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Cours L1

Le document présente une analyse de la géographie rurale en France, abordant des objectifs tels que la description des espaces ruraux et leurs enjeux, ainsi que des typologies de ces espaces. Il explore également les dynamiques démographiques, les systèmes agricoles et les modèles de peuplement, tout en fournissant des définitions et des références bibliographiques. Enfin, il souligne l'importance de la ruralité dans le contexte contemporain et les défis auxquels elle fait face.

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Le document présente une analyse de la géographie rurale en France, abordant des objectifs tels que la description des espaces ruraux et leurs enjeux, ainsi que des typologies de ces espaces. Il explore également les dynamiques démographiques, les systèmes agricoles et les modèles de peuplement, tout en fournissant des définitions et des références bibliographiques. Enfin, il souligne l'importance de la ruralité dans le contexte contemporain et les défis auxquels elle fait face.

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Géographie rurale

de la France

2024 – 2025
Pr Stéphane Bouissou
[email protected]
Objectifs

1) Commenter des données statistiques

2) Commenter une carte topographique

3) Commenter un paysage

4) Décrire les espaces ruraux et leurs enjeux


Sommaire

1)Définitions de la ruralité

2)Typologies des espaces ruraux

3)Systèmes et modèles agricoles

4)Paysages des espaces ruraux


Bibliographie
• Géographie agricole et rurale, Jean-Louis Chaléard et
Jean-Paul Charvet, éditions Belin, 2007

• Géographie rurale: la ruralité en France, Yves Jean et


Michel Périgord, éditions Armand Colin, 2017

• Géographie des espaces ruraux, Alexis Gonin et Christophe


Quéva, éditions Armand Colin, 2018

• Les espaces ruraux et France, Yves Jean et Laurent


Rieutord, éditions Armand Colin, 2018

• Le défi alimentaire, Samule Rebulard, éditions Belin, 2018


Documentaire à visionner

France rurale, un siècle de


mutations, 2007
https://www.veoh.com/watch/v7
447894kn3KC9Xk
Chapitre 1

Définitions de la ruralité
Définition Géoconfluences

La ruralité désigne, au sens premier, le caractère de ce qui est rural. Dans une acception plus étroite, on peut retenir que le
mot « fait référence à l’ensemble des représentations collectives associées à la vie dans les espaces ruraux. Proche de l’idée
de mode de vie, le mot est apparu à la fin des années 1990 pour désigner un lien, dans sa dimension anthropologique, aux
différents contenus de l’espace rural (de moins en moins agricole mais plus tourné sur l’environnement, le patrimoine et les
paysages). Devenue une notion globalisante pour désigner un mode d’habiter (Mathieu, 1996) qui permet d’atténuer une
opposition franche entre la ville et la campagne devenue obsolète. On notera cependant qu’une dimension politique tend
aujourd’hui à rattraper le terme, et impose d’y apporter un regard critique, tant le monde politique et la presse l’utilise de
plus en plus fréquemment (« assises de la ruralité », « hyper-ruralité », défense de la ruralité…). » (Bouron et Georges, 2015).

Sources
Bouron Jean-Benoît et Georges Pierre-Marie, Les territoires ruraux en France. Une géographie des ruralités contemporaines,
Ellipses,2015 [réed. 2019], p. 63.

Mathieu Nicole (1996), « Rural et urbain : unité et diversité dans les évolutions des modes d'habiter », in Jollivet, M., Eizner,
N. (dir.), L'Europe et ses campagnes, Presses FNSP, p. 187-216.
France par unité urbaine

L’unité urbaine, définie par l’INSEE, est constituée par un


ensemble d’une ou plusieurs communes sur le territoire
desquelles se trouve un ensemble d’habitations
continues (inférieur à 200 mètres) et clairement
identifiable, et qui comporte plus de 2 000 personnes.

On obtient « en creux », une définition des communes


rurales qui sont moins peuplés et avec un bâti peu
dense.

En 2020, on compte 2467 unités urbaines.


L’objectif du zonage en aires urbaines est de décrire l’influence des villes
sur l’ensemble du territoire. Ce découpage est fondé sur l’identification de
Zonage des aires urbaines pôles, unités urbaines concentrant au moins 1 500 emplois, puis sur la
délimitation de leurs aires d’influence en s’appuyant sur les trajets
domicile-travail de la population des communes avoisinantes. Cette
approche fonctionnelle du territoire permet d’apprécier l’influence des
villes au-delà de leurs limites physiques définies par la continuité du bâti.
En rouge, on trouve donc les agglomérations les plus importantes. Ce sont
les pôles urbains. Autour de chacun de ces pôles urbains, la plage de
couleur orange couvre les communes qui envoient au moins 40 % de
leurs habitants actifs travailler dans le pôle : elles forment la couronne
périurbaine. L’orange plus clair a été réservé aux communes multi
polarisées, celles qui dépendent de plusieurs pôles urbains.
Au sein des pôles, les grands pôles urbains (unités urbaines de plus de
10 000 emplois), les moyens pôles (unités urbaines de 5 000 à moins de
10 000 emplois) et les petits pôles (unités urbaines de 1 500 à moins de
5 000 emplois) sont différenciés.
Les couronnes des pôles, c’est-à-dire les communes ou unités urbaines,
dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle ou dans
les communes attirées par celui-ci. En fonction de la taille des pôles, on
distingue les grandes aires urbaines associées aux grands pôles urbains,
les moyennes aires et les petites aires associées respectivement aux
moyens et petits pôles. On distingue également les communes
multipolarisées des grandes aires urbaines, dont 40 % au moins des
actifs résidents travaillent dans plusieurs grandes aires urbaines.
792 aires structurent le territoire français, 85 % de la population y réside.
95 % de la population, soit 61 millions de personnes, vivent sous
l’influence des villes.
Les communes restantes sont les communes isolées hors influence des
pôles.
Zonage des aires urbaines
Zonage des aires rurales
Variation de la population entre 2013 et
2019
Variation de la population entre 2013 et
2019
Le dynamisme démographique des territoires dépend de leur degré
d’urbanisation ou de ruralité.
Entre 2013 et 2019, la population augmente deux fois plus rapidement dans
l’espace urbain que dans l’espace rural (+ 0,4 % par an contre + 0,2 % par an)
avec une forte hétérogénéité dans les espaces ruraux. La croissance est en
effet élevée lorsque les communes rurales sont sous forte influence
des pôles (+ 0,7 % en moyenne par an). À l’inverse, dans le rural autonome
très peu dense, la population diminue de 0,4 % par an. La croissance
démographique dans l’espace rural sous forte influence des pôles s’explique à
parts égales par le solde naturel et par le solde migratoire apparent (+ 0,3 %
chacun). Lorsque l’influence des pôles diminue, la contribution du solde
naturel à la croissance démographique devient inférieure à celle du solde
migratoire apparent (respectivement 0,1 % et 0,3 %). La baisse de la
population dans les communes rurales autonomes est essentiellement due à
l’excédent des décès sur les naissances.
Dans l’espace urbain dense, compte-tenu de la jeunesse de la population,
l’augmentation de la population est portée par un solde naturel très positif
(+ 0,7 %), le solde migratoire apparent étant négatif. Dans l’urbain de densité
intermédiaire, le solde naturel est plus modéré mais l’augmentation de la
population est aussi soutenue par le solde migratoire apparent (+ 0,2 %
chacun).
Zonage en bassins de vie

