en place et
intervient sur les autres éléments du système : les animaux et les ressources, au
niveau desquels se déroule le processus productif. Les pratiques paysannes
constituent un objet d’étude à part entière. La première étape consiste à savoir
quelles sont les pratiques du groupe d’individus faisant partie du système d’élevage
étudié. C’est donc une étape d’identification et de caractérisation des pratiques. Il
faut également s’interroger sur les déterminants, les causes de mise en œuvre des
pratiques. Les pratiques sont les manifestations des stratégies paysannes. Elles
traduisent dans les faits (les pratiques sont observables) l’arbitrage que fait l’éleveur
entre les différents choix qui s’offrent à lui. Une pratique n’est donc pas
indépendante de l’ensemble du système de production organisé et piloté par le
paysan, elle n’est pas indépendante notamment de la réalisation des autres
pratiques.

Les pratiques sont donc les indicateurs qui nous permettent de saisir la logique, la
cohérence des décisions humaines qui organise le fonctionnement du système. C’est
donc à travers les pratiques que sera appréhendé le fonctionnement du sous-
système de gestion, de la sphère décisionnelle ; c’est à travers les pratiques que sera
construit le référentiel qui permet de juger le système d’élevage au plan de la
satisfaction de l’éleveur.

Les pratiques peuvent être classées en plusieurs types selon les éléments – cibles du
processus productif sur lesquels l’homme agit par leur intermédiaire.

Quatre types de pratiques sont définies.

p. 5
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

a) Pratiques d’agrégation

Elles sont « responsables de la formation des groupes d’animaux qui


seront conduits ensemble » (LANDAIS et al., 1987).

C’est par ces pratiques que les hommes, propriétaires d’animaux, constituent des
troupeaux, au sens où ce terme a été défini précédemment.

b) Pratiques de conduite

Ce sont « l’ensemble des opérations effectuées par l’homme sur l’animal


en vue d’assurer leur entretien et de les mettre en condition de réaliser
les performances (de croissance, de reproduction, de production
laitière…) qu’il attend.

C’est par ces pratiques de conduite que l’homme met en relation les groupes
d’animaux qu’il a formé par ses pratiques d’agrégation et les facteurs et conditions
de production utilisés dans le système.

c) Pratiques d’exploitation

Ce sont « l’ensemble des opérations par lesquelles l’homme exerce un


prélèvement sur les animaux qu’il entretient à cette fin » (LANDAIS ET AL,
1987).

C’est par ces pratiques que se forment les productions animales.

d) Pratiques de valorisation

Ces pratiques agissent sur les produits animaux, c’est à dire une fois que ceux-ci
ont été prélevés. Ces produits peuvent être valorisés en l’état par vente ou
autoconsommation, mais ils peuvent être transformés. La transformation du lait
en beurre est une pratique de valorisation ; la vente du lait est aussi une pratique
de valorisation.

3.2. Le pôle animal : une organisation complexe

Le matériel animal pourrait être considéré comme une ressource consommée par le
système, mais les animaux sont rassemblés dans un pôle distinct car ils occupent
une place privilégiée dans le processus de production. En effet, ils valorisent des
ressources afin d’assurer des fonctions très diverses parfois. L’animal constitue ainsi
l’élément central et caractéristique du système d’élevage.

Il est utile à ce niveau de fournir certaines définitions pour qu’il n’y ait pas de
confusion sur les termes désignant les ensembles d’animaux.

p. 6
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

Les deux premiers groupes sont identifiés à partir de l’espace qu’ils occupent :

Peuplement animal : « ensemble des diverses espèces qui peuplent un


espace déterminé »

Population animale : « ensemble des individus d’une même espèce ».

La notion de peuplement animal permet de raisonner les complémentarités ou


compétitions entre les diverse espèces domestiques, notamment en ce qui concerne
l’exploitation de l’ensemble des ressources fourragères d’une région.

La population est l’ensemble des animaux, peuplant un espace déterminé, entre


lesquels il peut y avoir des échanges de gènes. C’est sur ce niveau d’organisation du
pôle animal que doit travailler le généticien.

Deux autres groupes d’animaux peuvent être reconnus à partir de critères


différents :

Cheptel : « ensemble des animaux appartenant à une personne ou à


un ensemble de personnes ».

Cet ensemble est défini d’après un critère de propriété. Le cheptel est l’unité
pertinente pour analyser la gestion des animaux d’un système de production donné.

Troupeau : « groupe d’animaux conduits ensemble ».

Le troupeau est une unité de conduite ; il peut également comprendre des animaux
de plusieurs espèces. Il est constitué d’animaux subissant tous un même ensemble
de pratiques. C’est donc l’analyse des pratiques qui permet d’identifier les
troupeaux. C’est à ce niveau que peuvent être étudiés les problèmes techniques tels
que l’alimentation, la reproduction…

Il est souvent nécessaire de considérer des sous unités dans un troupeau. En effet,
parallèlement à l’ensemble des pratiques retenues pour définir le troupeau, d’autres
pratiques peuvent être différenciées selon les individus ou groupes d’individus. Ces
groupes peuvent être appelés sous troupeaux (LANDAIS ET AL., 1987). Les termes de
lots et d’ateliers sont également employés.

Un atelier est « sous ensemble d’un troupeau correspondant à une spéculation


zootechnique donnée ». Troupeaux et ateliers peuvent être répartis en lots selon les
conduites différenciées appliquées.

p. 7
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

3.3. Les ressources : un ensemble d’éléments très divers

Le troisième pôle du système d’élevage regroupe des éléments plus divers que les
deux premiers. En effet, les ressources utilisées par le système dans le processus de
production sont de nature très variée : informations, énergie, moyens financiers,
biens matériels…

Il est cependant possible de distinguer deux types de ressources : les facteurs et


les conditions de production. Les ressources du système d’élevage ne se limitent
pas aux seules ressources fourragères et encore moins à l’espace pâturé par les
animaux.

✓ Les facteurs de production sont les


« éléments susceptibles de
modifier un phénomène et qui
entrent dans la composition de ses
effets ». Les animaux ne consomment
qu’un nombre limité de facteurs de
production (l’oxygène de l’air, les
aliments, l’eau de boisson, les produits
vétérinaires.) Les aliments et l’eau de
boisson seront appelés les ressources
alimentaires.

