Troubles de la Perception et Conscience
Troubles de la Perception et Conscience
3.5.3-Intérêt de la question
3.5.4-Historique
3.5.5-Epidémiologie
3.5.6-Analyse sémiologique
3.5.7-Diagnostic positif
3.5.8-Diagnostic différentiel
3.5.9-Diagnostic étiologique
3.5.10-Evolution
3.5.11-Approche biologique
3.5.12-Prise en charge
4-Les troubles de la conscience :
4.1-Introduction
4.2-Troubles de l’attention
4.3-Troubles de la vigilance
4.3.1-Troubles quantitatifs
4.3.2-Troubles qualitatifs
4.4-Troubles de la conscience du soi et du vécu corporel
4.4.1- Troubles du schéma corporel
4.4.2-Dépersonnalisation
4.4.3-Syndrome hypocondriaque
4.4.4-Dysmorphophobiie
4.4.5-Vécu délirant
4.4.6-Vécu dissociatif
4.4.7-Troubles de l’éprouvé temporel
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 3
1-Introduction :
2-Intérêt de la question :
3-Troubles de la perception :
3.1-Illusions :
3.2-Les hallucinoses :
3.3-Les hallucinations :
3.3.1-Introduction:
Les hallucinations restent à l’heure actuelle des symptômes difficiles à
appréhender pour les professionnels de santé.
Face à une problématique hallucinatoire, les éléments à même d’en
caractériser précisément la nature ou le retentissement sont peu connus et
bien souvent le pronostic est laissé entre les mains du temps.
Longtemps taboues, les hallucinations restent un sujet délicat en société,
puisque fréquemment assimilées à la folie.
À l’opposé d’une approche dichotomique, que l’on pourrait qualifier de «
classique » (normal/pathologique), les hallucinations s’inscriraient
davantage le long d’un continuum, allant de phénomènes physiologiques à
des pathologies constituées de l’enfant et de l’adulte.
Il nous semble à présent urgent de déstigmatiser les personnes souffrant
de tels symptômes, et de fournir des éléments d’évaluation cliniques
concrets et pertinents, indispensables à l’adaptation de la démarche
diagnostique et thérapeutique face à l’hallucination.
3.3.2-Définitions :
L'hallucination a été définie comme perception sans objet (Esquirol,
1817).
Selon certains auteurs, le phénomène hallucinatoire consiste en une
perception qui ne correspond à aucun événement matériel (c'est-à-dire en
l'absence de stimulus sensoriel) ou à aucun objet réel.
Il est préférable de définir l'hallucination comme "l'expérience de
recevoir une communication sans aucun composant sensoriel"
Trois critères peuvent être proposés pour définir l'hallucination :
une expérience proche de la perception réelle (percept-like) en
l'absence de stimuli externes,
une expérience proche de la perception réelle (percept-like) ayant la
même intensité et le même impact que la perception réelle,
une expérience proche de la perception réelle (percept-like) non
voulue, malgré soi ; elle apparaît spontanément dans le champs de
la conscience et ne peut être maîtrisée.
3.3.3-Epidémiologie :
Entre 10 et 25% d’une population non sélectionnée rapportent des
hallucinations: Continuum entre le normal et le pathologique,
La culture, la religion peuvent affecter le sens/forme des hallucinations
Selon les études autour de 1% des hallucinations seraient d’origine
psychiatrique, avec 0,7 à 1,1% âgé de 30 à 44 ans
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[Link]-Hallucinations psychosensorielles :
[Link].1-Hallucinations auditives :
Elémentaires :
Sons simples :
o Ces phénomènes sont appelés «acouphènes élémentaires» ; ils
consistent en des bruits plus ou moins différenciés, dont l'intensité
varie du murmure à peine audible au son pénible.
o Lorsqu'ils sont vagues et indistincts ils sont décrits par analogie «
comme de l'eau qui coule », « comme le vent qui souffle ».
o D'autres fois ils sont plus différenciés comme un bruissement de
feuillage, un sifflement, un bourdonnement, un cri.
Sons complexes :
o Le caractère des acouphènes élémentaires peut être encore plus
différencié et leur description par le patient peut être plus précise.
o Ils sont souvent représentés par des bruits de machines,
d'appareillages divers, des tonalités métalliques.
Phénomène de l'attente perceptive : dans un contexte perceptif de
fond sonore imprécis le sujet semble attendre avec attention que
quelque chose se fasse entendre. Ce phénomène est à l'origine des
attitudes d'écoute caractéristiques du patient halluciné.