Le bassin de vie se définit comme la plus petite zone


dans laquelle les habitants peuvent bénéficier des
équipements et services usuels dits de second niveau
(collège, supermarché, gendarmerie, médecin,
pharmacien, …) généralement présent sur un « pôle de
services intermédiaires », c’est-à-dire un bourg-centre
ou une petite ville qui rayonnent sur plusieurs
communes.
En 2012, 78 bassins de vie dessinent une nouvelle carte
de la région.
Un équipement est un lieu d’achat de produits ou de
Zonage en bassins de vie consommation de services. Les équipements
répertoriés dans la base permanente gérée par l’Insee
relèvent de 6 domaines (services aux particuliers,
commerce, enseignement, santé-social, transports,
sports, loisirs et culture) et sont regroupés en trois
gammes, selon leur fréquence sur leur territoire et la
proximité du service rendu.
• La gamme de proximité comporte 29
équipements
poste, banque-caisse d’épargne, fleuriste, épicerie-
supérette, boulangerie, boucherie, école, médecin
omnipraticien, pharmacie, taxi...
• La gamme intermédiaire comporte 31
équipements:
police-gendarmerie, supermarché , librairie,
collège, laboratoire d’analyses médicales, ambulance,
bassin de natation, opticien...
• La gamme supérieure qui comporte 35
équipements:
Pôle emploi, hypermarché, lycée, urgences,
maternité, médecins spécialistes, cinéma....
Espaces à faible et forte densité

Au moins 50% pop vit zones de densité sup à 1500 hab / km2

Au moins 50% pop vit zones de densité comprises entre 300 à 1500 hab / km2

Au moins 50% pop vit zones de densité comprises entre 25 à 300 hab / km2
Au moins 50% pop vit zones de densité inf. à 25 hab / km2
Espaces à faible et forte densité
En résumé…
(dossier Insee 2015)

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1372992?sommaire=1373022
Chapitre 2

Typologies des espaces ruraux


Historique des typologies …
• Jusqu’en 1950: Description et classement des paysages et des genres de vie
paysanne => relations homme-milieu.

• Années 1950-60: Typologie des systèmes d’exploitation agricoles ne se fondant que


sur des indicateurs agricoles (Klatzmann, 1955)

• Années 1970: Approche morphologique opposant l’espace périurbain aux espaces


ruraux de faible densité (5 grands types) (Matthieu, 1977)

• Années 1980: Typologie en quatre grands types d’espaces ruraux caractérisés par le
gradient de relation à l’urbain (Kayser 1990)

• Années 2000: Typologie multicritères (influence urbaine, dynamiques


productivistes, degré de fragilité ou de renaissance rurale, …) (Datar 2004, Datar
(devenu CGET), 2012; ANCT - Acadie, 2023).
Typologie des campagnes
françaises 2012

METHODOLOGIE
1) Choix de descripteurs: densité de population, niveau
de formation, ….

2) Analyse statistique pour déterminer les descripteurs


indépendants,

3) Analyse factorielle des correspondances multiples


établie des relations entre les descripteurs et les
communes,

4) Définition des niveaux d’agrégation de façon à


conserver des groupes distincts.
Trois types (7 classes)
des campagnes
Campagnes des villes et
du littoral et des
vallées urbanisées
Trois types des
campagnes
Campagnes agricoles
et industrielles
Trois types des
campagnes
Campagnes vieillies
à très faible densité
Typologie des campagnes
françaises 2023
Une lecture structurelle
en quatre catégories et
huit classes
Cette typologie met en évidence les
caractéristiques socio-économiques et les
dynamiques auxquelles sont confrontées ces
territoires. Une série d’enjeux sociaux,
démographiques, fonciers, économiques
interpellent l’action publique de façon
différenciée selon les types identifiés.
- Elle se fonde sur un ensemble de variables
descriptives de la population et des activités
présentes dans les communes rurales ;
- Elle est à la fois statique, au sens où il s’agit
d’une photographie réalisée en 2022 en
utilisant les dernières données statistiques
disponibles (pour la plupart en accès libre et
issues du recensement INSEE 2018), et
dynamique, dans la mesure où elle intègre des
variables qui correspondent à des évolutions et
variations sur la dernière décennie 2008-2018
(relatives à la démographie, l’emploi, aux
revenus…).
Typologie des lieux de On définit:
peuplement • Ecart*: habitat isolé

• Hameau*: entité agglomérée de moins de 100


habitants

• Village* : entre 100 et 500 habitants

• Bourg-centre*: entre 500 et 2 000 habitants

• Petite ville#: entre 2 000 et 20 000 habitants

• Ville moyenne#: entre 20 000 et 100 000 habitants

• Grande ville#: supérieur à 100 000 habitants

* Rural / # Urbain

Attention !!

La commune est un périmètre administratif, le village un


lieu de peuplement. Une commune peut comprendre
plusieurs hameaux, villages et/ou villes
Les trois types de peuplement

• Habitat groupé: marqué par la concentration de la


population dans le chef-lieu (bourg centre) d’une
commune

• Habitat dispersé: éclatement de la population d’une


commune entre le chef-lieu, des hameaux et des écarts
(habitat isolé).

• Habitat intercalaire: habitat semi-groupé, où la


population est majoritairement regroupée au chef-lieu,
tout en comprenant également quelques hameaux et
écarts.
Notion de finage
Le finage désigne traditionnellement, en géographie, le territoire exploité par une communauté villageoise.

Sous l'influence de l'Église les limites du finage tendaient progressivement à coïncider avec celles de la paroisse, la plus petite
circonscription ecclésiastique. Le village, en habitat groupé, ou le bourg, en habitat dispersé, tendent à se situer au milieu du finage
qui s'est déployé autour de l'habitat afin d'exploiter au mieux la complémentarité des terroirs.

Aujourd'hui, on parle souvent de finage pour désigner le territoire d'une commune, représenté sur les cartes topographiques par
un trait pointillé noir, bien que les agriculteurs exploitent presque toujours des terres situées sur plusieurs territoires communaux,
et que la notion de communauté villageoise n'ait plus de sens en France, en tout cas dans une dimension agraire. Le finage peut
également désigner, en géographie rurale, le territoire d'une exploitation agricole.
Caractériser les types et lieu de peuplement …
Commentaires

Sur cet extrait, on note de nombreux écarts (bâtis isolés, visibles par les petits rectangles noirs ; par exemple le Champ Martin,
le Bois Morin au sud-est de St-Michel-de-Plélan). On voit également de nombreux hameaux (par exemple la Hautière,
Peignebel dans le finage de St-Michel-de-Plélan).

