REPARATION DES RISQUES
PROFESSIONNELS
Dr. MAMAN BRAH Sani
DES Médecine de Travail
OBJECTIF DU COURS
A la fin du cours, l’apprenant doit être capable de :
▪ Identifier les personnes ou les structures à contacter en cas d’accident
du travail ou de maladie professionnelle ;
▪ Utiliser les canaux adéquats pour toucher les structures concernées ;
▪ Décrire le rôle et les attributions des différentes entités en cas de
maladie ou d’accident ;
▪ Trouver des solutions en cas de conflit à propos de la réparation.
INTRODUCTION(1)
▪ Comme annoncé précédemment, les dommages causés à un
travailleur par le fait ou à l’occasion du travail doivent être réparés.
▪ Le principe est que tout dommage causé à quelqu’un doit être réparé
par celui par la faute duquel ce dommage est causé.
▪ Les notions de faute et de responsable ont évolué dans le temps.
▪ Il était très difficile, voire impossible à un travailleur d’apporter la
preuve de la responsabilité de son employeur dans sa maladie ou son
accident.
INTRODUCTION(2)
▪ Ceci a amené progressivement vers la codification de la nature et
surtout des conditions dans lesquelles l’on peut s’attendre à une
réparation.
▪ Ces conditions concernent surtout les entreprises qui sont reconnues
officiellement et affiliées à la caisse nationale de sécurité sociale. Or,
vous êtes pour la plupart dans le secteur informel.
DISPOSITION PRÉVUES POUR LA RÉPARATION
DES RISQUES PROFESSIONNELS(1)
▪ Il est bon de rappeler que ces dispositions concernent l’accident du
travail survenu à un travailleur salarié qui cotise ou pour lequel
l’employeur cotise à un organisme d’assurance maladie.
▪ L’organisme reconnu et géré par l’Etat en la matière est la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).
DISPOSITION PRÉVUES POUR LA RÉPARATION
DES RISQUES PROFESSIONNELS(2)
Rôle de l’employeur:
L’employeur est tenu, dès la survenance d’un risque professionnel
(accident du travail ou maladie professionnelle) :
▪ de faire assurer les soins de première urgence.
▪ C’est son médecin ou son infirmier d’entreprise qui assure ces soins.
Le cas échéant, l’employeur avise le médecin le plus proche ;
▪ de diriger éventuellement la victime munie d’un carnet d’accident du
travail sur le service médical de l’entreprise ou à défaut, sur la
formation sanitaire publique ou l’hôpital (publique ou privé) le plus
proche du lieu de l’accident ;
DISPOSITION PRÉVUES POUR LA RÉPARATION
DES RISQUES PROFESSIONNELS(3)
Rôle de l’employeur (suite):
▪ notifier à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Il existe des
formulaires à remplir pour cette notification ;
▪ garder sur lui une copie de la déclaration ;
▪ joindre à la déclaration le certificat de versement de salaire pour les
trente (30) jours ;
Chaque déclaration d’accident du travail s’accompagne d’un certificat
médical, précisant l’état de santé de la victime, les circonstances de
survenue, les suites éventuelles, la durée probable d’incapacité du
travail (ITT).
DISPOSITION PRÉVUES POUR LA RÉPARATION
DES RISQUES PROFESSIONNELS(4)
Rôle de la victime ou de ses ayants-droit:
▪ La victime informe ou fait informer son employeur dès la survenance
de l’accident ou la constatation de la maladie professionnelle. Elle est
soumise au contrôle médical par son médecin conseil ou tout autre
médecin.
▪ Dans la pratique, les ordonnances reçues d’autres médecins sont
visées par le médecin conseil de la CNSS. Il est souhaitable, si l’on
n’est pas loin, de se rendre au centre de santé de la CNSS.
DISPOSITION PRÉVUES POUR LA RÉPARATION
DES RISQUES PROFESSIONNELS(5)
Rôle de la victime ou de ses ayants-droit(suite):
▪ La victime doit présenter les certificats médicaux et autres documents
médicaux, fournir tous les renseignements sur son état de santé, les
accidents du travail et les maladies professionnelles antérieurs.
▪ Elle doit observer toutes les prescriptions du médecin traitant : les
médicaments, le repos, l’interdiction de marche par exemple, etc.
▪ Elle doit enfin se soumettre à tous les contrôles médicaux décidés par
la CNSS.
