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Lien entre SARS-CoV-2 et groupe sanguin

La thèse de Baptiste Gavotto explore le lien entre le groupe sanguin ABO et la contamination par le SARS-COV2. Elle a été soutenue publiquement à la Faculté des Sciences Médicales et Paramédicales de Marseille le 11 avril 2022. Ce travail vise à comprendre comment le groupe sanguin pourrait influencer la susceptibilité à cette infection virale.

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Lien entre SARS-CoV-2 et groupe sanguin

La thèse de Baptiste Gavotto explore le lien entre le groupe sanguin ABO et la contamination par le SARS-COV2. Elle a été soutenue publiquement à la Faculté des Sciences Médicales et Paramédicales de Marseille le 11 avril 2022. Ce travail vise à comprendre comment le groupe sanguin pourrait influencer la susceptibilité à cette infection virale.

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Groupe sanguin et Pathologie humaine : étude du lien

entre contamination par SARS-COV2 et groupe sanguin


ABO
Baptiste Gavotto

To cite this version:


Baptiste Gavotto. Groupe sanguin et Pathologie humaine : étude du lien entre contamination par
SARS-COV2 et groupe sanguin ABO. Sciences du Vivant [q-bio]. 2022. �dumas-03641286�

HAL Id: dumas-03641286


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Groupe sanguin et Pathologie humaine: Etude du lien entre contamination
par SARS-COV2 et groupe sanguin ABO

T H E S E

Présentée et publiquement soutenue devant

LA FACULTÉ DES SCIENCES MEDICALES ET PARAMEDICALES

DE MARSEILLE

Le 11 Avril 2022

Par Monsieur Baptiste GAVOTTO

Né le 27 août 1991 à Toulon (83)

Pour obtenir le grade de Docteur en Médecine

D.E.S. de BIOLOGIE MÉDICALE

Membres du Jury de la Thèse :

Monsieur le Professeur CHIARONI Jacques Président


Monsieur le Professeur FOURNIER Pierre-Edouard Assesseur
Monsieur le Docteur (MCU-PH) SUCHON Pierre Assesseur
Madame le Docteur LAGET Laurine Assesseur
FACULTÉ DES SCIENCES MÉDICALES & PARAMÉDICALES

Doyen : Pr. Georges LEONETTI


Vice-Doyen aux affaires générales : Pr. Patrick DESSI
Vice-Doyen aux professions paramédicales : Pr. Philippe BERBIS
Conseiller : Pr. Patrick VILLANI
Assesseurs :
 aux études : Pr. Kathia CHAUMOITRE
 à la recherche : Pr. Jean-Louis MEGE
 à l’unité mixte de formation continue en santé : Pr. Justin MICHEL
 pour le secteur NORD : Pr. Stéphane BERDAH
 Groupements Hospitaliers de territoire : Pr. Jean-Noël ARGENSON
 aux masters : Pr. Pascal ADALIAN

Chargés de mission :
 sciences humaines et sociales : Pr. Pierre LE COZ
 relations internationales : Pr. Stéphane RANQUE
 DU/DIU : Pr. Véronique VITTON
 DPC, disciplines médicales & biologiques : Pr. Frédéric CASTINETTI
 DPC, disciplines chirurgicales : Dr. Thomas GRAILLON

ÉCOLE DE MEDECINE

Directeur : Pr. Jean-Michel VITON

Chargés de mission
 PACES – Post-PACES : Pr. Régis GUIEU
 DFGSM : Pr. Anne-Laure PELISSIER
 DFASM : Pr. Marie-Aleth RICHARD
 DFASM : Pr. Marc BARTHET
 Préparation aux ECN : Dr Aurélie DAUMAS
 DES spécialités : Pr. Pierre-Edouard FOURNIER
 DES stages hospitaliers : Pr. Benjamin BLONDEL
 DES MG : Pr. Christophe BARTOLI
 Démographie médicale : Dr. Noémie RESSEGUIER
 Etudiant : Elise DOMINJON

Cabinet du Doyen – 25.02. 2020 (GL/HB)


ÉCOLE DE DE MAIEUTIQUE

Directrice : Madame Carole ZAKARIAN

Chargés de mission
 1er cycle : Madame Estelle BOISSIER
 2ème cycle : Madame Cécile NINA

ÉCOLE DES SCIENCES DE LA RÉADAPTATION

Directeur : Monsieur Philippe SAUVAGEON

Chargés de mission
 Masso- kinésithérapie 1er cycle : Madame Béatrice CAORS
 Masso-kinésithérapie 2ème cycle : Madame Joannie HENRY
 Mutualisation des enseignements : Madame Géraldine DEPRES

ÉCOLE DES SCIENCES INFIRMIERES

Directeur : Monsieur Sébastien COLSON

Chargés de mission
 Chargée de mission : Madame Sandrine MAYEN RODRIGUES
 Chargé de mission : Monsieur Christophe ROMAN

Cabinet du Doyen – 25.02. 2020 (GL/HB)


PROFESSEURS HONORAIRES

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M. le Professeur VERVLOET Daniel 31/08/2015

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2014
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2018
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M. le Professeur BERLAND Yvon 31/08/2022
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1978
M. le Président F. HOUPHOUET-BOIGNY (Côte d'Ivoire)

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1985
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KLINSMANN (R.D.A.)

1986
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1987
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J-J. O'CONNOR (Grande Bretagne)

2002
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K. DAI (Chine)

2003
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Sir G.K. RADDA (Grande Bretagne)

2004
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2005
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2006
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BOUCRAUT Joseph GUENOUN MEYSSIGNAC Daphné STELLMANN Jan-Patrick
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BERLAND Caroline MERHEJ/CHAUVEAU Vicky THIRION Sylvie
BOYER Sylvie MINVIELLE/DEVICTOR Bénédicte VERNA Emeline
COLSON Sébastien POGGI Marjorie
DEGIOANNI/SALLE Anna POUGET Benoît

MAITRE DE CONFERENCES DES UNIVERSITES DE MEDECINE GENERALE


CASANOVA Ludovic

Secrétariat Général - RH MAJ 01.09.2021


MAITRES DE CONFERENCES ASSOCIES DE
MEDECINE GENERALE à MI-TEMPS

BARGIER Jacques
FIERLING Thomas
FORTE Jenny
JANCZEWSKI Aurélie
NUSSLI Nicolas
ROUSSEAU-DURAND Raphaëlle
THERY Didier

MAITRE DE CONFERENCES ASSOCIE à MI-TEMPS

BOURRIQUEN Maryline
EVANS-VIALLAT Catherine
LAZZAROTTO Sébastien
LUCAS Guillaume
MATHIEU Marion
MAYENS-RODRIGUES Sandrine
MELLINAS Marie
ROMAN Christophe
TRINQUET Laure

Secrétariat Général - RH MAJ 01.09.2021


R PROFESSEURS DES UNIVERSITES et MAITRES DE CONFERENCES DES UNIVERSITES - ER
PRATICIENS HOSPITALI PROFESSEURS ASSOCIES, MAITRES DE CONFERENCES DES
UNIVERSITES mono-appartenants
ANATOMIE 4201 ANTHROPOLOGIE 20

CHAMPSAUR Pierre (PU-PH) ADALIAN Pascal (PR)


LE CORROLLER Thomas (PU-PH)
PIRRO Nicolas (PU-PH) DEGIOANNI/SALLE Anna (MCF)
POUGET Benoît (MCF)
VERNA Emeline (MCF)
GUENOUN-MEYSSIGNAC Daphné (MCU-PH)
LAGIER Aude (MCU-PH) disponibilité BACTERIOLOGIE-VIROLOGIE ; HYGIENE HOSPITALIERE 4501

THOLLON Lionel (MCF) (60ème section) CHARREL Rémi (PU PH)


DRANCOURT Michel (PU-PH)
FENOLLAR Florence (PU-PH)
FOURNIER Pierre-Edouard (PU-PH)
ANATOMIE ET CYTOLOGIE PATHOLOGIQUES 4203 NICOLAS DE LAMBALLERIE Xavier (PU-PH)
LA SCOLA Bernard (PU-PH)
CHARAFE/JAUFFRET Emmanuelle (PU-PH)
DANIEL Laurent (PU-PH)
FIGARELLA/BRANGER Dominique (PU-PH) AHERFI Sarah (MCU-PH)
GARCIA Stéphane (PU-PH) ANGELAKIS Emmanouil (MCU-PH) disponibilité
XERRI Luc (PU-PH) DUBOURG Grégory (MCU-PH)
GOURIET Frédérique (MCU-PH)
NOUGAIREDE Antoine (MCU-PH)
DALES Jean-Philippe (MCU-PH) NINOVE Laetitia (MCU-PH)
GIUSIANO COURCAMBECK Sophie (MCU PH)
LABIT/BOUVIER Corinne (MCU-PH) CHABRIERE Eric (PR) (64ème section)
MACAGNO Nicolas (MCU-PH)
MAUES DE PAULA André (MCU-PH) LEVASSEUR Anthony (PR) (64ème section)
SECQ Véronique (MCU-PH) DESNUES Benoit (MCF) ( 65ème section )
MERHEJ/CHAUVEAU Vicky (MCF) (87ème section)

BIOCHIMIE ET BIOLOGIE MOLECULAIRE 4401


ANESTHESIOLOGIE ET REANIMATION CHIRURGICALE ;
MEDECINE URGENCE 4801 BARLIER/SETTI Anne (PU-PH)
GABERT Jean (PU-PH)
ALBANESE Jacques (PU-PH) Surnombre GUIEU Régis (PU-PH)
BRUDER Nicolas (PU-PH) OUAFIK L'Houcine (PU-PH)
LEONE Marc (PU-PH)
MICHEL Fabrice (PU-PH) BUFFAT Christophe (MCU-PH)
VELLY Lionel (PU-PH) FROMONOT Julien (MCU-PH)
ZIELEZKIEWICZ Laurent (PU-PH) MARLINGE Marion (MCU-PH)
MOTTOLA GHIGO Giovanna (MCU-PH)
BOUSSEN Salah Michel (MCU-PH) ROMANET Pauline (MCU-PH)
GUIDON Catherine (MCU-PH) SAVEANU Alexandru (MCU-PH)

ANGLAIS 11 BIOLOGIE CELLULAIRE 4403

FRAISSE-MANGIALOMINI Jeanne (PRCE) ROLL Patrice (PU-PH)

FRANKEL Diane (MCU-PH)


GASTALDI Marguerite (MCU-PH)
KASPI-PEZZOLI Elise (MCU-PH)
BIOLOGIE ET MEDECINE DU DEVELOPPEMENT LEVY-MOZZICONNACCI Annie (MCU-PH)
ET DE LA REPRODUCTION ; GYNECOLOGIE MEDICALE 5405

METZLER/GUILLEMAIN Catherine (PU-PH)


PERRIN Jeanne (PU-PH)

MAJ 01.09.2021
GUEDJ Eric (PU-PH) AVIERINOS Jean-François (PU-PH)
GUYE Maxime (PU-PH) BONELLO Laurent (PU PH) BONNET Jean-Louis (PU-
TAIEB David (PU-PH) PH) CUISSET Thomas (PU-PH) DEHARO Jean-Claude
(PU-PH) FRANCESCHI Frédéric (PU-PH) HABIB
BELIN Pascal (PR) (69ème section) Gilbert (PU-PH) PAGANELLI Franck (PU-PH) THUNY
RANJEVA Jean-Philippe (PR) (69ème section) Franck (PU-PH)

CAMMILLERI Serge (MCU-PH) DEHARO Pierre (MCU PH)


VION-DURY Jean (MCU-PH)
CHIRURGIE VISCERALE ET DIGESTIVE 5202
BARBACARU/PERLES Téodora Adriana (MCF) (69ème section)
BERDAH Stéphane (PU-PH)
BIOSTATISTIQUES, INFORMATIQUE MEDICALE BEYER-BERJOT Laura (PU-PH)
ET TECHNOLOGIES DE COMMUNICATION 4604 HARDWIGSEN Jean (PU-PH)
MOUTARDIER Vincent (PU-PH)
GAUDART Jean (PU-PH) SEBAG Frédéric (PU-PH)
GIORGI Roch (PU-PH) SIELEZNEFF Igor (PU-PH)
MANCINI Julien (PU-PH) TURRINI Olivier (PU-PH)

CHAUDET Hervé (MCU-PH) BEGE Thierry (MCU-PH)


DUFOUR Jean-Charles (MCU-PH) BIRNBAUM David (MCU-PH)
GIUSIANO Bernard (MCU-PH) DUCONSEIL Pauline (MCU-PH)
GUERIN Carole (MCU PH)
ABU ZAINEH Mohammad (MCF) (5ème section) MEGE Diane (MCU-PH)
BOYER Sylvie (MCF) (5ème section)

CHIRURGIE ORTHOPEDIQUE ET TRAUMATOLOGIQUE 5002

ARGENSON Jean-Noël (PU-PH) CHIRURGIE INFANTILE 5402


BLONDEL Benjamin (PU-PH)
FLECHER Xavier (PU PH) GUYS Jean-Michel (PU-PH) Retraite le 24/09/2021
OLLIVIER Matthieu (PU-PH) FAURE Alice (PU PH)
ROCHWERGER Richard (PU-PH) JOUVE Jean-Luc (PU-PH)
TROPIANO Patrick (PU-PH) LAUNAY Franck (PU-PH)
MERROT Thierry (PU-PH)
PESENTI Sébastien (PU-PH)
VIEHWEGER Heide Elke (PU-PH) détachement
ANC CANCEROLOGIE ; RADIOTHERAPIE 4702
DARIEL Anne (MCU-PH)
BERTUCCI François (PU-PH)
CHINOT Olivier (PU-PH)
COWEN Didier (PU-PH) CHIRURGIE MAXILLO
DUFFAUD Florence (PU-PH)
GONCALVES Anthony PU-PH) CHOSSEGROS Cyrille (PU-PH)
HOUVENAEGHEL Gilles (PU-PH) GUYOT Laurent (PU-PH)
LAMBAUDIE Eric (PU-PH)
PADOVANI Laetitia (PH-PH) FOLETTI Jean-Marc (MCU-PH)
SALAS Sébastien (PU-PH)
VIENS Patrice (PU-PH)

SABATIER Renaud (MCU-PH)


TABOURET Emeline (MCU-PH)

Secrétariat Général - RH MAJ 01.09.2021


CHIRURGIE THORACIQUE ET CARDIOVASCULAIRE 5103 CHIRURGIE PLASTIQUE,
RECONSTRUCTRICE ET ESTHETIQUE ; BRÛLOLOGIE 5004
COLLART Frédéric (PU-PH)
D'JOURNO Xavier (PU-PH) BERTRAND Baptiste (PU-PH)
DODDOLI Christophe (PU-PH) CASANOVA Dominique (PU-PH)
FOUILLOUX Virginie (PU-PH)
GARIBOLDI Vlad (PU-PH)
MACE Loïc (PU-PH) HAUTIER Aurélie (MCU-PH)
THOMAS Pascal (PU-PH) JALOUX Charlotte (MCU PH)

LENOIR Marien (MCU-PH)


TROUSSE Delphine (MCU-PH)

CHIRURGIE VASCULAIRE ; MEDECINE VASCULAIRE 5104

ALIMI Yves (PU-PH)


AMABILE Philippe (PU-PH) GASTROENTEROLOGIE ; HEPATOLOGIE ; ADDICTOLOGIE 5201
BARTOLI Michel (PU-PH)
BOUFI Mourad (PU-PH) BARTHET Marc (PU-PH)
MAGNAN Pierre-Edouard (PU-PH) DAHAN-ALCARAZ Laetitia (PU-PH)
PIQUET Philippe (PU-PH) GEROLAMI-SANTANDREA René (PU-PH)
SARLON-BARTOLI Gabrielle (PU PH) GRANDVAL Philippe (PU-PH)
VITTON Véronique (PU-PH)
GAUDRY Marine (MCU PH)
SOLER Raphael (MCU-PH)

HISTOLOGIE, EMBRYOLOGIE ET CYTOGENETIQUE 4202 GONZALEZ Jean-Michel ( MCU-PH)

LEPIDI Hubert (PU-PH)

PAULMYER/LACROIX Odile (MCU-PH) GENETIQUE 4704

DERMATOLOGIE - VENEREOLOGIE 5003 BEROUD Christophe (PU-PH)


