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Périurbanisation de Porto-Novo : Dynamiques et Impacts

Cette thèse de doctorat explore la périurbanisation de Porto-Novo, capitale du Bénin, en analysant ses déterminants et ses impacts environnementaux. À travers des recherches documentaires, des observations sur le terrain et des enquêtes, l'étude met en lumière l'accroissement démographique et l'évolution des activités économiques dans la région périurbaine. Elle propose également des solutions, telles que l'intercommunalité, pour faire face aux défis posés par cette dynamique urbaine.

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Périurbanisation de Porto-Novo : Dynamiques et Impacts

Cette thèse de doctorat explore la périurbanisation de Porto-Novo, capitale du Bénin, en analysant ses déterminants et ses impacts environnementaux. À travers des recherches documentaires, des observations sur le terrain et des enquêtes, l'étude met en lumière l'accroissement démographique et l'évolution des activités économiques dans la région périurbaine. Elle propose également des solutions, telles que l'intercommunalité, pour faire face aux défis posés par cette dynamique urbaine.

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1

Université D'Abomey-Calavi
----------*---------
Faculté des Lettres, Faculté des Sciences
Arts Et Sciences Humaines et Techniques
Chaire UNESCO
---------*--------
Ecole Doctorale Pluridisciplinaire Sciences, Technologie

"Espaces, Cultures et Développement" et Environnement (CUSTE)

*********

Thèse de Doctorat Unique


*********
Option : Géographie et Gestion de l’Environnement
Spécialité : Dynamique des écosystèmes, Aménagement du territoire et Politique
environnementale

*********

LA PERIURBANISATION DE PORTO-NOVO :
DYNAMIQUES ET IMPACTS
ENVIRONNEMENTAUX
Présentée par : Toussaint VIGNINOU
Sous la direction de : Benoît N’BESSA Professeur à l’UAC/FLASH
Soutenue Publiquement le 26 / 02 / 2010 devant le jury composé de :

Président : Michel BOKO, Professeur titulaire, Université d’Abomey-Calavi

Rapporteur : Benoît N’BESSA, Professeur titulaire, Université d’Abomey-Calavi

Examinateurs : Michel VIDEGLA, Maître de conférences, Université d’Abomey-Calavi

: Gabriel NYASSOGBO, Maître de conférences, Université de Lomé

: Christophe HOUSSOU, Maître de conférences, Université d’Abomey-Calavi


2

DEDICACE

• A mon père Benoît ;

• A ma mère Valérie ;

• A mes enfants : Mignon, Mignony, Cienta, Bediga ;

• A mon épouse Martine.


3

LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES

ABE : Agence Béninoise pour l’Environnement

AOF : Afrique Occidentale Française

APE : Association des Parents d’Elèves

ASECNA : Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique


et à Madagascar

ASEP : Action Sociale pour Eradiquer la Pauvreté

BAC : Brigade Anti-Criminelle

BM : Banque Mondiale

CEG : Collège d’enseignement Général

CENAP : Centre National d’Agro-Pédologie

CEP : Certificat d’Etude Primaire

CeCPA : Centre Communal pour la Promotion Agricole

CENATEL : Centre National de Télédétection et de la cartographie


environnementale

CeRPA : Centre Régional pour la Promotion Agricole

CESE : Centre d’Eveil et de Stimulation de l’Enfant

CLCAM : Caisse Locale de Crédit Agricole Mutuel

CRS : Compagnie Républicaine de Sécurité

CNPMS : Centre National de Production de Matériels Scolaires

CUP : Centre Universitaire de Porto-Novo

CSA : Centre de Santé d’Arrondissement

CSC : Centre de Santé Communal

DDEPS : Direction Départementale de l’Enseignement Primaire et


Secondaire
4

DGAT : Département de Géographie et d’Aménagement du Territoire

DST : Direction des Services Techniques

EDSB : Enquêtes Démographiques et de Santé au Bénin

ENS : Ecole Normale Supérieure

EPA : Ecole du Patrimoine Africain

FCFA : Franc de la Communauté Francophone d’Afrique

FENAB : Fédération Nationale des Artisans du Bénin

FIT : Front Inter Tropical

FLASH : Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines

FMI : Fonds Monétaire International

GGM : Groupement de Gendarmerie Mobile

GPS: Global Positionning System

GSM: Global System Monitring

HAAC : Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication.

IBCG : Industrie Béninoise des Corps Gras

IEC : Information, Education et Communication

IGN : Institut Géographique National

INJEPS : Institut National de la Jeunesse, de l’Education Physique et


Sportive

INSAE : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique

INSEE : Institut National de Statistiques et des Etudes Economiques

LEDUR : Laboratoire d’Etudes des Dynamiques Urbaines et Régionales

MEPN : Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature

ONASA : Office Nationale de Sécurité Alimentaire

ONG : Organisation Non Gouvernementale


5

ORTB : Office de Radios et Télévision du Bénin

ORSTOM : Organisation pour la Recherche Scientifique et Technique


d’Outre-Mer (devenue IRD : Institut de Recherche pour le
Développement)

PAE : Plan d’Action Environnemental

PADME : Association pour la Promotion et l’Appui au Développement de


la Micro-Entreprise

PCIME : Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant

PDC : Plan de Développement de la Commune

PEF : Promotion d’Elevage Familial

PME : Petites et Moyennes Entreprises

PMI : Petites et Moyennes Industries

PMMR : Programme de Maternité à Moindre Risque

PRD : Parti Républicain Dahoméen

PRGU : Programme de Réhabilitation et de Gestion Urbaine

PRGUD : Programme de Réhabilitation et de Gestion Urbaine


Décentralisée

PSRVPN : Programme Spécial de la Réhabilitation de la Ville de Porto-


Novo

RDD : Rassemblement Démocratique Dahoméen

RFU : Régime Foncier Urbain

RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitation

RNIE : Route Nationale Inter-Etats

SBEE : Société Béninoise d’Energie Electrique

SERHAU.SA : Société d’Etudes Régionales de l’Habitat et


d’Aménagement Urbain. Société Anonyme

SONEB : Société Nationale des Eaux du Bénin


6

TBS: Tableau de Bord Social

UAC: Université d’Abomey-Calavi

UBEDA : Union Béninoise pour le développement et l’Alphabétisation

UCOTAMO : Union des Conducteurs de Taxis-Motos

UCP : Union Communale des Producteurs

UCTIB : Union Nationale des Conducteurs de Taxis Interurbains du


Bénin

UDD : Union Démocratique Dahoméenne

UNACOB : Union Nationale des Conducteurs du Bénin

UNESCO : Organisation des Nations-Unies pour l’Education, la Science


et la Culture

UPAO : Université Protestante de l’Afrique de l’Ouest

UVS : Union Villageoise de Santé


7

AVANT-PROPOS

C’est au cours de mon service militaire et patriotique dans l’enseignement


que j’ai découvert ma passion pour la géographie, une discipline riche à bien des
égards. Cette passion a été renforcée par la rencontre de mon Professeur Benoît
N’BESSA sur le chemin de mes études à l’Université Nationale du Bénin.

De tous les axes de recherche de la géographie, c’est la géographie


urbaine et la gestion de l’environnement urbain qui m’ont le plus marqué. Le fait
de choisir d’étudier la périurbanisation de Porto-Novo n’est pas un fait du
hasard. Il s’inscrit dans la droite ligne de la réhabilitation de cette ville qui a
toujours gardé son statut de capitale administrative héritée de la colonisation
mais à laquelle Cotonou lui a ravi la vedette en assurant l’essentiel des fonctions
politiques et économiques. Dans cette étude, je n’ai pas la prétention de réaliser
une monographie de plus. Mon désir est de montrer l’importance du
développement diffus de la ville, son impact sur l’environnement, ses relations
avec les communes voisines qu’elle grignote, phagocyte et surtout que l’on parle
aujourd’hui de grand Porto-Novo. Dans la réalisation de ce travail, je n’avais pas
pensé rencontrer d’énormes difficultés, mais les travaux de terrain m’ont montré
le contraire. Ces difficultés sont dues pour la plupart à la spécificité et la
complexité du phénomène de la périurbanisation. Pour affronter ces problèmes
j’ai eu l’aide de nombreuses personnalités.

J’exprime ma reconnaissance à Monsieur Benoît N’BESSA, Professeur à


l’Université d’Abomey-Calavi qui n’a ménagé aucun effort pour conduire
jusqu’à son terme cette étude malgré ses lourdes responsabilités. Sa présence
périodique sur le terrain et son enthousiasme communicatif m’ont motivé et
permis de percevoir les aspects essentiels du sujet. Qu’il trouve ici l’expression
de ma reconnaissance.
8

A Monsieur Etienne DOMINGO, qui a accepté d’apporter ses


contributions scientifiques, j’exprime ma profonde gratitude.

J’exprime ma profonde gratitude à Monsieur Michel BOKO, Directeur de


l’Ecole Doctorale Pluridisciplinaire (EDP) de l’Université d’Abomey-Calavi,
qui a contribué à ma formation.

Mes remerciements vont aussi à l’endroit de tous les professeurs du


DGAT de l’Université d’Abomey-Calavi qui ont participé à ma formation.

Je suis reconnaissant envers les autorités des mairies d’Avrankou,


d’Adjara, de Sèmè-Kpodji, d’Akpro-Missrété et surtout de Porto-Novo ; j’ai
puisé de leur sollicitude la persévérance et le courage de conduire ce projet de
recherche à terme.

Je tiens à exprimer toute ma gratitude à Messieurs Brice TENTE, Joseph


AKPAKI, Antoine Yves TOHOZIN, Germain GONZALLO, Léon Bani BIO
BIGOU, maîtres assistants au DGAT de l’Université d’Abomey-Calavi, Roc
HOUGNIHIN, chargé de programme au Ministère de la Santé Publique et
Ibouraïma YABI pour leur rôle motivateur dans l’aboutissement de ce projet de
thèse.

Ensuite je pense aux collègues du laboratoire LEDUR du DGAT de


l’Université d’Abomey-Calavi Benjamin ALLAGBE, David BALOUBI, Janvier
ASSOUNI, Parfait BLALOGOUE, Edwige TOGBE pour les conseils et
suggestions qu’ils n’ont cessé de me donner tout au long de ce travail.

Que Monsieur Christophe OKOU accepte l’expression de ma


reconnaissance pour sa contribution.

Merci à Monsieur Christophe HOUSSOU, Doyen de la Faculté des


Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université d’Abomey-Calavi pour les
conseils et soutiens dont j’ai bénéficié dans le cadre de ce travail.
9

Mes enquêtes n’auraient pu être menées à bien sans les contributions des
amis Wilfried AVOSSEVOU, Loukman RADJI, Paul ACAKPO, Patrick
KELOME, Valentin SOKPIN, Vincent DENAKPO. Mes remerciements
s’adressent également à eux.

J’exprime mes sincères remerciements au chef de Département et à ses


adjoints et à tous les enseignants du DGAT de l’UAC.

Enfin, je ne peux pas oublier mes frères et sœurs : Christophe,


Bonaventure, Erneste, Symphorien, Alfred, Marguerite, Joséphine, Thérèse,
Antoinette, Céline, Félicité, Bénédicte, Geneviève, mes beaux-parents et tous
mes amis pour leurs soutiens matériel, moral et affectif. Qu’ils en soient
sincèrement remerciés.
10

SOMMAIRE

Titres Pages

DEDICACE 2

LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES 3

AVANT-PROPOS 7

RESUME 11

Abstract 12

INTRODUCTION 13

PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE 16

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE, REVUE DE LA LITTERATURE, 17


CLARIFICATION DES CONCEPTS ET THEORIES

CHAPITRE II : HYPOITHESES, OBJECTIFS ET DEMARCHE 57


METHODOLOGIQUE

CHAPITRE III : PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE 72

DEUXIEME PARTIE : FACTEURS DYNAMISANTS DE LA 107


PERIURBANISATION

CHAPITRE IV : FACTEURS PHYSIQUES DE LA DYNAMIQUE PERIURBAINE 109


DE PORTO-NOVO

CHAPITRE V : FACTEURS SOCIO-DEMOGRAPHIQUES ET SPATIAUX DE LA 129


DYNAMIQUE PERIURBAINE

CHAPITRE VI : LES DETERMINANTS ECONOMIQUES DE LA DYNAMIQUE 184


PERIURBAINE DE PORTO-NOVO

TROISIEME PARTIE : IMPACTS DE L’EVOLUTION PERIPHERIQUE DE LA 237


VILLE DE PORTO-NOVO SUR L’ENVIRONNEMENT

CHAPITRE VII : IMPACTS DE LA CROISSANCE PERIURBAINE SUR LE 239


MILIEU PHYSIQUE

CHAPITRE VIII : CONSEQUENCES DE L’EVOLUTION DE LA PERIPHERIE 283


SUR LE PLAN SOCIAL ET ECONOMIQUE

CONCLUSION GENERALE 311

BIBLIOGRAPHIE 317

ANNEXES 345
11

RESUME

La périurbanisation est un phénomène que connaissent les grandes villes.


Elle est aussi remarquée à Porto-Novo, la capitale du Bénin. Cette étude tente de
présenter les déterminants qui singularisent cette périurbanisation à Porto-Novo.

Les investigations en milieux réels sont faites à partir de la recherche


documentaire, des observations directes sur le terrain, des entretiens avec des
personnes ressources, des enquêtes auprès des ménages, de l’analyse des cartes
d’occupation du sol et de l’interprétation des photographies aériennes et images
satellitaires. Le modèle d’analyse utilisé est le SWOT (Forces – Faiblesses –
opportunités – Menaces). Les résultats et données sont présentés sous formes de
textes, de tableaux, de graphiques, de photos et de cartes.

Cette étude montre les conditions physiques et humaines favorables dont


jouit l’espace périurbain, notamment son accroissement démographique avec
comme corollaire son extension et son étalement.

Puis, en analysant les activités économiques, elle explique comment la


percée des services participe à la dynamique de l’espace périurbain.

Enfin, elle ne passe pas sous silence les impacts de cette mutation sur
l’environnement physique, économique et social.

En s’interrogeant sur les possibilités de résolution de ces problèmes, cette


étude propose l’intercommunalité compte tenu de la position centrale qu’occupe
la ville de Porto-Novo par rapport à ses communes satellites.

Mots clés : Déterminants - Dynamique - Impacts - Périurbanisation -Ville de


Porto-Novo.
12

Abstract

The peri-urbanisation phenomenon is a distinctive feature of most cities.


Porto-Novo, the administrative capital city of Benin, also has this feature. This
study is an attempt to show the determinants that single out peri-urbanisation in
Porto-Novo.

The socioeconomic investigations collections are made through


documentary research, direct observations in the field, discussions with resource
people, investigations in households, analysis of land occupation and
interpretation of air photos as well as satellite images. The model analysis used
is the SWOT (Strengths - Weaknesses- Opportunities - Threats). Results and
data are presented in the forms of texts, charts, graphics, photos and maps.

This study shows the physical and human conditions of the Porto-Novo
peri-urban space, namely its increasing demography and spreading physical
environment.

Analyzing economic activities, the study pinpoints how the development


of services contributes to the growth of the peri-urban space. It does not
overlook the impacts of such a rapid change on the physical environment and
socio-economic aspects of Porto-Novo.

As a solution to the problems raised by peri-urbanisation in Porto-Novo,


this dissertation suggests the concept of inter communality given the central
position of the city in comparison with the other minor or satellite towns.

Key Words: Determinants – Growth – Impacts – Peri-urbanisation – The city of


Porto-Novo.
13

INTRODUCTION

La croissance des villes s’inscrit dans un mouvement général


d’urbanisation de notre planète. « Pendant la première moitié du XXe siècle, la
population urbaine a augmenté de 240 %, alors que la population du monde ne
progressait que de 49 %. Plus récemment, cette évolution s’est accélérée : la
population urbaine est passée de 1,52 milliard d’habitants en 1974 à 1,97
milliard en 1982 et on prévoyait 3 milliards pour l’an 2000 (Le monde, 13-5-87
cité par Guglielmo, 1996) ». Dans cette dynamique urbaine, les pays du nord se
sont illustrés en prenant la tête des régions les plus urbanisées du monde.
Jusqu’en 1980, les pays développés possèdent les plus grandes villes du monde.
Les taux d’urbanisation de ces pays se situent entre 70 et 80 %. Certains pays
ont presque achevé leur urbanisation. C’est le cas de la Hollande dont 90 % de
sa population totale vivent dans les villes.

Quant à l’Afrique au sud du Sahara, elle est la région la moins urbanisée.


Avec un taux d’urbanisation plus faible que celui du reste du monde, le
processus d’urbanisation s’est accéléré au lendemain de la deuxième guerre
mondiale. Cette croissance urbaine constitue l’un des traits caractéristiques de
l’évolution du continent. De 2,5 % en 1920 (Vennetier, 1992), l’Afrique noire a
aujourd’hui un taux d’urbanisation de 40 %. Malgré ce taux relativement faible,
cette région connaît la croissance urbaine la plus rapide du monde. Les villes se
caractérisent par l’augmentation extrêmement rapide de leurs populations au fil
des années et un mouvement de périurbanisation intense. Selon Balandier
(1993), 70 millions de personnes sont venues grossir l’effectif urbain entre 1950
et 1990. Depuis 1992, une quinzaine de villes a dépassé le million d’habitants,
ce qui donne la mesure de la poussée urbaine (Vennetier, 1992).

Cette expansion urbaine pose le problème de la maîtrise de la croissance


démographique et spatiale. Cette mutation n’est pas uniquement quantitative et
spatiale ; elle s’accompagne d’une profonde mutation et d’une complexité
14

croissante de la notion de la ville (Paulet, 2000). Pôles économiques, leur


développement se pose en terme d’urgences: construction des infrastructures et
équipements de toutes sortes, création des emplois, assainissement de
l’environnement, lutte contre la pauvreté, maîtrise de la croissance spatiale et
démographique, etc. Les pays sous-développés au sud du Sahara ne disposent
pas de moyens suffisants pour maîtriser la croissance spatiale et démographique
rapide de leurs villes. Ainsi, ces villes sont confrontées à d’importants
problèmes dont l’éclatement, l’étalement, la fragmentation et la non maîtrise du
phénomène de la périurbanisation.

Au Bénin, depuis l’indépendance jusqu’en 1978, l’urbanisation n’a pas


été une préoccupation des autorités administratives. L’installation des
populations se faisait de façon spontanée sans aucun ordre dans les périphéries
urbaines. L’absence d’une planification foncière rigoureuse accentue le
phénomène de périurbanisation. En dehors de Cotonou où ce phénomène est très
visible, la capitale administrative du Bénin, Porto-Novo, malgré sa modeste
taille, ne fait pas exception à cette occupation anarchique. En effet, avec une
population de 223 552 habitants au recensement de 2002, elle se présente
comme une vieille cité en réhabilitation. Dans son extension, elle déborde ses
limites primitives, envahissant et phagocytant les localités rurales qui sont
transformées en zones résidentielles. Cette périurbanisation a des conséquences
non négligeables sur l’environnement. Il est donc impérieux d’étudier ce
phénomène, sa dynamique et ses impacts environnementaux. Dans cette étude
nous prenons notamment en compte la dernière couronne périphérique.

Le présent travail est articulé autour de trois axes essentiels :

Le premier axe, comprenant trois chapitres, présente le cadre théorique et


méthodologique de l’étude. Ainsi, après la problématique et la revue de la
littérature, le premier chapitre définit les concepts clés et les théories utilisées.
Le deuxième chapitre expose les hypothèses, les objectifs et les grandes lignes
15

de la démarche méthodologique. En ce qui concerne le troisième chapitre, il


présente le cadre d’étude.

Le deuxième axe montre la dynamique du cadre d’étude à travers les


principaux facteurs urbanisants. Ainsi, le quatrième chapitre est consacré aux
facteurs physiques. Quant aux cinquième et sixième chapitres, ils exposent
respectivement les facteurs socio-démographiques, spatiaux et économiques de
cette dynamique périurbaine de Porto-Novo.

Enfin le dernier axe, à travers les septième et huitième chapitres, analyse


les contraintes liées à cette extension périphérique.
16

PREMIERE PARTIE

CADRE THEORIQUE ET
METHODOLOGIQUE
17

CHAPITRE PREMIER

PROBLEMATIQUE, REVUE DE LA LITTERATURE,


CLARIFICATION DES CONCEPTS ET THEORIES

Ce chapitre présente la problématique, la revue littéraire, les concepts et


les différentes théories utilisées pour expliquer l’extension des zones urbaines.

1.1-PROBLEMATIQUE
L’extension des zones urbaines constitue un phénomène mondial. Elle se
remarque aussi bien au sud qu’au nord.

Dans les pays du nord, la révolution industrielle constitue le premier facteur


de l’explosion urbaine. L’installation des industries a favorisé la croissance spatiale
et démographique rapide des villes résultant des apports migratoires intenses. Ainsi
depuis longtemps, les cités intra-muros n’existent plus, l’urbanisation s’étend loin
au-delà du noyau urbain primitif. A la fin du XIXème siècle, les différentes
fortifications érigées de part et d’autre dans les grandes villes européennes étaient
devenues inutiles. Pour Chaline (1980), entre les deux guerres, les forces de
l’urbanisation ont exercé leurs effets les plus importants en périphérie urbaine. La
dynamique de l’espace déjà bâti ne s’est exprimée dans les centres que par de
simples réajustements du contenu, laissant généralement intacte l’ordonnance du
contenant. (…).

C’est au niveau des transformations résidentielles et fonctionnelles,


inégalement perceptibles, que s’expriment alors les forces sous-tendant l’évolution
de l’espace urbain, et de toute manière la dynamique urbaine tend, en faveur d’une
meilleure mobilité, à donner la priorité au processus de suburbanisation. Ce
processus d’urbanisation s’est accéléré au lendemain de la Seconde Guerre
Mondiale. Les banlieues (les campagnes et les villages entourant une grande ville)
18

ont été englouties et vite dépassées par le tissu urbain qui se propage très loin avec
des habitats dispersés. Les villes vont s’étaler en se mêlant très largement aux
campagnes environnantes. De vastes espaces périurbains se sont formés autour des
grandes villes des pays développés. En France, le périurbain, selon l’INSEE
(1990), est l’ensemble des communes dont plus de 40 % des actifs vont travailler
dans le pôle urbain, c’est-à-dire la ville-centre et ses banlieues proches. Ce sont de
nouvelles périphéries, développées à partir des années 1970, et dont l’habitat est
composé de lotissement et de maisons éparses. La plupart des grandes villes
françaises sont constituées de trois couronnes. La première correspond à la ville-
centre avec son noyau historique et ses anciennes banlieues ouvrières, la seconde
est le tissu urbain construit après la deuxième guerre mondiale, la dernière est
considérée comme l’espace périurbain. De nos jours, comparativement à la ville-
centre, l’espace périurbain connaît la plus forte croissance démographique.
Plusieurs raisons poussent les habitants à migrer vers la périphérie. Selon Paulet
(2000), la déconcentration du noyau urbain s’opère pour deux raisons principales :
la première est le surpeuplement et le vieillissement des centres ; la seconde réside
dans la localisation des industries, au XIXe siècle et dans la première moitié du
XXe siècle à la périphérie des villes. La population va tout naturellement suivre
cette évolution, cherchant à se rapprocher des usines (c’est pour cette raison qu’à
Paris, on a parlé dès la fin du XIXe siècle de « banlieue rouge » pour qualifier ces
quartiers populaires). Pour Remblière (2005), la première raison souvent évoquée
pour expliquer la forte croissance démographique des espaces périurbains face aux
autres types d’espaces, c’est la recherche d’un environnement naturel : s’installer
au sein de l’espace rural serait propice à l’épanouissement de la famille tout en
profitant de la proximité de l’emploi.

La deuxième raison, c’est la volonté d’accéder à la propriété, synonyme


d’ascension sociale, grâce à des prix du foncier plus accessibles que dans la ville
dense. Ces choix ont été favorisés par le développement de l’usage de la voiture et
19

par des infrastructures de transport voulues par les autorités publiques. En effet,
plus de 40 % des ménages périurbains possèdent deux voitures (INSEE, 1990).

Une autre raison plus subjective, c’est la recherche de l’entre-soi évoqué par
Lévy (2003) : « le périurbain, c’est la recherche de l’écart : refus de la diversité et
quête de l’entre-soi ».

Malgré l’existence des outils réglementaires, les pays n’ont pas réussi à
contrôler l’étalement. « Cette extension pose le problème du rapport villes –
campagnes en termes très différents, car l’interpénétration des champs, des friches
et des zones construites devient la règle » (Paulet, 2000). La consommation des
espaces naturels et agricoles par les habitations et les infrastructures qui
accompagnent le phénomène de périurbanisation est problématique à bien des
égards. En effet, avec l’éclatement de l’urbanisation, les habitants du périurbain
n’ont guère que le choix d’utiliser leur voiture faute d’un réseau de transport
collectif. Il est impossible financièrement de mettre en place un tel réseau tellement
l’habitat est dispersé. Au final, on se retrouve avec des migrations pendulaires
(c’est-à-dire les flux des travailleurs entre le lieu d’emploi et le lieu de résidence)
qui concentrent un flux important de voitures ayant un seul passager. Et lorsque
l’on sait que les transports sont responsables de près de 93 % des rejets de CO2, qui
constitue à lui seul 95,5 % des gaz à effet de serre, il y a lieu de s’interroger sur la
durabilité d’une telle configuration urbanistique. Le périurbain a aussi un impact
majeur sur l’imperméabilisation des sols, responsable en partie de la multiplication
des inondations. En effet l’imperméabilisation est liée à l’emprise au sol des
bâtiments et de la voirie. Or, par comparaison avec la ville-dense, l’emprise du bâti
dans le périurbain pour une famille équivalente est 5 fois plus grande. De même,
pour une population équivalente, le besoin de voirie sera 15 fois plus important
dans le périurbain (Lévy, 2003).

Les conséquences sociales d’une périurbanisation incontrôlée sont


nombreuses dans les pays du nord. Elle a des conséquences sur la cohésion sociale.
20

Les prix fonciers déterminent l’occupation de l’espace. Ils provoquent une


sélection des habitants, des fonctions et déterminent la nature des paysages (Paulet,
2000). En effet, avec l’envolée des prix du loyer et du foncier dans la ville-centre
les employés et les ouvriers aux revenus modestes vont s’installer dans l’espace
périurbain où le prix du foncier est moins cher par rapport à celui de la ville-centre.
Ainsi le périurbain s’apparente de plus en plus à la couronne des revenus modestes.
Cette ségrégation sociale s’observe dans les grandes villes où les noyaux centraux
attirent les ménages les plus fortunés et refoulent ceux aux revenus modestes vers
les périphéries urbaines. L’accès à la propriété dans ce contexte est aussi perçu
comme une exclusion sociale. Il s’est traduit avec le temps par un déséquilibre
dans la répartition spatiale de l’occupation du sol, car la ville-centre concentre les
différentes activités alors que les espaces périurbains accueillent d’autres formes
d’habitats. Selon Rivière (2007), dans les discours actuellement dominants, habiter
dans les espaces périurbains semble de plus en plus assimilé à un acte à la fois anti-
esthétique (enlaidissement des paysages), anti-économique (coûts prohibitifs de
viabilisation des lotissements), anti-écologique (imperméabilisation des sols, gaz à
effet de serre dus aux migrations pendulaires) et anti-social (la maison individuelle
comme individualisme, repli sur soi, au risque de la sécession urbaine et sociale).

Au vu de tout ce qui précède, dans les pays du nord, le développement des


espaces périurbains et leur gestion constituent un véritable casse-tête pour les
gouvernements. Il n’en demeure pas moins pour ceux des pays sous-développés,
notamment d’Afrique au sud du Sahara.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les grandes villes


d’Afrique tropicale ont connu une croissance rapide. Selon Vennetier (1992),
une quinzaine de villes ont dépassé le million d’habitants. Les plus peuplées
sont Lagos qui a 6 millions d’habitants en 1985 avec un taux annuel de 10 %,
Kinshassa 3,5 millions d’habitants et Abidjan 2,5 millions d’habitants en 1992.
Derrière ce groupe majeur, 25 à 30 villes auraient entre 0,5 et 1 million
21

d’habitants. La plupart des capitales d’Etat ont dépassé le million d’habitants.


Pour Nyassogbo (2003), ce sont ces « grandes concentrations de population »
qui ont donné naissance à la macrocéphalie urbaine, un autre sujet de
préoccupation sur les villes d’Afrique noire. Dans chaque Etat pris isolément,
l’armature urbaine est constituée par une grande métropole au sommet, la
capitale généralement, qui écrase de tout son poids un semis de petites et
moyennes villes plutôt marquées par une forte ruralité. A l’instar des villes
européennes, ces grandes villes connaissent aussi un phénomène de
périurbanisation intense. A Libreville, les efforts de réorganisation et de contrôle
de l’extension de la ville n’ont pas réussi à arrêter ce phénomène. Vennetier
(1992) a fait remarquer qu’il s’agit d’une « urbanisation sauvage » à l’échelle de
toute l’agglomération, et contre laquelle l’administration est en fait, sinon en
droit, quasi-impuissante. Elle rend presque impossible l’installation
d’équipements collectifs (distribution d’eau et d’électricité, écoulement des eaux
usées) et ce mode d’occupation (sans titre en général) qui fait peser sur leurs
auteurs une incertitude permanente, ne les pousse pas à accorder beaucoup de
soins à la construction. C’est ici le triomphe du matériau de récupération
(planches de caisses, tôles de fûts déroulées, chutes de sciage ou de déroulage,
morceaux de toile goudronnée) qui permettent de bâtir des « cases-arlequins »,
rapiécées et de guingois, dont l’aspect cependant est rarement misérable. Ce
genre de paysage se retrouve à la périphérie de certaines villes africaines (Accra,
Lomé, Brazzaville, Cotonou, Bamako, Ouagadougou, Abidjan, etc.). Concernant
Lomé, Nyassogbo (2007) souligne que la dynamique que connaît cette ville
constitue une véritable menace pour les populations qui avaient fondé leurs
villages tout autour. La menace est d’ordre démographique, car il s’agit de la
recomposition et du laminage de ces populations qui ne se reconnaissent plus sur
leur propre territoire. La population est désormais hétérogène et cosmopolite à
l’image des grandes villes. La deuxième forme de menace est liée aux
bouleversements et aux changements socio-spatiaux introduits par l’urbanisation
22

à travers les fortes mobilités résidentielles intervenues surtout depuis le début


des années 1990. Le territoire auquel s’identifiaient les populations autochtones
a subi d’importants changements, dont l’illustration la plus parfaite est la
transformation profonde de l’habitat et de l’émergence de nouvelles activités
urbaines. Dans la cohabitation de la population actuelle, s’observe une véritable
proximité physique, mais une distance sociale très remarquable. Les anciens
villages, qui pendant longtemps avaient tourné le dos à Lomé, ne sont plus des
« villages ethniques » ou « exclus », coupés de la capitale. Ces périphéries de
Lomé, de plus en plus pénétrées d’urbanité, ne peuvent plus être gérées par la
préfecture comme des villages.

Le phénomène de périurbanisation ne se remarque pas seulement dans les


grandes villes ; il a commencé par gagner les villes moyennes de l’Afrique
tropicale. Il importe alors d’étudier aussi la spécificité de la périurbanisation des
villes moyennes dont Porto-Novo, la capitale administrative du Bénin.

La ville de Porto-Novo bénéficie, depuis la période coloniale jusqu’à nos


jours, de quelques infrastructures (édifices publics, marchés, hôpitaux,
établissements scolaires et universitaires, routes, etc.) indispensables au
fonctionnement de son appareil administratif. Elle joue un rôle fondamental dans
les activités d’échange avec la ville de Lagos et de Cotonou. Compte tenu de sa
position par rapport au Nigeria, elle assure les fonctions d’entrepôt, de transit et de
distribution faisant vivre un nombre impressionnant de personnes. La ville dans
son extension déborde son cadre primitif de la période précoloniale et coloniale,
envahit les villages et les campagnes qui l’entourent et même les périphéries
environnantes naguère individualisées que sont les communes d’Avrankou,
d’Adjrara, d’Akpro-Missérété, de Sèmè-Kpodji et même de Dangbo qui sont
progressivement transformées en zones résidentielles. Certaines de ses
infrastructures sont installées dans ces communes. Ces milieux ruraux englobés par
la ville dans son extension constituent aujourd’hui de véritables quartiers
23

périurbains. Dès lors, ces localités attirent sans cesse les populations et contribuent
à une uniformisation du mode de vie entre urbains et ruraux. Ainsi, Porto-Novo
polarise sa région. Le développement des transports, surtout des taxis-motos
accentue le phénomène. Pendant longtemps, la ville a exercé sur ces milieux
environnants des rapports de domination. Aujourd’hui gagnés par l’urbanisation,
ces espaces se transforment et changent de rôle. Les rapports ne sont plus les
mêmes. Jadis pourvoyeurs de produits agricoles, à présent ils en sont aussi
consommateurs; « cette extension (comme nous l’avons dit plus haut en citant
Paulet) pose le problème du rapport villes – campagnes en termes très différents
car l’interpénétration des champs, des friches et des zones construites devient la
règle » (Paulet, 2000). C’est justement la dynamique de cette périurbanisation qui
est l’objet de notre étude. Partant de cette réalité, certaines questions viennent à
l’esprit :

‐ Quels sont les critères de différentiation spatiale du phénomène de la


périurbanisation de Porto-Novo ?
‐ Quelles sont les limites spatiales de ce phénomène ?
‐ Quels sont ses facteurs explicatifs ?
‐ Quels sont les impacts de cette périurbanisation de Porto-Novo sur les
activités socioéconomiques et sur l’environnement ?
‐ Quel est le devenir de cette périurbanisation de Porto-Novo ?

C’est pour tenter de répondre à ces interrogations que cette étude centrée sur
« la périurbanisation de Porto-Novo : dynamiques et impacts environnementaux »
est réalisée.

1.2-REVUE DE LA LITTERATURE
Etape importante de tout processus de recherche scientifique, la recherche
documentaire concerne surtout les documents écrits ou graphiques liés au thème.
En effet, grâce à l’existence des bibliothèques, des centres de documentation,
24

des archives des institutions publiques et privées et des sites de l’Internet, des
livres, thèses, mémoires, rapports, articles, revues, journaux, etc. ont été
consultés. Le milieu urbain et périurbain est un milieu complexe qui a fait
l’objet de nombreuses études de la part des géographes, historiens, économistes,
sociologues et des administrateurs sur nombre de plans. Grâce à ces auteurs, la
dynamique des milieux périurbains et ses impacts environnementaux ont été
étudiés. La littérature consacrée à l’étude de ces espaces dans le monde est
abondante.

1.2.1- De l’explosion urbaine à la création des espaces périurbains


• Dans les pays développés
Bouhet (2006), dans sa thèse intitulée Crolles « transports publics et
structuration de l’espace périurbain : méthode d’aide à la décision pour
l’implantation d’un tram-train. Exemple d’application de Grenoble à (moyenne
vallée du Grésivaudan) en France », a montré que la périurbanisation s’est
traduite avec le temps par un déséquilibre dans la répartition spatiale de
l’occupation du sol. Les espaces périurbains accueillent avant tout les fonctions
habitats alors que les fonctions activités restent concentrées dans les
agglomérations. Cette séparation des fonctions a entraîné un fort développement
des flux pendulaires. L’accroissement de la distance entre le lieu d’habitation et
le lieu de travail rend l’usage de la voiture individuelle pratiquement
indispensable d’autant plus que la desserte traditionnelle en transports publics
n’est pas adaptée à ces espaces à faible densité urbaine. Ainsi, l’absence de
transports collectifs permanents favorise de nombreux dysfonctionnements
(ralentissements sur les axes principaux, pollution, ségrégation sociale…). Le
tram-train, véhicule hybride entre le tramway et le train, apparaît comme étant le
moyen de transport le plus pertinent qui assure sans rupture de charge, grâce à
une interconnexion entre le réseau ferré national et un réseau ferré urbain, des
liaisons ferroviaires entre une agglomération et ses zones périurbaines.
25

Pour Paulet (2000), la très rapide évolution des techniques dans les pays
développés remet sans cesse en question les conditions du développement
périurbain. Les modèles classiques (radioconcentriques, polynucléaires, etc.)
sont souvent antérieurs à 1950. La domination grandissante des services, la
désindustrialisation des centres modifient les fonctions, les formes, les
localisations. Avant la Seconde Guerre Mondiale, l’essor de la grande industrie,
à la fin du XIXe siècle, entraîne la formation d’une première couronne
suburbaine qui s’étend d’une manière spontanée et désordonnée mêlant usine et
habitat ouvrier pavillonnaire. Depuis cette guerre, la rapide transformation des
produits, des techniques liées à une progression forte des populations des villes,
bouleverse les conditions du développement. Les industries sidérurgiques,
chimiques, lourdes en général, vont chercher d’autres sites. La circulation, les
nuisances gênantes provoquent le départ des entreprises vers des lieux plus
éloignés. La désindustrialisation dans les pays développés correspond à la
diminution de la population ouvrière au profit des services. Il se produit donc,
surtout après les années 50, une périurbanisation plus lointaine encore avec une
mutation fonctionnelle. Les centres perdent de nombreuses activités industrielles
après rénovation et les entreprises recherchent désormais des sites adaptés aux
impératifs de la mondialisation. L’extension des villes provoque un étalement
des agglomérations soit incontrôlé, soit organisé : on assiste ainsi à une mobilité
croissante des habitants, à une dissociation logement-lieu de travail et à
d’insolubles problèmes de transport.

Pelletier et Delfante (2000) soulignent que l’étalement généralisé des


villes devenues des métropoles a pour conséquences une perte d’identité dont la
cause est à rechercher dans la dilution des limites et dans l’absence
d’architecture d’ensemble. Par ailleurs ils ont montré que l’explosion de la
capitale d’Espagne, Madrid, est en proie à une croissance encore largement
incontrôlée. La couronne extérieure croît plus vite. Ce qui est générateur de
26

graves problèmes. Dans ces espaces périurbains, le taux de chômage est très
élevé (25 % de la population active avec un plus fort pourcentage chez les
jeunes). Ce taux du type des pays sous-développés observé à Madrid a favorisé
l’existence d’une économie souterraine parallèle à l’officielle (les petits métiers
occasionnels ou non et les petits commerces). C’est l’un des traits
caractéristiques des villes méditerranéennes telles que Naples, Athènes, Palerme
ou Séville.

Pinchemel (1992), quant à lui, observe que l’image urbaine des pays
développés a été celle d’un habitat concentré qui tirait de la proximité des lieux
d’activités et des lieux de résidence des habitants, et qui parfois se protégeait du
monde extérieur par des enceintes, des murailles. La croissance urbaine se
développait toujours de façon concentrée, la coalescence des pôles urbains
engendrant des phénomènes de faubourgs et de banlieues étroitement
dépendants de la ville-mère, la formation d’agglomérations, de conurbations.
Les mutations dans les moyens de transport, la généralisation des transports
individuels, l’automobile en particulier, ont induit une autre dimension urbaine
en permettant une « urbanisation des campagnes ». L’urbanisation s’est ainsi
transformée, occupant de larges territoires de façon dense ou diffuse. Dans le
premier cas, des régions urbaines, des mégalopoles se sont constituées. Dans le
second cas, la diffusion urbaine a suscité la « rurbanisation », le « mitage » des
espaces ruraux.

Contrairement aux pays sous-développés, Merlin (1991) souligne qu’au-


delà même des villes, il ne faut pas perdre de vue que le mode de vie urbain tend
à s’imposer au moins dans les pays développés, même à ceux qui résident à la
campagne et qui ont adopté les activités, les loisirs, les habitudes des citadins.
D’ailleurs, sur le plan spatial lui-même et par endroits, la distinction entre le
monde urbain et le monde rural est de plus en plus délicate à opérer. La
croissance urbaine n’est pas prête de se terminer même si la croissance
27

démographique est ralentie dans les pays développés, elle est entretenue par
l’augmentation d’espace par habitation. Mais les pouvoirs publics, au moins
dans les pays développés, ont les moyens de les maîtriser. Pour ce faire, il faut
une volonté politique réelle et non pas seulement un regard rivé sur le baromètre
électoral.

• Dans les pays d’Afrique au sud du Sahara


Nyassogbo (2003), dans son étude sur « le processus d’urbanisation,
dynamique urbaine et difficultés d’émergence des villes secondaires du Togo »,
conclut que l’urbanisation en Afrique au sud du Sahara est dans son ensemble
un fait colonial. Ponctuelle et faible au départ, elle deviendra après
l’indépendance massive et rapide avec un taux d’urbanisation relativement élevé
qui surpasse celui des pays développés. Cette dynamique est à l’origine des
problèmes urbains. Ces problèmes que pose la gestion de l’espace urbain ont un
dénominateur commun : la pauvreté du plus grand nombre dans les villes. C’est
cette pauvreté qui empêche les citoyens des villes de se loger décemment, de
consommer l’eau potable et de vivre dans un environnement sain et salubre. Il
fait remarquer le phénomène de macrocéphalie urbaine des capitales africaines
en mettant l’accent sur le développement exagéré de la capitale togolaise qui
rend difficile l’évolution des autres centres urbains surtout les plus proches :
Anèho, Tsévié, Kpalimé. Même Kara, la capitale régionale du septentrion
n’échappe pas à l’emprise de Lomé. Les difficultés d’émergence de ces villes
secondaires sont surtout liées au manque de fonctions économiques capables
d’impulser le développement urbain et celui de l’arrière pays. En 2020, les
togolais seront près de 9 millions, dont près de 4,5 millions de citadins. Les
nombreux problèmes urbains qui se posent déjà et auxquels on trouve
difficilement des solutions vont se multiplier et seront encore plus graves. Pour
résoudre ces problèmes, les autorités prônent la politique de décentralisation.
Une véritable politique d’aménagement du territoire, avec des moyens
28

appropriés, doit être mise en place, afin de réduire les graves disparités socio-
spatiales qui caractérisent le pays.

Le compatriote de Nyassogbo, Dziwonou (2000), pense que Lomé, à


l’instar des villes africaines connaît une urbanisation accélérée. Dans son étude,
il présente quelques traits qui singularisent cette forme d’urbanisation. En effet,
il met en relief le mécanisme de fonctionnement de la production spatiale dont
les problèmes fonciers constituent l’épine dorsale. Pour régler ces problèmes, il
propose la géomatique cadastrale comme un outil d’aide, de gestion et de
décision des problèmes d’utilisation du sol et d’autofinancement des
investissements urbains.

Biakouye (2007) dans son article « dynamique urbaine et mutations


économiques et spatiales dans la zone périphérique nord de Lomé » a fait
remarquer que l’un des traits sociaux les plus marquants du Togo postcolonial
est la périurbanisation en cours, notamment dans la partie nord et nord-ouest de
Lomé. Elle est l’illustration la plus évidente de cette impressionnante dynamique
démographique et spatiale de la capitale togolaise. Ses principaux facteurs
d’évolution (le blocage du système foncier au centre-ville, les atouts du site et la
constitution de grandes réserves foncières publiques) ont fait de la grande
périphérie nord et nord-ouest de Lomé, avec les bourgades d’Adidogomè et
surtout d’Agoènyivé, un important pôle de croissance spatiale et économique
émergent. Par ailleurs, il a expliqué que ces espaces en permanente croissance
ont toutes les chances de voir leur poids, leur rôle et leur importance se renforcer
et s’étendre à d’autres domaines où ils peuvent devenir de véritables enjeux.

Vennetier (1992), dans son ouvrage sur les villes d’Afrique, observe que
le « bourgeonnement » permanent de nouveaux quartiers à la périphérie de la
ville est le fruit d’un phénomène bien particulier : une grande mobilité
résidentielle des citadins. En effet, ce ne sont pas les ruraux déracinés qui
s’installent en masse aux portes de la ville ; dans leur majorité, les migrants
29

quittant leurs villages sont accueillis par des parents déjà urbanisés, de qui ils
reçoivent l’hospitalité que les traditions sociales imposent. Quant aux autres, soit
ils sont hébergés chez des « frères de race », soit ils louent une chambre. Dans la
majorité des cas, ce sont les quartiers les plus anciens (péricentraux) qui
remplissent cette fonction d’accueil provisoire. Cette situation durera plus ou
moins longtemps, puis le néo-citadin cherchera à s’installer ailleurs, afin de
bénéficier d’une plus grande indépendance et de conditions de vie moins
pénibles. Il ne trouvera à louer une « case » que dans un quartier plus éloigné du
centre, et son souci principal sera alors, à force d’économies, d’acheter une
parcelle, un « carré », pour y faire bâtir une maison et être enfin « maître chez
lui ».Il ne le trouvera guère que dans les quartiers « jeunes » de la zone
périphérique.

Aussi Okou et al. (1992) dans leur étude sur la gestion des milieux urbain
et rural ont montré que l’urbanisation en Afrique et au Bénin n’a pas toujours été
suivie d’une politique de viabilisation et d’équipement des espaces urbanisés. Il
se pose donc à ces milieux des problèmes de gestion des déchets, de ressources
en eau, d’organisation de l’espace, de voirie, etc.

N’Bessa (1997) dans sa thèse d’Etat s’est intéressé à l’évolution du


doublet urbain que constituent les villes de Cotonou et de Porto-Novo. Il a
analysé l’évolution de ces deux métropoles du sud du Bénin en déterminant les
fondements de leurs rôles complémentaires. Porto-Novo n’est ni une ville
industrielle ni un centre de grand commerce international. Ses activités
économiques sont fondées sur un commerce tourné essentiellement vers le
Nigeria et alimenté en grande partie par la contrebande alors que Cotonou
bénéficiant des structures économiques essentielles, profite de sa position de
ville-carrefour (point de rencontre des voies ferroviaires et des voies routières
nationales et internationales), de son port et de son aéroport. Ainsi la capitale
administrative est supplantée par la ville portuaire, mais qui toutefois garde son
30

titre officiel. Par leur fonction complémentaire, ces deux villes attirent sans
cesse de nombreux immigrants dont la plupart s’installent dans les périphéries
urbaines.

Mondjannagni (1977) dans thèse d’Etat, a décrit les relations entre villes
et campagnes au sud du Bénin. Il a montré le rôle économique, politique et
culturel que joue la ville de Porto-Novo en tant que grand marché de
consommation des produits agricoles et pôle d’attraction pour les populations
rurales de la partie méridionale du pays.

Déjà Akindele et Aguessy (1953) dans leur publication à l’IFAN


mettaient l’accent sur l’origine du royaume de Hogbonou et de son organisation
administrative.

Quant à Domingo (2007), il s’est occupé à analyser la recomposition


spatiale de la région urbaine du littoral du Bénin à travers les dynamiques
urbanisantes, c’est-à-dire les processus aboutissant à la production de l’urbain. Il
s’est aussi appesanti sur les conséquences de cette urbanisation non maîtrisée
par le pouvoir public sur l’environnement de cette région littorale. Il a mis
l’accent de façon globale sur la périurbanisation à Ouidah, Cotonou et Porto-
Novo. Dans son développement, il a montré que la vitesse de la périurbanisation
à Ouidah est plus lente que celle constatée à Porto-Novo.

Au terme de son étude sur les quartiers périurbains à l’est de Cotonou,


Dahito (2008) a constaté que l’absence d’une planification rigoureuse et la non
maîtrise des mécanismes de gestion foncière pendant une longue période ont
compromis le développement harmonieux de certains quartiers. Ainsi, le
phénomène de périurbanisation qui s’est développé à un rythme très accéléré a
englobé presque tous les villages toffin. Il a même gagné des marécages et des
secteurs d’accès très difficiles qui, pour la plupart, sont soumis aux inondations
saisonnières dont les conséquences socioéconomiques aggravent les conditions
31

de vie déjà précaires des populations résidentes. Son mémoire met donc en relief
les aspects que soulèvent les problèmes de gestion et d’aménagement desdits
quartiers en général et du problème administratif en particulier. En effet, le
développement desdits quartiers se fait sur un espace qui échappe
administrativement à la commune de Cotonou. Il précise qu’à long terme, il
importe d’étudier à fond la question de la limite administrative réelle de
Cotonou dont les activités se développent de plus en plus vers l’est (parcs
automobiles, unités industrielles…) au détriment du département de l’Ouémé.
L’élaboration et la mise en œuvre d’une telle entreprise relèvent des autorités
politico-administratives puisque le phénomène de périurbanisation au sud du
Bénin pose le sérieux problème de l’intercommunalité.

Ahoyo (1976) en étudiant l’évolution du doublet urbain Abomey


Bohicon, a montré que les caractéristiques historiques et commerciales
constituent respectivement les déterminants essentiels de l’évolution de la ville
d’Abomey et de Bohicon. Par ailleurs, il a expliqué la complémentarité des
fonctions de ces deux villes. Dans le même sens Togbé (2007) a montré que la
croissance démographique actuelle de ces deux villes est en inadéquation avec
l’extension des réseaux d’adduction d’eau potable. Par conséquent, la
disponibilité de l’eau pour la satisfaction des besoins de la population urbaine de
ces deux villes est devenue un problème crucial. Elle a des impacts sur la vie des
populations et sur les activités économiques.

Gbadamassi (2005) a mis l’accent sur les relations d’interdépendance


entre le milieu rural et la ville de Porto-Novo, en l’occurrence les flux afférents
aux migrations alternantes. Toujours sur cette ville, Foudohou (2005) observe
que malgré une faible croissance démographique, Porto-Novo connaît une
croissance spatiale remarquable qui s’effectue par l’étalement de la ville vers sa
périphérie avec l’engloutissement des zones jadis rurales. A partir de l’exemple
32

du quartier Tokpota II loti en 1992, elle a montré les facteurs déterminants de


l’urbanisation de ce quartier périphérique.

Pour sa part, Vifan Sebo (2007) explique les facteurs de la forte


croissance démographique de l’arrondissement de Godomey en analysant les
projections démographiques de cette périphérie urbaine de Cotonou sur les
quatre prochaines années et les prospections de la demande sociale en
infrastructures, surtout scolaires et sanitaires. L’arrondissement qui jadis était un
milieu agricole est devenu un milieu périurbain où on note la disparition presque
totale des activités agricoles.

Quant à Kouhoudé (2007), il dégage des études faites sur l’évolution des
espaces périurbains au sud-ouest de Cotonou, la transformation de l’économie
traditionnelle des villages de Cocotomey et de Dèkoungbé. En effet,
l’agriculture, la pêche, l’artisanat (la forge, la poterie, la sculpture, etc.) ont
laissé place au commerce des produits manufacturés, la menuiserie, la
mécanique, la prolifération des cabines téléphoniques, etc. L’arrivée des citadins
a favorisé aussi l’implantation des infrastructures de ville dans ces villages tels
que les stations services, les centres de formation des nouvelles technologies de
l’information, les banques, les centres de santé privé.

1.2.2-Foncier dans le développement des espaces périurbains


La croissance urbaine ne s’appréhende pas seulement à travers les chiffres
de population. Elle prend aussi la forme d’une croissance spatiale qui résulte de
la combinaison de la croissance démographique et de l’augmentation de la
consommation d’espace par individu. En effet, s’agissant du foncier les
recherches faites par Tognon (2007) ont révélé que, dans l’Arrondissement
d’Ekpè (commune de Sèmè Kpodji), autrefois la terre était considérée comme
un bien collectif, sacré et inaliénable. Avec la monétarisation de l’économie et
sous l’effet de plusieurs facteurs, il s’est développé un marché foncier dans cet
33

arrondissement favorable à la poussée démographique et aux activités des


différents secteurs de l’économie grâce à ses conditions naturelles et sa situation
géographique. Les conditions naturelles sont de moins en moins favorables au
développement agricole. La dégradation des sols est assez rapide. Le monde
rural est en crise. Le problème d’accès aux terres cultivables est préoccupant, ce
qui fait que les paysans ne comptent plus uniquement sur l’agriculture pour
vivre. Avec la proximité du Nigeria, les paysans sont de plus en plus tournés
vers les activités de commerce et de services. La transformation progressive de
cet espace rural en un espace urbain engendre beaucoup de déséquilibres social,
économique et environnemental.

Vigan (2007) estime, dans son étude sur la structuration spatiale et


impacts des marchés fonciers sur l’urbanisation à Porto-Novo : cas des quartiers
Tokpota II et Akonaboè, que le foncier se caractérise dans cette ville par une
insécurité déplorable. Cette insécurité est liée au dualisme de deux régimes
fonciers (coutumier et moderne), aux nombreux litiges et à la spéculation
foncière galopante. Cette situation est l’une des difficultés d’urbanisation que
connaît la ville malgré tous les efforts déployés depuis la période coloniale.

Tous ceux qui ont étudié la croissance urbaine et le développement de


l’espace périurbain sont unanimes sur le rôle primordial joué par les transports
urbains, notamment les taxis motos dans la ville de Porto-Novo.

1.2.3-Transport dans le développement des espaces périurbains

Guézéré (2008), dans son étude sur les taxis motos à Lomé, identifie trois
types d’acteurs : d’abord en amont (les vendeurs de motos, des pièces détachées,
les pouvoirs publics, les distributeurs de carburant), ensuite au centre les acteurs
principaux (les propriétaires, les conducteurs de moto, et les associations
syndicales) et enfin en aval les usagers. Il met l’accent sur l’importance de ce
mode de transport dans le développement de l’économie urbaine et dans la
34

mobilité. Il constitue un important facteur du développement de l’espace


périurbain. En effet, à cause de leur mobilité permanente, de leur rapidité et de
la souplesse des prix pratiqués, les taxis motos ont contribué à une meilleure
desserte de l’espace urbain et périurbain et permis une accessibilité généralisée
aux fonctions. En ce qui concerne les revenus générés et les emplois créés, le
bilan des taxis motos paraît globalement positif en ce sens que le secteur est un
excellent pourvoyeur d’emplois directs et indirects aux populations et une
importante source de revenus pour l’Etat. Mais pour lui, ce bilan positif doit être
relativisé parce qu’il masque de graves externalités négatives sur le plan
environnemental et sécuritaire, préjudiciables au développement.

Abondant dans le même sens, Kombieni (2007) à travers son étude sur les
« dynamiques urbaines et conditions de mobilité des populations dans le secteur
Cotonou-Calavi » estime que le transport para-collectif satisfait aujourd’hui
dans son secteur d’étude 81 % de la demande en déplacement, soit 60 % pour les
taxis motos, 17 % pour les taxis ville et 3,1 % pour les minibus. Par ailleurs, il a
montré que plus de la moitié des déplacements urbains s’effectue à l’Ouest de
Cotonou, notamment vers la périphérie urbaine c’est-à-dire Godomey et
Abomey-Calavi surtout où les taxis ville concentrent l’essentiel de leur trafic, ce
qui participe à la dynamique actuelle de l’extension de la ville de Cotonou.

Pour Aholou (2007), dans son article intitulé « proximité spatiale et


diffusion des modes de vie : les taxis-motos de Cotonou et Lomé » a montré que
ce mode de transport qui a commencé vers 1929 dans la ville de Kaolack au
Sénégal a connu la même évolution qu’au Bénin, à partir du vélo pour
déboucher sur les motos. De Kaolack à Lomé en passant par Porto-Novo et
Cotonou, il retient qu’au cœur des villes, au plus profond des campagnes, dans
les incertaines traverses périurbaines, des groupes produisent leurs transports
collectifs ou individuels en absence de toute offre publique de transport urbain.
La triple crise économique, politique et sociale des années 1990 a favorisé la
35

diffusion du taxi-moto comme mode de mobilité urbaine à Lomé. Cotonou et


Lomé ne sont pas seulement proches dans l’espace, elles le sont également au
plan culturel. Le taxi-moto constitue un facteur de nivelage social entre les
citadins, car la clientèle des taxis-motos à Cotonou comme à Lomé appartient à
toutes les couches sociales. Sur la moto, il est difficile de faire une
différentiation sociale. Une fois la course terminée, les distances
socioculturelles reprennent alors leur droit dans la cité.

Dagbéto (2008), qui a travaillé sur le « transport urbain dans le


développement socioéconomique de la ville de Porto-Novo », a fait remarquer
que bien que jouissant d’un site favorable à l’installation des infrastructures
routières, la ville souffre d’une insuffisance notoire des moyens de transports.
Des ravins où stagnent les eaux pendant les saisons de pluies, des nuages de
poussières qui empêchent une bonne visibilité durant les saisons sèches,
l’insuffisance des voies asphaltées, aggravent les problèmes déjà cruciaux que
les axes de circulation sinueux et très exigus posent aux transports urbains. Cette
situation a provoqué à Porto-Novo l’émergence et l’augmentation dramatique
des véhicules à deux roues appelés « zémidjan » qui, malgré ses avantages,
exposent les populations à l’insécurité.

Ainsi, Gouchola (2006) dénombre 214 cas d’accidents occasionnés par les
zémidjan dans la ville de Porto-Novo en 2004 contre 305 pour les véhicules à
quatre roues. Les zémidjan constituent alors la seconde source d’insécurité après
les véhicules à quatre roues.

Il ressort de la revue de la littérature que les villes aussi bien béninoises


qu’africaines ou mondiales sont confrontées à d’importantes difficultés. Leur
gestion s’avère difficile et leur extension non maîtrisable. Les différents auteurs
ont mis en exergue dans leurs mémoires, études, articles et thèses les divers
facteurs de l’urbanisation, les caractéristiques de l’espace urbain, la gestion des
déchets et leur impact sur le sol, l’air, l’eau et sur la santé des hommes. Ils ont
36

montré la dynamique urbaine, les fonctions de la ville et les diverses mesures


prises à l’encontre des différentes pollutions et des maladies contractées par
l’homme dans ces milieux. La périphérie urbaine n’a pas été laissée pour
compte. Quand on ajoute à toutes ces études, les séminaires de formation, les
tables rondes, les ateliers nationaux et les conférences internationales, nous ne
pouvons pas dire que le domaine que nous étudions est tout vierge. En ce qui
concerne notre cadre d’étude, il n’y a que quelques travaux exploratoires et
épars portés sur quelques quartiers. Cependant pour l’instant, il n’y a aucune
recherche de niveau doctoral ayant fait une analyse approfondie du phénomène
ou uniquement consacrée à l’espace périurbain. Aucune importante étude n’est
faite sur cette partie en mutation de la ville prenant en compte toute la périphérie
urbaine. Au-delà du développement que tout le monde voit, il faut montrer la
structuration de l’espace périurbain, la progression du front urbain, ses facteurs
dynamisant et leurs impacts sur l’environnement par une meilleure connaissance
des mécanismes de dégradation qu’engendre une périurbanisation rapide mal
contrôlée sur les milieux de vie et sur la santé des citadins. Seule une thèse de
doctorat peut relever ce défi. C’est pour pallier cette insuffisante que nous nous
sommes intéressé à ce thème.

1.3-CLARIFICATION DES CONCEPTS ET THEORIES

1.3.1- Clarification des concepts


Pour une bonne compréhension de ce thème retenu pour la présente étude,
il importe de clarifier certains concepts qui sont utilisés :

Urbanisation
Selon le Dictionnaire Universel (1995) « c’est l’action d’urbaniser
(transformer) l’espace rural en un espace à caractère urbain, par la création de
routes, d’équipements, de logements, d’activités commerciales et industrielles,
etc. ».
37

Les processus en rapport avec cette transformation sont groupés dans le


cadre global de l’urbanisme. En effet, l’objet de l’urbanisme est de réaliser le
cadre le plus adapté, le plus fonctionnel pour la vie de l’homme dans la ville. Le
terme d’urbanisme a un sens plus large et on peut l’appliquer à tous les
regroupements humains, à toutes les agglomérations même d’importance
modeste.

Quant à Havlick cité par Pigeon (1994) « l’urbanisation résulte des forces
contemporaines qui poussent à l’agrégation des populations et des ressources
dans l’espoir de développement économique, culturel et social. »

Pour George (1970), au sens strict, c’est le processus de développement


des villes et de concentration de la population dans les villes. Deux acceptions
dérivent de cette définition. Celle qui paraît adaptée à notre étude est la
transformation d’un espace rural suburbain ou périurbain en espace urbain sous
l’influence de la croissance démographique et spatiale de la ville.

Suburbanisation
C’est le développement de populations rurales qui n’ont rien à faire avec
le travail de la terre. Elles vivent dans les campagnes mais ont leur occupation
en ville où des migrations pendulaires les conduisent chaque matin et les
ramènent chaque soir (Beaujeu-Garnier et Chabot, 1970).

Pour George (1970) « C’est un processus d’extension des phénomènes de


banlieue au détriment des espaces ruraux périurbains».

Banlieue

C’est un concept difficile à définir. Nous allons prendre dans le cadre de


cette étude la définition proposée par Beaujeu-Garnier (1970) : « la banlieue est
la ville aux prises avec la campagne qui l’entoure ».
38

Conurbation
Selon le Dictionnaire de la géographie (George ,1970) : la conurbation est
un groupe de villes associées dans un système hiérarchisé comportant, autour
d’un centre détenant le pouvoir de direction, un ensemble de villes ayant, soit
chacune une spécialité fonctionnelle, soit une autonomie d’activités complètes à
un niveau qualitatif inférieur à celui du centre principal. Une conurbation se
présente de manière cartographique comme un ensemble de villes ou
d’agglomérations proches les unes des autres, souvent jointes par des rubans
d’urbanisation longeant les grandes voies de relation, mais nettement
individualisées, polarisées sur un noyau principal.

Agglomération

C’est une notion plus étendue que celle de la ville, plus précise que celle
de la banlieue. En effet, c’est l’ensemble d’une ville et du territoire urbanisé qui
l’entoure et dépend de ses services centraux et de son appareil de gestion
économique : la ville et sa banlieue. Par définition, une agglomération est un
agrégat administratif, associant les institutions communales de la ville mère et
celle des communes morphologiquement et fonctionnellement intégrées. Dans le
cadre de cette étude, l’agglomération de Porto-Novo prendra en compte la ville
de Porto-Novo elle-même et les communes voisines.

