Université de Maroua Licence III Mathématiques
Faculté des Sciences Année académique 2019-2020
Département de Mathématiques et Informatique Proposé par : Djaoué Séraphin
Mesure et intégration : Travaux dirigés 3
Exercice 1
1. Soient f et g des fonctions continues de R dans et λ la mesure de Lebesgue.
Montrer que f = g λ-p.p. si et seulement si f = g.
2. Soient f et g des fonctions définies de R dans R et δ0 la mesure de Dirac en 0. Montrer que f = g δ0 -p.p. si
et seulement si f (0) = g(0).
Exercice 2
Soit (E, T ) un espace mesurable.
1. Soit (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de (E, T ) dans (R, B(R)).
Montrer que sup(fn ), inf(fn ), lim(fn ) et lim(fn ) sont mesurables.
2. Soit (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de (E, T ) dans (R, B(R)) convergeant simplement vers f ,
montrer que f est mesurable.
Exercice 3
Soient (E, T ) un espace mesurable et f une fonction réelle T -mesurable. a étant un réel strictement positif on
définit la fonction
tronquée fa par :
f (x) si |f (x)| ≤ a,
fa (x) = a si f (x) > a,
−a si f (x) < −a.
Montrer que fa est une application T −mesurable :
1. En utilisant les théorèmes de restriction et recollement,
2. En remarquant que fa = sgn(f ) min(|f |, a).
Exercice 4
Soient (E, T ) un espace mesurable et (fn )n≥0 une suite de fonctions T -mesurables de E dans R.
1. Montrer que l’ensemble A des points x ∈ E tels que (fn (x))n≥0 soit de Cauchy est mesurable.
2. Soit f une fonction T -mesurable de E dans R. Montrer que l’ensemble de convergence de fn vers f , i.e.
{x ∈ E : lim fn (x) = f (x)}, est mesurable.
n→+∞
Exercice 5
X (E, T , m) un espace mesuré. On rappelle que pour toute suite (An )n∈N ⊂ T d’ensembles mesurables telle
Soit
que m(An ) < +∞ on a m(limAn ) = 0 (lemme de Borel-Cantelli).
n≥0
Soient (fn )n≥0 une suite d’applications T -mesurables de E dans R et f une applications T -mesurable de E
dans R.
1. Montrer que pour tout n ≥ 0 et tout ε > 0 l’ensemble {|fn − f | > ε} est mesurable.
2. Montrer que (fn )n≥0 tend vers f p.p. si et seulement si pour tout ε > 0 l’ensemble lim{|fn − f | > ε} est
négligeable.
3. On suppose vérifiée la condition suivante :
X
∀ε > 0, la série m ({|fn − f | > ε}) converge. (∗)
n≥0
Qu’en déduit-on ?
4. On considère le cas (E, T , m) = (R, B(R), λ), fn = I[0, 1 ] pour n ≥ 1 et f = 0. La condition (∗) est-elle
n
réalisée ? Conclusion ?
Travaux dirigés 3 1 Par : Djaoué Séraphin
Exercice 6
1. Soit f une application de R dans R ; montrer que si f est croissante, f est borélienne.
2. Montrer que les fonctions en escalier sur [a, b] sont des fonctions étagées mesurables sur ([a, b], B([a, b])).
Que dire des fonctions réglées sur [a, b] ?
Exercice 7
Soient (E, T ) un espace mesurable et f une fonction réelle T -mesurable. Que peut-on dire des ensembles
suivants :
1. G(f ) = {(x, t) ∈ E × R : f (x) = t} (graphe de f),
2. Epi(f ) = {(x, t) ∈ E × R : f (x) ≤ t} (épigraphe de f).
Exercice 8
Soient (E, T , m) un espace mesuré et Tb la tribu complétée de T . Montrer qu’une fonction réelle f sur E est
Tb -mesurable si et seulement si il existe deux fonctions T -mesurables g et h telles que g ≤ f ≤ h et m({g 6= h}) = 0.
(On commencera par traiter le cas des fonctions étagées).
Exercice 9
Soit (E, T ) un espace mesurable.
1. f étant une fonction étagée de E dans (R, B(R)), caractériser τ (f ) (tribu engendrée par f ).
2. Si A est un atome de T (i.e. ∀B ∈ T , B ⊂ A ⇒ B = A ou B = ∅), montrer que toute fonction T -mesurable
est constante sur A.
3. On suppose que T est engendrée par une partition dénombrable. Donner une condition nécessaire et suffisante
pour qu’une fonction réelle f définie sur E soit T -mesurable.
Exercice 10
Soit f une application de E dans (R, B(R)). Montrer qu’une fonction g de E dans (R, B(R)) est τ (f )-mesurable
si et seulement s’il existe une fonction borélienne Ψ de R dans R telle que g = Ψ ◦ f . (on commencera par traiter
le cas où g est étagée).