Synesthésies acoustico-optiques (opsiphonie) : ce sont des
perceptions auditives colorées reliées le plus souvent à la reviviscence
esthésique des perceptions visuelles.
Hallucinations musicales :
Simples : rythmes sans mélodie, sons de cloche, bruits de tambour.
Complexes : mélodies, musiques instrumentales, chorales.
On peut distinguer deux types d'hallucinations musicales :
o Les protéidolies auditives : ce sont le plus souvent des
phénomènes élémentaires de type rythmes sans mélodie, des
sonorités stéréotypées.
o Les phantéidolies correspondent à une sorte de développement
mélodique à la façon d'un « rêve musical ».
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[Link].2-Hallucinations visuelles :
Elémentaires ou complexes :
Simples ou élémentaires :
o Décrites de façon métaphorique ou analogique (" comme si ").
o Lumière, halos colorés, photopsies (points scintillants), flashs.
o Peut concerner totalité du champ visuel, hémi champ ou un seul œil.
Complexes :
o Vision de personnages, d'animaux (zoopsies), de paysages
o Autoscopie: vision de soi par soi-même :
autoscopie externe : vision de son double ;
autoscopie interne : vision de ses viscères.
o Hallucinations gullivériennes : visions de géants
o Visions de monstres, du diable, de situations hostiles.
Position de l'image hallucinatoire dans le champ visuel :
Hallucinations campines :
o Périphériques : apparaissent dans le pourtour du champ visuel
o Centrales : apparaissent dans la zone maculaire ;
o Holocampines : remplissent complètement le champ visuel
Hallucinations extracampines : la conviction de voir derrière lui
H. hémianopsiques : dans un hémichamp D/G ou quadrant sup/inf
Hémi hallucinations : images représentant la moitié des objets.
Hallucinations polyopsiques : images représentant les objets doubles.
Variations dimensionnelles : déformations spatiales.
Taille :
o Macropsie : objets perçus plus grands
o Micropsie : objets perçus plus petits,
Distance :
o Téléopsie : objets perçus comme étant éloignés ;
o Pélopsie : objets perçus comme rapprochés,
Position :
o Plagiopsie : objets perçus obliques par rapport au plan frontal ;
o Renversement horizontal ; vision renversée,
Nombre :
o Diplopsie : objets perçus doubles
o Polyopsie : objets perçus multipliés,
Mouvement :
o Kinétopsie : objets perçus en mouvement (illusion mvmt apparent).
Formes géométriques et couleurs :
Phantopsies : imagerie " merveilleuse " constituée par l'apparition de
formes esthétiques colorées et dessinées
Aspect abstrait des formes géométriques : lignes, courbes, esquisses
Logopsies : hallucinations graphiques faites de mots, lettres, sigles.
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[Link]-Hallucinations intrapsychiques :
[Link].1-Définition :
Perceptions sans objet, caractérisées par l'absence de caractère sensoriel, à
la différence des hallucinations psychosensorielles qui impliquent un ou
plusieurs organes sensoriels.
Ces phénomènes sont liés à la conviction délirante d'un pouvoir extérieur
sur le processus de pensée, constituant au final un syndrome d'influence,
de compénétration de pensée et s'intégrant dans l'automatisme mental.
[Link].3-Hallucinations psycho-verbales :
Voix perçues à l'intérieur de soi, étrangères aux organes des sens.
Absence de sensorialité : Voix intérieures non perçues dans l'espace
objectif, et non perçues non plus avec les attributs de la sonorité propre
aux sensations auditives.
Absence de subjectivité : Impression du patient halluciné de ne pas être
lui-même l'auteur du discours intérieur qu'il entend.
[Link].4-Automatisme mental :
Syndrome hallucinatoire, décrit par Clérambault, caractérisé par le
fonctionnement automatique, spontané et dissident d'une partie de
l'activité psychique.
Ce syndrome entraîne la conviction délirante que le patient n'est plus
maître de sa volonté et qu'il est influencé par une force étrangère et
extérieure qui contrôle toute son activité psychique en dirigeant ses actes,
sa pensée, ses perceptions.
Ce syndrome apparaît en premier sous la forme de phénomènes subtils,
abstraits et étrangers dits " phénomènes élémentaires " (petit automatisme
mental), puis se complète progressivement par des hallucinations
psychosensorielles et psychomotrices (grand automatisme mental) et
évolue vers le syndrome d'influence.