Périurbanisation

Pour appréhender le phénomène de périurbanisation, plusieurs définitions


sont données par différents auteurs spécialistes de la question urbaine. Selon
Brück cité par Baloubi (2009) : « la périurbanisation est une expansion, une
croissance de la ville vers ses campagnes environnantes mais qui, à la
différence de la banlieue traditionnelle agglomérée à la commune-centre, se
fait de manière diffuse dans un espace qui garde partiellement son caractère
rural ». Pour Chapuis (1995), c’est un « espace intermédiaire, mi-rural, mi-
39

urbain, qui entoure aujourd’hui (…) la quasi-totalité des agglomérations


urbaines. Cet espace reste rural par son paysage, où dominent encore cultures,
prairies et forêts, par la densité relativement faible de sa population, due à la
présence quasi-exclusive de maisons individuelles. Cet espace est cependant
fonctionnellement urbain : une forte majorité de la population travaille dans
l’agglomération, y fait une grande partie de ses achats et y trouve la plupart de
ses services ». A travers ces définitions, on peut retenir que la périurbanisation
est l’urbanisation périphérique à la ville agglomérée mais liée à elle
géographiquement, économiquement ou sociologiquement et qui se fait en
dehors d’elle.

Mitage
C’est la dissémination spontanée ou insuffisamment contrôlée de
constructions implantées dans des zones rurales ou en périphérie des
agglomérations, entraînant une détérioration du paysage et des risques de
pollution du milieu naturel. C’est une forme de périurbanisation.

Couronne périurbaine

C’est l’espace périurbain qui entoure la ville agglomérée où les bâtis sont
plus ou moins contigus.

Ville

La ville est un concept difficile à définir. Dans toutes les régions du globe,
la ville a été de tout temps un fait de civilisation, alors qu’il y a autant de
peuples que de civilisations. Ainsi, il n’est pas aisé de donner une définition
précise à cette notion. Les critères de définition varient d’un pays à un autre.

D’une manière générale, le caractère commun des villes est d’être des
centres de concentration des populations vivant essentiellement d’activités
économiques non agricoles. Pour Beaujeu-Garnier (1970) « une ville doit être
40

une agglomération dense, d’une dimension suffisante ». Pour George (1970)


c’est un « groupement de population agglomérée défini par un effectif de
population et par une forme d’organisation économique et sociale ».

Au Bénin la définition de la ville a évolué dans le temps.

En effet, en 1978, lors de la première réforme de l’administration


territoriale, le Bénin a été découpé en quatre vingt quatre districts dont les chefs-
lieux ont été érigés en centres urbains. Un grand nombre de ces chefs-lieux
étaient des villages qui ne répondaient pas aux critères de définition d’une ville.
C’est en 1979 au cours du RGPH au Bénin qu’une définition a été retenue pour
distinguer des villages des villes. Ainsi, la ville est « toute agglomération
comptant 10.000 habitants ou plus et ayant au moins quatre des infrastructures
suivantes : poste et télécommunications, service de perception, trésor public,
agence bancaire, adduction d’eau, électricité, centre de santé et collège
d’enseignement secondaire cycle long » (INSAE-BCR, 1987).

Lors du RGPH de 1992, le critère de ville a subi quelques modifications.


Les villes sont alors « les circonscriptions urbaines de plein exercice et les
chefs-lieux de sous-préfecture dont les communes urbaines abritent au moins
10.000 habitants ».

Ce concept , de nouveau modifié au cours du RGPH 2002, stipule qu’une


ville ou un centre urbain est une zone hétérogène qui regroupe tout chef-lieu de
commune ayant au moins 10.000 habitants et au moins une des infrastructures
ci-après : bureau de poste et télécommunications, bureau de recette perception
du trésor public, système d’adduction d’eau (SONEB), électricité (SBEE),
centre de santé, collège d’enseignement général avec second cycle, d’une part, et
tout chef-lieu d’arrondissement ayant au moins quatre infrastructures énumérées
ci-dessus et au moins 10.000 habitants (INSAE, 2003)
41

En ce qui concerne notre cadre d’étude il n’y a pas de doute, Porto-Novo


est une ville et l’une des plus grandes du pays.

Village
D’une façon générale, le village est une petite agglomération rurale. Selon
le Dictionnaire Universel (1995), « le village en Afrique est une agglomération
pouvant compter plusieurs milliers d’habitants, mais dont l’activité est
essentiellement agricole. Le village est le lieu privilégié des valeurs
traditionnelles ». Pour le géographe George (1970), « le village est une
agglomération rurale dont la population comporte une population
d’agriculteurs ».

Par rapport à l’espace périurbain, le village se distingue par sa grande


discontinuité spatiale et sa faible dimension. Il présente un paysage où le bâti
apparaît plus ou moins disséminé sur un fond de nature (champ, jachère, savane
etc.) qui occupe la majeure partie de l’espace.

Commune à statut particulier


Au Bénin, les communes à statut particulier sont au nombre de trois :
Cotonou, Porto-Novo et Parakou. Ces communes remplissent les trois critères
cumulatifs suivants :

- avoir une population de 100.000 habitants au moins ;

- s’étendre de façon continue sur une distance de 10 km au moins ;

- disposer de ressources budgétaires suffisantes pour faire face aux


dépenses de fonctionnement et d’investissement.

Ces communes sont en mesure d’être divisées en arrondissements ayant


trente mille (30.000) habitants au moins et subdivisés en quartiers de ville
(recueil des lois sur la décentralisation, 2000).
42

Ville secondaire
Une ville secondaire est un concept qui répond au critère de la ville fixé
par l’INSAE. Est considérée comme ville secondaire, une zone hétérogène qui
regroupe tout chef-lieu de commune ayant au moins 10.000 habitants et au
moins une des infrastructures ci-après : bureau de poste et télécommunications,
bureau de recette perception du trésor public, système d’adduction d’eau
(SONEB), électricité (SBEE), centre de santé, collège d’enseignement général
avec second cycle, d’une part, et tout chef-lieu d’arrondissement ayant au moins
quatre infrastructures énumérées ci-dessus et au moins 10.000 habitants
(INSAE, 2003).

Environnement
Depuis la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le
développement durable tenue à Rio de Janeiro (Brésil, 1992) l’environnement
est devenu une préoccupation majeure aussi bien des pays riches que des pays
pauvres. Cette conférence a montré les divergences entre les pays développés et
les pays en voie de développement. Les premiers ont un point de vue plutôt
biologique et sont surtout sensibles aux agressions dues aux pollutions et aux
nuisances, issues des activités industrielles ; les pays en voie de développement,
dans une perspective plutôt culturelle, mettent l’accent sur les aléas naturels et
sur les méfaits de la croissance urbaine et les modifications de l’environnement
se trouve au cœur de mouvement de pensée ; « L’intérêt des populations
citadines pour l’environnement requiert toute l’attention du géographe en ce
sens où les comportements humains, les décisions des pouvoirs publics, des
dirigeants d’entreprises contribuent à modifier la répartition des hommes, de
leurs activités comme le cadre physique dans lequel elles s’exercent »( Pigeon,
1994). Les géographes ont tenté de donner plusieurs définitions à
l’environnement. Celles qui paraissent adaptées à notre étude et qui se
complètent sont :
43

L’environnement est perçu comme l’ensemble des facteurs qui influent


sur le milieu dans lequel l’homme vit. Il constitue un système socio- écologique
combinant écosystème naturel et société humaine. Les interactions entre ces
deux sous-ensembles ne sont pas statiques mais en constant changement. Elles
reflètent une dynamique parsemée de crises et de turbulences. L’environnement
comprend trois éléments essentiels :

- la nature qui comprend les espèces physiques, les espèces végétales et


les espèces animales.

- les ressources naturelles telles que l’air, l’eau, les mines, etc.

- les sites et les paysages, notamment les paysages urbains et les paysages
ruraux ».

Quant à Merlin et Choay cités par Pigeon (1994), ils définissent


l’environnement comme « ensemble des éléments physiques, chimiques et
sociaux qui caractérisent un espace et influencent la vie d’un groupe humain ».

La définition que propose Beaujeu-Garnier (1980) souligne


l’interdépendance des différents éléments qui constituent
l’environnement : « l’environnement dans lequel se trouve placée la ville est le
résultat de l’action humaine parfois prolongée et multiforme sur un espace à la
fois proche et lointain…espace produit résultant du milieu physique et de
l’action ».

Pour finir, suivant les dispositions du chapitre 1, article 2 de la loi-cadre


sur l’environnement en République du Bénin (ABE, 1999) l’environnement est
défini comme étant : « l’ensemble des éléments naturels et artificiels ainsi que
des facteurs économiques, sociaux et culturels qui influent sur les vivants et que
ceux-ci peuvent modifier ».
44

Le terme « environnement » est généralement désigné par d’autres


vocables dont le cadre de vie. Dans le cadre de cette étude nous utiliserons
parfois le cadre de vie à la place de l’environnement.

Assainissement

L’assainissement, c’est l’action d’assainir, rendre sain ou plus sain, plus


pur. Cette action s’applique généralement à une ville, à tout ce qui est dégradé,
malsain, pollué en milieu urbain. En somme, l’assainissement s’applique aux
pollutions de divers ordres qui dégradent le cadre de vie urbain : pollution de
l’air, pollution de l’eau, pollution du sol, etc. Il s’applique aussi à tout ce qui
n’est pas conforme aux normes établies, tout ce qui n’est pas bon dans le
domaine économique et social qui porte atteinte aux échanges commerciaux ou
qui dégrade les mœurs. Ainsi on parle d’assainissement des finances publiques,
d’assainissement des mœurs.

En ce qui concerne la ville, l’assainissement consiste à débarrasser le


milieu urbain de tout ce qui est nuisible à l’homme, pour rendre le cadre de vie
agréable et paisible : assainissement des zones inondées et polluées d’une ville,
assainissement des quartiers pollués par des déchets industriels.

Pollution
D’après l’article 2 de la loi-cadre sur l’environnement en République du
Bénin (ABE, 1999), la pollution est définie comme : « toute contamination ou
modification directe ou indirecte de l’environnement provoquée par tout acte
susceptible :

- d’affecter défavorablement une utilisation du milieu profitable à


l’homme ;
45

- de provoquer une situation préjudiciable à la santé, la sécurité, au bien-


être de l’homme, de la flore et de la faune, ou à la sécurité des biens collectifs et
individuels ».

Il existe plusieurs types de pollution : pollution de l’air, de l’eau, du sol,


etc.

Polluant
Selon l’article 2 de la loi-cadre sur l’environnement en République du
Bénin (ABE, 1999) le polluant est « tout rejet solide, liquide ou gazeux, tout
déchet, odeur, chaleur, son, vibration, rayonnement ou combinaison de ceux-ci
susceptible de provoquer une pollution ».

Contaminant
D’après l’article 2 de la loi-cadre sur l’environnement en République du
Bénin (1999) un contaminant est une « matière solide, liquide ou gazeuse, un
micro-organisme, un son, une vibration, un rayonnement, une chaleur, une
odeur, une radiation ou toute combinaison de l’un ou de l’autre susceptible
d’altérer, au-delà des normes légales habituellement admises, la qualité de
l’environnement ».

Pollueur
Le pollueur est « toute personne physique ou morale qui, par son acte ou
son activité, provoque une contamination ou une modification directe ou
indirecte de l’environnement ».

Déchet
Selon le guide de l’environnement, le déchet est tout résidu d’un
processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance,
46

matériau, produit, ou généralement tout bien meuble abandonné ou que son


détenteur destine à l’abandon.

D’après le Conseil des Communautés Européennes, on entend par déchet,


toute substance ou tout objet dont le détenteur se défait ou a l’obligation de se
défaire en vertu des dispositions nationales en vigueur.

Enfin, selon l’article 66 de la loi-cadre sur l’environnement en République


du Bénin, on entend par déchet tout résidu d’un processus de production, de
transformation ou d’utilisation, ou tout bien meuble abandonné ou destiné à
l’abandon.

Déchets ménagers

Ils se composent des déchets solides fermentescibles, des déchets solides


non fermentescibles et des eaux usées (Kiki-Migan, 1994) :

- Les déchets solides fermentescibles sont les déchets qui se décomposent


facilement. Ils sont essentiellement des résidus culinaires, étroitement liés aux
habitudes alimentaires. Ils dépendent du mode et du niveau de vie des habitants.

- Les déchets non fermentescibles ne se décomposent pas et posent de


sérieux problèmes aux pays dont les revenus sont faibles, car ils ne peuvent pas
les transformer. Ce sont surtout les matières plastiques, les métaux.

- Les eaux usées sont constituées de l’eau de douche, de vaisselle et de


lessive. Elles sont directement jetées dans la cour, la rue, dans les fosses
septiques.

Gestion des déchets


La gestion des déchets est l’organisation de l’ensemble des opérations de
production, de pré-collecte, de collecte et de traitement des déchets (Kiki-
Migan, 1994).
47

- La pré-collecte : elle est l’opération se déroulant du ménage ou de la


poubelle jusqu’au dépotoir, au conteneur, ou à la poubelle posée devant la
maison.

- La collecte : elle se définit comme l’opération de transport des ordures


de la poubelle à une décharge. On distingue :

La collecte porte à porte qui comprend la collecte ordinaire ou collecte


ouverte, la collecte par bacs roulants, la collecte hermétique, la collecte par sac
perdu et la collecte par échange de récipient.

La collecte par point de regroupement.

La collecte par conteneur (containers).

-Le traitement des déchets : c’est une opération de destruction des germes
pathogènes et d’élimination physique des déchets.

Développement durable

Selon l’article 2 de la loi-cadre sur l’environnement en République du


Bénin (ABE, 1999), le développement durable est une « stratégie qui intègre la
dimension environnementale à celle du développement économique. Elle assure
de ce fait la satisfaction des besoins des générations actuelles sans
compromettre celle des générations futures ».

Aménagement du territoire
Constitué de deux mots essentiels : territoire et Aménagement, le concept
``Aménagement du Territoire’’ trouve son origine depuis l’apparition de
l’homme sur la terre. Il a évolué dans le temps selon les auteurs et leurs
spécialités.
48

Après les deux guerres mondiales et les différentes crises économiques


dont celle de 1929, le monde a pris conscience de la gravité des déséquilibres et
des dégâts causés à l’environnement.

Au lendemain de ces crises mondiales, grâce au mouvement de pensée en


faveur de l’aménagement du territoire, des auteurs ont réfléchi sur un
aménagement du territoire volontariste, qui tienne compte des disparités
interrégionales. Dès lors, chaque spécialiste s’évertue à donner une définition
de l’aménagement du territoire.

Pour le géographe George (1970), le concept ``Aménagement’’ est entré


dans le vocabulaire de la géographie par l’intermédiaire de l’action concertée
d’organisation du territoire. Il s’accompagne d’adjectifs qui définissent la portée
qui peut être régionale, locale, urbaine ou rurale…

Pour Brunet cité par Vidal (2004), « le territoire est une œuvre humaine,
un espace approprié ; il est à la base géographique de l’existence sociale. La
notion de territoire renvoie à l’existence de l’Etat, dont la légitimité se mesure
en grande partie à sa capacité à garantir l’intégrité territoriale. C’est aussi
l’Etat qui doit assurer une autorité territoriale sur un espace reconnu, à
l’intérieur par toute la population, à l’extérieur par les autres Etats, et borné
par des limites bien définies ».

Selon Alvergne et Tautelle (2002), l’aménagement du territoire vise à


organiser le développement des activités sociales et économiques de manière à
satisfaire les besoins et à préserver durablement l’environnement naturel.
L’aménagement du territoire doit fixer des priorités, un acte essentiellement
politique.

L’espace à aménager peut être urbain, périurbain ou rural, d’envergure


locale, régionale, voire nationale.
49

Ces concepts non exhaustifs explicités peuvent permettre à tout lecteur de


comprendre les termes que nous avons utilisés dans cette étude. Mais pour
donner une base scientifique à cette recherche il est nécessaire d’élaborer le
cadre théorique.

1.3.2- Théories
La problématique de la périurbanisation s’inscrit dans un cadre théorique
très riche qu’on ne saurait négliger dans une étude comme celle-ci.

En effet, selon Pinchemel (1992), toutes les observations, à toutes les


échelles, montrent que l’espace se différencie en localisations/utilisations
centrales et en localisations/utilisations périphériques. Dans toutes les
civilisations du monde, dans toutes les langues, à toutes les époques, cette
différentiation se retrouve entre les terres proches et les terres éloignées ou les
« marges ».

A l’échelle du monde, on distingue les pays développés riches comme les


pays du centre et les pays sous-développés pauvres comme ceux de la
périphérie. Cette différentiation apparaît aussi au niveau de la société humaine
pour exprimer les distances sociales (riches et pauvres).

A l’échelle nationale, cette différentiation s’observe au niveau du


phénomène de la macrocéphalie des villes-capitales dominant le reste du
territoire (Cotonou et le reste du Bénin).

Dans les campagnes, elle se remarque par : les terres les plus proches qui
portent les cultures intensives, les plus précieuses pour la consommation ou pour
le marché et les terres les plus éloignées des centres de peuplement qui portent
les cultures extensives avec de longues jachères.

Dans le monde urbain, il y a le centre de la ville où les surfaces proches


offrent plus de possibilités de réussite et la périphérie de la ville caractérisée par
50

les habitats précaires, les urbanisations sauvages où sont rejetées les populations
marginales. La métaphore géométrique du centre et de la périphérie est souvent
utilisée pour décrire cette opposition entre les deux types principaux de lieux
dans un système spatial. Plusieurs approches sont utilisées pour expliquer ce
phénomène. Pour les marxistes, la ségrégation dans les villes résulte de la lutte
des classes avec des rapports de domination des bourgeois. Pour d’autres
chercheurs, c’est la domination de certains groupes détenant le pouvoir et
l’argent. Ces rapports de domination se manifestent aussi sur le plan social et
spatial par la domination du centre sur la périphérie.

Pour expliquer ces phénomènes de localisations et des usages du sol, la


recherche contemporaine repose sur un ensemble de théories et de modèles.

Les théories proposées par les fondateurs de l’analyse économique


spatiale Johann Von Thünen en 1826, Alfred Weber en 1909, Walter Christaller
en 1933 et August Lösch en 1940 font appel à des principes relativement
simples :

- principe du moindre coût (Weber);

- principe du revenu maximum (Lösch) ;

- Principe de maximisation du Bénéfice.

Dans son résumé sur ces théories Pinchemel (1992) montre qu’à travers
des paramètres économiques, ces théories reposent sur deux faits majeurs dans
l’espace humain : la distance et la polarisation. Localiser une culture, une
production industrielle, un service, c’est considérer que le lieu choisi est optimal
en matière de rendement, de bénéfice, d’efficacité, de profit. S’il s’agit d’un bien
à vendre, ce but est atteint en minimisant les coûts de transport, puisque ces
coûts sont les seuls qui varient suivant l’emplacement, et en minimisant la
clientèle touchée, car plus celle-ci est nombreuse, proche et concentrée, plus les
51

profits sont importants. S’il s’agit d’un service, les termes changent mais les
principes demeurent les mêmes, la localisation ayant intérêt à minimiser les
temps-coûts des déplacements de personnes recourant au service et à maximiser
la clientèle.

Chaque localisation se trouve au cœur d’un réseau de flux, entrées et


sorties. Pour chacun de ces flux la minimisation des coûts de transport est le
paramètre sur lequel il est plus aisé de jouer. Les rentes de situation sont
maximales lorsqu’elles bénéficient d’un effet de centralité fonctionnelle ou
spatiale.

Ces théories tournent autour de deux problématiques : la détermination de


la localisation d’une production (ou d’un service, d’une fonction) et la
détermination de la nature de la production (d’un service ou d’une fonction)
d’un lieu.

Von Thünen (1826) met en place une théorie qui explique l’utilisation du
sol en mettant en évidence le déterminisme spatial. Son objectif est d’analyser
comment le type d’utilisation du sol, et l’intensité de la production agricole qui
le caractérise, varient en fonction de la distance au marché. En prenant en
compte les coûts de production, les rendements, les coûts de transport au marché
et les prix du marché, il élabore un modèle de distribution idéale des diverses
productions qui se présente sous la forme de six cercles concentriques autour de
la ville. Il montre que les mêmes principes économiques jouent dans les choix de
localisation des cultures. Ces travaux ont inspiré d’autres chercheurs à
développer la théorie de la rente qui montre que les citadins, en fonction de leurs
revenus et de leurs activités, vont lutter sur le marché urbain pour occuper les
positions jugées les meilleures. Celui qui propose la rente la plus élevée obtient
le sol et s’y installe. Les activités résidentielles s’implantent plus ou moins loin
du centre suivant des cercles concentriques.
52

Quant à Weber (1909), sa théorie est liée à la problématique de


détermination de la localisation d’une production (ou d’un service, d’une
fonction). Son objectif est de comprendre la localisation industrielle, notamment
sous l’angle du rôle joué par les transports. Pour le producteur, la maximisation
du bénéfice est équivalente à la minimisation des coûts de transport. La
résolution du problème de choix de localisation repose sur la propriété de la
médiane. Le producteur se localise au point médian de la distribution
géographique des sources d’intrants (pondérées) et des lieux de vente
(pondérés). Ce modèle qui a fait progresser les théories de la localisation
industrielle présente des insuffisances liées à la non prise en compte des profits
et de la main d’œuvre.

Christaller (1933), en appliquant la méthode déductive à partir de cinq


postulants, a construit une théorie des lieux centraux qui explique l’organisation
d’un espace différencié à partir d’un espace homogène. Il montre que la fonction
propre d’une ville est d’être une place centrale qui fournit des biens et services
pour l’espace qui l’entoure. Cette théorie explique l’apparition des villes, leur
nombre, leur taille, leur structure fonctionnelle, leur répartition géographique.
En faisant appel aux facteurs de différenciation (les économies d’échelle et la
distance) la théorie montre que des postulats simples suffisent à rendre compte
d’une organisation géographique hiérarchisée des villes et des relations ville-
région.

Ayant les mêmes préoccupations que Christaller, Lösch (1940) élargit le


champ de recherche et constate que les places centrales d’un même niveau ne
doivent pas avoir les mêmes fonctions et la même taille : ce qui est contraire aux
analyses de Christaller. Pour Lösch, la hiérarchie des activités occupe une place
importante. Cette hiérarchie par rapport à celle de Christaller est caractérisée par
un indice variable plus réaliste. Ainsi les places de niveau supérieur ne sont pas
forcément dotées des fonctions existant dans les petites villes. Il met un accent
53

sur le rôle majeur joué par la production industrielle. En conclusion, en partant


des mêmes principes, les deux auteurs ont expliqué la localisation des villes et
leurs hiérarchies de leur époque. Aujourd’hui, les problèmes de transport se
posent de façon très différente. L’évolution urbaine n’obéit plus à cet ordre
géométrique.

Ces différentes théories de l’analyse économique spatiale s’appliquant à la


différenciation des milieux urbains font appel aux mêmes principes.

En effet les sociologues américains sont les premiers à s’intéresser aux


problèmes de ségrégation intra-urbaine. Ils comparent l’écologie animale et
végétale à une écologie humaine. C’est par analogie à l’invasion et à la
domination d’un groupe animal ou végétal sur d’autres que ces chercheurs ont
élaboré le modèle de cercles concentriques. Dans cette théorie, la ville se
différencie en zones :

Zone 1- quartier des affaires ;

Zone 2- zone de transition, d’habitants, de taudis, résidence des


prolétaires ;

Zone 3- résidence des ouvriers ;

Zone 4- résidence des classes moyennes ;

Zone 5- zone périurbaine de migration quotidienne.

Dans leur résumé sur l’écologie urbaine, Bailly et Béguin (1998) ont
montré que ce modèle descriptif repose sur une idée importante : l’ascension
sociale des citadins, fondamentale dans l’idéologie américaine, correspond à un
glissement des localisations. La société urbaine, grâce à sa dynamique
commerciale et industrielle, favoriserait cette ascension, ce qui engendrerait ce
mouvement d’invasion et de succession.
54

Malgré ses énormes succès, ce modèle critiqué subit quelques


modifications. Un économiste foncier, Hoyt (1933) invente la théorie des
secteurs en montrant que l’élément moteur des dynamiques résulte du choix
résidentiel des classes aisées. Les personnes très riches achètent les rentes les
plus élevées et s’implantent dans les secteurs à la fois agréables et facilement
accessibles. Selon Paulet (2000), cette théorie des secteurs repose sur le principe
des externalités positives (regroupement des classes aisées dans certains lieux)
ou négatives (concentration des pauvres dans d’autres quartiers. Le modèle de
Hoyt incorpore donc la distance au centre qui permet d’expliquer une croissance
en étoile. Cette théorie n’étant pas applicables à toutes les villes ouvre la voie à
d’autres recherches.

Harris et Ullman (1945) dans leur théorie des noyaux multiples insistent
sur le caractère polynucléaire de la ville. Ils montrent que la répartition de la
population s’explique par des noyaux de croissance multiples.

Ces différentes théories caractérisées par l’empirisme des méthodes ne


paraissent pas convaincantes. Garnier et Chabot (1970) pensent que les trois
modèles sont trop « théoriques », « trop rigides » et qu’il est bien difficile de
définir l’organisation de l’espace urbain en fonction de telle ou telle figure
géométrique simple.

Ces critiques ont ouvert la voie à d’autres recherches sur la ville. C’est
dans ce contexte qu’est née l’utilisation de l’analyse factorielle. Elle permet de
réduire le nombre des données en établissant d’abord une matrice en évitant la
redondance. Utilisée pour observer la manière dont les individus s’installent et
habitent, les sociologues choisissent trois axes factoriels principaux : le statut
socio-économique, le statut familial et le statut ethnique. La superposition de ces
3 axes factoriels permet d’obtenir la structure urbaine. Malgré ses succès, cette
théorie a montré aussi ses limites.
55

Selon Paulet (2000), l’agglomération urbaine est synonyme de centralité,


de concentration et d’influence. La ville est un foyer émetteur et un foyer
récepteur de flux. Ce point central ne peut se comprendre qu’en fonction de sa
capacité de domination d’un espace donné, du niveau d’appropriation d’un
territoire, de sa rivalité avec les autres points centraux. Pour mieux cerner la
périurbanisation de Porto-Novo, ses dynamiques et son impact sur
l’environnement, la théorie des systèmes est utile. L’objectif de cette théorie est
de comprendre et de gérer des organisations très complexes et dynamiques.
Cette approche systémique est une façon d’interpréter le monde de le
reconstruire, d’émettre des hypothèses sur l’organisation de la ville. La ville,
système dans lequel l’homme occupe une place importante, se subdivise en
sous-systèmes qui peuvent être des quartiers, les centres, les banlieues ou les
périphéries plus lointaines. Le système n’est pas une réunion de sous-systèmes
autonomes, mais une organisation qui fonctionne. Les périphéries urbaines
résultent de l’évolution ou de l’étalement de l’espace urbain. L’étude des
espaces périurbains ne peut pas se faire sans prendre en compte l’espace urbain
qui les a générés. L’analyse systémique permet la recherche des éléments
pertinents pour comprendre la ville et le développement de son espace
périurbain. Cette théorie correspond bien à la problématique de la
périurbanisation, car ce système se fonde sur un objectif et des ressources pour
réaliser ce but et il a une taille donnée (échelle) et des limites qui permettent de
définir le territoire de l’organisation. Elle permet aussi de découvrir les liens
entre les différents éléments du système.

Cette approche systémique sera complétée par l’approche historique. Ces


approches vont jouer un rôle important dans la manière d’aborder le sujet. Elles
ont permis de voir la dynamique de la périurbanisation de Porto-Novo à travers
l’évolution dans le temps des principaux facteurs tels que : le développement de
56

la ville, la démographie, le peuplement, les mouvements migratoires, la mobilité


résidentielle, l’occupation du sol, l’économie, etc.

Ces différentes théories nous ont permis de comprendre le développement


des espaces urbains et périurbains.
57

CHAPITRE DEUXIEME

HYPOTHESES, OBJECTIFS ET DEMARCHE


METHODOLOGIQUE

Ce chapitre comprend les hypothèses, les objectifs de l’étude et la


méthodologie utilisée.

2.1- HYPOTHESES

2.1.1- Hypothèse générale


La dynamique de la périphérie portonovienne est favorisée par la
disponibilité d’espaces à humaniser et le développement des activités
économique, sociale et politique.

2.1.2- Hypothèses spécifiques


De façon spécifique, il conviendrait de retenir :

- Porto-Novo jouit de vastes espaces dans sa périphérie ;

- La dynamique de la périphérie portonovienne est due à sa croissance


spatiale, démographique et économique ;

- L’extension périphérique de Porto-Novo a des impacts sur son


environnement.

2.2- OBJECTIFS GENERAL ET SPECIFIQUE

2.2.1- Objectif général


L’objectif général que vise ce travail est d’étudier la dynamique de la
périphérie de la ville de Porto-Novo et ses impacts sur l’environnement.
58

2.2.2- Objectifs spécifiques


De façon spécifique, les objectifs sont :

- Caractériser les espaces favorables disponibles aux établissements


humains autour de Porto-Novo ;

- Montrer la dynamique de cette périphérie à travers les principaux


facteurs urbanisants ;

- Etudier les contraintes liées à cette extension périphérique de la ville de


Porto-Novo.

Le tableau I montre la corrélation entre hypothèses et objectifs.


59

Tableau I : corrélation entre hypothèses et objectifs

Hypothèse générale Objectif général

La dynamique de la périphérie L’objectif général que vise ce


portonovienne est favorisée par la travail est d’étudier la dynamique
disponibilité d’espaces à de la périphérie de la ville de
humaniser et le développement des Porto-Novo et ses impacts sur
activités économique, sociale et l’environnement.
politique.
Hypothèses spécifiques Objectifs spécifiques

Porto-Novo jouit de vastes espaces Caractériser les espaces


dans sa périphérie. favorables disponibles aux
établissements humains autour de
Porto-Novo.

La dynamique de la périphérie Montrer la dynamique de cette


portonovienne est due à sa périphérie à travers les
croissance spatiale, démographique principaux facteurs urbanisants.
et économique.

L’extension périphérique de Porto- Etudier les contraintes liées à


Novo a des impacts sur son cette extension périphérique de la
environnement. ville de Porto-Novo
60

Une fois que les hypothèses et les objectifs sont clairement définis il
importe de préciser la démarche méthodologique utilisée pour la conduite de la
recherche.

2.3- DEMARCHE METHODOLOGIQUE

Dans le cadre de ce travail, nous avons adopté à l’instar de toute recherche


qui se veut scientifique, une démarche méthodologique qui comporte trois
étapes : la collecte des données qualitatives et quantitatives, leur traitement et
l’analyse des résultats grâce aux techniques, outils et méthodes appropriés.

2.3.1- Collecte des données

2.3.1.1- Données recueillies


Les informations recueillies sont relatives au paysage périurbain, aux
aspects démographiques, socioéconomiques, environnementaux, etc. Elles sont
fournies par les ménages, les autorités municipales, les personnes ressources, la
documentation, etc. Ces données sont recueillies sur une durée de quatre ans (de
2005 à 2009). Il faut préciser qu’elles ne le sont pas de façon continue durant
cette période. Il y a des temps de ruptures qui sont mis à profit pour réaliser ce
travail. Compte tenu de l’ampleur du sujet traité, toutes les données n’ont pu être
collectées. Celles qui sont recueillies malgré leur fiabilité, présentent quelques
insuffisances car certains ménages ont fait économie de vérité.

2.3.1.2- Techniques et outils de collecte des données

2.3.1.2.1-Techniques de collecte des données


Pour recueillir les données, plusieurs techniques d’enquêtes ont été
utilisées: le focus group et la Méthode Accélérée de Recherches Participatives
(MARP).
61

Dans le cadre de ce travail, deux focus groups ont été organisés par
arrondissement périurbain de la ville de Porto-Novo et au niveau des communes
d’Adjara, d’Akpro-Missérété et d’Avrankou où les autorités (maires, chefs
d’arrondissement, responsables municipaux ou conseillers) assistées de quelques
personnalités ou personnes ressources et habitants ont répondu aux questions
posées. Le choix des membres de ces focus group a été fait avec la collaboration
des autorités municipales. Le tableau II indique la récapitulation de la
composition des différents focus group organisés, leur nombre, membres et leur
effectif.

Tableau II : Récapitulation de la composition des focus groups réalisés et de


leur nombre
N° ARRONDISSEMENTS COMMUNES NOMBRE DE EFFECTIFS MEMBRES
FOCUS GROUP
1 2èmeArrondissement de Commune de 02 20 Autorités,
Porto-Novo Porto-Novo personnalités,
habitants
2 4ème Arrondissement de Commune de 02 16 Autorités,
Porto-novo Porto-Novo personnalités,
habitants.
3 5ème Arrondissement de Commune de 02 18 Autorités,
Porto-Novo Porto-Novo personnalités,
habitants
4 Arrondissement Commune 02 20 Autorités,
d’Ouanho d’Avrankou personnalités,
habitants
5 Arrondissement de Commune 02 20 Autorités,
Honvié d’Adjara personnalités,
habitants
6 Arrondissement de Commune 02 16 Autorités,
Vakon d’Akpro- personnalités,
Missérété habitants
7 Arrondissement de Commune de 02 20 Autorités,
Djèrègbé Sèmè-Kpodji personnalités,
habitants
Total 14 130
Source : enquêtes de terrain (2008-2009)

Au total, 14 focus groups avec un effectif de 130 personnes ont été


réalisés. Ces focus groups ont permis de croiser les informations recueillies par
62

des questionnaires individuels. Ces discussions de groupe ont pour objectif de


connaître ce qui échappe à l’emprise des entretiens non directif et semi-directif.
Elles mettent à nu les problèmes qu’engendre la périphérie, les influences
réciproques entre Porto-Novo et ses communes satellites. Cette technique de
collecte de données a été complétée par la MARP.

Quant à la Méthode Accélérée de Recherches Participatives (MARP), elle


s’appuie sur la connaissance et la perception que les populations de l’espace
périurbain ont surtout de leur milieu et de l’interaction des différents facteurs qui
participent à son développement. Elle a permis aussi d’appréhender les
perceptions qu’ont les populations des impacts de la périurbanisation sur
l’environnement.

2.3.1.2.2- Outils de collecte des données

2.3.1.2.2.1- Documentation
Etape importante de tout processus de recherche scientifique, la recherche
documentaire concerne surtout les documents écrits ou graphiques liés au thème.
Pour mieux comprendre le sujet, plusieurs documents généraux spécifiques ont
été exploités. Les centres documentaires dont les champs de recherche sont en
liaison avec l’objet de la présente recherche sont ciblés. La recherche
documentaire a été conduite à la bibliothèque centrale de l’UAC, au centre de
documentation de la FLASH, au Centre de Télédétection et de Surveillance du
Couvert Forestier, aux archives des mairies de Porto-Novo, d’Akpro-Missérété,
d’Avrankou, d’Adjara, de Sèmè-Kpodji, à l’Institut Géographique National
(IGN), à l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE), à l’Agence pour la
Sécurité de la Navigation Aérienne (ASECNA), à l’Institut National de la
Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE), à la DST et au RFU Porto-
Novo, au Centre Culturel Français (CCF), au Laboratoire d’Etudes des
Dynamiques Urbaines et Régionales (LEDUR), au Laboratoire de
63

Biogéographie et d’Expertise Environnementale (LABEE), au SERHAU-SA, au


Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature (MEPN), etc.

En dehors de ces centres de documentation, plusieurs sites WEB ont été


également consultés dans le cadre de la documentation.

Dans la mise en place de la base de données, les personnes ressources ont


été d’une aide importante. Elles m’ont permis d’avoir des documents
précieusement gardés.

2.3.1.2.2.2- Entretiens

Les entretiens constituent des outils très efficaces pour la recherche des
informations. En effet, sur le terrain deux types d’entretiens ont été utilisés :
l’entretien non directif et l’entretien semi-directif. Ils sont très proches de la
conversation courante (face à face).

L’entretien non directif a permis d’apprécier les diverses réactions de nos


interlocuteurs et de dégager quelques thèmes. Ainsi, lors des premières visites
sur le terrain, les personnes rencontrées ont été interrogées sur leur origine,
métier ou fonction, les causes de leur installation, le développement et les
problèmes du milieu.

Ces thèmes dégagés constituent les sujets de discussion lors des


entretiens semi-directifs qui les explorent de façon systématique. Ainsi, les
populations de la périphérie urbaine de Porto-Novo, les associations de
développement, les comités d’organisation des lotissements, les géomètres, les
structures chargées de la gestion des villes de Porto-Novo, Adjara, Avrankou,
Akpo-Missérété, Sèmè-kpodji, les maires, les chefs d’arrondissements et de
quartiers ont été interrogés. Les guides d’entretien sont élaborés et utilisés à cet
effet. Les réponses aux différentes préoccupations ont permis de réaliser ce
travail.
64

2.3.1.2.2.3- Observation directe


L’observation de terrain s’est déroulée tout le long de ce travail et ceci
durant quatre ans. Au cours de cette phase, nous avons pris contact avec le cadre
d’étude pour son observation directe. Ainsi, l’environnement urbain : le sol, le
relief, les habitats, les voiries, les infrastructures et le paysage périurbain ont été
observés. Ces visites périodiques ont permis de voir les réalités sur le terrain, de
confronter les pratiques et les discours et de procéder aux corrections
nécessaires des informations contenues dans les documents consultés.
L’observation directe a aidé à mieux percevoir les différenciations de l’espace,
le front périurbain, les ruptures d’équilibre entre l’urbain et le périurbain, les
difficultés et les problèmes auxquels les populations sont confrontées.

2.3.1.2.2.4- Questionnaires
Dans le cadre des enquêtes, deux outils d’investigation ont été utilisés. Il
s’agit des questionnaires et des guides d’entretien.

Les recherches menées sur le terrain ont été conduites par une équipe, de
cinq personnes de niveau licence en géographie, que nous avons formée. A
l’aide des questionnaires, les opinions et les perceptions des habitants par
rapport à la dynamique de la périurbanisation et à ses impacts sur le milieu ont
été recueillies. Deux modes ont été utilisés pour administrer les questionnaires :
le mode direct et le mode indirect.

Dans le mode direct, les questions posées aux informateurs sont des
questions ouvertes où l’intéressé s’exprime librement et sans retenue. Ce mode
est souvent utilisé pour des personnes qui veulent rester dans l’anonymat et
qui ont peur que leurs noms soient inscrits sur l’imprimé du questionnaire.

Contrairement au mode direct, dans le mode indirect, les questionnaires


sont rédigés sur des supports visuels. Il consiste à poser des questions à
65

l’informateur en suivant le questionnaire. Toutes les réponses sont notées au fur


et à mesure que se déroule l’enquête.

Les questionnaires portent sur les motivations d’installation des


populations, l’économie, l’évolution et le développement de la périphérie, les
problèmes environnementaux et les difficultés liées à la gestion administrative
etc.

2.3.1.3- Echantillonnage

Pour mieux couvrir tout le cadre d’étude, nous avons divisé la couronne
périurbaine en quatre secteurs où nous avons mené les enquêtes. Ces secteurs
« intersections » sont situés entre la couronne urbaine de Porto-Novo et la limite
du front périurbain se trouvant dans les quatre communes satellites gagnées par
le phénomène. Ainsi, les secteurs d’enquête se présentent comme suit :

- Porto-Novo – Adjara

- Porto-Novo – Avrankou

- Porto-Novo – Akpro-Missérété

- Porto-Novo – Sèmè-Kpodji

Il faut préciser que les arrondissements et les quartiers ciblés sont ceux de
ces secteurs. Le principe de choix raisonné a permis de sélectionner les
quartiers. Ils sont choisis aussi bien dans la périphérie dépendant
administrativement de la ville de Porto-Novo que dans ses communes voisines
gagnées par le front. Le choix de ces quartiers et arrondissements est lié à
plusieurs facteurs dont la densité du tissu périurbain, les activités
socioéconomiques, le nombre d’habitants, l’environnement, les infrastructures
etc. Au total, comme l’indique le tableau III, des arrondissements et quartiers
66

choisis pour l’enquête, 40 quartiers ont été choisis pour l’ensemble des secteurs
d’enquête.

Tableau III : Arrondissements et quartiers ciblés pour l’enquête

Communes Arrondissements Quartiers


2èmeArrondissement Djègan Daho, Guévié
Djèganto, Zounkpa
3ème Arrondissement Djassin Daho, Djassin
Zoumè
4ème Arrondissement Hounsa, Gbodjè
Porto‐Novo
5ème Arrondissement Akonaboè, Louho, Dowa

Adjara 1 Hounhouèko, Hounvè1


Adjara 2 Drogbo, Kpota
Honvié Honvié, Adjatin1,
Gassako
Aglogbè Aglogbè, Agbomey-
Adjara Takplikpo, Tokomè
Malanhoui Malanhoui, Kpota, Ouèkè

Akpro-Missérété Akpro-Missérété,
Akpro‐Missérété Abogomè, Gbèdji
Adokon
Vakon Vakon Gbo, Danto,
Sohomey
Atchoukpa Malé, Ouindodji,
Atchoukpa Todedji
Avrankou Ouanho Ouanho, Mèhoun,
Tchakla
Avrankou Houézé, Gbègodo, Sèdjè
Sèmè‐Kpodji Djèrègbé Djèrègbé, Houinta

Source : enquête de terrain (2008-2009)

Compte tenu des moyens dont nous disposons, nous avons dû limiter nos cibles
d’enquête. En ce qui concerne les populations, une enquête par sondage a été
faite. Le principe d’un sondage représentatif repose sur le fait qu’on étudie une
population restreinte dont les caractéristiques sont présumées être les mêmes que
67

celles de la population totale. Cette technique a été utile pour connaître les
facteurs conditionnant un certain nombre de faits sur le terrain : les raisons qui
motivent l’installation des populations, l’évolution et le développement de la
périphérie, les problèmes environnementaux, les difficultés liées à la gestion
administrative de cette périphérie, etc. Un échantillon représentatif par quota de
20 ménages par quartier ciblé a fait l’objet de l’enquête, soit au total 800
ménages (2,16 % du nombre total des ménages) pour toute la couronne
périurbaine. La population cible est constituée de propriétaires de maisons,
locataires, fonctionnaires, opérateurs économiques etc. Mais malgré ses
avantages, l’enquête par sondage présente quelques faiblesses dont la
quantification de ce qui ne peut être mesuré comme le comportement, les
mouvements migratoires et pendulaires entre le centre et la périphérie etc.

En dehors des ménages, les enquêtes sont faites auprès des :


‐ Cadres des directions et services publics et privés ;
‐ ONG ;
‐ 20 mécaniciens de motocycle et 10 d’automobile ;
‐ Personnes ressources.

2.3.1.4- Matériels utilisés


Sur le terrain, nous nous sommes servi :

• d’une carte sommaire de reconnaissance du secteur d’étude, des fonds de


cartes tirés de la carte générale du Bénin IGN mise à jour en 1992 et de
l’Atlas monographique de l’Ouémé ;
• d’une moto (Sanili TS 125) pour les déplacements ;
• du compteur kilométrique de la moto pour mesurer les distances entre les
éléments du terrain ;
• d’un appareil photo numérique pour les prises de vue ;
• des images satellitaires LandSat ETM janvier 1996 - Novembre 2008 ;
68

• d’une balance pour les pesées ;


• d’un râteau et d’une houe pour rassembler les déchets solides sur les
dépotoirs sauvages ;
• et d’un appareil Global Positionning System (GPS). Fabriqué aux USA, le
GPS est un appareil électronique dont la précision de fonctionnement
dépend du ministère américain de la Défense (Pentagone). Les
informations géo-référencées sont fournies par des satellites militaires
américains quand le GPS est connecté. Il sert de guide pour la navigation et
arrive à retrouver un point géo-codé. A l’aide de cet instrument, les
quartiers et les arrondissements gagnés par la périphérie urbaine ont été
positionnés sur les cartes. Cette méthode nous a permis de corriger
quelques erreurs de positionnement sur les cartes existantes et de voir
l’ampleur de la périurbanisation. Ainsi, les différentes coordonnées des
milieux d’étude sont connues.

2.3.2- Traitement des informations

2.3.2.1- Dépouillement des données collectées


A l’issue de nos investigations, un dépouillement des données recueillies
a été fait manuellement. Les fiches d’enquête ont été comptées, vérifiées pour
voir si tous les secteurs d’étude ont été couverts. Ces résultats issus du
dépouillement ajoutés à ceux recueillis au niveau des institutions (Mairies,
arrondissements INSAE, ASECNA, Ministères etc.) ont constitué la base de
données traitées et exploitées aux plans qualitatif et quantitatif. Les données
issues du dépouillement ont été traitées à partir de plusieurs méthodes et
logiciels.
69

2.3.2.2- Traitement statistiques des données


Les données ont été saisies et analysées grâce au logiciel Epi-Info version
6.0. La fréquence des différentes variables a été calculée. Les résultats sont
essentiellement présentés en tableaux de fréquences simples.

2.3.2.3- Traitement cartographique et graphique


Pour la réalisation des graphiques, tableaux simples et croisés relatifs à la
démographie, à l’économie, etc., les logiciels word et excel ont été utilisés. Ces
différents tableaux et graphiques ont été commentés et analysés pour une
meilleure visualisation des phénomènes et une bonne compréhension du thème.

Quant aux cartes, elles résultent de l’utilisation des logiciels Arcview,


Adobe Illustrator et de l’étude diachronique réalisée à partir de la méthode de
superposition des faits observés. Par ailleurs, certaines cartes ont été tirées des
documents exploités lors des recherches. L’utilisation des photographies
aériennes et des images satellites a joué un rôle important dans les travaux de
terrain. Deux images ont été utilisées, l’une du satellite LandSat ETM Janvier
1996 et l’autre du satellite LandSat Novembre 2008. Leur traitement et leur
analyse ont permis de voir l’évolution spatiale de la couronne périurbaine, les
potentiels villages ou espaces périurbains et de faire l’évaluation de la
dégradation de l’environnement. Elles ont permis avec le fond topographique
IGB Bénin au 1/200 000 de faire les cartes d’occupation du sol de 1996 et 2008.
Il a été procédé à leur étude comparative pour mieux appréhender la dynamique
de l’occupation du sol entre 1996 et 2008.

Pour faire le bilan de l’évolution des unités d’occupation du sol, les


différences en matière de superficie occupée par les différentes unités entre 1996
et 2008 ont été évaluées à l’aide des logiciels du Système d’Informations
Géographiques (SIG) avec la formule :

U = U (an1) – U (an2)
70

U (an1) représente la superficie d’une unité d’occupation du sol en 1996


et U (an2) la superficie de la même unité d’occupation du sol en 2008.

U est la variation de la superficie de cette unité d’occupation du sol de


1996 à 2008.

Selon les valeurs de U on peut savoir s’il y a stabilité, progression,


régression pour une unité d’occupation du sol donnée.

U = 0 il y a stabilité.

U < 0 il y a régression.

U > 0 il y a progression.

2.3.3- Analyse des résultats

Résolument inscrit dans une démarche d’analyse spatiale, pour faire le


diagnostic du milieu, le modèle SWOT (Strenght – Weaknesses – Opportunities
– Threats) qui signifie (Forces – Faiblesses – Opportunités – Menaces) a été
utilisé. Ce modèle a permis d’analyser, d’une part, les forces et les opportunités
du milieu d’étude et, d’autre part, les faiblesses et les menaces liées au
développement des activités et de l’espace périurbain. Cette méthode intègre les
facteurs internes et externes qui interagissent les uns sur les autres pour
permettre une analyse intégrée des forces et faiblesses du milieu. Elle a surtout
permis d’analyser la gestion des ressources naturelles dans l’espace périurbain.

2.3.4- Difficultés rencontrées


Au cours de la réalisation de ce travail, nous avons été confronté à un
certain nombre de difficultés :

- La délimitation du cadre d’étude, car le phénomène périurbain déborde


largement le cadre administratif de cette ville pour envahir les territoires des
autres communes voisines. Le champ périurbain est vaste et couvre en dehors de
71

Porto-Novo quatre communes. Toute partition de l’espace continu est arbitraire


et les données spatialement agrégées qui en découlent dépendent du découpage.
Pour bien appréhender le phénomène, nous avons choisi la limite géographique
du phénomène c'est-à-dire la limite du front périurbain. Là encore, cette limite
n’a pas été facile à cerner. Nous nous sommes servi des photographies aériennes
confrontées aux observations de terrain pour le faire.

- Les enquêtes de terrain ont été faites à moto, un moyen de déplacement


adapté à la zone mais qui comporte beaucoup de risques d’accident et pour la
santé. Les pistes sont souvent impraticables pendant la saison pluvieuse.

-Les nombreuses dépenses effectuées pour les enquêtes de terrain


(recrutement des enquêteurs, leurs frais de déplacement).

-Nos charges d’enseignement au collège ne nous ont pas permis d’avancer


comme il se doit dans ce travail. La mise en stage demandée depuis 2005 et
renouvelée chaque année n’a été accordée qu’en Février 2009 et ceci pour huit
mois seulement.

-Nos démarches pour avoir des données auprès des cabinets qui
s’occupent des opérations de lotissement n’ont pas été faciles.

Une fois les objectifs, les hypothèses et la méthodologie présentés, il est


nécessaire de présenter le cadre d’étude.
72

CHAPITRE TROISIEME

PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE

Le cadre d’étude est constitué d’une partie de la ville de Porto-Novo et de ces


communes satellites.

3.1- SITUATION DE LA VILLE DE PORTO-NOVO ET DE SES


COMMUNES SATELLITES
Située au sud-est du Bénin à 10 km environ de l’océan Atlantique, la ville
de Porto-Novo est limitée au sud par la lagune de Porto-Novo et la commune
de Sèmè-Kpodji, au nord par la commune d’Avrankou, au nord-est par la
commune d’Akpro-Missérété, à l’est par la commune d’Adjara et à l’ouest par
celle des Aguégué. Distante environ de 125 km de Lagos et de 175 km de Lomé,
la capitale administrative du Bénin constitue l’un des maillons de la chaîne de
villes située le long de l’océan Atlantique depuis Luanda en Angola jusqu’à
Dakar au Sénégal. Située sur le rebord du plateau de Sakété, elle avait une
population de 179.138 habitants au recensement de 1992 ; aujourd’hui sa
population est estimée à 300.000 habitants environ.

L’objet de l’étude porte sur l’espace périurbain et non sur le centre ville.
Ainsi, cette étude prend en compte seulement une partie de la ville de Porto-
Novo et ses communes satellites (carte 1).
73

Carte 1 : Situation de la ville de Porto‐Novo et de ses communes satellites dans le


département de l’Ouémé

Avant d’appréhender le phénomène de la périurbanisation et ses principaux


facteurs, il importe de voir le rôle joué par l’histoire depuis la période
précoloniale jusqu’à nos jours dans la dynamique urbaine de Porto-Novo.
74

3.2- Bref aperçu de la dynamique urbaine de Porto-Novo jusqu’à nos jours


Avant la colonisation française, le Bénin connaissait une civilisation
urbaine caractérisée par les capitales des royaumes telles que : Abomey, Allada,
Nikki, Djougou, Kouandé, Kétou, Savi, Porto-Novo, etc. C’était des cités-palais
où se prenaient toutes les décisions se rapportant aux différents royaumes. De la
période précoloniale à l’indépendance, la ville de Porto-Novo a connu une
évolution notable.

3.2.1- Porto-Novo avant la colonisation

La périphérie était une partie intégrante du royaume de Porto-Novo. Ce


dernier était l’une des entités politiques les plus organisées du sud du Bénin.

Deux vagues de migrations étaient à la base de la naissance de cette ville.


Les premiers à s’installer étaient les Yoruba. Ensuite viennent les Adja.

D’après la légende, trois chasseurs (Obagadjou, Anata, Akakpo-Agbon)


venus du pays yoruba, après découverte du milieu et consultation de l’oracle de
la divination « fâ » s’étaient installés à Aklon1, créant ainsi le premier quartier
de la future ville de Porto-Novo. D’après Akindélé et Aguessy (1953), les trois
chasseurs et leurs familles étaient les premiers habitants d’Aklon. Ils érigent à
côté de leurs demeures un temple à leur divinité Abori Messan, située non loin
d’un étang. D’autres migrants viennent s’ajouter à eux, constituant ainsi le
village d’Aklon dont le premier chef fut Obagadjou et les deux autres chasseurs,
ses conseillers. Il est donc établi que les premiers occupants des lieux étaient des
Yoruba.

Plus tard, au XVIIIème siècle, la région a subi l’influence d’une seconde


vague de migration, celle des Adja venus de Tado. Leur mouvement vers l’est a
connu plusieurs étapes dont la plus importante a été marquée par la fondation du

1
Aklon : Déformation du terme yoruba okoro qui signifie coin, cachette.
75

royaume d’Allada. On affirme généralement que dans ce centre, à la mort du roi


Kokpon en 1610, des querelles de succession éclatent entre trois de ses fils qui
se séparent.

-Le prince Meidji reste à Allada et succède à son père.

-Dogbagli et son groupe se dirigent vers le plateau du futur Abomey sur


lequel l’un de ses descendants crée le royaume du Danhomè.

-Tè-Agbanlin, quant à lui, émigre vers le sud-est. Cette identification de


l’un des trois fils de Kokpon à Té-Agbanlin est fausse comme le montrent
certaines études (Person, 1975 ; Vidégla, 1999). C’était Zozessingbé qui était
concerné par la querelle de succession et non son fils Té-Agbanlin qui n’a quitté
Allada que plus tard. A son arrivée chez les Yoruba après avoir pris la direction
sus-indiquée, il s’impose par ruse à leur chef Ahouanwa, descendant de
Obagadjou. Aklon conquis, Tè-Agbanlin fonde vers 1730/1740 au détriment des
Yoruba le royaume de Hogbonou (nom donné par les populations adja) ou
d’Adjatchè (nom donné par les Yoruba). Le nom Porto-Novo lui a été attribué
plus tard par les négriers portugais qui longeaient cette côte à la recherche
d’esclaves. Tè-Agbanlin construit son palais « Honmè » et met en place
l’administration de son royaume. Il était aidé dans sa tâche par des ministres
(mito) qui avaient des fonctions spécifiques.

La préoccupation fondamentale des successeurs de Tè-Agbanlin était


d’agrandir le royaume, d’assurer la sécurité alimentaire et de protéger leur
peuple contre les envahisseurs. La vie économique à l’intérieur du royaume était
dominée par l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’artisanat. Pratiquée dans tous
les villages, l’agriculture constituait la base de l’économie. Son rôle fondamental
était d’assurer l’alimentation du noyau familial. C’était une agriculture de
subsistance. Les principaux produits étaient : le maïs, le manioc, l’arachide, les
légumes, le palmier à huile, la patate douce, etc. Les échanges se faisaient dans
76

les marchés, principaux circuits de commercialisation des produits dans le


royaume.

Ces activités commerciales étaient renforcées par les échanges avec les
trafiquants européens, échanges dans lesquels les esclaves occupaient une place
de choix. Avec les tracasseries des souverains du Danhomè et le déclin de
Ouidah, ce commerce a enrichi le royaume de Porto-Novo car Portugais,
Français, Anglais et Brésiliens venaient s’y approvisionner en esclaves. Mais
plus tard, ni Ouidah, ni Porto-Novo ne pouvaient plus continuer la traite des
esclaves en raison de son abolition. Sous le règne de Sodji (1848-1864), le
royaume devait donc renoncer à cette activité en réorientant son économie vers
le commerce des produits agricoles dont l’huile de palme.

Toujours ouverte sur le monde extérieur, la cité attirait de nombreux gens


d’origines diverses. Ainsi, au cours du XIXe siècle, les négociants européens
(Anglais, Portugais, Allemands, Français) s’y installèrent ; de même que les
esclaves libérés dans le Nouveau-Monde (Afro-Brésiliens) et en Sierra Leone
(Saro).

3.2.1.1- Porto-Novo : la cité-palais


Comme nous l’avons dit, le fondateur du royaume de Porto-Novo y avait
construit son palais. Depuis lors, le palais était devenu le noyau central des
institutions politiques du royaume. De hauts murs en terre de barre, très épais,
formaient la clôture délimitant le cadre du palais. On y accédait par une porte
principale gardée par les serviteurs royaux. Il comprenait plusieurs bâtiments
séparés par des espaces réservés à toutes sortes de manifestations. Le caractère
clos du palais royal, où les activités étaient invisibles de l’extérieur, marquait la
hiérarchie sociale ; ce palais fonctionnait comme une entité autonome à
l’intérieur de la ville. Il se distinguait des autres habitations par la nature de sa
population (hauts dignitaires, reines et princes) et la position qu’il occupait, à
77

savoir sa situation centrale dans la ville avec à côté la présence du marché,


symbole des activités économiques du royaume (N’Bessa, 1997). Le roi, de son
palais, dirigeait son royaume. C’est un homme extraordinaire qui n’est pas
souvent en contact avec les populations. Il est le représentant des ancêtres et des
divinités auprès des vivants. Il est le père de la famille (dè en aïzo et goun, baba
en yoruba) à laquelle est assimilé le royaume. Le palais constituait alors le
centre de la ville autour duquel s’était développé le tissu urbain. Porto-Novo à la
veille de la colonisation était une agglomération de 5000 habitants environ
(Sinou et Oloude, 1989). Les maisons étaient construites en banco serrées les
unes contre les autres. Le regroupement de ses maisons formait les différents
quartiers de la ville.

3.2.1.2- Porto-Novo et ses vieux quartiers


Les différents quartiers de la ville étaient reliés entre eux par des sentiers
sinueux. Selon N’BESSA (1997), quatre catégories de quartiers peuvent être
identifiées dans la vieille ville de Porto-Novo :

Les quartiers des princes, descendants directs des rois, s’étaient


développés dans la périphérie Aklon, occupé initialement par un groupe yoruba
mais devenu la maison d’initiation des rois après l’installation de Tè-Agbanlin.
Aujourd’hui, il est habité par les descendants du roi Houffon. Gbèkon, fondé par
le roi Toffa (1874-1908) au début de son règne, est occupé actuellement par ses
descendants.

Le deuxième type de quartiers anciens est celui des quartiers des


vodounon. Ils sont caractérisés par la présence d’une divinité respectée et que
personne ne saurait enlever. Les vodounon jouaient un grand rôle dans
l’intronisation des rois ; ils étaient nombreux au sein du royaume ; ainsi certains
quartiers rappellent encore le nom de leur Vodoun : Hassoukomè fondé par
78

Dèdo rappelle le nom de son Vodoun Hassou ; les autres quartiers tels que
Avassa, Ouézoumè furent fondés de la même façon et conservent leurs Vodoun.

Le troisième type de quartiers comprend les quartiers des immigrants


Adja non intégrés à la famille royale, à savoir : Adomè, Agbokomè, Lokossa,
Zèbou-Massè, Davié, etc.

Le dernier groupe de quartiers est constitué par les quartiers des étrangers,
tels que les Tori, les Péda, les Dravonou, etc. qui occupent les périphéries sud,
ouest et nord de Porto-Novo, à savoir : Ouinlinda, Gbokou, Zèbou Aga,
Sokomè, etc. La figure 1 nous renseigne sur la création des quartiers et
l’extension de la ville de Aklon/Porto-Novo du XVIIème siècle jusqu’en 1985.
79

Figure 1 : Aklon/Porto-Novo du XVIIème siècle jusqu’en 1985.


Source : Parenthèse ORSTOM/PUB, 1989 modifié par Vigninou, 2009

D’autres quartiers étaient créés au fur et à mesure que s’installaient de


nouveaux arrivants. Le paysage urbain était caractérisé par des maisons en terre
ou en bois couvertes de branches de palme ou de chaume. Les quartiers ou les
maisons étaient séparés les uns des autres par des champs et des friches. Comme
nous l’avons dit cette ville était à l’image des autres capitales des royaumes
telles qu’Abomey, Kétou, Allada. Mais toute comme Abomey et Kétou, la ville
de Porto-Novo était ceinturée et protégée par un rempart. La ville était ouverte
sur son arrière pays et se développait grâce au commerce de traite. La photo 1
montre l’un des vieux quartiers (Avassa) de Porto-Novo, aujourd’hui en
réhabilitation (rue pavée).
80

Photo 1 : Un vieux quartier de Porto-Novo (Avassa) aménagé (Cliché


VIGNINOU, mars 2008)

3.2.1.3- Affranchis et la relance de l’économie de traite


A l’instar de Ouidah, Porto-Novo avait accueilli à partir du début du
XIXème siècle les Afro-brésiliens, anciens esclaves libérés venus d’Amérique. La
ville avait également accueilli, mais dans une moindre mesure, les Akou ou les
Saro, esclaves des navires négriers de contrebande, libérés en Sierra Leone par
les Anglais et revenus dans le golfe du Bénin (région située entre la Volta et le
delta du Niger). Au lieu de se retourner dans leurs villages d’origine situés à
l’intérieur du continent, certains d’entre eux, surtout les Afro-brésiliens
préféraient s’installer dans des comptoirs économiquement plus développés. Le
mouvement de retour des esclaves prend de l’ampleur à partir de 1830, c’est-à-
dire au lendemain de l’abolition de la traite en Angleterre (1807) et en France
(1815). Initiés à des techniques agricoles beaucoup plus évoluées que celles des
populations locales et maîtrisant les langues du commerce (portugais et anglais),
ils devenaient les concurrents des premiers négociants. Ils avaient très tôt
compris le rôle que pouvait jouer l’économie de plantation, surtout de palmier à
81

huile, après l’abolition de la traite. Sous leur impulsion, le palmier à huile


occupait la première place dans l’économie agricole de la région. Sa zone
s’étendait de la ville jusqu’au plateau de Sakété et du plateau aux confins de la
vallée de l’Ouémé. Tous les villages avaient leurs champs ou plantations
réparties entre les grandes familles. Les cultures vivrières n’étaient pas laissées
pour compte ; elles étaient aussi pratiquées pour assurer l’alimentation des
populations et éviter les famines. Les maisons de commerce étaient installées et
assuraient l’exportation des produits de rente. Leurs activités les enrichissaient
et suscitaient la venue de nombreux migrants favorisant l’augmentation de la
population urbaine. Ainsi, ils ont contribué au développement et à la
transformation du paysage urbain en apportant les cultures acquises lors de leur
séjour en Amérique et en Sierra Leone. En effet, ils construisaient de belles
maisons, à plusieurs niveaux, surtout de style brésilien comme le montre la
photo 2.