Trois villages sont clairement visibles : St-Michel-de-Plélan, St-Méloir-des-Bois, St-Maudez. Ils sont également chef-lieu de
commune. Au nord-est de l’extrait, coupé, un lieu de peuplement paraît plus important et pourrait être un bourg.

Les villages sont de tailles réduites, on voit de nombreux hameaux : il s’agit d’un peuplement dispersé.
Chapitre 3

Systèmes et modèles agricoles


Ressources
Définitions
Un système de production agricole, ou agrosystème est un système productif orienté vers l'agriculture. Le système de
production agricole est défini par l'ensemble des caractéristiques des exploitations qui le composent: leur taille, leur
orientation technico-économique, leur productivité... Il regroupe en outre des acteurs fonctionnant en réseau : outre les
producteurs et les productrices, il intègre les acteurs de l'amont de la filière agro-alimentaire (semenciers, vétérinaires,
fournisseurs, financeurs, assureurs...) et ceux de l'aval de la filière (intermédiaires, transporteurs, négociants,
commerçants...). Il faut y ajouter les acteurs institutionnels ou professionnels qui conseillent, orientent, influencent, etc. :
élus, syndicats agricoles, représentants de l’État, chambres d’agriculture, conseillers techniques…

Politique foncière
et agricole

Intrants
Le système alimentaire est la manière dont les hommes Déchets
Agricoles
s’organisent, dans l’espace et dans le temps, pour obtenir
et consommer leur nourriture »
Louis Malassis (1918-2007), spécialiste en économie
rurale Production Consommation

Transformation Distribution
Principaux systèmes de production
agricole
Agriculture intensive: C’ est un système de production agricole caractérisé par l'usage important d'intrants, et cherchant à
maximiser la production par rapport aux facteurs de production, qu'il s'agisse de la main d'œuvre, du sol ou des autres
moyens de production (matériel, intrants divers).
Elle est parfois également appelée agriculture productiviste. Elle repose sur l'usage optimum d'engrais chimiques, de
traitements herbicides, de fongicides, d'insecticides, de régulateurs de croissance, de pesticides...

Agriculture extensive: C’est, par opposition à l'agriculture intensive, un système de production agricole qui consomme
moins de facteurs de production par unité de surface. Elle utilise ainsi peu d'intrants, est moins mécanisée que
l'agriculture intensive à surface équivalente, et se caractérise par des rendements relativement faibles. Le terme recouvre
dans les faits une grande diversité de pratiques et d'objectifs.

Agriculture raisonnée: C’est un système de production agricole dont l’objectif premier est d’optimiser le résultat
économique en maitrisant les quantités d’intrants, et notamment les substances chimiques utilisées (pesticides, engrais)
dans le but de limiter leur impact sur l’environnement.
Elle a pour objectif d'adapter les apports en éléments fertilisants aux besoins réels des cultures en tenant compte des
éléments présents dans le sol et du rendement potentiel de la plante.

Agriculture biologique: C’est un système de production agricole qui obéit à un cahier des charges très précis et dont les
objectifs premiers sont le respect de l’environnement, la biodiversité et du bien-être animal. Elle repose sur le respect des
équilibres naturels, elle exclut ainsi l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants.
Principaux systèmes de production
agricole
Agriculture agroécologique: L’agroécologie est une façon de concevoir des systèmes de production qui s’appuient sur les
fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Elle les amplifie tout en visant à diminuer les pressions sur l’environnement
(ex : réduire les émissions de gaz à effet de serre, limiter le recours aux produits phytosanitaires) et à préserver les
ressources naturelles. Il s’agit d’utiliser au maximum la nature comme facteur de production en maintenant ses capacités
de renouvellement.
Elle implique le recours à un ensemble de techniques qui considèrent l’exploitation agricole dans son ensemble. C’est
grâce à cette approche systémique que les résultats techniques et économiques peuvent être maintenus ou améliorés
tout en améliorant les performances environnementales.
L’agroécologie réintroduit de la diversité dans les systèmes de production agricole et restaure une mosaïque paysagère
diversifiée (ex : diversification des cultures et allongement des rotations, implantation d’infrastructures
agroécologiques...) et le rôle de la biodiversité comme facteur de production est renforcé, voire restauré.
Evolution depuis l’après-guerre…
• Organisation de la production en
• Révolution agricole
filière (création de syndicats, • Politique agricole commune
(PAC) => garantie des prix et des • Premier cahier • Instauration du régime
coopératives, crédit agricole, ….) des charges AB des quotas laitiers
• Intensification de la production débouchés
agricole, • Début de la période de • Taille moyenne • Fin période de
• Simplification et remembrement intensif exploitation = 19 remembrement intensif
homogénéisation des paysages • Paysan => Agriculteur ha • Création de ZNIEFF
agraires. • Création du Label Rouge

Années Années Années Années


1950 1960 1970 1980
• Crises sanitaires: vache folle, • Création des trames
verte et bleu • Emergence des PATs • Prise en compte des
grippe aviaire
• Développement de • Développement des liens entre
• Réforme et verdissement de
produits de qualité CCP changement
la PAC
SIQO – BIO – HVE • Taille moyenne climatique et
• Création zones Natura 2000
• Création de la 1ere exploitation = 63 ha agriculture
• Création des AOP et IGP
AMAP en France

Années Années Années Années


1990 2000 2010 2020
Surfaces
cultivées
Depuis 1950, la SAU de la France recule (- 17 %), les surfaces en grandes
cultures progressent (+ 11 %). En 2015, les terres cultivées (comprenant 84
% de grandes cultures) représentent en France 15,6 millions d’hectares, soit
58,2 % de la SAU totale, contre 56,6 % en 2010.
Les surfaces en terres cultivées ont augmenté de 2,1 % durant cette même
période allant jusqu’à près de 20 % dans la Haute-Vienne. Elles diminuent
essentiellement dans le sud-est de la France. La répartition des terres
cultivées reste avant tout liée à la nature des sols et en particulier à leur
profondeur. Les sols très profonds (> 100 cm) situés dans les formations
limoneuses des bassins Artois-Picardie, parisien et aquitain sont les plus
propices à l’agriculture et coïncident donc avec les zones les plus cultivées. Il
en va de même pour les sols profonds des grands massifs cristallins anciens
(Massif armoricain) ainsi qu’en Champagne.
À l’inverse, la part la plus faible des terres cultivées s’observe dans les zones
montagneuses où les sols sont peu profonds, souvent pentus et bénéficiant
d’un climat plus froid et humide (Massif central, Vosges, Jura, Corse).
Dans le Var, et de façon générale dans le pourtour méditerranéen, les
cultures fruitières sont bien implantées dans les terres riches en matières
organiques, tandis que les vignes s’observent dans les terres moins riches et
plutôt calcaires.
Diversité des
assolements

