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E2 Integr Curvilignes

Ce document traite des intégrales curvilignes et du théorème de Green dans le cadre du calcul intégral avancé. Il couvre des concepts fondamentaux tels que les courbes, les propriétés des intégrales curvilignes, et les applications du théorème de Green pour le calcul d'aires. Le texte inclut également des définitions, des exemples et des exercices pour illustrer les notions abordées.

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E2 Integr Curvilignes

Ce document traite des intégrales curvilignes et du théorème de Green dans le cadre du calcul intégral avancé. Il couvre des concepts fondamentaux tels que les courbes, les propriétés des intégrales curvilignes, et les applications du théorème de Green pour le calcul d'aires. Le texte inclut également des définitions, des exemples et des exercices pour illustrer les notions abordées.

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CALCUL INTÉGRAL – II

INTÉGRALES CURVILIGNES, THÉORÈME DE GREEN

CHAPITRE 2

Table des matières

1. Introduction 1
2. Rappels sur les courbes 1
3. Intégrales curvilignes 3
4. Propriétés de base 5
5. Intégrales de ligne par rapport à la longueur d’arc 6
6. Indépendance par rapport au chemin dans les ensembles ouverts connexes
7
7. Circulation d’un champ de gradient 7
8. Le théorème de Green dans le plan 10
9. Calcul des aires planes 13
10. Calcul d’aire et Théorème de Green en coordonnées polaires 14
11. Changements de variables dans une intégrale double 15
12. Extension à des dimensions supérieures 16
13. Formes différentielles 17
14. Intégrale d’une forme différentielle 19

1. Introduction
L’intégrale
Z b
f (x)dx,
a
est l’intégrale de f le long du segment rectiligne [a; b]. Ce segment est paramétré par x,
x variant de a à b. Elle représente par exemple la masse du segment [a; b], f (x) étant
la densité au point x.
Nous voulons étendre cette notion au cas où le segment [a; b] est remplacé par une
courbe dans un espace n-dimensionnel décrite par un champ vectoriel α, et l’intégrande
est un champ de vecteurs f défini et borné sur cette courbe.

2. Rappels sur les courbes


Rappelons quelques définitions.
Définition 2.1. — Soit α : J = [a; b] → Rn un champ vectoriel défini sur un inter-
valle J. Lorsque t parcourt J, α(t) décrit un ensemble de points appelé graphe
de la fonction.
— Si α est continue sur J, le graphe est appelé une courbe (décrite par α) et α est
appelée chemin continu dans Rn . α, défini sur J, est appelé paramétrage ou
paramétrisation de la courbe.
1
2 CHAPITRE 2

— La courbe est régulière si la dérivée α′ existe, ne s’annule pas sur J, et est


continue dans l’intervalle ouvert ]a; b[.
— La courbe est régulière par morceaux si l’intervalle [a; b] peut être partitionné
en un nombre fini de sous-intervalles où la courbe est régulière.
— Une courbe est simple si pour tout t1 ̸= t2 dans ]a, b[, α(t1 ) ̸= α(t2 ).
— Une courbe simple est fermée si α(a) = α(b).
Donnons aussi la définition d’orientation. On en donne une définition plus intuitive
que rigoureuse...
Définition 2.2. Soit Γ une courbe fermée. On dira qu’elle est orientée positivement
si, en se déplaçant sur Γ, on a l’intérieur de Γ à notre gauche. Si Γ est orientée posi-
tivement, on la note Γ+ . Si elle est orientée négativement (i.e. dans le sens contraire),
on la note Γ− .
Exemple 2.3. Si Γ est le cercle trigonométrique, Γ+ est le cercle trigonométrique
parcouru dans le sens trigonométrique (inverse des aiguilles d’une montre).
Intéressons nous maintenant à ce qui se passe si on change la paramétrisation d’une
courbe.
Définition 2.4. Soit α un chemin continu défini sur [a; b], u : [c, d] → [a, b] une
fonction bijective, différentiable telle que u′ ne s’annule pas sur [c; d]. Alors, la
fonction β définie sur [c; d] par l’équation β(t) = α[u(t)] est un chemin continu ayant
le même graphe que α. Deux chemins α et β ainsi reliés sont dits équivalents.
Soit C la courbe commune de deux chemins équivalents α et β. Si la dérivée de
u est toujours positive sur [c; d], α et β tracent C dans le même sens (u préserve
l’orientation). Si elle est toujours négative, u renverse l’orientation.

Enfin, définissons une mesure particulière : l’abscisse curviligne.


Définition 2.5. Soit α un chemin avec α′ continue sur [a; b]. Alors, l’abscisse cur-
viligne est donnée par Z t
s(t) = ∥α′ (x)∥ dx
a
sa dérivée est : s′ (t) = ∥α′ (t)∥.
Rb
La courbe est dite rectifiable si elle est de longueur finie, i.e. si a ∥α′ (u)∥ du < ∞.
La longueur de l’arc entre deux points M1 = α(t1 ) et M2 = α(t2 ), t1 , t2 ∈ [a, b]
est donnée par |s(t2 ) − s(t1 )|.
La longueur de la courbe Γ paramétrée par γ : [a, b] → R2 ou R3 est donnée par
Z b
ℓ(Γ) = ∥γ ′ (t)∥dt
a
Le vecteur tangent unitaire à la courbe en α(t) est défini par
dα α′ (t)
T(t) = =
ds ∥α′ (t)∥
CALCUL INTÉGRAL – I 3

