La rubéole
Objectifs pédagogiques :
• Définir la rubéole
• Citer les 4 principales caractéristiques de l’éruption
• Décrire les 2 principales formes néo-natales
• Enoncer les principes de prise en charge
Plan
1. Généralités
2. Etude clinique
3. Diagnostic
4. Traitement et prévention
Conclusion
1. Généralités
1.1. Définition
La rubéole est une maladie éruptive, contagieuse, endémo-épidémique, immunisante due au
rubivirus.
1.2. Intérêt
Il est dominé par la gravité des embryopathies qu’elle peut déterminer chez la femme
enceinte. De plus, un aspect particulier de la maladie a été décrit par Gregg en 1941.
1.3. Rappel virologique
1.3.1. Agent pathogène
C’est un virus à ARN qui appartient à la famille des togaviridae. Il a été isolé en 1962.
1.3.2. Transmission
Elle est aérienne par les gouttelettes de Flügge
1.3.3. Réservoir de virus
Il est strictement humain et est représenté par :
Sujets atteints de formes inapparentes ou patentes de rubéole acquise
Nouveau-nés atteints de rubéole congénitale
Le virus est retrouvé dans la gorge, le sang et les viscères de l’embryon et du nouveau-né
atteints par la maladie.
La période de contagion va de 7 à 10 jours avant l’éruption à 15 jours après dans la rubéole
acquise et peut aller à 6 mois dans la rubéole congénitale.
Les embryopathies sont secondaires à l’action inhibitrice du virus sur les mitoses avec
comme conséquence des chromosomes présentant de nombreuses cassures. Ceci a été
prouvé par l’inoculation du virus à des cellules embryonnaires.
2. Etude clinique
2.1. Type de description : Rubéole acquise de la 2ème enfance dans sa forme classique
2.1.1. Incubation
Elle est silencieuse et dure 2 semaines, mais peut être prolongée à 3 semaines.
2.1.2. Phase d’invasion
Elle est brève et dure moins de 2 jours. Elle se manifeste par :
- de la fièvre dépassant rarement 39°C
- des courbatures
- un discret enanthème fait de petites tâches érythémateuses situées sur le voile du
palais accompagnées
- d’adénopathies cervicales sensibles à l’examen
2.1.3. Phase d’état
Elle est marquée par l’apparition de l’exanthème. Il s’agit au début d’une éruption
macculeuse d’aspect morbilliforme puis à partir du deuxième jour d’une éruption
scarlatiniforme débutant au visage pour s’étendre sur tout le corps sans ordre ni symétrie.
Cette éruption respecte en général la paume des mains, la plante des pieds et le cuir
chevelu. Elle prédomine au niveau des régions lombaires et fessières et dure 3 à 4 jours. Des
adénopathies satellites accompagnent l’éruption. La fièvre présente n’est présente que le
premier jour de l’éruption.
A la biologie, la NFS montre des anomalies de la lignée blanche à type de leucopénie avec
une plasmocytose comprise entre 5-10%.
2.2. Formes cliniques
2.2.1. Selon l’exanthème :
2.2.1.1. Formes morbilliformes
2.2.1.2. Formes scarlatiniformes
2.2.1.3. Formes frustres inapparentes surtout chez la femme enceinte.
2.2.2. Complications nerveuses :
Elles sont exceptionnelles et réalisent un tableau d’encéphalite dont l’évolution peut être
grave
2.2.3. Polyarthrites
Ce sont des complications de l’adulte et se voit au décours de la phase éruptive.
Elles se manifestent par une atteinte des petites articulations le plus souvent mais toutes les
articulations peuvent être concernées. Elles s’accompagnent sur le plan biologique par une
positivité des facteurs rhumatoïdes.
2.2.4. Complications hématologiques
Elles se manifestent par le purpura thrombopénique qui peut persister pendant 1 mois.
2.2.5. Rubéole congénitale
Il en existe deux formes cliniques : le syndrome de Gregg et le syndrome rubéoleux élargi.
