MINISTÈRE DES ENSEIGNEMENTS BURKINA FASO
SECONDAIRE ET SUPÉRIEUR. Unité-Progrès-Justice
ECOLE SUPERIEURE DES TRAVAUX
PUBLICS DE OUAGADOUGOU
NIVEAU : MASTER
CONSTRUCTION METALLIQUE M1
M. Evariste OUEDRAOGO, ingénieur en GC
Année académique 2021-2022
CHAPITRE 1 : RAPPEL DES REGLES GENERALES DE CALCUL
Introduction
Une structure doit être calculée et réalisée de manière à satisfaire certaines conditions de résistance
et de comportement vis-à-vis des actions qui lui seront appliquées au cours de sa durée de vie. Il
s’agit donc de s’assurer que :
La structure dans son ensemble ou un de ses éléments puisse résister aux différentes actions
avec une probabilité acceptable.
La structure doit également résister à d’éventuelles actions accidentelles (séisme, explosion,
choc…)
La structure ne doit pas subir des déformations ou des vibrations susceptibles de gêner le
bon fonctionnement de l’ouvrage.
I- Notion d’état limite :
Les états limites sont des états au-delà desquels la structure ne satisfait plus aux exigences de
performance pour lesquelles elle a été conçue. En construction métallique, on utilise deux
états limites à savoir :
Etats limites ultimes,
Etats limites de service.
Les états limites ultimes sont associés à l’effondrement de la structure, ou à d’autres formes
de ruine structurale (perte de stabilité) qui peuvent mettre en danger la sécurité des
personnes.
Les états limites de service sont associés à l’esthétique de la structure (fissuration nuisible) et
au confort des occupants (déformations excessives et vibrations).
II- Les actions
Une action désigne aussi bien des charges appliquées à la structure que des déformations
imposées par les effets thermiques ou des déplacements d’appui.
Trois types d’action sont à considérer :
les actions permanentes G : poids propre de la structure, poids des équipements ;
les actions variables d’exploitation ou d’environnement Q : surcharges d’exploitation,
neige, vent, effets thermiques ;
les actions accidentelles A : charges d’explosions, chocs divers, séismes, feu, etc.
La valeur de calcul d’une action est obtenue en faisant le produit d’une valeur représentative
de l’action par un coefficient partiel de sécurité.
III- Les combinaisons d’actions :
Une combinaison d’actions résulte de l’application simultanée :
des actions permanentes ;
d’une action variable dite de base ;
des actions variables dites d’accompagnement.
Les actions sont combinées entre elles et leurs valeurs sont affectées de divers coefficients qui sont :
Les coefficients partiels de sécurité , attachés aux actions tant permanentes que variables.
Les coefficients de combinaison , attachés aux seules actions variables, qui ne sont pas des
coefficients de sécurité, mais uniquement des facteurs liés à la probabilité d’occurrence de la
combinaison de plusieurs actions variables, dont les valeurs ne peuvent être maximales
simultanément.
Ces combinaisons comprennent des combinaisons d’états limites ultimes et des combinaisons
d’états limitent de service.
En matière de dimensionnement, des combinaisons dites simpliée sont généralement utilisées. Il
s’agit donc :
ELU
1- 1.35G + 1.5Q
2- 1.35G + 1.5V
3- 1.35G + 1.5N
4- 1.35G + 1.35 (Q+V+N)
5- G – 1.5V
ELS
6- G + Q
7- G + V
8- G + N
9- G + 0.9 (Q+V+N)
10- G - V
IV-Stabilité des structures
Une structure est dite stable si elle peut assurer son équilibre sous n’importe quelle charge
statique d’intensité «raisonnable» et revenir à sa position initiale après disparition de cette
charge.
1- Structure isostatique
Une structure stable qui devient instable après relâchement d’un seul degré de liberté est dite
isostatique. Aussi Lorsque les liaisons entre les éléments d’une structure sont en nombre
strictement suffisant pour assurer la stabilité de la structure, celle-ci est dite isostatique. Dans
une structure isostatique, les réactions d’appui et les forces transmises par chaque élément
peuvent être déterminées par les seules équations d’équilibre.
a- Avantages
Bonne adaptation aux déplacements imposés
Faciles à calculer
b- Inconvénient
Deviennent des « mécanismes » après rupture d’un élément.