Les parcelles culturales n’ont cessé de


s’agrandir, corollaire de l’augmentation
de la taille des exploitations. La France
comptait 1,5 million d’exploitations en
1970, contre seulement 436 000 en
2016. Cette forte chute est compensée
par l’agrandissement des exploitations
restantes, dont la taille moyenne passe
de 19 ha en 1970 à 63 ha en 2016. Ces
grandes exploitations se spécialisent,
comme l’illustre l’évolution de la
diversité des assolements entre 1970 et
2010.
Evolution des
prairies
permanentes
Depuis 1970, les prairies permanentes,
ont beaucoup régressé dans les régions
de plaine, signe de l’accentuation de la
spécialisation céréalière de ces régions.
Elles reculent également dans les
régions d’élevage de plaine, comme la
Normandie et la Bretagne, témoignant
ainsi de l’évolution des systèmes
fourragers (essor des prairies
temporaires de courte durée puis du
maïs-fourrage). Au final, la surface en
prairies permanentes s’est uniquement
maintenue dans les zones
montagneuses peu mécanisables (Alpes,
Massif Central, Pyrénées, Corse).
Evolution des
infrastructures
agro-écologiques
On observe la suppression progressive
des infrastructures agro-écologiques
(murets, haies, pré-vergers, talus,
fossés et ruisseaux), qui participe à la
simplification et l’homogénéisation des
paysages. Le remembrement engagé
en 1955 a contribué à cette tendance,
en créant de plus grandes parcelles
agricoles, géométriques et moto-
mécanisables. Il a touché, jusqu’en
2000, plus de 40 % de la superficie
agricole française. Ce mouvement
reste observable entre 2006 et 2014, à
l’échelle des département français.
Espaces agricoles qui se
sont spécialisés entre
1970 et 2000

On observe un recul ou une disparition


des éléments de végétation semi-
naturelle, agrandissement des tailles
de parcelles, disparition des
infrastructures agro-écologiques
(haies, talus, murets).

https://remonterletemps.ign.fr
Espaces agricoles où la
production ne s’est pas
intensifiée
Il s’agit de zones de montagne (Massif central, Vosges,
Jura et Corse), aux sols peu profonds, pentus, avec un
climat froid et humide. Ces espaces concernent près de
118 municipalités, pour une surface de 6 989 millions
d’hectares, maintenus par 26 % des exploitations
françaises. Ces zones abritent des systèmes herbivores
(63 %) ou de polyculture-élevage (29 %). La commune
de Cordon (973 habitants), dans les Alpes du Nord
(Haute-Savoie), est typique du maintien de paysages,
avec présence importante de végétation semi-naturelle
(prairies permanentes), liée à une activité d’élevage
(laitier principalement, valorisé sous signes de qualité
et d’origine ou en vente directe). On remarque aussi
que la végétation ripisylve, qui assure un corridor
écologique le long de l’Arve, est maintenue. En
revanche, le long des routes, la densité d’habitations
est beaucoup plus importante, témoignant de
l’importance de l’économie résidentielle dans cette
région marquée par le tourisme alpin.
Espaces agricoles à production très
intensifiée avant 1970
Il s’agit des zones agricoles sur sols très profonds, des
formations limoneuses des bassins d’Artois, de Picardie,
parisien et aquitain, ainsi que des sols profonds des grands
massifs cristallins anciens (Massif armoricain et Champagne).
Dans ces régions, l’évolution du paysage agricole consiste
surtout en l’évolution du parcellaire – agrandissement de la
taille des parcelles, disparition des infrastructures agro-
écologiques de bord de champ –, qui est pointé comme l’un
des enjeux majeurs de la déconnexion entre agriculture et
biodiversité. La comparaison entre 1957 et 2015 d’un
paysage d’openfield, situé sur la commune Oost-Cappel (478
habitants), au sud de Dunkerque (Hauts de France), rend
compte de ces variations. Si la structure paysagère
d’ensemble reste inchangée, la simplification du parcellaire
agricole illustre le phénomène d’homogénéisation. Rares et
ténues, les figures végétales de la plaine rythment l’étendue
des cultures et constituent un maillage agro-écologique
résiduel. À l’arrière-plan, la silhouette urbaine du village
d’Oost-Cappel, avec habitat regroupé et extension
pavillonnaire limitée.
OTEX:
Orientation
technico-
économique

RA 2020
Prédominance du système agricole industriel et

intensif
Depuis 1950-60,
Bernard Ronot
Depuis 2-3 générations (sur 400 => 10 000 ans):
Fondateur association
Graines de Noé
Ø Séparation des lieux de production et de
consommation (Rieutort, 2009; Poulot, 2014). https://www.youtube.co
m/watch?v=D6UbyifmYZk
Ø Artificialisation des terres agricoles autour des
villes (Terre de Liens, 2022).

Ø Intensification des pratiques agricoles


(mécanisation, monocultures, hyperspécialisation…)

Ø La production agricole totale double (celle des


céréales triple), tandis que la surface de terres
cultivées et de pâtures diminue (58 Kha / an
depuis 1980 ((Blin et al.2022)). => 58 Kha / 28 Mha.

Ø Eloignement spatial et cognitif du fait alimentaire


(Brand 2015) (Charvet, 2018)
L'impact de notre système alimentaire
(dominant)
sur la santé à l’echelle mondiale.

En 2019:
0,9 milliard de sous-alimentés chroniques (Charvet, 2018)
1,5-2 milliards avec des carences nutritionnelles
2 milliards en surpoids / obèses.
Sur 7 milliards !
L'impact de notre système alimentaire (dominant)
sur la santé

Analyse sur 4 pays: USA, UK, Brésil & Chine en 2007 et 2009

(Lairon, 2020) Environ 1/3 dans les pays développés (and 1/4 pays en
développement) des cancers pourraient être évités grâce à la
prévention nutritionnelle.
Développement de
l’agriculture Biologique

À l’échelle nationale, l’augmentation des surfaces


en agriculture biologique s’accélère depuis 2010,
pour atteindre 8,5 % de la SAU totale (2,3 M ha)
pour 47 196 exploitations en 2019, soit 10 % des
exploitations françaises. Il s’agit essentiellement
de productions de fruits (+25 % de la SAU) et de
plantes aromatiques et médicinales (20 % de la
SAU), de vigne (14 % du vignoble français) et de
surfaces fourragères.
Développement de
l’agriculture Biologique

