Extrait 1 (Début du roman)
Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un
télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments
distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.
L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai
l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi je pourrai veiller et je
rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait
pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai
même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je
n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui
de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il
me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte.
Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une
allure plus officielle. [...]
Albert CAMUS, L’Étranger, 1942
Extrait 2
A l’occasion de l’enterrement de sa mère, Meursault rencontre le concierge de l’asile
dans lequel elle a vécu ses derniers jours.
Ensuite, il a beaucoup bavardé. On l’aurait bien étonné en lui disant qu’il finirait
concierge à l’asile de Marengo. Il avait soixante-quatre ans et il était parisien. A ce
moment je l’ai interrompu : « Ah ! Vous n’êtes pas d’ici ? ». Puis je me suis souvenu
qu’avant de me conduire chez le directeur, il m’avait parlé de maman. Il m’avait dit
qu’il fallait l’enterrer très vite, parce que dans la plaine il faisait chaud, surtout dans
ce pays. C’est alors qu’il m’avait appris qu’il avait vécu à Paris et qu’il avait du mal à
l’oublier. A Paris, on reste avec le mort trois, quatre jours quelquefois. Ici on n’a pas
le temps, on ne s’est pas fait à l’idée que déjà il faut courir derrière le corbillard. Sa
femme lui avait dit alors : « Tais-toi, ce ne sont pas des choses à raconter à
monsieur. » Le vieux avait rougi et s’était excusé. J’étais intervenu pour dire : « Mais
non. Mais non. » Je trouvais ce qu’il racontait juste et intéressant. [...]
Albert CAMUS, L’Étranger, 1942
Extrait 3
Peu après, le patron m’a fait appeler et, sur le moment, j’ai été ennuyé parce que
j’ai pensé qu’il allait me dire de moins téléphoner et de mieux travailler. Ce n’était pas
cela du tout, il m’a déclaré qu’il allait me parler d’un projet encore très vague. Il
voulait seulement avoir mon avis sur la question. Il avait l’intention d’installer un
bureau à Paris qui traiterait ses affaires sur la place, et directement, avec les grandes
compagnies et il voulait savoir si j’étais disposé à y aller. Cela me permettrait de vivre
à Paris et aussi de voyager une partie de l’année. « Vous êtes jeune, et il me semble
que c’est une vie qui doit vous plaire. » J’ai dit que oui mais que dans le fond cela
m’était égal. Il m’a demandé alors si je n’étais pas intéressé par un changement de
vie. J’ai répondu qu’on ne changeait jamais de vie, qu’en tout cas toutes se valaient et
que la mienne ici ne me déplaisait pas du tout. Il a eu l’air mécontent, m’a dit que je
répondais toujours à côté, que je n’avais pas d’ambition et que cela était désastreux
dans les affaires. Je suis retourné travailler alors. J’aurais préféré ne pas le
mécontenter, mais je ne voyais pas de raison pour changer ma vie. En y réfléchissant
bien, je n’étais pas malheureux. Quand j’étais étudiant, j’avais beaucoup d’ambitions
de ce genre. Mais quand j’ai dû abandonner mes études, j’ai très vite compris que
tout cela était sans importance réelle.
Le soir, Marie est venue me chercher et m’a demandé si je voulais me marier avec
elle. J’ai dit que cela m’était égal et que nous pourrions le faire si elle voulait. Elle a
voulu savoir alors si je l’aimais. J’ai répondu comme je l’avais déjà fait une fois, que
cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l’aimais pas. « Pourquoi m’épouser
alors ? » a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n’avait aucune importance et que si
elle le désirait, nous pouvions nous marier. D’ailleurs, c’était elle qui le demandait et
moi je me contentais de dire oui. [...]
Albert CAMUS, L’Étranger, 1942
Texte 1
La scène se passe dans une plantation de bananiers, quelque part dans un pays
tropical. Le lecteur ne tarde pas à s’apercevoir que Franck et surtout A… sont épiés
par un regard, celui du mari d’A… qui soupçonne sa femme de le tromper avec Franck.
