E2 Integr Curvilignes
E2 Integr Curvilignes
CHAPITRE 2
1. Introduction 1
2. Rappels sur les courbes 1
3. Intégrales curvilignes 3
4. Propriétés de base 5
5. Intégrales de ligne par rapport à la longueur d’arc 6
6. Indépendance par rapport au chemin dans les ensembles ouverts connexes
7
7. Circulation d’un champ de gradient 7
8. Le théorème de Green dans le plan 10
9. Calcul des aires planes 13
10. Calcul d’aire et Théorème de Green en coordonnées polaires 14
11. Changements de variables dans une intégrale double 15
12. Extension à des dimensions supérieures 16
13. Formes différentielles 17
14. Intégrale d’une forme différentielle 19
1. Introduction
L’intégrale
Z b
f (x)dx,
a
est l’intégrale de f le long du segment rectiligne [a; b]. Ce segment est paramétré par x,
x variant de a à b. Elle représente par exemple la masse du segment [a; b], f (x) étant
la densité au point x.
Nous voulons étendre cette notion au cas où le segment [a; b] est remplacé par une
courbe dans un espace n-dimensionnel décrite par un champ vectoriel α, et l’intégrande
est un champ de vecteurs f défini et borné sur cette courbe.
3. Intégrales curvilignes
Définition 3.1. Soit Γ une courbe régulière par morceaux, paramétrée par α : [a, b] →
Rn . Soit f un champ de vecteurs défini et borné sur Γ, à valeurs dans Rn . L’intégrale
curviligne de f le long de Γ est définie par :
Z Z Z b
f = f · dα = f (α(t)) · α′ (t)dt, (3.1)
Γ Γ a
R R
notée aussi Γ f dℓ ou Γ f ·dΓ dès que l’intégrale de droite existe. Γ est appelée chemin
d’intégration. H
Lorsque le chemin est fermé, on utilise alors souvent le symbole .
Si f est un champ scalaire, alors
Z Z b
f= f (α(t))∥α′ (t)∥dt (3.2)
Γ a
1. utile essentiellement dans les exercices théoriques, dans la mesure où l’expression s(t) s’exprime
rarement à l’aide des fonctions usuelles de l’analyse.
4 CHAPITRE 2
Exemple 3.2. Dans le cas bidimensionnel, si la courbe Γ est paramétrée par le chemin
α = (α1 , α2 ) sur [a, b], et si f = (P, Q) est un champ vectoriel à valeur dans R2 on a
Z Z b
f · dα = P (α(t))α1′ (t) + Q(α(t))α2′ (t) dt.
Γ a
R
Ce que l’on note aussi Γ
P dx + Qdy, voir la fin de cette section.
Remarques 3.3. (1) L’intégrale curviligne est aussi appelée travail ou circulation
du champ de vecteur f sur la courbe Γ. Le mot travail évoque plutôt l’idée d’une
force, et le mot circulation celle de la vitesse d’un élément fluide.
(2) Pour calculer une intégrale curviligne, il faut définir un paramétrage du chemin
d’intégration. Le calcul se ramène alors à celui d’une intégrale connue depuis le
lycée...
R
(3) Dans la notation Γ f , on ne spécifie pas de paramétrage. Effectivement, l’intégrale
curviligne ne dépend pas du paramétrage choisi, pourvu que le paramétrage
préserve l’orientation de la courbe. On a le théorème suivant :
Théorème 3.4. Soient α et β deux chemins réguliers par morceaux et équivalents,
représentant tous deux la courbe Γ. Alors, nous avons
Z Z
f · dα = f · dβ
Γ Γ
Une paramétrisation de Γ est donnée par α(t) = (t, t2 /2) avec t = 0 → t = 1. Donc
Z Z 1
f = f (α(t))∥α′ (t)∥dt
Γ 0
s 2 2
Z 1
t √ 3
= 2
t +4 1 + t2 dt =
0 2 4
R
(b) Calculons Γ f lorsque
p
f (x, y) = x2 , 0)
Γ = {(x, y) ∈ R2 | y = ch(x), x ∈ [0, 1]}
Une paramétrisation de Γ est donnée par α(t) = (t, ch(t)) avec t = 0 → t = 1. Donc
Z Z 1
f = f (α(t)) · α′ (t)dt
Γ 0
Z 1 Z 1
2 1
= (t , 0) · (1, sh(t))dt = t2 dt =
0 0 3
Exercice 3.6. Soit f le champ de vecteurs donné par
√
y
f (x, y) = , ∀(x, y), y ≥ 0.
x3 + y
(1) Calculer l’intégrale curviligne de f de (0, 0) à (1, 1) le long du chemin : x = t2 ,
y = t3 , 0 ⩽ t ⩽ 1. Montrer que l’intégrale vaut 59/42.