Remarques 2.6. (1) L’abscisse curviligne, la longueur d’arc et le vecteur tangent


unitaire à la courbe ne dépendent pas du paramétrage α choisi. Heureusement,
entre deux points quelconques d’une courbe, la longueur d’arc est indépendante
du paramétrage choisi.
En effet, soit β défini sur [c, d] un autre paramétrage tel que α et β soient
équivalents. Alors il existe u : [c, d] → [a, b] bijective, différentiable telle que
β(t) = α[u(t)]. Supposons que u′ > 0, de telle sorte que la courbe conserve son
orientation (si u′ < 0, le raisonnement sera le même, il faudra juste échanger
c et d). Soient alors t ∈ [a, b], et e t = u(t), on a α(t) = β(e t), i.e. t ∈ [a, b] et
t ∈ [c, d] correspondent au même point sur la courbe. Calculons la longueur entre
e
Rt R u−1 (t) R et
α(a) et α(t) : s(t) = a ∥α′ (x)∥ dx = u−1 (a) ∥α′ (u(y))∥ u′ (y)dy = c ∥β ′ (y)∥ dy.
L’abscisse curviligne, i.e. la longueur, est la même entre α(a) et α(t), qu’entre
β(c) et β(e t).
(2) L’abscisse curviligne est un ’paramétrage’. Il s’agit d’un paramétre intrinsèque à
la courbe 1.
Exercice 2.7. (1) Calculer la longueur de la courbe Γ = {(x, y) ∈ R2 : y = chx, x ∈
[0, 1]}.
(2) Soit Γ′ = {(x, y) ∈ R2 : x(t) = r(t) cos t, y(t) = r(t) sin t, t ∈ [a, b]}. Calculer la
longueur de Γ′ en fonction de r. Calculer la longueur d’un cercle de rayon R.
(3) Calculer la longueur de l’hélice paramétrée par
π
α(t) = (r cos t, r sin t, ht), t ∈ [0, ]
2

3. Intégrales curvilignes
Définition 3.1. Soit Γ une courbe régulière par morceaux, paramétrée par α : [a, b] →
Rn . Soit f un champ de vecteurs défini et borné sur Γ, à valeurs dans Rn . L’intégrale
curviligne de f le long de Γ est définie par :
Z Z Z b
f = f · dα = f (α(t)) · α′ (t)dt, (3.1)
Γ Γ a
R R
notée aussi Γ f dℓ ou Γ f ·dΓ dès que l’intégrale de droite existe. Γ est appelée chemin
d’intégration. H
Lorsque le chemin est fermé, on utilise alors souvent le symbole .
Si f est un champ scalaire, alors
Z Z b
f= f (α(t))∥α′ (t)∥dt (3.2)
Γ a

1. utile essentiellement dans les exercices théoriques, dans la mesure où l’expression s(t) s’exprime
rarement à l’aide des fonctions usuelles de l’analyse.
4 CHAPITRE 2

Exemple 3.2. Dans le cas bidimensionnel, si la courbe Γ est paramétrée par le chemin
α = (α1 , α2 ) sur [a, b], et si f = (P, Q) est un champ vectoriel à valeur dans R2 on a
Z Z b 
f · dα = P (α(t))α1′ (t) + Q(α(t))α2′ (t) dt.
Γ a
R
Ce que l’on note aussi Γ
P dx + Qdy, voir la fin de cette section.

Remarques 3.3. (1) L’intégrale curviligne est aussi appelée travail ou circulation
du champ de vecteur f sur la courbe Γ. Le mot travail évoque plutôt l’idée d’une
force, et le mot circulation celle de la vitesse d’un élément fluide.
(2) Pour calculer une intégrale curviligne, il faut définir un paramétrage du chemin
d’intégration. Le calcul se ramène alors à celui d’une intégrale connue depuis le
lycée...
R
(3) Dans la notation Γ f , on ne spécifie pas de paramétrage. Effectivement, l’intégrale
curviligne ne dépend pas du paramétrage choisi, pourvu que le paramétrage
préserve l’orientation de la courbe. On a le théorème suivant :
Théorème 3.4. Soient α et β deux chemins réguliers par morceaux et équivalents,
représentant tous deux la courbe Γ. Alors, nous avons
Z Z
f · dα = f · dβ
Γ Γ

si α et β tracent Γ dans le même sens. On a


Z Z
f · dα = − f · dβ
Γ Γ

si il y a une inversion d’orientation.


Démonstration. Soient α et β deux chemins réguliers par morceaux et équivalents,
orientant Γ dans le même sens, définis respectivement sur [a, b] et [c, d]. Alors, il existe
u de classe C 1 , bijection de [a, b] → [c, d] tel que β(t) = α[u(t)], pour tout t ∈ [a, b].
Effectuons, dans l’intégrale (3.1), le changement de variable t = u(y). Alors u(a) =
c, u(b) = d, d’après la croissance de u, et
Z b Z d Z d
′ ′ ′
f (α(t)) · α (t)dt = f (α(u(y))) · α (u(y))u (y)dy = f (β(y)) · β ′ (y)dy.
a c c

La première partie du théorème est démontrée. Si il y a changement d’orientation, on


reproduit le même raisonnement, avec u(a) = d, u(b) = c, c’est pourquoi on change de
signe. □
R
Exemple 3.5. (a) Calculons Γ f lorsque
p
f (x, y) = x2 + 4y 2
Γ = {(x, y) ∈ R2 | 2y = x2 , x ∈ [0, 1]}
CALCUL INTÉGRAL – I 5