Fort de ses trois ans d’expérience, Franck pense qu’il existe des conducteurs
sérieux, même parmi les noirs. A… est aussi de cet avis, bien entendu.
Elle s’est abstenue de parler pendant la discussion sur la résistance comparée des
machines, mais la question des chauffeurs motive de sa part une intervention assez
longue, et catégorique.
Il se peut d’ailleurs qu’elle ait raison. Dans ce cas, Franck devrait avoir raison
aussi.
Tous les deux parlent maintenant du roman que A… est en train de lire, dont
l’action se déroule en Afrique. L’héroïne ne supporte pas le climat tropical (comme
Christiane). La chaleur semble même produire chez elle de véritables crises :
« C’est mental, surtout, ces choses-là », dit Franck.
Il fait ensuite une allusion, peu claire pour celui qui n’a même pas feuilleté le livre,
à la conduite du mari. Sa phrase se termine par « savoir la prendre » ou « savoir
l’apprendre », sans qu’il soit possible de déterminer avec certitude de qui il s’agit, ou
de quoi. Franck regarde A…, qui regarde Franck. Elle a compris, puisqu’elle connaît
l’histoire.
Non, ses traits n’ont pas bougé. Leur immobilité n’est pas si récente : les lèvres
sont restées figées depuis ses dernières paroles. Le sourire fugitif ne devait être qu’un
reflet de la lampe, ou l’ombre d’un papillon.
Du reste, elle n’était déjà plus tournée vers Franck, à ce moment-là. Elle venait de
ramener la tête dans l’axe de la table et regardait droit devant soi, en direction du
mur nu, où une tache noirâtre marque l’emplacement du mille-pattes écrasé la
semaine dernière, au début du mois, le mois précédent peut-être, ou plus tard.
Le visage de Franck, presque à contre-jour, ne livre pas la moindre expression.
Le boy fait son entrée pour ôter les assiettes. A… lui demande, comme d’habitude,
de servir le café sur la terrasse.
Là, l’obscurité est totale. Personne ne parle plus. Le bruit des criquets a cessé.
Alain ROBBE-GRILLET, La jalousie, 1957
Texte 1
[…] On frappa à la porte, c’était Rosa Spagnuolo. Joyeuse, un peu essoufflée
d’avoir monté l’escalier en courant, elle dit que mon fiancé me cherchait à nouveau et
qu’il était au téléphone – quelle belle voix, que bel accent du Nord ! Je courus
répondre en m’excusant encore et encore de l’avoir dérangée. Pietro tenta de me
consoler et me dit que sa mère me recommandait de ne pas m’attrister, car l’essentiel
était que l’on parle du livre. Or, surprenant Mme Spagnuolo qui me connaissait
comme une jeune fille douce, je me mis presque à crier : qu’est-ce ça peut me faire
qu’on en parle, si c’est pour en parler aussi mal ! Il me conjura encore de me calmer
et ajouta : demain, un article va sortir dans L’Unità. Je terminai froidement la
communication en m’exclamant : j’aimerais mieux que personne ne s’occupe plus de
moi !
Je ne pus fermer l’œil de la nuit. Le lendemain matin, je fus incapable de me
retenir et courus acheter L’Unità. Je le feuilletai frénétiquement, encore devant le
kiosque, à un pas de mon école primaire. Je me retrouvai à nouveau devant ma
photo, la même que dans le Corriere, cette fois placée non pas au milieu de l’article
mais en haut, près du titre : « Jeunes rebelles et vieux réactionnaires. À propos du
livre d’Elena Greco ». Je n’avais jamais entendu le nom de celui qui signait l’article,
mais à l’évidence il écrivait bien, et ses paroles me mirent du baume au cœur. Il
faisait l’éloge de mon roman sans demi-mesure, et il accablait le prestigieux
professeur aux lunettes épaisses. Je rentrai chez moi ragaillardie, presque de bonne
humeur. Je feuilletai mon livre et, cette fois, l’intrigue me sembla bien menée et le
style enlevé. Ma mère me lança, mauvaise : ben quoi, t’as gagné au loto ? Je laissai le
journal sur la table de la cuisine, sans mot dire.