Photo 2 : Une maison de style brésilien à Porto-Novo (Houédakomè) (Cliché


VIGNINOU, mars 2008)

Porto-Novo à la veille de la colonisation était une ville prospère que


convoitaient Français et Anglais.
82

3.2.1.4- Rivalités inter-impérialistes : le protectorat français


Pour réduire la concurrence et rendre leur comptoir plus rentable, les
Anglais installés à Lagos cherchaient à contrôler Porto-Novo. Ne pouvant pas
signer un traité à l’amiable, ils vinrent avec une canonnière bombarder la ville
en 1861 pour obliger son roi Sodji à signer un accord avec eux sous prétexte
qu’il continuait la traite des esclaves. Ce dernier résista et fit appel à la France
avec qui il signa un traité de protectorat en 1863. Mais très tôt, en 1864,
Mikpon, successeur de Sodji rejeta ce traité. Il va falloir attendre l’arrivée au
pouvoir du roi Toffa en 1874 pour que ce protectorat soit rétabli en 1882. Deux
ans plus tard, en 1884, la conférence de Berlin établit les règles de l’occupation
du continent africain. Ce fut le début de la colonisation française. La ville de
Porto-Novo n’en était pas épargnée. Du coup, son paysage subissait de notables
transformations.

3.2.2- L’ère coloniale et les transformations de la ville


Plusieurs facteurs avaient favorisé le développement de la ville sous la
colonisation : la transformation de la ville en capitale de la colonie et le
développement du commerce.

3.2.2.1- Porto-Novo : capitale de la colonie du Dahomey


La ville de Porto-Novo constituait le point d’ancrage où les Français vont
prendre appui pour la colonisation du futur Dahomey. Successivement, les
royaumes qui s’opposaient à l’administration française ont été conquis ou
soumis : le royaume du Danhomè après plusieurs années de combat a été vaincu,
et, par décret du 22 juin 1894, la colonie du Dahomey fut créée ; Parakou, Nikki,
Kandi, Djougou, Kouandé étant « pacifiés », le premier gouverneur de la
colonie, Victor Ballot, acheva la conquête du territoire en 1898.
L’administration coloniale remplaça un ensemble de royaumes et de chefferies
aux limites territoriales souvent mal définies par une organisation centralisée en
83

un chef-lieu, Porto-Novo, où furent installées les instances décisionnelles de la


colonie, et elle découpa le territoire en cercles. La colonie dépend jusqu’à la
création de l’A.O.F en 1895 du territoire des « Rivières du sud » dirigé depuis
Conakry. A cette date, elle devient un élément de la nouvelle fédération, qui a
comme capitale Dakar au Sénégal, et se retrouve encore plus éloignée du centre
de décision (Sinou et Oloude, 1989). Le choix de Porto-Novo n’est pas un fait
de hasard. Pour Sinou et Oloude (1989), ce choix à la fin du XIXème siècle tient à
plusieurs raisons : les classes dirigeantes, contrairement à celles d’autres
royaumes, n’ont guère remis en cause le pouvoir colonial. En outre, non
seulement Porto-Novo occupait une position stratégique par rapport à la colonie
anglaise de Lagos, mais aussi les Européens et les Afro-brésiliens y étaient
installés depuis longtemps et étaient particulièrement utiles pour les premiers
administrateurs qui n’avaient guère de moyens et ne connaissaient pas le pays.
Ils louent leurs maisons, s’approvisionnent auprès d’eux, utilisent leur
personnel. De leur côté, les Afro-brésiliens sont acquis à la cause coloniale et
sont proches culturellement des colons, car ils ont une organisation sociale et
économique calquée sur celles des sociétés de leurs anciens maîtres. En se fixant
à Porto-Novo, les Français se retrouvent donc en compagnie des alliés sûrs.
Contrairement à Cotonou, la France a trouvé une ville qui a une tradition
urbaine. L’ancienne cité constitue la partie la plus importante de la ville. Les
Européens se sont installés à l’ouest en construisant des habitations et bâtiments
de services (hôtel du gouvernement, hôpital, travaux publics, poste et
télégraphes, mission catholique, douane, camp, école etc.). Les rues sont tracées
et relient la capitale à l’intérieur de l’ancien royaume en attendant la
construction de celle qui rejoint Cotonou. Les fonctionnaires nommés viennent
s’installer à Porto-Novo pour gérer la colonie. Le choix de la ville comme
capitale a joué un rôle important dans son développement : elle s’étend et
connaît une croissance démographique ; ainsi, entre 1905 et 1960 sa population
est passée de 17 800 à 64 000 habitants, comme le montre le tableau IV.
84

Tableau IV : Evolution de la population de Porto-Novo de 1905 à 1960

Années
Populations

1905
17 800

1910 19 035

1926
21 675

1936
23 500

1945
28 000

1956
31 600

1960
64 000

Source : INSAE

En 1905, Porto-Novo constituait la principale ville de la colonie au


détriment d’Abomey et de Ouidah qui ont perdu de leur influence. Cotonou
n’était qu’une petite agglomération de 1 175 habitants et n’avait même pas le
statut de ville. A l’instar des capitales de colonies, Porto-Novo n’avait pas connu
une croissance importante de sa population qui n’avait guère progressé. En effet,
de 1905 à 1956, la ville a connu une croissance de 13 800 habitants. Durant un
demi-siècle, sa population n’avait même pas doublé son effectif de 1905. Cette
situation s’explique par son économie tournée vers l’exportation des produits
agricoles qui se cultivaient dans les campagnes et non dans la ville. L’exode des
ruraux vers la ville était limité. La concurrence de Cotonou qui présentait plus
d’opportunités économiques ne permettait pas à Porto-Novo de bénéficier de cet
exode. Mais, de 1956 à 1960, sa population urbaine était passée de 31 600 à
85

64 000 habitants, soit le double de l’effectif de 1956. Cette période de forte


croissance coïncidait avec la mise en place de nouvelles infrastructures : réseau
d’adduction d’eau et d’électricité, bitumage des voies, construction du lycée
Victor Ballot, qui drainait beaucoup de migrants vers la ville. A l’indépendance,
Porto-Novo était la deuxième ville du pays après Cotonou qui disposait d’une
population de 100 000 habitants. A lui seul, le fait d’être capitale ne peut pas
expliquer cette croissance urbaine. Il y a aussi le développement du commerce.

3.2.2.2- Développement du commerce


L’objectif de la colonisation est d’approvisionner les métropoles en
matières premières et d’écouler les produits manufacturés issus des industries
européennes. L’économie coloniale était alors basée sur le développement des
plantations. De grandes maisons de commerces s’étaient installées : les sociétés
allemandes (Witte et Bush, Ungebuer, Kongdorfer), anglaises (John Holt and
Cie), portugaises (Guedes), françaises (Cyprien Fabre et Cie, Mantes Frère et
Borreli, Régis Aîné …). Presque toutes ces maisons de commerce avaient leurs
sièges à Porto-Novo. La concurrence entre ces différentes sociétés favorisait le
développement du commerce. Mais, la grande difficulté dont souffrait cette
activité était l’absence des voies de communication pour drainer vers Porto-
Novo les récoltes des paysans. C’était pour pallier ces difficultés que fut décidée
la construction en 1902 d’un chemin de fer. En avril 1908, le tronçon Porto-
Novo - Sakété fut achevé. L’arrière-pays était désenclavé en attendant la fin de
la construction de celui de Lagbé – Pobè en 1913 (Vidégla, 1993). L’ensemble
des localités et marchés ruraux était relié aux gares par des pistes. Les
principales gares étaient : Porto-Novo, Adjara, Avrankou, Kouti, Sakété, Pobè.
Ainsi, les produits agricoles (huile et amandes de palme, maïs, arachide, manioc,
etc.) étaient drainés des campagnes vers la ville. En échange, les populations
rurales achetaient les produits européens tels que le sel, l’alcool, le pétrole, la
poudre à canon. La construction du chemin de fer a contribué au développement
86

de la production agricole et des échanges commerciaux sur le plan régional et


même international. En effet, Porto-Novo, compte tenu de sa position, avait
développé des relations commerciales avec Lagos, le grand port de la sous-
région. La lagune assurait la liaison entre Lagos et Porto-Novo. Des pirogues et
bateaux chargés de marchandises faisaient le trafic entre les deux villes. En
1895, le trafic de Porto-Novo, équipée d’un petit wharf, avait atteint 34000
tonnes (Sinou et Oloude, 1989). Par sa voie lagunaire et son port, cette ville
avait affirmé sa suprématie sur toutes les autres villes du pays du début de la
colonisation jusqu’aux années qui suivent immédiatement la construction du
wharf de Cotonou en 1889. Son rôle économique a attiré de nombreux
commerçants étrangers. Pour N’Bessa (1997), de 1894 à 1915, la ville profita
largement des prérogatives que lui conférait sa fonction de capitale coloniale.
Premier centre administratif, elle concentra les grands services et les hauts
cadres de l’administration générale. Elle avait attiré les hommes d’affaires
d’origine européenne ; ils y avaient établi leur siège principal pour recevoir et
distribuer le plus rapidement possible les marchandises provenant de l’Europe.
Mais, comme le montre la figure 2, entre 1912 et 1949, cette situation allait
évoluer avec l’essor de Cotonou, et Porto-Novo vit assez rapidement décliner les
activités qui lui assuraient sa suprématie.
87

160000

140000

120000

100000

80000 Porto‐Novo
Cotonou
60000

40000

20000

0
1889 1902 1912 1923 1928 1938 1949

Figure 2 : Trafics du port lagunaire de Porto-Novo et du wharf de


Cotonou (en tonne)

Source : Statistiques des archives nationales de Porto-Novo et micro fiche


n° 592 regards (ex CEGET) Bordeaux (N’BESSA, 1997).

Effectivement de 1889 à 1902, le port lagunaire de Porto-Novo avait un


trafic supérieur à celui de Cotonou. C’est en 1912 que le déclin de ce port a
commencé parce que, cette année, la ville avait un trafic de 17 200 t contre
42 000 t pour Cotonou. En 1923, ce trafic fut 3000 t contre 64 000 t. Cet écart
s’agrandit au fil des années. Ainsi, en 1949, le trafic de Cotonou fut dix fois
supérieur à celui de la capitale, parce que presque toutes les activités étaient
totalement orientées vers le wharf de cette ville qui jouait un rôle important dans
les relations commerciales avec l’extérieur, surtout le Niger. Il desservait tout
l’arrière-pays en supplantant complètement Porto-Novo pour s’imposer comme
le premier centre commercial international de la colonie et du Dahomey
indépendant. Cette éclipse de la ville n’a que peu favorisé son développement.

3.2.2.3- Les transformations de la ville


Compte tenu de sa faible croissance économique, la ville accuse un retard
dans son développement spatial. Pendant cette période, les priorités n’étaient pas
88

orientées vers les investissements fonciers et immobiliers. Les acteurs de la


traite préfèrent envoyer les bénéfices dans leur pays d’origine. Contrairement
aux autres capitales coloniales où les colons ont mis en place une organisation
spatiale, Porto-Novo a gardé son statut de ville africaine. L’administration
française n’a pas mis sur pied un plan global d’intervention. Elle agit selon ses
besoins. Jusqu’à la fin du XIXème siècle, les représentants de l’appareil colonial
(le Résident et les officiers) continuent d’habiter les maisons louées auprès des
Afro-brésiliens. Compte tenu des difficultés d’intervention, surtout en matière
de lotissement et d’ouverture de voies dans la vieille ville, les autorités
françaises ont demandé des terrains au roi pour construire des habitations et
bâtiments de service. Le roi satisfait leur demande en leur donnant des zones
non bâties à l’ouest de la ville. Les premiers travaux concernent la construction
du camp militaire et de l’école laïque en 1891.

Plus tard, d’autres équipements viennent renforcer les premiers travaux, à


savoir, entre autres, l’hôpital, les écoles, plusieurs dizaines de bâtiments
administratifs et le nouveau marché Ahouangbo. Un plan de la cité est tracé en
1904 ; il recense les zones habitées, prévoit le tracé des rues dans la vieille ville
et un réseau de voirie dans la zone ouest réservée aux européens. Des efforts
d’assainissement sont entrepris par les autorités coloniales pour lutter contre les
épidémies. Pour maîtriser la gestion de l’espace, un régime foncier est défini
pour toute l’Afrique Occidentale Française. Ce régime repose sur la
reconnaissance des droits sur le sol : pour être reconnu, toute vente ou tout
échange de terre doit être enregistré par l’autorité coloniale, de même qu’à terme
toute occupation du sol. Ce régime permet l’extension de la ville, mais il échoue
dans les vieux quartiers, les habitants s’opposant à la réorganisation de l’espace
dans la vieille ville, car l’ouverture des voies nécessite la destruction des
habitations. Seules quelques rues y sont tracées le long de la lagune et d’autres
perpendiculaires viennent les couper. Elles permettent d’accéder aux maisons de
89

commerce. L’autre objectif est de limiter les incendies qui sont fréquents, parce
que les toitures des habitations sont en chaume. Ces rues servent de pare-feu.
C’est pour limiter les dégâts de ces incendies que les feuilles de tôle sont
désormais utilisées par les populations pour les couvertures. Il faut signaler que
les travaux de construction des infrastructures sont faits dans le cadre du
système de l’indigénat par la main-d’œuvre africaine gratuite. Porto-Novo
présente alors l’aspect de deux villes : l’une, africaine traditionnelle, et l’autre,
européenne. Au vu des réalisations, la ville n’a pas bénéficié d’importantes
infrastructures comme d’autres capitales de colonies, telles que Dakar et
Abidjan. Les raisons en sont nombreuses, mais les plus importantes sont : le
manque de moyens financiers de la colonie, l’éloignement de la capitale fédérale
Dakar, l’urbanisme qui relève de la responsabilité du gouvernement général de
l’A.O.F et non de la colonie et la concurrence de Cotonou. En effet, à partir de
1930, l’essor économique de Porto-Novo diminue. Cotonou prend le dessus avec
le développement de ses activités portuaires ; de nombreux commerçants
émigrent vers Cotonou. L’administration coloniale investit plus à Cotonou qu’à
Porto- Novo. Dans cette dernière ville selon Sinou et Oloude (1989), c’est entre
1910 et 1930 qu’est effectué l’essentiel des travaux urbanistiques et des
réalisations architecturales dans l’espace urbain d’alors, qui constitue
aujourd’hui le centre de Porto-Novo.

Enfin, la construction du pont sur la lagune et du chemin de fer reliant les


deux villes consacrent le déclin de la ville au lieu de son émergence.
Néanmoins, grâce à son statut de capitale, après la deuxième guerre mondiale
jusqu’à l’indépendance, la cité bénéficie de quelques équipements : l’ébauche du
boulevard circulaire, le tracé de nouvelles rues, le réseau d’eau potable,
l’assainissement des quartiers régulièrement inondés pendant la saison des
pluies, le bitumage de rues, l’éclairage public le long de quelques voies, le lycée
Victor Ballot (aujourd’hui lycée Béhanzin) et la construction des logements le
90

long du boulevard circulaire. La plupart de ses travaux sont réalisés à l’ouest de


la ville accentuant le clivage entre la vieille ville et la ville européenne.

Porto-Novo a acquis grâce au régime colonial une place qu’elle n’avait


jamais possédée auparavant. D’un statut de « principauté », la ville devient un
chef-lieu de colonie et concentre au début du XXème siècle l’ensemble des
fonctions administratives et politiques, tout en conservant son rôle économique
déterminant. Si le développement de Cotonou entraîne le départ de certaines
activités, Porto-Novo demeure, pendant toute l’ère coloniale, la capitale
politique et intellectuelle du pays (Sinou et Oloude, 1989).

3.2.3- Capitale administrative du Dahomey indépendant et les


mutations de la ville
A l’indépendance, toujours en compétition avec Cotonou, Porto-Novo a
su conserver son titre de capitale pour le nouvel état indépendant. C’était un
atout majeur pour son développement. Mais avant la fin de l’époque coloniale,
plusieurs services étaient déjà transférés à Cotonou compte tenu des
opportunités économiques qu’elle présente. En 1960 les dissensions politiques
entre les différents partis qui animent la vie politique du pays accélérèrent le
processus de transfert des services de l’Etat vers Cotonou. En effet, la situation
politique du pays se caractérisait par la domination de trois partis politiques à
caractère régionaliste : PRD, UDD, et RDD. Les intellectuels qui étaient à la
pointe de la lutte pour l’indépendance du pays s’étaient regroupés au sein de ces
partis politiques et se livraient une lutte sans merci pour le contrôle du pouvoir.
En 1960, c’était la coalition UDD-RDD qui contrôlait le pouvoir d’Etat au
détriment du PRD qui dominait la vie politique jusque-là et dont le fief était
Porto-Novo ; Hubert K. Maga était le président de la République et Justin T.
Ahomadégbé, le président de l’Assemblée Nationale. Ces deux personnalités ne
se sentaient pas en sécurité à Porto-Novo, fief du parti rival, le PRD ; ils fixaient
leur base à Cotonou, ville neutre politiquement et ethniquement. Porto-Novo
91

bastion du PRD en subit les conséquences. Le premier gouvernement du


Dahomey comprenait 12 ministères dont 4 avaient leur siège à Cotonou. Les
premières années de l’indépendance étaient marquées par une série de coups
d’état dont le premier fut exécuté en 1963. Les successeurs de Maga déplacèrent
progressivement les services administratifs de Porto-Novo à Cotonou. En 1967
la présidence fut installée définitivement à Cotonou. Pour rapprocher les
services essentiels du centre de décision, le processus de transfert s’est poursuivi
et s’est intensifié dans les années 1970 et 1980 sous le régime révolutionnaire.
Présentement, à Porto-Novo, il n’y a qu’un seul ministère, celui de
l’enseignement primaire et maternel. Néanmoins, elle est toujours le siège de
quelques directions techniques. Ce transfert a des conséquences néfastes sur
l’évolution de cette ville. Cette situation n’a fait que renforcer la position de
Cotonou qui continue de lui ravir la vedette chaque fois que l’occasion se
présente. Après l’indépendance, Porto-Novo connaît une évolution
démographique plus lente. La population estimée en 1958 à 50 000 habitants est
passée à 76 000 habitants en 1962, puis à 92000 en 1968 et atteint, en 1979,
132 000 habitants (Sinou et Oloude, 1989). Cette croissance est due à la natalité
et à l’apport migratoire provenant des campagnes. Le taux d’accroissement
annuel est faible ; il est de 4,8 % contre 8 % pour Cotonou. Porto-Novo n’est
plus un pôle très attractif ; elle est devenue une étape intermédiaire pour une
destination définitive (Cotonou) et même pour les capitales des autres pays de la
sous-région : Lagos, Abidjan, Lomé, Libreville, Malabo etc.

La population de Porto-Novo est l’une des plus instables de notre pays ;


la population active se répartit sur plusieurs capitales ou pays. Néanmoins, la
principale source d’alimentation de la population urbaine reste
fondamentalement l’exode rural. Les nouveaux venus au lieu de s’installer dans
la vieille ville, préfèrent résider dans les quartiers périphériques où le loyer
coûte moins cher et où le niveau de vie est proche de celui du village. Cet attrait
92

de la ville est aussi lié au développement du commerce. Cette activité est surtout
pratiquée par les Yoruba. En effet, à l’indépendance, les Européens qui avaient
le monopole des marchés perdent ce privilège. Ils sont désormais concurrencés
par les Afro-Brésiliens et les Libanais. Il faut signaler que la plupart des
échanges échappent au contrôle de l’Etat. Les échanges se font principalement
avec le Nigeria. Ce commerce se fait dans les deux sens : du Bénin vers le
Nigeria et vice-versa. Malgré ces péripéties de l’histoire de son évolution, Porto-
Novo, aujourd’hui en réhabilitation est une ville en pleine expansion qui
déborde son cadre administratif et envahit sa périphérie, l’objet de notre étude.

3.3- PRESENTATION DE L’ESPACE PERIURBAIN

3.3.1- Eléments de caractérisation et délimitation de l’espace périurbain


autour de Porto-Novo

3.3.1.1- Eléments de caractérisation de l’espace périurbain


Délimiter l’espace périurbain n’a pas été aisé. Comment savoir où s’arrête
la ville et où commence l’espace périurbain. La périurbanisation est
indissociable de l’urbanisation, car cette dernière induit ou engendre la première.
Et aussi « les définitions de ce phénomène varient selon les auteurs, ce qui
traduit bien la difficulté à appréhender ce processus, à la fois indéniable,
puisqu’il constitue l’évolution principale de l’urbanisation actuelle et en même
temps difficile à cerner dans ses modalités. Cette dynamique aboutit à la
formation d’espaces récents à l’extérieur des centres urbains, aux morphologies
variées allant du lotissement à la ville nouvelle.» (Domingo, 2007). Il se pose
alors le problème méthodologique de son appréhension.

En France, par exemple, selon Paulet (2000), les espaces périurbains se


caractérisent par cinq critères : forte densité de population (par rapport à la
France), mixité des paysages (bâtiments, forêts, espaces agricoles), forte
proportion de constructions neuves, certaine distance de la ville (de 15 à 30 km
93

suivant l’importance de l’agglomération), plus de 50 % des actifs pratiquant les


migrations alternantes, 20 % de la population française serait ainsi logée dans
ces espaces périurbains. Ceux-ci sont également caractérisés par une forte
croissance démographique qui dépasse 10 % entre 1982 et 1990. L’espace
périurbain se distingue aussi par une densité de population élevée par rapport à
la zone rurale proche.

Dans les pays en voie de développement, l’espace périurbain est difficile à


définir, surtout que la ville de Porto-Novo n’est pas une grande ville à l’image
de Lagos, Accra, Dakar, Abidjan, Lomé, Cotonou, etc. où le phénomène est plus
développé. Pour ce faire, nous nous sommes basé sur un certain nombre de
critères dont les plus importants sont :

- Caractère semi-rural, semi-urbain du paysage (friches, cultures, bâtis,


espaces vides, etc.) ;

-Lotissement inachevé dans le milieu ;

- Lotissement du milieu réalisé récemment (2000 à 2008) ;

- Inexistence d’infrastructures et d’équipements ;

- Etat de l’occupation des parcelles (occupée, inoccupée, chantier, réserve


publique) ;

- Fréquence de conflits fonciers.

Armé de ces principaux critères et des autres outils d’investigation, les


visites de terrain ont permis de découvrir, de connaître les quartiers périurbains
et de circonscrire l’espace périurbain.

3.3.1.2- Délimitation de l’espace périurbain

Le choix des quartiers périurbains, avouons-le, n’a pas été aisé. Il y a des
quartiers qui répondent parfaitement à tous ces critères, mais d’autres n’y
94

répondent que partiellement. Certains quartiers sont à dominance urbaine ou


périurbaine. La bordure des routes (Porto-Novo/Adjara, Porto-Novo/Akrpo-
Missérété) est plus urbanisée alors qu’à l’intérieur des quartiers, le paysage est
périurbain. Pour trancher, nous avons dû prendre pour quartiers types, les
milieux où le paysage est à dominance périurbaine.

Comme si le territoire ne suffisait plus à cette ville, elle se déferle comme


une vague de mer sur les communes voisines si bien qu’on a des difficultés à
reconnaître les limites de son territoire. Tant les paysages sont identiques qu’on
passe de la commune de Porto-Novo à Adjara, Avrankou et Akpro-Missérété
sans s’en rendre compte. En effet, les villages qui l’entourent et qui sont dans
ces communes voisines constituent de véritables foyers potentiels de
périurbanisation. Le phénomène périurbain les gagne et les transforme avec
l’arrivée sans cesse croissante des citadins venant de Porto-Novo. Les
intersections (entre Porto-Novo et ces centres) ou les villages se trouvant dans
ces intersections sont vite gagnés par le phénomène périurbain. Sa vitesse est
forte, car ces espaces subissent le phénomène venant de Porto-Novo. C’est le
cas des arrondissements de Ouanho et d’Atchoukpa. Dans le cas d’Atchoukpa,
l’exemple de Malé est significatif. On a tendance à croire qu’ils font partie de la
ville de Porto-Novo. Dans la commune d’Adjara les cas de Hounsa, Aglogbé,
Malanhoui et Honvié sont illustratifs. Dans la commune d’Akpro-Missérété,
l’arrondissement de Vakon est un cas typique.

En dehors de ces trois communes où Porto-Novo a des rapports


périurbains intenses, elle exerce aussi quelques influences sur la commune de
Sèmè-Kpodji. En effet, l’espace influencé par la périurbanisation est Houinta,
Djèrègbé. Cette influence est limitée par la lagune de Porto-Novo et l’importante
zone marécageuse qui n’est pas propice à l’installation humaine.

Quant à la commune des Aguégué, cette influence est arrêtée par les
marécages qui la séparent d’elle.
95

En dehors de cette dernière commune, le phénomène de périurbanisation


agit en transformant aussi bien les villages environnants de son espace
administratif (périurbanisation au sens strict du terme) que les petites ou grosses
agglomérations se trouvant dans les périphéries lointaines dépendant d’autres
communes (périurbanisation au sens large du terme). La problématique du
développement de la ville ne peut plus être étudiée dans le cadre strict de son
territoire administratif mais dans un ensemble qui englobe les trois communes
limitrophes au nord et l’arrondissement de Djèrègbé au sud (SERHAU-SEM,
2000).

L’espace périurbanisé est vaste autour du centre ville de Porto-Novo. Il


est à cheval sur sa commune d’origine et sur les quatre autres. Sa dimension est
très grande, ses limites imprécises. Les limites géographiques du phénomène ne
coïncident pas avec celles administratives de la ville, ce qui engendre les
problèmes d’intercommunalité, de diversité des découpages administratifs et
statistiques et la diversité dans les formes géométriques des unités spatiales de
superficies différentes. Le choix de l’échelle géographique est très important. En
effet, il est bon de se demander quelle est l’échelle géographique pertinente pour
mener à bien les recherches sur ce thème. Le choix de l’échelle oriente ou
influence les résultats. Selon l’échelle, les résultats peuvent changer : c’est le
problème de l’agrégation des données. Pour bien l’appréhender, nous ne
pouvons pas l’étudier uniquement dans les limites administratives de la ville,
mais dans sa limite géographique en suivant le front périurbain (périurbanisation
au sens large du terme). A cette échelle, nous pouvons aborder le problème afin
de dégager les grandes tendances. Ainsi, la liste des arrondissements et quartiers
périurbains aussi bien de la ville de Porto-Novo que des autres communes qui
répondent à ces critères se présente comme suit:
96

Tableau V : Arrondissements et quartiers périurbains de Porto-Novo et


des communes satellites
Communes Arrondissements, quartiers et
villages périurbains

Commune de Porto-Novo 1er Arrondissement


(pas de quartiers périurbains)
2ème Arrondissement
Quartiers périurbains :
Commune de Porto-Novo -Agbokou 1
-Djègandaho
-Guévié-Djèganto
-Zounkpa
-Donoukin
3ème Arrondissement
Commune de Porto-Novo Quartiers périurbains :
-Djassin-Daho
-Djassin-Zoumè
4ème Arrondissement
Commune de Porto-Novo Quartiers périurbains :
-Hounsa
-Gbodjè
5ème Arrondissement
Commune de Porto-Novo Quartiers périurbains :
-Akonaboé
-Hoinvié
-Louho
-Dowa
Arrondissements périurbains :
Commune d’Adjara : -Malanhoui
-Honvié
-Aglogbé
-Adjara I
-Adjara II
Arrondissements périurbains :
Commune d’Avrankou : -Atchoukpa
-Ouanho
-Avrankou
Arrondissements périurbains :
Commune d’Akpro-Missérété -Vakon
-Akpro-Missérété

Commune de Sèmè-Kpodji Arrondissements périurbains :


-Djèrègbé
Source : Enquêtes de terrain (mars 2008)
97

3.3.2- Présentation du cadre d’étude


Le cadre d’étude ainsi délimité a une forme presque circulo-polygonale
dont presque le centre est occupé par la ville de Porto-Novo. Il est situé entre
6°22 et 6°35 de latitude nord et 2°32 et 2°42 de longitude est. Il est limité au
nord par les arrondissements de Gomè-Sota (Commune d’Akpro-Missérété) et
de Djomon (Commune d’Avrankou), au sud par l’arrondissement de Sèmè-
Kpodji (Commune de Sèmè-Kpodji) et la lagune de Porto-Novo, à l’est par celui
de Mèdédjonou (Commune d’Adjara) et à l’ouest par la zone marécageuse de la
lagune et du lac Nokoué, les communes des Aguégué et de Dangbo (carte 2).
98

Carte 2 : Présentation de l’espace périurbain de Porto-Novo


99

Avec une superficie de 220 km2, notre cadre d’étude abrite une population
de 188 503 habitants selon le recensement de 2002. Aujourd’hui sa population
est estimée à environ 250 000 habitants. Il couvre 13 quartiers à la périphérie
urbaine de Porto-Novo répartis dans tous les arrondissements à l’exception du
premier entièrement urbanisé, 5 sur 6 arrondissements dans la commune
d’Adjara, 2 sur 5 à Akpro-Missérété, 3 sur 7 à Avrankou et 1 sur 6 à Sèmè-
Kpodji. Du point de vue démographique, il constitue, comme le montre le
tableau VI, l’une des grandes agglomérations du Bénin.

Tableau VI : Populations des grandes villes ou agglomérations urbaines


du Bénin au recensement de 2002

Villes ou Cotonou Porto- Parakou Abomey- Périphérie


agglomérations Novo Calavi urbaine de
urbaines Porto-Novo

Populations 665 100 223 552 149 819 307 745 188 503

Source : RGPH 3 (INSAE)

La périphérie urbaine de Porto-Novo est la quatrième agglomération du


pays après la ville de Cotonou, l’agglomération urbaine d’Abomey-Calavi et
Porto-Novo. Elle dépasse celle de Parakou (188 503 habitants contre 149 819).
La ville de Porto-Novo avec toute sa périphérie urbaine (Grand Porto-Novo) a
une population plus importante (365 275 habitants) que celle de l’agglomération
urbaine d’Abomey-Calavi (307 745 habitants). En gros « Grand Porto-
Novo » peut être considérée comme la plus grosse agglomération après
Cotonou.
100

3.3.2.1- Caractéristiques Physiques


L’espace périurbain est à cheval sur le plateau de terre de barre du
continental terminal de Sakété-Pobè et la plaine côtière, situés au sud du Bénin.
Il jouit d’un climat subéquatorial à quatre saisons (deux sèches et deux
pluvieuses) et bénéficie de sols ferralitiques et hydromorphes. Il est drainé par la
lagune de Porto-Novo, les rivières Boué, Zounvi, Donoukin et Aguidi. La
végétation naturelle est presque inexistante ; en dehors de quelques forêts
témoins, ce sont les jachères, les plantations de palmier et les savanes qui
dominent le paysage végétal (le cadre physique est plus développé dans la
deuxième partie au chapitre : facteurs physiques de la dynamique périurbaine de
Porto-Novo).

Cette végétation abrite une faune peu diversifiée compte tenu de la forte
occupation humaine. Elle est réduite à quelques oiseaux (tourterelle, épervier,
héron, pigeon vert, perdrix, etc.), reptiles (lézard, python, vipère, couleuvre,
cobra, etc.), mammifères (aulacode, rat, écureuil, lièvre, etc.). La grande faune a
disparu à cause de la destruction de son habitat au profit des établissements
humains, l’agriculture et la chasse.

3.3.2.2- Caractéristiques humaines

3.3.2.2.1- Données démographiques


Selon le recensement de 2002, la périphérie a une population de 188 503
habitants (tableau VII).
101

Tableau VII : Population de la périphérie de Porto-Novo par Commune et


Arrondissement en 2002

Communes Arrondissements Populations

2ème Arrondissement 11 825


3eme Arrondissement 3 403
Porto‐Novo 4ème Arrondissement 7 531
5ème Arrondissement 24021
Total 46780
Adjara 1 8 651
Adjara 2 7 604
Adjara
Aglogbè 6 759
Honvié 11 635
Malanhoui 11 504
Total 46 153
Vakon 20 541
Akpro‐Missérété Akpro-Missérété 22 491
Total 43 032
Avrankou 13 734
Avrankou Atchoukpa 19 565
Ouanho 8 712
Total 42 011
Sèmè‐Kpodji Djrègbé 10 527
Total 10 527
Toute la périphérie Total 188 503
Source : RGPH-3, 2002 (INSAE)

L’observation de ce tableau montre que l’espace périurbain est constitué


de quelques quartiers ou arrondissements des cinq communes (Porto-Novo,
Adjara, Akpo-Missérété, Avrankou, Sèmè-Kpodji). L’espace périurbain de la
ville de Porto-Novo dans ses limites administratives a une population de 46 780
habitants, soit le cinquième de sa population totale. Cette population est
inégalement répartie suivant les arrondissements. En effet, plus de la moitié de
la population du cinquième arrondissement appartient à l’espace périurbain.
C’est l’arrondissement le plus périurbain avec 24 021 habitants sur les 46 780
102

habitants que compte la périphérie dans les limites administratives de la ville.


Avec 11 825 habitants, le deuxième arrondissement devient le second pôle
périurbain de la ville. Le troisième arrondissement est presque urbanisé (le
remplissage des espaces lotis). Il participe seulement pour 3 403 habitants.

En ce qui concerne la commune d’Adjara, l’espace périurbain a englouti


tous ses arrondissements à l’exception de Médédjonou. 75% de ses habitants
font partie de cet espace.

Quant à la commune d’Akpro-Missérété, ses deux arrondissements les


plus peuplés se trouvent dans cette agglomération et participe pour 43 032
habitants.

Avec 42 011 habitants, Avrankou constitue l’un des foyers actuels et


futurs du phénomène périurbain. Son arrondissement le plus peuplé Atchoukpa
dépend plus de la ville de Porto-Novo que du chef-lieu de la commune :
Avrankou.

Le milieu d’étude fait partie des régions du Bénin les plus densément
peuplées avec 856 habitants au km2 en 2002 contre 570 pour le département de
l’Ouémé et 59 au niveau national selon les résultats d’enquête. Cette forte
densité de la population a un impact sur les activités économiques. L’indice de
poussée démographique est élevé et la population au km2 augmente chaque
année.

3.3.2.2.2- Groupes socioculturels

3.3.2.2.2.1- Composition ethnique


L’ethnie sous-entendu, « groupe socioculturel », se définit généralement
par un groupe d’individus ayant en commun l’usage d’une même langue et
d’une même culture. Le Bénin compte une multitude d’ethnies. Dans le souci de
regrouper ces ethnies, il a été introduit le qualificatif de « apparentés » pour
103

spécifier leur appartenance à de grandes familles de même aire culturelle. Pour


tenir compte de l’homogénéité, dix groupes socioculturels ou ethniques ont été
identifiés au Bénin. On distingue alors les Adja et apparentés, les Fon et
apparentés, les Bariba et apparentés, les Dendi et apparentés, les Yoa-Lokpa et
apparentés, les Peulh les Ottamari, les Yoruba, autres groupes socioculturels et
les Etrangers (INSAE, 1994).
Le secteur d’étude est habité majoritairement par les Fon et apparentés :
les Goun, les Ouémè, les Tori, les Sétto, les Fon et les Toffin. Ils constituent
environ les deux tiers de la population. Ensuite, viennent les Yoruba constituant
près d’un tiers de la population. Les autres habitants du milieu sont Adja, Mina,
Batombus, Dendi ou d’origines étrangères (Ibo et autres). Ces différents groupes
socioculturels, comme le montre le tableau VIII, sont inégalement répartis sur
l’espace périurbain.

Tableau VIII : Groupes socioculturels majoritaires du secteur d’étude


par commune
Communes Groupes socioculturels
majoritaires

Porto-Novo Goun, Yoruba

Adjara Adjaragbé, Yoruba

Akpro-Missérété Tori, Goun

Avrankou Tori, Yorouba

Sèmè-kpodji (Djèrègbé) Tori, Defi

Source : résultat d’enquête (2007-2008)

Les groupes socioculturels majoritaires se rencontrent dans les anciennes


agglomérations rurales englouties par la ville. Celui dominant est le Tori ;
ensuite viennent le Goun et le Yoruba. Il faut remarquer que l’Adjaragbé est très
104

proche de Tori. Contrairement au centre-ville de Porto-Novo où c’est le Goun


qui domine, dans la périphérie c’est le Tori qui l’emporte sur le Goun ; mais le
Yoruba est présent aussi bien dans la périphérie qu’au centre-ville.

3.3.2.2.2.2- Principales religions

La répartition de la population par religion révèle que trois religions


prédominent dans la périphérie. Il s’agit des religions chrétiennes (Catholiques,
protestants, célestes, évangélistes), Vodoun et musulmane. Cependant, il faut
noter une forte tendance des populations à un certain syncrétisme religieux qui
se traduit par la pratique du culte des ancêtres et des morts malgré leur
appartenance aux religions monothéistes. Les différentes communautés
religieuses vivent dans une parfaite harmonie. Dans les quartiers cohabitent les
différentes églises chrétiennes, les mosquées et les temples de vodoun. La photo
suivante montre une église créée au Bénin, le christianisme céleste.

Photo 3 : Une église du christianisme céleste à Louho (cliché VIGNINOU, juin


2009)
105

3.3.2.2.2.3‐ Organisation sociale

Dans la périphérie, deux pouvoirs cohabitent : le pouvoir public et le


pouvoir traditionnel. Le pouvoir traditionnel est symbolique. Il est exercé par
des chefs traditionnels dont les origines remontent aux anciennes structures du
royaume de Porto-Novo. Ils s’occupent des cultes religieux des ancêtres,
cérémonies traditionnelles et diverses prières. Il existe aussi des groupes sociaux
très puissants tels que les Zangbéto et Oro qui s’occupent de la sécurité des
personnes et des biens. Grâce aux Oro, comme le montre la photo 4, beaucoup
de forêts ont été conservées du fait de leur installation dans ces forêts. Ces
divinités qui n’aiment l’éclairage nocturne sont de plus en plus repoussées vers
la périphérie où les conditions sont plus réunies. En dehors de ces structures
traditionnelles, les nombreuses organisations sociales et économiques modernes
jouent aussi un rôle très important.

Photo 4 : Forêt conservée à cause de l’installation du vodoun Oro à Akpro-


Missérété (cliché VIGNINOU, juin 2009)
106

Conclusion partielle
La justification du sujet, la clarification des concepts, la fixation des
objectifs et l’émission des hypothèses ont permis de mieux appréhender notre
thème d’étude. La méthodologie utilisée dans le cadre de ce travail est basée les
principes de recherche scientifique. Elle a permis d’étudier les facteurs
dynamisants de la périurbanisation de Porto-Novo, objet essentiel de la
deuxième partie de ce travail.
107

DEUXIEME PARTIE

FACTEURS DYNAMISANTS DE LA
PERIURBANISATION
108

La périurbanisation est une réalité qui s’observe dans tous les pays du
monde, particulièrement dans les villes des pays en développement. De 1960 à
nos jours, la ville de Porto-Novo connaît une croissance démographique et
spatiale qui déborde largement son cadre administratif. L’espace périurbain
visible tout autour de Porto-Novo est vaste et difficilement maîtrisable. Il évolue
avec un poids démographique important. Plusieurs facteurs permettent
d’expliquer cette dynamique de la périurbanisation :

- Les facteurs physiques

- Les facteurs spatiaux et socio-démographiques

- Les déterminants économiques


109

CHAPITRE QUATRIEME

FACTEURS PHYSIQUES DE LA DYNAMIQUE


PERIURBAINE DE PORTO-NOVO

Il importe d’apprécier ici le rôle joué par les différents éléments du milieu
physique dans le développement spatial de la ville de Porto-Novo.

4.1- CADRE PHYSIQUE FAVORABLE A L’INSTALLATION


HUMAINE
Le relief, le sol, la végétation, les éléments du climat, l’hydrographie et
l’histoire géologique constituent les facteurs déterminants de l’occupation
humaine intensive ou non d’un milieu. Dans la dynamique de l’agglomération
de Porto-Novo, ils ont joué un rôle très important, surtout au niveau du
développement spatial.

4.1.1- Relief
Le cadre d’étude est à cheval sur le plateau de Sakété-Pobè et la plaine
côtière situés au sud du Bénin.

Contrairement au reste du pays constitué de socle cristallin, le bassin


sédimentaire côtier a une structure tabulaire. Il est formé de deux séries de
plateaux séparés par la dépression médiane ou de la Lama (encore appelée Tchi
à l’ouest, Kô au centre et Issaba à l’est). Cette dépression, orientée nord-est sud-
ouest, a une longueur de 125 km environ. Elle a une largeur variable. Sa plus
grande largeur se trouve dans la région de Pobé et sa plus petite dans le
département du Mono. Elle constitue une rupture entre les deux séries de
plateaux. Au nord de cette dépression se trouvent les plateaux de Zagnanado,
d’Abomey et d’Aplahoué. Au sud de celle-ci, se trouvent les plateaux de Sakété-
Pobé, d’Allada et de Comé. Ces plateaux du nord comme ceux du sud de la
110

dépression qui se sont individualisés pendant les périodes géologiques, sont


séparés les uns des autres par les vallées des cours d’eau que sont l’Ouémé, le
Couffo et le Mono.

L’agglomération de Porto-Novo est située sur la bordure sud du plateau de


Sakété-Pobé. Ce plateau s’étend du nord au sud sur une distance de 100 km
environ. Il est limité au nord par son escarpement dominant la dépression de la
Lama, au sud par la lagune de Porto-Novo, à l’est par la frontière nigériane en
partie parcourue par le vallon d’Aguidi et à l’ouest par la vallée de l’Ouémé.
D’altitude comprise entre 20 et 150m, il est légèrement incliné vers l’océan
Atlantique. La valeur du pendage ne dépasse guère 1 %. Sa surface, entaillée par
un complexe de rivières aux vallons encaissés, comporte quelques dépressions
fermées.

Le milieu présente une topographie monotone et sans accident. Sa surface


est presque plane (carte 3). Elle représente environ 80 % de l’espace étudié. Il
est entaillé par les vallons de Boué et de Zounvi à l’ouest et par ceux d’Aguidi et
de Donoukin à l’est.
111

Carte 3: Unités morpho-pédologiques de la zone d’étude


112

On relève souvent sur cette surface quasi-plane, la présence de quelques


petites dépressions fermées, plus ou moins circulaires, d’une centaine de mètres
de diamètre et très distinctement reconnaissables sur les photographies
aériennes : ce sont de véritables entailles découpées dans la masse sablo-
argileuse. Souvent alignées de part et d’autre des têtes des principaux talwegs,
elles sont surtout nombreuses sur les rebords du plateau. En saison des pluies,
elles se présentent comme de véritables étangs parsemés de plantes
marécageuses et aquatiques. Elles sont nombreuses dans la région de Porto-
Novo et sont disposées le long des vallées encaissées drainées par les affluentes
de la Yewa comme Adjara et Akoligbé (Mondjannagni, 1977). Avec une
altitude moyenne de 25 m environ, le plateau de Sakété-Pobè est séparé de la
plaine côtière par la lagune de Porto-Novo.

En effet, la partie sud se situe dans la plaine côtière. Elle est basse et ne
dépasse nulle part 10 m d’altitude. Elle est un complexe de plusieurs cordons
littoraux séparés par des bas-fonds marécageux. Le dernier cordon (qui fait
partie de notre cadre d’étude) emprisonne au contact du plateau de Sakété-Pobé,
la lagune de Porto-Novo. Ce cordon (Djèrègbé-Kétonou), entaillé par les vallons
des rivières, est constitué de basses et hautes terrasses, marais et cordon réel.

En dehors des bas-fonds marécageux et des vallons qui sont des zones
impropres à l’habitation, ce relief est très favorable à l’installation humaine. Il
constitue l’un des facteurs de la dynamique périurbaine. C’est sur ce relief que
s’est développé le phénomène périurbain autour de la ville de Porto-Novo. Elle
dispose d’importants espaces dans son environnement ; les habitants s’installent,
les quartiers se créent, les villages envahis s’explosent et se rejoignent dans leur
extension. Le tissu périurbain se densifie, évolue, progresse en grignotant
chaque jour sur l’espace rural propice à son développement. La croissance est
orientée suivant deux directions principales : le nord et l’est.
113

En évoluant vers le nord les populations ont comblé l’espace compris


entre les vallons de Zounvi et de Boué (voir photo 5). Dans leur progression,
elles ont dépassé le dernier obstacle, le vallon de Boué pour envahir Vakon et
Akpro-Missérété. Les deux vallons ne constituent plus aujourd’hui des
handicaps pour l’évolution de la ville.

Photo 5: Vallon de Boué à Vakon (Cliché VIGNINOU, juin 2009)

A l’est, le vallon de Donoukin ne constitue pas un grand obstacle aux


établissements humains. Elles l’ont rapidement surmonté pour envahir les
localités jadis villageoises d’Adjara et d’Avrankou. Le seul grand handicap est
le vallon d’Aguidi. L’espace périurbain a évolué jusqu’aux confins de ce vallon.
Il l’a traversé pour atteindre l’arrondissement d’Avrankou où il s’estompe. En
dehors de cet arrondissement, l’emprise de la ville ne se sent sur les
arrondissements de Sado et de Djomon alors qu’ils sont justes derrière le vallon.
La largeur du vallon, 900 m environ, ne laisse pas transparaître la continuité de
l’espace périurbain. L’absence de routes et de ponts traversant le vallon isole
davantage ces deux localités de l’espace périurbain en confirmant leur caractère
114

rural. Néanmoins, ces localités font partie des prochains villages que l’espace
périurbain engloutira dans son évolution. La construction des infrastructures
routières sur ce vallon va accélérer le processus de périurbanisation du milieu.
Parmi les quatre vallons seul celui d’Aguidi constitue le principal obstacle pour
l’évolution de cet espace. L’espace compris entre ce vallon et le centre ville
subit le phénomène périurbain ; ainsi les arrondissements de Ouanho et
d’Atchoukpa de la commune d’Avrankou et tous les arrondissements d’Adjara
sont englobés dans l’espace périurbain exception faite de l’arrondissement de
Méridjonou relativement éloigné. Néanmoins à long terme il constitue un
potentiel arrondissement périurbain.

En dehors du nord et de l’est, l’évolution de la ville est bloquée à l’ouest


par la grande zone marécageuse faisant corps avec la lagune de Porto-Novo et le
lac Nokoué. De même que l’ouest, le sud aussi est handicapé dans son évolution
par la zone marécageuse qui jouxte la lagune. C’est seulement le dernier cordon
qui concerne notre étude. Il est entouré de part et d’autre de marécages si bien
que le développement de la périurbanisation ne s’est pas orienté vers le sud. Le
seul arrondissement de la commune de Sèmè-Kpodji qui subit l’influence de la
ville de Porto-Novo est Djèrègbé. Il peine à se développer compte tenu de son
relief, car les zones marécageuses sont impropres à l’installation humaine. Ainsi
l’espace périurbain est plus étendu au nord, à l’est qu’au sud.

Ces différentes formes de relief, dépendent de la nature des roches dans


lesquelles elles sont modelées.

4.1.2- Géologie
Selon les résultats des recherches de Slansky (1962), le bassin
sédimentaire du bas-Bénin où se développe l’espace périurbain comprend des
formations d’âge secondaire du crétacé supérieur, des formations du tertiaire
(Eocène et Continental Terminal) et des formations du quaternaire plus récentes.
115

En effet, les terrains du Crétacé et de l’Eocène comprennent les étages


suivants :

‐ Le Crétacé supérieur avec une formation tantôt argileuse, sableuse ou


marneuse.
‐ Le Paléocène inférieur et supérieur avec une formation calcaire.
‐ L’Ypresion et le Lutetien avec une formation argileuse ou argilo-
marneuse.

En ce qui concerne les formations du Continental Terminal communément


appelées « terre de barre », elles sont comprises entre l’Eocène et les formations
alluviales récentes. Ces séquences stratigraphiques du tertiaire sont remaniées
par les oscillations du niveau marin au quaternaire. Selon Domingo (2007), à
partir du Pléistocène supérieur, se sont succédé au quaternaire la Transgression
Inchirienne (35.000 ans BP à son maximum), la Régression Ogolienne (18.000
ans BP à son maximum), la Transgression Nouakchottienne ou flandrienne
(6.000 ans BP à son maximum).

La transgression Inchirienne correspond à une élévation du niveau de la


mer. La mer envahit le continent et entaille une côte à falaise dans le Continental
Terminal.

A la régression Ogolienne le niveau de la mer baisse, elle se retire en


laissant la falaise entaillée dans la terre de barre.

A la dernière transgression (Nouakchottienne), la mer envahit de nouveau


le continent à la faveur du réseau hydrographique et de la tectonique locale,
élargissant ainsi les vallées et créant un vaste et profond système de rias. En se
retirant, la mer a laissé derrière elle par le jeu de la dérive littorale, une série de
cordons littoraux plus ou moins parallèles au rivage ; ces bancs de sable ont
bouché entièrement les estuaires des fleuves, isolant ainsi un système lagunaire.
Les lacs Ahémé, Nokoué et la lagune de Porto-Novo seraient une survivance des
116

estuaires des fleuves de cette époque. Parallèlement au retrait de la mer, les


vallées et les lagunes étaient comblées par des apports fluviaux (N’Bessa,
1997).

L’histoire géologique du milieu n’a pas un impact négatif sur le relief. Les
différentes périodes géologiques ont mis en place les deux unités du relief : le
plateau et la plaine côtière, deux unités de relief simples, propices à l’installation
humaine. L’histoire géologique et le relief ne sont pas les seuls déterminants du
développement d’un milieu, il y a aussi le climat qui constitue un atout non
négligeable.

4.1.3- Caractéristiques climatiques


Au Bénin on distingue, du nord au sud, globalement trois principales
zones climatiques :

• Le Nord-Bénin, caractérisé par un climat tropical de type soudanien,


présente deux nuances :
9 La région de l’extrême nord avec un climat soudano-sahélien
(maximum de 900 mm de pluie par an)
9 La région du nord-ouest est caractérisée par un climat atacorien
(lié à la montagne de l’Atacora). Elle est bien arrosée, la moyenne
pluviométrie annuelle est d’environ 1300 mm.
• Le Moyen-Bénin est une zone de transition vers un climat tropical semi-
humide de type guinéo-soudanien. Il présente un régime pluviométrique
uni modal. Les totaux annuels varient entre 1100 mm et 1250 mm.
• Le Bas-Bénin est soumis à un climat tropical humide de type
subéquatorial.

Le milieu d’étude se situe dans cette zone qui jouit d’un climat
subéquatorial résultant de sa situation par rapport à l’équateur et aux grands
117

courants régionaux. En effet, cette région climatique est balayée par deux
masses d’air de directions opposées :

L’alizé continental ou harmattan souffle entre novembre et février du


nord-est vers l’équateur. Au cours de son déplacement, il provoque une baisse
progressive de l’humidité relative et par conséquent un déficit hydrique marqué.

L’alizé maritime ou la mousson souffle toute l’année suivant la direction


sud-ouest / nord-est.

A la rencontre de ces deux masses d’air se forme le Front Inter Tropical.


Les saisons dans le milieu tropical sont déterminées par le balancement du Front
Inter Tropical. Ce front a une direction générale sud-nord et se déplace
lentement suivant les saisons (figure 3).
118

JANVIER FEVRIER MARS

AVRIL MAI JUIN

JUILLET AOUT SEPTEMRE

OCTOBRE NOVEMBRE DECEMBRE

Equateur météorologique

Convergence inter-océanique en Afrique australe et en Afrique de l’Est


FAL sur le littoral sénégalo-mauritannienne

Figure 3 : Mouvement oscillatoire annuel du FIT sur l’Afrique

Source : Fontaine cité par VISSIN (1998) et HOUSSOU (1998)


119

Les précipitations, les températures, l’humidité relative et l’insolation sont


les principaux éléments du climat du milieu. Leur étude permet de saisir les
nuances de ce climat.

4.1.3.1- Précipitations

Le milieu d’étude jouit d’un climat subéquatorial caractérisé par quatre


saisons :

• Une grande saison pluvieuse de mars à juillet où les pluies atteignent


leur maximum en juin
• Une petite saison sèche d’août à septembre (les pluies sont rares)
• Une petite saison des pluies allant d’octobre à novembre.
• Une grande saison sèche couvrant 5 mois, de décembre à mars, où les
précipitations sont presque nulles en décembre, janvier et février.

Ce régime climatique est bi modal avec deux pointes d’inégales


importances concentrant 40 à 65% à la première saison des pluies et 18 à 30% à
la seconde (Boko, 1988). Du point de vue des quantités annuelles des
précipitations, on observe des différences importantes entre les zones est et ouest
du littoral. La zone est (Sèmè – Porto-Novo) est beaucoup plus pluvieuse (1300
mm à 1400 mm en moyenne) que la zone située à l’ouest de Ouidah où l’on note
des hauteurs annuelles de 900 mm à 1100 mm, se rapprochant de ce fait du
climat du littoral sud-est du Togo. Les précipitations ont lieu principalement
entre mars et juillet avec un maximum en juin (300 à 500 mm) (Direction de la
Météorologie Cotonou, 1990).

Cette répartition saisonnière est un atout pour la vie agricole. Elle permet
de mettre en valeur les saisons sèches et les saisons pluvieuses de l’année, de
dégager ainsi les caractères d’aridité et d’humidité qui, combinés aux facteurs
pédologiques, sont d’une grande importance pour les cultures et même pour les
paysages végétaux naturels. Elle permet aux paysans d’avoir deux récoltes
120

l’année et de disposer d’une variété de cultures. Ensuite, elle favorise


l’autosuffisance alimentaire et lutte contre la famine. Le climat constitue alors
un atout important pour l’installation humaine et le développement de l’espace
périurbain.

4.1.3.2- Température et humidité de l’air


Porto-Novo et sa région se trouvent dans la zone subéquatoriale marquée
par la chaleur constante et une forte humidité. Les températures les plus élevées
s’observent de janvier à juin et d’octobre à décembre, allant de la fin de la petite
saison pluvieuse à la grande période des pluies. Elles oscillent entre 29°C et
33°C. Les moins élevées se situant entre 22°C et 23°C sont enregistrées de
juillet à septembre. Pendant la saison pluvieuse aux mois de mai et juin,
l’amplitude thermique mensuelle est de l’ordre de 6°C à 7°C, alors qu’en saison
sèche, elle varie entre 9°C et 10°C (N’Bessa, 1997). Vent sec et frais,
l’harmattan se fait sentir durant quelques semaines en décembre et janvier. Son
action est atténuée par l’Océan Atlantique se trouvant à 10 km de Porto-Novo.
Les éléments thermiques du climat subéquatorial ne constituent ni un seuil de
vie, ni des données limitatives au développement des végétaux dans l’évolution
de leur cycle, en conséquence, n’interviennent pas fondamentalement dans la vie
rurale (Mondjannagni, 1977).

L’influence maritime se fait aussi sentir par une humidité relative élevée à
l’échelle de l’année si bien que l’air est toujours chargé d’humidité. Cette
humidité relative est de 69 % pendant la saison sèche et de 90 % pendant la
saison humide (Boko et al., 2002). Elle joue un rôle très important sur la vie
végétale et les cultures surtout pendant la saison sèche. C’est un élément
compensateur du déficit pluviométrique.

En dehors de ces quelques problèmes liés à leurs caractéristiques, les


différents éléments du climat n’ont pas fondamentalement d’impacts négatifs sur
121

les populations qui vivent dans ce milieu. Comparativement au climat sahélien


et désertique, il présente d’importants atouts pour le développement de l’espace
périurbain. Ce climat, aussi, par son alternance de saisons pluvieuse et sèche est
biologiquement favorable à l’activité humaine. Comparativement aux régions
équatoriales de forêts denses, où l’atmosphère est lourde, celle que présente ce
milieu est légère et physiquement non étouffante. C’est certainement l’une des
raisons de cette forte densité qu’on observe dans ce département de l’Ouémé.

L’influence du climat ne se manifeste pas seulement par ses éléments,


mais aussi par son intervention dans le milieu comme facteurs pédologiques et
biogéographiques

4.1.4- Sols et végétations


Les principaux facteurs de pédogenèse de la périphérie urbaine de Porto-
Novo sont la nature de la roche mère, l’hydrographie, la couverture végétale et
les caractères anciens ou actuels du climat. En effet, la roche mère est constituée
d’argiles et des sables. Le climat est caractérisé par des pluies abondantes qui
favorisent le phénomène de lessivage et de drainage ; la température élevée
permet les actions biologiques et les réactions chimiques. L’apport en matières
organiques est faible, car presque partout la couverture végétale naturelle est
inexistante. En fonction de ces facteurs de pédogenèse on distingue :

‐ Les sols faiblement ferrallitiques du plateau de terre de barre du


Continental Terminal : ce sont les sols les plus étendus. Comme
l’indique la photo 6, ces sols sont de couleur rouge.
122

Photo 6 : sol faiblement ferrallitique du plateau de terre de barre du


Continental Terminal à Dowa dans la périphérie urbaine de Porto-Novo, 5ème
arrondissement (Cliché VIGNINOU, Janvier 2009).

Les sols faiblement ferrallitiques sont des sols à structure ouverte, poreuse
et perméable, constitués essentiellement de kaolinite et de quartz. Formés sur
des sédiments argilo-sableux, ces sols sont profonds, homogènes, fertiles et
sensibles à l’érosion. Ils constituent sur le plan agronomique le domaine
privilégié des cultures pérennes et arbustives, en particulier le palmier à huile.
Leur fertilité dépend de leur bilan hydrique et du niveau humique de leur
horizon superficiel. Ces sols sont couverts par des forêts semi-décidues
pratiquement disparues de nos jours par des jachères, des plantations de palmier
à huile et des champs. Bénéficiant des conditions climatiques favorables, les
périphéries de Porto-Novo constituent l’un des domaines de la grande palmeraie
béninoise.

Les travaux de Mondjannagni (1977) ont permis de connaître les


formations végétales qu’on trouve dans ce milieu. En effet, en sortant de la ville
vers le nord, on pénètre immédiatement dans la palmeraie avec, en sous-bois,
des jachères herbeuses et des champs de cultures vivrières : maïs, haricot,
123

manioc, arachide, patate douce, etc. Lorsque le sous-bois n’est pas cultivé, il est
rapidement colonisé par des groupements herbacés, en particulier l’Imperata
cynlindrica, une graminée très significative de la dégradation du sol,
conséquence de la forte occupation humaine de la région. Aux côtés des
groupements herbacés on observe aussi des jachères arbustives relativement
jeunes assez aérées. Plus on remonte le plateau vers le nord, plus les jachères
vieillissent à cause d’une densité de population relativement plus faible : la
végétation y est alors plus fermée, et elle est surtout peuplée d’essences
arbustives hétérogènes, assez diversifiées, avec une strate ligneuse comportant
des Agelae obliqua, des Paullina pinnata, des Fagara xanthoxyloïdes, des
cardiospermum grandiflorum, des Strophantus sarmentosus : toutes ces espèces
sont toujours accompagnées de jeune Elaeis guineensis et surtout du cortège des
plantes pionnières comme des Uvaria chamae, des Psidium guyava, des Dialium
guineense. Plus la jachère vieillit plus la strate graminéenne est relayée par les
espèces lianescentes constituées par des Adenia loba, Rhigiocarya racemifera. Il
existe également aussi à côté de quelques grands palmiers, des arbres isolés,
témoins vivant des anciennes forêts denses humides semi-décidues. De ces
forêts, il ne reste aujourd’hui que quelques reliques conservées par les croyances
religieuses. Les grands arbres qui se dressent au dessus des strates sont des
Ceiba pentandra (fromager), Antiaris africana (faux iroko), Clorophora excelsa
(iroko). C’est surtout sur ce sol et dans ces jachères se trouvant à la périphérie de
la ville de Porto-Novo que se développe le phénomène de la périurbanisation.
Cette photo 7 illustre un aspect de ce paysage où à l’arrière plan de la palmeraie
et du champ de maïs se trouvent les habitations.
124

Photo 7 : Plantation de palmier à huile et champ de maïs sur un sol


ferrallitique dans la périphérie urbaine de Porto-Novo : Arrondissement
d’Adjara 1 (Cliché VIGNINOU, mai 2008).

-Les sols hydromorphes des dépressions : dans les dépressions (Boué,


Zounvi, Donoukin et Aguidi) et dans les milieux topographiquement bas on
observe des sols hydromorphes, peu profonds à tendance saline. Ce sont des sols
dont l’évolution est en rapport avec la présence quasi-permanente de l’eau. Ils
sont colonisés par des formations aquatiques et marécageuses. Argilo-sableux et
riches en débris de végétaux mal décomposés, ces sols caractérisés par un
engorgement prolongé ne sont pas propices à l’agriculture. Seule la culture du
riz pluvial (Oryza sativa) est indiquée. Néanmoins sur les marges de ces bas-
fonds, les sols à hydromorphie temporaire dominent.

Au sud de la ville de Porto-Novo, sur le dernier cordon qui emprisonne la


lagune au contact du plateau de Sakété-Pobé (cordon littoral Djèrègbé-Kétonou)
se trouvent sur les terrasses et le cordon réel, divers types de sols. Sur les
terrasses hautes, les matériaux constitutifs sont hétérogènes et sont composés
des alluvions argileuses et limoneuses et des colluvions sableuses sur lesquelles
se sont développés les sols minéraux à gley de profondeur sur alluvions et
125

colluvions argileuses. C’est le domaine des forêts riveraines à Pterocarpus


santalinoides et Manilkara multinervis, des savanes marécageuses arborées et
arbustives à Mitragina inermis et Andropogon gayanus var.squamulatus, des
savanes herbeuses à Andropogon gayanus var.squamulatus, qui sont largement
ouvertes pour faire la place aux cultures, notamment la canne à sucre et les
légumes (piments et tomates). Sur les terrasses basses, le matériau est plus
homogène et se compose essentiellement d’argiles. La surface plane porte une
prairie marécageuse de Paspalum vaginatum, de Talia vogeli et de Tipha
australis. Ce n’est pas une zone de culture, mais plutôt une zone de cueillette
des deux dernières espèces végétales (Domingo, 2007).

Contrairement aux autres unités spatiales, le cordon réel est très favorable
aux établissements humains. Il est constitué de sables gris ou jaunes. La forêt
semi-décidue est aujourd’hui pratiquement remplacée par les cultures, les
plantations et les habitations.

