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Budget vert Sénégal 2025 : enjeux climatiques

Le document présente le Budget Vert 2025 du Sénégal, axé sur la lutte contre les changements climatiques à travers des initiatives macroéconomiques et sectorielles. Il souligne la vulnérabilité du pays face aux impacts climatiques et décrit les efforts du gouvernement pour intégrer la résilience climatique dans la gouvernance et les investissements. Enfin, il évoque la nécessité d'une budgétisation verte pour soutenir les objectifs environnementaux et garantir un développement durable.

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Budget vert Sénégal 2025 : enjeux climatiques

Le document présente le Budget Vert 2025 du Sénégal, axé sur la lutte contre les changements climatiques à travers des initiatives macroéconomiques et sectorielles. Il souligne la vulnérabilité du pays face aux impacts climatiques et décrit les efforts du gouvernement pour intégrer la résilience climatique dans la gouvernance et les investissements. Enfin, il évoque la nécessité d'une budgétisation verte pour soutenir les objectifs environnementaux et garantir un développement durable.

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REPUBLIQUE DU SENEGAL

UN PEUPLE - UN BUT - UNE FOI

MINISTERE DES FINANCES ET DU BUDGET

BUDGET VERT

2025
« Pour une prise d'initiatives afin de répondre aux
défis urgents relatifs aux changements climatiques»

1
PLAN

Introduction .................................................................................................................2

I. Etat des lieux des changements climatiques au Sénégal........................................5

A. Gouvernance des changements climatiques ......................................................5

B. Constats .........................................................................................................6

C. Impacts sur les secteurs d’activités ..................................................................8

D. Rappel des grands axes de la Contribution déterminée (CDN) .......................... 12

II. Les mesures et initiatives macroéconomique et budgétaire. ............................. 13

A. Politique fiscale sensible aux changements climatiques .................................... 13

B. Politique d’allocation budgétaire sensible aux changements climatiques............ 15

III. Les mesures et initiatives sectorielles d’adaptation et d’atténuation aux


Changements Climatiques ........................................................................................... 21

A. Santé ........................................................................................................... 21

B. Agriculture .................................................................................................... 21

C. Elevage ........................................................................................................ 22

D. Energie ........................................................................................................ 22

E. Transport ..................................................................................................... 23

F. Pêche ........................................................................................................... 24

G. Biodiversité ................................................................................................... 24

H. Industrie ...................................................................................................... 25

I. Ressources en Eau ........................................................................................ 25

Conclusion .................................................................................................................. 27

2
INTRODUCTION
Les changements climatiques désignent les variations à long terme de la température et des
modèles météorologiques. Ils peuvent résulter des phénomènes naturels, tels que les
fluctuations du cycle solaire ou les éruptions volcaniques massives.

Cependant, depuis les années 1800, les activités humaines sont devenues la principale cause
des changements climatiques, en raison, essentiellement de l’utilisation des combustibles
fossiles tels que le charbon, le pétrole et le gaz.

La révolution industrielle, l’un des évènements les plus importants de la civilisation moderne,
a profondément transformé la société et la vie des hommes. Elle a conduit à une
industrialisation, corollaire de nombreuses modifications dans le domaine du travail et dans la
structure de la société. Toutefois, cette révolution qui a positivement impacté la vie sociale a
également entraîné des répercussions néfastes sur l’environnement.

La Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement, aussi connue sous
le nom de « Sommet Planète Terre » ou « Conférence de Rio » qui a réuni plus de 178 pays,
s’est tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, en juin 1992 pour échanger sur l’effort massif à faire
pour réconcilier l'impact des activités socio-économiques humaines et l'environnement. La
déclaration, dite « Déclaration de Rio de Janeiro » sur l’environnement et le
développement durable, adoptée par cette conférence, constitue une avancée significative
dans la lutte contre ce fléau en cela qu’elle porte sur des engagements forts tels que la
réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de minimiser l’impact humain sur le
changement climatique.

Sous ce rapport, l’Organisation des Nations unies (ONU) a également développé plusieurs
instruments dans le cadre de sa politique environnementale à travers différents accords
multilatéraux sur les changements climatiques. On peut citer, en particulier, la Convention
Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la Convention de Vienne,
le Protocole de Montréal et ses amendements sur la protection de la couche d’Ozone, le
Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris sur le Climat.

Il convient de souligner que même si des avancées sont notées, des limites ont été observées
dans la mise en œuvre des outils rappelés supra. C’est ainsi que la conférence de Paris de
2015 ou COP21 a permis d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat
communément appelé « l’Accord de Paris », applicable à tous les pays.

La mise en œuvre de cet accord a donné lieu à des orientations stratégiques visant à intégrer
le climat dans les politiques et programmes de développement, notamment en suivant les
efforts des gouvernements pour l’intégration de l’environnement dans l’allocation des
ressources financières.

Cependant, les mesures d’adaptation mises en place au niveau national sont encore
insuffisantes face aux aléas climatiques croissants. La situation est particulièrement
préoccupante au Sénégal, un pays côtier très vulnérable aux effets du réchauffement
climatique. C’est pourquoi le Sénégal a ratifié tous ces accords, dans le but de parvenir à un

3
consensus mondial pour protéger les populations et leur cadre de vie, en promouvant un
développement durable.

Dans le cadre de sa politique de résilience économique et des réformes de la gouvernance


financière publique, le Sénégal a renforcé son dispositif juridique de lutte contre les effets des
changements climatiques en adoptant de nouveaux cadres textes législatifs tels que le Code
de l’Environnement, le Code de l’Urbanisme et le décret portant règlementation du cadre
général de gestion des investissements publics etc. L’innovation majeure de ces différents
textes est la prise en compte obligatoire de la résilience aux changements climatiques dans la
réalisation des investissements physiques à toutes les phases du cycle de gestion des projets
et s’inscrit dans les perspectives suivantes : (i) l’exploitation rationnelle des ressources
naturelles ; (ii) la lutte contre les pollutions et nuisances ; (iii) l’amélioration des conditions de
vie des populations dans le respect de l’équilibre de leurs relations avec le milieu ambiant ;
(iv) la mise place d’un régime spécifique de responsabilité garantissant la réparation des
dommages causés à l’environnement ; (v) la protection des espaces littoraux et ; (vi) le
renforcement du dispositif actuel de gestion des projets investissements publics, entre autres.

Par ailleurs, en vue d’accompagner et de matérialiser la mise en œuvre de ces accords et


engagements pris sur le plan international, diverses stratégies nationales et sectorielles ont
été élaborées dont la Contribution déterminée au niveau national (CDN). Elle traduit les
engagements du Sénégal au titre de l’Accord de Paris sur le climat, en matière d’atténuation
des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux effets adverses des changements
climatiques. La CDN est déclinée en Plans sectoriels d’adaptation et d’atténuation selon les
secteurs retenus.

C’est dans ce contexte que le Gouvernement a inscrit dans ses différents et récents
programmes avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire
international (FMI), un volet relatif au renforcement de la résilience aux changements
climatiques à intégrer dans le processus de préparation et d’exécution du budget.

Malgré la suspension du programme avec le FMI, les services techniques ont poursuivi les
diligences dans la mise œuvre des engagements sur la résilience climatique. C’est dans ce
cadre que le ministère a reçu un appui du FMI pour la quantification des risques budgétaires
par rapport à deux catastrophes naturelles : les inondations et la sécheresse. Les résultats de
cette mission alimentent la Déclaration sur les risques budgétaires en annexe au PLF.

Tenant compte de tous ces facteurs, le Gouvernement a mis en place des mécanismes internes
et développé des stratégies de politiques publiques sensibles au climat telles que la
budgétisation verte qui permet d’identifier et, éventuellement, d’évaluer les contributions
des dépenses et recettes budgétaires à la réalisation d’objectifs environnementaux.