KRAHN Martin (PU-PH)
BERBIS Philippe (PU-PH) LEVY Nicolas (PU-PH)
DELAPORTE Emmanuel (PU-PH) NGYUEN Karine (PU-PH)
GAUDY/MARQUESTE Caroline (PU-PH)
GROB Jean-Jacques (PU-PH) ZATTARA/CANNONI Hélène (MCU-PH)
RICHARD/LALLEMAND Marie-Aleth (PU-PH)

DUSI

COLSON Sébastien (MCF)

BOURRIQUEN Maryline (MAST) GYNECOLOGIE-OBSTETRIQUE ; GYNECOLOGIE MEDICALE 5403


EVANS-VIALLAT Catherine (MAST)
LUCAS Guillaume (MAST) AGOSTINI Aubert (PU-PH)
MAYEN-RODRIGUES Sandrine (MAST) BRETELLE Florence (PU-PH)
MELLINAS Marie (MAST) CARCOPINO-TUSOLI Xavier (PU-PH)
ROMAN Christophe (MAST) COURBIERE Blandine (PU-PH)
TRINQUET Laure (MAST) CRAVELLO Ludovic (PU-PH)
D'ERCOLE Claude (PU-PH)

ENDOCRINOLOGIE ,DIABETE ET MALADIES METABOLIQUES ;


GYNECOLOGIE MEDICALE 5404

BRUE Thierry (PU-PH)


CASTINETTI Frédéric (PU-PH)

CUNY Thomas (MCU PH)

Secrétariat Général - RH MAJ 01.09.2021


EPIDEMIOLOGIE, ECONOMIE DE LA SANTE ET PREVENTION HEMATOLOGIE ; TRANSFUSION 4701
4601
BLAISE Didier (PU-PH)
AUQUIER Pascal (PU-PH) COSTELLO Régis (PU-PH)
BERBIS Julie (PU-PH) CHIARONI Jacques (PU-PH)
BOYER Laurent (PU-PH) GILBERT/ALESSI Marie-Christine (PU-PH)
GENTILE Stéphanie (PU-PH) MORANGE Pierre-Emmanuel (PU-PH)
VEY Norbert (PU-PH)

DEVILLIER Raynier (MCU PH)


LAGOUANELLE/SIMEONI Marie-Claude (MCU-PH) GELSI/BOYER Véronique (MCU-PH)
RESSEGUIER Noémie (MCU-PH) IBRAHIM KOSTA Manal (MCU PH)
LAFAGE/POCHITALOFF-HUVALE Marina (MCU-PH)
LOOSVELD Marie (MCU-PH)
MINVIELLE/DEVICTOR Bénédicte (MCF)(06ème section) SUCHON Pierre (MCU-PH)
VENTON (MCU-PH)

POGGI Marjorie (MCF) (64ème section)


IMMUNOLOGIE 4703I
MEDECINE LEGALE ET DROIT DE LA SANTE 4603 LA S
KAPLANSKI Gilles (PU-PH)
BARTOLI Christophe (PU-PH)
MEGE Jean-Louis (PU-PH)
LEONETTI Georges (PU-PH)
OLIVE Daniel (PU-PH)
PELISSIER-ALICOT Anne-Laure (PU-PH)
VIVIER Eric (PU-PH)
PIERCECCHI-MARTI Marie-Dominique (PU-PH)
FERON François (PR) (69ème section)
DELTEIL Clémence (MCU PH)
TUCHTAN-TORRENTS Lucile (MCU-PH)
BOUCRAUT Joseph (MCU-PH)
CHRETIEN Anne-Sophie (MCU PH)
BERLAND Caroline (MCF) (1ère section)
DEGEORGES/VITTE Joëlle (MCU-PH)
DESPLAT/JEGO Sophie (MCU-PH)
JARROT Pierre-André (MCU PH)
ROBERT Philippe (MCU-PH)
VELY Frédéric (MCU-PH) MEDECINE PHYSIQUE ET DE READAPTATION 4905

MALADIES INFECTIEUSES ; MALADIES TROPICALES 4503 BENSOUSSAN Laurent (PU-PH)


VITON Jean-Michel (PU-PH)
BROUQUI Philippe (PU-PH)
LAGIER Jean-Christophe (PU-PH)
MILLION Matthieu (PU-PH) MEDECINE ET SANTE AU TRAVAIL 4602
PAROLA Philippe (PU-PH)
STEIN Andréas (PU-PH) LEHUCHER/MICHEL Marie-Pascale (PU-PH)

ELDIN Carole (MCU-PH) SARI/MINODIER Irène (MCU-PH)

MEDECINE D'URGENCE 4805

GERBEAUX Patrick (PU PH)


KERBAUL François (PU-PH) détachement
MICHELET Pierre (PU-PH)

MEDECINE INTERNE ; GERIATRIE ET BIOLOGIE DU


VIEILLISSEMENT ; ADDICTOLOGIE 5301

BONIN/GUILLAUME Sylvie (PU-PH) BENYAMINE Audrey (MCU-PH)


DISDIER Patrick (PU-PH)
DURAND Jean-Marc (PU-PH)
EBBO Mikael (PU-PH)
GRANEL/REY Brigitte (PU-PH)
HARLE Jean-Robert (PU-PH)
ROSSI Pascal (PU-PH)
SCHLEINITZ Nicolas (PU-PH)

Secrétariat Général - RH MAJ 01.09.2021


MEDECINE GENERALE 5303 NEPHROLOGIE 5203

GENTILE Gaëtan (PR Méd. Gén. Temps plein) BRUNET Philippe (PU-PH)
BURTEY Stépahne (PU-PH)
CASANOVA Ludovic (MCF Méd. Gén. Temps plein) DUSSOL Bertrand (PU-PH)
JOURDE CHICHE Noémie (PU PH)
BARGIER Jacques (MCF associé Méd. Gén. À mi-temps) MOAL Valérie (PU-PH)
FIERLING Thomas (MCF associé Méd. Gén. À mi-temps)
FORTE Jenny (MCF associé Méd. Gén. À mi-temps) ROBERT Thomas (MCU-PH)
JANCZEWSKI Aurélie (MCF associé Méd. Gén. À mi-temps)
NUSSLI Nicolas (MCF associé Méd. Gén. À mi-temps)
ROUSSEAU-DURAND Raphaëlle NEUROCHIRURGIE 4902
(MCF associé Méd. Gén. À mi-temps)
THERY Didier (MCF associé Méd. Gén. À mi-temps) DUFOUR Henry (PU-PH)
(nomination au 1/10/2019) FUENTES Stéphane (PU-PH)
REGIS Jean (PU-PH)
NUTRITION 4404 ROCHE Pierre-Hugues (PU-PH)
SCAVARDA Didier (PU-PH)
BELIARD Sophie (PU-PH)
DARMON Patrice (PU-PH) CARRON Romain (MCU PH)
RACCAH Denis (PU-PH) GRAILLON Thomas (MCU PH)
VALERO René (PU-PH) TROUDE Lucas (MCU-PH)

ATLAN Catherine (MCU-PH) disponibilité

MARANINCHI Marie (MCF) (66ème section)

NEUROLOGIE 4901
ONCOLOGIE 65 (BIOLOGIE CELLULAIRE)
ATTARIAN Sharham (PU PH)
CHABANNON Christian (PR) (66ème section) AUDOIN Bertrand (PU-PH)
SOBOL Hagay (PR) (65ème section) AZULAY Jean-Philippe (PU-PH)
CECCALDI Mathieu (PU-PH)
EUSEBIO Alexandre (PU-PH)
OPHTALMOLOGIE 5502 FELICIAN Olivier (PU-PH)
PELLETIER Jean (PU-PH)
DAVID Thierry (PU-PH) SUISSA Laurent (PU-PH)
DENIS Danièle (PU-PH)
MAAROUF Adil (MCU-PH)

PEDOPSYCHIATRIE; ADDICTOLOGIE 4904

DA FONSECA David (PU-PH)


POINSO François (PU-PH)
OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE 5501
GUIVARCH Jokthan (MCU-PH)
DESSI Patrick (PU-PH)
FAKHRY Nicolas (PU-PH) PHARMACOLOGIE FONDAMENTALE -
GIOVANNI Antoine (PU-PH) PHARMACOLOGIE CLINIQUE; ADDICTOLOGIE 4803
LAVIEILLE Jean-Pierre (PU-PH)
MICHEL Justin (PU-PH) BLIN Olivier (PU-PH)
NICOLLAS Richard (PU-PH) MICALLEF/ROLL Joëlle (PU-PH)
TRIGLIA Jean-Michel (PU-PH) Surnombre SIMON Nicolas (PU-PH)

RADULESCO Thomas (MCU-PH)

REVIS Joana (PAST) (Orthophonie) (7ème Section) BOULAMERY Audrey (MCU-PH)

Secrétariat Général - RH MAJ 01.09.2021


PARASITOLOGIE ET MYCOLOGIE 4502 PHILOSPHIE 17

RANQUE Stéphane (PU-PH) LE COZ Pierre (PR) (17ème section)

CASSAGNE Carole (MCU-PH) MATHIEU Marion (MAST)


L’OLLIVIER Coralie (MCU-PH)
TOGA Isabelle (MCU-PH)
PHYSIOLOGIE 4402
PEDIATRIE 5401
BARTOLOMEI Fabrice (PU-PH)
ANDRE Nicolas (PU-PH) BREGEON Fabienne (PU-PH)
BARLOGIS Vincent (PU-PH) GABORIT Bénédicte (PU-PH)
CHAMBOST Hervé (PU-PH) MEYER/DUTOUR Anne (PU-PH)
DUBUS Jean-Christophe (PU-PH) TREBUCHON/DA FONSECA Agnès (PU-PH)
FABRE Alexandre (PU-PH)
GIRAUD/CHABROL Brigitte (PU-PH) BOUSSUGES Alain (PR associé à temps plein)
MICHEL Gérard (PU-PH)
MILH Mathieu (PU-PH) BONINI Francesca (MCU-PH)
OVAERT-REGGIO Caroline (PU-PH) BOULLU/CIOCCA Sandrine (MCU-PH)
REYNAUD Rachel (PU-PH) DADOUN Frédéric (MCU-PH) (disponibilité)
TOSELLO Barthélémy (PU-PH) DELLIAUX Stéphane (MCU-PH)
TSIMARATOS Michel (PU-PH) LAGARDE Stanislas (MCU-PH)
LAMBERT Isabelle (MCU-PH)
COZE Carole (MCU-PH)
RUEL Jérôme (MCF) (69ème section)
THIRION Sylvie (MCF) (66ème section)

PSYCHIATRIE D'ADULTES ; ADDICTOLOGIE 4903


PNEUMOLOGIE; ADDICTOLOGIE 5101
BAILLY Daniel (PU-PH)
LANCON Christophe (PU-PH) ASTOUL Philippe (PU-PH)
NAUDIN Jean (PU-PH) BARLESI Fabrice (PU-PH)
RICHIERI Raphaëlle (PU-PH) CHANEZ Pascal (PU-PH)
GREILLIER Laurent (PU PH)
CERMOLACCE Michel (MCU-PH) REYNAUD/GAUBERT Martine (PU-PH)

PS TOMASINI
16 Pascale (MCU-PH)
PSYCHOLOGIE - PSYCHOLOGIE CLINIQUE,
PCYCHOLOGIE SOCIALE
DUTAU Hervé ( Pr Associé des universités à 1/2 temps)
AGHABABIAN Valérie (PR)

LAZZAROTTO Sébastien (MAST)


RADIOLOGIE ET IMAGERIE MEDICALE 4302 RHUMATOLOGIE 5001

BARTOLI Jean-Michel (PU-PH) GUIS Sandrine (PU-PH)


CHAGNAUD Christophe (PU-PH) LAFFORGUE Pierre (PU-PH)
CHAUMOITRE Kathia (PU-PH) PHAM Thao (PU-PH)
GIRARD Nadine (PU-PH) ROUDIER Jean (PU-PH)
JACQUIER Alexis (PU-PH)
MOULIN Guy (PU-PH)
PANUEL Michel (PU-PH) surnombre THERAPEUTIQUE; MEDECINE D'URGENCE;
PETIT Philippe (PU-PH) ADDICTOLOGIE 4804
VAROQUAUX Arthur Damien (PU-PH)
VIDAL Vincent (PU-PH)
AMBROSI Pierre (PU-PH)
DAUMAS Aurélie (PU-PH)
STELLMANN Jan-Patrick (MCU-PH) VILLANI Patrick (PU-PH)

Secrétariat Général - RH MAJ 01.09.2021


REANIMATION MEDICALE ; MEDECINE URGENCE 4802

GAINNIER Marc (PU-PH) UROLOGIE 5204


PAPAZIAN Laurent (PU-PH)
ROCH Antoine (PU-PH) BASTIDE Cyrille (PU-PH)
BOISSIER Romain (PU-PH)
KARSENTY Gilles (PU-PH)
HRAIECH Sami (MCU-PH) LECHEVALLIER Eric (PU-PH)
ROSSI Dominique (PU-PH)

Secrétariat Général - RH MAJ 01.09.2021


REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué au succès de mes
études et qui m’ont aidé lors de la rédaction de cette thèse.

Je voudrais tout d’abord adresser toute ma reconnaissance au directeur de thèse,


monsieur Jacques CHIARONI ainsi que Laurine LAGET, pour la patience, la
disponibilité et surtout les judicieux conseils, qui m’ont permis la rédaction de ce travail.

Je voudrais également exprimer ma reconnaissance envers mes amis et collègues qui


m’ont apporté leur soutien moral et intellectuel tout au long de ces longues études.

J’adresse mes sincères remerciements à tous les professeurs, intervenants et toutes


les personnes qui par leurs paroles, leurs écrits, leurs conseils et leurs critiques ont
contribué à faire de moi, le médecin que je suis aujourd’hui.

Je tiens à remercier les membres du jury de m’avoir fait l’honneur de leur leur présence
ainsi que pour leur lecture attentive de cette thèse.

Et enfin, je remercie de tout cœur l’amour de ma vie, pour son soutien sans faille durant
ces longues soirées et nuit d’écritures de thèse.

N’embarquons pas pour Cythère

Morts et froids les pieds devant.

Il faut nous aimer sur terre

Il faut nous aimer vivants

Ne crois pas au cimetière

Il faut nous aimer avant

Merci à tous, du fond du cœur.


TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION ................................................................................................................. 2
I. GENERALITES SUR LES GROUPES SANGUINS ............................................................... 4
II. GROUPE SANGUIN ET LIEN AVEC LES PATHOLOGIES HUMAINES ................................10
1. GROUPE SANGUIN COMME TEMOIN DE PATHOLOGIE : EXEMPLE LA POLYAGGLUTINABILITE ............... 10
2. GROUPE SANGUIN RESPONSABLE DE PATHOLOGIES .................................................................. 11
3. GROUPE SANGUIN ET SUSCEPTIBILITE AUX PATHOLOGIES INFECTIEUSES ........................................ 13
III. ÉTUDE ANALYTIQUE OBSERVATIONNELLE ENTRE PHENOTYPE ABO ET SARS-COV2. ...33
1. OBJECTIF DE L’ETUDE ........................................................................................................ 33
2. CARACTERISTIQUES DES COHORTES ...................................................................................... 33
3. MATERIEL ET METHODE ..................................................................................................... 36
4. STATISTIQUES .................................................................................................................. 41
5. RESULTATS ..................................................................................................................... 41
6. DISCUSSION .................................................................................................................... 51
CONCLUSION ....................................................................................................................55
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................57
LISTE DES FIGURES ............................................................................................................62
LISTE DES TABLES ..............................................................................................................62
RESUME ............................................................................................................................63

1
INTRODUCTION
Depuis la découverte du groupe sanguin ABO, le rôle potentiel des groupes sanguins
dans les pathologies humaines suscite un intérêt constant.
De nombreux auteurs ont en effet rapporté un grand nombre de liens entre certains
groupes sanguins et la survenue de pathologies de type thrombo-emboliques,
cardiovasculaires, métaboliques, cancérogénèse et également en maladie infectieuse.

Dans le champ des maladies infectieuses, plusieurs études semblent indiquer que le
phénotype ABO est impliqué dans la protection ou la susceptibilité de nombreuses
maladies infectieuses virales comme le SARS-CoV-1 et plus récemment le SARS-
CoV-2.

