Analyse des Suites Numériques et Convergence
Analyse des Suites Numériques et Convergence
1 - Dénitions et généralités
Une suite numérique est une application d'un sous-ensemble N de N dans K : 1
u : N1 −→ K
n 7−→ u(n)
Ici, K = R (suite réelle) ou C (suite complexe). Les éléments de K sont appelés des
scalaires.
La suite u est notée (u ) ou (u ) avec u = u(n). On dit que (u ) est la suite de
terme général u .
n n∈N1 n n n n n
n
|x − y| représente la distance de x à y .
Exemples :
Dénition 1.
On dit que la suite numérique (un )n converge vers l∈K (ou qu'elle tend
vers l) si :
∀ϵ ∈ R∗+ , ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N, (n ≥ N ⇒ |un − l| ≤ ϵ).
On dit que la suite numérique (un )n diverge si elle ne converge pas c-à-d
si :
∀l ∈ K, ∃ϵ ∈ R∗+ tel que ∀N ∈ N, ∃n ∈ N tel que (n ≥ N et |un − l| > ϵ).
Rappel : Dans R,
|un − l| ≤ ϵ ⇔ −ϵ ≤ un − l ≤ ϵ
⇔ l − ϵ ≤ un ≤ l + ϵ
⇔ un ∈ [l − ϵ, l + ϵ]
une fois un réel ϵ strictement positif xé, on peut trouver un entier N à partir duquel
tous les termes de rang supérieur à N sont à une "distance" de l inférieure à ϵ. On peut
donc trouver un rang à partir duquel les valeurs de la suite sont arbitrairement proches de l.
Cas d'une suite réelle (Image : [Link]) :
2
Cas d'une suite complexe :
1 1 1
|un − 0| = ≤ =
n N 1
E +1
ϵ
On a le résultat suivant :
n
3
Exemple : Montrons que la suite de terme général u = (−1) diverge. n
2
|l2 − l1 | = |l2 − uN + uN − l1 | ≤ |l2 − uN | + |uN − l1 | ≤ 2ϵ = |l2 − l1 |
3
ce qui n'a pas de sens puisque 1 > 32 . L'hypothèse de départ est donc fausse et on conclut
que si la suite numérique (u ) converge, alors la limite est nécessairement unique.
n n
Preuve :
Soit (u ) une suite à termes positifs convergente vers un réel l, on a donc :
n n
Remarque : Si une suite réelle à termes strictement positifs converge, alors sa limite
est un réel positif ou nul. La limite n'est pas nécessairement un réel strictement positif.
Exemple : la suite de terme général u = n > 0 converge vers 0.
1
Remarque : Si une suite réelle à termes négatifs converge, alors sa limite est un réel
n
négatif.
Proposition 3. Si la suite numérique (un )n converge vers le scalaire l alors la
suite réelle de terme général |un | converge vers le réel |l| ∈ R+ .
∀ϵ ∈ R ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ |u
∗
+ n − l| ≤ ϵ).
ainsi
∀ϵ ∈ R∗+ tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ |u | − |l| ≤ ϵ).
∃N ∈ N n
⇐⇒ ∀ϵ ∈ R∗+ ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ |un | ≤ ϵ)
⇐⇒ ∀ϵ ∈ R∗+ ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ |un | − 0 ≤ ϵ)
⇐⇒ lim |un | = 0
n→+∞
Dénition 2.
5
On dit que la suite réelle (un )n tend vers +∞ si
∀K ∈ R∗+ ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ un ≥ K).
Alors N ≥ K et on a :
n +
∀K ∈ R ∗
+ ∃N = E(K) + 1 ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ u ≥ K). n
6
1.2 Suites bornées :
Dénition 3. Une suite numérique (un )n est dite bornée s'il existe un réel positif
M tel que :
∀n ∈ N, |un | ≤ M.
Dénition 4.
Une suite réelle (un )n est dite majorée s'il existe un réel A tel que :
∀n ∈ N, un ≤ A.
Une suite réelle (un )n est dite minorée s'il existe un réel B tel que :
∀n ∈ N, un ≥ B.