La forêt semi-décidue et les savanes ne constituent pas des obstacles


sérieux pour les défricher et à les conquérir pour le développement des activités
et l’installation de l’homme. Cette végétation peu dense est relativement fermée.
Contrairement à la forêt équatoriale, elle est maniable et propice aux
établissements humains.

4.1.5- Hydrographie
Les principaux cours d’eau sont : la lagune de Porto-Novo et les rivières
Boué, Donoukin, Zounvi et Aguidi.

La lagune de Porto-Novo, comme le présente la photo 8, est située au sud


de la ville. Elle reçoit les eaux du fleuve Ouémé avant de continuer son parcours
vers le Nigeria où elle se jette dans l’océan Atlantique. La variation du niveau de
la lagune est en rapport avec la crue du fleuve Ouémé. La période des hautes
eaux se situe entre les mois d’août et de novembre alors que celle des basses
126

eaux a lieu entre décembre et juin. La remontée des eaux marines rend salées les
eaux de la lagune. Cette variation de la salinité des eaux a des conséquences sur
la pêche et l’environnement lagunaires.

Photo 8 : La lagune de Porto-Novo (Cliché VIGNINOU, mars 2008)

Le rebord ouest du plateau Sakété-Pobé à la hauteur de Porto-Novo est


entaillé par deux vallons : Zounvi et Boué. Ils déterminent à l’ouest de la ville
deux bassins versants vers lesquels convergent les eaux de ruissellement. Ce
sont des rivières de dimensions modestes. Ces vallons sont de véritables bas-
fonds caractérisés par la présence de forêts marécageuses plus ou moins
dégradées. Ces vallons présentent des pentes de 6 à 12 % selon les endroits.
Leurs versants font l’objet d’une érosion par ravinement. Les eaux de
ruissellement pluviales dans leur course vers le talweg emportent d’importantes
quantités de sédiments. Les bas-fonds situés de part et d’autre de ces rivières
sont inondés pendant les hautes eaux. Ils abritent une faune importante. On y
distingue : varan, écureuil, aulacode, épervier, etc. Jadis situés à l’extérieur de la
ville, le Zounvi et le Boué sont aujourd’hui gagnés par la périphérie urbaine.
127

A l’est du plateau, dans la commune d’Adjara, coule la rivière Aguidi du


nord vers l’est. Cette rivière, riche en palmiers raphia, est entrecoupée à
plusieurs endroits par des bas-fonds aménagés par les populations en sources
d’eaux (marigots de Do, Tchakou, Sèmè, Médédjonou, Djavi, Adjina, Adjara
etc.) et canaux transversaux. Malgré l’impraticabilité des voies y menant, les
plans d’eaux sont surexploités par la population qui les utilise à des fins diverses
(lessives, eau de boisson, transports d’hydrocarbures, dépotoirs etc.) au risque
des maladies hydriques. Bien qu’ils en tirent de nombreux profits, les riverains
s’occupent très peu de l’entretien des plans d’eaux au point où ils sont envahis
par des végétaux et des déchets qui rendent difficile leur écoulement. Il résulte
de ces pratiques, l’appauvrissement et l’ensablement de ces plans d’eaux (PDC
Adjara, 2005-2009).

La lagune et les zones marécageuses sont des milieux défavorables à


l’installation humaine. En dehors de leur rôle économique, elles constituent des
barrières naturelles qui ont orienté le développement de l’espace périurbain vers
l’est et le nord.

L’espace étudié est situé dans la région de contact entre le plateau de terre
de barre fertile et le plan d’eau lagunaire. La conjonction de ces conditions
naturelles favorables a attiré beaucoup de populations pour des occupations
humaines génératrices de revenus. En effet, le développement du palmier à huile
pendant le commerce de traite a attiré les populations du plateau d’Allada (Tori,
Sèto) qui se sont installées dans les communes d’Adjara, d’Avrankou et
d’Akpro-Missérété où elles s’adonnent à l’agriculture. La recherche des sols
fertiles et la proximité de l’eau sont des facteurs endogènes non négligeables
pour expliquer cette dynamique de l’espace périurbain.

L’étude du relief, du climat, de la végétation, du sol et de l’hydrographie


montre que le milieu physique constitue l’un des facteurs favorables aux
diverses activités humaines. Ce milieu très favorable aux hommes attire les
128

populations d’origines diverses. En dehors de ces données naturelles, d’autres


facteurs permettent de comprendre la dynamique périurbaine, notamment les
déterminants socio-démographiques et spatiaux.
129

CHAPITRE CINQUIEME

FACTEURS SOCIO-DEMOGRAPHIQUES ET
SPATIAUX DE LA DYNAMIQUE PERIURBAINE

Ce chapitre expose les facteurs démographiques de l’évolution de l’espace


périurbain. Il étudie ensuite la place du foncier dans cette dynamique
périurbaine.

5.1- FACTEURS DEMOGRAPHIQUES DE L’EVOLUTION DE


L’ESPACE PERIURBAIN

5.1.1- Evolution de la population de la périphérie


Les publications de l’INSAE à partir des données statistiques nous ont
permis d’apprécier l’évolution de la population de Porto-Novo et de sa
périphérie à l’issue des derniers recensements. Ainsi, la figure suivante montre
l’évolution de la population périurbaine.

Populations
200000 188503
180000
160000 141632
140000
120000
100000 88358
Populations
80000
60000
40000
20000
0
1979 1992 2002

Figure 4 : Evolution de la population de l’espace périurbain de Porto-


Novo
Source : (INSAE, 1979, 1992, 2002)
130

De 1979 à 1992 le secteur a connu une croissance rapide ; de 88 358


habitants en 1979 elle est passée à 141 632 puis à 188 503 habitants. L’atout
principal de l’évolution du milieu est qu’il existait de grosses agglomérations
rurales que la ville a englobées dans sa croissance. Son développement est dû au
croît naturel, au dynamisme de ses populations, aux migrations (exode rural) et à
la mobilité résidentielle au sein du centre ville de Porto-Novo vers La
Périphérie.

5.1.2- Croît naturel


Les mouvements naturels constituent l’un des éléments essentiels de
l’évolution de la périphérie urbaine de Porto-Novo. Ils concernent le taux de
natalité et de mortalité.

5.1.2.1- Taux de natalité


Le dynamisme périurbain est marqué par une croissance démographique
rapide. En effet, l’accroissement de la population périurbaine est dû en grande
partie à l’excédent des naissances sur les décès. Le taux de natalité est supérieur
au taux de mortalité. La natalité est élevée. Comme le montre le tableau IX, ce
taux de natalité était de l’ordre de 41,17 ‰ en 2002 pour tout le Bénin et 38,85
‰ pour le département de l’Ouémé. Il était de 28,53 ‰ à Porto-Novo et de
35,11 ‰ environ dans l’espace périurbain.
131

Tableau IX: Taux brut de natalité par milieu de résidence en 2002

Milieu de Bénin Bénin Bénin rural Ouémé Porto-


résidence urbain Novo

Taux brut de 41,17 35,11 45,28 38,85 28,53


natalité en

Source : (INSAE, 2002)

D’une manière générale malgré sa valeur élevée, ce taux est en baisse par
rapport au taux de 1992 qui est de l’ordre de 47,4 ‰ pour tout le Bénin. Cette
tendance se confirme en milieu périurbain chez les intellectuels en particulier.
L’indice comparatif de fécondité est de 25,91 ‰ à Porto-Novo.

Les comportements de fécondité sont très influencés par les


caractéristiques sociodémographiques, socioculturelles et socioéconomiques, à
savoir le milieu de résidence, le niveau d’instruction, la religion, l’ethnie,
l’emploi, etc.

En effet, le milieu de résidence est un facteur différentiel de fécondité.


Les comportements de fécondité sont très liés au type d’activité relatif à
l’environnement dans lequel se trouvent les femmes. D’une manière générale,
les femmes moins instruites se marient tôt. La valorisation du statut de la femme
par le nombre d’enfants est encore vivace dans le milieu périurbain. Néanmoins,
le nombre d’enfant par femme dans le milieu rural est supérieur à celui de la
ville : 6,36 enfants contre 4,4. L’usage assez poussé des méthodes
contraceptives modernes favorise aussi la baisse de la fécondité.

Le niveau d’instruction est l’un des éléments déterminants du niveau de


fécondité. Il retarde l’âge de maternité qui augmente selon le niveau
132

d’instruction. Ainsi, la scolarisation importante des filles dans la périphérie (70 à


80 % environ) retarde leur entrée dans la vie féconde. Plus les femmes sont
instruites, plus elles souhaitent réserver à leurs enfants de meilleures conditions
de vie et plus elles réduisent le nombre des enfants. Le mariage et les maternités
ne constituent pas une priorité chez les femmes adultes intellectuelles. Elles
aspirent d’abord à un travail rémunérateur difficile à concilier avec les
maternités. Les mœurs sociales en matière de procréation tendent de plus en plus
à se libéraliser. La garde des enfants par les membres de la famille ou des
« domestiques » devient des contraintes. L’indicateur de fécondité selon le
niveau d’instruction le montre bien. Il est de l’ordre de 6,17 enfants pour les
femmes qui n’ont aucun niveau, 4,63 enfants pour celles qui ont le niveau
primaire et respectivement 3,26 et 2,33 pour celles du secondaire et supérieur
(voir graphique). Ceci est le signe que grâce au développement de la
scolarisation des filles de nombreux changements sociodémographiques peuvent
être obtenus.

I S F (15 à 49 ans)
7

3 I S F (15 à 49 ans)

0
Aucun Primaire Secondaire Supérieur

Figure 5 : Indicateur de la fécondité selon le niveau d’instruction


Source : (INSAE, 2002)

Les caractéristiques économiques ne sont pas du reste, elles agissent sur le


niveau de fécondité de la femme. Elles concernent la profession et le statut dans
133

l’emploi. En effet, les ménages d’intellectuels comptent peu d’enfants, tandis


que les familles nombreuses de 6 à 12 enfants se rencontrent paradoxalement
chez les petits salariés (manœuvres, artisans, ouvriers etc.).

La fécondité de la femme dépend du statut de l’union (monogame ou


polygame). Les familles nombreuses se rencontrent aussi chez les polygames où
les femmes manifestent leur désir d’avoir un nombre élevé d’enfants, car la
compétition entre les coépouses conduit ces dernières à avoir une descendance
nombreuse. Il est observé à partir des données du RGPH 3 que le niveau de
fécondité des célibataires est faible (1 enfant par femme) contre 7,37 pour les
femmes en union monogamique et 7,39 chez les femmes mariées en union
polygamique. Dans l’ensemble, malgré l’impact des variables sur le niveau de
fécondité, le taux de natalité de la périphérie urbaine de Porto-Novo est toujours
élevé, car la mortalité infantile est plus faible en ville qu’en milieu rural.

5.1.2.2- Mortalité
La natalité et la mortalité jouent un rôle important dans la dynamique
périurbaine. En dehors de nos enquêtes auprès des ménages, nous nous sommes
basé sur les données collectées par l’INSAE lors des trois derniers recensements.
Ces données constituent des informations fiables qui permettent d’analyser la
mortalité dans le milieu. D’une manière générale, ce sont les facteurs
biologiques (âge, sexe), socioéconomiques (éducation, revenu), culturels
(ethnie), environnementaux (lieu de résidence) et politiques qui interagissent et
qui déterminent le niveau de mortalité. Deux indicateurs principaux permettent
de connaître le niveau global de la mortalité : le taux brut de mortalité et
l’espérance de vie à la naissance.
134

5.1.2.2.1- Taux brut de mortalité


Le tableau ci-après montre la situation de la mortalité suivant les milieux
de résidence au Bénin. La comparaison dans le temps et entre les différents
milieux permet de montrer la dynamique.

Tableau X : Taux de mortalité selon le milieu de résidence en 2002 au


Bénin

Milieu de Taux brut de mortalité en ‰ Indice


résidence comparatif
de mortalité

Ensemble Masculin Féminin Ensemble

Ensemble 12,27 13,23 11,35 12,3

Bénin rural 15,23 15,59 14,86 14,8

Bénin urbain 9,63 10,63 8,67 10,4

Source : (INSAE, 2002)

Au vu du tableau, l’analyse des données issues du recensement de 2002


indique que sur 1000 habitants environ 12 personnes décèdent annuellement,
soit un taux brut de mortalité de 12,3 ‰ pour l’ensemble du pays. Ce taux est
inférieur à celui enregistré en 1992 (15,5 ‰). Selon le sexe, il est de l’ordre de
13,2 ‰ chez les hommes et de 11,3 ‰ chez les femmes. Les niveaux enregistrés
sont inférieurs à ceux de 1992 : respectivement 15,9 ‰ chez les hommes et 12,8
‰ chez les femmes. Selon le milieu de résidence, cet indicateur est de 15,2 ‰
en milieu rural et de 9,6 ‰ en milieu urbain.

Entre 1992 et 2002 le taux de mortalité est en baisse. Malgré cette


diminution, il reste toujours élevé si on le compare à celui des pays développés
qui est en moyenne de 8 ‰. Il est élevé à tous les âges. En effet, la structure par
âge de la mortalité du Bénin est celle d’un pays à forte mortalité des enfants et
135

des personnes âgées. Le tableau XI montre bien cette réalité de la mortalité


infantile.

• Mortalité infantile
Tableau XI : Quotients de mortalité infantile selon le sexe et le milieu de
résidence en 2002

Résidence Ensemble Masculin Féminin

Bénin 90 ‰ 101 ‰ 82 ‰

Rural 92 ‰ 100 ‰ 84 ‰

Urbain 83 ‰ 91 ‰ 73 ‰

Source : (INSAE, 2002)

Comme l’indique le tableau ci-dessus, les quotients de mortalité infantile


sont élevés : 90 ‰ pour l’ensemble et respectivement 101 ‰ pour les enfants de
sexe masculin et 82 ‰ pour ceux de sexe féminin. Il est de 95 ‰ pour le
département de l’Ouémé. A partir de 15 ans, le risque de décéder augmente avec
l’âge. Par rapport au recensement de 1992 (98,2 ‰), la mortalité infantile et
juvénile est en baisse de 8,2 points, mais reste encore très élevée.
L’environnement est aussi un facteur déterminant de la mortalité infantile.

Les enfants de moins d’un an vivant en milieu rural (92 ‰) sont plus
disposés à la mortalité que ceux vivant en milieu urbain (83 ‰). Le milieu
urbain et périurbain bénéficie d’importantes infrastructures sanitaires de
136

personnels de santé qualifiés et un environnement relativement plus assaini que


les campagnes.

Dans ce milieu, la mortalité est plus forte chez le sexe masculin (100 ‰)
que chez le sexe féminin (84 ‰). Cette situation pourrait être expliquée par la
résistance du sexe féminin face à certaines maladies et l’imprudence du sexe
masculin enclin à faire beaucoup d’accidents dès leur jeune âge. La mortalité
infantile dépend aussi du niveau d’instruction des mères et de leur état
matrimonial.

En effet, avec le tableau XII on constate que le niveau d’instruction ou


l’alphabétisation des mères a une incidence sur la mortalité infantile. La
connaissance des besoins de l’enfant en nutrition, des maladies courantes, de
l’hygiène, la possibilité d’utiliser les facilités médicales et la contraception sont
des atouts dont dispose la femme instruite pour diminuer le risque de décès d’un
enfant.

Tableau XII : Quotient de mortalité des enfants (infantile, juvénile et infanto-


juvénile) en 2002

Niveau Infantile Juvénile Infanto-


d’instruction juvénile
Aucun niveau 86,0 ‰ 59,0 ‰ 139,9 ‰

Maternelle 94,0 ‰ 66,0 ‰ 153,8 ‰

Primaire 93,0 ‰ 65,0 ‰ 152,0 ‰

Secondaire 84,0 ‰ 56,0 ‰ 135,3 ‰

Supérieur 143,0 ‰ 114,0 ‰ 240,7 ‰

Source : (INSAE, 2002)

L’analyse des quotients de mortalité des enfants selon le niveau


d’instruction montre que le niveau de mortalité des enfants diminue globalement
137

lorsque le niveau d’instruction de la mère augmente. Le quotient de mortalité


infantile passe de 94 ‰ pour les femmes de niveau maternel à 84 ‰ pour les
femmes ayant atteint le niveau secondaire. Il en est de même pour le quotient de
mortalité infanto-juvénile de 152 ‰ pour les enfants des femmes du niveau
primaire à 135,3 ‰ pour les enfants des femmes du niveau du secondaire
comme le montre le tableau ci-dessus. Globalement la baisse de niveau de
mortalité des enfants est systématique avec l’augmentation du niveau
d’instruction des mères. La mortalité infantile ne dépend pas seulement du
niveau d’instruction des mères mais aussi de leur état matrimonial.

• Mortalité des adultes et des personnes âgées


La mortalité maternelle est celle des décès des femmes en cours de
grossesse, pendant l’accouchement et dans les 42 jours après l’accouchement.
La population cible est celle en âge de procréer (15 à 49 ans) (INSAE, 2002).
Elle varie selon le milieu géographique comme l’indique le tableau XIII.

Tableau XIII : Ratio de mortalité maternelle au Bénin en 2002

Ratio de mortalité maternelle


2002

Bénin
474,4

Milieu rural
505,4

Milieu urbain
377,7

Source : (INSAE, 2002)

Vu ce tableau, le ratio de mortalité de 2002 est de 474,4 décès maternels


pour 100 000 naissances vivantes pour l’ensemble du pays. Les complications
liées à la grossesse et à l’accouchement sont responsables de la plupart des décès
138

maternels. Mais le risque de décéder est plus élevé pour les femmes du milieu
rural (505,4 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes) que pour celles
du milieu urbain (377,7 pour 100 000 naissances vivantes). On note un grand
écart de 127,7 points entre le milieu urbain et le milieu rural. Cette situation est
liée à la couverture sanitaire des milieux urbain et périurbain en maternités,
hôpitaux, cabinets de soin, etc. Les femmes en état grossesse sont mieux suivies
où l’accent est mis sur les consultations prénatales, les accouchements assistés et
les soins obstétricaux d’urgence. Malgré cette baisse relative, les femmes
continuent de mourir en voulant donner la vie.

Quant aux adultes et personnes âgées, ils sont l’objet de plusieurs


maladies qui sont les causes de leur décès.

Au niveau du lieu de résidence, le risque du décès est plus élevé en


milieu rural qu’en milieu urbain jusqu’à 70 – 74 ans. A partir de 75 ans la
situation s’inverse et le risque de décès est plus grand en milieu urbain que rural.
Le taux de mortalité ne dépend pas seulement du lieu de résidence mais aussi du
sexe.

Par rapport au sexe, globalement les personnes de sexe masculin courent


plus le risque de décéder que celles du sexe féminin ; il y a une légère
surmortalité masculine à tous les âges sauf au-delà de 85 ans. Ce taux est de
13,23 ‰ pour le sexe masculin contre 11,35 ‰ pour le sexe féminin.

5.1.2.2.2- Espérance de vie à la naissance


Ce taux de mortalité élevé ne permet pas aux populations d’avoir une
grande espérance de vie (tableau XIV).
139

Tableau XIV : Evolution de quelques indicateurs de 1992 à 2002

Recensements Espérance de vie à la naissance Quotient de mortalité

Ensemble Masculin Féminin Infantile Infanto‐


juvénile

RGPH‐2, 1992 54,2 51,8 56,6 98,2 167,1

RGPH‐3, 2002 59,2 57,18 61,25 90,0 146,4

Source : (INSAE, 1992 et 2002)

En 2002, elle est de 59,2 ans dont 57,18 ans pour le sexe masculin et
61,25 ans pour le sexe féminin. La surmortalité masculine est confirmée par
l’écart de 4,07 ans qui sépare l’espérance de vie à la naissance des hommes de
celle des femmes. Par rapport à 1992 où elle était de 54,2 ans, 51,8 ans, 56,6 ans
respectivement pour l’ensemble, le sexe masculin et le sexe féminin, elle a
augmenté de 5 ans, soit un gain annuel de 0,5 an pour l’ensemble, 0,54 an pour
le sexe masculin et 0,46 an pour le sexe féminin.

Au niveau du milieu de résidence, en 2002, il y a aussi un écart notable de


3,39 ans entre les espérances de vie en milieux urbain et rural. En milieu urbain,
un individu qui naît espère vivre en moyenne 60,72 ans avant de mourir si les
conditions sanitaires actuelles sont maintenues contre 57,33 ans pour le milieu
rural (voir tableau suivant). De 1992 à 2002, en milieu urbain, elle a augmenté
de 3,45 ans. Cette augmentation de l’espérance de vie témoigne des résultats de
la conjonction de plusieurs facteurs : sanitaire, environnemental, économique,
etc. Mais, quel que soit le milieu, l’espérance de vie du sexe féminin est toujours
supérieure à celle du sexe masculin.
140

Tableau XV : Espérance de vie à la naissance selon le milieu de résidence


Milieu de Années Ensemble Masculin Féminin
résidence

Bénin 2002 59,2 57,18 61,25

1992 54,2 51,83 56,61

Urbain 2002 60,72 57,83 64,23

1992 57,27 55,41 59,22

Rural 2002 57,33 57,04 58,11

1992 52,7 50,1 55,36

Source : (INSAE, 1992 et 2002)

De 1992 à aujourd’hui les différents niveaux de mortalité (infantile,


juvénile et adulte) ont évolué à la baisse. Le taux de mortalité est passé de 15,6
‰ en 1992 à 12,3 ‰ en 2002. Cette diminution est liée aux mesures préventives
encouragées par l’OMS et le ministère de la santé à travers la mise en œuvre de
programmes structurés, surtout sur le plan sanitaire et environnemental. Dans le
secteur de la santé, certains programmes comme la Prise en Charge Intégrée des
Maladies de l’Enfant (PCIME), le Programme de Maternité à Moindre Risque
(PMMR), les programmes de lutte contre le SIDA, les maladies diarrhéiques et
le paludisme (volets spécifiques pour les femmes enceintes et les enfants de
moins de cinq ans) avec l’appui financier et technique de certains partenaires au
développement ont été mis en place. Ces différentes actions ont permis de
réduire un tant soit peu le décès des enfants de moins de cinq ans et les femmes
en couches. Somme toute, la natalité et la mortalité ont des impacts sur la
structure de la population.
141

5.1.2.3- Impacts du croît naturel sur la croissance démographique de la


périphérie
Le taux de natalité relativement élevé et le taux de mortalité en baisse
participent à l’accroissement notable de la population de la périphérie de la ville
de Porto-Novo. Mais ce taux de croissance intercensitaire varie d’un milieu à un
autre de la périphérie. Le taux le plus élevé est celui de Sèmè-Kpodji qui s’élève
à 5,89%, soit plus de deux fois le taux de Porto-Novo. Ce fort taux est lié au
départ des populations de Cotonou vers cette localité. Le second taux élevé
(3,23) caractérise la commune d’Akpro-Missérété dont le taux est aussi
supérieur à celui de Porto-Novo. Ces taux élevés, comme l’indique le tableau
XVI, montrent que le taux d’accroissement naturel constitue l’un des facteurs
principaux de la dynamique périurbaine.

Tableau XVI : Taux de croissance intercensitaire des communes de la


périphérie

Communes Adjara Akpro- Avrankou Sèmè- Porto-


Missérété Kpodji Novo

Taux
d’accroissement
2,62 % 3,23 % 1,61 % 5,89 % 2,24 %

Source : (INSAE, 2002)

5.1.3- Structure de la population périurbaine

5.1.3.1-Structure de la population par communes constituant la périphérie


Le graphique ci-dessous présente la structure de la périphérie par
commune.
142

10 527

46 780
42 011 P
Porto‐Novo
A
Adjara
A
Apro‐Missrété
é
46 153 A
Avrankou
43 032
2
S
Sèmè‐Kpodji

Figure 6 : Structurre de la population selon les communnes constittuant la


F
p
périphérie
e de Porto--Novo (IN
NSAE, 200 02)

C graphhique moontre quee les com


Ce mmunes de Portoo-Novo, Adjara,
A
Avrankkou et Akkpro-Misséérété partaagent pressque à parrt égale la populatio
on de la
périphéérie soit respective
r ment 24,881 %, 24
4,48 %, 222,28 % eet 22,82 % de la
périphéérie, alorss que Sèmèè-Kpodji prend
p la plus
p petite partie (5,558 %).

5.1.3.22- Densitéé de la pop


pulation de
d la périp
phérie
A
Avec d 856 habb/km2, la périphérie
une densité de p e fait partiie des régiions de
fortes concentraations hum
maines. Saa densité est
e supérieure à cellle du Bén
nin (59
m2) et duu départem
hab/km ment de l’Ouémé
l (570 habb/km2). Saa populatiion est
inégaleement répaartie sur l’’espace péériurbain comme
c l’iindique le tableau XVII.
X
143

Tableau XVII : Densité de population et évolution (1992 – 2002)

Milieu de Densité en 1992 Densité en 2002 Indice de


résidence poussée
(hab/km2) (hab/km2)
démographique

Adjara 619 801 1,29

Akpro-Missrété 669 920 1,38

Avrankou 878 1031 1,17

Sèmè-Kpodji 298 529 1,78

Porto-Novo 3036 4471 1,47

Ouémé 444 570 1,28

Bénin 43 59 1,37

Source : (INSAE, 1992 et 2002)

Au regard des données du tableau, les différents arrondissements,


quartiers et communes de la périphérie n’ont pas la même concentration de
population. En dehors de l’arrondissement de Djèrègbé qui a 529 hab/km2, tous
les autres arrondissements ont une densité supérieure à 800 hab/km2 ; la densité
est partout forte. Mais, les 4471 hab/km2 observés à Porto-Novo en 2002 sont
plus liés au centre-ville qu’aux quartiers périphériques. Le second foyer de
concentration de population est la commune d’Avrankou (1031 hab/km2) en
général et l’arrondissement d’Atchoukpa en particulier. Viennent ensuite Akpro-
Missérété (920 hab/km2) et Adjara (801 hab/km2).

5.1.3.3- Pyramides des âges et leurs caractéristiques


La structure d’une population est l’ensemble des groupes sociaux et
biologiques au sein desquels les membres d’une population peuvent être classés.
Ils sont répartis selon deux critères fondamentaux sur lesquels se greffent les
144

autres : le sexe et l’âge. L’intérêt de la structure de la population par sexe et par


âge réside dans le fait qu’elle est le résultat à un moment donné des niveaux et
tendances passés de la fécondité, de la mortalité et de la mobilité. L’un des
facteurs de la dynamique de la périphérie est sa structure par sexe et âge, car elle
joue un rôle important dans l’économie. Pour l’illustrer nous nous sommes basé
sur les pyramides des âges des communes d’Avrankou et d’Akpro-Missérété de
la périphérie (Voir figures suivantes).

Pyramide des âges de la Commune d'Avrankou

95+
90-94
Homme 85-89 Femme
80-84
75-79
70-74
65-69
60-64
55-59
50-54
45-49
40-44
35-39
30-34
25-29
20-24
15-19
10-14
5-9
0-4
1000

2000

3000

4000

5000

6000

7000
0
8000

7000

6000

5000

4000

3000

2000

1000

Population

Figure 7 : Pyramide des âges de la commune d’Avrankou en 2002


145

Ages

90-94 ans

80-84 ans

70-74 ans

60-64 ans
MasculinAkpro-Missérété

50-54 ans FémininAkproMissérété

40-44 ans

30-34 ans

20-24 ans

10-14 ans

00-04 ans
-8000 -6000 -4000 -2000 0 2000 4000 6000 8000

Effectif

Figure 8 : Pyramide des âges de la population de la Commune d’Akpro-


Missérété en 2002

Les pyramides des âges de ces pôles de la périphérie ont presque la même
allure. Elles révèlent les caractéristiques générales de cette population. Leurs
structures ne possèdent pas les caractéristiques pyramidales d’une grande ville
comme Cotonou.
En 2002 la population de la périphérie urbaine de Porto-Novo compte
188 503 habitants dont plus de 51 % de femmes et près de 49 % d’hommes.
C’est donc une population à dominance féminine.

Toutes les pyramides ont une base large se rétrécissant progressivement


vers le sommet, ce qui est la caractéristique d’une population jeune à fécondité
élevée. Cette forme de pyramide caractérise les pays sous-développés.

Dans la tranche d’âge de 0 à 5 ans, on observe à la naissance la supériorité


numérique des garçons sur les filles. Dans les trois premiers groupes d’âges : 0 à
4 ans, 5 à 9 ans, 10 à 14 ans, le sexe-ratio est favorable aux hommes.
146

Mais à partir de 15 ans, on enregistre rapidement un rétrécissement de la


base vers le sommet. L’effectif de la population diminue progressivement
jusqu’à l’âge de 60 ans. A partir de cet âge quelques perturbations s’observent
dans cette harmonie à la baisse. C’est le cas aussi bien à Akpro-Missérété qu’à
Avrankou pour la tranche d’âge 60 - 64 ans. Cette perturbation peut être
expliquée par la mortalité des personnes âgées (60 ans et plus). A ces âges, on
constate une inégalité devant la mort en faveur du sexe féminin. Les rapports de
masculinité restent inférieurs à 100 dans toute la périphérie. Ceci est dû non
seulement à la surmortalité masculine mais aussi aux mauvaises déclarations
d’âge à partir de 60 ans. Cette surmortalité est compensée à la périphérie par les
différentes migrations.

5.1.4- Migrations
L’ampleur des migrations et la croissance des villes s’influencent
réciproquement et sont intimement liées au conteste national et international.
Les tendances migratoires observées au Bénin depuis la période coloniale
jusqu’à nos jours s’inscrivent dans une logique de dynamique impulsée par les
zone de grande productivité agricole et assurément par les opportunités certaines
ou supposées offertes par les villes, notamment par les plus importantes. Cette
situation qui n’est pas singulière au Bénin s’observe un peu partout en Afrique
au sud du Sahara et traduit toujours le niveau de développement économique et
social du pays (INSAE, 2002). Les migrations contribuent avec les naissances
et les décès à la détermination du rythme de croissance des effectifs des
populations d’une localité, d’une région ou d’un pays. Ainsi, les mouvements
migratoires (migration interne et externe) jouent un rôle très important dans le
dynamisme démographique des aires périurbaines. Dans le cas de la périphérie
urbaine de Porto-Novo, ce dynamisme est lié surtout à l’exode rural, à la
mobilité résidentielle au sein de la ville de Porto-Novo et des villes voisines et à
la migration étrangère.
147

5.1.4.1- Migrations internes

5.1.4.1.1- Exode rural


L’exode est le départ en masse d’une population d’un lieu vers un autre
(dictionnaire universel, 1988) et l’exode rural, le déplacement massif des
habitants des campagnes vers la ville à la recherche de l’amélioration de leur
condition de vie. Très lié au développement économique du pays, l’exode rural
a suivi le même rythme que l’évolution de la croissance économique. Le pays a
connu des périodes de croissance et de gouvernance relativement appréciables
mais aussi des moments de crise économique avec ses conséquences sociales
aigües. Les mouvements de populations ont permis la mise en place des
habitants de la région. Plusieurs courants migratoires d’inégales intensités ont
peuplé la périphérie urbaine de Porto-Novo. Ils peuvent être classés suivant trois
périodes.

Avant la colonisation, les premiers migrants qui ont peuplé la périphérie


sont les Yorouba venus de l’est et les Adja venus du plateau d’Allada. Ils se sont
installés dans les villages d’Adjara, d’Akpro-Missérété, d’Avrankou et de
Sèmè-Kpodji. Ils avaient fondé la plupart des villages du plateau. Ensuite la
traite des esclaves et l’économie de plantation ont favorisé l’arrivée de
nombreux migrants, surtout les Tori venus toujours du plateau d’Allada. Ils
travaillaient dans les plantations de palmier à huile situées dans ces villages
périphériques de Porto-Novo et participaient à l’économie de traite. Au cours de
cette période la population s’était accrue considérablement.

Par contre, la période coloniale n’a pas engendré d’importants flux


migratoires. C’est surtout le centre-ville de Porto-Novo qui a le plus bénéficié de
ces mouvements de populations, car la mise en place de l’administration
coloniale et la création des emplois favorisaient l’arrivée massive de nouveaux
migrants. Pour N’Bessa (1997), au début du siècle, l’installation de
l’administration coloniale et des commerçants européens à Porto-Novo
148

entrainèrent la création d’emplois de tous ordres ; les services publics et les


entreprises commerciales avaient besoin de travailleurs (employés de bureau,
agents commerciaux, manœuvres, plantons, gardiens, etc.) pour leur meilleur
fonctionnement ; à cause de son rôle de capitale, la ville abritait alors un grand
nombre de hauts fonctionnaires et d’agents de la fonction publique. Ainsi, les
jeunes paysans travaillant dans les palmeraies et les champs de maïs des régions
environnantes, notamment ceux de la vallée de l’Ouémé, furent attirés par la
grande ville pour servir comme boys chez les Blancs et les hauts fonctionnaires
africains ou pour être employés comme manœuvres, ouvriers ou gardiens dans
des entreprises publiques ou privées. Cet exode rural a continué jusqu’au début
de l’indépendance. Le tableau ci-dessous illustre bien cette situation.

Tableau XVIII : Répartition des migrants selon le lieu de recensement


(dernière migration quinquennale)

Lieux de Immigrants Emigrants Solde


recensement

Ouémé rural 8 780 13 659 - 4 879

Ouémé semi-rural 3 062 6 685 - 3 623

Ville de Porto- 14 747 14 668 79


Novo

Source : Recensement de la population du Bénin, (INSAE, 1979)

Cette situation était statique au début de l’indépendance. Les flux


migratoires étaient toujours orientés vers les grandes villes. En effet, le début de
l’indépendance était caractérisé par une économie libérale de développement.
Les villes étaient équipées d’infrastructures commerciales et socio-
administratives et dotées d’appareil de production surtout dans le domaine agro-
149

industriel (basé sur le palmier à huile). Bénéficiant de ces infrastructures, Porto-


Novo a renforcé son influence attractive en drainant une foule non négligeable
de ruraux en quête d’emplois.

L’analyse des résultats du recensement de la population en 1979 a révélé


que la migration ville-campagne a été importante entre 1961 et 1979. Le solde
migratoire de l’Ouémé rural et de l’Ouémé semi-rural qui est respectivement de
-4 879 et -3 623 le témoigne (l’espace périurbain fait partie de l’Ouémé semi-
rural de l’ancien découpage administratif). Malgré un taux d’accroissement
annuel moyen de 4,2 % entre 1961 et 1979, la ville de Porto-Novo semble avoir
amorcé un ralentissement sensible du rythme de croissance de sa population
dans les années 70. Si l’on se réfère au solde migratoire pour les cinq années
précédant le recensement de la population réalisé en 1979, Porto-Novo a un
solde de 79 migrants contre 34 323 pour Cotonou et 4 570 pour Parakou.

La première décennie de l’indépendance est aussi marquée par des


difficultés économiques qui ont préparé le terrain à l’instabilité politique.
Plusieurs coups d’Etat ont été perpétrés pour corriger la crise économique qui
perdure. Cette instabilité politique n’a pas permis le décollage économique du
pays, ce qui a favorisé la poursuite de l’émigration des Béninois vers les pays de
la sous-région plus stables et plus prospères comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire,
le Ghana etc. Proche du Nigeria, le milieu d’étude a subi les conséquences de
cette émigration, car la ville de Porto-Novo ne pouvait pas offrir de grandes
opportunités en matière d’emplois et d’affaires. Cet exode des Béninois vers
l’extérieur s’est renforcé par la prise du pouvoir le 26 octobre 1972 par les
révolutionnaires qui ont instauré une doctrine marxiste-léniniste. La période de
1972 à 1990 fut celle du développement du capitalisme d’Etat marqué par la
création et la nationalisation des entreprises et sociétés d’Etat, la mise en
chantier de grands projets de développement économique et la volonté politique
de réaliser un développement équilibré du pays en valorisant les potentialités de
150

chaque région. C’est ce qui a amené le gouvernement à mettre sur pied la


réforme de l’administration territoriale en 1978. Mais malheureusement, cette
politique révolutionnaire a échoué sur le plan social et économique (abandon du
socialisme, faillite des entreprises d’Etat pour mauvaise gestion, licenciement
massif des salariés etc.). Ce régime portait atteinte aux droits de l’homme,
notamment à la liberté d’opinion et d’association. Craignant pour leur vie du fait
de leur conviction politique et économique, de nombreux béninois émigrent à la
recherche des conditions de vie meilleures. Avant le recensement de 1979,
l’essentiel des mouvements migratoires du département de l’Ouémé était drainé
par la ville de Porto-Novo où se concentrent une grande partie des
infrastructures socioéconomiques du pays. Pendant ce temps, les principaux
foyers humains (Adjara, Avrankou, Akpro-Missérété et dans une moindre
mesure Sèmè-Kpodji) de l’espace périurbain n’étaient que des chefs-lieux de
districts dépourvus d’infrastructures socioéconomiques. Au recensement de
1992 et de 2002 la situation n’est plus la même. Le tableau XIX illustre bien
cette situation.

Tableau XIX : Répartition des migrants selon le lieu de recensement (dernière


migration quinquennale)

Lieux de Immigrants Emigrants Solde


recensement

Ouémé rural 12 216 9 585 2 631

Ouémé semi-rural 13 520 15 931 -2 411

Ville de Porto- 20 225 22 364 -2 139


Novo

Source : (INSAE, 1992)


151

Au cours des deux dernières décennies, Porto-Novo reste toujours


attractive, mais ces milieux semi-urbains attirent aussi des migrants, sans nul
doute à cause des grands projets de développement rural, initiés par l’Etat en vue
de moderniser les campagnes et du processus de décentralisation qui consacre la
démocratie à la base et qui se concrétise par l’organisation des élections
communales et municipales. L’installation des conseils communaux et l’élection
des maires constituent l’un des facteurs importants de la dynamique de cette
périphérie. Entre 1979 et 1992, le solde migratoire de l’Ouémé semi-rural a
diminué passant de -3 623 à -2 411. Pendant ce temps, Porto-Novo est beaucoup
plus alimentée par les flux migratoires en provenance des milieux semi-urbains
des localités environnantes que par des vagues déferlantes des campagnes,
comme par le passé. Effectivement comme le montre le tableau, l’Ouémé rural a
en 1992 un solde positif de 2 631 contrairement à 1979 où le solde était de

-4 879. Mais il faut remarquer que du centre-ville, partent beaucoup de citadins


pour la périphérie.

En 2002, lors du dernier recensement, le solde négatif s’était accru


passant ainsi -2 139 en 1992 à -12 651. L’espace périphérique de la ville de
Porto-Novo, jadis parsemé de villages relativement peuplés, attire désormais les
populations d’origines diverses. Les enquêtes menées sur le terrain confirment
ces résultats des différents recensements comme le montre le tableau suivant.
152

Tableau XX: Derniers lieux de résidence des chefs de ménage avant leurs
installations à la périphérie urbaine de Porto-Novo

Derniers lieux de résidence avant l’installation Pourcentage des chefs de


des chefs de ménage à la périphérie ménage

Les villages des communes voisines 13,5 %

Les anciens villages de la périphérie 34,5 %

Le centre-ville de Porto-Novo 37 %

Autres villes 15 %

Total 100 %

Source : Résultat des enquêtes de terrain, mars 2008

Ces villages de la périphérie apparaissent comme des localités favorables


à l’hébergement des nouveaux immigrants. Cela s’explique par un certain
nombre de facteurs : loyers et parcelles moins chers, solidarité, liens familiaux
etc. Il ressort de l’analyse du tableau que c’est seulement 13,5 % des chefs de
ménage qui sont venus directement des villages des communes voisines (exode
rural) pour s’installer à la périphérie urbaine de Porto-Novo. Au sein des actifs,
les indépendants sont les plus nombreux. Viennent ensuite les aides familiales et
les salariés. Les indépendants constitués surtout des gens de petits métiers tels
que les soudeurs, les menuisiers, maçons, chauffeurs, vulcanisateurs, peintres
etc., migrent vers le milieu dans le but d’exercer leurs professions afin
d’améliorer leur condition de vie. Effectivement l’espace périurbain répond plus
ou moins à leur attente ; les nombreux chantiers ouverts témoignent des
opportunités que peut offrir un tel milieu. D’autres ruraux illettrés, célibataires
sans qualification professionnelle migrent pour trouver du travail salarié dans
des entreprises comme gardiens, ouvriers, manœuvres ou conducteurs de taxi-
153

motos. Quelques années après leur installation, ils font appel à leurs fiancées
pour le mariage et à leurs frères pour les inscrire pour apprendre un métier.

Les autres populations qui peuplent la périphérie sont surtout celles des
anciens villages de cette périphérie et celles venues du centre-ville de Porto-
Novo (soit respectivement 34,5 % et 37 %). Il faut reconnaître que la plupart des
chefs de ménage sont des néocitadins qui sont passés par le centre-ville avant
leur installation à la périphérie. Plusieurs modalités de peuplement caractérisent
ce dynamisme de la population.

5.1.4.1.1.1- Migration scolaire et universitaire

L’exode des élèves et des étudiants est une donnée non négligeable de la
migration. En effet, depuis l’ère coloniale jusqu’au début de l’indépendance du
pays, Porto-Novo fut l’une des villes où l’élite du pays était formée. A ce titre,
elle a bénéficié de plusieurs infrastructures éducatives : écoles, le plus grand
lycée de l’époque (Victor Ballot) devenu Béhanzin, lycée Toffa 1er, des collèges,
l’Ecole Normale Supérieure. Des écoles et collèges privés sont aussi construits
pour renforcer les capacités d’accueil de cette ville. Avec toutes ces
infrastructures, elle attire de nombreux enfants et même des adultes qui viennent
faire leurs études. Progressivement, compte tenu de l’évolution démographique
de la périphérie, plusieurs écoles et collèges publics et privés y sont construits
(tableau XXI).
154

Tableau XXI : Quelques collèges publics de la périphérie urbaine de Porto-


Novo

Collèges Date de création 1er cycle 2ème cycle

Avrankou 1966 Oui Oui

Adjara 1 1971 Oui Oui

Djèrègbé 1980 Oui Oui

Akpro-Missérété 1982 Oui Oui

Atchoukpa 1996 Oui Oui

Honvié 2004 Oui Non

Vakon 2006 Oui Non

Oanho 2007 Oui Non

Adjara 2 2008 Oui Non

Malahoui - Oui Non

Source : DDEPS Ouémé, 2008

Les premiers à bénéficier de collèges sont les anciens foyers de


peuplement de la périphérie : le CEG Avrankou créé déjà en 1966, le CEG
d’Adjara 1 en 1971, le CEG Akpro-Missérété en 1982 ; plus de la moitié des
collèges publics ont le second cycle et presque tous les arrondissements de la
périphérie disposent de leurs Collèges. Ce sont ces écoles et collèges qui sont
devenus les nouveaux points de chute des ruraux. Des localités environnantes et
même lointaines, ils viennent s’installer dans la périphérie généralement sans
leurs parents directs. Ils sont souvent confiés à des parents plus ou moins
proches pour poursuivre leurs études. Dans le cas où ils n’ont pas de famille
155

dans le milieu, ils louent des chambres en s’associant pour payer le loyer. Ces
collèges des centres périurbains accueillent deux catégories d’élèves. La
première catégorie concerne les élèves qui viennent d’avoir leur CEPE et dont
les villages n’ont pas de cours secondaire. La seconde catégorie est celle des
élèves dont les collèges ne disposent pas de second cycle. Ainsi, le
développement de ces établissements draine un nombre important de migrants.
A la fin de leur cursus, certains s’en sortent avec leurs diplômes, d’autres, même
avant la fin de leur cycle, abandonnent les classes pour apprendre un métier.
Ceux qui ne peuvent pas supporter les difficultés de la vie urbaine retournent au
village pour se reconvertir dans les activités rurales.

Conscients du rôle socioéconomique que peut jouer l’Université, les


responsables politiques et administratifs ont obtenu du pouvoir central
l’ouverture de l’Institut National de la Jeunesse, de l’Education Physique et
Sportive (INSJEPS), de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) et un Centre
Universitaire à Porto-Novo (CUP). Ce centre est un démembrement de la
FLASH, composé des Départements de Géographie, d’Anglais et de Sociologie.
La ville dispose aussi de deux Universités privées, L’UPAO et l’Université des
sciences et technologies du Bénin et des centres de formation universitaire dont
l’Ecole du Patrimoine Africain (EPA), l’Institut Régional de magistrature, etc.
Ces structures d’enseignement supérieur et de formation constituent un facteur
d’attraction des jeunes bacheliers de tous les départements du pays vers la ville
et surtout sa périphérie pour s’inscrire. Cette situation a freiné l’exode des
étudiants de la région vers Cotonou et Calavi où se trouvent les principaux
instituts, écoles, facultés et centres de formation du pays. Au lieu d’aller suivre
leur formation dans les différents départements de la FLASH à Abomey-Calavi,
ces étudiants préfèrent s’inscrire à Porto-Novo où les conditions de vie sont
moins contraignantes. Selon l’enquête réalisée au CUP, sur 500 étudiants,
156

comme le montre le tableau XXII, près de la moitié (49 %) réside dans la


périphérie contre 37 % pour le centre-ville.

Tableau XXII : Milieu de résidence des étudiants du CUP

Milieux de résidence Nombre d’étudiants Pourcentage

Périph. (secteur d’étude) 245 49 %

Centre-ville Porto-Novo 185 37 %

Résidence universitaire 22 4,40 %

Autres villes 48 9,60 %

total 500 100 %

Source : Résultat d’enquête (Mars 2008).

Cette situation est due au fait que les étudiants qui ont quitté les autres
départements et les localités rurales voisines préfèrent résider dans la périphérie
où le loyer est moins cher qu’au centre-ville.

Au total les établissements scolaires et universitaires sont des facteurs


déterminants de la croissance démographique à la périphérie urbaine.

5.1.4.1.2- Mobilité résidentielle ou rurbanisation

En dehors de l’exode rural, la mobilité résidentielle participe aussi à la


dynamique de la périphérie. La situation de certains quartiers comme le montre
le tableau XXIII permet d’apprécier cette réalité.
157

Tableau XXIII : Evolution de la population des communes de Porto-Novo de


1979 à 2002
Communes et Population Population Population Taux Taux
quartiers de ville en 1979 en 1992 en 2002 d’accroisseme d’accroissemen
nt 1979‐1992 t 1992‐2002

Vieux quartiers du centre-ville

Avassa 4377 4064 3192 -0,73 -2,38

Accron 4712 5393 4761 1,35 -1,23

Iléfiè 7122 7327 6818 0,28 -0,71

Oganla 5081 4342 4171 -1,5 -0,40

Houézounmè 4624 4694 4522 0,15 -0,37

Déguè-gare 8566 7941 7715 -0,75 -0,28

Attakè 16505 22259 21859 3,03 -0,18

Zébou 5321 3246 3329 -4,82 0,25

Ahouantikomè 6250 5134 5824 -2,01 1,26

Quartiers de la première couronne

Founfoun 14007 15256 15505 0,85 0,16

Djassin 7044 8169 8678 1,49 0,60

Hoinmè 15915 22581 24430 3,56 0,81

Quartiers de la deuxième couronne

Djègan Daho 5841 13420 19851 8,67 3,99

Hounsouko 13606 21665 32830 4,76 4,24

Ouando 14155 33656 55696 9,04 5,16

Sources : RGPH-1-2-3 (INSAE) ; (DOMINGO, 2007)


158

NB : Les communes inscrites dans le tableau correspondent à l’ancien découpage


administratif d’avant la décentralisation. Une commune regroupe plusieurs quartiers et se
retrouve aujourd’hui dans un arrondissement qui est à l’échelon en dessous de la commune
qui est la ville toute entière.

De l’analyse du tableau, il ressort que déjà, entre 1979 et 1992 plus de la


moitié des vieux quartiers du centre-ville ont un taux d’accroissement
intercensitaire négatif ; ce qui montre qu’avant le premier recensement, les
populations abandonnaient déjà les vieux quartiers pour d’autres destinations.
Cette situation s’est renforcée entre 1992 et 2002 où presque tous ces quartiers
(plus de 75 %) ont un taux d’accroissement intercensitaire négatif. Ce sont
seulement Zèbou et Ahouantikomè qui, curieusement, ont un taux positif alors
qu’entre 1979 et 1992 ces taux étaient négatifs ; ce qui amène à se poser la
question suivante : Pourquoi ce regain d’intérêt pour ces deux vieux quartiers ?
A notre analyse, cette anomalie serait probablement imputable au nouveau
découpage administratif où l’effectif de la population qui leur a été attribué est
supérieur à ce qu’ils avaient réellement en 1992. Parmi ces vieux quartiers, il y a
certains qui sont plus atteints que d’autres en ce qui concerne les départs ; les
plus atteints sont Avassa et Accron dont les taux d’accroissement intercensitaire
sont respectivement de -2,38 et -1,23. Vu l’état de ces quartiers (en ruines), de
2002 à nos jours, le nombre de départ se serait accru. Le prochain recensement
nous montrerait leur évolution.

Quant aux quartiers de la première couronne, ils ont un taux


d’accroissement intercensitaire positif. Ils ne sont pas encore influencés par le
phénomène du départ. Mais, le constat fait est que ces taux sont relativement
faibles ; ils sont inférieurs à 1 %. Ce sont des quartiers presque totalement
remplis où de potentiels candidats au départ se préparent. Les loyers et les
parcelles coûtent plus chers qu’à la périphérie. Les enfants des propriétaires de
maisons devenus grands cherchent aussi à quitter pour être chez eux dans la
périphérie.
159

Au niveau des quartiers de la deuxième couronne de formation plus


récente que la première, c’est-à-dire les quartiers les plus éloignés du noyau
primitif, les taux d’accroissement sont aussi positifs et largement supérieurs à
ceux de la première couronne. Entre 1979 et 1992, les taux étaient très élevés.
Ces quartiers, constitués après ceux de la première couronne, attiraient de
nombreux citadins qui s’installent. Les taux d’accroissement intercensitaire de
Djègan Daho et de Ouando sont les plus élevés : 8,67 % et 9,04 %. Le plus
faible taux est celui de Hounsouko avec 4,76 %. Mais entre 1992 et 2002, la
valeur de ces taux a diminué pour tous les quartiers. C’est comme si ces
quartiers viennent de connaître leur apogée en ce qui concerne le taux
d’accroissement intercensitaire et entre 1992 et 2002 ils sont entrés
progressivement en déclin. Mais, malgré cette diminution, les taux restent
toujours élevés (supérieurs à 3,5 %) ; ceci montre qu’ils continuent à attirer les
citadins. Ces taux révèlent aussi que tous ne vont plus vers la deuxième
couronne (ces quartiers n’ont plus le monopole) mais ils vont plus loin dans la
périphérie débordant les limites administratives même de la ville de Porto-Novo
pour envahir les autres arrondissements des communes limitrophes et formant
ainsi la grande périphérie, notre secteur d’étude. L’évolution de la densité entre
1992 et 2002 le montre à travers le tableau XXIV.
160

Tableau XXIV : Densité de population et évolution (1992 – 2002)

Milieu de Densité en 1992 Densité en 2002 Différence de


résidence densité
(hab/km2) (hab/km2)

Adjara 619 801 182

Akpro-Missrété 669 920 251

Avrankou 878 1031 153

Sèmè-Kpodji 298 529 231

Porto-Novo 3036 4471 1435

Ouémé 444 570 126

Bénin 43 59 16

Source : (INSAE, 1992 et 2002)

Les différences de densité montrent effectivement que les populations


s’installent dans la périphérie. A titre d’exemple, prenons le cas d’Akpro-
Missérété où la densité est passée de 669 à 920 hab/km2 en 10 ans avec une
différence de densité de 251 hab/km2. Donc, vu les analyses faites, on peut
affirmer sans se tromper que ce qui constitue aujourd’hui toute la périphérie a
commencé par accueillir les citadins du centre-ville depuis les années 1990 où
la dernière couronne du centre-ville a atteint son maximum. Depuis ce temps
jusqu’à nos jours, les anciens quartiers lotis ont perdu la primauté de la fonction
d’accueil au profit de la périphérie comme le montre aussi le tableau XXV selon
les résultats d’enquête.
161

Tableau XXV: Année d’installation des chefs de ménage à la périphérie urbaine


de Porto-Novo

Années d’installation des chefs de Pourcentage des chefs de ménage


ménage à la périphérie installés

- ….1970 7%

1970 – 1985 14,7%

1985 – 2000 52,3%

2000 - 2008 26%

Total 100%

Source : Résultats d’enquête de terrain, Mars 2008.

Il ressort de l’analyse du tableau qu’entre 1985 et 2000, sur 800 ménages


52,3% de chefs ménages se sont installés dans la périphérie urbaine de Porto-
Novo. Au niveau de la mobilité résidentielle, il est essentiel de remarquer
comme indiqué plus haut dans le tableau XXII que les habitants de la périphérie
sont originaires des villages environnants (34,5%), des villages des communes
voisines (13,5%), du centre-ville de Porto-Novo (37 %) et des autres villes
(15%). Les enquêtes faites sur le terrain révèlent que les chefs de ménages
arrivés avant 1990 ont en majorité fait un séjour dans les vieux quartiers
centraux avant d’habiter la périphérie, alors que depuis le début des années
1990, une proportion croissante des migrants s’installe directement dans un
quartier périurbain. C’est au moment où « s’emballe » la croissance
démographique des espaces périurbains que s’inverse la tendance antérieure des
immigrants à s’installer prioritairement dans le centre-ville (JAGLIN, 1995).
Plusieurs raisons ont motivé les populations à venir s’installer dans la périphérie
au lieu du centre-ville.
162

5.1.4.11.2.1- Mottifs d’insttallation des


d popula
ations en périphériie
C mouvvements de
Ces d populattions ont engendré une meilleure intéégration
spatiale de l’espace périurrbain. Ils peuvent
p êttre expliquués par less motivations qui
précèddent leur installationn sur les parcelles
p d’habitation. Selonn les enqu
uêtes de
terrain, comme l’indique
l l figure 9,
la 9 ces motiifs sont : la
l volonté d’indépen
ndance,
l’accesssion à la propriété personneelle à causse du faible coût dee la parceelle à la
périphéérie (êtree chez sooi), la recherche d’un em
mploi, l’aamélioratio
on des
conditiions de logementt, le dépplacement professioonnel, le rapproch
hement
familiaal, les étuddes, etc.

Etre chez soi

4
4%
6% Volonté d'indépen
ndance
%
7%
41%
9% Rech
herche d'emploi

Déplacement
33%
profeessionnel
Cond
dition de logem
ment

Autrees

Figure 9 : Motifss de l’étaablissemen


F nt des chhefs de m
ménage dans
d la
périphéérie
S
Source : Résultat
R d
d’enquête d terrain (Mars 20008)
de

P
Parmi cess motifs, comme l’indique la figure 12, celuii qui est le plus
régulièèrement évoqué
é paar les cheefs de méénage proopriétairess de maisson est
l’accesssion à laa propriétté immobiilière (41 %). Enssuite, viennnent la volonté
v
d’indéppendance (33 %) et la recheerche d’em
mploi (9 %)
% qui ontt plus mottivé les
locataiires, les artisans,
a etc. Ces motifs
m nt aussi dees paramèètres qui attirent
son
beaucooup d’étranngers.
163

5.1.4.2- Migrations internationales


Ces migrations concernent l’immigration extérieure (les Béninois résidant
à l’extérieur qui reviennent au pays et les étrangers qui viennent s’installer en
ville) et l’émigration des Béninois.

5.1.4.2.1- Immigration extérieure


Le troisième recensement de la population du Bénin, organisé en 2002, a
permis de dénombrer 156 748 immigrés arrivés au Bénin au cours des cinq
dernières années précédant le recensement. Cet effectif comprend les Béninois
de retour et les étrangers. Si cet effectif était uniformément réparti, l’effet de la
présence des immigrants externes serait peu sensible au sein de la population.
Mais, les différentes régions n’exercent pas la même attraction sur les migrants.

• Immigrants externes étrangers


Compte tenu de sa position par rapport au Nigeria, la périphérie urbaine
de Porto-Novo exerce un attrait non négligeable sur les immigrants. Ainsi, la
plupart des immigrants extérieurs non béninois viennent du Nigeria (Ibo et
Yorouba surtout) et dans une moindre mesure du Togo, du Niger et du Ghana.
Ils installent souvent des boutiques de quincaillerie, de pièces détachées de
motos et de véhicules, de matelas, etc. Mais, malgré les cultures et les habitudes
commerciales identiques, la communauté nigériane n’est pas très attirée par la
ville de Porto-Novo et sa périphérie sinon le flux de migrants en provenance du
Nigeria serait plus important. Avec la stabilité politique et le bon
fonctionnement de la démocratie comparativement aux expériences en cours
dans plusieurs pays de la sous-région, le Bénin est devenu une terre d’asile pour
les exilés politiques et les réfugiés. Les conflits armés en Afrique de l’ouest et
centrale ont favorisé l’arrivée de quelques réfugiés dans le milieu d’étude. En
2002, la ville de Porto-Novo durant les cinq dernières années précédant le
164

recensement, a enregistré 6 668 immigrants extérieurs dont 51,75 %


d’immigrants extérieurs étrangers et 48,25 % d’immigrants extérieurs Béninois.

• Immigrants externes béninois


Quant aux immigrants externes béninois du milieu d’étude, leurs
provenances principales sont : le Nigeria, la côte d’Ivoire, le Togo, le Gabon, la
Guinée Equatoriale, etc. Il faut reconnaître que les commerçants yorouba sont
présents sur tous les marchés de la sous-région.

5.1.4.2.2- Emigration des populations de la périphérie


La périphérie de la ville de Porto-Novo est aussi sujette à l’émigration.
Comme l’ensemble des Béninois, l’instabilité politique du Bénin indépendant de
la période 1963-1972 et le durcissement du pouvoir politique révolutionnaire à
partir de 1975, avec l’adoption d’une idéologie marxiste-léniniste et d’un régime
politique à parti unique, ont favorisé l’émigration des populations de la
périphérie pour des motifs économiques et politiques. Cette région est un milieu
très sensible à l’émigration compte tenu de sa position par rapport au Nigeria.
En effet, ce géant voisin attire aussi bien les Béninois que les autres Africains.
Durant les années 70, la rente pétrolière a drainé vers ce pays une marée
humaine dont les populations de la périphérie qui sont à quelques kilomètres de
sa frontière. La crise socioéconomique de la période 1983-1990 a contribué à
renforcer ce mouvement d’émigration vers d’autres pays (Togo, Côte d’Ivoire,
Ghana, Gabon, Guinée Equatoriale, etc.). Il faut remarquer que naturellement le
commerce les fait voyager aussi dans ces pays. Aujourd’hui, ce mouvement est
atténué par la crise qui sévit dans ces pays. Ces migrations internes et
internationales ont un impact sur la répartition de la population, notamment sur
la croissance périurbaine.
165

5.1.4.3- Impacts des migrations sur la croissance démographique de la


périphérie
Au plan démographique, hormis le mouvement naturel, les flux
migratoires constituent l’un des déterminants essentiels de la dynamique
urbaine. Les analyses faites sur les différentes migrations ont montré qu’elles
ont contribué pour une large part au dynamisme de la périphérie de la ville de
Porto-Novo. Le système de vase communiquant a trouvé son application entre
Porto-Novo et sa périphérie. Les mouvements migratoires sont à l’avantage de la
périphérie et le solde migratoire est franchement négatif pour Porto-Novo si bien
que son glissement démographique vers les communes limitrophes (Adjara,
Akpo-Missérété, Avrankou et Sèmè-Kpodji) est devenu une réalité. La
population continue de gagner en importance au détriment de la population
rurale. Le taux annuel moyen de croissance urbaine entre les deux derniers
recensements est estimé à 9,57 % contre 4,02 % pour l’ensemble du département
de l’Ouémé. Ce taux est largement supérieur au taux annuel moyen
d’accroissement de la population totale du département et du Bénin.
L’urbanisation de la périphérie évolue plus vite que dans l’ensemble urbain du
pays comme le montre le tableau XXVI.
166

Tableau XXVI : Taux moyen annuel d’accroissement de la population


totale et urbaine du Bénin et du département de l’Ouémé

Département/Pays Taux de Taux de Taux de


croissance pop. croissance pop. croissance ville
totale Urbaine totale ordinaire

1992-2002 1992-2002 1992-2002

Ouémé

2,54 % 4,02 % 9,57 %

Bénin 3,25 % 4,12 % 5,43 %

Source : RGPH-2-3 (INSAE, 1992-2002)


NB : Le secteur d’étude fait partie de ville ordinaire

L’essor de l’espace périurbain ne dépend pas seulement du flux des


migrants mais aussi du foncier.

5.2- PLACE DU FONCIER DANS LA DYNAMIQUE DE L’ESPACE


PERIURBAIN
Jadis, les terres périurbaines n’étaient pas si convoitées. Les paysans
cultivaient leurs champs et entretenaient leurs plantations de palmier à huile.
Aujourd’hui, c’est tout le contraire qui s’observe. En effet, depuis plusieurs
décennies, la terre est devenue un bien très précieux. Cette situation est liée à un
certain nombre de facteurs dont les plus importants sont : la cherté des parcelles
au centre-ville comme le montre le tableau suivant :
167

Tableau XXVII : Aperçu des prix d’achat en CFA d’une parcelle de 500m2
entre 1970 et 2008 à Oganla au centre-ville de Porto-Novo

Périodes 1970- 1975- 1980- 1985- 1990- 1995- 2000-


1975 1980 1985 1990 1995 2000 2008

Fourchette 200 000 500 000 1000000 1500 000 3000 000 5000 000 8 000 000
s des prix - – -- - - - -
500 000 1000000 1500000 3000 000 5000 000 8 000000 15 000000

Source : Enquête de terrain, Mars 2008

Cette cherté des parcelles repousse la classe moyenne et les pauvres vers les
marges urbaines, l’explosion démographique et la nécessité d’avoir sa propriété
foncière individuelle pour en faire une habitation privée. Ainsi, les populations
envahissent les terres de la périphérie. Plusieurs modes leur permettent d’avoir
accès à la terre.

5.2.1- Modes d’accès à la terre dans l’espace périurbain

5.2.1.1- Modes traditionnels d’accès à la terre


Ils comprennent l’occupation de longue durée et le don.