Depuis la première description du Covid-19 à Wuhan, en Chine, l'émergence du


nouveau coronavirus SARS-CoV-2 a entraîné une crise de santé publique mondiale
due à une morbidité massive et à une charge de mortalité qui ont rapidement
submergé les systèmes de santé du monde entier.

Au moment de l’écriture de cette thèse, le virus SARS-CoV-2 responsable de la


maladie « Covid-19 » a contaminé environ 472 millions de personnes dans le monde
pour un total d’environ 6 millions de décès.
La maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) présente un très large spectre de gravité,
ce qui suggère fortement que les facteurs de l'hôte influencent la susceptibilité.

Ainsi, peu après le début de la pandémie, une publication de Wuhan, en Chine, faisait
état d'un risque d'infection plus élevé pour les personnes du groupe sanguin A et,
inversement, d'un risque plus faible pour les personnes du groupe sanguin O1.

Depuis lors, des associations avec les groupes sanguins ABO ont été décrites dans
plusieurs autres publications provenant de Chine et de nombreux autres endroits
d'Asie, du Moyen-Orient, d'Europe et d'Amérique du Nord1–15.

Il a été observé par étude in vitro que les anticorps anti-A pouvaient bloquer
spécifiquement l'interaction entre la glycoprotéine spike (S) du SARS-CoV-1 et sa

2
cible, le récepteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (ACE2)16. Le SARS-
CoV-1 et le SARS-CoV-2 utilisent le même récepteur17 et présentent des sites de
glycosylation similaires sur leur glycoprotéine S d'enveloppe18.

Une publication récente suggère également que les domaines RBD (Receptor Binding
Domain) du SARS-CoV-1 et du SARS-CoV-2 se fixent à l’antigène A19. De plus, les
taux d'anticorps anti-A et anti-B restent stables dans le temps20, toutefois il existe
d'importantes variations des titres entre les individus d'un même groupe sanguin21.

Ainsi, il a été émis l'hypothèse que lorsque des titres d'anticorps anti-A et/ou anti-B
suffisants sont présents, ils pourraient offrir un certain degré de protection. Par
conséquent, on s'attend à ce que les individus présentant de faibles titres d'anti-A et/ou
d'anti-B ne bénéficient pas de la protection partielle conférée par ces anticorps au
moment de l'infection.

A partir des observations précédemment citées, l'objectif de ce travail est de tester


l'hypothèse selon laquelle les niveaux d'anticorps naturels anti-A et/ou anti-B
pourraient être plus faibles chez les patients atteints de Covid-19 symptomatiques par
rapport aux sujets témoins, au moyen d’une étude analytique observationnelle.

Notre travail a pour but d’augmenter les connaissances sur le lien entre infection par
le SARS-CoV2 et le phénotype ABO mais ne permettra pas de fournir une analyse sur
le lien entre la survie ou la sévérité de la maladie et le phénotype ABO.

Cette étude analytique observationnelle a été réalisé sur trois populations : nous
avons recrutés 133 patients atteints de la Covid-19 (population malade), 208 patients
à distance de la maladie (cohorte convalescente) et 404 patients asymptomatiques
sains (population témoin), afin de comparer les titres d'anticorps naturels du groupe
sanguin ABO.

Pour chacune des populations précédemment citées, l’analyse comportera deux


parties :
1) Étude observationnelle et statistique sur la répartition du phénotype ABO
2) Étude observationnelle et statistique de la répartition des titres d’anticorps du
groupe ABO

3
I. Généralités sur les groupes sanguins
Les groupes sanguins érythrocytaires sont des antigènes qui sont exprimés à la
surface du globule rouge, génétiquement transmis et reconnus par des anticorps
spécifiques.
Le caractère immunogène de leur polymorphisme explique leur implication en
transfusion, dans le cadre du suivi de la grossesse, dans les greffes et
transplantations.
Au-delà de cet intérêt médical, les groupes sanguins peuvent être impliqués dans
diverses interactions avec le milieu et notamment les pathogènes aboutissant à des
susceptibilités individuelles, dont la description la plus récente concerne la Covid-19
et la moindre susceptibilité des sujets de groupe O par rapport aux sujets de groupes
A.

On décrit actuellement près de 380 antigènes différents de groupes sanguins


appartenant à une quarantaine de systèmes différents.

Il est possible de classer les antigènes de groupes sanguins en deux grandes


catégories en fonction de leur nature biochimique (figure 1) ;

• Les groupes sanguins de nature glucidique dont le chef de file est le


système ABO. Celui-ci comporte 2 antigènes principaux, A et B, codés par deux
allèles qui sont respectivement l’allèle A et l’allèle B. A côté de ces allèles actifs,
il en existe un troisième inactif, l’allèle O. En fonction du génotype on pourra
donc avoir 4 phénotypes différents ; le groupe A qui exprime l’antigène A
(Génotype : A/A ou A/O), le groupe B qui exprime l’antigène B (Génotype : B/B
ou B/O), le groupe AB qui exprime les deux antigènes A et B (Génotype A/B) et
le groupe O qui n’exprime aucun des deux antigènes (Génotype : O/O). Ce
système partage plusieurs caractéristiques avec les autres systèmes
glucidiques (H, P1PK, Lewis, I, GLOB). La première caractéristique est liée à
leur nature biochimique. En effet, compte tenu de leur nature glucidique, les
antigènes du système ABO sont considérés comme des « produits
secondaires » des gènes. En effet un gène ne sachant synthétiser que des
protéines, doit passer par un intermédiaire protéique pour aboutir à l’antigène.

4
Cet intermédiaire est ici une enzyme qui pourra fixer l’antigène proprement dit
sur le globule rouge. On ne passe pas directement du gène à l’antigène mais
par la séquence gène à enzyme à antigène. Ainsi l’allèle A code pour l’enzyme
A qui fixe l’antigène A à la surface du globule rouge et ainsi de suite. La
deuxième caractéristique est liée à leur répartition ubiquitaire à la fois dans
l’organisme (les antigènes du système ABO, présents sur les cellules
endothéliales sont de véritables groupes tissulaires impliqués dans des rejets
de greffe en cas d’incompatibilité) et dans la nature.

En effet, ils ne sont pas propres à l’homme et sont partagés par de nombreuses
espèces incluant virus et bactéries. La présence des antigènes A et B dans
l’environnement et notamment sur les bactéries du microbiote, explique la
synthèse d’anticorps dits naturels en dehors de toute stimulation interhumaine
transfusion ou grossesse. Ainsi un sujet de groupe A, exprimant l’antigène A
sur ses globules, synthétisera un anti-B présent dans son plasma. Un sujet de
groupe B possèdera un anti-A, un sujet de groupe AB ne possèdera ni anti-A ni
anti-B et un sujet de groupe O possèdera un anti-A et un anti-B (table 1).

Ces anticorps, présents de façon constante (réguliers) avec un pouvoir


hémolytique majeur imposent les règles de compatibilité transfusionnelle pour
les globules rouges, en évitant d’apporter l’antigène correspondant à l’anticorps
du receveur, pour le plasma en évitant d’apporter les anticorps correspondant
aux antigènes du receveur. Ainsi dans le cadre de la transfusion de concentré
de globules rouges, on peut comprendre que le receveur universel soit le O et
pour la transfusion de plasma le AB.

• Les groupes sanguins de nature protéiques dont le chef de file est le RH


(anciennement « Rhésus »). Ces antigènes sont des produits directs des
gènes, et ont une tendance (avec des exceptions plus ou moins importantes) à
être localisés sur le globule rouge. Ces antigènes étant propres à l’homme, la
survenue d’une immunisation ne peut passer que par une stimulation
interhumaine transfusion ou grossesse. Ces anticorps sont dits « immuns » et

5
« irréguliers » car leur survenue, à la suite d’une immunisation, n’est pas
constante.

La détection de ces anticorps dirigés contre les antigènes de groupes sanguins


autres que ABO est réalisée par la recherche d’anticorps anti-érythrocytaires
(RAI). Parmi les 40 systèmes de groupes sanguins décrits, 5 (Rh, Kell, Duffy,
Kidd, MNS) sont explorés en routine en raison de la signification clinique (risque
de réaction transfusionnelle en cas d’apport de l’antigène correspondant et
risque de maladie hémolytique fœtale et/ou néo-natale) de leur anticorps et de
leur fréquence. Ils permettent d’assurer 95% des compatibilités
transfusionnelles de routine.

Le système Rh (RH) comporte près de 50 antigènes dont le plus immunogène


est représenté par l‘antigène RhD (RH1). Ce système comporte 2 gènes RHD
et RHCE situé sur le chromosome 1. La présence de l’antigène RhD est
conditionnée à la combinatoire de deux allèles ; l’allèle RHD actif et l’allèle d
inactif. Ainsi un sujet RhD+ (RH :1) (85% de la population européenne) pourra
avoir deux génotypes possibles RHD/RHD ou RHD/d alors qu’un sujet RhD-
(RH : -1) (15% de la population) ne possède qu’un seul génotype d/d. Quatre
autres antigènes du système RH sont recherchés en routine. Il s’agit de deux
couples d’antigènes dits « antithétiques » RhC (RH2)/Rhc (RH4) d’une part et
RhE (RH3)/Rhe (RH5) d’autre part, codés par le gène RHCE dont les formes
alléliques vont déterminer quatre combinatoires antigéniques possibles;

o L’allèle RH*Ce code pour les antigènes RhC et Rhe


o L’allèle RH*ce code pour les antigènes Rhc et Rhe
o L’allèle RH*cE code pour les antigènes Rhc et RhE
o L’allèle RH*CE code pour les antigènes RhC et RhE

Ainsi la combinatoire génotypique du sujet déterminera sa combinatoire


phénotypique. Par exemple un sujet de génotype RH*Ce/ RH*ce aboutira au
phénotype suivant C+, E-, c+, e+ (RH : 2, -3, 4, 5 en nomenclature
internationale).

6
Le système Kell, localisé sur le chromosome 7, comporte 36 antigènes dont
un est déterminé en routine, l’antigène K (KEL1) ; 9% des sujets sont K positif
(KEL :1) et 91% des sujets sont K négatif (KEL: -1).

Le système Duffy (FY), localisé sur le chromosome 1, comporte 5 antigènes


dont deux sont recherchés en routine : l’antigène Fya (FY1) codé par l’allèle Fya
et l’antigène Fyb (FY2) codé par l’allèle Fyb. En fonction de la combinatoire on
aura 3 phénotypes courants :

o Le phénotype Fy(a+b+) (FY :1,2) possède les deux antigènes et donc les
deux allèles Fya et Fyb
o Le phénotype Fy(a+b-) (FY :1,-2) possédant uniquement l’antigène Fya
possède l’allèle Fya en double dose
o Le phénotype Fy(a-b+) (FY : -1,2) possédant uniquement l’antigène Fyb
et l’allèle Fyb en double dose

Un phénotype particulier, caractérisé par l’absence des antigènes Fya et Fyb,


Fy(a-b-), est exclusif des populations africaines où il peut atteindre des
fréquences de 70 à 100% en fonction des populations. Il est lié à la présence
en double dose d’une allèle silencieux FY*0. Une hypothèse avancée quant à
sa répartition est le fait que ce phénotype confère une résistance relative vis-à-
vis du Plasmodium vivax.

Le système Kidd (JK), localisé sur le chromosome 18, comporte 3 antigènes


dont deux sont recherchés en routine : l’antigène Jka (JK1) codé par l’allèle Jka
et l’antigène Jkb (JK2) codé par l’allèle Jkb. En fonction de la combinatoire on
aura 3 phénotypes courants :

o Le phénotype Jk(a+b+) (JK :1,2) possède les deux antigènes et donc les
deux allèles Jka et Jkb
o Le phénotype Jk(a+b-) (JK :1,-2) possédant uniquement l’antigène Jka
possède l’allèle Jka en double dose
o Le phénotype Jk(a-b+) (JK :-1,2) possédant uniquement l’antigène Jkb
possède l’allèle Jkb en double dose

7
Le système MNS, localisé sur le chromosome 4, comporte 49 antigènes dont
4 sont explorés en routine. Il s’agit de deux couples d’antigènes dits
« antithétiques » codés par deux allèles différents. Le couple M(MNS1) et N
(MNS2) codés respectivement par les allèles M et N dont la combinatoire va
déterminer leur présence ou pas ; un sujet M+ et N+ possèdera les deux allèles,
un sujet M+N- sera homozygote pour l’allèle M et un sujet M-N+ sera
homozygote pour l’allèle N.

Il en est de même pour l’autre couple d’antigènes S (MNS3) et s (MNS4). Ainsi


un sujet M+, N-, S-, s+ (en nomenclature internationale MNS :1, -2, -3, 5) sera
homozygote pour les allèles Ms.

D’un point de vue exploration phénotypique, la recherche en routine de


l’antigène RhD se fait de façon indissociable de la détermination du groupe ABO
par une analyse dénommée « ABO-RH1 » à la nomenclature des actes de
biologie.

La recherche des quatre antigènes du système RH (C, E, c et e), ainsi que la


recherche de l’antigène KEL1 du système Kell est réalisée par la pratique d’une
analyse dénommée « phénotype RH-KEL1 ».

Enfin la recherche des antigènes Fya, Fyb, Jka, Jkb, S et s est réalisée par
l’analyse dite « phénotype étendu ».

8
Figure 1 : les systèmes de groupes sanguins, leurs caractéristiques et les
analyses permettant de les explorer en routine

Table 1 : les gènes, les antigènes et les anticorps du système ABO


Groupes Antigènes sur Anticorps Fréquence
GR Plasmatiques
A A Anti-B 45%
B B Anti-A 9%
AB A et B Aucun 4%
O Ni A, ni B Anti-A et Anti-B 42%

9
II. Groupe sanguin et lien avec les pathologies humaines
Les groupes sanguins du système ABO constituent des marqueurs biologiques du
polymorphisme humain.

Certains groupes sanguins représentent de véritables marqueurs pathologiques et


leurs modifications peuvent être la cause (anomalies membranaires), la conséquence
(polyagglutinabilité) ou un marqueur de susceptibilité de certaines maladies.

1. Groupe sanguin comme témoin de pathologie : exemple la polyagglutinabilité

Par définition, une hématie est dite « polyagglutinable » lorsqu’elle est reconnue par
des sérums humains provenant de sujets immunocompétents et dépourvus d’anticorps
reconnaissant la majorité des antigènes de groupes sanguins. Dans ces conditions,
l’agglutination est liée à l’expression sur l’hématie concernée d’antigènes dits de
« polyagglutinabilité », vis-à-vis desquels des anticorps naturels existent dans la
majorité des plasmas.

Ces antigènes peuvent être acquis ou génétiquement transmis. Ils sont reconnus par
des lectines spécifiques et peuvent être responsables de difficultés d’interprétation de
groupages ABO, voire de phénotypage M/N en fonction des réactifs utilisés.
Dans les phénotypes acquis, ils représentent des structures qui sont normalement
cryptiques et dont la révélation peut être liée à un processus infectieux ou malin. Les
polyagglutinabilités d’origine infectieuse sont liées à la synthèse de glycosidases. Les
exemples les plus caractéristiques sont le B acquis (action d’une désacétylase
bactérienne) et la polyagglutinabilité T (action d’une neuraminidase infectieuse). Dans
ce dernier cas, la réduction de la glycosylation des glycophorines A peut être
responsable d’une diminution de l’antigénicité M/N, pouvant donner une image de
double population lors du typage.

Les polyagglutinabilités acquises associées à un processus malin sont liées à


l’absence de synthèse de la chaîne sucrée des glycophorines, laissant à nu un
antigène normalement cryptique. L’exemple le plus caractéristique est la
polyagglutinabilité Tn où une diminution de l’antigénicité M/N peut être constatée.

10
Dans certains cas, la persistance des anticorps naturels dirigés contre ces crypto
antigènes peut générer un test direct à l’antiglobuline positif de type C3D. Parmi les
polyagglutinabilités génétiques, les plus caractéristiques sont représentées par
l’antigène Cad et la dysérythropoïèse congénitale de type II (HEMPAS).

2. Groupe sanguin responsable de pathologies

La majorité des systèmes de groupes sanguins érythrocytaires comportent des


phénotypes nuls. Les conséquences pathologiques au niveau général ou
membranaire dépendent de l’existence de redondance physiologique par d’autres
molécules et des interactions structurelles ou fonctionnelles intimes qu’elles
contractent avec la membrane érythrocytaire. Trois systèmes de groupes sanguins
érythrocytaires comportent des phénotypes nuls qui ont des conséquences
membranaires : le système RH avec son phénotype RH nul, le système Kx avec son
phénotype McLeod et le système Gerbich avec son phénotype GE:-2,-3,-4.

