RÉDACTION MÉMOIRE:
PROBLEMATIQUE DU REFUS DE LA PRATIQUE DE TRANSFUSION SANGUINE CHEZ
LES TEMOINS DE JEHOVAH : CAS DE L’EGLISE SALLE DU ROYAUME D’ATTOBAN
INSTITUT INTERNATIONAL POLYTECHNIQUE DES ELITES D’ABIDJAN
Département de Sociologie & d’Anthropologie
MINI-MEMOIRE DE LICENCE
Mention : Sciences de l’Homme et de la Société
Présenté par :
Mlle. Grâce Ornella Bénian KOUASSI
Sous la Direction Scientifique de :
DR Cyrille Bony Aimé YEBOUE
Année Académique 2023-2024
DÉDICACE
Je dédie ce mini-mémoire à mes parents ; à ma marraine ; à mes frères et sœurs, mes mentors ;
ma famille d’alliance ; aux membres du personnel de mon université mention spéciale pour Mr
Herman DAGOUROU pour son dévouement et sa disponibilité.
REMERCIEMENTS
Ce travail est le fruit de la combinaison d’efforts de plusieurs personnes.
Je tiens à remercier mon encadreur Dr Cyrille YEBOUE pour ce mini-mémoire pour sa patience
indéfectible ainsi que son appui pour la rédaction de ce travail. Son soutien, ses compétences et
sa clairvoyance m’ont été d’une aide inestimable.
Je remercie le référent le Dr Siril KOUAMÉ pour son soutien, ses encouragements, ses conseils
et son travail excellent durant ces trois années et qui nous démontré l’importance de la sociologie
dans la société. Sans oublier tous les enseignants, Docteurs ; Maîtres Assistants et Maîtres en
Socio- Anthropologie pour nous avoir dispensé tous ces modules, le partage de leurs expériences
dont nous avons bénéficié et qui ont participé à notre formation et l’ouverture de nos esprits sur
les perspectives en sociologie et son impact social.
Je remercie mes parents pour leurs soutiens et leurs amours inestimables ; également je remercie
aussi mes frères et sœurs, amis(es) qui de près comme de loin ont manifesté beaucoup de soutien
à mon égard. D’autres remerciements s’adressent plus particulièrement
Enfin des remerciements les plus chaleureux vont à l’endroits de tous mes camarades de Licence
3 de Sociologie de l’Institut International Polytechnique des Élites d’Abidjan pour leur présence
dans les bons comme dans les mauvais moments qu’on a passés ensemble depuis le début de
cette aventure universitaire.
SIGLES, ACRONYMES, ABRÉVIATIONS
CAM : Comité d’Affaires Médicales.
CLH : Comité de Liaison Hospitaliers.
ODD : Objectifs du Développement Durable.
OMS : Organisation Mondiale de la Santé.
INTRODUCTION GÉNÉRALE
La transfusion sanguine permet de sauver des vies et d’améliorer la santé, mais de nombreux
patients nécessitant une transfusion n’ont pas accès en temps opportun à du sang sûr. Dans
chaque pays, l’approvisionnement en sang sûr et adéquat devrait faire partie intégrante de la
politique et de l’infrastructure nationales en matière de soins de santé.
L’OMS recommande que toutes les activités liées à la collecte, à l’analyse, au traitement, au
stockage et à la distribution du sang soient coordonnées au niveau national grâce à une
organisation efficace et à des réseaux intégrés d’approvisionnement en sang. Le système national
du sang devrait être régi par une politique nationale et un dispositif réglementaire spécifiques afin
de promouvoir la mise en œuvre uniforme des normes et d’assurer la qualité et la sécurité
constantes du sang et des produits sanguins.
En 2018, 73 % des pays ayant communiqué des données, soit 125 pays sur 171, étaient dotés
d’une politique nationale de transfusion. Globalement, 66 % des pays ayant communiqué des
données, soit 113 sur 171, se sont dotés d’une législation spécifique portant sur la qualité et la
sécurité de la transfusion sanguine. Parmi eux : 79 % sont des pays à revenu élevé ; 63 % des
pays à revenu intermédiaire et 39 % des pays à revenu faible.
L'ODD 3: <<permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout
âge>>
A été attesté comme le troisième objectif essentiel dans l’ensemble des 17 objectifs du
développement Durable établis par les membres des Nations Unies.
La question du refus de soin est largement considérée comme un des problèmes éthiques les plus
importants auquel les médecins et hôpitaux doivent faire face. Un des refus de soin les plus
notables est le refus de transfusion sanguine par les patients Témoins de Jéhovah. Leur foi leur
ordonne de s'abstenir du sang, et certains préfèrent dès lors mourir plutôt que de renoncer à la vie
éternelle auprès de Jéhovah. La Communauté des Témoins de Jéhovah fait cependant souvent
l’objet de critiques et de soupçons quant à un soi-disant endoctrinement de ses adeptes. On peut
donc se demander si l’exigence du consentement libre et éclairé est réellement respectée lors du
refus de transfusion sanguine. La doctrine jéhoviste du sang met le médecin dans une position
très délicate : il a en effet, en tant que praticien de soin, le devoir de fournir le meilleur soin
possible à ses patients, ce qui peut l’amener dans des situations critiques à administrer une
transfusion sanguine. Mais parallèlement, il a aussi le devoir de respecter l’autonomie du patient
et sa liberté fondamentale d’exercer son droit de refus de soin, droit consacré par la loi du 22 août
2002 relative aux droits du patient.
En Côte d'Ivoire, comme ailleurs dans le monde, la communauté des Témoins de Jéhovah adhère
fermement à cette croyance, influençant de manière significative leur itinéraire thérapeutique et
les décisions médicales.
L’église Salle du Royaume d’Attoban, représentant un groupe important de Témoins de Jéhovah
à Abidjan, illustre bien ces enjeux. Le refus de la transfusion sanguine y est non seulement une
question de foi, mais également un défi pratique quotidien pour les membres de cette
communauté et les professionnels de santé qui les prennent en charge. Ce refus, malgré les
avancées médicales et les options thérapeutiques disponibles, entraîne des conséquences sur la
qualité des soins, la gestion des urgences médicales et le rapport entre les équipes soignantes et
les patients.
Ce travail de recherche a pour objectif de répondre aux questions fondamentales suivantes : Dans
le dilemme entre le respect de l’autonomie du patient et la sauvegarde de sa vie, comment le
médecin peut-il faire un choix éclairé ? Est-il possible d’impliquer la Communauté des Témoins
de Jéhovah en vue de faciliter le processus de prise de décision ? Que peut faire le corps médical
afin d’améliorer la prise en charge des patients Témoins de Jéhovah ?
CHAPITRE 1 : CADRE THÉORIQUE
I-1. JUSTIFICATION DU CHOIX DE SUJET
La justification du choix du sujet est une étape cruciale dans la rédaction d'un mémoire car elle
permet de démontrer la pertinence et la valeur de la recherche entreprise. Pour le sujet
"Problématique du refus de la pratique de transfusion sanguine chez les Témoins de Jéhovah :
Cas de l’église Salle du Royaume d’Attoban", la justification peut être élaborée autour de
plusieurs axes : personnel, social et scientifique.
I-1-1. Pertinence d’ordre personnel
Choisir de traiter la problématique du refus de la transfusion sanguine chez les Témoins de
Jéhovah, et plus précisément dans le cadre de l’église Salle du Royaume d’Attoban, repose sur
plusieurs motivations personnelles qui rendent cette recherche particulièrement significative pour
moi.
- Intérêt pour l'Interaction entre Religion et Médecine
Depuis longtemps, je suis fasciné par la manière dont les croyances religieuses influencent les
décisions médicales et le parcours thérapeutique des individus. La religion et la médecine sont
deux domaines qui ont un impact profond sur la vie des personnes, et comprendre comment ils
interagissent est crucial pour moi. En choisissant ce sujet, j'ai l'opportunité d'explorer cette
interaction complexe de manière approfondie.
- Expérience Personnelle
Ayant grandi dans une société où les croyances religieuses sont fortement ancrées, j'ai été témoin
de nombreuses situations où la foi influence les décisions de santé. Cette expérience personnelle
m'a sensibilisé à l'importance de respecter les convictions religieuses tout en cherchant des
solutions médicales adaptées. En étudiant les Témoins de Jéhovah, je peux approfondir cette
compréhension et contribuer à une meilleure gestion de ces cas dans le contexte médical.
