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Pi Rutka

Ce document introduit les variétés presque rationnelles et leurs points rationnels, en présentant des concepts fondamentaux tels que les variétés algébriques, la topologie de Zariski, et les morphismes de variétés. Il discute également de résultats connus et de conjectures, ainsi que d'exemples illustrant des théorèmes comme ceux de Chevalley-Warning et Tsen. Enfin, il aborde la notion de variétés rationnellement connexes et leur importance en arithmétique.

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Introduction au domaine de recherche : variétés

presque rationnelles et leurs points rationnels


Alena Pirutka
(sous la direction de Jean-Louis Colliot-Thélène)

17 mars 2009

Dans ce texte je voudrais introduire les notions de variétés rationnellement connexes


et de R-équivalence, annoncer quelques résultats connus ainsi que quelques conjectures
et donner un exemple de méthode utilisée pour obtenir des résultats à ce sujet.

1 Introduction
Une des questions fondamentales en arithmétique est la suivante :

Étant donné un système d’équations polynomiales sur un corps k, décrire ses


solutions, et en particulier déterminer s’il en existe, sur le corps k lui-même (*)
ou sur des extensions de k.

En particulier, on s’intéresse aux solutions sur Q d’un système d’équations à co-


efficients rationnels. Pour étudier cette question, on va utiliser le langage des variétés
algébriques1 :

Définition 1.1. Soit k un corps. On appelle variété algébrique affine sur k une partie
de Ank̄ = k̄ n définie par des équations polynomiales, i.e. l’ensemble

def
V (f1 , . . . , fm ) = {(x1 , . . . , xn ) ∈ k̄ n | fi (x1 , . . . , xn ) = 0, i = 1, . . . m}

pour f1 , . . . , fm ∈ k[x1 , . . . , xn ].
Une variété algébrique projective sur k est une partie de Pnk̄ définie par des équations
polynômiales homogènes :
def
V+ (g1 , . . . , gs ) = {(x0 : x1 : . . . : xn ) ∈ Pn (k̄) | gi (x0 , x1 , . . . , xn ) = 0, i = 1, . . . s}

pour g1 , . . . , gs ∈ k[x0 , x1 , . . . , xn ] homogènes.

Reformulons la question (*) avec les notations précédentes. Si X une variété algé-
brique affine ou projective sur k et K/k une extension de corps, on note X(K) la partie
1 On idèntifie ici une k-variété X avec l’ensemble de ses points X(k̄). Cela n’est pas tout à fait

correct, par exemple, on ne distingue pas ainsi les variétés définies par l’équation f (x) = 0 et l’équation
f (x)2 = 0. Néanmoins l’approche présentée nous suffira pour ce texte.

1
de AnK (resp. PnK ) qui correspond aux points de X à coordonnées dans K. On appelle
les éléments de X(k) les points rationnels de X. Le problème est donc de décrire X(k)
ou, autrement dit, de décrire les points rationnels de X, et en particulier de savoir si
X(k) est non vide.
Introduisons quelques autres notions. On peut munir les variétés algébriques affines
(resp. projectives) d’une topologie que l’on appelle la topologie de Zariski. C’est la
topologie induite par la topologie de Zariski sur Ank̄ (resp. Pnk̄ ). Cette dernière est la
topologie dont les parties fermés sont les variétés algébriques affines V (f1 , . . . , fm ) pour
f1 , . . . , fm ∈ k[x1 , . . . , xn ]. (resp. V+ (g1 , . . . , gs )). Les ouverts qui sont des variétés affines
forment une base d’ouverts pour cette topologie. Une variété quasi-projective est un
ouvert d’une variété projective.
Les morphismes de variétés algébriques affines (resp. projectives) sont les applica-
tions données (resp. données localement) par des fonctions polynomiales (resp. polyno-
miales homogènes) en des coordonnées. Si f : X → Y est un morphisme de variétés
et y ∈ Y (k̄) est un point alors on peut voir la fibre Xy comme une variété sur k̄. En
effet on ajoute les équations qui signifient que la valeur de f est égale à y aux équations
définissant X. Si y ∈ Y (K) où K/k est une extension de corps, alors Xy est une variété
définie sur K.
Dans la suite, on va considérer des variétés irréductibles, i.e. qui ne sont pas réunions
de deux S fermés stricts non vides. Dans le cas contraire, il existe une décomposition
X = Yi avec Yi fermés irréductibles de X tels que Yi * Yj si i 6= j. On appelle les Yi
les composantes irréductibles de X. La dimension dim X de la variété X est la longueur
maximale n d’une chaine U0 ( U1 ( · · · ( Un de fermés irréductibles de X. On dit que
la variété algébrique affine (resp. projective) X définie par les équations f1 , . . . , fm ∈
k[x1 , . . . , xn ] (resp. par les équations homogènes f1 , . . . , fm ∈ k[x0 , x1 , . . . , xn ]) sur un
corps k est lisse au point P ∈ X si

