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Introduction à la philosophie de Descartes

Ce document présente une introduction à la philosophie, abordant son origine, sa définition étymologique et son objet d'étude, ainsi que ses caractéristiques essentielles. La philosophie est décrite comme une quête de vérité qui englobe tous les domaines du savoir et vise l'épanouissement de l'homme. Enfin, il souligne la nécessité de la philosophie face aux limites de la science et son rôle dans la recherche de valeurs morales et éthiques.

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Introduction à la philosophie de Descartes

Ce document présente une introduction à la philosophie, abordant son origine, sa définition étymologique et son objet d'étude, ainsi que ses caractéristiques essentielles. La philosophie est décrite comme une quête de vérité qui englobe tous les domaines du savoir et vise l'épanouissement de l'homme. Enfin, il souligne la nécessité de la philosophie face aux limites de la science et son rôle dans la recherche de valeurs morales et éthiques.

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Cours de : Mr Jean Walter BASSALA Maitre certifié de Philosophie

Tel : 72 64 65 85 /75 35 58 65
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CHAPITRE : QU’EST-CE QUE LA PHILOSOPHIE

Introduction

La question qu’est ce que la philosophie est une question très difficile et pertinente dans la mesure où il
s’agit déjà d’une question philosophique au sujet de la quelle les avis des philosophes eux-mêmes sont divergents.
Cependant, il semble difficile également de débuter son éducation philosophique sans avoir une idée même vague,
de ce que peut être la philosophie. C’est pourquoi, avant d’aborder la philosophie d’un point de vue purement
scientifique nous l’aborderons selon un angle à la fois historique et étymologique.

I .Origine de la philosophie

Vouloir chercher l’origine de la philosophie semble être une vaine entreprise parce que, le plus souvent, la
philosophie est réduite à une simple spéculation (théorie ou recherche abstraite), une réflexion sans objet d’étude
précis. Nous savons que la philosophie a une origine qui doit être cherchée dans la Grèce Antique entre le 6 e et le 5e
siècle avant Jésus Christ, en accordant la paternité du mot à Pythagore de Samos. Donc, la Grèce Antique est
considérée comme le berceau ou la terre natale de la philosophie. Toute fois il est aussi à noter que sur cette
question de l’origine les opinions divergent : tantôt on affirme que la philosophie a une origine grecque comme le
disait Heidegger : « la philosophie est grecque dans son essence (la nature) même »1 ; tantôt elle est a une origine
barbare (Egypte, Mésopotamie) comme le disait Saumeron : « l’Egypte étant alors considérée comme la patrie des
sciences, il devenait souhaitable que tous les vieux sages y eussent fait quelque stage ».2

Si donc, c’est Pythagore qui est le premier a employé le terme, c’est un autre personnage tout aussi
mystérieux et mythique qui a été l’initiateur de la démarche qui inspire jusqu’aujourd’hui la philosophie occidentale :
Socrate. Si Socrate est mystérieux, c’est qu’il n’a laissé aucun écrit, il n’est connu que par ses détracteurs (ceux qui
le critiquaient) ou par ses disciples (ceux qui ont suivi son enseignement et ont pris modèle sur lui dans leur vie ).
C’est pour cette raison que André Bridoux faisait son éloge en ces termes : « l’Ancêtre c’est Socrate, le principe c’est
connais toi- toi-même. On peut penser que c’est ce mot célèbre recueilli sur le temple de Delphes, est le point de
départ de la philosophie. Il ouvre la voie que l’homme n’a pas fuie, n’aura jamais fini de suivre »3