• Occupation de longue durée


Elle constitue la forme originelle par laquelle l’homme accède à la terre.
Cette forme d’acquisition est fondée sur le principe que la terre appartient à ses
premiers occupants et qu’à l’origine, elle n’appartenait à personne. Ensuite, les
premiers occupants font valoir le droit de lignage sur les terres occupées.
168

• Don
Le second mode traditionnel est le don. Il s’agit d’un mode par lequel une
personne reçoit un domaine sans contre partie remarquable (cadeau
symbolique).

C’est par ces modes que les premiers occupants des localités
périphériques de Porto-Novo ont eu leurs parcelles qu’ils ont léguées à leurs
descendants. Leur transfert est patrilinéaire. Ces modes reflètent le rapport que
l’homme entretenait avec la terre : rapport basé sur son inaliénabilité. Mais
aujourd’hui ces rapports ne sont plus les mêmes. Ils ont évolué sous l’effet de
l’explosion démographique, des crises lignagères ou claniques, des facteurs
introduits par la colonisation, de la valeur monétaire élevée de la terre et de la
croissance urbaine de la ville de Porto-Novo. Les propriétés collectives
disparaissent progressivement au profit des propriétés individuelles.

5.2.1.2- Modes actuels d’accès à la terre


Selon le PDC d’ADJARA (2005-2009), les modes actuels d’accès à la
terre dans le milieu se présentent comme suit :

‐ Héritage : la terre, une propriété collective est repartie entre les enfants.
La terre héritée devient une propriété privée, ce qui appelle une autonomie sur le
plan économique.

- Mise en gage : Un propriétaire terrien, en difficulté financière, cède une


portion de terre à quelqu’un qui est en mesure de lui procurer sur-le-champ,
l’argent dont il a besoin. Le créancier gagiste bénéficie de l’usage et de
l’usufruit du terrain, jusqu’au moment de son remboursement. La terre mise en
gage est susceptible d’être reprise ; il n’est pas permis au propriétaire provisoire
de la vendre ou d’y faire des cultures pérennes.
169

- Location : Elle s’observe dans le cadre des activités agricoles et profite


surtout aux cultivateurs dépourvus complètement ou partiellement de terres. Elle
se pratique à titre amical, voire de manière presque désintéressée.

‐ Donation : elle se pratique dans les cas où dans une famille ou un


village, un besoin en terre se pose pour la réalisation d’une infrastructure à
caractère collectif ou public. Elle peut se faire par engagement verbal du
donateur. Un acte de donation peut être aussi établi pour une sécurisation
foncière.

‐ Achat : Une autre possibilité qui s’offre au propriétaire est la vente


définitive de la terre. Elle se fait selon la règle classique de toute opération
d’achat et de vente. Mais, il faut noter que le prix de la terre est fixé de façon
arbitraire selon le besoin en argent du moment. La vente est un véritable indice
de la disparition du caractère d’inaliénabilité reconnu à la terre dans les sociétés
traditionnelles. Elle témoigne également de la spéculation dont sont victimes les
propriétaires terriens. Elle a pris de l’importance et ne cesse de se développer
depuis quelques années avec l’arrivée massive des migrants, (…), l’extension
de la ville de Porto-Novo et le phénomène du lotissement.

5.2.1.2.1- Transactions foncières dans la périphérie


Selon les enquêtes de terrain réalisées en 2008, les prix des parcelles de
25 m sur 20m varient d’un milieu à un autre. Ils s’élèvent entre 600 000 F et
1 000 000 F à Avrankou, 600 000 et 2 000 000 F à Akpro-Missérété. Les prix
des parcelles dépendent de plusieurs facteurs dont : leurs positions
géographiques et distances par rapport à la voie principale, l’électricité, l’eau et
l’agglomération principale, le site, le paysage, le lotissement et le taux
d’occupation de l’espace, etc. Celles qui sont dans des quartiers proches du
centre-ville coûtent relativement plus chères. C’est le cas du quartier Akonaboè
comme le montre le tableau XXVIII.
170

Tableau XXVIII : Aperçu des prix d’achat en CFA d’une parcelle de 500m2
entre 1970 et 2005 à Akonaboè dans la périphérie au nord du centre-ville de
Porto-Novo

Périodes 1970- 1975- 1980- 1985- 1990- 1995- 2000-


1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005

Fourchette 15 000- 30 000- 75 000- 125 000- 300 000- 800 000- 2 000000-
s des prix 30 000 75 000 125 000 300 000 800 000 2 000000 4 000 000

Source : Service des affaires domaniales : mairie de Porto-Novo (VIGAN, 2007)

5.2.1.2.1.1- Principaux acteurs de la transaction foncière


Les transactions foncières constituent un marché complexe qui met en jeu
plusieurs acteurs dont les plus importants sont :

9 Les vendeurs et les acquéreurs de parcelles : ils constituent les premiers


acteurs du marché foncier, car les offres et les demandes dépendent d’eux.
9 Les courtiers : Ce sont des intermédiaires entre les vendeurs et les
acheteurs. Très dynamiques, ils s’informent des offres et cherchent des
acheteurs. En cas de succès, un courtier gagne entre 10 à 15% du prix de
vente de la parcelle parfois aussi bien chez le vendeur que chez l’acheteur.
C’est un métier informel qui comporte beaucoup de risques : en cas de
conflits ils sont les premiers à être indexés.
9 Les chefs de quartiers : ayant la connaissance de leur territoire
administratif, ils confirment le non litige de la parcelle achetée et délivrent
l’attestation de non litige.
9 Les services des affaires domaniales des différentes communes de la
périphérie : ce sont les gestionnaires administratifs des transactions
foncières.
171

9 Les cabinets de géomètres : ils interviennent dans les opérations de


lotissement souvent commandées par les autorités municipales.
9 Les cabinets d’avocats et d’huissiers : ils interviennent parfois pour la
protection juridique d’une ou des deux parties (vendeur ou acheteur).

Pour éviter les conflits, plusieurs mesures sont prises aussi bien par les
autorités traditionnelles que modernes.

5.2.1.2.1.2- Mesures de sécurité foncière

On distingue dans le cadre d’étude deux types de régimes fonciers qui


assurent la sécurité foncière : le régime foncier traditionnel et le régime foncier
moderne. La figure 10 présente ces deux types.
172

Mesure de sécurité
foncière

Au cours du régime Au cours du régime


foncier traditionnel foncier moderne

C.V. orale C.V. Att. Att. M PH TF


R

Figure 10 : Les deux types de régimes fonciers


Source : VIGAN, 2007
C.V : Convention de Vente ; Att. R : Attestation de Recasement ; Att. M :
Attestation de Mutation ; PH : Permis d’Habiter ; TF : Titre Foncier.

9 Le régime foncier traditionnel est celui le plus utilisé dans la périphérie.


Selon les enquêtes de terrain, il a permis à plus de 75 % des chefs de
ménage d’avoir leurs parcelles. Sa principale mesure de sécurité est la
convention de vente. Elle est rédigée sur des formulaires disponibles à la
préfecture et dans les communes avec les signatures de l’acquéreur et du
vendeur et de leurs quatre témoins dont deux pour chacun. L’acheteur,
muni de la convention de vente et de l’attestation de non litige délivrée par
le chef quartier, fait l’enregistrement à la mairie ou à la préfecture. Cette
173

attestation prouve que le vendeur est le propriétaire du terrain et qu’il ne l’a


pas vendu antérieurement à une autre personne. Ce régime ne procure pas
une grande sécurité ; il est la source de nombreux conflits fonciers. Parfois
la même parcelle est vendue à plusieurs personnes et le vendeur n’est pas le
vrai propriétaire. Certains chefs quartiers malhonnêtes, par leur complicité,
se mêlent à ces transactions foncières frauduleuses.
9 Quant au régime foncier moderne, il apporte plus de sécurité, laquelle est
renforcée avec la décentralisation. C’est un long processus depuis la
convention de vente jusqu’au titre foncier qui épargne l’acheteur des
conflits. Le titre foncier, régi par la loi 65-25 du 14 Août 1965, est délivré
par la Direction des Domaines (Ministère des finances). Il confère au
propriétaire un droit réel de propriété, c'est-à-dire sans le titre foncier il
n’existe pas de véritable propriété du sol. Selon l’article 121, il est définitif
et inattaquable. Il met le propriétaire à l’ abri de toute déconvenue quelle
que soit sa nature. Il faut reconnaître que la procédure pour l’acquisition du
titre foncier est longue si bien que nombre de personnes l’abandonnent en
cours d’établissement. Certains propriétaires s’arrêtent soit à la convention
de vente, à l’attestation de recasement ou de mutation ou au permis
d’habiter. Mais, malgré cette « sécurisation » du foncier, le nombre de
conflits augmente.

Après l’achat des parcelles, les propriétaires les mettent en valeur par les
constructions qui servent à divers usages. Ces réalisations mélangées aux
parcelles non aménagées constituent le paysage de l’espace périurbain. Ce
dernier diffère de l’espace urbain par l’occupation du sol.

5.2.2- Occupation du sol et le paysage périurbain


La mise en valeur du foncier est perçue par les réalisations que font les
propriétaires sur leurs parcelles. Ainsi, distingue-t-on dans la périphérie des
parcelles nues et des parcelles bâties.
174

• Les parcelles bâties : à travers la périphérie on rencontre divers types de


parcelles bâties :
‐ Les parcelles bâties, achevées et habitées. Elles sont des maisons
individuelles, familiales ou mises en location.
‐ Les parcelles bâties, inachevées et habitées ; les propriétaires des
parcelles ne disposent pas des moyens financiers suffisants pour achever
la construction des maisons avant de les intégrer. Ils les intègrent en
achevant progressivement la construction.
‐ Les parcelles en chantier, inhabitées dont les chantiers sont en cours ;
sur ces chantiers on observe des maçons, plombiers, peintres, etc. qui
travaillent pour achever les bâtiments. Les propriétaires de ces parcelles
disposent des moyens financiers suffisants pour construire d’un trait
leurs maisons. Ils ne sont pas nombreux ; la plupart des propriétaires
abandonnent temporairement les chantiers ou les intègrent avant de les
achever. La photo 9 présente une habitation en chantier.

Photo 9 : Maison en chantier dans la périphérie à Louho, (Cliché VIGNINOU,


Mai 2009).
175

‐ Les parcelles en chantier, inhabitées dont les chantiers sont abandonnées


temporairement. Compte tenu de leurs difficultés financières, ces
propriétaires construisent progressivement leurs maisons.
‐ Les parcelles clôturées occupées par les cultures ou les végétations : ces
propriétaires font les clôtures pour montrer que les parcelles leur
appartiennent ou pour entamer le processus de la construction en
plusieurs étapes dont la première est la clôture.
• Les parcelles nues : elles sont occupées par les cultures ou en friche
comme le montre la photo 10. Sur ces parcelles nues se trouvent des
plaques d’identification portant le nom, prénom et l’adresse des
présumés propriétaires des parcelles.

Photo 10 : Parcelle nue occupée par un champ de maïs à Honvié, (Cliché


VIGNINOU, Juin 2009).

Selon les enquêtes réalisées par Vigan en mars 2007 dans un quartier de la
périphérie (Akonaboè) les différentes catégories de parcelles se présentent
comme suit dans le tableau XXIX.
176

Tableau XXIX : Proportion des différentes catégories de parcelles à Akonaboè

Type de Parcelles Parcelles non bâties Parcelles Total


parcelle bâties nues

en Clôturées
chantier

Nombre 1124 128 162 192 1606

Source : (VIGAN, 2007)

Ce tableau montre que près de 70 % des parcelles de ce quartier sont


bâties et habitées contre environ 30 % de parcelles inhabitées (18 % de parcelles
non bâties en chantier ou clôturées et 12 % de parcelles nues). Ces parcelles
bâties contiennent plusieurs types de maisons d’habitations.

5.2.3- Types de maisons d’habitations de la périphérie


A la périphérie de Porto-Novo on distingue plusieurs types de maisons
d’habitations :

‐ Les maisons d’habitations traditionnelles : elles sont en banco nues ou


crépies, couverts de chaume ou de feuilles de tôle, des habitats en
bambous couverts de chaume ou feuilles de tôle ou de palmier à huile,
etc. Dans la périphérie, ces maisons traditionnelles (comme le montre la
photo suivante) deviennent rares. On en trouve encore dans les anciens
villages gagnés par la périurbanisation, constituant des témoins du passé
villageois de l’espace périurbain et témoignant aussi de la dynamique de
l’urbanisation.
177

Photo 11 : Habitat traditionnel, en banco dont une partie est crépie et l’autre non
crépie, couvert de feuilles de tôle pratiquement rouillées dont une partie est
remplacée par deux ou trois feuilles de tôle neuves à Akpro-Missérété,
(cliché VIGNINOU, Mai 2009).

‐ Les maisons d’habitations modernes : elles sont construites avec des


briques couvertes des feuilles de tôle, de tuile ou en dalle de béton. Elles
vont de simples maisons en passant par des villas confortables aux
maisons coquettes à plusieurs niveaux comme c’est le cas sur la photo
12.
178

Photo 12 : Habitat moderne à Djérégbé (cliché VIGNINOU, Mai 2009)

La dynamique de l’occupation de l’espace n’est la même partout dans la


périphérie. Cette dynamique périurbaine est due à plusieurs facteurs dont le plus
important est le lotissement.

5.2.4- Lotissement dans la dynamique périurbaine


Au niveau de la périphérie, le lotissement joue un rôle très important dans
l’occupation du sol. Selon Domingo (2007), le seul et unique moyen
opérationnel de construction normée des villes au Bénin que détient l’Etat à
l’heure actuelle est le lotissement. C’est d’abord une politique avant d’être un
instrument. Du point de vue des objectifs, il contribue à produire et à ordonner le
foncier, permet de répondre à la demande d’installation des populations, de
rationnaliser les investissements en équipements urbains (eau, électricité,
téléphone, santé, école, etc.), de réaliser des projets urbains et de faire des
projections en matière de gestion urbaine. C’est une opération qui se déroule en
cinq étapes :
179

‐ Initiation : l’initiateur principal est l’Etat qui par ses structures


décentralisées (les Ministères des finances, le Ministère chargé de
l’urbanisme ou le ministère de l’intérieur et de la décentralisation et les
communes) peut prendre l’initiative d’une opération de lotissement. Le
second acteur de l’initiation des opérations de lotissement est toute
personne privée, physique ou morale possédant un titre foncier sur un
domaine.
‐ Etat des lieux : A cette étape, l’IGN par ses travaux sur le terrain établit
les documents cartographiques de base et les documents d’état des lieux
que les populations de la localité où se déroule le lotissement valident
par une enquête commodo et incommodo. Elle consiste à exposer durant
un temps relativement long (un à deux mois selon l’importance de la
localité) ces documents aux populations qui signalent leurs doléances ;
celles qui sont fondées sont prises en compte et corrigées.
‐ Etudes : A cette phase, interviennent la direction chargée de l’urbanisme
et ses structures décentralisées et les cabinets ou bureaux d’étude privés
d’architectes ou d’urbanistes agréés spécialisés dans le domaine.
‐ Application : Elle incombe à l’IGN, à ses directions décentralisées, ou
aux cabinets privés de géomètre expert agréés. Elle constitue une étape
très importante où plusieurs opérations sont effectuées (l’implantation
d’un plan de voirie et des infrastructures communautaires et celle du plan
parcellaire de recasement). Un contrôle administratif et technique est
effectué par l’IGN et par la direction chargée de l’urbanisme pour
vérifier le respect des règles et normes topographiques et le respect des
règles et normes d’urbanisme.
‐ Recasement : C’est une opération présidée par la commission de
recasement qui au terme de ses travaux dépose un rapport aux autorités
initiatrices du lotissement. Ces dernières l’adoptent et prennent l’acte de
clôture du lotissement.
180

Comme on peut le constater, les différentes opérations prennent de temps, et


pour finir elles peuvent durer plusieurs années. La conséquence est que
l’occupation anarchique du foncier à la périphérie s’intensifie. Dans le cadre
d’étude, plusieurs quartiers sont lotis, d’autres sont en cours et dans certains, le
processus est arrêté à cause des conflits, des fraudes (introduction frauduleuse de
nombreux présumés propriétaires dans la liste des noms initialement relevés lors
de l’état des lieux) ou par manque de moyens financiers. Les opérations de
lotissement commencées depuis plus de cinq ans dans les arrondissements de
Vakon, Akpro-Missérété, Adjara1, Adjara2, Malanhoui, Aglogbè, Ouanho,
Honvié sont toujours en cours. Plusieurs Cabinets de géomètres privés s’en
occupent. Ceux qui sont à pied d’œuvre pour le lotissement des 10 quartiers et 6
villages des arrondissements de Vakon et d’Akpro-Missérété se présentent
comme le montre le tableau ci-dessous.
181

Tableau XXX : Cabinets privés de géomètres intervenant dans le lotissement


des arrondissements d’Akpro-Missérété et de Vakon

Arrondissements Cabinets privés de géomètres

-Cabinet Adéyè

-Cabinet hexagone

Akpro-Missérété -Cabinet Hexagone

-Cabinet Epsilon plus

-Cabinet Projection

-Cabinet BERGEPO

Vakon -Cabinet CETAFE

-Cabinet Adéyè

-Cabinet Epsilon plus

Source : Enquête de terrain, Octobre 2009

Dans la dynamique périurbaine, les lotissements des différents quartiers


ont joué un rôle très important. Ils attirent les populations à s’installer ;
certaines, ne voulant pas construire deux fois la même maison, attendent la fin
des opérations de lotissement pour démarrer leur construction, finir et l’intégrer ;
car, au cours des recasements et des ouvertures de voies, beaucoup de maisons
sont cassées. L’un des avantages du lotissement est qu’il favorise l’installation
des infrastructures socio-communautaires (eau, électricité, téléphone, centre de
santé, écoles, collèges, etc.) dont les populations ont besoin pour s’installer. Les
populations abandonnent les vieux quartiers du centre-ville de Porto-Novo pour
venir y résider. Les achats de parcelles dans les localités loties se multiplient et
182

elles deviennent plus chères. Certaines personnes s’adonnent à la spéculation.


Elles achètent des hectares de terre et attendent le lotissement et la viabilisation
du milieu avant de les vendre plus chères. A titre d’exemple, une parcelle qui
coûte 125 000 f en 1985 à Malanhoui coûte entre 2 000 000f et 3 000 000f en
2008. Le taux de remplissage des quartiers lotis est supérieur à celui qu’ils
avaient quand ils n’étaient pas lotis. Prenons le cas de Dowa et d’Akonaboè pour
illustrer cette situation. Le tableau suivant présente le cas d’Akonaboè.

Tableau XXXI : Croissance démographique et le nombre de ménages à


Akonaboè

Années 1979 1992 2002

Population totale 1 518 3 034 4 374

Nombre de 311 553 907


ménages total

Nombre de - 116 82
ménages agricoles

Source : RGPH, 1979, 1992, 2002 (INSAE)

De l’analyse du tableau, il ressort qu’en 1979 Akonaboè a une population


de 1518 habitants, mais avec le démarrage de l’état des lieux dans les années
1980, sa population a atteint en 1992, 3034 habitants soit une augmentation de
1 516 habitants, et de 1340 habitants entre 1992 et 2002. Cette croissance
démographique montre effectivement que le lotissement fait appel à
l’installation des populations. Il participe à la diminution du nombre des
ménages agricoles ; il est passé de 116 ménages agricoles en 1992 à 82
seulement en 2002. Donc sur les 907 ménages que compte Akonaboè seulement
82 s’adonnent aux activités agricoles ; le lotissement constitue ici un facteur
183

important de la périurbanisation. Les autres activités prennent le pas sur les


activités agricoles. La figure 11 exprime aussi cette situation à Dowa.

population totale
16000
14086
14000
12084
12000
10000
8000
population totale
6000
4000 3439

2000
0
1979 1992 2002

Figure 11 : Croissance démographique à Dowa


Source : RGPH, 1979, 1992, 2002 (INSAE)

En effet, en 1979 la population de Dowa est de 3439 habitants avant le


démarrage des opérations de lotissement. Mais avec le début des opérations de
lotissement (l’état des lieux) dans les années 1980, cette population est passée de
3 439 à 12 084 habitants en 1992 pour atteindre 14 086 habitants en 2002. Cette
croissance démographique spectaculaire montre qu’effectivement le lotissement
est l’un des facteurs puissants de la périurbanisation. En dehors du foncier, la
dynamique de l’espace périurbain dépend aussi des déterminants d’ordre
économique.

Au total, le mouvement naturel, les flux migratoires et les opérations de


lotissement constituent des déterminants essentiels de la dynamique périurbaine.
Cette dernière dépend aussi des facteurs économiques
184

CHAPITRE SIXIEME

DETERMINANTS ECONOMIQUES DE LA
DYNAMIQUE PERIURBAINE DE PORTO-NOVO

L’économie de l’espace périurbain repose sur les activités des secteurs


primaire, secondaire et tertiaire. Ces activités se mènent pour la plupart dans un
cadre informel qui échappe à tout contrôle. Les populations s’investissent à près
de 60 % dans le secteur tertiaire car l’environnement s’y prête (proximité du
Nigeria, contrebande et perméabilité de la frontière bénino-nigeriane). Le
second secteur qui mobilise les populations est l’industrie manufacturière. Les
entreprises industrielles sont rares. Quant au secteur primaire, il est en moyenne
pratiqué par 15 % de la population. En effet, la population périurbaine pratique
de moins en moins l’agriculture.

6.1- SECTEUR PRIMAIRE

6.1.1- Agriculture

L’agriculture ne constitue plus la principale activité de la périphérie


urbaine. Néanmoins, elle est pratiquée par une frange non négligeable de la
population. C’est une agriculture qui se pratique dans les ouvertures de voies
non aménagées, sur les parcelles non bâties et même dans les parcelles bâties où
les cultures côtoient les bâtiments. C’est une agriculture de type familiale qui
dépend essentiellement de la nature (saisons de pluie). Les populations utilisent
les techniques traditionnelles (brûlis, labour en billon, semis en ligne, courte
jachère, rotation des cultures, etc.) et les outils rudimentaires (houe, coupe-
coupe, hache, etc.). En ce qui concerne le maraîchage, les matériels utilisés
sont : arrosoir, râteau, binette, seau, transplantoir, moto pompe, etc. A la place
des engrais chimiques, les paysans utilisent parfois des ordures ménagères et des
déjections animales (bœufs surtout) pour restaurer la fertilité d’un sol devenu
185

pauvre du fait de sa surexploitation et de la pression démographique.


L’agriculture n’est pas mécanisée. Elle est extensive et dépend de l’énergie
humaine. Elle est plus pratiquée par les hommes que par les femmes qui se
constituent en organisations paysannes (OP) enregistrées au CeRPA pour la
mise en commun de leurs efforts et surtout pour bénéficier des financements des
ONG et des projets d’Etat dans plusieurs domaines. Les principales productions
sont : les cultures vivrières, industrielles et maraîchères.

• Les cultures vivrières occupent une place très importante dans


l’ensemble des productions de la périphérie urbaine. Elles constituent
l’alimentation de base des populations. Les principaux produits vivriers
sont :

- Le maïs : aliment de base de la population, il est cultivé partout dans le


secteur d’étude. Presque la totalité de la production est destinée à
l’autoconsommation. Mais, il faut remarquer que les quantités produites
connaissent une baisse régulière depuis près de cinq ans.

En effet, la production du maïs est passée de 4618 tonnes en 1998 à 4047


tonnes en 1999 puis à 2730 tonnes en 2002 soit une baisse de plus de 40% en
cinq ans.

- Le manioc : du point de vu de l’importance de sa consommation, il


occupe le second rang après le maïs au niveau des cultures vivrières.
Contrairement au maïs, sa production s’améliore chaque année. C’est une
culture dont l’entretien n’exige pas beaucoup de travaux comme le maïs.

- Les autres cultures : bien que produites dans une moindre mesure, les
autres cultures occupent aussi les populations. Il s’agit de la patate douce, de
l’arachide, de niébé, du riz, etc.
186

• Quant aux cultures industrielles, elles se résument seulement au palmier


à huile. Il est cultivé dans toute la périphérie. Il fut la principale richesse
du royaume de Porto-Novo. Cette palmeraie, aujourd’hui dégradée, se
trouve sous une forme associée à d’autre cultures : maïs, manioc, patate
douce, comme l’indique la photo 13.

Photo 13: Plantation de palmier à huile associée à la culture de maïs sur


une parcelle inoccupée dans l’arrondissement d’Adjara 1 (cliché VIGNINOU,
mai 2008)

Cette palmeraie est présente dans toute la périphérie. Elle est particulièrement
dense à Avrankou. Il faut remarquer que cette plantation qui faisait la fierté de
cette région est aujourd’hui en régression.

• En ce qui concerne les cultures maraîchères, elles sont pratiquées le plus


sur les sols hydromorphes situés non loin des zones marécageuses. Les
principales productions sont : tomate, légumes, piment, carotte, etc.

Malgré ces productions, selon le bilan vivrier publié par l’ONASA en 2002, le
secteur d’étude a un solde négatif pour plusieurs cultures dont le maïs, base de
187

l’alimentation de la population. De nombreuses raisons expliquent cette situation


(elles seront développées dans le dernier chapitre).

6.1.1.1- Transformation des produits agricoles


L’une des activités qui occupent une frange de la population de la
périphérie est la transformation des produits agricoles. Elle est axée sur un
certain nombre de produits du milieu. Divers produits agricoles sont
transformés, principalement par les femmes, soit individuellement soit au sein
des groupements féminins. Il s’agit du manioc, de la noix de Palme, du maïs, du
vin de palme. Par exemple à Adjara, selon le PDC (2004-2009), sur la centaine
de groupements féminins enregistrés au CeRPA, 55 se consacrent à la
transformation de la noix de palme et 42 à celle du manioc. Quelques
groupements bénéficient des crédits de l’appui de quelques ONG, des projets
d’Etat et du CeRPA pour développer leurs activités. Les principaux produits de
transformation sont :

Maïs : Comme céréale de base, il subit un certain nombre de


transformations. La première transformation de ce produit est sa réduction en
farine. A partir de cette farine de maïs, sont élaborés les produits alimentaires
suivants : l’akassa, la pâte, la farine, le beignet et la boisson fermentée.

Palmier à huile : Plusieurs techniques artisanales permettent d’obtenir du


palmier à huile, divers produits : l’extraction du vin de palme obtenu après
l’abattement des palmiers, la transformation du vin de palme en alcool par
distillation (sodabi), la préparation de l’huile de palme et des amandes et la
préparation du savon à l’aide de l’huile de palme.

Raphia : On obtient aussi de l’alcool à partir du raphia

Manioc : Du manioc on tire le gari, les beignets et l’amidon


188

Les différents produits issus de la transformation sont vendus dans les marchés.
Mais cette activité n’est pas bien développée. Elle est entravée par un certain
nombre de problèmes dont les plus importants sont : faible niveau de technique
de transformation, difficulté d’accès au crédit, taux d’intérêt élevé pratiqué par
les institutions de microfinances, insuffisance de formation sur la
transformation des produits agricoles, étroitesse du marché, manque de moyens
financiers pour acquérir les moyens de transformation modernes et difficultés
d’écoulement des produits.

6.1.2- Elevage
L’élevage est une activité aussi pratiquée par les populations. Il joue un
rôle important dans la vie socioéconomique de la périphérie. Il est pratiqué dans
presque tous les ménages. Les principales espèces élevées sont : les ovins,
caprins, bovins, porcins et volailles. L’élevage le plus pratiqué est celui des
volailles. Il concerne les poules, pintades, pigeons, canards et dindons. Au
niveau de l’élevage du bovin la principale race élevée est la race lagunaire. C’est
un élevage traditionnel, extensif qui utilise des moyens rudimentaires. A part les
porcins souvent élevés en enclos, les autres espèces sont élevées en divagation.
En dehors de cette agriculture traditionnelle, on distingue aussi l’élevage des
lapins et des aulacodes. Ces activités bénéficient de l’appui de CeRPA, et de
quelques ONG telles que l’UCP et la PEF ; le projet SONGHAI joue un rôle
important dans la formation et l’encadrement des agriculteurs et des éleveurs. Il
dispose d’un cadre idéal et d’équipements adéquats pour leur formation. C’est
surtout ce centre qui forme et met sur le marché de l’emploi la plupart des
éleveurs professionnels qui pratiquent un élevage intensif en enclos. Le tableau
XXXII montre l’importance de l’élevage dans la périphérie.
189

Tableau XXXII: Estimation de l’effectif par cheptel à Adjara et Akpro-


Missérété

Espèces Estimation de l’effectif par cheptel

Akpro-Missérété Adjara

Bovins 500 têtes 880 têtes

Caprins 11 000 têtes 5 000 têtes

Ovins 200 têtes 310 têtes

Porcins 3 000 têtes 5 000 têtes

Volailles 35 000 têtes 39 000 têtes

Lapins 310 têtes 300 têtes

Aulacodes 1 074 têtes 750 têtes

Source : secteur agricole (PDM-Adjara-Akpro-Missérété 2004-2009)

De l’analyse de ce tableau, l’élevage des volailles occupe la première


place au niveau des espèces élevées. En effet, elles ne nécessitent pas
d’importants moyens financiers pour leur entretien. Ensuite, viennent les caprins
et les porcins. L’élevage des bœufs n’est pas très développé ; on les rencontre en
divagation ou attachés à des arbres en train de paître comme le montre la photo
suivante.
190

Photo 14 : Elevage des bœufs dans la périphérie à Louho (cliché VIGNINOU,


juin 2008)

6.1.3- Pêche et pisciculture


La périphérie dispose d’importants atouts pour la pêche et la pisciculture:
la lagune de Porto-Novo, les zones marécageuses et de nombreux bas-fonds. A
ces atouts, il faut ajouter les institutions de microfinances qui financent ces
activités et les centres de formation (CeRPA, Projet SONGHAI, UCP, etc.) qui
participent à l’encadrement et à la formation des pêcheurs et des pisciculteurs.
Ces activités n’ont pas la même importance au niveau des arrondissements de la
périphérie. Pour les populations riveraines, elles constituent une activité très
importante. Par contre, elles ne sont pas des activités développées à Avrankou.
Très peu de personnes s’adonnent à ces activités alors qu’il existe pourtant 16
km2 environ de marécage dont l’aménagement procurerait un espace propice
pour le développement de la pêche et de la pisciculture.

A Adjara aussi, la pêche est peu développée. En occupant très peu de


personnes, elle est saisonnière et se pratique surtout dans l’arrondissement
d’Aglogbè.

A Akpro-Missérété, la pêche et la pisciculture se font surtout dans le cours


d’eau Boué, les étangs naturels, les bas-fonds et les marécages. La pisciculture
191

est très développée ; on dénombre 109 étangs piscicoles gérés par 32


pisciculteurs appuyés par le CeCPA (PDM, 2005-2009). La photo 15 montre
l’un de ces étangs piscicoles.

Photo 15 : Etangs piscicoles dans les marécages à Vakon (cliché VIGNINOU,


juin 2008)

Les types de pêche pratiqués sont : la pêche au filet, à l’hameçon, à la


nasse, l’acaja, les étangs piscicoles, les trous à poisson. Les espèces pêchées
sont : cichildae, chrysitis, claridae, mugilidae, ethamalose. Ce sont ces pêcheurs
qui fournissent une partie de la consommation quotidienne des produits
halieutiques aux populations de la périphérie. Plusieurs marchés existent à cet
effet ; c’est le cas des marchés de Louho, de Dowa, etc.

6.1.4- Artisanat

Le Bénin est un pays sous-développé ; ses populations utilisent en partie


les biens d’usage fournis par l’artisanat. C’est une activité de transformation de
matières premières brutes ou semi-ouvrées pour en faire des biens de
consommation. Il est en général un travail manuel dans lequel peut s’exprimer la
192

personnalité du travailleur (BOKO, 1983). Selon les destinations des objets


produits et des matières premières utilisées, on peut distinguer trois types
d’artisanat : l’artisanat de production, de service et d’art. Dans la périphérie, ces
trois types d’artisanat se rencontrent, mais l’artisanat de production et celui de
service sont les plus visibles.

L’artisanat de production n’est pas, comparativement aux autres localités


du Bénin, une activité d’appoint pratiquée entre deux saisons culturales, mais
une activité permanente. Ces artisans livrent sur le marché d’importants produits
de hautes valeurs professionnelles. Ils excellent dans l’art de la vannerie
(paniers, nattes, meubles de salon…), de la poterie en terre cuite (jarre, marmite
et divers ustensiles de cuisines), de la forge (coupe-coupe, houe, fusil de chasse,
hache), de la fabrication des instruments de musique (tambours, gongs,
castagnettes) spécifiquement à Adjara, de la sculpture (différentes statuettes).

Quant à l’artisanat de service, il occupe surtout les jeunes. Il consiste en la


réparation, l’installation d’objets finis et le montage d’objets semi-finis
d’importation. Son rôle au sein de la population est de résorber le chômage en
s’occupant des activités non encore rentables industriellement. Ces artisans
s’intéressent surtout à la couture, la menuiserie, la maçonnerie, le tissage, la
vulcanisation, la coiffure, la mécanique, la soudure, la plomberie, la ferronnerie,
l’horlogerie, la photographie, etc. Aidés souvent de nombreux apprentis, ils
ouvrent leurs ateliers plus ou moins équipés le long des voies et montent ou
réparent toutes sortes d’objets usuels pour les populations du milieu. Dans
l’exercice de ce métier d’artisan, il faut noter que les femmes de la périphérie
sont très dynamiques. Elles sont spécialisées dans la tresse des nattes, de la
coiffure, la photographie, les tissages, la couture, la poterie, etc. La photo 16
montre l’exposition des fauteuils pour la vente à la périphérie urbaine de Porto-
Novo.
193

Photo 16: Exposition de fauteuils pour la vente à Akpro-Missrété (cliché


VIGNINOU, juin 2008)

Cette activité, malgré son dynamisme, est confrontée à des problèmes financiers,
de production et de commercialisation qui constituent les principaux obstacles
au développement de l’artisanat dans le milieu d’étude.

6.2- SECTEUR SECONDAIRE

6.2.1- Industries
Le secteur industriel est très peu développé dans la périphérie de la ville
de Porto-Novo alors qu’en principe, compte tenu du fait qu’elle est l’une des
principales villes du Bénin, sa périphérie devait être regorgée d’industries. Mais,
c’est le contraire qu’on observe. On dénombre trois grandes industries : A
Gbokou, la savonnerie qui est une unité de l’Industrie Béninoise de Corps Gras
(IBCG) et le Centre National de Production de Matériel Scolaire (CNPMS); à
Avrankou, l’huilerie de palmier à huile aujourd’hui fermée. Les autres activités
existantes se rapportent surtout au PME et au PMI (voir tableau suivant).
194

Tableau XXXIII: Liste de quelques unités industrielles installées à la périphérie

Grandes industries PMI et PME


Imprimerie CNPMS Boulangeries
Savonnerie IBCG Scieries
Huilerie (fermée) Fabriques de glace
Petites savonneries
Pressings
Laboratoires de photo
Fabriques de yaourt
Réparation de bobine
Fabriques de pièce de rechange
Source : Résultat d’enquête (Mars, 2008)

Il faut reconnaître que ce secteur n’est pas développé dans la ville de Porto-
Novo et sa périphérie. Les plus grandes industries du pays sont concentrées dans
d’autres villes : Cotonou, Parakou, Bohicon, etc. L’industrie offre peu
d’emplois aux populations actives. En dehors de ces industries, le milieu dispose
de quelques ressources naturelles qu’exploitent les populations de manière
artisanale: le sable lagunaire à Djassin, Louho et Honvié et le sable jaune à
Djrègbé. D’autres ne sont pas encore exploitées c’est le cas du sable blanc des
plans d’eau et de la carrière de gravier d’Aglogbè.

6.3- SECTEUR TERTIAIRE

6.3.1- Commerce
Au niveau de la périphérie on distingue deux types de commerce : le
commerce formel et le commerce informel.

6.3.1.1- Commerce formel insignifiant

Assuré par les entreprises, le commerce formel est presque inexistant.


D’après le répertoire des entreprises immatriculées (INSAE, 1994), Adjara et
Avrankou comptent respectivement 2 et 1 entreprises contre 139 pour Porto-
195

Novo dans la même période. Par rapport aux autres villes, le commerce formel
est très peu développé, et, de ce fait, offre peu d’emplois aux habitants
périurbains. Cette situation est due à la proximité du Nigeria avec lequel les
échanges commerciaux informels sont très développés.

6.3.1.2-Commerce informel très développé dans la périphérie


Le développement des échanges informels dans la périphérie est dû à
plusieurs facteurs déterminants. Selon IGUE (1992), des déterminants
fréquemment évoqués, trois apparaissent comme les plus importants : le premier
est d’ordre socio-anthropologique ; le deuxième déterminant est relatif aux
disparités de politiques économiques ; le dernier qui a une influence décisive sur
le niveau et la nature des échanges informels est la différence de politique
monétaire entre le Nigéria et ses voisins de la zone franc, le Bénin notamment.
Facteur essentiel du développement des échanges et d’intensification des flux,
cette différence de politique monétaire crée des disparités spatiales des prix.

Les yorouba avec les affinités linguistiques et culturelles qu’ils ont avec
leurs frères du Nigeria ont toujours exploité cette situation pour contrôler le
commerce informel entre les deux Etats. Malgré qu’ils soient membres de la
CEDEAO, leurs politiques économiques sont loin d’être harmonisées, ce qui
constitue un stimulant pour les échanges informels. Par rapport au Nigeria, la
périphérie urbaine de Porto-Novo occupe une place importante dans les
échanges commerciaux informels au sud du Bénin. En effet, la périphérie
compte deux communes frontalières : Adjara et Avrankou qui constituent l’un
des supports de la contrebande. A ce support s’ajoutent deux autres supports
déterminants dans l’animation du commerce informel qui lie le Bénin au
Nigeria. Il s’agit des infrastructures de communication et les marchés frontaliers
(entrepôts frontaliers). Ces supports interviennent soit isolément, soit en
synergie.
196

6.3.1.2.1- Infrastructures de communication : supports de la contrebande


Plusieurs types d’infrastructures de communication permettent le
commerce informel dans le milieu :

• Les routes
Une route officielle et une route secondaire permettent le trafic.

- L’axe Lagos-Porto-Novo, via Shango-Otta, Owodé et Idiroko : bitumé


depuis 1963, il fut jusqu’en 1978 le plus important axe de communication
entre le Nigeria et le Bénin, avant l’ouverture de l’autoroute Lagos-Sèmè-
Kpodji. Il est secondé par une voie de moindre importance.
- Lagos-Porto-Novo par Otta, Owodé, Ifoyintèdo, Gbaojo et Ifangni.

Ces routes principale et secondaire ne jouent pas un rôle important dans le


commerce informel, parce qu’elles sont très surveillées par les agents de la
douane. Les populations leur préfèrent plutôt les pistes et les voies d’eau.

• Les pistes
Nombreuses, elles sont temporaires ou permanentes. Elles sont difficiles
d’accès et possèdent beaucoup d’embuscades pour échapper aux agents de la
douane.

• Les voies d’eau

Elles sont aussi nombreuses et servent de passage à travers la zone


marécageuse, frontière naturelle entre le Bénin et le Nigeria. Ces canaux de
passage tracés par les populations jouent un rôle important dans le trafic
frauduleux des produits d’importation et d’exportation. La découverte et le
contrôle de ces voies par la douane amènent les populations à créer tous les jours
d’autres nouveaux canaux. Dans ce trafic frauduleux, la lagune de Porto-Novo,
embouchure du fleuve Ouémé qui se jette dans la mer à Gbadagri, joue un rôle
de premier plan pour le trafic nocturne. Mais, de nos jours, cette voie fait l’objet
197

d’intenses surveillances douanières. Entre le territoire nigérian et celui du Bénin


les trafiquants utilisent des centaines de barques remplies de marchandises et de
passagers. La plupart de ces canaux se terminent par des débarcadères qui sont
dans certains cas de véritables maisons d’habitation ou des bosquets forestiers à
l’intérieur desquels on dissimule facilement les produits frauduleux. Dans
chacun de ces « ports », on peut recenser entre 10 et 30 barques servant à la fois
au trafic des passagers et des marchandises. Certaines pirogues sont à moteur,
mais le gros de la flotte utilise plutôt des perches et des pagaies. Presque toutes
appartiennent à des privés qui les exploitent directement ou les louent à des
commerçants pour des opérations ponctuelles. (…). Les voies d’eau jouent un
rôle primordial dans les échanges frontaliers bénino-nigérians. Leur
fonctionnement ajouté à l’intensité du flux commercial, ont finalement fait des
Tori, les habitants de la région, les meilleurs intermédiaires pour le trafic
frauduleux qui se développe entre les deux pays (IGUE, 1992). Dans le cadre du
développement de cette activité, les marchés frontaliers constituent les bases de
ces transactions.

6.3.1.2.2- Marchés frontaliers

Dans le développement des échanges informels, les marchés ont une action
déterminante, surtout ceux qui sont proches de la frontière. Dans le secteur
d’étude deux marchés occupent cette place : le marché d’Avrankou et celui
d’Adjara. Lieux d’échange et de rencontre des différentes couches de la société,
ces marchés sont devenus très actifs dans le trafic informel. Ces deux marchés
béninois ont leur homologue jumeau de l’autre côté de la frontière du Nigéria ;
ce sont respectivement les marchés de Ago-Sasa et Toubé. Ces marchés
fonctionnent comme des centres d’exportation et d’importation et même de
relais des circuits de réexportation de produits manufacturés et du riz vers le
Nigéria. Avec une périodicité de quatre jours et disposant des entrepôts, ces
marchés se comportent comme des centres de distribution et s’adaptent aux
198

fluctuations économiques. Le trafic porte surtout sur des produits très variés : les
produits manufacturés de toutes sortes, les denrées alimentaires et agricoles et
les produits pétroliers.

A part ces deux marchés principaux, il existe d’autres marchés non


négligeables dans la périphérie.

La traversée de la périphérie par trois importantes voies (Porto-Novo-Kétou,


Porto-Novo-Cotonou et Porto-Novo-Igolo) est un atout pour le développement
du commerce. Le long de ces voies s’ouvrent de nombreuses boutiques où
divers produits manufacturés sont vendus. Quant aux produits pétroliers, ils sont
vendus aussi bien au bord des artères principales que des ruelles ; ils sont
présents dans toute la périphérie malgré leur interdiction. Le plus grand
fournisseur de la périphérie est le Nigéria. La photo 17 montre un trafiquant
chargé de bidons vides pour s’approvisionner en produits pétroliers à la frontière
du Nigéria.

Photo 17 : Moto chargée de bidons vides sur la voie Malanhoui-


Mèdédjonou pour s’approvisionner à la frontière du Nigéria (cliché
VIGNINOU, juin 2008).

Dans le développement des activités commerciales, les marchés de nuit


jouent aussi un rôle non négligeable. Ils sont nombreux et chaque
199

arrondissement de la périphérie dispose pratiquement d’au moins d’un marché


de nuit ; ils permettent aux commerçants d’échapper au contrôle douanier et
aussi l’écoulement des produits.

6.3.1.2.2.1- Redistribution des produits

Le milieu abrite un grand nombre de personnes dont les activités principales


sont autres que les activités rurales. La périphérie a donc besoin des produits
divers qu’elle ne produit pas, notamment les produits vivriers et manufacturés.
Son approvisionnement est devenu une nécessité et l’accroissement de ses
besoins est d’autant plus important que la démographie de la périphérie se
développe en rapport avec son extension spatiale. Dans ce domaine, comme
indiqué plus haut, les marchés jouent un rôle primordial. Certaines personnes
vont s’approvisionner dans les divers marchés ruraux pour les produits vivriers
agricoles et urbains en ce qui concerne les produits manufacturés pour les
revendre. Ainsi, de nombreuses boutiques sont installées au bord des rues.
D’une façon générale la commercialisation se fait de deux manières : la vente en
gros et la vente en détail ; mais il faut remarquer que la vente en détail occupe
plus les acheteurs que celle de gros. Toutes les gammes de denrées vivrières
locales ou étrangères sont vendues (céréales, légumes, tubercules, farines,
huiles, poissons, boissons, viandes, conserves, condiments, etc.). Les acteurs de
cette redistribution sont surtout les femmes. Cette activité fait vivre une
importante frange de la population périurbaine.

Au total, le commerce, malgré son caractère informel, constitue l’un des


facteurs de développement de la périphérie. Sa position par rapport au géant
Nigéria est son atout primordial. Son plus grand marché, Adjara, est un marché à
caractère national, ses populations en profitent et alimentent le pays en produits
issus de la contrebande relativement moins chers ; c’est le cas des produits
pétroliers qui coûtent moins cher que le prix officiel pratiqué par l’Etat. Les
bénéfices de la contrebande tirés par les populations sont investis dans les
200

réalisations dont les plus visibles sont : la construction des maisons, l’acquisition
des moyens de déplacement (motos et voitures) qui leur facilitent le transport
entre la périphérie et le centre-ville de Porto-Novo.

6.3.2- Transports dans la périphérie

L’un des facteurs de la dynamique périurbaine est le transport. La


croissance économique d’un milieu passe par des échanges accrus or ces
derniers nécessitent des déplacements des biens et des personnes surtout de la
périphérie vers le centre-ville de Porto-Novo qui la polarise. En effet, on
distingue deux types de transport : le transport terrestre et le transport lagunaire.
Le transport ferroviaire n’est plus fonctionnel. Dans le cadre du développement
du transport dans la périphérie, les communes la constituant ont joué un rôle non
négligeable. En effet, la loi n° 97 – 029 du 15 janvier 1999 portant organisation
des communes en République du Bénin en ses articles 88 et 89 énonce les
prérogatives de la commune en ce qui concerne le transport. Donc les
communes de la périphérie ont à charge :

• La réalisation et l’entretien des routes, pistes et ouvrages d’art sur leur


territoire.
• La réalisation et l’entretien des voies urbaines et de leur réseau
d’assainissement en zone agglomérée.
• La signalisation.
• La réalisation et l’entretien de l’éclairage public.
• La réalisation, l’entretien et la gestion des gares routières, des
embarcadères et du parking à caractère local.
• La réglementation du transport des biens et des personnes dans leur
ressort territorial

Dans cet espace, la principale caractéristique du transport est


essentiellement terrestre (voir carte 4). La mobilité des biens et des personnes
201

est assurée grâce au développement des infrastructures et aux nombreux moyens


de transport.
202

Carte 4 : Principales voies de circulation de l’espace périurbain de Porto-Novo


203

6.3.2.1- Transport terrestre

6.3.2.1.1- Voies principales


Les principales voies de la périphérie sont les voies nationales d’accès ou de
traversée de la ville de Porto-Novo. Elles sont bitumées et traversent la
périphérie au sud, à l’est et au nord ; ce sont :

- La route Cotonou - Porto-Novo au sud traversant Djèrègbé (Sèmè-


Kpodji).
- La route Porto-Novo – Kétou au nord passant par la commune de Akpro-
Missérété.
- La route Porto-Novo – Igolo à l’est traversant la périphérie par la
commune d’Avrankou et d’Adjara en reliant la capitale du Bénin à la
frontière avec le Nigeria.

Ces voies constituent l’un des facteurs déterminants du développement de la


périphérie, car l’accès au centre-ville de Porto-Novo passe par les localités
périphériques. Cette dernière aussi, désenclavée, permet la mobilité résidentielle
du centre-ville vers elle. Elles jouent un rôle important dans la migration
alternante entre la ville et sa périphérie comme le montre la photo 18.
204

Photo 18: Voie principale Porto-Novo – Cotonou traversant Djèrègbé une


localité de la périphérie sud (cliché VIGNINOU, juin 2008)

Chaque matin, des milliers d’individus quittent la périphérie pour


travailler ou mener leurs diverses activités au centre-ville et se retourner le soir.
Ces voies sont celles sur lesquelles on note le plus d’embouteillage ; les heures
de pointe se situent surtout entre 7h-8h dans la matinée et 18h30mn-19h30mn
dans la soirée. Elles constituent les seules voies bitumées. Elles sont complétées
par des voies secondaires plus ou moins aménagées et des pistes.

6.3.2.1.2- Voies secondaires


Ce sont des voies de 20 à 40 m d’emprise. On en distingue plusieurs types :
Les plus grandes permettent de desservir les principaux quartiers. Elles
bénéficient de l’attention des autorités administratives; elles sont souvent
rechargées en latérite et parfois pavées. Les rues pavées ne sont pas
nombreuses ; elles constituent à peine 2 % de l’ensemble des voies de la
périphérie. Elles sont l’objet d’utilisations diverses ; sur elles s’ouvrent des
boutiques de toutes sortes, les garages, les ateliers, etc. ; la plupart d’entre elles
ne sont pas éclairées et ne comportent pas de trottoirs.
205

Les moins grandes généralement appelées les rues de desserte sont très
nombreuses (60 % environ de l’ensemble des voies); elles permettent l’accès
aux parcelles de la périphérie et sont souvent en mauvais état. Dans les quartiers
nouvellement lotis, ces voies sont envahies par les herbes qui ne laissent aucune
place pour la circulation des véhicules. Elles sont dégradées et ravinées par
l’érosion pluviale.

Dans les quartiers non lotis dominent les pistes et les sentiers. Ces
dernières voies de communication dépendent surtout des moyens de transport
utilisés par les riverains ; s’ils disposent des véhicules leurs maisons sont reliées
à la grande voie par des pistes et s’ils possèdent des motos, souvent, ce sont des
sentiers qui relient leurs maisons à la voie la plus proche. Ces deux photos
illustrent bien la situation à Akonaboè.

Photos 19 : Voies secondaires à Akonaboè : l’une finissant par un sentier et


l’autre dont l’emprise est occupée par un champ de maïs et les mauvaises herbes
(cliché VIGNINOU, juin 2008).
206

Le transport n’est pas seulement assuré par les voies de circulation, mais
aussi par les ponts, ponceaux, digues, buses et caniveaux sans lesquels la
circulation sur ces voies ne serait pas aisée. En effet, compte tenu de la présence
de la lagune, des zones marécageuses, des rivières Boué, Aguidi, Zounvi,
Donoukin ces ouvrages routiers constituent des facteurs importants de
désenclavement de la périphérie ; par exemple, sans le pont sur la lagune comme
le montre la photo 20, la partie sud serait isolée du centre-ville de Porto-Novo ;
il en est de même pour les autres ouvrages de petites tailles effectués sur ces
différents cours d’eau et zones marécageuses. Ils sont aussi indispensables pour
drainer les eaux pluviales qui occupent ou traversent certaines rues.

Photo 20 : Le pont sur la lagune reliant Porto-Novo à la périphérie sud Djèrègbé


(cliché VIGNINOU, juin 2008)

6.3.2.1.3- Moyens de transport

Avec une population de 188503 habitants en 2002, la périphérie est


caractérisée par une circulation animée par d’importants mouvements de
piétons, Pousse-pousse, vélos, motos et de véhicules de toutes sortes, surtout
207

vers le centre-ville et vice versa. Au niveau des moyens de transport, il existe le


transport à but lucratif et le transport privé.

6.3.2.1.3.1- Transports collectifs

• Les taxis-motos
En ce qui concerne le transport à but lucratif, les taxis-motos
communément appelés « zémidjan » jouent un rôle important dans le transport
périurbain. Face à l’incapacité de l’Etat et des autorités municipales à doter la
périphérie des voies de communication adéquates pour une circulation paisible,
les populations ont développé cette forme de transport. Les zémidjan permettent
de desservir les voies principales et secondaires. Ils circulent dans tous les
quartiers même ceux qui sont difficiles d’accès. C’est un moyen de transport
rapide et pratique pour le déplacement entre les quartiers de la périphérie et
entre elles et le centre-ville. Selon les enquêtes menées sur le terrain, la plupart
de ceux qui conduisent les taxis-motos viennent de la périphérie; ils utilisent des
motos de puissance pouvant supporter de lourdes charges et de marques diverses
dont les plus rencontrées sont celles importées du Japon, de la chine, de l’Inde :
YAMAHA 50, 80, 90, 100 et 125 ; SUSUKI 80, 90, 100 et 125 ; HONDA 100
et 125 ; KWAZAKI 100 et 125 ; BAJAJ ; SANILI ; SAFRIMO; QUINGQI ;
JINCHENS ; FRAJEND, etc. Ils achètent ces motos au Nigeria où les prix sont
relativement plus bas que ceux pratiqués au Bénin. Parmi les conducteurs, on
distingue les propriétaires conducteurs et les conducteurs contractuels. Les
premiers sont les propriétaires de leurs motos ; ils travaillent pour eux-mêmes,
alors que le second groupe conduit les motos que leur confient les propriétaires à
qui ils doivent rendre compte périodiquement (quotidiennement,
hebdomadairement ou mensuellement) en payant un montant jusqu’à
l’épuisement de la somme fixée dans les clauses du contrat. S’ils sont sérieux
dans le payement, ils deviennent aussi à la fin du contrat des propriétaires
conducteurs de motos. Cette activité, en jouant un rôle économique, résoud un
208

problème social important : le chômage. En effet, le nombre des conducteurs de


taxis-motos pour toute la périphérie se situe entre 4000 à 5000 environ (il faut
remarquer qu’il n’y a pas de statistiques fiables en la matière, il n’y a que des
estimations). En gros, grâce aux zémidjan (voir photo 21) la mobilité des
populations de la périphérie est devenue une réalité, elles peuvent s’installer loin
du centre-ville dans la périphérie qui, de ce fait, s’étale et s’agrandit. Mais
compte tenu des désagréments qu’ils causent et des besoins spécifiques,
certaines personnes préfèrent prendre les véhicules (taxis-villes).

Photo 21 : Taxi-moto transportant un passager sur une voie secondaire à


Malanhoui dans la périphérie (cliché VIGNINOU, juin 2008)

• Les taxis-villes
Les taxis-villes sont des véhicules de 5, 9 et 18 places. Ils permettent aux
populations de la périphérie de se déplacer surtout en direction de Cotonou et
des autres villes ou localités rurales du département pour exercer diverses
activités. Parmi ces moyens de transport, les minibus dont les capacités varient
entre 15 et 20 places sont les plus utilisés. Après la disparition des sociétés
d’Etat qui s’occupaient de la gestion des transports interurbains dans les années
1990, ce sont ces véhicules qui ont pris le relais en assurant le transport des
209

personnes et des biens. Par rapport aux grands bus de transport en commun qui
ne profitent pas aux propriétaires, ils connaissent plus de succès ; ils
consomment moins de carburant et leur entretien coûte moins cher. C’est ce qui
explique la différence entre les frais de transport des minibus et ceux des taxis-
villes ordinaires ; cette différence varie entre 100F et 200F. Les transports ne se
limitent pas seulement au déplacement des personnes ; ils concernent aussi les
transports des marchandises et des biens.

• Les autres moyens de transport


Dans le cadre des transports des marchandises et des biens, trois types de
moyens sont utilisés : les camions, les pousse-pousse et les vélos.

Les camions : il faut reconnaître que le transport des pondéreux et des


produits manufacturés n’est pas très développé ; les quelques camions
rencontrés assurent le transport des produits vivriers, des matériaux de
construction et divers.

Dans la périphérie, s’utilise aussi une autre forme de transport pour les
marchandises ; il s’agit des pousse-pousse. Utilisés surtout par les étrangers
(nigériens et nigérians), ils aident les populations à déplacer leurs marchandises
d’un milieu à un autre surtout des marchés vers leurs maisons.

Le vélo, précurseur du zémidjan, continue de jouer un rôle non


négligeable pour le transport des marchandises. De nos jours, il est délaissé au
profit des moyens de transport plus rapides.

6.3.2.1.3.2- Transports privés

Ils concernent surtout les déplacements des personnes qui disposent de


leurs propres moyens de déplacement. Il s’agit des fonctionnaires, particuliers,
étudiants, élèves et écoliers, etc. Ils utilisent divers moyens allant des motos aux
véhicules privés ou de fonction. Compte tenu de la proximité du Nigeria où les
210

prix des motos coûtent relativement moins chers, la majorité des populations
possède de motos pour leur transport privé.

6.3.2.1.4- Autres équipements de transports terrestres dans la périphérie


Ils concernent surtout les auto-gares. La périphérie compte des gares
officielles et spontanées. Malgré le rôle prépondérant joué par les zémidjan dans
le transport des marchandises et des biens, il n’existe pas officiellement une
moto-gare. Ce qu’on rencontre c’est surtout des gares spontanées ; ils viennent
restés pour se reposer et chercher des clients. Ils s’agglutinent souvent au point
de chute des voyageurs qui descendent des véhicules.

Quant aux auto-gares, elles ne sont pas nombreuses ; on distingue celles


d’Adjara, d’Akpro-Missérété et d’Avrankou. Les plus importantes sont celles
d’Adjara. En effet, il dispose de trois gares : la gare centrale d’Adjara d’une
capacité de 40 véhicules, celle d’Adjatin moins grande (20 véhicules) est située
au bord de la voie Porto-Novo – Frontière du Nigeria et une gare privée. Les
autres gares de moindre importance ne sont pas très fréquentées par les
populations ; les véhicules préfèrent venir vers les gares du centre-ville (gares de
Ouando, Dangbéklounon et Adjara Docodji).

Mais, tous les véhicules ne vont pas vers les gares, certains préfèrent
stationner aux gares spontanées situées le long des voies principales où le
chargement de clients est plus rapide.

Les transports sont gérés par les syndicats en collaboration avec les
autorités municipales. Les conducteurs de véhicules et les zémidjan se sont
organisés en syndicats ; le plus influent est : UCOTAMO pour les zémidjan et
au niveau des conducteurs de taxi, on peut citer : UNACOB, UCTIB,
UNACODEB, UCTD. Ainsi, en ce qui concerne les gares d’Adjara, les
responsables de la gestion sont : la mairie, l’UTIB et l’UNACOB. La mairie
confectionne les tickets et les responsables des différents syndicats se chargent
211

de la distribution et du recouvrement des fonds qui sont versés au bureau au


service des affaires économiques de la mairie. Ces fonds sont divisés en quatre
parties : une partie encaissée par la mairie comme taxe de stationnement des
véhicules, une pour l’entretien des infrastructures et l’assainissement de la gare
versée dans un compte à la CLCAM et les autres parties pour la préfecture et les
syndicats pour leur fonctionnement. Le tableau ci-dessous montre l’importance
de la gestion concertée des gares par ces institutions.

Tableau XXXIV: Evolution des taxes de stationnement encaissées par la


mairie d’Adjara
Années 1999 2000 2001 2002 2003

Montant des

Recettes 425.000 225.000 250.000 100.000 208.000


(FCFA)

Source : PDC Adjara, Enquête, juin 2004

6.3.2.2- Voies navigables


Les cours d’eau dont dispose la périphérie facilitent aussi le transport. La
lagune est très utilisée pour le transport des biens et des personnes. Pour
désenclaver certains quartiers, les populations « construisent » quelques voies
d’eau à travers rivières et marécages au détriment des ouvrages modernes
pouvant leur permettre de se déplacer aisément. A travers la périphérie plusieurs
voies permettent de joindre les quartiers entre eux ou de communiquer avec le
monde rural ; les plus importantes sont :

- Houssou Tokpa - Adjara,

- Wamon Tokpa - Adjara

- Atchoukpa Tokpa - Djomon

- Gbokouso Tokpa - Akpro-Missérété


212

- Danmè Kpossou Tokpa - Akpro Missérété

- Tokpa Agua - Atchoukpa.

- Etc.

Les moyens de transport utilisés sont les pirogues simples ou motorisées.


Pour desservir les clients et les marchandises plusieurs embarcadères sont
utilisés (Aglogbè, Louho, Dowa, Djassin Daho, et les quartiers et villages pré-
cités). La plupart de ces embarcadères ne sont pas aménagés et n’apportent pas
de recettes aux communes.

Malgré ces difficultés, les transports constituent un atout indéniable de la


dynamique périurbaine. Mais, outre les transports, les télécommunications
participent aussi au développement des échanges.

6.3.3- Télécommunications
La couverture de la périphérie en téléphone fixe est faible. Elle est à
l’image du pays où ce sont seulement les grandes villes qui sont les plus
équipées. Il y a une dizaine d’années, le téléphone fixe est pratiquement absent
malgré la présence de services de postes à Adjara et à Akpro-Missérété. Le
tableau ci-dessous montre la situation de la téléphonie dans la commune
d’Akpro-Missérété.
213

Tableau XXXV : Situation de la téléphonie dans la commune d’Akpro-


Missérété de 1998 - 2003
1998 1999 2000 2001 2002 2003
Années
Abonnés Téléphone - - - - - -

Nombre Publiphone 0 3 3 3 3 (1) 3 (1)

Source : PDC Akpro-Missérété 2005-2009


(1)Non fonctionnel

Pour pallier ces déficits, les services postaux avaient installé des
publiphones dont certains étaient en panne. C’était la situation dans toute la
périphérie. L’abonnement relève du parcours du combattant. Mais, avec
l’avènement des réseaux de GSM : LIBERCOM, MTN, MOOV, GLOBAL
COM, BELL BENIN, ces difficultés ont été partiellement corrigées et
aujourd’hui la couverture est presque totale ; il existe toutes les gammes de
téléphones ; les cabines téléphoniques privées pullulent dans les quartiers. La
communication est devenue une nécessité en facilitant les échanges de toutes
sortes, le développement des affaires, la proximité en réduisant les distances.
Selon les enquêtes de terrain, la ville de Porto-Novo et sa périphérie seraient la
deuxième agglomération où il y aurait le plus d’abonnés aux GSM après celle de
Cotonou. L’internet fait des progrès ; le nombre de cybers café évolue et on en
trouve dans tous les arrondissements. La technologie a tellement évolué que la
classe moyenne peut s’en approprier sans grande difficulté (prix relativement
bas).