- Contribution Académique et Originalité
La problématique spécifique des Témoins de Jéhovah à l’église Salle du Royaume d’Attoban est
peu étudiée dans la littérature existante. En choisissant ce sujet, je souhaite combler un vide
académique et apporter une perspective originale et locale à une question globalement pertinente.
Cela me motive à mener une recherche rigoureuse et innovante qui puisse servir de référence
pour d'autres études et initiatives similaires.
I-1-2- Pertinence d’ordre Social
Le choix d’étudier "La problématique du refus de la pratique de transfusion sanguine chez les
Témoins de Jéhovah : Cas de l’église Salle du Royaume d’Attoban" présente une importance
sociale significative, que l’on peut articuler autour de plusieurs axes :
- Impact sur la Communauté
Les Témoins de Jéhovah représentent une communauté religieuse bien implantée en Côte
d'Ivoire, notamment à Attoban. Comprendre les implications de leur refus de transfusion
sanguine permet de mieux appréhender les besoins et les défis spécifiques auxquels cette
communauté est confrontée. Cela peut aider à promouvoir une meilleure cohésion sociale et une
compréhension mutuelle entre les membres de cette communauté et le reste de la société.
- Promotion de la Tolérance et du Respect des Croyances Religieuses
Étudier ce sujet permet de sensibiliser le grand public, les professionnels de la santé, et les
décideurs politiques à l'importance de respecter les croyances religieuses dans le cadre des soins
de santé. En mettant en lumière les motivations et les justifications derrière le refus de la
transfusion sanguine, cette recherche peut contribuer à promouvoir une culture de tolérance et de
respect des différences religieuses.
- Réduction des Conflits et des Malentendus
Le refus de la transfusion sanguine peut souvent être mal compris, menant à des conflits et des
tensions entre les patients, leurs familles et les professionnels de santé. Cette étude aide à clarifier
les raisons de ce refus et à proposer des solutions pour gérer ces situations de manière pacifique
et constructive. Cela peut réduire les malentendus et améliorer la communication entre les
différentes parties prenantes.
- Amélioration des Soins de Santé Adaptés aux Besoins Religieux
En explorant les alternatives médicales et les ajustements nécessaires pour traiter les Témoins de
Jéhovah refusant les transfusions sanguines, cette recherche peut contribuer à améliorer la qualité
des soins de santé offerts à cette communauté. Les résultats peuvent guider les établissements de
santé dans la mise en place de protocoles et de pratiques plus inclusifs et respectueux des
croyances religieuses, garantissant ainsi un accès équitable aux soins pour tous.
- Renforcement des Politiques de Santé Publique
Les résultats de cette étude peuvent informer les politiques de santé publique en Côte d'Ivoire en
mettant en évidence les besoins spécifiques des patients refusant les transfusions sanguines pour
des raisons religieuses. Les décideurs politiques peuvent utiliser ces informations pour élaborer
des politiques et des programmes de santé plus inclusifs et adaptés aux diverses croyances
religieuses présentes dans le pays.
I-1-3- Pertinence d’ordre scientifique
Malgré les progrès de la médecine des études ainsi que des rapports importants réalisés dans
plusieurs pays relèvent des constats forts inquiétant concernant l’impact de la religion sur la
santé.
Dans certains pays comme la France, lors d’une intervention nécessitant une transfusion
sanguine, il est demandé au médecin de la pratiquer et de sauver la vie du patient quel qu’en soit
l’avis de celui-ci ainsi que ses convictions ou appartenances religieuses, sociales, morales…
Il y’a des écrits scientifiques qui ont démontré qu’il existe un problème relatif à ce niveau.
C’est le cas de Jean Jacques LEFRERE, Philippe ROUGER, dans leur livre intitulé
TRANSFUSION SANGUINE, (2015). La transfusion sanguine est une discipline médicale et
scientifique à fort caractère transversal, où s'associent nombre de métiers et de spécialités
cliniques et biologiques. A travers cet ouvrage ils permettent aux médecins et aux biologistes de
trouver toutes les réponses sur les aspects scientifiques, médicaux et pratiques les plus variés du
don de sang et de la transfusion sanguine. Il aborde les principes généraux de la transfusion ; les
différents produits sanguins et leurs indications ; les complications de la transfusion et leur
prévention ; les situations cliniques auxquelles tout médecin peut être confronté ; le système
d'hémovigilance ; les progrès des biotechnologies et le développement de nouveaux produits
sanguins d'origine non humaine ; la sociologie de la transfusion est si importante pour une
discipline basée sur l'éthique et le bénévolat des donneurs.
Citons également, Jean-François PICARD et William H. SHNEIDER dans L’HISTOIRE DE LA
TRANSFUSION SANGUINE DANS SA RELATION À LA RECHERCHE MÉDICALE,
page3-17 publié par Vingtième Siècle, (1996).
L’histoire de la transfusion sanguine traverse le vingtième siècle à la manière d’un révélateur
scientifique, politique et social.
Les auteurs mettent en relief les enjeux, politiques, internationaux de la recherche médicale et le
poids des mentalités. Pour une approche globale d’un objet de l’histoire des sciences. Il est
d’intérêt scientifique d’accorder un regard plus profond sur ce phénomène social et d’en évaluer
la portée.
I-2- PROBLÉMATIQUE
1-2-1- PROBLÈME
L’impact de la pratique de refus de la transfusion sanguine sur l’itinéraire thérapeutique des
Témoins de Jehovah.
1-2-2- QUESTION DE DÉPART
En quoi le refus de transfusion sanguine impacte l’itinéraire thérapeutique des Témoins de
Jehovah ?
1-2-3- QUESTIONS SUBSIDIAIRES
- Quels sont les facteurs qui expliquent le motif de refus de la transfusion sanguine chez les
témoins de Jehovah ?
- Quelles sont les pratiques thérapeutiques des témoins de Jehovah en cas de besoin en
transfusion sanguine ?
- Quelles sont les répercussions liées au refus de la transfusion sanguine sur l’itinéraire
thérapeutique des témoins de Jehovah ?
I-3- HYPOTHÈSE
I-3-1- Hypothèse générale
Le refus de transfusion sanguine impacte l’itinéraire thérapeutique des Témoins de Jehovah.
I-3-2- Hypothèses spécifiques
- Les facteurs qui expliquent le motif de refus de la transfusion sanguine chez les témoins
de Jehovah sont en relation avec des croyances religieuses, des facteurs culturels, sociaux,
et psychologiques
- Les pratiques thérapeutiques des témoins de Jehovah en cas de besoin en transfusion
sanguine sont liées à des pratiques thérapeutiques alternatives, telles que l'utilisation de
techniques médicales sans transfusion
- Les répercussions liées au refus de la transfusion sanguine sur l’itinéraire thérapeutique
des témoins de Jehovah sont en lien avec une prolongation des hospitalisations, une
augmentation des coûts médicaux, et des tensions entre les patients, leurs familles, et les
équipes médicales.
I-4- OBJECTIFS DE RECHERCHE
I-4-1- Objectif général
Cette étude vise à comprendre et analyser l’impact de la pratique de refus de la transfusion
sanguine sur l’itinéraire thérapeutique des Témoins de Jehovah.
1-4-2- Objectifs spécifiques
De manière singulière, il s’agit :
- D’identifier les facteurs du refus de la transfusion sanguine chez les témoins de Jehovah.
- De présenter les pratiques thérapeutiques des Témoins de Jehovah en cas de besoin en
transfusion sanguine.
- D’évaluer les répercussions du refus de la transfusion sanguine sur l’itinéraire
thérapeutique des témoins de Jehovah.
I-5- REVUE DE LA LITTÉRATURE
Les recherches bibliographiques et les lectures ont permis de classer les travaux déjà réalisés dans
le domaine de la transfusion sanguine et de la sacralisation du sang par les religions ainsi que ses
implications dans plusieurs domaines. Dans la première partie nous verrons l’enjeu social de la
transfusion sanguine.
La deuxième partie nous montrera les pratiques thérapeutiques des témoins de Jéhovah face à un
cas nécessitant une transfusion sanguine.
La troisième partie tournera autour des répercussions pour pallier à cette problématique relative
au refus de la transfusion sanguine chez les témoins de Jéhovah.