Tard dans l’après-midi, Mme Spagnuolo réapparut : on me demandait encore au
téléphone. Devant mon embarras et mes excuses, elle s’exclama qu’elle était ravie de
pouvoir être utile à une fille comme moi, et elle me couvrit de compliments. […]
Elena FERRANTE, Celle qui fuit et celle qui reste. (L’amie prodigieuse III), 2013
[Storia di chi fugge e di chi resta (L’amica geniale. Volume terzo), traduit de l’italien
par Elsa Damiani]
Texte 1 :
Mme Lefèvre était une dame de campagne, une veuve, une de ces demi-paysannes à
rubans et à chapeaux à falbalas, de ces personnes qui parlent avec des cuirs, prennent en
public des airs grandioses.
Elle avait pour servante une brave campagnarde toute simple, nommée Rose.
Les deux femmes habitaient une petite maison à volets verts, le long d’une route, en
Normandie, au centre du pays de Caux.
Comme elles possédaient, devant l’habitation, un étroit jardin, elles cultivaient quelques
légumes.
Or, une nuit, on lui vola une douzaine d’oignons.
Dès que Rose s’aperçut du larcin, elle courut prévenir Madame, qui descendit en jupe de
laine.
Ce fut une désolation et une terreur. On avait volé, volé Mme Lefèvre ! Donc, on volait
dans le pays, puis on pouvait revenir.
Le bruit du vol se répandit. Les voisins arrivèrent, constatèrent, discutèrent à leur tour ; et
les deux femmes expliquaient à chaque nouveau venu leurs observations et leurs idées.
Un fermier d’à côté leur offrit ce conseil : « Vous devriez avoir un chien ».
C’était vrai, cela ; elles devraient avoir un chien, quand ce ne serait que pour donner
l’éveil. Pas un gros chien, Seigneur ! Que feraient-elles d’un gros chien ! Il les ruinerait en
nourriture. Mais un petit chien (en Normandie, on prononce Quin), un petit freluquet de
Quin qui jappe.
Rose, qui aimait les bêtes, apporta ses raisons et les défendit avec astuce. Donc il fut
décidé qu’on aurait un chien, un tout petit chien.
Guy de Maupassant, Contes de la Bécasse
Exemple de schéma narratif (conte, nouvelle...)
Situation de départ, stable, sans
Situation initiale = équilibre
événement particulier
Un événement vient rompre
Elément
l'équilibre de départ, l'histoire
déclencheur
commence vraiment
- Action(s) => Les personnages peuvent échanger
les
déséquilibre à travers des dialogues (style direct
péripéties
- Réaction(s)
ou indirect)
Le héros, ou un événement
Dénouement
inattendu résolvent le problème
La situation finale est marquée par
Situation finale = équilibre
le retour à un nouvel équilibre
« Enlevez votre genou de nos cous » :
des milliers de manifestants dans les
pas de Martin Luther King à
Washington
57 ans jour pour jour après l’emblématique discours du leader de la lutte pour les
droits civiques Martin Luther King, « I have a dream », les Américains étaient invités
à marcher à nouveau sur la capitale fédérale pour réclamer l’égalité entre tous.
Par L’Obs avec AFP Publié le 28 août 2020 à 20h09
Entre lassitude et colère, des milliers de personnes se rassemblaient vendredi 28 août au cœur de
Washington pour réclamer la fin des violences policières contre la minorité noire après une série de
violences policières qui ont rouvert les plaies raciales de l’Amérique.