Les populations s’informent et s’éduquent grâce aux émissions en


modulation de fréquences (FM) sur plusieurs radios et chaînes de télévision
autant nationales que privées. Le tableau ci-dessous illustre la couverture de la
périphérie par les radios et les chaînes de télévision.
214

Tableau XXXVI : Radios et chaînes de télévision couvrant la périphérie

Radios Chaînes de télévision

Adja-Ouèrè ORTB (nationale)

Wèkè Golf TV

Golf FM LC2

CAPP FM CANAL 3

GERDES Afrique

ORTB (nationale)

Alléluia FM

La Voie de la Vallée

Source : Résultat d’enquête, mars 2008

Il faut souligner que la presse écrite n’est pas laissée pour compte. En
dehors de la revue de presse faite par les radios et chaînes de télévision, la
proximité du centre-ville de Porto-Novo facilite aux populations l’achat et la
lecture des quotidiens, hebdomadaires et mensuels publiés dans le pays.

Au total on peut dire que les télécommunications et la presse ont joué un


grand rôle dans le développement de l’espace périurbain. A cause de ces
facteurs, la ville ne constitue plus un centre très attractif. Ce que miroite le
centre-ville se trouve aussi à la périphérie. Les populations n’ont plus de soucis
pour s’installer à la périphérie, cette dernière s’élargit, se dilate, atteint son degré
d’élasticité total, s’éclate, s’étale et se diffuse à travers les campagnes
environnantes. La mondialisation des phénomènes accélérée par les
télécommunications et la presse constituent alors un socle de la périurbanisation.
215

Malgré ce tableau reluisant, le secteur souffre de quelques maux dont les plus
importants sont : le coût élevé de la téléphonie, la mauvaise prestation de service
des agents de l’OPT et l’insuffisance de la couverture totale de la périphérie par
tous les réseaux de GSM.

6.3.4- Tourisme et hôtellerie dans la périphérie


Dans la périphérie, les activités touristiques sont peu développées. Dans ce
domaine, le centre-ville a pris le dessus et draine plus de touristes. Néanmoins,
elle dispose de quelques potentialités touristiques :

- Les forêts sacrées


- La lagune et les plans d’eau
- Les marchés surtout ceux de nuit
- Le siège départemental du vodoun à Adjara
- Les produits artisanaux
- Le siège mondial du christianisme céleste à Adjara
- Le site où s’étaient déroulés les durs combats d’Atchoukpa entre les
troupes de Béhanzin et les envahisseurs français.

Ces sites touristiques sont peu valorisés, exploités et promus. Ils ne sont même
pas bien connus sur le plan local, départemental et national. Par exemple, le site
d’Atchoukpa drainerait d’importantes foules de touristes s’il était valorisé et
promu.

Contrairement au tourisme, des infrastructures hôtelières sont implantées


dans la périphérie ; on note : les bars, les restaurants, les motels, auberges,
hôtels. Actuellement, il y a même en construction un hôtel à cinq étoiles entre
Djassin Daho et Louho comme le montre la photo 22.
216

Photo 22 : Hôtel à cinq étoiles en chantier dans la périphérie entre


Djassin Daho et Louho (cliché VIGNINOU, juin 2009)

Les populations s’intéressent aussi à la culture, loisirs et sports. Il existe


des groupes de musique traditionnelle de Houngangbo, midjaya, Adjogan,
Zangbéto, Zinli, Massè-Gohoun, Gangbè, etc. Pour animer les spectacles, la
périphérie dispose des maisons de jeunes d’Adjara de Djèrègbè et d’Avrankou.
Elles s’adonnent à divers jeux dont l’Adji et pratiquent le sport. Le sport
dominant est le football. Plusieurs équipes se sont illustrées au plan national : il
s’agit de la Jeunesse Athlétique foot-ball Club d’Akpro-Missérété et les fourmis
magnans d’Adjara qui participent au championnat béninois de deuxième
division. En dehors des terrains de sport dont disposent les chefs-lieux de
communes, les principales infrastructures de sport sont localisées dans les écoles
et collèges de la périphérie.
217

6.3.5- Rôle des services dans la dynamique périurbaine


Avec une population toujours grandissante au fil des années, les activités
de service deviennent une nécessité pour les habitants de la périphérie. Ces
activités vont des services administratifs communaux, socio-culturels aux loisirs.

6.3.5.1- Services administratifs


La périphérie est administrée par les cinq communes dont elle fait partie
(commune de Porto-Novo, Adjara, Avrankou, Sèmè-Kpodji et Akpro-
Missérété). L’administration de chaque commune comprend la mairie, les
bureaux des arrondissements et les bureaux des quartiers de ville ou des villages.
La mairie est l’administration principale qui coordonne toutes les activités de la
commune. Elle est constituée de plusieurs services ; à part quelques différences
légères ils se ressemblent et ont pratiquement les mêmes attributions au niveau
des différentes mairies. Mais compte tenu des besoins spécifiques certaines
mairies ont créé quelques services complémentaires. Pour l’illustrer nous allons
prendre les cas d’Akpro-Missérété et d’Adjara.

A Adjara l’administration communale est composée de :

1) Le Bureau des Affaires Générales (BAG) ;

2) Le Bureau des Affaires Economiques (BAE) ;

3) Le Bureau des Affaires Financières (BAF) ;

4) Le Bureau des Archives, de la documentation et de l’Information (BADI) ;

5) Le Bureau des Transmissions (BT) ;

6) Le Bureau de l’Etat Civil et de la Population (BECP) ;

7) Le Bureau des Affaires Sociales (BAS) ;

8) Le Bureau des Services Techniques (BST) ;


218

9) Le Secrétariat Particulier (SP) ;

10) Le Secrétariat Administratif (SA) et le Secrétariat Général (SG).

Alors qu’à Akpro-Missérété elle est composée de :

1) Le Secrétariat Particulier ;
2) Le Service des Affaires Financières (SAF) ;
3) Le Services des Chiffres et de la Transmission (SCT) ;
4) Le Service d’Etat Civil et des Populations (SECP) ;
5) Le Services des Affaires Domaniales et Environnementales (SADE) ;
6) Le Service du Développement Local et de la Planification (SDLP) ;
7) Le Service de l’Information, de la Communication, des Archives et de la
Documentation (SICAD) ;
8) Le Service Technique (ST).
9) Le Service des Affaires Générales (SAG) ;
10) Le Secrétariat Général
Ces services sont dirigés par des Chefs qui dépendent hiérarchiquement
du Secrétaire Général, le chef de l’administration, sous l’autorité du Maire.

Les bureaux d’arrondissement constituent le premier niveau de l’administration


secondaire de la Commune. Ils sont dirigés par les Chefs d’Arrondissement. Au
deuxième niveau de l’administration secondaire, les bureaux des villages ou des
quartiers sont dirigés par des chefs de villages ou de quartiers. Dans une
moindre mesure, l’administration de la ville de Porto-Novo participe aussi à la
dynamique de la périphérie. En effet elle bénéficie des prérogatives de capitale
du Bénin dont jouit Porto-Novo. Les sièges de plusieurs institutions de l’Etat se
trouvent dans cette ville. A la conférence des forces vives de la nation ces
prérogatives ont été réaffirmées si bien que le processus de transfert des
institutions de l’Etat vers la capitale a commencé. Aujourd’hui certains sièges
sont en construction et d’autres achevés attendent leur mise en service. Le
219

tableau ci-dessous montre la situation de ces institutions.

Tableau XXXVII : Transfert des institutions à Porto-Novo et les


caractéristiques de leurs sièges

Institutions d’Etat Caractéristiques des sièges

HAAC En chantier

Cour Suprême Construction achevée il reste


l’intégration

Assemblée Nationale Déjà transférée, fonctionnelle mais


dont le nouveau siège est en chantier

Fédération béninoise de football Construction achevée, Fonctionnelle.

Haute Cour de Justice En projet

Cour Constitutionnelle En projet

Source : Enquête de terrain (juin 2008)

Même si certains agents vont préférer quitter Cotonou pour se rendre au


service à Porto-Novo, beaucoup chercheraient à y résider et l’endroit le plus
disponible à les accueillir est la périphérie. A long terme le transfert des
institutions serait un atout indéniable pour le développement de la périphérie
surtout qu’elle dispose de vastes espaces pour les accueillir.

Ces différents services rendent d’énormes tâches aux populations.


Quelques services déconcentrés de l’Etat (brigade de gendarmerie,
circonscription scolaire, centres de santé et de promotion sociale, recettes
auxiliaires des impôts, poste, etc.) et de nombreuses ONG les aident dans
l’accomplissement de leurs missions.
220

6.3.5.2- Services éducatifs


Dans les périphéries des villes africaines, les établissements scolaires
constituent les principales activités de services. La périphérie urbaine de Porto-
Novo ne fait pas exception à cette règle ; elle comporte tous les ordres
d’enseignement du système éducatif béninois : l’éducation traditionnelle,
l’enseignement structuré et l’enseignement non structuré.

6.3.5.2.1- Enseignement structuré

Il comprend les enseignements maternel, primaire, secondaire, technique


et professionnel et supérieur.

6.3.5.2.1.1- Enseignements maternels et primaires

• Les établissements maternels


L’enseignement maternel accueille des enfants de 3 à 5 ans et comporte
deux années. Avant 1975, l’enseignement maternel n’existait que dans certains
centres urbains. Il a été pris en charge par l’Etat en 1975 par l’ordonnance 75-30
du 23 juin 1975, loi d’orientation. C’est avec la création des Centres d’Eveil et
de Stimulation de l’Enfant (CESE) en 1980 que l’enseignement maternel a été
démocratisé dans le cadre de l’Ecole Nouvelle. Cependant, l’importance d’un tel
type d’enseignement n’est pas encore bien perçue par les populations qui n’y
voient pas un centre d’apprentissage des habiletés des enfants mais plutôt un
débarras, un centre de divertissement ou un asile pour les enfants dont les
parents travaillent dans le secteur moderne. Les taux de scolarisation enregistrés
dans cet ordre d’enseignement sont en conséquence très faibles. La pré-
scolarisation reste plus développée en milieu urbain qu’en milieu rural (le taux
de scolarisation en milieu urbain est de 7,1 % contre 1,5 % en milieu rural ; 72
% des effectifs scolarisés à la maternelle le sont en milieu urbain selon le
RGPH, 2002). Quant à la périphérie urbaine de Porto-Novo, la situation n’est
221

guère reluisante ; toute la périphérie dispose de 12 écoles maternelles privées et


publiques comme l’indique le tableau XXXIX.

Tableau XXXVIII : Ecoles maternelles dans la périphérie

Localités de la périphérie Nombre d’écoles maternelles

Quartiers Porto-Novo périphériques 4

Commune d’Adjara 3

Commune d’akpro-Missérété -

Commune d’Avrankou 3

Djrèrègbé 2

Total périphérie 12

Source : Atlas monographique des communes 2001

A l’instar de la situation nationale, les écoles maternelles ne sont pas


présentes dans tous les arrondissements. Cette contrainte oblige les parents à
inscrire directement leurs enfants dans les écoles primaires plus nombreuses et
se trouvant dans tous les arrondissements. En dehors de leur nombre réduit, les
difficultés rencontrées dans cet ordre d’enseignement sont surtout le manque de
matériels didactiques adéquats conformes aux normes. Néanmoins, après les
deux ans passés dans ces conditions difficiles, ces élèves quittent l’école
maternelle pour l’école primaire où les conditions sont relativement bonnes.

• Les établissements primaires


Nombreux, comme le montre le tableau XXXIX, les établissements
primaires, constituent l’ordre d’enseignement le plus développé de la périphérie.
222

Tableau XXXIX : Ecoles primaires dans la périphérie

Localités de la périphérie Nombre d’écoles primaires

Quartiers Porto-Novo périphériques 22

Commune d’Adjara (Adjara1, 27


Adjara2, Aglogbè, honvié et
Malanhoui)

Commune d’akpro-Missérété (Akpro- 19


Missérété et Vakon)

Commune d’Avrankou (Atchoukpa, 19


Oanho, Avrankou)

Djrèrègbé 10

Total périphérie 97

Source : Cahier des villages et quartiers de ville, Département de l’Ouémé,


2004 (INSAE, RGPH 3)

Au vu du tableau, la périphérie compte lors du recensement de 2002


quatre vingt dix sept (97) écoles pour une population de 188 503 habitants. Ce
nombre d’école montre l’importance des activités de service dans ce domaine ;
pour preuve le seul arrondissement de Djèrègbé compte 10 écoles.

Ces données ont évolué depuis le recensement de 2002, surtout que les
enseignements maternel et primaire relèvent de la compétence propre de la
commune conformément aux lois de la décentralisation notamment dans les
domaines de la construction, de la réfection et des équipements. Beaucoup
223

d’écoles publiques et privées ont été créées. A titre d’exemple observons les cas
d’Adjara et de toute la commune d’Akpro-Missérété.

Entre 1997 à 2004 le tableau suivant montre bien la situation d’Akpro-


Missérété.

Tableau XL : Nombre d’écoles primaires publiques et le ratio élèves par maître


dans la commune d’Akpro-Missérété de 1998 à 2004

Année 1997- 1998- 1999- 2000- 2001- 2002- 2003-


1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Libellé

Nbre Ecoles PP (1) 40 42 42 45 50 50 56

Nbre Classes PP 209 219 233 252 272 272 306

Nbre Elèves PP 10 027 11 058 11 920 15 668 13 159 14 663 14 758

Effectifs filles 3 464 3 335 - - 5 033 5 595 5 702

Nbre Enseignants 170 166 197 190 217 272 289


PP

Ratio 59 67 61 82 61 54 51
Elèves/Maîtres

Tx Fréq – Filles 28,91% 31,12% - - 26,142% 26,20% 38,63%

Elèves par maître 52 54 60 61 65 60 62


dans l’Ouémé

(1) y compris Ecoles Maternelles

Source : DDEPS-Ouémé 2003 (PDC Akpro-Missérété 2005-2009)

En effet, entre 1997 et 2004, le nombre d’écoles primaires est passé de 40


à 56, soit une augmentation de 16 écoles en 8 ans ou en moyenne 2 créations
d’écoles par an. Cette situation est en rapport avec la croissance de la
population. Le nombre d’élève, dans la même période, est passé de 10 027 à
14 758 soit une augmentation de 4731 élèves. Le ratio élève/maître est en
moyenne 57. Ce ratio est élevé malgré la création des écoles privées. L’exemple
224

de la commune d’Akpro-Missérété à travers le tableau XLII illustre cette


situation.

Tableau XLI : Nombre d’écoles primaires privées et le ratio élèves par maître
dans la commune d’Akpro-Missérété de 2001 à 2003

Année 2001-2002 2002-2003

Libellé

Nbre Ecoles P Privée 8 13

Nbre Classes P Privées 37 38

Nbre Elèves P Privée 1 118 924

Effectifs filles 442 313

Nbre Enseignants P Privée 32 36

Ratio Elèves/Maîtres 35 26

Source : DDEPS-Ouémé 2003

Entre deux années scolaires, il y a eu la création de 5 écoles privées, ce


qui confirme effectivement les besoins des services éducatifs dans la périphérie.
Il faut remarquer que le ratio est meilleur au niveau des écoles privées par
rapport à celui des écoles publiques. Voyons aussi le cas de l’autre pôle de la
périphérie.

D’après le PDC 2005-2009 réalisé en 2004 sur Adjara, il existe au total


dans la commune, 57 écoles primaires et maternelles réparties dans 35 villages
et quartiers de ville sur les 48 que compte la localité. Ces écoles abritent 322
classes dont 290 construites en matériaux définitifs et 18 en matériaux
provisoires. Elles sont à certains endroits dans un état délabré, sans clôture, aires
de jeu ou point d’eau. Le nombre de mobiliers, évalué à 4996 pour toutes les
225

écoles est insuffisant selon la population. Il en est de même pour ce qui concerne
le matériel didactique et pédagogique.

Du point de vue du personnel, les 14 710 écoliers (soit en moyenne 46


élèves par classe) que compte la commune sont encadrés par 311 enseignants
dont 121 communautaires souvent peu qualifiés.

Il importe de noter ici que les mesures incitatives prises par le


gouvernement pour promouvoir et encourager la scolarisation des jeunes filles,
ont permis d’atteindre un taux de scolarisation 41,76 % pour ces dernières.

Pour atténuer quelque peu les problèmes qui minent l’enseignement


public dans la localité, les Associations des Parents d’Elèves (APE) qui existent
d’ailleurs dans toutes les écoles contribuent au recrutement des enseignants
communautaires, à la construction des salles de cours et à leur équipement en
mobiliers. Certains projets d’Etat se sont aussi investis dans la réhabilitation et
l’équipement de certaines écoles en mobiliers. Il en est de même pour les
Mairies de la périphérie qui ne sont pas restées en marge de la promotion de
l’éducation surtout de l’enseignement secondaire.

6.3.5.2.1.2- Etablissements secondaires

La périphérie urbaine de Porto-Novo dispose de 36 collèges dont 12


collèges publics et 24 collèges privés. Presque tous les arrondissements ont leur
collège ; ceux qui n’en avaient pas l’ont récemment. Mais ils ne disposent pas
pour le moment de second cycle. La photo 23 et le tableau XLII montrent
respectivement un CEG public et quelques caractéristiques des collèges publics
de la périphérie
226

Photo 23 : Le Collège d’Enseignement Général d’Akpro—Missérété, le


quatrième plus grand collège de la périphérie (cliché VIGNINOU, juin 2009)
227

Tableau XLII : Les collèges publics de la périphérie : date de création,


extension et effectifs en 2008-2009

Collèges Date de création 2er cycle Effectifs

Akpro‐Missérété 1982 Oui 2 109

Vakon 2006 Non 359

Djèrègbé 1980 Oui 1 447

Adjara 1 1971 Oui 3 438

Adjara 2 2008 Non 117

Malahoui ‐ Non ‐

Honvié 2004 Non 587

Avrankou 1966 Oui 2 317

Atchoukpa 1996 Oui 1 627

Ouanho 2007 Non _

Oando 1985 Oui 2 674

Unité 2004 Non 790

Total 15465

Source : DDEPS Ouémé 2009

Il ressort de l’analyse du tableau que la périphérie est bien quadrillée par


les établissements secondaires publics et privés. Le plus grand collège de la
périphérie est celui d’Adjara (3438 élèves); Ensuite, viennent ceux de Ouando,
d’Avrankou et d’Akpro-Missérété. Les élèves qui fréquentent ces écoles sont à
dominance masculine ; les filles constituent entre 32 et 38 % de l’effectif total
selon les établissements. Les APE en association avec les responsables
228

pédagogiques gèrent les établissements. La rémunération des enseignants


recrutés par ces écoles est assurée par l’Etat et les APE.

En ce qui concerne les établissements privés comme le montre le tableau


ci- dessous, les communes d’Akpro-Missérété et d’Adjara sont en avance par
rapport aux autres avec 10 et 8 collèges privés sur leur territoire.

Tableau XLIII : Collèges privés de la périphérie : nombre et siège

Siège Nombre de collèges


Adjara 1

Honvié 3

Malanhoui 4

Vakon 6

Akpro-Missérété 4

Atchoukpa 3

Avrankou 2

Djèrègbé 1

Porto-Novo (périphérie) -

Total 24

Source : DDEPS Ouémé 2009

En ce qui concerne la formation technique et professionnelle qui assure


une plus grande possibilité d’emplois, la situation n’est guère meilleure. La
périphérie urbaine de Porto-Novo est dépourvue d’écoles de formation
technique et professionnelle. Pour pallier ces difficultés, ceux qui sont dans le
besoin se rendent au centre-ville ou à Cotonou où ces écoles existent.
229

6.3.5.2.1.3- Etablissements supérieurs


Le Bénin dispose de deux universités : celle d’Abomey-Calavi et celle de
Parakou. La politique de l’éducation nationale est telle que tous les instituts,
écoles et facultés ne se trouvent pas uniquement dans ces deux villes. Ainsi, la
ville de Porto-Novo dispose de quelques écoles, faculté et institut : INJEPS,
l’Ecole Normale Supérieur (ENS) et le dédoublement de la FLASH avec les
Départements de géographie, d’anglais et de sociologie. Installés dans l’enceinte
de la ville de Porto-Novo, ils sont aujourd’hui à l’étroit et travaillent dans des
conditions difficiles ; ils ont besoin d’espace pour construire des infrastructures
indispensables à leur épanouissement et pour leur extension compte tenu du
nombre de plus en plus croissant des étudiants. La non disponibilité des terres au
centre-ville a poussé les autorités municipales à trouver d’autres domaines dans
la périphérie pour l’installation de ces faculté, institut et école. Ainsi un site de
50 hectares est disponible à Adjara pour les accueillir. Déjà ces chantiers ont
ouvert leur porte et évoluent à grands pas. D’autres sites sont aussi retenus pour
la construction de ces infrastructures ; il s’agit du site de Vakon dans la
commune d’Akpro-Missérété. Quant à l’institut de mathématiques et de
sciences physiques, il est installé à Dangbo. Au total la périphérie avec sa
disponibilité en terre est le milieu le plus adapté pour accueillir les
infrastructures universitaires. Elle sera le cadre propice aux structures
universitaires de demain. Tout ceci participe à la dynamique de l’espace
périurbain. En dehors de cet avenir radieux que présente la périphérie,
actuellement il n’existe pas d’établissements de formation supérieure. Pour leur
formation les étudiants résidant à la périphérie se rendent au centre-ville où se
trouvent ces centres universitaires. Les universités privées qui pullulent à
Cotonou n’ont pas beaucoup de succès à Porto-Novo si bien qu’elles sont
absentes dans sa périphérie.
230

6.3.5.2.2- Enseignement non structuré


Il comprend l'alphabétisation et les apprentissages dans les divers corps de
métiers.

6.3.5.2.2.1- Alphabétisation
Les langues parlées ou écrites sont des moyens de participation et
d’intégration socioculturelle et économique. Elles servent de canaux de
communication, d’échanges et de diffusion des connaissances. Elles constituent
de ce fait des instruments de développement. A la périphérie, la formation des
adultes n’est pas laissée pour compte. Elle est organisée dans presque tous les
arrondissements. Elle est assurée par des alphabétiseurs dont le nombre varie
suivant les communes comme l’indique le tableau XLIV.

Tableau XLIV : Nombre de centres d’alphabétisation, cibles et promoteurs


dans la périphérie

Localités Nombre de Cibles Promoteurs


centres
Commune d’Akpro- 24 Organisations Etat
missérété paysannes ONG
Commune d’Adjara 15 Comités Projets
villageois de
Commune d’Avrankou 22
développement
Arrondissement de 1
Groupements
Djèrègbé
villageois
Total 62
Source : Enquêtes de terrain (2008)

En dehors des centres d’Avrankou qui sont construits, les autres centres
sont dépourvus d’infrastructures (salles) ; les cours se font dans les écoles, dans
les maisons de peuple ou sous les arbres. Les activités sont gérées au niveau de
chaque commune par un coordonnateur. Ces derniers et les alphabétiseurs sont
231

soutenus financièrement et matériellement (matériels didactiques et


pédagogiques) par l’Etat, les ONG, les mairies et les différents projets à
caractères culturels. Les bénéficiaires sont surtout les membres des groupements
villageois, les organisations paysannes, etc. Le nombre de centres
d’alphabétisation est estimé à 62. Néanmoins le niveau d’alphabétisation est
faible. Le nombre d’adultes sachant lire et écrire dans une langue locale est
insignifiant malgré l’effort des coordonnateurs, des ONG qui organisent de
temps en temps des formations d’alphabétisation. Tous ces centres ne sont pas
fonctionnels ; c’est le cas du centre de l’arrondissement de Djrèrègbé. De nos
jours le PADRO essai de relancer ces centres pour le redémarrage des activités.
Les problèmes majeurs de l’alphabétisation dans la périphérie sont
l’inorganisation de l’activité pédagogique, l’insuffisance de sa prise en charge
par l’Etat et l’absence de motivation des apprenants et des maîtres
alphabétiseurs.

Selon la définition de l’UNESCO, une personne est dite alphabétisée si


elle sait lire, écrire et comprendre un texte simple relatif à des faits de sa vie
quotidienne. Ainsi, selon les aptitudes à lire et à écrire dans une langue en 2002
montré à travers la figure 12, les alphabétisés en français dominent avec une
proportion de 89,5 % contre 1,3 % pour les langues nationales de l’Ouémé. Mais
il faut remarquer que quel que soit le sous-groupe d’alphabétisés considéré selon
les langues, la proportion des femmes est toujours plus faible que celle des
hommes. L’indice de parité est de 0,66 pour le français et 0,75 pour les langues
nationales.
232

100 89,5
90
80
70
60
50
40
30
20 8,3 Série1
10 1,3 0,9
0
Français Langues Français et Autres
nationales langues langues
nationales
Répartition des alphabétisés selon l'aptitude à lire et à
écrire

Figure 12: Répartition des alphabétisés selon l’aptitude à lire et à écrire en %


dans l’Ouémé en 2002
Source : RGPH 2002 (INSAE)

6.3.5.2.2.2- Apprentissages dans les différents corps de métier

Les personnes qui n’ont pas la possibilité de s’inscrire dans une école
professionnelle et technique s’inscrivent dans les ateliers installés de part et
d’autres des rues afin de suivre une formation technique et professionnelle. Cette
formation dans ces structures informelles ne requiert aucun niveau d’éducation
spécifique et s’adresse aussi bien aux non scolarisés qu’aux sortants non
diplômés du système éducatif. Ainsi en dehors du circuit formel, les patrons des
ateliers assurent bien que mal la formation de milliers d’enfants et d’adolescents.
Les apprentissages vont de la couture à la soudure en passant par la maçonnerie,
la saisie, la menuiserie, l’électricité bâtiment, la plomberie, etc. Malgré ces
atouts, pour se former plusieurs n’arrivent pas au terme de leur apprentissage.
On enregistre des cas d’abandon au profit de la vente illicite des produits
pétroliers en provenance du Nigéria et la conduite des taxis motos en ignorant
l’importance de la formation professionnelle.
233

6.3.5.3- Services sanitaires de la périphérie


L’un des services les plus importants pour le développement de l’être
humain est le service sanitaire. La santé des populations de la périphérie est
assurée par les centres de santé publics et privés. Elle compte 3 Centres de Santé
Communaux (Adjara, Avrankou, Akpro-Missérété) pour les chefs-lieux des
communes et les Centres de Santé d’Arrondissement (CSA) pour couvrir la
santé des populations des différents arrondissements. Le cas d’Adjara montré à
travers le tableau XLV illustre cette situation.

Tableau XLV : Infrastructures sanitaires des 5 arrondissements de


la commune d’Adjara de la périphérie

Types de Cabinets
structures de soins
CCS CSA UVS
sanitaires privés

Adjara I 1 2

Adjara II 0 0 0 1

Honvié 0 1 0 4

Malanhoui 0 1 0 2

AGlogbè 0 1 0 1

Total 1 3 0 10

Source : CSC Adjara complété par données d’enquêtes, Juin 2004


(PDC Adjara 2005-2009)

On distingue aussi les centres de santé privés et confessionnels : les cabinets de


soins, cliniques, et les Unités villageoises de Santé (UVS). Le personnel de santé
est composé de médecins, infirmiers, sages femmes, aides soignants et matrones.
Pour l’achat des médicaments des pharmacies (Djèrègbé, Adjara, Avrankou, et
234

Akpro-Missérété) et des postes ou dépôts de vente de médicaments essentiels


sont installés ; tous les CSA disposent de leurs dépôts de vente de médicaments
essentiels. Ces différents centres assurent tant bien que mal la protection
sanitaire et la couverture vaccinale des populations. Le tableau XLVI montre le
cas de la commune d’Adjara.

Tableau XLVI : Taux de couverture vaccinale des arrondissements de la


commune d’Adjara de la périphérie

ANTIGENES BCG DTC P1+ DTC P2+ DTC P3+ ROUVAX +


HEPT1 HEPT2 HEPT3 VAA

ARRONDI

SSEMENTS
ADJARRA I 228,37% 237% 129,52% 226%

ADJARRA II - - - - -

AGLOGBE 92,85% 87% 88,39% 84,87% 81,25%

HONVIE 237% 172% 147% 149% 155%

MALAHOUI 137,38% 118,69% 120,56% 99,06% 110,28%

Source : CSC Adjara, Juin 2004 (PDC Adjara 2005-2009)

En dehors de la médecine moderne, les populations se soignent chez les


tradipraticiens. Par leur connaissance des feuilles ils guérissent aussi diverses
maladies. Au total, la médecine moderne aussi bien que la médecine
traditionnelle participe au dynamisme de la périphérie urbaine de Porto-Novo.

6.3.5.4- Services sécuritaires


La sécurité est un facteur très important pour la quiétude des habitants de
la périphérie. Du fait de sa position par rapport au Nigéria, la sécurité est assurée
235

par les forces de l’ordre de l’Etat que sont la gendarmerie et la douane. Toutes
les communes formant la périphérie dispose d’une gendarmerie. Elle est
appuyée par la sécurité privée constituée par les brigades de quartier (dans
presque tous les quartiers), les vigiles, les « Zangbéto » dont les couvents sont
présents dans tous les arrondissements et quelquefois les « Oro ». Ces
associations et les populations collaborent avec les structures officielles de l’Etat
pour veiller sur la sécurité des personnes et des biens en utilisant diverses
stratégies pour détecter et punir les individus indélicats. Ces différentes unités
de sécurité bénéficient aussi du soutien de tous les corps de sécurité installés
dans la ville de Porto-Novo (BAC, GGM, CRS, etc.) qui font sporadiquement la
ronde à travers le milieu. Malgré ce dispositif sécuritaire, d’importantes
infractions sont commises.

6.3.5.5- Autres services

6.3.5.5.1- Eau
Les sources d’approvisionnement en eau des populations sont :

9 Le réseau d’eau de la SONEB : distribué dans quelques quartiers surtout


ceux qui sont lotis et recasés ;
9 Les eaux superficielles : Les populations en bordure de ces plans et cours
d’eau les utilisent à des fins diverses ;
9 Les forages de puits installés par les services de l’hydraulique à travers les
projets dont PADEA/KFW et les ONG ;
9 Les citernes pour recueillir les eaux pluviales ;
9 Les puits traditionnels creusés dans beaucoup de maisons qui permettent à
la population de s’approvisionner en eau.

Dans l’espace périurbain l’approvisionnement en eau diffère d’un


arrondissement à l’autre. La situation de l’approvisionnement en eau n’est pas
reluisante.
236

6.3.5.5.2- Electricité
Bien qu’étant dans tous les arrondissements, le réseau d’électricité ne
couvre pas tous les quartiers. Les conditions qui bloquent la couverture des
quartiers est le retard dans leur lotissement, les longues distances qui les
séparent mais aussi les maisons les unes des autres et l’ouverture de voies qui
vont permettre l’installation des poteaux électriques. Ces équipements
nécessitent d’importants investissements que les gestionnaires ne peuvent pas
honorer.

Conclusion partielle
Avec une population de 188 503 habitants en 2002, la périphérie est en
pleine mutation. Elle connaît une forte dynamique grâce au milieu physique
favorable à l’installation humaine, le lotissement, le croît naturel, l’exode rural,
la mobilité résidentielle entre le centre-ville de Porto-Novo et la périphérie. Ces
facteurs sont renforcés par le secteur informel galopant et la percée de divers
services. Comme toute occupation humaine cette dynamique de la périphérie a
des conséquences importantes sur son environnement.
237

TROISIEME PARTIE

IMPACTS DE L’EVOLUTION PERIPHERIQUE


DE LA VILLE DE PORTO-NOVO SUR
L’ENVIRONNEMENT
238

Le développement périphérique a des impacts positifs et aussi négatifs. Le


caractère positif se note dans la réalisation des infrastructures
socioéconomiques : construction des maisons d’habitation, percée des services,
création des écoles, de nouveaux emplois, etc. L’aspect négatif est lié
essentiellement aux grandes contraintes qui s’imposent aux populations et aux
autorités politiques et administratives. Ces impacts négatifs sur l’environnement
constituent la question fondamentale à cette étape de l’étude. Ils sont analysés à
travers deux chapitres :

Dans le premier, nous faisons part des impacts de cette croissance sur le
milieu physique ; il prend en compte l’évolution du couvert végétal, la
dégradation du sol, la mauvaise gestion des déchets solides et liquides, les
différentes pollutions et la menace qui pèse sur les zones humides.

Au niveau du second chapitre nous analysons les conséquences de


l’évolution de la périphérie sur le plan social et économique.
239

CHAPITRE SEPTIEME

IMPACTS DE LA CROISSANCE PERIURBAINE


SUR LE MILIEU PHYSIQUE

7.1- DEGRADATION DU COUVERT VEGETAL


La croissance démographique extrêmement rapide a eu des conséquences
énormes sur le couvert végétal. De 141 632 habitants en 1992, la population du
secteur d’étude est passée à 188 508 habitants en 2002. Ainsi, tous les domaines
de l’environnement sont affectés par les actions humaines. Pour bien
appréhender l’évolution du phénomène nous avons utilisé deux images : l’une
du satellite LandSat ETM Janvier 1996 et l’autre du satellite Landsat ETM
Novembre 2008. Avec le fond topographique IGN Bénin au 1/200 000 nous
avons réalisé les cartes 5 et 6 qui montrent la dynamique de l’occupation du sol
entre 1996 et 2008 soit sur une durée de 12 ans, durée pouvant permettre
d’observer l’évolution des éléments d’occupation du sol.
240

Carte 5: Occupation du sol de la périphérie en 1996


241

Carte 6 : Occupation du sol de la périphérie en 2008


242

La cartographie de l’occupation du sol en 1996 présente une


agglomération de taille moyenne sous la forme d’un demi-cercle ou d’un arc
autour du centre-ville de Porto-Novo. Elle s’étire depuis Adjara à l’est jusqu’à
Vakon au nord. En 1996, certaines localités étaient encore détachées de la
périphérie ou ne subissaient pas l’influence du centre-ville de Porto-Novo, c’est
le cas de Djèrègbé, de l’arrondissement d’Akpro-Missérété, d’Aglogbè et de
l’arrondissement d’Avrankou.

En 1996, les formations végétales identifiées sont : la forêt marécageuse,


les cultures et jachères, les cultures de palmiers à huile, les plantations et les
prairies humides. Cette mosaïque de cultures et des plantations de palmiers à
huile domine le paysage de la périphérie. Les travaux de Mondjannagni (1977)
et les travaux de terrain confirment ce constat. En effet, en sortant du centre-
ville par le nord, le nord-est et l’est pour la périphérie on pénètre dans cette
palmeraie dont le sous-bois est constitué de jachères herbeuses et arbustives et
des champs de cultures vivrières. Les forêts semi-décidues sont rares, celles
trouvées sur le terrain sont sacrées, destinées aux Vodoun. Ces forêts prouvent
que dans un passé lointain la région était colonisée par une végétation de type
subéquatorial. Du point de vue de l’occupation de l’espace, après les cultures,
les jachères et les plantations de palmier à huile, suit la forêt marécageuse. Elle
dispose près de 14 % de l’espace, ce qui montre l’importance de la place
qu’occupent les zones humides dans la périphérie.

De 1996 à 2008, l’évolution de l’occupation du sol du milieu d’étude a été


rapide. En effet, les agglomérations de la périphérie ont pris de l’importance en
taille (15,12 % en 1996, elles occupent 33,4 % de l’espace en 2002). Certaines
localités, qui étaient isolées, sont englouties par l’avancée du front périurbain
c’est le cas des arrondissements de Avrankou, d’Akpro-Missérété et d’Aglogbè.
L’arrondissement de Djèrègbé s’est agrandi et l’on sent l’influence de la
périurbanisation. Au-delà de la périphérie proche, de petits villages se sont
243

développés et attendent leur tour d’être gagnés par le front périurbain. Durant
cette période les plantations de palmier à huile ont connu une forte régression
(de 17,38 % à 12,21 %) au profit surtout des habitations. D’importants
domaines jadis consacrés à la palmeraie et sous-bois de jachères et champs de
cultures vivrières sont morcelés et vendus aux citadins venus du centre-ville (de
38,12% en 1996, les cultures et jachères occupent en 2008, 20,08 %). La
présence de la graminée Imperata cynlindrica dans les groupements herbacés du
sous-bois témoigne de la dégradation du sol, conséquence de la forte pression
humaine sur les ressources naturelles.
244

Tableau XLVII : Différentes unités de l’occupation du sol dans la périphérie en


1996 et 2008

Type de Superficie 1996 en Ha Superficie 2008 en Ha Evolution


Formations et en % et en %

Agglomération 2524 15,12 5577 33,4 +18,28

Forêt 2210 13,24 2234 13,38 +0,14


marécageuse

Carrière 20,58 0,1 8,46 0,05 -0,05

Cultures et 6364 38,12 3349 20,08 -18,04


jachères

Cultures à 2900,2 17,38 2039 12,21 -5,17


palmier

Plantation 191,32 1,15 421,34 2,51 +1,36

Plan d'eau 1392 8,34 1392 8,34 0

Prairie humide 1093,17 6,55 1674,27 10,03 3,48

Total 16695,27 100 16695,27 100

Source : Cenatel, 2009

De l’analyse des cartes et du tableau XLVII, on peut déduire que des


menaces pèsent sur les composantes du milieu. Il y a une pression humaine sur
les zones de plantation, de jachères et de cultures et des ressources naturelles.
Cette dynamique de l’occupation du sol fait transparaître l’avancée progressive
du front périurbain qui « grignote et phagocyte » tous les éléments du milieu
qu’il rencontre sur son « chemin ».
245

A partir des superficies des différentes unités de l’occupation du sol


montrées à travers le tableau XLVII, l’évaluation de la dynamique entre 1996 et
2008 en termes de superficie dégradée ou restaurée révèle que :

• le couvert végétal de la périphérie urbaine est en régression, mais il


présente aussi des zones de stabilité liées à la présence de mosaïques de
cultures et jachères et plantations de palmier à huile ;
• le plan d’eau n’a pas évolué ;
• les forêts ont été dégradées compte tenu des besoins en bois, des
habitations, etc.
• les plantations de palmier à huile ont régressé au profit des cultures
vivrières et des habitations ;

7.1.1- Causes de la dégradation du couvert végétal


La dégradation du couvert végétal est liée à plusieurs facteurs dont les
plus importants sont la pression humaine et les besoins de la population urbaine
et périurbaine.

Avec une population de 188 503 habitants et une densité de 856 hab/km2,
la périphérie fait partie des régions de fortes concentrations humaines. Ajoutée à
celle de Porto-Novo, cet ensemble constitué du centre-ville et de sa périphérie,
est un marché de consommation dont les besoins en énergie domestique et en
alimentation sont importants. En effet, pour satisfaire les besoins alimentaires
des populations, de superficies non négligeables sont emblavées pour la
production agricole (agriculture encore extensive). Cette déforestation relative à
la culture itinérante sur brûlis est l’une des causes du recul du couvert végétal.
Mais il faut noter que les plantations de palmier à huile ont causé plus de torts à
la végétation que les cultures vivrières. Jadis très développées, ces plantations
sont aujourd’hui en ruine.
246

L’autre cause de la régression du couvert végétal est le prélèvement du


bois de chauffe et du bois d’œuvre.

Pour la fabrication des charpentes, des meubles, des fenêtres, portes, etc.
les populations s’approvisionnent en bois dans la nature et dans les forêts
marécageuses. La photo suivante montre un dépôt de vente de bois utiles pour la
fabrication des charpentes et autres.

Photo 24 : Vente de bois à Akpro-Missérété (Cliché VIGNINOU, juin


2009)

La consommation d’énergie (charbon de bois, bois de chauffe, gaz ou


pétrole) a fait l’objet d’enquête dont les résultats sont consignés dans le tableau
ci-dessous.
247

Tableau XLVIII : Consommation de bois de chauffe, du charbon de bois,


du gaz et du pétrole à la périphérie urbaine de Porto-Novo

Communes Nombre de Nombre de Nombre de


ménages ménages utilisant ménages utilisant
enquêtés charbon de bois gaz ou pétrole
et bois de chauffe

Porto- Novo 200 142 58


périurbain

Adjara 260 219 41

Akpro-Missérété 120 110 10

Avrankou 160 143 17

Sèmè-Kpodji 60 49 11

Total 800 663 137

Source : enquête de terrain, mars 2008

Ces résultats montrent que 82,87 % des ménages enquêtés utilisent du


bois de chauffe et du charbon de bois comme source d’énergie. Selon les
investigations la quantité moyenne de charbon utilisée est de 2,5 sacs par mois
par ménage soit 1657,5 sacs par mois pour les 663 ménages. Mais il faut
remarquer que toute la quantité de bois n’est pas prélevée sur place, une grande
partie vient des communes environnantes de la périphérie urbaine de Porto-
Novo. Les ménages qui utilisent le gaz et le pétrole ne sont pas nombreux :
17,13 % seulement. Ce sont surtout les ménages dont le niveau de vie est
relativement élevé. Vu ces résultats la cause la plus destructrice du couvert
végétal est le prélèvement du bois, c’est la principale source d’énergie utilisée
par les populations. La quantité de bois utilisée est très importante car il est
248

consommé quotidiennement par une population qui ne cesse de croître. Cette


ponction prélevée sur la nature crée une désolation écologique dans et autour de
la périphérie urbaine de Porto-Novo.

La destruction du couvert végétal a des conséquences négatives sur la


survie de la faune. La destruction des habitats naturels des animaux a favorisé
leur disparition ou leur fuite vers d’autres milieux où les conditions écologiques
sont plus favorables. On trouve souvent dans la périphérie les reptiles et les
petits mammifères.

7.2- DEGRADATION DU CADRE DE VIE A LA PERIPHERIE

7.2.1- Erosion et inondation dans le milieu périurbain


Tout comme le centre-ville de Porto-Novo, la périphérie urbaine est
sujette à l’érosion et à l’inondation. Elles ont des impacts sur les infrastructures.
Cette situation est due surtout à l’inexistence de système d’évacuation des eaux
pluviales, le relief et le degré d’occupation du sol.

L’inexistence du système d’évacuation d’eau : le manque de caniveaux


ou des collecteurs dans les communes de la périphérie favorise l’érosion. Les
eaux pluviales s’accumulent dans les dépressions fermées et provoquent
l’inondation des quartiers. En dehors des voies principales bitumées et pavées
qui disposent de caniveaux, toutes les autres voies en sont dépourvues. Les eaux
de ruissellement décapent ou ravinent le sol. En milieu périurbain les seules
issues où les eaux pluviales peuvent ruisseler sans obstacles majeurs sont les
voies de circulation si bien qu’elles subissent les conséquences de l’érosion.
Comme le montre la photo suivante les voies sont dans un état délabré,
présentant des trous et remplies d’eau pendant la saison pluvieuse, ce qui rend la
circulation difficile.
249

Photo 25 : Voie en terre dégradée et remplie d’eau rendant la circulation


difficile aux usagers à Dowa (Cliché VIGNINOU, juin 2009)

Le relief : la périphérie est située sur un plateau légèrement incliné vers


l’Océan Atlantique dont la valeur de pendage ne dépasse guère 1%. Cette
surface plane, entaillée par quelques vallons, comporte quelques dépressions
fermées. En effet la puissance de l’écoulement dépend de la valeur des pentes.
Les pentes les plus fortes s’observent au niveau des dépressions fermées et des
versants de Zounvi, Boué, Donoukin, Aguidi ; elles n’occupent pas une grande
superficie des bassins versants. A titre illustratif prenons le cas du bassin versant
de Zounvi étudié par Domingo (1996) et montré à travers le tableau XLIX.
250

Tableau XLIX : Superficie des types de pentes de l’Ouest de Porto-Novo


(bassin versant du Zounvi)

Pentes 0-2,5% 2,5-5% 5-7,5% 7,5-16% 16-25% Total

Faibles Moyennes Assez Fortes Très


fortes fortes

Ha 1400,8 200,3 88,6 20,3 1,5 1713,5

% 81,75 11,81 5,16 1,20 0,08 100

Source : DOMINGO (1996)

De l’analyse du tableau, il ressort que les pentes faibles dominent et que


les autres pentes n’occupent pas une grande superficie. Mais malgré leurs
faiblesses ajoutées à d’autres facteurs (inexistence de système d’évacuation des
eaux pluviales, le degré d’occupation du sol), les pentes constituent un important
facteur d’érosion. Elles permettent le drainage des eaux pluviales vers les
différents vallons et dépressions fermées provoquant l’érosion du sol et
l’inondation des quartiers riverains comme le montre la photo 26.
251

Photo 26 : Maison en chantier dans une zone inondable à Malanhoui (Cliché


VIGNINOU, juin 2009)

On perçoit à l’arrière plan de cette photo les maisons d’habitations aux confins
de la dépression remplie d’eau.

Un autre facteur accentuant l’érosion est la régression du couvert végétal


due à la construction des habitations. Ces dernières diminuent la surface
d’infiltration des eaux pluviales. La végétation ne protège plus le sol contre
l’érosion. Les eaux pluviales ne s’infiltrent plus dans le sol mais ruissellent sur
le sol nu et l’érodent. Mais, il faut remarquer que la dénudation du sol est plus
poussée au centre-ville car la périphérie dispose plus de friches, et de champs
donc l’érosion est plus active au centre-ville qu’à la périphérie. L’érosion a des
impacts aussi bien sur les investissements privés que sur les infrastructures
publiques. Elle constitue une menace pour le réseau d’électricité et d’eau
(poteaux, tuyaux) les voies en terre et même pour celles qui sont bitumées et
pavées car les caniveaux ne sont ni entretenus ni curés à temps. Au niveau des
investissements privés, elle démolit progressivement les bâtiments, clôtures et
252

autres aménagements en sapant les bases de leur fondation comme le montrent


les photos 27 et 28.

Photo 27 : Début de dégradation de la voie bitumée et caniveau non entretenus à


Akpro-Missérété (Cliché VIGNINOU, juin 2008)

Photo 28 : Bâtiment menacé par l’érosion à Agbokou (Cliché VIGNINOU, juin


2008)
253

7.2.2- Gestion des déchets et pollution de l’espace


A l’image du centre-ville de Porto-Novo, on distingue dans la périphérie
trois types de déchets : les déchets dangereux, industriels et ménagers.

7.2.2.1- Déchets dangereux et industriels

7.2.2.1.1- Déchets dangereux

Selon l’article1 du décret portant sur la gestion des déchets en République


du Bénin, les déchets dangereux sont ceux qui représentent un danger spécifique
pour l’homme ou l’environnement parce qu’ils sont composés d’un ou plusieurs
constituants ayant les caractéristiques énumérées dans la convention de Bâle sur
les déchets dangereux. Ceux trouvés sur l’espace périurbain sont :

‐ Les huiles de vidanges : compte tenu du parc automobile non négligeable


et du nombre impressionnant de taxi-moto, les huiles de vidange usagées
sont produites en grande quantité. N’ayant pas une méthode efficace de
gestion de ces huiles, les mécaniciens les jettent sur le sol. Elles participent
à la dégradation et à la pollution du sol.
‐ Les matières plastiques : ce sont surtout les sachets en plastique ; ils sont
présents sur tous les dépotoirs sauvages. Leur dégradation est très lente.
‐ Les déchets biomédicaux : ils sont produits dans les différents centres de
santé. Leur gestion est très difficile ; ils présentent une grande menace pour
l’environnement.
‐ Les produits pharmaceutiques périmés : la révolution scientifique et
industrielle a permis la production des médicaments essentiels. Depuis ces
deux dernières décennies, le marché illicite des médicaments s’est
développé. Avec la mondialisation, le développement des échanges
commerciaux et la proximité du Nigéria, les médicaments de rue pullulent
à la périphérie. Ces produits importés de façon informelle favorisent
254

l’entrée des produits contrefaits, de mauvaises qualités et des produits


périmés. Ces derniers ont des effets négatifs sur l’environnement.
‐ Les déchets chimiques dangereux concernent surtout quelques types
d’engrais et de pesticide dont l’utilisation est proscrite au Bénin. Importés
frauduleusement, ils sont utilisés surtout par les jardiniers.

7.2.2.1.2- Déchets industriels


La périphérie n’est pas très pourvue en industries; la plus grande usine est
la SONICOG. Elle utilise un bassin de décantation pour gérer ses déchets ; ceux
qui sont liquides sont rejetés dans la lagune de Porto-Novo. En dehors de la
SONICOG où l’on note relativement le respect des normes environnementales
en ce qui concerne la gestion des déchets, les autres petites unités industrielles
(boulangeries, scieries, petites savonneries, etc.) rejettent directement dans la
nature leurs déchets, ce qui ne manque pas d’avoir des conséquences sur
l’environnement.

7.2.2.2- Déchets ménagers


L’un des problèmes majeurs des autorités municipales de la périphérie est
la gestion des déchets ménagers. Constitués d’éléments divers, sa gestion
constitue un important problème d’assainissement. La fouille opérée sur quatre
dépotoirs sauvages pris dans les arrondissements d’Adjara1, Vakon, Djèrègbé et
Atchoukpa permet d’avoir la composition des ordures ménagères de la
périphérie :

‐ Les déchets issus des activités de cuisine (restes d’aliments).


‐ Les métaux
‐ Les débris de bois
‐ Les feuilles mortes
‐ Les tissus (habits, pantalons, pagnes, etc. usés).
‐ Les cuirs (chaussures et ceintures usées)
255

‐ Les matières plastiques (sachets, chaussures, récipients etc.).


‐ Les verres
‐ Les piles
‐ Les produits d’emballage (papier, carton, boîtes de conserve, boîtes
d’insecticide, etc.).
‐ Les matières fécales
‐ Les os et coquillages
‐ Autres
Comme le montre le tableau ci-dessous, ces déchets peuvent être
regroupés en matières organiques biodégradables, inertes et plastiques.

Tableau L : Typologie des déchets ménagers solides de la périphérie


Composition Dépotoirs sauvages

Adjara1 Vakon Djèrègbé Atchoukpa

Matières 69 % 62% 70 % 63 %
organiques
biodégradables
Matières inertes 24,7 % 32,2 % 26 % 33,3 %

Matières 6,3 % 5,8 % 4% 3,7 %


plastiques
Total 100 % 100 % 100 % 100 %

Source : enquête de terrain, mars 2008

L’étude typologique montre que parmi les déchets ménagers ceux qui
dominent à la périphérie urbaine de Porto-Novo sont les matières organiques
biodégradables (69 % à Adjara, 62 % à Vakon, etc.) ensuite viennent les
matières inertes et les matières plastiques. Contrairement à Porto-Novo où il
256

existait un système de collecte, d’évacuation et de traitement des ordures


ménagères géré par la voirie urbaine, les autres communes de la périphérie n’ont
jamais bénéficié des services de la voirie. On distingue deux types de gestion
des déchets : la mauvaise gestion et celle « moderne » des déchets.

7.2.2.2.1- La mauvaise gestion des déchets ménagers


Jadis, les villes n’étaient pas nombreuses, les quelques unes qui existaient
n’étaient pas très grandes. Nos aïeux jetaient leurs ordures sur les dépotoirs
sauvages. La gestion des déchets ne constituait pas un problème. Jusqu’au début
de la deuxième moitié du XXème siècle, elle n’était pas la priorité des
gouvernements. Les villes disposaient de beaucoup d’espace. Chaque
agglomération possédait des dépotoirs principaux où tous les habitants
pouvaient déposer leurs ordures. Cette gestion traditionnelle des ordures a
évolué avec l’explosion démographique des villes africaines au lendemain des
indépendances. Les ONG de ramassage des ordures ont fait leur apparition.
D’après les travaux de Tchibozo (2002), les structures de collecte ramassent
seulement 33,76 % des ordures ménagères de la ville de Porto-Novo ; le reste est
géré par les populations. Dans la périphérie, cette gestion a pris des formes
variées :

‐ Les dépotoirs sauvages


‐ Les rues à ordures
‐ Les bas-fonds à ordures
‐ Les autres méthodes de la gestion des déchets

La figure suivante renseigne sur le mode de gestion utilisée par les ménages
sur lesquels nous avons fait les enquêtes.
257

30% 28%
25,50%
25%
22%

20%
16%
15%

8,50% Série1
10%

5%

0%
Jetées sur jetées sur les Brûlées Enfouies Abonnement
les espaces dépotoirs dans le sol aux ONG
vides sauvages

Figure 13 : Mode de gestion des déchets selon les enquêtés de la


périphérie (enquête de terrain Mai 2008)

Cette figure montre que le mode de gestion le plus répandu est « ordures
jetées sur les espaces vides (parcelles nues ou en chantier, friches, jachères)
suivi de « ordures jetées sur les dépotoirs ». Ce sont seulement 16 % des 800
ménages qui se sont abonnés aux ONG et la plupart des enquêtés se trouvent
dans les quartiers couverts par leurs activités ou proches du centre-ville. Ceux
qui enfouissent ne sont pas nombreux ; ils sont pour la plupart dans les zones
marécageuses ou inondables.

7.2.2.2.1.1- Dépotoirs sauvages


Ils sont très nombreux. Il suffit de se promener dans le secteur d’étude
pour se rendre compte qu’il existe des dépotoirs sauvages dans presque tous les
quartiers. Cette situation est due à plusieurs facteurs dont le caractère semi-rural
de l’espace périurbain. Ce dépotoir sauvage observé à Adjara sur la photo
suivante illustre bien cette situation. Ce dépotoir se trouve dans une rue occupée
par les mauvaises herbes, à l’arrière plan, un champ de maïs dans une parcelle
inoccupée
258

Photo 29 : Dépotoir sauvage dans la périphérie à Adjara (Cliché


VIGNINOU, Mars 2009)

Dans les différents quartiers, il existe des parcelles vides, en chantier


abandonnées provisoirement et inhabitées. Elles sont nombreuses dans les
quartiers non loties et occupent parfois plus de 30 % des espaces des quartiers
lotis c’est le cas du quartier Akonaboe situé au nord du centre-ville de Porto-
Novo. Ces parcelles sont des réceptacles des déchets des maisons environnantes
ou parfois de tout le quartier. Ces parcelles vides sont achetées par des individus
qui ne sont pas prêts pour la construction de leur maison ou qui attendent
l’installation des infrastructures socio-communautaires (route, marché,
dispensaire, électricité, eau, téléphone, administration, etc.) avant de les habiter.
D’autres les réservent à des fins spéculatives. Ils attendent le moment où le
quartier sera totalement urbanisé pour les revendre. Certains propriétaires les
conservent pour leurs enfants encore élèves, étudiants ou n’ayant pas encore la
possibilité de bâtir. Cette possibilité de se débarrasser de leurs déchets n’oblige
pas les populations à s’abonner obligatoirement aux ONG chargées de la
collecte des déchets car elles disposent d’espaces vides.
259

Le problème de l’assainissement d’un milieu se mesure par plusieurs


facteurs dont la présence ou non des dépotoirs sauvages. Dans le cas de notre
milieu d’étude, ces dépotoirs sont présents partout. Mais il faut remarquer que
ceux qui dominent sont de petites tailles. Le phénomène n’est pas très visible
comme on peut le remarquer au centre-ville de Porto-Novo. En effet, le noyau
primitif de la ville est propre car il est très couvert par les ONG chargées du
ramassage des ordures. L’abonnement des populations à ces structures est
devenu une contrainte. Elles n’ont plus où jeter leurs ordures ; les espaces vides
sont rares ; ces vieux quartiers ont achevé le remplissage de leurs différentes
parcelles si bien que les dépotoirs sauvages sont presque inexistants. En dehors
du noyau primitif, dans tous les autres quartiers du centre-ville disposant encore
des espaces vides, on note la présence de quelques dépotoirs sauvages. Ils
deviennent plus nombreux dans la périphérie où le paysage s’y prête davantage.
La plupart des ONG s’occupant de la gestion des déchets au centre-ville ont
leurs dépotoirs « clandestins » à la périphérie. L’espace périurbain est plus
insalubre que le centre-ville. La gestion des déchets dans le centre-ville et sa
périphérie se comporte comme une force centrifuge qui rejette les déchets du
centre vers la périphérie ou qui rend progressivement salubre l’espace depuis le
centre-ville vers la périphérie.

7.2.2.2.1.2- Rues à ordures


A part les principales voies bitumées et les quelques rues pavées dont
dispose la périphérie, de nombreuses rues sont aussi des réceptacles des ordures.
Les populations y jettent leurs déchets. Ces rues sont jonchées de petits
dépotoirs sauvages, parfois même devant les portails des maisons ou à côté des
clôtures. Elles reçoivent les déchets des différentes maisons environnantes. Le
long des clôtures de certaines maisons n’est pas désherbé. Ces îlots d’herbes
reçoivent aussi leur part de déchets.
260

La plupart des rues secondaires et pistes sont en de mauvais états. Elles


sont jonchées de trous, de « nids de poule » et dépourvues de caniveaux si bien
que les eaux pluviales ne sont pas drainées. Elles stagnent dans les trous et
crevasses et forment de petits bassins qui se suivent le long des voies. Pour les
combler, les populations y jettent leurs déchets ; comme elles cherchent souvent
des débouchés pour leurs ordures, elles en profitent chaque fois que l’occasion
leur est offerte.

Photo 30 : Rue dépourvue de caniveau, remplie d’eaux pluviales avec un tas


d’ordures pour le remblai à Gbodjè (Cliché VIGNINOU, juin 2009)

Les caniveaux ouverts et fermés sont victimes de l’incivisme des


populations. Elles y jettent leurs déchets, bloquant ainsi l’évacuation des eaux
pluviales, ce qui accentue les inondations pendant la saison pluvieuse.

Les eaux usées sont jetées dans les rues et dans les caniveaux. Dans les
ménages, les eaux usées sont recueillies dans une grande bassine qui, au repos
facilite la décantation. Les déchets lourds issus de la décantation se déposent au
261

fond. L’eau sale de la décantation est versée directement dans les caniveaux ou
dans la rue si celle-ci n’en possède pas. Parfois c’est la totalité des eaux usées,
c’est-à-dire l’ensemble formé par les eaux usées proprement dites et les détritus,
qui est versé dans les rues ou les caniveaux.

7.2.2.2.1.3- Bas-fonds à ordures


L’extension périurbaine n’épargne aucun espace du milieu d’étude. Les
bas-fonds, les dépressions fermées et les zones marécageuses impropres à
l’habitation sont occupés par les populations. Elles comblent ces zones basses
par les déchets produits sur place et ceux venus des autres quartiers. Parfois les
propriétaires des parcelles incitent les populations à venir jeter leurs ordures
dans leurs bas-fonds. Les ONG chargées du ramassage des déchets viennent
décharger le contenu de leur pousse-pousse dans ces zones basses où le
problème d’insalubrité se pose avec acuité. Ainsi plusieurs parcelles ont été
remblayées. Ces cas s’observent dans les quartiers situés dans les zones
marécageuses de Zounvi, de Vakon, de Donoukin, d’Aguidi, de la lagune et des
dépressions fermées (Dowa, Aglogbè, Louho, Vakon, Agbokou, Djègan Daho,
etc.). Le remblai des marécages et bas-fonds, véritables exutoires naturels,
empêche le drainage des eaux pluviales vers la lagune. Dans ces milieux, les
populations cohabitent avec les déchets jusqu’au remblai total de l’habitation.
Une fois cette tâche terminée, les nouveaux déchets sont jetés aux alentours
immédiats. A part quelques individus qui font le remblai par l’apport du sable
marin, de terre jaune ou de latérite, c’est surtout par les déchets que ces
populations gagnent de l’espace sur les bas-fonds. Les bas-fonds de la périphérie
sont devenus des points de concentration des déchets issus de la périphérie elle-
même et du centre-ville de Porto-Novo. Ces pratiques consistent alors à déplacer
les problèmes d’insalubrité d’un endroit à un autre de la périphérie ou du centre-
ville vers la périphérie.
262

7.2.2.2.1.4- Autres méthodes de gestion des déchets


Pour assainir leur milieu naturel, les populations brûlent leurs ordures. En
effet, après une accumulation plus ou moins longue, quand les déchets
débordent les dépotoirs sauvages, les populations procèdent à leur incinération.
Ainsi les tas d’ordures sont soumis périodiquement à cette pratique. Leurs
fumées peuvent envahir un quartier entier et rendent difficile la respiration. Elles
peuvent durer plusieurs heures sans interruption. Leur durée de vie est
proportionnelle à la quantité et à la composition des déchets. Après
l’incinération, le dépôt reprend de nouveau. Ainsi on observe à travers la
périphérie des dépotoirs de plusieurs années d’existence.

Une autre méthode de la gestion des déchets s’observe dans la périphérie. Il


s’agit des « trous ou fosses à ordures ». En effet, les habitants pour se
débarrasser de leurs déchets, creusent un trou dans un coin de la maison et y
jettent leurs ordures. La circonférence et la grandeur des fosses dépendent de la
quantité des déchets produits. Une fois ce trou rempli, le propriétaire procède à
l’incinération des déchets ou à sa fermeture afin de reprendre le même
processus. Cette pratique tend à disparaître de nos jours mais elle continue d’être
utile dans les zones marécageuses.

Ces trous à ordures sont fréquents dans quelques maisons nouvellement


construites. Lors de la construction des habitations, pour leur remblai, souvent
de la terre de barre est prélevée dans un coin de la parcelle. Ce prélèvement
donne naissance à un trou ou fosse qui sert de premier dépotoir à tous les
habitants de la parcelle. Après son remplissage les habitants cherchent d’autres
débouchés à leurs ordures. Outre cette gestion archaïque des déchets par les
populations, les ONG et l’Etat jouent un rôle non négligeable dans la gestion des
déchets.
263

7.2.2.2.2- Gestion « moderne » des déchets


Avant 1990, la périphérie ne disposait d’aucunes structures chargées de la
gestion des déchets. Elle ne bénéficiait pas des services de la voirie de la
capitale et se trouvait dans une insalubrité totale. Mais après la conférence des
forces vives de la Nation les autorités politiques et administratives du Bénin ont
pris conscience des problèmes environnementaux engendrés par les déchets. Les
efforts sont faits par les populations, les ONG et les autorités politico-
administratives.

7.2.2.2.2.1- Textes réglementaires relatifs à l’environnement


La constitution du 11 Décembre 1990 est un véritable instrument de
protection de l’environnement. En effet, elle contient cinq articles qui
définissent les attitudes à tenir afin de garantir un environnement sain au Bénin.
Il s’agit des articles 27, 28, 29, 74 et 98. Les trois premiers sont inscrits dans le
titre II portant droits et devoirs de la personne.

L’article 27 stipule que « toute personne a droit à un environnement sain,


satisfaisant et durable et a le devoir de le défendre. L’Etat veille à la protection
de l’environnement ».