Une paramétrisation de Γ est donnée par α(t) = (t, t2 /2) avec t = 0 → t = 1. Donc
Z Z 1
f = f (α(t))∥α′ (t)∥dt
Γ 0
s  2 2
Z 1
t √ 3
= 2
t +4 1 + t2 dt =
0 2 4
R
(b) Calculons Γ f lorsque
p
f (x, y) = x2 , 0)
Γ = {(x, y) ∈ R2 | y = ch(x), x ∈ [0, 1]}
Une paramétrisation de Γ est donnée par α(t) = (t, ch(t)) avec t = 0 → t = 1. Donc
Z Z 1
f = f (α(t)) · α′ (t)dt
Γ 0
Z 1 Z 1
2 1
= (t , 0) · (1, sh(t))dt = t2 dt =
0 0 3
Exercice 3.6. Soit f le champ de vecteurs donné par
 √ 
y
f (x, y) = , ∀(x, y), y ≥ 0.
x3 + y
(1) Calculer l’intégrale curviligne de f de (0, 0) à (1, 1) le long du chemin : x = t2 ,
y = t3 , 0 ⩽ t ⩽ 1. Montrer que l’intégrale vaut 59/42.
(2) Sur le chemin x = t, y = t, 0 ⩽ t ⩽ 1, montrer que l’intégrale vaut 17/12.
Conclure.
(3) La même courbe que dans le point (1) est décrite par la paramétrisation : β(t) =
ti + t3/2 j, pour 0 ⩽ t ⩽ 1. Montrer que l’on retrouve la valeur de l’intégrale.
Exercice 3.7. Soit f (x, y, z) = (y, z, x), et l’hélice circulaire Γ paramétrée par α(t) =
(r cos t, r sin t, ht) pour t ∈ [0, π2 ]. Montrer que
Z
πr
f · dα = (2h − r).
Γ 4

4. Propriétés de base
Nous avons les propriétés suivantes :
— linéarité
Z Z Z
(λf + µg) · dα = λ f · dα + µ g · dα, ∀λ, µ ∈ R, et f , g des champs vectoriels

— additivité Z Z Z
f · dα = f · dα + f · dα,
Γ Γ1 Γ2
où Γ est reconstruite par Γ1 et Γ2 , avec Γ1 défini sur [a; c] et Γ2 sur [c; b],
6 CHAPITRE 2

— et la propriété suivante
Z Z
f · dα = − f · dα.
Γ+ Γ−

Proposition 4.1 (Intégrale curviligne d’un champ scalaire). Soit Γ une courbe régulière
de longueur finie, paramétrée par α, définie sur [a; b]. Soit φ un champ scalaire défini
et continue sur
Z Γ. L’intégrale curviligne de φ sur Γ par rapport à la longueur
d’arc, notée φds, est définie par
Γ
Z Z b
φds = φ(α(t))||α′ (t)||dt.
Γ a

De nouveau, il y a invariance par changement de paramétrage.

5. Intégrales de ligne par rapport à la longueur d’arc


Soit Γ une courbe régulière de longueur finie, paramétrée par α, définie sur [a; b].
Soit φ un champ scalaire défini et borné sur
Z Γ. L’intégrale curviligne de φ sur Γ
par rapport à la longueur d’arc, notée φds, est définie par
Γ
Z Z b
φds = φ(α(t))s′ (t)dt
Γ a

dès que l’intégrale de droite existe.


Considérons maintenant un champ scalaire φ donné par, φ(α(t)) = f (α(t)) · T(t),
dα α′ (t)
avec T le vecteur tangent unitaire T(t) = = . Alors, nous avons
ds ∥α′ (t)∥
Z Z
φds = f · dα
Γ Γ

Z le produit f · T désigne
Remarque 5.1. Lorsque f désigne un champ de vitesse,
la composante tangentielle du champ et l’intégrale f · Tds est appelée le flot
Γ
intégral de f le long de Γ. Lorsque Γ est fermée, on parle de circulation de f le long
de Γ (mécanique des fluides par exemple).
Exercice 5.2. Un exemple d’intégrale curviligne est donné par les problèmes concer-
nant la distribution d’une masse le long d’une courbe. Pensez par exemple à une courbe
C en dimension 3 comme un fil mince fait d’un fin matériau de densité variable. En
supposant que la densité est décrite par un champ scalaire φ, où φ(x, y, z) est la masse
par unité de longueur au point (x, y, z) ∈ C. La masse totale M du fil est définie par
l’intégrale curviligne de φ par rapport à l’abscisse curviligne
Z
M= φ(x, y, z)ds.
C
CALCUL INTÉGRAL – I 7

Le centre de masse du fil est défini par le point (x, y, z) dont les coordonnées sont
définies par les équations Z
xM = xφ(x, y, z)ds,
ZC
yM = yφ(x, y, z)ds,
ZC
zM = zφ(x, y, z)ds.
C
Un fil de densité constante est dit uniforme. Dans ce cas, le centre de masse est appelé
centroı̈de.
(1) Calculer la masse M d’un enroulement d’une bobine ayant une forme hélicoı̈dale
dont l’équation vectorielle est
α(t) = a cos ti + a sin tj + btk,
si la densité est x2 + y 2 + z 2 .
(2) Calculer le centre de masse zM .
(3) Le centre d’inertie d’un fil par rapport à un axe peut également être calculé grâce
aux intégrales de ligne. Si δ(x, y, z) représente la distance perpendiculaire d’un
point (x, y, z) ∈ C à un axe L, le moment d’inertie IL est défini par
Z
IL = δ 2 (x, y, z)φ(x, y, z)ds.
C
Les moments d’inertie selon les axes des coordonnées sont notés Ix , Iy et Iz .
Calculer le moment d’inertie Iz relatif à l’exercice.

6. Indépendance par rapport au chemin dans les ensembles ouverts


connexes
Soit f un champ de vecteurs continu sur un ouvert connexe S. Choisissons deux
points a et b dans S et considérons l’intégrale curviligne de f de a vers b le long d’un
chemin régulier par morceaux S. La valeur de l’intégrale dépend en général du chemin
joignant a à b. Pour certains champs de vecteurs, l’intégrale dépend seulement des
extrémités a et b et non du chemin les joignant. Dans cette situation, nous dirons que
l’intégrale est indépendante du chemin allant de a vers b. Nous dirons que l’intégrale
curviligne de f est indépendante du chemin de S si elle est indépendante du chemin
joignant a à b.