II .Analyse étymologique et définitionnelle du terme Philosophie

Le concept de philosophie se compose de radicaux grecs : philos ou philein c'est-à-dire amour et Sophos ou
Sophia : c'est-à-dire savoir, connaissance, sagesse. Notons que pour les Grecs, la sagesse ne signifie pas seulement la
vertu propre à qui fait preuve de mesure et de modération dans ses actes ; l’expérience à s’orienter dans l’existence
mais aussi la science c'est-à-dire le savoir en général, cependant ce savoir n’est pas étranger à la notion de vertu telle
que nous l’employons à présent ; dans une certaine mesure la Sophia désigne une science qui nous rend plus sage,
c'est-à-dire plus savant et plus vertueux. Cela ne veut nullement dire que le philosophe est un possesseur de la
science et de la vertu, mais un homme en quête de vérité qui cherche à mieux comprendre ce que sont les choses
pour devenir meilleur, plus vertueux, au sens où la connaissance de la vérité lui permettrait de mieux se réaliser en
tant qu’être doué de conscience et de raison. C’est d’ailleurs ce que recherche Socrate, celui que l’on considère
comme le père fondateur de la philosophie lorsqu’il disait : « je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien »4

III : Objet de la philosophie

La philosophie s’interroge sur la totalité de l’être ; en ce sens, aucun domaine du réel n’échappe à la
philosophie, à la recherche philosophique. La philosophie se présente ainsi comme le désir de connaitre sur toute
chose ; c’est pour cette raison que Descartes la comparait à un arbre en ces termes : « toute philosophie est
comme un arbre dont les racines sont la métaphysique, le tronc la physique et les branches qui sortent de ce tronc

1
Heidegger : Qu’est ce que la philosophie
2
Saumeron : Les Prêtres Egyptiens
3
André Bridoux : Les Mémoires
4
Platon : l’apologie de Socrate
1
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toutes les autres sciences dont les principales sont la mécanique, la médecine et la morale »5. Ceci pour affirmer que
la philosophie est la mère des sciences. Elle englobe donc la totalité du savoir ; elle est de ce fait différente des
autres sciences, qui ne s’intéressent que d’un domaine précis du réel ou de l’être. C’est donc pour cette raison que
Emmanuel KANT disait : « on n’apprend pas la philosophie mais on apprend à philosopher ».

La philosophie s’occupe de tout ; elle recherche la vérité sur tout ce qui est. Cette recherche de la vérité n’est
pas gratuite ; elle a pour but de permettre à l’homme de s‘épanouir ; de se réaliser. Ceci dit, on voit que la
préoccupation de la philosophie est l’homme d’où : « il n’y a de question en philosophie que par l’homme et pour
l’homme dans le monde » disait Sartre. Le souci du philosophe est donc de réfléchir sur tout ce qu’il faut apporter à
l’homme pour assurer son plein épanouissement, pour permettre sa réalisation. Autrement dit, le philosophe veut
lutter contre tous les maux dont souffre l’homme, contre toute atteinte à sa liberté, à sa raison d’être, à sa dignité en
tant qu’homme.

La philosophie de l’autre côté, veut indiquer à l’homme la conduite à suivre, à adopter pour réaliser son humanité.

IV : Les Caractéristiques de la philosophie

Toute personne qui s’initie à la réflexion philosophique doit disposer de certaines qualités intellectuelles et
morales dont l’ensemble constitue l’esprit philosophique. Parmi ces qualités on distingue : l’étonnement, le
questionnement, le doute et l’esprit critique voire l’humilité intellectuelle.

a) L’Etonnement :

Il se traduit par la surprise ou l’ébahissement du sujet causé par un fait inattendu. Ce fait inattendu en
philosophie n’est d’autre que le réel dans sa complexité ; laquelle suscite nécessairement pour celui qui est en quête
du savoir, le sentiment d’insatisfaction. Par conséquent, l’insatisfaction en question révèle le caractère équivoque
des idées ou impressions que l’homme se fait sur le réel. Aristote définit l’étonnement comme le point de départ de
l’attitude philosophique d’où : « ce qui dans l’origine poussa les hommes aux premières spéculations philosophiques,
c’est comme aujourd’hui l’étonnement »6. Aristote retrace ici d’une certaine manière la progression de la pensée en
tant qu’elle a commencé à s’exercer sur le réel après que l’homme se soit étonné sur certains faits.