Phénotype RHnull
Les sujets de phénotype RHnull sont caractérises par une absence totale ou une
réduction sévère de l’ensemble des molécules du complexe Rh associée à une
disparition des antigènes LW et FY5, et à une diminution d’expression de la
glycophorines B (MNS3, MNS4, MNS5) et de l’antigène CD47. Les bases moléculaires
de ce phénotype sont de deux types. Le premier peut être le fait de mutations au locus
RHAG qui aboutissent à une absence totale de protéine RhAG au niveau
membranaire. Ce mécanisme définit le phénotype RHnull de type régulateur.

Le second est lie à des mutations au locus RHCE associées à une délétion du gène
RHD. Ce mécanisme définit le phénotype RHnull de type amorphe. Les anomalies
membranaires (stomatocytose) observées dans ces phénotypes soulignent
l’importance d’une interaction correcte du complexe RH avec le cytosquelette22.

Ce « complexe RH » apparait fortement lié au cytosquelette membranaire22,


notamment par l’intermédiaire de CD47 qui se fixe sur la protéine 4.2 et par le lien

11
direct entre RH-RHAG avec l’ankyrine, dont la perte d’interaction pourrait être
responsable de certaines stomatospherocytoses héréditaires.

Elles sont associées à une réduction de la durée de vie des hématies qui peut être
responsable d’une anémie hémolytique plus ou moins sévère. On retrouve en effet
une augmentation de la fragilité osmotique, une augmentation de la perméabilité aux
cations, une diminution du cholestérol membranaire et une asymétrie des polypeptides
membranaires. Cette anomalie pourrait être liée à la perte de points d’ancrage existant
entre le complexe RH et le cytosquelette membranaire. Enfin, l’allo-immunisation
obstetrico-transfusionnelle de ces sujets aboutit à la synthèse d’un anticorps anti-
RH29 pouvant être responsable de MHNN ou de réaction transfusionnelle.

Phénotype McLeod
Ce phénotype est caractérisé par l’absence de l’antigène de grande fréquence Kx qui
représente le seul antigène du système de groupe sanguin XK dont le locus Xk est
localisé sur le chromosome X. Ce phénotype est inclus dans le syndrome McLeod qui
est caractérisé, outre par l’absence de la protéine Kx, par une forte réduction de
l’expression antigénique des antigènes KEL, la disparition de l’antigène Km (KEL20),
une acanthocytose et une diminution de la durée de vie des hématies responsables
d’une anémie hémolytique plus ou moins compensée.

Les individus de sexe masculin porteurs de ce syndrome présentent de plus des


anomalies de types neuromusculaires, cardiomyopathiques et psychologiques23.
Beaucoup de ces symptômes se manifestent après 40 ans. Ce syndrome est rare et
essentiellement retrouvé dans la population européenne. Il est parfois associé à une
granulomatose septique.

Il est actuellement démontré que le gène contrôlant la survenue de cette anomalie est
proche du gène XK et la petite minorité d’individus McLeod qui la présente possède
une délétion qui intéresse les deux gènes à la fois. En revanche, les neuromyopathies
qui sont associées à ce syndrome sont variables d’un individu à l’autre et peu
comprises.

12
Phénotype GE:-2,-3,-4
Les sujets de phénotypes GE:-2,-3,-4 présentent une réduction de 25 % de la protéine
4.1 ainsi qu’une réduction de près de 98 % de la protéine p55. Dans ce cas, les
hématies, qui ont une morphologie normale au sortir de la moelle, ne supportent pas
les contraintes mécaniques imprimées par le flux circulatoire intravasculaire et
subissent une anomalie de type elliptocytose et une lyse cellulaire.

3. Groupe sanguin et susceptibilité aux pathologies infectieuses

On constate l’existence de certains polymorphismes impliqués dans la protection ou


la susceptibilité de nombreuses maladies infectieuses. C’est le cas de certains
polymorphismes des systèmes ABO, H/SE et Lewis vis-à-vis de nombreux
pathogènes.

En effet, de nombreux groupes sanguins sont des récepteurs pour les toxines, les
parasites et les bactéries, où ils peuvent faciliter ou s’opposer à la colonisation,
l'invasion ou échapper aux mécanismes d'élimination de l'hôte.

H. pylori

En 1954, il a été signalé que l'incidence des ulcères gastriques et duodénaux était de
20% plus élevée chez les individus du groupe O que chez ceux du groupe A,
l'incidence des ulcères duodénaux étant de 35 % plus élevée chez les individus du
groupe O que chez ceux des groupes A, B et AB, et de 50 % plus élevée chez les non-
sécréteurs (qui représentent 20 % de la population)24.
Pour les non-sécréteurs des groupes A et B, le risque relatif était de 1:6 ; pour les
sécréteurs du groupe O, le risque relatif était de 1:35 ; et pour les non-sécréteurs du
groupe O, le risque relatif était de 2:5 24.

Le statut de sécréteur et l'infection par H. pylori sont des facteurs de risque


indépendants et significatifs de la maladie gastroduodénale, avec un risque relatif de
1:9 pour les non-sécréteurs par rapport aux sécréteurs25.

13
Bien que la gastrite et les ulcères gastriques soient associés à l'infection par H. pylori,
des études plus récentes ont signalé que différentes souches de H. pylori montraient
des préférences variables pour chaque antigène de groupe sanguin et que par ailleurs,
95 % des souches ne montraient pas de préférence pour les antigènes du groupe
sanguin O26.

Il est intéressant de noter que, bien que seulement 5% des souches préfèrent
l'antigène H dans la population générale, dans celles d'origine amérindienne (une
population à dominance de groupe O), 60% des souches montrent cette préférence26.

Paludisme

Il existe 4 espèces de Plasmodium, mais la plus virulente est P. falciparum, qui


représente 50% des cas et 80% des décès, tandis que P. vivax représente 40% des
cas27.
Le système de groupe sanguin Duffy, qui possède 6 antigènes discrets, est impliqué
dans les infections à P. vivax. Les mutations du gène FY qui entraînent des globules
rouges sans l'antigène Duffy protègent contre l'infection par cette souche de
paludisme27.
Le système de groupe sanguin Knops, qui a 9 antigènes discrets, semble jouer un rôle
dans la gravité de l'infection à P. falciparum ; les mutations de plusieurs de ces
antigènes semblent avoir un effet protecteur chez les Noirs africains. 27
La gravité du paludisme à P. falciparum est directement corrélée à la présence ou à
l'absence d'antigènes des groupes sanguins A et B. En effet, les individus du groupe
sanguin O ont tendance à être moins gravement touchés par le paludisme, tandis que
les individus des groupes sanguins A et B sont plus exposés au risque d'anémie
palustre (OR, 1,18). 26

Les antigènes A et B agissent également comme molécules d'adhésion pendant la


séquestration, permettant aux globules rouges infectés d'adhérer aux cellules
endothéliales microvasculaires, ce qui les retire de la circulation et protège le parasite
de la destruction, mais bloque également la circulation et réduit l'apport d'oxygène.28-
26

14
La rosée et la séquestration sont en corrélation avec la gravité accrue du paludisme et
contribuent au taux de mortalité élevé chez les enfants atteints de paludisme cérébral
; il s'agit d'une pression de sélection majeure derrière la répartition de la population
des personnes de groupe sanguin O par rapport aux personnes de groupe non-O dans
les régions du monde où le paludisme est encore répandu. 28-26

Choléra

La cause prédominante du choléra endémique et épidémique est la bactérie Vibrio


cholera O1, qui a été associée à un risque de colonisation plus faible chez les individus
exposés du groupe sanguin O, mais à un risque plus élevé de maladie plus grave si
elle est colonisée chez ces individus. 29

Une étude menée au Bangladesh a révélé que la répartition des groupes sanguins O,
A, B, AB chez les témoins sains était respectivement de 28 %, 23 %, 38 % et 11 %
alors qu’on retrouve respectivement chez les patients de 3 %, 19 %, 34 % et 4 % et
chez les contacts asymptomatiques de 47 %, 18 %, 27 % et 8 %, respectivement.29

Cette étude a révélé que l'antigène de Lewis était significativement différent dans les
infections symptomatiques du choléra, par rapport aux témoins et aux contacts sains.
La répartition globale des participants à l'étude était la suivante : 28 % de Le(a+b-) ou
de non-sécréteurs avec l'antigène Lewis, 55 % de Le(a-b+) ou de sécréteurs avec
l'antigène Lewis, et 17 % de Le(a-b-), qui n'expriment pas l'antigène Lewis et peuvent
être soit sécréteurs soit non-sécréteurs. 29

En comparant les patients atteints de choléra aux contacts/témoins sains, la


distribution était de 39% contre 25%/25% Le(a+b-), 40% contre 60%/58% Le(a-b+), et
21% contre 15%/17% Le(a-b-), indiquant que les non-sécréteurs étaient plus
susceptibles d'avoir un choléra symptomatique que les contacts (OR, 1. 91) et les
témoins sains (RC, 1,90), et que les sécréteurs étaient moins susceptibles que les
contacts (RC, 0,45) et les témoins sains (RC, 0,48), alors qu'aucune différence n'a été
constatée dans le groupe de Lewis-nul.29

15
En comparant les patients aux contacts par groupe sanguin, dans les groupes
sanguins A et B, le phénotype des sécréteurs était significativement moins courant,
alors que les phénotypes des non-sécréteurs et des Lewis-nuls étaient plus courants
; cette différence n'a pas été observée chez les individus du groupe sanguin O, mais
comme ce groupe sanguin est lui-même un facteur de risque de choléra, l'effet du
groupe sanguin de Lewis a pu être masqué.29

En outre, les sécréteurs ont eu besoin de moins de perfusion que les non-sécréteurs,
ce qui est cohérent avec les résultats concernant la gravité. En effet, les individus du
groupe de Lewis-null ont eu la plus longue durée de diarrhée et ont eu besoin du plus
grand nombre de perfusion, ce qui suggère une gravité accrue de l'infection si elle se
produit. Cela peut être lié au fait que le groupe de Lewis null a également eu la réponse
IgA la plus faible aux antigènes lipopolysaccharides au jour 7. 29

Méningite bactérienne

Trois espèces de bactéries, N. meningitidis, H. influenza et S. pneumoniae, sont à


l'origine d'environ 75% de toutes les méningites bactériennes. Les capsules de ces
bactéries contiennent des antigènes polysaccharidiques que la défense immunitaire
de l'hôte doit reconnaître et auxquels elle doit répondre avec les anticorps
appropriés.30
Ces bactéries peuvent générer des antigènes A ou B, selon le groupe sanguin dans
lequel elles se trouvent, et contiennent également une enzyme qui peut modifier
l'antigène B en antigène A. Il n'est peut-être pas surprenant que les personnes du
groupe sanguin B aient la plus faible prévalence d'infection par ces bactéries car leurs
anticorps anti-A réagissent comme des anticorps naturels aux antigènes bactériens. 30
En revanche, les individus des groupes sanguins A, AB et O doivent compter sur des
anticorps anti-pneumocoques spécifiques, que leur système immunitaire doit produire
en réponse aux organismes envahisseurs. 30
Les non-secrétaires sont nettement plus sensibles à ces bactéries que les secrétaires
; les non-secrétaires représentent 20 à 25 % de la population générale de l'Europe
occidentale, mais dans plusieurs études, la proportion de non-secrétaires chez les
patients atteints de ces infections variait de 47 % à 73,3 %. 30

16
Campylobacter jejuni

Campylobacter jejuni est une bactérie microaérophilique, thermo-philique, à Gram


négatif, flagellée. Elle est une cause commune de maladies d'origine alimentaire dans
les pays industrialisés. Aux États-Unis seulement, on estime à 2,5 millions le nombre
31
de cas d'infection à Campylobacter par an . La plupart des épidémies de C. jejuni
sont liées à la consommation de volaille contaminée, bien que des épidémies dues au
lait cru et à l'eau contaminée aient été documentées 31.
L'infection par C. jejuni dure généralement de 7 à 10 jours et se caractérise par 1 à 3
jours de fièvre, de vomissements et de maux de tête, suivis de 3 à 7 jours de diarrhée
et de douleurs abdominales. Il a été hypothétiquement établi que C. jejuni peut
contribuer au développement d'une maladie intestinale inflammatoire chez certains
patients 31.

Plus important encore, C. jejuni est un déclencheur courant du syndrome de Guillain-


Barré, une neuropathie périphérique auto-immune à progression rapide qui peut
entraîner une quadriplégie, une dépendance au respirateur artificiel et même à la mort
de certains patients. On estime qu'un tiers des cas de Guillain-Barré sont attribuables
à une infection récente à C. jejuni 32.
La plupart des individus exposés à C. jejuni reste asymptomatique, avec seulement
1% de cas d'entérite clinique 33.

La bactérie C. jejuni adhère et colonise de préférence la couche de mucus du jéjunum,


aidée par les flagelles bipolaires. Une population mineure peut s'attacher directement
aux cellules épithéliales intestinales, avec des preuves histologiques d'invasion
31 33
bactérienne, de translocation et de bactériémie - . Les souches invasives de C.
jejuni peuvent provoquer des lésions des muqueuses en stimulant la synthèse de
médiateurs pro-inflammatoires (par exemple l'interleukine-8 [IL-8]).
Comme de nombreux agents pathogènes gastro-intestinaux, C. jejuni peut se lier à la
muqueuse intestinale et à l'épithélium via le fucose. L'une des premières études a
montré que de fortes concentrations de fucose libre étaient capables d'inhiber C. jejuni
dans les cellules épithéliales intestinales INT407 in vitro. Par ailleurs, le lait maternel,
qui est riche en oligosaccharides fucosylés, est protecteur contre l'infection par C.
jejuni chez les nourrissons allaités 34-35.

17
Ruiz-Palacios et al. ont fourni les premières preuves définitives d'un rôle de l'antigène
H(O) dans l'infection à C. jejuni, en utilisant un panel de souches cliniques de C. jejuni
34
isolées de patients pédiatriques . Les premières études ont montré une corrélation
entre les souches pathogéniques et l'adhésion aux glycanes fucosylés. En outre, des
oligosaccharides fucosylés neutres purifiés à partir de lait humain étaient capables
d'inhiber l'adhésion des bactéries au mucus intestinal humain. Des expériences
ultérieures menées par ces chercheurs ont permis d'identifier l'antigène H(O) de la
chaîne de type 2 comme le récepteur privilégié des souches de C. jejuni.

Il n'existe actuellement aucune étude épidémiologique sur l'impact du statut ABO,


Lewis ou Sécréteur de l'hôte sur l'infection par C. jejuni. Une étude portant sur des
nourrissons allaités au sein a révélé une forte corrélation entre la teneur en antigène
H du lait et la diarrhée du nourrisson associée à Campylobacter (P = 0,004) 35. L'effet
protecteur des oligosaccharides H-actifs dans le lait est également étayé par des
données provenant de modèles murins 34.

Entérocolite nécrosante

L'entérocolite nécrosante (ECN) est principalement une maladie des nourrissons


prématurés (pesant moins de 1 500 g), avec une incidence de 7 à 10% et un taux de
36
moralité de 20 à 30% . Elle survient généralement au cours des deux premières
semaines de vie et se caractérise par une inflammation et une nécrose intestinale,
avec des signes de perturbation du microbiote intestinal, en particulier chez les
espèces clostridiennes. Outre la prématurité, d'autres facteurs de risque liés aux ECN
sont l'utilisation prolongée d'antibiotiques, la nutrition entérale et le manque
d'allaitement.
Le statut sécréteur a été identifié comme un biomarqueur de l’ECN chez les
nourrissons prématurés. Les nourrissons de moins de 32 semaines d'âge gestationnel
ont été soumis à un dépistage de l'antigène H dans la salive et du génotype FUT2
(G428A ; rs601338). Parmi les 410 nourrissons admissibles, 30 ont développé une
ECN et 96 une septicémie. Les nourrissons présentant de faibles niveaux salivaires
d'H étaient soit non sécréteurs, soit hétérozygotes FUT2 (Se/se ; 17% avec de faibles
niveaux d'antigène H).