2- Structure hyperstatique
Une structure hyperstatique est une structure isostatique dont on bloque un ou plusieurs
degrés de liberté. Le nombre de degrés de liberté bloqués est nommé degré d’hyperstaticité
de la structure. Le calcul du degré d’hyperstaticité se fait suivant la formule
d = n-3e
d : degré d’hyperstaticité
n : nombre de d.d.l. bloqués
e : nombre d’éléments
Si d =0 alors la structure est isostatique
a- Avantages
Plus rigides et plus résistantes sous actions non issues de déplacements imposés
Eléments surabondants faisant office de fusibles (sous séisme notamment)
b- Inconvénient
Plus fragiles sous déformations imposées
Plus difficiles à calculer
V-Calcul des éléments de charpente métallique
1- Eléments soumis à la Traction Simple
Soumise à une traction suivant sa section, une barre en acier s’allonge uniformément jusqu’à
une certaine limite, appelée limite d’élasticité. Il y a réversibilité du phénomène : si la charge
est supprimée, la barre d’acier reprend sa dimension initiale (loi de Hooke).
Un élément soumis à la traction simple est dimensionné à la résistance. Il faut vérifier que :
Nmax : effort normal pondéré le plus défavorable [ kg]
σe : limite élastique [kg/ mm2]
Anette : section nette [mm2]
2- Eléments soumis à la Compression Simple
Les déformations dues à la compression ne jouent pas toujours un rôle déterminant sur les
éléments de structure verticaux. En revanche, un phénomène d’instabilité appelé
«flambement » apparait à partir d’une certaine charge et en fonction du rapport existant entre
la section et la hauteur de l’élément considéré.
Le flambement est une forme d’instabilité propre aux éléments comprimés élancés tels que
les poteaux, colonnes et barres comprimées. Le flambement simple affecte les pièces soumises
à la compression simple. Son étude est due à EULER. Sa théorie est fondée sur une poutre bi-
articulée à ses extrémités, soumise à un effort normal de compression N appliqué dans l’axe
OZ. Lorsque N croit, à partir de 0, l’état d’équilibre rectiligne initial évolue vers un état
curviligne fléchi. D’après la loi fondamentale de la flexion, issue de la résistance des
matériaux, le moment fléchissant s’écrit :
La résolution de cette équation permet de déduire que :
D’où
Si k=0 alors N=0 donc pas de déformation et la poutre reste rectiligne, donc au minimum K=1
ce qui conduit a une valeur minimale de Nk :
En introduisant la longueur de flambement lk, elle s’écrit alors :
Pour m=1 → Elément articulé dans les deux (02) extrémités ;
m=2 → Elément articulé dans une extrémité et encastré dans l’autre ;
m=4 → Elément encastré dans les deux (02) extrémités ;
m=1/4 → Elément encastré dans une extrémité et libre dans l’autre.
A la force critique d’Euler Nk, correspond une contrainte critique
A étant la section droite de la poutre
Avec i : rayon de giration minimal
Avec λ : Élancement maximale de la pièce et lf : longueur de flambement lf= α.l0
Le dimensionnement des éléments comprimés se fait à la stabilité et non à la résistance.
Vérification à la stabilité :
Vérification à la résistance Avec :
Contrainte maximale pondérée à la compression
Effort de compression maximal pondéré à la compression
A : section transversale
K : coefficient de flambement, il dépend de l’élancement de la pièce et de la nuance d’acier :
K= f (λ, nuance).
Les règles CM66 proposent des tableaux donnant K en fonction de λ (voir tableau)
λ : Élancement de la pièce
avec : lf= α.l0
i : rayon de giration
Imin : moment d’inertie minimum de l’élément
A : Section transversale
α = 1 ⇒ Elément articulé dans les deux (02) extrémités
α = 2 ⇒ Elément encastré dans une extrémité et libre dans l’autre
α = 0.7 ⇒ Elément articulé dans une extrémité et encastré dans l’autre
α = 0.5 ⇒ Elément encastré dans les deux (02) extrémités
Cas particulier : Pour les barres à treillis, la longueur de flambement est égale a :
• Montants et diagonales : lf = 0.8 l0
• Membrures supérieures et inférieures : lf = 0.9 l0
Lorsque pour une raison quelconque (par exemple, en cas de renforcement de pièces en
service) la contrainte caractéristique résultant de la compression soit rester inférieure à une
valeur plus petite que , on se place en sécurité en employant comme contrainte
caractéristique, le produit « k.σ » mais il est plus avantageux d’employer le produit « k1. 𝜎 » de
la contrainte pondérée de compression simple « 𝜎» par le coefficient d’amplification des
contraintes de compression
Le tableau suivant donne les valeur de k1 en fonction de λ et de σ.