(2) Sur le chemin x = t, y = t, 0 ⩽ t ⩽ 1, montrer que l’intégrale vaut 17/12.
Conclure.
(3) La même courbe que dans le point (1) est décrite par la paramétrisation : β(t) =
ti + t3/2 j, pour 0 ⩽ t ⩽ 1. Montrer que l’on retrouve la valeur de l’intégrale.
Exercice 3.7. Soit f (x, y, z) = (y, z, x), et l’hélice circulaire Γ paramétrée par α(t) =
(r cos t, r sin t, ht) pour t ∈ [0, π2 ]. Montrer que
Z
πr
f · dα = (2h − r).
Γ 4
4. Propriétés de base
Nous avons les propriétés suivantes :
— linéarité
Z Z Z
(λf + µg) · dα = λ f · dα + µ g · dα, ∀λ, µ ∈ R, et f , g des champs vectoriels
— additivité Z Z Z
f · dα = f · dα + f · dα,
Γ Γ1 Γ2
où Γ est reconstruite par Γ1 et Γ2 , avec Γ1 défini sur [a; c] et Γ2 sur [c; b],
6 CHAPITRE 2
— et la propriété suivante
Z Z
f · dα = − f · dα.
Γ+ Γ−
Proposition 4.1 (Intégrale curviligne d’un champ scalaire). Soit Γ une courbe régulière
de longueur finie, paramétrée par α, définie sur [a; b]. Soit φ un champ scalaire défini
et continue sur
Z Γ. L’intégrale curviligne de φ sur Γ par rapport à la longueur
d’arc, notée φds, est définie par
Γ
Z Z b
φds = φ(α(t))||α′ (t)||dt.
Γ a
Z le produit f · T désigne
Remarque 5.1. Lorsque f désigne un champ de vitesse,
la composante tangentielle du champ et l’intégrale f · Tds est appelée le flot
Γ
intégral de f le long de Γ. Lorsque Γ est fermée, on parle de circulation de f le long
de Γ (mécanique des fluides par exemple).
Exercice 5.2. Un exemple d’intégrale curviligne est donné par les problèmes concer-
nant la distribution d’une masse le long d’une courbe. Pensez par exemple à une courbe
C en dimension 3 comme un fil mince fait d’un fin matériau de densité variable. En
supposant que la densité est décrite par un champ scalaire φ, où φ(x, y, z) est la masse
par unité de longueur au point (x, y, z) ∈ C. La masse totale M du fil est définie par
l’intégrale curviligne de φ par rapport à l’abscisse curviligne
Z
M= φ(x, y, z)ds.
C
CALCUL INTÉGRAL – I 7
Le centre de masse du fil est défini par le point (x, y, z) dont les coordonnées sont
définies par les équations Z
xM = xφ(x, y, z)ds,
ZC
yM = yφ(x, y, z)ds,
ZC
zM = zφ(x, y, z)ds.
C
Un fil de densité constante est dit uniforme. Dans ce cas, le centre de masse est appelé
centroı̈de.
(1) Calculer la masse M d’un enroulement d’une bobine ayant une forme hélicoı̈dale
dont l’équation vectorielle est
α(t) = a cos ti + a sin tj + btk,
si la densité est x2 + y 2 + z 2 .
(2) Calculer le centre de masse zM .
(3) Le centre d’inertie d’un fil par rapport à un axe peut également être calculé grâce
aux intégrales de ligne. Si δ(x, y, z) représente la distance perpendiculaire d’un
point (x, y, z) ∈ C à un axe L, le moment d’inertie IL est défini par
Z
IL = δ 2 (x, y, z)φ(x, y, z)ds.
C
Les moments d’inertie selon les axes des coordonnées sont notés Ix , Iy et Iz .