C’est dans les régions où


l’agriculture est minoritaire dans
l’occupation du sol (< 50 %) que
l’agriculture biologique se
développe (Occitanie, Provence-
Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes).
Néanmoins, l’agriculture biologique
n’est pas nécessairement associée à
une reterritorialisation alimentaire,
puisqu’une partie importante de sa
production est destinée aux circuits
de la grande distribution (Agence
bio, 2020).
Développement de
l’agriculture Biologique

Le croisement des tendances de l’agriculture biologique avec


celles de la vente en circuits courts donne un aperçu des
évolutions des systèmes agro-écologiques territorialisés (SAET)
en France (Bermond et al., 2019). La carte ci-contre permet de
localiser les territoires les plus engagés dans une transition
agro-écologique (cantons en rouge et orange). On y identifie de
nombreux territoires à atouts paysagers, à économie
présentielle, agricole et touristique. Éloignés de l’influence des
grandes agglomérations, ils connaissent un brassage de
populations et parfois un regain démographique, mais aussi un
fort vieillissement, et des niveaux de revenus et une
accessibilité aux services inférieurs à la moyenne nationale :
Drôme, Ardèche et sud des Cévennes, emblématiques de la
néo-ruralité, mais aussi des zones qui valorisent leurs
productions alimentaires sous signes de qualité ou d’origine.
Développement des SIQO
Les modes officiels de valorisation des produits agricoles et alimentaires se
déclinent en 3 catégories :
• les signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO). Il en
existe 4 :
- garantie de l’origine (663 produits en 2015) : appellation d’origine contrôlée
(AOC) et son équivalent européen l’appellation d’origine protégée (AOP),
indication géographique protégée (IGP),
- garantie de la qualité supérieure (425 produits en 2015) : label rouge (LR),
- garantie d’une recette traditionnelle (SGT) – (1 produit en 2015 : les moules de
Bouchot),
- garantie du respect de l’environnement et du bien-être animal : agriculture
biologique (AB) ;
• les mentions valorisantes, par exemple « produit fermier » ;
• la démarche de certification de conformité des produits (CCP), exemple « vin
de pays ».
Ces différents modes de valorisation permettent le développement d’une
diversité de produits et le plus souvent une agriculture plus respectueuse de
l’environnement et du bien-être animal. Ils induisent également le maintien de
l’activité économique dans les zones rurales défavorisées par une valorisation
des savoir-faire et des bassins de production.
En 2010, 65 724 exploitations ont au moins une production reconnue par un
signe de qualité (y compris CCP, hors AB et hors production viticole), soit 13,4 %
du nombre total d’exploitations. Les CCP et les LR concernent surtout les viandes
bovines, tandis que les appellations d’origine portent essentiellement sur les
produits laitiers, les végétaux et les vins.
Avec un taux de 20 %, la région Aquitaine compte le plus grand nombre
d’exploitations ayant au moins un signe de qualité avec 8 271 exploitations. En
Franche-Comté, une exploitation sur 3 fabrique au moins un produit sous signe
de qualité.
324 PATs labelisés fin 2021
Projets Alimentaires Territoriaux
Développement des circuits
courts
La vente en circuits courts présente des avantages non seulement
environnementaux (maintien d’une agriculture périurbaine limitant l’étalement
urbain, réduction des transports longue distance et des volumes des
emballages…), mais aussi économiques et sociaux en favorisant le maintien ou le
développement d’emplois dans les territoires, ainsi que le lien social.
En 2010, 107 000 exploitants agricoles, soit 21 % des exploitants, pratiquent la
vente en circuits courts, c’est-à-dire limitée à un intermédiaire maximum entre le
producteur et le consommateur. La vente directe, sans aucun intermédiaire,
représente 14 % des exploitants avec 71 200 structures concernées.
Cette méthode de commercialisation concerne surtout les producteurs de miel et
de légumes. Ainsi, 51 % des exploitations ayant des ruches commercialisent en
circuits courts, ainsi que 46 % des exploitations ayant des surfaces en légumes. Un
quart des producteurs de fruits et de vin optent pour ce mode de
commercialisation également. Les produits animaux, plus contraignants à
transformer et à conserver, sont plus rarement commercialisés de cette façon.
Tous produits confondus, ce type de commercialisation est le plus courant en
Corse (60 % des exploitations) et dans les DOM (65 %). Dans les régions où
beaucoup d’exploitants sont présents sur un produit, les agriculteurs sont souvent
regroupés dans des structures collectives qui assurent une commercialisation en
filière longue. Ainsi, dans des régions à vocation fruitière, comme Provence-Alpes-
Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon ou Rhône-Alpes, la part des exploitants
vendant des fruits en circuits courts est plus faible que dans les régions moins
productrices comme l’Île-de-France ou le Nord-Pas-de-Calais.
L’ObSAT
Chapitre 4

Paysages des espaces ruraux


Définition
Le paysage est l'étendue d'un pays s'offrant à l'observateur. Derrière cette définition qui peut paraître simpliste se cache
une notion qui a donné lieu à une abondante bibliographie et à de multiples approches. En France, les géographes ont
d'abord étudié le paysage de façon segmentée (paysages urbains, ruraux, industriels, etc.). Trois écoles en ont renouvelé
l'approche dans un sens systémique et historique : celle de Toulouse représentée par Georges Bertrand ; celle de Paris
illustrée par les publications de Jean-Robert Pitte ; celle de Besançon autour de Jean-Claude Wieber. Une synthèse de ces
différents courants et leur mise en perspective internationale (recherches anglophones, allemandes, russes) a été réalisée
par Gabriel Rougerie et Nicolas Beroutchachvili (1991).

« Le plus simple et le plus banal des paysages est à la fois social et naturel, subjectif et objectif, spatial et temporel,
production matérielle et culturelle, réel et symbolique. Le paysage est un système qui chevauche le naturel et le social. Il est
une interprétation sociale de la nature. » Georges Bertrand