rang k(dfi /∂xj )(P )k = n − dim X,

où l’on voit la matrice k(dfi /∂xj )(P )k comme une matrice à coefficients dans k̄. On dit
que X est lisse si elle est lisse en tout point P ∈ X.

2 Exemples
Considérons quelques exemples.

1. Corps finis
Soit k un corps fini. Soit f ∈ k[x0 , x1 , . . . , xn ] un polynôme homogène. Supposons
que d = deg f ≤ n. Soit X = V+ (f ) une hypersurface de l’espace projectif.

Théorème 2.1 (Chevalley-Warning). L’ensemble des points rationnels de X est non


vide. Plus précisément,
#X(k) ≡ 1 mod p,
où p est la caractéristique de k.
Démonstration. Posons

N = #{(x0 , x1 , . . . , xn ) ∈ k n+1 , f (x0 , x1 , . . . , xn ) = 0}.

2
On a #X(k) = Nq−1 −1
, où q est le cardinal de k. Il suffit de voir donc que N ≡ 0 mod p.
Posons F = 1 − f q−1 . Alors f (x) = 0 ssi F (x) = 0P et f (x) 6= 0 ssi F (x) = 1 pour
α α
x = (x0 , x1 , . . . , xn ) ∈ k n+1 . Écrivons F (x0 , . . . , xn ) = ci x0 i,0 . . . xni,n . On obtient
i
X X X α
N≡ F (x) ≡ ci x0 i,0 . . . xα
n
i,n
mod p.
x ∈kn+1 i (x0 ,x1 ,...,xn ) ∈kn+1

Cela implique que N ≡ 0 mod p . En effet,


X α
x0 i,0 . . . xα
n
i,n
≡ 0 mod p si min αi,j < q − 1,
j
(x0 ,x1 ,...,xn ) ∈kn+1

et on a αi,0 +· · ·+αi,n ≤ d(q−1) < (n+1)(q−1), ce qui implique que minj αi,j < q−1.

Ce théorème vaut aussi pour des corps suivants :


Théorème 2.2 (Tsen). Soit k une extension de type fini de degré de transcendance 1
d’un corps algébriquement clos. Alors toute hypersurface de Pnk̄ définie sur k de degré
au plus n admet un point rationnel.

2. Le cas des courbes


Comme autre exemple, étudions les Q-points d’une conique lisse plane. Considérons
l’équation :
y 2 = ax2 + bx + c,
où b2 − 4ac 6= 0.
Remarquons que l’équation y 2 = ax2 + bx + c peut ne pas avoir de solutions ration-
nelles. Par exemple, y 2 = −x2 − 1 n’a pas de solutions, même sur R ; y 2 = −x2 + 3
possède des solutions réelles, mais pas rationnelles, ce que l’on voit en réduisant modulo
3. Néanmoins s’il existe une solution rationnelle, il en existe une infinité. Considérons
par exemple l’équation y 2 + 2x2 = 3. Elle possède une solution rationnelle (1, 1). Soit Lt
la droite passant par des points (1, 1) et (1 + t, 0). En faisant les calculs, on voit que Lt
intersecte l’ellipse y 2 + 2x2 = 3 en 2 points, dont le premier est (1, 1). Les coordonnées
du deuxième point donnent un paramétrage des points rationnels par la formule
µ ¶
−2t2 + 2t + 1 2t2 + 4t − 1
t 7→ , .
2t2 + 1 2t2 + 1

3. Le cas des quadriques


Considérons ensuite le cas des quadriques lisses dans P3k̄ définies sur k. Soit Q une
telle quadrique. On peut la définir par une équation du type

a0 x20 + · · · + a3 x23 = 0, où a0 . . . a3 6= 0.

