Cours Chapitre 13 Modulation / Démodulation (2ème partie)
I. Principe de la modulation numérique
La modulation numérique est au cœur de la grande majorité des systèmes de télécommunications
modernes. Plusieurs raisons expliquent le choix de la modulation numérique dont sa plus grande capacité et
sa robustesse au bruit.
1- Représentation d’un signal numérique
Un signal numérique est un signal qui varie de façon discrète dans le temps. C'est une succession de 0 et de
1, appelés bits. On dit qu'il est binaire.
Le codage le plus simple consiste à faire correspondre au bit 1 un signal électrique de tension n volts
(exemple : 5V) et au bit 0 un signal de tension nulle (0V).
• Exemple : transmission de la valeur 00110100010 :
Le spectre d’un tel signal a la forme suivante :
2- Intérêt de la modulation numérique avec des signaux sinusoïdaux
Un signal sinusoïdal est à spectre étroit, il est donc plus facilement transportable sur une ligne et se
déforme beaucoup moins que des signaux carrés de spectres plus encombrants.
Rappel :
Le spectre d’un signal sinusoïdal est constitué d'une seule raie, à la fréquence de cette sinusoïde.
3- Techniques de modulations numériques
Dans ce type de modulations, la porteuse est de sinusoïdale : p(t) = Ap sin (2π. fp .t+φ) et possède trois
caractéristiques : l’amplitude 𝐀𝐩 , la fréquence f et la phase ϕ(t) = 2π. 𝐟𝐩 .t+φ. La modulation consiste à
faire varier (moduler) dans le temps l'une (ou deux) des trois caractéristiques du signal sinusoïdal, en
fonction du signal informatif (numérique). Il y a donc 3 types de modulation : modulation d’amplitude, de
phase et de fréquence et parfois leurs variétés (QAM par exemple).
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a- Modulation d’amplitude (ASK)
C’est la méthode la plus simple, elle consiste à moduler directement la porteuse par le signal binaire en
bande de base.
Exemple1 :
Pour la transmission d’un 0 (l’état bas), on envoie le signal : S(t)= 0
Pour la transmission d’un 1 (l’état haut), on envoie le signal : S(t)= S1 sin (2π. fp .t)
Exemple 2 :
Pour la transmission d’un 0 (l’état bas), on envoie le signal : S(t)= S0 sin (2π. fp .t)
Pour la transmission d’un 1 (l’état haut), on envoie le signal : S(t)= S1 sin (2π. fp .t)
𝐒𝟏
𝐒𝟎
Le spectre d’un signal modulé en amplitude est obtenu par simple translation du spectre en bande de base
autour de la porteuse, c’est une conséquence directe des propriétés de la modulation d’amplitude d’une
porteuse.
Remarque :
La modulation d'amplitude est simple, mais elle est très sensible aux parasites et imperfections des lignes.
Exemple d’un modulateur ASK :
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b- Modulation de fréquence (FSK)
Chaque état est défini par une fréquence préalablement définie de la porteuse. Cette modulation est obtenue
très facilement en commutant deux oscillateurs.
Exemple :
Pour la transmission d’un 0 (l’état bas), on envoie le signal : S(t)= [Link] (2π. fp0 .t)
Pour la transmission d’un 1 (l’état haut), on envoie le signal : S(t)= [Link] (2π. fp1 .t)
2
Si les deux fréquences sont assez différentes le spectre est constitué de deux lobes de largeur T comme le
montre la figure ci-dessous. Lorsque les fréquences sont voisines ces deux lobes viennent se chevaucher,
∆f 1 1
pour =2π le spectre est presque rectangulaire de largeur T.
f
Exemple d’un modulateur FSK :
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c- Modulation de phase (PSK)
Dans la modulation de phase à 2 états (PSK2 appelé encore BPSK), la distinction entre 0 et 1 est effectuée
par un signal qui commence à 2 endroits différents de la sinusoïde ici 0 et 180°.
