EX
POSE FRANCAIS
: MARIAGE FORCE, MANIFESTATION,
CAUSES, CONSEQUENCES ET SOLUTIONS.
Dans sous l’orage de Seydou Badian
CLASSE DE 4ère
CEM DE TOCKY IV/
PROP : Mr NDIAYE
Introduction Solutions au mariage forcé
I/ Manifestations
Conclusion
II/ Les causes du mariage forcé
LES EXPOSANTS :
1/ La sauvegarde des valeurs traditionnelles 2/ 1. MOUSTAPHA MBEGUE 2. SALIOU FAYE
Le poids de l’autorité parentale 3. MOUSTAPHA DIOUF 4. AMATH NIOM
III/ Conséquences du mariage forcé 5. ADAMA BA
1/ L’éclatement de la société en deux camps 6. SIDI FALL
7. SALIOU FALL
opposés 2/ La défiance de l’autorité parentale
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Introduction
Dans Sous l’orage, Seydou Badian aborde le thème central du mariage. Conformément à la
tradition, et dans bien d’autres cas, le chef de famille décide de tout à la place de tous. Le
père, Benfa, est présenté comme un homme dont la forte personnalité impose le respect,
décida de marier sa fille Kany à un riche commerçant Famagan sans l’avis et l’agrément de
cette dernière. A ce sujet, l’auteur étale les divergences de fond qui opposent les anciens,
ancrés dans les valeurs traditionnelles ancestrales et les jeunes, modernistes qui adoptent une
nouvelle manière de penser et d’agir ; le mariage étant un engagement libre, un accord entre
les deux principaux concernés. Ces attitudes contradictoires aux conséquences parfois
désastreuses pour la société africaine constituent également une opposition flagrante entre les
cultures occidentale et africaine.
I/ Manifestations du mariage forcé dans Sous l’orage
Le père, Benfa, est présenté comme un homme dont la forte personnalité impose le respect et
l’admiration, où qu’il soit. Il décida de marier sa fille Kany à un riche commerçant Famagan
sans l’avis et l’agrément de cette dernière, mais conformément à la tradition qui veut que le
chef de famille décide de tout à la place de tous.
Ainsi maman Téné transmet-elle le message du père à sa fille : « Kany, ton père et ses frères
se sont réunis. Ils ont décidé que tu épouses Famagan. Sache donc te conduire en
conséquence. Dans la rue, au marché, partout où tu seras, n’oublie pas que tu as un mari
désormais. Et les gens t’observeront. C’est la parole de ton père »
« - Je n’aime pas Famagan, je n’aime pas Famagan, cria Kany au milieu des sanglots. «
- Mâ ! fit Kany, qui s’était vivement redressée. Pardonne-moi, mais je ne peux être la
femme de Famagan. Faites de moi ce que vous voudrez, je préfère mourir »
En refusant de suivre son père dans sa volonté et sa détermination de « mourir » plutôt que de
céder, Kany a donc lancé un défi à la tradition et bafoué l’autorité paternelle. Elle a refusé
d’obéir à l’ordre de son père et d’écouter les conseils maternels à ce propos.
Devant l’impuissance de sa mère et le durcissement de la position de son père, Kany
n’obtempère pas. Au contraire, en tant que collégienne, elle choisit d’obéir à la logique
cartésienne. Ainsi martèle-t-elle: « Je n’épouserai jamais Famagan. Il se fatigue pour rien.
J’aime Samou et je l’aimerai toujours » (p.75). Déçu par le comportement de sa fille, Benfa
exprime son état d’âme en ces termes: « Je vais les envoyer dès demain, elle et Birama, au
village, chez mon frère Djigui » (p.75).
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II/ Les causes du mariage forcé
1/ La sauvegarde des valeurs traditionnelles
Pour les vieux, le passé n’est pas seulement un trésor à garder jalousement, mais aussi un
point de référence, un moment précieux qui doit impérativement servir d’exemples aux
générations présentes et à venir parce qu’il est plein d’enseignements édifiants. Garants de la
sagesse ancestrale et soucieux de sauvegarder l’héritage des ancêtres, les vieux refusent tout
changement en matière de mariage. Ils veulent préserver et respecter les instructions de leurs
ancêtres tout en refusant que leur progéniture enfreigne les normes existantes.
Concernant le mariage de Kany, les vieux insistent: « C’est nous qui décidons, comme il est
d’usage. C’est à Kany de suivre. Depuis que le monde est monde, les mariages ont été faits
comme nous le faisons » (p.54).
A travers ce passage, Seydou Badian place le lecteur devant la conception du mariage selon
les vieux, ici symbolisés par le pronom personnel « nous » renvoyant à une collectivité
distincte.
La fille n’a pas droit à la parole dans la société africaine. Elle est soumise et doit, par
conséquent, rester muette devant la décision prise par les adultes, représentants des ancêtres.
Si le père Benfa s’en est allé jusqu’à menacer de l’exiler et d’arrêter les études de sa fille dont
elle vantait les capacités, c’est que la désobéissance de la fille est considérée comme un
affront inacceptable.
2/ Le poids de l’autorité parentale
En Afrique, les pouvoirs réservés au père par les usages et les coutumes étaient
considérables ; puisqu’il arrivait qu’ils décident seuls du sort de leurs enfants en particulier de
leurs filles. Il convient de noter que selon la tradition en Afrique noire, il relève à la fois du
droit et du devoir du père de bien marier son enfant. C’est un droit en ce sens que, par son
autorité de chef de famille, le père a la prérogative de choisir un époux ou une épouse pour
son enfant.
En principe, le problème du choix ne se pose pas dans la mesuré où l’enfant ne peut pas
refuser le choix de son père sans s’aliéner la tradition et la société que représente l’autorité
paternelle.