« Le paysage est l'expression observable par les sens à la surface de la Terre de la combinaison entre la nature, les
techniques et la culture des hommes. Il est essentiellement changeant et ne peut être appréhendé que dans sa dynamique,
c'est-à-dire dans le cadre de l'Histoire qui lui restitue sa quatrième dimension. Le paysage est acte de liberté. » Jean-Robert
Pitte
Paysages ruraux
Openfield
L’openfield désigne un paysage agraire dans lequel les champs sont
ouverts, les grandes cultures (céréales, betterave sucrière ou fourragère,
pomme de terre…) dominent, et l’habitat est groupé. En France, il est
caractéristique du Bassin parisien et, plus localement des grandes plaines
céréalières (Alsace, Limagne, Plaine de Caen…). Ce paysage ouvert est
l’héritage d’un système agraire qui s’est répandu en Europe de l’Ouest et
centrale au XIe et au XIIe siècle, principalement dans les régions de plaines
et de bas plateaux aux terrains argileux ou calcaires, et qui perdure
aujourd’hui dans sa version mécanisée et motorisée, voire industrialisée.
Selon les régions, le parcellaire cultural ou cadastral peut prendre des
formes variées, certaines étant facilement identifiables comme
l’openfield « en lames de parquet ».
l’openfield se distingue par la rareté de l’arbre. Les arbres subsistent
surtout de façon résiduelle, autour des habitations (comme pare-vent),
sous forme de boisement en timbre-poste, ou encore sur les pentes,
notamment les talus des plateaux et les versants de vallée. Dans certains
cas, des paysages d’openfield sont le résultat du remembrement de
paysages bocagers avec arrachage des haies. S’il est aujourd’hui associé à
la céréaliculture, l’openfield a pu être un système de
complémentarité agriculture/élevage : jusqu’au XIXe siècle, la Beauce et la
Brie furent ainsi des régions d’élevage ovin, avec rotation du pâturage et
des cultures.
• Des champs cultivés occupent la majeure partie de cet espace de
plaine ou de plateau. Une route et des chemins d’exploitation sont

Openfield
visibles, qui mènent à un écart (habitat isolé) qui doit être un corps
de ferme. On voit également des alignements d’éoliennes. Le
végétal domine le paysage, marqué par l’activité agricole, le bâti
très épars laisse deviner de faibles densités : ces trois éléments
permettent de qualifier ce paysage de rural.

• Il s’agit de grandes parcelles orthogonales, certainement issues


d’une opération de remembrement, et typiques d’un paysage
d’openfield.

• On voit ici un espace aménagé pour les besoins d’une agriculture


productiviste. Les grandes parcelles orthogonales et planes
permettent aux agriculteurs de travailler rapidement à l’aide de
grosses machines. La productivité du travail est excellente, un seul
individu peut produire de grandes quantités.

• On doit bien évidemment se situer dans une région où le vent


souffle régulièrement. Mais on ne trouve pas d’éoliennes sur tous
les espaces venteux. Les éoliennes peuvent être considérées
comme une nuisance paysagère. Les faibles densités expliquent
donc aussi leur présence dans cet espace rural, où leur impact
esthétique et sonore négatif affecte des populations peu
nombreuses.
Bocage
Le bocage est un système agraire typique du Nord-Ouest de
l'Europe où il est apparu généralement à partir du XVIIIe siècle
en raison de la spécialisation de certaines régions dans
l'élevage bovin ou ovin. Au plan paysager, le bocage est un
espace semi-fermé marqué par la présence des haies
vives clôturant chaque parcelle. Le paysage est une mosaïque
où l'arbre est très présent mais où le boisement est peu
important en surface, sauf quelques bois épars et de dimension
réduite. Le réseau viaire (des voies de circulation) est enserré
entre des talus également surmontés de haies, et l'habitat est
dispersé (→ voir hameau, écart). Au plan productif, le bocage
est caractérisé par une présence importante de l'élevage et par
une part importante de la Superficie Agricole Utilisée (S.A.U.)
consacrée aux prairies et aux cultures destinées à
l'alimentation animale. Les systèmes bocagers ont souvent
évolué vers des paysages ouverts ou semi-ouverts avec
l'intensification agricole de la seconde moitié du XXe siècle et
avec l'arrachage de nombreuses haies, aujourd'hui remis en
cause pour des raisons écologiques. La tendance actuelle est au
replantage des haies, encouragée par les subventions
européennes.
Huerta
La huerta est un système agraire basé sur une agriculture diversifiée et
irriguée, intensive (à haut rendement) et à forte valeur ajoutée, et
insérée dans une filière agro-alimentaire exportatrice. Ce système
agraire basé originellement sur l’association de productions
complémentaires sur la même parcelle est originaire d’Espagne, d’où
vient son nom qui dérive du latin hortus (jardin), et notamment des
régions de Murcie et de Valence. La huerta est un système agraire
propre aux milieux méditerranéens.

En France, ce système agricole a été efficacement implanté, par


exemple, dans le Comtat. Cette petite région agricole située sur les
terrains sédimentaires à la confluence du Rhône et de la Durance,
entre Bouches-du-Rhône et Vaucluse, a toutes les caractéristiques de
la huerta : un petit parcellaire, une grande variété de cultures
dominée par les vergers et le maraîchage, une intensification dont
témoignent les serres, et les tunnels en plastiques, une
bonne maîtrise de l’eau reposant sur un réseau de canaux, les
roubines. On retrouve également le système de la huerta dans les
Bouches-du-Rhône (Berre-l'Étang) Gard, le Languedoc et le Roussillon,
où il est apparu comme une piste de reconversion de la viticulture de
masse.
L’exercice
Etudier les deux communes vendéennes de Pouillé et Saint-Cyr-des-Gâts à partir des carte topographiques au
1/50 000e , et des extraites des recensements agricoles et de la population fournis:
L’exercice (suite)
Eléments de correction
Eléments de correction
Paysages ouverts
Les paysages ouverts correspondent en
grande partie aux régions de grandes
cultures qui s’étendent aux détriement
des prairies. Ainsi une partie des prairies
du marais Poitevin ont été affectées à la
production céralière, ce qui conduit à
l’assèchement de la deuxième zone
humide de France. En France la surface
toujours en herbe (STH) a régressé de 20
% en 25 ans (3 millions ha) au profit de la
culture de maïs (2 millions ha) sur la
même période.
Depuis les années 2000, de nouvelles
formes s’inscrivent dans les paysages
ruraux: éoliennes, hangars pourvus de
panneaux photovoltaïques, unités de
méthanisation, retenues de substitution
pour l’irrigation estivale (bassines).

(Jean et Rieutort, 2018)


Paysages
cloisonnés
La disparition des paysages bocagers
(cloisonnés par des haies) au cours des 50
dernières années constitue la mutation
majeure des paysages ruraux. Le bocage
vendéen a quasiment disparu. Les
bocages vendéens et berrichons sont
donc devenus des paysages ouverts. Le
linéaire de haies bretonnes est passé de
74 000 km à 26 000 km.
Depuis 30 ans, les conseils
départementaux encouragent à la
replantation de haies mixtes pour
reconstituer un bocage à larges mailles.
Le rythme annuel de plantation est de
150 km en Vendée et 30 km dans le
Finistère.