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3.3.5-Diagnostic positif :
[Link]-Eléments directs :
phénomènes pathologiques rapportés spontanément par le malade : patient
se plaint d’entendre des voix qui le gênent, de voir des choses qui
l’agressent, sensations corporelles pénibles et envahissantes. Dans ce cas,
il faut préciser les caractères : simple/complexe, critiquées/non, contenu.
3.3.6-Diagnostic différentiel :
[Link]-L’illusion
se définit comme la perception déformée d’un objet physique réel, dans
l’un de ses attributs (forme, dimension, localisation, intensité, durée). Il
s’agit de phénomène physiologique, que tout chacun peut expérimenter.
[Link]-L’hallucinose
est en revanche une perception sans objet physique à percevoir. À la
différence de l’hallucination, l’hallucinose est d’emblée reconnue comme
pathologique par l’individu qui en fait l’expérience
[Link]-Interprétations:
un jugement faux établi à partir d’une perception ou d’un fait exact. La
perception sensorielle (audition de paroles, vision, perception odeur/goût,
sensation tactile/cénesthésique) est bien réelle, seule la déduction qui en
est tirée et la signification personnelle qui lui est accordée sont erronées
[Link]-Simulation:
l’imitation consciente et volontaire de symptômes et (ou) de maladies
avec l’objectif d’en retirer un bénéfice précis (compassion, pension
d’invalidité, exemption du service militaire, évitement peine de prison).
[Link]-Obsessions:
l’irruption dans la pensée d’un sentiment, d’une idée ou d’une tendance
qui apparaît au sujet comme un phénomène pathologique, et qui persiste
(incoercibilité) malgré tous les efforts accomplis pour s’en débarrasser
(lutte intérieure). La conscience du caractère pathologique, la lutte
intérieure et la conscience de l’émanation de la vie mentale de la personne
constituent les 3 critères par lesquels obsession s’oppose à l’hallucination.
[Link]-Dépersonnalisation :
les hallucinations sont liées à une thématique délirante pour lesquelles
elles représentent le mécanisme, associées à une conviction inébranlable
contrairement à la dépersonnalisation.
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3.3.7-Diagnostic étiologique :
[Link]-Etiologies psychiatriques :
Accès psychotique aigue: hallucination auditives multiples, incohérentes.
Mélancolie délirante : H auditives, voix accusatrice, ordonnant le
suicide; H olfactives, odeur de pourriture, contexte congruent à l’humeur.
Psychose hallucinatoire chronique : hallucinations multiples, riches,
constantes, automatisme mental, H. cénesthésiques génitales.
Schizophrénies :
Paranoïde : AM, H. polymorphes, incohérentes, flous, bizarres.
Catatonique : riche vécu hallucinatoire, dysthymique.
Manie délirante : hallucinations à contenu congruent à l’humeur.
Psychose puerpérale, Certains troubles de la personnalité
[Link]-Etiologies toxiques
Alcool : sevrage surtout, intoxication aigue.
Drogues : cannabis, cocaïne, amphétamines, colle et solvants.
Médicaments hallucinogènes : produits anesthésiques.
[Link]-Etiologies organiques :
Confusion : délire onirique, hallucinations visuelles surtout zoopsiques,
complexes surtout le soir (accentuées à l’obscurité), terrifiantes et
angoissantes.
Tbs métaboliques : hypoglycémie (hallucinose et pas hallucinations).
Neurologiques : AVC, encéphalites infectieuse (HIV).
Démences : hallucinations surtout auditives, thématique pauvre.
Epilepsie : partielle, hallucinations brèves élémentaires ou complexe.
Lésions du tronc cérébral : hallucinoses pédonculaires.
Ophtalmiques : Glaucomes, Syndrome de Charles Bonnet sur
dégénérescence maculaire liée à l’âge.
[Link]-Hallucinations physiologiques :
Hallucinations hypnagogiques : Elles surviennent chez le sujet normal
à l’endormissement, visuelles ou auditives, correspondent souvent à des
événements de la journée, s’accompagnent de sensation d’apesanteur, de
chute libre, de frottement. Elles prennent fin avec l’endormissement ou un
sursaut, et ne sont pas angoissantes.
Hallucinations hypnopompiques : Elles correspondent à l’intrusion du
contenu du rêve au moment du réveil, avec une période de désorientation
brève, survient lors d’expérience de privation de sommeil ou d’isolement
sensoriel.