Les raisons qui justifient le choix du père se trouvent dans le caractère communautaire du
mariage en Afrique noire où le mariage traditionnel est avant tout une alliance entre deux
familles avant d’être un contrat entre deux individus qui s’unissent. En l’occurrence, le père
ne peut pas marier sa fille à un homme dont il ne connaît pas le statut personnel, car il lui faut
préserver l’honneur de sa propre famille. Il est donc normal qu’il cherche l’alliance d’une
famille amie.
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Ainsi le père Benfa insiste-t-il pour que sa fille épouse Famagan, parce que ce dernier est bien
connu dans la famille et tout le monde s’est renseigné sur lui. En outre, l’intérêt économique
joue un rôle important dans le choix du père. Par exemple, le père Benfa a choisi Famagan
comme époux pour sa fille, non seulement parce qu’il est bien connu de la famille, mais aussi
à cause de ses richesses. Autrement dit, il peut payer la dot et aussi apporter une aide
financière à ses futurs beaux-parents.
Cependant, ce projet de mariage a creusé un fossé entre vieux et jeunes, chaque camp
adoptant une position tranchée par rapport à la célébration du mariage de Kany.
III/ Conséquences du mariage forcé
1/ L’éclatement de la société en deux camps opposés
Pour père Djigui : « Le séjour dans l’eau ne fait jamais d’un tronc d’arbre un crocodile » p.25.
Et le Père Benfa considère que c’est : « parce que les jeunes savent lire et écrire, veulent nous
mener ; j’ai toujours eu des problèmes avec mes enfants qui sont à l’école. Mais cette fois-ci
je leur prouverai que je suis encore en vie » p.159
Le fossé est illustré par Birama qui considère « qu’il n’est pas prudent de manger à plusieurs
dans un même plat » p26. Et il refusa même de boire dans la calebasse commune ce que le
père Benfa n’apprécia guère : « Mon père et le père de mon père ont fait ainsi ; si tu t’en
trouves mal, va-t-en avec les blancs ….. Je t’ai mis à l’école pour que tu saches lire. Je n’ai
jamais voulu que tu deviennes un blanc ».p.26
2/ La défiance de l’autorité parentale
En refusant de suivre son père dans sa volonté et sa détermination de « mourir » plutôt que de
céder, Kany a commis un sacrilège et lancé un défi à la tradition et bafoué l’autorité
paternelle. Elle a refusé d’obéir à l’ordre de son père et d’écouter les conseils maternels à ce
propos. « - Je n’aime pas Famagan, je n’aime pas Famagan, cria Kany au milieu des sanglots.
« - Mâ ! fit Kany, qui s’était vivement redressée. Pardonne-moi, mais je ne peux être la
femme de Famagan. Faites de moi ce que vous voudrez, je préfère mourir.»
Au contraire, en tant que collégienne, elle choisit d’obéir à la logique cartésienne. Ainsi
martèle-t-elle: « Je n’épouserai jamais Famagan. Il se fatigue pour rien. J’aime Samou et je
l’aimerai toujours » (p.75).
Cette opposition ouverte de Kany par rapport à la décision de son père indique qu’elle a une
conception nouvelle du mariage différente de celle de son père. L’instruction reçue à l’école
française lui avait donné des idées nouvelles, en contradiction avec les idées conservatrices du
père Benfa.
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IV/ Solutions au mariage forcé
Ce refus a entraîné la scission de la famille du père Benfa en deux camps opposés défendant
des positions diamétralement opposées.
La décision du père Benfa d’exiler et d’interrompre les études de sa fille, malgré l’amour qu’il
lui voue, est une conséquence de plus de ce mariage imposé par le père Benfa.
Cependant, pour le retour de l’harmonie dans la société, et dans la famille du père Benfa, cet
exil a été un catalyseur ; la sagesse africaine a pris le dessus la volonté des unes et des autres
d’imposer leurs points de vue.
Conclusion
Voilà donc l’orage qui fait se confronter le passé, la tradition, les anciens avec l’avenir, la
nouveauté, la jeunesse. Mais cet orage qui peut se faire dévastateur dans beaucoup de
cultures, dont la nôtre, occidentale, est maîtrisé, dans le roman de Seydou Badian, par la
sagesse africaine. Ce roman, qui fait partie des œuvres à lire dans les écoles moyennes au
Sénégal, permet au lecteur curieux une bonne approche de la tradition africaine.
Source : Sous l’orage – Seydou Badian Kouyaté
Mots clés
Edifiant : Qui édifie par sa valeur, ses qualités, etc., qui exerce par son exemple une influence morale
salutaire
Garant : Qui est caution d'une autre personne, qui répond de sa dette :
Qui, par sa personne, ses qualités propres, atteste de la réalité, de l'authenticité de quelque chose
Tradition : Transmission de doctrines (religieuses, morales, politiques...), de légendes, de faits
historiques de génération en génération. Ce qui est transmis.
Agrément : Qualité par laquelle quelqu'un ou quelque chose plaît, qui les rend agréables, leur donne
de l'attrait
Sacrilège : Est sacrilège celui qui par une action manque de respect ou marque de l'irrespect
volontairement pour ce que d'autres tiennent pour sacré. Ce qu'ils perçoivent comme son crime est
également nommé « sacrilège » et s'il leur paraît délibéré il est appelé « profanation ». ...
Désobéissance : Action de désobéir ; refus de se soumettre à une loi
Réticence : Attitude de quelqu'un qui hésite à dire expressément sa pensée, à donner son
accord Bafouer : Traiter quelqu’un ou quelque chose avec une moquerie outrageante ou dédaig