De même l’article 28 énonce : « Le stockage, la manipulation et


l’évacuation des déchets toxiques ou polluants provenant des usines et autres
unités industrielles ou artisanales installées sur le territoire national sont
réglementés par la loi ».

L’article 29 est le 3ème du titre II de la constitution qui prévoit des


dispositions pour la sauvegarde de l’environnement : « le transit, l’importation,
le stockage, l’enfouissement, le déversement sur le territoire national des déchets
ou polluants étrangers et tout accord y relatif constitue un crime contre la nation.
Les sanctions applicables sont définies par la loi ».
264

L’Article 74 inscrit au titre III : Du pouvoir exécutif stipule : « il y a haute


trahison lorsque le Président de la République a violé son serment, est reconnu
auteur, co-auteur ou complice de violations graves et caractérisés des droits de
l’homme, de cession d’une partie du territoire national ou d’acte attentatoire au
maintien d’un environnement durable et favorable au développement ».

Le dernier article, l’article 98 du titre IV : Du pouvoir législatif énonce


que : « la loi détermine les principes fondamentaux de la protection de
l’environnement et la conservation des ressources naturelles ».

A la lumière de ces articles, on constate que la constitution présente


l’environnement sain comme un droit pour toute personne, un droit que doit
garantir l’Etat, mais en même temps, elle présente, comme un devoir qui
incombe à chaque citoyen, la défense de cet environnement. La protection de
l’environnement est donc l’affaire de tout le monde. Avec de telles bases
constitutionnelles en matière d’environnement, on peut affirmer que le Bénin
peut offrir à ses populations un milieu sain dépourvu de tous déchets nuisibles
ou toxiques.

7.2.2.2.2.2- Actions entreprises


Les bases constitutionnelles de 1990 ont permis au Bénin d’entreprendre
certaines actions concrètes visant la sauvegarde de l’environnement :

‐ La création d’un département ministériel chargé des questions


environnementales.
‐ L’ABE
‐ Le Plan d’Action Environnemental
‐ L’Agenda 21 National
‐ La loi-cadre sur l’environnement
265

A partir de la loi-cadre sur l’environnement, le gouvernement a élaboré


quelques décrets d’application, les plus importants portent sur :

‐ La réglementation du bruit en République du Bénin (décret 2001-294 du


08 Août 2001). Ce décret fixe les niveaux de bruit sur toute l’étendue du
territoire national.
‐ Les normes de qualité de l’air en République du Bénin (décret 2001-110 du
04 Avril 2001)
‐ La gestion des huiles usagées en République du Bénin (décret 2003-330 du
27 Août 2003).
‐ La gestion des déchets solides en République du Bénin (décret 2003-332 du
27 Août 2009). Divisé en huit chapitres, il fixe les règles en matière de : la
prévention et de la limitation de la production des déchets et de leur
nocivité, de la prévention et de la limitation des nuisances lors de la gestion
des déchets, le transfert des déchets, la planification de la gestion des
déchets, des dispositions fonctionnelles et de la répression.

Ces différents articles sont renforcés par la décentralisation qui permet aux
collectivités de s’administrer librement par des conseils élus et dans les
conditions prévues par la loi. Le conseil communal ou municipal fixe par
règlement en conformité avec le décret sur la gestion des déchets solides en
République du Bénin, les mesures adéquates pour la gestion des déchets
ménagers ainsi que les modalités d’exercices du droit de l’enlèvement.

Depuis l’élaboration du PAE, des études ont été faites par (Dessau
international en 1997, Snc-Lavalin en 1998) et plusieurs projets et programmes
ont été exécutés dont le PRGU 1 et PRGUD 2, le PRGUD, le projet de gestion
des déchets solides à Cotonou et Porto-Novo et aussi dans les villes secondaires.

Tous ces programmes ont leur volet « enlèvement des ordures ménagères ».
Le principe d’action retenu est la privatisation du ramassage des déchets sous la
266

tutelle des villes bénéficiaires. Après la libéralisation de l’économie en 1990


plusieurs ONG sont nées dans la ville de Porto-Novo et sa périphérie. Plusieurs
raisons motivent les promoteurs à les créer. Parmi elles, trois sont essentielles :

‐ Militantisme écologique
‐ Moyen de s’offrir et d’offrir des emplois
‐ Moyens pour s’enrichir

La raison principale que les ONG évoquent pour justifier la création de leur
entreprise est le militantisme écologique. Pour ces promoteurs, les ONG sont
créées dans le but d’assainir le milieu insalubre jonché de nombreux dépotoirs
sauvages. Mais à voir de près et à analyser les profits que peuvent se procurer
les ONG, on est tenté d’affirmer que, plus le moyen de s’enrichir et d’offrir des
emplois pousse les promoteurs à créer ces ONG dont le nombre ne cesse de
croître. De 7 ONG intervenant dans la gestion des déchets à Porto-Novo en 2000
(Vigninou, 2000), elles sont au nombre de 15 en 2002 (Tchibozo, 2002) ; leur
nombre a plus que doublé en deux ans. Tenant compte de l’ampleur de la
pollution de l’environnement par les déchets à la périphérie urbaine certaines
ONG et les autorités municipales se sont intéressées à la gestion des ordures
dans les communes environnantes.

7.2.2.2.2.3- ONG et Autorités municipales dans la gestion des déchets de la


périphérie
Selon l’article 11 du décret portant sur la gestion des déchets en
République du Bénin, le processus de gestion des déchets solides comporte les
opérations ci-après :

‐ La pré-collecte,
‐ La collecte,
‐ Le traitement.
267

La pré-collecte : c’est l’opération qui consiste à collecter les déchets auprès


des ménages qui se sont abonnés ; elle est assurée par les agents des ONG munis
souvent de charrettes ou de tracteurs. Les ordures ramassées sont rassemblées
sur des sites aménagés par les communes.

La collecte consiste à l’enlèvement des déchets ménagers des points de


regroupements vers les lieux de traitement. Elle est assurée par des camions
privés prestataires de service de la municipalité.

Le traitement : Il constitue la dernière étape de la gestion des déchets ; il se


fait par tri, compostage et enfouissement des déchets. Ici aussi les prestataires de
service sont des sociétés privées.

Dans la périphérie la gestion des déchets solides comme l’a préconisé le


décret portant sur la gestion des déchets n’est pas respectée à la lettre. L’étape la
plus suivie est celle de la pré-collecte ; les deux autres sont laissées pour
compte. Les ONG ramassent les ordures chez les abonnés et les gèrent
autrement. Le site choisi pour accueillir l’ensemble des déchets pour leur
traitement est Takon situé à une vingtaine de kilomètre au Nord de Porto-Novo.
Le site de Dowa est un site d’accumulation provisoire avant le transfert définitif
vers les sites de traitement. Les populations s’opposent à l’utilisation de ces sites
pour l’accumulation et le traitement des déchets car elles ne veulent pas subir les
conséquences des différentes pollutions de leur milieu. Les ordures collectées
par les ONG au centre-ville et à la périphérie sont rejetées dans la périphérie où
le paysage périurbain est favorable par ses rues herbeuses et dégradées, ses
champs, jachères, parcelles vides ou en chantiers abandonnés, bas-fonds,
marécages, etc. Les vallons de Zounvi, Donoukin et de Vakon constituent des
destinations privilégiées des ONG pour déverser leurs déchets. Dans le seul
vallon de Zounvi, Ahouandjinou (2003) a dénombré 33 dépotoirs sauvages. A
part l’artisanat de récupération et le Centre de Traitement des Ordures
Ménagères (CTOM) rares sont les ONG qui font le traitement des déchets
268

collectés. Les ordures produites par les populations sont déplacées d’un endroit à
un autre, surtout du centre-ville vers la périphérie. Le centre est plus couvert par
les ONG que la périphérie (15 en 2002 pour le centre-ville et 2 à Adjara en
2009) ; leurs activités sont plus orientées vers le centre-ville à cause d’un certain
nombre de facteurs dont l’absence de dépotoirs sauvages. Quant à la périphérie,
le nombre d’abonnés est faible. A titre d’exemple ce sont seulement deux ONG
qui s’occupent de la gestion des déchets ménagers dans la commune d’Adjara
comme le montre le tableau suivant.

Tableau LI : ONG, nombre d’abonnés et arrondissements couverts dans la


commune d’Adjara

Structures Sièges Nombre d’abonnés Arrondissements couverts

ASEP Atchoukpa 105 Honvié, Malanhoui

UBEDA Malanhoui 98 Adjara1, Honvié, Malanhoui

Total 203

Source : Enquête de terrain, mars 2009

Elles couvrent seulement trois arrondissements sur les cinq que compte
cette commune. Le nombre d’abonnés couvert est faible soit 203 pour toute la
commune. Ce sont seulement quelques personnalités qui ont des maisons plus
ou moins confortables qui s’abonnent ; leurs actions sont souvent altérées par
l’incivisme du grand nombre.

Comme nous l’avons signalé plus haut, compte tenu du paysage périurbain,
la gestion des déchets initiée dans les communes périphériques du centre-ville
de Porto-Novo n’a pas connu de succès ; c’est le cas des communes d’Adjara,
d’Akpro-Missérété. Les difficultés rencontrées sont nombreuses :
269

‐ Manque de moyens financiers : Les communes composant la périphérie


n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour payer les prestataires de
service privés qui sont impliqués dans la gestion des déchets. Leur faible
budget est basé sur la fiscalité. Les aides apportées par le pouvoir central
est très faible. Quant aux ONG, elles tiennent encore à cause de l’assistance
des structures nationales et internationales qui financent leurs activités.
‐ Manque de moyens matériels : il manque surtout le matériel roulant
(charrettes, tracteurs, des camions, etc.), les instruments de traitements des
déchets, etc. pour les ONG et les municipalités de la périphérie. La
municipalité d’Akpro-Missérété dispose seulement de trois charrettes pour
le ramassage des ordures ménagères. La seule ONG Jeunesse et Ambition
qui s’occupait de la gestion des déchets ménagers solides dans cet
arrondissement a dû abandonner cette tâche pour orienter ses activités vers
les actions sociales.
‐ L’incivisme des populations : vu le faible nombre d’abonnés de la
périphérie, on peut dire que le changement de comportement ne rime pas
avec l’objectif visé par l’Etat et les ONG. Les populations sembleraient
refuser de changer de comportement. Elles ont gardé leurs habitudes rurales
qui ne s’adaptent plus aux réalités citadines d’aujourd’hui. Ces
comportements persistent dans la périphérie avec la présence des tas
d’ordures « témoins » de cette civilisation.
‐ Insuffisance des ONG opérant dans la gestion des déchets : les ONG sont
plus nombreuses dans le centre-ville que dans la périphérie.
‐ Manque d’initiatives et de volonté politique de la part de l’Etat et des
municipalités.
‐ Non application des sanctions prévues par la loi pour discipliner les
individus indélicats.
‐ Etc.
270

Cette mauvaise gestion des déchets faites aussi bien par les populations que par
les ONG a des conséquences sur l’environnement.

7.2.2.3- Pollutions de l’environnement


L’environnement constitue l’un des facteurs les plus importants qui agit
sur la santé de l’homme et qui conditionne son développement et son
épanouissement. La question de la gestion des déchets est devenue partout dans
le monde une préoccupation majeure. Cette préoccupation est encore plus aiguë
dans les pays en voie de développement, notamment dans les périphéries
urbaines où l’environnement est menacé par diverses formes de pollutions.

7.2.2.3.1- Pollution du sol


La pollution du sol est due essentiellement à la mauvaise gestion des
déchets d’origines diverses.

Parmi les polluants, ceux qui dominent sont les ordures ménagères. Elles
présentent deux types de polluants : les polluants biodégradables et ceux non
biodégradables. Comme le montre la figure suivante les matières organiques
biodégradables sont en quantité importante.
271

5,80%

Matières organiques
biodégradables
32,20% Matières inertes

62% Matières plastiques

Figure 14 : Répartition des composantes des déchets solides ménagers à


Vakon
Source : Enquête de terrain, mars 2008

Elles constituent 62 % des ordures ménagères à Vakon, ils sont composés


surtout des éléments organiques (végétaux et animaux). D’odeur nauséabonde,
ces polluants biodégradables attirent les animaux domestiques (porcs, chèvres,
poules, etc.) les rats, les mouches, les germes pathogènes. Ils sont nuisibles à
l’environnement et entraine de nombreuses pathologies telles que les maladies
respiratoires, digestives et cardiovasculaires. Ils se dégradent plus vite que ceux
non biodégradables.

Les polluants non biodégradables sont très nuisibles au sol. C’est le cas
des matières plastiques (5,80 % des déchets ménagers solides à Vakon) surtout
les sachets qui dominent tous les dépotoirs sauvages du secteur. Leur
dégradation est très lente et peut durer plusieurs dizaines d’années. Les
populations de la périphérie, à l’instar des habitants des autres villes béninoises,
utilisent des milliers de sachets plastiques par jour car ils sont moins chers et
pratiques. Elles ne sont pas conscientes des dégâts qu’ils causent à
l’environnement. Pour Domingo (2007), il y a urgence à mener une réflexion sur
272

la présence de plus en plus grandissante des sachets plastiques dans les déchets
ménagers. Le marché est inondé de ce produit en provenance d’usines en
Afrique et ailleurs qui sans doute prospèrent sur de gros profits. L’habitude de
consommer le sachet plastique est rentrée dans les mœurs. Aucune voix ne se
lève pour s’inquiéter vraiment du péril apporté par le plastique. Les dégâts
causés par lui sont énormes dans plusieurs domaines : les sols, le bilan de l’eau,
l’eau et l’atmosphère. C’est sans doute dans ce domaine, l’atmosphère que le
péril est le plus grand parce que la santé publique est réellement en cause. En
effet les déchets plastiques sont soulevés par le vent et éparpillés partout. Ils
dégradent l’environnement et nuisent à son esthétique. Tassés dans le sol ils
empêchent l’infiltration et l’écoulement des eaux dans le sol et provoquent
l’inondation par leur imperméabilité.

Les investigations menées sur les quatre dépotoirs sauvages ont révélé
qu’un nombre non négligeable de piles usagées y sont jetées. Le tableau ci-
dessous montre le nombre de piles usagées ramassées sur ces dépotoirs.

Tableau LII : Nombre de piles et de boîtes d’insecticide usagées jetées sur


quatre dépotoirs sauvages de la périphérie

Dépotoirs sauvages Nombre de piles Nombre de boîtes


usagées d’insecticide usagées

Adjara1 25 6

Vakon 18 3

Djèrègbé 32 5

Atchoukpa 17 4

Total 92 18

Source : enquête de terrain, mars 2008


273

Ces piles jetées contiennent du mercure métallique très sensible, qui par la
suite s’infiltre dans le sol qu’il pollue. Elles sont très nombreuses sur les
dépotoirs des quartiers qui ne sont encore alimentés en énergie électrique par la
Société Béninoise d’Energie Electrique. Pour leurs divers besoins, les
populations les achètent et les utilisent.

Les batteries usagées des véhicules jetées par les mécaniciens et


propriétaires de véhicules sont aussi nuisibles pour le sol car elles contiennent
du plomb dont la toxicité est moyenne. Sur les dépotoirs sauvages ces batteries
sont rares. Les investigations faites auprès des vulcanisateurs ont révélé qu’elles
sont recyclées. Le plomb est vendu aux détenteurs de fusils de chasse
traditionnels et aux pêcheurs qui les utilisent à des fins diverses. La matière en
plastique sert de récipient rempli d’eau aux vulcanisateurs pour détecter les
fuites d’air lors des crevaisons des chambres à air des motos et véhicules.

Sur les tas d’ordures s’observent aussi des matières en cuivre dont le
niveau de toxicité est faible par rapport au plomb. Malgré leur absence sur
quelques tas d’ordures, les métaux lourds par leurs différents niveaux de toxicité
participent à la pollution du Sol. Ils agissent sur le sol par fixation sur les
constituants du sol selon les formes suivantes : liée organiquement à l’humus, en
association avec les carbonates et les oxydes, résiduelle insoluble sur une longue
durée.

Pour lutter contre les anophèles, les insectes nuisibles des animaux et des
végétaux, les ménages utilisent les pesticides. Les boîtes vides des pesticides
sont jetées dans la nature ou sur les dépotoirs sauvages. Comme le montre le
tableau ci-dessus leur nombre est relativement faible. Les artisans les ramassent
pour la fabrication des objets utiles pour les populations. Le reste des produits
est déversé dans le milieu et disparaît par les voies de transformations
suivantes :
274

‐ La volatilisation sans réaction chimique ;


‐ L’adsorption par l’humus.
‐ La migration liquide avec les eaux de ruissellement.
‐ L’absorption par la plante, suivie de la métabolisation.
‐ La transformation chimique dans ou sur le sol.

Notons que l’un ou l’autre de ces processus dépend des propriétés chimiques de
chaque pesticide. Les pesticides sont toxiques et modifient la composition du sol
qu’ils polluent.

Les produits pétroliers polluant le sol proviennent généralement des


mécaniciens d’engins à deux roues ou quatre roues utilisant d’huile moteur et
toutes sortes de produits pétroliers. Selon les enquêtes menées dans 30 ateliers
de mécanique (20 pour moto et 10 pour Auto) 6 600 L d’huile de vidange
toxique et 1 200 L d’essence usée sont produits par mois. Le tableau suivant
illustre bien cette situation.

Tableau LIII : Etude quantitative de l’huile de moteur et d’essence usées issues


de quelques garages de la périphérie urbaine de Porto-Novo
Structures Nombre Huile moteur usée Essence usée
(quantité moyenne (quantité moyenne
mensuelle) mensuelle)

Atelier 20 3 000 L 1 200 L


mécanique moto

Atelier 10 3 600 L 1 500 L


mécanique auto

Totaux mensuel 6 600L 2 700 L

Source : Enquête de terrain, mars 2008


275

Dans les différents garages d’automobiles et les ateliers de mécaniciens


de moto, ils déversent ces polluants sur le sol sans tenir compte de leurs impacts
sur l’environnement. Ils polluent l’eau des puits et l’air par le phénomène
d’infiltration et d’évaporation.

7.2.2.3.2- Pollution de l’eau


Plusieurs polluants contribuent à la pollution des eaux de la périphérie
urbaine de Porto-Novo.

Les eaux pluviales, par ruissellement et infiltration, favorisent la migration et


la dispersion des germes pathogènes (bactérie et virus issus de la décomposition
des déchets ménagers), des substances chimiques et organiques toxiques. Ces
substances et germes participent à la contamination de la nappe phréatique. Les
trous et les bas-fonds remplis d’ordures facilitent leur pénétration rapide car la
nappe est proche de ces déchets. Les prélèvements d’eau de puits faits sur les
berges de Zounvi, analysés par Ahouandjinou (2003) révèlent que ces eaux
connaissent des réactions d’acidification nuisibles à la vie animale et même
végétale (ph < 6,5) et la présence d’un nombre de coliformes et des germes
fécaux largement supérieurs aux normes béninoises et aux recommandations de
l’OMS (puits n°2 : streptocoques fécaux/100ml : 1000, coliformes
fécaux/100ml : 1000 contre 00 et 00 pour les normes béninoises).

Par l’intermédiaire des caniveaux les eaux de ruissellement chargées de


substances nocives et germes pathogènes sont déversées dans les marécages et
dans la lagune de Porto-Novo provoquant ainsi leur contamination. C’est peut
être l’une des raisons de la faiblesse des prises dans cette lagune qui jadis
grouillait de faunes aquatiques. A la périphérie cette lagune reçoit aussi les eaux
industrielles toxiques de l’usine de l’IBCG. Elles proviennent de la fabrication
des savons et subissent une décantation avant d’être rejetées dans la lagune.
276

Les piles usées jetées dans la nature constituent aussi une source de pollution
hydrique. Elles contiennent du mercure qui sous l’effet de la chaleur fond,
s’infiltre dans le sol, puis dans l’eau. Le même phénomène se produit au niveau
des vieilles batteries d’accumulateur jetées. Le plomb de ces batteries s’infiltre
dans le sol, pollue la nappe phréatique.

Par ailleurs une forme particulière de pollution hydrique est très


préoccupante. Dans ces quartiers où il n’existe pas d’égouts, les eaux usées
(eaux de cuisine, douche, lessive) sont déversées dans la cour des maisons, dans
les parcelles nues et dans les rues, attirant toutes sortes de mouches, d’insectes et
d’animaux en divagation.

En dehors de ces polluants, les matières fécales comme le montre le tableau


suivant constituent un important problème environnemental pour les populations
de la périphérie.

Tableau LIV : Lieux de défécation selon les enquêtés de la périphérie

Lieux de défécation % du nombre de % des enfants de moins


ménages enquêtés de cinq ans

Latrine de la concession 87 % 52 %

Dépotoirs sauvages 0,5 % 28 %

Espaces vides, brousse et 12,5 % 20 %


autres

Total 100 % 100 %

Source : Enquête de terrain, mars 2008

Il ressort de l’analyse de ce tableau que 87 % des adultes de la périphérie vont


satisfaire leurs besoins dans les latrines de leurs maisons. En dehors de celles qui
277

possèdent des latrines à la maison les autres (13 %) défèquent dans la nature, sur
les dépotoirs sauvages, sur les espaces vides où la végétation est fournie. Ce
paysage est très favorable à cette pratique, car il n’y a pas de contrainte (forte
occupation de l’espace) qui oblige les populations à avoir leurs latrines. Il faut
remarquer que la plupart des toilettes utilisées en commun par plusieurs
ménages sont insalubres et ne sont pas bien entretenues si bien que certaines
personnes préfèrent déféquer dans la nature.

Quant aux enfants, par mesure de sécurité, leurs mères exigent parfois
qu’ils se mettent à l’aise dans la cour de la maison afin qu’elles jettent ces
excréta dans les latrines (52 %) ou sur les dépotoirs sauvages. 28 % des enfants
de moins de 5 ans défèquent directement sur les dépotoirs sauvages. Ces
comportements malsains polluent le sol et l’eau. Pendant la saison pluvieuse, les
eaux pluviales drainent les matières fécales vers les marécages et les zones
inondables ; ce qui pollue la nappe phréatique. Cette mauvaise gestion des
déchets favorisent la multiplication des microbes vecteurs de nombreuses
maladies.

7.2.2.3.3- Pollution de l’air


La pollution de l’air atteint un niveau très élevé depuis quelques années dans
la plupart des grandes villes du Bénin. L’air est pollué par les émissions de
particules en suspension, de fumées et des odeurs dans l’atmosphère. A la
périphérie urbaine de Porto-Novo, les principales sources de pollution de l’air
sont : les transports (notamment les taxis-moto) les incinérations sauvages
d’ordures et les gaz dégagés par les ordures.

Les plus grands pollueurs de la périphérie sont les conducteurs de taxis


motos. Les tableaux suivants illustrent bien cette situation.
278

Tableau LV : Flux des véhicules sur le tronçon Porto-Novo-Djèrègbé


(périphérie sud)

Tranche horaire Nature des véhicules Totaux

Motocycles Voitures légères et


poids lourds

7h – 10h 5 764 3 776 9 540

10h – 13h 5 476 3 680 9 156

13h – 16h 4 875 3 001 7 876

16h - 19h 5 974 3 875 9 849

Totaux des 12 22 089 14 332 36 421


heures

Source : Enquête de terrain, mars 2008


279

Tableau LVI : Flux des véhicules sur le tronçon Porto-Novo-Adjara (périphérie


est)

Tranche Nature des véhicules Totaux


horaire
Motocycles Voitures légères et
poids lourds

7h – 10h 8 245 992 9 237

10h – 13h 7 996 876 8 872

13h – 16h 6 954 602 7 556

16h - 19h 8 574 1 205 9 779

Totaux des 12 31 769 3 675 35 444


heures

Source : Enquête de terrain, mars 2008

Il ressort de l’analyse des tableaux que parmi les véhicules comptés à


toutes les heures à la périphérie sur les voies bitumées Porto-Novo- Djèrègbé
(périphérie sud) et Porto-Novo-Adjara (périphérie est), ce sont les véhicules à
deux roues (motocycles) qui dominent dans la circulation (soit 31 769
motocycles contre 3 675 véhicules à quatre roues en 12 heures de circulation à
Adjara). Ils sont pratiques et adaptés aux voies. Ils sont plus concentrés sur les
voies bitumées et pavées surtout à des heures de pointe. En effet, à la périphérie
urbaine de Porto-Novo, un moment de grand flux sur ces deux tronçons se situe
entre 7h et 10h où circulent 14 009 véhicules motocycles au cours d’une durée
de trois heures et un second moment situé entre 16 et 19 heures avec un effectif
de 14 548 motocycles sur les deux tronçons.
280

En effet les nombreux taxis motos et véhicules qui circulent produisent du


monoxyde de carbone et du gaz carbonique selon que la combustion du
carburant soit incomplète ou complète. La plupart de ces moyens de transport
sont dans un état mécanique lamentable (moteur usé et mal réglé) et sont
propices au dégagement de gaz polluants car le carburant utilisé est en général
frelaté. La plupart des rues ne sont pas bitumées ni pavées si bien que les
véhicules et les motos soulèvent une quantité importante de poussière à leur
passage. Présentés, sous forme de fumée, ces gaz mélangés aux poussières
envahissent l’environnement qu’ils polluent et font suffoquer les passagers et les
riverains.

Un autre facteur important de pollution de l’air dans la périphérie est


l’utilisation des combustibles d’origine végétale tels que le bois de chauffe et le
charbon de bois. 82,87 % des ménages l’utilisent pour la cuisine. Leur
combustion émet une quantité importante de gaz carbonique dans l’atmosphère.

Les dépotoirs sauvages dégagent aussi des gaz liés à la décomposition des
déchets. Ces gaz ont la propriété de se mélanger avec de nombreux autres gaz de
l’atmosphère tels que le gaz carbonique naturel, l’oxygène, l’azote, etc. pour
former des composés plus complexes plus toxiques. Ces divers polluants ont des
effets nocifs sur l’environnement. Ils participent à l’amplification de l’effet de
serre. C’est le réchauffement global de la planète dû à l’augmentation dans
l’atmosphère des gaz à effet de serre dont surtout le gaz carbonique (CO2) et le
méthane (CH4) produits aussi par les dépotoirs sauvages. Ces derniers
participent ainsi à l’augmentation de la température, au changement climatique,
ce qui n’est pas sans conséquences sur la vie à la surface de la terre.

La vente illicite des produits pétroliers constitue pour la périphérie une


importante source de pollution. Comme le montre le tableau suivant les
vendeurs sont très nombreux. Ils sont installés le long des voies et surtout des
principales.
281

Tableau LVII : Nombre de vendeurs de produits pétroliers installés le long des


trois principales routes de la périphérie.

Lieu de vente Nombre de vendeurs

Bordures de la route bitumée début


Akonaboe - fin arrondissement
139
Akpro-Missérété (périphérie nord)

Bordures de la route bitumée Fin


Porto-Novo - fin Djèrègbé
47
(périphérie sud)

Bordures de la route fin Porto-


Novo - fin Adjara (périphérie est)
63

Total 249

Source : Enquête de terrain, mars 2008

Il ressort de l’analyse du tableau qu’aux bords des trois principales voies


de la périphérie (voir les limites dans le tableau) se sont installés 249 vendeurs
de produits pétroliers. En dehors de ces principales voies ces produits se
vendent partout et polluent l’environnement par son odeur et par les gaz qu’ils
émettent. Ces produits très inflammables provoquent parfois des incendies
entrainant beaucoup de dégâts. Ils rejettent dans l’air d’importantes quantités de
gaz carbonique.

Au total, l’évolution périphérique de la ville de Porto-Novo a des


conséquences néfastes sur l’environnement physique. La pression humaine et
l’avancée du front périurbain font peser des menaces sur toutes les ressources
naturelles. La dégradation du cadre de vie est accentuée par la pollution de l’eau,
282

du sol et de l’air. La végétation naturelle est réduite à quelques forêts reliques.


Ces difficultés n’épargnent pas les hommes et leurs activités.
283

CHAPITRE HUITEME

CONSEQUENCES DE L’EVOLUTION DE LA
PERIPHERIE SUR LE PLAN SOCIAL ET
ECONOMIQUE

L’évolution rapide de la périphérie, traduite par l’accroissement de sa


population, le développement de nouvelles activités économiques et la percée
des services administratifs, n’est pas proportionnelle à la construction des
infrastructures sociales dans le milieu. Ainsi les populations sont exposées à
d’importantes difficultés sociales et économiques.

8.1- CONSEQUENCES DE L’EVOLUTION DE LA PERIPHERIE SUR


L’ENVIRONNEMENT SOCIAL.
Les conséquences de cette mutation relativement rapide sur les
populations sont nombreuses. Elles s’observent sur le plan sanitaire, éducatif,
culturel, etc.

8.1.1- Problèmes de santé dans la périphérie


Dans la périphérie, les problèmes de santé des populations sont
étroitement liés à l’insuffisance des infrastructures socio-sanitaires, la
dégradation poussée de leur cadre de vie, leur statut socio-professionnel, leur
niveau de vie (revenu), leur niveau d’instruction etc.

8.1.1.1- Insuffisance d’infrastructures et de personnels de santé


Comme signalé dans la partie sur les facteurs de la dynamique
périurbaine, le milieu d’étude dispose de quelques infrastructures socio-
sanitaires (centres de santé privés, Centres communaux de santé, centres de
santé des arrondissements, pharmacies, etc.). Mais, malgré la proximité du
284

centre-ville où il y a le centre hospitalier départemental et l’hôpital libyen El


Fateh, ces infrastructures sont insuffisantes et présentent beaucoup de limites
dans l’exercice de leurs activités. Les infrastructures sont délabrées et sous
équipées, l’effectif du personnel de santé est très insuffisant. A titre d’exemple,
prenons à travers le tableau ci-dessous le cas de la commune d’Avrankou où
trois de ses arrondissements font partie de l’espace périurbain.

Tableau LVIII : Personnel de santé par habitant et par arrondissement dans la


commune d’Avrankou

Sage
Arrondissements Populations Médecins Infirmiers Femme Hbts/Médecin Hbts/Infirmier Hbts/Sge Fme

Atchoukpa 19565 0 0 1 19565

Avrankou 13734 1 3 4 13734 4578 3433,5

Djomon 14245 0 1 1 - 14245 14245

Gbozoumè 6057 0 1 1 - 6057 6057

Kouti 12751 0 1 1 - 12751 12751

Ouanho 8712 0 0 0 -

Sado 5338 0 1 1 - 5338 5338

COMMUNE 80402 1 7 9 80402 11486 8933,556

Sources : CCS Avrankou (PDC 2005-2009)

Le tableau LIX montre que les ratios habitants par personnel de santé est
de : 01 médecin pour 80 402 habitants, 01 infirmier pour 11 486 habitants et 01
sage femme pour 8 934 habitants. Ces ratios ne sont pas conformes aux normes
de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui fixe 01 médecin pour 10 000
habitants, 01 infirmier pour 5 000 habitants et 01 sage-femme pour 5 000
habitants.
Partout dans la périphérie ce ratio est toujours supérieur à celui fixé par l’OMS.
285

A Adjara, il est de l’ordre de 01 médecin pour 30 000 habitants, 01 infirmier


pour 10 000 habitants et 01 sage-femme pour 6 000 habitants. Il varie d’un
arrondissement à un autre. En dehors des chefs-lieux de communes où les
populations sont mieux suivies, la situation sanitaire est plus précaire dans les
autres arrondissements. Certains arrondissements proches du centre-ville ne
disposent pas de centres de santé et se rabattent sur ce dernier pour les soins ;
c’est le cas de Ouanho. La couverture sanitaire de la périphérie est insuffisante.
Ainsi la dégradation du cadre de vie liée à la transformation rapide du milieu
expose davantage les populations à toutes sortes de maladies.

8.1.1.2- Maladies dans la périphérie


Selon les populations enquêtées, une grande partie des maladies dont elles
souffrent (le paludisme, la fièvre typhoïde, les dermatoses, les maladies
respiratoires, oculaires, etc.) est due à la dégradation du cadre de vie par les
pollutions du sol, de l’eau et de l’air. Le tableau ci-dessous présente les
principales affections liées aux pollutions selon les enquêtés.
286

Tableau LIX : Principales affections liées aux différentes pollutions selon les
populations enquêtées

Maladies dues aux pollutions des Maladies dues à la pollution


eaux et des sols atmosphérique

Maladies Fréquences Maladies Fréquences

Paludisme 51 % Respiratoires 11 %

Fièvre typhoïde 10,7 % Yeux 4,1 %

Dermatoses 8,2 %

Parasitoses 15 %
intestinales

Source : Résultats des enquêtes de terrain, mars 2008

Il ressort de l’analyse du tableau que 84,9 % des maladies liées à


l’insalubrité sont dus aux pollutions des eaux et des sols et que 15,1 % sont dus
à la pollution de l’air.

Selon les relevés épidémiologiques mensuels des centres de santé de la


périphérie, les principales affections enregistrées sont : le paludisme, les
affections gastro-intestinales, les dermatoses, les infections respiratoires, les
maladies oculaires, l’anémie et les traumatismes. Prenons le cas des relevés
épidémiologiques mensuels du centre de santé d’Akpro-Missérété (de janvier à
octobre 2009) pour illustrer cette situation. Les affections les plus fréquentes se
présentent comme le montre le tableau ci-dessous.
287

Tableau LX : Principales maladies enregistrées dans le centre communal de


santé d’Akpro-Missérété

Principales maladies à la périphérie Pourcentage du nombre de malades

Paludisme 60,35 %

Affections gastro-intestinales (dont la 5,12 %


diarrhée)

Dermatoses 1,32 %

Infections respiratoires 15,71 %

Maladies oculaires 0,37 %

Anémie 3,09 %

Traumatisme 14 %

Total 100 %

Source : Enquêtes de terrain, Centre de santé d’Akpro-Missérété,


novembre 2009

Il ressort de l’analyse du tableau ci-dessus que les quatre affections les


plus fréquemment notifiées lors des consultations sont principalement le
paludisme 60,35 %, les infections respiratoires 15,71 %, le traumatisme pour 14
%, et les affections gastro-intestinales 5,12 %. Quant aux affections les plus
fréquentes notifiées en hospitalisation, ce sont globalement les mêmes, mais
avec des intensités moindres. En dehors de ces maladies (citées dans le tableau),
les maladies chroniques ou dites de civilisation telles que l’hypertension
artérielle, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, l’insuffisance rénale
(utilisation des médicaments de rue de qualité douteuse) sévissent aussi à la
périphérie urbaine de Porto-Novo. La plupart de ces maladies sont dues aux
288

différentes pollutions. Le faible niveau d’assainissement du milieu est favorable


au développement et à la prolifération des vecteurs de maladies.

En effet la pollution du sol a des conséquences néfastes sur la santé des


populations. Elles sont menacées par la proximité des tas d’ordures avec
lesquelles elles cohabitent. Les dépotoirs sauvages sont des milieux riches en
germes pathogènes. La forte humidité et la chaleur qui sont les caractéristiques
du climat subéquatorial favorisent la multiplication de ces germes. Ils sont
d’abord véhiculés par les arthropodes (mouches, cafards, etc.) et les rongeurs,
puis transmis à l’homme par le biais de l’alimentation, la boisson. Les
populations exposées souffrent des maladies telles que :

‐ la diarrhée,
‐ la dysenterie,
‐ les dermatoses,
‐ etc.

Les restes d’aliments dont se régalent certains animaux tels que les porcs,
les chiens, les chats, les cabris, les poulets, etc. sur les dépotoirs sauvages
peuvent être des sources d’infections pour l’homme par la consommation de
leurs viandes.

La pollution des eaux a aussi des conséquences néfastes sur la santé des
populations. Pendant la saison pluvieuse, les enfants s’amusent dans les eaux de
ruissellement et même les adultes, pour se déplacer dans les quartiers dépourvus
de caniveaux, pataugent dans ces eaux. Certains quartiers inondés comme
Gbodjè, Aglogbè, Louho, Dowa, etc. offrent des spectacles désagréables. Les
populations sont exposées aux différentes maladies liées à la pollution des eaux,
car dans les ménages l’utilisation de l’eau de puits est encore très répandue.
Selon les enquêtes de terrain, certaines maladies sont liées au contact direct
avec l’eau et à sa consommation.
289

Les maladies parasitaires et infectieuses liées au contact direct des


populations avec les eaux polluées (eaux pluviales, eaux des rivières, des
marécages, etc.) sont :

‐ les dermatoses ;
‐ la schistosomiase ;
‐ l’ankylostomiase ;
‐ l’anguillulose ;
‐ etc.

En ce qui concerne la consommation d’eau à la périphérie, la source


d’approvisionnement en eau la plus courante est le puits traditionnel à margelle.
La plupart de ces puits ne sont pas protégés (82,7% des puits selon les enquêtes
de terrain). Les populations construisent des citernes pour recueillir les eaux
pluviales qu’elles utilisent à des fins diverses. Ces eaux sont de qualité douteuse.
Les puits les plus pollués sont ceux qui sont creusés dans ou proche des zones
marécageuses ou bas-fonds comblés par les ordures. Comme signalé plus haut,
les prélèvements d’eau de puits faits sur les berges de Zounvi, analysés par
Ahouandjinou (2003) révèlent que ces eaux connaissent des réactions
d’acidification nuisibles à la vie animale et même végétale (ph < 6,5) et la
présence d’un nombre de coliformes et des germes fécaux largement supérieurs
aux normes béninoises et aux recommandations de l’OMS (puits n°2 :
streptocoques fécaux/100ml : 1000, coliformes fécaux/100ml : 1000 contre 00 et
00 pour les normes béninoises). Le résultat de ces analyses prouve que la nappe
phréatique des ces zones basses comblées par les déchets est polluée. Les
maladies les plus fréquentes liées à la consommation de ces eaux sont :

‐ les diarrhées à bactéries ;


‐ les diarrhées à parasites (amibiase) ;
290

Notons que la diarrhée est l’une des causes principales de la mortalité infantile
dans la périphérie. Les enfants constituent la couche la plus vulnérable de la
population. Ils réagissent très vite aux conditions socio-sanitaires, économiques
et environnementales de leur milieu de vie.

D’autres maladies proviennent de la pollution atmosphérique. Elle a aussi


des conséquences sur la santé des populations. La pollution de l’air est complexe
c’est-à-dire formée de polluants associés sous des formes physico-chimiques
diverses. Ces polluants agissent les uns sur les autres, il en résulte des nuisances
supérieures à la toxicité de chacun. La pollution atmosphérique affecte la
population sans distinction d’âge (15,71 % des consultations au centre de santé
d’Akpro-Missérété). Les effets de la pollution se manifestent habituellement de
façon chronique mais rarement de façon aiguë. L’exposition prolongée à la
pollution de l’air, ajoutée aux conditions socioprofessionnelles, font recourir
beaucoup de risques aux populations de la périphérie urbaine de Porto-Novo. En
effet, selon les enquêtes, la pollution de l’air affecte plusieurs systèmes mais la
cible est l’appareil broncho-pulmonaire qui est sujet à des affections :

‐ la toux,
‐ la grippe,
‐ l’asthme,
‐ la bronchite chronique,
‐ les cancers broncho-pulmonaires.

En dehors de ces maladies il existe aussi d’autres liées toujours à la pollution


atmosphérique. C’est le cas :

‐ des irritations conjonctivales,


‐ des ulcérations de la cornée,
‐ les rhinites,
‐ les migraines
291

Les pollutions ne sont pas à elles seules responsables des maladies, il y a aussi le
non respect des règles d’hygiène essentielles.

Selon les enquêtes de terrain, le manque d’hygiène est l’une des sources
des maladies de la périphérie et que son degré varie selon les caractéristiques
sociodémographiques des ménages. Les chefs de ménage qui sont plus instruits
respectent plus les règles de l’hygiène que ceux qui n’ont aucune instruction.
Ceux qui sont plus riches les respectent davantage que les pauvres. Comparées
aux populations du centre-ville où il y a plus de riches et plus d’instruits, celles
de la périphérie sont plus exposées aux maladies.

8.1.1.3- Principales difficultés pour se soigner dans la périphérie


Selon les ménages enquêtés, les difficultés liées aux soins médicaux sont :

‐ Le coût élevé des produits pharmaceutiques : Une grande partie de la


population n’arrive pas à acheter les produits à cause de leurs faibles
revenus.
‐ Le coût élevé des consultations.
‐ Le manque ou l’éloignement des centres de santé dans certains
arrondissements.
‐ L’insuffisance des équipements des centres et de centres de santé.
‐ Le manque de personnel et de personnel qualifié.
‐ Le mauvais accueil du personnel administratif et soignant.
‐ L’insuffisance des médicaments pour soigner les indigents.
‐ L’insuffisance des moyens de transport (ambulances).
‐ Etc.
292

8.1.2- Sous-équipement de l’espace périurbain

• Sous-équipement scolaire
Malgré le rôle prépondérant qu’ils jouent, les établissements
d’enseignement sont confrontés à de nombreux problèmes. Les élèves sont
encadrés par des enseignants à dominance communautaires ou vacataires peu
qualifiés et sans vocation. Sur 71 professeurs il y a 58 vacataires, 2 contractuels
d’Etat et 11 professeurs agents permanents de l’Etat en 2004 au CEG1 Adjara.
Aujourd’hui, la gratuité de l’enseignement maternelle et primaire a rendu
pléthoriques les effectifs des élèves. Il leur manque cruellement de salles de
classes et de mobiliers scolaires (tables, bancs). Les classes contiennent entre 70
à 90 élèves (les deux classes de 6ème du CEG Aglogbè ont 75 et 76 élèves). A
titre d’exemple prenons le cas des CEG Aglogbè, Ouanho et Akpro-Missérété
créés respectivement en 2009, 2007 et 1982 présentés dans le tableau ci-dessous.

Tableau LXII : Etat du personnel enseignant et de salles de classes aux CEG


Akpro-Missérété (Périphérie nord), Aglogbè et Ouanho (périphérie est)

Collèges Effectifs Professeurs Groupes Salles de Nombre


d’enseignem pédagogi classes de salles
ent ques disponi manquan
secondaire bles tes
APE ACE Vacataires

CEG Akpro- 2910 14 24 153 49 32 17


Missérété

CEG 602 - 02 53 12 08 04
Ouanho

CEG 151 - - 12 2 2 2
Aglogbè

Total 3663 14 26 218 63 42 23


Source : Enquête de terrain, novembre 2009
APE : Agents Permanents de l’Etat
ACE : Agents Contractuels de l’Etat
293

Il ressort de l’analyse du tableau que pour les trois établissements, il


manque 23 salles de classes. Aucune salle n’est électrifiée. 84,49 % des
enseignants sont des vacataires comme le montre la figure 15. Le CEG Aglogbè
n’a ni enseignants APE ni ACE.

Effectifs des enseignants


250
218

200

150

Effectifs des enseignants


100

50 26
14
0
APE ACE Vacataire

Figure 15 : Effectifs des enseignants dans les CEG Aglogbè, Ouanho et


Akpro-Missérété

Aux CEG Ouanho et Aglogbè, toutes les salles de classes sont sans portes et
fenêtres. Plus de la moitié (17 salles) n’en possède pas aussi à Akpro-Missérété
malgré l’ancienneté de ce collège créé depuis 1982. Il manque aux élèves plus
600 tables et bancs. Ces trois collèges sont dépourvus de clôture si bien que les
retards ne sont pas bien contrôlés. C’est après 27 ans d’existence que l’Etat vient
de financer la construction d’un laboratoire encore en chantier au CEG Akpro-
Missérété. Les établissements n’en disposent pas pour la plupart et ceux qui
existent souffrent de manque des équipements modernes. Les infrastructures
existantes subissent des dégâts dus au climat. C’est le cas de cette salle de classe
décoiffée par un vent violent (photo 31).
294

Photo 31 : Toiture décoiffée par un vent violent dans l’école primaire


d’Akonaboè (cliché VIGNINOU, juin 2009)

A ces problèmes, il faut ajouter le manque de bibliothèque, de salles


d’informatique, de terrain de sport, de salles de jeux, le délabrement des
infrastructures (manque de portes, fenêtres, classes non cimentées), l’inexistence
de certaines séries : A, B, C dans certains établissements, la pollution de
l’environnement due à l’absence de latrines comme c’est le cas au CEG
Aglogbè, l’insuffisance de matériels didactiques, les difficultés d’accès aux
écoles pendant la saison pluvieuse et les difficultés des Associations des Parents
d’Elèves à payer les communautaires et les vacataires. La plupart de ceux-ci
sont des étudiants anciens ou fraichement sortis des universités. L’enseignement
donné n’est pas de bonne qualité. Certains élèves se découragent compte tenu de
leurs résultats. On enregistre des cas d’abandon au profit de la vente illicite des
produits pétroliers en provenance du Nigéria et la conduite des taxis-motos en
ignorant l’importance de l’instruction.

La répartition de la population selon le niveau d'instruction est utilisée


comme mesure de la qualité des ressources humaines d'un pays ou d’une
295

localité. Ainsi, en ce qui concerne la périphérie de Porto-Novo, le niveau


d’instruction partant de la proportion de la population ayant un niveau
correspondant à un ordre d’enseignement donné comparé à celui de Porto-Novo
se présente comme le montre la figure 16.

60

50 47,7

39,3
40 35,3

30 27,5
25,4 Porto‐Novo
Périphérie
20
14,3

10 5,2
1,6 2,6 1,1
0
Maternel Primaire Secondaire supérieur Aucune
instruction

Figure 16: Niveau d’instruction des populations de la ville de Porto-Novo et de


sa périphérie
Source : (INSAE, 2002)

Malgré son rôle social et ses atouts indéniables, une importante partie de
la population de la périphérie vit sans instruction. Elle représente 47,7 % de la
population. Elle est très élevée par rapport à celle de Porto-Novo (27,5 %).

L’enseignement maternel est peu développé à cause de l’insuffisance de


ses infrastructures et marginal du fait qu’il ne s’impose pas dans le système
éducatif. Il prend en compte seulement 1,6 % des enfants de la périphérie contre
5,2 % pour Porto-Novo.

Quant à l’enseignement primaire, les élèves du niveau primaire


représentent 35,3 %. Les écoles primaires sont plus fréquentées car
296

l’enseignement primaire constitue de tout temps la priorité des gouvernements et


des institutions internationales.

L’enseignement secondaire occupe seulement 14,3 %. Ce taux est très


faible par rapport à celui de l’enseignement primaire. Cette situation témoigne
de l’importance de la déperdition scolaire dans le milieu.

L’enseignement supérieur n’est pas développé. Il occupe 1,1 % de la


population.

A tous les niveaux, les femmes instruites sont faiblement représentées


malgré la gratuité de l’enseignement pour les filles et les nombreuses campagnes
de sensibilisation.

• Faible distribution de l’énergie électrique et de l’eau


Le nombre d’abonné est très faible (2205 pour la commune d’Adjara,
1364 à Avrankou, 770 à Akpro-Missérété en 2004). La pratique du système des
toiles d’araignée est très courante à cause de l’insuffisance des poteaux
électriques et de l’absence de lotissement. L’énergie électrique est surtout
utilisée pour l’éclairage domestique et public et les petites et moyennes
industries (boulangerie, scieries, usines de fabrication de glace, etc.). Les
principaux problèmes dont souffre ce secteur sont : la faible extension du réseau
par la SBEE, la baisse de tension, les coupures intempestives, la faiblesse du
pouvoir d’achat des populations et les cas d’électrocution causés par les fils
électriques en toile d’araignée. (La photo suivante montre le rôle joué par les fils
d’électricité dans la distribution de l’énergie électrique)
297

Photo 32 : Fils électriques en toile d’araignée à Vakon (cliché VIGNINOU, juin


2009)

En effet, les maisons éloignées les unes des autres nécessitent


l’implantation de nombreux poteaux électriques auxquels la SBEE ne peut
satisfaire. A la différence du centre-ville, l’espace périurbain ne dispose pas
d’éclairage public suffisant. De nombreux quartiers vivent dans l’obscurité.

En ce qui concerne l’eau courante, malgré les installations de la SONEB


(dans les quartiers lotis) le nombre d’abonnés est faible. Les cinq
arrondissements périurbains de la commune d’Adjara illustrent bien la situation
peu reluisante de l’approvisionnement en eau du milieu.
298

Tableau LXIII: Situation des ouvrages hydrauliques des 5 Arrondissements de


la Commune d’Adjara de la périphérie

Arrondissements FPM PM PE Citernes RESEAU SBEE

Adjara I 7 2 12 5 484

Adjara II 4 4 2

Honvié 5 14

Malanhoui 3 6 1

Médédjonou 10 11 1

Aglogbè 2 3 2

Ensemble de la 31 5 50 9 484
Commune

Source : Service Départemental de l’Hydraulique, juin 2004 (PDC 2005-2009)

FPM : Forage équipé de pompe à motricité humaine

PM : Puits moderne

PE : Point d’eau

L’approvisionnement en eau diffère d’un arrondissement ou d’un quartier


à un autre. Certains sont pourvus en eau potable distribuée par la SONEB ; c’est
le cas des arrondissements de Vakon, Akpro-Missérété, Adjara1, Adjara2,
Honvié, Malanhoui, Aglogbè, Avrankou, Ouanho, Atchoukpa, Djèrègbé et les
quartiers de la périphérie dépendant des arrondissements de Porto-Novo. Le
nombre d’abonnés est très faible par exemple en 2004 ces abonnés s’élèvent à
484 pour toute la commune d’Adjara et 205 pour Vakon et Akpro-Missérété.
Cette situation est surtout due à l’allongement des distances entre les maisons
d’une part et les quartiers d’autre part. Ce qui augmente les dépenses en
équipements auxquels les autorités locales et centrales sont impuissantes. Ceux
299

qui sont abonnés organisent souvent le système de redistribution en vendant à


leurs voisins.

Les quartiers dépourvus d’eau courante disposent des forages (installés


par les services de l’hydraulique et ONG avec la participation financière des
populations) qui leur permettent de s’approvisionner en eau plus ou moins
potable. Ces pompes tombant régulièrement en panne, leur entretien échappe
aux comités de gestion des forages. Mais, la source d’approvisionnement en eau,
la plus courante est le puits traditionnel à margelle. Les populations construisent
aussi des citernes pour recueillir les eaux pluviales qu’elles utilisent à des fins
diverses. La qualité de l’eau consommée est douteuse. Au total, la situation de
l’approvisionnement en eau de la périphérie n’est pas reluisante. En dehors des
maladies hydriques, les populations sont confrontées à d’autres types de
problèmes notamment les conflits fonciers.

8.1.3- Conflits fonciers


Malgré la sécurisation du foncier le nombre de conflits s’accroit dans
l’espace périurbain.

Pour Vigan (2007), il existe quatre types de causes d’insécurité des mutations
foncières à Akonaboè, un quartier périurbain au Nord de Porto-Novo:

- La première cause d’insécurité résulte des erreurs d’identification des


ayants droits. On n’est jamais certain que le vendeur ait le droit de vendre et que
d’autres ayants droits ne vont pas surgir quelques années après pour tenter de
faire annuler la vente. Le problème n’existe pas seulement avec les terrains
coutumiers car on peut aussi le rencontrer avec les permis d’habiter (plus
rarement).

- L’administration est responsable de la seconde cause d’insécurité. En effet


elle considère à tout moment, qu’elle est en droit d’exercer une sorte de droit de
300

propriété éminent qui peut aller dans certains cas jusqu’à disposer des fonciers
dont elle a besoin pour cause d’utilité publique.

- Un troisième type d’insécurité est dû à la mauvaise identification du foncier


sur lequel porte la mutation. Le foncier que l’on croit avoir acheté n’est pas
toujours celui qui est désigné sur le document reçu. En effet, même lorsqu’il
existe un plan précis du foncier et une convention de vente ou même un titre
foncier, il n’est pas évident de savoir de quel foncier il s’agit par défaut de
localisation.

- En dehors des opérations de remembrement, l’insécurité juridique


concernant les limites des fonciers est faible ou constitue une question
secondaire. Il existe peu de contentieux entre propriétaires voisins à propos des
limites foncières ou, du moins, ces conflits se règlent souvent par des arbitrages
amiables à l’échelon local sans grandes difficultés. La question de l’exacte
délimitation des fonciers et du bornage ne constitue donc un véritable problème
que durant les phases de mutation du parcellaire. Les opérations de
remembrement où se réalisent de nouvelles délimitations des fonciers
(recasement) constituent précisément l’origine de l’insécurité foncière. Ce cas
s’observe surtout à Akonaboè et est à la base des problèmes d’insécurité
foncière que connaît le quartier.

Ces différentes causes engendrent nombre de conflits. Ces conflits sont soit
réglés à l’amiable en famille si les protagonistes sont du même clan, soit à la
gendarmerie ou au tribunal. Cette photo montre une parcelle en litige où le
chantier est abandonné.
301

Photo 33 : Parcelle litigeuse à Akpro-Missérété, le bâtiment en chantier est


abandonné, (Cliché VIGNINOU, mai 2009).

8.1.4- Autres problèmes sociaux de la périphérie

• Chômage et le développement du secteur informel


Le Bénin est un pays à économie dominée. Sa croissance économique n’est
pas proportionnelle à son accroissement démographique. Depuis les années
1990, comme la plupart des pays de la sous-région, il est confronté à
d’importantes difficultés socioéconomiques. Aucune région n’est épargnée. Par
l’intermédiaire des rapports villes-campagnes, la crise est ressentie même dans
les hameaux les plus reculés. Les populations vivent dans la précarité. La
périphérie urbaine de Porto-Novo ne fait pas exception à la règle. Elle est
confrontée à des problèmes sociaux dont le plus important est le chômage des
jeunes diplômés. Il a pris une proportion alarmante. Aucune famille n’est
épargnée. Selon le RGPH 3 en 2002, cette population à la recherche du travail
s’élève à 2 556 personnes dans le département de l’Ouémé. La population
masculine est la plus touchée par le chômage : 1 634 hommes contre 922
femmes. Un niveau d’instruction plus faible et la crise de l’emploi se conjuguent
302

pour retenir l’entrée des femmes sur le marché du travail formel, d’où
l’incidence plus faible au chômage. Le marché du travail est saturé. Les
difficultés économiques persistantes ne permettent pas à l’Etat de faire un
recrutement massif. La percée de nouvelles activités dans la périphérie telles que
le commerce surtout informel, l’artisanat, les services n’arrive pas résorber le
chômage. Ceux qui travaillent n’arrivent pas satisfaire totalement leurs besoins.
Quant à ceux qui n’ont pas d’emplois, ils s’adonnent à la conduite des taxis-
motos et le commerce informel (le trafic des produits pétroliers et la vente des
produits de la contrebande en provenance du Nigéria). Cette précarité se traduit
dans l’espace par une hétérogénéité du paysage périurbain.

• Ecarts sociaux

L’observation du paysage périurbain permet de distinguer les différentes


classes sociales de la périphérie. De très belles maisons côtoient les plus laides.
Cette hétérogénéité est plus visible dans les anciens villages gagnés par la
périurbanisation tels que Dowa, Louho, etc. où dominent les habitations
traditionnelles et semi-traditionnelles. Ces noyaux primitifs apparaissent comme
des îlots de pauvreté dans un ensemble périurbain où dominent les habitations
semi-modernes et modernes. Les autochtones sont relégués au second plan car
ils sont dominés par les migrants plus nombreux et plus fortunés. La solidarité
villageoise n’existe plus et laisse sa place à l’individualisme qui s’observe
généralement dans les grandes villes.

• Insécurité grandissante
Le chômage, le sous-emploi, la pauvreté et le paysage périurbain sont les
principales causes l’insécurité grandissante observée dans le milieu malgré la
présence des forces de l’ordre. Selon les enquêtes les infractions les plus
fréquentes sont : les coups et blessures volontaires, les vols, les abus de
confiance, usage et trafic de drogue, litiges de terrains. La périphérie constitue le
303

nid des bandits, le coin de replis ou le refuge des malfrats chassés du centre-
ville. C’est aussi dans ce milieu que les marchandises prohibées ou frauduleuses
sont cachées. En dépit de la proximité du Nigéria, les grands vols ne sont pas
légion grâce à l’existence d’opération bénino-nigériane de lutte contre le grand
banditisme et la criminalité transfrontalière. Malgré le quadrillage de la
périphérie par les forces de l’ordre, la sécurité dans les arrondissements est
limitée par la faiblesse de l’effectif, l’insuffisance de matériels, la perméabilité
de la frontière, l’absence de l’éclairage public et de commissariat de police.

8.2- CONSEQUENCES DE L’EVOLUTION DE LA PERIPHERIE SUR


L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE.
Dans le domaine économique la périurbanisation a aussi des impacts négatifs
importants sur les principaux acteurs.

8.2.1- Recul des activités agricoles


L’avancée du front périurbain a des conséquences sur les activités
agricoles. Les plantations du palmier à huile qui faisaient jadis la fierté des
populations de la région subissent les effets pervers de la périurbanisation. Les
hectares de palmier sont abattus (de 17,38% en 1996 la palmeraie est passée à
12,21 % de la superficie de la périphérie en 2008) ; les terrains sont morcelés et
vendus. Cette fièvre foncière n’épargne aucune localité de la périphérie si bien
qu’on est tenté de dire que « plus le front périurbain avance, plus la palmeraie
recule ». Mais il faut signaler que la disparition de la palmeraie n’est pas
seulement liée à l’avancée du front mais aussi à la crise que connaît cette filière.

Quant aux cultures vivrières, elles ont subi le même sort. Les superficies
emblavées ont régressé, l’accès à la terre est de plus en plus difficile dans le
secteur. De 38,12 % en 1996 les cultures vivrières occupent 20,08 % de la
superficie de la périphérie en 2008. Les terres sont devenues un facteur limitant
pour l’agriculture car celles qui lui sont prédestinées sont morcelées du fait des
304

opérations de lotissement déjà faites ou en cours. De vastes domaines sont


acquis par les nantis qui les mettent rarement en exploitation. Les immigrants
achètent les parcelles, construisent et viennent s’installer ; ce qui réduit
énormément la surface cultivable. Ne disposant plus de terres, cette situation
pousse davantage les paysans à aller loin dans les autres communes où l’espace
est encore disponible pour le développement de leurs activités agricoles.
Prenons le cas de la diminution du nombre de ménages agricoles d’Akonaboè
comme le montre le tableau suivant pour illustrer cette situation.

Tableau LXIV : Evolution du nombre de ménages agricoles entre 1979 et


2002 à Akonaboè (périphérie nord de Porto-novo)

Années Nombre de ménages Nombre de ménages


total agricoles

1979 311 -

1992 553 116

2002 907 82

Source : (INSAE, 1979, 1992, 2002)

Il ressort de l’analyse de ce tableau que le nombre total de ménages


d’Akonaboè a presque triplé entre 1979 et 2002 alors que celui des ménages
agricoles diminue. Il est passé de 116 en 1992 à 82 ménages en
2002.Aujourd’hui la tendance dans toute la périphérie urbaine de Porto-Novo est
à l’exode des paysans vers ces communes. Beaucoup de paysans se sont
réorientés vers d’autres activités plus porteuses telles que la conduite des taxis
motos et la vente des produits pétroliers. L’agriculture est devenue une activité
secondaire pour beaucoup de paysans. L’agriculture qui était commerciale est
devenue une agriculture de subsistance. Ceux qui persistent dans cette activité
305

utilisent à la fois plus la main d’œuvre familiale et salariale. Ces derniers se


sont regroupés dans des organisations de paysans pour défendre leurs intérêts et
bénéficier des aides de l’Etat et des crédits des institutions de micro finances.
Parmi les difficultés, on déplore la faiblesse de la productivité, la pauvreté et la
dégradation des sols liées à leur surexploitation et à la forte densité de la
population. Il convient de signaler que ces activités ne bénéficient pas de
financement adéquat malgré la présence des micro-finances (CLCAM, PADME,
etc.). A ces problèmes, il faut ajouter ceux relatifs à l’analphabétisme, le non
encadrement technique des producteurs, l’abattage des palmiers à huile, la cherté
des intrants agricoles, l’attaque des cultures par des rongeurs, la destruction des
cultures par les animaux en divagation et les difficultés relatives au stockage, les
aléas climatiques la conservation et la transformation des produits agricoles.

Les effets négatifs de la périurbanisation concernent aussi l’élevage.


Malgré les potentialités dont il dispose, l’élevage périurbain est confronté à
quelques difficultés. Elles sont relatives à l’insuffisance de pâturage surtout en
saison sèche, au manque d’encadrement technique des éleveurs (insuffisance de
vétérinaires), à la faible vulgarisation des produits vétérinaires, aux difficultés
financières des éleveurs pour faire face surtout à l’achat des médicaments et des
provendes, à l’absence de véritables entreprises pouvant satisfaire les besoins du
marché intérieur. A ces difficultés s’ajoutent les diverses épidémies. En effet les
maladies qui sévissent sont : la peste aviaire et porcine, la trypanosomiase et les
affections cutanées et parasitaires. Les éleveurs individuels sont nombreux. Ils
pratiquent souvent leurs activités sans les soins vétérinaires adéquats. Dès
l’apparition des maladies, ils enregistrent de lourdes pertes.

La pêche aussi est confrontée à quelques problèmes. En effet les méthodes


utilisées sont traditionnelles et rudimentaires. Les règlementations en vigueur ne
sont pas respectées ; les pêcheurs utilisent des engins prohibés tels que les filets
à mailles fines, les produits toxiques, etc. A ces problèmes, il faut ajouter
306

l’appauvrissement des plans et cours d’eau dû à leur surexploitation, la


prolifération de la jacinthe d’eau qui réduit l’oxygène et asphyxie la faune
aquatique et la pollution des cours d’eau par les déchets. La destruction des
frayères par l’ensablement et le comblement des cours d’eau, l’analphabétisme
des pêcheurs, les difficultés d’accès au crédit sont d’autres formes d’obstacles au
développement de cette activité dans la périphérie.