✓ Les conditions de production sont les


« éléments susceptibles de
modifier l’influence des
facteurs ». Ces conditions de
production rassemblent toutes les
autres ressources utilisées dans le
système. Ce sont par exemple les
bâtiments d’élevage, les moyens
financiers, la main d’œuvre, les
Photos1 : Conditions et
informations utilisées par les éleveurs
Facteurs de production
pour conduire les animaux, les savoir –
faire

✓ Ressources alimentaires et territoire : deux notions à ne pas


confondre

Le territoire est le support d’une production végétale primaire. C’est pourquoi, il est
souvent pris comme synonyme de ressources alimentaires, et parfois même
confondu avec le pôle « ressources » d’un système d’élevage. Les ressources ne
peuvent pas être réduites au territoire. De ce fait, il convient de préciser ce qu’est un
territoire pour le zootechnicien, car cette notion est également utilisée par d’autres
disciplines. *

p. 8
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

Le territoire (figure 2), objet


d’étude du zootechnicien ne peut
pas être considéré comme la simple
somme des surfaces pâturées par les
animaux. En effet, le territoire ne doit
pas être assimilé aux surfaces
fourragères exploitées, mais doit être
perçu comme un milieu structuré,
support contrasté dans l’espace et le
temps de ressources et de contraintes
(LANDAIS ET AL., 1987).
Figure 2 : Eléments d’un territoire

Le territoire est défini par l’espace dans lequel se déplace effectivement les
animaux, il n’existe donc que par la mobilité de ces derniers. Les points
d’eau, les voies d’accès empruntées par les troupeaux pour se rendre sur les
parcours, les abris, les bâtiments font partie intégrante du territoire.

Le territoire d’un troupeau est constitué de l’ensemble des lieux


qu’il fréquente habituellement. Il ne peut être reconnu qu’à partir
de l’analyse des déplacements du troupeau.

3.4. Des pôles en interaction dynamique

Les éléments décrits ci-dessus sont en interaction entre eux, et également avec des
éléments de l’environnement du système. Après une phase descriptive de la
structure, l’étude d’un système d’élevage doit chercher à comprendre le
fonctionnement de ce système.

Après avoir fixé les limites du système d’élevage dont l’étude est jugée pertinente,
repérer et caractériser les différents éléments, il faut identifier les relations entre ces
éléments, c’est-à-dire les échanges de toute nature : énergie, information, matière…
Il faut identifier les relations à l’intérieur des limites du système, mais également les
échanges à la frontière du système.

p. 9
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

CHAPITRE II : EXPLOITATION AGRICOLE ET SYSTEME


D’ELEVAGE

1. QU’EST-CE QU’UNE EXPLOITATION AGRICOLE ?

Il est difficile de donner une définition rigoureuse des caractères spécifiques communs
à toutes les exploitations agricoles en raison de l'importance des facteurs de production
naturels et donc la superficie ; par le fait que les processus de production font intervenir
des êtres vivants et que les produits obtenus sont des substances organiques destinées
à l'alimentation directe ou indirecte de l'homme ; enfin, par la petite taille des groupes
humains vivant sur une exploitation.

La notion d’exploitation se réfère à l’action et à l’effet d’exploiter, un verbe qui


mentionne le fait de tirer des bénéfices à partir de la richesse ou des biens d’une
industrie et d’obtenir ce que puisse donner une source, parmi d’autres significations.
Agricole, du latin agricŏla, se dit de ce qui appartient ou de ce qui est lié à l’agriculture.
Ce terme est lié à la culture de la terre ou au fait de la labourer, y compris tous les
travaux liés à la plantation de légumes et le traitement des sols.

L’exploitation agricole se compose donc des activités socio-économiques qui


permettent d’obtenir de la richesse de la terre.

Ainsi :

Une exploitation agricole, dans le domaine de l'économie agricole, est une


entreprise, ou partie d'une entreprise, constituée en vue de la
production agricole et caractérisée par une gestion unique et des moyens de
production propres. L’exploitation agricole n’est donc pas la simple juxtaposition
de processus productifs, elle n’est pas qu’une simple unité économique. Elle est un
système organisé aux multiples interactions, finalisé par le projet d’un groupe
social. L’exploitation agricole peut être vue alors comme un système (CAPITAINE ET
JEANNEAUX, 2015).

➢ L’exploitation agricole peut être directe (si le propriétaire est directement


responsable de l’exploitation) ;
➢ Ou indirecte (lorsque l’usage de la terre est loué ou cédé/transféré).

Les deux sortes peuvent être effectuées avec le travail des journaliers (ceux qui sont
payés par journée de travail), les employés (qui ont une relation de dépendance par
rapport au propriétaire et un salaire mensuel), dans ce cas, certains économistes ont
développé un cadre d’analyse et d’action dans lequel l’exploitation agricole est vue
comme une entreprise ou le travail familial (le propriétaire et sa famille se consacrent
à travailler sur le terrain) (ALARY ET LHOST, 2009).

p. 10
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

Les statistiques indiquent que dans le monde entier, il y a une exploitation agricole (ou
ferme) pour chaque douze personnes. De ce nombre, seulement 15% des exploitations
sont supérieures à deux hectares (EUROSTAT, 2018).

2. L’EXPLOITATION AGRICOLE VUE COMME UN SYSTEME

L'approche systémique s'est particulièrement développée en l'approche agriculture


pour l'étude de la prise de décision dans l'exploitation agricole et BROSSIER écrivait déjà
en 1973 :

"Les agriculteurs, comme tous les individus, ont un comportement agriculture


rationnel, c'est-à-dire qu'il y a cohérence entre les objectifs qu'ils cherchent à
atteindre et les moyens mis en œuvre pour les atteindre".

C'est OSTY (1978) qui intitulant son article "L'exploitation vue comme un système", fit
réapparaître la notion de système dans l'exploitation agricole : - "L'exploitation
agricole est un tout organisé qui ne répond pas à des critères simples et uniformes
d'optimisation. - C'est à partir de la vision qu'ont les agriculteurs de leurs objectifs et
de leurs situations qu'on peut comprendre leurs décisions et leurs besoins".

L’exploitation agricole n’est donc pas la simple juxtaposition de processus productifs,


elle n’est pas qu’une simple unité économique. Elle est un système organisé aux
multiples interactions, finalisé par le projet d’un groupe social. L’exploitation agricole
peut être vue alors comme un système (CAPITAINE ET JEANNEAUX, 2015).

3. LES DIFFERENTS SOUS-SYSTEMES DE L’EXPLOITATION AGRICOLE

La compréhension, l’explication des choix et pratiques des agriculteurs sont à


rechercher au niveau du fonctionnement des différents sous-systèmes de l’exploitation
(COCHET ET DEVIENNE, 2006) :

3.5. Le système social

C’est l’approche humaine, ce système est composé des différentes personnes travaillant
dans l’exploitation (figure 3). Le chef d’exploitation est associé fortement à une
famille : Il y’a parfois un conjoint collaborateur à la gestion de l’entreprise ou une
famille très engagée dans la vie de l’exploitation. On trouve de plus en plus
d’exploitations en société avec des associés ou encore des salariés ou des apprentis
présents sur l’exploitation. L’ensemble de ces acteurs forme le système social.

p. 11
Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

Figure 3 : Représentation du système sociale

Dans un grand nombre d’exploitations, le lien entre la famille et l’exploitation est très
fort : d’abord, la maison d’habitation est souvent située sur l’exploitation. Ensuite,
même si le conjoint ou les enfants ne sont pas exploitant, ils peuvent participer
occasionnellement aux travaux et leurs points de vue influencent aussi un certain
nombre de décision (GAUDIN ET AL., 2011).