A titre illustratif, l’épisode de la pandémie de la COVID-19 a révélé la nécessité de mieux


prendre en compte le volet environnemental dans le cadre de la programmation pluriannuelle
des dépenses publiques afin de mieux réduire leur vulnérabilité face aux différents chocs,
notamment exogènes et, garantir l’équilibre financier et la soutenabilité des politiques
budgétaires.

4
Enfin, il convient de souligner qu’au plan national, l’année 2024 a été un tournant décisif dans
l’histoire politique du Sénégal du fait qu’elle a consacré une nouvelle alternance démocratique
avec la mise en place d’un nouveau régime, à l’issue de l’élection présidentielle tenue le 24
mars 2024.

C’est dans ce contexte particulier que le nouveau référentiel de politique économique et social
– Agenda de transformation systémique – « Sénégal 2050 », a été adopté. La vision qui y est
déclinée, est celle d’un « Sénégal souverain, juste et prospère » à l’horizon 2050 pour une
gestion durable de l’environnement et du territoire.

Le présent document est structuré en trois (3) parties : (i) un rappel de l’état des lieux des
changements climatiques au Sénégal ; (ii) les initiatives macroéconomique et budgétaire et
(iii) les mesures et initiatives sectorielles d’adaptation et d’atténuation aux changements
climatiques.

5
I. ETAT DES LIEUX DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES AU SENEGAL
La vulnérabilité des populations et des écosystèmes s’accentue de plus en plus. Elle impacte
considérablement les domaines liés à l’accès à l’eau potable, l’alimentation, la santé, auxquels
il faut ajouter les inondations, les sécheresses et tempêtes.

A. Gouvernance des changements climatiques


Le cadre institutionnel et juridique de la gouvernance des changements climatiques s’est
enrichi de façon substantielle avec l’adoption de nouveaux textes axés autour de la résilience
climatique et de la Stratégie nationale de développement notamment (i) l’urbanisme et la
construction et (ii) la gestion des projets d’investissement public.
Le tableau synoptique ci-après, retrace les efforts du Gouvernement en matière de
préservation de l’environnement. Ce cadre se présente comme suit :

Tableau 1 : Cadre institutionnel et stratégique


Cadre institutionnel

Le METE est chargé d'élaborer et de mettre en œuvre la politique environnementale définie


par le Président de la République. Conformément au Décret n° 2024-950 relatif aux
Ministère de attributions du Ministre de l'Environnement et de la Transition écologique, il a également
l’Environnement et de la mandat sur la préservation de la faune, de la flore, la coordination de la transition
Transition écologique écologique, le mécanisme de veille et de suivi des tendances de changement de climat et
(METE) de modifications de l’état de l’environnement. Il représente le Sénégal dans les réunions
internationales techniques consacrées à la protection de l’environnement, de la biodiversité,
entre autres.

Loi nº 2023-15 du 02 août 2023 portant Code de l'Environnement ;


Décret n°2023-2142 du 31 octobre 2023 portant réglementation du cadre général de la
Lois et règlements gestion des investissements publics au Sénégal ;
Loi n°2023-20 du 29 Décembre 2023 portant code d’urbanisme du Sénégal.

• Le COMNACC, créé en 1994, bénéficie d'une large participation des acteurs


étatiques et des représentants d’organisation non gouvernementales. Son
mandat, défini dans le décret Présidentiel n°2011-1689 du 3 octobre 2011, est
d'assurer la coordination des différentes activités liées à la consultation, à la
formation, à la sensibilisation, à la gestion et au suivi dans le cadre de la mise en
œuvre des politiques climatiques, les déclinaisons territoriales à travers les
Comité national sur les comités régionaux sur les changements climatiques (COMRECC) au niveau des
Changements Climatiques régions administratives permet une meilleure animation des débats sur le climat
(COMNACC) et une identification des besoins spécifiques au niveau local.

• Parmi les plateformes sectorielles d’appui à la coordination et au dialogue des


acteurs sur les questions relatives aux changements climatiques dont il dispose,
on peut citer notamment, la plateforme dialogue science-politique sur les
changements climatiques, l’agriculture et la
sécurité alimentaire(CCASA) et la plateforme nationale pêche/aquaculture et
changements climatiques.
Agence nationale de L’ANACIM assure le rôle de point focal du Groupe d’Experts intergouvernemental sur
l’aviation civile et de la l’évolution du climat. Elle assure, la publication de bulletin décadaire à travers le Groupe
météorologie (ANACIM) de Travail pluridisciplinaire.

6
Centre d’Études et de Le centre assure le rôle d’entité nationale de transfert de technologie désignée.
Recherche sur les Énergies
Renouvelables

Entités accréditées (centre Ces entités accompagnent les porteurs de projets dans l’élaboration et la mobilisation des
de suivi écologique et La ressources financières auprès du fonds vert climat et du fonds d’adaptation.
Banque Agricole)

Cadre stratégique

Stratégie nationale de La SND est la stratégie quinquennale qui porte à moyen terme le nouveau référentiel de
Développement (SND) politique de développement économique et sociale durable, qui vise à construire un
2025-2029 « Sénégal souverain, juste et prospère », à partir des pôles territoriaux de développement.
Cette vision repose sur un agenda de transformation systémique à l’horizon 2020, et est
articulée autour de quatre (4) axes stratégiques :

(i) l’économie compétitive,


(ii) le capital humain de qualité et l’équité sociale,
(iii) l’aménagement et le développement durables et,
(iv) la bonne gouvernance et l’engagement africain.

L’Agenda national de transformation Sénégal 2050 stipule que le Sénégal réalisera


sa résilience face aux risques climatiques en 2050. Sa mise en œuvre coïncide avec l’entrée
du Sénégal dans le groupe des pays producteurs de pétrole et de gaz.

Contribution déterminée au La CDN comporte un certain nombre d'objectifs sectoriels aux horizons 2025-2030. Ces
niveau national (CDN) objectifs représentent une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre de 7 %
à 29,5 % par rapport aux émissions habituelles en 2030, l'extrémité inférieure représentant
l'objectif inconditionnel du Sénégal et l'extrémité supérieure l’objectif conditionnel au
soutien international et au financement climatique. Les secteurs couverts sont l'énergie,
l'agriculture, la foresterie et les autres utilisations des terres, les déchets et l'industrie.

La CDN vise aussi à renforcer la résilience des communautés, des infrastructures et des
écosystèmes face aux impacts actuels et prévus des changements et de la variabilité
climatiques. Les secteurs couverts par le volet adaptation portent sur l’agriculture,
l’élevage, la santé, la pêche, la biodiversité, la santé, les ressources en eau et les
inondations.

Lettres de politique Les LPSD des départements impliqués dans les actions d’atténuation et d’adaptation sont
sectorielle de les référentiels pour apprécier la prise en compte de la question climatique au niveau
développement (LPSD) sectoriel. Elles orientent les programmes des différents ministères concernés par l’action
climatique.

Les documents de Les collectivités territoriales constituent un levier important de l’action publique et sont
planification au niveau local incontournables pour répondre aux défis des changements climatiques.
(PDC, PDD, Plans climat
territoriaux)

B. Constats
A l’instar des autres pays africains, le Sénégal fait partie de ceux qui contribuent le moins aux
émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les émissions nettes du pays (en GgECO2) sont
passées de 9 317,9 en 1994 à 13 298 en 2000, 13 084 en 2005 et 16 752 en 2010.
Toutefois, il continue de subir des impacts considérables néfastes découlant des changements
climatiques.

De nos jours, la frange côtière qui s’étire sur 720 kilomètres avec six (6) régions littorales
(Saint louis, Louga, Thiès, Dakar, Fatick et Ziguinchor) est la zone territoriale la plus affectée

7
eu égard aux dégâts importants avec notamment, des pertes en vies et des effets sur la santé
humaine, la réduction de la croissance économique avec comme corollaire une diminution de
la production agricole et un impact sur le tourisme balnéaire, une perte de biodiversité et les
répercussions sur les habitations humaines et les infrastructures dans un contexte national
d’exploitation de gaz et de pétrole.