Preuve :
Supposons que la suite (u ) converge vers l. D'après la dénition de la convergence en
prenant par exemple ϵ = 1, on a :
n n
Pour n ≥ N , on a :
1
Remarque : Une suite réelle tendant vers +∞ n'est pas majorée mais une suite qui
n'est pas majorée ne tend pas nécessairement vers +∞. Exemple : u = (−1) n. n
n
Proposition 6.
Une suite réelle est bornée si et seulement si elle est à la fois majorée et
minorée.
Toute suite réelle tendant vers +∞ est minorée. Toute suite réelle tendant
vers −∞ est majorée.
Preuve :
7
Supposons (u ) soit une suite réelle bornée : ∃M ∈ R tel que ∀n ∈ N, |u | ≤ M +
Montrons que toute suite réelle tendant vers +∞ est minorée. Supposons que la
suite réelle tend vers +∞, on a alors :
∀K ∈ R ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ u ≥ K).
∗
+ n
Pour K = 1, on a donc :
∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ u ≥ 1),
1 1 n
De même, montrons que toute suite réelle tendant vers −∞ est majorée. Supposons
que la suite réelle tend vers −∞, on a alors :
∀K ∈ R ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ u ≤ K).
∗
− n
Pour K = 1, on a donc :
∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ u ≤ 1),
1 1 n
2 - Propriétés
1. Propriétés algébriques
Proposition 7. Soient u = (un )n et v = (vn )n deux suites numériques de
terme général un et vn , et λ un scalaire.
Si les suites u et v convergent respectivement vers l1 et l2 alors la
suite u + v de terme général un + vn converge vers l1 + l2 .
Si les suites u et v convergent respectivement vers l1 et l2 alors la
suite u × v de terme général un × vn converge vers l1 × l2 .
Si la suite u converge vers l1 alors la suite λ · u de terme général λ · un
converge vers λ × l1 .
Si les suites u et v convergent respectivement vers l1 et l2 avec l2 ̸= 0
u u l
alors la suite de terme général n converge vers 1 .
v vn l2
∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ |u − l | ≤ ).
ϵ
1 1 n 1
2
8
(ϵ/2 est un réel strictement positif auquel on peut appliquer la dénition de la limite)
et comme (v ) converge vers l , on a :
n n 2
∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ |v − l | ≤ ).
ϵ
2 2 n 2
2
□
:
Soient (u ) et (v ) des suites réelles.
Opérations sur les limites
n n n n
Notation :
P.L. : pas de limite
F.I. : forme indéterminée
Somme (u n + vn )n
lim vn
n−→+∞
ℓ′ +∞ −∞ P.L.
lim un
n−→+∞
ℓ ℓ + ℓ′ +∞ −∞ P.L.
+∞ +∞ +∞ F.I. F.I.
−∞ −∞ F.I. −∞ F.I.
P.L. P.L. F.I. F.I. F.I.
Produit (u n × vn )n
lim vn
n−→+∞
ℓ′ > 0 ℓ′ = 0 ℓ′ < 0 +∞ −∞ P.L.
lim un
n−→+∞
ℓ>0 ℓ × ℓ′ 0 ℓ × ℓ′ +∞ −∞ P.L.
ℓ=0 0 0 0 F.I. F.I. F.I.
ℓ<0 ℓ × ℓ′ 0 ℓ × ℓ′ −∞ +∞ P.L.
+∞ +∞ F.I. −∞ +∞ −∞ F.I.
−∞ −∞ F.I. +∞ −∞ +∞ F.I.
P.L. P.L. F.I. P.L. F.I. F.I. F.I.
9
Inverse : (1/u ) n n
lim un lim 1/un
n−→+∞ n−→+∞
ℓ ̸= 0 1/ℓ
ℓ = 0− −∞
ℓ = 0+ +∞
+∞ 0+
−∞ 0−
ℓ=0 F.I.
Si tous les termes de la suite (un )n sont minorés par le réel a à partir
d'un certain rang alors ℓ ≥ a c'est-à-dire :
tel que
∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ un ≥ a) =⇒ ℓ ≥ a
Si tous les termes de la suite (un )n sont majorés par le réel b à partir
d'un certain rang alors ℓ ≤ b c'est-à-dire :
tel que
∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ un ≤ b) =⇒ ℓ ≤ b
Remarque : La proposition
∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ u > a) n
Proposition 9. Soit (un )n une suite réelle convergeant vers le réel ℓ et soit
(a, b) ∈ R2 . Si a<ℓ<b alors ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ a < un < b).