18
Les faibles taux d'H étaient associés à un risque accru de décès (14,8 % contre 1,6
% ; P < 0,001), en particulier à cause d'une ECN et d'une septicémie. Lorsqu'on
examine le génotype, le taux de survie est le plus élevé chez les individus Se/se (98
%), suivis des individus Se/se (95 %) et des non-sécréteurs (se/se) (87 %).

La prévalence du phénotype non sécréteur a augmenté chez les patients atteints de


septicémie Gram négatif (44%, contre 23% des individus non infectés ; p = 0,05). Dans
les modèles animaux, l'absence de fucosylation est associée à une colite et à une
diarrhée chronique, tandis que FUT2 protège contre les lésions des muqueuses, avec
un rétablissement rapide. Il est intéressant de noter qu'un statut de non-sécrétion est
également lié à la maladie de Crohn, un trouble intestinal inflammatoire chronique avec
une microflore altérée 37.

Pseudomonas aeruginosa

Pseudomonas aeruginosa est une bactérie aérobie à Gram négatif très répandue dans
l'environnement.
P. aeruginosa est un organisme inhabituel dans la flore fécale normale (5%), mais il
est fréquent chez les patients hospitalisés à long terme38. Cet organisme possède des
facteurs de virulence multiples, notamment des adhésines de type lectine, un
polysaccharide mucoïde, des protéases (élastine, phospholipase C et collagène) et de
l'exotoxine A, un inhibiteur de la synthèse des protéines.

Les patients à risque d'infection par P. aeruginosa comprennent les patients


présentant des plaies, munis de cathéters urinaires et sous ventilation mécanique, les
patients immunodéprimés et les patients atteints de fibrose kystique. On estime que
80% des patients atteints de mucoviscidose sont colonisés par P. aeruginosa avant
l'âge de 18 ans 39.

P. aeruginosa possède deux adhésines de lectine apparentées et dépendantes du


calcium : PA-IL (LecA) et PA-IIL (LecB). PA-IL et PA-IIL sont des protéines
homotétramériques composées de sous-unités uniques de 12,7 kDa et 11,7 kDa,

19
respectivement. Les deux adhésines sont capables d'agglutiner les globules rouges
humains, avec quelques indices de spécification du groupe sanguin 40.

PA-IL est une lectine spécifique aux galactoses, qui peut agglutiner tous les globules
rouges, quel que soit leur type ABO, y compris les cellules de Bombay (Oh).
PA-IL, cependant, présente une agglutination légèrement plus forte contre les globules
rouges du groupe B et les globules rouges Pk et P1 ce qui suggère une préférence
pour les épitopes aGal 40,41.

Des études cartographiques indiquent que PA-IL possède un site de liaison


disaccharidique avec une forte liaison aux glycanes actifs P1 et B, où Gala1-6 > Gala1-
4 (Pk et P1) > Gala1-3 (groupe B) 42.

PA-IL est également capable de reconnaître la þ-galactosidase terminale (þGal) sur


les précurseurs des chaînes de type 1 et de type 2 (Galþ1-3GlcNAc > Galþ1-
4GlcNAc), à moins qu'elle ne soit modifiée par un fucose terminal (H, Leb et LeY), un
aGalNAc ou de l'acide sialique 42.

La PA-IIL est considérée comme une lectine fucosée/mannosée. Dans les réseaux de
glycanes, la PA-IIL est capable de se lier aux glycoprotéines AB et Lewis, mais pas à
leurs précurseurs non fucosylés 43.
Conformément à ces résultats, la PA-IIL n'agglutine que faiblement les globules rouges
de Bombay (Oh), qui manquent d'ABH et d’antigène Leb 40.

Une petite étude taïwanaise rétrospective portant sur 23 enfants a révélé que le groupe
B était associé à la septicémie à Pseudomonas (62 % contre 24 % ; p < 0,0001 ; OR,
6,5) 44.
Certaines données suggèrent également un rôle de l'ABO dans l'otite externe ou
"oreille du nageur". Steuer et al. ont découvert qu’environ 60% des patients souffrant
45,46
d'otite externe diffuse étaient infectés par P. aeruginosa . Parmi ces patients, la
plupart appartenaient aux groupes sanguins A et AB (87% contre 13% pour le groupe
O ; p <0,001 ; n = 154), sans aucun cas d'infection à P. aeruginosa chez les patients
du groupe B.

20
Les cellules épithéliales du canal auditif externe expriment des antigènes ABH et sont
capables de se lier à P. aeruginosa par l'intermédiaire de ligands de type GalNAc. La
liaison de P. aeruginosa a été inhibée par les GalNAc solubles et l'antigène A, mais
pas par d'autres glycanes 45,47. La reconnaissance des épitopes A n'est pas compatible
avec les PA-IL et PA-IIL. Les souches de Pseudomonas associées aux otites peuvent
exprimer des lectines supplémentaires capables de reconnaître les épitopes de type
A.

Le rôle potentiel des types ABO et Lewis chez les patients atteints de mucoviscidose,
qui présentent des taux élevés de colonisation par P. aeruginosa et de pneumonie en
raison de leur capacité à éliminer le mucus, a suscité un intérêt considérable.
Chez la souris, le fucose et le mannose intrabronchique ont tous deux diminué la
toxicité pulmonaire et amélioré la survie après une pneumonie à P. aeruginosa 48.
Des données provenant d'études similaires chez des patients atteints de
mucoviscidose utilisant du galactose et/ou du fucose inhalé ont été encourageantes.
Les échantillons d'expectorations des patients traités ont montré une diminution
significative des taux de P. aeruginosa, de leucocytes et du facteur de nécrose
tumorale alpha (TNF-a) 49.

Étant donné l'importance des PA-IL et PA-IIL dans la pathogénicité de P. aeruginosa,


on a émis l'hypothèse que les groupes sanguins qui favorisent l'adhésion de P.
aeruginosa pourraient être des facteurs de susceptibilité de l'hôte 39.
Dans une première étude portant sur 17 patients, aucune corrélation avec le type ABO
50
ou un phénotype non sécrétant n'a été identifiée , bien que cette étude n'ait pas
permis de détecter une différence significative 39.
Plus récemment, une étude portant sur 808 patients atteints de mucoviscidose a
examiné les génotypes ABO, Se/FUT2 et Le/FUT3 ainsi que l'évolution de la maladie.
Il n'y avait aucune corrélation entre le groupe sanguin et la gravité de la mucoviscidose,
la fonction pulmonaire, les antécédents d'iléus méconial ou l'âge des patients pendant
la colonisation par P. aeruginosa 39.

Streptocoque du groupe A
Dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, on s'est beaucoup
intéressé à une éventuelle corrélation entre les types ABO, le statut sécréteur et le

21
rhumatisme articulaire aigu. Entre 1932 et 1968, 20 études sur les types ABO chez
51,52 53
des patients atteints de pharyngite , de scarlatine et de cardiopathie
rhumatismale ont été rapportés.

La plupart des études montrent une tendance entre les maladies à streptocoques et
un statut hors groupe O. Pour les patients souffrant de rhumatisme articulaire aigu ou
de troubles cardiaques, les personnes n'appartenant pas au groupe O présentaient un
risque légèrement accru, qui variait entre 1,02 et 1,55 51.

Lorsque les données de toutes les études sont combinées (16 études ; n = 203 454),
il n'y a pratiquement aucune différence dans les incidences de des phénotypes non O
entre les patients et les témoins (58% contre 55%).

Huit études ont également classé les patients en fonction de leur statut de sécréteur
en utilisant des tests HAI, qui ont montré un risque accru de maladie rhumatismale
51
chez les non-sécréteurs . Lorsque les données de ces études sont combinées, on
observe une légère augmentation de la prévalence du statut de non-sécréteur chez
les patients (28% contre 23% chez les témoins).
La protection relative constatée avec le groupe O et le type Se+ phe- a conduit à
l'hypothèse que la substance H était inhibitrice, possiblement en diminuant l'incidence
de la colonisation.

Haverkorn et Goslings ont tenté de résoudre ce problème par des cultures de


surveillance répétées dans trois populations : les enfants de moins de 5 ans, les
51
écoliers et les recrues militaires . Le taux de transport chez les individus ayant au
moins deux cultures de surveillance était de 13 à 15 %. En général, les taux de
transport ont tendance à être plus élevés chez les personnes de type non sécréteur,
en particulier les enfants de moins de 5 ans (30% contre 20%) et les recrues militaires
(27% contre 22%). Il n'y avait pas de corrélation significative entre le statut de
sécréteur et les titres d'antistreptolysine O (ASO) ou le développement de la
pharyngite, du rhumatisme articulaire aigu et de la néphrite post-streptococcique.
On a cependant constaté un taux plus élevé d'amygdalectomie chez les non-
sécréteurs (35 % contre 18 % ; P < 0,05).

22
Staphylococcus aureus

Le Staphylococcus aureus possède un ensemble d'adhésines dont la majorité


reconnaissent les molécules adhésives de la matrice extracellulaire et du sang 54.

De nombreuses souches de S. aureus responsables de la mammite bovine (23 à 73


%) sont capables d'hémagglutiner les globules rouges de mouton grâce à une protéine
de 145 kDa 75,76.

Des tests parallèles sur des globules rouges humains ont montré une agglutination
plus faible, bien que certains globules rouges de donneurs s'agglutinent aussi
fortement que les globules rouges de moutons 55.
De même, 7 à 13 % des souches de S. aureus responsables de bactériémies
humaines étaient capables d'agglutiner des globules rouges de mouton, avec des titres
allant de 1 à 128 56.

L'hémagglutination a été significativement améliorée lors de tests sur des globules


rouges traités par des neuraminidases et de la trypsine, ce qui suggère que le ligand
de l'hôte pourrait être une GSL 55.

Une étude a impliqué l'antigène LEa comme récepteur de certaines souches de S.


aureus.

Telford et al. ont montré un taux élevé d'infection par S. aureus chez les nourrissons
morts du syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) (41 % contre 28 %), ce qui
a conduit à la spéculation selon laquelle la colonisation toxinogène par S. aureus
pourrait être un facteur de risque de SMSN 57.
Les auteurs de cette étude ont émis l'hypothèse que les jeunes nourrissons pourraient
être particulièrement sensibles à la colonisation par certaines souches toxinogènes de
S. aureus en raison de retards de développement dans l'expression de Se/FUT2. Pour
étayer cette hypothèse, ces mêmes chercheurs ont examiné les sécrétions
respiratoires de patients décédés du SMSN afin de détecter l'antigène Lea.
58
L’antigène Lea a été détecté dans 71% des échantillons testés , ce qui est un taux
plus élevé que celui observé chez les adultes 59.

23
Une étude russe plus ancienne a indiqué que le groupe A était associé à un taux de
portage de S. aureus plus élevé 60.
Une étude allemande prospective plus récente a examiné le taux de portage de S.
aureus à la fois pharyngé et nasal chez 227 volontaires sains selon le statut ABO,
Lewis et Sécréteur 61. Les sujets de l'étude comprenaient 156 individus présentant un
portage nasal persistant de S. aureus et 77 porteurs pharyngés.

Une comparaison entre les porteurs et les non porteurs n'a révélé aucune corrélation
entre le groupe ABO et le statut de Sécréteur sur la base d'une analyse univariée.
Cependant, des tendances distinctes ont été observées lorsque les résultats ont été
analysés sur la base du statut Sécréteur dans une analyse multivariée.
Parmi les personnes du type non sécréteur, on a constaté un taux de colonisation
pharyngée croissant pour les individus du groupe O (60%, contre 40% pour les
individus non-O ; OR, 6,5 [intervalle de confiance à 95 % {CI}, 1,23 à 33,03] ; P = 0,02),
le taux le plus faible étant observé chez les individus du groupe A (3/16 ; 20%).
À l'inverse, le portage pharyngé était peu fréquent chez les sécréteurs (Se+), quel que
soit le type d'ABO (65 à 73% ; OR, 0,24 [95% IC, 0,07 à 0,77] ; P = 0,02).
Il n'y avait pas de corrélation entre les groupes sanguins et le portage nasal. Comme
l'ont indiqué les auteurs de cette étude, les kératinocytes nasaux sont d'origine
ectodermique et ne sont pas susceptibles d'exprimer ni FUT3 ni FUT2.

Yersinia pestis

Dans les années 1950 à 1960, on a beaucoup spéculé sur le fait que la variation des
fréquences ABO entre les populations humaines était une conséquence de la peste
62
épidémique . Plus précisément, on a émis l'hypothèse que le groupe O était un
facteur de susceptibilité de l'hôte, ce qui augmentait les chances d'infection par
Yersinia pestis. La preuve indirecte citée était l'incidence relativement faible du groupe
O dans les régions qui ont été épargnées par de graves épidémies de peste à l'époque
médiévale 63.

Ceci a été confirmé par certaines études anthropologiques, qui ont montré un
changement des fréquences ABO sur plusieurs siècles. Doughty ABO a typographié

24
les restes de 213 individus qui avaient résidé dans le Northamptonshire rural, en
Angleterre 63.
En 1349, cette région a été décimée par une grave épidémie de peste, qui a tué 37 %
de la population. Une comparaison entre les individus enterrés dans les années 1300
et ceux enterrés dans les années 1600 a montré une diminution significative de la
prévalence du groupe O (59% à 39% ; P = 0,01).

Il convient de noter que cet enquêteur a déduit le type ABO en utilisant un test HAI
modifié. Au lieu d’utiliser de la salive pour inhiber l'hémagglutination, cet enquêteur a
utilisé une bouillie d'os broyés préparée à partir de crânes exhumés, en utilisant des
échantillons de saleté environnante comme témoin négatif.
Enfin, il a été rapporté que Y. pestis a réagi avec des réactifs de typage du groupe O
64
.
Un lien possible entre Y. pestis et ABO a été réfuté par Springer et d'autres, sur la
base de plusieurs sources de preuves 62,64. Premièrement, la plupart des souches de
Y. pestis testées (8/9) ne présentaient que peu ou pas de preuves d'épitopes actifs
ABH. Deuxièmement, les souches circulant à l'époque moderne peuvent ne pas être
immunologiquement équivalentes aux anciennes souches de peste. Troisièmement,
l'antigène H est présent, dans une certaine mesure, dans tous les types ABO, à
l'exception des rares phénotypes de Bombay et para-Bombay. Les anticorps Anti-H,
s'ils sont présents, sont des auto-anticorps à faible titre, froids et peu ou pas réactifs à
37°C 65,66.

Une étude a comparé les types ABO et Lewis chez des patients souffrant d'arthrite
réactive suite à une infection à Yersinia 67. Bien qu'il y ait eu une légère augmentation
de la prévalence des non-sécréteurs chez les patients atteints d'arthrite réactive, elle
n'a pas atteint la signification clinique.

Norovirus

Le norovirus semble être un autre agent pathogène dépendant de la souche, mais les
individus du groupe sanguin B ont un risque moindre d'infection et de maladie
symptomatique, et les individus du groupe O ont un risque beaucoup plus élevé
d'infection. 26

25
Le norovirus se lie aux antigènes Lewis difucosylés (sécréteurs) et aux antigènes A et
H, mais pas aux antigènes B, alors que les non-sécréteurs semblent être résistants à
l'infection symptomatique avec la plupart des souches. 28

Dans 3 foyers en Suède, 29 % des non-sécréteurs étaient asymptomatiques, tandis


que parmi ceux qui présentaient des symptômes, aucun n'était non-sécréteur (se/se)
; 51 % étaient hétérozygotes (Se/se) et 49 % étaient homozygotes (Se/Se). 28

Toutefois, des recherches récentes ont montré que les non-sécréteurs ne sont pas
immunisés contre l'infection. En effet, le génogroupe et le génotype des souches de
norovirus ont des capacités de liaison différentes en raison de différences structurelles
importantes dans certains domaines de la protéine de capside, qui sont essentielles
pour la fixation aux cellules hôtes et déterminent si la liaison peut se produire chez les
non-sécréteurs. 68
Bien que le statut de non-sécréteur fournit une résistance à l'infection par les norovirus,
on pense qu'elle augmente la sensibilité à la maladie de Crohn et à la gastrite auto-
immune, ce qui augmente le risque de malabsorption, de carence en vitamine B12 et
le risque d'anémie pernicieuse. 69

Rotavirus

Le rotavirus est un virus à ARN double brin non enveloppé et une cause majeure de
diarrhée infectieuse aiguë. Les très jeunes enfants sont les plus exposés au risque
d'infection, 75 % des enfants présentant des signes d'immunité humorale avant l'âge
70
de 5 ou 6 ans . L'infection se propage par la voie fécale-orale, avec une période
d'incubation de 48 heures, suivie de vomissements et de diarrhées soudains. La
diarrhée peut durer jusqu'à une semaine, avec un risque élevé de déshydratation et
d'anomalies électrolytiques. Les maladies extra-intestinales et leurs complications
comprennent l'invagination, l'hépatite légère, la méningite, l'encéphalopathie et
l'encéphalite.