Notre revue critique de la littérature va tourner autour de quatre points :
* Approche sociale de la transfusion sanguine.
* Approche thérapeutique de la transfusion sanguine
* Approche religieuse de la transfusion sanguine.
* Approche éthique du personnel médical.
1-5-1- Approche sociale de la transfusion sanguine.
Derrière tout fait social, il y a de l’histoire, de la tradition, du langage et des habitudes. [...] Il faut
en retenir que le sociologue doit sentir toujours qu’un fait social quelconque, même quand il
parait neuf et révolutionnaire, par exemple une invention, est au contraire tout chargé du passé. Il
est le fruit des circonstances les plus lointaines dans le temps et des connexions les plus multiples
dans l’histoire et la géographie. Il ne doit donc jamais être détaché complètement, même par la
plus haute abstraction, ni de sa couleur locale, ni de sa langue historique. » Marcel Mauss, 1924
[1950] (p. 288).
Titmuss (1971, 1997) considérait le don de sang comme le plus beau symbole du don aux
étrangers, un don qui irriguait, en un sens, le tissu social. En ce qu’il se rapproche de la plus
ancienne et plus communément partagée idée du don - le don de vie – le don de sang est la
manifestation la plus symboliquement complexe des dons modernes. En effet, le don de sang est
également un don de soi, qui implique beaucoup plus qu’un don de temps, eu égard à la chose
donnée. S’il est un domaine où, a priori, celle-ci doit être différenciée du don lui-même, et de sa
finalité (la transfusion), c’est bien celui du don de sang. Cette chose donnée, le sang, apparaît
comme un élément surdéterminé historiquement et symboliquement. Pour autant, un certain
nombre de significations accordées au sang n’apparaissent pas toujours pertinentes, dans un
contexte déterminé, celui du don de sang contemporain. C’est pourquoi un rappel historique des
symboliques attachées au sang et à son passage d’un corps à un autre semble nécessaire à la
compréhension de la complexité de la pratique actuelle du don de sang.
1-5-2- Approche thérapeutique de la transfusion sanguine.
La transfusion sanguine est une activité médicale unique qui crée un lien direct et fort entre le
sain et le pathologique. Cette particularité qu’elle partage avec la transplantation et la greffe,
nécessite une approche sécuritaire importante qui repose sur des bases concrètes et variées.
La transfusion sanguine repose sur le concept de la chaîne transfusionnelle. Ceci implique une
prise en compte de l’ensemble des activités de la médecine transfusionnelle. La chaîne
transfusionnelle implique une prise en compte de l’ensemble des activités de la médecine
transfusionnelle qui vont de la promotion du don au suivi des malades transfusés.
La transfusion sanguine est une discipline aux confins de l’hématologie et de l’immunologie :
elle implique la médecine, la biologie, la bio-industrie et la sociologie ; elle repose sur l’éthique.
La transfusion sanguine consiste à administrer le sang ou l’un de ses composants (globules
rouges, plaquettes, granulocytes, plasma, protéines) provenant d’un ou plusieurs sujets appelés «
donneurs », à un ou plusieurs sujets malades appelés « receveurs ».
L’élaboration de produits cellulaires dits labiles, nécessaires au traitement des malades, n’est
possible que par la mise en œuvre d’une chaîne de solidarité dont le premier maillon est constitué
par les donneurs de sang bénévoles.
La mise à disposition des produits doit obligatoirement répondre à des règles de bonnes pratiques
transfusionnelles : prélèvement, préparation, qualification biologique, distribution et indications
cliniques. Le respect de ces règles est une nécessité absolue.
L’Etablissement Français du Sang prépare des produits sanguins labiles de qualité répondant à
des normes précises et participe à l’approvisionnement en plasma au Laboratoire Français du
Fractionnement et des Biotechnologies (LFB) pour la production de produits stables.
Le plasma permet la préparation d’albumine, de facteurs de coagulation et d’immunoglobulines.
La sécurité du patient en transfusion sanguine dépend à la fois de la sécurité des produits
sanguins et de la sécurité du processus clinique de la transfusion; un processus qui comprend
toute une série d’étapes interdépendantes, incluant la prescription et la commande de produits
sanguins ; l’identification du patient ; la collecte et l’étiquetage des échantillons de sang du
patient ; les tests de compatibilité pré transfusionnels et la délivrance du sang ; la collecte et le
transport des unités de sang à l’intérieur de l’hôpital ; la manipulation des unités de sang dans le
service clinique ; l’administration du sang ; la surveillance du patient ; et la prise en charge des
effets indésirables de la transfusion.
Un déroulement clinique approprié et correct de la transfusion garantit la sécurité du patient et
contribue à améliorer son état de santé et sa survie. Cependant, la transfusion comporte un risque
d’effets indésirables, incluant les erreurs, les réactions transfusionnelles et la transmission
d’infections. La cause la plus importante de réactions transfusionnelles graves et de décès est la
transfusion sanguine inappropriée due à des erreurs durant le déroulement clinique de la
transfusion, comme la mauvaise identification des patients, des échantillons de sang ou des unités
de sang ; des erreurs d’échantillonnage et d’étiquetage
; des erreurs de laboratoire ; des erreurs administratives ; un stockage et une manipulation
inappropriés du sang ; l’absence de contrôle ultime au lit du malade avant l’administration de
sang ; et l’absence de surveillance du patient pendant la transfusion.
Les erreurs durant le processus clinique de transfusion peuvent être évitées en renforçant les
systèmes et les processus hospitaliers de transfusion en clinique, en assurant la formation des
personnels hospitaliers et en appliquant des procédures normalisées tout au long du processus
clinique de transfusion.
1-5-3- Approche religieuse de la transfusion sanguine.
Le don de sang, comme le don d'organe, sont autorisés par les religions selon des conditions
précises. Mais certaines y restent fermement réticentes.
Présents dans toutes les religions, l’aide et le secours portés à son prochain voire le fait de lui
éviter la mort sont un commandement qui ne fait pas débat. Dans cette perspective, sauver une
vie en donnant son sang, ou même l’un de ses organes, devrait aller de soi. En réalité, la
démarche est plus complexe et se heurte à des réticences plus ou moins vives selon les croyances.
Face à cela, la parole de l’infirmier doit rester professionnelle et neutre. En revanche, il peut être
conseillé au patient ou à ses proches à rechercher l’avis d’un religieux (ministre du culte de
référence, aumônier de leur religion de l’établissement de soins) sans nécessairement s’en
remettre préalablement à sa hiérarchie, puisque cela relève du droit des patients.
Selon l’Ancien Testament, le sang contiendrait l’âme de toute créature vivante. Aussi le judaïsme
comme de nombreuses Eglises chrétiennes proscrivent de se nourrir de sang d’où les
prescriptions liées à l’égorgement des animaux et aux modes préparatoires avant cuisson. Quant à
l’islam, il défend la consommation de sang sans que le Coran n’en précise les raisons. Si les
chrétiens ne s’interdisent pas la transfusion sanguine, les juifs se l’autorisent en cas de force
majeure, se refusant de décliner tout traitement si cette attitude risquait d’entraîner décès ou
atteinte à l’intégrité physique ou mentale, quitte à enfreindre le commandement divin de
commettre un meurtre. De même pour les musulmans : “ lorsqu’il y a besoin urgent ; c’est-à-dire
lorsqu’un médecin compétent craint pour la vie de son patient et qu’il n’existe pas d’autres
moyens pour sauver la vie du patient en dehors de la transfusion sanguine. La transfusion
sanguine est également permise lorsque la vie du patient n’est pas en danger mais que, à l’avis du
médecin, le patient ne peut guérir sans la transfusion. Il est préférable de ne pas faire appel à la
transfusion quand on a des doutes sur l’efficacité de la transfusion dans la guérison du patient. La
transfusion sanguine n’est pas permise lorsque le but est uniquement d’améliorer sa santé ou
lorsque c’est pour des raisons d’esthétique” (Mohsin Ibrahim).