On a les possibilités suivantes :



(a) Sur C on peut définir Q par l’équation y02 + · · · + y32 = 0 en posant yi = ai xi .
(b) De même, sur R on a trois classes d’isomorphisme de quadriques données par
les équations y02 ± · · · ± y32 = 0.

3
(c) Sur Q on a beaucoup plus de possibilités. Par exemple, si p1 . . . pm sont des
nombres premiers deux à deuxQ distincts, la classe d’isomorphisme de la quadrique
Q(p1 , . . . pm ) : x20 − x21 + x22 − pi x23 = 0 détermine les nombres p1 . . . pm . Néan-
moins, même si les quadriques Q(p1 , . . . pm ) sont deux à deux non isomorphes,
elles «ressemblent» beaucoup au plan projectif. Plus précisément, posons Q =
Q(p1 , . . . pm ). Remarquons que P = (1 : 1 : 0 : 0) est un point de Q. Considérons
la projection à partir du point P sur le plan x0 = 0.
x1 − x0 − x3 x2
π : (x0 : x1 : x2 : x3 ) 7→ ( +1: : 1).
x3 x3
L’application inverse est la suivante :
2(1 + u)
ρ : (u + 1 : v : 1) 7→ (1 − t : 1 + ut : vt : t), t = Q .
1 − u2 + v 2 − pi
Remarquons que π et ρ ne sont pas inverses l’un de l’autre. En effet, π n’est pas
def pQ
définiepen P et envoie les droites L± = (1 : 1 : ±t pi : t) sur p
un seul point
Q Q
(0 : ± pi : 1). De même, ρ n’est pas définie aux points (0 : ± pi : 1) et
envoie la droite M = (0 : u : 1) sur le point P . Néanmoins π et ρ donnent un
isomorphisme entre les ouverts Q\L± et P2 \M ±. Cela justifie que Q «ressemble»
à un plan projectif.
Cet exemple nous amène à la définition suivante :
Définition 2.3. Soit k un corps. Soient X, Y des variétés sur k. On dit qu’elles sont
birationnelles s’il existe des ouverts non vides X0 ⊂ X et Y0 ⊂ Y tels que X0 est
isomorphe à Y0 sur k (i.e. l’isomorphisme X0 ' Y0 est donné localement par des poly-
nômes à coefficients dans k). Si l’on peut trouver des ouverts isomorphes sur K pour
une extension K de k on dit que X et Y sont K-birationnelles. On dit qu’une variété
définie sur k est rationnelle si elle birationnelle à l’espace projectif Pnk . On dit qu’une
variété X est unirationnelle s’il existe un morphisme dominant, i.e. d’image dense, d’un
ouvert de l’espace projectif dans X.

3 Variétés rationnellement connexes


Pour généraliser les exemples donnés au paragraphe précédent et pour essayer de
répondre à la question (*) on peut espérer trouver des variétés pour lesquelles on peut
avoir des résultats analogues aux théorèmes de Tsen et Chevalley-Warning. Il est inté-
ressant d’étudier à quel point la géométrie de ces variétés conditionne leur arithmétique.
La géométrie de l’espace projectif est assez riche, on peut donc supposer qu’il est
possible d’établir certains résultats pour des variétés qui «ressemblent» à l’espace pro-
jectif. On peut par exemple considérer les variétés rationnelles. Le problème de cette
approche est qu’en dimension supérieure les variétés rationnelles forment une classe très
particulière de variétés. En particuler la variété U ⊂ A3R donnée par une équation à co-
efficients rationnels q(x, y) = f (z) avec q un polynôme quadratique est rationnelle sur
R seulement si f à un petit degré. En plus, il est en général assez difficile de déterminer
si une variété donnée est rationnelle ou pas. Néanmoins on peut utiliser une autre pro-
priété de l’espace projectif : le fait qu’il possède beaucoup de courbes rationnelles. Cela
nous amène à l’étude des variétés rationnellement connexes. Ce sont des variétés qui
possèdent dans certain sens beaucoup de courbes rationnelles définies sur une clôture
algébrique de k.
Supposons désormais pour simplifier que car k = 0 et k est non dénombrable.