L’exploitation agricole est ainsi considérée comme un système finalisé par les objectifs
de la famille (BLEHADIA, 2016).

3.6. Le système opérant

Ou système de production, il comprend les différents éléments permettant la


production de biens et de services (figure 4) : le foncier, le matériel et les bâtiments, les
animaux, les cultures. Il est lui-même décomposé en sous-systèmes : le sous-système
d’élevage, le sous-système fourrager, le sous-système cultural et d’autres sous-système
se rajoutent s’il y a transformation ou activité de service.

Figure 4 : Représentation du système opérant

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Le système de production a pour rôle de mettre en œuvre l’ensemble des opérations


nécessaires aux procédés de production. Il nécessite des flux de matières d’énergie,
d’information, de travail et d’équipement. Il est lui-même compos é de sous-système
que sont le système cultural, le système d’élevage, le système fourrager et les systèmes
annexes. Les trois systèmes réunis forment les exploitations de polyculture élevage
(GAUDIN AL., 2011)

3.7. Le système de commercialisation

Le système de commercialisation joue un rôle essentiel au niveau de la viabilité


économique des exploitations agricoles. Il comprend les méthodes de vente (clients,
vente directe, vente indirecte), les moyens de commercialisation (véhicules par
exemple) et les pratiques commerciales mises en œuvre (prix, publicité, promotion, ...).
La fonction commerciale est au cœur désormais des autres fonctions du système
d'exploitation et confère à l'exploitation agricole une véritable activité d'entreprise.

Cependant, les circuits de commercialisation des produits agricoles demeurent


traditionnels et ils maintiennent souvent un grand nombre d’intermédiaires entre les
producteurs et les consommateurs finaux avec une répartition de la valeur ajoutée
souvent inéquitable pour le producteur.

Les bonnes pratiques au niveau de la commercialisation sont très nombreuses et à titre


d’exemple on peut citer le commerce équitable, les circuits courts de
commercialisation, la traçabilité, les signes de qualité, les contrats de culture, le tri
qualitatif, le paiement à la qualité, le commerce, le business inclusif etc.

Beaucoup d’entre elles gravitent autour d’un dénominateur commun qui consiste à
privilégier la qualité afin de se différencier des autres producteurs. La qualité d’un
produit agricole doit répondre aux exigences des consommateurs mais elle n’est pas
figée et elle évolue dans le temps en fonction du contexte économique et social du
consommateur. Les circuits courts de commercialisation permettent de retrouver la
confiance des consommateurs parfois dégradée, voire perdue, suite aux nombreuses
crises des deux dernières décennies (Loisel et Durand, 2001). Les consommateurs
d’aujourd’hui ont de plus en plus besoin d’être rassurés quant à la provenance, la
qualité et l’état sanitaire des produits alimentaires qu’ils consomment.

3.8. Le système de décision

C’est l’approche de la prise de décisions (figure 5). Les choix et donc les décisions, sont
fonction des finalités des exploitants agricoles. L’agriculteur n’est pas un individu isolé
qui prend des décisions. Il serait soumis à une double adaptation, l’une interne qui fixe
les objectifs (le réel voulu), parfois contradictoires, l’autre externe (le réel perçu) qui
s’adapte à l’environnement (BROSSIER ET AL., 1997). Ces auteurs résument cet aspect
par une phrase clé : « L’agriculteur a des raisons de faire ce qu’il fait ».

Les stratégies et les pratiques de beaucoup de paysans, à tort interprétées comme


résultant de leur aversion vis-à-vis du risque, cherchent à atteindre un double objectif
: réduction des risques et obtention des meilleurs résultats économiques. Pour
atteindre ces objectifs, les agriculteurs adoptent une attitude prudente vis-à-vis de

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l'optimum. Ils cherchent à améliorer graduellement la productivité et à augmenter le


revenu en limitant les risques d'entreprise (production) et financiers à un niveau
acceptable et maîtrisable (BROSSIER, 1989). Le même auteur explique que globalement
les paysans ne souhaiteraient pas se contenter de résultats stables si cela doit impliquer
des niveaux de revenu faibles. Concrètement, la façon dont les fermiers répondent aux
propositions d'innovation dépend des facteurs liés à l'exploitation et au ménage qui lui
est lié (situation financière, cycle familial, force de travail) et de facteurs exogènes.

HUIJSMAN (1986) explique que les paysans ont une attitude active vis-à-vis du risque :
leur principal objectif ne serait pas de limiter la variabilité de la production mais de
pouvoir agir sur les contraintes pour utiliser positivement les ressources. Pour cela ils
choisissent des systèmes de cultures flexibles et ayant des options diversifiées de
culture. Ils recherchent les facteurs de production qui s'adaptent le mieux aux
modifications de l'environnement pendant le cycle de culture et qui sont les plus
souples quant aux dates d'utilisation. L'auteur conclut que les paysans savent jouer
avec le risque mais ils craignent la spirale de l'endettement. C'est pour cette raison que
le risque perçu peut constituer une cause sérieuse de sous-investissement en
agriculture et d'élargissement des disparités entre les ménages pauvres et les ménages
riches.

Figure 5 : Représentation de la prise de décision

Il s’agit bien souvent de la raison d’être de l’exploitant, de ses aspirations, de ses projets
pour le fonctionnement de son exploitation ce pour quoi il travaille ou améliore son
exploitation. Le but donne le cap à suivre pour l’exploitant. Identifier les finalités d’un
exploitant, c’est admettre qu’elles puissent être différentes d’une exploitation à l’autre,
c’est supposer aussi qu’il n’y a pas qu’une finalité monétaire.

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CHAPITRE III : DYNAMIQUE DES SYSTEMES D’ELEVAGE


Après avoir décrit la structure, analysé le fonctionnement du système, il convient de
s’interroger sur les modalités d’émergence d’un tel système, ses évolutions possibles
et les facteurs de ces évolutions.

1. DES SYSTEMES QUI EVOLUENT

La structure et le fonctionnement d’un système d’élevage sont appelés à subir des


transformations sous l’action de facteurs internes au système ou provenant de
l’environnement dans lequel est inséré le système. Il faut donc connaître et prendre
en compte cette dynamique interne, c’est à dire identifier les facteurs et les
perspectives d’évolution des systèmes.

2. DES SYSTEMES QUI ONT UNE HISTOIRE

Retracer l’histoire des systèmes étudiés peut être très riche d’enseignement à
plusieurs points de vue. L’analyse instantanée ne fournit pas une information
suffisante et ne permet pas, entre autres, de dégager la cohérence des décisions et
de saisir d’autre part les facteurs actuels qui peuvent faire évoluer le système
(SEBILLOTTE, 1979).

3. UN MODELE DE REPRESENTATION DE LA REALITE ?

Le concept de système d’élevage est un modèle, un outil d’exploration de la réalité.