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3.4-Automatisme mental :
3.4.1-Introduction :
Le mot automatisme dérive du grec « automatos » qui signifie se meut de
lui-même du verbe mouvoir, faire agir, agir de soi-même.
On peut définir l’automatisme mental comme le fonctionnement
indépendant et spontané d’une partie ou de toute la vie psychique en
dehors du contrôle de la volonté et parfois même de la conscience.
3.4.2-Historique :
L’automatisme psychologique est un terme créer par Pierre Janet en
1889. Pour lui il s’agit d’une « activité humaine dans ses formes les plus
simples, les plus rudimentaires ». Il distingue deux types: total / partiel
Pour Henri Wallon, il existe 02 types d’automatisme : naturel, artificiel.
BERGSON (1859 1941) a considérablement étendu cette notion, pour lui
l’activité habituelle de l’esprit est manifestation inférieure automatique.
De CLEREMBAULT : en 1926 a décrit l’automatisme mental, ainsi il a
pu dégager un syndrome mental fondamental qui précède les
manifestations délirantes et hallucinatoires.
3.4.3-Théories psychopathologiques :
[Link]-Théorie organique :
De Clérambault admettait qu’il y avait à la base de l’automatisme mental
des phénomènes d’atteintes cellulaires soit récentes soit séquellaires.
Pour HENRY EY, le mécanisme primordial serait un phénomène de
dissolution cellulaire avec perturbation de l’ordre biodynamique.
Suite à un processus organique il se produit un fléchissement des centres
de contrôle, l’inconscient fait irruption dans le champ de la conscience.
[Link]-Théorie psychanalytique :
Freud décrit le délire comme une restitution défensive du monde
extérieur en réponse à une situation ou se serait produit une catastrophe.
Mélanie Klein montre que la catastrophe est représenté par une situation
infantile ou à un moment archaïque ou le moi et le non moi sont
indistincts le sujet se trouve alors submergé de pulsions distinctives et
autodestructrices.
[Link]-Théorie psychologique :
A évoquer successivement : un fléchissement de la volonté, un défaut de
synthèse mentale avec un refoulement de certains états affectifs qui
pourraient remonter à la surface avec caractère considéré comme étranger.
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 15
3.4.4-Etude sémiologique :
L’Automatisme mentale (de Clerambault ) :
Est un syndrome hallucinatoire caractérisé par le fonctionnement
automatique, spontané et dissident d'une partie de l'activité psychique.
Ce syndrome entraîne la conviction délirante que le patient n'est plus
maître de sa volonté et qu'il est influencé par une force étrangère et
extérieure qui contrôle toute son activité psychique en dirigeant ses actes,
sa pensée, ses perceptions.
L’Automatisme mental (de Clérambault) a :
Une teneur essentiellement neutre (au début)
Un caractère non sensoriel
Un rôle initial dans le décours de la psychose
Ce syndrome apparaît en premier sous la forme de phénomènes subtils,
abstraits et étrangers dits " phénomènes élémentaires " (petit automatisme
mental), puis se complète progressivement par des hallucinations
psychosensorielles et psychomotrices (grand automatisme mental) et
évolue vers le syndrome d'influence.
On distingue deux types d’automatisme mental : petit et grand
[Link]-Le petit automatisme mental :
Correspond à un trouble élémentaire du cours de la pensée et du langage
intérieur (idéo verbal) à l’origine de phénomènes élémentaires, fait de :
Commentaire des actes ou de la pensée :
Avant, pendant, ou après l’action ou la pensée du patient, le
contenu est souvent insultant, menaçant, rarement laudatif.
Echo de la pensée, de la lecture ou de l’écriture : le patient entend
une voix qui répète sa pensée, parfois l’écho précède la pensée
(pensée devancée).
Vol et devinement de la pensée : le patient ressent l’intrusion d’un autre
dans sa pensée. Ex : on sait à quoi je pense, on me vole mes idées.
Mots jaculatoires : fortuits, explosifs, en dehors de la volonté du patient
Substitution de la pensée
L’idéarrhée : des pensées surajoutées, accessoires ne sont probablement
pas autres que celle d’un sujet normal ou elles seraient refoulées la elles
sont plus marquées par ce qu’elles s’imposent.
Automatisme affectif, émotif : phénomène imposés de gaieté, de
tristesse, d’angoisse ou d’étonnement…tous ses sentiments lui
apparaissent comme étranges
Ce processus autonome neutre ne comportant par lui-même aucune thématique
délirante, et dont les caractères selon De Clérambault sont d’être
fragmentaire/diffus, non sensoriel, anidéique et athématique.