Calculer le moment d’inertie Iz relatif à l’exercice.
existe. Si φ′ est continue sur l’intervalle ouvert ]a; b[, nous avons
Z b
φ′ (t)dt = φ(b) − φ(a).
a
Dans le cas de champs scalaires, nous avons le théorème suivant :
Théorème 7.2. Soit φ un champ scalaire différentiable de gradient ∇φ continu sur
un ouvert connexe U de Rn . Alors, pour tous les points a et b joints par un chemin
régulier par morceaux α dans U , nous avons
Z b
∇φ · dα = φ(b) − φ(a).
a
La conséquence est que l’intégrale curviligne d’un gradient continu sur un ouvert
connexe est indépendante du chemin. Pour un chemin fermé, puisque φ(a) = φ(b), la
circulation d’un gradient continu est nulle le long de tout chemin fermé régulier par
morceaux de U .
Démonstration. Soit une courbe Γ de U , régulière parR morceaux, Rparamétrée par α
b b
définie sur [a, b], et telle que α(a) = a et α(b) = b. Alors a ∇φ·dα = a ∇φ(α(t))α′ (t)dt =
Rb
a
(φ ◦ α)′ (t)dt = φ(α(b)) − φ(α(a)) = φ(b) − φ(a).
□
Remarques 7.3. (1) φ est parfois appelé potentiel.
(2) Dans les conditions du théorème, l’intégrale curviligne dépend seulement des
valeurs du potentiel φ en a et b, elle ne dépend pas du chemin Γ pris pour aller
de a à b, du moment que Γ reste dans le domaine connexe U .
(3) L’intégrale curviligne d’un gradient sur une courbe fermée d’un ouvert connexe
est nulle !
(4) On peut généraliser ces résultats de la façon suivante : on appelle surfaces équipotentielles,
ou surfaces de niveau, les surfaces d’équation
φ(x, y, z) = constante.
Soient S1 et S2 deux surfaces équipotentielles incluses toutes deux dans un en-
semble connexe U , a un point quelconque de S1 et b un point quelconque de S2 ,
Γ une courbe joignant a à b, dans U . Alors l’intégrale curviligne
Z
∂φ ∂φ ∂φ
dx + dy + dz
Γ ∂x ∂y ∂z
R
notée aussi Γ ∇φ · dα a une valeur constante, indépendante des points a et b
sur S1 et S2 respectivement, et qui ne dépend que de S1 et S2 . Elle représente la
différence de potentiel entre S1 et S2 .
On peut montrer en fait que les gradients sont les seuls champs de vecteurs ayant
cette propriété, c’est l’objet du théorème suivant.
Théorème 7.4. Soit U un ouvert connexe de Rn , et f un champ de vecteur continu
défini sur U à valeurs dans Rn . On a les équivalences suivantes :
CALCUL INTÉGRAL – I 9
Γ x2 + y 2
dans les cas suivants :
(1) Si Γ est une courbe incluse dans un pavé inclus dans le demi-plan supérieur ouvert
{(x, y) ∈ R2 , y > 0}, d’extrémités a et b,
(2) si Γ est le cercle trigonométrique.
Le reste de cette partie contient des éléments de calcul intégral destinés à compléter
les notions d’intégrales multiples. Essentiellement, nous verrons : le théorème de Green
dans le plan, une condition nécessaire et suffisante pour qu’un champ de vecteur bi-
dimensionnel soit un gradient, les changements de variables dans une intégrale double
ainsi que l’extension à des dimensions supérieures.
La courbe Γ qui apparaı̂t à droite est la frontière de Ω, la courbe est orientée dans le
sens direct. Par sens direct, on entend que si l’on se promène dans le sens direct sur
la courbe Γ, l’intérieur de la courbe (i.e. la région Ω) se trouve à notre gauche.