C’est dire que les problématiques environnementales et climatiques impactent durablement


l’organisation de la société et favorisent des mouvements migratoires internes et externes.
Parallèlement, dans les villes, l’urbanisation désorganisée consécutive à l’accueil des
populations du monde rural et au retour à la normale des pluies depuis 1989, sont à l’origine
d’inondations récurrentes. Ces dernières impactent négativement la fonctionnalité du cadre
de vie, engendrent beaucoup de désagréments qui rendent les populations plus vulnérables à
la maladie et à la pauvreté.

Ces phénomènes, qui perturbent l’organisation des sociétés, sont certes pris en compte par
les différents programmes et projets publics portés par les différents ministères sectoriels
(agriculture, élevage, hydraulique, pêche, tourisme, environnement, etc.), mais leurs impacts
ne sont pas très bien maitrisés ou les mesures de mitigation qui sont prises n’ont pas eu les
effets escomptés.

La recrudescence des phénomènes extrêmes se traduit par la fréquence des pluies de plus en
plus intenses et de courtes durées mais également par des inondations et des débordements
de fleuve notamment le fleuve Sénégal lors de la période d’hivernage.

Par ailleurs, en raison de l’augmentation du niveau de la mer, l’érosion côtière entraine des
pertes socio-économiques et environnementales sur le littoral où se trouvent des villes dont
les activités économiques contribuent à hauteur de 68% du PIB.

Il s’y ajoute, l’évolution des particules fines, en moyenne de 63,33 µg/m3/an, largement
au-dessus de la norme retenue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), laquelle se
situe à 5 µg/m3/an, causant des pollutions marines, atmosphériques ainsi que des impacts
sanitaires.

Concernant le milieu marin, les risques de pollution deviennent de plus en plus importants. En
effet, les activités d’exploitation du pétrole et le déversement clandestin de quantités
inconnues d’eaux, de ballast et d’huiles mortes affectent l’écosystème marin. À cela, s’ajoutent
les déchets industriels et plastiques, directement déversés en mer, avec des conséquences
désastreuses dans l’écosystème marin.

La vulnérabilité des différents secteurs socio-économiques qui subissent directement ou


indirectement ces phénomènes avec leurs conséquences, risque de compromettre les efforts
du pays en matière de développement durable, de plonger les populations dans une situation
de pauvreté, d’insécurité alimentaire et d’augmenter les candidats à la migration clandestine.

8
C. Impacts sur les secteurs d’activités

De nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes ont été observés au


cours de la dernière décennie au Sénégal. En effet, l’atmosphère, les océans, la cryosphère
et la biosphère ont subi des changements rapides et généralisés. Ces changements climatiques
engendrent des conséquences parfois dramatiques parmi lesquelles l'avancée de la mer,
l'érosion côtière, le débordement du fleuve Sénégal, la désertification, la salinisation, la
réduction des mangroves, la perte de terres arables et de pâturages, la réduction de la
disponibilité de l'eau, etc. Les changements observés dans les extrêmes tels que les vagues
de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et le débordement du fleuve Sénégal, se
sont renforcées et ont quasi impacté tous les secteurs.

❖ Agriculture et Elevage

Au Sénégal comme dans la plupart des pays du Sahel, on assiste à une baisse des rendements
notamment pour les variétés comme le maïs et le
blé, de l’ordre moyen de 5,8 % et 2,3 %, en raison
des changements climatiques. De façon spécifique,
ces impacts peuvent être appréciés au niveau du
secteur agricole à travers une baisse des
rendements et de productivité des pâturages, la
mauvaise répartition de la pluviométrie dans le
temps et l’espace, la perturbation des calendriers
culturaux, le ralentissement du développement
végétatif, le développement des maladies
phytosanitaires, la prolifération des attaques des cultures par des nuisibles, le retard dans la
germination de certaines cultures comme le maïs, le sorgho et l’arachide, l’accélération de la
salinisation des sols, le stress thermique direct sur les animaux, etc.

❖ Santé

Le réchauffement climatique provoque de plus en plus de problèmes de santé dans le monde,


avec notamment une hausse des cas de décès liés à la chaleur. À cause des changements
climatiques fulgurants, les habitants du monde entier font face à des menaces sans précédent
sur leur bien-être, leur santé et leur survie.

Le phénomène concerne aussi les risques de survenue d’évènements climatiques dits


“extrêmes”, tels que de fortes précipitations qui peuvent provoquer des inondations ou
contaminer l’eau courante et de facto, engendrer des problèmes de santé pour les populations.

Selon les études réalisées dans le cadre du projet d’appui sur le Plan national d’Adaptation
du Sénégal, les changements climatiques exercent une influence sur les déterminants sociaux
et environnementaux de la santé au Sénégal en termes de disponibilité d’eau potable, de

9
nourriture en quantité suffisante, d’accès aux services sociaux de base, de santé, d’éducation,
d’air pur, d’accès au logement et de sécurité.

Tableau 2 : indices de qualité de l’air


Le tableau ci-dessous montre que la pollution atmosphérique est une menace réelle pour la
santé humaine et l’environnement avec des conséquences économiques et sociales
considérables.
▪ 93 jours d’IQA bon (34%)
▪ 191 jours d’IQA moyen (38%)
▪ 83 jours d’IQA mauvais (20%)
▪ 20 jours d’IQA très mauvais (8%)

Source : Centre de gestion de la qualité de l’air


(CGQA)/DEEC, 2021

Selon les projections, le pays connaîtra une extension sensible de sa zone d’endémie de
plusieurs pathologies. Les principaux risques climatiques pour la santé des Sénégalais
aujourd’hui sont : l’irrégularité intra saisonnière de la pluviométrie voire la sécheresse, les
événements extrêmes tels que les inondations et les maladies à transmission vectorielle
comme le paludisme, les maladies diarrhéiques et dermatologiques, les maladies à
transmission hydrique, les vagues de chaleur, les tempêtes de poussière qui favorisent ou
aggravent les maladies telles que les pneumonies, les infections respiratoires aiguës,
l’asthme.

❖ Inondations et zones côtières

Les changements climatiques amplifient les inondations au Sénégal, qui se manifestent sous
diverses formes (pluviale, marine et fluviale). L’élévation
du niveau de la mer constitue une menace existentielle
pour les localités côtières de faible altitude et les îles. Les
inondations fluviales consécutives aux fortes précipitations
enregistrées au Sénégal ou en Guinée, constituent
aujourd’hui une menace sérieuse à considérer au regard
des pertes et dommages occasionnés cette année sur le
long de la vallée des fleuves Sénégal et Gambie et réseaux
hydrologiques affiliés.

10
Les inondations des villes sont devenues
fréquentes, avec certains sites qui demeurent
en permanence dans les eaux toute l’année. En
plus des incommodités notées, cette situation
affecte la santé des populations, entraine des
perturbations dans le calendrier scolaire, les
moyens d’existence des communautés
sinistrées et pose de sérieux problèmes
d’insalubrité accentués par l’absence de
réseaux d’assainissement.

A titre illustratif, le lâchage du barrage de


Manantali, a plongé les localités Matam,
Bakel et Kidira dans des inondations
extrêmes, occasionnant des pertes en vie
humaine et en matériel et empêchant les
populations de vaquer tranquillement à
leurs occupations. L’eau a englouti les
écoles et autres édifices publics et a
envahi plusieurs localités de ces
communes.