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 16
3.4.5-Evolution :
L’automatisme mental évolue sur deux phases :
1. Stade de début : le petit automatisme, c’est un automatisme
anidéique, athématique peu à peu la pensée indifférenciée devient
organisée et sensorialisée, le thème délirant se constitue.
2. Stade hallucinatoire : c’est la phase de phénomènes psychosensoriels
les troubles de la pensée deviennent des voix et pseudo hallucinations
vont former le délire secondaire. Et par la suite il évolue vers un
authentique syndrome d’influence.
Le syndrome d'influence : est caractérisé par le sentiment d’être dirigé,
d’avoir sa volonté dominée, et d’avoir sa personnalité modifiée à distance.
Ce syndrome est le plus souvent associé aux hallucinations acoustico
verbales qui commandent ou donnent des ordres au patient.
3.4.6-Diagnostic différentiel :
Illusion : Perception déformée d’un objet réel.
Hallucinose : Perception sans objet reconnue irréelle par patient
Idées fixes: qui peuvent mimer un automatisme mental du fait du
caractère intrusif sauf que là elles sont critiquées par le patient.
TOC : là le patient a conscience du caractère absurde de ses idées et surtt
qu’il s’agit de ses propres pensées, avc composante anxieuse/compulsive.
3.5-Dépersonnalisation :
3.5.1-Introduction :
Expériences de dépersonnalisation sont fréquentes en population générale.
Syndrome retrouvé dans plusieurs tb psychiatriques ou neurologiques,
mais n’est spécifique à aucun d’eux, il est dit transnosographique.
Parfois, elles se répètent et se prolongent au point d’entrainer une détresse
significative et de devenir un trouble à part entière.
Sd complexe, réversible, non spécifique, dynamique, variable, critique.
Ce tb de la conscience de soi souvent décrit de façon métaphorique ou
analogique (" comme si ", " sentiment ou impression de ").
Il ne s'agit pas d'un syndrome délirant : le dépersonnalisé est lucide, il vit
cette expérience ineffable dans un état d'angoisse, de ressenti pénible ; il a
conscience de son trouble ; seule la qualité de sa perception est perturbée
3.5.2-Définition :
Il s’agit d’un trouble subjectif (partiel ou global), discret ou profond
survenant par crises vécues dans l’angoisse comme :
Une altération des sentiments d’être et d’avoir un corps, ou d’être une
personne ayant une identité
Etat dans lequel l’individu ne se reconnaît pas en tant que personnalité
Dépersonnalisation Selon le DSM-5 : C’est « une expérience d’irréalité,
de détachement de soi même ou d’être devenu un observateur
extérieur de ses propres pensées, sentiments, sensation, de son corps ou
de ses actes (ex : altérations perceptives, déformation de la notion du
temps, impression d’un soi irréel ou absent, indifférence émotionnelle,
engourdissement physique»
Déréalisation selon le DSM-5 : Une sensation d’irréalité ou de
détachement du monde extérieur qui ne s’accompagne ni d’illusion, ni
d’hallucination. Les objets et les personnes sont ressentis comme étant
irréels, perçus comme dans un rêve, dans un brouillard, sans vie ou bien
visuellement déformés
3.5.3-Intérêt de la question :
3.5.4-Historique :
Ce concept apparut pour la première fois en Allemagne au XIX S où
Griesinger le pointe chez des dépressifs ; et il suggère qu’il s’agit du
noyau de leurs pathologies.
En 1873 Maurice Krishaber, va décrire des cas présentant un tableau
clinique associant anxiété, asthénie et dépression dont un tiers se plaint
d’une perte du sentiment de réalité, suggérant un dysfonctionnement
sensoriel : C’est la Théorie Sensorielle
Dans le même sens, Wernicke et Foerster, vont suggérer une
composante proprioceptive musculaire à sa pathogénie.
En 1894, Ludovic Dugas donne un nom à ce phénomène
«Dépersonnalisation», souligne aspect lucide: vécu en pleine conscience
Pierre Janet, va rattacher la dépersonnalisation au sentiment
d’incomplétude du psychasthène.
Schilder 1935 parle d’une Théorie Psychodynamique, Il rapporte la DP à
un dysfonctionnement de l’image du corps avec une incapacité à investir
sa libido dans le monde extérieur et dans son propre corps.
Pour Bouvet, c’est une crise consécutive à une perte d’un objet affectif
fondamental, qui semble indispensable au maintien de la structure du Moi.