Deux types d’hypothèses doivent être prises en compte pour la validité de la re-
lation (8.1). Les hypothèses les plus classiques sont que P et Q sont continûment
différentiables sur un ouvert S contenant Ω. On a alors la continuité de ∂y P et ∂x Q
sur Ω. On peut affaiblir également ces hypothèses. Il y a ensuite des hypothèses
géométriques sur le domaine Ω et sa frontière Γ. La frontière Γ doit être fermée
rectifiable (c’est-à-dire de longueur finie). Supposons que Γ est décrite par une fonc-
tion continue α à valeur vectorielle définie sur un intervalle [a; b]. Si α(a) = α(b), Γ est
fermée. Une courbe fermée telle que α(t1 ) ̸= α(t2 ), ∀t1 ̸= t2 dans ]a; b] est appelée une
courbe fermée simple. Celles d’entre elles qui se trouvent dans le plan sont appelées
courbes de Jordan. On sépare donc le plan en deux parties disjointes ouvertes et
connexes de frontière commune Γ : une est bornée, l’autre non. La première est ap-
pelée intérieure, la second extérieure. Le théorème de Green, qui n’est pas évident à
démontrer, est vrai pour toute courbe de Jordan. Nous restreignons ici notre discussion
à des courbes régulières par morceaux. Une autre difficulté est liée à la définition du
sens de circulation (”dans le sens direct”). Ceci peut s’exprimer grâce à α. Toute-
fois, ici, nous considérons une définition ”intuitive” (l’intérieur de la courbe se trouve
à gauche).
CALCUL INTÉGRAL – I 11
Théorème 8.1 (Théorème de Green). Soient P et Q des champs scalaires qui sont
continûment différentiables sur un ouvert S dans le plan (x, y). Soit Γ une courbe de
Jordan C 1 par morceaux, et soit Ω l’union de Γ et de son intérieur. Supposons que Ω
est un sous-ensemble de S. Alors, nous avons l’identité
ZZ Z
∂Q ∂P
− dxdy = P dx + Qdy ,
Ω ∂x ∂y Γ+
où l’intégrale curviligne est prise le long de Γ dans le sens direct.
Démonstration. On démontre le théorème dans le cas (cf. figure figure 1) où on peut
écrire Ω indifféremment comme
S = {(x, y) ∈ R2 ; x2 + y 2 ≤ 1, x ≥ 0, y ≥ 0}.
La surface S en question est la quart (nord-est) du disque unité. Elle est paramétrée
par
σ(r, θ) = (r cos θ, r sin θ), 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ π/2
Le bord Γ de S comporte 3 parties,
(a) On a
Z Z Z Z
ω = f+ f+ f
Γ Γ1 Γ2 Γ3
CALCUL INTÉGRAL – I 13
R R
On montre assez facilement que Γ1 f = Γ3 f = 0, donc
Z Z Z π/2
f = f= f (γ2 (t)) · γ2′ (t)dt
Γ Γ2 0
Z π/2
= − cos t sin3 t + 2 sin t cos2 tdt
0
π/2 π/2
sin4 t cos3 t
5
= − −2 = .
4 0 3 0 12
2
(b) On pose P (x, y) = xy et Q(x, y) = 2xy de sorte que ω = P dx + Qdy. D’après
la formule de Green
Z Z Z
∂Q ∂P
ω = − dxdy
Γ S ∂x ∂y
Z Z
= (2y − 2xy)dxdy
S
On passant en coordonnées polaires x = r cos θ, y = r sin θ) avec 0 ≤ r ≤ 1 et
0 ≤ θ ≤ π/2, on obtient
Z Z 1 Z π/2
ω = (2r sin θ − 2r2 sin θ cos θ)rdrdθ
Γ 0 0
Z 1
5
= (2r2 − r3 )dr = .
0 12
Exercice 8.3. Utiliser le théorème de Green pour calculer le travail, défini par
Z
P dx + Qdy,
Γ
résultant d’un champ de force f (x, y) = (y + 3x)i + (2y − x)j, en faisant bouger une
particule dans le sens direct le long de l’ellipse : 4x2 + y 2 = 4. On prendra P (x, y) =
y + 3x et Q(x, y) = 2y − x.
Exercice 8.4. Evaluer l’intégrale curviligne
Z
(5 − xy − y 2 )dx − (2xy − x2 )dy,
Γ
où Γ est le carré de sommets (0, 0), (1, 0), (1, 1), (0, 1) dans le sens direct.
où dS = dxdy, dT = dudv et g(u, v) = f (X(u, v), Y (u, v)) = (f ◦ r)(u, v). Le facteur
J(u, v) qui apparaı̂t dans l’intégrale de droite joue le rôle de g ′ (t) dans la formule
unidimensionnelle. Ce facteur est appelé déterminant jacobien de l’application (11.1)
et est défini par
∂u X ∂v X
J(u, v) =
∂u Y ∂v Y
∂(X, Y )
On écrit également quelques fois . Nous ne donnons pas ici les hypothèses
∂(u, v)
optimales qui nous permettent de valider la formule (11.2) mais disons que, en plus
des hypothèses de continuité sur X, Y , U et V données ci-dessus, nous supposons que
l’application r de T vers S est bijective et que le jacobien J(u, v) n’est jamais nul.