Il va nous permettre de réaliser un diagnostic sur l’activité de l’élevage dans une
région, c’est à dire identifier les atouts et les contraintes des différents systèmes
d’élevage qui auront été reconnus ainsi que les possibilités d’évolution de ces
systèmes et sous l’effet de quels facteurs.

Le diagnostic doit établir une liste hiérarchisée des facteurs


limitants, socio-économiques et techniques, qui correspondent à
des problèmes zootechniques (en faisant référence aux problèmes
agronomiques,( SEBILLOTTE, 1987).

Ces problèmes zootechniques ne sont pas des évidences, perçus de façon identique
par tous les acteurs du développement, éleveurs, agents des structures
d’encadrement et de vulgarisation et chercheurs. L’éleveur ressentira comme
contrainte, problème zootechnique, toute contrainte qui empêche le
fonctionnement optimum du système qu’il organise et pilote.

Le diagnostic que nous voulons mener doit donc définir les problèmes
zootechniques du point de vue de l’éleveur. Ces problèmes, le zootechnicien doit
alors ‘ les transformer en questions scientifiques pour pouvoir bâtir des protocoles
compatibles avec les exigences de sa discipline scientifique (SEBILLOTTE, 1987).

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C’est à partir d’un diagnostic en termes de système, reposant sur une véritable
analyse du fonctionnement des systèmes d’élevage, et qui associe les éleveurs à la
démarche, que peuvent être formulés les problèmes zootechniques du point de vue
qui nous intéresse, c’est-à-dire celui de l’éleveur.

L’identification des blocages et des contraintes permettra d’envisager différentes


stratégies pour « l’après diagnostic » :

➢ Proposer des améliorations lorsqu’elles sont connues,

➢ Proposer des études plus fines (suivis) pour analyser le fonctionnement des
systèmes d’élevage caractérisés auparavant,

➢ Orienter des travaux de recherche en milieu contrôlé ou en laboratoire.

• Le concept de système d’élevage permet de décrire une réalité


complexe

Le modèle de représentation, que nous appelons « système d’élevage », organise les


connaissances acquises sur l’activité d’élevage. Cette description ne s’arrête pas à la
caractérisation des éléments du système ; il faut également prendre en compte les
relations, les échanges entre les éléments du système, et avec l’environnement.

D’autre part, à partir de l’identification des systèmes observés au présent, il est


possible de décrire les étapes d’une évolution qui a conduit aux systèmes actuels, de
retracer l’histoire de l’élevage sur la zone où s’opère le diagnostic et de définir des
trajectoires d’évolution.

• Il permet d’expliquer cette réalité

Pour pouvoir intervenir sur le développement de l’élevage, il ne suffit pas de décrire,


il faut aussi comprendre pourquoi les systèmes, que le diagnostic a reconnu se
structurent et fonctionnent de la façon observée. Le modèle de représentation que
nous proposons permet d’établir des relations explicatives entre les différents
paramètres observables du système : pratiques des éleveurs, performances des
animaux, états des facteurs et conditions de production, états de l’environnement.
Ces relations sont mises en évidence grâce à des outils d’analyse que nous verrons
plus loin comme les typologies ou les schémas d’élaboration des performances
animales. L’emploi de ces outils d’analyse nécessite la mobilisation préalable des
connaissances et des références de la zootechnie.

• Il permet de porter un jugement

Le jugement des systèmes d’élevage qui ont été identifiés au cours du diagnostic est
une étape importante. Il devra se faire sur deux plans : celui de l’efficience technique
du fonctionnement du système et celui de la satisfaction des objectifs poursuivis par
les centres de décisions qui maîtrisent le système. Cette démarche demande la
mobilisation de référentiels adaptés pour pouvoir comparer les résultats obtenus
par un système à ces référentiels et donc porter un jugement.

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• Le jugement de l’efficience technique du fonctionnement du


système

Il nous faut savoir dans quelle mesure, le système d’élevage tire parti efficacement
des capacités productives et matériel animal qu’il utilise. Pour cela, nous devons
disposer d’indicateurs, mesurés au niveau du système considéré, qui soient le reflet
de l’efficacité des modes de conduite des animaux. Le type d’indicateur choisi est
une mesure de la qualité des animaux qui sera appelée performance animale.
Les performances mesurées sur les animaux d’un système doivent être comparées à
un référentiel adapté.

Ce référentiel peut être une série de donnée bien choisies : des résultats obtenus en
station de recherche peuvent être utilisés pour construire un référentiel et servir
ainsi au diagnostic en milieu paysan.

C’est à partir de la mesure des performances, leur comparaison avec des référentiels
adaptés qui permet d’établir le niveau de ces performances (bon, moyen mauvais)
qu’il sera possible de s’interroger sur les causes expliquant ces niveaux de
performances.

Le jugement de l’efficience de la fonction de production doit se faire également en


confrontant les résultats obtenus (performances) aux ressources mobilisées par le
processus.

• Jugement d’après la satisfaction des objectifs poursuivis par les


centres de décisions

C’est essentiellement au niveau des processus de production que peuvent être portés
ces jugements. Dans le jugement de l’efficience technique, chaque performance est
prise individuellement et comparée à un référentiel qui peut être appelé référentiel
technique. Cette approche prenant les performances une à une est insuffisante pour
juger le fonctionnement du système. Une efficacité technique moyenne d’un système
d’élevage peut être tout à fait justifiée dans le cadre de l’ensemble du
fonctionnement du système de production. En effet, l’éleveur ne cherche pas à
maximiser chaque performance.

Exemple : dans les élevages ovins en steppe, les éleveurs recherchent les meilleures
performances de croissance possibles des agneaux. Par contre, ils ne veulent pas
d’une forte prolificité : leur objectif est d’obtenir un agneau par femelle avec le
minimum de doubles, car leur système de production ne permet pas notamment au
niveau des ressources alimentaires, de valoriser un nombre trop important
d’agneaux.

Il nous faut donc juger le fonctionnement du système dans sa globalité, évaluer sa


capacité à remplir les objectifs que se fixe l’éleveur. Un autre type de référentiel doit
être déterminé. Il sera bâti à partir de l’analyse des objectifs des éleveurs. Ceux-ci ne
peuvent pas être appréhendés directement. C’est l’étude du système à travers

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notamment l’analyse des pratiques, qui permet d’établir les logiques décisionnelles
des éleveurs.

Les performances mesurées devront être situées par rapport aux objectifs de
l’éleveur pour se rendre compte si elles sont à l’optimum de ce que l’éleveur attend.

Le jugement : une étape importante du diagnostic : La finalité du


jugement, réalisé aux deux plans présentés ci-dessus, est de dresser une liste des
atouts et des contraintes pour chaque système d’élevage identifié au cours du
diagnostic. C’est grâce au jugement en effet, c’est-à-dire par des comparaisons à
des référentiels bien construits, que pourront être formulés les problèmes
zootechniques qu’il faudra s’attacher à résoudre. Le jugement permet d’établir un
cahier des charges pour la mise au point d’innovations techniques devant
favoriser le développement de l’élevage. Ce cahier des charges est un système de
contraintes auquel doivent répondre les solutions techniques à vulgariser
(SEBILLOTTE, 1987).