Pour l’animisme, le sang des ancêtres est le siège de la spiritualité, le lien d’une même
communauté sur plusieurs générations, permettant à tout individu d’entrer en relation avec les
divinités. Il est si précieux qu’il doit toujours rester caché des yeux et qu’il ne faut jamais le
verser (blessure, meurtre) Sa perte, même partielle (prise de sang), pourrait fermer l’accès au
monde des ancêtres après le décès de l’individu et lui interdire sa renaissance dans le monde des
vivants. Quelques gouttes suffisent pour posséder l’âme de l’individu et lui jeter des
malédictions. On peut aisément comprendre pourquoi la transfusion a rarement les faveurs des
Africains : “quand on a besoin de recevoir du sang, ça ne peut venir que de sa famille”. Pour le
patient guinéen qui a prononcé ces paroles, une simple prise de sang le mettrait en péril, une
véritable angoisse de mort l’anime malgré les propos se voulant rassurants de l’IDE. Se référant
aux termes bibliques selon lesquels le sang contiendrait l’âme de tout individu, les Témoins de
Jéhovah proscrivent la transfusion sanguine et ses composés majeurs (concentrés érythrocytaires,
leucocytaires, plaquettaires, plasma) comme les transfusions autologues, les considérant comme
une consommation parentérale de sang. Les produits de fractionnement du plasma sont
susceptibles d’être admis par certains d’entre eux comme l’hémodilution normovolémique aiguë,
la dialyse, la circulation extracorporelle ou la récupération du sang épanché. Pour la grande
majorité, ils maintiennent leur refus de soins en toute situation, même critique. C’est la seule
communauté ayant une opposition aussi formelle à la transfusion sanguine. A noter, pour le
mineur, que l'on peut passer outre l’interdiction parentale et la faire pratiquer en faisant appel à
l’administrateur de garde sur avis médical.
Les Témoins de Jehovah, perçoivent les versets bibliques comme des règles à suivre interdisant la
transfusion de sang complet, plasma, leucocytes et plaquettes. Ils s’opposent à la collecte
anticipée de leur sang pour une utilisation différée, puisque le sang sorti du corps doit être versé à
la terre. Ils acceptent les dispositifs de circulation extracorporelle s’ils sont amorcés avec des
produits non sanguins et reliés en permanence au patient.
Pour le catholicisme, le don d’organe est l'une des formes les plus éloquentes de la fraternité
humaine selon les Evêques de France et “n’apparaît pas comme une profanation s’il respecte la
volonté exprimée (ou présumée) du défunt, la sauvegarde de la dignité du corps du défunt et par
déférence des droits et des sentiments de ceux auxquels revient le soin du cadavre, en premier
lieu de la famille”. Si le protestantisme, fidèle à l’enseignement du Christ pour le don de soi,
n’oppose aucune objection au don d’organes, l’Eglise orthodoxe préfère s’en écarter : la mort
étant synonyme de naissance dans la vie spirituelle, le défunt doit y parvenir avec un corps non
mutilé. La transplantation de moelle osseuse peut être tolérée par des Témoins de Jéhovah, le
greffon étant considéré comme un tissu. Le recours quasi systématique à une transfusion
postopératoire rend hésitante la majorité des fidèles à recourir à tout autre don d’organe. Parce
que l’hindou a le devoir de conserver son corps tel qu’à sa naissance, l’hindouisme s’oppose au
don d’organes, considérant déjà comme une véritable punition toute ablation chirurgicale,
transfusion sanguine ou pose de prothèse interne au cours de l’existence : seul un corps indemne
peut s’offrir aux divinités au moment de la crémation funéraire et prévaloir à la meilleure
réincarnation possible.
Pour le bouddhisme, toute intervention sur le corps pendant les trois jours suivants la mort
clinique peut interférer sur la réincarnation de l’être car l’âme du défunt n’a pas forcément quitté
le corps physique lors du dernier souffle de vie. Ce point explique pourquoi la majeure partie des
bouddhistes se prononce contre le prélèvement d’organes. Dans le cas d’un patient donneur
potentiel, l’équipe doit accepter qu’un proche, avant l’acte chirurgical, pose sa main sur le haut
du crâne pour engager l’esprit à quitter le corps par sa partie supérieure.
En Afrique, le don d’organes n’est pas ou peu développé en raison des moyens nécessités et des
croyances locales, qui ne l’encouragent aucunement.
1-5-4- Approche médicale de la transfusion sanguine
Dans le domaine médical, du fait de l’héritage hippocratique et galénique, le dérèglement du sang
fut longtemps perçu comme la cause de toutes les maladies (Rousseau, 2005), physique ou
psychique (Bodiou, 2004). Pour rééquilibrer les différentes humeurs, et remédier aux troubles du
tempérament, la saignée se posa donc naturellement comme remède universel en occident jusqu’à
la fin du XVIIIe siècle, date de la remise en cause officielle de la théorie des humeurs. C’est en
réalité à partir de la découverte faite par William Harvey en 1628, de la double circulation du
sang que les critiques à l’égard des quatre éléments primordiaux vont s’intensifier et, nourries des
découvertes scientifiques de l’époque, orienter les nouvelles conceptions vers des approches plus
physiologistes et matérialistes. Sans cette découverte, l’idée même de transfusion n’aurait pu
détrôner celle de la saignée, et si les expériences d’injections intraveineuses sont relatées par de
nombreux écrits médicaux anciens, elles sont, jusqu’en 1666, uniquement appliquées aux
animaux.
À cette date en France, Jean-Baptiste Denis tente l’injection du sang de veau directement dans le
corps d’un homme (Pinet, 2004). Trouvant des échos favorables dans la communauté des
scientifiques de l’époque, il ouvre alors la porte à l’expérimentation de la transfusion sanguine,
mais cette fois, d’homme à homme, et réalise en 1667 la transfusion d’un jeune malade.
L’expérience est un succès. Cependant, les techniques et connaissances balbutiantes conduisent à
la mort de certains transfusés et à l’interdiction de la pratique des transfusions interhumaines. Si
les critiques élevées à l’encontre de la pratique de la transfusion se basent, certes, sur la théorie
des humeurs, elles sont surtout liées au fait qu’à l’époque, le sang est encore considéré comme un
concentré des caractères de l’organisme et des caractéristiques propres à l’individu duquel il est
tiré. La transfusion sanguine conduirait donc à l’incorporation des caractères vitaux du donneur.
Ainsi s’inquiète-t-on, par exemple, du fait de transfuser du sang de taureau à un homme, qui
pourrait alors épouser les spécificités de l’animal, et perdre ainsi son humanité comme son
identité. On va même jusqu’à redouter que des cornes ne poussent à des transfusés ayant reçu du
sang de veau (Rousseau, 2005). Ceci vaut évidemment pour les transfusions d’homme à homme,
dans lesquelles le malade, en recevant le sang du donneur, reçoit également ses qualités, ses vices
et ses passions.
Cependant, au cours du XIXe siècle, le développement des connaissances et des techniques
transfusionnelles interroge la validité des conceptions antiques et religieuses associées au sang.
Le sang est, en Occident, historiquement toujours porteur d’hérédité, transmission des valeurs, et
lié aux destins des familles, mais il devient dans le même temps principe thérapeutique, utile
médicalement et technicisé. C’est en réalité à partir du début du XXe siècle que la découverte par
Landsteiner (en 1901) des groupes sanguins permet de passer d’une transfusion approximative à
une transfusion « technique ». Cette révolution passa pourtant pratiquement inaperçue, jusqu’à ce
que la Première Guerre mondiale entraîne avec elle l’augmentation du nombre de transfusions sur
le front, leur technicisation avancée par l’introduction du citrate de sodium comme anti-coagulant
(Pinet, 2004), et l’organisation du recrutement des donneurs.
Le sang a toujours fasciné les humains. La perte de sang accompagnant souvent la perte de vie,
on a de tous temps tenté de restituer sinon la vie, du moins la vigueur avec du sang.
Des progrès décisifs ont été obtenus en 1628 avec la découverte par Harvey de la circulation
sanguine et, plus tard, de la voie intraveineuse.
Dès lors, de multiples essais de transfusions ont été tentés :
Avec du sang d’animaux, amenant les catastrophes qu’on imagine ÿ et avec du sang humain, avec
des succès inégaux.
Exemple de cas : En Février 2018, à Abidjan (Côte d’Ivoire) au chu de Cocody, décès d’une
esthéticienne membre de la communauté Témoins de Jéhovah pour refus de transfusion
sanguine.