4
Définition 3.1. Soit X une variété projective lisse sur k. On dit que X est rationnel-
lement connexe si elle vérifie une des propriétés équivalentes suivantes :
1. Il existe un ouvert non vide U ⊂ X tel que pour tous x1 , x2 ∈ U (k̄) il existe un
morphisme f : P1 → X défini sur k̄ tel que x1 , x2 ∈ f (P1 ).
2. Pour tous x1 , x2 ∈ X(k̄) il existe un morphisme f : P1 → X défini sur k̄ tel que
x1 , x2 ∈ f (P1 ).
3. Pour tous x1 , . . . , xn ∈ X(k̄) il existe un morphisme f : P1 → X défini sur k̄ tel
que x1 , . . . , xn ∈ f (P1 ).
Remarque 3.2. La classe des variétés rationnellement connexes contient les variétés
unirationnelles. La question de savoir si ces classes sont différentes reste ouverte.

Voici la réponse à une partie de la question (*) dans le cas d’un corps de degré de
transcendance 1 sur un corps algébriquement clos de caractéristique zéro, en particulier
pour C(t) (cf. [Gr-Ha-St]).

Théorème 3.3 (Graber, Harris, Starr, 2003). Soit k une extension de type fini de degré
de transcendance 1 d’un corps algébriquement clos de caractéristique zéro. Soit X une
variété rationnellement connexe sur k. Alors X(k) 6= ∅.

4 R-équivalence sur les variétés rationnellement connexes


La relation d’équivalence suivante à été introduite dans [Ma]. Elle consiste à orga-
niser les points rationnels d’une variété en classes à l’aide de courbes rationnelles.

Définition 4.1. Soit k un corps. Soit X une variété projective sur k. Deux points
x, x0 ∈ X(k) sont dits R-liés s’il existe un morphisme p : P1 → X défini sur k tel
que p(0 : 1) = x et p(1 : 0) = x0 . La relation d’équivalence ainsi engendrée est la R-
équivalence. On note X(k)/R l’ensemble des classes de R-équivalence.

La géométrie des variétés rationnellement connexes est caractérisée par le fait que
celles-ci contiennent beaucoup de courbes rationnelles. C’est pourquoi il peut être inté-
ressant d’étudier la R-équivalence sur les variétés rationnellement connexes. La question
de la finitude de X(k)/R, ainsi que des questions proches, ont été beaucoup étudiées
ces dernières années et l’on connaît plusieurs résultats sur des corps différents ([Ma],
[SD] pour les hypersurfaces cubiques, [CT-Sa] [CT-Co],[CT], [CT-Sk] pour les surfaces
rationnelles, etc.). Néanmoins beaucoup de questions restent ouvertes.

Voici un des résultats récents (cf. [Ko99]) :

Théorème 4.2. Soit k un corps p-adique, i.e. une extension algébrique finie de Qp 2
ou R, et soit X une k-variété projective lisse rationnellement connexe. Alors la R-
équivalence sur X(k) est une relation ouverte. En particulier, l’ensemble X(k)/R est
2 Onpeut voir les éléments du corps Qp , où p Pest un nombre premier, comme suit. Un élément r de
Qp s’écrit de manière unique sous la forme r = ∞ i
i=k ai p , où k ∈ Z, les ai sont des nombres entiers
compris entre 0 et p − 1 et ak 6= 0. On définit ainsi une valuation (une norme miltiplicative) sur Qp en
posant |r| = p−k . Si E est une extension algébrique finie de Qp , cette valuation prolonge de manière
unique et définit une topologie sur E qui le rens localement compact.

5
fini.

Remarque 4.3. 1. Précisons la topologie considérée sur X(k). Remarquons d’abord


que Pnk possède une topologie définie sur les parties affines Ai = {(x0 : . . . :
xn ), | xi 6= 0} ' k n par la topologie3 de k n . On voit X(k) comme une partie de Pnk
définie par des équations homogènes, ce qui donne un fermé de l’espace projectif
puisque les polynômes sont des applications continues pour la topologie considérée
sur Pnk . On munit ainsi X(k) de la topologie induite et on l’appelle la k-topologie.
Puisque X(k) est en fermé dans Pnk et Pnk est compact, X(k) est compact.
2. Ce théorème à été démontré pour les corps locaux pas forcément de caractéristique
zéro, ce qui nécessite d’employer la notion de variété séparablement rationnelle-
ment connexe. Ici, pour simplifier, on se restreint au cas où car k = 0. En ce qui
concerne d’autres résultats en caractéristique non nulle, par exemple dans le cas
des corps finis, on a démontré ([Ko-Sza]) que si X est une k-variété projective lisse
séparablement rationnellement connexe sur un corps fini k et si l’ordre de k est
plus grand qu’une certaine constante qui dépend seulement de la géométrie de X
(dim X et deg X) alors X(k)/R est réduit à un point.