2.2.5.1. Syndrome de Gregg :
Il se manifeste par une embryopathie dont la symptomatologie est fonction de l’âge du
fœtus au moment où apparaît la rubéole chez la mère. Il se manifeste par des atteintes
oculaires, cardiaques, auditives, dentaires et neurologiques.
2.2.5.2. Syndrome rubéoleux élargi :
Il est caractérisé par la présence de virus chez le nouveau-né. Il existe une symptomatologie
postnatale en plus des diverses manifestations telles que :
- Hypotrophie
- Manifestations hématologiques: plaquettes et GR
- Hépatiques
- Osseuses et myocardiques
- Pulmonaires et neurologiques
La létalité est de 20%.
3. Diagnostic
3.1. Diagnostic positif
3.1.1. Diagnostic de la rubéole dans sa forme classique
Il se fait grace à la sérologie. Il est nécessaire de faire la preuve de la séroconversion.
L’interprétation correcte doit comporter 2 prélèvements à 10 jours d’intervalle avec une
ascencion significative du titre des anticorps ou la détection d’Ig M spécifique. Le diagnostic
est très important à poser chez la femme enceinte du fait du risque d’embryopathie.
3.1.2. Diagnostic d’infection fœtale
Il se fait par la recherche d’Ig M dans un prélèvement du sang du cordon sous échographie à
partir de la 22ème semaine.
3.1.3. Diagnostic de rubéole néonatale
Il peut se faire par :
- L’isolement du virus chez le nouveau-né;
- La présence d’Ig M spécifique à la naissance ;
- Une sérologie positive au-delà de 6 mois.
3.2. Diagnostic différentiel
3.2.1. Autres maladies éruptives
3.2.1.1. Rougeole
Dans la rubéole, il n’existe pas de cathare oculo-nasal précédent l’éruption, ni de signe de
Köplick. De plus, la chronologie d’installation de l’éruption est différente.
3.2.1.2. Scarlatine
Elle est souvent précédée d’une angine. De plus, l’éruption est dense sans intervalle de peau
saine et prédomine aux plis de flexion. La desquamation de l’éruption se fait en lambeau au
niveau des extrémités.
3.2.1.3. Mononucléose infectieuse
Au cours de cette affection, l’éruption peut survenir généralement après la prise
d’ampicilline.
3.2.1.4. Toxidermies médicamenteuses
3.2.2. Adénopathies cervicales
3.2.2.1. Mononucléose infectieuse
3.2.2.2. Infections à CMV
3.2.2.3. Primo-infection à VIH
3.2.3. Rubéole congénitale
Elle peut être confondue avec d’autres affections congénitales :
- Toxoplasmose
- Infection à CMV
- Herpès disséminé
- Listériose
4. Traitement
4.1. Traitement curatif
4.1.1. But
- Améliorer la symptomatologie fonctionnelle
- Assurer les grandes fonctions vitales
4.1.2. Moyens et méthodes
- Antalgiques et antipyrétiques
- Corticothérapie
- Réanimation
4.1.3. Indications
- Formes du jeune enfant : antalgiques et antipyrétiques
- Formes hématologiques : antalgiques ett corticothérapie
- Formes néonatales : mesures de réanimation
4.2. Traitement préventif
La vaccination est la seule arme de prévention car la sérothérapie est inefficace. Le vaccin est
vivant atténué, utilisable en une seule injection IM ou SC. Il peut être administré seul
(Rudivax®) ou associé à celui de la rougeole (Rudi-rouvax®) ou encore à l’association
rougeole et oreillon (ROR®). Il confère une immunité stable qui dure 20 ans.
Il existe d’autres mesures préventives en dehors de la vaccination. Il s’agit de la surveillance
des femmes séronégatives pendant le premier trimestre de la grossesse. La démonstration
certaine d’une infection dans le premier trimestre de la grossesse est une indication
d’interruption thérapeutique de la grossesse.
Conclusion
La rubéole est une affection bénigne de l’enfance. La gravité de la maladie réside dans le
risque d’embryopathie qu’elle peut déterminer d’où la nécessité de surveiller les femmes
enceintes séronégatives.