Le décès d’une esthéticienne au bloc opératoire du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de
Cocody, le mardi 6 février, a créé un scandale. La victime est morte car ses parents, membres des
Témoins de Jehova ont refusé qu’on lui fasse une transfusion sanguine, ce qui l’aurait peut-être
sauvé. Une situation qui a suscité la colère et l’incompréhension de l’une des équipes médicales
du CHU, alors une bagarre éclata.
Selon nos confrères de Soir Info, la victime se nomme Dié Zimon. Cette esthéticienne est morte,
au bloc opératoire du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Cocody, dans des conditions, aussi
bien révoltantes, choquantes. Cette jeune mère de 26 ans appartenait à l’organisation des
Témoins de Jéhovah, est morte suite au refus de la transfusion sanguine que voulait pratiquer le
médecin. Ses parents, Témoins de Jéhovah comme elle, ont fait le choix insensible et cruel de la
laisser mourir pour leurs idées religieuses, que de lui sauver la vie.
Nous avons dû intervenir sur le volet administratif, pour qu’on puisse nous permettre de soigner
dame Dié Zimon. C’est une dame qui a eu une hémorragie de la délivrance. Et comme l’art de la
médecine le recommande, il faut, dans ces conditions, la transfuser immédiatement, pour lui
donner l’espérance de vie. C’est là que nous avons été confrontés à ces Témoins de Jéhovah, à
des conditions religieuses », a révélé Koné Djakaridja, le directeur administratif du Chu de
Cocody à nos confrères de Soir Info.
« Ils ont sorti des papiers pour nous dire que dans leur façon de fonctionner, on ne doit pas faire
de transfusion. Et qu’ils vont prendre la dame pour aller ailleurs. La dame était déjà dans un état
de choc. Nos services sont venus vers nous, et nous avons dû recourir au commissariat qui a
informé le Procureur de la République qui nous a demandé de soigner la dame par tous les
moyens. Nous n’avons pas pu la transfuser et la dame est partie », a-t-il ajouté la voix nouée par
la tristesse.
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Écrit par NetAfrique
I-6- CHAMP DE RÉFÉRENCES CONCEPTUELLES ET THÉORIQUE.
1-6-1- Champ de références conceptuelles.
Les champs de références conceptuelles aident à définir les concepts clés utilisés dans ta
recherche. Une définition claire des termes et des concepts est essentielle pour assurer la
cohérence et la précision de ton analyse. Cela permet également de clarifier les termes pour tes
lecteurs et d'éviter toute confusion.
* Problématique : selon le dictionnaire Larousse c’est <<un Ensemble des questions, des
problèmes concernant un domaine de connaissances ou qui sont posés par une situation.>>
En sociologie, la problématique sociale constitue <<un positionnement, un discours construit,
étayé, cohérent vis-à-vis de la question de départ, qui permet à la fois de mieux préciser les
termes de cette même question et d'y apporter des éléments de réponse. C'est une certaine
manière de voir le phénomène étudié, d'en rendre compte>>.
<<La problématique est l'approche ou la perspective théorique qu'on décide d'adopter pour traiter
le problème posé par la question de départ. Elle est l'angle sous lequel les phénomènes vont être
étudiés, la manière dont on va les interroger>>
* Pratique : selon le dictionnaire Robert <<Fait de suivre une règle d'action (sur le plan moral ou
social>>.
Selon une autre définition :<< La pratique désigne toute activité mettant en œuvre les principes
d'un art ou d'une science : c'est la mise en application de principes, d'idées ou d'une technique en
vue d'un résultat concret. Mettre en pratique est synonyme d'exécution, d'application ; il s'agit
d'une manière : d’agir, de procéder.>>
En sociologie la Pratique :
<<Une pratique sociale désigne en sociologie une façon de faire, une action (individuelle ou
collective) socialement transmise ou envisagée dans un contexte social. Le terme fait l'objet de
conceptualisations différentes, en fonction des diverses approches théoriques qui analysent ce
phénomène>>.
* Transfusion sanguine : Injection dans les vaisseaux sanguins d'un malade (ou d'un animal dans
certaines expériences) de sang frais ou conservé et, p. ext., d'un constituant du sang ou d'une
solution physiologique.
Ou encore : << Fait de transmettre, de communiquer quelque chose d'une personne à une autre,
d'une chose à une autre>>.
<<Injection lente de sang dans une veine, provenant d'un donneur>>.
En sociologie, la transfusion sanguine selon Titmuss(1971-1997): <<le don de sang est également
un don de soi, qui implique beaucoup plus qu’un don de temps, eu égard à la chose donnée. S’il
est un domaine où, a priori, celle-ci doit être différenciée du don lui-même, et de sa finalité (la
transfusion), c’est bien celui du don de sang. Cette chose donnée, le sang, apparaît comme un
élément surdéterminé historiquement et symboliquement.>>
La nature pure ou impure du sang a aussi été largement documentée par les ethnographes. Le
caractère bivalent de cette substance a amplement été confirmé. Le sang a la capacité de
revitaliser ou de tuer, il peut souiller ou purifier, il est potentiellement maléfique ou
potentiellement bon, voire sacré. Le sang a souvent été associé à la notion de pur ou d’impur,
selon le contexte, l’origine, la fonction qu’il occupe et la situation dans laquelle il se trouve.
<<Une autre idée largement répandue est celle selon laquelle le sang est le siège de l’âme et
représente l’individu>> (Fortin et al. 2016). Selon cette théorie, le sang véhicule l’esprit de
l’individu, sa personnalité et ses caractéristiques principales>>.
Plusieurs chercheurs en sciences sociales ont montré que le sang possède, en somme, un sens à la
fois ambigu et ambivalent, et qu’il est imprégné de connotations fortes et paradoxales. Il a la
capacité de condenser des significations contradictoires, qui s’appliquent à différents domaines
de l’expérience humaine (politique, parenté, religion, guerre, biomédecine, ethnicité, mort,
naissance). Le sang réussit à unir fantasmes romantiques et explications rationnelle.
Pour les Témoins de Jéhovah, la transfusion sanguine est définie et proscrite par la Bible et
commande de ne pas absorber de sang. <<Nous ne devrions donc pas accepter de sang total ni
l’un de ses composants majeurs, sous quelque forme que ce soit (nourriture, transfusion ou
autre)>>
* Témoins de Jehovah: <<Membre du mouvement religieux chrétien qui croit en la théorie du
millénarisme appelé "Etudiants de la Bible". Ce mouvement a vu le jour en 1870 aux Etats-Unis.
Les témoins de Jéhovah sont particulièrement connus pour diffuser la parole de Dieu en faisant
du porte-à-porte.>>
Selon Larousse :<<Groupe religieux fondé aux États-Unis, vers 1874, par Ch. Taze Russell. Les
Témoins de Jéhovah affirment que la Bible, parole de Dieu, est la seule source de vérité, qu'ils
sont les derniers représentants d'une longue série de témoins, d'Abel à Jésus.>>
Selon Philippe Barbey, Focus sociologique, septembre 2009 :
<<Les Témoins de Jéhovah constituent une confession chrétienne. Au plan doctrinal, ils sont
unitariens, ils croient en un seul Dieu, Jéhovah (c'est le nom de Dieu dans la Bible en français) et
rejettent la Trinité (antitrinitarisme). Ils pensent que, selon la Bible qu'ils considèrent comme tous
les chrétiens comme la Parole de Dieu, le royaume millénaire de Jéhovah Dieu est proche
(millénarisme). Ce règne du Christ rétablira la paix et le bonheur sur la Terre. Ils s'y préparent en
cherchant à pratiquer le christianisme des premiers temps (restitutionisme). Ils ont été fondés aux
États-Unis par le pasteur Charles Russell dans les années 1870. Ils s'appelaient au début Étudiants
de la Bible puis ont décidé de changer leur nom en celui de Témoins de Jéhovah en 1931>>.
Selon leur propre définition, les témoins de Jéhovah se qualifient de <<frères et sœurs de toutes
nationalités et cultures, parlant des langues différentes, mais qui ont des buts communs. Nous
voulons avant tout rendre honneur à Jéhovah, le Créateur et le Dieu de la Bible. Nous nous
efforçons d’imiter Jésus et nous sommes fiers d’être appelés chrétiens. Chacun de nous consacre
régulièrement du temps à aider ses semblables à en savoir plus sur la Bible et le Royaume de
Dieu. Puisque nous témoignons, ou parlons, de Jéhovah et de son Royaume, nous portons le nom
de Témoins de Jéhovah>>.