10
Théorème 1. Théorème d'encadrement.
Soient (un )n , (vn )n et (wn )n trois suites réelles vériant :
∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ un ≤ vn ≤ wn ),
Si la suite (un )n tend vers +∞ alors la suite (vn )n tend vers +∞.
Si la suite (vn )n tend vers −∞ alors la suite (un )n tend vers −∞.
Preuve :
3 Monotonie
1. Suites réelles monotones
Dénition 5. Une suite réelle (u ) est croissante si ∀n ∈ N, u ≥ u .
n n n+1 n
Une suite réelle (u ) est strictement monotone si elle est strictement croissante
ou strictement décroissante.
n n
Remarque :
Pour montrer qu'une suite est croissante (resp. décroissante), on peut montrer
que pour tout entier n, on a u − u ≥ 0 (resp. u − u ≤ 0).
n+1 n n+1 n
≥ 1 resp.
u n+1 u n+1
∀n ∈ N, ≤1 .
u n u n
≤ 1 resp.
u n+1 u n+1
∀n ∈ N, ≥1 .
u n u n
11
Proposition 10. Toute suite croissante et majorée est convergente.
Toute suite décroissante et minorée est convergente.
Preuve :
Proposition 11. Toute suite croissante et non majorée tend vers +∞.
Toute suite décroissante et non minorée tend vers −∞.
Preuve :
2. Suites adjacentes
Dénition 6. Deux suites réelles (un )n et (vn )n sont dites adjacentes si les
conditions suivantes sont satisfaites :
l'une des deux suites est croissante et l'autre est décroissante.
lim (un − vn ) = 0.
n−→+∞
Exemple :
1 1 1 1 1
un+1 −un = 1− − 1− = − = > 0.
n+2 n+1 n+1 n+2 (n + 1)(n + 2)
1 1 1 1 −1
vn+1 −vn = 1 + − 1+ = − = < 0.
n+2 n+1 n+2 n+1 (n + 1)(n + 2)
et (v ) , on a :
n n n n n
n n
12
donc une suite décroissante qui converge vers 0, elle est donc à termes positifs, ainsi
∀n ∈ N, u ≤ v et en utilisant la monotonie des suites (u ) et (v ) , on en déduit
que :
n n n n n n
∀n ∈ N, u0 ≤ un ≤ un+1 ≤ vn+1 ≤ vn ≤ v0 .
on a alors :
n n n n
∀n ∈ N, un ≤ un+1 ≤ l ≤ vn+1 ≤ vn .
Remarque : Comme dénition des suites adjacentes, on trouve souvent :
∀n ∈ N, un ≤ vn
(un )nest croissante et (v ) est décroissante, n n
(v − u )
n tend vers 0.
n n∈N
vers 0, elle est à termes positifs). La première hypothèse est donc superue mais
n n n n n
souvent utile dans les calculs, comme nous le verrons dans les exercices.
3. Théorème des segments emboités.
Théorème 3. Si ([an , bn ])n∈N est une suite décroissante de segments non
vides dont les longueurs tendent vers 0, alors l'ensemble est
\
[an , bn ]
n∈N
réduit à un point.
Preuve : La suite ([a , b ]) est décroissante pour l'inclusion, on a donc :
n n n∈N
∀n ∈ N, a ≤ b , n n
lim (b − a ) = 0. n n
n→+∞
13
Les suites (a ) et (b ) sont donc adjacentes et si l'on note l leur limite commune,
on a : ∀n ∈ N, a ≤ l ≤ b .
n n n n
n n
l appartient donc à chacun des intervalles [a , b ] et donc à leur intersection qui est
donc\non vide :
n n
[a , b ] soit {l} ⊂
\
l∈ n n [a , b ]. n n
n∈N n∈N
limite, on a : n∈N
d'où \ [a , b ] ⊂ {l}.
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞
n n
n∈N
∀n ∈ N, un ≤ l ≤ vn .