Corollaire 4.4. Soit X une variété projective lisse sur R, rationnellement connexe.
Alors les classes de R-équivalence sont précisément les composantes connexes de X(R).
Démonstration. Puisque les classes de R-équivalence sont ouvertes et fermées dans X(R)
elles sont des unions de composantes connexes de X(R). D’autre part, P1 (R) est connexe,
donc chaque classe de R-équivalence est connexe elle-aussi. Le résultat en découle.

Ce résultat permet d’étudier la situation suivante plus générale : étant donné un


morphisme à fibres rationnellement connexes f : X → Y de variétés sur un corps p-
adique k, que peut-on dire de la variation de l’ensemble Xy (k)/R quand y ∈ Y (k) ? La
propriété suivante a été démontrée dans [Ko04] :

Théorème 4.5. Soit k un corps p-adique ou R et soit f : X → Y un k-morphisme


projectif et lisse4 de variétés lisses à fibres rationnellement connexes. L’application
Y (k) → N, y 7→ |Xy (k)/R| est semi-continue supérieurement.

Il m’intéresserait de savoir si cette application est continue (i.e. localement constante).


On ne connaît pas de résultats dans cette direction et il serait déjà intéressant d’en ob-
tenir dans des cas particuliers, par exemple pour les surfaces de Châtelet.
Dans une autre direction, on peut se demander dans quels cas l’ensemble X(k)/R est
réduit à un point. D’autre part, il serait intéressant de donner des exemples de variétés
qui ont un nombre infini de classes de R-équivalence et, plus précisement, de variétés
unirationnelles ou rationnelles qui ont un nombre infini de classes de R-équivalence. On
connaît de tels exemples sur les corps Q(t), R(t), R((t)) (cf. [Ko04]) : ce sont des hyper-
surfaces quartiques en un nombre assez grand de variables. Il me semblerait intéressant
de trouver des exemples qui sont des intersections de deux quadriques ou des exemples
sur Q.

3 La topologie sur R est définie par la valeur absolue usuelle.


4 On dispose des notions de morphismes projectifs et de morphismes lisses. Les fibres d’un morphisme
projectif (resp. lisse) sont des variétés projectives (resp. lisses).

6
Références
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groups of rational surfaces, Invent. Math. 71 (1983), pp. 1-20.
[CT-Co] J.-L. Colliot-Thélène, D.Coray, L’équivalence rationnelle sur les points fermés
des surfaces rationnelles fibrées en coniques, Compositio Math. 39 (1979), pp. 301–
332.
[CT-Sa] J.-L. Colliot-Thélène, J.-J. Sansuc, La R-équivalence sur les tores, Ann. Sci.
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pp. 37–107 et 374 (1987), pp. 72–168.
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[Gr] A. Grothendieck, Techniques de construction et théorèmes d’existence en géométrie
algébrique IV : les schémas de Hilbert, Séminaire Bourbaki, 1960/61, Exp. 221,
Astérisque hors série 6, Soc. Math. Fr. (1997).
[Gr-Ha-St] T. Graber, J. Harris, J. Starr, Families of rationally connected varieties, J.
Amer. Math. Soc. 16 (2003), 57–67.
[Ko96] J. Kollár, Rational curves on algebraic varieties, Springer-Verlag (1996).
[Ko99] J. Kollár, Rationally connected varieties over local fields, Annals of Math. 150
(1999), pp. 357–367.
[Ko04] J. Kollár, Specialization of zero cycles, Publ. Res. Inst. Math. Sci. 40 (2004),
pp. 689–708.
[Ko-Mi-Mo] J. Kollár, Y. Miyaoka, S. Mori Rationally connected varieties, J. Alg. Geom.
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[Ma] Yu. Manin, Cubic forms, Izdat. "Nauka", Moscow, 1972 (en Russe) ; Version angl. :
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[SD] H.P.F. Swinnerton-Dyer, Universal equivalence for cubic surfaces over finite and
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