CHAPITRE II : CADRE MÉTHODOLOGIQUE
II-1- CHAMP D’INVESTIGATION
Toute recherche scientifique nécessite une saisie totale de l’objet à étudier, cette tâche ne saurait
aboutir si on ne prend pas soin de circonscrire l’objet en question. C’est le but de la délimitation
du champ ou du terrain de notre étude.
Nous tenterons de faire une délimitation géographique et sociologique
II-1-1- Champ géographique
Abidjan est la capitale économique de la Côte d’Ivoire.
Situé dans la région des lagunes au sud de la Côte d’Ivoire, le district d’Abidjan comprend 13
communes (dont 10 composent la ville d’Abidjan) couvrant une superficie de 513 km2. La ville
se situe dans une zone climatique de type subéquatorial, chaud et humide, qui comporte 2 saisons
des pluies et 2 saisons sèches.
La ville compte environ 5 616 633 habitants dans les 422 km2 de l'ancienne ville d'Abidjan, et 6
321 017 habitants dans les 2 119 km2 du district autonome d'Abidjan au recensement de 2021,
soit 21,5 % de la population du pays, et représenterait 60 % du produit intérieur brut du pays.
L’étude est centrée dans la commune de Cocody plus précisément dans le quartier de la Riviera
Attoban (Abidjan, Lagunes) situé à proximité de la banlieue Bonoumin.
II-1-2- Champ Sociologique
Ont été soumises à l’étude, la population d’Abidjan, précisément les membres de l’Eglise du
quartier de Cocody Riviera Attoban; les membres du corps médical et et les responsables
administratifs (Officiers de police).
L’intérêt de l’étude a été de relever tant le refus existant dans les perceptions et pratiques
religieuses de résilience de la transfusion sanguine dans le quartier de la riviera Attoban
II-2- PROCÉDURE DE COLLECTE DE DONNÉES
II-2-1- Technique de collecte de données
Les techniques de collecte de données jouent un rôle crucial dans la recherche en raison de leur
impact direct sur la qualité et la fiabilité des résultats
II-2-1-1- Recherche documentaire
La recherche documentaire est une technique de collecte de données basées essentiellement sur
les documents. Elle consiste à trouver des sources de documentations afin de s’informer sur le
sujet, répondre à une question ou réaliser un travail (Kouakou Bah, 2011). Dans le cadre de notre
étude, la recherche documentaire a porté sur les documents théoriques, spécifiques,
méthodologiques ainsi que les études en sociologie, en médecine, en anthropologique. Il s’agit
d’article de presse, des articles scientifiques, des documents officiels, des mémoires et des thèses.
La recherche documentaire nous a permis d’avoir une bonne vue sur le sujet étudié.
II-2-1-2. Observation directe
« L'observation directe est celle ou le chercheur procède directement lui-même au recueil des
informations, sans s'adresser aux sujets concernés. Elle fait directement appel à son sens de
l’observation. »
Cette méthode a servi à rassembler des données importantes pour la connaissance du milieu de
l'étude. Une grille d'observation a été construite sur la base d'indicateurs jugés pertinents.
II-2-1-3. L’entretien semi-directif
L’entretien semi-directif est une discussion orientée, un procédé d’investigation utilisant un
processus de communication verbale, pour recueillir des informations en rapport avec l’objectif
fixé. L’entretien structuré est une technique qualitative de recueil d’informations permettant de
centrer les discours des personnes interrogées autour des thèmes définis sur un sujet donné
(Fenneteau, 2007). Comme son nom l’indique, l’entretien semi-directif est à cheval entre
l’entretien non directif et directif. Il consiste à poser des questions précises aux enquêtes qui se
sont efforcées de répondre sans dévier ni ajouter ses propres intuitions. Nous nous sommes servis
du guide d’entretien comme outil de cette technique.
II-2-2- Les outils de collectes de données
Les outils de collecte de données sont essentiels pour toute recherche, car ils permettent de
recueillir, d'analyser et d'interpréter des informations pertinentes et fiables.
II-2-2-1- La grille de lecture
Une grille de lecture se présente sous la forme d’un tableau permettant d’organiser, de présenter
et de trier l’information. Les idées ou les composantes principales d’un texte ou d’une question y
sont indiquées par les titres des colonnes et des lignes. Les relations entre ces idées principales
sont inscrites dans les cellules.
La grille de lecture permet de recueillir et de regrouper les avis de plusieurs catégories de
clientèle sur ces qualités.
Une grille peut également servir à mettre en évidence les similitudes et les différences entre des
objets, des faits, des concepts, etc.
Elle sert aussi à faire des regroupements par thèmes, qui constituent un premier pas vers une
synthèse de l’information.
II-2-2-2- Le guide d’entretien
Le guide d’entretien est le support sur lequel le chercheur se base pour mener à bien sa collecte
de données d’informations sur le phénomène étudié. C’est l’ensemble des questions
essentiellement ouvertes que le chercheur pose aux enquêtés aux cours de l’entretien. A partir de
ce guide d’entretien, nous pouvons réaliser des récits de vie obtenus dans les entretiens
individuels.
Le guide d’entretien a été réalisé pour orienter la discussion. Les guides d’entretiens que nous
avons élaborés sont orientés sur les thèmes suivants :
- Identification des facteurs religieux du refus de la transfusion sanguine chez les témoins de
Jehovah.
-Analyse les pratiques thérapeutique des acteurs faisant face au refus de la transfusion sanguine.
-Évaluation des répercussions sociales, religieuses et sanitaire du refus de la transfusion sanguine
sur l’itinéraire thérapeutique des témoins de Jehovah.
II-2-2-3- La grille d’observation
Pour cette étude, nous avons opté pour une observation systématique. Selon Sadia (2019) :
« L’observation systématique consiste pour le chercheur à enregistrer de façon exhaustive des
comportements précis dans un contexte relativement limité » (Angers, 2014). Dans un tel cas,
l’on est dans une observation structurée qui nécessite une grille d’observation, dont les
dimensions sont les suivantes :
- Fréquence : combien de fois l’objet ou le fait observé s’est produit ?
- Durée : depuis quand, pendant combien de temps et jusqu’à quand ?
- Contexte : où ? le chercheur doit être capable de décrire l’environnement physique et
social dans lequel survient le phénomène observé ;
- Ordre : quelle est la place du phénomène observé dans le temps par rapport aux autres ;
- Latence : c’est la période qui s’écoule entre l’apparition d’un stimulus dans
l’environnement et le début d’une réaction comportementale ou entre le premier acte et la
période d’activation et d’aggravation du comportement délictueux ».
Ici, notre grille d’observation nous permettra de relever :
- La perception de nos cibles face à cette problématique ;
- L’itinéraire thérapeutique de nos cibles.
II-2-2-4- Le bloc note
Le bloc note nous permettra de prendre note de certaines réalités de terrain.
II-2-2-5- Le téléphone portable
Il est un outil indispensable dans la collecte de données qualitative car il permet d’enregistrer les
entretiens en vue d’une retranscription lors de la phase du dépouillement.
II-3- ÉCHANTILLONAGE
L'échantillonnage est l’étape qui nous permet de sélectionner un sous-ensemble représentatif de
la population cible. Cela signifie que les résultats obtenus à partir de cet échantillon seront
généralisés à l'ensemble de la population, à condition que l'échantillon soit bien choisi et
représentatif.
II-3-1- La population cible
La population cible est « une collection d’individus, un ensemble d’unités élémentaires
(personne, un groupe, un village), qui partagent des caractéristiques précises selon des critères
définis ». Cette étude a été menée au quartier de la Riviera d’Attoban de Bouaké, les acteurs ont
été choisi sur la base des critères bien définis.
II-3-2- Critère de choix de l’échantillonnage
Les personnes qui constituent la population cible ont été retenues sur la base des critères suivants
- Acteurs directs
Les membres de la communauté des Témoins de Jéhovah d’Attoban.
Etre présent pendant le déroulement de l’enquête
- Acteurs indirects
Les membres du corps médical et les responsables administratifs (Officers de police).
II-3-3- Technique d’échantillonnage
Il est généralement difficile de faire une étude exhaustive, couvrant le nombre total d’une
population ciblée par l’étude. Ainsi, nous opterons pour une technique non probabiliste. La
technique utilisée pour l'étude est la technique de l'échantillonnage par Réseau ou Boule de neige.