(Jean et Rieutort, 2018)


Paysages Spécifiques
• Dans les régions de moyenne
montagne, les prairies ont régressés au
profit de la forêt. Les paysages ouverts
du Limousin ont évolué vers des
paysages fermés sous l’effet de
plantation de résineux (taux de
boisement de 43 % en Corrèze).
• Les paysages de vignoble sont
facilement identifiables et assez
stables.
• En 50 ans, Les friches et landes ont
fortement régressées (5 à 2 millions
ha). La friche désigne l’état transitoire
d’une parcelle entre deux affectations.
L’enfrichement constitue un
phénomène dynamique qui fait passer
une friche boisée en bois en moins de
20 ans. Actuellement les friches se
déplacent et se propagent plus vite en
milieu péri-urbain que rural. (Jean et Rieutort, 2018)
Dynamiques des paysages

On distingue 3 types de paysages:


1) Les conquérants: Il s’agit de
progression de fronts urbains sur
l’espace agricole et par l’extension
des forêts.
2) Les paysages stables: les vignobles
qui restent autour de 900 000 ha
3) Les paysages en mutation: littoraux,
aires d’irrigation, zones
commerciales, parcs de loisirs,
zones skiables ou zone à défendre
comme Notre-Dame-des-Landes.

(Jean et Rieutort, 2018)


Etude de cas:

Analyse des territoires


ruraux alsaciens
RA Haut-Rhin
RA Bas-Rhin
Dynamiques, mutations et recompositions paysagères des territoires ruraux
alsaciens. Gilles Muller, Géoconfluences 2021

Le territoire rural alsacien se structure autour de trois ensembles, organisés selon un axe nord—sud aisément
reconnaissables par leur unité paysagère. À l’ouest, les paysages de chaume (pâturage extensif) dominent les vallées
vosgiennes. Au centre, sur les collines sous-vosgiennes, la vigne domine. À l’est, la plaine d’Alsace offre un paysage
d’openfield support d’une polyculture précoce.
L’ensemble de ces territoires reste, bien plus que dans d’autres régions françaises, sous influence urbaine. La densité de
population (228 hab./km2) y est plus importante que la moyenne, de même que la proximité et l’influence des villes
moyennes – Mulhouse, Colmar, Sélestat, Haguenau ou de la métropole européenne strasbourgeoise.
Le massif vosgien, né de l’effondrement rhénan, se divise entre un sud cristallin plus élevé en altitude et un nord
gréseux. L’ensemble reste entrecoupé de multiples cours d’eau qui incisent le relief en formant des vallées-couloirs,
orientées est/ouest, et dominées par les hautes chaumes. Les vallées alsaciennes présentent des caractéristiques
communes : des versants abrupts et boisés – forêts mixtes de hêtres et de sapins –, un encaissement important, des
rivières au contact de l’urbanisation, des constructions qui remontent dans les vallons confluents s’apparentant à du
mitage, enfin une urbanisation dense, mêlant industrie et habitat le long des axes de communication. Ces territoires
ruraux sont avant tout l’expression du système agro-sylvo-pastoral, caractéristique des espaces montagnards, qui trouve
sa représentation et son identité dans le paysage de hautes chaumes autour de la route des crêtes. Il repose sur un
équilibre : les pâturages d’altitude apportent le fourrage qui nourrit les bêtes, les bovins fournissent des produits
alimentaires, enfin le traitement du bois permet le chauffage et la construction.
Organisation et enjeux paysagers des territoires ruraux alsaciens

- Le Parc naturel régional des ballons des Vosges, et d’autres acteurs locaux, défendent le maintien de l’agro-pastoralisme autour du label
Munster AOP et des vaches de race vosgienne. Les Vosgiennes se reconnaissent à une robe mouchetée noire ou rouge, une bande blanche le
long du dos et des cornes courtes. Elles s’adaptent aux changements de température et s’accommodent des reliefs difficiles. Il s’agit d’une race
bovine mixte valorisée à la fois pour sa viande (saucisse dans la choucroute) et pour son lait (munster). La sauvegarde de cet élevage extensif
d’altitude permet la préservation des paysages de hautes chaumes. Il s’agit d’un enjeu environnemental mais également économique pour la
région puisque nombreux sont les touristes , notamment allemands et hollandais, à sillonner la route des crêtes sur les sommets du massif
vosgien. Les hautes chaumes constituent ainsi un « haut lieu » de l’élevage alsacien.
- Le petit vignoble d’environ 15 500 hectares, soit 5 % de la surface agricole utile alsacienne, bénéficie d’une situation géographique favorable.
Les vignes se concentrent sur les pentes plus ou moins douces du piémont, fin liseré méridien sur les collines sous-vosgiennes, d’environ 130
kilomètres de long et de quelques kilomètres de large, et concentré autour de la route des vins d’Alsace. À l’ouest le massif montagneux des
Vosges protège le vignoble de l’influence océanique. La faible quantité moyenne de précipitations et le bon ensoleillement donnent naissance
à des microclimats propices à la culture de la vigne. L’implantation des vignes sur le piémont oriental des Vosges favorise un ensoleillement
matinal qui limite les gelées printanières. Enfin le climat semi-continental du fossé rhénan, caractérisé par des étés chauds et orageux,
participe à la bonne maturation du raisin.
- La plaine d’Alsace est encadrée à l’ouest par les contreforts des Vosges, à l’est par les divagations du Rhin, au sud par le bassin potassique et
au nord par les collines du Kochersberg. La plaine offre une mosaïque de vastes étendues plates de grandes cultures et de cours d’eau aux
longs méandres, bordés par les rieds, ces zones humides qui sont tantôt des prés inondables et tantôt des ripisylves, le tout parsemé d’un
chapelet de villages-rues le long des routes. Deux grands types de paysage, étroitement entremêlés, caractérisent cet ensemble : l’openfield,
un paysage de grandes cultures vaste et ouvert, accentué par le remembrement, et un paysage de rieds où alternent clairières cultivées,
prairies, boisements et ripisylves qui accompagnent les multiples affluents de l’Ill. L’imbrication de ces ensembles constitue un élément clé de
l’identité paysagère de la plaine, « une dualité subtile » comme le souligne le paysagiste François Bonneaud (DREAL, 2015). L’eau, présente en
abondance, joue un rôle central dans l’organisation de ce paysage. Sinueuse ou canalisée, la ressource irrigue l’ensemble de la plaine et du
sous-sol où se trouve la plus grande nappe phréatique d’Europe.
Analyser les paysages à l’échelle locale : l’exemple de la vallée de Munster