57 ans jour pour jour après l’emblématique discours du leader de la lutte pour les droits civiques
Martin Luther King, « I have a dream », les Américains étaient invités à marcher à nouveau sur la
capitale fédérale pour réclamer l’égalité entre tous.
Arborant des t-shirts barrés de la mention « Black Lives Matter » (Les vies noires comptent) ou
« What will it take ? » (Qu’est-ce qu’il vous faut ?), des centaines de personnes ont patienté dès
l’aube pour se faire prendre leur température avant d’entrer dans le périmètre prévu pour le
rassemblement, une mesure destinée à minimiser le risque de propagation du nouveau coronavirus.
« Nous sommes toujours traités de manière injuste »
« Je suis arrivée avant 6 heures, je n’ai pas beaucoup dormi », a confié à l’AFP une femme noire
de 47 ans prénommée Gardner, venue de Cincinnati, à plus de 800 kilomètres. « Je porte ce
message : je veux du changement ».
« Cela fait 300 ans qu’on attend l’égalité », a renchéri Don Carlisle, un quinquagénaire noir venu
tôt avec un groupe d’amis. « Techniquement, nous avons construit ce pays et nous sommes toujours
traités de manière injuste ».
Intitulée « Enlevez votre genou de nos cous », la manifestation fait référence à George Floyd, un
Afro-américain asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, dont la mort a déclenché un
mouvement de protestation inédit depuis des décennies aux Etats-Unis.
Menotté à l’hôpital
Des membres de la famille de George Floyd, ainsi que de plusieurs autres Afro-américains tués par
des policiers, prendront la parole.
Des proches de Jacob Blake, grièvement blessé dimanche à Kenosha, dans le nord du pays,
s’exprimeront aussi, alors que l’agent qui a tiré sept balles dans le dos du père de famille n’a
toujours pas été arrêté, ni inculpé.
Dernier outrage, selon son père : le jeune homme de 29 ans est menotté à son lit d’hôpital alors qu’il
a perdu l’usage de ses jambes. « Il ne peut aller nulle part, pourquoi le menotter ? », a déclaré au
« Chicago Sun Times » celui qui s’appelle aussi Jacob Blake.
Ce drame, le plus récent d’une longue série, a rallumé les braises de la contestation, et entraîné des
manifestations émaillées de violences pendant trois nuits à Kenosha, où deux personnes ont été
abattues apparemment par un jeune de 17 ans qui, armé d’un fusil d’assaut, s’était joint à des
milices censées défendre les commerces locaux.
Les blessures infligées à Jacob Blake ont aussi déclenché un mouvement de protestation sans
précédent dans le monde du sport. Après la décision des joueurs de basket-ball des Milwaukee
Bucks de boycotter un match, la NBA a dû reporter plusieurs rencontres mercredi et jeudi. Elle a
toutefois espéré pouvoir reprendre le cours des compétitions vendredi ou samedi.
La joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka a, quant à elle, refusé un temps de disputer la demi-
finale du tournoi de Cincinnati, dont les organisateurs ont reporté d’un jour tous les matches prévus
jeudi. Des matches de football et de base-ball ont également été reportés.
« Réputation en jeu »
La mobilisation des sportifs « représente un véritable changement culturel », s’est réjoui le
révérend Al Sharpton, l’un des organisateurs de la marche de vendredi, sur la chaîne MSNBC. « Les
gens entendaient des militants comme moi dire des choses, mais maintenant il y a ces athlètes
qu’eux et leurs enfants admirent qui disent la même chose et mettent en jeu leur source de revenus
et leur réputation, c’est décisif », a-t-il jugé.
Donald Trump « n’a même pas prononcé le nom de Jacob Blake », ni évoqué les manifestants tués
à Kenosha, dans un discours jeudi soir à la Maison-Blanche qui a donné le coup d’envoi de sa
campagne pour la présidentielle du 3 novembre, a souligné le révérend. « Cela montre qu’il reste
beaucoup de travail à faire ».