Selon Christine DUFOUR & Vincent LARIVIÈRE (2012), ce type d'échantillonnage « est
constitué de personnes choisies à travers des réseaux sociaux, d’amitiés.
II-3-4- Type d’étude
L’étude est de nature socio-anthropologique. Elle sera mixte qualitative et quantitative. Les
données seront recueillies près des membres appartenant à l’Eglise Témoins de Jehovah; des
sages femmes ainsi que des médecins de la zone urbaine d’Abidjan.
II-3-6- Nature des données
Dans le cadre de notre étude, nous avons eu recours à deux types de données qui sont les données
primaires et les données secondaires. Les données primaires qui sont en fait les propos et discours
tenus par les acteurs. En ce qui concerne les données secondaires à savoir les données
bibliographique et documentaires, il s’agit d’élargir nos connaissances sur notre objet de
recherche parle canal d’ouvrages scientifique (livres et articles), d’article de journaux, des
rapports.
Pour la collecte des données lors de la pré-enquête, la recherche bibliographique, l’entretien et
l’observation directe ont été mobilisés comme techniques de collecte de données. Puis divers
instruments ont été utilisés pour la collecte des informations.
II-3-5- L’enquête exploratoire
La démarche exploratoire est une étape capitale de la recherche. L’intérêt de cette phase réside
dans sa capacité à ouvrir les contenus du champ de travail, grâce à deux approches souvent
menées en parallèles : d’une part, la recherche documentaire (lectures) et d’autre part les
entretiens non directifs. La phase exploratoire de terrain s’est déroulée dans la ville d’Abidjan
précisément dans le quartier de Riviera Attoban du … Juillet au …juillet 2024. Cette enquête
exploratoire nous a permis vérifier l’effectivité du refus de la transfusion sanguine. Nous avons
pu observer ….dans ladite Eglise. Compte tenu de tous ces prescriptions religieuses ces membres
utilisent d’autres méthodes pour pallier à ce phénomènes en cas de nécessité.
II-3-7- La pré-enquête
Cette phase est importante car elle a permis de tester les outils de collecte de données.
II-3-8- L’enquête proprement dite
L’enquête proprement dite consistera au recueil des données sur le terrain et sera développée en
Master.
II-4- DÉPOUILLEMENT ET TRAITEMENT DES DONNÉES
Cette étude s’inscrit dans une approche mixte, qualitative et quantitative. Cela nous a permis de
faire une analyse de contenu. Ce traitement nous permet de rendre compte des dires des enquêtés
de manière objective et fiable. Ainsi nous avons fait l’inventaire des informations recueillies en
retranscrivant les propos des personnes interviewés. En mettant ces affirmations en forme par
écrit, cela nous a permis d’obtenir des données empiriques (un texte) qui serviront d’analyse.
II-5- MÉTHODE D’ANALYSE
Nous allons opter pour une mixité de la méthode qualitative et la quantitative.
Une recherche en sciences humaines et sociales est toujours une aventure. L’enquête qualitative
de terrain, en particulier, comporte de nombreuses inconnues, car ses opérations ne sont pas aussi
prévisibles que, disons, une recherche expérimentale. Nous entendons par « enquête qualitative
de terrain » la recherche qui implique un contact personnel avec les sujets de la recherche,
principalement par des entretiens et par l’observation des pratiques dans les milieux mêmes où
évoluent les acteurs (Paillé, 2009a). L’enquête est dite « qualitative » principalement dans deux
sens : d’abord, dans le sens que ses méthodes et ses instruments sont conçus, d’une part, pour
recueillir des données qualitatives (témoignages, notes de terrain, images vidéo, etc.), et, d’autre
part, pour analyser ces données de manière qualitative (c’est-à-dire en extrayant le sens plutôt
qu’en les transformant en pourcentages ou en statistiques) ; l’enquête est aussi dite qualitative
dans un deuxième sens, à savoir que l’ensemble du processus est mené d’une manière « naturelle
», sans appareils sophistiqués ou mises en situation artificielles, selon une logique proche des
personnes, de leurs actions et de leurs témoignages (une logique de la proximité : cf. Paillé,
2007). Ainsi en est-il de l’analyse des données qui met à profit les capacités naturelles de l’esprit
du chercheur et vise la compréhension et l’interprétation des pratiques et des expériences plutôt
que la mesure de variables à l’aide de procédés mathématiques.
L’enquête qualitative de terrain est une aventure, et les moments où elle fait intervenir les
opérations systématiques d’analyse des matériaux recueillis en sont toujours des temps forts.
Pour rendre manipulables leurs analyses, les chercheurs ont été amenés à transposer les
opérations immédiates et intuitives de l’esprit en procédés « matériels » ou « intellectuels ». Les
opérations et manipulations dont il s’agit dans l’analyse qualitative des données peuvent être
matérielles : comme des transcriptions, des découpages de texte, des mises en tableau
(notamment dans l’analyse structurale), des reports dans des grilles ; ou elles peuvent être
intellectuelles : comme des transpositions de termes en d’autres termes, des regroupements
intuitifs, des confrontations à des savoirs, des inductions généralisantes ou des réductions à des
constantes ou à des formes essentielles. Ces procédés aident le chercheur dans sa volonté de faire
surgir le sens. Ils peuvent intervenir à divers moments de la progression de l’analyse, se
confondant ultimement avec les séances d’écriture du rapport ou de la thèse.
Dans les méthodes qualitatives, ce qui caractérise les procédés de traitement ou d’analyse c’est,
essentiellement, la mise en œuvre des ressources de l’intelligence pour saisir des significations.
Les rapprochements, les confrontations et les mises en relation de données, les mises en
perspective et les cadrages, la saisie des récurrences et des analogies ainsi que les généralisations
et les synthèses font surgir ces significations. Il s’agit donc toujours, par un travail intellectuel, de
faire surgir le sens.
Cette méthode nous permettra d’identifier les facteurs du refus de la transfusion sanguine, dans
un premier temps, ensuite, les déterminants, les représentations des Témoins de Jéhovah sur le
sang et pour terminer les répercussions du refus de la transfusion sanguine sur leur itinéraire
thérapeutique.
S’appuyant sur des méthodes statistiques (qui sont conçues comme des outils d’analyse des
grandes séries de données), l’analyse quantitative produit des informations chiffrées
(pourcentages, probabilités, effectifs, ratios, classifications, indicateurs de liaison...). Ces chiffres
ne constituent toutefois pas une fin en soi : le sociologue les utilise pour étayer son raisonnement,
pour identifier des faits (Olivier, 2021).
Les chiffres ne sont que des intermédiaires ou des étapes dans le cheminement qui va de
l’enquête à la présentation des résultats de l’enquête. L’analyse des données quantitatives porte
sur des comportements, des opinions, ou même des attentes en quantité.
En sciences, l’analyse de ces données est assistée par ordinateur par plusieurs chercheurs ou
étudiants. Il s’agit de l’application des outils qui permettent des processus de travail plus
efficients et plus efficaces. Ces outils quantitatifs d’analyse de donnée sont utilisés dans de
nombreux domaines académiques, surtout en sociologie et par les entreprises et les études de
marché. Il en existe plusieurs dont leur usage dépend des objectifs poursuivis par l’utilisateur et
de son niveau de qualification et compétence en la matière.
Les méthodes quantitatives sont donc des méthodes de recherche, utilisant des outils d'analyse
mathématiques et statistiques, en vue de décrire, d'expliquer et prédire des phénomènes par le
biais de données historiques sous forme de variables mesurables.
L’analyse quantitative offre au sociologue, au même titre que l’analyse qualitative, des outils
pour l’accompagner dans son raisonnement, dans sa démarche empirique, dans sa recherche et
son analyse des données d’enquête. Elle ne se suffit pas à elle-même.
II-6- DIFFICULTÉ DE L’ÉTUDE
La difficulté est relative à l’incapacité de l’enregistrement numérique à cause d’une certaine
méfiance et de la réticence. Mais suite aux explications sur la nature exclusivement académique
de l’étude, les entretiens ont pu être tenus.
II-7- PLAN DÉTAILLÉ DES RÉSULTATS
Enquête préliminaire :
La pré-enquête a permis de montrer que les membres de la communauté religieuse Témoins de
Jéhovah refusent effectivement la transfusion sanguine ; qu’il existe des alternatives
thérapeutiques ainsi que des répercussions à divers niveaux.