❖ Infrastructures routières
L’analyse de vulnérabilité des infrastructures
routières à la variabilité et aux changements
climatiques réalisée dans le cadre du PNA FEM a
permis de faire ressortir un certain nombre de
constats. Les routes les plus exposées aux effets de
la variabilité et aux changements climatiques sont
surtout les routes non revêtues. Globalement les
événements climatiques qui impactent davantage les infrastructures routières sont par ordre
d’importance, les inondations, les fortes précipitations et les fortes températures. Les autres
événements et risques climatiques notés sont les vents forts, la nappe phréatique (remontée
capillaire) et la salinisation. Parmi les facteurs les plus cités nous avons, le défaut d’entretien des
ouvrages d’art et d’assainissement mais aussi le sous-dimensionnement des ouvrages. Pour faire
face à ces risques, plusieurs options ont été signalées et d’autres ont été proposées pour prévoir
les évènements à venir.

11
❖ Biodiversité
Les changements climatiques occasionnent des
modifications profondes dans la dynamique des
écosystèmes et des espèces. La raréfaction des
points d’eau de surface et la déforestation
constituent une menace réelle sur beaucoup
d’espèces de faune sauvage. Il s’y ajoute l’érosion
côtière qui entraine souvent des pertes de plages
et autres sites de nidification pour les tortues
marines et la faune aviaire le long de la côte
sénégalaise.

❖ Pêche

La pêche est un secteur primordial qui occupe plus de 100 000 pêcheurs qui travaillent
essentiellement sur des pirogues
traditionnelles. La biomasse globale
(ressources démersales) côtière estimée à
75 580 tonnes est en baisse par rapport à la
série historique disponible au Centre de
recherche océanographique de Dakar-
Thiaroye (CRODT). La même tendance est
observée pour les ressources pélagiques
côtières dont la biomasse globale des
espèces pélagiques estimée à 744 520 tonnes enregistre aussi une diminution concernant les
sardinelles. Les impacts actuels et attendus sur le secteur portent sur la diminution et/ou
migration de stocks halieutiques importants sur le plan social, économique et écologique
(exemple de la sardinelle travaux de USAID /COMFISH), la perte massive d’emplois,
effondrement de l’économie locale dans les grands centres de pêche (Saint-Louis, Cayar, Joal,
Mbour, Kafountine…), l’augmentation des conflits et risque de troubles sociaux,
l’augmentation des accidents en mer et fluviale et destruction d’équipements et
d’infrastructures liées à la pêche.

❖ Ressources en eau

Les impacts climatiques se manifestent sur les


débits des nappes d'eau douce, dont le
renouvellement s’effectue faiblement, résultant de
la baisse de la pluviométrie et de la surexploitation
et entrainant une intrusion progressive d'eau salée.
A cela, s’ajoute la diminution des volumes d’eau de
surface du fait notamment des phénomènes
d’évaporation et d’évapotranspiration.

12
Les relations entre changements climatiques et cycle hydrologique sont étroites et l’eau
constitue un vecteur principal de l’impact de ces changements sur les sociétés et
l’environnement. Ces effets incluent la modification des régimes de précipitations, du
ruissellement, l’augmentation du niveau de la mer, la désertification, accroissement des
risques de catastrophes naturelles, etc.

La disponibilité en eau devrait diminuer à l’avenir en raison des changements climatiques


(augmentation de la température, variabilité accrue des précipitations), de la dégradation de
la qualité de l’eau (intrusion saline et pollution due aux activités minières et industrielles, à
l’agriculture, aux usées non traitées) et de nouveaux prélèvements d’eau en amont par les
voisins transfrontaliers, notamment dans les bassins du Sénégal et de la Gambie, ainsi que
dans les aquifères transfrontaliers. Environ 34% des ressources en eau du Sénégal
proviennent de pays en amont et environ 80% du territoire sénégalais sont situés dans des
bassins transfrontaliers, les plus vastes étant ceux du Sénégal et de la Gambie.

D. Rappel des grands axes de la Contribution déterminée (CDN)

La Contribution déterminée au niveau nationale (CDN) décline l’ambition du Sénégal en


matière d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux effets néfastes
des changements climatiques. Elle s’appuie sur les grandes orientations stratégiques et les
plans sectoriels tels que définis par les départements ministériels clés de l’action climatique
au Sénégal.

Tableau 3 : Les grands axes de la CDN


Volets Objectifs Secteurs
1. Transition énergétique avec l’intégration des énergies 1) énergie
renouvelables et de l’Efficacité énergétique au niveau des ménages, 2) agriculture,
dans les industries etc. ; foresterie et
2. Agroécologie, agriculture intelligente face au climat et gestion autres affections
Atténuation
durable des terres ; de Terres
3. Gestion durable et écologique des déchets ; 3) déchets
4. Meilleure gestion durable des forêts et Amélioration de la 4) transport
séquestration de carbone. 5) industrie

5. Renforcement de la résilience des écosystèmes, des infrastructures 1) zone côtière


et des activités de production ; 2) agriculture
6. Rôle de veille sur la santé, le bien-être et la protection des 3) santé
populations 4) élevage
7. Lutte contre les risques et catastrophes liés aux évènements 5) ressources
Adaptation
extrêmes et au climat ; en eau
8. Renforcement des réseaux d’observation et de collecte des 6) pêche
données. 7) inondations
8) biodiversité

Objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 (volet atténuation) :
▪ 7% en option inconditionnelle et
▪ 29% en option conditionnelle.

13
Tableau 4 : Projections des émissions par secteur jusqu’en 2030 (Gg CO2e)
Secteurs 2010 2015 2020 2025 2030
6 165 10 080 13 060 19 512 23 927
Énergie
Agriculture 7 354 8 323,9 9 110,7 9 903,4 10 600

Déchets 1 820 2 061 2 081 2 189 2 575

Procédés industriels et utilisation 1 412 1 986 3 146 3 953 3 953


des produits
Total 16 752 21 637 25 404 32 648 37 761

II. LES MESURES ET INITIATIVES MACROECONOMIQUE ET BUDGETAIRE


A. Politique fiscale sensible aux changements climatiques

La fiscalité, conçue comme un instrument de politique économique, peut-être un vecteur de


la transition énergétique et un catalyseur du changement de comportement afin de lutter
efficacement contre les effets néfastes liés aux changements climatiques. Pour ce faire, il est
nécessaire pour le Sénégal, de réorienter les investissements vers la protection de
l’environnement.
En effet, la défaillance environnementale notée ces dernières décennies, porteuses d’injustices
sociales, peut-être corrigée par un système fiscal favorable à l’environnement. La mise en
place d’outils fiscaux à la hauteur du défi environnemental s’inscrit dans cette logique. Ces
outils rentrent également dans le champ de la notion de fiscalité environnementale définie par
l’Organisation de Coopération et de Développement économique (OCDE) comme un
« ensemble des taxes, impôts et redevances dont l’assiette est constituée par un polluant ou
par un produit ou service qui détériore l’environnement ou prélève des ressources naturelles
». Ces outils s’appuient sur deux (02) piliers majeurs :

- (1) la promotion des énergies renouvelables ;


- (2) l’application du principe du pollueur-payeur.

1. La promotion des énergies renouvelables


a. Les crédits d’impôt visant à orienter les choix d’investissement des entreprises
vers les énergies propres
L’article 253 bis du Code général des Impôts (CGI) modifié, a mis en place un mécanisme
fiscal de réduction d'impôt visant à promouvoir l’usage des énergies renouvelables.
Ainsi, les entreprises fabricant localement et exclusivement des biens destinés à la production
d'énergies renouvelables tels que listés par arrêté interministériel ainsi que les entreprises de
production de telles énergies, sont autorisées à déduire 30% de leur bénéfice imposable pour
le calcul de l'Impôt sur les sociétés dont elles sont redevables.