Le milliardaire républicain insiste depuis des semaines sur les violences commises en marge des
manifestations et se pose en défenseur de « la loi et de l’ordre » face à son rival démocrate Joe
Biden, qu’il accuse de vouloir livrer les Etats-Unis au chaos.
« Si le parti démocrate veut se ranger du côté des anarchistes, des agitateurs, des émeutiers, des
pilleurs et des brûleurs de drapeau, c’est leur problème, mais en tant que président, je m’y refuse »,
a-t-il encore lancé jeudi soir.
L’Obs avec AFP
https://www.nouvelobs.com/manifestations-pour-george-floyd/20200828.OBS32661/enlevez-votre-
genou-de-nos-cous-des-milliers-de-manifestants-dans-les-pas-de-martin-luther-king-a-
washington.html
Aux Etats-Unis, près de onze heures
d’attente pour mettre son bulletin
dans l’urne
Avec déjà 10 millions de votants, le succès du vote anticipé pour l’élection
présidentielle du 3 novembre prochain a submergé certains bureaux, notamment au
Texas et en Géorgie.
Par L’Obs Publié le 14 octobre 2020 à 19h31
Certains électeurs avaient opté pour le vote anticipé afin d’échapper aux files d’attente, c’est raté !
De plus en plus d’Américains choisissent de voter avant l’élection : ils sont déjà plus de 10
millions, d’après les informations de l’Université de Floride. Un record. En comparaison, le 16
octobre 2016, quelque 1,4 million d’électeurs avaient transmis leur bulletin. Ce succès a bien sûr
occasionné quelques cafouillages… et des centaines de files d’attente, qui préfigurent ce qu’on
pourrait voir le 3 novembre prochain à travers le pays.
Cette hausse intervient dans un contexte de crise sanitaire du coronavirus, qui a provoqué un
recours massif au vote anticipé et au vote par courrier. Par ailleurs, cette affluence s’explique aussi
par le fait que 36 Etats en ont facilité les conditions, par exemple en ne demandant plus aux
électeurs de justifier leur choix par des raisons professionnelles ou médicales, relèvent nos confrères
du « Monde ».
Les électeurs démocrates sont les plus partisans. 62% des électeurs démocrates déclarent vouloir y
avoir recours, contre 28% de républicains, d’après un sondage de Gallup, paru le 7 octobre.
D’ailleurs, les files d’attente les plus longues ont été constatées dans les quartiers qui leur sont plus
favorables.
Difficultés techniques
Dans une vidéo publiée sur Twitter, le compositeur et producteur Johnta Austin, qui a voté en
Géorgie, explique qu’il a attendu onze heures pour mettre son bulletin dans l’urne. Dans le comté de
Gwinnett, à Lawrenceville notamment, des files d’attente de plus de huit heures ont été constatées,
rapporte le « New York Times ».
Ces dysfonctionnements ont évidemment été critiqués. Les autorités locales, elles, ont pointé du
doigt le manque de familiarité des électeurs avec la procédure : nombre d’entre eux seraient arrivés
avec le bulletin de vote par correspondance alors qu’ils souhaitaient voter en personne, ce qui a
retardé le processus.
Un porte-parole du comté a également attribué les files d’attente de la journée du mardi 13 octobre
à des difficultés techniques avec les machines à voter. « Parfois, c’était plus lent, et pendant un
moment, tout s’est arrêté », a-t-il expliqué.
« Bug de programmation »
Au Texas, des scènes similaires ont été filmées, par exemple à Austin, comme vous pouvez le voir
dans la vidéo en tête d’article. Des électeurs témoignent avoir mis plus de trois heures à voter. Ces
dysfonctionnements sont attribués par les autorités au succès du vote par anticipation, mais aussi à
une modification dans le mode de scrutin, qui entraîne un allongement du temps nécessaire pour
remplir son bulletin.