DISPOSITION PRÉVUES POUR LA RÉPARATION
DES RISQUES PROFESSIONNELS(6)
Rôle de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale:
La réparation est effectuée au profit de la victime ou de ses ayants droit
en cas de décès. Il existe des prestations en espèces et des prestations
en nature.
1- les prestations en espèces
Ce sont :
▪ les indemnités journalières. Le salaire est la contrepartie du travail.
▪ Ainsi, dès le lendemain de l’accident, l’employeur peut supprimer le
salaire et c’est la Caisse qui va servir l’équivalent qu’on appelle
indemnités journalières.
DISPOSITION PRÉVUES POUR LA RÉPARATION
DES RISQUES PROFESSIONNELS(7)
1- les prestations en espèces(suite):
▪ Il s’agit concrètement de la moitié du salaire pendant les 28 premiers
jours et on passe à 2/3 du salaire ;
▪ la rente : c’est la somme d’argent déterminée et payée par la CNSS
lorsque la victime ne peut plus travailler pour gagner de l’argent.
DISPOSITION PRÉVUES POUR LA RÉPARATION
DES RISQUES PROFESSIONNELS(8)
2- les prestations en nature:
La CNSS prend en charge ou rembourse les frais nécessités par le
traitement, la rééducation, la réadaptation professionnelle ou le
reclassement de la victime.
On peut citer :
▪ les honoraires de médecins, infirmières et chirurgiens ;les frais
pharmaceutiques ;l’hospitalisation ;les déplacements ;les frais
funéraires et le transport en cas de décès ;
▪ la fourniture ou le remplacement ou la réparation de prothèse,
tricycles pur handicapés moteurs.
RÔLE DU COMITÉ D’HYGIÈNE ET DE SÉCURITÉ
Le Comité d’Hygiène et de Sécurité (CHS) est composé de représentant
de l’employeur et des travailleurs et de l’infirmier ou du médecin de
l’entreprise. Le rôle du CHS dans les risques professionnels est
essentiellement de :
▪ veiller à l’application rigoureuse des mesures préventives ;
▪ procéder à une enquête en cas d’accident ou de maladie
professionnelle pour en déterminer les causes. A cet effet, le CHS
utilise également l’arbre des causes ;
▪ proposer des mesures propres à éviter d’autres accidents ou maladies
professionnelles.
PERSONNES ET STRUCTURE À CONTACTER PAR
LA VICTIME(1)
Dans le cas normal:
Selon l’organisation de l’entreprise, la victime peut être amenée à
contacter directement son employeur ou un de ses représentants.
Les personnes ou instances susceptibles d’intervenir sont :
▪ le directeur ;le service du personnel ;le service sécurité (dans
certaines entreprises) ;le contremaître, chef d’équipe ou chef de
service ;le responsable syndical ; les membres du Comité d’Hygiène et
de Sécurité ;la Caisse Nationale de Sécurité Sociale.
PERSONNES ET STRUCTURE À CONTACTER PAR
LA VICTIME(2)
En cas de conflit entre employé et employeur:
▪ L’employé peut saisir l’inspection du travail : l’affaire peut même aller
au tribunal du travail.
▪ La victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle
ou ses ayants droits peut aller directement à la CNSS si son employeur
s’oppose à déclarer ce qui lui est arrivé.
CONCLUSION(1)
▪ Les accidents du travail sont des événements subits qui viennent
perturber aussi bien l’individu (handicap physique et même social et
financier, etc ….), l’entreprise (arrêt de certaines machines, perte de
temps, perte de personnel formé et qualifié, perte d’argent,
commande non honorée, donc perte de clientèle, etc.), la nation (
perte de bras valide, d’argent, etc.).
▪ Les maladies professionnelles sont d’installation lente, insidieuse et
sont souvent irréversibles lorsqu’elles se constituent. Elles entraînent
d’énormes pertes et souffrances.
CONCLUSION(2)
▪ La réparation ne peut jamais faire recouvrer un membre perdu ou un
parent décédé. Ainsi, réparer c’est bon, prévenir c’est mieux.
▪ La réparation dont il est question ici ne se fait que dans certaines
conditions, notamment lorsqu’il existe une épargne pour la santé :
c’est-à-dire cotiser quelque part lorsque l’on est en bonne santé pour
pouvoir prendre en charge aisément les frais occasionnés par les
risques professionnels.
▪ A cet effet, il existe, outre la CNSS, les compagnies d’assurance et les
mutuelles.