3- Eléments soumis à la flexion simple
Les poutres sont des éléments de charpente qui travaillent essentiellement en flexion sous
l’action de charges verticales. Elles sont utilisées en construction métallique comme : solives
pour soutenir un plancher, poutres principales de ponts, limons d’escalier, tablier d’un pont,
etc. On utilise le plus souvent deux (02) sortes de poutres : des poutres à âmes pleines (IPE,
IPN, HEA, P.R.S, …) et des poutres à treillis (composées).
a- Vérification à la résistance
Il faut vérifier que :
Moment fléchissant pondéré par rapport à l’axe x-x
Moment de résistance par rapport à l’axe x-x
Moment d’inertie par rapport à l’axe x-x
Distance entre l’axe neutre et la fibre la plus éloignée
Dans le cas des profilés à parois pleines prémunis contre tout risque de déversement, on peut
diviser par un coefficient ψ d’adaptation plastique la contrainte pondérée.
La condition s’écrit :
σmax/ ψ ≤σe
b- Vérification à la flèche
Il faut vérifier que :
f ≤ fadm
fadm = L/200 pour les éléments de couverture (pannes, lisses, etc.)
fadm = L/300 pour les poutres principales, solives etc.
fadm = flèche admissible
L = portée
Quelques exemples de flèche
Dans le cas des profilés à parois pleines prémunis contre tout risque de déversement, on peut
diviser par un coefficient ψ d’adaptation plastique la contrainte pondérée.
La condition s’écrit :
σmax/ ψ ≤σe
4- Eléments soumis à la flexion + compression
La vérification des pièces soumises à une compression en même temps qu’à une flexion dans
le plan de flambement consiste à s’assurer que la somme de la contrainte pondérée de
compression simple « σ » multipliée par le coefficient « k1 » d’amplification des contraintes de
compression et de la contrainte pondérée maximale de flexion simple « σf » multipliée par le
coefficient kf d’amplification des contraintes de flexion, reste inférieure à « σe ».
Dans le cas de pièces symétriques ou pièces dissymétriques dans lesquelles la flexion
comprime la fibre à distance « v », la condition à vérifier est la suivante
k1.σ + kf.σf σe
Le coefficient «kf » dépend du facteur µ
µ= σk/σ où σk représente la contrainte critique d’Euler dans le plan de flexion.
La valeur du coefficient kf dépend du mode de distribution des efforts engendrant la flexion :
a- Charge uniformément répartie
µ .
kf µ .
b- Moment constant ou moment variable linéairement
µ .
kf µ .
c- Charge concentrée au milieu
µ .
kf µ .
d- Charge à répartition sinusoïdale
µ
kf µ .
e- Charge concentrée à distance c de l’extrémité la plus proche de la longueur de
flambement
µ . . ( )²
kf µ .
5- Déversement
Le déversement est une instabilité qui se traduit par un flambement latéral (dans le plans
« xGz » provoqué par une contrainte de compression simple « σf ». Dans le cas des poutres à
âme pleine, on calcul une contrainte de non déversement « σd »
σd = 40 000 . (𝐷 − 1)𝐵𝐶
²
D= 1 + 0.156
²
C est donné par le tableau suivant
Calcul du coefficient B
En cas d’application des charges au niveau de la membrure supérieure
B= 1 + 0.405 - 0.405.
En cas d’application des charges au niveau de la membrure inférieure
B= 1 + 0.405 + 0.405.
En cas d’application des charges au niveau de la fibre neutre
B=1
Les valeurs de sont données dans le tableau suivant
Si σd≥ σe alors la vérification de la stabilité au déversement n’est pas nécessaire. Dans le cas
contraire on effectue les opérations suivantes :
- Calcul de l’élancement λ0
λ0 = . . 1−
- Déduction du coefficient de flambement « ke »
ke = 0.5 + 0.65 + 0.5 + 0.65 ²−
- Calcul du coefficient de déversement « kd »
kd =
( )
- Vérification
σf .kd≤σe