b) Le Questionnement

C’est une attitude qui découle de l’étonnement. Il est intimement lié à l’étonnement parce qu’il est
l’interrogation du phénomène. C'est à ce niveau que se manifeste l’interrogation de la pensée dans la sphère de la
connaissance. La volonté du savoir ne se matérialise ou bien ne se caractérise qu’après le questionnement. Dans son
Cours de philosophie Jean Miquel affirme : « le philosophe comme un grand enfant aux yeux des autres continue à
poser les ‘’pourquoi’’ qui sont justement le propre des enfants et refuse passer outre. Il voit partout matière à
questionner ».7 Donc le questionnement permet au philosophe de quitter le domaine de l’opinion pour celui de
l’incertitude certes, mais aussi la clairvoyance et la rationalité car : « Faire la philosophie c’est être en route, les
questions en philosophie sont plus importantes que la réponse et chaque réponse devient une nouvelle
question. »8disait Karl Jaspers.

Emmanuel Kant a résumé le questionnement philosophique dans les questions suivantes :

 Que puis savoir ? Pose le problème lié à la métaphysique ;


 Que dois-je faire ? Il s’agit de la morale
 Que m’est- il permit d’espérer ? Celle-ci envoie à la religion
 Qu’est ce que l’homme ? Pose le problème d’anthropologie.

5
René Descartes : Discours de la méthode
6
Aristote : Métaphysique
7
Jean Miquel : Cours de philosophie
8
Karl Jaspers : Introduction à la philosophie
2
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c) Le Doute :

Il est une mesure de prudence. Il fait suite à un certain nombre de malentendus ou de confusions au sujet du
réel : « je pensai qu’il fallait que rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre
doute »9 disait Descartes.

Descartes considère le doute comme un moyen de parvenir à la connaissance vraie ; car les sens sont souvent
trompeurs. Il met alors des principes fondamentaux qu’il appelle les règles de la méthode pour atteindre la vérité :

- L’évidence : admettre pour vrai que ce qui est évident,


- L’analyse : il faut diviser les faits en parcelles pour mieux les examiner,
- La synthèse : c’est ordonner la pensée à partir du simple jusqu’au complexe,
- Le dénombrement : c’est la conclusion qui consiste à s’assurer de n’avoir rien omis.

Cette attitude lui a valu cette vérité : « cogito, ergo sum » : « je pense donc je suis »10

NB : il ne faut pas confondre le doute méthodique de Descartes au doute hyperbolique ou doute sceptique de
Pyrrhon (grec : 360-270 av. J.C).qui nie l’existence de la vérité et souhaite douter de toute chose.

d) L’Esprit Critique :

Il s’oppose à ‘’ l’esprit de critique’’ qui n’est qu’un dénigrement. L’esprit critique est une disposition d’esprit
qui permet de ne pas accepter sans contrôle une assertion.il est lié au doute méthodique de Descartes et combat
l’opinion commune (doxa) et le dogmatisme. A propos de la critique, Marcien Towa disait : « la philosophie ne
commence qu’avec la décision de soumettre l’héritage philosophique et culturel à une critique sans complaisance.
Pour le philosophe aucune donnée, aucune idée si vénérable soit elle n’est recevable avant d’être passé au crible de la
raison critique ».11

Nécessité et But de la philosophie :

La nécessité de la philosophie s’explique par son amour de la vérité, sa libération des préjugés, des dogmes
et le philosophe est celui qui accepte pour soutenir ses idéaux de sacrifier un côté de lui-même, le côté de l’émotion
et cette attitude est celle qu’on a pu expliquer par « philosopher c’est apprendre à mourir »12 disait Montaigne.

Le destin du philosophe est celui de s’interroger sur le destin de l’homme. Or ce dernier étant lié aux
cultures, il en est de même de la philosophie qui ambitionne de faire une tâche continue et chaque philosophe veut
aller au profond du plus profond rejoignant ainsi la pensée de Gusdorf selon laquelle « aucune philosophie n’a pu
mettre fin à la philosophie bien ce soit le vœu secret de toute philosophie ».