Par ailleurs, dans le comté de Fort Bend, en banlieue sud de Houston, une trentaine de bureaux ont
dû fermer pendant près d’une matinée, mardi 13 octobre, à cause, là encore, de panne des machines
à voter. Il s’agissait d’un « bug de programmation », a expliqué le juge du comté, K.P. George.
L’Obs
https://www.nouvelobs.com/elections-americaines-2020/20201014.OBS34737/aux-etats-unis-pres-
de-onze-heures-d-attente-pour-mettre-son-bulletin-dans-l-urne.html
« Vous ne pouvez pas nous tuer, nous
sommes partout » : des dizaines de
milliers de Thaïlandais continuent de
manifester, malgré l’interdiction
Malgré la promulgation d’un décret d’urgence interdisant tout rassemblement de plus
de quatre personnes, les manifestants prodémocratie continuent à se mobiliser pour
réclamer une réforme de la monarchie.
Le Monde avec AFP | 17.10.2020 à 17h00, mis à jour à 18h37
« Prayut, va te faire foutre ! » Plusieurs dizaines de milliers de manifestants prodémocratie ont
bravé samedi 17 octobre, pour la troisième journée consécutive, l’interdiction de rassemblement à
Bangkok pour réclamer la démission du premier ministre et une réforme de la monarchie, avant de
se disperser dans le calme. La veille, pour la première fois, la police avait utilisé des canons à eau
pour disperser les contestataires, qui manifestent ainsi sur fond de tensions croissantes avec les
forces de l’ordre.
Samedi, la manifestation s’est déployée sur plusieurs sites hors du centre-ville, rendu difficile
d’accès après la fermeture de toutes les lignes de métro par les autorités. « Je m’inquiète pour ma
sécurité. Mais si je ne manifeste pas, je n’aurai pas d’avenir », a expliqué une étudiante en école de
commerce, Min, 18 ans, qui a apporté casque et masque à gaz pour se protéger d’une éventuelle
charge des forces de l’ordre.
De l’autre côté de la rivière Chao Phraya, des milliers de protestataires ont crié : « Vive le peuple, à
bas la dictature ! » Tandis que d’autres bloquaient la circulation dans le sud-est de la ville, arborant
des panneaux : « Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes partout ». D’autres manifestations ont
eu lieu dans le pays.
Panupong « Mike » Jadnok, une tête d’affiche de la contestation, a été interpellé, selon des images
retransmises en direct sur les réseaux sociaux. Il est poursuivi pour avoir violé l’interdiction de
rassemblement. « Soyez prêts physiquement et mentalement à une éventuelle répression », avaient
averti un peu plus tôt les organisateurs du mouvement qui réclame la démission du premier
ministre, Prayut Chan-o-cha. Les frondeurs demandent une réforme de la puissante et richissime
monarchie, un sujet tabou dans le pays il y a encore quelques mois.
Des manifestants emprisonnés dans le nord du pays
Le roi Maha Vajiralongkorn n’a pas directement commenté les événements en cours, mais déclaré à
la télévision publique que la Thaïlande a « besoin d’un peuple qui aime son pays, d’un peuple qui
aime l’institution » que représente la monarchie.
Jeudi et vendredi, plusieurs milliers de personnes s’étaient déjà réunies dans le centre de la capitale,
malgré la promulgation d’un décret d’urgence interdisant tout rassemblement de plus de quatre
personnes. Des dizaines de personnes ont été interpellées ces quatre derniers jours, dont neuf
leadeurs du mouvement prodémocratie. Certaines ont été libérées sous caution, d’autres, comme
Anon Numpa, particulièrement virulent envers la royauté, ont été emprisonnées dans le nord du
pays.
Le parti d’opposition Pheu Thai a appelé le gouvernement à lever immédiatement les mesures
d’urgence et à libérer les personnes détenues. Le décret promulgué est « un feu vert » donné aux
autorités « pour violer des droits fondamentaux et opérer des arrestations arbitraires en toute
impunité », a condamné l’ONG Human Rights Watch, appelant la communauté internationale à
réagir.