14
b. Les incitations fiscales visant à orienter les comportements en faveur de
l’environnement
Le dispositif fiscal prévoit aussi, l’instauration de mesures incitatives telles que des déductions
et des réductions d’impôt pour les entreprises qui investissent dans l’acquisition de biens anti-
polluants et la promotion de l’énergie éolienne. C’est ainsi que l’article 10 du CGI prévoit la
possibilité pour les entreprises de pratiquer un amortissement accéléré de leurs matériels et
outillages neufs remplissant, à la fois, la double condition :

▪ être utilisés exclusivement pour les opérations industrielles de fabrication, de manutention, de


transport, de tourisme, de pêche, d’élevage et d’exploitation agricole, ou remplir une fonction
anti-polluante, sous réserve dans ce dernier cas, que l’équipement ait été agréé par le
département ministériel compétent ;
▪ être normalement utilisables pendant au moins une durée de cinq (5) ans.
En outre au sens de l’article 241 du CGI, les personnes physiques redevables de l’impôt sur le
revenu à raison de leurs bénéfices industriels et commerciaux, de leurs bénéfices agricoles ou
de leurs bénéfices des professions non commerciales, et qui effectuent des investissements
au Sénégal dans des installations ayant pour objet de mettre en œuvre l’énergie solaire ou
éolienne, peuvent bénéficier, sur leur demande et dans des conditions définies, d’une
réduction sur le montant dudit impôt dont elles sont redevables.
Le montant de la réduction d'impôt sur le revenu à laquelle peuvent prétendre les personnes
physiques susvisées, est égal à 30 % du montant des sommes réellement payées au titre
des investissements admis.

Toutefois, la réduction accordée au titre de l'imposition d'une année déterminée, est limitée à
25 % du montant de l'impôt établi sur le revenu de l'année précédente. Si en raison de cette
limitation, il subsiste un reliquat déductible de l'imposition d'une année déterminée, ce reliquat
peut être reporté sur les années ultérieures.

Enfin, les entreprises qui reçoivent de l'État des subventions d'équipement destinées au
financement d'investissements dans le domaine de l'utilisation de l'énergie solaire ou éolienne,
ne peuvent pas bénéficier des avantages présentés ci-dessus.

2. L’application du principe du pollueur-payeur


Conformément à la vocation environnementaliste de la fiscalité sénégalaise, il existe dans le
CGI des taxes spécifiques sur des biens ou matières dont les externalités négatives induisent
des effets nocifs sur l’environnement notamment. Il s’agit des taxes sur les véhicules de
tourisme, sur les produits pétroliers et sur les sachets en plastique.

a. La taxe sur les véhicules de tourisme


Prévue à l’article 439 du CGI, cette taxe s’applique sur les véhicules de tourisme dont la
puissance est supérieure ou égale à 13 chevaux. Une telle mesure, qui exclut toutefois, les
véhicules de transport public de voyageurs, a pour objectif de taxer, selon le principe du

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pollueur-payeur, les propriétaires des véhicules de grosses cylindrées qui exhalent des gaz
toxiques pour l’environnement.
DESIGNATIONS 2022 2023 2024
Nombre de véhicules 5 462 5 668 5 866

Montant total des taxes 383 472 404 519 495 000 302 183 333

b. La taxe sur les produits pétroliers


La taxe sur les produits pétroliers instituée par l’article 443 du CGI frappe le super carburant,
l’essence ordinaire, l’essence pirogue et le gasoil.
Par une telle imposition, le législateur sénégalais entend contribuer à la préservation du stock
de ressources pétrolières extrêmement important pour l’économie et la vie nationale et
réduire, par la même occasion, l’impact nocif de son utilisation abusive sur l’environnement
du pays.

c. La taxe sur les sachets en plastique


L’article 444 bis du CGI a institué une taxe sur les sachets, conditionnements et emballages,
non récupérables, en plastique.
La taxe est perçue sur les sachets, sacs, pochettes, et cornets en plastique ou matières
assimilées, produits ou importés au Sénégal avec ou sans contenu. Elle s'applique également
aux bouteilles et autres conditionnements ou emballages, non récupérables, en plastique ou
en matière assimilées, avec ou sans contenu, produits ou importés au Sénégal.
DESIGNATIONS 2022 2023 2024
Quantités 14 611 737 Non renseigné par Non renseigné par les
les déclarants déclarants
Montant total des taxes 2 207 985 830 1 577 234 942 1 429 816 903

B. Politique d’allocation budgétaire sensible aux changements climatiques

1. Les provisions pour risques liés aux changements climatiques


Face à un environnement sujet à des chocs imprévisibles susceptibles de perturber, à tout
moment, l’équilibre macroéconomique et macro budgétaire, la gestion des risques permet à
l’Etat de minimiser non seulement l’exposition et la vulnérabilité du budget aux différents
chocs liés, notamment, aux catastrophes naturelles mais aussi de garantir l’équilibre financier
et la soutenabilité de notre politique budgétaire.

Au-delà d’être une bonne pratique reconnue au niveau international et sous tendue par un
cadre juridique1 au niveau national, la gestion des risques budgétaires permet concrètement
à l’Etat d’identifier, d’évaluer et d’agir, de manière proactive, sur les différentes menaces qui

1 la loi n° 2012/ 22 du 27 décembre 2012 portant code de transparence dans la gestion des finances publiques et la

note de service n°2651/MFB du 14 mai 2021.

16
pourraient avoir un impact négatif sur les prévisions macro budgétaires et les objectifs
sectoriels de développement.

Par ailleurs, dans le cadre des travaux relatifs à la meilleure connaissance et l’anticipation de
ces types de risques, une mission d’assistance technique du FMI a accompagné les services
de l’Etat, sur la période du 5 au 16 août 2024 pour une meilleure quantification des impacts
budgétaires provenant des catastrophes majeures pour le Sénégal.

Ainsi, il a été constaté que le Sénégal était principalement exposé à deux (2) principales
catastrophes hydrométéorologiques (la sécheresse et les inondations), qui présentent des
risques climatiques physiques c’est-à-dire des risques de dommages et pertes pouvant se
traduire par des risques budgétaires en raison notamment d'une exposition et d’une
vulnérabilité accrues des actifs aux catastrophes.

Pour ce premier exercice, l’accent a été mis sur l'impact budgétaire de ces catastrophes à
travers, d’une part, les coûts directs sur le budget (notamment les dépenses imprévues qui
ont dû être effectuées pour financer les interventions d’urgence et éventuellement la
reconstruction) et d’autre part, les coûts indirects (qui passent par des variables
macroéconomiques et macro budgétaires: sur les recettes publiques au regard du
ralentissement de l’activité économique, sur les exportations, et potentiellement sur l’inflation
eu égard à une possible flambée des prix suite à des mauvaises récoltes).

Ces travaux jettent les bases d’un vaste chantier de collecte et de maitrise des données sur
les risques dus aux changements climatiques qui constituent aujourd’hui l’un des défis majeurs
du Gouvernement qui prévoit, en relation avec les parties prenantes (ministères sectoriels, les
partenaires techniques et financiers et la société civile) de mettre en place un plan d’actions
pour y faire face.

D’ailleurs depuis deux ans, l’Etat produit une Déclaration sur les risques budgétaires (DRB)
annexée à la loi de finances qui est le principal instrument par lequel lesdites menaces sont
mises en lumière par plusieurs services de l’administration et des mesures d’atténuation ou
de mitigation sont proposées.

Relativement aux risques budgétaires liées aux catastrophes naturelles qui sont traités dans
le Document de Risques Budgétaires, il est à relever les inondations, l’érosion côtière, les
ravageurs de cultures agricoles, les feux de brousse et la sécheresse etc.

Sous ce rapport, pour une bonne politique financière et budgétaire pour l’année 2024, il a été
décidé de positionner des provisions, pour la première fois dans le budget, conformément à
l’arrêté n°008655 du 30 mars 2023 portant méthodologie de provision des risques budgétaires
dans la loi de finances. Ce texte détermine les critères d’éligibilité aux provisions et précise le
choix de l’instrument budgétaire à utiliser pour le provisionnement de chaque risque. Pour
contenir les impacts des catastrophes naturelles, l’option a été portée sur une réserve globale.