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CHAPITRE IV : LES PRINCIPAUX SYSTEMES D’ELEVAGE


Dans ce chapitre, seront décrits les principaux systèmes d’élevage existant globalement
dans le monde et en Algérie particulièrement et seront évoqués les raisons de leur
évolution :

1. LES SYSTEMES D’ELEVAGE DANS LE MONDE TROPICAL

On se réfère aux quatre principaux systèmes d’élevage pratiqués dans le monde


tropical : les systèmes pastoraux et agropastoraux, les systèmes prairiaux, les systèmes
mixte agriculture-élevage et les systèmes hors-sol pour l’engraissement ou la
production laitière (KLEIN ET AL., 2014)

1.1. Dans les systèmes pastoraux et agropastoraux :

Les systèmes d’élevage pastoraux relèvent tous ou presque des systèmes extensifs.
Dans ces conditions, l’éleveur tire parti à moindre coûts des ressources naturelles et
compense la productivité relativement faible de son bétail par un nombre de tête
important. Les pasteurs ajustent l’offre fourragère aux besoins de leur troupeaux en
étant mobile et se déplaçant sur de vaste surface ; ils font évoluer leur système de
production en allongeant les transhumances et en se déplaçant de plus en plus en zones
agricoles où les troupeaux exploitent les espaces naturels non cultivés, les jachères et
les champs après les récoltes. Ils pratiquent alors un peu d’agriculture de subsistance,
ce qui les amène à sédentariser une partie de la famille et à garder quelques animaux
prés de leur campement. Il récolte très souvent les résidus de cultures, mais cultivent
rarement des cultures fourragères. Les pasteurs qui se mettent à cultiver, évoluent vers
les systèmes mixtes agriculture-élevage (figure 6 &7).

On peut distinguer, en fonction des groupes ethnique :

- l’agropasteur, éleveur pour qui l’objectif principale est la production animale, même
s’il cultive (agriculture de subsistance) ;

- l’agro-éleveur qui utilise la traction animale et/ou qui investit les revenus de
l’agriculture dans

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l’achat de bétail.

Figure 6 : Planche- Le pastoralisme peul (LHOST ET AL., 1993)

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Figure 7 : Planche- Exemple de répartition des responsabilités chez les agro-


pasteurs sédentaires (LHOST ET AL., 1993)

• Les atouts

Les principales limites des systèmes pastoraux et agro-patoraux peuvent se résumer en


ces quelques points (ALARY ET LHOST, 2009):

✓ Un cout minime de l’alimentation sur parcours


✓ Une opportunité de valoriser les ressources renouvelables de zones défavorables
pour la culture, enclavées ou marginale : zones arides, sub-arides, sols pauvres,
terrains accidentés…
✓ Une aptitude des animaux à se déplacer et donc à se rapprocher, à faibles cout,
des marchés ou de zones de consommation
✓ Pour les cultures, l’importance du troupeau permet en regard des surfaces
cultivées (souvent limitées) un transfert significatif de fertilité, notamment par
le parcage des animaux

• Leurs contraintes et leurs limites

✓ Ces systèmes pastoraux utilisent le plus souvent des « communs » c’est-à-dire,


des ressources collectives qui pose parfois des problèmes important liés à
l’augmentation des effectifs et donc des charges animales dans un contexte
climatique aléatoire.

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✓ La pression sur la ressource pâturée due à la charge animale est souvent


aggravée par la compétition pour l’espace avec les agriculteurs. La négociation
pour une meilleure gestion collective s’impose alors.

Ces systèmes sont aussi confrontés à des difficultés politiques liées à leur
enclavement et à l’irrédentisme traditionnel de ces sociétés pastorales par rapports
aux pouvoirs centraux des états (ALARY ET LHOST, 2009

Photos 2 : semi-nomadisme (LHOST ET AL., 1993)

Il est donc difficile de faire évoluer ces systèmes pastoraux, non seulement en raison
de leur fort ancrage social, culturel et historique, mais aussi, en raison de leur
enclavement dans des zones souvent peu équipées et difficiles d’accès. Les innovations
techniques appropriées à ce type de système sont également peu nombreuses et la
promotion des organisations d’éleveurs pour améliorer la gestion des ressources
naturelles (eau, pâturage) et le fonctionnement des filières ne rencontre pas toujours
le succès escompté.

1.2. Dans les systèmes prairiaux

Les systèmes sur prairies ou système


herbagers reposent sur une alimentation
essentiellement à base d’herbe (photo 3),
tantôt paturée (le plus souvent), tantôt
récoltée en période de surplus, conservée et
distribuée en saison de repos végétatif et de
déficit. Les prairies ou herbage sont des
végétations naturelles ou cultivées
(pâturages améliorées) pâturées par des
animaux. (KLEIN ET AL., 2014)

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Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

L’exploitation se fait par pâture libre,


dans des parcs, une grande partie de
l’année, avec possibilité de faucher les
surplus de production et de faire du foin,
ou plus rarement de l’ensilage, sous
forme de report pour la saison de repos
végétatif. Dans certains systèmes
herbagers, en zone d’altitude, les
prairies naturelles composent l’essentiel
des ressources fourragères et les
cultures fourragères au sens strict ne
sont souvent qu’un appoint.
Photo 3 : élevage sur prairie en zone tempérée
Les niveaux d’intensification, qui
dépendent de l’importance des investissement consentis et du degré de maitrise de la
ressource fourragère, sont le plus souvent intermédiaire. Ces systèmes bénéficient de
beaucoup d’espace et aussi d’investissement important fait dans la durée. Les
exploitations familiales spécialisées en élevage et les ranches relèvent souvent de ces
systèmes à fort investissement. Ils sont présents surtout sur le continent sud-
américain, en Australie mais aussi en Afrique central, orientale et australe

Le maintien de la ressource fourragère dépend de la façon dont sont régulés les effectifs
et les niveaux de charge animale pour éviter des processus de dégradation.
L’organisation de ces chargements nécessite une sectorisation des zones de pâtures
pour pouvoir effectuer des rotations. Les animaux sont déplacés de parc en parc selon
des logique de rotation, en fonction de la vitesse de repousse de la végétation et des
effets saisonniers.