Et c’est Mayer Gross et Mapother qui vont mettre en évidence la
distinction entre DP et DR, et amorcer l’hypothèse neurobiologique
actuelle qui suppose que c’est un phénomène d’adaptation à un danger,
combinant des réactions renforçant les systèmes d’alerte et d’autres
enrayant la composante émotionnelle potentiellement désorganisatrice.
3.5.5-Epidémiologie :
Selon la NAMI (National Alliance on Mental Illness) 3/4 des personnes
adultes auraient expérimenté un épisode dissociatif transitoire durant leur
vie mais seulement 2% répondent précisément aux critères de DP/DR
Dans la population psychiatrique il en est à 80%, dont 12% sont des
cas sévères et chroniques mais non diagnostiquées
Le sexe ratio est de 1 pour le DP/DR symptôme et de 2.6 F/H pour le
DP/DR trouble.
Du fait de la difficulté de son diagnostic (subjectivité, critères différents)
et de sa cooccurrence avec les autres pathologies psychiatriques,
La dépersonnalisation comme entité psychiatrique isolée et primaire est
rare et sa prévalence reste imprécise
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 19
3.5.6-Analyse sémiologique :
On distingue trois types de dépersonnalisation (la déréalisation, la
désanimation, la désincarnation) souvent étroitement intriqués.
A noter que : La DP a un caractère égodystonique et non délirant, Il n’y a
pas de tb réel de la mémoire ni du sens d’orientation, ni tb de perception
sensorielle, Ce qui donne un caractère « as if » (comme si) à l’expérience.
[Link]-La déréalisation :
Perte des sentiments de réalité et de familiarité, Choses paraissant
artificielles, factices, Personnes perçues bizarres, déformées, étranges
Modification des rapports dans l'espace et l'orientation :
Sentiment que les objets perdent leurs rapports réciproques,
Sentiment être perdu dans l'espace, Impression de ne rien reconnaître.
Sentiment d'une perturbation dans la perception subjective du temps
Perte de la sensation du temps qui s'écoule (le temps est figé).
Sentiment de ne plus vivre au rythme du monde.
Sentiments de déjà vu, déjà vécu, déjà entendu, illusions de fausses
reconnaissances, sentiment de n'avoir jamais vécu situation familière
[Link]-La désanimation :
Sentiment d'étrangeté de soi :
Sentiment de ne plus être soi-même.
Sentiment de perdre sa personnalité, identité, se transformer en autre
Sentiment de transformation de soi :
Sentiment de vide intérieur, d'automatisme, perte de volonté, de liberté
Sentiment de transformation de l'affectivité, de dévalorisation.
Sentiment de dédoublement :
Sentiment d'être spectateur de soi-même. Proximité avec l'autoscopie
Sentiment du néant, d'anéantissement psychique :
Impression d'être à la fois mort/vivant, baisse intensité/énergie de vie
[Link]-La désincarnation (décorporéisation)
Sentiment d'atteinte de l'intégrité corporelle :
Sensation pesanteur majorée de son corps ou au contraire immatériel
Sensation de modifications de densité, volume, forme de son corps.
Sensation séparation entre la personne et son enveloppe corporelle
Localisation prédominantes de l'éprouvé : Cœur : Il ne bat plus/rétréci,
Cerveau : Il est changé, vide, éclaté, Intestins : Ils sont noués, bouchés.
1. déréalisation perte du sentiment de réalité et de familiarité sentiment
d'étrangeté, de déjà vu ou déjà vécu
2. désanimation sentiment d'étrangeté de soi sentiment de
dédoublement sentiment d'anéantissement psychique
3. désincarnation sentiment d'atteinte de l'intégrité corporelle
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 20
3.5.10-Evolution :
Chez le sujet normal, l’expérience est souvent transitoire et fugace.
Le processus de DP n’est pas prévisible et dépend beaucoup du cycle
DP/introspection qu’il faut briser pour retrouver sa conscience. Le cas
échéant l’hallucination et le délire viendront s’installer !
D’ailleurs, des changements de la perception de soi ont pu être considérés
comme étant précurseurs d’expériences psychotiques précoces
3.5.12-Prise en charge :
[Link]-Psychothérapies :
Rechercher facteurs de stress en relation avec l'apparition du trouble
Approches cognitives : bloquer la pensée compulsive concernant irréalité
Technique comportementale : s'engager dans tâches qui détournent DP.