Le provisionnement est une étape de la gestion des risques qui intervient après déploiement
de toutes les mesures de mitigations pour prendre en charge notamment les risques résiduels
et ceux qui ne sont pas connus et qui pourraient survenir en cours de gestion. Il permet de

17
couvrir ces types de risques tout en évitant de recourir à des opérations d’emprunt non
planifiées, à différer ou évincer certaines dépenses prioritaires, etc.

La dotation des provisions en 2024 était de 30 758 150 000 FCFA mais n’a pas été sollicitée
par les ministères techniques au cours de la gestion. Pour 2025, il est prévu un montant de
18 000 000 000 FCFA afin d’éviter que l’Etat ne soit contraint à des mesures budgétaires
d’urgence, en cas de matérialisation de risques liés aux changements climatiques, caractérisés
par leur niveau accru d’imprévisibilité et de degré de criticité.

Au plan budgétaire, des montants relativement importants sont inscrits pour le financement
des mesures en lien avec l’adaptation aux changements climatiques. A ce titre, on peut bien
citer le financement de la campagne agricole dont les inscriptions budgétaires ont évolué
comme suit : 80 milliards de FCFA en 2022, 100 milliards de FCFA en 2023 et 120
milliards de FCFA en 2024.

2. Les projets d’investissements climato sensibles Prévisions PIP 2025- 2027.


L’adoption d’une politique budgétaire efficiente au Sénégal permet de lutter pleinement ou du
moins d’endiguer les impacts négatifs liés aux changements climatiques. Les objectifs des
politiques publiques présentés dans les programmes sectoriels témoignent de la poursuite
d’une forte modération de la croissance des dépenses publiques. Toutefois, il faut souligner
que les changements climatiques ont un caractère transversal et touchent pratiquement tous
les secteurs économiques, sociaux et environnementaux. L’accent sera mis sur quelques
secteurs sensibles avec leurs projets et programmes qui comportent le volet adaptation ou
atténuation ou parfois même les deux et les montants fournis sont tirés du projet
d’investissement public (PIP).
a. Projets et programmes sensibles au climat dans le domaine de la pêche

Projets Adaptation Atténuation Atténuation et


Total général
adaptation

Projet de Gestion des ressources


4 000 000 000 4 000 000 000
naturelles / Volet pêche

Motorisation des pirogues 1 500 000 000 1 500 000 000

Projet de modernisation des parcs


1 000 000 000 1 000 000 000
piroguiers

Projet de construction d'un


laboratoire des produits de la 2 200 000 000 2 200 000 000
pêche ;

Projet aires de transformation


(création de trois pôles et d'autres
978 231 146 978 231 146
infrastructures et équipements de
pêche maritime)

Projet d'un complexe frigorifique à


500 000 000 500 000 000
Hann

18
Travaux de réhabilitation des six
1 500 000 000 1 500 000 000
vedettes (refonte)

Projet de géolocalisation des


200 000 000 200 000 000
embarcations de type artisanale

Projet de gestion des pêcheries


200 000 000 50 000 000 250 000 000
continentales

Total général 4 650 000 000 3 050 000 000 5 300 000 000 13 000 000 000

b. Projets et programmes sensibles au climat dans le domaine de l’environnement

Atténuation et
Projets Adaptation Atténuation Total général
adaptation

Projet d’appui à la politique des aires


marines protégées du Sénégal à travers la 1 300 000 000 1 300 000 000
conservation et la mise en valeur durable des
mangroves de la Casamance et du sine
Saloum
198 400 000 198 400 000
Éducation environnementale réhabilitation
parc forestier zoologique Hann

Programme de modernisation des services


des eaux et forets 500 000 000 500 000 000

PROGRAMME NATIONAL DE
REHABILITATION DES PARCS ET RESERVES
DU SENEGAL(EX PROJET DE
700 000 000 7000 000
REHABILITATION DU PARC NATIONAL DE
NIOKOLOKOBA)

Projet agroforestier de lutte contre la 251 000 000 251 000 000
désertification et l'adaptation aux cc dans le
bassin arachidier au Sénégal

Projet d’amélioration de la résilience des 157 500 000 157 500 000
écosystèmes et des communautés dans le
tracé de la gmv (parec-cc)

Projet d'adaptation basée sur les


305 425 480 305 425 480
écosystèmes
245 000 000 245 000 000
Projet de gestion durable des forêts et de
valorisation de services écosystémiques
328 400 717 328 400 717
Projet de protection des écosystèmes contre
les feux de brousse (precof)
150 500 000 150 500 000
Projet de reverdissement des écoles du
Sénégal (proves)
1 000 000 000 1 000 000 000
Projet de renforcement des initiatives de
reboisement(prorir) ex cnr

Programme de gestion de la pollution et de


948 551 067 948 551 067
la santé environnementale en Afrique

19
2 300 000 000 2 300 000 000
Projet de gestion des ressources naturelles

wacca Sénégal (projet investissement pour


6 528 180 380 6 528 180 380
résilience zones

Total 7 779 156 927 4 422 300 717 2 708 500 000 14 909 957 644

c. Projets et programmes sensibles au climat dans le domaine de l’élevage

Atténuation
et Total
Projets Adaptation Atténuation
Adaptation général
Programme de Développement
110 200 000 0 110 200 000
des Cultures fourragères (PDCF)
Projet de Développement durable
des Exploitations pastorales au 5 930 559 930 5 930 559 930
Sahel (PDEPS)
Projet régional d’Appui au
Pastoralisme au Sahel – Phase 2 2 000 000 000 313 047 833 2 313 047 833
(PRAPS 2)
Programme national de
Développement de la Filière des 50 000 000 50 000 000
Equidés (PRONADEFE)
Programme de Renforcement de
600 000 000 600 000 000
la Protection Zoosanitaire (PRPZ)
Programme national de
développement intégré de 5 155 246 293 5 155 246 293
l'élevage au Sénégal (pndies)
Total général 2 160 200 000 913 047 833 11 085 806 223 14 159 054 036

d. Projets et programmes sensibles au climat dans le domaine de l’industrie et du


commerce

Atténuation
Adaptation
Projets Atténuation et Total général
Adaptation

Projet de zone de transformation agro-


industrielle du nord/pzta-nord ou 2 000 000 000 2 000 000 000
agropole-nord

Projet de promotion de
l'entreprena10riat durable et création
7 499 999 997 7 499 999 997
d'emplois décents dans le sine saloum
(agropole centre)

Projet de mise en place d'un agropole


14 000 000 000 14 000 000 000
au sud

Programme de Modernisation et de
1 900 000 000 1 900 000 000
Gestion des Marchés

Total général 0 1 900 000 000 21 499 999 997 23 399 999 987

20
e. Projets et programmes sensibles au climat dans le domaine des infrastructures

Atténuation
Projets ou programmes Adaptation Atténuation et Total général
Adaptation
Ligne pilote de Bus Rapid Transit (BRT) à
- 600 000 000 600 000 000
Dakar

Restructuration du réseau de transport en


- 17 707 301 255 17 707 301 255
commun (rtc)
Travaux d’urgence de protection côtière et
de restauration de chaussées sur la corniche 300 000 000 300 000 000
Est de dakar
Construction de la desserte ferroviaire
52 380 723 091 52 380 723 091
Dakar AIBD

Projet Extension Aérogare Passenger 200 000 000 200 000 000

Programme d’amélioration de la qualité des


services météorologiques et climatiques
500 000 000 500 000 000
pour un accès durable à l’information pour
tous

Total général 800 000 000 18 507 301 255 52 380 733 091 71 688 024 346

f. Projets et programmes sensibles au climat dans le domaine de l’Energie

Atténuation
Projets ou programmes Adaptation Atténuation et Total général
Adaptation

1 000 000 000 1 000 000 000


Intégration des énergies renouvelables

Énergie verte pour tous 1 000 000 000 1 000 000 000

Projet fonds vert climat kfw/ipex boad et aser 10 500 000 000
10 500 000 000

Projet de promotion de l'efficacité énergétique et de


4 984 699 945 4 984 699 945
l'accès a l’énergie

Programme de promotion des lampes d'éclairage


300 000 000 300 000 000
efficace

2 977 489 781 2 977 489 781


Projet d'électrification rurale par voie solaire

Programme national d'eclairage public (ex projet


28 120 653 948 28 120 653 948
d'installation de 100 000 lampadaires solaires)