bits Signal transmis
1 [Link] (2π.f.t)
0 [Link] (2π.f.t+ φ) Avec φ=180°
Exemple d’un modulateur PSK :
Schéma simplifie schéma réel
II. Modulation de largeur d’impulsion (MLI)
1- Introduction
Quand on veut faire varier la vitesse d’un moteur, la première idée qui vient à l’esprit est de faire varier la
tension aux bornes du moteur mais on constate que pour des valeurs faibles de la tension, le moteur ne
tourne pas. Le moteur demande une tension minimale pour démarrer. Si cette dernière est trop basse, les
forces électromagnétiques ne sont pas suffisantes pour vaincre le frottement. Il devient donc difficile
d’ajuster la vitesse de façon précise. La solution à ce problème est astucieuse. Il suffit de fournir au moteur
une tension qui est toujours la même soit la tension maximale ! Cependant, cette tension ne sera appliquée
que par très courtes périodes de temps. En ajustant la longueur de ces périodes de temps, on arrive à faire
tourner plus ou moins vite les moteurs. En plus, on remarque que la vitesse des moteurs devient
proportionnelle à la longueur des périodes de temps. Contrôler la longueur des périodes où la tension est
présente par rapport aux périodes où la tension est nulle est donc le cœur de la solution. En réalité, cette
solution est très connue en contrôle des systèmes et en électronique et elle porte le nom de PWM (Pulse
Width Modulation) ou MLI (Modulation par Largeur d'Impulsions).
Un autre intérêt de la technique PWM est de limiter la chauffe des composants électroniques.
Par exemple : une lampe de 20 Watts allumée au maximum consomme 20 W. Si par une commande de
gradation elle est allumée au quart de sa puissance, elle consomme 5 W. Le composant analogique devrait
alors dissiper 15 W, ce qui implique un énorme radiateur. En PWM, la puissance fournie est soit maximale,
soit nulle. Lorsqu'elle est maximale, pendant un quart du temps par exemple, il n'y a pas besoin de dissiper
de puissance résiduelle. Lorsqu'elle est nulle, il n'y a pas besoin de dissiper non plus de puissance, car elle
n'est pas fournie du tout.
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2- Définition
Le PWM est un signal numérique, donc la tension peut
prendre deux valeurs seulement. Dans certains cas très
spécifiques (onduleurs à MLI par exemple) on fabrique un
troisième niveau en inversant la tension du niveau haut.
Le signal est carré. Le niveau bas correspond généralement à
0 Volt. La période est notée T ; la durée de l’impulsion (pour
laquelle la tension est celle de l’état haut) est appelée t h .
3- La fréquence d’un signal MLI
La commande d'actionneurs de puissance par PWM est très liée à la notion de fréquence. Pour que
l'impression d'une valeur moyenne constante d'allumage apparaisse, il faut que l'alternance
d'allumage/extinction soit suffisamment rapide pour qu'elle ne se remarque pas. Selon les utilisations la
fréquence du PWM va de 100 Hz (100 cycles par seconde) à 200 kHz.
4- Le rapport cyclique
Le rapport cyclique est la caractéristique d'un signal logique que l'on utilise pour modifier la valeur
moyenne d'une tension continue en sortie de la fonction "DISTRIBUER".
Le rapport cyclique α d'un signal périodique rectangulaire est défini par la relation :
th
α=
T
• t h : durée de l'état haut
• T : période
Le rapport cyclique peut varier entre 0 et 1 :
• si α = 0, alors la tension moyenne est nulle
• si α = 1, alors la tension moyenne a la valeur maximale
Le montage ci-dessous représente la commande analogique pour varier le rapport cyclique d’un hacheur
série afin de varier la vitesse d’une machine à courant continu à excitation indépendante et constante.
𝒊𝑬
𝑹𝟏 𝒊𝑻
- T
Vs = 210V 𝒗𝑻
𝜺
i L=0 .1 H
+
𝑽𝑴𝑳𝑰 𝒊𝑫
𝑽𝒕𝒓𝒊 𝑹𝟐
𝒗𝑫 D u
E
𝑽𝒄𝒐𝒎
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Le principe de la commande est le suivant :
La tension de commande Vcom qui est une tension continue est comparée avec la tension issue d’un
générateur de signaux triangulaire Vtri .
L’AOP est alimenté par une tension de type mono (0 à Vcc), sa sortie nous donne la caractéristique
𝑽𝑴𝑳𝑰 = 𝑓(𝑽𝒕𝒓𝒊 ) suivante :
Ce signal va imposer le temps de saturation (interrupteur fermé) et du blocage (interrupteur ouvert) du
transistor.
D’autre part on a : E=KϕΩ =K’Ω car le MCC est à flux constant
E
Alors Ω = K’
Et on sait que : E=<U>=α. Vs
α.Vs
Donc : Ω =
K’
Par conséquent si on veut varier la vitesse de rotation de la MCC, on peut agir sur le rapport cyclique α en
variant la tension de commande Vcom .
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