7. Circulation d’un champ de gradient


Dans le cas de fonctions réelles, nous connaissons déjà le
Théorème 7.1. Soit φ une fonction réelle qui est continue sur un intervalle fermé
[a; b] et supposons que l’intégrale
Z b
φ′ (t)dt
a
8 CHAPITRE 2

existe. Si φ′ est continue sur l’intervalle ouvert ]a; b[, nous avons
Z b
φ′ (t)dt = φ(b) − φ(a).
a
Dans le cas de champs scalaires, nous avons le théorème suivant :
Théorème 7.2. Soit φ un champ scalaire différentiable de gradient ∇φ continu sur
un ouvert connexe U de Rn . Alors, pour tous les points a et b joints par un chemin
régulier par morceaux α dans U , nous avons
Z b
∇φ · dα = φ(b) − φ(a).
a
La conséquence est que l’intégrale curviligne d’un gradient continu sur un ouvert
connexe est indépendante du chemin. Pour un chemin fermé, puisque φ(a) = φ(b), la
circulation d’un gradient continu est nulle le long de tout chemin fermé régulier par
morceaux de U .
Démonstration. Soit une courbe Γ de U , régulière parR morceaux, Rparamétrée par α
b b
définie sur [a, b], et telle que α(a) = a et α(b) = b. Alors a ∇φ·dα = a ∇φ(α(t))α′ (t)dt =
Rb
a
(φ ◦ α)′ (t)dt = φ(α(b)) − φ(α(a)) = φ(b) − φ(a).

Remarques 7.3. (1) φ est parfois appelé potentiel.
(2) Dans les conditions du théorème, l’intégrale curviligne dépend seulement des
valeurs du potentiel φ en a et b, elle ne dépend pas du chemin Γ pris pour aller
de a à b, du moment que Γ reste dans le domaine connexe U .
(3) L’intégrale curviligne d’un gradient sur une courbe fermée d’un ouvert connexe
est nulle !
(4) On peut généraliser ces résultats de la façon suivante : on appelle surfaces équipotentielles,
ou surfaces de niveau, les surfaces d’équation
φ(x, y, z) = constante.
Soient S1 et S2 deux surfaces équipotentielles incluses toutes deux dans un en-
semble connexe U , a un point quelconque de S1 et b un point quelconque de S2 ,
Γ une courbe joignant a à b, dans U . Alors l’intégrale curviligne
Z
∂φ ∂φ ∂φ
dx + dy + dz
Γ ∂x ∂y ∂z
R
notée aussi Γ ∇φ · dα a une valeur constante, indépendante des points a et b
sur S1 et S2 respectivement, et qui ne dépend que de S1 et S2 . Elle représente la
différence de potentiel entre S1 et S2 .
On peut montrer en fait que les gradients sont les seuls champs de vecteurs ayant
cette propriété, c’est l’objet du théorème suivant.
Théorème 7.4. Soit U un ouvert connexe de Rn , et f un champ de vecteur continu
défini sur U à valeurs dans Rn . On a les équivalences suivantes :
CALCUL INTÉGRAL – I 9

i) f dérive d’un potentiel φ, champ scalaire


H défini sur U (i.e. f = ∇φ),
ii) Pour toute courbe fermée Γ de U , Γ f · dα = 0,
iii) L’intégrale curviligne de f entre deux points a et b de U est indépendante de la
courbe Γ de U considérée pour aller de a à b.
Si en plus, f est de classe C 1 et si U est étoilé, on verra en AnalyseTensorielle que
i), ii), iii) sont alors équivalents avec le fait que la matrice jacobienne de f est symétrique :
∂i fj = ∂j fi , ou encore que le rotationnel de f est nul.
Exemple 7.5 (Test Novembre 2018). Soit le champ de vecteurs f : R3 → R3 donné
par
f (x, y, z) = (x + z, −3xy, x2 ).
(1) Calculer la circulation de ce champ de vecteurs entre les points O(0, 0, 0) et
A(1, 2, −1) le long des chemins suivants :
(a) Γ1 : (x = t2 , y = 2t, z = −t) ;
(b) Γ2 : le segment [O, A].
(2) Que peut-on en déduire sur f .

(1) (a) Soit


α(t) = (t2 , 2t, −t) t = 0 → t = 1
la paramétrisation du chemin le long de Γ1 allant de O à A. Donc
Z Z 1
f · dℓ = f (α(t)) · α′ (t)dt
Γ1 0
Z 1
= −t4 − 10t3 − 2t2
0
 
1 5 2 101
= − + + = −
5 2 3 30
(b) Le segment [O, A] est paramétré par
β(t) = (t, 2t, −t), t = 0 → t = 1
donc
Z Z 1
f · dℓ = f (β(t)) · β ′ (t)dt
[O,A] 0
Z 1
= −13t2 dt
0
13
= −
3
R R
(2) Comme Γ1
f ·dℓ ̸= [O,A]
f ·dℓ, le champ de vecteurs f ne dérive pas d’un potentiel.
2x
Exercice 7.6. Soit le champ de vecteurs f de coordonnées P (x, y) = y
et Q(x, y) =
1−x2
y2
. Soit U = R2 \ (y = 0) le plan R2 privé de la droite y = 0, et Γ une courbe
R
d’extrémités a = (a1 , a2 ), b = (b1 , b2 ) incluse dans U . Calculer Γ f · dα.
10 CHAPITRE 2

Exercice 7.7. Calculer l’intégrale


xdy − ydx
Z

Γ x2 + y 2
dans les cas suivants :
(1) Si Γ est une courbe incluse dans un pavé inclus dans le demi-plan supérieur ouvert
{(x, y) ∈ R2 , y > 0}, d’extrémités a et b,
(2) si Γ est le cercle trigonométrique.

Le reste de cette partie contient des éléments de calcul intégral destinés à compléter
les notions d’intégrales multiples. Essentiellement, nous verrons : le théorème de Green
dans le plan, une condition nécessaire et suffisante pour qu’un champ de vecteur bi-
dimensionnel soit un gradient, les changements de variables dans une intégrale double
ainsi que l’extension à des dimensions supérieures.