II-7-1- Les facteurs du refus de la pratique de la transfusion sanguine chez les Témoins de
Jéhovah
Les facteurs sont purement religieux pour les Témoins de Jéhovah même s’il y’a d’autres facteurs
qui en découlent.
- Les facteurs religieux du refus :
*La transfusion est proscrite par la Bible.
*Actes 15v28-29: <<Car l’esprit saint et nous-mêmes avons jugé bon de ne pas vous ajouter
d’autre fardeau que ces choses qui sont nécessaires : vous abstenir de ce qui a été sacrifié aux
idoles, du sang, de ce qui est étouffé et des actes sexuels immoraux. Si vous vous interdisez
strictement ces choses, tout ira bien pour vous. Portez- vous bien ! »
*Genèse 9v4:<<Cependant, vous ne devez pas manger la chair avec sa vie, son sang>>.
*Lévitique 10v4:<< Si un homme du peuple d’Israël ou un étranger qui habite parmi vous mange
n’importe quelle sorte de sang, à coup sûr je rejetterai celui qui mange le sang et je le retrancherai
du milieu de son peuple>>.
*Deutéronome 12v23:<<Seulement, sois fermement résolu à ne pas manger le sang, car le sang,
c’est la vie. Tu ne devras pas manger la vie avec la viande>>.
- Les facteurs économiques :
Les soins sans transfusion permettent de réduire les dépenses médicales.
- Les facteurs médicaux
Nul ne peut garantir qu’un patient mourra s’il refuse une transfusion ou qu’il vivra s’il en accepte
une.
II-7-2 - Les pratiques thérapeutiques des Témoins de Jéhovah
- La médecine sans transfusion
- La chirurgie sans transfusion
- Le refus éclairé
- Les comités de Liaison Hospitaliers (CLH) ont été mis en place pour aider les patients
Témoins de Jéhevah à se preparer en vue d’une intervention chirurgicale programmée ou
d’une autre situation comme une grossesse. Ils sont disponibles pour apporter un soutien
pastoral et servir d’intermédiaire, même dans les situations d’urgence.
Ce réseau fournit des informations fiables sur les stratégies médicales qui permettent de ne pas
recourir à la transfusion sanguine. Il facilite l’accès des patients Témoins de Jéhovah aux soins
médicaux.
- Le rôle des CAM (Comité d’Affaires Médicales), dont l’action s’exerce sur une zone
géographique déterminée, est d’aider les proclamateurs à faire face aux problèmes
médicaux et juridiques qui impliquent leur foi et leur conscience.
- Pour la femme enceinte, des perfusions de Dextran et des piqûres de fer pour remonter
son taux d’hémoglobine.
- La méthode de Whipple qui implique des résections considérables et la reconstruction des
organes internes.
- Soutien Familial, communautaire
II-7-3- Les répercussions du refus de la transfusion sanguine chez les Témoins de Jéhovah
sur leur itinéraire thérapeutique
- Les répercussions chez les Témoins de Jéhovah
*Pour le malade :
- La liberté de choisir librement son médecin, la nécessité d’adhérer, de consentir à l’acte
médical ;
- La mort
*Pour la famille :
- Bouleversement émotionnel
- Concessions
- Tristesse
- Bon moral
- Réconfort par les préceptes bibliques.
*Pour le médecin :
Psychologiquement :
- Le médecin possède également une conscience qui l’incite à employer tous les moyens
dont il dispose pour aider le malade. Il en résulte un conflit entre la conscience du
médecin et celle du malade.
- Désengagement total du choix du patient.
*Pour la police :
- Respect du choix du malade
- Aucun impact d’ordre émotionnel
- Désengagement de la prise de décision
CONCLUSION GÉNÉRALE
Au terme de cette étude sur la problématique du refus de la pratique de transfusion sanguine des
Témoins de Jéhovah cas de la salle du Royaume plus précisément dans le quartier de la riviera
Attoban. Cette étude a été rédigé autour deux grands axes : le cadre théorique, le cadre
méthodologique. A partir desquels nous avons présenté quelques résultats préliminaires de notre
enquête exploratoire sur la base de nos objectifs spécifiques notamment d’identifier les facteurs
du refus de la transfusion sanguine dans cette Communauté religieuse, le second, à analyser les
pratiques thérapeutiques des acteurs face au refus de la transfusion sanguine et enfin d’évaluer les
répercussions de ce refus sur leur itinéraire thérapeutique.
Il en ressort qu’il est possible de soigner les malades Témoins de Jéhovah et de respecter en
même temps les convictions religieuses.
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES :
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la démarche compréhensive, Vuibert
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sociologie, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que Sais-Je ? », 2e édition,
p. 26.
- Pierre PAILLE, Alex MUCHIELLI, L’analyse qualitative en science sociales, (p26, 28),
5e édition, Armand COLIN
ARTICLES :
- <<Le sang », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 17 novembre 2016.
- Olivier GARRAUD, La symbolique du sang et la transfusion sanguine chez les témoins
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- Clare O’REILLY, administration de produits sanguins (Chap 9) publié dans Société
Canadienne de Sang, 2021
- Frédéric Erard, Le refus des transfusions sanguines par les Témoins de Jéhovah : une
décision d’irrecevabilité non dénuée d’intérêt ; analyse de l’arrêt du Tribunal fédéral,
2017.
- Sous la direction de Pierre GAGNE, initialement conçue André-Jacques DESCHÊNES
- Cette fiche est adaptée de l’outil méthodologique « Le tableau » proposé dans le cahier de
projet des cours EDU 6004 Lectures dirigées I et EDU 6005 Lectures dirigées II.
- Jean-Sébastien EIDELIMAN,
- Les anthropologues et l'idéologie du sang Comment définir la famille ? (Pages 66 à 77)
Publié dans Informations sociales 2007,
- Johanne CHARBONNEAU, Étudier les motivations au don de sang : l’apport de la
psychologie et de la sociologie, note de recherche, diffusé dans Institut national de la
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édition John Libbey EROTEXT, 2015.
- Problèmes médicaux : dispositions pratiques pour en faciliter le règlement (III), 1982.
RAPPORTS
Thèse :
Aurore Malriat, Sociologie de la construction du don : le cas paradigmatique du don de sang.
Sociologie. Université de Lorraine, 2022. Français.
MANUELS :
- Le Manuel MSD version pour le grand public, les faits en bref TRANSFUSION
SANGUINE, par Édition Manual Éditorial Staff, janvier 2024
- Docteur Mahdi TAZEROUT, Madame Yolande GALINIER, Les Clés de
l’hémovigilance, Manuel d’aide à la formation de la transfusion sanguine
- Le secret du bonheur familial, Quand un membre de la famille est malade, Chapitre 10,
World Jw Organization
REVUES :
- Olivier GARRAUD, La symbolique du sang et la transfusion sanguine chez les témoins
de Jéhovah, revue Hématologie,2009.
- Priscilla DUBOZ, Caroline BERLAND-BENHAIM, Don(s) de sang : de quoi parle-t-on ?
Approche anthropo-bio-culturelle du don de sang, pages 291 à 300, publié dans Corps,
2011.
- Bonnes pratiques de transfusion sanguine, Consentement éclairé Publié dans Société
Canadienne de Sang, 2021.
- CAMPAGNE D’INFORMATION SUR LA TRANSFUSION”, éditée par la revue
Nouvelles du monde de la médecine (angl.) publié le 28 novembre 1977.
-
WEBOGRAPHIE/SITOGRAPHIE
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- https://journals.openedition.org/sociologie/1204
- https://doi.org/10.58079/w7s
- https://toutsurlatransfusion.com/cdn/documents/symbolique-du-sang-et-de-la-transfusion-
chez-les-temoins-de-jehovah.pdf
- https://fredericerard.ch/data/files/1a_17_mai_analyse_2c_613_2015_v2.pdf
- https://edu6004-05v2.teluq.ca/fiches-methodologiques/comment-construire-une-grille-de-
lecture/
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securitaire_336/lm_ouvrage.dhtml
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q=Refus+éclairé+de+transfusion&p=doc#h=2
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blood-transfusion
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- Dictionnaire en ligne, LAROUSSE, LE ROBER