Exercice 11.1. (1) Montrer que l’on a en coordonnées polaires
ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (r cos θ, r sin θ)rdrdθ,
S T
Soit (e1 , . . . , en ) la base canonique de Rn et (e∗1 , . . . , e∗n ) sa base duale. Les e∗i sont
les formes linéaires définies par
e∗i (ej ) = δij , ∀i, j
Pour tout x ∈ U , ω(x) est donc une forme linéaire qui peut s’écrire d’une façon unique
ω(x) = P1 (x)e∗1 + . . . + Pn (x)e∗n
où les fonctions composantes P1 , . . . Pn sont continues sur U .
Les applications e∗i : (x1 , . . . , xn ) 7→ xi sont linéaires donc différentiables et de∗i (x) =
e∗i
On note abusivement dxi au lieu de e∗i , donc
ω(x) = P1 (x)dx1 + . . . + Pn (x)dxn
La 1-forme différentielle est de classe C k si, et seulement si les applications P1 , . . . , Pn
le sont.
Exemple 13.2. Sur R2 , on préfère dx et dy à dx1 et dx2 .
x y
ω= 2 dx − dy
x + y2 x2 + y 2
est une 1-forme différentielle de classe C ∞ sur R2 \ {(0, 0)}
Définition 13.3. Une 1-forme différentielle ω sur U est dite exacte s’il existe f :
U → R de classe C 1 telle que ω = df . On dit alors que f est une primitive de ω.
P
Proposition 13.4. La 1-forme différentielle ω = Pi dxi définie sur U est exacte si,
et seulement si, il existe une fonction f : U → R de classe C 1 vérifiant
∂f
= Pi , ∀i
∂xi
Exemple 13.5. Considérons
ω = (x − yz)dx + (y − xz)dy + (z − xy)dz
définie sur R3 . Supposons qu’il existe f solution de ω = df . Alors
∂f
(x, y, z) = x − yz (13.1)
∂x
∂f
(x, y, z) = y − xz (13.2)
∂y
∂f
(x, y, z) = z − xy (13.3)
∂z
De (13.1) on a f (x, y, z) = 21 x2 − xyz + g(y, z). Dans (13.2) on obtient g(y, z) =
1 2
2
y + h(z) et dans (13.3) on obtient h(z) = 12 z 2 + c.
Finalement f (x, y, z) = 12 (x2 + y 2 + z 2 ) − xyz + c où c est une constante. Inversement
une telle fonction est solution du système. La 1-forme différentielle ω est donc exacte.
CALCUL INTÉGRAL – I 19
2 2
Exemple 14.2. ω(x, y) = 12 (xdy − ydx) et Γ l’ellipse d’équation xa2 + yb2 = 1 paramétré
par γ(t) = (a cos t, b sin t), 0 ≤ t ≤ 2π.
1 2π
Z Z
ω= ab cos2 t + ab sin2 tdt = πab
Γ 2 0
On remarque que c’est exactement l’intégrale curviligne le long de Γ du champ de
vecteur f (x, y) = (−y/2, x/2),
Z Z 2π
f= f (γ(t)) · γ ′ (t)dt
Γ 0
Exemple 14.3 (Même origine, même extrémité, mais chemins différents ...). Soit la
forme différentielle w = x2 dx − xydy et calculons l’intégrale curviligne de ω pour les
contours suivants :
— Γ1 est le segment de droite [OA] où O(0, 0) et A(1, 1) : on paramètre ce segment
en posant y = x, 0 ≤ x ≤ 1. On a donc
Z Z 1
ω= (x2 − x2 )dx = 0
Γ1 0
2
— Γ2 est l’arc de parabole x = y , 0 ≤ x ≤ 1, orienté dans le ses des x croissants :
(on déjà une paramétrisation de Γ2 )
Z Z 1
1
ω= (2y 5 − y 3 )dy =
Γ2 0 12
Les deux contours précédents ont même origine et même extrémité. La forme différentielles
ω ne peut être donc pas exacte, sinon son intégrale curviligne ne dépendrait pas du
chemin choisi. On peut également vérifier que ω n’est pas exacte : ∂P ∂y
= 0, ∂Q
∂x
= −y.