Total général 48 882 843 674 0 48 82 843 674

21
III. LES MESURES ET INITIATIVES SECTORIELLES D’ADAPTATION ET
D’ATTENUATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Pour une utilisation rationnelle des ressources de l’Etat, il est essentiel que les plans
d’investissements sectoriels, tiennent compte des conséquences des changements
climatiques. Déjà, cette volonté politique a été affirmée avec force dans le décret relatif à
la gestion des investissements publics (GIP) cité supra. Au niveau des différents
secteurs, cela se décline comme suit :

A. Santé

Les effets des changements climatiques (CC) sur la santé humaine ainsi que l’impact
supplémentaire sur l’environnement et sur les économies des pays africains, sont susceptibles
d’entraver le développement. A l’instar des pays africains, le Sénégal, devra faire face aux
conséquences des changements climatiques sur la santé des populations. Cette vulnérabilité
est due en partie aux impacts de la pauvreté et à la situation géographique. L'objectif global
du Plan national d’adaptation de santé au Sénégal est de donner une orientation stratégique
pour mettre en place un système de santé résilient aux impacts néfastes des changements
climatiques afin de contribuer à la réduction de la vulnérabilité et à l’augmentation des
capacités adaptatives des communautés face aux risques sanitaires liés au climat.

De manière spécifique, il s’agira de : (i) réduire la vulnérabilité aux impacts des changements
climatiques en renforçant la capacité d'adaptation et la résilience du secteur de la santé, (ii)
faciliter l'intégration de l'adaptation aux changements climatiques, de manière cohérente,
dans les politiques, programmes et activités du secteur, (iii) guider les acteurs du système de
santé sur la nécessité de développer et de rendre opérationnel un système d'alerte précoce
sensible au climat pour la prévention et la gestion efficace des maladies climato-sensibles
dans les zones sujettes aux risques climatiques en renforçant la lutte anti vectorielle.
B. Agriculture

L'agriculture sénégalaise est essentiellement dépendante tributaire d'une pluviométrie pour


plus de 90% des emblavures. La pluviométrie n’est pas régulière, donc très aléatoire sur
l’ensemble du territoire et cette irrégularité a été plus manifeste au cours des deux (2)
dernières décennies. Elle se manifeste par endroits et souvent dans différentes zones agro
écologiques (variabilité spatio-temporelle des pluies) par une installation tardive des pluies,
des séquences pluvieuses ponctuées de longues pauses pluviométriques, des arrêts précoces
avec comme conséquence un risque élevé de déficit pluviométrique.
Pour faire face à cette situation, le Sénégal a mis en place des mécanismes de lutte contre les
changements climatiques en installant un système d’alerte précoce, une gestion durable des
Terres (défense et restauration des terres dégradées, restauration de la fertilité organique des
sols ; agroforesterie…), une politique de récupération des terres salées, une politique
d’utilisation de variétés adaptées (cycle court et température), une promotion de systèmes de
production intégrée agriculture élevage-agroforesterie, le renforcement de la résilience par la
diversification des systèmes de production (amélioration sécurité alimentaire et

22
nutritionnelle…), la maitrise de l’eau (promotion de l’irrigation locale, développement de
bassins de rétention pour irrigation de complément).

C. Elevage

Le climat change de façon significative et


sans précédent depuis au moins 2 000 ans,
en raison de l’activité humaine impactant
négativement le secteur de l’élevage avec
des pertes et des dommages considérables.
En matière d’adaptation, les interventions du
secteur de l’Elevage concernent :
- l’amélioration génétique avec la
promotion de la conservation de la
biodiversité à travers l’élaboration d’un plan
national d’amélioration génétique, la sélection des races locales, l’insémination artificielle et
l’importation d’animaux à haut potentiel génétique ;
- l’alimentation du cheptel : à travers le développement des cultures fourragères,
l’amélioration de la qualité des pâturages par la lutte contre les espèces invasives, la mise en
défens, l’ensemencement en espèces plus nutritives, l’amélioration la gestion concertée des
ressources pastorales par la promotion des Unités pastorales (UP) et le suivi, la lutte contre
les feux de brousse, la promotion des réserves fourragères et la mise en place de points
d’eau ;
- la promotion de modèles d’habitat adaptés aux zones agroécologiques ;
- la promotion de pratiques d’élevage plus résilientes.
D. Energie

Le secteur de l’énergie constitue un soutien majeur au développement de l’économie et à la


réduction des inégalités sociales et territoriales. La facture pétrolière représente près de 34 %
des revenus d’exportation du pays. Ainsi, l’Agenda de transformation à l’horizon 2050
traduit l’ambition du Sénégal de garantir un accès universel à l’électricité fiable, durable et
accessible.
Pour ce faire, le pays doit obligatoirement procéder au
renforcement de la puissance installée en énergies
renouvelables en vue de réussir son mix énergétique.
En effet, le projet solaire installé à Taiba Ndiaye devrait
permettre au pays de produire 30 mégawatts. A travers
ce projet, le pays de la Téranga veut se positionner en
leader des énergies renouvelables dans la sous-région.
Le Sénégal a pour objectif d'atteindre 30% d'énergies

23
propres dans les prochaines années, dont une bonne partie proviendra des installations de
Taïba Ndiaye. Ce projet qui devrait lui permettre d'éviter de produire 300 000 tonnes
d'émissions de carbone est le premier projet d'une telle envergure jamais mené par le pays.


Par ailleurs l'activité d'atténuation et d’adaptation du Programme national de biogaz du


Sénégal (PNB-SN) vise à inciter le déploiement de 50 676 unités de biodigesteurs à travers le
pays. En utilisant une estimation prudente pour un rendement moyen par digesteur basée sur
les données de performance historique du mécanisme pour le Développement Propre (MDP).
Ce projet devrait réduire de 904 341 tonnes de CO2eq au cours de la période 2020-2030.

E. Transport

Dans le domaine du transport, des études avaient été menées et ont abouti aux conclusions
suivantes :
• les embouteillages coutaient à l’économie
au moins 100 milliards FCFA rien que
dans la région de Dakar ;
• le nombre de déplacement des
personnes ne cesse d’augmenter avec
une croissance de 4,3% (plus important
que le croit démographique 2,5%) ;
• le nombre de déplacement motorisé
augmente de 4% ;
• l’augmentation du nombre de déplacement par transport en commun est de 4,6%.
Face à ces contraintes, les autorités ont mis en place des projets structurants tels que le Bus
Rapid Transit (BRT), le Train Express Régional (TER) et les bus électriques qui sont des modes
de transport de masse rapide, sécurisé, moderne offrant un maximum de confort, soucieux
du respect de l’environnement.
En effet, la première ligne BRT (ligne pilote), inscrite sur un axe radial au nord pour relier le
centre-ville de Dakar à Guédiawaye (banlieue), est conçue pour transporter jusqu’à 300 000
passagers par jour sur un tracé de 18 km desservant 23 stations dont trois (3) pôles
d’échanges multimodaux. Le projet est piloté par le CETUD, en partenariat avec les différents
services techniques de l’Etat et les collectivités territoriales traversées.

Relativement au TER, l’étude avait mis en évidence que son exploitation permet une économie
de coûts d’exploitation comparé aux autres modes de transport (cars, taxis, DDD). Ce sont
des économies de dépenses en carburant et la réduction de la circulation des véhicules
particulières.

24
Cette étude avait pris une valeur de
référence de 16 FCFA par « coût
d’exploitation véhicule » et par km. Ce
coût monétarisé, donne des gains de 3 à
10 milliards FCFA/an, un gain sur
l’émission de CO2 avec un impact sur
l’environnement et la santé des
populations et un taux de rentabilité
interne (TRI) est évalué entre 12 et
14%.