Le rotavirus est très polymorphe, avec 35 génotypes connus de P (protéase-sensitive)


71
qui présentent une infectiosité spécifique à l'espèce . Trois génotypes P (P4, P8 et

26
P6) sont responsables de la grande majorité des infections humaines (71 %) 72. P4 et
P8 sont les deux génotypes les plus courants et lient le Leb et le type 1 H.

P6 est moins fréquent et est spécifique du type 1H (270). Les infections humaines
peuvent également se produire avec les souches P9, P14 et P25, qui reconnaissent
le groupe sanguin A 72.

Peu d'études ont été publiées sur l'impact des groupes sanguins de l'hôte sur l'infection
par le rotavirus. Dans les lignées cellulaires immortalisées, il existe une corrélation
claire entre l'expression ABO, le génotype P et l'infectiosité 73.

De même, la réplication du rotavirus est inhibée par le lait humain et les mucines du
jéjunum, qui sont riches en épitopes ABH 74,75.
Une étude longitudinale prospective portant sur 254 nouveau-nés n'a toutefois pas
permis de mettre en évidence de corrélation entre l'infection à rotavirus et les
phénotypes de Lewis 76.

Il est prouvé que les différences entre les groupes sanguins de la population ont exercé
une pression évolutive sur la distribution des génotypes viraux. Cela pourrait expliquer
la fréquence des souches P6 (spécifiques du type 1 H) en Afrique, qui présente une
77,78
incidence élevée d'individus du groupe O Le(a-b-) . En Afrique de l'Ouest, le P6
peut représenter 20 à 36% de toutes les infections pédiatriques, avec des preuves de
77
recombinaisons entre les souches bovines et humaines . En Europe, où l'incidence
du groupe A est plus élevée, des cas d'infection humaine par le P14 ont été signalés
chez des individus du groupe A 73,75.

SARS et ABO

Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) est causé par le coronavirus du SARS
(SARS-CoV), un virus à ARN. La première vague de SRAS de l'hiver 2002-2003 a
infecté plus de 8 000 personnes dans le monde, avec un taux de mortalité de 10% 79.
Comme les autres coronavirus humains, le SARS-CoV infecte l'épithélium des
muqueuses, provoquant une maladie respiratoire aiguë souvent accompagnée d'une
gastro-entérite.

27
Lors d'une épidémie à Hong Kong, il y a eu une association apparente entre la
80
transmission de la maladie et le type ABO . Une étude épidémiologique portant sur
des travailleurs hospitaliers ayant contracté le SRAS après avoir été exposés à un seul
patient de référence, a montré que la plupart des personnes infectées étaient des
personnes n'appartenant pas au groupe O (groupes A, B et AB). Les personnes du
groupe O étaient relativement résistantes à l'infection, avec un OR de 0,18 (IC à 95 %,
0,04 à 0,81 ; P = 0,03).

Comme le VIH, le coronavirus est un virus enveloppé qui cible l'hôte via une
glycoprotéine d'adhésion virale. La protéine spike (S) du SARS-CoV-1 est une
glycoprotéine de 210 à 230 kDa avec 23 sites potentiels de N-glycosylation 79.

L'analyse des glycanes montre une large gamme de structures, y compris des N-
glycanes complexes avec 2 à 4 antennes capables de supporter des épitopes ABH 79.
Comme le virus cible les muqueuses respiratoires et gastro-intestinales, il est très
probable que la plupart des isolats humains expriment des antigènes ABH sur la
protéine S et les GSL de l'enveloppe de l'hôte.
Comme la protéine Env, la protéine S exprimant l'antigène A peut être bloquée par
l'anti-A monoclonal et l'anti-A humain 79.
Sur la base d'études épidémiologiques et in vitro, Guillon et al. ont émis l'hypothèse
que les individus du groupe O sont plus résistants au SARS-CoV-1 en raison des
anticorps ABO et pourraient réduire le taux d'infection dans toute la population 79.

Le degré de protection, cependant, peut être influencé par le titre d'anticorps ABO, le
statut de sécréteur et l'incidence du groupe O dans la population. Des études sur l'anti-
A humain ont montré un blocage efficace uniquement avec l'anti-A de titre supérieur
(1/256) ; l'anti-A de titre inférieur était inefficace 79.

Cette dernière conclusion a des implications pour les individus des pays industrialisés,
81
qui ont tendance à avoir des titres ABO faibles . Un phénotype non sécréteur
annulerait également la neutralisation virale, puisque le virus transmis par un non
sécréteur n'a pas d'expression ABH.

28
Influenza et Parainfluenza Virus

Le virus de la grippe est un orthomyxovirus à ARN simple brin enveloppé 82. La grippe
est une infection des voies respiratoires supérieures très contagieuse qui provoque de
la fièvre, des maux de gorge, de la toux, des myalgies, des maux de tête et de la
fatigue. Les infections graves peuvent être compliquées par une pneumonie virale
primaire ou bactérienne secondaire, une myocardite, une encéphalite, le syndrome de
Reye et le syndrome de Guillain-Barré.

Les souches du virus de la grippe A sont responsables de la plupart des pandémies,


notamment la grippe espagnole de 1918 et l'épidémie de H5N1 de 2009. Des études
épidémiologiques portant sur de grandes épidémies ont montré que les infections
graves se propagent souvent au sein des familles 83. Bien que cela puisse être attribué
à des conditions sociales et environnementales communes, l'apparition de cas chez
des membres de la famille séparés par le temps et l'espace laisse entrevoir des
facteurs génétiques héréditaires 83,84.

Suite à la pandémie de 2009, l'Organisation Mondiale de la Santé a parrainé une revue


systématique de la littérature afin d'identifier les facteurs d'accueil potentiels de la
grippe, y compris le phénotype ABO 83. Treize études sur l'impact de l'hôte ABO et de
l'infection grippale ont été publiées entre 1962 et 1977. Nombre de ces études étaient
axées sur le rôle protecteur possible des anticorps ABO. Quasiment toutes les études
étaient observationnelles, impliquant différentes souches de virus de la grippe et des
critères diagnostiques pour l'infection (cliniques ou sérologiques).

En outre, le typage ABO a souvent été déduit en utilisant des échantillons de sérum
85
stockés . Comme l'ont noté Horby et ses collaborateurs, « les données sont
cohérentes », différentes études faisant état d'un risque accru d'infection grippale avec
les groupes sanguins O, A et B 83. Parmi les facteurs de confusion significatifs, on peut
citer les expositions successives à des souches de virus de la grippe identiques ou
similaires, avec développement d'une immunité humorale, qui pourrait masquer
85
l'impact des facteurs génétiques de l'hôte . Une seule étude plus ancienne a révélé
un risque accru de maladie virale respiratoire, en général, chez les personnes atteintes

29
86
de Se+ . L'incidence de Le(b+) chez les patients atteints d'une infection par le virus
de la grippe A ou B était de 86%, contre une incidence de 72% chez les témoins.

Anticorps naturels protecteurs

Les anticorps naturels humains dirigés contre les antigènes glucidiques des
mammifères sont des éléments participant à la protection contre les infections.

Ces anticorps humains dirigés contre les antigènes glucidiques de mammifères (MCA)
sont des anticorps naturels produits en continu contre les antigènes glucidiques
bactériens, et se liant aux antigènes glucidiques chez les mammifères autres que les
humains.

Trois des anticorps anti-MCA importants sont les anticorps anti-Gal, anti-Neu5Gc et
anti-Forssman se liant respectivement aux ligands épitope α-gal, Neu5Gc et
Forssman-antigène87.

Les glycanes des virus enveloppés produits dans des cellules de mammifères non
humains étant synthétisés par la machinerie de glycosylation de l'hôte, ces virus
présentent sur leur enveloppe au moins un de ces MCA.

L'épitope α-gal

Cet épitope est synthétisé chez les mammifères non primates, les lémuriens et les
singes du Nouveau Monde. En conséquence, les virus à enveloppe zoonotique
produits chez ces mammifères présentent de multiples épitopes α-gal sur leurs
glycanes88.
Cet épitope est absent chez les singes et les humains de l'Ancien Monde, qui
produisent tous des anticorps anti-Gal en grandes quantités.
La liaison d’anticorps anti-Gal dans le sérum humain à des épitopes α-gal sur des
virus, induit une destruction et une neutralisation des virus par l'intermédiaire du
complément88.

30
Du fait de l’activité virolytique de l’anti-Gal, il est suggéré que ces anticorps jouent un
rôle protecteur contre les virus zoonotiques produits chez les mammifères capables
de synthétiser les épitopes α-gal88.

Neu5Ac et Neu5Gc

Ces épitopes sont synthétisés chez les singes, ainsi que chez de nombreux
mammifères non primates. L'absence de Neu5Gc chez l'homme implique que le gène
codant l'enzyme CMAH hydroxylant Neu5Ac en Neu5Gc, a été accidentellement
inactivé chez les hominines après la séparation des ancêtres du chimpanzé89.

La production observée d'anticorps anti-Neu5c naturels chez l'homme suggère que,


tout comme l'activité protectrice de l'anti-Gal, l'anti-Neu5Gc pourrait protéger contre
les virus zoonotiques présentant Neu5Gc.

L'absence de Neu5Gc chez divers mammifères (par exemple le furet, cachalot,


phoque et singes du Nouveau-Monde) suggère en outre que la perte accidentelle de
Neu5Gc et la production consécutive de l'anticorps naturel anti-Neu5Gc, ont induit un
processus de sélection qui a contribué à la prévention de l'extinction d'un certain
nombre d'espèces de mammifères.

L'anticorps anti-Forssman

Cet anticorps est produit chez l'homme contre un glycolipide qui est synthétisé dans
une variété d'espèces de mammifères de différentes lignées et chez des vertébrés non
mammifères. La détection de cet antigène sur l'enveloppe de virus naissant à partir de
cellules hôtes synthétisant cet antigène, suggère que l'anticorps anti-Forssman peut
contribuer à la protection contre les virus zoonotiques90.

Des mutations accidentelles qui ont conduit à l'élimination de l'antigène Forssman


chez quelques descendants d'espèces synthétisant cet antigène et la production
consécutive de l'anticorps anti-Forssman naturel, pourraient entraîner la survie de ces
descendants dans des épidémies virales.

31
Ces mutations accidentelles conduisent également à la conversion évolutive d'une
espèce de Forssman positive à Forssman négatif, phénomène analogue à la
conversion des primates ancestraux de l'Ancien Monde du phénotype α-gal positif au
phénotype α-gal négatif, et des hominines ancestraux du phénotype Neu5Gc positif
au phénotype Neu5Gc négatif.

Le scénario d'inactivation accidentelle d'un gène de glycosyltransférase, de perte de


l'antigène glucidique correspondant et de la production ultérieure d'un anticorps naturel
contre l'antigène glucidique perdu, est démontré dans l'exemple actuel d'individus de
Phénotype Bombay qui représentent <0,001% des humains. Ces individus n'ont pas
la capacité de synthétiser l'antigène H.

En raison de mutations accidentelles inactivant le gène H-transférase FUT1,


entraînant la production d’anticorps anti-H naturel contre l'antigène H perdu, on
suppose que l'anticorps anti-H naturel, en plus des anticorps anti-groupes sanguins A
et B produits chez les individus du groupe sanguin Bombay, pourrait les protéger
contre de futures épidémies virales mortelles. En effet, tout virus enveloppé produit
chez la plupart des humains (non- Bombay) portera au moins un des antigènes ABH.

En conclusion, les anticorps anti-MCA peuvent jouer un rôle protecteur important


contre de futures infections par des virus zoonotiques présentant des épitopes a-gal,
Neu5Gc ou Forssman-antigène.

32
III. Étude analytique observationnelle entre phénotype ABO
et SARS-COV2.

1. Objectif de l’étude

L’objectif de cette étude est de tester l’hypothèse selon laquelle les niveaux naturels
d’anticorps anti-A pourraient être plus faible chez les patients ayant contracté la Covid-
19 par rapport aux sujets témoins.

Cette différence de titre d’anticorps pourrait être un facteur explicatif de la différence


d’infection constatée en fonction des groupes sanguins ABO.

Critère principal : Observation des titres d’anticorps anti-A plus élevés chez les sujets
sains par rapport aux sujets malades et/ou convalescent.

Critère secondaire : Observation d’une répartition des phénotypes ABO différents


entre les sujets sains et malades et/ou convalescent.

2. Caractéristiques des cohortes

Cette étude a été menée en deux temps en étudiant les caractéristiques de deux
cohortes différentes.

Première cohorte : patient « malade »

La première cohorte a été étudiée durant la première vague épidémique en France


entre janvier 2020 et juin 2020 à l’EFS Marseille Baille.
Cette cohorte contenait initialement des patients symptomatiques suspects d’être
atteints de la Covid-19 et pour lesquels une demande d’examen immuno-
hématologique a été faite dans la région PACA.

33
Pour rappel du contexte, les tests RT-PCR SARS-CoV-2 n’étaient pas disponibles
pour l’hôpital à ce moment de l’épidémie.

Nous avons ensuite sélectionné uniquement les patients provenant des services
d’urgences et de réanimation.

Le phénotype ABO de chaque patient a été déterminé avec nos analyses de routine
ou a été collecté depuis la base de données de l’établissement français du sang.

Les caractéristiques de cette cohorte sont résumées dans la table 2.

Table 2. Caractéristiques de la cohorte « malade »

Variable Effectif (N)


Sexe
Homme 73
Femme 60
Années
Age
Moyenne 64,2
Médiane 67,5

Nous retrouvons pour cette cohorte un rapport homme/femme proche de 1:1, ainsi
qu’une moyenne d’âge aux alentours de 64 ans.
Ces caractéristiques sont cohérentes avec les données de la littérature.

En résumé : cette cohorte représente une cohorte de patients « malades » au moment


de l’analyse des titres d’anticorps du système ABO.

34
Deuxième cohorte : patients « convalescents »

Une deuxième cohorte provenant de donneurs de sang volontaires de la région PACA


a été sélectionnée à partir des résultats de sérologie IgG SARS-CoV-2. (Cf. Matériel
et méthode).

Les patients qui ont une sérologie IgG positifs et convalescents ont été considéré
comme des patients ayant contractés le SARS-CoV-2.

Nous avons retenu uniquement les patients présentant un titre supérieur ou égal à 40
pour établir la cohorte « convalescent ».

Les caractéristiques de cette cohorte sont résumées dans la table 3.

Table 3. Caractéristiques de la cohorte « Convalescente »

Variable Effectif (N)


Sexe
Homme 150
Femme 58
Années
Age
Moyenne 38,6
Médiane 35,5

On observe pour cette cohorte de patients « convalescents » un rapport


homme/femme aux alentours de 3 : 1 et une moyenne d’âge de cette population de 39
ans.

En résumé : Une deuxième cohorte de patients « à distance » de la maladie dite


« convalescente »

35
Troisième cohorte : Groupe Témoin

Un groupe contrôle (n=404) a été constitué à partir de donneurs de sang volontaires


pour lesquels la sérologie SARS-CoV-2 est négative ainsi qu’une absence de
symptômes (recueil à partir d’un questionnaire).

Les caractéristiques du groupe témoin sont résumées dans la table 4.

Table 4. Caractéristiques de la cohorte « Témoin »

Variable Effectif (N)


Sexe
Homme 193
Femme 211
Années
Age
Moyenne 42
Médiane 43

On observe pour cette cohorte « témoin » un rapport homme/femme aux alentours de


1 : 1 et une moyenne d’âge de cette population de 42 ans.

3. Matériel et méthode

Réalisation du typage ABO

Les typages ABO sont réalisés sur automate QwalysEVO (Diagast, Lille, France) selon
les recommandations fournisseurs.

