Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 1
Troubles des conduites alimentaires :
1-Introduction/Historique
2-Anorexie mentale :
2.1-Définition
2.2-Intérêt
2.3-Epidémiologie
2.4-Facteurs déclenchants
2.5-Clinique de l’anorexie mentale
2.6-Diagnostic positif
2.7-Formes cliniques
2.8-Diagnostic différentiel
2.9-Evolution
2.10-Pronostic
2.11-Prise en charge
3-Boulimie :
3.1-Définition
3.2-Epidémiologie
3.3-Signes cliniques
3.4-Diagnostic positif
3.5-Diagnostic différentiel
3.6-Evolution
3.7-Pronostic
3.8-Prise en charge
4-Autres troubles de conduite alimentaire
5-Conclusion
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 2
1-Introduction / Historique :
1.1-Introduction :
L’alimentation est une fonction instinctuelle indispensable à la survie
Elle comporte trois dimensions :
Biologique : apport énergétique et nutritionnel
Psychologique : apaisement de la tension liée à la faim et le plaisir
éprouvé.
Socioculturel : Pratiques familiales et culturelles
Les troubles du comportement alimentaires sont définis par l’existence de
perturbations significatives et durables de la prise alimentaire ayant
comme conséquence une souffrance sur le plan médical, psychique et
social.
La classification DSM5 retient 03 grands TCA :
Anorexie mentale (Anorexia nervosa)
Boulimie (Bulimia nervosa)
Hyperphagie boulimique (Bindge eating disorder)
Autres troubles du comportement alimentaires dits spécifiques (PICA,
Mérycisme, Restriction de l’ingestion d’aliments) et troubles non
spécifiques.
1.2-Historique :
Antiquité : Galien, Avicenne…
17éme siècle : Morton (phtisie nerveuse), Gull (hysteria apepsia), Laségue
(anorexia nervosa).
En 1979 : Article fondateur de Gerald Russel « bulimia nervosa » an
ominous variant of anorexia nervosa : marque le début d’une période
d’intensification des travaux qui met en évidence l’accroissement des
incidences et prévalences des troubles du comportement alimentaires.
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 3
2-Anorexie mentale :
2.1-Définition :
Conduite de restriction alimentaire volontaire dont la sévérité et la
persistance contraste avec l’absence apparente de troubles psychiatriques
majeurs.
Le tableau classique est celui d’une jeune adolescente de 12-20 ans qui
présente une triade symptomatique des 03 A : Anorexie, Amaigrissement,
Aménorrhée.
2.2-Intérêt :
Urgence médico-psychiatrique
Pathologie fréquente
Incidence en augmentation
Morbidité et mortalité importantes
Attitude thérapeutique / planification de suivi
2.3-Epidémiologie :
Prévalence : 0.6% (population caucasienne)
Age de début : 12 – 25 ans
Sex-ratio : prédominance féminine (9F/1H)
Touche les pays développés /milieu aisé
Mortalité : 4 à 10%
2.4-Facteurs déclenchant :
Circonstances de séparation (éloignement du domicile familial pour
études, séjour à l’étranger)
Départ ou disparition d’un proche, rupture sentimentale.
Echec à un examen
Remarques vexantes sur des rondeurs qui complexaient l’adolescente.
Certaines professions : mannequins, danseurs.
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 4
2.5-Clinique de l’anorexie mentale :
2.5.1-Anorexie :
Maitre symptôme
Refus alimentaire volontaire
Survenue progressive
Restriction qualitative / quantitative
Contrôle du poids : vomissements provoqués, purgatifs (laxatifs,
diurétiques, lavements), pratique intensive du sport, potomanie.
Echec à ce contrôle : accès boulimiques
Au final : réduction drastique des repas
2.5.2-Amaigrissement :
Secondaire à l’anorexie
Rapide et spectaculaire : perte de >15% du poids, IMC<17.5 Kg/m².