8. Le théorème de Green dans le plan


Il existe un analogue au théorème 7.2 pour la dimension deux. Ce théorème, appelé
théorème de Green, relie l’intégrale double sur une région Ω à une intégrale de ligne
prise le long de la frontière Γ du domaine. La forme de cette relation est
ZZ   Z
∂Q ∂P
− dxdy = P dx + Qdy. (8.1)
Ω ∂x ∂y Γ+

La courbe Γ qui apparaı̂t à droite est la frontière de Ω, la courbe est orientée dans le
sens direct. Par sens direct, on entend que si l’on se promène dans le sens direct sur
la courbe Γ, l’intérieur de la courbe (i.e. la région Ω) se trouve à notre gauche.
Deux types d’hypothèses doivent être prises en compte pour la validité de la re-
lation (8.1). Les hypothèses les plus classiques sont que P et Q sont continûment
différentiables sur un ouvert S contenant Ω. On a alors la continuité de ∂y P et ∂x Q
sur Ω. On peut affaiblir également ces hypothèses. Il y a ensuite des hypothèses
géométriques sur le domaine Ω et sa frontière Γ. La frontière Γ doit être fermée
rectifiable (c’est-à-dire de longueur finie). Supposons que Γ est décrite par une fonc-
tion continue α à valeur vectorielle définie sur un intervalle [a; b]. Si α(a) = α(b), Γ est
fermée. Une courbe fermée telle que α(t1 ) ̸= α(t2 ), ∀t1 ̸= t2 dans ]a; b] est appelée une
courbe fermée simple. Celles d’entre elles qui se trouvent dans le plan sont appelées
courbes de Jordan. On sépare donc le plan en deux parties disjointes ouvertes et
connexes de frontière commune Γ : une est bornée, l’autre non. La première est ap-
pelée intérieure, la second extérieure. Le théorème de Green, qui n’est pas évident à
démontrer, est vrai pour toute courbe de Jordan. Nous restreignons ici notre discussion
à des courbes régulières par morceaux. Une autre difficulté est liée à la définition du
sens de circulation (”dans le sens direct”). Ceci peut s’exprimer grâce à α. Toute-
fois, ici, nous considérons une définition ”intuitive” (l’intérieur de la courbe se trouve
à gauche).
CALCUL INTÉGRAL – I 11

Théorème 8.1 (Théorème de Green). Soient P et Q des champs scalaires qui sont
continûment différentiables sur un ouvert S dans le plan (x, y). Soit Γ une courbe de
Jordan C 1 par morceaux, et soit Ω l’union de Γ et de son intérieur. Supposons que Ω
est un sous-ensemble de S. Alors, nous avons l’identité
ZZ   Z 
∂Q ∂P 
− dxdy = P dx + Qdy ,
Ω ∂x ∂y Γ+
où l’intégrale curviligne est prise le long de Γ dans le sens direct.
Démonstration. On démontre le théorème dans le cas (cf. figure figure 1) où on peut
écrire Ω indifféremment comme

Ω = {(x, y)/ a ⩽ x ⩽ b, φ1 (x) ⩽ y ⩽ φ2 (x)} , (8.2)


1
φ1 , φ2 étant deux fonctions à valeurs réelles, de classe C par morceaux sur [a, b], et
telles que φ1 ⩽ φ2 ;
ou comme
Ω = {(x, y)/ c ⩽ y ⩽ d, ψ1 (y) ⩽ x ⩽ ψ2 (y)} , (8.3)
ψ1 , ψ2 étant deux fonctions à valeurs réelles, de classe C 1 par morceaux sur [c, d], et
telles que ψ1 ⩽ ψ2 .
Considérons l’écriture (8.2) de Ω.
Soit Γ la frontière de Ω, orientée positivement, i.e. laissant Ω à sa gauche. Soit
(x, y) 7→ P (x, y) une fonction continue sur Ω, admettant une dérivée ∂P ∂y
continue sur
Ω. On a
ZZ Z b  Z φ2 (x) Z b
∂P ∂P 
dxdy = dy dx = [P (x, φ2 (x)) − P (x, φ1 (x))]dx.
Ω ∂y a φ1 (x) ∂y a

On reconnaı̂t au membre de gauche l’intégrale curviligne de la forme différentielle −P dx


le long de Γ+ . On a donc :
ZZ Z
∂P
dxdy = − P (x, y)dx.
Ω ∂y Γ+
Considérons maintenant l’écriture (8.3) de Ω. Soit ensuite (x, y) 7→ Q(x, y) une
fonction continue sur Ω, admettant une dérivée ∂Q∂x
continue sur Ω. On a
ZZ Z d  Z ψ2 (y) Z d
∂Q ∂Q 
dxdy = dx dy = [Q(ψ2 (y), y) − Q(ψ1 (y), y)]dy.
Ω ∂x c ψ1 (y) ∂x c

On reconnaı̂t au second membre l’intégrale curviligne de la forme différentielle Qdy le


long de Γ+ . On a donc :
ZZ Z
∂Q
dxdy = Q(x, y)dy.
Ω ∂x Γ+
Finalement, on a
ZZ   Z 
∂Q ∂P 
− dxdy = P dx + Qdy .
Ω ∂x ∂y Γ
12 CHAPITRE 2

Figure 1 – Démonstration de la formule de Green.

Exemple 8.2 (Test Novembre 2018). Soit la surface

S = {(x, y) ∈ R2 ; x2 + y 2 ≤ 1, x ≥ 0, y ≥ 0}.

On note Γ son bord orienté et soit le champ de vecteurs

f (x, y) = (xy 2 , 2xy)


R
Calculer Γ f :
(a) en utilisant une paramétrisation de Γ ;
(b) en utilisant la formule de Green.