« Ne violez pas la loi, (…) je ne démissionnerai pas », a mis en garde, vendredi, le premier ministre
thaïlandais, ajoutant que les mesures d’urgence seraient appliquées pendant une période maximale
de trente jours. Un couvre-feu n’est, par ailleurs, pas exclu dans la capitale si la situation devait
perdurer.
Le général Prayut Chan-o-cha est au pouvoir depuis qu’il a renversé, par un coup d’Etat en 2014,
Yingluck Shinawatra, sœur de l’ex-premier ministre Thaksin Shinawatra. « Des centaines de
milliers de personnes demandent aujourd’hui des changements », a relevé cette dernière sur
Twitter, exhortant Prayut Chan-o-cha à tout faire pour « restaurer la paix » dans le royaume.
Probabilité d’une prise de contrôle par les militaires
Aux tensions politiques s’ajoute une grave crise économique. Tributaire du tourisme et verrouillée
depuis la pandémie de Covid-19, la Thaïlande est en pleine récession avec des millions de
personnes sans emploi. Les autorités ont motivé la promulgation des mesures d’urgence en
dénonçant notamment des incidents mercredi à l’encontre d’un cortège royal.
Plusieurs dizaines de manifestants, en marge d’un grand rassemblement prodémocratie, avaient levé
trois doigts devant le véhicule de la reine Suthida, en signe de défi. Deux activistes ont été
interpellés et mis en examen pour « violence envers la reine », une accusation rarissime, passible de
la prison à vie.
La Thaïlande est habituée aux violences politiques, avec 12 coups d’Etat depuis l’abolition de la
monarchie absolue, en 1932. Vu la situation et le durcissement des positions, « la probabilité d’une
autre prise de contrôle du pays par les militaires est envisageable », selon Thitinan Pongsudhirak,
politologue à l’université Chulalongkorn de Bangkok.
Le Monde avec AFP
https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/17/vous-ne-pouvez-pas-nous-tuer-nous-
sommes-partout-des-milliers-de-thailandais-continuent-de-manifester-malgre-l-
interdiction_6056432_3210.html
Pendant le confinement, les ménages
les plus aisés ont le plus baissé leur
consommation
Par LEXPRESS.fr , publié le 12/10/2020 à 17:14, mis à jour le 13/10/2020 à 17:25
Selon le Conseil d’analyse économique, la consommation des ménages a chuté au
printemps mais a retrouvé un niveau normal cet été. Certains secteurs souffrent plus
que d’autres.
Les habitudes de consommation des Français ont été chamboulées par la crise sanitaire. Avec le
confinement, au printemps dernier, la consommation des ménages a chuté mais a réussi à rebondir
dès l’été. C’est ce que constate ce lundi le Conseil d’analyse économique (CAE), un organisme
rattaché à Matignon, dans une publication. Toutefois, certains secteurs sont plus touchés que
d’autres par cette baisse de consommation, notamment la restauration, la culture, le spectacle...
Les calculs réalisés par cette instance indépendante d’analyses économiques pour le gouvernement
ont été faits à partir de la somme des achats par cartes bancaires, des retraits d’espèces et des
paiements par chèque. “Elle n’intègre donc que peu, voire pas du tout les charges ‘fixes’ des
ménages qui sont le plus souvent réglées par virement ou prélèvement (loyers, abonnements
électricité, téléphone, etc.)”, peut-on lire dans ce document.
Un rebond de la consommation cet été
“Après la chute de la consommation pendant le confinement qui a correspondu à une perte
annualisée de 6,3 % par rapport à 2019, la consommation, telle que mesurée par les données de
cartes bancaires, a rapidement rebondi avec, depuis le déconfinement, un retour à une
consommation à un niveau normal avec même, en terme annualisé à nouveau, une augmentation de
0,7 %”, notent les auteurs de cette publication. Toutefois, ce rebond ne compense pas les pertes
accumulées pendant le confinement.