Banalisé par la patiente
Dissimulé (vêtements amples)
Pesées falsifiées
Modifications corporelles : corps androide, fonte des réserves graisseuses
(seins, hanches, fesses, joues), nez pincé, yeux enfoncés
2.5.3-Aménorrhée :
Primaire ou secondaire
Peut être absente au début, mais complique rapidement l’amaigrissement
Liée au dysfonctionnement hypophysaire, hypo alimentation et/ou
intensité de l’exercice physique
Peut être masquée par la prise d’un oestro-progestatif
Vécue avec indifférence
2.5.4-Symptômes associés :
[Link]-Symptômes du conflit psychique :
Déni du trouble (anosognosie)
Dysmorphophobie
Faible estime de soi
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 5
Préoccupation excessive autour du poids et de l’alimentation (traits
obsessionnels)
Conduites actives de restriction alimentaire
[Link]-Troubles comportementaux :
Hyperactivité physique
Surinvestissement intellectuel
Affectivité bloquée
Sexualité altérée : désinvestie ou hyperactive (rassurement narcissique)
[Link]-Retentissement somatique :
Aspect général cadavérique : visage ridé, joues creusés, yeux enfoncées,
fonte musculaire, effacement des fesses et des seins
Phanères : cheveux secs et ternes, ongles cassants et striés
Peau violacée, froide et moite
Œdèmes de carence : périorbitaires, cheville
Hypertrichose et lanugo
Troubles hydro-électrolytiques : hyponatrémie, hypokaliémie,
hypocalcémie
Insuffisance rénale fonctionnelle
Hypoglycémie
Anémie carentielle (fer, B9, B12)
Troubles cardiovasculaires : hypotension, troubles du rythme
Troubles digestifs : constipation, hypertrophie salivaire, érosion dentaire
Infertilité par absence de cycles
2.6-Diagnostic positif :
Le diagnostic de l’anorexie mentale peut être retenu devant :
La triade symptomatique 3A
Signes spécifiques psychologiques
Signes somatiques de carence
Signes négatifs : -absence de pathologie psychiatrique patente
-absence de pathologie médicale
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 6
Critères diagnostiques DSM5 :
A : restriction des apports énergétiques par rapport aux
besoins, conduisant à un poids significativement bas, inférieur à
la norme minimale pour l’âge et pour la taille
B : peur intense de prendre de poids ou de devenir gros, ou
comportement persistant interférant avec la prise de poids
alors que le poids est significativement bas
C : altération de la perception de la forme ou de la taille du
corps.
N.B : l’aménorrhée n’est plus un critère requis
Dans le DSM5 la sévérité de l’anorexie mentale est définie comme
suit :
Léger si : 17 < IMC < 17.5 Kg/m²
Moyen si : 16 < IMC < 17 Kg/m²
Grave si : 15 < IMC < 16 Kg/m²
Extrême si : IMC < 15 Kg/m²
2.7-Formes cliniques :
2.7.1-forme restrictive pure :
Pas d’accès boulimiques, ni de vomissements provoqués, ni prise de
purgatifs pendant les 03 derniers mois
Trait de personnalité obsessionnelle
2.7.2-forme hyperphagique purgative :
50% des anorexies
Accès boulimiques intermittents (gloutonnerie)
Associés à des vomissements provoqués ou prise de laxatifs, diurétiques
pendant les 03 derniers mois
Pronostic mauvais (complications de vomissements)
2.7.3-forme pré-pubertaire :
Sex-ratio=1, âge 09 à 12 ans
Association : refus alimentaire / comportement hyperactif
Risque de retard staturo-pondéral irréversible
Aménorrhée primaire
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 7
2.7.4-forme masculine :
Plus rare
Isolement social +++
Troubles d’érection et baisse de libido
Souvent liée à une forme de psychose ou à un trouble de personnalité
2.7.5-forme réactionnelle :
Survient après traumatisme : deuil, séparation
Equivalent dépressif
Pronostic favorable
2.7.6-forme tardive :
Au delà de 25 ans
Antécédents d’épisode mineur à l’adolescence passé inaperçu
Décompensation suite à un événement important
Pronostic mauvais : évolution vers la chronicité
2.8-Diagnostic différentiel :
2.8.1-Affections médicales non psychiatriques :
Tumeurs cérébrales : tronc cérébral, craniopharyngiome
Hémopathies : leucémies
Maladies du tractus digestifs : Crohn, sténose antrale, dysphagie
Hyperthyroïdie
Maladie d’Addison
Diabète insulinodépendant
Pan hypopituitarisme
2.8.2-Affections psychiatriques :
Trouble obsessionnel compulsif (peur de contamination)
Trouble psychotique chronique : schizophrénie (délire
d’empoisonnement), forme catatonique (refus alimentaire)
Phobies alimentaires
Syndrome dépressif