4 Suites extraites
Dénition 7. La suite numérique (vn )n est une suite extraite (on dit aussi
une sous-suite de la suite (un )n ) s'il existe une application h de N dans N
strictement croissante appelée extractrice telle que pour tout entier n, on ait
vn = uh(n) .
Considérons une suite extraite de (u ) notée (u ) . Montrons que cette suite extraite
converge vers l. Comme h est une extractrice, h est croissante et on sait que h(N ) ≥ N
n n h(n) n
∀ϵ ∈ R ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ |u
∗
+ − l| ≤ ϵ) h(n)
14
et la suite (u ) converge donc vers l.
h(n) n
Remarque : On utilise souvent ce résultat pour démontrer qu'une suite n'admet pas de
limite en exhibant deux sous-suites convergeant vers des limites diérentes. Ainsi, la suite
de terme général (−1) diverge car la sous-suite des termes d'indices pairs converge vers
n
∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N ⇒ |u
2 − l| ≤ ϵ). 2 2n+1
∀ϵ ∈ R ∃N ∈ N tel que ∀p ∈ N (p ≥ N ⇒ |u − l| ≤ ϵ)
∗
+ p
suite.
On prend I = [m, M ] = [a , b ] qui contient tous les termes de la suite. Soit n ∈ N
et on suppose construit I = [a , b ] telque {k ∈ N|u ∈I } soit inni. Alors l'un au
0 0 0
n n n k n
15
intervalle que l'on choisit pour I (dans le cas où les deux intervalles contiennent
une innité de termes on en choisit arbitrairement un).
n+1
et
∀p < n, uφ(p) ∈ Ip soit ap ≤ uφ(p) ≤ bp .
Comme l'ensemble {p ∈ N|u ∈ I } est inni, il n'est pas majoré et il contient donc
des éléments strictement supérieurs à φ(n − 1). Si l'on choisit l'un de ces éléments
p n
et
∀p ≤ n, uφ(p) ∈ Ip soit ap ≤ uφ(p) ≤ bp .
Remarque : La suite (sin n) est bornée mais elle ne converge pas. D'après le théorème de
Bolzano-Weierstrass, on sait que cette suite possède au moins une sous-suite convergente,
n
mais il ne nous donne aucune méthode pratique pour trouver une telle sous-suite.
5 Suites de Cauchy
Comment exprimer qu'une suite converge sans connaître sa limite à l'avance, comme dans
la dénition de la convergence d'une suite.
Au lieu de dire que les termes de la suite se rapprochent d'une certaine limite l, on dira
que les termes de la suite se rapprochent les uns des autres.
Dénition 8. La suite numérique (un )n est appelée suite de Cauchy dans K si
elle vérie la condition :
∀ϵ ∈ R∗+ tel que
∃N ∈ N ∀n ∈ N ∀m ∈ N (n ≥ N et m ≥ N ) ⇒ |un −um | ≤ ϵ
16
Exemple : La suite (u ) de terme général u = n1 est une suite de Cauchy.
n n∈N∗
Soient m, n deux entiers naturels non nuls vériant n > m, on a :
n 2
1 1 m2 − n2 n2 − m2 (n + m)(n − m)
|un − um | = 2
− 2
= 2 2
= 2 2
= .
n m nm nm n2 m2
Ainsi,
∗
∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N ∀m ∈ N (n ≥ N et m ≥ N ) ⇒ |u
∀ϵ ∈ R+ n − um | ≤ ϵ
|u − u | = |u − l + l − u | ≤ |u − l| + |u − l|.
n m n m n (5.1) m
∀ϵ̃ ∈ R ∗
+ ∃N ∈ N tel que ∀k ∈ N (k ≥ N =⇒ |u − l| ≤ ϵ̃)
ϵ̃ (5.2)
ϵ̃ k
Soit ϵ un réel strictement positif. D'après (5.2), il existe un entier N tel que pour
tous entiers m et n vériant n ≥ N et m ≥ N , on ait :
ϵ
2
ϵ ϵ
2 2
ϵ ϵ
|un − l| ≤ et |um − l| ≤ .