Cette tendance est surtout observée pendant la période estivale de juillet et août mais elle a tendance
à s’essouffler. Ce ralentissement pourrait être dû aux annonces sur la situation sanitaire et l’arrivée
de la deuxième vague de contamination au coronavirus dans le pays. Elle correspond aussi, selon le
document, aux récentes analyses de l’INSEE et de la Banque de France.
Les dépenses de consommation des ménages français ont en effet rebondi en août après un léger
recul en juillet, portées par l’augmentation des achats alimentaires et de la consommation de biens
fabriqués, du fait du décalage des soldes cette année, a indiqué l’INSEE fin septembre. Mais
l’institut prévoit également que les nouvelles restrictions imposées par la situation épidémique à
certains secteurs pèsent sur l’activité et stoppent le rebond de l’économie française, dans une note
publiée le 6 octobre.
Cependant, les nouvelles restrictions prises récemment “n’ont pas, jusqu’ici, induit un
comportement de retrait massif des consommateurs”, note le Conseil d’analyse économique. “De ce
point de vue, ceux-ci semblent donc s’adapter aux nouvelles conditions sanitaires. Un exemple de
cette adaptation est la substitution des cartes bancaires au paiement en espèces”, écrivent les auteurs
de la publication.
Les riches ont moins dépensé que les pauvres
Selon les calculs effectués par le Conseil d’analyse économique, ce sont les personnes les plus
aisées qui ont le plus baissé leur consommation pendant le confinement. Malgré le rebond dû au
déconfinement, leur consommation est restée moindre par rapport à celle observée l’année dernière.
“Plus les personnes sont aisées et plus leur consommation a baissé sur toute la période”, résument
les auteurs.
Ce phénomène s’explique notamment par le fait que ces ménages dépensent habituellement leur
argent dans des biens non-essentiels, qui font partie des plus impactés par la crise. “À l’inverse, les
ménages modestes ont moins baissé leur consommation, puisque celle-ci se concentre plus sur les
biens essentiels”, souligne le rapport.
La tendance se traduit également à travers l’épargne. Ainsi, les plus aisés ont davantage épargné
que les plus pauvres pendant cette période : “Près de 70 % du surcroît de l’épargne a donc été fait
par 20 % des ménages.”
Pour le Conseil d’analyse économique, cette analyse met en lumière le besoin des ménages les plus
modestes en termes d’aides de l’Etat et “suggère qu’un soutien beaucoup plus franc aux ménages
les plus modestes, plus exposés aux conséquences économiques des mesures sanitaires, va très
rapidement s’avérer nécessaire.”
Des secteurs plus touchés que d’autres
Depuis la crise, certains secteurs ont été plus impactés par la baisse de la consommation que
d’autres. Notamment ceux qui touchent à des biens de longue durée, des achats qui peuvent être
reportés comme une voiture, des meubles, de l’électroménager, etc. “Une chute extrêmement forte
pendant le confinement” de 10,9 %. Mais ces secteurs ont néanmoins profité d’un rebond dès la fin
du confinement, à partir de mai à hauteur de 6,7 %.
D’autre part, les services informatiques “ont vu leur consommation augmenter de 13 et 24 %
pendant et après le confinement respectivement.”
“En revanche, dans les secteurs qui requièrent des interactions sociales et pour lesquels la
consommation est difficilement substituable entre périodes (restaurants, spectacles, culture, etc.), la
chute pendant le confinement n’a pas été compensée après celui-ci”, complète le document qui
pointe alors la nécessité d’une approche sectorielle dans l’aide aux entreprises.
https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/pendant-le-confinement-les-menages-les-plus-
aises-ont-le-plus-baisse-leur-consommation_2136278.html