Troubles de la personnalité (évitante, obsessionnelle, histrionique)
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 8
2.9-Evolution :
2.9.1-Evolution spontanée : dominée par 02 dangers :
Mort : touche 5 à 9 % des anorexiques due :
Soit au suicide
Soit aux complications de la cachexie (désordre métabolique,
arrêt cardiaque par trouble de conduction, réanimation
parentérale trop rapide)
Chronicité et enkystement du trouble : dans 30% des cas au delà de 05
ans avec survenue de complications :
Désinsertion socioprofessionnelle
Complications somatiques : carentielles, digestives,
immunodépression
Co morbidité psychiatrique : dépression avec risque suicidaire,
phobie sociale, TAG, troubles de comportements
d’automutilation, addictions surtout abus ou dépendance aux
psychotropes
2.9.2-Evolution sous traitement : favorable avec des rémissions partielle/totale
50% à 60% : si l’on considère uniquement la disparition de la triade
symptomatique
30% à 40% : si l’on considère les critères de personnalité : mise à distance
et critique du conflit, les critères d’amélioration de la qualité de vie, la vie
relationnelle et insertion sociale
NB : selon le DSM5:
Rémission partielle : si seulement le critère A n’est pas rempli
et que les critères B et C sont toujours présents
Rémission totale : si tous les critères A, B et C sont absents
2.10-Pronostic :
Un mauvais pronostic est à craindre devant :
Forme à début tardif (ou extrêmement précoce)
Forme masculine
Déni de la maladie (>04ans)
Retard de prise en charge thérapeutique
Perte de poids importante et poids initiale très faible
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 9
Existence de co morbidités psychiatriques
Mauvaise qualité de vie relationnelle et socioprofessionnelle
Comment dépister une anorexie mentale : on utilise le score de
SCOFF-F : N.B : 02 réponses positives sont en prédictives de TCA :
Vous faites vous vomir par ce que vous vous sentez mal d’avoir
trop manger ?
Vous inquiétez vous d’avoir perdu le contrôle sur ce que vous
manger ?
Avez-vous récemment perdu plus de 06 kg en 03 mois ?
Pensez vous que vous êtes grosse alors que les autres vous
trouvent trop mince ?
Diriez-vous que la nourriture domine votre vie ?
2.11-Prise en charge :
2.11.1-Bilan de retentissement :
Bilan clinique : examen clinique complet, avis spécialisés
Bilan para clinique :
Biologique standard : FNS, TP, TCA, glycémie, bilan lipidique,
bilan hépatique, bilan rénal
Ionogramme : kaliémie, natrémie, calcémie, phosphrémie
CRP, albuminémie, protidémie
TSH, T3, T4, LH, FSH
ECG
Ostéodensitométrie
2.11.2-PEC thérapeutique : la plus précoce possible, UMP +++
[Link]-Objectifs :
Ré nutrition et prise de poids incontournables
Traiter les symptômes et co morbidités
Prévention des conséquences somatiques
Projet thérapeutique à long terme
Equipe spécialisée multidisciplinaire
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 10
[Link]-Hospitalisation : signes de gravite de l’anorexie mentale imposant
l’hospitalisation selon la HAS 2011 :
BMI < 14Kg/m²
Epuisement physique ou psychologique, conduite suicidaire
Perte de poids brutale importante, refus alimentaire total
Malaises, troubles de la conscience
Tension artérielle <80/50 mmHg
Fréquence cardiaque <50 ou >90 Bpm
Température <35.5°C
Anomalies de l’ECG
GB<1500, PNN<1000, PLT<50000
Hypokaliémie <3mmol/l
Natrémie <125 ou >150
Insuffisance rénale fonctionnelle
Hypophosphatémie
Cytolyse hépatique, TP <50%
[Link]-Traitement symptomatique :
Séparation avec le milieu familial et habituel : dans un premier temps la
patiente ne reçoit ni visite ni permission
Contrats de poids : planifiant la reprise de poids :
Fixer un poids de sortie de l’isolement
Fixer un poids de sortie d’hospitalisation
Renforçateurs : accorder des libertés en cas de prise de poids
cohérente avec le contrat, retrait des libertés en cas de stagnation
ou de perte pondérale
[Link]-Traitement diététique :
Phase 01 : corriger la dénutrition : plus de 0.5 à 1 Kg /semaine
Progressive et prudente
Par voie naturelle ou par sonde gastrique
Phase 02 : rééducation nutritionnelle et diététique :
Réintroduction des aliments évités
Diversification progressive
Supplémentation en vitamines, oligoéléments
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 11
[Link]-Traitement médicamenteux :
Non spécifique selon les symptomes associés
ISRS ++ (mais hors AMM !)