2 2
Avec (5.1), on conclut que pour tous entiers m, n vériant
n ≥ N 2ϵ et m ≥ N , on
a:
ϵ
2
ϵ ϵ
|un − um | ≤ + = ϵ.
Ainsi,
2 2
Montrons à présent qu'une suite de Cauchy qui possède une suite extraite
convergente est une suite convergente.
Soit (u ) une suite numérique de Cauchy, alors :
n n
∀ϵ ∈ R , ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N ∀m ∈ N (n ≥ N et m ≥ N ) =⇒ |u −u | ≤ ϵ .
∗
(5.3)
1 + 1 1 1 n m 1
∀ϵ ∈ R
2 ∃N ∈ N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u
∗
+ 2 2 − l| ≤ ϵ ). (5.4)
h(n) 2
ϵ ϵ
|un − l| = |un − uh(n) + uh(n) − l| ≤ |un − uh(n) | + |uh(n) − l| ≤ ϵ1 + ϵ2 = + = ϵ.
2 2
Ainsi, on a montré que :
∀ϵ ∈ R∗+ tel que ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u − l| ≤ ϵ)
∃N ∈ N n
n n n
k k=1
18
Nous allons montrer que (S ) n'est pas une suite de Cauchy en écrivant la négation de
l'assertion "(S ) est une suite de Cauchy" :
n n
n n
n n
conclure que la suite (u ) est une suite de Cauchy. Prenons par exemple, la suite de
n→+∞
n n
n n+1 n
Ce résultat va nous être utile pour l'étude des suites récurrentes. Commençons donc cette
étude.
Dénition 9. Soit f une application dénie sur un ensemble D. On appelle
point xe de f tout réel β∈D tel que f (β) = β .
Remarque : Un point xe est donc une solution de l'équation f (x) = x soit donc aussi
une solution de l'équation de f (x) − x = 0. Géométriquement, les points xes sont les
abscisses des points d'intersection entre la courbe de f et la première bissectrice (la droite
d'équation y = x).
Dénition 10. Soit f une application dénie sur un intervalle I telle que f (I) ⊂ I c-à-d
telle que ∀x ∈ I, f (x) ∈ I : on dit alors que I est stable par f .
Dans le cas d'une suite récurrente de la forme u = f (u ), on dénit la suite (u )
par la donnée :
n+1 n n n
19
du premier terme u ∈ I , où I est un intervalle stable par f .
0
En eet, par récurrence, on démontre que la propriété P (n) = ”u ∈ I " est vraie pour
tout entier naturel n et que la suite est bien dénie. On a :
n
Initialisation : u ∈ I 0
Hérédité : Soit n un entier naturel xé. Supposons que P (n) soit vraie (hypothèse
de récurrence) et montrons que P (n + 1) est vrai. On a donc u ∈ I par hypothèse
de récurrence et comme I est stable par f , on en déduit que f (u ) = u ∈ I i.e.
n
P (n + 1) est vraie.
n n+1
Conclusion : P (0) est vrai et P (n) est héréditaire donc P (n) est vrai pour tout
entier naturel.
Proposition 15. Si la suite (un )n dénie par une relation de récurrence de la
forme un+1 = f (un ), converge vers le réel l et si f est continue en l alors l est
un point xe de f .
Proposition 16. Soit f une application dénie sur un intervalle I telle que
f (I) ⊂ I . Soit (un )n la suite dénie par :
u0 = α, (α ∈ I);
un+1 = f (un ), ∀n ∈ N.
∀n ∈ N, un+1 − un = f (un ) − un ≥ 0.
On va utiliser un raisonnement par récurrence. Pour tout n ∈ N, on appelle P (n)
la propriété : f (u ) − u ≥ 0.
n n
Initialisation : pour n = 0, cela est vérié puisque l'on a f (α) ≥ α donc P (0)
est vraie.
Hérédité : Supposons la propriété vraie pour un entier naturel n donné c-à-d
f (u ) ≥ u (hypothèse de récurrence H.R.) et montrons que P (n + 1) est vraie
c-à-d f (u ) ≥ u .
n n
On a f (u ) − u = f (f (u )) − f (u ).
n+1 n+1
n n
f (f (un )) ≥ f (un )
c-à-d P (n + 1) est vraie.