Le but de la philosophie est de libérer l’homme de l’ignorance, des illusions et préjugés. Elle est une école
réelle de la vie ; elle peut nous guider, nous orienter à tendre vers les valeurs morales rassurantes en recherchant le
bien et la vertu ; c’est le sens de l’allégorie de la caverne de Platon dans le livre VII de la République. Elle est une
réflexion qui modifie les comportements, détermine les raisons qui font agir et vivre dans la dignité humaine. Ne pas
philosopher c’est renoncer à sa dignité d’homme. Vivre sans philosophie c’est vivre comme un aveugle puisqu’elle
apporte la clairvoyance et permet de voir clair dans les actions d’où : « c’est proprement avoir les yeux fermés sans
tâcher jamais de les ouvrir que de vivre sans philosopher … »13. La philosophie est promotrice de valeurs socialement
humanistes ; Descartes ajoute encore « chaque nation est d’autant plus civilisée et polie que les hommes y
philosophent mieux et que c’est un grand bien qui puisse être dans un Etat que d’avoir de vrais philosophes »14.

9
René Descartes : Métaphysique ; IV
10
René Descartes : Méditation II
11
Marcien Towa Essai sur la problématique philosophique dans l’Afrique actuelle
12
Montaigne, Essais I
13
René Descartes, Principe de la philosophie
14
René Descartes ; Op cit
3
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En outre, il faut remarquer que malgré les progrès scientifiques et techniques, la science se révèle
insuffisante à l’homme. Elle demeure incapable de satisfaire ses besoins fondamentaux de vie. La science est
incapable de répondre aux questions que l’homme se pose sur son origine, sur sa destinée or il s’agit des questions
qui hantent l’esprit humain. Devant toutes ces questions, la science affirme son impuissance. Georges Pascal écrit
alors à ce sujet : « la science répond essentiellement aux questions que l’homme se pose concernant la nature des
choses ou plus précisément des lois des phénomènes (…) et chacun se pose à soi même, un certain nombre de
questions que la science est condamnée à laisser sans réponse » ; d’autre par la science se révèle insuffisante à
l’homme parce qu’elle est fondée sur le principe de neutralité éthique. Elle s’interroge sur ce qui est, c'est-à-dire le
présent et refuse souvent de s’interroger sur ce qui doit être. Alors la philosophie en tant que axiologie (discours ou
théorie sur les valeurs) et épistémologie (étude critique des sciences) viendra combler les lacunes de la science.

Enfin, la nécessité de la philosophie se pose encore aujourd’hui parce que au lieu que la science conduise
l’humanité au bonheur promis, elle a plutôt généré l’égoïsme humain. L’homme vit de temps en temps dans la peur
de la mort à cause des produits scientifiques et de leurs méfaits (pollution de l’air, guerre, armements, dégradation
de la couche d’ozone, manipulation génétique etc.). Il apparait ainsi que la science a conduit l’humanité à une
décadence morale et spirituelle. Voilà pourquoi Albert Chovand écrivait que : « longtemps notre fierté, la science est
devenue notre crainte »15. Au regard de tout ceci, la philosophie apparait de plus en plus comme une alternative à la
science d’où cette réflexion de François Rabelais : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme »16. Nous
pouvons enfin conclure que la philosophie est d’une nécessité absolue et permanente.

CONCLUSION

En somme, la philosophie se distingue des autres disciplines par la mesure et la méditation. Elle
s’oppose à toute forme de pensée irrationnelle. Elle est caractérisée par l’esprit critique, l’interrogation
permanente, l’étonnement et le doute. Bien que théorique et spéculative selon ses détracteurs, la
philosophie ne demeure pas moins une réflexion portant sur le bien être de l’humanité en général et de
l’homme en particulier.

15
Albert Chovand ; Essais sur la science
16
F. Rabelais ; Pantagruel
4

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