Ces trois systèmes, reconnaissables par leur paysage agraire connaissent des mutations paysagères qui s’inscrivent dans le temps long.
L’objectif n’est pas ici d’en dresser une liste exhaustive mais d’en proposer quelques exemples en lien avec des enjeux contemporains. Dans les
Vosges et plus précisément dans la vallée de Munster, la réflexion des acteurs institutionnels porte principalement sur deux aspects : le
maintien des paysages ouverts de chaume et l’aménagement des friches industrielles.
- L’abandon partiel du pâturage d’altitude, lié à la diminution du nombre d’éleveurs, entraîne une prolifération des broussailles, une extension
des hêtraies-sapinières et, à terme, la fermeture des paysages et des fonds de vallée. Même si les fermes-auberges prospèrent, l’entretien des
prairies a beaucoup décliné, faisant naître des espaces enfrichés se multiplient. On tend localement à retrouver dans le paysage des axes de
dynamique forestière proches de ceux constatés à l’époque moderne après des décennies d’abandon de prairies. L’instauration du PNR des
Ballons des Vosges, en 1989, vise notamment à maintenir ce paysage de chaume à travers des mesures incitatives dans le recrutement et
l’installation de jeunes agriculteurs. L’enjeu est multiple : environnemental par la conservation d’une faune et d’une flore spécifiques ; social à
travers le maintien d’une activité et d’une population sur place ; économique grâce à la mise en valeur esthétique qui attire les
touristes (Husson, 2017).
- L’autre enjeu concerne la reconversion des friches industrielles. Une industrie précoce, liée aux propriétés du sol et aux ressources de la
montagne (bois, eau), se développe à l’époque moderne (1492-1789) et accroît l’anthropisation de ces espaces (Parmentier, 2019). Certains
de ces héritages se retrouvent encore aujourd’hui dans le paysage et dans la toponymie : verrerie du groupe Lalique dans les Vosges du Nord
à Wingen-sur-Moder, bâtiments à sheds (ou à redans) symboles de l’industrie textile dans les fonds de vallée, papeteries et scieries le long des
rivières, « Val d’Argent » qui rappelle le passé minier de la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. La vallée de Munster reste très marquée par les
vestiges du patrimoine industriel liés à la désindustrialisation: ancienne papeterie Schwindenhammer à Turckheim, usine à sheds au lieu-dit La
Forge, manufactures textiles Hartmann du XIXe siècle à Walbach, Munster et Muhlbach-sur-Munster. La reconversion de ces friches, aux
proportions démesurées – entre 5 et 6 hectares –, pose souvent problème. Les projets d’aménagement nécessitent un savoir-faire, du temps
et un budget conséquent lié à la dépollution, à la destruction puis au nouveau projet. Faute de moyens, ces friches jalonnent l’espace rural
alsacien, principalement dans les vallées vosgiennes ou dans le bassin potassique au nord de Mulhouse. Elles façonnent le paysage et
témoignent du passé industriel de la région.
Une urbanisation croissante qui reconfigure les dynamiques de territoires ruraux attractifs

Le visage des territoires ruraux et périurbains se transforme depuis plusieurs décennies en raison de l’accroissement démographique et de la
hausse de l’urbanisation. En 1990, la région comptait 1,6 million d’habitants contre 1,9 million en 2018, soit une augmentation de 18,5 % en
presque trente ans (INSEE, 2018). Cette croissance soutenue, mise en comparaison avec celles observées dans les régions voisines de l’Alsace,
fait figure d’exception dans une partie de la France démographiquement peu dynamique au cours de la même période. L’augmentation
importante de la population, à la fois par excédent naturel et par excédent migratoire, entraîne une densité de population moyenne bien
supérieure à la moyenne nationale : 228 habitants/km2 contre 118 habitants/km2. Plus du tiers (36,1 %) des communes alsaciennes ont vu
leur population augmenter constamment depuis 1990. La hausse de la population va de pair avec une augmentation de la surface urbanisée
via le processus d’étalement urbain. Il opère de deux manières distinctes : en tache d’huile autour des trois principales agglomérations
(Strasbourg, Mulhouse, Colmar) et des villes moyennes (Haguenau, Molsheim, Obernai, Sélestat, Saverne, Guebwiller, Saint-Louis).
L’urbanisation des campagnes pose un certain nombre de problèmes socio-économiques et environnementaux : artificialisation des sols,
transformation paysagère et architecturale, menaces sur les écosystèmes, multiplication des conflits d’usage et d’aménagement. Avec
l’étalement urbain et la périurbanisation croissante, l’artificialisation des sols augmente. Ce phénomène consiste à « transformer un sol
naturel, agricole ou forestier, par des opérations d’aménagement pouvant entraîner une imperméabilisation partielle ou totale, afin de les
affecter notamment à des fonctions urbaines ou de transport.
Plusieurs conflits, d’inégales importances, cristallisent aujourd’hui les tensions dans ces milieux ruraux et périurbains. Le cas le plus
emblématique demeure celui de la construction du grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) entre Innenheim au sud et Vendenheim
au nord (Vergne, 2017). L’objectif du projet est de délester d’une partie du trafic la traversée strasbourgeoise de l’A35, l’un des axes les plus
fréquentés de France, notamment par les poids lourds qui transitent vers l’Allemagne et l’Europe du Nord. Le projet autoroutier fait l’objet,
dès l’enquête publique de 2007, d’un rejet d’une partie des acteurs locaux. La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles
(FNSEA) dénonce la perte et la pollution de 280 hectares de terres cultivables, les écologistes s’insurgent contre la menace qui plane sur
l’habitat naturel du grand hamster d’Alsace, les habitants des communes périurbaines s’agacent du tracé qui « dénature » leur environnement
proche. L’attitude de ces derniers relèvent du nimbisme, expression tirée de l’acronyme anglais « Not in My Backyard » qui caractérise
l’opposition à un projet d’aménagement motivée, non par des considérations générales, mais par l’emplacement de ce projet qui porte
atteinte à son cadre de vie et à la valeur de son patrimoine.
La cigogne et les colombages : quand la symbolique rurale participe à l’identité régionale

« L’image touristique de l’Alsace est très puissante, très traditionnelle. L’Alsace donne envie à travers ses valeurs » (L’Alsace, 8 avril 2018).
Cette imagerie, à laquelle fait référence Dominique Hummel, directeur du Futuroscope de Poitiers, repose sur des symboles forts de la
région, le plus souvent issus du monde rural : cigognes blanches sur le toit des clochers, villages fortifiés, maisons à colombages, vins blancs,
choucroute et tartes flambées, ou encore l’Alsacienne en tenue traditionnelle avec la fameuse coiffe (Schlupfkappe). Aujourd’hui ces
représentations sont largement reprises par les différents acteurs du marketing territorial – offices du tourisme, acteurs économiques,
acteurs institutionnels – et contribuent à la valorisation de la marque Alsace. Elles renforcent l’image d’un rural traditionnel, conservateur,
préservé des influences extérieures – de la France et de l’Allemagne notamment – et tourné autour d’une identité forte.
De ces représentations découle un régionalisme bien ancré dans une partie des territoires ruraux alsaciens. Il se manifeste de différentes
manières : par le maintien de l’alsacien, deuxième langue régionale la plus parlée après l’occitan, avec environ 800 000 locuteurs, par la
présence de pôles publics et privés d’enseignement bilingue, par des croyances et des fêtes populaires – fêtes du vin, bals –, par la défense
du droit local, par le refus de l’adhésion à la région Grand Est, ainsi que par des pratiques électorales conservatrices, autonomistes ou
extrémistes (Schwengler, 2003).
FIN.

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