Exercice 11
Soit f une application mesurable de (E, T ) dans (E 0 , T 0 ). Si m est une mesure sur T , on note f (m) la mesure
image de m par f :
∀B ∈ T 0 , f (m)(B) = m(f −1 (B))
1. Est ce que f (m) est nécessairement bornée (resp. σ-finie, diffuse) si m est bornée (resp. σ-finie, diffuse) ?
2. Déterminer f (m) quand m = λ, mesure de Lebesgue sur (R, B(R)), T 0 = B(R) et f définie sur R par
f (x) = |x|.
Exercice 12 (Convergence en mesure)
Soient (E, T , m) un espace mesuré, (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de E dans R.
1. Montrer que s’il existe des fonctions mesurables f et g de E dans R telles que (fn )n≥0 converge en mesure
vers f et g, alors f = g p.p.
(On pourra commencer par montrer que, pour tout δ > 0, m ({|f − g| > δ}) = 0).
2. Montrer que si (fn )n≥0 ⊂ M converge en mesure vers f ∈ M et (gn )n≥0 ⊂ M converge en mesure vers
g ∈ M, alors (fn + gn )n≥0 converge en mesure vers f + g.
3. On suppose maintenant que m est une mesure finie.
Montrer que si (fn )n≥0 ⊂ M converge en mesure vers f ∈ M et (gn )n≥0 ⊂ M converge en mesure vers
g ∈ M, alors (fn gn )n≥0 converge en mesure vers f g.
(On sera amené à montrer que, si (fn )n≥0 ⊂ M converge en mesure vers f ∈ M, alors, pour tout ε > 0, il
existe n0 et k0 ∈ N tels que, si n ≥ n0 et k ≥ k0 , on a m ({|fn | ≥ k}) ≤ ε).
Donner un contre-exemple au résultat précédent lorsque m(E) = +∞.)
Travaux dirigés 3 2 Par : Djaoué Séraphin
Exercice 13 (Convergence presque uniforme, presque partout et en mesure)
Soient (E, T , m) un espace mesuré, (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de E dans R et f ∈ M.
On suppose que fn → f presque uniformément ; montrer que fn → f presque partout et en mesure.
Exercice 14 (Théorème d’Egorov)
Soient (E, T , m) un espace mesuré fini, (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de E dans R et f une
fonction mesurable de E dans R telles que fn → f p.p. Pour j ∈ N? et n ∈ N, on définit :
1 [
An,j = |f − fn | ≥ et Bn,j = Ap,j .
j p>n
1. Montrer que, à j fixé, lim m(Bn,j ) = 0.
n→+∞
2. Montrer que, pour tout ε > 0, il existe A tel que m(A) ≤ ε et fn → f[uniformément sur Ac lorsque n → +∞.
En déduire le théorème d’Egorov. (On cherchera A sous la forme Bnj ,j avec un choix judicieux de nj ).
j∈N∗
3. Montrer, par un contre exemple, qu’on ne peut pas prendre ε = 0 dans la question précédente.
4. Montrer, par un contre exemple, que le résultat du théorème d’Egorov est faux lorsque m(E) = +∞.
Exercice 15 (Convergence en mesure et convergence presque partout)
Soient (E, T , m) un espace mesuré, (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de E dans R et f une fonction
mesurable de E dans R. On rappelle que la suite (fn )n≥0 converge en mesure vers f si (par définition)
∀ε > 0, lim m ({|fn − f | > ε}) = 0.
n→+∞
1. On suppose dans cette question que m(E) < +∞
(a) Montrer que si (fn )n≥0 tend vers f presque partout, alors (fn )n≥0 tend vers f en mesure.
(Utiliser le théorème d’Egorov ).
(b) Montrer par un contre-exemple que la réciproque de la question (a) est fausse.
2. Soit (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de E dans R. On dit que (fn )n≥0 est de Cauchy en mesure si
∀ε > 0, ∀δ > 0, ∃n ∈ N tel que ∀p, q ∈ N, p, q ≥ n =⇒ m ({|fp − fq | > ε}) ≤ δ.
Montrer que si la suite (fn )n≥0 converge en mesure vers f , alors (fn )n≥0 est de Cauchy en mesure.
3. Soit (fn )n≥0 une suite de Cauchy en mesure ; montrer qu’il existe une fonction mesurable g et une sous-
suite (fnk )k≥0 , telles que pour tout ε > 0, il existe A ∈ T vérifiant m(A)ε et tel que (fnk )k≥0 converge
uniformément vers g sur Ac .
(Construire la sous-suite (fnk )k≥0 de sorte que m(Ak ) ≤ 2−k , avec Ak = {|fnk+1 − fnk | > 2−k } et chercher
[
A sous la forme Ak , où p est convenablement choisi).
k≥p
4. En déduire que si (fn )n≥0 converge en mesure vers f , il existe une sous-suite qui converge vers f presque
partout.
(On pourra commencer par montrer que la suite (fnk )k≥0 construite en 3. converge presque partout et en
mesure).
Travaux dirigés 3 3 Par : Djaoué Séraphin