2.11.3-Psychothérapie :
[Link]-psychothérapie de soutien :
Renforcer le moi
Soutien psychologique, Déculpabilisation
Ne pas juger, ne pas stigmatiser
Faire renaitre les attitudes à éprouver du plaisir
[Link]-la psychoéducation :
Qui consiste à instruire la patiente et sa famille sur sa maladie, et les
stratégies thérapeutiques
[Link]-Thérapies cognitivo-comportementales :
Identification et correction des idées erronées concernant la conduite
alimentaire, et les perceptions corporelles
Conditionnement opérant et système de renforçateurs
Proposer des séances de relaxation pour une meilleure gestion de l’anxiété
[Link]-Approche familiale :
Associer la famille aux décisions thérapeutiques
Les aider à dépasser leur sentiment de culpabilité
Rétablir la communication
2.11.4-surveillance :
Consultation régulière avec contrôle de poids
Dépistage d’une éventuelle rechute anorexique
Dépistage de complication dépressive / anxieuse
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 12
3-La Boulimie :
3.1-Définition :
Bous (taureau), Limos (appétit).
La boulimie est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par
surconsommation alimentaire rapide et incontrôlable de quantités
importantes de nourriture dans un temps limité, pratiquée souvent en
cachette et vécue dans l’angoisse.
3.2-Epidémiologie :
Prévalence vie : 1-1.5%
Sex-ratio : 3F/1H (1.5%F, 0.5%H)
Age: 10-19ans
Terrain: femme jeune d’un niveau social ou intellectuel supérieur à la
moyenne.
Zone urbaine >>> zone rurale
3.3-Signes cliniques :
3.3.1-Facteurs favorisants :
Stress, deuil, rupture sentimentale, changement professionnel
3.3.2-Accès boulimique / crise boulimique : on lui décrit trois phases :
[Link]-Phase prodromique :
Désir intense et une sensation irréductible oppressante et angoissante de
faim.
[Link]-Accès proprement dit :
Absorption d’une quantité anormalement élevée d’aliments en un temps
restreint avec sentiment de perte de contrôle du comportement alimentaire
pendant la crise.
Réalisée en solitaire, plutôt au domicile.
Souvent ritualisée avec les memes aliments (à teneur calorique élevée)
Avec agitation, sueurs, douleurs abdominales
Parfois étalée sur plusieurs heures, enchainement de crises.
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 13
[Link]-Fin de l’accès :
Sentiment intense de honte, culpabilité et remords.
Signes physiques : fatigue intense, somnolence, pesanteur, nausées,
douleurs abdominales.
3.3.3-Comportements compensatoires :
Vomissements provoqués
Prises de laxatifs / diurétiques
Hyperactivité physique
Périodes de restriction alimentaire
3.3.4-Manifestations somatiques :
Fatigue intense, faiblesse
Épi gastralgies (pyrosis), régurgitations
Brulures des muqueuses œsophagiennes et pharyngées
Constipation fréquente / diarrhée après crise
Difficultés d’exonération, prolapsus rectal
Déshydratation, lipothymies, hypotension
Hypertrophie des parotides
Aménorrhée ou cycles irréguliers
Fluctuations rapides du poids autour d’un IMC subnormal
3.3.5-Co morbidités psychiatriques :
Episode dépressif caractérisé
Trouble bipolaire (rare)
Addiction : alcool + boulimie = personnalité borderline
Troubles anxieux et phobie sociale
Tentative de suicide et actes auto agressifs
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 14
3.4-Diagnostic positif : selon le DSM5 :
A : survenue d’épisodes récurrents d’hyperphagie incontrôlée
B : comportements compensatoires pour prévenir la prise de poids
C : au moins une fois par semaine durant au moins trois mois
D : trouble de l’estime de soi, influencée de manière excessive par la
forme et le poids
E : le trouble ne survient pas exclusivement au cours d’une période
d’anorexie mentale
3.5-Diagnostic différentiel :
3.5.1-Causes organiques :
Tumeurs cérébrales : frontales +++
Epilepsie partielle
Syndrome démentiel
Syndrome KLEIN LEVIN (hypersomnie + hyperphagie + hypersexualité)