La surface S en question est la quart (nord-est) du disque unité. Elle est paramétrée
par
σ(r, θ) = (r cos θ, r sin θ), 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ π/2
Le bord Γ de S comporte 3 parties,

Γ1 = {γ1 (t) = (t, 0), t = 0 → t = 1}


Γ2 = {γ2 (t) = (cos t, sin t), t = 0 → t = π/2}
Γ3 = {γ3 (t) = (0, t), t = 1 → t = 0}

(a) On a
Z Z Z Z
ω = f+ f+ f
Γ Γ1 Γ2 Γ3
CALCUL INTÉGRAL – I 13
R R
On montre assez facilement que Γ1 f = Γ3 f = 0, donc
Z Z Z π/2
f = f= f (γ2 (t)) · γ2′ (t)dt
Γ Γ2 0
Z π/2
= − cos t sin3 t + 2 sin t cos2 tdt
0
π/2 π/2
sin4 t cos3 t
 
5
= − −2 = .
4 0 3 0 12
2
(b) On pose P (x, y) = xy et Q(x, y) = 2xy de sorte que ω = P dx + Qdy. D’après
la formule de Green
Z Z Z  
∂Q ∂P
ω = − dxdy
Γ S ∂x ∂y
Z Z
= (2y − 2xy)dxdy
S
On passant en coordonnées polaires x = r cos θ, y = r sin θ) avec 0 ≤ r ≤ 1 et
0 ≤ θ ≤ π/2, on obtient
Z Z 1 Z π/2
ω = (2r sin θ − 2r2 sin θ cos θ)rdrdθ
Γ 0 0
Z 1
5
= (2r2 − r3 )dr = .
0 12
Exercice 8.3. Utiliser le théorème de Green pour calculer le travail, défini par
Z
P dx + Qdy,
Γ
résultant d’un champ de force f (x, y) = (y + 3x)i + (2y − x)j, en faisant bouger une
particule dans le sens direct le long de l’ellipse : 4x2 + y 2 = 4. On prendra P (x, y) =
y + 3x et Q(x, y) = 2y − x.
Exercice 8.4. Evaluer l’intégrale curviligne
Z
(5 − xy − y 2 )dx − (2xy − x2 )dy,
Γ
où Γ est le carré de sommets (0, 0), (1, 0), (1, 1), (0, 1) dans le sens direct.

9. Calcul des aires planes


Considérons maintenant unRR domaine Ω pouvant avoir les deux écritures (8.2) et (8.3).
L’aire de Ω est définie par Ω dxdy.
Considérons dans un premier temps P (x, y) = x et Q(x, y) = 0. Alors, la formule de
Green donne : ZZ Z
dxdy = − ydx,
Ω Γ+
+
Γ étant la frontière orientée de Ω.
14 CHAPITRE 2

De la même façon, considérons P (x, y) = 0 et Q(x, y) = x, alors


ZZ Z
dxdy = xdy.
Ω Γ+
Par conséquent, l’aire de Ω se calcule de la façon suivante :
ZZ Z
1
dxdy = xdy − ydx.
Ω 2 Γ+
Remarque 9.1. Cette formule est encore vraie pour un domaine Ω défini comme dans
le Théorème 8.1.
Exercice 9.2. (La surface exprimée comme une intégrale curviligne). Nous pouvons
écrire ZZ
|Ω| = dxdy.

Nous supposons que la frontière Γ est décrite par des équations paramétriques
x = X(t), y = Y (t),
pour t ∈ [a; b]. Alors
(i) Donner une formule donnant la surface en terme d’intégrale curviligne faisant
intervenir a, b, X, Y , X ′ , Y ′ .
(ii) Calculer la surface de l’ellipse d’équation
x2 y 2
+ 2 = 1.
a2 b
10. Calcul d’aire et Théorème de Green en coordonnées polaires
Soit un arc M N , orienté de M à N , comme illustré sur la figure 2.
Le domaine A auquel on s’intéresse est l’intérieur du circuit formé des arcs OM ,
M N et N O. L’arc M N est paramétré par
{(x = ρ cos θ, y = ρ sin θ), avec θ ∈ [α, β], et ρ = f (θ)},
où f est une fonction de classe C 1 par morceaux sur [α, β]. Remarquons que le pa-
ramètrage x = ρ cos θ et y = ρ sin θ entraı̂ne
xdy − ydx = ρ2 dθ.
Par suite, pour l’aire de A, en supposant de plus que A est borné par une courbe de
Jordan, on peut appliquer le théorème de Green, et on a (puisque dθ est nulle sur les
rayons OM , ON ) :
Z
1
Aire(A) = ρ2 dθ
2 MN
où M N est parcouru de M vers N .
Exercice 10.1. Calculer l’aire de l’astroı̈de d’équation x(t) = a cos3 (t); y(t) =
a sin3 (t) pour t ∈ [0, 2π].
CALCUL INTÉGRAL – I 15

Figure 2 – Domaine A dont on veut calculer l’aire

11. Changements de variables dans une intégrale double


Lorsque nous travaillons sur l’intégration en dimension un, il est souvent commode de
transformer une intégrale compliquée à calculer en une intégrale plus usuelle à travers
un changement de variables en utilisant la formule
Z b Z d
f (x)dx = f (g(t))g ′ (t)dt,
a c
où a = g(c) et b = g(d). Ceci est possible lorsque g a une dérivée continue sur un
intervalle [c; d] et que f est continue sur l’ensemble des valeurs de g(t) lorsque t balaie
l’intervalle [c; d].
Il y a un analogue à cette formule en dimension supérieure pour les intégrales mul-
tiples. C’est toutefois plus compliqué puisque nous avons formellement deux substitu-
tions, une pour x, une autre pour y. Supposons que nous ayons deux fonctions X et Y
telles que 
x = X(u, v)
y = Y (u, v)
Ceci définit une application entre l’espace uv et le plan xy. On transporte un point
(u, v) de T en un point (x, y) de S à travers une application r définie par
r(u, v) = X(u, v)i + Y (u, v)j, si (u, v) ∈ T . (11.1)
C’est ce que l’on appelle l’équation vectorielle de la transformation. Quelques fois, on
peut retraduire l’équation de transformation en exprimant (u, v) en fonction de (x, y)