1.3. Systèmes mixtes agriculture-élevage

Dans les exploitations mixtes, les systèmes de cultures et d'élevage sont étroitement
liés et sont complémentaires, de sorte que le fourrage produit est donné aux animaux
qui produisent du fumier, qui est à son tour recueilli et utilisé pour les cultures. A
l’échelle de l’exploitation, les systèmes mixtes associant l’agriculture et l’élevage,
représentent une première étape d’intensification de l’élevage, puisque l’agro-éleveur
y consacre une part de ses investissements. Parmi ces investissements, la production
fourragère peut tenir une bonne place. Ainsi, au sein de l’exploitation s’établit une sorte
d’échange de services entre l’agriculture et l’élevage (figure8) :

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Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

Ainsi, au sein de
l’exploitation s’établit une
sorte d’échange de services
entre l’agriculture et
l’élevage : les plantes
cultivées procurent les
résidus de culture,
éventuellement des sous-
produits agro-industriels ;
les cultures fourragères
sont pâturées, distribuées
en vert ou stockées pour les
périodes de soudure quand
les parcours ne suffisent
plus.

Figure 8 : Illustration
d’un système agriculture-
élevage

Les animaux d’élevages consomment les résidus de cultures, les adventis, les sous-
produits agricoles et de plus en plus de plantes fourragères cultivées. Ils apportent
l’énergie utile pour le travail attelé (travail du sol, transport) et participent au nettoyage
des parcelles et à la fertilisation organique des sols (déjections et fumier).

• Les contraintes

Les dynamiques d’intégration de l’agriculture et de l’élevage sont encore très variables


d’une région à l’autre et souvent limitées. La traction animale elle-même a souvent été
utilisée d’abord comme un facteur d’extension des surfaces plutôt que comme un
facteur d’intensification : les effets pervers de telles pratiques peuvent être important
et nuire à la durabilité des systèmes mixtes. Par ailleurs, la valorisation de la fumure
animale est souvent loin d’être optimisée. Les problèmes de transport se pose
fréquemment avec acuité, limitant l’introduction de certaines innovations techniques.

1.4. Les systèmes péri-urbain

Les systèmes peri-urbain se sont développé récemment pour répondre


particulièrement à l’augmentation rapide de la demande des villes en produits
animaux. Ils concernent souvent les espèces à cycles court (volailles) mais aussi des

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Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

formes intensifiées d’élevage de ruminants (lait en embouche en particulier) (ALARY


ET LHOSTE, 2009)

1.5. Dans les systèmes hors sols

Les systèmes d’élevage les plus intensifs au sens économique ont recours à des achats
d’importantes quantités d’aliments pour le bétail. C’est le cas des élevages industriels
de volailles et de porc, à base de céréales, de sous-produits agro-industriels et de
compléments minéraux et vitaminiques. Les élevages hors sol comprennent aussi les
élevages de ruminants élevés dans des enclos ou à l’table, sans surface pâturée.

Ces systèmes sont associés à des objectifs spécifiques de production, l’engraissement


et/ou la production laitière. La dimension des ateliers va de l’animale unique, élevé
dans une cour ou attaché, à l’atelier de production, à un nombre relativement
important d’animaux (atelier d’embouche, étable laitière)

EN RESUME (figure9) :

Figure 9 : Planche-Construction hiérarchisée des grands


systèmes d’élevage (DEDIEU& AL.2011,)

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Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

2. LES SYSTEMES D’ELEVAGE EN ALGERIE

L’étude des systèmes de production s’est essentiellement limitée au bovin, à l’ovin et à


l’aviculture industrielle et à moindre degré, le caprin et l’apiculture. Elle ne s’est pas
étendue à l’ensemble des espèces et types génétiques, ni à toutes les zones concernées
par l’élevage. Les données disponibles permettent de rassembler les nombreux
modèles existants en trois grands types qui se différencient principalement par leur
niveau de consommation des intrants et par le matériel génétique utilisé (figure 10 &
11). (ANGR, 2003)

2.1. Système extensif

Basé sur l’exploitation de l’UF gratuite, ce système concerne les types génétiques locaux
et correspond à la majorité du cheptel national. De par son étendue spatiale et les
effectifs qu’il compte, il domine les autres systèmes et est présent dans toutes les zones
agro écologiques sauf dans les plaines irriguées du Nord, les hautes plaines céréalières
et les oasis du Sud où il est faiblement représenté.

Il concerne surtout :

• L’ovin et le caprin en steppe et sur parcours sahariens,


• Le bovin et le caprin en régions montagneuses et piedmonts du Nord,
• Le dromadaire et le caprin dans le Sud,
• La volaille et l’apiculture dans toutes les régions
• Et enfin le lapin dans le Nord du pays.

Figure 10: Répartition de la ressource génétique animale locale


(AnGR, 2003)

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Le niveau des intrants est faible (ovin) à nul (autres espèces). L’utilisation de l’aliment
concentré et les produits vétérinaires se limite à l’espèce ovine, plus particulièrement
durant les périodes difficiles (sécheresse, maladies). La main d’œuvre est familiale sauf
pour l’ovin et le camelin pour lesquels on retrouve aussi de la main d’œuvre salariée.

Globalement, les élevages sont de type familial, destinés à assurer l’autoconsommation


en produits animaux (viande, lait, œufs et miel) et à fournir un revenu qui peut être
conséquent les bonnes années (forte pluviométrie). De plus, ces animaux et en fonction
des espèces et des régions d’élevage, fournissent le fumier à des systèmes de culture
non utilisateurs d’engrais chimiques (maraîchage et arboriculture) et alimentent le
système d’activité des populations rurales en matières premières indispensable à
l’artisanat familial (laine, poils et cuir); ils sont aussi largement utilisés dans le
transport dans certaines zones difficiles (Sud et régions montagneuses du Nord).

Globalement, la première finalité de ces élevages se répartit comme suit :

La viande : l’ovin, le bovin et le camelin ;

Le lait : le caprin et le bovin ;

Les œufs et viande blanche : l’aviculture

2.2. Système semi – intensif

Ce type est caractérisé par une utilisation modérée d’intrants, essentiellement


représentés par les aliments et les produits vétérinaires. Sa localisation spatiale rejoint
celle des grandes régions de culture vu son imbrication dans les systèmes culturaux
dont il valorise les sous-produits et auxquels il fournit le fumier.

L’ovin et le caprin Pratiqué au niveau des plaines céréalières, le système semi


intensif constitue un élément clé du système agraire de cette zone et qui se caractérise
par la complémentarité céréaliculture/élevage ovin. En plus du pâturage sur jachères
(très répandues dans la région) et sur résidus de récoltes, les animaux reçoivent un
complément en orge et en foin. Par ailleurs, les éleveurs, grands ou petits propriétaires
de troupeaux, utilisent régulièrement les produits vétérinaires. Ce système alimente
régulièrement le marché de la viande et celui des animaux sur pied.

Le bovin Le bovin dit « importé » ou croisé (local x importé) représente le second type
génétique dont l’élevage est semi intensif. Plus répandu dans les zones de piedmonts
de l’Est et du Centre du pays, il est à tendance viande mais fournit une production
laitière non négligeable et destinée à l’autoconsommation. Parfois, un surplus est
dégagé pour la vente aux riverains. Jugés médiocres en comparaison avec les types
génétiques importés, ces animaux valorisent seuls ou conjointement avec l’ovin et le
caprin les sous-produits des cultures et les espaces non exploités. Ces élevages sont
familiaux, avec des troupeaux de petite taille, généralement conduits sur pâturage
(jachère, parcours, résidus de récoltes). Les animaux reçoivent également du foin, de
la paille et du concentré. Le recours aux soins et produits vétérinaires est assez rare.