Techniques de prise de conscience de l'ici/maintenant utilisent 5 sens
(en jouant de la musique forte/en plaçant morceau de glace dans la main).
Traitement psychodynamique aide patient à gérer ses pensées négatives,
Le suivi et la nomination de l'affect et de la dissociation à chaque
instant lors des séances de traitement sont efficaces chez certains patients
[Link]-Traitement médicamenteux
Divers médicaments ont été utilisés, mais aucun n'a une efficacité
clairement démontrée.
Cependant, certains patients semblent soulagés par les ISRS,
la Lamotrigine, les antagonistes des opiacés, les anxiolytiques et les
stimulants.
Cependant, ces médicaments fonctionnent largement en ciblant d'autres
troubles psychiatriques (ex., anxiété, dépression) souvent associés à ou
déclenchés par la dépersonnalisation et la déréalisation
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 22
4.3-Troubles de la vigilance :
4.3.1-Troubles quantitatifs
[Link]-Hypervigilance :
augmentation de la vigilance, parfois stérile (avec baisse de la
performance intellectuelle), souvent accompagnée d'une excitation
psychomotrice. Peut être normale (état d'alerte en cas de danger ou de
menace) ou pathologique, comme dans le syndrome maniaque.
[Link]-Hypovigilance : Selon la profondeur de baisse de vigilance, on distingue
Obtusion: somnolence, lenteur de l'idéation, difficultés de compréhension
et de préciser ses idées. Parfois, présence de désorientation temp-spatiale
Hébétude : diminution de la performance intellectuelle caractérisée par
un étonnement et une perplexité. Le patient paraît absent, complètement
détaché de son environnement ;
Obnubilation: engourdissement psy, diff compréhension, distractibilité ;
Confusion: baisse vigilance, fluctuante dans journée, avec désorientation
T.S nette, difficultés de synthèse mentale, amnésie de fixation et onirisme.
Stupeur : diminution profonde de la vigilance caractérisée par :
Ralentissement ou suspension des mouvements volontaires ;
Hypomimie, absence totale d'expression, mutisme, Refus alimentaire
Suspension totale de la synthèse mentale ; Indifférence affective.
Coma : perte totale de la conscience caractérisée par l'absence totale ou
partielle (coma vigile) de la réactivité aux stimulations douloureuses :
Coma dû à une cause somatique : on distingue quatre stades :
o stade I, coma vigile : simple état d'obnubilation, le patient est
facilement réveillé par une stimulation douloureuse légère ou par
une stimulation auditive. Les ROT, cornéens sont présents;
o stade II, coma léger : abolition des relations avec le monde
extérieur, réveil impossible, les réactions aux stimulations
douloureuses sont inadaptées. ROT/cornéen peuvent être conservés
o stade III, coma profond : abolition ROT/cornéens/photomoteurs,
absence de réaction stimulations douloureuses, accompagnée de s.
végétatifs : hyperthermie, tb rythme cardiaque, incontinence,
o stade IV, coma dépassé : hypotonie globale, réactivité nulle avec
abolition des fonctions végétatives : pas de respiration spontanée,
pupilles en mydriase aréactive. C'est le stade de mort cérébrale.
Coma dit psychogène : il s'agit plutôt d'un état de non-réactivité de
courte durée, qui dépasse rarement quelques minutes. Il n'existe aucun
signe neurologique de focalisation, ni de trouble témoignant une lésion
du tronc cérébral : respiration normale, pupilles égales et réactives à la
lumière, résistance à l'ouverture des paupières, fermeture rapide des
paupières au relâchement.
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 24
4.3.2-Troubles qualitatifs :
[Link]-Onirisme ou délire de rêve :
Constitué par l'apparition à l'état de veille d'une succession d'images
presque exclusivement visuelles et d'associations fortuites d'idées, comme
dans le rêve. Le délire est caractérisé par une activité hallucinatoire
particulièrement visuelle. L'adhésion au délire est totale, la charge
affective massive avec des réactions comportementales parfois graves
(rêve agi et vécu). L'intensité du délire évolue par vagues successives.
Troubles perceptifs de l'onirisme :
Hallucinations/illusion visuelle : fantasmatiques, mobiles, terrifiantes,
gigantesques (gulliveriennes) microscopiques (lilliputiennes).
Hallucinations auditives : voix menaçantes/insultantes, bruits divers;
Hallucinations cénesthésiques : piqûres, brûlures, fourmillements ;
Hallucinations olfactives et gustatives.