u = U (x, y)
v = V (x, y)
C’est donc l’application inverse de celle précédente. Les applications bijectives sont
de toute première importance. Elles transportent des points distincts de T en des
points distincts de S. On établit alors une correspondance entre les points de T et S
notamment, au moins théoriquement, à travers l’application inverse. Nous considérons
ici des fonctions X et Y de classe C 1 sur S. Nous supposons des hypothèses identiques
sur U et V .
On peut écrire la formule de changement de variables sous la forme
ZZ ZZ
f (x, y)dS = g(u, v)|J(u, v)|dT (11.2)
S T
16 CHAPITRE 2

où dS = dxdy, dT = dudv et g(u, v) = f (X(u, v), Y (u, v)) = (f ◦ r)(u, v). Le facteur
J(u, v) qui apparaı̂t dans l’intégrale de droite joue le rôle de g ′ (t) dans la formule
unidimensionnelle. Ce facteur est appelé déterminant jacobien de l’application (11.1)
et est défini par
∂u X ∂v X
J(u, v) =
∂u Y ∂v Y
∂(X, Y )
On écrit également quelques fois . Nous ne donnons pas ici les hypothèses
∂(u, v)
optimales qui nous permettent de valider la formule (11.2) mais disons que, en plus
des hypothèses de continuité sur X, Y , U et V données ci-dessus, nous supposons que
l’application r de T vers S est bijective et que le jacobien J(u, v) n’est jamais nul.
Exercice 11.1. (1) Montrer que l’on a en coordonnées polaires
ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (r cos θ, r sin θ)rdrdθ,
S T

où S est le disque de centre l’origine et de rayon a, T est à déterminer.


(2) Calculer le volume de la sphère de rayon a située dans le premier octant par
ZZ p
a2 − x2 − y 2 dS
S
2 2 2
où S = {(x, y)/x + y ⩽ a , x ≥ 0, y ≥ 0}.
RR
Exercice 11.2. On considère l’intégrale I = D arctan(x+y)dxdy, D étant le domaine
D = {(x, y) ∈ R2 ; x ≥ 0, y ≥ 0, x + y ⩽ 1}.
Effectuer le changement de variables donné par : x = u, y = v − u. Déterminer le
nouveau domaine d’intégration ∆, et calculer le jacobien. En déduire la valeur de I.

12. Extension à des dimensions supérieures


On peut bien sûr étendre la notion d’intégrale multiple à des dimensions n ≥ 3 de
manière analogue au cas 2D. On notera alors l’intégrale sur un domaine n-dimensionnel
sous la forme Z Z Z
... f dS, ou f dS.
S S
Intéressons nous au changement de variables. Introduisons les variables x = (x1 , ..., xn ) ∈
Rn et u = (u1 , ..., un ) ∈ Rn et supposons que l’on ait des relations du type
xj = Xj (u1 , ..., un ), 1 ⩽ j ⩽ n.
On peut alors définir une application vectorielle X
X : T → S,
(12.1)
u 7→ x = X(u)
CALCUL INTÉGRAL – I 17

Supposons X bijective et continûment différentiable sur T . La formule de change-


ments de coordonnées s’écrit
Z alors Z
f (x)dx = f (X(u))| det DX(u)|du (12.2)
S T
où DX(u) est la matrice jacobienne du champ de vecteurs X. Nous avons la validité
de la formule (12.2) si J(u) = det DX(u) n’est jamais nulle sur T .
Dans le cas tridimensionnel, posons x = (x, y, z), X = (X, Y, Z) et u = (u, v, w)
comme notations. On a alors RRR
S
f (x, y, z)dS =
RRR
T
f (X(u, v, w), Y (u, v, w), Z(u, v, w))| det J(u, v, w)|dudvdw
où
∂u X ∂v X ∂w X
J(u, v, w) = ∂u Y ∂v Y ∂w Y
∂u Z ∂v Z ∂w Z
Soit X(u, v, w) = Xi + Y j + Zk, V1 = ∂u X, V2 = ∂v X et V3 = ∂w X. Alors, nous
avons
|J(u, v, w)| = |V1 · (V2 ∧ V3 )|
Exercice 12.1. Calculer le volume V du solide défini par l’ellipsoı̈de d’équation
x2 y 2 z 2
+ 2 + 2 =1
a2 b c
4
et montrer que V = πabc.
3
Exercice 12.2. Donner la formule de changement de coordonnées dans le cas
— d’une transformation en coordonnées cylindriques,
— d’une transformation en coordonnées sphériques.
Exercice 12.3. Calculer l’intégrale triple
ZZZ  2 α
x y2 z2
I= + 2 + 2 dxdydz,
D a2 b c
avec a > 0, b > 0, c > 0, α > 0 et
2
y2 z2
 
3 x
D = (x, y, z) ∈ R / 2 + 2 + 2 ⩽ 1 .
a b c
13. Formes différentielles
Soit U un ouvert de Rn .
On appelle 1-forme différentielle définie sur U toute application
ω : U → L(Rn , R)
où L(Rn , R) est l’espace des formes linéaires sur Rn .
Exemple 13.1. Si f : U → R est de classe C 1 alors sa différentielle df est une 1-forme
différentielle sur U .
18 CHAPITRE 2