8.2.2- Problèmes des transports


Le transport joue un rôle économique important et participe au
développement spatial de la périphérie. Les différentes communes constituant le
cadre d’étude, ont, dans la mesure de leur possibilité fait ce qu’elles peuvent
dans le développement de cette activité. Mais, malgré la bonne volonté des
autorités municipales, les problèmes auxquels les transports sont confrontés dans
la périphérie sont nombreux :

- Les infrastructures de transport sont encore embryonnaires : elles ne sont


pas développées et nécessitent un lourd investissement.
- La dégradation et l’impraticabilité des routes secondaires et pistes pendant
les saisons pluvieuses : à l’exception des trois voies principales bitumées
qui traversent la périphérie (Porto-Novo-Cotonou, Porto-Novo-Igolo et
Porto-Novo-Kétou) et quelques voies pavées « de prestige », toutes les
voies et pistes sont dégradées. Les saisons pluvieuses constituent leurs
périodes d’intenses dégradations. Certains quartiers sont enclavés durant
cette période car les routes pour y accéder sont inondées et empêchent les
populations de circuler librement. Aucune rue n’est épargnée ; souvent les
autorités municipales pour soulager les riverains procèdent à leur
reprofilage mécanique ou aménagement et à leur rechargement en latérite
comme le montre la photo 34.
307

Photo 34 : Rechargement de voie en latérite à Malé (cliché VIGNINOU, avril


2009)

- La non ouverture de certaines voies : le faible taux d’occupation du milieu


ou la non installation des populations dans les zones loties favorise
l’envahissement des voies par la végétation. Dans ce cadre on peut parler
de l’incivisme qui caractérise certains riverains incapables de désherber
leur devanture pour permettre le passage. Devant les parcelles vides, la
situation est souvent déplorable. Certaines personnes utilisent l’emprise
des rues comme des champs de cultures vivrières surtout le maïs ; cette
culture est rencontrée partout dans la périphérie, ce qui empêche le
passage des véhicules qui sont obligés de faire de grands détours pour
atteindre leur destination.
- L’érosion des voies : ces routes subissent des conséquences de l’érosion
parce que ne disposant pas de caniveaux pour drainer les eaux pluviales. Il
faut reconnaître que le sol ferralitique est propice à l’érosion et amplifie le
phénomène.
- Les difficultés d’accès aux parcelles : les quartiers non lotis souffrent
aussi des problèmes d’accès. Ils sont relativement enclavés et manquent
308

des voies d’accès pour accéder aux parcelles. Dans ces milieux dominent
les sentiers et les pistes.
- L’insuffisance de parcs officiels pour automobiles et motocyclette : en
dehors des auto-gares d’Adjara, Avrankou et d’Akpro-Missérété, la
périphérie ne dispose que de parcs spontanés.
- La non fonctionnalité du chemin de fer : le transport ferroviaire qui n’est
plus fonctionnel constitue un handicap pour le développement du
transport dans la périphérie. Il pourrait désenclaver davantage et favoriser
les échanges avec les autres communes du département
- L’insuffisance de transport en commun.
- L’inorganisation des zémidjans toujours laissés dans l’informel.
- De fréquents cas d’accident, sources des traumatismes enregistrés dans les
centres de santé (14 % des consultations au centre de santé d’Akpro-
Missérété).

8.2.3- Problèmes du commerce


Malgré ses atouts, le commerce est confronté à des difficultés dont les
plus importantes sont : le développement anarchique du secteur informel qui fait
perdre à l’Etat beaucoup de devises, le non aménagement de la plupart des
marchés, l’état défectueux des voies d’accès aux marchés, l’extraversion du
commerce (tourné surtout vers le Nigéria), le taux très élevé pratiqué par les
institutions de microfinances, les difficultés d’accès au crédit, le manque de
hangars et non entretien des marchés malgré les taxes perçues par les autorités
municipales. Une grande partie de ces fonds est orientée vers d’autres priorités
(voir tableau suivant).
309

Tableau LXV : Evolution des recettes et de dépenses sur le marché d’Adjara


Années Recettes Dépenses
1999 1.828.350 569.100
2000 1.565.075 599.600
2001 1.397.140 558.000
2002 1.361.925 399.900
2003 1.364.975 347.140
Moyenne 1.503.493 494.748
Source : PDM Adjara (2005-2009), enquête 2004

De l’analyse de ce tableau, il ressort que le marché d’Adjara procure en


moyenne 1.503.493 FCFA par an sur les cinq dernières années alors que les
dépenses effectuées sur ce marché s’élèvent en moyenne à 494.748 FCFA par
an. Les recettes procurées par ce marché décroissent d’année en année sur les
cinq dernières années. La raison fondamentale qui explique cette situation est la
réduction des activités économiques exercées dans le marché. Ce qui provoque
une diminution du nombre de marchands qui le fréquente. Les usagers du
marché préfèrent aller faire leurs transactions au marché de Ouando à Porto-
Novo, un marché moderne à caractère régional (PDM Adjara, 2005-2009).
Effectivement c’est seulement 32,90 % des fonds collectés qui servent à
l’entretien de ce grand marché frontalier.

8.2.4- Problèmes de l’artisanat


L’artisanat fait vivre un nombre important de personnes. Elles connaissent
également des difficultés dans le cadre de l’exercice de leurs activités. En effet,
les artisans manquent de moyens financiers pour l’équipement de leurs ateliers.
Cette situation amène les artisans à abandonner leur métier ou à se reconvertir
dans d’autres activités plus porteuses comme conducteur de taxi-motos ou
trafiquant de produits pétroliers en provenance du Nigéria. C’est surtout le cas
310

des artisans de service. A ce problème s’ajoutent les difficultés


d’approvisionnement en matières premières tant locales (pour la fabrication des
nattes, des paniers, des meubles, etc.) à cause de la forte pression
démographique, que d’importation (coût élevé) ; de plus ils utilisent les outils
rudimentaires qui ne sont plus adaptés aux réalités du monde actuel. Par ailleurs
l’analphabétisme des artisans, leur manque de créativité, d’encadrement et de
recyclage, l’inefficacité de leur fédération (FENAB) pour la résolution de leur
problème, l’étroitesse du marché pour l’écoulement de leur produit et surtout la
concurrence des produits étrangers plus performants sont d’autres problèmes qui
entravent le développement de cette activité.

Conclusion partielle

La périurbanisation caractérisée par une croissance démographique rapide


et la percée des nouvelles activités a des conséquences sur tous les domaines de
l’environnement. Le couvert végétal est détruit pour les besoins toujours
croissants de la population (espace pour l’agriculture, les habitations, le bois et
ses différents usages, etc.). De la forêt subéquatoriale, le couvert végétal est
réduit à quelques forêts sacrées témoins de ce passé, les friches, les plantations
et la forêt marécageuse dégradée. Le cadre de vie subit aussi les effets pervers
de cette périurbanisation ; il est dégradé par l’érosion et la mauvaise gestion des
déchets dont les conséquences sont les différentes pollutions (pollution de l’eau,
l’air et du sol). Les zones humides sont menacées dans leur existence. Cette
périurbanisation n’a pas épargné les activés économiques notamment
l’agriculture et l’élevage qui ont connu une régression.
311

CONCLUSION GENERALE
312

Le dernier recensement général de la population et de l’habitation a révélé


plusieurs pôles autour desquels le Bénin peut amorcer le processus de
développement économique et social. L’un de ces pôles, situé au sud-est du pays
animé par la ville de Porto-Novo, est d’un intérêt capital pour le développement
de la région. En effet, cette ville constitue le centre qui polarise la périphérie et
propulse son développement. Les présents travaux de recherche axés surtout sur
la périphérie ont montré que plusieurs déterminants participent à sa dynamique :
les déterminants physiques, socio-démographiques, spatiaux et économiques.

La périphérie urbaine de Porto-Novo, à cheval sur une plaine et un plateau


mis en place lors des différentes périodes géologiques, ne présente pas un relief
important. C’est une topographie simple, monotone et sans accident. Sa surface
plane représente environ 80 % de l’espace étudié. En dehors des bas-fonds
marécageux et des vallons qui sont des zones impropres à l’habitation, ce relief
est très favorable à l’installation humaine. Il constitue l’un des facteurs de la
dynamique périurbaine. C’est sur ce relief que s’est développé le phénomène
périurbain autour de la ville de Porto-Novo. Elle dispose d’importants espaces
dans son environnement ; les habitants s’installent, les quartiers se créent, les
villages envahis, s’explosent et se rejoignent dans leur extension. Le tissu
périurbain se densifie, évolue, progresse et gagne chaque jour de l’espace
propice à son développement. La croissance spatiale est orientée suivant deux
directions principales : le nord et l’est.

En évoluant vers le nord les populations ont comblé l’espace compris


entre les vallons de Zounvi et de Boué. Dans leur progression, elles ont dépassé
le dernier obstacle, le vallon de Boué pour envahir Vakon et Akpro-Missérété.
Les deux vallons ne constituent plus aujourd’hui des handicaps pour l’évolution
de la ville. Des infrastructures sont construites par l’Etat et les populations pour
vaincre ces obstacles naturels.
313

A l’est, le vallon de Donoukin ne constitue plus une grande difficulté pour


les populations. Elles l’ont rapidement surmontée pour envahir les localités jadis
villageoises des communes d’Adjara et d’Avrankou. Le seul handicap majeur
est le vallon d’Aguidi. L’espace périurbain a évolué jusqu’aux confins de ce
vallon. Il l’a traversé pour atteindre l’arrondissement d’Avrankou où sa
progression s’estompe.

A part le nord et l’est, l’évolution de la ville est bloquée à l’ouest par la


grande zone marécageuse qui fait corps avec la lagune de Porto-Novo et le lac
Nokoué. De même que l’ouest, le sud aussi, est handicapé dans son évolution
par ces obstacles naturels si bien que le développement de la périurbanisation ne
s’est pas orienté vers cette direction. La lagune et les zones marécageuses sont
des milieux défavorables à l’installation humaine. En dehors de leur rôle
économique, elles constituent des barrières naturelles qui ont orienté le
développement de l’espace périurbain vers l’est et le nord.

Hormis quelques problèmes liés à leurs caractéristiques, les différents


éléments du climat étudiés n’ont pas fondamentalement d’impacts négatifs sur
les populations qui vivent dans ce milieu. Comparativement au climat sahélien
et désertique, ils présentent d’importants atouts pour le développement de
l’espace périurbain. Le climat constitue l’une des raisons de l’immigration des
populations vers le milieu d’étude. Sa répartition saisonnière est un atout pour la
vie agricole. Elle permet aux paysans d’avoir deux récoltes l’année et de
disposer d’une variété de cultures. Ensuite, elle favorise l’autosuffisance
alimentaire et lutte contre la famine.

Quant à la végétation, composée de forêts semi-décidues et surtout de


savanes, elle ne constitue pas un grand obstacle aux activités humaines.
Contrairement à la forêt équatoriale, elle est maniable et propice à l’agriculture.
Ces données naturelles à elles seules, ne peuvent pas expliquer cette
dynamique ; il y a aussi le rôle de l’histoire depuis la période coloniale jusqu’à
314

l’histoire récente et celui joué par l’homme pour le développement de l’espace


périurbain.

L’histoire n’est pas du reste, La ville de Porto-Novo a exercé


successivement d’importantes fonctions depuis la période pré-coloniale jusqu’à
nos jours. Elle était successivement : capitale du royaume de Hogbonou, capitale
de la colonie du Dahomey et du Dahomey indépendant (Bénin d’aujourd’hui).

Le dynamisme périurbain est marqué par une croissance démographique


rapide. En effet l’accroissement de la population périurbaine est dû en grande
partie à l’excédent des naissances sur les décès. Le taux de natalité qui est de
35,11 ‰ en 2002 pour le secteur d’étude est supérieur au taux de mortalité (9,6
‰) pour la même période. Cet accroissement de la population est lié aussi aux
mouvements migratoires.

Au plan démographique, hormis le mouvement naturel, les flux


migratoires constituent l’un des déterminants essentiels de la dynamique
périurbaine. Les analyses faites sur les différentes migrations ont montré
qu’elles ont contribué pour une large part à la croissance de la périphérie de la
ville de Porto-Novo. Le système de vase communiquant a trouvé son application
entre cette ville et sa périphérie ; les mouvements migratoires sont à l’avantage
de la périphérie et le solde migratoire est franchement négatif pour Porto-Novo
si bien que son glissement démographique vers les communes limitrophes
(Adjara, Akpo-Missérété, Avrankou et Sèmè-Kpodji) est devenu une réalité
(mobilité résidentielle). Ces dernières ont commencé par accueillir
majoritairement les citadins du centre-ville depuis les années 1990 où sa
dernière couronne a atteint son maximum. Depuis ce temps jusqu’à nos jours,
les anciens quartiers lotis ont perdu la primauté de la fonction d’accueil au profit
de la périphérie. L’espace périphérique de la ville, jadis parsemé de villages
relativement peuplés attire désormais les poussées démographiques. Devenues
des zones résidentielles, elles apparaissent comme des localités favorables à
315

l’hébergement des nouveaux immigrants grâce aux facteurs favorables : loyers


et parcelles moins chers, solidarité, liens familiaux, etc. La population continue
de gagner en importance au détriment de la population rurale. Le taux annuel
moyen de croissance urbaine entre les deux derniers recensements est estimé à
9,57 % contre 4,02 % pour l’ensemble du département de l’Ouémé. Ce taux est
largement supérieur au taux annuel moyen d’accroissement de la population
totale du département et du Bénin. La transformation de la périphérie évolue
plus vite que dans l’ensemble urbain du pays. Dans cette évolution le foncier
joue un rôle très important.

Le lotissement constitue un important facteur d’urbanisation. Instrument


officiel d’extension des villes, il fait appel à l’installation des populations. Les
autres activités prennent le pas sur les activités agricoles, ce qui participe à la
mutation du milieu.

Dans le développement de la périphérie, l’économie a joué un rôle très


important. Elle s’est traduite dans l’espace périphérique par la régression des
espaces cultivables, la destruction progressive de la palmeraie au profit des
habitations. Avec la proximité du Nigéria le commerce informel est très
développé dans l’espace périurbain. Ce commerce est surtout axé sur les
produits de la contrebande notamment les produits pétroliers. Dans les
migrations pendulaires, les transports ont joué un rôle non négligeable. La
croissance économique d’un milieu passe par des échanges accrus or ces
derniers nécessitent des déplacements des biens et des personnes surtout de la
périphérie vers le centre-ville de Porto-Novo qui la polarise. Ils ont favorisé
l’installation sans crainte des populations.

L’autre facteur dynamisant de la périphérie est la percée des services. Très


nombreux, comme dans toute agglomération, ces services privés et publics
satisfont plus ou moins les populations et participent ainsi à la dynamique du
316

milieu. Comme toute occupation humaine cette dynamique de la périphérie a des


conséquences négatives sur son environnement.

Le couvert végétal est détruit pour les besoins toujours croissants de la


population. De la forêt subéquatoriale, le couvert végétal est réduit à quelques
forêts sacrées témoins de ce passé. Le cadre de vie est dégradé par les effets
pervers de cette périurbanisation. Elle n’a pas épargné les activés économiques
notamment l’agriculture et l’élevage qui ont connu une régression.

Au-delà de ces problèmes, la périphérie constitue un enjeu important pour


le développement de la ville de Porto-Novo. Pour résoudre ces problèmes,
compte tenu des liens séculaires tissés entre le centre et sa périphérie et
renforcés par le contexte de la décentralisation, cette ville doit réorienter ses
stratégies de développement en prenant en compte les préoccupations de
développement de ses communes satellites. Ne parle-t-on pas aujourd’hui de
« Grand Porto-Novo » c’est-à-dire l’ensemble constitué de cette ville et de sa
couronne périurbaine. Le développement de cette région doit être repensé. Il
pourrait être axé en dehors de toutes autres considérations sur
l’intercommunalité. Comment la réaliser ? Quels outils utilisés ? Quel schéma
directeur envisagé pour un développement harmonieux du Grand Porto-Novo à
l’orée du troisième millénaire ?
317

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177- PINCHEMEL, P et G. (1992) : La face de la terre, éléments de


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de Besançon, 510 p.

210- TOURE, M. et FADAYOMI, T.O. (1993) : Migration et urbanisation au


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211- VALIRON, F. (1983) : La réutilisation des eaux usées. Editions Lavoisier


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214- VENNETIER, P. (1989) : « Centre, périphérie et flux intra urbain dans


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217- VIDAL, V. (2004) : Territoire, environnement et aménagement. Horizon


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Africa zamani, nouvelle série, N0 1, Dakar CODESTRIA, pp 191- 220

219- VIDEGLA, D. K. M. (1999) : Un Etat ouest-africain : le royaume goun


de Hogbonou (Porto-Novo), des origines à 1908. Thèse d’Etat d’histoire,
Université de Paris I, 909 p.

220- VIGAN, C. A. (2007) : Structuration spatiale et impacts des marchés


fonciers sur l’urbanisation à Porto-Novo : cas des quartiers Tokpota 2 et
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221- VIGAN, R. A. (1986) : Croissance urbaine périphérique et investissement


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FLASH/UAC, 131 p.

222- VIGNINOU, T. et RADJI, L. (1991) : Le rôle d’un village lacustre dans


le développement touristique : le cas de Ganvié au Bénin. Mémoire de maîtrise
de Géographie, FLASH/UAC, 114 p.

223- VIGNINOU, T. (2001) : La gestion des déchets ménagers à Porto-Novo et


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EDP/FLASH/UAC, 92 p.

224- VIFAN SEBO, E. (2007) : L’évolution de la population de


l’arrondissement de Godomey : projections démographiques et perspective de la
demande sociale. Mémoire de maîtrise de géographie, FLASH/UAC, 101 p.

225- VISSOH, S. (2002) : Dynamique urbaine et gestion des problèmes


environnementaux : cas de la ville de Savalou. Mémoire de DEA. FLASH-
UAC, 58 p.

226- VIVIANE, C. (2006) : Faire la ville les métiers de l’urbanisme au XXème


siècle. Ed. Parenthèses, Marseille, 253 p.

227- VODOUNON, M. R. (1996) : Dynamique de l’environnement : cas du


plateau d’Abomey. Mémoire de maîtrise de géographie, FLASH-UNB, 75 p.

228- VOLKO, B. et WILLAIME, P. (1976) : Carte pédologique de


reconnaissance de la République Populaire du Bénin à 1/200 000 : feuille de
Porto-Novo. ORSTOM, Paris.

229- WEBER, A. (1909) : Über den Standort der Industrien. Tübingen


(traduction anglaise, 1928, Alfred Weber’s theory of the location of industries.
Chicago, University Press).

230- YALLOU, A. (2002) : Croissance urbaine et structuration de l’espace à


l’espace à Parakou. Mémoire de maîtrise de Géographie, FLASH/UAC, 102 p.

231- ZANNOU, A. A. (1994) : Etude des jardins ménagers sur le site urbain de
Porto-Novo. Mémoire de maîtrise de Géographie, FLASH/UAC, 69 p.
336

QUELQUES SITES CONSULTES

1- http://urbablog.blogspirit.com/archive/2005/05/04/qu_est-
ce_que_la_periurbanisation_a_la_francaise.html

2- www.statistiques.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/NS135-7-12_cle7fca8d.pdf
circulation automobile et périurbanisation

3- http://sites.univ-provence.fr/lped/spip.php?article221

peri urbanisation au Vietnam

4- http://ruralia.revues.org/document250.html

revue de l’association des ruralistes français : l’espace rural rubarnisé

6- www.reseau-asie.com/cgi-
bin/prog/pform.cgi?langue=fr&ID_do...l=&password=&PRINTMcenter

Sociales Hanoi Colloque international Les tendances de l urbanisation et de la


périurbanisation en Asie du Sud-Est

8- www.agroparistech.fr/IMG/pdf/These_pro_Emma_DELFAU.pdf

Péri-urbanisation et environnement : quels impacts réciproques et quels enjeux

9- www.senioractu.com/ANTEANUSFAMILLE/Des-consequences-de-la-
periurbanisation_a70.html

Des conséquences de périurbanisation

10- www.amenagement-afrique.com/article.php3?id_article=210

- Une péri-urbanisation consécutive à la croissance rapide de Lomé (PDM)

11- www.amenagement-afrique.com/article.php3?id_article=219

La péri-urbanisation à dakar (PDM)

12- http://sites.univ-provence.fr/lped/spip.php?article170&lang=fr

Les tendances de l’urbanisation et de la périurbanisation en Asie du Sud-Est


337

LISTE DES TABLEAUX

Titres Pages
Tableau I : corrélation entre hypothèse et objectif 59

Tableau II : Récapitulation de la composition des focus groups réalisés et de leur 61


nombre

Tableau III : Arrondissements et quartiers ciblés pour l’enquête 66

Tableau IV : Evolution de la population de Porto-Novo de 1905 à 1960 84

Tableau V : Arrondissements et quartiers périurbains de Porto-Novo et des 96


communes satellites

Tableau VI : Populations des grandes villes ou agglomérations urbaines du Bénin 99


au recensement de 2002

Tableau VII : Population de la périphérie de Porto-Novo par Commune et 101


Arrondissement en 2002

Tableau VIII : Groupes socioculturels majoritaires du secteur d’étude par 103


commune

Tableau IX: Taux brut de natalité par milieu de résidence 131

Tableau X : Taux de mortalité selon le milieu de résidence en 2002 au Bénin 134

Tableau XI : Quotients de mortalité infantile selon le sexe et le milieu de 135


résidence en 2002

Tableau XII : Quotient de mortalité des enfants (infantile, juvénile et infanto- 136
juvénile)

Tableau XIII : Ratio de mortalité maternelle au Bénin en 2002 137

Tableau XIV : Evolution de quelques indicateurs de 1992 à 2002 139

Tableau XV : Espérance de vie à la naissance selon le milieu de résidence 140

Tableau XVI : Taux de croissance intercensitaire des communes de la périphérie 141

Tableau XVII: Densité de population et évolution (1992 – 2002) 143

Tableau XVIII : Répartition des migrants selon le lieu de recensement (dernière 148
migration quinquennale)

Tableau XIX : Répartition des migrants selon le lieu de recensement (dernière 150
338

migration quinquennale)

Tableau XX : Derniers lieux de résidence des chefs de ménage avant leurs 152
installations à la périphérie urbaine de Porto-Novo

Tableau XXI : Quelques collèges publics du secteur d’étude 154

Tableau XXII : Milieu de résidence des étudiants du CUP 156

Tableau XXIII : Evolution de la population des communes de Porto-Novo de 157


1979 à 2002

Tableau XXIV : Densité de population et évolution (1992 – 2002) 160

Tableau XXV : Années d’installation des chefs de ménage à la périphérie 161


urbaine de Porto-Novo

Tableau XXVI : Taux moyen annuel d’accroissement de la population totale et 166


urbaine du Bénin et du département de l’Ouémé

Tableau XXVII : Aperçu des prix d’achat en CFA d’une parcelle de 500 m2 entre 167
1970 et 2008 à Oganla au centre-ville de Porto-Novo

Tableau XXVIII : Aperçu des prix d’achat en CFA d’une parcelle de 500 m2 170
entre 1970 et 2005 à Akonaboè dans la périphérie

Tableau XXIX : Proportion des différentes catégories de parcelles à Akonaboè 176

Tableau XXX : Cabinets privés de géomètres intervenant dans le lotissement des 181
arrondissements d’Akpro-Missérété et de Vakon

Tableau XXXI : Croissance démographique et le nombre de ménages à 182


Akonaboè

Tableau XXXII : Estimation de l’effectif par cheptel à Adjara et Akpro-Missrété 189

Tableau XXXIII: Liste de quelques unités industrielles installées à la périphérie 194

Tableau XXXIV: Evolution des taxes de stationnement encaissées par la mairie 211
d’Adjara
Tableau XXXV : Situation de la téléphonie dans la commune d’Akpro-Missérété 213
de 1998 - 2003

Tableau XXXVI : Radios et chaînes de télévision couvrant la périphérie 214

Tableau XXXVII : Transfert des institutions à Porto-Novo et les caractéristiques 219


de leurs sièges
339

Tableau XXXVIII : Ecoles maternelles dans la périphérie 221

Tableau XXXIX : Ecoles primaires dans la périphérie 222

Tableau XL : Nombre d’écoles primaires publiques et le ratio élèves par maître 223
dans la commune d’Akpro-Missérété de 1998 à 2004

Tableau XLI: Nombre d’écoles primaires privées et le ratio élèves par maître 224
dans la commune d’Akpro-Missérété de 2001 à 2003

Tableau XLII : Les collèges publics de la périphérie : date de création, extension 227
et effectifs en 2008-2009

Tableau XLIII : Collèges privés de la périphérie : nombre et siège 228

Tableau XLIV : Nombre de centres d’alphabétisation, cibles et promoteurs dans 230


la périphérie
Tableau XLV : Infrastructures sanitaires des 5 arrondissements de la commune 233
d’Adjara de la périphérie
Tableau XLVI : Taux de couverture vaccinale des arrondissements de la 234
commune d’Adjara de la périphérie

Tableau XLVII: Différentes unités de l’occupation du sol dans la périphérie en 244


1996 et 2008

Tableau XLVIII : Consommation de bois de chauffe, du charbon de bois, du gaz 247


et du pétrole à la périphérie urbaine de Porto-Novo

Tableau XLIX : Superficie des types de pentes de l’Ouest de Porto-Novo (bassin 250
versant du Zounvi)

Tableau L : Typologie des déchets ménagers solides de la périphérie 255

Tableau LI : ONG, nombre d’abonnés et arrondissements couverts dans la 268


commune d’Adjara
Tableau LII : Nombre de piles et de boîtes d’insecticide usagées jetées sur quatre 272
dépotoirs sauvages de la périphérie

Tableau LIII : Etude quantitative de l’huile de moteur et d’essence usées issues 274
de quelques garages de la périphérie urbaine de Porto-Novo

Tableau LIV : Lieux de défécation selon les enquêtés de la périphérie 276

Tableau LV : Flux des véhicules sur le tronçon Porto-Novo-Djèrègbé (périphérie 278


sud)

Tableau LVI : Flux des véhicules sur le tronçon Porto-Novo-Adjara (périphérie 279
340

est)

Tableau LVII : Nombre de vendeurs de produits pétroliers installés le long des 281
trois principales routes de la périphérie

Tableau LVIII : Personnel de santé par habitant et par arrondissement dans la 284
commune d’Avrankou

Tableau LIX : Principales affections liées aux différentes pollutions selon les 286
populations enquêtées

Tableau LX : Principales maladies enregistrées dans le centre communal de santé 287


d’Akpro-Missérété

Tableau LXII : Etat du personnel enseignant et de salles de classes aux CEG 292
Akpro-Missérété (Périphérie nord) Aglogbè et Ouanho (périphérie est)

Tableau LXIII: Situation des ouvrages hydrauliques des 5 Arrondissements de la 298


Commune d’Adjara de la périphérie

Tableau LXIV : Evolution du nombre de ménages agricoles entre 1979 et 2002 à 304
Akonaboè (périphérie nord de Porto-Novo)

Tableau LXV : Evolution des recettes et de dépenses sur le marché d’Adjara 309
341

LISTES DES CARTES

Titres Pages
Carte 1 : Situation de la ville de Porto-Novo et de ses communes satellites dans 73
le département de l’Ouémé

Carte 2 : Présentation de l’espace périurbain de Porto-Novo 98

Carte 3: Unités morpho-pédologiques de la zone d’étude 111

Carte 4 : Principales voies de circulation de la périphérie 202

Carte 5 : Occupation du sol de la périphérie en 1996 240

Carte 6 : Occupation du sol de la périphérie en 2008 241


342

LISTE DES FIGURES

Titres Pages
Figure 1 : Aklon/ Porto-Novo du XVIIIème siècle jusqu’en 1985 79

Figure 2 : Trafics du port lagunaire de Porto-Novo et du wharf de Cotonou (en 87


tonne)

Figure 3 : Mouvement oscillatoire annuel du FIT sur l’Afrique 118

Figure 4 : Evolution de la population de l’espace périurbain de Porto-Novo 129

Figure 5 : Indicateur de la fécondité selon le niveau d’instruction 132

Figure 6 : Structure de la population selon les communes constituant la 142


périphérie

Figure 7 : Pyramide des âges de la commune d’Avrankou en 2002 144

Figure 8 : Pyramide des âges de la commune d’Akpro-Missérété en 2002 145

Figure 9 : Motifs de l’établissement des chefs de ménage dans la périphérie 162

Figure 10 : Les deux types de régimes fonciers 172

Figure 11 : Croissance démographique à Dowa 183

Figure 12 : Répartition des alphabétisés selon l’aptitude à lire et à écrire en % 232


dans l’Ouémé en 2002

Figure 13 : Mode de gestion des déchets selon les enquêtés de la périphérie 257
(enquête de terrain Mai 2008)

Figure 14 : Répartition des composantes des déchets solides ménagers àVakon 271

Figure 15 : Effectifs des enseignants dans les CEG Aglogbè, Ouanho et Akpro- 293
Missérété

Figure 16 : Niveau d’instruction des populations de la ville de Porto-Novo et de 295


sa périphérie
343

Liste des photos

Titres Pages
Photo 1 : Un vieux quartier de Porto-Novo (Avassa) aménagé 80

Photo 2 : Une maison de style brésilien à Porto-Novo (Houédakomè) 81

Photo 3 : Une église du christianisme céleste à Louho 104

Photo 4 : Forêt conservée à cause de l’installation du vodoun Oro à Akpro- 105


Missérété

Photo 5: Vallon de Boué à Vakon 113

Photo 6 : sol faiblement ferralitique du plateau de terre de barre du Continental 122


Terminal à Dowa dans la périphérie urbaine de Porto-Novo, 5ème
arrondissement

Photo 7 : Plantation de palmier à huile et champ de maïs sur un sol ferralitique 124
dans la périphérie urbaine de Porto-Novo : Arrondissement d’Adjara 1

Photo 8 : La lagune de Porto-Novo 126

Photo 9 : Maison en chantier dans la périphérie 174

Photo 10 : Parcelle nue occupée par un champ de maïs 175

Photo 11 : Habitat traditionnel, en banco dont une partie est crépie et l’autre 177
non crépie, couvert de feuilles de tôle pratiquement rouillées dont une partie est
remplacée par deux ou trois feuilles de tôle neuves à Akpro-Missérété

Photo 12 : Habitat moderne à Djérégbé 178

Photo 13 : Plantation de palmier à huile associée à la culture de maïs sur une 186
parcelle inoccupée dans l’arrondissement d’Adjara 1

Photo 14: Elevage des bœufs dans la périphérie 190

Photo 15 : Etangs piscicoles dans les marécages à Vakon 191

Photo 16: Exposition de fauteuils pour la vente à Akpro-Missrété 193

Photo 17 : Moto chargée de bidons vides sur la voie Malanhoui-Mèdédjonou 198


pour s’approvisionner à la frontière du Nigéria

Photo 18 : Voie principale Porto-Novo – Cotonou traversant la périphérie à 204


Djèrègbé
344

Photo 19 : Voies secondaires à Akonaboè : l’une finissant par un sentier et 205


l’autre dont l’emprise est occupée par un champ de maïs et les mauvaises
herbes

Photo 20 : Le pont sur la lagune reliant Porto-Novo à la périphérie sud 206


Djèrègbé

Photo 21 : Taxi-moto transportant un passager sur une voie secondaire dans la 208
périphérie

Photo 22 : Hôtel à cinq étoiles en chantier dans la périphérie entre Djassin 216
Daho et Louho

Photo 23 : Le Collège d’Enseignement Général d’Akpro—Missérété, le 226


troisième plus grand collège de la périphérie

Photo 24 : vente de bois à Akpro-Missérété 246

Photo 25 : Voie en terre dégradée et remplie d’eau rendant la circulation 249


difficile aux usagers à Dowa

Photo 26 : Maison en chantier dans une zone inondable à Malanhoui 251

Photo 27 : début de dégradation de la voie bitumée et caniveau non entretenu à 252


Akpro-Missérété

Photo 28 : Bâtiment menacé par l’érosion 252

Photo 29 : Dépotoir sauvage dans la périphérie à Adjara 258

Photos 30 : Rue dépourvue de caniveau, remplie d’eaux pluviales avec un tas 260
d’ordures pour le remblai à Gbodjè

Photo 31 : Toiture décoiffée par un vent violent dans l’école primaire 294
d’Akonaboè

Photo 32 : Fils électriques en toile d’araignée à Vakon 297

Photo 33 : Parcelle litigeuse à Akpro-Missérété, le bâtiment en chantier est 301


abandonné

Photo 34 : Rechargement de voie en latérite à Malé 307


345

ANNEXES
346

Annexe 1
Le système éducatif béninois comprend l’éducation traditionnelle,
l’enseignement structuré et l’enseignement non structuré.

Enseignement structuré
Au titre de l'enseignement structuré, on distingue :

L'enseignement primaire
L’enseignement maternel accueille des enfants de 3 à 5 ans et comporte deux
années. Il est peu développé et marginal du fait qu’il ne s’impose pas dans le
cycle de formation d’une part et par l’insuffisance de ces infrastructures pour
couvrir tout le territoire national d’autre part. Par contre l’enseignement primaire
est relativement plus développé et constitue la première priorité de l’Etat. Il
comporte six années d’études sanctionnées par le Certificat d’Etudes Primaires
(CEP). L’âge légal d’entrée à l’école primaire est fixé à 6 ans. Les effectifs de
cet ordre d’enseignement se sont accrus de façon soutenue jusqu’en 1989. En
1990, le nombre d’inscrits a connu une chute suite aux troubles socio-politiques
que le pays a connus entre1989-1990 avant de reprendre lentement sa
croissance. On observe une sous-scolarisation des filles (une fille pour deux
garçons) qui tend à se réduire en 1996 avec la gratuité de la scolarisation des
filles en zones rurales.

L’enseignement secondaire

D’une durée de 7 ans répartie en 2 cycles (4 ans au 1er cycle, 3 ans au 2ème
cycle), l’enseignement secondaire assuré par les lycées et collèges, accueille des
élèves de 11 ans à 19 ans. En 1996 cet ordre d’enseignement comptait 214
établissements dont 153 publics et 61 privés. Parmi les établissements publics on
dénombre 40 avec les 2 cycles et parmi les établissements privés, 28 possèdent
les 2 cycles. Le premier cycle est sanctionné par le Brevet d’Etudes de Premier
347

Cycle (BEPC). La fin du 2ème cycle est sanctionnée par le Baccalauréat qui
permet d’accéder aux études supérieures. Ce cycle comporte 4 séries (A, B, C et
D) vers lesquelles les élèves sont orientés en fonction de leur voeu, des résultats
obtenus, de leurs aptitudes sur appréciation des professeurs et de l’offre.

L'enseignement technique et professionnel


En ce qui concerne l’enseignement technique et professionnel, il constitue
aujourd’hui la 2ème priorité de l’Etat après l’enseignement primaire. Il a été
jusqu’à présent sous-développé et est confronté à de nombreux problèmes
relatifs notamment au personnel qualifié et aux infrastructures.

L’enseignement supérieur
L’enseignement supérieur au Bénin est officiellement concentré essentiellement
à l’Université d'Abomey-Calavi (UAC) et à l'Université de Parakou. Quelques
établissements privés d'enseignement supérieur assurent la formation supérieure
dans le privé.

Tout comme dans la plupart des pays de la sous-région, l’enseignement


supérieur au Bénin est confronté à une crise multiforme due à des problèmes et
contraintes de divers ordres relevant des aspects suivants : cadre institutionnel,
effectifs, encadrement, infrastructures et équipements, ressources financières,
conditions de travail et de vie des étudiants, des enseignants et du personnel
administratif et technique, efficacité interne et externe.

Enseignement non structuré


Elle comprend l'alphabétisation et les apprentissages dans les divers corps de
métiers.
348

Alphabétisation
L’alphabétisation qui au départ intéresse les populations adultes non scolarisées
de 15 à 49 ans est une action d’éducation qui supplée aux insuffisances de
l’éducation formelle qui n’arrive pas à scolariser la totalité des enfants et
enregistre de forts taux de déperdition.

Tableau: Répartition des alphabétisés selon l’aptitude à lire et à écrire

Français Langues Français et Autre


nationales Langues langues
nationales étrangères

Ouémé 89,5 1,3 8,3 0,9

Bénin 90,8 1,7 6,1 1,4

Source : RGPH, 2002 (INSAE)

Tableau : Niveau d’instruction des populations de la ville de Porto-Novo et


de sa périphérie
Maternel Primaire Secondaire supérieur Aucune
instruction

Porto-Novo 1,6 35,3 14,3 1,1 47,7

Périphérie 5,2 39,3 25,4 2,6 27,5

SOURCE : RGPH 2002 RGPH (INSAE)


349

Annexe 2

Tableau IX: Les trafics du port lagunaire de Porto-Novo et du wharf de


Cotonou (en tonne)

Années 1889 1902 1912 1923 1928 1938 1949

Porto- 17 462 22 390 17 200 3 000 4 255 6 702 14 102


Novo

Cotonou 14 092 20 427 42 000 64 000 98 000 130 900 147 100

Source : Statistiques des archives nationales de Porto-Novo et micro fiche n°


592 regards (ex CEGET) Bordeaux (N’BESSA, 1997).

Tableau X: Evolution de la population de


l’espace périurbain de Porto-Novo

Années Populations

1979 88 358

1992 141 632

2002 188 503

Source : RGPH 1, RGPH 2, RGPH 3


350

Annexes 3

QUESTIONNAIRES
Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre d’une recherche dont le thème
est : PERIURBANISATION DE PORTO-NOVO : DYNAMIQUES ET
IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX.

Ce questionnaire à l’adresse des ménages, services publics et privés, a une


valeur strictement indicative, permettant surtout d’orienter les discussions avec
les chefs de ménages et des responsables à divers niveaux afin d’obtenir les
informations utiles dont nous avons besoin.

QUESTIONNAIRE 1

A l’adresse des ménages

1-Secteur d’étude : Périphérie urbaine de Porto-Novo.

2-Commune :

3-Arrondissement :

4-Quartier :

5-Date :

6-Nom de l’enquêteur :

Caractéristiques du quartier

7-Y a-t-il un branchement d’eau potable dans le quartier ?

Oui Non

8-Y a-t-il un branchement d’électricité ? Oui Non

9-Y a-t-il des infrastructures d’assainissement ?

Oui
lesquelles…………………………………………………………………………
……………
351

Non

10-Le quartier est-il désenclavé ? Voies pavées Oui Non

Voies bitumées Oui Non

Voies non bitumées et non pavées Oui Non

Caractéristiques du chef de ménage

11-Nom et prénom de
l’enquêté :………………………………………………………………………

Parcelle N°……..ou
Maison……………………………………………………………………………
…….

12-Sexe : M F

13-Age :

14-Niveau d’instruction :

Primaire Secondaire Supérieur Non scolarisé

15-Profession ou métier appris :


………………………………………………………………………..

16-Occupation actuelle (Activité) : Agriculture Artisanat

Transport Petit commerce Inactifs (étudiants)

Secteur
moderne :…………………………………………………………………………
……………………

17-Lieu de travail : Centre ville Secteur de résidence

Autre secteur de la périphérie Ambulant

18-Nationalité : Ethnie : Religion :

19-Situation matrimoniale : Célibataire Marié

Polygame Monogame
352

20-Statut résidentiel : Propriétaire Locataire

Hébergé

Propriétaire :

21-Le quartier est – il loti ? Oui Non

22-Autochtone du quartier Oui Non

23-Depuis quand avez-vous acheté votre parcelle ? Date Avant

Ou après lotissement

24-A combien l’avez-vous achetée ?...................................................................

25-Pourquoi l’avez-vous achetée dans ce quartier ?

26-Depuis combien d’années résidez-vous dans le quartier ? Date

Avant ou après le lotissement

27-Où habitiez-vous avant votre installation ?

Centre-ville Porto-Novo Périphéries de Porto-Novo

Villages Autres villes Précisez la


ville…………………………………………

A l’étranger

28-Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à vous installer dans ce quartier
plutôt que le centre-ville ? Accession à la propriété (être chez soi)

Volonté d’indépendance Recherche d’un emploi

Déguerpissement Amélioration des conditions de logement

Déplacement professionnel Rapprochement familial

Etudes Autres

29-Combien y a-t-il de ménage dans la parcelle ?..................................................

30-Combien de personnes y a t- il dans la parcelle ?.............................................


353

31-Actuellement combien coûte la parcelle dans ce quartier ?.............................

32-Qui sont les grands propriétaires fonciers du quartier ?.................................


…………………………………………………………………………………..

33-Quels sont vos problèmes dans le quartier ?..................................................

Locataire :

34-Autochtone du quartier Oui Non

35-Où habitiez-vous avant votre installation ?

Centre ville Porto-Novo Périphéries de Porto-Novo

Villages Autres villes Précisez la


ville…………………………………………

A l’étranger

36-Depuis combien d’années résidez-vous dans le quartier ? Date

Avant ou après le lotissement

37-Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à vous installer dans ce
quartier plutôt que le centre ville ? Accession à la propriété (être chez soi)

Volonté d’indépendance Recherche d’un emploi

Déguerpissement Amélioration des conditions de logement

Déplacement professionnel Rapprochement familial

Etudes Autres

38-Combien y a-t-il de ménage dans la parcelle ?..................................................

39-Combien de personnes y a t- il dans la parcelle ?.............................................

40-Quel est le coût de votre loyer ?....................................................................

41-Quels sont vos problèmes dans le quartier ?....................................................


……………………………………………………………………………………
……………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………..
354

Caractéristiques de l’habitat

42-La clôture de la parcelle : en dur en tôle non clôturée

Autres

43-Bâtiment en dur semi-dur matériaux sommaires

44-Avez-vous l’électricité ? Oui Non

45-Avez-vous un branchement d’eau potable ? Oui Non

46-Dans le cas où il y a un branchement d’eau potable, utilisez-vous l’eau de


puits ?

Oui Non

Si oui quels usages en faites-vous ?

Vaisselle Lessive Cuisine Autre

Si non pourquoi ?................................................................................................


……………………………………………………………………………………
……………………………………..

Quels types d’énergie utilisez-vous pour la cuisine ? Bois de chauffe


Charbon de bois pétrole et gaz Quelle quantité utilisez-vous
par mois ?.................................

47-Y a-t-il un WC dans l’habitation ? Oui Non

Fosse septique Latrine sèche

Si non où faites-vous vos besoins ?

Dans la brousse sur le WC d’un voisin sur un tas d’ordure

48-Arrive t-il que vos enfants défèquent sur des tas d’ordure ?

Oui Non

Où défèquent vos enfants de moins de cinq ans ?...............................................

49-Y a-t-il des tas d’ordure dans le quartier ? Si oui combien ?............................
355

Gestion des déchets ménagers

50-Avez-vous une poubelle pour vos ordures ? Oui Non

51-Etes-vous abonné à une structure chargée du ramassage des ordures

Oui Non

Si non pourquoi ?........................................................................................

52-Comment procédez-vous pour vous débarrasser de vos déchets ?

Jeter sur un dépotoir ? Oui Non

Enfouir dans le sol ? Oui Non

Jeter dans la concession pour le remblai ? Oui Non

Brûler Oui Non

Dans une rue pour fermer un trou ? Oui Non

Dans un bas-fond ? Oui Non

Dans une concession non habitée ? Oui Non

Si oui donnez le nom de


l’ONG……………………………………………………………………..

53-Combien payez-vous par mois pour la collecte des ordures ?

54-Etes-vous satisfait des prestations de l’ONG ? Oui Non

Si non que leur reprochez-vous ?...........................................................................


……………………………………………………………………………………
……………………………………..

55-Savez-vous où les ordures enlevées par les ONG sont finalement jetées ?

Oui Non

Si oui où ?...............................................................................................................

56-D’après vous à quoi peuvent servir les déchets ?...........................................


……………………………………………………………………………………
……………………………………..
356

57-Pour vous, pourquoi vous débarrassez-vous de vos déchets ?

‐ Pour des raisons de propreté ? Oui Non


‐ Pour des raisons sanitaire ? Oui Non

58-Pensez-vous que les ordures peuvent être source de maladies, de nuisances ?


Oui Non

Si oui lesquelles ?..............................................................................................

59-Quelles sont les maladies dont vous souffrez régulièrement ?........................

……………………………………………………………………………………
……………………………………..

Quelles sont celles qui sont dues aux pollutions de l’eau, de l’air, du
sol ?..................................................................................................................

60-Participez-vous aux opérations de nettoyage général organisées par les


autorités ? Oui Non

Si non pourquoi ?
……………………………………………………………………………………
…………

61-Votre quartier dispose t-il d’une Association de développement ?

Si oui laquelle ?....................................................................................................

62-Participez-vous aux activés de développement du quartier ? Oui

Non

63-Pensez-vous que cela participe réellement au développement du quartier ?

64-Avez-vous des propositions à faire pour promouvoir le développement de


votre quartier ?.................................................................................................

……………………………………………………………………………………
……………………………………..

……………………………………………………………………………………
……………………………………..
357

QUESTIONNAIRE 2

A l’adresse des Maires, Chefs d’arrondissement et de quartier

1-Nom de la commune :

2-Nom de l’arrondissement :

3-Nom du quartier :

4-Nom de l’enquêté et profession :

5-Qui sont les premiers habitants des quartiers ?..................................................

6-Qui sont les grands propriétaires terriens ?........................................................

7-Quelles sont les conditions d’achat des parcelles dans les quartiers ?..............

8-Y a t-il de conflits fonciers ? Oui Non

Si oui quelles sont les causes de ces conflits ?

9-Le quartier est il loti ? Oui Non

Si oui, quelle est l’année du lotissement ? ………………………………………

10-Quelle est la superficie lotie ?...........................................................................

11-Quelles sont les dimensions des parcelles loties ?............................................

12-Quel est le prix actuel des parcelles dans les quartiers ?..................................

13-Quelle est l’évolution des prix avant et après le lotissement ?.........................

14-Dans le cas contraire quelles sont les causes du retard dans le lotissement des
quartiers………………………………………………………………………

15-Quel sont les problèmes des quartiers lotis et ceux des quartiers non
lotis……..........................................................................................................

16-Le quartier est-il Désenclavé ?..........................................................................

17-Quel est l’état des voies : bitumées Pavées

En terre dégradées
358

18-Votre quartier est-il inondé ? Oui Non

19-Quels sont les moyens de lutte dont vous disposez pour lutter contre
l’inondation ?.....................................................................................................

20-Avez-vous d’écoles maternelle et primaire et de collèges publics et privés?


Si oui citez………………………………………………………………………

21-Disposez-vous de centres de santé dans votre quartier ?.....................

22-Quels sont les problèmes d’infrastructures dont souffre votre quartier ?.......

……………………………………………………………………………………

23-Avez-vous des conflits avec les autorités voisines en ce qui concerne la


gestion des espaces périurbains. Oui Non

Si oui quelles en sont les causes ?........................................................................

24-D’où viennent ceux qui s’installent dans votre quartier ?................................

…………………………………………………………………………………….

25-Quelles sont les activités menées par vos populations ?..................................

26-Quelle est la plus grande activité de votre localité ?.........................................

27-Quelle est l’activité sur laquelle peut se baser le développement de votre


localité………………………………………………………………………

28- Quelles sont les activités en régression dans votre localité………………

28-Quelles sont les problèmes dont souffrent les populations dans l’exercice de
leurs activités ?.................................................................................................

29-Comment se fait la gestion des déchets dans votre localité ?.........................

30-Quelles sont les impacts de la pollution sur le milieu physique et la santé des
populations ?........................................................................................................

31-Quelles solutions préconisez-vous pour la résolution de ces


problèmes ?………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
359

QUESTIONNAIRE 3

A l’adresse des responsables du RFU

1-Nom de l’enquêté :

2-Profession :

3-Pourquoi votre institution a-t-elle été créée ?....................................................

4-Quels sont les textes et lois qui régissent vos activités ?....................................

5-Quels sont ses objectifs ?....................................................................................


6-Quel est son rôle au niveau de la ville de Porto-Novo ?.....................................

7-Quelle sont ses rapports avec :

- l’administration locale ?

- les comités de lotissement et d’urbanisme ?

- le service des impôts ?

- le service des affaires domaniales ? ………………………………………..

8-Comment participez-vous à la gestion urbaine et foncière de la ville ?..............

9-Quel est le taux de remplissage des quartiers périurbains ?...............................

10-Connaissez-vous des cas de conflits fonciers dans la périphérie ?

Oui Non

Si oui comment gérez-vous ces conflits ?...............................................................

11-Quelles sont les conséquences de ces litiges ?..................................................

12-Quelles sont vos perspectives en matière d’urbanisation et de gestion


foncière ? ……………………………………………………………………..

QUESTIONNAIRES 4

A l’adresse des responsables des garages de motocycles et d’automobiles

1-Nom de l’enquêté :
360

2-Profession :

3-Pourquoi avez-vous créé votre garage dans ce quartier ?............................

4-Quelles sont les activités que vous menez dans votre garage ?......................

5-Combien de clients recevez-vous en moyenne par jour?..............................

6-Quels sont les déchets que génère votre activité ? Quelle est leur quantité
respective ?........................................................................................................

7-Etes-vous abonné à une structure de collecte des


déchets ?..........................................................................................

8-Si non comment gérez-vous vos ordures ?.......................................................

GUIDE D’ENTRETIEN

Cet entretien s’inscrit dans le cadre des recherches d’une soutenance de thèse de
doctorat dont le thème est : « Périurbanisation de Porto-Novo : dynamiques et
impacts environnementaux ». Il a donc un but strictement scientifique.

-Nom……………

-Prénom……………

-fonction……………………….

Cet entretien porte sur :

1-Lotissement

-Etat du lotissement

-Acteurs (Etat, Mairie, Cabinets, etc.)

-Quartiers lotis

-Quartiers non lotis

-Lotissement en cours

-Problèmes
361

-Solutions

2- Infrastructures et équipements disponibles

-voiries (état, projets…)

-Assainissement (caniveaux)

-Problèmes et approches de solutions

-Inondation (causes, manifestations, conséquences, solutions …)

3-Gestion des déchets ménagers

-Organisation de la gestion des déchets

-Structures intervenant dans la gestion des déchets

-Quartiers couverts ou non

-Pollutions

-Problèmes et solutions envisagées

4-Gestion du foncier

-Acteurs

-Instruments

-Conflits fonciers (causes, règlements, conséquences)

- Urbanisation

5-Périurbanisation

- Causes

-Manifestations

-Problèmes

- Mesures pour contrôler


362

6-Insécurité

- Causes

- Problèmes

- Mesures prises

7-Intercommunalité

-communes concernées

-Atouts

-Contraintes

-Actions faites ensemble

-Projets en commun

8-Aménagement de la périphérie

-Plan d’aménagement

-Atouts

-contraintes

-Projets et financements

-Structures impliquées

9-Décentralisation et développement de la périphérie

-Atouts

-Contraintes

-Solutions pour le développement de la périphérie


363

Table des matières

Titres Pages

DEDICACES 2

LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES 3

AVANT-PROPOS 7

SOMMAIRE 10

RESUME 11

Abstract 12

INTRODUCTION 13

PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE 16

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE, REVUE DE LA LITTERATURE, 17


CLARIFICATION DES CONCEPTS ET THEORIES

1.1- Problématique 17

1.2- Revue de la littérature 23

1.2.1- De l’explosion urbaine à la création des espaces périurbains 24

1.2.2- Foncier dans le développement des espaces périurbains 32

1.2.3-Transport dans le développement des espaces périurbains 33

1.3- Clarification des concepts et théories 36

1.3.1- Clarification des concepts 36

1.3.2- Théories 49

CHAPITRE II : HYPOTHESES, OBJECTIFS ET DEMARCHE 57


METHODOLOGIQUE

2.1- Hypothèses 57

2.1.1- Hypothèse générale 57

2.1.2- Hypothèses spécifiques 57

2.2-Objectifs général et spécifique 57

2.2.1- Objectifs général 57


364

2.2.2- Objectifs spécifiques 58

2.3- Démarche méthodologique 60

2.3.1- Collecte des données 60

2.3.1.1- Données recueillies 60

2.3.1.2- Techniques et outils de collecte des données 60

2.3.1.2.1- Techniques de collecte des données 60

2.3.1.2.2- Outils de collecte des données 62

2.3.1.2.2.1- Documentation 62

2.3.1.2.2.2- Entretiens 63

2.3.1.2.2.3- Observation directe 64

2.3.1.2.2.4- Questionnaires 64

2.3.1.3- Echantillonnage 65

2.3.1.4- Matériels utilisés 67

2.3.2- Traitement des informations 68

2.3.2.1- Dépouillement des données collectées 68

2.3.2.2- traitement statistique des données 69

2.3.2.3- Traitement cartographique et graphique des données 69

2.3.3- Analyse des résultats 70

2.3.4-Difficultés rencontrées 70

CHAPITRE III : PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE 72

3.1- Situation de la ville de Porto-Novo et de ses communes satellites 72

3.2- Bref aperçu de la dynamique urbaine de Porto-Novo jusqu’à nos jours 74

3.2.1- Porto-Novo avant la colonisation 74

3.2.1.1- Porto-Novo : la cité-palais 76

3.2.1.2- Porto-Novo et ses vieux quartiers 77

3.2.1.3- Affranchis et la relance de l’économie de traite 80


365

3.2.1.4- Rivalités inter impérialistes : le protectorat français 82

3.2.2- L’ère coloniale et les transformations de la ville 82

3.2.2.1- Porto-Novo : Capitale de la colonie du Dahomey 82

3.2.2.2- Développement du commerce 85

3.2.2.3- Transformations de la ville 87

3.2.3- Capitale administrative du Dahomey indépendant et les mutations de la ville 90

3.3- Présentation de l’espace périurbain 92

3.3.1- Eléments de caractérisation et délimitation de l’espace périurbain autour de 92


Porto-Novo

3.3.1.1- Eléments de caractérisation de l’espace périurbain 92

3.3.1.2- Délimitation de l’espace périurbain 93

3.3.2- Présentation du cadre d’étude 97

3.3.2.1- Caractéristiques Physiques 100

3.3.2.2- Caractéristiques humaines 100

3.3.2.2.1- Données démographiques 100

3.3.2.2.2- Groupes socioculturels 102

3.3.2.2.2.1- Composition ethnique 102

3.3.2.2.2.2- Principales religions 104

3.3.2.2.2.3- Organisation sociale 105

Conclusion partielle 106

DEUXIEME PARTIE : FACTEURS DYNAMISANT DE LA 107


PERIURBANISATION

CHAPITRE IV : FACTEURS PHYSIQUES DE LA DYNAMIQUE 109


PERIURBAINE DE PORTO-NOVO

4.1- CADRE PHYSIQUE FAVORABLE A L’INSTALLATION HUMAINE 109

4.1.1- Relief 109

4.1.2- Géologie 114


366

4.1.3- Caractéristiques climatiques 116

4.1.3.1- Précipitations 119

4.1.3.2- Température et humidité de l’air 120

4.1.4- Sols et végétations 121

4.1.5- Hydrographie 125

CHAPITRE V : FACTEURS SOCIO-DEMOGRAPHIQUES ET SPATIAUX DE 129


LA DYNAMIQUE PERIURBAINE

5.1- LES FACTEURS DEMOGRAPHIQUES DE L’EVOLUTION DE L’ESPACE 129


PERIURBAIN

5.1.1- Evolution de la population de la périphérie 129

5.1.2- Croît naturel 130

5.1.2.1- Taux de natalité 130

5.1.2.2- Mortalité 133

5.1.2.2.1- Taux brut de mortalité 134

5.1.2.2.2- Espérance de vie à la naissance 138

5.1.2.3- Impacts du croît naturel sur la croissance démographique de la périphérie 141

5.1.3- Structure de la population périurbaine 141

5.1.3.1-Structure de la population par communes constituant la périphérie 141

5.1.3.1-Structure de la population par communes constituant la périphérie 141

5.1.3.2- Densité de la population de la périphérie 142

5.1.3.3- Pyramides des âges et leurs caractéristiques 143

5.1.4- Migrations 146

5.1.4.1- Migrations internes 147

5.1.4.1.1- Exode rural 147

5.1.4.1.1.1- Migration scolaire et universitaire 153

5.1.4.1.2- Mobilité résidentielle ou rurbanisation 156

5.1.4.1.2.1- Motifs d’installation des populations en périphérie 162


367

5.1.4.2- Migrations internationales 163

5.1.4.2.1- Immigration extérieure 163

5.1.4.2.2- Emigration des populations de la périphérie 164

5.1.4.3- Impacts des migrations sur la croissance démographique de la périphérie 165

5.2- PLACE DU FONCIER DANS LA DYNAMIQUE DE L’ESPACE 166


PERIURBAIN

5.2.1- Modes d’accès à la terre dans la périphérie 167

5.2.1.1- Modes traditionnels d’accès à la terre 167

5.2.1.2- Modes actuels d’accès à la terre 168

5.2.1.2.1- Transactions foncières dans la périphérie 169

5.2.1.2.1.1- Principaux acteurs de la transaction foncière 170

5.2.1.2.1.2- Mesures de sécurité foncière 171

5.2.2- Occupation du sol et le paysage périurbain 173

5.2.3- Types de maison d’habitations de la périphérie 176

5.2.4- Lotissement dans la dynamique périurbaine 178

CHAPITRE VI : LES DETERMINANTS ECONOMIQUES DE LA 184


DYNAMIQUE PERIURBAINE DE PORTO-NOVO

6.1- SECTEUR PRIMAIRE 184

6.1.1- Agriculture 184

6.1.1.1- Transformation des produits agricoles 187

6.1.2- Elevage 188

6.1.3- Pêche et pisciculture 190

6.1.4- Artisanat 191

6.2- SECTEUR SECONDAIRE 193

6.2.1- Industrie 193

6.3- SECTEUR TERTIAIRE 194

6.3.1- Commerce 194


368

6.3.1.1- Commerce formel insignifiant 194

6.3.1.2- Commerce informel très développé 195

6.3.1.2.1- Infrastructures de communication : supports de la contrebande 196

6.3.1.2.2- Marchés frontaliers 197

6.3.1.2.2.1- Redistribution des produits 199

6.3.2- Transports dans la périphérie 200

6.3.2.1- Transport terrestre 203

6.3.2.1.1- Voies principales 203

6.3.2.1.2- Voies secondaires 204

6.3.2.1.3- Moyens de transport 206

6.3.2.1.3.1- Transports collectifs 207

6.3.2.1.3.2- Transports privés 209

6.3.2.1.4- Autres équipements de transports terrestres dans la périphérie 210

6.3.2.2- Voies navigables 211

6.3.3- Télécommunications 212

6.3.4- Tourisme et hôtellerie dans la périphérie 215

6.3.6- Rôle des services dans la dynamique périurbaine 217

6.3.5.1- Services administratifs 217

6.3.5.2- Services éducatifs 220

6.3.5.2.1- Enseignement structuré 220

6.3.5.2.1.1- Enseignement maternel et primaire 220

6.3.5.2.1.2- Etablissements secondaires 225

6.3.5.2.1.3- Etablissements supérieurs 229

6.3.5.2.2- Enseignement non structuré 230

6.3.5.2.2.1- Alphabétisation 230

6.3.5.2.2.2- Apprentissages dans les différents corps de métier 232


369

6.3.5.3- Services sanitaires de la périphérie 233

6.3.5.4- Services sécuritaires 234

6.3.5.5- Autres services 235

6.3.5.5.1- Eau 235

6.3.5.5.2- Electricité 236

Conclusion partielle 236

TROISIEME PARTIE : IMPACTS DE L’EVOLUTION PERIPHERIQUE DE 237


LA VILLE DE PORTO-NOVO SUR L’ENVIRONNEMENT

CHAPITRE VII : IMPACTS DE LA CROISSANCE PERIURBAINE SUR LE 239


MILIEU PHYSIQUE

7.1- EVOLUTION DU COUVERT VEGETAL 239

7.1.1- Causes de la dégradation du couvert végétal 245

7.2- DEGRADATION DU CADRE DE VIE A LA PERIPHERIE 248

7.2.1- Erosion et inondation dans le milieu périurbain 248

7.2.2- Gestion des déchets et pollution de l’espace 253

7.2.2.1- Déchets dangereux et industriels 253

7.2.2.1.1- Déchets dangereux 253

7.2.2.1.2- Déchets industriels 254

7.2.2.2- Déchets ménagers 254

7.2.2.2.1- La mauvaise gestion des déchets ménagers 256

7.2.2.2.1.1- Dépotoirs sauvages 257

7.2.2.2.1.2- Rues à ordures 259

7.2.2.2.1.3- Bas-fonds à ordures 261

7.2.2.2.1.4- Autres méthodes de gestion des déchets 262

7.2.2.2.2- Gestion « moderne » des déchets 263

7.2.2.2.2.1- Textes réglementaires relatifs à l’environnement 263

7.2.2.2.2.2- Actions entreprises 264


370

7.2.2.2.2.3- ONG et les Autorités municipales dans la gestion des déchets de la 266
périphérie

7.2.2.3- Pollutions de l’environnement 270

7.2.2.3.1- Pollution du sol 270

7.2.2.3.2- Pollution de l’eau 275

7.2.2.3.3- Pollution de l’air 277

CHAPITRE 8 : CONSEQUENCES DE L’EVOLUTION DE LA PERIPHERIE 283


SUR LE PLAN SOCIAL ET ECONOMIQUE

8.1- CONSEQUENCES DE L’EVOLUTION DE LA PERIPHERIE SUR 283


L’ENVIRONNEMENT SOCIAL

8.1.1- Problèmes de santé dans la périphérie 283

8.1.1.1- Insuffisance des Infrastructures de santé et de personnels 283

8.1.1.2- Maladies dans la périphérie 285

8.1.1.3- Principales difficultés pour se soigner dans la périphérie 291

8.1.2- Sous-équipement de l’espace périurbain 292

8.1.3- Conflits fonciers 299

8.1.4- Autres problèmes sociaux de la périphérie 301

8.2- CONSEQUENCES DE L’EVOLUTION DE LA PERIPHERIE SUR 303


L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE.

8.2.1- Recul des activités agricoles 303

8.2.2- Problèmes des transports 306

8.2.3- Problèmes du Commerce 308

8.2.4- Problèmes de l’artisanat 309

Conclusion partielle 310

CONCLUSION GENERALE 311

Bibliographie 317

Quelques sites consultés 336

Liste des tableaux 337


371

Liste des cartes 341

Liste des figures 342

Liste des Photos 343

Annexe 345

Annexe 1 346

Annexe 2 349

Annexe 3 350

Table des matières 363

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