En perspective, il est prévu le déploiement de bus électriques articulés permettant d’éviter


l’émission de plus de 59 000 tonnes de CO2 par an et de contribuer à la lutte contre la pollution
de l’air à Dakar pour l’année 2025.
F. Pêche

Le domaine maritime sénégalais bénéficie de conditions hydro-climatiques et


hydrodynamiques particulièrement favorables qui lui confèrent une productivité
exceptionnelle, favorable au développement de ressources halieutiques variées et
abondantes. Malgré des biomasses instantanées importantes, ces espèces qui migrent pour
leur majorité au niveau de la sous-région, restent fragiles à cause de leur sensibilité aux
conditions environnementales. C’est pourquoi la conjonction d’une péjoration climatique
(réchauffement des eaux) peut conduire à une diminution des captures débarquées et à une
migration des espèces vers les zones à conditions climatiques plus favorables.
Pour pallier cette situation, le Sénégal a mis en place des mécanismes d’adaptation et
d’atténuation de façon à rendre plus résilient le secteur de la pêche. Il s’agit notamment de
la restauration des mangroves, des habitats marins, du développement de l’aquaculture
durable, de l’amélioration de la gestion et de l’extension des aires marines protégées et des
parcs marins et du renforcement de la recherche scientifique.
G. Biodiversité

La perte de la biodiversité est une crise écologique qui implique l'extinction d'espèces
(végétales ou animales) dans le monde entier ainsi que la réduction ou la perte locale
d'espèces dans un habitat donné et la disparition d'écosystème.Selon l’Annuaire du Centre de
Suivi Ecologique (CSE) sur l’Environnement et les Ressources naturelles du Sénégal (dans sa
4e édition en Août 2018), on est passé de 9 348 000 ha de forêts en 1990 à 8 898 000 ha en
2000 puis à 8 273 000 ha en 2015, soit 1 075 000 ha de perdues en 25 ans.

Face à ce constat, le Sénégal a pris des mesures idoines pour atténuer cette perte de la
biodiversité. A cet effet, les interventions et innovations retenues portent, entre autres, sur
des mesures de conservation, de lutte contre les feux de brousse, de coupe de bois,
d’aménagements concertés de forêts, de co-gestion des aires marines communautaires.

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Dans le même sillage, l’Agence Sénégalaise de la Reforestation et de la Grande Muraille verte
(ASERGMV) s’engage à restaurer les espaces dégradés, à augmenter la superficie des zones
reboisées et à lutter contre la perte de la biodiversité.
H. Industrie

Conscient de sa vulnérabilité aux changements climatiques, le Sénégal a pris en compte,


dans l'élaboration de la CDN globale et à travers sa composante atténuation, le secteur de
l’industrie qui fait partie des principaux secteurs d’émission de gaz à effet de serre (GES).
L'objectif poursuivi, est de faire un inventaire et une projection des émissions de GES au
niveau du secteur et de mettre en œuvre les stratégies idoines pour leur atténuation.

De manière pratique, l’initiative vise à trouver les voies et moyens de mobiliser et de


développer les capacités analytiques en vue de : (i) produire des analyses robustes et
pertinentes pour la prise de décision sur les trajectoires de long-terme, (ii) élaborer des
trajectoires de développement sobre en carbone et résilient et, (iii) coconstruire des
analyses avec une vaste gamme de parties prenantes.

A ce titre, le Sénégal cherche à asseoir les conditions d’un développement durable de


l’agro-industrie qui constitue une niche importante d’emplois, notamment pour les femmes
et les jeunes. Les agropoles sont la matérialisation d’une forte volonté politique pour doter
notre pays, d’une industrie moderne, compétitive et résiliente au changement climatique.
Conformément à la volonté exprimée dans le nouveau référentiel des politiques publiques
« Sénégal 2050 », cette option contribuera, entre autres, à asseoir une croissance durable
et inclusive, un développement endogène, une souveraineté alimentaire et réduire les
disparités géographiques porté par le secteur privé.
I. Ressources en Eau

Pour atteindre l’objectif de développement intégré durable des ressources en eau, l’Etat
du Sénégal s’est doté d’un plan d’actions de gestion intégrée des ressources en eau
(PAGIRE) adopté en 2007 et actualisé en 2018. En effet, le PAGIRE doit contribuer à la
mise en œuvre d’une gestion intégrée des ressources en eau, adaptée au contexte
national, conforme à la Vision Sénégal 2050 pour la réduction de la pauvreté, l’atteinte
des Objectifs de Développement Durable (ODD) tout en respectant les principes reconnus
au plan international en matière de gestion durable et écologiquement rationnelle des
ressources en eau.

Par ailleurs, pour assurer l’avenir des ressources en eau pour les différentes régions et
pour le développement socio-économique du Sénégal, cela nécessite une volonté politique
affirmée. C’est dans ce contexte qu’il faut saluer la signature du partenariat historique
entre le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques du Sénégal (FONSIS) et
l’entreprise SINOHYDRO, filiale du groupe Power-China marquant le lancement officiel du
Projet de Grand Transfert d’Eau (GTE) du Lac de Guiers vers Dakar, Mbour, Thiès et Touba.

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Cet accord, signé le jeudi 31 octobre 2024, constitue une pierre angulaire de la Vision de
Transformation Économique du Sénégal à l’horizon 2050. Le projet de transfert d’eau
permettra, dès sa mise en service, de répondre aux besoins en eau potable de près de 5
millions de personnes, avec une projection de desserte pour 11 millions de Sénégalais d’ici
2050. En plus de favoriser la souveraineté alimentaire et la croissance économique, le
projet devrait aussi contribuer à la création d’emplois et au développement territorial.

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CONCLUSION

Dans un contexte marqué par un réchauffement climatique sans précédent, le Sénégal doit,
à l’instar des autres pays du monde, faire face à de nombreux défis et enjeux liés aux
changements climatiques. Ces derniers se manifestent notamment à travers une plus grande
variabilité spatio-temporelle de la pluviométrie, une hausse des températures, une baisse de
la quantité et de la qualité des pâturages naturels, une baisse en qualité et quantité des
ressources en eau de surface, une réduction des nappes alluviales, une avancée de la mer
et un recul des zones humides entrainant une perte de la biodiversité et l’érosion côtière.

En raison de la survenance récurrente et imprévisible de phénomènes extrêmes, il apparait


clairement que l’économie sénégalaise reste tributaire des effets des changements
climatiques, notamment dans les secteurs clés comme l’agriculture, l’élevage, la pêche, le
tourisme et les infrastructures. Ces chocs imprévisibles, susceptibles de perturber, à tout
moment, l’équilibre macro budgétaire, ont contraint le Sénégal, à l’image des autres pays, à
améliorer la programmation de son budget en y intégrant des instruments et leviers de
mitigation des risques climatiques.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la prochaine loi de finances 2025 qui, à la faveur
d’une conjoncture internationale beaucoup plus résiliente, envisage de consolider l’activité
économique de poursuivre la mise en œuvre des projets structurants sensibles au climat
avec l’avènement du décret n° 2023-2142 du 31 octobre 2023 portant réglementation
du cadre général de la gestion des investissements publiques (GIP) au Sénégal.

A cet effet, l’année 2025 sera marquée par la poursuite des politiques de promotion de
l’équité sociale et territoriale, de renforcement de l’employabilité et d’insertion socio
professionnelle et de création d’emplois pour les jeunes et les femmes.

Ce choix politique fort et ambitieux vise à asseoir une croissance durable et inclusive, un
développement endogène, une souveraineté alimentaire et une réduction les disparités
géographiques porté par le secteur privé.

En définitive, dans la longue marche vers l’horizon 2050, l’année 2025 jette les bases d’une
transformation systémique de l’économie, avec des impacts environnementaux maîtrisés.

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