3.5.2-Causes psychiatriques :
Equivalent dépressif
Trouble de la personnalité type borderline
Hyperphagie boulimique : sans signes compensatoires
3.6-Evolution :
Souvent chronique en absence de prise en charge
La boulimie est une conduite durable qui a tendance à s’auto entretenir et
même à s’auto renforcer
3.7-Pronostic : lié à la durée de la maladie avant prise en charge
3.7.1-Facteurs de mauvais pronostic :
Présence d’une co morbidité psychiatrique
La sévérité initiale du trouble
l’existence de vomissements, l’existence d’une obésité
mauvaise estimation de soi
environnement conflictuel, rigide ou moraliste
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 15
3.7.2-Complications :
[Link]-Somatiques :
liée aux vomissements
hypokaliémie et alcalose
déshydratation extracellulaire
œsophagite peptique : ulcère, gastrite
lésions dentaires, gingivites
[Link]-psychiatriques :
conduites suicidaires
conduites toxicomaniaques
épisode dépressif
3.8-Prise en charge :
3.8.1-Bilan de retentissement :
Bilan clinique : examen clinique complet, avis spécialisés
Bilan para clinique :
Biologique standard : FNS, TP, TCA, glycémie, bilan lipidique,
bilan hépatique, bilan rénal
Ionogramme : kaliémie, natrémie, calcémie, phosphrémie
CRP, albuminémie, protidémie
TSH, T3, T4, LH, FSH
ECG
3.8.2-PEC thérapeutique :
[Link]-Rééducation nutritionnelle :
Restructuration alimentaire, réintroduction des féculents, horaires, repas
préventif de crises, lutte contre les idées anorexiques sous jacentes
Réapprentissage de la diversification et de la pondération alimentaire
Rééducation à la sensation du plaisir alimentaire
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 16
[Link]-Traitement médicamenteux :
Antidépresseur : ISRS agit sur la composante anxieuse et dépressive du
trouble
Traitement substitutif par le potassium en cas d’hypokaliémie
3.8.3-Hospitalisation : indiquée devant les signes de gravité à savoir :
Risque suicidaire élevé
Désordre électrolytique majeur
Echec du traitement en ambulatoire
Recrudescence débordante des accès boulimiques
3.8.4-Psychothérapie : les psychothérapies envisageables :
Psychothérapie de soutien
Thérapies cognitivo-comportementales
Psychoéducation et affirmation du soi
4-Autres troubles du comportement alimentaire :
4.1-Hyperphagie boulimique : Bindge eating disorder
Forme de boulimie sans conduites compensatoires
Complication : obésité +++
PEC : boulimie + prise en charge de l’obésité
4.2-Syndrome d’hyperphagie nocturne : Night eating syndrome
Crise d’hyperphagie survenant quasi exclusivement à l’occasion de réveils
nocturnes
4.3-PICA :
Ingestion répétée de substances non nutritives (terre, peinture) pendant
plus d’un mois, Enfant jeune +++
Etiopathogénie : carence affective ou nutritionnelle, psychoses infantiles,
retard du développement
Complications : occlusion digestive, fausses routes…
Traitement : est celui de la cause + psychothérapie
Régression spontanée à l’adolescence
Troubles des conduites alimentaires / Dr OUMAMMAR 17
4.4-Mérycisme :
Régurgitation et ré ingestion systématique du bol alimentaire pendant plus
d’un mois
Isolé chez l’enfant
Associé aux troubles anorexiques et boulimiques
Complications : déshydratation, dénutrition…
Traitement par techniques comportementales (relaxation)
4.5-Potomanie :
Absorption quotidienne d’une quantité anormalement élevée d’eau
(dizaines de litres), accompagnée d’une polyurie
Pathologie de l’adulte associée fortement aux psychoses chroniques
Principal diagnostic différentiel : diabète insipide
5-Conclusion :
Les TCA sont à prédominance féminine et débutent à l’adolescence
Origine multifactorielle : génétique, biologique, psychologique et
socioculturelle.
Co morbidités psychiatriques très fréquentes
Répercussions médicales qui peuvent engager le pronostic vital
Prévention et prise en charge améliorent le pronostic