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Polycopié cours Système d’élevage MASTER II

L’apiculture L’élevage apicole traditionnel reste très extensif alors que celui qui a pris
un essor particulier ces dernières années dans les différentes régions du pays est
conduit de manière semi intensive. En effet, il utilise régulièrement les produits de
nourrissement et à un degré moindre les produits vétérinaires.

2.3. Système intensif

Grand consommateur d’intrants, ce système qui utilise le matériel génétique introduit,


excepté pour l’espèce ovine, est basé sur l’achat d’aliments, l’utilisation courante des
produits vétérinaires et le recours à la main d’œuvre salariée.

L’aviculture : De toutes les productions animales en Algérie, cette spéculation est la


plus intensive, qu’elle soit pour la viande ou pour l’œuf de consommation.
Totalement "artificialisée" depuis les années 80, elle est pratiquée de manière
industrielle dans toutes les régions du pays, même dans le Sud avec cependant une
plus grande concentration autour des grandes villes du Nord. Ce système est celui qui
a introduit le plus de changements aussi bien chez la population rurale (surtout la
femme, responsable traditionnelle de l’élevage avicole) que chez l’éleveur moderne et
le consommateur durant les vingt dernières années.

Bovin laitier localisé dans les plaines littorales et les régions montagneuses du Nord,
ce système utilise un cheptel importé, des animaux de races améliorées mais nés
localement et à moindre degré les produits de croisement avec le local. Même si le
caractère laitier est affiché par les éleveurs car il ouvre le plus souvent la porte aux
subventions de l’Etat, la conduite montre clairement la tendance mixte de ces élevages.
En effet, les jeunes sont dans la majorité des cas gardés jusqu’à 2 ans et au-delà, le
sevrage est tardif, l’insémination artificielle n’est pas une pratique courante et les
performances de production et de reproduction sont loin des aptitudes du matériel
génétique utilisé. Les troupeaux sont généralement d’effectifs moyens à réduits (autour
de 20 têtes) et entretenus par une main d’œuvre familiale. L’alimentation est à base de
foin et de paille achetés. Un complément concentré est régulièrement apporté. Les
fourrages verts sont assez rarement disponibles car dans la majorité des élevages
bovins, l’exploitation ne dispose pas ou dispose de très peu de terre.

L’ovin Destinés à produire des animaux bien conformés pour d’importants rendez-
vous religieux et sociaux, ces élevages se pratiquent autour des grandes villes du Nord
et dans certaines régions de l’intérieur, considérées comme marchés d’un bétail de
qualité. Menés hors sol et de durée limitée (2 à 4 mois généralement), ces élevages en
bergerie ou dans des enclos consistent à engraisser le plus rapidement possible des
agneaux prélevés des systèmes extensifs ou semi intensifs de la steppe et des hautes
plaines céréalières. L’alimentation est constituée de concentré, de foin et de paille. De
nombreux sous-produits énergétiques sont aussi incorporés dans la ration.

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Figure 11 : Etages bioclimatiques du pays

2.4. Contraintes majeures des systèmes de production en Algérie

Les principales contraintes qui affectent les systèmes de productions sont :

- Un milieu difficile caractérise par une variabilité climatique annuelle et saisonnière


et des ressources naturelles mal exploitées et menacées de dégradation de la steppe :
caractérisée par la persistance de la sécheresse et ses conséquences sur les
ressources naturelles qui ont mis à nu les insuffisances des premières stratégies
adoptées par le pays sur la gestion du potentiel naturel.
- Un niveau de disponibilités alimentaires très aléatoire, lié aux parcours, aux
jachères et aux sous-produits de la céréaliculture, avec en général un déficit
alimentaire prononcé en année de pluviométrie défavorable.
- Un espace pastoral d’accès difficile (immensité de la steppe, enclavement des zones
de montagne) avec morcellement des terres, une multitude de petites exploitations,
et une multiplicité de régimes juridiques des terres.
- Un élevage détenu par une majorité de petits éleveurs, peu organisés et peu
encadrés, ayant difficilement accès au crédit.

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- Le peu d’intérêt porté à l’élevage en général pour la production des viandes rouges,
en comparaison à l’encadrement et aux fonds publics dont ont bénéficié les sous-
secteurs jugés jusqu’à présent prioritaires.
- Inadéquation des formes d’organisation actuelles avec les exigences d’une économie
de marché,
- Fragilité structurelle du système extensif illustrée par l’insuffisance en aliments,
concurrence des produits de l’importation ou des autres systèmes de production
- Difficulté d’approvisionnement en matériel génétique animal et en aliments pour le
système intensif, les élevages dépendent totalement (aviculture et bovin laitier) du
matériel génétique exotique,
- Inadaptation des types exotiques aux conditions locales (climat, alimentation,
conduite)

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CHAPITRE V : LES OUTILS DU DIAGNOSTIC DES


SYSTEMES D’ELEVAGE
Pour aider à apporter un diagnostic utile au système d’élevage, une gamme d’outils
peut être employées : les enquêtes, le zonage, les suivis d’élevages et les
expérimentations chez les éleveurs (Alary et Lhost, 2009)

1. LES ENQUETES

Les enquêtes permettent d’aborder la réalité dans des délais courts :

Les enquêtes zootechniques sont centrées sur l’animal, le troupeau et sa


productivité, c’est ce qu’on appelle l’analyse zootechnique

Les enquêtes systémiques sont d’avantage centrées sur l’acteur, ses pratiques, ses
modes d’organisation

L’approche systémique permet de trouver des réponses cohérentes pour


chaque système (Landais, 1992). Il consiste à concentrer les moyens
d'investigation sur le fonctionnement global des systèmes (Landais, 1994). Cette
méthode se base sur le fonctionnement global de l'exploitation, et non pas sur
un état des lieux superficiel. L'objectif consiste donc à fournir des outils d'aide à
la décision aux acteurs chargés de l'activité agricole (Sraïri, 2001).

Cette démarche vise par exemple à identifier :

✓ La « finalité » du système

✓ Les niveaux d'organisation,

✓ Les états stables possibles,

✓ Les échanges entre les parties,

✓ Les facteurs d'équilibre et de déséquilibre

✓ Les boucles logiques et leur dynamique, etc.

1.1. Connaitre les acteurs

• Le premier à élucider est celui de la propriété des animaux. Il arrive que l’éleveur
ne soit pas propriétaire des animaux ou qu’il ait partage de propriété : les
intérêts des uns et des autres peuvent être différents voire quelquefois
contradictoires.