36
Le titrage des anticorps anti-A et anti-B en IgM ou IgG

Il s’agit de la combinaison de 2 titrages d’anticorps (anti-A et/ou anti-B) réalisés


manuellement à partir de dilutions géométriques de raison 2 en :
• Technique d’agglutination directe sur support filtration neutre qui représente le
reflet des anticorps naturels (IgM)
• Technique TIA sur support filtration AGH spécifique anti-IgG qui représente le
reflet des anticorps immuns ou stimulés (IgG)

Technique d’agglutination directe sur support filtration neutre (Ortho)

Son principe repose sur l’agglutination en support filtration neutre contenant des
microbilles de verre et un réactif (solution tampon avec de l’albumine bovine, des
potentialisateurs macromoléculaires, de l’azide de sodium à 0,1 % et de l’EDTA à 0,01
M). Toutes les étapes techniques sont manuelles.

Des dilutions géométriques de raison 2 en solution saline à 0,9% sont préparées à


partir du plasma ou sérum du sujet à tester (un volume minimal de 500μL est
nécessaire). Chaque dilution est mise en contact dans la colonne avec les hématies
tests porteuses de l’antigène correspondant à l’anticorps à titrer 15 min à 20°C. Après
centrifugation de la cassette, les hématies agglutinées sont retenues par les
microbilles de verre et les hématies non agglutinées sédimentent au fond de la
colonne.
Le titre de l’anticorps est l’inverse de la dernière dilution donnant une réaction
d’agglutination 1+ visible à l’œil nu.

37
Figure 2 : Exemple d’agglutination directe sur support filtration neutre (Ortho)

Technique TIA sur support filtration AGH spécifique anti-IgG

Le principe de cette méthode repose sur le test indirect à l’antiglobuline anti-IgG en


support filtration. Toutes les étapes techniques sont manuelles.
Des dilutions géométriques de raison 2 en solution saline à 0,9% sont préparées à
partir du plasma ou sérum du sujet à tester (un volume minimal de 500μL est
nécessaire).

Chaque dilution est incubée en présence de solution de basse force ionique 15 min à
37°C avec les hématies tests porteuses de l’antigène correspondant à l’anticorps à
titrer. L’antiglobuline anti-IgG est présente dans le support filtration. Le titre de
l’anticorps est l’inverse de la dernière dilution donnant une réaction d’agglutination 1+
visible à l’œil nu.

38
Figure 3 : Exemple de technique TIA sur support filtration AGH spécifique anti-
IgG

Réactifs utilisés pour l’étude

• Support filtration BIORAD® (référence 50540): les cartes ID Coombs Anti-IgG dont
6 microtubes contenant de l’antiglobuline anti-IgG (de lapin) incluse dans le gel
• Support filtration Neutre Ortho Biovue® (référence 707680) : les cartes sont
composées de 6 colonnes contenant de l’albumine bovine, des potentialisateurs
macromoléculaires, de l’azide de sodium à 0,1 % (m/v) et de l’acide étyhlène-
diamine-tétra-acétique à 0,01M (EDTA) comme conservateurs.
• Hématies A1, B et à 5% en solution de conservation (référence HSR03/HSR04-)
• Solution NaCl à 0,9%-Solution basse force ionique Liss Diagast®

39
L’un des objectifs de l’étude est de comparer le taux des anticorps anti-A et anti-B
entre des populations atteintes du SARS-CoV-2 et une population saine.

Ces populations ont donc été classées en plusieurs groupes en fonction du taux
d’anticorps retrouvés selon la règle suivante :
• Faible taux : Si le titrage est < 16 (IgM et IgG)
• Taux moyen : Si l’un des titres (IgM ou IgG) est >16 et <64
• Taux élevé : Si l’un des titres (IgM ou IgG) est >64
• Taux très élevé : Si les deux titres (IgM et IgG) sont > 64

Ces différents groupes ont été conçus à partir des données d’un consensus
international91 sur les valeurs de titre d’anticorps considérées comme critiques :
• >1/64 pour les IgM
• >1/256 pour les IgG

Détection des IgG anti-SARS-CoV-2

La détection ELISA des IgG spécifiques du SARS-CoV-2 a été réalisée à l'aide du test
ELISA SARS-CoV-2 IgG (Euroimmun, Lubeck, Allemagne) ciblant la sous-unité S1 de
la protéine S (spike) qui inclut le domaine RBD. Les tests sérologiques ont été réalisés
conformément aux instructions du fabricant. Pour chaque échantillon, nous avons
calculé le rapport DO (densité optique) de l’échantillon/DO cut-off. Un résultat était
considéré comme positif si le rapport échantillon était ≥ 1,1.

Titrage des anticorps neutralisants anti-SARS-CoV-2

Tous les échantillons réactifs dont les résultats ELISA étaient positifs ou indéterminés,
ont été testés à l'aide d'un test de neutralisation virale (TNV), comme décrit
précédemment pour le titrage des anticorps neutralisants anti-SARS-CoV-2. Tous les
échantillons ont été testés en double pour toutes les dilutions (1:10 à 1:160) et
considérés comme positifs pour un titre supérieur à 40.

40
4. Statistiques

Comparaison de la répartition des phénotypes ABO entre les populations

• Observationnelle : différence observée dans le pourcentage de répartition des


groupes sanguins entre une cohorte de patient (cohorte « malade » ou
« convalescent ») et le groupe contrôle.

• Statistique : au moyen d’un test Chi² entre une cohorte de patient (cohorte
« malade » ou « convalescent ») et le groupe contrôle.

Comparaison de la répartition des titres d’anticorps du système ABO entre les


populations

La différence de niveau d’anticorps ABO anti-A et/ou anti-B a été comparée entre une
cohorte de patients (groupe « malade » ou groupe « convalescent) et le groupe
contrôle au moyen d’un test Chi².

5. Résultats

Répartition du phénotype ABO au sein des différentes cohortes

Répartition ABO pour la cohorte « malade » (table 5 et 6)

Table 5. Analyse observationnelle de la répartition des phénotypes ABO de la cohorte « malade » et


de la cohorte « Témoin »
Cohorte « malade » Cohorte « témoin »
Groupe ABO N % N % Différence (%)
A 61 45,86 167 41,33 4,52
AB 3 2,25 14 3,46 - 1,2
B 19 14,28 50 12,37 1,9
O 50 37,59 173 42,82 - 5,22
Total 133 100 404 100

41
Deux tendances principales se dégagent de l’analyse observationnelle :

• Plus de patients de phénotype A au sein de la cohorte malade : 4,5% en plus


• Moins de patients de phénotype O au sein de la cohorte malade = 5% en moins

Table 6. Analyse statistique de la répartition des phénotypes ABO de la cohorte « malade »


et de la cohorte « témoin »

Groupe A Non-A p-value < 0,05 = *

Malade 61 72
0,359
Témoin 167 237

Groupe B Non-B p-value < 0,05 = *


Malade 19 114
0,57
Témoin 50 354
Groupe O Non-O p-value < 0,05 = *
Malade 50 83
0,29
Témoin 173 231
Groupe
Non-AB
AB
Malade 3 130
NR
Témoin 14 390

NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif. Certaines cases des effectifs attendus sont
inférieures à 5. Les conditions de validité du Chi2 ne sont pas remplies.

42
Répartition ABO pour la cohorte « convalescente » (table 7 et 8)

Table 7. Analyse observationnelle de la répartition des phénotypes ABO de la cohorte


« convalescent » et de la cohorte « témoin »
Cohorte « convalescent » Cohorte « témoin »
Groupe ABO N % N % Différence (%)
A 106 50,9 167 41,3 9,6
AB 11 5,3 14 3,5 1,8
B 12 5,8 50 12,4 -6,6
O 79 38 173 42,8 -4,8
Total 208 100 404 100

Trois tendances principales se dégagent de l’analyse observationnelle :

• Plus de patients de phénotype A au sein de la cohorte convalescente : 9,6% en


plus
• Moins de patients de phénotype O au sein de la cohorte malade = 5% en moins
• Moins de patients de phénotype B au sein de la cohorte malade = 6,6% en
moins

A l’exception du phénotype B, ces tendances sont les mêmes que celles observées
lors de l’analyse observationnelle pour la cohorte « malade ».

43
Table 8. Analyse statistique de la répartition des phénotypes ABO de la cohorte
« convalescent » et de la cohorte « témoin »

Groupe A Non-A p-value < 0,05 = *

Convalescent 106 102


0,02 *
Témoin 167 237

Groupe B Non-B p-value < 0,05 = *


Convalescent 12 196
0,01 *
Témoin 50 354
Groupe O Non-O p-value < 0,05 = *
Convalescent 79 129
0,24
Témoin 173 231
Groupe
Non-AB
AB
Convalescent 11 197
NR
Témoin 14 390

NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif. Certaines cases des effectifs attendus sont
inférieures à 5. Les conditions de validité du Chi2 ne sont pas remplies.

Le test du Chi2 tend à montrer l’existence d’un lien statistique entre « être de
phénotype A ou B » et « avoir le statut de convalescent ».

Cependant aucun lien statistique n’a pu être trouvé concernant le phénotype O et le


statut de « convalescent ».

Résultats de la répartition des titres d’anticorps du système ABO en fonction de


la cohorte

Cohorte « malade » - Résultats selon le critère : « titre très élevé ou non » (table 9, 10)

44
Table 9. Comparaison statistique de la répartition des anticorps anti-A entre la
cohorte « malade » et la cohorte « témoin », selon le critère : titre « très élevé »
ou non « très élevé »
Effectif
Cohorte Effectif titre titre non
Chi2 p-value < 0,05 = *
« très élevé » « très
élevé »
Malade 0 19
Groupe B NR NR
Témoin 5 45
Malade 12 38
Groupe O 4,23 0,03 *
Témoin 69 104
Groupe Malade 12 57
6,32 0,01 *
O+B Témoin 74 149
NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif Les conditions de validité du
Chi2 ne sont pas remplies. Échantillon trop faible.

Table 10. Comparaison statistique de la répartition des anticorps anti-B entre


la cohorte « malade » et la cohorte « témoin », selon le critère : titre « très
élevé » ou non « très élevé »
Effectif
Cohorte Effectif titre titre non
Chi2 p-value < 0,05 = *
« très élevé » « très
élevé »
Malade 2 59
Groupe A NR NR
Témoin 5 169
Malade 9 41
Groupe O 2,36 0,12
Témoin 50 123
NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif. Les conditions de validité du
Chi2 ne sont pas remplies. Échantillon trop faible.

45
Cohorte « malade » - Résultats selon le critère : « titre élevé ou non » (table 11, 12)

Table 11. Comparaison statistique de la répartition des anticorps anti-A entre la


cohorte « malade » et la cohorte « témoin », selon le critère : titre élevé ou non
élevé
Effectif titre
Cohorte Effectif titre < 0,05 =
non Chi2 p-value
« élevé » *
« élevé »
Malade 1 18
Groupe B NR NR
Témoin 7 43
Malade 23 27
Groupe O 4,64 0,03 *
Témoin 109 64
Groupe Malade 24 45
6,27 0,01 *
O+B Témoin 116 107
NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif.

Table 12. Comparaison statistique de la répartition des anticorps anti-B entre la


cohorte « malade » et la cohorte « témoin », selon le critère : titre élevé ou non
élevé

Effectif
Cohorte Effectif titre
titre « non Chi2 p-value < 0,05 = *
« élevé »
élevé »

Malade 8 53
Groupe A NR NR
Témoin 7 160
Malade 21 29
Groupe O 0,45 0,50
Témoin 82 91

NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif.

46
• Description des résultats :

- Existence d’un lien statistique pour les patients de groupe O entre le statut
« malade » et « avoir des anticorps anti-A de titre élevé ou très élevé »
- Pour le groupe O : les résultats sont en faveur de taux d’anticorps anti-A élevés
plus faible chez les individus malades que chez les individus sains.
- Population étudiée trop faible pour le groupe A ne permettant pas d’interpréter les
résultats du test Chi2
- Absence de lien retrouvé pour les autres groupes sanguins.

Cohorte « convalescent » - Résultats selon le critère : « titre très élevé ou non » (table
13, 14)

Table 13. Comparaison statistique de la répartition des anticorps anti-A entre la cohorte
« convalescent » et la cohorte « témoin », selon le critère : titre « très élevé » ou non
« très élevé »

Effectif titre <


Cohorte Effectif titre
non « très Chi2 p-value 0,05
« très élevé »
élevé » =*

Convalescent 1 11
Groupe B NR NR
Témoin 5 45
Convalescent 41 28
Groupe O 7,29 <0,01 *
Témoin 69 104
Convalescent 42 39
Groupe O+B 8,77 <0,01 *
Témoin 74 149
NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif.

47
Table 14. Comparaison statistique de la répartition des anticorps anti-B entre la
cohorte « convalescent » et la cohorte « témoin », selon le critère : titre « très élevé »
ou non « très élevé »
Effectif
Effectif titre
Cohorte titre non < 0,05 =
« très Chi2 p-value
« très *
élevé »
élevé »
Convalescent 2 88
Groupe A NR NR
Témoin 5 162
Convalescent 34 35
Groupe O 9,03 <0,01 *
Témoin 50 123

Cohorte « convalescent » - Résultats selon le critère : « titre élevé ou non » (table 15,
16)

Table 15. Comparaison statistique de la répartition des anticorps anti-A entre la


cohorte « convalescent » et la cohorte « témoin », selon le critère : titre élevé ou
non élevé
Effectif <
Cohorte Effectif titre
titre non Chi2 p-value 0,05
« élevé »
« élevé » =*
Convalescent 3 9
Groupe B NR NR
Témoin 7 43
Convalescent 48 21
Groupe O 0,93 0,33
Témoin 109 64
Groupe Convalescent 51 30
2,85 0,09
O+B Témoin 116 107
NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif.

48
Table 16. Comparaison statistique de la répartition des anticorps anti-B entre la
cohorte « convalescent » et la cohorte « témoin », selon le critère : titre élevé ou non
élevé
Effectif
Cohorte Effectif titre < 0,05 =
titre non Chi2 p-value
« élevé » *
« élevé »
Convalescent 2 88
Groupe A NR NR
Témoin 7 160
Convalescent 41 28
Groupe O 2,85 0,09 *
Témoin 82 91
NR : Non réalisable en raison de la taille de l’effectif.

• Description des résultats :

- Existence d’un lien statistique pour les patients de groupe O entre le statut
« convalescent » et « avoir des anticorps anti-A de titre élevé ou très élevé ».
- Pour le groupe O : les résultats sont en faveur de titres d’anticorps anti-A « élevé »
plus élevés chez les individus « convalescent » que chez les individus sains. Ce
qui est donc « l’inverse » de ce qui est observé pour la cohorte de patients malades.
- Population étudiée trop faible pour le groupe A ne permettant pas d’interpréter les
résultats du test Chi2.
- Absence de lien retrouvé pour les autres groupes sanguins.

Biais de l’étude

Cette étude analytique observationnelle présente certaines limites, la première étant


le biais de recrutement de la population malade. En effet la cohorte « malade » a été
sélectionnée sur suspicion de la maladie et non sur un test de diagnostic de type RT-
PCR. Pour autant, afin de limiter la possibilité de recruter des patients non infectés par
le SARS-CoV-2, nous n’avons sélectionné que les patients provenant de réanimation
et des urgences.

49
La deuxième limite est l’effectif du recrutement. La population recrutée pour les
cohortes de patients (« malade » et « convalescent ») est trop faible pour certains
phénotype ABO, ne permettant pas l’interprétation de certains résultats statistiques
pour l’ensemble des phénotypes ABO. Cette limite est rencontrée aussi bien dans
l’analyse comparative de la répartition des phénotypes ABO que dans l’analyse
comparative des titres d’anticorps anti-ABO. Il serait intéressant de reproduire l’étude
à plus grande échelle afin de rechercher si des différences existent également chez
les phénotypes non analysables.

Nous identifions une troisième limite liée à la moyenne d’âge de nos cohortes. En effet,
la moyenne d’âge de la cohorte « malade » est différente de la moyenne d’âge
observée pour la population « convalescent » et la population « témoin ».
On observe un âge moyen aux alentours de 39 ans pour les cohortes « convalescent »
et « témoin » tandis que l’âge moyen de la cohorte « malade » est de 64 ans.
La cohorte « malade » est donc composée de patients bien plus âgés que les deux
autres cohortes.

Ainsi, la différence d’âge moyen entre la cohorte « malade » et « témoin » pourrait


constituer un biais, et expliquer la différence de titre d’anticorps anti-A observée chez
les patients de phénotype O. On pourrait donc s’attendre à observer ce même
phénomène sur d’autres phénotypes, et pas uniquement sur le taux d’anti-A chez les
patients de phénotype O. Cependant ce phénomène n’est pas constaté dans nos
résultats.