Thèmes délirants caractéristiques de l'onirisme :
Préoccupations professionnelles : le patient vit ses occupations mais
avec un choix pour les activités pénibles et désagréables.
Zoopsies : visions animaux dangereux, monstrueux, bizarres
Scènes terrifiantes : assassins armés, monstres fantastiques, incendies
[Link]-État oniroïde ou crépusculaire :
Etat proche du rêve avec rétrécissement du champ de la conscience,
sentiment de DR/DP et diminution de la synthèse mentale.
Cet état est marqué par une suspension des activités habituelles avec
conservation des activités relativement coordonnées mais automatiques,
entraînant des tb du comportement parfois graves (fugues, vols, crimes),
vécus avec angoisse importante laissant une amnésie lacunaire de l'accès
[Link]-État second :
Etat de perte de la conscience pdt lequel le sujet est cependant capable
d'accomplir des actes compliqués. L'accès débute et cesse brusquement.
Le patient abandonne tout à coup ce qu'il fait. Il se trouve plus tard dans
un endroit éloigné de son point de départ, ne se rappelant pas comment
s'est effectué ce déplacement. Il est capable de répondre convenablement
aux questions, parfois prend une autre identité.
Le seul élément clinique pouvant attirer l'attention est l'aspect perplexe du
patient. Cette perplexité anxieuse indique l'état de désarroi et le sentiment
d'impuissance psychologique chez le sujet qui semble percevoir son
trouble sans pouvoir lui donner un sens.
L'accès dure de quelques minutes à quelques jours. Revenu à lui, le
patient est étonné. Il n'existe aucun motif à la fugue. Une amnésie
lacunaire portant sur toute la période de l'accès est présente.
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 25
4.3.2-La dépersonnalisation
Trouble de la conscience de soi caractérisé par le sentiment de n'être plus
soi-même. Ce vécu angoissant et pénible peut concerner sa propre
intégrité psychique (désanimation), corporelle (désincarnation), ou
constituer une perte du sentiment de réalité et de familiarité (déréalisation)
4.3.3 - L'hypocondrie
Estimation péjorative de l'état d'intégrité ou de santé de son corps. Les
manifestations peuvent être sous la forme de cénesthopathie simple ou de
préoccupations obsédantes/anxieuses, relever parfois d'un thème délirant.
4.3.4 - La dysmorphophobie
Préoccupations morbides concernant l'apparence corporelle. Conviction
de disgrâces corporelles, douloureuses, angoissantes à l'origine d'une
appréciation fausse et péjorative d'image de partie/ensemble de son corps.
La préoccupation obsédante de la dysmorphophobie porte sur un aspect
du corps (taille, pilosité, forme du nez, oreille) que le sujet estime laid et
inacceptable. Entraîne une demande de soins et de chirurgie esthétique.
Les parties souvent concernées sont le visage, nez, menton, mâchoires, les
oreilles, aussi poids et seins chez femme, la taille et le sexe chez l'homme.
Les symptômes associés sont: des difficultés relationnelles, une tendance
à l'évitement des contacts sociaux, le repli sur soi, l'isolement, l'anxiété,
une tendance dépressive avec péjoration du présent et de l'avenir,
autodépréciation, sentiment de honte, d'hostilité et de malveillance.
4.3.5 - Le vécu délirant
Troubles du vécu corporel pouvant être liés aux tb de perception d'un sd
délirant. Les hallucinations psychosensorielles, en particulier visuelles et
cénesthésiques, peuvent participer à la conviction délirante de
transformation corporelle, déformation, anéantissement, dépossession.
La thématique délirante peut aussi être en rapport avec l'altération du vécu
corporel : thèmes de négation d'organe et d'énormité dans le sd de Cotard
du mélancolique.
4.3.6 - Le vécu dissociatif
Sd de dissociation relevant de la perte de l'unité du Moi, qui s'éprouve
alors comme scindé, divisé, disloqué et non plus comme instance
unificatrice de la personne. Ce sd est souvent à l'origine d'une angoisse
dite de morcellement, pouvant se révéler par la dépersonnalisation. Dans
ce cas l'angoisse de séparation, de néantisation, de morcellement est
particulièrement intense et peut conduire à des gestes et des attitudes
témoignant du vécu morcelé, comme par exemple les longues stations
devant la glace (signe du miroir) où la vision de son image dans le miroir
a valeur de réassurance confirmant d'une certaine façon son unité perdue.
Troubles de la Perception et de la Conscience / Dr OUMAMMAR 27