• Il est nécessaire aussi de savoir comment sont acquis les animaux (héritage,
dons…)

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• Les taches liées à l’élevage sont souvent réparties dans la famille. Elles peuvent
être aussi réparties selon le type d’animal. Il est nécessaire de déterminer qui
s’occupe de quoi et de quelle manière.

• Un autre point important de la conduite des troupeaux est de savoir qui prend
les décisions techniques (reproduction, déplacement) et qui gère la composition
du troupeau (achats, ventes, taille, les espèces…)

• Il s’agit également d’identifier les mécanismes de gestion de ce moyen de


production particulier: objectif de l’éleveur et critères de décision (quelles
informations utilise t’il pour faire ses choix). Il faut enfin cerner les modalités
d’organisation des autres moyens de production (terre, travail, autres élement
du capital).

1.2. Analyser les pratiques

• Les pratiques sont les façons de faire individuelles des éleveurs observables sur
le terrain. Elles évoquent le savoir-faire individuel dans l’exécution d’une
technique donnée (qui le fait, comment, quand, dans quelle condition, etc.):
pour la traite par exemple, l’analyse des pratiques d’un éleveur passe d’abord
par le repérage de l’acteur (qui trait: l’éleveur, un salarié, sa femme…?) et
l’observation de la fréquence de traite, de l’horaire, de la durée, du lieu, des
pratiques d’hygiène, etc.

• On distingue des pratiques

• D’agrégation (constitution d’ensemble d’animaux conduits en groupe)

• De conduite (soins, alimentation, abreuvement)

• De reproduction et de renouvellement du troupeau

• Des pratiques territoriales appliquées à l’espace et aux ressources

• Et des pratiques de valorisation

Celles-ci nous renseignent sur les projets et les contraintes des familles concernées.

1.3. Connaitre les organisations

Il est nécessaire de distinguer les organisations traditionnelles et les nouveaux


groupements ou associations d’éleveurs. Les organisations traditionnelles sont très
souvent caractéristiques d’une communauté ethnique dont il faut apprendre à
connaitre l’organisation sociale. Cette connaissance est particulièrement
indispensable pour comprendre les prises de décision.

2. LA DIVERSITE SPACIALE : LE ZONAGE

• S’interesser à la diversité dans l’espace n’est pas spécifique à l’étude des


systèmes d’élevage. C’est souvent une démarche préalable à tout travail sur le

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terrain. Le principe en est simple : il consiste à reconnaitre que toutes les


situations du point de vue des objectifs de travail que l’on se donne ne sont pas
comparable dans l’espace. Les analyses et propositions seront d’autant plus
pertinentes que les éléments de cette diversité sont bien pris en compte dès le
départ.

• Le zonage permet de décrire la diversité spéciale et de distinguer des unités


géographiques, en utilisant d’abord les informations disponibles. Il résulte de la
synthèse de deux types d’élément : les caractéristiques générales, correspondant
aux milieux biophysiques (sol, altitude, climat, hydrographie, végétation…) ou
humain (peuplement occupation de l’espace, diversité des activités…), et les
caractéristiques plus spécifiques de l’étude projetée des systèmes d’élevages
(pâturage, types d’animaux, marchés…)

• La représentation que l’on peut de donner d’un espace dépend en effet du point
de vue adopté.

3. LES SUIVIS D’ELEVAGE

• Les enquêtes instantanées, rétrospectives ou répétées donnent en général des


informations indispensables mais restent encore insuffisantes pour l’élevage.
En effet, la personne enquêtée ne possède pas nécessairement l’information
requise (nombre d’animaux vendus, de naissances, mortalité dans le troupeau).
Même s’il la possède, il peut aussi ne pas la communiquer fidèlement pour
diverses raisons.

• Pour améliorer la connaissance des troupeaux et des systèmes d’élevage, il est


apparu nécessaire de développer d’autres outils : le suivi d’élevage

• Ces suivis sont fondés sur l’identification et l’observation individuelle des


animaux et prennent en compte le temps grâce à des passages réguliers (étude
diachronique). Cela permet de positionner clairement les évènements de
diverses nature (reproduction, santé, alimentation, ventes, mortalités…) et de
mettre en évidence des effets saisonniers et interannuels, qui peuvent être très
important (exemple : saisonnalité de la production laitière)

• On distingue deux types de variations temporelles pour l’étude des systèmes


d’élevage

• Le temps rond illustre le cycle des saisons : cette représentation traduit bien
les variations saisonnières de la production fourragère et des mouvements des
troupeaux mais ne permet pas de représenter les effets interannuels ;

• Le temps long illustre la succession des années : il permet d’aborder les effets
interannuels tels que la carrière des femelles bovines ou le progrès génétique au
fil des générations.

• Les suivis nécessitent une forte adhésion de l’éleveur, qui doit coopérer pendant
un certain temps avec l’observateur.

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Il est souvent difficile de maintenir l’intérêt des éleveurs lors d’un suivi de longue
durée et parfois nécessaire de soutenir la motivation des partenaires par certaines
incitations même si elles sont ponctuelles et symboliques.

4. LES EXPERIMENTATIONS EN MILIEU ELEVEUR

Si l’expérimentation en station est bien maitrisée et connue, ce n’est pas vraiment le


cas de l’expérimentation chez les éleveurs qui pose bien d’autres problèmes tels que
l’hétérogénéité du milieu, les effectifs animaux souvent modeste…cependant, les
objectifs de ces expérimentations peuvent êtres divers :

▪ Adapter des solutions connues ailleurs (un traitement chimique des


fourrages par exemple);

▪ Tester des solutions correspondant à des hypothèses de travail (une


complémentation minérale qui peut jouer sur la fertilité des femelles par
exemple) ;

▪ Évaluer l'impact de certaines innovations (une saison de monte ou un


supplément alimentaire par exemple).

Un aspect original de l'expérimentation en milieu éleveur nous est offert par


l'analyse comparative en situation réelle qui consiste à utiliser la diversité du réel
comme un facteur expérimental de variation ; cela peut s'appliquer par exemple à :

• La diversité génétique entre espèces ou entre races d'une même espèce,

• Le risque sanitaire (entomologique par exemple),

• La saison de mise bas, etc.

Deux remarques peuvent être rappelées en guise de conclusion de cette présentation


des outils du diagnostic sur les systèmes d’élevage :

- La nécessaire flexibilité : le dispositif à mettre en place pour le diagnostic,


l’étude et l’amélioration d’un système d’élevage doit être adapté à un contexte
local et à une situation donnée. Ce dispositif tiendra compte des objectifs, des
moyens, des délais, etc. Il a pour finalité de produire les résultats attendus de la
façon la plus efficace et la plus rapide possible.

- La participation des acteurs, agriculteurs, éleveurs, agents des filières,


est un point important auquel il faut être attentif aux différentes phases de
l’opération. Cette participation active des partenaires du terrain peut paraître
assez lourde, mais elle est la garantie pour la recherche-développement de
rester pratique, finalisée et bien comprise des bénéficiaires potentiels.

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