Soit (e1 , . . . , en ) la base canonique de Rn et (e∗1 , . . . , e∗n ) sa base duale. Les e∗i sont
les formes linéaires définies par
e∗i (ej ) = δij , ∀i, j
Pour tout x ∈ U , ω(x) est donc une forme linéaire qui peut s’écrire d’une façon unique
ω(x) = P1 (x)e∗1 + . . . + Pn (x)e∗n
où les fonctions composantes P1 , . . . Pn sont continues sur U .
Les applications e∗i : (x1 , . . . , xn ) 7→ xi sont linéaires donc différentiables et de∗i (x) =
e∗i
On note abusivement dxi au lieu de e∗i , donc
ω(x) = P1 (x)dx1 + . . . + Pn (x)dxn
La 1-forme différentielle est de classe C k si, et seulement si les applications P1 , . . . , Pn
le sont.
Exemple 13.2. Sur R2 , on préfère dx et dy à dx1 et dx2 .
x y
ω= 2 dx − dy
x + y2 x2 + y 2
est une 1-forme différentielle de classe C ∞ sur R2 \ {(0, 0)}
Définition 13.3. Une 1-forme différentielle ω sur U est dite exacte s’il existe f :
U → R de classe C 1 telle que ω = df . On dit alors que f est une primitive de ω.
P
Proposition 13.4. La 1-forme différentielle ω = Pi dxi définie sur U est exacte si,
et seulement si, il existe une fonction f : U → R de classe C 1 vérifiant
∂f
= Pi , ∀i
∂xi
Exemple 13.5. Considérons
ω = (x − yz)dx + (y − xz)dy + (z − xy)dz
définie sur R3 . Supposons qu’il existe f solution de ω = df . Alors
∂f
(x, y, z) = x − yz (13.1)
∂x
∂f
(x, y, z) = y − xz (13.2)
∂y
∂f
(x, y, z) = z − xy (13.3)
∂z
De (13.1) on a f (x, y, z) = 21 x2 − xyz + g(y, z). Dans (13.2) on obtient g(y, z) =
1 2
2
y + h(z) et dans (13.3) on obtient h(z) = 12 z 2 + c.
Finalement f (x, y, z) = 12 (x2 + y 2 + z 2 ) − xyz + c où c est une constante. Inversement
une telle fonction est solution du système. La 1-forme différentielle ω est donc exacte.
CALCUL INTÉGRAL – I 19

Exemple 13.6. Considérons la 1-forme ω(x, y) = − 12 ydx + 12 xdy. définie sur R2 .


Supposons qu’il existe f solution de ω = df . Alors
∂f
(x, y) = −y/2 (13.4)
∂x
∂f
(x, y) = x/2 (13.5)
∂y
(13.4) donne f (x, y) = −xy/2 + g(y). Dans (13.5) on obtient g ′ (y) = x. Ce qui est
impossible. La 1-forme n’est donc pas exacte.
Pi dxi une 1-forme différentielle de classe C 1 sur U .
P
Proposition 13.7. Soit ω =
Si ω est exacte, alors
∂Pi ∂Pj
= , ∀i ̸= j
∂xj ∂xi
Pi dxi une 1-forme différentielle de classe C 1 sur U .
P
Définition 13.8. Soit ω =
On dit que ω est férmée si
∂Pi ∂Pj
= , ∀i ̸= j
∂xj ∂xi

Donc toute 1-forme exacte est fermée.


x y
La 1-forme ω = x2 +y 2
dx − x2 +y 2
dy est fermée sur R2 \ {(0, 0)}.

On rappelle qu’un ouvert U est dit étoilé si


∃a ∈ U, ∀x ∈ U, [a, x] ⊂ U.
Par exemple les ouverts convexes de Rn sont étoilés.
R2 \ (R− × {0}) est étoilé, mais R2 \ {(0, 0)} n’est pas étoilé.
Théorème 13.9 (Théorème de Poincaré). Toute 1-forme différentielle fermée définie
sur un ouvert étoilé est exacte.

14. Intégrale d’une forme différentielle


Pn
Soit ω = i=1 Pi dxi une 1-forme sur U et Γ une courbe régulière sur U décrite par
γ : [a, b] → U , γ(t) = (x1 (t), . . . , xn (t)).
Définition 14.1. On appelle intégrale de ω le long de Γ le réel
Z Z X n Z bX n
ω= Pi dxi = Pi (x1 (t), . . . , xn (t))x′i (t)dt
Γ Γ i=1 a i=1
R R
On remarque que Γ
ω n’est autre que l’intégrale curviligne Γ
f où f est le champ
de vectoriel
f (x) = (P1 (x), . . . , Pn (x)).
20 CHAPITRE 2

2 2
Exemple 14.2. ω(x, y) = 12 (xdy − ydx) et Γ l’ellipse d’équation xa2 + yb2 = 1 paramétré
par γ(t) = (a cos t, b sin t), 0 ≤ t ≤ 2π.
1 2π
Z Z
ω= ab cos2 t + ab sin2 tdt = πab
Γ 2 0
On remarque que c’est exactement l’intégrale curviligne le long de Γ du champ de
vecteur f (x, y) = (−y/2, x/2),
Z Z 2π
f= f (γ(t)) · γ ′ (t)dt
Γ 0

Exemple 14.3 (Même origine, même extrémité, mais chemins différents ...). Soit la
forme différentielle w = x2 dx − xydy et calculons l’intégrale curviligne de ω pour les
contours suivants :
— Γ1 est le segment de droite [OA] où O(0, 0) et A(1, 1) : on paramètre ce segment
en posant y = x, 0 ≤ x ≤ 1. On a donc
Z Z 1
ω= (x2 − x2 )dx = 0
Γ1 0
2
— Γ2 est l’arc de parabole x = y , 0 ≤ x ≤ 1, orienté dans le ses des x croissants :
(on déjà une paramétrisation de Γ2 )
Z Z 1
1
ω= (2y 5 − y 3 )dy =
Γ2 0 12
Les deux contours précédents ont même origine et même extrémité. La forme différentielles
ω ne peut être donc pas exacte, sinon son intégrale curviligne ne dépendrait pas du
chemin choisi. On peut également vérifier que ω n’est pas exacte : ∂P ∂y
= 0, ∂Q
∂x
= −y.

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