Conclusion : P (0) est vraie et la propriété est héréditaire donc
∀n ∈ N, P (n) est vraie.
En suivant un raisonnement similaire, on montre que si f (α) ≤ α c-à-d si u ≤ u
alors la suite (u ) est décroissante (à écrire).
1 0
n n
de u − u .
0 0
suite (u ) . On a w = u = f (α) et ∀n ∈ N,
n n 2n+1 n
n n 0 1
de u − u .
0 0
21
De même, on peut démontrer que si g(α) ≤ α alors la suite (v ) est décrois-
sante et la suite (w ) est croissante.
n n
n n
Plan d'étude possible des suites récurrentes du type :
u0 = α ∈ I,
un+1 = f (un ), ∀n ∈ N.
1. Dénition de la suite : trouver un intervalle I tel que f soit une application dénie
sur I , vériant f (I) ⊂ I (c-à-d I stable par f ) et contenant u . Ainsi la suite est
bien dénie par la relation de récurrence u = f (u ) ∀n ∈ N et par le terme initial
0
converge vers l et si f est continue en l alors l est un point xe de f c-à-d une
n n n+1 n
et f une fonction continue sur I telle que f (I) ⊂ I . Ainsi, si la suite converge, sa limite
l appartient à I et vérie l = f (l). En eet, I étant fermé, la propriété de passage à la
limite dans les inégalités larges prouve que l ∈ I et on sait que comme f est continue sur
I , l vérie l = f (l). On cherche donc les points xes de f sur l'intervalle fermé I .
Remarque : Il est intéressant de construire graphiquement les premiers termes de la
suite pour voir son comportement, il ne reste ensuite qu'à justier ce que l'on voit sur le
graphique.
1
un+1 = (u2n + 8)
6
où u ∈ R . On montre facilement par récurrence que ∀n ∈ N, u ≥0 . On commence
par introduire l'application
0 + n
1
f : x ∈ R+ 7−→ (x2 + 8) ∈ R+ .
6
f est une application croissante sur R , intervalle stable par f . On sait d'après le cours
que la suite (u ) est monotone et que son sens de variation dépend du signe de f (u )−u .
+
De plus, toujours d'après le cours, on sait que si la suite (u ) converge vers le réel l
n n 0 0
et si f est continue en l alors l est un point xe de f . Ainsi, f étant continue sur R , si
n n
+
22
la suite converge, cela ne peut être que vers un point xe de f . Déterminons les points
xes de f : 1
f (x) = x ⇐⇒ (x2 + 8) = x ⇐⇒ x2 − 6x + 8 = 0.
6
Le discriminant de cette équation est égal à 4 et les solutions (c-à-d les points xes) sont
2 et 4.
Il faut à présent envisager les diérents comportements de la suite (u ) suivant les
valeurs de u . On sait que f est strictement croissante sur R à valeurs dans R et que
n n
f (2) = 2 et f (4) = 4 :
0 + +
x 0 +∞
+∞
f (x) 4
3
déduit par une récurrence immédiate que ∀n ∈ N, u ∈ [0, 2[ . La suite est donc
bornée et donc majorée. Or toute suite croissante et majorée est convergente. Soit
n
l la limite de (u ) . De plus puisque u ∈ [0, 2[, par passage à la limite dans les
inégalités, on a : l ∈ [0, 2] et comme les seules limites possibles sont 2 ou 4, on en
n n n
u ∈]2, 4[, la suite est bornée et donc minorée. Or toute suite décroissante et minorée
est convergente. Soit l la limite de (u ) . De plus, si 2 < u < 4, puisque u est
n
croissante. De plus, on a avec le tableau de variation f (]4, +∞[) ⊂]4, +∞[ donc la
0 0 0 6 0 0 n n
suite est croissante, minorée par 4 et les seules limites possibles étant 2 ou 4, on
en déduit que la suite (u ) diverge et tend vers +∞ si u ∈]4, +∞[. En eet, si la
suite (u ) était majorée, elle serait convergente (puisque croissante) et sa limite l
n n 0
majorée. Elle est croissante et non majorée : elle diverge donc vers +∞.
0 n n
23