De plus une étude similaire à la nôtre a éliminé ce risque de biais lié à l’âge92 en
comparant les taux d’iso-hémagglutinine. Ces taux pouvant varier en fonction de l'âge
et du sexe, ils ont ajusté les groupes de patients malades et témoins en appliquant
une correspondance par score de propension. Ainsi, ils ont constaté que les patients
du groupe malade avaient un taux d’iso-hémagglutinine IgM anti-A et/ou B
significativement plus faible que les témoins, ce qui suggère que l’âge ne constitue
pas un biais analytique.

Enfin, nous observons également une différence au niveau du rapport homme/femme


des différentes cohortes. On retrouve un rapport d’environ 3:1 (convalescent) contre

50
environ 1:1 (malade et témoin). Cependant le sexe n’est pas connu pour influencer les
titres d’anticorps naturel anti-ABO, ni la répartition des groupes sanguins. Ainsi cette
différence dans la répartition homme/femme ne constitue pas un biais analytique pour
cette étude.

6. Discussion

Concernant l’analyse de la répartition des phénotypes ABO, nous avons identifié des
associations entre les groupes sanguins et l’infection par le SARS-CoV-2.

L’observation analytique des cohortes de patients (« malade » et « convalescent »)


révèle une augmentation de la proportion de phénotype A chez les patients et une
diminution de la proportion du phénotype O.

Cette observation est confirmée par une association statistiquement significative entre
le phénotype A et l’infection par le SARS-CoV-2 au sein de la cohorte
« convalescent ».

Cette association statistique n’a cependant pas été observée au sein de la cohorte
« malade ».

Ces résultats sont cohérents avec de nombreuses études1–15 dans lesquelles les
groupes sanguins O étaient significativement moins fréquents chez les patients
contaminés par le SARS-CoV-2.

Une méta-analyse étudiant le lien entre groupe sanguin ABO et risque d'infection ou
de complications liées au Covid-19, a été réalisée sur un panel d’une vingtaine
d’études européennes et chinoises92.

Leurs résultats suggèrent un risque d'infection plus élevé pour les patients de
phénotype A par rapport au phénotype non-A, et un risque d'infection plus faible pour
le phénotype O par rapport aux autres phénotypes.

Concernant les effectifs, 16 études sur 29 ont un effectif supérieur à 1000 patients
malades. Notre étude se situe donc dans la tranche basse des effectifs, ce qui pourrait

51
expliquer l’absence de lien statistique au niveau de la répartition des phénotypes ABO
entre malades et non malades.

Ces études analysent également le lien entre la répartition ABO et la survenue


d’élément de gravité comme le risque d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs,
de ventilation mécanique ou encore de mortalité. Cette méta-analyse n’a cependant
révélé aucune association significative avec les groupes sanguins lors de l'analyse du
risque de survenue d’élément de gravité.

Notre étude n’a cependant pas travaillé sur ces éléments de gravité par manque de
donnée, il serait donc intéressant pour de futures études d’intégrer ce type de données.

Concernant la répartition des anticorps anti-ABO, nous avons observé une différence
significative dans les titres d'anticorps anti-A entre les patients atteints de Covid-19 et
les témoins.

A notre connaissance, une seule étude compare les titres d’anticorps naturels anti-
ABO entre une population malade et une population témoin92.

Ils ont constaté des scores d'agglutination IgM anti-A et anti-B significativement plus
faibles chez les patients atteint de la COVID-19 de phénotype O (76,93 contre 88,29,
valeur P = 0,034) et des niveaux plus faibles d'anticorps anti-B (24,93 contre 30,40,
valeur P = 0,028) et anti-A (28,56 contre 36,50, valeur P = 0,048) chez les patients
malades du groupe sanguin A et du groupe sanguin B, respectivement, par rapport
aux témoins.

Cependant, notre étude révèle des titres d’anticorps anti-A significativement plus
faibles uniquement chez les patients de la cohorte « malade » (p-value = 0,03) de
phénotype O par rapport au groupe témoin.

Aucune autre association n’a pu être retrouvée dans notre étude avec les autres
phénotypes (A, B et AB).

52
Concernant les effectifs des populations, nous retrouvons dans notre étude un rapport
malade/témoins de 1:4 (133 malades pour 404 témoins) alors que l’étude de Deleers
et al. possède un rapport proche de 1:1 (290 malades pour 276 témoins)92.

De plus, chaque patient symptomatique de l’étude de Deleers et al. a été recruté avec
un test naso-pharyngé RT-PCR SARS-CoV-2 positif, ce qui n’est pas le cas de notre
étude (Cf. Matériel et Méthode).

Par ailleurs, nos méthodes de présentation des résultats sont différentes. Nous avons
étudié à la fois le titre des anticorps de type IgG + IgM selon une classification en 4
groupes (Cf. Matériel et Méthode).

L’étude de Deleers et al. propose une classification selon un score d’agglutination.


Un score a été attribué pour chaque échantillon en fonction du résultat d’agglutination
obtenu selon les règles suivantes : score de 12, 10, 8, 5, 2 ou 0 pour une réaction
positive de type 4+, 3+, 2+, 1+, ± et négative pour différents niveaux de dilution.

Ces différents éléments pourraient expliquer les différences retrouvées avec notre
étude. Toutefois, nos résultats restent cohérents avec notre hypothèse initiale et vont
dans le sens d’une action protectrice de ces anticorps anti-A avec des titres élevés.

Ainsi, nos résultats suggèrent fortement que l'effet protecteur prédit pour ces anticorps
par le modèle décrit par Guillon et al. ne pourrait être atteint que lorsque les niveaux
d'anticorps sont suffisamment élevés16.

D’autre part, nous retrouvons des titres d’anticorps « très élevés » significativement
plus important chez les patients de la cohorte « convalescente » de phénotype O par
rapport au groupe témoin (p-value < 0,01).

Cette différence observée en comparaison à la cohorte « malade » pourrait être le


reflet d’une stimulation immunitaire causée par l’infection par le SARS-CoV-2 et
renforce l’hypothèse d’un effet protecteur de ces anticorps anti-A pour le SARS-CoV-
2.

53
Il est à noter que notre étude se concentre sur les titres d’anticorps anti-ABO de type
IgM et IgG au niveau du plasma des échantillons de patient. Nous interprétons donc
des résultats d’anticorps naturels au niveau de la circulation générale.

Cependant, le virus SARS-CoV-2 n’est pas connu pour se retrouver dans la circulation
générale mais au niveau de l’épithélium de l’appareil respiratoire. Or, ce sont les IgA
qui prédominent au niveau des muqueuses, où elles sont majoritairement sécrétées
sous forme d’Ig sécrétoire. Par conséquent, les anticorps anti-ABO de type IgA
seraient les plus susceptibles de lutter contre l’infection virale.

Néanmoins, la conception de notre étude ne permettait pas d’étudier les anticorps de


type IgA au niveau des muqueuses respiratoires.
On peut toutefois supposer que les titres d’anticorps anti-ABO de type IgA présents au
niveau de l’épithélium respiratoire, soient corrélés aux titres d’anticorps de nature IgM
et IgG dans le plasma.

Des études futures se concentrant sur les IgA permettraient d’approfondir le sujet et
de documenter le rôle de ces anticorps de type IgA dans la lutte contre l’infection par
le SARS-CoV-2

54
CONCLUSION

De nombreuses études ayant observé le lien entre les groupes sanguins ABO et la
susceptibilité au Covid-19, ont rapporté que les personnes du groupe sanguin O
avaient un risque significativement plus faible d'infection par le SARS-CoV-2 6,93.

L’observation par étude in-vitro du blocage de l’interaction entre la glycoprotéine de la


protéine spike (S) du SARS-CoV-1 et sa cible le récepteur de l’enzyme de conversion
de l’angiotensine 2 16, ainsi que l’existence du même récepteur17 entre le SARS-CoV-
1 et le SARS-CoV-2, nous a permis d’émettre l’hypothèse selon laquelle lorsque des
titres d'anticorps anti-A et/ou anti-B suffisamment élevés sont présents, ils pourraient
offrir un certain degré de protection.

Cette hypothèse a été testée au moyen d’une étude analytique observationnelle,


comparant les niveaux d’anticorps naturels anti-A et/ou anti-B chez les patients atteints
de Covid-19 ou à distance de la maladie (convalescents) par rapport aux sujets
témoins.

Ainsi nous avons pu observer une différence significative dans les titres d'anticorps
anti-A entre les patients de phénotype O atteints de Covid-19 ou convalescents, et les
témoins. Nos résultats suggèrent que les individus de phénotype O ayant de faibles
niveaux d'anticorps naturels anti-A présenteraient un risque plus élevé d’infection par
le SARS-CoV-2 et qu’une infection par ce virus stimulerait l’immunité en produisant
des anticorps anti-A.

Notre étude n’a cependant pas établi de différence dans les niveaux d’anticorps anti-
A pour le phénotype B ainsi que pour les niveaux d’anticorps anti-B pour le phénotype
A et O.

En conclusion, nos résultats suggèrent que les anticorps ABO naturels pourraient
contribuer à réduire la transmission du virus du SARS-CoV-2, à condition que leurs
niveaux soient suffisamment élevés.

55
À ce jour, cette étude est la première à comparer les taux d’anticorps IgM et IgG du
système ABO entre les patients atteints de Covid-19 ou convalescents et une
population témoin.

Dans le cas où d’autres études confirmeraient nos résultats, ces éléments seraient
susceptibles d’être exploités dans le futur afin de renforcer la protection antivirale
innée.

En effet, Les anticorps du système ABO apparaissent à la naissance et sont


synthétisés par la stimulation immunitaire du microbiote gastro-intestinal94. Cette
production d’anticorps varie en fonction de l’âge et de l’état nutritionnel d’un individu95.

La stimulation de la production d'anticorps ABO par le microbiote intestinal dédié,


pourrait augmenter les titres de ces anticorps naturels afin de renforcer le mécanisme
naturel de protection contre le SARS-CoV-2, et probablement d'autres coronavirus.

56
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61
LISTE DES FIGURES

FIGURE 1 : LES SYSTEMES DE GROUPES SANGUINS, LEURS CARACTERISTIQUES ET LES


ANALYSES PERMETTANT DE LES EXPLORER EN ROUTINE ..........................................................9
FIGURE 2 : EXEMPLE D’AGGLUTINATION DIRECTE SUR SUPPORT FILTRATION NEUTRE
(ORTHO) ...............................................................................................................................................38
FIGURE 3 : EXEMPLE DE TECHNIQUE TIA SUR SUPPORT FILTRATION AGH SPECIFIQUE ANTI-
IGG ........................................................................................................................................................39

LISTE DES TABLES

TABLE 1 : LES GENES, LES ANTIGENES ET LES ANTICORPS DU SYSTEME ABO ........................9
TABLE 2. CARACTERISTIQUES DE LA COHORTE « MALADE » .....................................................34
TABLE 3. CARACTERISTIQUES DE LA COHORTE « CONVALESCENTE » ....................................35
TABLE 4. CARACTERISTIQUES DE LA COHORTE « TEMOIN » ......................................................36
TABLE 5. ANALYSE OBSERVATIONNELLE DE LA REPARTITION DES GROUPES ABO DE LA
COHORTE « MALADE » ET DE LA COHORTE « TEMOIN » ..............................................................41
TABLE 6. ANALYSE STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES GROUPES ABO DE LA COHORTE
« MALADE » ET DE LA COHORTE « TEMOIN » .................................................................................42
TABLE 7. ANALYSE OBSERVATIONNELLE DE LA REPARTITION DES GROUPES ABO DE LA
COHORTE « MALADE » ET DE LA COHORTE « TEMOIN » ..............................................................43
TABLE 8. ANALYSE STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES GROUPES ABO DE LA COHORTE
« CONVALESCENT » ET DE LA COHORTE « TEMOIN » ..................................................................44
TABLE 9. COMPARAISON STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES ANTICORPS ANTI-A ENTRE
LA COHORTE « MALADE » ET LA COHORTE TEMOIN, SELON LE CRITERE : TITRE TRES ELEVE
OU NON « TRES ELEVE » ...................................................................................................................45
TABLE 10. COMPARAISON STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES ANTICORPS ANTI-B ENTRE
LA COHORTE « MALADE » ET LA COHORTE TEMOIN, SELON LE CRITERE : TITRE TRES ELEVE
OU NON « TRES ELEVE » ...................................................................................................................45
TABLE 11. COMPARAISON STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES ANTICORPS ANTI-A
ENTRE LA COHORTE « MALADE » ET LA COHORTE TEMOIN, SELON LE CRITERE : TITRE
ELEVE OU NON ELEVE ............................................................................................................... 46
TABLE 12. COMPARAISON STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES ANTICORPS ANTI-B
ENTRE LA COHORTE « MALADE » ET LA COHORTE TEMOIN, SELON LE CRITERE : TITRE
ELEVE OU NON « ELEVE » ........................................................................................................ 46
TABLE 13. COMPARAISON STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES ANTICORPS ANTI-A
ENTRE LA COHORTE « CONVALESCENTE » ET LA COHORTE TEMOIN, SELON LE
CRITERE : TITRE « TRES ELEVE » OU NON « TRES ELEVE » ............................................... 47
TABLE 14. COMPARAISON STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES ANTICORPS ANTI-B
ENTRE LA COHORTE « CONVALESCENTE » ET LA COHORTE TEMOIN, SELON LE
CRITERE : TITRE « TRES ELEVE » OU NON « TRES ELEVE » ............................................... 48
TABLE 15. COMPARAISON STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES ANTICORPS ANTI-A
ENTRE LA COHORTE « CONVALESCENTE » ET LA COHORTE TEMOIN, SELON LE
CRITERE : TITRE « ELEVE » OU NON « ELEVE »..................................................................... 48
TABLE 16. COMPARAISON STATISTIQUE DE LA REPARTITION DES ANTICORPS ANTI-B
ENTRE LA COHORTE « CONVALESCENTE » ET LA COHORTE TEMOIN, SELON LE
CRITERE : TITRE « ELEVE » OU NON « ELEVE »..................................................................... 49

62
RESUME

Contexte :
De nombreuses études ont constaté que la susceptibilité à la Covid-19 est associée
au groupe sanguin ABO. En effet les individus de phénotype O semblent être moins à
risque d’infection. Cependant, le mécanisme sous-jacent n'a pas été élucidé.
Objectifs :
Nous avons voulu tester l'hypothèse selon laquelle les patients atteints de Covid-19
pourraient avoir des taux d'anticorps ABO plus faibles que les individus non infectés,
car ils pourraient offrir un certain degré de protection.
Méthode :
Nous avons recruté 133 patients atteints de Covid-19, 208 patients à distance de la
maladie (convalescents) et 404 témoins asymptomatiques pour comparer leurs
niveaux d'anticorps naturels de type IgG et IgM, du groupe sanguin ABO.
Résultats :
Nous avons pu observer une différence significative dans les titres d'anticorps anti-A
entre les patients de phénotype O atteints de Covid-19 ou convalescents et les
témoins.
En effet notre étude permet de constater des titres d’anticorps significativement plus
faibles chez les patients de la cohorte « malade » (p-value = 0,03) de phénotype O par
rapport au groupe témoin, et des titres d’anticorps « très élevés » significativement
plus importants chez les patients de la cohorte « convalescente » de phénotype O par
rapport au groupe témoin (p-value <0,01).

Notre étude n’a cependant pas établi de différence dans les niveaux d’anticorps anti-
A pour le phénotype B ainsi que pour les niveaux d’anticorps anti-B pour le phénotype
A et O.
Conclusion :
Nos résultats suggèrent que les individus de phénotype O ayant de faibles niveaux
d'anticorps naturels anti-A présenteraient un risque plus élevé d’infection par le SARS-
CoV-2 et qu’une infection par ce virus pourrait éventuellement stimuler l’immunité en
augmentant la production des anticorps naturels anti-A.

63
SERMENT D'HIPPOCRATE

Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure


d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la


santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et
sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans


aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai
pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans
leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas
usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de


leurs conséquences.

Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité


des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je


ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la
gloire.

Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront
confiés. Reçu(e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des
foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les moeurs.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas


abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma


mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les
entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui
me seront demandés.

J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans
l’adversité.

Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle
à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.

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